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La décivilisation par les réseaux sociaux

La décivilisation par les réseaux sociaux

TRIBUNE

 

Nathalie Heinich, sociologue dénonce dans le Monde  l’anarchie des réseaux sociaux et leur rôle décivilisateur.

 

 

 

Tribune.

 

L’assassinat islamiste qui nous endeuille confirme l’amplification d’un processus auquel nous assistons jour après jour avec effroi, et que le sociologue Norbert Elias aurait nommé « processus de décivilisation », permettant l’activation à grande échelle de tendances latentes, mais que bride le processus de « civilisation des mœurs ». Celui-ci, fait d’intériorisation des contraintes et d’autocontrôle des pulsions, a mis des siècles à se mettre en place à l’échelle de l’humanité.

Ce processus de civilisation est en train de se retourner en son contraire sous le coup, principalement (même si en matière humaine les causalités sont toujours multiples), des réseaux sociaux, cause si familière qu’on finit par ne plus en repérer les effets. En permettant l’extension dans l’espace et l’accélération dans le temps de la mise en public de tout le spectre des opinions et des comportements, ces technologies produisent des effets que plus personne ne maîtrise, parce qu’à la fois massivement mondialisés et spectaculairement accélérés – comme dans le cas de l’assassin de Samuel Paty, revendiquant son crime sur Twitter en temps réel.

Pointer ainsi le rôle décivilisateur des réseaux ne relève ni d’une peur ringarde de l’innovation ni d’une résistance face à la diffusion de nouvelles formes de communication où les plus âgés ne retrouveraient plus – dans tous les sens du terme – leurs petits. Libre aux « ravis » de la croyance inconditionnelle en les vertus du progrès technique de croire qu’il s’agirait d’un problème générationnel : ils rejoindront ainsi les « ravis » de la croyance inconditionnelle en les capacités d’autorégulation du marché. Il suffit d’observer et de comparer pour repérer ces ravages décivilisateurs, dont nous connaissons isolément chacun des éléments mais dont nous ne réalisons pas à quel point, se cumulant, ils font système, modifiant en profondeur notre monde.

En créant une immense tour de Babel incontrôlée des propos et des images accessibles dans l’espace public d’Internet, les réseaux favorisent une compétition pour l’attention (conceptualisée sous le terme d’« économie de l’attention »), qui induit la surenchère dans la singularisation, par la provocation, l’exagération, le défoulement, voire la jouissance à dire l’indicible, à montrer l’irreprésentable. D’où la publicisation massive d’opinions et de comportements transgressifs.

Société-Réseaux sociaux: responsables de l’appauvrissement de la pensée

Société-Réseaux sociaux:  responsables de l’appauvrissement de la pensée

Dans une interview au Figaro , Delphine Horvilleur, rabbin et écrivaine , pose la problématique dramatique de l’appauvrissement de la pensée du fait des réseaux sociaux où la caricature simplificatrice permet de faire l’économie de l’effort de compréhension de la complexité. Certes,  l’outil en tant que tel est neutre;  comme la plupart des nouvelles technologies, ce sont les conditions d’utilisation qui sont à mettre en cause. Les réseaux sociaux sont sans doute le meilleur et la pire des choses. Le meilleur quand ils permettent l’accès à la connaissance, le pire quand ils servent de miroir–malheureusement partagé_ aux abrutis violents,  incultes et intolérants.   (Interview le Figaro)

Que penser des réseaux sociaux, cet endroit où l’on est finalement au summum de la liberté d’expression, mais «où la haine s’étale aussi sans filtre» comme le dit Leïla Slimani ?
Sans aucun doute, les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans l’appauvrissement de la pensée, en nous invitant continuellement à simplifier nos messages, en ne tolérant plus quoi que ce soit qui serait implicite, en nous permettant de constituer des communautés autour de nous, des gens qui pensent comme nous, qui votent comme nous, qui lisent les mêmes livres, qui ont les mêmes références culturelles… En réalité, on a anéanti, ou on est en phase d’anéantissement, du débat possible entre nos cultures. L’autre problème, c’est que le jeunes s’informent sur les réseaux sociaux. Ils croient que quand c’est sur une chaîne YouTube c’est vrai. Un point crucial à travailler avec l’école, c’est de les faire se questionner sur leurs sources d’information. À une époque, on disait «d’où tu parles, toi ?» Et en fait, le «d’où tu parles», il est génial, parce que c’est exactement la question qu’il faut poser aux jeunes aujourd’hui : d’où tu parles ? D’où détiens-tu l’information qui te permet de dire ce que tu dis ?

Comment expliquer que la jeunesse, si libre au XXIe siècle, puisse tomber dans le panneau du fondamentalisme religieux ?
Refuser la complexité du monde, c’est toujours tentant. Il y a quelque chose de radical dans la simplification du débat, et la radicalité a toujours tenté la jeunesse, et c’est normal. Il y a d’ailleurs une responsabilité très forte des modèles de la jeunesse, les animateurs de télévision, les youtubeurs, les influenceurs, les sportifs… Qui n’apportent pas la subtilité, la complexité, l’humour fin, et, je le redis, l’esprit critique, dont les jeunes ont besoin. Il y a une expression qu’on a beaucoup entendue dans la jeunesse ces dernières années : «tu me manques de respect». C’est intéressant de réfléchir à ça. Qu’est-ce que c’est que de respecter quelqu’un ? C’est savoir le contredire, le plus souvent. Protéger à tout prix quelqu’un d’une autocritique, c’est, au contraire, lui manquer de respect. C’est considérer qu’il est trop infantile, ou sous-développé, pour être capable de faire face à un questionnement, à une interrogation de ses repères.

À travers votre discours, on comprend aussi qu’il y a cet enjeu de croire en la laïcité tout en étant croyant (religieusement)…
Beaucoup de gens ont l’impression qu’on est laïque ou religieux, qu’on est croyant ou pas croyant. C’est comme s’il fallait choisir entre la science et la religion, c’est absurde. Pour moi, la laïcité et l’attachement à une religion cohabitent parfaitement. Je reconnais à la laïcité la bénédiction de me permettre de vivre la religion telle que je la vis. Je me sens profondément attachée à la laïcité parce que pour moi, elle est un cadre qui permet qu’aucune conviction, aucune croyance et aucun dogme ne sature l’espace dans lequel je vis. La laïcité est une garantie d’oxygénation permanente parce qu’il y a toujours un espace autour de moi qui reste vide de ma croyance ou de celle de mon voisin. Pour beaucoup, et on en revient à l’appauvrissement de la pensée et du vocabulaire, la laïcité est devenue synonyme d’athéisme. Mais ça ne l’a jamais été.

Depuis l’attentat, on entend çà et là des gens dire : les hommages c’est bien, maintenant, il faut du courage. «Ça ne peut plus se passer dans le pacifisme», dit Elisabeth Badinter. Quel est votre sentiment sur ce point ?
Il n’est pas question aujourd’hui d’être pacifiste, ou de baisser les bras, ou de trouver un compromis avec des assassins. Il y a un combat à mener, et comme dans tous les combats, y compris dans les combats militaires, il faut penser les alliances. Il n’y aurait rien de pire que de se tromper d’ennemi, et de commencer à se déchirer entre gens qui sont d’accord sur le fond, mais peut-être pas nécessairement sur la forme que doit prendre ce combat. Aujourd’hui, l’enjeu est là, il est dans comment on fait pour trouver des alliances qui soient salutaires, tout en étant conscient, lucide, que oui, nous sommes en guerre.

