Archive pour le Tag 'sociétal'

La voiture électrique: défi économique et sociétal

La voiture électrique: défi économique et sociétal

 

Editorial du « Monde ».Extraits

 

 Invention française, fierté allemande, l’automobile est dans le collimateur de Bruxelles. Le 14 juillet, la Commission européenne a présenté sa feuille de route pour révolutionner ce secteur plus que centenaire. Dans le cadre du pacte vert, les véhicules à moteur thermique seront interdits de commercialisation dès 2035. Cette accélération de plus de cinq ans du calendrier a peu de chances d’être contestée politiquement, y compris en Allemagne, où les inondations ont tragiquement mis l’accent sur les dégâts du dérèglement climatique.

 

L’offensive de la Commission est justifiée. Si l’on admet l’urgence, alors il faut s’attaquer sérieusement aux deux principales sources d’émissions de gaz à effet de serre en Europe : les transports et la production d’électricité (sauf en France, du fait du nucléaire). Les voitures particulières sont responsables de près des deux tiers des émissions de CO2 du secteur des transports.

Le virage paraît d’autant plus logique que, avec la voiture électrique, la solution existe. La plupart des constructeurs ont déjà pris les devants. Ils vont dépenser des dizaines de milliards d’euros pour se passer en dix ans du moteur à essence inventé en 1886 par Carl Benz.

Cette révolution, cependant, va avoir un impact considérable sur un grand nombre d’activités et sur l’emploi. Par la sophistication et la large diffusion de ses produits, l’industrie automobile est au sommet de la chaîne de valeur industrielle. Sa production et son usage nécessitent le concours de myriades d’entreprises de toutes tailles, aussi bien dans la mécanique que dans les services. En France, selon le Comité des constructeurs d’automobiles, la filière fait travailler plus de 2 millions de personnes, du garagiste au fabricant d’acier, dont 200 000 dans l’industrie automobile. Tous vont être affectés – en premier lieu ceux qui participent à la fabrication des moteurs. On le voit déjà avec les disparitions ou les restructurations de fonderies et fabricants de composants, comme la fonderie du Poitou.

 

Les pouvoirs publics minimisent le choc en mettant en avant, et en subventionnant, l’installation d’usines de fabrication de batteries. Mais, à la différence du moteur thermique, l’Europe n’est pas en avance dans ce domaine. Elle est même en retard sur les Asiatiques, Chinois en tête, qui captent les deux tiers du marché. Le rattrapage à coût compétitif ne sera pas évident. De plus, les emplois de remplacement, qui ne seront pas aussi nombreux, requièrent d’autres qualifications.

L’autre défi est sociétal. La voiture, symbole de l’émancipation des classes moyennes et populaires des « trente glorieuses », va redevenir un produit cher, avec un coût supérieur de près de 10 000 euros à celui de son équivalent thermique. La place de l’automobile dans la société est remise en question. Rejetée par les écologistes depuis plus de quarante ans, elle est aussi un instrument de liberté incomparable, voire indispensable pour la moitié des Français, qui vivent en zone rurale ou dans des villes de moins de 50 000 habitants

Le pari de la mobilité propre ne concerne donc pas seulement les industriels. Depuis deux siècles, l’idée selon laquelle le progrès technique est source d’émancipation est la base du développement de nos sociétés. L’automobile y a largement participé. Sa remise en cause bouleverse les équilibres sociaux. Seul un large débat de société, assorti de solutions concrètes pour ceux qui ne peuvent s’en passer, permettra de reconfigurer l’usage de ce bien à forte valeur symbolique.

Certificat de virginité : un exemple de l’archaïsme culturel et sociétal

Certificat de virginité : un exemple de l’archaïsme culturel et sociétal

Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d’Etat, et Israël Nisand, professeur émérite de gynécologie obstétrique, s’indignent, dans une tribune au « Monde », que certains médecins s’opposent à l’interdiction du certificat médical de non-rupture de l’hymen, telle que prévue dans la loi confortant les principes républicains.

