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Personnels soignants: des augmentations ? (ministre de la santé)

Personnels  soignants: des augmentations ?   (ministre de la santé)

 

« Je reconnais  que le principe de prime est insuffisant pour rémunérer correctement le personnel soignant. Il ne promet rien de précis, rien de significatif  sinon qu’on pourra « travailler » la question, bref y réfléchir !  » ( ministre de la santé ) -interview au JDD.

 

Les personnels soignants réclament des hausses de salaire et des moyens pour l’hôpital. Que leur répondez-vous ?
Le Président a été très clair : nous allons augmenter les rémunérations ( Macron n’a rein promis formellement NDLR°), travailler sur un plan d’investissement ambitieux et enclencher une transformation profonde de tout ce qui ne tire pas l’hôpital vers le haut. Dans la crise, l’hôpital a montré que, quand on le laissait faire, il était capable d’accomplir des miracles. Faisons-lui confiance.

 

L’augmentation des rémunérations sera-t-elle significative?
( notons le grande prudence du ministre (NDLR° La question doit être abordée sous quatre angles différents. Le premier, c’est bien sûr la question des salaires. Il faut travailler sur une augmentation de ceux-ci, au-delà des primes. Le deuxième, c’est l’organisation du travail. De nombreuses infirmières sont contraintes de faire des « ménages », c’est-à-dire des heures supplémentaires, illégalement, dans d’autres établissements. Si des salariés de l’hôpital souhaitent travailler davantage et augmenter leur rémunération, il faut que ce soit possible. Pour ça, il faut revoir le cadre d’organisation du temps de travail à l’hôpital. Le troisième concerne la valorisation du travail collectif et le quatrième, enfin, la montée en compétences.

 

Vous remettriez en question les 35 heures à l’hôpital?
La question n’est pas de déréglementer le temps de travail. Il ne s’agit pas d’obliger des gens à travailler davantage, mais de créer un cadre beaucoup plus souple pour permettre à ceux qui le souhaitent de le faire, ou d’organiser leur temps de travail différemment. Sans pression. Il faudra aussi valoriser le travail en équipe. L’équipe de proximité ressort comme un des gagnants face à la crise. Enfin, la question des rémunérations, c’est aussi celle de la montée en compétences et des missions. Des médecins exercent des missions de formation ou de recherche qui doivent être reconnues. Aujourd’hui, si une infirmière décroche un doctorat, elle conserve le même salaire. Ce n’est pas normal. Il faut faire évoluer les compétences et les missions de ceux qui le souhaitent, et les reconnaître à leur juste valeur ; il faut faire évoluer les métiers du soin en les adaptant aux nouveaux besoins de prise en charge des patients.*

 

Allez-vous vous attaquer au grand malaise infirmier, une profession féminine et paupérisée?
Je veux prendre soin de celles - surtout - mais aussi de ceux qui prennent soin de nous quand on est fragile. Les Anglo-Saxons appellent cela le « care », un concept très moderne à mes yeux et une question politique cruciale. C’est vrai, ce sont des métiers historiquement essentiellement féminins. Bien que fondamentaux, ils sont depuis toujours très mal rémunérés. Aujourd’hui, nous payons cette faute initiale, dans les hôpitaux comme dans le secteur médico-social, à domicile ou dans les établissements. La nation va devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle. Je souhaite que, rapidement, nous puissions atteindre un niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne.

 

En quoi la stratégie « Ma santé 2022″ d’Agnès Buzyn était-elle une « erreur », selon l’expression d’Emmanuel Macron?
Je me reconnais dans les objectifs de la réforme « Ma santé 2022″. J’ajoute, que contrairement aux gouvernements qui nous ont précédés, nous avons inversé la tendance sur les dépenses de santé et relancé l’investissement. Pour autant, c’est le rythme de sa mise en œuvre et les moyens consacrés qui sont en cause. Nous n’avions pas emprunté une mauvaise route, mais l’ampleur de la crise hospitalière nous oblige à accélérer et à être à la hauteur des attentes des soignants.

 

Voulez-vous mettre fin à la tarification à l’activité (T2A)?
On est déjà sorti du tout T2A. Mais il faut aller plus vite. La crise du Covid-19 nous a montré qu’un raisonnement par population était plus intéressant pour l’hôpital qu’un raisonnement par activité.