Réseaux sociaux: responsables de l’appauvrissement de la pensée

Réseaux sociaux:  responsables de l’appauvrissement de la pensée

Dans une interview au Figaro , Delphine Horvilleur, rabbin et écrivaine , pose la problématique dramatique de l’appauvrissement de la pensée du fait des réseaux sociaux où la caricature simplificatrice permet de faire l’économie de l’effort de compréhension de la complexité. Certes,  l’outil en tant que tel est neutre;  comme la plupart des nouvelles technologies, ce sont les conditions d’utilisation qui sont à mettre en cause. Les réseaux sociaux sont sans doute le meilleur et la pire des choses. Le meilleur quand ils permettent l’accès à la connaissance, le pire quand ils servent de miroir–malheureusement partagé_ aux abrutis violents,  incultes et intolérants.   (Interview le Figaro)

Que penser des réseaux sociaux, cet endroit où l’on est finalement au summum de la liberté d’expression, mais «où la haine s’étale aussi sans filtre» comme le dit Leïla Slimani ?
Sans aucun doute, les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans l’appauvrissement de la pensée, en nous invitant continuellement à simplifier nos messages, en ne tolérant plus quoi que ce soit qui serait implicite, en nous permettant de constituer des communautés autour de nous, des gens qui pensent comme nous, qui votent comme nous, qui lisent les mêmes livres, qui ont les mêmes références culturelles… En réalité, on a anéanti, ou on est en phase d’anéantissement, du débat possible entre nos cultures. L’autre problème, c’est que le jeunes s’informent sur les réseaux sociaux. Ils croient que quand c’est sur une chaîne YouTube c’est vrai. Un point crucial à travailler avec l’école, c’est de les faire se questionner sur leurs sources d’information. À une époque, on disait «d’où tu parles, toi ?» Et en fait, le «d’où tu parles», il est génial, parce que c’est exactement la question qu’il faut poser aux jeunes aujourd’hui : d’où tu parles ? D’où détiens-tu l’information qui te permet de dire ce que tu dis ?

Comment expliquer que la jeunesse, si libre au XXIe siècle, puisse tomber dans le panneau du fondamentalisme religieux ?
Refuser la complexité du monde, c’est toujours tentant. Il y a quelque chose de radical dans la simplification du débat, et la radicalité a toujours tenté la jeunesse, et c’est normal. Il y a d’ailleurs une responsabilité très forte des modèles de la jeunesse, les animateurs de télévision, les youtubeurs, les influenceurs, les sportifs… Qui n’apportent pas la subtilité, la complexité, l’humour fin, et, je le redis, l’esprit critique, dont les jeunes ont besoin. Il y a une expression qu’on a beaucoup entendue dans la jeunesse ces dernières années : «tu me manques de respect». C’est intéressant de réfléchir à ça. Qu’est-ce que c’est que de respecter quelqu’un ? C’est savoir le contredire, le plus souvent. Protéger à tout prix quelqu’un d’une autocritique, c’est, au contraire, lui manquer de respect. C’est considérer qu’il est trop infantile, ou sous-développé, pour être capable de faire face à un questionnement, à une interrogation de ses repères.

À travers votre discours, on comprend aussi qu’il y a cet enjeu de croire en la laïcité tout en étant croyant (religieusement)…
Beaucoup de gens ont l’impression qu’on est laïque ou religieux, qu’on est croyant ou pas croyant. C’est comme s’il fallait choisir entre la science et la religion, c’est absurde. Pour moi, la laïcité et l’attachement à une religion cohabitent parfaitement. Je reconnais à la laïcité la bénédiction de me permettre de vivre la religion telle que je la vis. Je me sens profondément attachée à la laïcité parce que pour moi, elle est un cadre qui permet qu’aucune conviction, aucune croyance et aucun dogme ne sature l’espace dans lequel je vis. La laïcité est une garantie d’oxygénation permanente parce qu’il y a toujours un espace autour de moi qui reste vide de ma croyance ou de celle de mon voisin. Pour beaucoup, et on en revient à l’appauvrissement de la pensée et du vocabulaire, la laïcité est devenue synonyme d’athéisme. Mais ça ne l’a jamais été.

Depuis l’attentat, on entend çà et là des gens dire : les hommages c’est bien, maintenant, il faut du courage. «Ça ne peut plus se passer dans le pacifisme», dit Elisabeth Badinter. Quel est votre sentiment sur ce point ?
Il n’est pas question aujourd’hui d’être pacifiste, ou de baisser les bras, ou de trouver un compromis avec des assassins. Il y a un combat à mener, et comme dans tous les combats, y compris dans les combats militaires, il faut penser les alliances. Il n’y aurait rien de pire que de se tromper d’ennemi, et de commencer à se déchirer entre gens qui sont d’accord sur le fond, mais peut-être pas nécessairement sur la forme que doit prendre ce combat. Aujourd’hui, l’enjeu est là, il est dans comment on fait pour trouver des alliances qui soient salutaires, tout en étant conscient, lucide, que oui, nous sommes en guerre.

Réinventer les réseaux sociaux

Réinventer les réseaux sociaux

L’Odissée (*)  propose dans la Tribune de réinventer les réseaux sociaux.

 

Les réseaux sociaux ont lancé une ère d’échange d’information. Dans leur âge adulte, ils devront structurer les interactions au point de permettre aux internautes de produire par eux-mêmes du sens partagé et des raisonnements collectifs.

Les limites des réseaux sociaux actuels

Les réseaux sociaux placent chaque personne à un simple clic du toute l’information accumulée dans l’histoire de l’humanité. En théorie, chacun peut donc désormais découvrir facilement ce qu’il cherche. Pourtant, ces plateformes restent encore en pratique porteuses d’exploitation, de partialité, de simplisme, d’addiction et de manipulation :

  • L’utilisateur utilisé. Engagé malgré lui dans un modèle économique non transparent, l’utilisateur n’a pas conscience d’être en réalité un produit vendu par les réseaux sociaux à leurs propres clients. Son temps d’écran et ses données personnelles sont négociés à son insu à des annonceurs.
  • Le lecteur enfoncé dans sa subjectivité. Pris dans des algorithmes dont il n’a pas idée, l’Internaute devient un consommateur conditionné : qui n’accède qu’à des informations qui correspondent à ses goûts. Plus il reçoit d’informations, plus il conforte ses aprioris et moins il développe son savoir et son objectivité.
  • Le récepteur égotisé. Dans une majorité de cas, entrer dans l’échange ne devrait pas se réduire à l’ajout facile d’un Like (cliquer sur un pouce levé), d’un petit cœur ou d’un commentaire lapidaire. Ainsi, réagir ne consiste pas à aiguiser son esprit critique, mais seulement à affirmer son opinion sans l’argumenter. C’est le règne du Moi.
  • L’émetteur addictif. Les émetteurs de photos et autres posts sont pris au double piège du recueil de Likes et de cœurs, qui satisfont à la fois leur besoin social d’approbation par autrui et leur besoin physiologique de leur dose de dopamine (molécule de la sensation du plaisir instantané) sans laquelle ils se trouvent en état de manque. Placé en dépendance, l’humain voit ainsi son rôle réduit à celui d’une ressource exploitable en continu à ses dépens.
  • Le citoyen dictateur. Sans guère d’autre choix que se conformer à la logique de propagande manipulatoire dans laquelle il baigne, l’Internaute s’active le plus souvent pour affirmer son propre point de vue à la va-vite. La somme de tous ces petits dictateurs nous plonge dans un despotisme insidieux.

 

Les réseaux sociaux, peut être malgré eux, reposent sur des mécanismes sous-jacents qui éloignent de la démarche scientifique de recherche de vérité. D’aucuns dénoncent même leur impact destructeur sur la civilisation. En tous cas, même lorsqu’ils ne visent pas seulement à divertir, ils restent encore fort loin de leur potentiel de partage de la connaissance et d’élévation de l’épanouissement de leurs larges publics.