Tribune. 

 

Il est difficile, de prime abord, de croire que la pratique du certificat de virginité n’est pas aujourd’hui interdite en France. Opposants farouches au projet de loi tendant à les interdire, des médecins défendent cette pratique en soutenant qu’il s’agit de protéger des femmes qui pourraient être menacées physiquement si leur famille découvrait qu’elles ne sont plus vierges de tout rapport sexuel. Ce qu’en réalité l’examen médical ne peut établir avec certitude, la rupture de l’hymen pouvant notamment être invisible ou provoquée par autre chose que des rapports sexuels.

Le certificat médical de non-rupture de l’hymen, acte rédigé par un médecin ayant prêté le serment d’Hippocrate, est donc censé témoigner qu’une femme n’a jamais eu de relations sexuelles et devient donc ainsi – et paradoxalement – la manifestation de l’appropriation du corps de la femme par l’homme. Comment accepter cet obscurantisme en France au XXIe siècle ?

Il faut donc que cela cesse sans attendre. Et pour que cela cesse, il faut que la loi dise clairement que c’est interdit. Car cette rémanence du certificat de virginité se fait contre la volonté des femmes, mais aussi contre celle de toutes les autorités religieuses en France, dont aucune ne demande ce véritable viol de l’intimité féminine.

C’est une obligation humiliante qu’aucun homme ne rencontrera jamais dans sa vie, et tant qu’il est possible de l’imposer aux femmes en France (puisque des médecins obtempèrent), certaines d’entre elles, les plus fragiles, continueront de la subir.

La demande émane toujours de la famille contre l’avis des jeunes filles et l’ordre des médecins avait d’ailleurs, en 2003, proscrit cette pratique contraire au respect du secret professionnel. En outre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, l’ONU-Femmes et l’Organisation mondiale de la santé appellent depuis des années à « mettre un terme à cette pratique médicalement inutile, humiliante et traumatisante ».

Négation de la parole des femmes

Cette pratique médicale infondée nie par son existence même la parole de la femme. Il ne suffit pas pour une femme d’affirmer qu’elle n’a jamais eu de rapport sexuel. Il faut en plus qu’elle le prouve. Car, bien sûr, sa parole n’a aucune valeur ! De plus, les parents qui sont à l’origine de cette véritable offense au corps de leur fille mineure devraient être poursuivis pour maltraitance à leur enfant pour que cesse enfin cette demande contraire à la dignité des femmes.

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Effondrement Sociétal: Un débat urgent

Effondrement Sociétal: Un débat urgent

Un débat public sur cette menace de l’effondrement est indispensable afin de pouvoir en réduire la probabilité, la rapidité, la gravité et les dommages infligés aux plus vulnérables comme à la nature, relève dans une tribune au « Monde » un collectif de plus de 400 scientifiques d’une vingtaine de pays

Tribune.

 

 Nous sommes des scientifiques et universitaires de plus de vingt pays et nous appelons les décideurs politiques à s’engager ouvertement face au risque de bouleversements, voire d’effondrement, de nos sociétés. Cinq ans après l’accord de Paris de 2015 sur le climat, nous n’avons pas réussi à réduire nos émissions de carbone, et nous devons maintenant faire face aux conséquences.

S’il est essentiel d’agir avec courage et équité pour réduire les émissions et réabsorber naturellement du carbone, nombreux sont les chercheurs qui considèrent désormais l’effondrement de la société au cours de ce siècle comme un scénario crédible. Les avis diffèrent sur le lieu, l’étendue, la date, la durée et la cause de ces bouleversements ; mais la manière dont les sociétés modernes exploitent les hommes et la nature est une préoccupation commune à tous.

Il faut que les décideurs politiques ouvrent le débat sur cette menace d’effondrement de la société pour que nous puissions commencer à nous y préparer et à en réduire la probabilité, la rapidité, la gravité et les dommages infligés aux plus vulnérables et à la nature. Les armées de plusieurs pays considèrent déjà l’effondrement comme un scénario crédible, nécessitant une planification.

