Archive pour le Tag 'socialiste'

Parti socialiste : la grande barbe braderie du parti

 

 

 

D’une certaine manière, le parti socialiste est livré aux enchères contradictoires selon les  courants politiques et les intérêts personnels. Les plus opportunistes qui font carrière n’auront aucun mal à rejoindre Macron au nom du réalisme qui conduit en fait à faire le grand écart entre le néo libéralisme et le vernis socialiste. Les plus radicaux, souvent toujours attaché aux valeurs marxistes voire communistes vont se retrouver chez Mélenchon. Reste ceux qui refusent l’ OPA des « Insoumis  » sur le parti socialiste au motif de leurs convictions républicaines et européennes.

Théoriquement, le parti socialiste ne représente plus que 2 à 3 % en termes d’audience nationale. Diviser cette audience par trois revient en fait à amorcer  la dissolution du parti actuel. Reste cependant que sur le terrain, les troupes du parti socialiste et notamment ses nombreux élus en font encore une force réelle bien implantée. Bien au-delà d’ailleurs souvent des forces du fantomatique parti en marche de Macron. Bien au-delà aussi du parti de Mélenchon qui ne dispose pas d’une implantation locale très consistante.

L’intérêt du parti socialiste n’est certainement pas de se dissoudre dans les différents courants contradictoires qui souhaitent boire  les dernières gouttes de sang du parti. L’intérêt du parti socialiste est de manifester sa présence non pas bien sûr pour se reconstituer aujourd’hui en partie le gouvernement mais pour envisager une reconstruction ultérieure possible sur des bases claires qui renvoient les marxistes à leurs origines et qui permettent de construire une vraie sociale démocratie participative et représentative de la sociologie du pays notamment des couches moyennes et des couches défavorisées. Et non pas un nouveau parti socialiste dirigé par une poignée d’énarques, de professionnels de la politique aux convictions idéologiques très molles qui passent sans état d’âme du marxisme au néolibéralisme ou l’inverse.

Même pour le moyen et longs terme, la question est de savoir s’il n’est déjà pas trop tard espérer reconstruire un vrai parti social-démocrate.Et plus généralement on peut s’interroger sur l’état de résilience des partis politiques qui pourraient bien laisser place à différentes formes de césarismes .

 

 

Parti socialiste: Un effondrement prévisible

Parti socialiste: Un effondrement prévisible

Le premier tour de l’élection présidentielle 2022 marque l’effondrement de l’une des plus vieilles organisations partisanes de France. Par Mathieu Fulla, Sciences Po.

Un article intéressant mais qui fait l’impasse sur le fait que la chute du parti socialiste a démarré avec François Mitterrand quand il a peu après son élection tourné le dos aux valeurs et aux propositions socialistes. Sans parler de la détestation des élites du parti pour les couches moyennes et sociales qu’ils étaient supposés représenter. Pour preuve, le parti a été entièrement phagocyté par les technocrates et autres professionnels de la politique

Le score de 1,72 % de suffrages exprimés en faveur d’Anne Hidalgo, candidate du Parti socialiste, lors du premier tour de l’élection présidentielle 2022, marque sans ambiguïté l’effondrement de l’une des plus vieilles organisations partisanes de France, héritière de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) fondée en 1905 sous l’impulsion de Jean Jaurès et de Jules Guesde. [Refondé en 1969], le Parti socialiste a pris son essor à la suite du congrès d’Épinay de 1971 qui installe François Mitterrand à sa tête.

Si son histoire a connu de nombreux rebondissements, la fin du quinquennat de François Hollande (2012-2017) ouvre des failles profondes qui ne sont toujours pas refermées.

Les fractures du quinquennat Hollande

L’élection présidentielle de 2017 met en lumière l’affaiblissement du PS dont témoigne le score déjà historiquement faible réalisé par son candidat Benoît Hamon. La majorité des cadres du parti, de même que ses élites gouvernementales, se rallient à la candidature d’Emmanuel Macron. Au niveau de l’électorat, la logique de « vote utile » joue à plein. Les électeurs reportent massivement leurs voix vers l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande mais aussi, pour une part significative, vers Jean-Luc Mélenchon, qui attire alors 16 % des électeurs ayant voté François Hollande au premier tour en 2012.

Ces résultats soulignent l’accentuation des divisions internes de la famille socialiste sous le quinquennat Hollande. Celles-ci commencent à poindre après le « choc » du 21 avril 2002 et, plus encore, du référendum de 2005 pour une Constitution européenne, où le camp du « non » compte de chauds partisans comme Laurent Fabius ou Henri Emmanuelli. Le discours du Bourget prononcé par le candidat Hollande en janvier 2012, cristallise un malentendu entre ce dernier et son électorat.

Exaspérés par la politique sécuritaire, le climat de tensions et les affaires de la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012), la plupart des électeurs socialistes ne veulent pas voir (ou prendre au sérieux) la modération du programme économique et social de François Hollande. Sa charge contre la finance, qu’il désigne comme son ennemi principal, et son engagement pour un contrôle plus important des produits financiers toxiques relèvent davantage de considérations tactiques que d’une conviction de fond. Les fondements de son programme économique portent sur la compétitivité des PME et le retour à l’équilibre des finances publiques dès la fin du quinquennat. Le président assume d’ailleurs rapidement cette approche « social-libérale » et annonce, en novembre 2012, la mise en place du CICE, un crédit d’impôt sur les bénéfices des entreprises à hauteur de 20 milliards d’euros par an.

L’approfondissement de cette orientation économique avec la nomination de Manuel Valls à Matignon en mars 2014 conduit quelques mois plus tard à la démission du ministre de l’Économie d’alors, Arnaud Montebourg, ainsi qu’à celle de Benoît Hamon, éphémère ministre de l’Éducation nationale. Peu après, une partie du groupe parlementaire socialiste affirme à son tour publiquement son opposition à la voie « social-libérale », personnifiée par le Premier ministre et son nouveau ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Ces députés « frondeurs » s’opposent au gouvernement jusqu’à la fin du quinquennat, traduisant la faiblesse du leadership du président sur le parti dont il avait longtemps été le premier secrétaire.

Si la politique économique de François Hollande fut bien éloignée du discours du Bourget, il est important de noter la continuité de ses positions sur le sujet. Proche de Jacques Delors dans les années 1980, il propose alors de répondre aux défis de la mondialisation et de l’approfondissement de la construction européenne par une politique fondée sur la compétitivité des entreprises et une flexibilité accrue du marché du travail qui serait contrebalancées par la défense de l’État social, une protection plus individualisée des travailleurs et le développement de la formation continue. Sous son quinquennat néanmoins, ses choix politiques sur des sujets économiques, sociaux mais aussi régaliens déstabilise et clive sa famille politique, au premier chef la proposition de déchéance de nationalité à la suite des attentats du Bataclan en 2015 puis la loi travail dite loi El Khomri l’année suivante, qui accroît la flexibilité du marché du travail.

Des élites socialistes de plus en plus déconnectées de leur électorat

Comment comprendre ces propositions en décalage avec l’idéologie de la gauche traditionnelle ? Les mutations sociologiques de l’électorat socialiste apportent quelques éléments d’explications. Ce dernier en effet a profondément évolué au cours des dernières décennies.

En 1981, 72 % des ouvriers et 62 % des employés ont voté pour François Mitterrand au second tour : des chiffres que la gauche n’a jamais retrouvés depuis.

En devenant un parti de gouvernement, les socialistes ont mis en œuvre, surtout après 1984 et la nomination à Matignon de Laurent Fabius, une politique économique privilégiant la modernisation industrielle, la libéralisation financière, et l’approfondissement de la construction européenne tout en s’efforçant de défendre l’État social dans un contexte de chômage de masse touchant l’ensemble des sociétés occidentales. Ces choix des socialistes au pouvoir, pas complètement assumés et expliqués, contribuent à éloigner le PS des classes populaires.

À partir des années 1990, ces électeurs se réfugient dans l’abstention. Une part significative rallie le Front national de Jean-Marie Le Pen tandis qu’une petite minorité opte pour des partis de gauche plus radicaux. Surtout, la gauche n’attire plus les nouvelles générations d’ouvriers et d’employés qui, après 1995, votent majoritairement et sans discontinuer pour la droite et l’extrême droite.

