Archive pour le Tag 'son'

Brésil: Bolsonaro contre la vaccination mais son épouse se fait vacciner aux États-Unis !

Brésil: Bolsonaro contre la vaccination mais son épouse se fait vacciner aux États-Unis !

Bolsonaro  n’est pas une contradiction près puisqu’il milite contre la vaccination. Par contre son épouse, elle, s’est déplacé aux États-Unis pour recevoir le vaccin antique vide. «Recevoir le vaccin est une décision personnelle. Mon épouse, par exemple, a décidé de se faire vacciner aux États-Unis. Moi, non», a dit le chef d’État d’extrême droite dans un entretien publié vendredi par la revue Veja. Jair Bolsonaro, qui assure qu’il serait le «dernier» Brésilien à se faire vacciner, était à New York lundi et mardi, et y a fait le discours d’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies, comme le veut la tradition.

Sous-marins : l’ancien premier ministre australien critique son pays

Sous-marins : l’ancien premier ministre australien critique son pays

Kevin Rudd, l’ancien premier ministre australien signataire de l’accord stratégique entre Paris et Canberra, critique, dans une tribune au « Monde », la volte-face de son gouvernement dans l’achat de sous-marins. (extrait)

Tribune.

 

Il est inhabituel qu’un ancien premier ministre d’un pays critique les décisions d’un de ses successeurs dans les pages d’opinion d’un journal étranger. Si, dans le débat politique australien, je me suis montré férocement critique à propos de l’orientation générale prise par la politique étrangère menée par le gouvernement conservateur actuel depuis que j’ai quitté mes fonctions, j’ai rarement pris la plume pour émettre ces critiques à l’étranger. Mais, face à la mauvaise gestion du projet de remplacement de notre flotte sous-marine avec l’appui de la France, et au vu de l’importance que j’attache aux relations stratégiques entre Canberra et Paris, je suis convaincu d’avoir, en tant qu’ancien premier ministre, la responsabilité de faire clairement entendre mon point de vue sur cette extraordinaire débâcle que vient de provoquer le gouvernement australien.

J’estime que la décision du gouvernement de Scott Morrison est profondément discutable en de maints aspects fondamentaux. Elle viole l’esprit et la lettre du partenariat stratégique adopté par la France et l’Australie en 2012, renforcé par le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, en 2017. Elle ne répond pas à cette obligation contractuelle de base prise par l’Australie : consulter l’industriel de défense français Naval Group si elle décide, comme elle l’a fait, de changer radicalement les termes de l’appel d’offres. Canberra ne souhaite plus commander douze sous-marins à propulsion conventionnelle, mais huit sous-marins à propulsion nucléaire.

L’Australie a commis l’erreur de ne pas laisser à la France la possibilité de lui soumettre une autre offre (en partie ou en totalité nouvelle) pour ces appareils nucléaires, alors que l’Hexagone a une longue expérience dans leur fabrication. Outre ces manquements fondamentaux, Scott Morrison n’a pas non plus respecté le protocole diplomatique de base : il n’a pas officiellement notifié le gouvernement français de sa décision unilatérale avant d’annoncer publiquement l’annulation du contrat. Enfin, Canberra n’a pas saisi quel serait l’impact de sa décision, tant en France que sur les efforts de rapprochement international afin de former un front uni face à la montée en puissance de la Chine.

Depuis longtemps, l’Australie entretient avec la France des liens étroits. Près de 50 000 de nos fils, qui ont défendu la France et la Belgique pendant la première guerre mondiale, sont enterrés sur le sol français. Près d’un quart de million d’Australiens se sont battus sur ces sanglants champs de bataille. En 1914, un tel chiffre ne représentait pas moins de 5 % de la population australienne. Nos deux pays étaient également alliés pendant la seconde guerre mondiale contre l’Allemagne nazie – notamment lors de campagnes menées contre le régime de Vichy dans le Pacifique et au Moyen-Orient. Mon propre père, par exemple, s’est battu aux côtés de la France libre lors de la campagne de Syrie, en 1941.

L’économie retrouve son niveau de 2019

  • L’économie retrouve son niveau de 2019
  •  Les forts taux de croissance de cette année produisent un effet de loupe déformante concernant la tendance réelle de l’économie française. En fait, actuellement nous retrouvons tout juste le niveau de 2019. En clair on a perdu 4à 5 % de croissance. Un retard qui peinera à être compensé encore en 2022.
  •  En 2022, le PIB croîtrait de 3,7 %, porté par la vigueur des dépenses des ménages, puis « en 2023, le rythme de progression de l’activité commencerait à se normaliser (1,9 %) », indique la Banque de France. Le commerce extérieur se remettrait alors à porter l’activité grâce à la demande mondiale et au redressement espéré de nos performances à l’exportation, en particulier dans l’aéronautique.

À noter que la situation des entreprises s’est amélioreé. Ainsi taux de marge des entreprises pourrait s’établir à 35 % en 2021, contre 33,4 % en 2019Or, si l’on veut que la croissance « roule durablement sur une pente de 2 %, résoudre ces problèmes de difficulté de recrutement sera essentiel estime la Banque de France. L’économie française retrouve ainsi « son principal défi d’avant-crise », alors même que le taux de chômage resterait élevé à 8 % ces deux prochaines années. Il y a certes eu de bonnes surprises en matière de créations d’emploi durant le premier semestre 2021, mais la population active grossit dans le même temps.

Angela Merkel, son obsession économique a tué l’Europe

Angela Merkel,  son obsession économique a tué  l’Europe 

La chancelière a fait de l’économie sa priorité, ce qui explique son succès dans ce domaine, constate le philosophe et sociologue allemand, Hartmut Rosa,  dans une tribune au « Monde ». Mais sa politique « obstructionniste, pro-américaine et néolibérale » a, selon lui, empêché une intégration européenne plus étroite et plus solidaire.(extrait)

 

Il est une phrase d’Angela Merkel qui se démarque de toutes celles qu’elle a prononcées pendant ses seize années de chancellerie, une phrase qui restera dans la mémoire des Allemands : pour les uns, plutôt du côté des libéraux de gauche, Merkel s’est montrée quasi immunisée contre les critiques, quand pour les autres, plutôt du côté national-conservateur, cette phrase a sonné comme le comble de la trahison.

Non, je ne parle pas de son célèbre « Wir schaffen das ! » – « Nous y arriverons ! » – par lequel, en 2015, elle encourageait les Allemands à mener à bien l’intégration de 1 million de réfugiés. Je parle de cette phrase qu’elle a prononcée pour justifier sa décision, en septembre de la même année, d’ouvrir les frontières à ces hommes, ces femmes et ces enfants affamés et transis de froid : « Si nous devons commencer à nous excuser de montrer un visage amical dans des situations d’urgence, alors ce n’est [plus] mon pays. »

Avec ce « visage amical », elle voulait parler d’une figure humaine, d’un acte humanitaire. Et, avec la fin de la phrase, elle disait à quel point cela lui tenait à cœur. Ces mots n’étaient pas opportunistes, ils n’étaient pas hypocrites, ils étaient fondamentalement sincères. Même les socialistes, les partisans du parti de gauche Die Linke ou encore les écologistes des Grünen (les Verts) lui ont porté et lui portent encore de l’estime pour cette phrase. La force d’Angela Merkel, qui l’a portée tout au long de ses seize années à la chancellerie, est de ne jamais s’être laissée aller à des actions purement opportunistes.

 

Cela étant, le fait est par ailleurs que ses convictions politiques, dans presque toutes les circonstances, ont été extrêmement opportunes pour la majorité des Allemands : confortables, capables de rassembler une majorité, en accord avec les intérêts économiques nationaux. Même cette phrase que je vous ai citée était, à l’époque, opportune : une grande vague de solidarité balayait pour un court moment l’Allemagne, la muant en pays d’accueil. Mais cela n’a pas duré – et Merkel a bien vite essayé de passer avec la Turquie [en mars 2016], et même avec la Libye, des accords douteux voire carrément sales, qui n’avaient plus rien de commun avec ce visage humain.

De tels revirements opportuns sont survenus dans d’autres domaines politiques aussi. Par exemple, dans un premier temps, pour servir les intérêts des entreprises, le gouvernement Merkel a largement invalidé la « sortie du nucléaire » (à savoir la fermeture des centrales nucléaires) planifiée par le gouvernement de coalition « rouge-vert » de Gerhard Schröder. Puis, après l’accident nucléaire de Fukushima en mars 2011, Merkel a radicalement changé de position, réclamant à son tour une sortie rapide du nucléaire.

BCE : Pour une redéfinition de son mandat

BCE : Pour une redéfinition de son mandat

 

Claude Meidinger, Professeur retraité de sciences économiques, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne Estime, qu’il faut redéfinir le mandat de la banque centrale européenne.

Si fixer un taux d’inflation à 2 % est un objectif clair, le « verdissement » de l’économie, lui, ne l’est pas, explique, dans une tribune au « Monde », l’économiste Claude Meidinger, qui demande une redéfinition du statut de la Banque centrale européenne.

 

Tribune.

Au moment où les banquiers centraux déclarent la finance verte comme « nouvelle frontière du XXIe siècle » (« The Role of Banking in a Sustainable Global Economy », François Villeroy de Galhau, World Conference of Banking Institutes, Londres, 17 septembre 2019) et décident d’introduire un « biais vert » dans leurs programmes d’achat d’actifs, le statut de la Banque centrale européenne (BCE) et son indépendance méritent quelques instants de réflexion.

Aujourd’hui, avec des taux d’intérêt au plancher zéro et de faibles taux d’inflation, la politique budgétaire est devenue l’instrument de choix de la stabilisation économique. Dans ces circonstances, il est tentant d’utiliser la banque centrale comme agent du Trésor public pour financer le budget de l’Etat et fournir directement des crédits à des institutions non financières.

Or, pour ne pas mettre en cause l’indépendance de la banque centrale, une politique de détention de titres doit respecter deux principes : en premier lieu, l’intégrité du processus budgétaire en minimisant l’implication de la banque dans l’allocation du crédit à des secteurs particuliers ; en second lieu, les actifs doivent être choisis de manière à minimiser le risque d’être impliqué dans des imbroglios politiques (J. Alfred Broaddus Jr. et Marvin Goodfriend : « What Assets Should the Federal Reserve Buy ? », Federal Reserve Bank of Richmond, Economic Quarterly Volume 87/2001).