Un sujet qui n’est pas traité équitablement dans les médias

Des enquêtes publiques montrent qu’une partie importante des populations anticipent désormais l’effondrement de la société. Malheureusement, c’est déjà le quotidien ou même l’histoire de nombreuses communautés du Sud. Cependant, le sujet n’est pas traité équitablement dans les médias, et est largement absent de la société civile et de la politique.

Lorsque les médias abordent le thème du risque d’effondrement, ils citent généralement des personnes qui jugent négativement le fait de discuter de ce sujet. Les spéculations fondées sur de mauvaises informations, comme celles citant des campagnes de désinformation venant de l’étranger ou des répercussions sur la santé mentale et la motivation, ne favorisent pas une discussion sérieuse.

Un modèle économique et sociétal à l’aune de la durabilité

 

 

Collectif

 

Face aux voix qui s’élèvent pour revenir sur les acquis écologiques, une vingtaine de chefs d’entreprise, réunis au sein du Club de la durabilité, s’engagent auprès des consommateurs dans la voie de l’économie des produits durables et réparables.

 

  • Un  modèle économique et sociétal à l’aune de la durabilité 

Tribune le Monde . (collectif)

La crise sanitaire actuelle n’est pas sans risque pour l’écologie. En effet, à Paris comme à Bruxelles, certains acteurs de l’industrie ou des fabricants se mobilisent pour remettre en question des textes déjà débattus et adoptés, en arguant de leur incapacité à mettre en œuvre ces mesures écologiques en temps de crise économique.

Parmi les textes remis en question par certaines organisations figure la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, promulguée en février. Celle-ci contient des dispositions sur les déchets et le plastique, mais aussi sur la durée de vie des produits, la réparation et l’information du consommateur, visant à transformer notre manière de produire et de consommer.

Si les difficultés des entreprises doivent être prises en compte par le gouvernement et peuvent justifier des ajustements de calendrier à la marge, celles-ci ne doivent pas faire perdre de vue l’impératif de la transition vers une économie plus sobre en ressources et plus circulaire.

L’explosion du reconditionné

La crise que nous traversons nous oblige à repenser notre modèle économique et sociétal à l’aune de la durabilité. Les mesures de relance doivent être étudiées à la lumière de cette transition nécessaire vers une production et une consommation plus soutenables, qui favorisent l’allongement de la durée de vie des produits.

 

Nouvelles ou en transition, les entreprises pionnières existent déjà, comme le montrent la vingtaine d’entreprises membres du Club de la durabilité. Elles interviennent à tous les stades du cycle de vie du produit, de la conception jusqu’à la fin de vie pour proposer des produits durables et réparables. Nouveaux fabricants de bouilloires ou d’enceintes entièrement réparables et modulaires, entreprises de la réparation et de l’économie de la fonctionnalité, distributeurs qui se tournent vers la location, vendent des pièces détachées ou orientent les clients vers les produits les plus durables, les initiatives ne manquent pas.

L’explosion du reconditionné et de la vente d’occasion, notamment sur Internet, participe à la formation de cet écosystème. Les alternatives au tout-jetable ne s’arrêtent pas à l’électronique : elles concernent l’automobile, le textile, les meubles et même l’immobilier.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Transition écologique : le choc des réalismes »

Non seulement vertueuses sur le plan écologique, ces entreprises principalement européennes démontrent que l’économie des produits durables et réparables peut être un avantage stratégique dès aujourd’hui, et a fortiori demain. Les entreprises françaises peuvent se démarquer, et elles le font déjà, sur le terrain de l’économie circulaire et de la durabilité des produits, secteur qui représentait en 2016 environ 800 000 emplois.