Ce divorce avec les couches les plus populaires de l’électorat s’accompagne d’une autre rupture, plus progressive et silencieuse, avec les personnels de l’État, longtemps bastion privilégié du socialisme français. Depuis les années 2000, les enseignants ont par exemple cessé de voter en masse pour le PS, à l’exception notable de l’élection présidentielle de 2012) lui reprochant des prises de positions trop favorables à l’égard de la mondialisation libérale et des politiques éducatives ne répondant pas à leurs attentes.

En dehors de quelques mesures phares impulsées sous les gouvernements de Michel Rocard et Lionel Jospin – [Revenu minimum d'insertion], semaine des 35hcouverture maladie universelle - le parti assume en effet une politique de l’offre tournée vers la compétitivité des entreprises et la primauté d’une régulation de l’activité économique par des mécanismes de marché dont la puissance publique doit toutefois corriger les excès par des politiques sociales ciblées.

Ces orientations politiques creusent les divisions de la gauche et affaiblissent le PS. Si ce dernier s’est appuyé sur des organisations telles que le Parti communiste ou les Verts pour nouer des alliances ponctuelles au gré des scrutins européens ou locaux, il ne parvient plus à créer une dynamique, comme ce fut par exemple le cas dans les années 1970.

À partir de 2017, le rejet assumé du clivage gauche-droite par Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, rejoignant sur ce point la position des leaders du FN qui, dès la fin des années 1990, lui substituent l’opposition entre « mondialistes » et « nationaux », porte un coup dur au PS désormais perçu comme l’une des principales incarnations du « vieux monde » politique.

La faiblesse des réseaux socialistes

L’enracinement sociétal de la SFIO puis du PS qui, contrairement aux social-démocraties d’Europe du Nord, furent toujours des partis d’élus et non de masse, est resté faible à l’exception de rares fédérations emblématiques comme celle du Nord. Dans les années 1970 cependant, le décollage du PS s’explique par une capacité de mobilisation au-delà de ses traditionnelles mairies. Le parti trouve des relais dans des syndicats ouvriers (la CFDT) et étudiants (l’UNEF) mais aussi dans les milieux associatifs et coopérateurs. Il est ainsi courant que les militants PS soient également encartés à la CFDT et exercent des fonctions associatives, par exemple dans les fédérations de parents d’élèves. L’influence du PS sur ces réseaux a disparu depuis longtemps et l’épisode de la Loi Travail a achevé de déstabiliser la CFDT, historiquement ouverte à un dialogue (qui ne fut jamais simple) avec le socialisme de gouvernement.

Plus largement, dans la perspective d’une recomposition et d’une réinvention du PS, l’affaiblissement des corps intermédiaires, qui s’est accéléré sous le quinquennat d’Emmanuel Macron, le prive d’un levier de sortie de crise.

Un autre facteur, plus souterrain, peut également être mobilisé pour comprendre la déconnexion croissante entre les élites socialistes et la société. Il réside dans la relation que cette organisation entretient avec l’État depuis les années 1980. Des politistes ont mis en lumière un phénomène de « cartellisation ». En devenant un parti de gouvernement, le PS a accru sa dépendance vis-à-vis de l’État non seulement pour ses finances, de plus en plus dépendantes de l’argent public, mais aussi pour son expertise avec la pénétration massive de hauts fonctionnaires au sommet de l’appareil. Cette mue du PS en une « agence semi-publique centralisée » l’a considérablement éloigné des militants et de la société.

Facteurs de court, moyen et long terme se conjuguent donc pour expliquer le score dérisoire de la candidate socialiste au premier tour de l’élection présidentielle. Depuis 2017, le PS est bien en voie de « pasokisation », vocable passé dans le langage des sciences sociales en référence au Parti socialiste grec (PASOK) qui disparaît presque complètement du paysage politique à la suite de la terrible crise économique et sociale ayant frappé le pays à la fin des années 2000. Pasokisation n’est cependant pas synonyme de disparition.

Comme l’ont montré de nombreux travaux, « les partis meurent longtemps » et disposent d’une forte capacité de résilience dont témoigne le regain électoral timide mais réel de certains partis sociaux-démocrates européens. Le PASOK lui-même pourrait offrir un bon exemple de sortie de crise au PS : après une décennie compliquée, cette organisation retrouve des couleurs grâce à la réactivation de réseaux d’élus et de syndicalistes locaux ainsi qu’à l’émergence d’un nouveau leader.

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Par Mathieu Fulla, Agrégé et docteur en histoire, membre permanent du Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP), Sciences Po.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Politique-Election Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

Politique-Election Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

L’élection présidentielle de 2022 pourrait bien représenter une sorte de funérailles pour le parti socialiste qui va connaître sans doute le sort de son ancêtre la SFIO et disparaître du paysage politique.

Il est clair qu’avec un score autour de 2 %, le parti socialiste ne peut rester en l’état de mort clinique. D’ores et déjà,  on s’agite dans la coulisse et par exemple François Hollande qui a largement contribué à discréditer le parti qui l’a a conduit à l’Élysée s’imagine à nouveau en successeur de Mitterrand pour ramasser ce qui reste et recréer une dynamique à gauche.

Le problème c’est que ce sont les mêmes qui ont coulé le parti socialiste depuis 40 ans qui revendiquent une légitimité pour le redresser.

La dégringolade a commencé depuis longtemps. Depuis exactement l’époque de Mitterrand auquel on reconnaît quelques qualités mais qui évidemment n’a jamais été socialiste et deux ans après son élection a  tourné le dos complètement à ses orientations.

Le parti socialiste n’a jamais réussi à tuer les vipère installées en son sein c’est-à-dire celles représentées par les technocrates, les bobos et les arrivistes. Convaincus  de représenter la classe ouvrière et les couches moyennes, les dirigeants du parti socialiste ont toujours manifesté le plus grand mépris pour ces catégories sociales. Des catégories sociales complètement absentes des instances dirigeantes et encore davantage évidemment du gouvernement.

En outre avec en plus des contradictions internes d’autres bobos marxistes et même communistes aussi coupés des réalités sociales que les autres mais qui prêchaient la révolution ! Une posture surréaliste qui a largement participé à coulé l’inefficace Hollande.

*Au cours d’un dîner « secret » mercredi soir entre Anne Hidalgo, Martine Aubry, François Hollande et d’autres figures du Parti socialiste aurait abordé la recomposition de la gauche et du PS, sans convier son premier secrétaire, Olivier Faure. Révélé par Le Monde, ce dîner ne semble être que le dernier épisode d’une crise au sein des cadres du parti.

Le feuilleton de la mésentente socialiste continue donc  : mercredi soir, Anne Hidalgo dînait à la questure du Sénat, un dîner officieux organisé par Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Palais du Luxembourg, en compagnie plusieurs figures socialistes : la maire de Lille Martine Aubry, la maire de Nantes Johanna Rolland, directrice de la campagne d’Anne Hidalgo, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et aussi François Hollande. Selon Le Monde, l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve était aussi convié, mais n’était pas disponible.

Un dîner de travail, oui, mais pas vraiment destiné à organiser les dernières minutes de la campagne présidentielle , à seulement quelques jours du premier tour. L’ordre du jour aurait plutôt été centré sur l’avenir du Parti socialiste, et de la gauche, après une campagne présidentielle qui semble avoir scellé le destin du PS tel qu’il fonctionne actuellement. Selon Le Monde , les participants à ce dîner veulent envisager une large recomposition dans un « nouveau mouvement social-démocrate qui dépasserait le PS », et qui pourrait jusqu’à aller chercher des écologistes, communistes et des radicaux de gauche. Bref la vision mitterrandienne dans une troisième version qui connaîtra le même sort que les deux précédentes si elles sont conduites par ceux qui ont déjà détournél’objet du parti socialiste soit par leur collusion avec les pouvoirs financiers, soit au contraire par l’irresponsabilité de leur posture pseudo révolutionnaire de bobo.

 

PS, 2% ou les funérailles du parti socialiste

PS, 2% ou les funérailles du parti socialiste

L’élection présidentielle de 2022 pourrait bien représenter une sorte de funérailles pour le parti socialiste qui va connaître sans doute le sort de son ancêtre la SFIO et disparaître du paysage politique.