 

Dans le cas contraire, la banque centrale s’expose à des discussions contentieuses concernant sa politique d’acquisition d’actifs et à un risque financier non contrôlé.

Pour éviter ces risques et contrer une telle tendance à la « fiscalisation » des banques centrales, on a besoin d’un système dans lequel les banquiers centraux ne se pensent pas comme le seul recours, de sorte que, quand la politique monétaire atteint la limite de son efficacité, ils ne se sentent pas obligés d’intervenir de manière quasi fiscale (Stephen G. Cecchetti et Kermit L. Schoenholtz ; « Limiting Central Banking », Money and Banking, 1er mars 2021).

Avec des actifs de banque centrale qui comptaient pour moins de 15 % de produit intérieur brut (PIB) en 2007, et qui se chiffrent maintenant entre 25 % de PIB pour le Canada et plus de 60 % de PIB pour la zone euro, le Japon étant hors normes, avec un actif dépassant 125 % de PIB, exprimer une telle préoccupation ne relève pas d’un archaïsme bancaire mal compris.

Covid: La Chine refuse l’enquête de l’OMS sur son territoire

Lors de la première enquête, l’OMS avait été très critiquée pour sa complaisance vis-à-vis de la Chine. L »organisation internationale s’était en effet contenté des déplacements autorisés par la Chine et des informations très parcellaires fournies. Devant les protestations, une seconde enquête est donc envisagée.

De fait, le premier rapport de l’OMS (le « rapport conjoint Chine-OMS ») contentait les autorités chinoises. Car malgré les entraves qu’ils avaient subi, les enquêteurs de l’OMS avait accepté de rendre un rapport dans lequel ils ne formulaient certes pas de conclusions définitives mais avançaient néanmoins des hypothèses qu’ils estimaient pouvoir classer dans des catégories telles que « probable » et « improbable »:  dans ce rapport les experts de l’OMS estimaient« extrêmement improbable » que le virus provienne d’un laboratoire (notamment le fameux laboratoire P4 de Wuhan). Une version qui avait satisfait la Chine qui refuse maintenant une seconde enquête.

Politique énergétique : tout et son contraire

 Politique énergétique : tout et son contraire

 

«  Financer les énergies renouvelables coûte très cher aux consommateurs et c’est le plus souvent de l’argent jeté par les fenêtres. Alors, si le Président pense réellement, comme nous, que “le nucléaire est une chance”, il doit changer sa politique, devenir cohérent dans les mots et dans les actes et stopper tout de suite le plan pluriannuel de démantèlement de nos centrales nucléaires  » estiment David Lisnard et Yves d’Amécourt .

 

Tribune Dans l’opinion (extrait)

Décidément, rien n’est clair dans la politique énergétique de la France.

Le 21 avril 2020, la feuille de route énergétique à l’horizon 2028 était adoptée par décret gouvernemental. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2019-2028 affichait une volonté de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité, et de développer sur notre territoire les énergies renouvelables, tout particulièrement l’éolien.

La France compte actuellement 8 000 éoliennes sur son territoire. En 2028, selon cette feuille de route, elles seraient près de 20 000, la PPE prévoyant la multiplication par 2,25 de la puissance installée de l’éolien terrestre. Pour accélérer l’installation des éoliennes, l’Etat a nationalisé le processus de décision de l’implantation de champs d’éoliennes, retirant aux communes l’instruction des permis de construire pour les confier aux Préfets.

C’est dire à quel point l’État a manifesté son volontarisme pour les éoliennes ces derniers mois. C’était sans compter sur le « en même temps » présidentiel.

En effet, ce jeudi, dans un entretien à France Info depuis la Polynésie française, après avoir expliqué qu’il « fallait un cap clair », Emmanuel Macron a pris le contre-pied de sa propre politique énergétique et défendu le nucléaire, en parlant de notre « chance » et prônant le « cas par cas » pour l’éolien !

Le lendemain, sur BFM Business, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, expliquait qu’en 2035 « on aura besoin de quatre fois plus d’énergie qu’aujourd’hui, 18 fois en 2050 ».

Ni clair, ni sérieux. Du Président de la République à ses ministres, rien n’est décidément clair ni très sérieux dans cet exécutif. Il s’agit pourtant de l’avenir de la France.

Oui, la demande en électricité va augmenter. En 2019, l’électricité représentait 25 % de l’énergie consommée en France. En remplaçant les énergies fossiles par de l’électricité à chaque fois que c’est possible (chauffage, véhicules…) la demande va évidemment augmenter. Il est fort probable qu’elle sera de 900 TWh en 2050, contre 470 TWh aujourd’hui. C’est-à-dire qu’elle va doubler. Il convient de s’y préparer.

On ne pourra pas fournir cette énergie en 2050 en fermant des réacteurs nucléaires aujourd’hui. C’est pourtant le projet du gouvernement qui a déjà fermé Fessenheim et confirmait en 2020 l’objectif de fermer 14 réacteurs d’ici à 2035. Ce « en même temps » devient la politique du « tout et son contraire » !

Si le Président de la République veut que l’installation d’éoliennes fasse l’objet de plus de concertation locale, il existe une solution très simple : soumettre l’installation d’éoliennes au code de l’urbanisme comme n’importe quelle autre installation industrielle.

Si le Président veut des projets éoliens qui participent réellement à la production d’énergie décarbonée, il y a un chemin très simple : cesser de racheter l’électricité que produisent les éoliennes au-dessus des conditions du marché. Ainsi ne verront le jour que les projets qui ont un sens économique et un réel intérêt énergétique, ceux qui répondent à un réel besoin de consommation : en quantité, en qualité, au bon moment et au bon endroit. Aujourd’hui, la bonne moitié des projets éoliens produisent surtout des subventions ! L’autre moitié produit effectivement de l’électricité mais pas forcément au bon moment, et pas forcément au bon endroit… Or, l’électricité ne se stocke pas.

Financer les énergies « renouvelables » (1) coûte très cher aux consommateurs et c’est le plus souvent de l’argent jeté par les fenêtres.

Alors, si le Président pense réellement, comme nous, que « le nucléaire est une chance », il doit changer sa politique, devenir cohérent dans les mots et dans les actes et stopper tout de suite le plan pluriannuel de démantèlement de nos centrales nucléaires :

- Prolonger la durée de vie des réacteurs jusqu’à 60 ans grâce à des investissements de maintenance et de sûreté, et engager une première série de construction de six EPR (réacteur pressurisé européen) de nouvelle génération

- Déployer les mini-réacteurs nucléaires (Small modular reactor – SMR) pour le renouvellement du parc de 1re génération

- Accélérer la R & D sur la 4e génération de réacteur nucléaire et de la fusion nucléaire pour anticiper les futurs renouvellements à moyen et long terme.

- Continuer la R & D sur le sujet du traitement des déchets, notamment grâce au laser, un savoir-faire Français

La production d’électricité en France est notre dernière source de compétitivité, il convient de la préserver et la développer.

Histoire française. L’énergie nucléaire est une histoire Française, de la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel, celle du radium et du polonium par Pierre et Marie Curie, à la création du commissariat à l’énergie atomique en 1945 avec à sa tête Frédéric Joliot et Raoul Dautry ; de la définition du premier programme français de centrales nucléaires à uranium naturel par Pierre Ailleret, à la décision du Général de Gaulle en 1958 de construire à Pierrelatte une usine d’enrichissement d’uranium, et puis La Hague, Marcoule, Chinon, Saint Laurent, Bugey, Cadarache ; de la décision en 1969 par le Président Georges Pompidou d’investir dans des réacteurs à eau légère pressurisée à Fessenheim, à la première centrale à eau légère de Chooz en 1970 ; de la création à l’initiative de la France de la Société européenne Eurodif au plan Messmer (1974-1986), la création d’AREVA en 2001, etc.

Le nucléaire est chez lui en France. Oui, le nucléaire est une chance !

Grâce à l’énergie nucléaire, les émissions de CO2 en France (2) sont de 4,56 tonnes par habitant et par an, devant le Royaume-Uni (5,43), bien loin de la Chine (6,68), de l’Allemagne (8,70), du Japon (8,94), des Etats-Unis (14,61) u Canada (14,99), ou de l’Arabie saoudite (16,16) …

Grâce au nucléaire et à l’hydroélectricité, le secteur de l’électricité en France est aussi un contributeur à l’équilibre de la balance commerciale. La France était le dixième producteur mondial d’électricité en 2018 et le premier pays exportateur au monde ; En 2020, sa production nette s’est élevée à 500,1 TWh, elle était le premier pays exportateur d’Europe, avec un solde exportateur de 43,2 TWh.

Ne gâchons pas nos talents.

David Lisnard est maire de Cannes et président de Nouvelle Energie

Yves d’Amécourt est l’ancien Maire de Sauveterre-de-Guyenne, Porte-Parole du Mouvement de la Ruralité

Social : « Les deux 

Environnement-Taxe carbone aux frontières: Des limites qui relativisent son intérêt

Environnement-Taxe carbone aux frontières: Des limites qui relativisent son intérêt  

 

L’économiste Uri Dadush juge, dans une tribune au « Monde », la taxe carbone européenne contestable face aux règles de l’OMC et aux principes de l’accord de Paris.(Extrait)

 

Tribune.    L’Union européenne (UE) a annoncé le 14 juillet une proposition de taxe carbone à ses frontières, qui devrait renchérir les importations de produits fortement émetteurs (acier, aluminium, ciment, électricité et engrais). Cette même taxe est déjà appliquée au sein de l’UE, qui veut désormais l’imposer aux fabricants étrangers. En soi, le projet part d’une bonne intention. Il n’est pas motivé par le protectionnisme, mais par des préoccupations climatiques on ne peut plus justifiées. Seul problème : si ce « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » (CBAM) est adopté en l’état, il risque de faire plus de mal que de bien. Pour trois raisons. La première, c’est qu’il repose sur l’hypothèse fausse d’une « fuite » de carbone – autrement dit, d’une tendance de la production à forte intensité d’émissions à se déplacer vers des pays moins réglementés. Or, bien des recherches montrent que la décision pour une industrie polluante de se délocaliser ou d’investir à l’étranger répond à de nombreux facteurs, parmi lesquels la réglementation environnementale n’est pas déterminante.