Une nouvelle génération de réseaux sociaux

Reste donc à structurer l’accès au savoir pour projeter les populations dans la recherche des conditions de meilleurs niveaux de vivre ensemble et de réussir ensemble. Il s’agit d’inverser la morale du Loup et l’agneau La raison du plus fort est toujours la meilleure pour faire en sorte que, désormais, la raison la meilleure devienne la plus forte. L’affaire n’est pas mince … ! Cela suppose d’ajouter aux plateformes actuelles plusieurs univers entiers qui leur sont encore étrangers :

  • Organiser la réflexion collective. Le Maréchal Foch disait que la question la plus importante, en toute situation, est « De quoi s’agit-il ? ». La formulation augmentée d’un problème suppose d’englober tous les faits à leur juste place. Alors seulement un diagnostic pointu peut être établi. Ensuite, la recherche de solutions innovantes et efficaces nécessite de soumettre toutes les idées à un même niveau aigu d’analyse.

–> Résoudre un problème requiert donc de recueillir toutes les informations et propositions, puis de les agencer dans un ordre optimal pour bâtir un raisonnement commun. Un travail à plusieurs suppose donc d’organiser ce partage entre tous et cet ordonnancement avant, pendant et après les instants de travail collectif. Alors, il devient possible de distribuer la parole à la diversité des participants dans un ordre optimal.

  • Étudier le collectif. L’enchainement impartial des données est nécessaire, mais encore insuffisant : garantir la qualité de la réflexion collective réclame d’égaliser les chances et donc les soutiens dont bénéficient la variété des expériences, savoirs et visions. Aussi, la sur-représentation de certains groupes doit être atténuée pour certaines données, tandis que la sous-représentation d’autres groupes doit être étayée pour d’autres données.

–> Ordonner les faits et idées suppose de compenser les minorités face à la majorité. Distribuer la parole en pratique rend indispensable de procéder à un examen de l’ensemble des participants pour les regrouper par catégories spécifiques. Ceci pour chaque phase de la réflexion collective. Pour que le groupe accepte ce genre de classification, il lui faut pouvoir y accéder et s’y reconnaître, tout en préservant l’anonymat des participants. Cela au point de l’aider à mieux se connaître et surtout à comprendre comment transformer en opportunité la faiblesse apparente de sa diversité.

  • Évaluer les acteurs. Traiter un groupe d’acteurs en adultes, à égalité, commande d’étudier la spécificité de chacune des personnes qui le composent. Au-delà des lois sur la protection et l’accès aux données personnelles sur Internet, ce positionnement individuel doit être restituable à chacun de façon confidentielle.

–> La prise en compte de la complexité de la personne vise à démontrer l’objectivité du processus de réflexion collective. Mais l’analyse vise surtout à aider chacun à mieux se comprendre à la fois de façon intrinsèque sur le sujet traité et de façon relative en se comparant aux autres participants.

  • Développer l’engagement dans le collectif. Si le préalable à la réussite de l’inclusion d’acteurs dans la réflexion exige de respecter les particularités de tous, l’étude n’est qu’un moyen. La finalité est le développement conjugué de la personne, du collectif qui travaille ensemble ainsi que de toutes parties prenantes concernées par le travail de ce collectif.

–> Il s’agit donc de favoriser le rapprochement systématique des intérêts, pratiques et projets de chaque personne avec ceux du collectif dans lequel elles évoluent ainsi qu’avec les parties prenantes de ce groupe, c’est-à-dire avec l’intérêt général.

Embarquer l’intelligence sociale

 

Le système d’étude embarquée dans les réseaux sociaux du futur doit donc générer de façon automatique une analyse qui permette aux utilisateurs de se saisir de leur différences et complémentarités.

Le mécanisme fonctionnera par le simple ajout d’un lien vers un questionnaire thématique universel court établi par des sociologues, composé d’un Quotient d’intelligence sociale (QIS ou Q.I. social) ainsi que de questions ouvertes génériques (recueil de témoignages et de pratiques). En guise d’ordre du jour ou de compte rendu de réunion, ou dans le cadre d’une démarche d’étude, d’évaluation spécifique, des questions Minutes pourront être ajoutées à la volée par l’Internaute émetteur, animateur de sa propre dynamique structurée. Chaque participant pourra modifier à volonté le niveau de partage de chacune de ses analyses et propositions avec le collectif qui l’invite, sa communauté ou même sur Internet. Les réponses seront mémorisées dans une plateforme globale incluant des espaces sécurisés dédiés aux organismes participants.

Les résultats pourront être présentés dans des formats adaptés aux quatre usages primaires, indépendants les uns des autres :

  • Réunions : guide d’animation pour distribuer la parole, bloc-notes collectif pour partager les faits et idées,
  • Étude : carte des faits et idées pour embrasser la complexité des enjeux, sociogramme du collectif (diaporama et rapport anonymisés) pour intégrer la diversité des acteurs,
  • Évaluation : sociogrammes individuels (diaporamas et rapports confidentiels) pour analyser chaque acteur, blocs-notes individuels pour mémoriser la paternité des contributions, Cv citoyen pour valoriser toutes les compétences et valeurs,
  • Engagement social et citoyen : calcul du temps passé par programme, par action, par acteur, par événement pour conscientiser la réalité de l’engagement, production de reçus fiscaux pour le temps de travail consacré à la recherche de l’intérêt général pour valoriser l’engagement citoyen.

Inventer les sociotech

Si les premiers réseaux sociaux ont été portés par des entrepreneurs de la high-tech, des ingénieurs informatiques, il s’agit à présent d’insérer la sociologie dans la technologie afin d’en multiplier l’utilité et d’exploiter tout son potentiel de développement de l’esprit critique. Alors, cette nouvelle génération de réseau social permettra de socratiser le dialogue.  Chaque interaction abondera à une démarche participative continue ouverte et structurée. Chaque participant verra sa lucidité affutée, prendra des décisions plus éclairées et pourra augmenter son ambition en lien avec sa famille et ses amis, ses activités et ses interlocuteurs professionnels, son territoire et même la planète dans son ensemble.

Alors, la merveilleuse ambition du précepte Connais-toi toi-même, écrit sur le frontispice du temple de Delphes, trouvera un nouveau souffle pour forger la conscience et la prise en main par chacun de son destin personnel et du destin collectif.

 

_____

NOTES

(*) Afin d’éviter les écueils des faux dialogues générateurs de suspicion, de rupture et de conflits, La Tribune ouvre ses colonnes à l’Odissée. Pilotée par son directeur et expert de la dialectique, Jean-François Chantaraud, la chronique hebdomadaire « Ne nous fâchons pas ! » livrera les concepts, les clés opérationnelles de la méthode en s’appuyant sur des cas pratiques et sur l’actualité.

L’Odissée, l’Organisation du Dialogue et de l’Intelligence Sociale dans la Société Et l’Entreprise, est un organisme bicéphale composé d’un centre de conseil et recherche (l’Odis) et d’une ONG reconnue d’Intérêt général (les Amis de l’Odissée) dont l’objet consiste à « Faire progresser la démocratie dans tous les domaines et partout dans le monde ».

Depuis 1990, l’Odissée conduit l’étude interactive permanente Comprendre et développer la Personne, l’Entreprise, la Société. Dès 1992, elle a diffusé un million de Cahiers de doléances, ce qui l’a conduit à organiser des groupes de travail regroupant des acteurs des sphères associative, sociale, politique, économique qui ont animé des centaines d’auditions, tables rondes, forums, tours de France citoyens, démarches de dialogue territorial et à l’intérieur des entreprises.

 

Professeur assassiné: Les réseaux sociaux en cause

Professeur assassiné: Les réseaux sociaux en cause

Le professeur assassiné été victime d’un complot puisque l’auteur de ce crime ne connaissait pas le professeur et qu’il a été manipulé. Un complot soutenu notamment par des vidéos sur les réseaux sociaux. Curieusement,  les propos sur ces  vidéos seraient poursuivis juridiquement s’il s’était tenu de manière verbale. La preuve que sur Internet la plus grande anarchie règne en matière de régulation.