Il est clair qu’avec un score autour de 2 %, le parti socialiste ne peut rester en l’état de mort clinique. D’ores et déjà,  on s’agite dans la coulisse et par exemple François Hollande qui a largement contribué à discréditer le parti qui l’a a conduit à l’Élysée s’imagine à nouveau en successeur de Mitterrand pour ramasser ce qui reste et recréer une dynamique à gauche.

Le problème c’est que ce sont les mêmes qui ont coulé le parti socialiste depuis 40 ans qui revendiquent une légitimité pour le redresser.

La dégringolade a commencé depuis longtemps. Depuis exactement l’époque de Mitterrand auquel on reconnaît quelques qualités mais qui évidemment n’a jamais été socialiste et deux ans après son élection a  tourné le dos complètement à ses orientations.

Le parti socialiste n’a jamais réussi à tuer les vipère installées en son sein c’est-à-dire celles représentées par les technocrates, les bobos et les arrivistes. Convaincus  de représenter la classe ouvrière et les couches moyennes, les dirigeants du parti socialiste ont toujours manifesté le plus grand mépris pour ces catégories sociales. Des catégories sociales complètement absentes des instances dirigeantes et encore davantage évidemment du gouvernement.

En outre avec en plus des contradictions internes d’autres bobos marxistes et même communistes aussi coupés des réalités sociales que les autres mais qui prêchaient la révolution ! Une posture surréaliste qui a largement participé à coulé l’inefficace Hollande.

*Au cours d’un dîner « secret » mercredi soir entre Anne Hidalgo, Martine Aubry, François Hollande et d’autres figures du Parti socialiste aurait abordé la recomposition de la gauche et du PS, sans convier son premier secrétaire, Olivier Faure. Révélé par Le Monde, ce dîner ne semble être que le dernier épisode d’une crise au sein des cadres du parti.

Le feuilleton de la mésentente socialiste continue donc  : mercredi soir, Anne Hidalgo dînait à la questure du Sénat, un dîner officieux organisé par Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Palais du Luxembourg, en compagnie plusieurs figures socialistes : la maire de Lille Martine Aubry, la maire de Nantes Johanna Rolland, directrice de la campagne d’Anne Hidalgo, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et aussi François Hollande. Selon Le Monde, l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve était aussi convié, mais n’était pas disponible.

Un dîner de travail, oui, mais pas vraiment destiné à organiser les dernières minutes de la campagne présidentielle , à seulement quelques jours du premier tour. L’ordre du jour aurait plutôt été centré sur l’avenir du Parti socialiste, et de la gauche, après une campagne présidentielle qui semble avoir scellé le destin du PS tel qu’il fonctionne actuellement. Selon Le Monde , les participants à ce dîner veulent envisager une large recomposition dans un « nouveau mouvement social-démocrate qui dépasserait le PS », et qui pourrait jusqu’à aller chercher des écologistes, communistes et des radicaux de gauche. Bref la vision mitterrandienne dans une troisième version qui connaîtra le même sort que les deux précédentes si elles sont conduites par ceux qui ont déjà détournél’objet du parti socialiste soit par leur collusion avec les pouvoirs financiers, soit au contraire par l’irresponsabilité de leur posture pseudo révolutionnaire de bobo.

 

Election Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

Election Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

L’élection présidentielle de 2022 pourrait bien représenter une sorte de funérailles pour le parti socialiste qui va connaître sans doute le sort de son ancêtre la SFIO et disparaître du paysage politique.

Il est clair qu’avec un score autour de 2 %, le parti socialiste ne peut rester en l’état de mort clinique. D’ores et déjà,  on s’agite dans la coulisse et par exemple François Hollande qui a largement contribué à discréditer le parti qui l’a a conduit à l’Élysée s’imagine à nouveau en successeur de Mitterrand pour ramasser ce qui reste et recréer une dynamique à gauche.

Le problème c’est que ce sont les mêmes qui ont coulé le parti socialiste depuis 40 ans qui revendiquent une légitimité pour le redresser.

La dégringolade a commencé depuis longtemps. Depuis exactement l’époque de Mitterrand auquel on reconnaît quelques qualités mais qui évidemment n’a jamais été socialiste et deux ans après son élection a  tourné le dos complètement à ses orientations.

Le parti socialiste n’a jamais réussi à tuer les vipère installées en son sein c’est-à-dire celles représentées par les technocrates, les bobos et les arrivistes. Convaincus  de représenter la classe ouvrière et les couches moyennes, les dirigeants du parti socialiste ont toujours manifesté le plus grand mépris pour ces catégories sociales. Des catégories sociales complètement absentes des instances dirigeantes et encore davantage évidemment du gouvernement.

En outre avec en plus des contradictions internes d’autres bobos marxistes et même communistes aussi coupés des réalités sociales que les autres mais qui prêchaient la révolution ! Une posture surréaliste qui a largement participé à coulé l’inefficace Hollande.

*Au cours d’un dîner « secret » mercredi soir entre Anne Hidalgo, Martine Aubry, François Hollande et d’autres figures du Parti socialiste aurait abordé la recomposition de la gauche et du PS, sans convier son premier secrétaire, Olivier Faure. Révélé par Le Monde, ce dîner ne semble être que le dernier épisode d’une crise au sein des cadres du parti.

Le feuilleton de la mésentente socialiste continue donc  : mercredi soir, Anne Hidalgo dînait à la questure du Sénat, un dîner officieux organisé par Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Palais du Luxembourg, en compagnie plusieurs figures socialistes : la maire de Lille Martine Aubry, la maire de Nantes Johanna Rolland, directrice de la campagne d’Anne Hidalgo, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et aussi François Hollande. Selon Le Monde, l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve était aussi convié, mais n’était pas disponible.

Un dîner de travail, oui, mais pas vraiment destiné à organiser les dernières minutes de la campagne présidentielle , à seulement quelques jours du premier tour. L’ordre du jour aurait plutôt été centré sur l’avenir du Parti socialiste, et de la gauche, après une campagne présidentielle qui semble avoir scellé le destin du PS tel qu’il fonctionne actuellement. Selon Le Monde , les participants à ce dîner veulent envisager une large recomposition dans un « nouveau mouvement social-démocrate qui dépasserait le PS », et qui pourrait jusqu’à aller chercher des écologistes, communistes et des radicaux de gauche. Bref la vision mitterrandienne dans une troisième version qui connaîtra le même sort que les deux précédentes si elles sont conduites par ceux qui ont déjà détournél’objet du parti socialiste soit par leur collusion avec les pouvoirs financiers, soit au contraire par l’irresponsabilité de leur posture pseudo révolutionnaire de bobo.

 

Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

L’élection présidentielle de 2022 pourrait bien représenter une sorte de funérailles pour le parti socialiste qui va connaître sans doute le sort de son ancêtre la SFIO et disparaître du paysage politique.

Il est clair qu’avec un score autour de 2 %, le parti socialiste ne peut rester en l’état de mort clinique. D’ores et déjà,  on s’agite dans la coulisse et par exemple François Hollande qui a largement contribué à discréditer le parti qui l’a a conduit à l’Élysée s’imagine à nouveau en successeur de Mitterrand pour ramasser ce qui reste et recréer une dynamique à gauche.

Le problème c’est que ce sont les mêmes qui ont coulé le parti socialiste depuis 40 ans qui revendiquent une légitimité pour le redresser.

La dégringolade a commencé depuis longtemps. Depuis exactement l’époque de Mitterrand auquel on reconnaît quelques qualités mais qui évidemment n’a jamais été socialiste et deux ans après son élection a  tourné le dos complètement à ses orientations.

Le parti socialiste n’a jamais réussi à tuer les vipère installées en son sein c’est-à-dire celles représentées par les technocrates, les bobos et les arrivistes. Convaincus  de représenter la classe ouvrière et les couches moyennes, les dirigeants du parti socialiste ont toujours manifesté le plus grand mépris pour ces catégories sociales. Des catégories sociales complètement absentes des instances dirigeantes et encore davantage évidemment du gouvernement.

En outre avec en plus des contradictions internes d’autres bobos marxistes et même communistes aussi coupés des réalités sociales que les autres mais qui prêchaient la révolution ! Une posture surréaliste qui a largement participé à coulé l’inefficace Hollande.

*Au cours d’un dîner « secret » mercredi soir entre Anne Hidalgo, Martine Aubry, François Hollande et d’autres figures du Parti socialiste aurait abordé la recomposition de la gauche et du PS, sans convier son premier secrétaire, Olivier Faure. Révélé par Le Monde, ce dîner ne semble être que le dernier épisode d’une crise au sein des cadres du parti.