Une exposition générale au risque climatique

 

L’idée même du risque de « fuite » de carbone doit être relativisée, comme le montrent les chiffres de l’UE elle-même. Les recettes du permis carbone appliqué depuis 2005 dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission (SEQE), qui revient à une taxe implicite sur les émissions des gros émetteurs, ont atteint leur plus haut niveau en 2019. Soit 15 milliards d’euros, le prix moyen du carbone ayant atteint 20 euros par tonne. Or, ces 15 milliards ne représentent que 0,5 % de la valeur ajoutée des secteurs affectés. Et encore… L’estimation reste haute, la sidérurgie et l’aluminium ayant bénéficié de quotas gratuits. Second point faible de la taxe carbone de l’UE : elle s’écarte du principe des « responsabilités différenciées » de l’accord de Paris sur le climat. Ce traité international, entré en vigueur en novembre 2016, vise à limiter le réchauffement climatique à moins de 2 degrés Celsius à l’horizon 2030, par rapport aux niveaux préindustriels.   Tous les pays sont exposés au risque climatique, sachant que les pays pauvres sont généralement les plus vulnérables et les moins à même de s’adapter. D’où le principe des « responsabilités différenciées », qui reflète aussi les émissions plus faibles par habitant des pays pauvres, et le fait qu’ils auront tendance à en émettre davantage à mesure que leurs revenus augmenteront.

Taxe carbone aux frontières: Des limites qui relativisent son intérêt

Taxe carbone aux frontières: Des limites qui relativisent son intérêt

 

L’économiste Uri Dadush juge, dans une tribune au « Monde », la taxe carbone européenne contestable face aux règles de l’OMC et aux principes de l’accord de Paris.(Extrait)

 

Tribune. 

 

L’Union européenne (UE) a annoncé le 14 juillet une proposition de taxe carbone à ses frontières, qui devrait renchérir les importations de produits fortement émetteurs (acier, aluminium, ciment, électricité et engrais). Cette même taxe est déjà appliquée au sein de l’UE, qui veut désormais l’imposer aux fabricants étrangers.

En soi, le projet part d’une bonne intention. Il n’est pas motivé par le protectionnisme, mais par des préoccupations climatiques on ne peut plus justifiées. Seul problème : si ce « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » (CBAM) est adopté en l’état, il risque de faire plus de mal que de bien. Pour trois raisons.

La première, c’est qu’il repose sur l’hypothèse fausse d’une « fuite » de carbone – autrement dit, d’une tendance de la production à forte intensité d’émissions à se déplacer vers des pays moins réglementés. Or, bien des recherches montrent que la décision pour une industrie polluante de se délocaliser ou d’investir à l’étranger répond à de nombreux facteurs, parmi lesquels la réglementation environnementale n’est pas déterminante.

Une exposition générale au risque climatique

L’idée même du risque de « fuite » de carbone doit être relativisée, comme le montrent les chiffres de l’UE elle-même. Les recettes du permis carbone appliqué depuis 2005 dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission (SEQE), qui revient à une taxe implicite sur les émissions des gros émetteurs, ont atteint leur plus haut niveau en 2019. Soit 15 milliards d’euros, le prix moyen du carbone ayant atteint 20 euros par tonne. Or, ces 15 milliards ne représentent que 0,5 % de la valeur ajoutée des secteurs affectés. Et encore… L’estimation reste haute, la sidérurgie et l’aluminium ayant bénéficié de quotas gratuits.

Second point faible de la taxe carbone de l’UE : elle s’écarte du principe des « responsabilités différenciées » de l’accord de Paris sur le climat. Ce traité international, entré en vigueur en novembre 2016, vise à limiter le réchauffement climatique à moins de 2 degrés Celsius à l’horizon 2030, par rapport aux niveaux préindustriels.

 

Tous les pays sont exposés au risque climatique, sachant que les pays pauvres sont généralement les plus vulnérables et les moins à même de s’adapter. D’où le principe des « responsabilités différenciées », qui reflète aussi les émissions plus faibles par habitant des pays pauvres, et le fait qu’ils auront tendance à en émettre davantage à mesure que leurs revenus augmenteront.

La France a bradé son football à Amazon

La France a bradé son football à Amazon

Jean-Pascal Gayant, Profeseur de sciences économiques, estime qu’en  choisissant de confier 80 % des retransmissions des matchs des championnats de France au géant américain Amazon, la LFP s’est comportée comme une écervelée, juge l’économiste, faisant du football professionnel français un simple outil de promotion d’une entreprise de commerce en ligne.

 

Tribune dans le Monde 

 

. La Ligue de football professionnel (LFP) a choisi de confier 80 % des retransmissions des matchs des Ligues 1 et 2 au géant américain Amazon. Pour 259 millions d’euros annuels, la LFP a bradé la diffusion de son produit phare pour les trois prochaines années, tout en figeant dans le marbre l’historique lot 3 attribué en 2018 à BeIN Sports pour 332 millions d’euros annuels. Ce lot 3, qu’avait ensuite « racheté » Canal + (en contrat de sous-licence), contient la diffusion des 20 % restants de la Ligue 1, sans le match phare du dimanche soir. Son tarif paraît aujourd’hui extravagant, ce qui pousse Canal + à annoncer son retrait de la diffusion de la Ligue 1. La chaîne BeIN Sports semble solidaire de Canal + dans ce bras de fer, puisqu’elle n’a pas honoré le premier versement (relatif aux droits de la Ligue 2) pour la saison 2021-2022. Les bases d’un violent contentieux avec la LFP sont jetées.

 

Sans présager de l’issue de ce nouveau feuilleton, il convient de se pencher sur le choix fait par la LFP de privilégier l’option Amazon (et de s’engager dans un bras de fer impitoyable avec le diffuseur historique), au regard de la solution alternative qui consistait à conforter Canal + et BeIN pour un montant global quasi identique.

On serait tenté de reprendre la formule prêtée à Winston Churchill (à destination de Neville Chamberlain) à l’issue des accords de Munich : « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. »

Si la Ligue avait vendu ses droits de diffusion à Amazon pour une somme comparable à celle que promettait l’ancien diffuseur MediaPro (800 millions d’euros annuels), l’entrée en guerre de Vincent Labrune, président de la LFP, aurait été compréhensible. Pour les chaînes de télévision conventionnelles, se projeter dans le « monde d’après » en se liant avec Amazon représente un risque important en termes de souveraineté et de mise en valeur du produit. Mais une rémunération élevée aurait apporté aux clubs une sécurité pécuniaire bienvenue, à l’heure de se relever du double séisme MediaPro-Covid-19. Loin de cela, la LFP n’apporte aucune garantie financière sérieuse aux clubs, tout en faisant entrer le loup dans la bergerie.

Pour le mastodonte du commerce en ligne, les droits de diffusion sportive sont une sorte de papier tue-mouches : il s’agit d’attirer des clients et leurs données pour les rendre captifs de l’environnement Amazon. Même sans augmenter le prix de l’abonnement à Amazon Prime (49 euros par an), les droits de la Ligue 1 à 259 millions d’euros sont un investissement très rentable pour la firme de Jeff Bezos : une fois intégré à l’écosystème Amazon (livraisons gratuites et plus rapides, avantages à l’achat), le consommateur en devient un prisonnier béat. La diffusion de la Ligue 1 va conduire des centaines de milliers de consommateurs, qui n’étaient pas encore convaincus du bien-fondé de l’entrée dans cet écosystème, à franchir le pas.

Politique : un artiste n’a pas à donner son avis ( Jean Dujardin)

 

Dans Présidents, d’Anne Fontaine, c’est une autre page de l’histoire récente que le comédien s’amuse à réécrire en se glissant dans le costume d’un certain Nicolas, un ancien chef de l’État parti sur les routes de Corrèze pour convaincre un autre ex, prénommé François (Grégory Gadebois), de s’unir pour gagner la prochaine élection. Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est évidemment pas fortuite…

Anne Fontaine vous avait laissé le choix : pourquoi avoir choisi d’incarner Sarkozy plutôt que Hollande?
C’était plus marrant! Il rappelle les personnages que j’aime incarner : j’ai pu aller un peu chez lui en mettant en avant sa grande assise politique, et un peu chez moi en cherchant dans l’enfance et en le fragilisant, notamment quand il passe l’aspirateur dans le salon avec son petit chien. Même si je peux dire des vacheries, c’est aussi mon boulot de le rendre attachant.

J’ai fonctionné à l’hybride : ce n’est pas totalement lui, ce n’est surtout pas moi, c’est nous

Comment vous êtes-vous préparé?
Je me suis documenté, j’ai regardé des images pour lui faire les poches, comme j’avais fait celles de Sean Connery pour les OSS 117. Par exemple, lors d’une convention, il a employé le mot « tectonique » : comme je le trouvais percutant, je l’ai proposé à Anne Fontaine. Ce n’était pas vraiment du travail car singer est un exercice très amusant : sur les tournages, j’ai tendance à croquer les gens, à reproduire les façons de marcher, les intonations… Comme Sarkozy a été très souvent imité, j’ai entendu des : « Dujardin? Mais qu’est-ce qu’il va faire là-dedans? », mais moi je n’ai jamais dit que j’allais incarner un ancien président d’un mètre soixante. On n’est pas dans le biopic, mais dans l’évocation, voire le détournement comme l’indique la petite phrase en préambule du film : « L’un mesure 1,82 mètre, l’autre a des colères phénoménales… » J’ai fonctionné à l’hybride : ce n’est pas totalement lui, ce n’est surtout pas moi, c’est nous. On propose au spectateur d’opérer un va-et-vient entre ce qu’il connaît de l’ancien président et ce qui se joue à l’écran.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à attraper chez lui : ses tics du corps ou de langage?
Le plus compliqué a été au contraire de ne pas trop les reproduire! Mais Anne m’encourageait à me lâcher notamment dans les scènes de meeting car cet homme a deux visages : il impose une telle stature qu’il vendrait n’importe quoi à n’importe qui, mais il est aussi capable de faire croire qu’il est comme vous en lançant un regard par en dessous. L’enjeu était de trouver le bon réglage. Je voulais à tout prix éviter de tomber dans la caricature : ça devient gênant quand on sent qu’on cabotine.