Cela d’autant plus que l’anonymat est également autorisé. Toutes les passions, les excès et les points de vue tordus et irresponsables  peuvent s’exprimer derrière l’anonymat de l’écran. Les  réseaux sociaux  sont largement responsables dans la mesure où ils fonctionnent sur la dynamique du buzz. Plus le propos est polémique, plus il suscite des  réactions et plus le réseau social gagne de l’argent avec la pub.

Dans le cas de l’assassinat du professeur Samuel Patty des vidéos ont été mises en ligne par un père d’élève, dont la demi-soeur avait rejoint le groupe Etat islamique en Syrie en 2014, dénonçant la présentation par le professeur de deux caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression quelques jours plus tôt, selon le procureur antiterroriste.

“On ne peut pas imaginer qu’on puisse en arriver-là”, a dit à Reuters Cécile Ribet-Retel, membre d’une des associations de parents d’élèves du collège. “Cela questionne sur le rôle des réseaux sociaux.”

La crise commence le 7 octobre, lorsque le père d’une élève publie sur son compte Facebook une vidéo dans laquelle il crie sa colère contre le professeur qui a, selon lui, diffusé en classe une caricature représentant le prophète Mahomet nu, a expliqué le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard.

Il rencontre le lendemain la direction de l’établissement pour réclamer le renvoi du professeur, puis publie le soir-même une autre vidéo dans laquelle il donne cette fois, le nom de l’enseignant ainsi que l’adresse du collège. Il dépose ensuite une plainte pour diffusion d’images pornographiques.

Une autre vidéo intitulée “l’Islam et le prophète insulté dans un collège public” est publiée le 12 octobre. Le père de l’élève y relate une nouvelle fois les faits.

Certaines vidéos sont relayées par la Grande Mosquée de Pantin. Abdelhakim Sefrioui, activistes islamistes notoires, apporte son soutien au père de l’élève sur Twitter.

Cadres et réseaux sociaux : » lèche-bottes” institutionalisé »

Cadres et  réseaux sociaux : » lèche-bottes” institutionalisé »

L’ethnologue et consultant Laurent Assouly expose, dans une tribune au « Monde », les résultats d’une enquête sur l’utilisation des réseaux sociaux professionnels, tels que LinkedIn, par les cadres d’entreprise

 

Tribune. Le recours massif aux réseaux sociaux par la plupart des entreprises est aujourd’hui chose commune, mais l’incitation grandissante des salariés à y jouer un rôle actif est relativement récente. Au risque de fracturer, ou de renouveler pour les plus optimistes, la relation employeur-salarié. Une promenade d’investigation sur quelques plates-formes numériques du moment (LinkedIn, réseaux sociaux internes des entreprises, Facebook…) dévoile, pour un individu étranger au monde de l’entreprise, un univers d’employés dévots, solidaires et décontractés, au sein d’espaces de travail à l’iconographie d’hôtellerie vacancière de luxe avec, en parallèle, un monde de « coachs » prêts à porter assistance à leur réussite professionnelle et/ou privée.

Les textes qui agrémentent ces visuels soignés et policés clament, à la quasi-unanimité, l’amour et la fierté que ressentent les salariés à l’égard de leur entreprise. Les images et émoticônes surannées gomment les aspérités d’un néolibéralisme tant décrié et d’un mal-être au travail qui touche, par déduction pourrait-on supposer, les entreprises absentes de ces réseaux sociaux. Impulsés par des start-up pionnières maîtrisant ces nouveaux codes communicationnels, les grands groupes ne sont jamais en reste dès lors qu’il faut « faire jeune » et se rêver agile.

Une observation attentive des « posts » du réseau professionnel LinkedIn, plate-forme de recrutement mais aussi enseigne de communication des entreprises, révèle une rhétorique et une dialectique uniformisée donnant à voir des salariés prenant soin de ne jamais « tirer la couverture à soi », dans un contexte revendiqué de « bienveillance ». Comme si, par enchantement, les jeux de pouvoirs documentés depuis les années 1970 par les travaux des sociologues Erhard Friedberg et Michel Crozier s’étaient évaporés, et les cadres étaient soudain habités des préceptes de sagesse de la philosophie de Sénèque.

Bien évidemment, il n’en est rien. Un nouveau genre théâtral se fait jour, la comédie « hypocrito-tragique », où le salarié, dans un formidable effort narcissique et schizophrénique, joue le bonheur dans un certain renoncement de son « moi » au risque de se perdre. Plusieurs utilisateurs assidus de LinkedIn nous diront que continuellement, ils se mentent à eux-mêmes pour se conformer à leur cadre professionnel (enquête postée le 21 août 2020 sur la plate-forme LinkedIn : une cinquantaine d’utilisateurs ont réagi à travers des commentaires publics et/ou privés, poursuivis par des interviews plus personnelles).

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« Quelle régulation des réseaux sociaux»

« Quelle régulation des réseaux sociaux»

 

 

Pour sortir de l’opacité qui alimente craintes et rumeurs de manipulations, le législateur doit confier à l’administration le pouvoir d’obtenir la transparence des plates-formes, estiment, dans une tribune au « Monde », Paula Forteza, députée, Aymeril Hoang et Benoît Loutrel, experts en numérique.

 

Tribune.

 

L’invalidation et les réserves d’interprétation décidées par le Conseil constitutionnel sur les lois de « lutte contre les contenus haineux sur Internet » et « contre la manipulation de l’information », ont le mérite de protéger sans concession la liberté d’expression. Elles soulignent aussi la difficulté à inventer un modèle de régulation des grands réseaux sociaux.

Dans une approche directe, la régulation porte sur les contenus publiés et se retrouve coincée dans une double contrainte : soit elle est respectueuse de nos libertés, mais au prix de son efficacité, en exerçant un contrôle trop tardif de l’expression publique ; soit elle est efficace, mais au prix de nos libertés, en exerçant un contrôle a priori par une entité illégitime.

Car selon nous, le juge judiciaire reste la seule autorité légitime pour sanctionner les abus de cette liberté. Rien ne saurait justifier de faire exception ou entorse au rôle de la justice, pas même le caractère instantané et massif de contenus contestables que permet le numérique. Alors, oui, la dématérialisation de notre parole, le recours à des pseudonymes, viennent percuter le mode opératoire de la justice. Mais il convient d’adapter les procédures judiciaires au contexte numérique et non d’en bouleverser les principes.

Dans l’attente de l’adaptation de la justice à la transition numérique, se pose néanmoins la question de l’action et de la responsabilité des grands réseaux sociaux. Participent-ils à une censure excessive de nos propos ou au contraire sont-ils trop permissifs à l’égard de nos abus ? Plus important peut-être, quelles sont les intentions et effets de ces traitements algorithmiques d’information à une échelle massive ? Cherchent-ils à influencer l’opinion publique ? S’en préoccupent-ils ? Qui utilise, et à quelles fins, cette infrastructure informationnelle pour cibler toujours plus finement des contenus qui ne se limitent pas nécessairement à nous vanter les vertus d’un bien ou d’un service ?

Le pouvoir des réseaux sociaux est à la fois similaire et fondamentalement différent de celui des médias traditionnels. Similaire, car en accélérant certaines informations, médias et réseaux sociaux influencent et permettent la formation de l’opinion publique. Radicalement différent, car les réseaux sociaux n’ont pas de protocole éditorial, qui voit l’éditeur sélectionner, un à un, les contenus. Leur pouvoir découle d’une fonction algorithmique, qui traite en masse les contenus.