Le feuilleton de la mésentente socialiste continue donc  : mercredi soir, Anne Hidalgo dînait à la questure du Sénat, un dîner officieux organisé par Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Palais du Luxembourg, en compagnie plusieurs figures socialistes : la maire de Lille Martine Aubry, la maire de Nantes Johanna Rolland, directrice de la campagne d’Anne Hidalgo, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et aussi François Hollande. Selon Le Monde, l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve était aussi convié, mais n’était pas disponible.

Un dîner de travail, oui, mais pas vraiment destiné à organiser les dernières minutes de la campagne présidentielle , à seulement quelques jours du premier tour. L’ordre du jour aurait plutôt été centré sur l’avenir du Parti socialiste, et de la gauche, après une campagne présidentielle qui semble avoir scellé le destin du PS tel qu’il fonctionne actuellement. Selon Le Monde , les participants à ce dîner veulent envisager une large recomposition dans un « nouveau mouvement social-démocrate qui dépasserait le PS », et qui pourrait jusqu’à aller chercher des écologistes, communistes et des radicaux de gauche. Bref la vision mitterrandienne dans une troisième version qui connaîtra le même sort que les deux précédentes si elles sont conduites par ceux qui ont déjà détournél’objet du parti socialiste soit par leur collusion avec les pouvoirs financiers, soit au contraire par l’irresponsabilité de leur posture pseudo révolutionnaire de bobo.

 

Politique : les rats quittent le navire du parti socialiste

Politique : les rats quittent le navire du parti socialiste

Après Ségolène Royal qui rejoint Mélenchon, c’est deux autres oligarques Élisabeth Guigou et Marisol Touraine qui rejoignent Macron.

Bref on assiste à un vaste mercato politique mais dont le parti socialiste est la principale victime même si on constate aussi des mouvements mais  moins importants à droite.

Cela prouve à l’évidence que les convictions dites socialistes des intéressés étaient peu solides et pouvaient s’accommoder en fait d’un partenariat avec n’importe quelle autre parti de droite. Le pire , c’est que ces transferts viennent de personnalités qui ont longtemps soutenu la ligne pure et dure du parti socialiste mais qui une fois au pouvoir ont fait à peu près le contraire. À commencer par Mitterrand qui a changé de politique au bout de deux ans. Un parti qui a préféré rejeter au loin la social-démocratie mais qui s’est  si bien accommodé du capitalisme y compris avec ses excès.

Ces ralliés de la dernière heure espèrent  sans doute un petit Marocain dans un futur gouvernement en tout cas un strapontin dans les sphères du pouvoir . Notons que la plupart de ces défections émanent  de professionnels de la politique dans la plupart passée par l’Ena qui avait noyauté la direction du parti socialiste et avait grandement  été responsables  la coupure avec les couches populaires.

Présidentielle 2022 : les rats quittent le navire du parti socialiste

Présidentielle 2022 : les rats quittent le navire du parti socialiste

Après Ségolène Royal qui rejoint Mélenchon, c’est deux autres oligarques Élisabeth Guigou et Marisol Touraine qui rejoignent Macron.

Bref on assiste à un vaste mercato politique mais dont le parti socialiste est la principale victime même si on constate aussi des mouvements mais  moins importants à droite.

Cela prouve à l’évidence que les convictions dites socialistes des intéressés étaient peu solides et pouvaient s’accommoder en fait d’un partenariat avec n’importe quelle autre parti de droite. Le pire c’est que ces transferts viennent de personnalités qui ont longtemps soutenu la ligne pure et dure du parti socialiste mais qui une fois au pouvoir ont fait à peu près le contraire. À commencer par Mitterrand qui a changé de politique au bout de deux ans. Un parti qui a préféré rejeter au loin la social-démocratie mais qui sait si bien accommoder du capitalisme y compris avec ses excès.

Ces ralliés de la dernière heure espèrent  sans doute un petit Marocain dans un futur gouvernement en tout cas un strapontin dans les sphères du pouvoir . Notons que la plupart de ces défections émanent  de professionnels de la politique dans la plupart passée par l’Ena qui avait noyauté la direction du parti socialiste et grandement  été responsables  la coupure avec les couches populaires.

Politique– Le PS est mort, Il faut un nouveau parti socialiste (Stéphane Le Foll)

Politique– Le PS est mort, Il faut  un nouveau parti socialiste (Stéphane Le Foll)

Stéphane le Foll candidat malheureux lors des primaires du parti socialiste considère que le parti est mort et qu’un nouveau parti socialiste doit être recréé au lendemain des présidentielles.

Le maire modéré du mans ne fait que constater la mort quasi clinique d’un parti qui en plus a choisi sans doute la pire caricature du responsable socialiste:  révolutionnaire et gauchiste dans les mots  en campagne mais complice des dérives des intérêts particuliers en situation de gestion. Sans parler de l’incompétence générale de nombre de socialistes nourris au lait de fonction publique.

 Invité au micro de Jean-Pierre Elkabbach  sur Europe 1, le maire socialiste du Mans a ainsi affirmé qu’il fallait « refonder une sociale démocratie française ». Cela supposerait effectivement de changer complètement la sociologie d’un parti socialiste qui n’a jamais représenté les couches populaires qui théoriquement justifient son existence. Le parti socialiste a toujours été globalement un club d’élus, de fonctionnaires et d’arrivistes; sans parler des bobos gauchistes qui parlent si bien des inégalités dont ils ignorent tout. Bref la caricature d’un parti social démocrate.

 Stéphane Le Foll a déploré la décision du Parti socialiste de « sortir des statuts l’idée d’une primaire » avant de faire marche arrière avec la proposition d’Anne Hidalgo. A la peine dans les sondages, la candidate socialiste à l’élection présidentielle a finalement appelé à une primaire de la gauche. « Ce parti socialiste n’existe pas », a-t-il asséné au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.Stéphane le Foll estime qu’il faut refonder une social-démocratie française.

 

Le PS est mort, Il faut un nouveau parti socialiste (Stéphane Le Foll)

Le PS est mort, Il faut  un nouveau parti socialiste (Stéphane Le Foll)

Stéphane le Foll candidat malheureux lors des primaires du parti socialiste considère que le parti est mort et qu’un nouveau parti socialiste doit être recréé au lendemain des présidentielles.

Le maire modéré du mans ne fait que constater la mort quasi clinique d’un parti qui en plus a choisi sans doute la pire caricature du responsable socialiste:  révolutionnaire et gauchiste dans les mots  en campagne mais complice des dérives des intérêts particuliers en situation de gestion. Sans parler de l’incompétence générale de nombre de socialistes nourris au lait de fonction publique.

 Invité au micro de Jean-Pierre Elkabbach  sur Europe 1, le maire socialiste du Mans a ainsi affirmé qu’il fallait « refonder une sociale démocratie française ». Cela supposerait effectivement de changer complètement la sociologie d’un parti socialiste qui n’a jamais représenté les couches populaires qui théoriquement justifient son existence. Le parti socialiste a toujours été globalement un club d’élus, de fonctionnaires et d’arrivistes; sans parler des bobos gauchistes qui parlent si bien des inégalités dont ils ignorent tout. Bref la caricature d’un parti social démocrate.

 Stéphane Le Foll a déploré la décision du Parti socialiste de « sortir des statuts l’idée d’une primaire » avant de faire marche arrière avec la proposition d’Anne Hidalgo. A la peine dans les sondages, la candidate socialiste à l’élection présidentielle a finalement appelé à une primaire de la gauche. « Ce parti socialiste n’existe pas », a-t-il asséné au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.Stéphane le Foll estime qu’il faut refonder une social-démocratie française.

 

 

 

 

 

« Il n’y a pas de projet »

L’ancien ministre n’a pas mâché ses mots concernant la candidature de la maire de Paris. « J’ai écouté ce qu’a dit Anne Hidalgo, qu’elle n’y allait pas pour sa personne, mais pour le projet. Il n’y a pas de projet », a taclé l’ancien ministre de l’Agriculture. « Je voulais un débat. Je n’ai pas obtenu un seul débat », a-t-il déploré avant de souligner qu’Anne Hidalgo devait « assumer » son choix de s’être présentée sans primaire et « prendre ses responsabilités ».