L’avez-vous rencontré?
Une première fois lors de l’avant-première d’un film à Strasbourg : on s’était croisés dans le hall d’un hôtel alors qu’il était encore en fonction et accompagné de Rachida Dati, on s’était juste serré la main. Puis je l’ai revu au moment de J’accuse (2019), de Roman Polanski, qu’il avait apprécié.

Vous lui avez parlé avant le tournage?
François Hollande avait été rencardé, il était normal d’avertir aussi Sarkozy : on ne voulait pas faire de favoritisme! Le projet les a amusés et intrigués tous les deux. Avec Anne, on est allés le voir dans son bureau et on a discuté pendant plus d’une heure. Il paraît que Sarkozy est flatté que ce soit moi qui l’incarne : comme ce n’est pas vraiment lui à l’écran, il est tranquille.

Les hommes politiques sont-ils de bons acteurs?
Je suis surtout fasciné par leur cuir : ils ont une capacité dingue à rebondir malgré ce qu’ils se prennent dans la gueule ; un comédien ne s’en remettrait pas aussi vite! On partage l’envie de séduire, mais eux sont poussés par un désir de pouvoir : ils rêvent d’accéder au plus haut rang, c’est quasi christique! Moi, cette verticalité, je ne la sens pas et c’est tant mieux, car le cinéma est avant tout un métier d’équipe.

Quand, comme vous, on a décroché un oscar, récompense suprême du cinéma, on doit aussi prendre goût au sommet, non?
Ça dépend où vous situez le sommet. Moi, ça n’a jamais été l’oscar car je ne l’ai jamais souhaité. Je me suis senti honoré de l’avoir reçu et je peux le regarder sur son étagère quand j’ai un problème d’ego, mais cette aventure n’a été qu’un passage. Je ne suis pas tenaillé par un besoin de reconnaissance. Mon moteur, c’est l’envie d’apprendre et de naviguer entre des rôles très différents, de me prendre de vitesse pour voir si je suis capable de relever le défi du personnage. Si ça passe, tant mieux! Et si le film fait des entrées, c’est le bonus : le succès reste un miracle.

J’ai été heureux le jour où je suis devenu un homme et que j’ai pu choisir ma route

Brice de Nice, OSS 117, le colonel Picquart, le juge Michel, Sarkozy… Pourquoi ce goût pour les personnages seuls contre tous?
Ces hommes isolés et souvent en circuit fermé, j’ai envie de les abîmer encore plus pour mieux les réparer. Sans doute parce qu’enfant je me suis senti à l’écart : d’abord à la maison, où j’étais le plus jeune, mais aussi à l’école, où l’on me répétait : « Vivons heureux, vivons caché, hein, Dujardin! » Je me planquais car je n’aimais pas la compétition : avant même un contrôle, je savais que j’allais perdre. A l’école, on ne pousse pas à réussir, on nous clone pour suivre un modèle. J’ai été heureux le jour où je suis devenu un homme et que j’ai pu choisir ma route. Aujourd’hui, je privilégie le travail de bande et je conseille à ceux qui débutent de chercher du talent autour d’eux.

Dans quel costume vous sentez-vous le plus à l’aise : celui d’OSS 117 ou celui de Sarkozy?
Je n’ai pas de préférence, je m’amuse autant. J’ai toujours vu le cinéma comme une salle de jeu mettant à disposition des tas de panoplies : tant qu’on me laisse la possibilité de me déguiser, j’y vais! Les comédies de moeurs ou familiales m’ennuient : les problèmes de couple ou de cœur, je les ai joués 4.000 fois dans Un gars, une fille! Je préfère m’offrir un pas de côté avec des comédies plus étranges et loufoques. J’aime tenter des choses. Si mon cerveau de comédien trouve le texte original et que mon cerveau de spectateur a envie de voir le film sur grand écran, je fonce.

Présidents sort alors que la course à la présidentielle est lancée. Un hasard?
Non, évidemment, ce n’est pas anodin. Même si ce n’est pas un film partisan, il envoie un message. D’autant qu’Anne a ajouté un antagoniste, la bête noire Marine Le Pen qui arriverait. On regarde surtout deux hommes se parler de ce qu’ils ont été et de ce qu’ils pourraient être encore. J’ai assisté à une projection et à la réaction du public, je me suis dit qu’il faisait du bien : il doit tirer la chasse, quelque part.

Accepteriez-vous de joindre votre nom à une pétition politique, pour faire barrage à Marine Le Pen par exemple?
Jamais. Comme la religion, la politique est une affaire privée : ce que je pense ne regarde personne. Je suis un citoyen, mais je n’aime pas voir un artiste donner son avis. En général, ce genre d’exercice retombe d’ailleurs sur la gueule des signataires : dans les extrêmes, on a toujours l’air con.

Qu’avez-vous pensé de la gifle à Emmanuel Macron?
J’ai été très choqué. Je ne supporte pas l’humiliation. J’ai connu ça. C’est une douleur qui colle et laisse des marques.

 

BlaBlaCar veut compléter son offre intermodale globale par le train

BlaBlaCar veut compléter son offre intermodale globale par le train

Interview dans la tribune de Nicolas Brusson, le DG;  BlaBlaCar doit également entrer en Bourse.

 

Vous vous apprêtez à relancer vos services après plusieurs mois de confinement. Mais vous allez également accélérer sur de nouvelles activités comme les liaisons par autocar. C’est un nouveau virage stratégique pour vous ?

NICOLAS BRUSSON - Notre enjeu immédiat, c’est effectivement de sortir de ce tunnel qu’a été près d’un an et demi de confinement. Nous constatons que les gens n’ont pas perdu le goût du voyage et les réservations sont en très forte hausse. Sur l’évolution de notre modèle stratégique, nous sommes dans la continuité de ce qui a été lancé en 2018-2019. Pour redonner des éléments de contexte, nous avons travaillé sur un premier volet stratégique entre 2012 et 2017 consistant à faire de BlaBlaCar une plateforme internationale. Nous y sommes parvenus en devenant numéro un en Allemagne, en Espagne, au Brésil, en Inde, en Russie et en Turquie, pour ne citer qu’eux. En 2017, nous nous sommes interrogés sur comment capitaliser davantage sur notre marque qui s’est imposée comme référence sur ces marchés avec une relation émotionnelle liée avec une communauté de bientôt 100 millions d’utilisateurs. Nous avons donc décidé d’offrir davantage que du covoiturage pour proposer une offre complète dans le voyage intercité (longue distance, ndlr). Sur ce segment, l’arbitrage tient notamment entre le covoiturage, le train et l’autocar, j’exclus le transport aérien. A terme, BlaBlaCar deviendra une appli de référence dans le voyage longue distance sur ces trois modes de transport. Nous lancerons le train en 2022.

Vous êtes dans une logique d’intermodalité ?

Nous sommes surtout dans une logique d’exhaustivité de notre offre. Au fond, la clé de voûte de notre stratégie reste le covoiturage. L’automobile est le mode de transport le plus utilisé dans tous les pays, le plus simple, et le seul qui ne dépend pas de stations de bus ou de gares. C’est un connecteur universel.

Quel est le potentiel de croissance de votre activité bus?

Nous nous sommes lancés dans l’activité bus en 2018, mais nous avons accéléré en juin 2019 après l’acquisition de Ouibus (filiale de la SNCF, ndlr). En Europe, nous continuerons à déployer notre réseau avec de nouvelles lignes en Allemagne, en Italie et la péninsule ibérique. Mais c’est sur les pays émergents que le potentiel est le plus important. En France, le marché du bus, c’est 250 millions d’euros en volume d’affaires, il atteint les 400 millions en Allemagne. Au Brésil, c’est un marché à 7 milliards d’euros par an, 10 milliards au Mexique et autour de 2,5 milliards en Russie. On est déjà leader en Russie et en Ukraine et nous sommes bien positionnés pour le devenir en Amérique Latine. Le potentiel est colossal.

Vous n’avez pas la même stratégie en Europe et dans les pays émergents. Dans le premier, vous exploitez des lignes, ailleurs, vous êtes plus proche de la billetterie…

Notre métier n’est pas d’être une billetterie, c’est de digitaliser une industrie comme nous l’avons fait sur le covoiturage sur le modèle de l’économie partagée. Vous avez plusieurs industries qui ont opéré leur transition digitale avec des références comme Booking pour la réservation d’hôtels. Dans les pays émergents, vous avez des milliers d’opérateurs d’autocars qui n’ont pas opéré leur transition digitale. Nous voulons être l’appli de référence naturelle dans la réservation de places d’autocars dans les pays émergents. En Europe, la situation est très différente, c’est même une exception parce qu’il n’y avait pas de marché. Il est né récemment de la libéralisation. Nous travaillons donc à créer ce marché en devenant un opérateur virtuel. C’est-à-dire que nous gérons des bus, leur réseau et leurs prix, mais nous ne sommes ni propriétaires des flottes ni employeurs des salariés.

Au regard des chiffres que vous annoncez, le bus pourrait devenir une très forte part de votre chiffre d’affaires…

Avant la crise du covid, notre activité de covoiturage enregistrait entre 80% et 100% de croissance par an. La dynamique de cette activité est toujours là, les bus vont accélérer cette croissance.

Vous voulez donc devenir le « Booking » du bus, mais aussi du train… N’est ce pas plus compliqué?

Le train, c’est le même levier: intégrer les offres de sièges libres avec de la technologie. Ici, nous sommes en capacité d’apporter une offre intermodale extrêmement fine grâce à notre réseau de covoiturage. Si vous voulez aller de Paris à Rennes, vous prenez simplement un train. Mais si vous voulez aller plus loin dans le Morbihan, notre offre devient pertinente puisqu’elle combinera intelligemment différents modes de transports que nous maitrisons, c’est ici que nous apportons de la valeur à nos clients. Avec BlaBlaCar, les clients peuvent tout avoir sur la même appli.