 

 Quelle méthode allez-vous adopter pour élaborer votre plan?
Nous allons mener une concertation nationale avec les partenaires sociaux et les collectifs hospitaliers. Je l’ai entamée dès ce week-end, sans attendre, à travers des discussions téléphoniques informelles, en bilatéral, avec des syndicats. Le 25 mai, je souhaite lancer ce « Ségur de la santé » par une première grande réunion multilatérale avec les partenaires sociaux au ministère. Par ailleurs, dès la fin du mois, nous organiserons dans les territoires un retour d’expérience sur ce qui a fonctionné et sur les attentes de ceux qui ont fait l’hôpital pendant la crise.

 

Avec quel argent allez-vous financer ces mesures? Y a-t-il finalement de l’ »argent magique », contrairement à ce qu’affirmait Emmanuel Macron il y a deux ans?
Les Français aspirent à une protection sociale forte et à un modèle de santé à la hauteur, généreux et efficace. Ils veulent des soignants fiers d’aller au travail le matin et heureux. Il y a des aberrations : certaines choses ne coûtent rien et nécessitent juste de revenir sur des réglementations. Mais oui, bien sûr, il faudra qu’on mobilise de l’argent nouveau pour augmenter les rémunérations. C’est nécessaire. Il n’y a pas d’argent magique, il faudra donc faire des choix.

 

Mais le déficit de la Sécurité sociale explose déjà…
Le mal-être à l’hôpital coûte aussi très cher. Il y a près de dix ans, j’écrivais dans un rapport que le recours à l’intérim médical coûtait 500 millions d’euros par an. Cette somme s’est accrue depuis. Il vaut mieux dépenser de l’argent pour attirer et conserver des talents dans la durée que pour recruter des médecins à l’étranger avec des boîtes d’intérim.

 

Quand présenterez-vous votre plan?
J’ai envie d’aller vite. Je veux que le plan soit présenté cet été, pour traduire tout ce qui peut l’être dans le prochain budget de la Sécurité sociale. Nous n’avons pas besoin de faire un diagnostic. Il est connu. Ce qu’il nous reste à faire, c’est un retour d’expérience sur ce qui a été développé pendant la crise, en ville, au domicile comme à l’hôpital. Par exemple, on réalisait dans notre pays 20.000 téléconsultations par an en 2019. La semaine dernière, on en a fait 1 million. La téléconsultation, est-ce la fin des déserts médicaux? Peut-être. Je n’ai pas de tabou, y compris pour articuler les secteurs public et privé par endroits. Les agences régionales de santé ont montré qu’elles savaient être en pilotage et en appui. C’est à l’échelle des territoires de santé qu’il faut penser l’organisation des soins de demain. Ce qui est certain, c’est que je ne veux pas que l’hôpital retombe dans le marasme, la morosité et la perte de sens qui étaient son quotidien avant le coronavirus.

 Pendant la crise, vous avez rouvert des lits. Est-ce la fin des fermetures?
Il y a des endroits où on manque de lits, mais aussi d’autres où on n’en manque pas. Il faut adapter notre capacité à la charge de soins, aux besoins des patients, mais il faut sortir du dogme de la fermeture des lits, ça c’est certain. Médecin hospitalier, j’ai connu les brancards dans les couloirs, ce n’est plus acceptable.

 

En cas de deuxième vague, aura-t-on assez de lits de réanimation?
La saturation des lits de réanimation est encore une réalité. Si le nombre de malades du Covid en réanimation diminue - il en reste plus de 2 000 aujourd’hui -, les malades non-Covid sont nombreux. On a aussi une très forte tension sur les médicaments de réanimation : on ne peut pas encore reprendre une activité de chirurgie programmée à 100%. Nous devons protéger ces médicaments dans l’hypothèse d’une deuxième vague.

 

Les Français pensaient avoir le meilleur système de santé au monde et ils ont eu l’impression que d’autres pays faisaient mieux. Certains pays sont-ils devenus des modèles?
Tous les patients atteints par le virus et qui avaient besoin d’être pris en charge ont pu l’être. Trouvez-moi un pays où l’Assurance maladie a pris en charge 100% des soins liés au coronavirus. Trouvez un pays dans lequel les hôpitaux ont multiplié par trois les capacités de réanimation. Regarder les difficultés d’autres pays qui n’ont pas subi une épidémie de même ampleur que nous n’est pas pertinent. Comparer ce qui n’est pas comparable n’éclaire pas le débat. Notre système de santé n’a pas à rougir, au contraire.