Une « sociale démocratie française »

 

 

Peu optimiste quant aux chances de la gauche de remporter la présidentielle en 2022, Stéphane Le Foll préfère regarder vers l’avenir. Selon lui, le Parti socialiste, plus divisé que jamais, doit être réinventé. Il va falloir penser à refonder une sociale démocratie française qui va permettre à la gauche d’être une alternative mais aussi d’être en alternance. Il faut un nouveau parti socialiste après la présidentielle », a-t-il suggéré.

 

 

La fin du parti socialiste

Le  politologue Gérard Grunberg*, directeur du site Telos, prévoit la fin du PS. (intreview JDD)

Dans certains sondages, les gauches, toutes tendances confondues, oscillent entre 24 et 29 % des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle. Comment expliquer cette faiblesse historique?
Cette faiblesse date de 2017 : à l’élection présidentielle, les gauches rassemblaient 28 %, contre 44 % en 2012. Il s’agit du niveau le plus faible depuis 1969. Cet effondrement est dû essentiellement au recul du parti socialiste, passé dans le même temps de 29 % à 6 %, et qui se situe encore aujourd’hui à ce niveau. Ça résulte de deux phénomènes : la moitié de cet électorat, plutôt social-libéral, a suivi Macron en 2017, tandis qu’une partie votait pour Mélenchon. Globalement, tandis que la gauche pourrait perdre près de 20 points entre 2012 et 2022, l’extrême droite en gagnerait plus de dix, dépassant 30 % (et 50 % chez les classes populaires). Dans la mesure où le candidat socialiste obtenait 6 % en 2017 sans la présence d’un candidat écologiste, les 5% d’Anne Hidalgo, concurrencée en 2022 par Yannick Jadot, n’ont rien d’étonnant. Ils ne font que confirmer la réalité du réalignement électoral de 2017.

Pourquoi la gauche est-elle aussi atomisée?
La gauche a toujours été plurielle. Son atomisation actuelle est due au fait, nouveau, qu’aucun parti ne peut y exercer un leadership, et donc œuvrer à son unité comme jadis le PS.

La chute du PS et de la gauche est-elle irréversible?

Faible et divisée, sans leader, la gauche n’est plus un acteur central du système politique français, comme elle l’a été sous Mitterrand. Pour le PS, cette chute est inexorable. Il y a de grandes chances que le parti tel qu’il est aujourd’hui, après avoir perdu deux tiers de son électorat en 2017, ne puisse pas rebondir. Il n’a pas d’alliés, ni d’offre politique renouvelée, une partie de son socle est passée chez Macron, et une autre chez les écolos… Si Anne Hidalgo totalise moins de 5 % des voix au premier tour, le parti devra payer ses frais de campagne alors qu’il est déjà exsangue. Cette déroute financière ajoutera un handicap énorme.

La social-démocratie française est-elle définitivement morte?
Le PS n’a jamais été véritablement un parti social-démocrate. Né marxiste et longtemps dominé par un PC qui était, lui, un grand parti ouvrier, il n’a jamais fait son Bad-Godesberg, le congrès du parti allemand (SPD) qui a rompu avec le marxisme en 1959 et a adopté le principe de l’économie sociale de marché. Ce qui lui a permis de donner la priorité à l’exercice du pouvoir, assumant ses compromis avec le libéralisme économique et acceptant de nouer des alliances sur sa droite. Le PS a toujours souffert du remords du pouvoir, n’estimant légitime que les alliances passées sur sa gauche et reniant dans l’opposition les compromis passés lorsqu’il était au pouvoir. Il a perdu cette ambition du pouvoir que lui avait inculquée François Mitterrand. En même temps, l’union de la gauche est morte. Le PS est donc non seulement faible, mais aussi isolé et sans stratégie. Ce PS-là aura bien du mal à reconquérir son statut de parti de gouvernement. Certes, les leaders socialistes se revendiquent sociaux-démocrates. Ont-ils compris qu’ils ne le sont qu’à demi ?

Dans d’autres pays européens, la social-démocratie se porte plutôt bien…
Comparée au socialisme français, il est clair qu’elle ne se porte pas trop mal en Europe occidentale. Ses résultats se situent entre 20 % et 36 %. Cependant, dans la plupart des pays, elle a perdu la position dominante qu’elle a pu occuper par le passé. Ces partis sont donc amenés à former des coalitions, plus souvent à droite qu’à gauche. Au Portugal, l’union de la gauche dirigée par les socialistes vient de se briser. En Espagne, les sondages montrent que la coalition du PSOE avec Podemos est en danger. En revanche, en Allemagne, le SPD est en situation de gouverner après les récentes élections, mais il lui faudra s’allier avec les Verts et le parti libéral. En Italie, le Parti démocrate participe à un gouvernement d’union nationale comprenant les populistes, la Ligue et le parti de Berlusconi, et qui est dirigé par un « technicien », Mario Draghi, ancien président de la BCE et ex-cadre de Goldman Sachs. La social-démocratie ne dirige au total que trois, peut-être bientôt quatre, gouvernements.

 

Le récit écologique a-t-il pris le leadership sur le récit social-démocrate?
Oui, c’est certain. La préoccupation écologique est devenue majeure dans l’électorat. Il n’est pas évident cependant que le parti écologiste (EELV) soit en mesure de profiter pleinement de cette situation. Son centre de gravité est plus à gauche que l’électorat écologiste potentiel. Il n’a jamais considéré que l’exercice du pouvoir était une priorité. Il est divisé entre ceux qui tendent la main à Mélenchon et ceux qui souhaiteraient ouvrir le parti et le positionner comme un futur parti de gouvernement. Sa stratégie n’est donc pas clairement lisible. En outre, sa focalisation historique sur le combat antinucléaire ne lui est pas nécessairement bénéfique.

Yannick Jadot et Anne Hidalgo pourraient-ils s’associer pour la présidentielle?
Non, et pour une raison simple : la logique du premier tour de l’élection présidentielle, c’est « la guerre de tous contre tous ». Il n’y a pas de raison que EELV, qui en 2017 avait soutenu le candidat socialiste, fasse de même en 2022, d’autant que son candidat dépasse la candidate socialiste dans les sondages. Quant au PS, l’absence d’une candidature socialiste diviserait gravement le parti et signerait sa fin. Hidalgo et Jadot ont affirmé l’un et l’autre qu’ils iraient jusqu’au bout. Ajoutons que si les deux partis peuvent s’entendre sur certains points, ils présentent sur d’autres de larges désaccords.

* Auteur, avec Alain Bergounioux, de L’Ambition et le remords – Les socialistes français et le pouvoir 1905-2005 (Fayard, 2005)

« La fin du Parti socialiste est inexorable »

  »La fin  du Parti socialiste est inexorable »

Le  politologue Gérard Grunberg*, directeur du site Telos, prévoit la fin du PS. ‘intreview JDD)

Dans certains sondages, les gauches, toutes tendances confondues, oscillent entre 24 et 29 % des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle. Comment expliquer cette faiblesse historique?
Cette faiblesse date de 2017 : à l’élection présidentielle, les gauches rassemblaient 28 %, contre 44 % en 2012. Il s’agit du niveau le plus faible depuis 1969. Cet effondrement est dû essentiellement au recul du parti socialiste, passé dans le même temps de 29 % à 6 %, et qui se situe encore aujourd’hui à ce niveau. Ça résulte de deux phénomènes : la moitié de cet électorat, plutôt social-libéral, a suivi Macron en 2017, tandis qu’une partie votait pour Mélenchon. Globalement, tandis que la gauche pourrait perdre près de 20 points entre 2012 et 2022, l’extrême droite en gagnerait plus de dix, dépassant 30 % (et 50 % chez les classes populaires). Dans la mesure où le candidat socialiste obtenait 6 % en 2017 sans la présence d’un candidat écologiste, les 5% d’Anne Hidalgo, concurrencée en 2022 par Yannick Jadot, n’ont rien d’étonnant. Ils ne font que confirmer la réalité du réalignement électoral de 2017.

Pourquoi la gauche est-elle aussi atomisée?
La gauche a toujours été plurielle. Son atomisation actuelle est due au fait, nouveau, qu’aucun parti ne peut y exercer un leadership, et donc œuvrer à son unité comme jadis le PS.

La chute du PS et de la gauche est-elle irréversible?