Démocartie- Le projet sociétal soumis à la dictature des doxophophes

Démocartie- Le projet sociétal  soumis à la dictature des  doxophophes

 

On ne manque pas d’intellectuels, de scientifiques qui pourraient nourrir un projet sociétal faisant autant appel au progrès qu’à la raison. Mais le projet sociétal leur échappe puisqu’il est surtout soumis désormais à la dictature des doxophobes  comme Platon nommait ces fabricants  d’opinion. Le projet politique du coup se résume à une sorte de cocktail d’idées populistes, de propos de bistrot masquant souvent les véritables intentions idéologiques et les projets réels .  Ce qui fonde essentiellement les axes d’un projet sociétal, ce sont essentiellement les mouvements d’opinion avec toutes ses contradictions et ses évolutions.

 

Il suffit par exemple d’un événement pour qu’on sorte soudain du chapeau la question de la laïcité, de l’immigration ou de la PMA sans parler évidemment des questions économiques et sociales dont les enjeux fluctuent au gré de l’actualité.  On objectera que cette opinion participe d’un fonctionnement démocratique. Le problème, c’est que cette  opinion est surtout fabriquée par les grands médias et que la plupart de ces grands médias sont désormais dans les mains des financiers. La maîtrise des grands médias par les financiers est évidemment stratégique. Il ne s’agit pas pour les nouveaux patrons de l’info de réaliser des profits car la plupart des médias sont dans le rouge. Il s’agit d’un investissement pour fabriquer l’opinion.  

 

Ce sont désormais les sondages et les organismes d’opinion qui font les programmes politiques et les orientations. Or ces sondages sont souvent manipulés et reposent sur des problématiques déformées en tout cas incomplètes. Insidieusement une opinion apparaît dans un journal ou autre média, est reprise progressivement par d’autres pour constituer finalement le sentiment général de la population. Bref une forme d’intoxication légitimée par la consultation dite démocratique de sondages souvent bidonnés. Pour s’en persuader, il faut voir le poids politique et la présence des sondeurs par exemple dans les débats des chaînes d’info continue. Une présence autrement plus significative que celle des scientifiques, des philosophes ou des représentants de la société civile. Bref, les nouveaux médecins de Molière qui parle le latin de l’opinion pour mieux la manipuler.

 

Le projet sociétal soumis à la dictature des doxophophes

Le projet sociétal  soumis à la dictature des  doxophophes

 

On ne manque pas d’intellectuels, de scientifiques qui pourraient nourrir un projet sociétal faisant autant appel au progrès qu’à la raison. Mais le projet sociétal leur échappe puisqu’il est surtout soumis désormais à la dictature des doxophobes  comme Platon nommait ces fabricants  d’opinion. Le projet politique du coup se résume à une sorte de cocktail d’idées populistes, de propos de bistrot masquant souvent les véritables intentions idéologiques et les projets réels .  Ce qui fonde essentiellement les axes d’un projet sociétal, ce sont essentiellement les mouvements d’opinion avec toutes ses contradictions et ses évolutions.

Il suffit par exemple d’un événement pour qu’on sorte soudain du chapeau la question de la laïcité, de l’immigration ou de la PMA sans parler évidemment des questions économiques et sociales dont les enjeux fluctuent au gré de l’actualité.  On objectera que cette opinion participe d’un fonctionnement démocratique. Le problème, c’est que cette  opinion est surtout fabriquée par les grands médias et que la plupart de ces grands médias sont désormais dans les mains des financiers. La maîtrise des grands médias par les financiers est évidemment stratégique. Il ne s’agit pas pour les nouveaux patrons de l’info de réaliser des profits car la plupart des médias sont dans le rouge. Il s’agit d’un investissement pour fabriquer l’opinion.  

Ce sont désormais les sondages et les organismes d’opinion qui font les programmes politiques et les orientations. Or ces sondages sont souvent manipulés et reposent sur des problématiques déformées en tout cas incomplètes. Insidieusement une opinion apparaît dans un journal ou autre média, est reprise progressivement par d’autres pour constituer finalement le sentiment général de la population. Bref une forme d’intoxication légitimée par la consultation dite démocratique de sondages souvent bidonnés. Pour s’en persuader, il faut voir le poids politique et la présence des sondeurs par exemple dans les débats des chaînes d’info continue. Une présence autrement plus significative que celle des scientifiques, des philosophes ou des représentants de la société civile. Bref, les nouveaux médecins de Molière qui parle le latin de l’opinion pour mieux la manipuler.