 

 Pouvez-vous tirer un premier bilan sanitaire du déconfinement?
Nous aurons un premier retour d’ici dix à quinze jours. Vendredi, nous avons diagnostiqué 1.100 nouveaux patients atteints par le coronavirus. C’est moins de 2% des tests réalisés. Nous testons désormais de façon très large, et beaucoup d’asymptomatiques. Les mailles se sont resserrées. Depuis lundi, nous avons identifié 25 clusters sur notre territoire. Le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel. Il reste une inquiétude : Mayotte. C’est le seul endroit où l’épidémie progresse, malgré le confinement, toujours en place là-bas.

Va-t-on arriver à l’objectif de 700.000 tests par semaine?
Nous avons la capacité de le faire. Vendredi, nous en étions à plus de 50.000 tests réalisés par jour et la montée en charge suit les besoins exprimés dans les territoires. Nous sommes donc en mesure de tester tous les Français qui présentent des symptômes et tous les cas contacts.

 

Des masques susceptibles d’être utilisés ont-ils été détruits par l’État en pleine épidémie, comme l’affirme Le Monde?
Je veux être clair. En 2017, la Direction générale de la santé (DGS) a demandé à Santé publique France de vérifier si les masques du stock national étaient encore utilisables. Après une expertise, Santé publique France a répondu en octobre 2018 que ces masques n’étaient plus conformes aux normes exigées pour un usage sanitaire. La DGS a logiquement demandé leur destruction, et déclenché une nouvelle commande de 100 millions de masques. Entre septembre et décembre 2019, 200 millions de masques périmés ont ainsi été détruits. Fin mars, nous avons défini des normes de masques filtrants destinés à la population générale. Nous avons alors demandé à Santé publique France de procéder à une nouvelle analyse des masques non encore détruits. En avril, les experts m’ont répondu qu’une partie de ces masques - pas la totalité – étaient reclassables en masques grand public. Nous les avons donc récupérés et distribués.

Est-ce normal que l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France n’ait pas bloqué elle-même ces destructions?
Si vous me demandez s’il est normal que je découvre fin mars que des masques n’ont pas été détruits, et que ce soit à moi de demander une nouvelle analyse pour vérifier s’ils sont bons ou non, la réponse est non. Parmi les réformes que je veux porter, il y aura une réorganisation de notre appareil de lutte contre les crises sanitaires.

Hôpital : distribution de la prime Covid aux soignants .

Hôpital : distribution de  la prime Covid aux soignants

Les personnels hospitaliers de 40 départements recevront le montant maximal de la prime promise par le gouvernement en récompense de leurs efforts durant l’épidémie de coronavirus, soit 1.500 euros net, a indiqué mercredi le ministère de la Santé à l’AFP.

Ces départements sont essentiellement ceux du nord et de l’est du pays, où se situent les régions les plus durement frappées par le Covid-19. Tous ceux d’Île-de-France (8 départements), Grand Est (10), Bourgogne-Franche-Comté (8) et Hauts de France (5) sont ainsi inclus dans la liste. Quatre départements d’Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme, Loire, Rhône, Haute-Savoie) y figurent également, ainsi que l’Eure-et-Loir, les Bouches-du-Rhône, les deux départements de Corse et Mayotte.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, avaient annoncé mi-avril une prime de 1.500 euros «net de tout» - sans cotisations ni impôts – pour les personnels des hôpitaux «dans les départements les plus touchés».

En dehors de ces zones, «les agents ayant travaillé dans les services Covid+ des hôpitaux de référence percevront également la prime de 1.500 euros», tandis que ceux «des autres services percevront une prime de 500 euros», rappelle le ministère.

Olivier Véran avait affirmé que ces sommes seraient payées «dès le mois de mai», mais le versement reste suspendu à la parution d’un décret en précisant les modalités Ce texte «est sur le point d’être signé», a assuré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, évoquant un règlement «sur les paies de mai ou juin». Notons que les syndicats réclament, eux une augmentation de salaire mensuelle substantielle

Dons de congés aux soignants ?

Dons de congés aux soignants ?