Avec BlaBlaCar Daily, nouveau nom de BlaBlaLines, vous sortez de votre modèle de leader dans la longue distance et vous attaquez le segment des liaisons quotidiennes courtes distances, plus communément appelées le domicile-travail.

Le covoiturage courte distance, c’est le Graal du covoiturage. Comme je disais, BlaBlaCar dispose d’une communauté de 100 millions de membres. Mais un trajet longue distance c’est deux ou quatre fois par an, peut-être une fois par trimestre. Avec le domicile-travail, c’est tous les jours, et c’est aussi 70% des Français.

Sur ce segment, vous n’êtes pas les premiers, et il y a déjà des acteurs bien installés comme Klaxit ou Karos…

Ce n’est pas tout à fait vrai… Lorsque nous avons lancé notre service en 2007, à l’époque cela s’appelait covoiturage.fr, nous proposions déjà du covoiturage courte distance en partenariat avec des grandes entreprises. Mais à l’époque, il n’y avait pas de modèle économique viable, il n’y avait pas la LOM (loi d’orientation des mobilités, ndlr) qui permet d’apporter un soutien public à ce marché à travers les régions ou le forfait de mobilité durable. Le covoiturage courte distance est un gros marché en France et en Allemagne.

Le fait de rebaptiser votre offre n’est pas une façon de la relancer en raison de résultats insatisfaisants ?

Pas du tout. Notre offre a rencontré un vif succès juste avant la crise du Covid, avec une nette accélération au moment des grèves de décembre 2019. Elle a ensuite rencontré deux vents contraires qui ont été le Covid mais aussi le développement du télétravail de masse. Mais on voit les chiffres de réservation repartir à la hausse et nous estimons qu’avec la LOM et le forfait mobilité durable, le covoiturage courte distance va continuer à décoller. Nous revendiquons aujourd’hui 1,5 million de membres sur ce segment, soit la moitié des parts de marché.

Vous envisagez une introduction en Bourse en 2022. Quel est l’objectif puisque vous vous auto-financez plutôt bien aujourd’hui ?

C’est un processus naturel pour une entreprise comme BlaBlaCar de se coter sur les marchés. Notre seule philosophie, c’est notre volonté de rester indépendant. C’est un nouveau signe de maturité de notre entreprise.

Eric Piolle (EELV): son programme de France verte

Eric Piolle (EELV): son programme de France verte

 

Le maire de Grenoble d’Europe Ecologie les Verts candidat à la candidature pour les présidentielles expose son programme de France verte abordant y compris les questions industrielles (interview dans la Tribune)

 

ERIC PIOLLE – Il s’agit tout d’abord d’une plateforme collective, que l’on avait imaginée après une série de rencontres avec Camille Etienne à l’issue de l’anniversaire de la Cop 21. Celle-ci rassemble aujourd’hui près de 1.500 personnes et quelques centaines d’entre elles qui travaillent de manière très collective.

Nous venons en effet de déposer nos premières propositions à l’égard de la plateforme du projet écologiste, qui a été ouverte fin avril, jusqu’au 12 juin prochain.

Notre idée est de défendre le principe d’un référendum, avec le besoin de créer un choc démocratique tout de suite après l’élection, afin de déverrouiller l’avenir.

Pour autant, à travers ce site Une certaine idée de demain, qui affirme vouloir mobiliser « autour de la démarche collective impulsée par Eric Piolle », vous n’appelez pas à une véritable « révolution » ?

Il s’agit de sujets assez consensuels au fond, car l’idée n’est pas d’aller sur des sujets conflictuels, mais de profiter de la légitimité du président qui sera élu pour déverrouiller ce qui n’a pas été fait, c’est-à-dire l’adaptation de nos institutions.

A la fois pour sortir de la monarchie présidentielle et arrêter les nominations réalisées par le président, mais aussi pour supprimer les articles qui lui arrogent les pleins pouvoirs, ou encore pour permettre des élections à l’Assemblée nationale avec l’instauration de la proportionnelle, tout en conservant sa stabilité.

Il s’agissait de l’une des grandes revendications des gilets jaunes que de changer la donne, sans abuser de la légitimité des élections.

Peut-on en conclure qu’à travers ces premières propositions ainsi que ce site, qui réunit vos propres soutiens, vous êtes vous-même candidat à la primaire écologiste, comme beaucoup l’estimaient déjà ?

Je regarderai cela après les élections régionales, qui sont la première et la prochaine étape.

C’est pour cela que pour l’instant, je suis en déplacement chaque week-end, afin de soutenir les candidats écologistes, à la fois au sein des départements et des régions un peu partout en France, avec la même logique de cohérence et une détermination constante.

Prévoyez-vous de publier de nouvelles « contributions » à la plateforme écologiste d’ici juin prochain ?

Le fait d’avoir déjà déposé une centaine de propositions au sein d’Une certaine idée de demain pourrait nous permettre de faire émerger une dizaine de propositions à la plateforme écologiste, car chacun doit pouvoir contribuer au projet collectif.

Cette primaire visera avant tout à choisir le candidat écologiste, qui sera ensuite en charge de fédérer et de porter un projet politique qui suscite l’adhésion.

Tout le monde parle du risque de duel entre Macron et le Pen. Mais l’on oublie une chose : pour qu’un autre chemin aboutisse, il faudra également proposer un projet positif ainsi qu’une autre vision de la société, qui ne soit ni le monde ultralibéral de Macron, ni le monde de repli sur soi du Rassemblement national.

Au cours des dernières semaines, EELV semble désormais divisé entre deux tendances : celle de désigner son candidat à la primaire, puis de chercher le rassemblement de l’arc humaniste que vous appelez de vos vœux, ou bien celle de construire dès à présent ce rassemblement avec l’ensemble des forces de gauche -une méthode plutôt suivie par Yannick Jadot-?

Je ne crois pas qu’il existe réellement ces deux tendances, car la volonté est de dire que nous faisons un rassemblement. C’est le message général qui est porté, avec le terme d’arc humaniste qui est désormais effectivement repris, et qui mène à mon sens à une convergence positive. Mais cela ne doit pas changer le calendrier, il faut y aller étape par étape.

Il nous faut pour cela déjà réussir les élections régionales, qui peuvent réellement changer la vie quotidienne des Français, et choisir ensuite cette candidature écologiste, pour que le débat soit clair et incarné, avec méthode.

Cela veut dire que pour vous, on ne peut pas s’allier correctement avec les forces de gauche avant d’avoir un chef de file ?

Cela ne me semble pas possible si l’on souhaite une démarche sincère et efficace. Il faut prendre en compte les étapes et la dimension de rythme.

Vous êtes vous-même candidat aux élections régionales, en dernière position non éligible pour soutenir la candidate EELV Fabienne Grébert. Or, on voit qu’à moins de deux mois avant l’échéance, les sondages donnent toujours le président sortant LR Laurent Wauquiez très en avance sur l’ensemble des forces, dont EELV (qui serait en 4e position, après LR, le RN et LREM). Ne doit-on pas là aussi prôner l’arc humaniste dès à présent ?

Le mode de scrutin des régionales fait que l’on doit avoir un rassemblement, la question est de savoir s’il aura lieu au premier ou au second tour. Mais ce n’est pas une question sur le fond, le rassemblement devra se faire.

Ensuite, les sondages sont ce qu’ils sont : il ne faut pas oublier qu’aux dernières élections, on m’a moi-même donné en moyenne 10 points de moins que le score que nous avons finalement réalisé. C’est encore le cas en 2020 pour les municipales à Grenoble, tout comme à Lyon.

Nous sommes également dans une période tellement mouvante, qu’il faudra regarder les choses de plus près, lorsque les Français les Français sortiront le nez du Covid, avec la vaccination qui avance.

On voit bien dans les centres d’intérêts des Français que, si l’instrumentalisation autour des questions sanitaires fonctionne, la question environnementale demeure une préoccupation très haute, avec les enjeux climatiques et de justice sociale, qui ne vont faire que remonter à la surface au fil du temps.

Je ne m’attache donc pas aux sondages, il faut réaliser la compagne à fond, avec une démarche positive.

Laurent Wauquiez a, de son côté, promis des millions et des millions à tout le monde, avec un art de l’affichage qui est réel. Mais ce qui l’a mis en échec en 2019, à savoir sa ligne très dure, et sa volonté d’aller chasser sur les terres du Rassemblement National, n’a au fond pas changé.

Sur le terrain régional justement, le sujet des énergies renouvelables monte actuellement en AuRA : vous étiez vous-même ce samedi aux côtés des salariés d’EDF, contre la loi Hercule : que défendiez-vous sur ce dossier ?

Il s’agit d’un sujet essentiel puisque le monde de l’énergie vit des transformations très fortes, et pendant ces transformations, le président de la République choisi au contraire de privatiser ce qui est l’avenir des énergies renouvelables, et de conserver dans le giron public ce qui va précisément constituer une dette future colossale : à savoir la mise en sécurité de centrales, leur démantèlement, la gestion des déchets… Ce sont des centaines de milliards d’euros qui sont déjà chiffré, et ce chiffre est sans doute sous-estimé.

Nous nous battons pour que l’énergie de demain soit l’énergie des biens communs. Ce qui est intéressant, c’est d’avoir un rassemblement très large, qui comprenne à la fois les salariés, l’ensemble des syndicats, formations politiques, mouvements citoyens, gilets jaunes, O.N.G. environnementales…

Nous nous arrivons en fin de mandat avec une cascade d’agendas, mais aussi une légitimité politique qui est fragilisée : il y a matière à freiner ce projet.

Le dossier Hercule n’est pas le seul à agiter la scène iséroise en matière d’industrie : des dossiers comme FerropemPhotowatt et même General Electric se traduisent eux aussi par des fermetures et suppressions d’emplois envisagées…

On voit bien que sur ces trois dossiers, il existe cette volonté de démanteler et de privatiser l’avenir ainsi que le bien commun.