L’absentéisme : un mal social et sociétal

L’absentéisme : un mal social et sociétal 

Selon une étude d’un cabinet spécialisé reprise par Le  Figaro,  l’absentéisme serait en hausse du fait en particulier de la dégradation du climat social ambiant. D’autres facteurs explicatifs sont à prendre en compte. Il y a assez souvent un manque de capacité managériale avec des structures et un mode de commandement encore trop rigide. Parallèlement, on constate un moindre attachement des salariés à leur entreprise. La société des loisirs est passée par là, une tendance nettement accentuée avec les 35 heures. Cette augmentation de l’absentéisme est assez corrélée à la détérioration du climat social et politique. Notons aussi que le travail n’est pas assez  rémunéré et considéré dans certaines professions.  le coût de cette absentéisme représenterait de leurs 100 milliards par an. D’après l’étude annuelle du cabinet Gras Savoye Willis Towers Watson, spécialiste en ressources humaines le taux d’absentéisme au travail dans le privé a en effet augmenté de 3,6% entre 2017 et 2018 et plus largement de 16% depuis 2014 pour atteindre aujourd’hui à 3,73%. Ainsi, sur 100 salariés dans une entreprise, près de quatre sont absents chaque jour, note Julien Vignoli, directeur général délégué du cabinet auteur de l’étude. Le nombre de travailleurs à se porter malade au moins une fois dans l’année a lui aussi progressé, de 8% en quatre ans. L’étude porte sur 546 entreprises françaises, pour un panel de plus de 250.000 salariés. Les congés maternité et paternité, sabbatiques, ou encore les absences injustifiées en sont exclus.

Les travaux sur le sujet, qu’ils soient ou non du même cabinet, se suivent et se ressemblent. L’an passé, un baromètre de Ayming faisait part du même climat. Deux grandes raisons à cela, outre les causes majoritaires comme la maladie, note Julien Vignoli. «Il y a d’une part, au sens large, l’engagement dans l’entreprise, les valeurs partagées dans celle-ci, le management, et d’autre part la situation personnelles des salariés». Ainsi, les difficultés managériales, organisationnelles, relationnelles ou encore la surcharge de travail peuvent mener à une forme de découragement des salariés. Par ailleurs, ces derniers se sentent moins liés à l’entreprise qu’avant et plus enclins à s’absenter.

Le directeur général délégué du cabinet détaille le second point en expliquant que le nombre croissant de familles monoparentales mène par exemple à une hausse du nombre d’absence au travail. Il explique que «l’aide aux personnes dépendantes motive également les absences car les salariés n’ont pas d’autres moyens pour venir en support». À cet égard, «le vieillissement de la population est un facteur qui reste explicatif de l’absentéisme», analyse-t-il, car les salariés doivent de plus en plus s’occuper de leurs parents âgés.

Ainsi, à travers ces premiers constats, il est possible de dresser le portrait-robot du salarié le plus souvent absent au travail. Le taux d’absentéisme des femmes est légèrement plus élevé que celui des hommes, en raison très largement des arrêts maladie liés aux grossesses, mais aussi car elles sont plus nombreuses à être à la tête d’une famille monoparentale. Côté catégorie d’âge, les plus de 50 ans sont les plus absents (5,5%) et les non-cadres (5%) le sont plus que les cadres (1,9%). À noter que les jeunes salariés (-30 ans) sont les bons élèves sur le sujet et ont un taux d’absentéisme inférieur à 2%.

En affinant le portrait-robot, on apprend que les professions les plus visées par l’absentéisme sont celles du domaine de la santé, du transport ainsi que du commerce et des services, avec de fortes croissances de taux sur les quatre années concernées. «Pour la santé, toujours dans le secteur privé, nous parlons d’établissements ou la majorité des salariés sont des femmes, où les phénomènes décrits précédemment peuvent jouer, reprend Julien Vignoli. Ajoutons à cela le stress et l’investissement professionnel et humain très fort dans ce secteur, et l’absentéisme y est fort». Il cite en guise d’exemple la situation actuelle des urgences, en crise depuis plus de cinq mois.