 

Une curieuse proposition pourrait être retenue par la ministre du travail : le don de congé de la part de n’importe quel salarié français aux personnels soignants. Un vrai imbroglio juridique. La vérité, c’est que la crise du système sanitaire et de l’hôpital en particulier n’a nullement été réglée notamment au plan social. On s’est contenté d’une prime et rien n’a été prévu pour revoir sérieusement les conditions sociales des personnels sous  tensions et encore moins pour envisager une réorganisation du système. L’idée de don est certes généreuse mais de toute façon complètement anarchique et juridiquement quasi impossible à mettre en œuvre.  ce n’est pas de la gestion gouvernementale mais du  scoutisme !

Dans un courrier adressé à la ministre, une centaine d’élus de la majorité suggèrent de “permettre aux salariés qui le désirent et qui le peuvent, dans le public comme dans le privé, de faire don d’une partie de leurs congés payés, qu’ils aient été affectés ou non sur un compte épargne-temps”. Les jours de congé ainsi offerts seraient transformables en chèques-vacances.

Lors des questions à l’Assemblée nationale, Muriel Pénicaud a jugé l’initiative “intéressante”.

“Au nom du gouvernement, je peux vous affirmer que je soutiens entièrement votre proposition”, a-t-elle dit. “Nous allons travailler ensemble sur les modalités d’exécution.”

“On ne sait pas l’ampleur que cela va représenter, cela dépendra du volontariat”, a-t-elle souligné, jugeant utile d’aider par le biais des chèques-vacances le secteur du tourisme, mis en difficulté par le confinement.

“C’est une manière de jouer collectif, à la fois pour la santé mais aussi pour le secteur du tourisme”, a dit Muriel Pénicaud.

Covid-19 : l’aumône pour les soignants

Covid-19 : l’aumône pour les soignants

Au-delà des mots mielleux du gouvernement pour le personnel soignant réapparaît la triste réalité et l’hypocrisie du pouvoir qui veut se débarrasser de l’injustice sociale avec une prime. On attendait évidemment une augmentation générale des salaires et non une prime par définition éphémère. Notons d’ailleurs encore une fois de plus l’énorme décalage avec l’Allemagne ou les infirmières sont payées presque 50 % de plus que celles en France avec peut-être une explication; dans le système hospitalier allemand; en compte seulement 25 % de personnel administratif pour 35 % en France. Et ce n’est pas le seul élément d’appréciation pour juger de la plus grande performance du système sanitaire allemand. Il faut aussi noter le nombre de lits disponibles quatre fois plus nombreux, aussi le dépistage massif tandis que Macron lui s’y refuse et s’enferme dans sa stratégie hypocrite de pénurie. Le gouvernement va donc verser en mai une prime exceptionnelle de 1.500 euros aux personnels soignants des services de santé dans les départements les plus touchés par l’épidémie et à ceux des services ayant accueilli des patients Covid-19 dans les départements les moins touchés, a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe.

Les autres personnels de santé recevront une prime de 500 euros, a ajouté le chef du gouvernement à l’issue du Conseil des ministres, précisant que ces primes seront « nettes de tout« , c’est-à-dire exemptes de charges et d’impôts.

En outre, tous recevront une majoration de 50% de leurs heures supplémentaires, ce qui représente en moyenne plus de 600 euros par agent, également sans impôts ni charges, a ensuite souligné le ministre de la Santé Olivier Véran.

Chaque agent recevra donc en moyenne 1.000 à 2.000 euros environ, a précisé Olivier Véran, avec un coût total pour l’Etat de 1,3 milliard d’euros.

S’y ajoutera une prime à venir pour le personnel du secteur médico-social, notamment celui des Ephad, qui ont dû se réorganiser, a ajouté le ministre.

« Nous devons en la matière, échanger avec les collectivités locales, en particulier avec les départements qui en sont souvent les financeurs, pour déterminer les conditions de financement de cette prime« , a précisé le Premier ministre Edouard Philippe.

L’impossibilité d’embaucher des milliers de soignants (Auriane Guilbaud )

L’impossibilité  d’embaucher des milliers de soignants (Auriane Guilbaud )

 

Auriane Guilbaud, maîtresse de conférences en science politique à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris-VIII et chercheuse au Cresppa-LabToP /CNRS, UMR 7217, milite dans une tribune du Monde pour une politique à long terme incluant l’embauche de soignants.