Faible et divisée, sans leader, la gauche n’est plus un acteur central du système politique français, comme elle l’a été sous Mitterrand. Pour le PS, cette chute est inexorable. Il y a de grandes chances que le parti tel qu’il est aujourd’hui, après avoir perdu deux tiers de son électorat en 2017, ne puisse pas rebondir. Il n’a pas d’alliés, ni d’offre politique renouvelée, une partie de son socle est passée chez Macron, et une autre chez les écolos… Si Anne Hidalgo totalise moins de 5 % des voix au premier tour, le parti devra payer ses frais de campagne alors qu’il est déjà exsangue. Cette déroute financière ajoutera un handicap énorme.

La social-démocratie française est-elle définitivement morte?
Le PS n’a jamais été véritablement un parti social-démocrate. Né marxiste et longtemps dominé par un PC qui était, lui, un grand parti ouvrier, il n’a jamais fait son Bad-Godesberg, le congrès du parti allemand (SPD) qui a rompu avec le marxisme en 1959 et a adopté le principe de l’économie sociale de marché. Ce qui lui a permis de donner la priorité à l’exercice du pouvoir, assumant ses compromis avec le libéralisme économique et acceptant de nouer des alliances sur sa droite. Le PS a toujours souffert du remords du pouvoir, n’estimant légitime que les alliances passées sur sa gauche et reniant dans l’opposition les compromis passés lorsqu’il était au pouvoir. Il a perdu cette ambition du pouvoir que lui avait inculquée François Mitterrand. En même temps, l’union de la gauche est morte. Le PS est donc non seulement faible, mais aussi isolé et sans stratégie. Ce PS-là aura bien du mal à reconquérir son statut de parti de gouvernement. Certes, les leaders socialistes se revendiquent sociaux-démocrates. Ont-ils compris qu’ils ne le sont qu’à demi ?

Dans d’autres pays européens, la social-démocratie se porte plutôt bien…
Comparée au socialisme français, il est clair qu’elle ne se porte pas trop mal en Europe occidentale. Ses résultats se situent entre 20 % et 36 %. Cependant, dans la plupart des pays, elle a perdu la position dominante qu’elle a pu occuper par le passé. Ces partis sont donc amenés à former des coalitions, plus souvent à droite qu’à gauche. Au Portugal, l’union de la gauche dirigée par les socialistes vient de se briser. En Espagne, les sondages montrent que la coalition du PSOE avec Podemos est en danger. En revanche, en Allemagne, le SPD est en situation de gouverner après les récentes élections, mais il lui faudra s’allier avec les Verts et le parti libéral. En Italie, le Parti démocrate participe à un gouvernement d’union nationale comprenant les populistes, la Ligue et le parti de Berlusconi, et qui est dirigé par un « technicien », Mario Draghi, ancien président de la BCE et ex-cadre de Goldman Sachs. La social-démocratie ne dirige au total que trois, peut-être bientôt quatre, gouvernements.

 

Le récit écologique a-t-il pris le leadership sur le récit social-démocrate?
Oui, c’est certain. La préoccupation écologique est devenue majeure dans l’électorat. Il n’est pas évident cependant que le parti écologiste (EELV) soit en mesure de profiter pleinement de cette situation. Son centre de gravité est plus à gauche que l’électorat écologiste potentiel. Il n’a jamais considéré que l’exercice du pouvoir était une priorité. Il est divisé entre ceux qui tendent la main à Mélenchon et ceux qui souhaiteraient ouvrir le parti et le positionner comme un futur parti de gouvernement. Sa stratégie n’est donc pas clairement lisible. En outre, sa focalisation historique sur le combat antinucléaire ne lui est pas nécessairement bénéfique.

Yannick Jadot et Anne Hidalgo pourraient-ils s’associer pour la présidentielle?
Non, et pour une raison simple : la logique du premier tour de l’élection présidentielle, c’est « la guerre de tous contre tous ». Il n’y a pas de raison que EELV, qui en 2017 avait soutenu le candidat socialiste, fasse de même en 2022, d’autant que son candidat dépasse la candidate socialiste dans les sondages. Quant au PS, l’absence d’une candidature socialiste diviserait gravement le parti et signerait sa fin. Hidalgo et Jadot ont affirmé l’un et l’autre qu’ils iraient jusqu’au bout. Ajoutons que si les deux partis peuvent s’entendre sur certains points, ils présentent sur d’autres de larges désaccords.

* Auteur, avec Alain Bergounioux, de L’Ambition et le remords – Les socialistes français et le pouvoir 1905-2005 (Fayard, 2005)

Présidentielle : Anne Hidalgo dernière candidate du parti socialiste

Présidentielle : Anne Hidalgo dernière candidate du parti socialiste

  •  
  • On se demande bien ce qui a pu persuader Hidalgo, confortablement installée à la mairie de Paris grâce au soutien des bobos de gauche et  de droite ,de proposer sa candidature pour les présidentielles de 2022.
  •  
  • On se souvient de la catastrophe électorale du gauchiste Benoît Hamon  qui avait ramené le parti socialiste a 6 % du corps électoral. Or tous les sondages actuels ne donnent que 4 à 6% à Anne Hidalgo. Bref c’est sans doute la dernière candidature officielle du parti socialiste. S’il devait persister ils connaîtrait alors le sort du parti communiste qui n’en finit pas d’agoniser.

 

Il est clair que les milieux populaires ont lâché depuis longtemps un parti qui a été rapidement noyauté par les technos et les arrivistes. Du coup quand on examine la sociologie du parti socialiste on a un peu de mal à comprendre cette référence au socialisme. Sitôt d’ailleurs que les socialistes arrivent au pouvoir faute de vrais ancrages populaires, de véritables idéologies, ils s’empressent  de mener une politique libérale. Le premier virage effectué dans ce sens avait été celui de Mitterrand au bout de deux ans. Il a ensuite été continué par Jospin et accentué encore par Hollande devenu tellement impopulaire qu’il a été obligé de retirer sa candidature.

 

La grande faillite du parti socialiste tient dans cette sociologie de petit-bourgeois , des petits technos, des parvenus coupés des réalités socio économiques qui ont navigué sans gouvernail au gré des pressions et des grands intérêts. Alors que les sociaux-démocrates des pays du Nord sont composés d’acteurs politiques représentatifs de la population y compris les milieux populaires, le parti socialiste est demeuré une sorte de club d’élite de candidats ou de candidats à la candidature.

 

Des techno souvent qui sont passés dans les cabinets ou les secrétariats des députés et des ministres pour trouver leur légitimité populaire. Un peu court pour connaître un milieu qu’on est censé représenté.

 

Olivia Grégoire: Pour un capitalisme citoyen ou la grande confusion des soldats perdus du parti socialiste

  • Olivia Grégoire: Pour un capitalisme citoyen ou la grande confusion des soldats perdus du parti socialiste

Peut-être pour masquer le vide et la confusion de sa pensée Olivia Grégoire, Ministre de quelque chose, ancienne socialiste ralliée à Macron, récupère la sémantique à la mode chez les sociologues : refaire économie, refaire société ! Elle défend un capitalisme citoyen dans un charabia politico-philosophique qui repose sur une sorte d’approche d’en même temps permanente ( dans l’Opinion)

Pourquoi dites-vous qu’il faut « refaire économie » pour « refaire société » ?

La crise que nous venons de traverser dévoile à quel point l’économie n’est pas une discipline sans tête, elle doit être conduite par une vision politique. Un exemple : la baisse des cotisations salariales de 2018 est destinée à montrer que le travail paie davantage. Elle était une réponse par avance aux Gilets jaunes, mais elle n’a pas suffi à calmer une colère ancrée depuis vingt ans. Autre exemple, la réforme de l’ISF et la création du prélèvement forfaitaire unique sont destinées à favoriser l’investissement et la réindustrialisation, pas à faire plaisir aux riches. Entre 2018 et 2019, 50 000 emplois industriels ont été créés, performance inédite depuis quinze ans. J’en ai assez d’entendre les « Y’a qu’à » et les « faut qu’on » des uns et des autres. Quand vous dites qu’il faut redonner sens à la valeur travail, vous n’avez rien dit. Quelle est la réponse de Xavier Bertrand ? Il ressort la prime Macron ! La politique, c’est l’art du détail, l’art de l’exécution. Les grandes envolées contribuent à la défiance.