 

A quand la fin de l’Anonymat sur les réseaux sociaux ?

A quand la fin  de l’Anonymat sur les réseaux sociaux ?

 

 

Il est clair que l’anonymat sur les réseaux sociaux permet  d’augmenter considérablement le volume des flux et satisfaits les grands du numérique. D’où d’ailleurs les réticences à vouloir réguler les excès. Réduire les excès, c’est réduire le business notamment la ressource publicitaire. Le déferlement maladif de tous les excès et évidemment encourager par cet anonymat symbole du manque de courage d’une société autant que des individus. Il suffit pour s’en persuader de lire certains sites et certains commentaires qui relèvent de l’information du caniveau. Des caniveaux plus ou moins profond selon la ligne éditoriale des médias qui les diffusent. Plus cette ligne éditoriale est populiste et plus les caniveaux gagnent en profondeur notamment en haine, en injure tout autant qu’en offense à la langue française. La diffusion de commentaires par les sites eux-mêmes posent des problèmes de déontologie. Certains sites populistes diffusent essentiellement les commentaires favorables à leur thèse pour renforcer la crédibilité de leur ligne éditoriale ce qui permet aussi d’offrir une réassurance identitaire à des lecteurs les plus radicaux, les plus excessifs mais en même temps les plus insignifiants.

 

Pour Jean Castex, l’anonymat sur les réseaux sociaux est « quelque chose de choquant », « un sujet dont il va falloir qu’on s’empare »a-t-il déclaré mi-juillet au Parisien. le Premier ministre estime que « si on se cache, les conditions du débat sont faussées. [...]. On peut vous traiter de tous les noms, de tous les vices, en se cachant derrière des pseudonymes. Dans ces conditions, les réseaux sociaux, c’est le régime de Vichy : personne ne sait qui c’est ! », De son côté le nouveau ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti s’est interrogé. « Est-ce que technologiquement on peut intervenir pour interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux ? Si vous pouvez m’aider à résoudre cette question, je suis preneur« , a-t-il demandé lors de son audition devant l’Assemblée nationale.

Bien entendu il ne s’agit pas de mettre en place une quelconque censure mais cet anonymat qui encourage tous les excès dans tous les domaines n’est évidemment pas tolérable. On objectera (les défenseurs de l’anonymat) que la législation permet de poursuivre les auteurs d’éventuels délits. Le problème c’est que les dispositions prévues sont complètement inapplicables et inappliquées compte tenu de l’ampleur du phénomène notamment.

Boycott aussi de Coca sur les réseaux sociaux

  • Boycott aussi de coca sur les réseaux sociaux
  • Coca-Cola, l’une des marques les plus connues du monde qui dépense des sommes énormes en publicité, a annoncé vendredi qu’elle suspendait pendant au moins trente jours toute promotion sur tous les réseaux sociaux, parce qu’«il n’y a pas de place pour le racisme»«Il n’y a pas de place pour le racisme dans le monde et il n’y a pas de place pour le racisme sur les réseaux sociaux», a dit James Quincey, le PDG du géant mondial, dans un très bref communiqué.
  • Il a exigé des réseaux sociaux -que d’autres marques ont décidé de boycotter pour les forcer à faire davantage pour supprimer les contenus haineux- qu’ils fassent preuve de plus de «transparence et de responsabilité». Coca-Cola va mettre à profit sa pause pour «faire le point sur (ses) stratégie publicitaires et voir si des révisions sont nécessaires», a expliqué James Quincey.

 

  • Le géant des boissons gazeuses a précisé à la chaîne CNBC, que cette «pause» ne signifiait pas qu’il rejoignait le mouvement lancé la semaine dernière par des associations de défense des Noirs américains et de la société civile. Baptisée #StopHateForProfit («Non à la haine pour les profits»), cette campagne de boycott des publicités sur Facebook en juillet est notamment soutenue par la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), ColorOfChange, ADL (Anti-Defamation League, une organisation juive), FreePress et Sleeping Giants. Elle vise à obtenir une meilleure régulation des groupes incitant à la haine, au racisme ou à la violence sur le réseau.
  • Vendredi c’est Unilever, un des leaders mondiaux de l’agroalimentaire et des cosmétiques, qui a annoncé qu’il mettait un terme à ses publicités sur Facebook, Twitter et Instagram aux Etats-Unis jusqu’à la fin de l’année, au moins, en raison d’une période électorale «polarisée». Sous la pression, Facebook a lâché du lest sur les principes affichés par son fondateur Mark Zuckerberg, qui a lui-même annoncé un durcissement de la position du réseau social face aux messages haineux.

 

«Les plans sociaux des PME seront dramatiques »

 «Les plans sociaux des PME seront dramatiques »

Michel Ghetti est président-fondateur de France Ingénierie Emploi, aujourd’hui intégré au groupe Siaci Saint Honoré. Expert des restructurations d’entreprises, il a notamment conduit les dossiers ABB, Teleperformance, Fiat et Colgate Palmolive.( intreviewinion)

L’impression que les plans sociaux et les restructurations vont se multiplier dans les prochains mois est-elle justifiée ?

Oui. On sent monter un grand mouvement de restructuration dans les entreprises françaises. Dans l’automobile, la presse, l’agroalimentaire, l’aéronautique… La crise que nous venons de traverser n’en est cependant pas la cause essentielle, mais le prétexte. La plupart de ces plans étaient dans les tiroirs auparavant. Il y a un effet d’aubaine. Ce qui se fera d’ici la fin de l’année sera provisionné dans les comptes. Les entreprises ont intérêt à faire attention : les plans sociaux qui répondent à des logiques de court terme et de diminution des charges risquent de peser sur les stratégies de long terme et de les pénaliser bien plus qu’elles ne le pensent.

Ces plans sociaux ne sont-ils pas antinomiques avec les réflexions sur la souveraineté soulevée par la crise du coronavirus ?

Je note effectivement des contradictions de fonds. Quand Renault – qui a l’Etat à son capital – envisage d’externaliser la fonderie de Bretagne, que les laboratoires pharmaceutiques – financé pour la recherche par des dispositifs publics et dont les médicaments sont remboursés – réduisent leurs effectifs… cela pose des questions. A-t-on compris les enjeux de la relocalisation et de la sécurisation des secteurs-clés ? On se prépare à refaire massivement les mêmes erreurs qu’il y a dix ans, avec un mouvement massif de recours à des sociétés-tampons pour l’activité. Christian Estrosi, lorsqu’il était ministre de l’Industrie avait pris de bonnes dispositions en la matière, qui ont malheureusement fait long feu. Les autorités doivent être attentives aux effets collatéraux des plans de restructurations des grandes entreprises. Les plus petits qui en découleront seront infiniment plus destructeurs. J’alerte sur la situation de l’aéronautique. Il y a dix ans, le secteur a recomposé sa filière de façon pyramidale, avec des sous-traitants de rang un, deux ou trois… Cela a créé une dilution des marges et de la visibilité pour un grand nombre d’entreprises. Les effets des restructurations sur la filière vont être très durs.

Vous attirez l’attention sur le fait que les études d’impact des restructurations des grands groupes doivent être plus poussées…

Ce n’est que comme cela, et avec beaucoup de dialogue social, qu’on peut évaluer correctement les effets sur les emplois indirects et concevoir les programmes de revitalisation. Il faut responsabiliser les entreprises qui restructurent. Elles ne doivent pas abonder des fonds locaux ou régionaux pour se débarrasser du problème mais prendre leurs responsabilités et leur part dans la mise en œuvre de la relocalisation et la redynamisation de l’économie, par d’autres acteurs.