On est en ligne avec le projet d’Emmanuel Macron, qui expliquait dans son livre que son objectif était « d’adapter la France à la marche du monde ». Il s’agit d’une marche néolibérale et de compétition à tout-va, avec un affaiblissement des services publics de manière générale.

J’étais moi-même impliqué sur le dossier Photowatt en tant que conseiller régional il y a déjà 10 ans, et nous nous étions déjà mobilisés à l’époque afin de favoriser une reprise dans le périmètre d’Edf.

Mais force est de constater qu’Edf n’a rien fait de cette entreprise, n’a pas investi pour développer son capital, et ne rachète même pas ses propres panneaux… Cela montre la vacuité du double discours dans ce dossier.

Finalement, que faire pour conserver et développer cette filière ? Votre candidature aux régionales Fabienne Grébert proposait récemment la création de 100.000 emplois à l’échelle d’AuRA : pour faire quoi ?

Les dernières évaluations successives évaluent elles aussi que les énergies renouvelables nécessiteront la création de 600.000 emplois d’ici 2030. On sait qu’il s’agit d’un nombre colossal, qui représente déjà 150 à 200.000 emplois si l’on choisissait d’arrêter demain les intrants, engrais, ou pesticides dans l’agriculture par exemple.

C’est un gisement d’emplois qui demande un courage politique, mais aussi une vision. Si l’on reste dans la privatisation du monde, on ne peut pas prendre ce chemin.

Faut-il pour autant passer, selon vous, par des leviers comme celui de la nationalisation ?

On peut imaginer d’avoir une partie nationalisée, ou du moins un retour dans le giron public, à travers un contrôle qui serait par exemple assuré par un satellite public. Cela pourrait être aussi une occasion d’impliquer les collectivités locales ou les citoyens.

Face aux questions d’acceptabilité sociale des éoliennes par exemple, on se rend compte que si l’on reste dans la même logique, qui est d’installer une éolienne quelque part, d’en tirer un revenu, et de l’envoyer ensuite ailleurs, à l’autre bout de la planète, cela pose des questions de gouvernance. Or le projet d’Emmanuel Macron est d’aller acheter la transition à l’étranger.

On sent que les thématiques de réindustrialisation sont désormais plus nombreuses au sein de votre discours, tout comme de celui de votre homologue Fabienne Grébert, ainsi que de Yannick Jadot. En quoi est-ce une notion naturelle au sein du projet des Verts ? Est-ce que ce terme fait réellement partie de l’écologie politique ?

Il est naturel que ce terme s’inscrive dans la vision de l’écologie, car il ne faut pas oublier que près de 50 % des gaz à effets de serre sont aujourd’hui importés. On ne peut pas uniquement réduire les gaz à effet de serre ici, et transférer l’activité ailleurs.

C’est pour cela que réindustrialiser a du sens, car cela fait circuler l’économie, de manière plus circulaire justement. Dès 2010, quand je me suis engagé au conseil régional, je portais déjà le slogan des 3R : à savoir relocaliser, reconvertir, et redistribuer, et cela reste pertinent.

Pourtant, l’industrie a souvent été pointée, au cours des dernières années, comme l’une des principales sources d’émissions de GES : en quoi les choses ont changé pour en faire un levier ?

Il est vrai que l’industrie peut polluer, mais tout l’enjeu est justement d’en améliorer son impact à la fois sur l’eau, sur l’air, sur la consommation foncière, l’énergie, ou encore son impact sur la biodiversité… C’est pourquoi l’industrie est aujourd’hui un moteur de transformation très riche et de mobilisation.

Il faut rappeler qu’en France, la gauche comme la droite ont poussé vers une vision néolibérale d’une France sans usines, qui était déjà pour moi une aberration il y a près de 18 ans.

Même lorsque je travaillais dans le privé, j’ai œuvré pour localiser des activités car cela a du sens, et permet de mieux écouter les besoins du client, d’avoir des activités plus intégrées… C’est donc une vision erronée de nos dirigeants que nous payons aujourd’hui, de ce qu’est une société.

Vous allez de nouveau participer à la marche pour le climat à Grenoble ce dimanche. Après avoir déjà évoqué votre déception concernant le devenir de ce texte, celui-ci a depuis été voté depuis par l’Assemblée nationale cette semaine. Qu’attendez-vous désormais de ces nouvelles mobilisations ?

Il existe tellement de points d’amélioration, quand on part de seulement 10 à 20 % de propositions réellement conservées, selon l’évaluation de la convention citoyenne pour le climat…

Cette loi résonne tout de même comme une trahison, par rapport à l’esprit de départ.

Nous étions vendredi à Paris en réunion avec le groupe écologiste au Sénat, afin de voir sur quels axes ce projet pourrait être amélioré en vue de déposer des amendements. Mais cela est pléthorique, et pose à la fois la question du logement, de l’ingénierie, de réglementation, de publicité…

L’objectif de cette marche pour le climat est de montrer avant tout que la société est prête, car il existe un besoin de s’exprimer pour tous les jeunes et les personnes engagées dans cette direction, qui ont des attentes, une recherche de sens et un besoin de cohérence.

L’un des enjeux du moment est de montrer que nous restons mobilisés, et que cette mobilisation doit avoir un débouché politique.

2022 sera pour vous également l’année de la Capitale verte européenne, un titre que vous avez remporté auprès de la Commission européenne. Comptez-vous sur cette reconnaissance pour mieux faire porter la voix de Grenoble sur la scène médiatique ?

Il ne s’agit pas d’une démarche à but électoral, mais qui vise bien à fédérer l’ensemble des acteurs du territoire, car nous aurons l’ensemble des institutions présentes quelle que soit leur couleur politique, au sein d’une dynamique collective.

Cela va nous permettre d’amplifier les changements qui ont déjà été initiés, et de donner un sens pour les entreprises, salariés, institutions et acteurs de la recherche ainsi que culturels. Il s’agit d’un projet de territoire qui nous correspond : nous avons été choisis pour cela, car nous avons le courage d’avancer.

Ce titre nous permettra aussi de faire rayonner notre pays, car la Capitale verte a été placée sous le haut patronage de la France, qui présidera au premier semestre 2022 la Commission européenne. A ce titre, le Président de la république nous a déjà confirmé qu’il serait là pour son ouverture.

Je pense que ce sera l’occasion de mettre en valeur la transition à Grenoble, mais également partout en France.

Terrorisme : la justice a fait son travail (Evelyne Sire-Marin)

Terrorisme : la justice a fait son travail  (Evelyne Sire-Marin)

 

Ancienne juge d’instruction et juge des tutelles, Evelyne Sire-Marin a été présidente de chambre à la cour d’appel de Versailles et présidente du Syndicat de la magistrature elle défend la posture actuelle de la justice.

 

Au lendemain de l’attentat de Rambouillet, Xavier Bertrand propose une peine de cinquante ans de prison pour tout condamné pour terrorisme, assortie d’une période de sûreté – empêchant toute sortie anticipée – elle aussi portée à cinquante ans. Est-ce réalisable ?

Ce qu’on appelle terrorisme couvre des infractions extrêmement diverses, de l’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, sans acte matériel ni participation active, au crime terroriste lui-même qui débouche sur la réclusion à perpétuité. Un individu qui apporte un soutien sans être poseur de bombe encourt trente ans de réclusion. Le Code pénal prévoit une échelle des peines très lourde, avec une période de sûreté allant jusqu’à trente ans, voire une perpétuité incompressible. Créer une peine de cinquante ans pour tout « condamné pour terrorisme », c’est nier l’existence du juge. La fonction de juger consiste à apprécier les faits, puis à prononcer une peine adaptée à la gravité des faits et à la personnalité de l’auteur.

Après le procès de Viry-Châtillon, la droite a relancé le débat sur la systématisation des peines. Xavier Bertrand propose une peine de prison automatique d’un an pour tout agresseur d’un policier, d’un gendarme ou d’un maire…

Dans cette affaire des policiers brûlés au cocktail Molotov en 2016, la justice populaire, avec neuf jurés, a acquitté en appel huit personnes sur les 13 prévenus. Les cinq autres ont écopé de la réclusion criminelle, jusqu’à dix-huit ans. Si des prévenus ont été acquittés, c’est parce qu’il n’y avait pas de preuve pour les sanctionner. Le droit de la preuve et la présomption d’innocence sont des principes fondamentaux de la justice depuis la Révolution française. Si on les remet en cause, cela revient à dire qu’en fonction de la qualité de la victime (ici, des policiers), il faut enfermer d’office. C’est très dangereux. A cela, s’ajoute l’idée d’automaticité, qui s’oppose au principe constitutionnel de l’individualisation des peines qui permet d’adapter la sanction. La surenchère politique nourrit l’idée que la justice ne fait pas son boulot.

Justement, la justice est sous le feu des critiques dans l’affaire du meurtre antisémite de Sarah Halimi, dans laquelle l’auteur a été déclaré irresponsable pénalement…

On a le droit de critiquer une décision de justice et on comprend que ce crime antisémite suscite une immense émotion. Ce qui est inquiétant, c’est que la récupération politique tord les faits : on entend qu’un meurtrier peut fumer du cannabis pour s’exonérer de sa responsabilité. C’est faux. L’arrêt de la Cour de cassation dit que le trouble mental était là : la prise de drogue par Kobili Traoré n’a fait « qu’aggraver le processus psychotique déjà amorcé ». Trois collèges d’expert ont conclu à l’abolition du discernement. Il a été déclaré irresponsable parce que la loi ne prévoit pas d’exception si la « bouffée délirante » a pour origine la prise de substances. La chambre d’instruction a reconnu à la fois sa culpabilité et la dimension antisémite du crime. Il est enfermé dans une unité psychiatrique de nature pénitentiaire et ne va pas en sortir de sitôt, les hospitalisations de malades mentaux criminels étant souvent plus longues que la peine encourue aux assises. La prison n’est pas faite pour soigner ou garder des fous dangereux ; elle est faite pour que des personnes comprennent leur peine et s’amendent. Là encore, c’est un principe fondamental de la justice en démocratie.