Le signataire de votre préface en est pourtant un spécialiste…

S’il est capable d’envolées, le président de la République est surtout obsédé par le faire, par l’action et par les résultats. Il revalorise le travail : 170 euros de plus par mois pour une personne au smic en 2022, ce n’est pas une envolée, c’est une réalité.

Mais il ne fait pas, aussi : la réforme de l’Etat, par exemple !

En cinq ans, on ne peut pas rattraper l’intégralité des retards pris depuis trente ans. La réforme de l’Etat, c’est vrai que nous ne l’avons pas finie. Mais j’attends de voir si Les Républicains sont en accord avec leur programme de 2017. Je défie quiconque d’aller dire aux Gilets jaunes que l’on va supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, ou des emplois dans les hôpitaux et les écoles, après la Covid-19. Dans les conditions qui ont été les nôtres durant ce quinquennat, nous n’avons pas pu tout mener. Ce que j’aime chez Emmanuel Macron, c’est ce pragmatisme, première caractéristique du macronisme. Durant ce mandat, la France a regagné sa place de cinquième économie mondiale. Sur la taxation des Gafa, sur la création d’un impôt minimum sur les sociétés de 15 % au niveau international, ou le lancement d’un plan de relance européen, qui peut nier l’impulsion et le rôle du Président ?

Vous vantez la plasticité du capitalisme. Au fond, vous êtes d’accord avec cette phrase prêtée à Lénine : « Les capitalistes vendront la corde qui nous servira à les pendre » ?

Je ne suis pas léniniste, même si je cite beaucoup Marx ! Je dis que le capitalisme est polymorphe, il mue en fonction des attentes. Dans les années 1980, il s’adapte à la montée de l’individualisme. Après la crise financière de 2008, il adopte des règles prudentielles. Avec la Covid, il est déstabilisé car, pour la première fois, cette crise est totalement exogène. Mais c’est une occasion pour accélérer la prise en compte des exigences environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Je l’avais fait avec la loi Pacte, je poursuis avec Impact [plateforme qui permet aux entreprises de publier leurs performances ESG]. Ou en promouvant la « double matérialité » : en France, la réglementation oblige les entreprises à prendre en compte non seulement les risques climatiques pour elles-mêmes, mais aussi ceux de leur activité sur l’environnement, la cohésion sociale ou les tiers. Alors que les Etats-Unis promeuvent la matérialité simple, ne retenant que ces risques pour l’entreprise. La France est la locomotive de ce combat pour la double matérialité et nous progressons avec de bonnes chances d’aboutir au niveau européen.«Les gens sont capables de faire des choix responsables. Je suis choquée que certains veuillent interdire la vente des SUV ou du Nutella. Les politiques oublient souvent l’importance de la sanction de marché: quand des gamines refusent d’aller chez certaines enseignes parce qu’elles veulent défendre les droits des Ouïghours, il n’y a rien de pire pour la marque

Si le capitalisme devient citoyen, les citoyens, eux aussi, s’emparent du capitalisme…Il n’est pas un jour sans qu’on accole le mot responsable à la consommation, à l’énergie, à l’alimentation, à la gouvernance, etc. J’assume mes origines libérales : je crois plus que jamais au libre arbitre. Si on leur en donne la possibilité, les gens sont capables de faire des choix responsables. Je suis choquée que certains veuillent interdire la vente des SUV ou du Nutella. Les politiques oublient souvent l’importance de la sanction de marché : quand des gamines refusent d’aller chez certaines enseignes parce qu’elles veulent défendre les droits des Ouïghours, il n’y a rien de pire pour la marque. Cet enjeu de respectabilité est sans doute plus fort que beaucoup de régulations. Il y a quinze ans, le risque de réputation se résumait à un mauvais buzz. Aujourd’hui, il a des effets directs sur le chiffre d’affaires et sur les entreprises : c’est la meilleure garantie pour faire bouger les boîtes.

Pour vous, le monde de l’argent peut provoquer une bascule vertueuse ?

La transition doit se faire avec tous. Nous sommes en train de définir les nouvelles normes comptables qui vont s’appliquer aux entreprises en matière durable. Cet outil sera effectif en 2024 : le bilan extra-financier ne sera plus une annexe du bilan financier, les deux permettront de mesurer la performance globale de l’entreprise.

En quoi le rôle des investisseurs est-il déterminant ?

Un règlement européen est entré en vigueur au mois de mars 2021, en déclinaison du Green deal. Avec ce texte, les investisseurs seront incités à évaluer précisément la performance extra-financière des actifs qu’ils ont sous gestion. Si les grands acteurs comme Amundi, Tikehau ou BNP acquièrent des actifs à mauvaise performance, la leur s’en trouvera dégradée. Cela fait des années que la finance est touchée par cette puissante vague de fond. Ce n’est pas un gadget ni une mode. Tous les éléments non financiers vont être audités, certifiés et notés par des agences. A un kilomètre d’ici, à Bercy, Standard & Poor’s a installé son bureau de notation non financière – à Paris, pas à Londres, ni à Francfort ou Amsterdam. Ce n’est pas un hasard, non plus, si L’Oréal a installé une direction de la finance durable au sein de sa direction financière. La France est un moteur en Europe en matière de finance à impact.

Quel peut être le rôle de l’Etat dans ce mouvement ?

Entre les entreprises, la société civile et l’Etat, c’est à ce dernier de prendre ses responsabilités en se faisant le pivot des efforts de chacun, mais non le décideur : son rôle est de construire les rails, pas les locomotives. La crise actuelle a ravivé la question du bon niveau de l’intervention de l’Etat dans le marché et celle de la conditionnalité des aides. Pour le plan de soutien, une réponse d’urgence, il était légitime de ne pas en fixer : quand on se noie, on ne s’interroge pas sur la couleur du gilet de sauvetage. En revanche, cette conditionnalité existe pour le plan de relance et le plan d’investissement. Quand l’Etat finance la décarbonation, l’entreprise doit avoir un plan de décarbonation. Pour bénéficier du plan 1 jeune, 1 solution, il faut embaucher un jeune. La seule exception est la baisse des impôts de production, parce qu’elle est nécessaire pour retrouver de la compétitivité. Ensuite, il faut que les aides soient conditionnées à des résultats ex post et non sur des critères ex ante. Sinon, on prend le risque de casser la confiance. A l’inverse, l’Etat ne doit pas financer les transitions à fonds perdu. Le bon modèle est celui d’un Etat qui joue un rôle de levier, comme dans le plan d’investissement France 2030 que le chef de l’Etat vient d’annoncer. L’économie n’est pas un monde binaire, où il suffirait d’inventer une taxe pour punir et un crédit d’impôt pour récompenser.

Biden : un président démocrate ou socialiste ? (Gregori Volokhine)

Biden : un président démocrate ou socialiste ? (Gregori Volokhine)

 

Gregori Volokhine,président ,de Meeschaert Financial Services, gérant par délégation de MAM Sustain USA évoque notamment le risque de shutdown aux États-Unis ( dans l’Opinion, extrait).

 

 

Quel peut-être l’impact d’un « shutdown », un arrêt des activités gouvernementales, sur l’économie américaine ?

On a estimé l’impact de celui enregistré sous la présidence Trump (22 décembre 2018-25 janvier 2019), le plus long de l’histoire à ce jour, à moins de 0,1 % du produit intérieur brut. On assiste, aujourd’hui, à un bras de fer, avec des positions très tranchées entre les démocrates et les républicains. Il est très possible que l’on aboutisse à un « shutdown » dont chacun se renverra la responsabilité. Mais le fait est que tout le monde est perdant. C’est stupide.

Qu’en est-il du désaccord sur le relèvement du plafond de la dette ?

C’est une problématique différente. Les démocrates, qui disposent de la majorité des deux chambres du Congrès, n’ont pas forcément besoin du vote de l’opposition républicaine pour relever le plafond. Ils peuvent inclure cette mesure dans le collectif budgétaire mais cela devrait prendre deux semaines et la date limite du 30 septembre sera alors dépassée. C’est un risque, mais on peut penser que les agences de notation attendront avant de dégrader la note des Etats-Unis et de provoquer des réactions extrêmes sur les marchés financiers. Ce serait terrible ! Ce n’est en tout cas dans l’intérêt de personne. Car, contrairement à ce que disent les républicains, le relèvement du plafond de la dette ne vise pas à financer des dépenses futures, mais à régler celles passées. La Réserve fédérale passe son temps à racheter les bons du Trésor quand ils arrivent à maturité. C’est en fait le fonds de roulement du paiement des employés de l’Etat et, généralement, il y a toujours un consensus sur ce sujet.