, les absences les plus fréquentes sont celles qui durent moins d’une semaine mais ce sont celles qui impactent le moins l’économie, contrairement aux absences de plus de six mois (5% des absences totales). En résumé, reprenant tous ces facteurs, Julien Vignoli met en lien l’absentéisme et le mal-être social qui frappe la France depuis plusieurs mois. Éloignement, crise aux urgences, retraités, de nombreux thèmes peuvent être ramenés à cela.

. Selon le gouvernement, le coût pour la collectivité des arrêts maladie augmente de 4% par an en moyenne.

Pour faire face à cela, l’exécutif avait missionné l’an passé trois experts afin qu’ils rendent différentes préconisations. Parmi leurs propositions, l’instauration d’un jour de carence obligatoire pour tous en cas d’arrêt maladie (comme c’est déjà le cas dans la fonction publique) avec interdiction pour les entreprises de le compenser, meilleure prise en charge des salariés ou encore hausse du télétravail et du temps partiel. Des négociations allant dans ce sens doivent s’ouvrir avec les partenaires sociaux.

Protection des données : enjeu économique et sociétal

 Protection des données : enjeu économique et sociétal

 

Un sujet en apparence essentiellement technique pour la protection des personnes, en fait un enjeu stratégique : celui de la maitrise des données produites par les individus de manière massive en tout lieu et en tout moment ; des données numérisées qui permettent ensuite de maitriser l’économie et  d’orienter le type de société tant en ce qui concerne le mode de consommation,  la formation de l’opinion et la manière de d’agir. De ce point de vue, les GAFA sont en position hégémonique et la seule réponse de l’Europe est de tenter de réguler le phénomène. Cela ne suffira cependant à combler le phénomène.  À notre insu ou de notre plein gré, nous générons de plus en plus d’informations numériques sur nous mêmes. Stéphane Grumbach, responsable de l’équipe DICE, INRIA, revient sur les enjeux autour de ces données, suite à sa participation au colloque « Le Monde après Snowden», à l’Assemblée nationale, le jeudi 13 mars dernier. Alors que la numérisation de notre monde poursuit sa marche inexorable, celui qui contrôle les données contrôle – théoriquement – toute l’économie. « Tous les secteurs d’activité dépendent désormais des données, juge Stéphane Grumbach. Les marchés traditionnels s’en rendent compte, mais n’ont pas les moyens de réagir. Quant aux pouvoirs publics, particulièrement européens, ils sont dépassés, ils ne comprennent pas forcement les enjeux. Cela pose un vrai problème de souveraineté, l’Europe est devenue dépendante des États-Unis, d’une manière sans cesse croissante. »En attendant l’Europe tente de se protéger  avec le règlement de protection des données.   Voté par Bruxelles en mai 2016, applicable dans les 28 pays membres de l’Union européenne, le RGPD n’est ni plus ni moins que la nouvelle bible régissant dans le détail l’utilisation des données personnelles en Europe. Sa portée est très large, puisque le règlement s’impose à toute structure utilisant à grande échelle des informations de citoyens européens. Cela concerne donc à la fois le public (hôpitaux, enseignement, administrations, collectivités locales…) et, bien sûr, une grande partie du secteur privé, des startups aux PME, jusqu’aux grands groupes. Dans l’entreprise, il faut installer toute une série de garde-fous pour protéger la vie privée des clients et des salariés.   Pour autant, il est difficile – voire impossible – d’empêcher nos données d’être numérisées.

 Ça serait comme refuser d’utiliser l’électricité, explique Stéphane Grumbach. Il est temps d’en avoir conscience et d’accepter les risques inhérents, tout en les maîtrisant.

