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Société- Les défis de l’anthropocène

Société- Les défis de l’anthropocène 

La recherche fondamentale est en crise de moyens. Face aux turbulences du XXIe siècle, des choix s’imposent et « chaque chercheur doit se demander quel sens donner à un possible chant du cygne de son activité », analyse, dans une tribune au « Monde », le biologiste Jean Colcombet.( le Monde, extrait)

 

Tribune.

La recherche moderne ne s’est développée sous sa forme actuelle qu’après-guerre. Efficace et en partie non finalisée, elle est largement menée par des fonctionnaires sur fonds publics. Son émergence est la conséquence de la profonde transformation de la société induite par le progrès et l’abondance des énergies fossiles.

En moins d’un siècle, la mécanisation a entraîné une diminution drastique du nombre d’agriculteurs, a décuplé la productivité au point de rendre les ouvriers quasi accessoires et a permis un accroissement explosif du secteur tertiaire, devenu nécessaire pour gérer des flux de plus en plus complexes et répondre aux désirs de chacun.


Car, en même temps, nous sommes devenus incroyablement riches au regard de l’histoire humaine. La complexification de cette société a nécessité la spécialisation poussée de chacun de ses composants et permis la création d’une recherche professionnalisée appuyée sur des budgets sanctuarisés.

La recherche offre une grille de lecture du monde

Avant le XXe siècle, l’attrait du progrès et la compétition entre les nations motivaient les développements technologiques finalisés, menés par les artisans et les entreprises. La recherche fondamentale, très mineure, était souvent l’occupation d’individus fortunés ou soutenus par des mécènes.

Au cours du XXe siècle, et particulièrement depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la recherche a été nationalisée – c’est l’époque en France de la création des grandes agences de recherche – et a graduellement ajouté à sa mission de développement celle d’accroître les connaissances fondamentales.


Aujourd’hui, la plupart d’entre nous, chercheurs, parlons de notre contribution comme d’une petite brique apportée à l’édifice de la connaissance. Nous rechignons à nous voir imposer des objectifs, pointant les cas où le hasard mène à des découvertes remarquables et utiles alors que l’étude initiale n’avait rien de pratique. Par ce travail de fourmi, dont la somme ambitionne exhaustivité et objectivité, la recherche offre une grille de lecture du monde qui s’élargit et se précise continuellement.

La recherche, fille de la modernité et des énergies fossiles

L’ironie veut que cette recherche, fille de la modernité et des énergies fossiles, nous aide à analyser les grands enjeux de l’anthropocène : nous comprenons désormais que notre développement glouton nous fait dépasser les frontières planétaires et fragilise les écosystèmes. Sans l’expertise scientifique pointue dont nous disposons aujourd’hui, les défis essentiels de notre ère n’auraient pas été pleinement appréhendés.

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