Réseaux sociaux: une audience considérable

Réseaux sociaux: une audience considérable

Même s’il est difficile de cerner avec précision le concept de réseaux sociaux et le type de relations de ceux qui les consultent, globalement il est indéniable que la fréquentation concernant ces nouveaux médias ne cessent de prendre une ampleur considérable au point sans doute de rendre obsolète certains médias classiques. Globalement le temps consacré  à Internet progresse considérablement. Dans cette enveloppe de temps , selon Médiamétrie, un tiers du temps passé sur internet leur est consacré. Ce taux passe à 45 % chez les ados. Cela signifie que les deux tiers de temps non consacré aux réseaux sociaux peuvent avoir différentes autres finalités et expliquent  largement la perte d’audience par exemple de la presse écrite ou même de la télévision. En cause sans doute le copier coller de la plupart de ses organes d’information maintenant maîtrisés pour la plupart par les grands groupes économiques et financiers et qui servent à peu près tous avec des nuances le même menu informatif.

Selon Statista, en 2017 (l’année la plus récente pour laquelle des données complètes sont disponibles), les gens passaient 135 minutes par jour, soit près de deux heures et demie, sur les médias sociaux. Il s’agit d’une augmentation par rapport à 2016, alors que les gens passaient en moyenne 126 minutes par jour. En fait, le temps que les gens passent quotidiennement sur les médias sociaux n’a cessé d’augmenter chaque année au cours des cinq dernières années. Si nous prévoyons que ces données comprendront les années 2018 ( 144 minutes)  et 2019, nous pouvons estimer que ce nombre est maintenant passé à 153 minutes par jour.

Les collégiens sont particulièrement attirés par les réseaux sociaux. Ils leur consacrent plus d’une heure par jour. 171595921/akhenatonimages – stock.adobe.com

Ils sont six sur dix à s’y connecter chaque jour, et ces sites représentent à eux seuls un tiers du temps passé sur internet: pas de doute, les Français sont accros aux réseaux sociaux et aux messageries. L’étude de Médiamétrie «L’année internet 2019» souligne le poids croissant de ces applications dans la vie quotidienne des internautes. Ainsi, 24 millions de Français se connectent chaque jour sur Facebook, soit 1,7 million de plus qu’en 2018. Ils sont 14 millions à consulter quotidiennement Snapchat, soit un bond de 5,8 millions d’utilisateurs en un an. Sur la même période, Instagram est passé de 7,3 millions de visiteurs par jour à 11,5 millions. Et les messageries ne sont pas en reste: 12,2 millions de Français discutent avec leurs proches chaque jour sur Messenger, et 9,9 millions sur WhatsApp. Ces applications ont toutes deux gagné 3,5 millions d’utilisateurs quotidiens en un an. «Et plus vous passez du temps sur internet, plus la part accordée aux réseaux et aux messageries est importante»

Elections Paris: Villani en tête des réseaux sociaux

Elections Paris: Villani en  tête des réseaux sociaux

Cédric Villani, fait une nette percée sur le réseaux sociaux avec 1 176 followers supplémentaires, c’est 382 de plus que ce qu’a fait Rachida Dati la semaine passée.

Chaque semaine, Visibrain, l’outil de veille des médias sociaux, réalise pour l’Opinion, le baromètre des candidats aux élections municipales de Paris sur les réseaux sociaux.

Sur Twitter la campagne s’accélère. Entre le 24 et le 31 janvier, 361 667 tweets ont été publiés par 71 566 utilisateurs sur les municipales, cela représente une forte hausse de 35 % par rapport à la semaine passée.

Sur Facebook, le nombre de posts publiés continue également d’augmenter avec 12 938 posts sur les Municipales cette semaine (+11 %). Ces publications ont généré 591 086 réactions au total (likes, angry, love…) et 103 168 commentaires. L a  plus belle progression de la semaine est encore une fois enregistrée par Marcel Campion, qui continue de voir son nombre de followers bondir, avec une augmentation de +826 %.

Rachida Dati et Anne Hidalgo sont les candidates dont les internautes parlent le plus au sujet des Municipales depuis le lancement du baromètre. La grande nouveauté cette semaine, c’est l’entrée sur le podium du mathématicien, Cédric Villani. Au cœur du débat cette semaine : sa séparation avec La République En Marche. Dorénavant, l’ancien directeur de l’institut Henri-Poincaré, candidate librement à la Mairie de Paris, ce qui a alimenté un grand nombre de conversations sur les réseaux sociaux (environ 40 % des messages publiés à son sujet concernaient cette annonce) et a été beaucoup repris par la presse.

Du côté de la candidate Hidalgo, c’est son annonce d’un Paris 100 % à vélo qui la propulse sur le devant de la scène. À noter également cette semaine, que la distance entre les deux candidates les plus populaires (Rachida Dati et Anne Hidalgo) diminue. Cédric Villani rattrape les rangs, suivi de près par Benjamin Griveaux. En revanche, le fossé se creuse avec les autres candidats. Bien loin derrière, nous retrouvons Ian Brossat (9 131 citations), Danielle Simonnet (8 941 citations) et David Belliard (7 722 citations).

 

Pas de conquête des acquis sociaux sans révolution (Marc Lambron, académicien )

Pas de  conquête des acquis sociaux sans  révolution (Marc Lambron, académicien )

 

 

Invité sur Europe 1, l’académicien Marc Lambron, auteur de Carnet de bal : chroniques 4 (Grasset), est revenu sur les mouvements sociaux qu’a connu la France en 2019, notamment la mobilisation contre la réforme des retraites. Ils illustrent d’après lui l’essence et l’aspiration révolutionnaires spécifiques à la France.

« Nous sommes dans un pays d’essence et d’aspiration révolutionnaire depuis au moins deux siècles et la conquête des acquis sociaux s’est faite par révolution, par renversement, ou en tout cas par épreuve de force », explique Marc Lambron. Il ajoute : « A la différence de certains pays qui sont plus aptes à la congestion ou au dialogue comme l’Allemagne, là on voit bien qu’on est dans le cas assez français d’une opposition qui devient frontale et peut-être fractale. »

L’académicien estime qu’en ce moment, « il y a une cristallisation sur ce mode insurrectionnel qui appartient à notre histoire » et que cela s’est joué en deux temps. Tout d’abord un phénomène de « dégagisme » qui touche le monde entier et « qui donne des solutions politiques extrêmes comme Trump, le Brexit, les démocratures en Europe de l’Est ». Pour Marc Lambron, « l’élection de 2017 a témoigné d’une certaine sagesse française à cet égard. Il y a eu un dégagisme mais on l’a joué au centre ».

Cependant, dans l’année et demie qui a suivi l’élection d’Emmanuel Macron, il y a eu « le dégagisme de la rue » qui a commencé par les gilets jaunes. « Emmanuel Macron, qui est l’agent d’un coup de balai, se retrouve lui-même comptable – ce qui est finalement pas tout à fait juste au bout de 16 ou 17 mois de présence au pouvoir – de 30 années au moins d’incuries, ou de tergiversations, ou d’immobilisme. C’est un peu ça le sens de la crise aujourd’hui », analyse-t-il.

Les différents mouvements sociaux qu’a connu la France ces derniers mois font dire à l’académicien que « ce que nous affrontons en ce moment sont des systèmes extrêmement protecteurs qui ont été mis en place pendant une phase de prospérité, c’est-à-dire les Trente Glorieuses, et nous nous y sommes habitués ». Il estime toutefois qu’ »il nous faut prendre, d’une façon ou d’une autre, le deuil ou le deuil partiel de ce à quoi nous étions habitués ».