Endiguer une épidémie comme celle du coronavirus nécessite des institutions inspirant la confiance et financées sur le long terme, en particulier dans la santé et la recherche, souligne, dans une tribune au « Monde », la politiste, jugeant cette exigence encore incomprise du gouvernement

Tribune. Les financements d’urgence annoncés, tant au niveau national qu’à celui de l’Union européenne (UE), pour faire face à l’épidémie de coronavirus s’expliquent par l’immédiateté de la crise sanitaire, mais pourront-ils pallier des années de sous-investissement massif dans l’hôpital public et la recherche ? Pour contrer une épidémie, il faut des institutions résilientes, dotées des moyens pour réagir rapidement et absorber un surcroît de travail, et dans lesquelles les populations ont confiance. Cela nécessite des investissements de long terme, aux niveaux national et international.

Les épidémies sont des moments éprouvants pour les sociétés, confrontées à la perception d’un danger imminent, où la survie individuelle et collective devient un impératif absolu. Elles soulèvent de multiples questions éthiques : qui soigner en priorité ? Jusqu’à quel point peut-on restreindre la liberté individuelle de se déplacer ? Elles révèlent des inégalités et réactivent des tensions sociales : y aura-t-il un accès aux soins de qualité sur tout le territoire ? Sera-t-on protégé en cas d’absence au travail ? Enfin, parce qu’elles déstabilisent l’ordre politique et social établi, elles sont des moments privilégiés d’intervention gouvernementale.

Outre des financements débloqués en urgence, l’accent est mis sur des mesures barrières et la prophylaxie individuelle (le lavage soigneux et répété des mains, ne pas sortir quand on est malade…). Ces mesures sont bien sûr nécessaires, et il faut encourager à les respecter. Mais cet appel à la responsabilité individuelle nécessite un soutien institutionnel pour pouvoir être effectif et justifié. Si certaines mesures peuvent être prises en urgence, comme les indemnités journalières versées par l’Assurance-maladie en cas d’isolement lié au coronavirus, d’autres nécessitent un investissement en amont – combien d’écoles et d’autres lieux publics ont des toilettes dans un état tellement déplorable qu’il est impossible de s’y laver les mains correctement ?

La capacité à réagir rapidement pour endiguer une épidémie est cruciale, comme l’ont rappelé les précédentes épidémies du XXIsiècle (SARS, grippe aviaire H1N1, Zika, Ebola…). Des mesures d’urgence ne pourront être efficaces rapidement que si des infrastructures permanentes sont en place, et donc financées en amont et à long terme. Il n’est pas possible d’embaucher des milliers de soignants ou de chercheurs supplémentaires en un claquement de doigts. La recherche d’un traitement contre les virus de la famille des coronavirus prend du temps et nécessite des investissements pérennes.

Plan Buzyn Urgences: rejet par les soignants

Plan Buzyn  Urgences: rejet par les soignants

 

 

Comme il fallait s’y attendre,  les soignants ont massivement rejeté le plan proposé pour les urgences par la ministre de la santé. Il considère en effet qu’on est loin du compte avec les mesures envisagées. D’abord l’enveloppe budgétaire qui sera étalée sur quatre ans apparaît très insuffisante. Il faudrait des milliards la où seulement moins de 200 millions par an sont prévus. Des mesures vont dans le bon sens mais elles sont trop partielles et trop lointaines. Les soignants considèrent ce plan comme du bricolage qui n’entraînera pas une augmentation significative de l’offre  médicale pour répondre à l’enjeu.

 

Le collectif Inter-Urgences, à l’origine de cette grève inédite par sa durée – bientôt six mois – et son ampleur – 250 services d’urgence à ce jour (193 selon le ministère) – réclame toujours plus d’effectifs, plus de lits d’hospitalisation et une revalorisation des rémunérations.

Les médecins, jusqu’à présent restés en dehors de la grève menée par les paramédicaux, pourraient, pour partie d’entre eux, s’en mêler. Présent à l’assemblée générale du collectif Inter-Urgences, l’emblématique président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, a indiqué que son organisation déciderait jeudi « si (elle) rejoint le mouvement ». « Très déçu » par les annonces, Patrick Pelloux, a évoqué « un rendez-vous raté » sans « rien sur les revalorisations salariales » et a prédit que « la contestation va être sévère ».




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