Grâce aux révélations de l’affaire Snowden, ce débat hier cantonné aux spécialistes est aujourd’hui devenu public. « La question est désormais : comment trouver un équilibre entre intérêt personnel et intérêt général. Dans nos sociétés centrées sur les individus, c’est extrêmement compliqué, notamment en Europe où les dictatures ont rendu les habitants du vieux continent particulièrement méfiants quant à l’usage qui est fait de leurs données personnelles. » Cette évolution, qui a déjà commencé, passe par une réinvention des modèles économiques. « L’Europe est déjà largement en retard, et plus nous attendons, plus cette étape de « destruction créatrice » sera compliquée et douloureuse », conclut Stéphane Grumbach.

Macron : l’équilibrage social et sociétal qui manque

Macron : l’équilibrage social et sociétal qui manque

 

À juste titre, Macron  a engagé un certain nombre de réformes qui privilégient essentiellement le champ économique. Des réformes nécessaires mais dont les effets mettront du temps à se faire sentir. Bien d’autres évolutions sont indispensables en particulier la réforme de l’État et le rééquilibrage des comptes publics qui pour l’instant n’ont  pas fait l’objet d’une grande attention de la part du gouvernement. Certes 2018 constatera des améliorations pour le budget et un peu pour la dette mais cela tient davantage au retour de la croissance qu’à des réformes structurelles. Les deux champs de réformes évoqués sont pourtant primordiaux si l’on veut à la fois réduire le niveau de prélèvements obligatoires, améliorer la compétitivité et arrêter progressivement de payer des intérêts de la dette qui représente presque le premier poste du budget de l’État. Sans parler de la bureaucratie entretenue par la cathédrale administrative et les grands corps qui frein l’initiative, la créativité et porte même atteinte à  liberté. Bref il reste encore du pain sur la planche pour Macron même s ’il faut reconnaître qu’il a davantage réformé en quelques mois que ses prédécesseurs durant leur quinquennat. Si pour la plupart des experts, les patrons ou les cadres ces mesures sont comprises voir soutenues, il en est différemment les autres couches de la population qui attendent  de Macron davantage d’attention vis-à-vis des moins favorisés tout simplement du français moyen. En clair,  il y a une urgence de rééquilibrage social et sociétal. Ce que démontre les récents sondages notamment celui du JDD ou Macron et le gouvernement qui montre une chute notable. La préoccupation des Français moyens concerne prioritairement le pouvoir d’achat pratiquement bloqué des années si l’on tient compte de l’évolution réelle des prix et non de l’indice obsolète de l’INSEE (obsolète parce qu’il ne tient pas évidemment compte du changement de structure de la consommation). D’autres revendications catégorielles dans certains secteurs tendus viennent aussi nourrir l’insatisfaction. De ce point de vue, la gestion de certains conflits sociaux s’est révélée assez approximatif de la part du gouvernement et a fabriqué des mécontents. Les insuffisances concernent aussi le champ sociétal comme par exemple le rapport qu’entretient le gouvernement vis-à-vis des sans-abri. Un problème social évidemment mais aussi sociétal qui met en cause la dignité, la solidarité et le respect qu’on doit au moins chanceux. De ce point de vue, le gouvernement et les autres responsables d’en  marche adaptent trop souvent une attitude techno, suffisante voir dédaigneuse à l’égard de ce qui ont du mal à comprendre voire  à s’insérer dans le changement de monde  que nous connaissons. Dernière observation l’overdose de communication de la part du président de  la république qui entretient avec les médias une relation à la fois ambiguë et contradictoire. Macron veut maintenir la presse à distance et en même temps il ne cesse de saisir presque chaque jour une occasion pour  paraître, parler afin de susciter  des reprises médiatiques de ces interventions. S’il ne tient pas compte des éléments avancés, Macon sera condamné à subir l’érosion habituelle des chefs d’État français après quelques mois de mandat. La peur pourrait alors  s’installer au sein du gouvernement et les réformes pourraient être hypothéquées par la crainte d’un  mécontentement encore plus important




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