 

 

Abus de biens sociaux pour Jacques Lang qui se fait tailler un costume

Abus de biens sociaux pour Jacques Lang qui se fait tailler un costume

Certains sont en train de tailler un costard judiciaire au toujours sémillant Jack Lang. L’ancien ministre de Mitterrand est accusé d’avoir reçu en cadeau pour 200 000 € de costumes par le couturier italien Smalto, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Une affaire politico financière car Jack Lang toujours président de l’institut du monde arabe peut compter sur de solides amitiés y compris chez Macron mais aussi sur des inimitiés irréductibles. En cause à la fois son ancrage à gauche mais aussi sa souplesse d’échine qui le rende compatible avec Macron. L’intéressé se défend en déclarant qu’il s’agit de cadeaux. Ce qui est possible car Jack Lang a servi autant la culture que la mode. On connaît cependant les allergies de Jack Lang pour payer ses factures. L’enquête a été ouverte par le parquet de Paris le 12 mars 2019 et a été confiée à la brigade financière, précise-t-on de même source. Le président de l’Institut du Monde arabe, aujourd’hui âgé de 79 ans, a récemment fait dire par son avocat dans la presse que ces vêtements de luxe lui avaient été offerts sans contrepartie, à l’initiative du couturier.

 

Unedic : macron provoque la colère des partenaires sociaux

Unedic : macron provoque la colère des partenaires sociaux

Les responsables syndicaux et patronaux n’ont guère apprécié le persiflage de Macron à propos de l’échec de négociations concernant l’assurance-chômage. Certes les partenaires sociaux ne se sont pas grandis en renvoyant la balle dans le camp du gouvernement justement qui ne rêve que d’étatiser l’Unedic. Ceci étant,  le cadrage de la discussion était-elle que la marge de négociation était très étroite. Comme à son habitude,  Macron ne peut s’empêcher de persifler ou de ridiculiser ceux avec lesquels il n’est pas d’accord. Pas vraiment la posture d’un président qui devrait surtout dans la période unir  les Français. Macro a donc de nouveaux fait dans la caricature en déclarant : “On est dans un drôle de système tout de même où chaque jour dans le pays, on dit ‘corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire’ et quand on donne la main, on dit ‘pardon Monsieur, c’est dur, reprenez-la”, a dit le président jeudi. Pourtant Macron est mal placé en matière de compétence pour négocier si l’on en juge par une crise des gilets jaunes dont la médiation gouvernementale est catastrophique. Certes des commentateurs peuvent à juste titre considérer  que les partenaires sociaux ont manqué une occasion de valoriser leur rôle dans cette discussion de l’Unedic. Mais ce n’est pas un président de la république de commenter, de critiquer et de diviser. On constate que Macron ne peut se défaire de cet attitude d’arrogance qui a déjà tellement nuit à son image. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a rapidement répliqué que “rechercher des boucs émissaires peut être tentant à court terme mais contreproductif pour l’avenir”. “La démocratie sociale a souvent prouvé son efficacité et sa responsabilité lorsqu’elle n’est pas soumise à des lettres de cadrages impossibles, menant sciemment une négociation dans l’impasse”, a-t-il ajouté sur Twitter. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, est allé dans le même sens. “La lâcheté, c’est quand l’Etat fixe toutes les règles mais veut faire assumer les décisions par les autres !”, a-t-il écrit vendredi sur Twitter. En cause, les exigences de l’exécutif, qui a pressé les partenaires sociaux de trouver 3 à 3,9 milliards d’euros d’économies, les forçant à réduire des droits des demandeurs d’emploi et de pénaliser le recours “abusif” aux contrats courts par des mécanismes rejetés par les entreprises.“La main n’a été ni donnée, ni tendue”, a jugé Fabrice Le Saché, vice-président du Medef. Même colère au syndicat CFE-CGC, dont le secrétaire général confédéral Alain Giffard a jugé que “nous avons affaire à des irresponsables !”Le président de l’organisation patronale CPME, François Asselin, souligne lui aussi la responsabilité de l’exécutif, “son immixtion permanente” et ses “messages contradictoires”, dans un entretien au quotidien L’Opinion publié vendredi. Mais il juge aussi que les partenaires sociaux “ont démontré leur incapacité à faire prévaloir l’intérêt général sur leurs propres intérêts”. “La négociation interprofessionnelle, comme on l’a connue, est morte”, ajoute-t-il, en appelant patronat et syndicats à “rebâtir un nouveau contrat social”.L’échec de la négociation place Emmanuel Macron et Edouard Philippe dans une situation délicate en les poussant à clarifier leur politique, au risque d’attiser les tensions et de fragiliser leur programme de réformes

Réseaux sociaux : la grande peur des médias traditionnels

Réseaux sociaux : la grande peur des médias traditionnels

 

 

Si l’on se fie au  le baromètre 2018 réalisé pour La Croix par Kantar Public, seulement un Français sur deux fait confiance aux médias classiques (56 % cependant pour la radio). Il n’y aurait que de l’ordre de 31 % qui feraient confiance aux médias en ligne. À noter que 60 % environ s’intéressent à l’actualité. En cause, l’excès de peopolisation de  l’information aussi le mauvais traitement de l’information économique et politique. Les raisons sont connues les médias publics sous contrôle du pouvoir politique sont très influençables. Les médias publics pour la plupart sont désormais dans les mains des financiers et les grands patrons. L’audience de ces grands médias ne cesse de diminuer au profit d’ailleurs des infos sur Internet. D’où la mise en accusation permanente de ce  net. Par les journalistes patentés des médias classiques, on reproche aux réseaux sociaux et à Internet en général de manquer de professionnalisme, d’objectivité voire de diffuser des fake news. L’inquiétude n’est pas seulement déontologique elle est aussi de nature corporatiste car les médias classiques connaissent une très grave crise économique qui se traduit régulièrement par des plans de réduction des journalistes et autres personnels. Du coup, c’est médias  classique présentent  la caractéristique de se ressembler tous du Parisien à libé. Et pour cause, les lignes éditoriales sur toutes alimentées par la reprise des mêmes informations fournies par les agences de presse, le gouvernement ou les institutions. Des informations souvent livrées brut de brut sans beaucoup d’analyse. Sans parler d’une orientation ultra libérale pour la plupart. La presse d’opinion a disparu depuis que les financiers ont mis la main sur les médias et la presse d’analyse est réduite à la portion congrue, le Monde y compris. Tous les médias ont sacrifié à la mode des gros titres et des photos. Pas étonnant dans ces conditions que les Français se tournent vers Internet qui il est vrai, constitue cependant une véritable auberge espagnole où le pire côtoie le meilleur surtout sur les réseaux dits sociaux. Avec un peu de persévérance on peut quand même trouver des les éléments d’analyse sur les innombrables sites qui sont les véritables concurrents des médias classiques. Cela avec des dés informations autrement plus fouillées et donc plus pertinentes. Certes 90 % des informations sur le net du niveau du caniveau mais les 10 % restants représentent une force informative 1000 ou 10 000 fois supérieures aux médias classiques. Les journalistes patentés font un mauvais procès de nom professionnalisme aux émetteurs d’informations du net car eux-mêmes le plus souvent ne sont capables de traiter les événements qu’en surface faute de temps, de compétences et en raison des influences qu’ils subissent et où qu’ils s’infligent.

Surveillance des réseaux sociaux par le fisc !