Malgré tout, les pourfendeurs de cette décision estiment que l’auteur avait assez de discernement pour commettre un meurtre antisémite…

Oui, il a choisi sa victime, parce que la maladie mentale reflète la société. Le trouble psychotique se fixe sur une catégorie : une figure de l’autorité comme le chef de l’Etat, un groupe comme les juifs ou les femmes, un membre de la famille… J’ai eu à juger une affaire où une mère avait égorgé son fils de quatre ans, parce qu’elle pensait qu’il y avait un démon dans le corps de son petit garçon. Elle a été déclarée irresponsable pénalement et internée. Quand j’étais juge d’instruction à Créteil, un jeune homme souffrant de troubles bipolaires et fumant du cannabis a commis un crime monstrueux contre son père, parce qu’il s’était pris toute une nuit pour un gladiateur. On peut faire une nouvelle loi sur la responsabilité pénale, mais cela ne changera rien : il faudra toujours des experts psychiatriques qui évaluent si la personne souffre de troubles mentaux, si elle a pris des substances dans le but d’altérer son discernement et si cette drogue a bien été responsable d’une bouffée délirante au moment des faits.

La folie est-elle assez bien appréhendée par la justice ?

Sur 16 000 ordonnances renvoyant des personnes devant des tribunaux, seules 44 déclaraient l’irresponsabilité pénale en 2019. Les victimes peuvent faire appel devant la chambre de l’instruction pour qu’il y ait un procès, comme dans l’affaire Halimi. J’ai présidé des audiences dans lesquelles les prévenus avaient des troubles mentaux ; ils s’avèrent incapables de répondre aux questions, se montrent mutiques ou incohérents. La justice n’en tire rien et la victime en sort anéantie.

Bruno Retailleau: Son programme pour 2022

Bruno Retailleau: Son programme pour 2022

 

En course pour l’Elysée, le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, présente les grands axes de son programme économique. « Je veux ensuite un capitalisme plus participatif afin que le travail soit mieux payé », dit-il;

Un programme assez représentatif de la droite conservatrice au sein des républicains mais toutefois qui s’ouvre à une certaine dimension sociale . Une perspective qui souffre cependant d’insuffisance en matière économique dont Retailleau confie totalement l’avenir au libéralisme . Bref un peu en retard par rapport à ce qu’engage par exemple Biden. NDLR

Bruno Retailleau est président du groupe LR au Sénat. Il entend bien être sur la ligne de départ pour la présidentielle et se bat pour que Les Républicains organisent une primaire afin de désigner leur candidat. Déjà en course, Xavier Bertrand a dévoilé il y a une semaine dans Les Echos ses projets pour réindustrialiser la France. A son tour, Bruno Retailleau présente dans l’Opinion son « pacte de reconstruction ».

Dans la course à l’Elysée qui s’ouvre à droite, êtes-vous celui qui reprend la ligne économique de François Fillon ?

C’était il y a quatre ans seulement, mais cela paraît un siècle ! La crise est passée par là. Elle a été un révélateur pour les Français. Ils étaient persuadés qu’en contrepartie d’une dépense publique très élevée, nous bénéficiions du meilleur système de protection au monde. Et pourtant nos hôpitaux, nos personnels soignants ont manqué de tout ! Cela a ouvert les yeux des Français sur tout le reste : l’école, l’Etat… Face à cela, certains veulent, comme d’habitude, relancer avec les vieilles recettes, c’est-à-dire se contenter d’amoindrir les conséquences de nos difficultés avec de l’argent public, sans en traiter les causes. Ce n’est pas que ce que je défends. Nous sommes au bout d’un système. Il nous faut enfin sortir des Trente piteuses, renverser la table et avoir le courage de le dire puis de le faire.

« Renverser la table », qu’est-ce que cela veut dire ?

Tout le monde parle de relance. Mais on ne relance pas un moteur cassé, on le remplace ! Je plaide pour un pacte de reconstruction, qui s’appuie sur trois piliers. Un : le travail, les entreprises, les salariés. Deux : l’Etat et la société. Trois : l’Europe. La priorité, c’est de produire plus en France. On a produit de moins en moins tout en redistribuant de plus en plus. Le résultat, c’est que l’on a appauvri les Français : ces vingt dernières années, ils ont perdu 5 000 euros de pouvoir d’achat par rapport aux Allemands. Ce sentiment de déclassement les taraude.

«Je propose de créer une grande filière de l’enseignement professionnel par la voie de l’alternance en la confiant, non pas à l’Education nationale, mais aux régions et aux filières économiques»

Que proposez-vous concrètement ?

Pour produire plus, il faut plus de travail et qu’il soit moins taxé. Il faut baisser les impôts et charges qui pèsent sur le travail et la production, passer toutes les normes à la paille de fer. En cinq ans, les Anglais ont restitué aux entreprises plus de 12 milliards d’euros en supprimant des normes inutiles. Je veux ensuite un capitalisme plus participatif afin que le travail soit mieux payé (sans obérer la compétitivité de l’entreprise) et que le salarié bénéficie davantage de la réussite de l’entreprise. Je propose trois mesures : une prime d’intéressement sur les bénéfices de l’entreprise, exonérée de charges sociales jusqu’à 5 000 euros par an, une fusion du mécanisme de participation-intéressement avec la suppression du forfait social, notamment pour les PME et ETI, et la possibilité de transmettre aux salariés jusqu’à 15% du capital d’une entreprise. Enfin, il faut que le travail soit mieux qualifié. C’est une vraie faiblesse française. Je propose de créer une grande filière de l’enseignement professionnel par la voie de l’alternance en la confiant, non pas à l’Education nationale, mais aux régions et aux filières économiques. Il faudra aussi avoir le courage d’assumer la retraite à 64 ans, si on ne veut pas créer une charge insupportable pour les plus jeunes et alimenter le conflit intergénérationnel.

Xavier Bertrand fait de la baisse de moitié des impôts de production sa priorité pour réindustrialiser. C’est un point d’accord…

Oui, il y a une convergence. Mais il faut aller encore plus loin avec la baisse des charges qui pèsent sur le travail et la suppression des droits de succession sur les transmissions d’entreprises.

En quoi consiste votre « pacte de reconstruction » pour ce qui est de l’Etat et la société ?

Je viens de l’ouest, de la Vendée, où l’on sait que les ressorts du développement ne sont pas seulement matériels. Ce n’est pas un hasard si le nombre des entreprises et des associations y est un des plus élevé de France. La cohésion est aussi un facteur de compétitivité. Il faut donc créer un climat de confiance. Pour cela, l’Etat doit être remis à sa place, recentré sur ses missions régaliennes (dans les années 1960, le régalien représentait 6,5% des dépenses du PIB contre 2,5% aujourd’hui !) et le rendre plus efficace, moderne. Parallèlement, il faut une société de liberté et d’initiative, qui passe par un nouvel acte de décentralisation. Il y a un lien entre confiance et proximité : plus la distance s’étire, plus la confiance s’éloigne. Pour redonner de la confiance, l’impôt participatif (flécher 5% de son impôt sur la politique publique de son choix) est également une belle idée, que je partage avec Eric Woerth. Il faudra de même valoriser les 13 millions de bénévoles du monde associatif et revigorer le paritarisme pour contrer l’étatisation de notre modèle social.

Et en matière européenne ?

Le fiasco des vaccins devrait nous vacciner contre la tentation fédérale ! Je le dis d’autant plus aisément que je n’ai voté ni le traité de Maastricht ni celui de Lisbonne. Ce qu’on attend de l’Europe, ce n’est pas qu’elle fasse ce que les Etats peuvent faire mais ce qu’ils ne peuvent faire seuls : protéger des intérêts communs, des valeurs communes aussi. Pour défendre nos intérêts, nous devons d’abord réécrire le droit européen de la concurrence. Il est très significatif que la France milite pour une réforme des règles budgétaires mais pas des règles de la concurrence : comme d’habitude, on traite les conséquences, jamais les causes ! Nous avons des comptables à la tête de l’Etat, pas des combattants. Pourquoi l’UE n’autorise-t-elle pas, le temps de la crise, de réserver la commande publique aux entreprises européennes ? Quant aux valeurs, nous ne pouvons plus laisser entrer en Europe des produits fabriqués par des enfants ou des salariés payés une misère. Nous n’aurions pas dû accepter l’accord sur les investissements avec la Chine car on sait très bien qu’il y a là-bas des brevets volés, des camps de travail… Il faut aller plus loin que la taxe carbone aux frontières, sur laquelle travaille l’UE, et doubler cette barrière écologique européenne d’une barrière sociale, éthique, prenant en compte le niveau des salaires et le respect des droits sociaux et humains. L’Europe doit faire passer un message clair : parce que l’humain a du prix pour nous, l’inhumanité aura un coût chez nous.

L’un des enjeux majeurs du prochain quinquennat sera le remboursement de la dette. Que préconisez-vous ?

En face d’une dette, il y a toujours une taxe. Cantonner la dette Covid, comme vient de l’annoncer le gouvernement, cela finira à terme par un impôt Covid. Pour la réduire, il y a des marges de manœuvre : faire converger le temps de travail du public vers celui du privé, faire du statut l’exception et du contrat la règle dans la fonction publique, débureaucratiser (les effectifs des 400 à 500 agences et autres observatoires ont augmenté de 220 000 depuis 2007 !). L’histoire nous l’a enseigné : les nations qui perdent la maîtrise de leurs dépenses perdent le contrôle de leur destin.

Gauche : l’union mais chacun de son côté

Gauche : l’union mais chacun de son côté

 

La réunion de samedi n’a évidemment pas débouché sur une perspective très claire de stratégie et encore moins de désignation d’un candidat unique pour l’élection de 2022. Une ambiance cependant détendue mais où on aura noté la possibilité peut-être d’une union de ce qui restent des socialistes avec les écolos. Parallèlement, les insoumis affichent leur volonté de continuer leur chemin politique de manière indépendante.

Les propos du député insoumis Eric Coquerel sont significatifs « S’ils veulent créer un espace commun du centre gauche, ça les regarde », dit-il à propos de ses camarades du jour. L’air de rien, il met les points sur les « i » : « À nous seuls, nous représentons l’équivalent de tous les autres. » Il a tout de même un motif de satisfaction. Comme il le souhaitait, les participants se sont mis d’accord sur plusieurs points : « un socle commun de résistance face aux agressions des macronistes, de la droite et de l’extrême droite », dixit Faure ; enfin des débats publics autour des programmes ; et un « cessez-le-feu » entre eux. Ils ont un mois, d’ici à leur prochain rendez-vous, pour s’assurer qu’il est respecté.

 

De toute façon même unie la gauche a peu de chances de ce qualifier pour le second tour tellement elle est discréditée auprès de l’opinion publique qui considère à 80 % dans un récent sondage qu’elle est très malade.

Vladimir Poutine: le dictateur prolonge son mandat jusqu’en 2036 !

Vladimir Poutine: le dictateur prolonge son mandat jusqu’en  2036 !

 

Grâce au décret qu’il  vient de signer, Vladimir Poutine pourra se vanter d’avoir régné sans partage sur la Russie pendant près de 36 ans.

Le président russe Vladimir Poutine a 68 ans,. Il pourra donc continuer de diriger la Russie jusqu’à 85 ans ! Tout cela avec la bénédiction du Parlement complètement soumis au pouvoir. En plus avec une pseudo démocratie via un référendum sans opposition. L’un des rares opposants , à savoir Navalny ,ayant été mis en prison après une tentative d’empoisonnement. Bref le produit du KGB s’assoit délibérément sur la constitution qui normalement aurait dû limiter sa responsabilité de président a demanda.

 

Sorte de démocratie remake  des plus mauvaises caricatures africaines et qui finira sans doute aussi mal un jour ou l’autre. En effet la Russie enregistre non seulement un échec total en matière économique et sociale et reste au rang des pays en voie de développement. En outre , la démocratie est complètement muselée par la dictature d’un seul homme et de ses acolytes.

Cerise sur le gâteau, Poutine a fait introduire dans la constitution une immunité avis pour tous les anciens présidents russes y compris lui-même. Une manière de se protéger contre les énormes détournements des biens de l’État récemment dénoncés par Navalny au profit de Poutine.

Covid: la France va enfin produire des vaccins sur son sol !

Covid:  la France va enfin produire des vaccins sur son sol !

Les pouvoirs publics avaient déclaré l’état de guerre contre le virus, mais une sorte de guerre en dentelle si on s’en tient à la modestie des moyens mis en œuvre. Par exemple jusqu’à maintenant aucun vaccin n’était produit sur le territoire. Un peu comme si en cas de guerre militaire il fallait attendre les munitions de l’étranger voire de l’adversaire !

 

Opérationnelle depuis quelques jours, l’usine du sous-traitant ­Delpharm de Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir), ­entrera en production mercredi. Les premières doses du tout premier vaccin made in France, celui à ARN messager du duo Pfizer-BioNTech, sortiront des chaînes d’embouteillage .

Ce lancement n’est que le premier d’une série d’opérations ­industrielles ambitieuses qui, d’ici à la fin 2021, doivent permettre à la France de produire 250 millions de doses. Il est aussi très attendu par toute l’Europe. Les doses fabriquées dans l’Eure-et-Loir alimenteront les stocks destinés à tous les pays de l’Union. De Saint-Rémy, elles seront acheminées vers les plateformes logistiques européennes, puis dispatchées selon le vaste plan de vaccination élaboré par Bruxelles. Impossible de dire dans quels pays seront injectés les flacons de Delpharm.

Dans l’urgence, les services de Bercy ont commencé à tracer il y a un an une cartographie précise des industriels susceptibles de participer à l’effort collectif, à une grande échelle. Une vingtaine de groupes seulement – sociétés de biotechnologies, conditionneurs, grands laboratoires – ont ainsi été identifiés et se sont portés candidats. Pour la production de vaccins, la France ne peut compter que sur une demi-douzaine de sites de « remplissage » comme celui de Delpharm. L’un d’entre eux appartient à Sanofi, géant mondial réduit pour l’instant au rang de sous-traitant.

 

En France, après celui de Pfizer-BioNTech, le vaccin du labo allemand CureVac devrait être le prochain disponible. Une fois obtenue une autorisation de mise sur le marché européen de ce sérum, la production pourrait démarrer début juin, chez le façonnier Fareva, sur le site de ­Val-de-Reuil (Eure), taillé pour devenir le plus gros site de conditionnement du pays.

Pour viser l’indépendance ­vaccinale, la marche pour la France reste haute : il faudrait qu’elle soit en mesure de produire dans l’Hexagone la substance active des produits à ARN messager, qui ont déjà révolutionné la médecine. « L’ARN messager ouvre aussi des voies thérapeutiques encore à explorer, notamment dans l’oncologie, mais les compétences sont là, ­reconnaît Agnès Pannier-­Runacher. Cela nécessite un basculement technologique qu’aucun Français ne maîtrise encore. »

Covid: Macron a perdu son pari, la France a perdu un mois

Covid: Macron a perdu son pari, la France a perdu un mois

 

Même dans la tonalité du président de la république on a décelé une certaine lassitude. Un sentiment de déjà entendu. Avec une grande partie consacrée à l’auto justification d’une politique sanitaire pourtant très évolutive voire contradictoire.

 

Macron avait fait un pari à savoir ne pas reconfirmer la France. Pari perdu car devant la détérioration des statistiques qui rendent compte des contaminations et de leur gravité, le pouvoir central a décidé de reconfirmer tout le pays dans un espace de 10 km et refermant les écoles. Les commerces n’en essentiels vont demeurer fermés.

 

En réalité? la France a perdu à peu près un mois en termes de protection sanitaire car les mesures prises très floues n’ont pas fait la démonstration de leur efficacité. Désormais la crise est Telle qu’il paraît difficile d’ailleurs d’en limiter l’évolution. Les lits de réanimation sont presque tous occupés et Macron a convenu qu’il fallait en augmenter le nombre jusqu’à 10 000 au lieu des 6000 actuels.

 

Ne reste en réalité que le freinage très relatif de ce nouveau confinement et surtout l’espérance de l’accélération de la vaccination. Or sur ce terrain c’est aussi l’échec total et il ne faut pas espérer qu’un nombre significatif de Français seront vaccinés avant l’été. Le président de la république a confirmé que seulement 8 millions de Français avaient été vaccinés en trois mois. C’est évidemment très insuffisant. L’imputation de la responsabilité au nouveau virus par Macron paraît peu convaincante notamment si on compare la situation sanitaire française à celle de la Grande-Bretagne qui pratiquement est parvenue à stopper le nombre de décès grâce précisément à une vaccination massive.

 

« Nous avons tous consenti des efforts importants et le virus a continué de circuler », a reconnu Emmanuel Macron. Le président a alors évoqué  »la propagation dans toute l’Europe d’une nouvelle forme de variant, qui a été identifié pour la première fois chez nos voisins britanniques à la fin de l’année dernière, et qui a en quelque sorte fait apparaître une épidémie dans l’épidémie ». Le chef de l’Etat a une nouvelle fois défendu sa stratégie, avant de constater qu’elle ne suffisait plus.  »Cette stratégie a eu des effets, mais cela reste trop limité (…) nous devons donc nous fixer un nouveau cap. » Le président de la République a donc demandé aux Français  »un effort supplémentaire ».

Présidentielles 2022 : le parti communiste veut son candidat , le dernier de l’histoire ?

Présidentielles 2022 : le parti communiste veut son candidat , le dernier de l’histoire ?

 

 

 

 

 

Cette fois le parti communiste semble bien décidé à avoir son candidat en 2022. En fait,  une sorte de choix cornélien. Si le parti se présente, il risque de se voir attribuer autour de 2 % des voix d’après les sondages actuels autant dire comme certaines organisations d’extrême-gauche. Un résultat qui pourrait encore confirmer la totale marginalisation d’un parti qui a longtemps dominé la vie politique française à gauche. Et si le PC ne présente pas de candidats, il risque cette fois de disparaître complètement.

 

D’une certaine façon,  on peut considérer que le parti communiste a déjà été tué deux fois. Une fois par Mitterrand qui s’est servi des voix communistes et qui a ensuite étouffé le vieux parti. Une autre fois par Mélenchon qui a sucé le sang du parti et ses sympathisants. Un succès d’autant moins apprécié par les communistes que Mélenchon s’est enfoncé dans le gauchisme qu’ont toujours condamné des communistes orthodoxes.

 

Le déclin du parti communiste français est cependant pour l’essentiel du à l’enfermement doctrinaire du parti communiste lui-même. Pour résumer, c’est l’attachement morbide à l’idéologie des années 50 qui a éloigné progressivement une opinion publique qui, elle ,a évolué sur deux nombreux plans. À cela s’ajoute évidemment le discrédit général sur le concept de société communiste, les seules subsistants étant clairement des organisations autoritaires et même dictatoriales.

 

Dommage sans doute car le parti communiste est sans doute la seule organisation politique encore animée par une sociologie proche du peuple. Tous les autres partis, extrême-gauche comprise, se sont laissées envahir soient par des opportunistes, soit par des intellos bobos complètement coupés des réalités sociales. Le credo universitaire Islamogauchistes témoigne de l’énorme décalage entre ce que pense une très large majorité des Français et ces nouveaux activistes doctrinaires et clairement fascisants. Sur ce terrain. Les élus communistes eux-mêmes n’ont pas montré un grand courage et ont souvent montré une certaine complicité avec le développement communautarisme.

 

Un seul exemple pour illustrer le propos. À Saint-Pierre-des-Corps près de Tours, l’un des derniers bastions communistes, un très vieux club de football s’est toujours efforcé de maintenir une diversité dans le recrutement des joueurs mêmes si fort logiquement compte tenu de la population,  les joueurs d’origine étrangère étaient majoritaires. Par contre l’ancienne municipalité de Saint-Pierre-des-Corps a autorisé la création d’un club d’obédience maghrébine. Aux dernières élections , la municipalité communiste a été balayée et remplacée par une équipe municipale plutôt de droite.

 

Le parti communiste s’est lui-même tiré une balle dans le pied. Vraiment dommage. On peut évidemment être en désaccord avec l’idéologie et la pratique du parti mais on regrettera sans doute l’appropriation de tous les autres partis politiques par des opportunistes et où des intellos bobos.

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