Surveillance des réseaux sociaux par le fisc

 

 

On peut comprendre que l’administration fiscale cherche à repérer ceux qui pratiquent l’évitement de l’impôt car la fraude fis cale en France représente sans doute de 100 milliards par an. Par contre on a des difficultés à admettre cette surveillance des réseaux sociaux par l’administration pour vérifier le train de vie des citoyens contribuables. Pourquoi  aussi ne pas mettre des caméras dans le lit des contribuables pour vérifier si la nature et le coût des pratiques sexuelles de ces derniers est en adéquation avec les revenus dés intéressés. L’administration fiscale expérimentera donc à compter du début de l’an prochain la surveillance des comptes des contribuables sur les réseaux sociaux afin d’améliorer la lutte contre la fraude fiscale, annonce Gérald Darmanin dans l’émission Capital qui sera diffusée demain soir sur M6. Pour accentuer la lutte contre la fraude, au-delà des dispositions prévues dans la loi promulguée le 24 octobre dernier, « il y a aussi un certain nombre d’expérimentations que nous mettons en place, qui ont été autorisées, notamment grâce aux réseaux sociaux », explique le ministre de l’Action et des Comptes publics dans un extrait de l’émission disponible en ligne sur le site RTL-M6 Info. Cette analyse des données disponibles sur les « comptes personnels puisqu’ils sont publics » sur les réseaux sociaux seront « regardés par expérimentation », par exemple pour permettre de déceler des signes d’un niveau de vie en inadéquation avec les revenus déclarés. En pratique, l’administration pourra « constater que si vous vous faites prendre en photo manifestement de nombreuses fois avec une voiture de luxe alors que vous n’avez pas les moyens pour le faire, peut-être que c’est votre cousin ou votre copine qui vous l’a prêtée, ou peut-être pas », souligne Gérald Darmanin. On pourrait suggérer à Darmanin que l’essentiel de la fraude fiscale ne transparaît pas dans les réseaux sociaux d’autant que cette optimisation est discrètement véhiculée dans des paradis fiscaux.

 

Minima sociaux : baisse du nombre d’allocataires

Minima sociaux : baisse du   nombre d’allocataires

 

 

Le nombre d’allocataires de minima sociaux en France a diminué de 1,8% entre 2015 et 2016, une baisse qui constitue une première depuis la crise de 2008, selon une étude du ministère des Affaires sociales publiée ce vendredi. Cette baisse est en grande partie due à une diminution de 4,3% du nombre de bénéficiaires du RSA, une prestation « particulièrement sensible à la situation du marché du travail », indique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Au total, fin 2016, quelque 4,061 millions de personnes percevaient une prestation sociale, contre 4,136 un an plus tôt, soit « 76.000 allocataires de moins », résume la Drees. Ces chiffres n’incluent pas les bénéficiaires de deux minima sociaux, l’ATA Le nombre de bénéficiaires de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS, versée aux chômeurs arrivés en fin de droits) a également baissé de 3,9%, à 454.200, ce qui montre « une amélioration du marché du travail au cours de l’année », selon la Drees. En outre, un quart de ceux qui touchaient le RSA et l’ASS fin 2015 étaient sortis de ces dispositifs un an plus tard, relève la Drees, qui précise que « la moitié des bénéficiaires du RSA sortant des minima n’y reviennent pas les cinq années suivantes », cette proportion montant aux deux tiers pour l’ASS.

Entre 2008 et 2013, le nombre d’allocataires du RSA « socle » (revenu minimum pour les personnes sans ressources) et de l’ASS avait fortement augmenté avec une moyenne de 6,5% par an sur la période.

L’étude relève en revanche des « difficultés d’insertion importantes » pour les personnes handicapées : le nombre de bénéficiaires de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) a continué à augmenter, de + 2,6% (contre +2,3% en moyenne depuis 2016).

Au total, quelque 7 millions de personnes, en tenant compte des enfants et des conjoints, sont couverts par les minima sociaux, soit 11% de la population française, selon la Drees. Dans les départements et régions d’outre-mer, ce taux monte à environ un tiers.

Baisse des dépenses publiques : salaires et transferts sociaux visés

Baisse des dépenses publiques : salaires et transferts sociaux visés

Ce n’est sans doute pas un hasard si après les propos du ministre des finances et ceux du Premier ministre lui même, France stratégie qui dépend du Premier Ministre  reprend la thématique de la réduction des dépenses sociales. La dépense publique doit théoriquement diminuer d’au moins 3 points d’ici à 2022, date à laquelle devrait atteindre 52% du PIB. Un objectif « loin d’être inatteignable » France Stratégie qui a fit uen étude comparative sur le sujet.  Le niveau des dépenses publiques s’est élevé à 56,4% du PIB en 2017« C’est 10 points de plus que la moyenne de l’Union européenne », souligne la note. Les auteurs expliquent néanmoins que « notre niveau de dépenses publiques, très élevé lorsqu’on le compare à la moyenne européenne, n’est pas en soi une anomalie ». En France, de nombreux services et dépenses sont socialisés comme les retraites ou l’éducation alors que, dans d’autres pays, ces dispositifs sont financés sur des fonds privés. Le centre de réflexion rattaché au Premier ministre note que dans des pays voisins « ont fait porter une part substantielle de leurs ajustements sur la masse salariale publique et sur les transferts sociaux (y compris crédits d’impôt) ». Dans les cas de la Suède et de la Finlande, les ajustements les plus importants, se sont accompagnés de réformes touchant les procédures budgétaires elles-mêmes. Enfin, les rédacteurs soulignent que l’objectif de la baisse structurelle du poids des dépenses publiques, de 2 à 3 points sur cinq ans n’est pas un objectif irréaliste. « 21 pays de l’UE sur 27 y sont parvenus au moins une fois, les pays européens y sont parvenus au moins une fois au cours des vingt dernières années, et certains d’entre eux l’ont fait dans un contexte de croissance potentielle modérée, hors toute période de crise aiguë. » 21 sur 27, car quatre pays n’y sont pas parvenus : l’Italie, la Belgique, le Danemark et… la France. En dépit de ces trois leçons, l’étude conclut qu’il n’y a pas de « recette magique » pour réduire la dépense,  « tant les choix opérés dans les ajustements budgétaires reflètent en réalité des inefficiences ou des préférences collectives propres à chacun des pays considérés. »

Conflits sociaux : pas une convergence mais une chienlit qui s’installe

Conflits sociaux : pas une convergence mais une chienlit qui s’installe

 

 

Ce jeudi ce n’était  la première tentative ni sans doute la dernière pour faire converger les luttes sociales ; Pas sûr d’ailleurs que cette stratégie de convergence se réalise plus tard. Il est plus vraisemblable qu’on va assister à une multiplication de conflits sociaux jusqu’au moins au début de l’été. Une sorte de chienlit pire qu’une grève globale plus limitée dans le temps. La CGT, qui a organisé jeudi sa première journée de “convergence des luttes”, affirme cependant  qu’elle parviendra à inscrire dans la durée la contestation des réformes d’Emmanuel Macron, même si cette idée suscite peu d’adhésion dans le milieu syndical. Certaines sont organisées par plusieurs syndicats comme la FSU, Solidaires, ou encore les organisations étudiantes UNEF et UNL. Sur le plan confédéral, cependant, seul Solidaires et l’UNEF ont appelé à rejoindre le mouvement. Les syndicats représentatifs de la RATP (CGT, FO, SUD RATP et UNSA) ont pour l’occasion déposé un préavis de grève – pour certains reconductible – entraînant davantage de perturbations sur le trafic à Paris et en Ile-de-France. La journée a coïncidé par ailleurs avec une nouvelle journée de grève à la SNCF. Cet appel à la mobilisation a trouvé toutefois peu d’écho auprès des autres syndicats représentatifs du secteur privé (FO, CFDT, CFE-CGC et CFTC), qui ont tous décliné l’invitation, estimant que les conditions n’étaient pas réunies. S’exprimant lors d’un débat sur l’avenir des syndicats réformistes lundi, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a déclaré au sujet de la convergence des luttes: “les travailleurs ne suivent pas forcément et ça ne marche pas”. Le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, n’en est pas si sûr. Il estime que beaucoup de Français s’interrogent sur l’impact de la reprise économique sur leur pouvoir d’achat. “L’emploi, on ne voit pas l’effet. Le pouvoir d’achat, on ne voit pas l’effet. Ça commence à peser ce genre de chose”, a-t-il dit mardi sur BFM Business.

 

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