Jugez-vous nécessaire le plan d’infrastructures de 1 200 milliards de dollars et celui, social et environnemental, de 3 500 milliards ?

Le premier est l’initiative la plus positive de Joe Biden jusque-là. Il faut néanmoins en minimiser l’ampleur dès lors que 500 milliards de dépenses ont déjà été votées. Ce plan est en tout cas justifié. Les infrastructures américaines sont dans un état catastrophique que cela soit les routes, les aéroports ou le réseau électrique. Au point que, dans ce dernier domaine, il est quasiment impossible, aujourd’hui, d’augmenter la part de l’énergie verte aux Etats-Unis, tout simplement parce que le pays n’a pas les infrastructures pour transporter l’électricité. Maintenant, on ne connaît pas les détails de ce plan et on peut craindre certaines initiatives tirées du « Green deal », poussées par l’aile gauche démocrate.

Et l’autre volet ?

Sur le plan humain, il est difficilement critiquable de vouloir aider les classes défavorisées. Que le jardin d’enfants, les années de community college (qui proposent des formations supérieures en deux ans) et les soins dentaires, auditifs et ophtalmologiques pour les personnes âgées soient gratuits part d’un bon sentiment. Le problème, c’est que ce sont des dépenses pérennes et que l’économie américaine ne se portera pas toujours aussi bien qu’aujourd’hui. L’autre source d’inquiétude liée à ce plan est qu’il renforce le poids de l’Etat central dans la vie économique du pays. C’est de la social-démocratie dure comme en a connu la Suède par le passé. Ce qui est contraire à l’esprit même des Etats-Unis, fondés sur le principe de la libre entreprise, le capitalisme. Ce plan va s’accompagner aussi d’une forte pression fiscale. Or, une bonne partie de la performance économique et financière des Etats-Unis, ces dernières années, est due à la baisse de l’impôt sur les sociétés réalisée par Donald Trump. Elle a permis aux entreprises américaines de rapatrier beaucoup d’argent placé à l’étranger sans être pénalisées. Je ne dis pas qu’il ne faut pas taxer plus les sociétés, mais il n’y a pas de raison pour que les Etats-Unis imposent leurs entreprises privées davantage que les autres pays. Passer d’un taux d’impôt sur les sociétés de 21 % à 26,5 %, cela fait beaucoup, sachant qu’elles sont très nombreuses à payer nettement moins de 21 % aujourd’hui !

Ce plan a-t-il une chance d’être voté ?

Les démocrates savent très bien que, pour que Joe Biden laisse une empreinte quelconque durant sa présidence, il faut que ce plan soit adopté. Sinon, on se souviendra de sa gestion du retrait de l’Afghanistan et des élections de mi-mandat de 2022 qu’il devrait perdre sauf miracle !

 

Parti socialiste 2022–Après Hidalgo, Stéphane Le Foll candidat

Parti socialiste 2022–Après Hidalgo, Stéphane Le Foll candidat

Après Hidalgo, Stéphane le Foll est candidat pour le parti socialiste. Il exige une primaire dans le JDD (interview, extrait)

Interview

Pour vous, il faut conserver la primaire?
La primaire figure dans les statuts du PS! Par le passé, on a connu le vote Jospin-Emmanuelli de 1995, tranché par les militants ; puis, en 2006, la primaire des adhérents à 20 euros, à 300.000 votants, remportée par Ségolène Royal ; et enfin celle de 2011, élargie à 3 millions de personnes, qui avait désigné François Hollande… Sur le fond, cette primaire doit avoir lieu ; sur la forme, il doit y avoir un débat et un choix des militants. Au PS, le parti de la démocratie interne, on serait les seuls à ne pas avoir un processus de désignation démocratique ? Soyons sérieux. J’entends dire que des modifications statutaires pour supprimer la primaire vont être présentées au congrès. Ce serait incompréhensible, scandaleux et dangereux.

Vous serez donc candidat?

Oui. Je suis candidat pour porter une ligne et un projet.

La vérité, c’est que tout est complètement verrouillé. A commencer par le prochain congrès, en septembre

Vous accusez le premier secrétaire, Olivier Faure, de vouloir escamoter la primaire?
Oui. Il a même proposé un conseil des sages pour désigner le ou la candidate ! Mais qui sont les sages? Je me pose la question… C’est contraire à l’histoire démocratique du PS. La vérité, c’est que tout est complètement verrouillé. A commencer par le prochain congrès, en septembre. Mais combien de militants reste-t‑il réellement? Entre 20.000 et 30.000 au maximum, me dit-on. Et dans ce contexte, Olivier Faure s’est rangé derrière la candidature d’Anne Hidalgo uniquement pour se maintenir à la tête du PS.

Soutiendrez-vous la motion d’Hélène Geoffroy, qui se présente face à Olivier Faure pour le poste de premier secrétaire?
Oui.

Ne vous sentez-vous pas un peu seul dans votre propre parti?
Si, un peu. Déjà, à l’époque du congrès d’Aubervilliers, j’avais alerté sur la nécessité de ne pas s’effacer et, au contraire, sur l’importance qu’il y avait à affirmer la place que nous souhaitions prendre à gauche vis‑à-vis des écologistes. Mais c’est exactement le contraire qui a été fait.

Après les élections régionales de juin, Olivier Faure a tout de même changé de pied, réaffirmant davantage le leadership socialiste…
Ça confirme que j’étais seul mais que j’avais raison! Aux régionales, tous les vainqueurs ont bénéficié d’une prime aux sortants. Il n’y a plus de cadre politique au niveau national, les gens se raccrochent à celles et ceux qu’ils connaissent. Ça confirme la position que j’ai défendue depuis trois ans : pour mener un débat politique, il faut s’affirmer, pas s’effacer. Si on s’efface, on ne risque pas d’avoir des électeurs. Carole Delga en Occitanie, Alain Rousset en Nouvelle-Aquitaine, Loïg Chesnais-Girard en Bretagne n’ont même pas passé d’accords avec les écologistes au second tour et ont été réélus facilement. Donc je vais continuer à exprimer mes positions. Et j’ai des choses à dire.

Nous dénonçons ce qui se passe chez les Verts, mais qu’est-ce qui se fait, en positif, chez nous ?

Que reprochez-vous, au fond, à la candidature Hidalgo?
Elle a des atouts, indéniablement. Mais je lui reproche notamment des choix hasardeux aux régionales. Celui d’Audrey Pulvar pour la tête de liste en Ile-de-France n’était pas tout à fait conforme à l’idée d’une affirmation sociale-démocrate. On a besoin de clarification. Nous dénonçons ce qui se passe chez les Verts, mais qu’est-ce qui se fait, en positif, chez nous ? Si les écologistes ont un problème avec la République, il faut affirmer nos positions sur la laïcité, la sécurité, l’ordre public. On ne peut pas se limiter à critiquer les autres sans dire ce qu’on porte, nous. C’est ce qui manque aujourd’hui.

Comment l’expliquez-vous?
Le PS n’a pas travaillé ces dernières années. Il a passé son temps à ériger en principe essentiel la question de l’alliance et du rassemblement. Il a même considéré que, comme le quinquennat de Hollande était une erreur, il fallait s’effacer pour rebondir ensuite. La réalité, c’est que les socialistes sont les seuls capables de rassembler au-delà du socle écologiste. C’est ce que montrent les résultats des régionales. Il n’y a pas de dynamique pour les écologistes capables de faire gagner la gauche. Les Verts ont un angle mort sur les classes populaires et moyennes, car la manière dont ils abordent la question écologique n’est pas acceptable pour les couches insécurisées. J’en reviens à mon grand projet : celui d’une France durable, en termes économique, écologique et social, qui ne remet pas en question le développement des générations futures. Nous l’avons oublié. Il faut revenir à nos fondamentaux et les affirmer.

Jean-Luc Mélenchon est, lui, officiellement candidat, et en tête dans les sondages à gauche. Quel regard portez-vous sur sa candidature?
Son programme est adapté pour capter une partie de la colère, mais ça ne permet pas de gouverner. Le problème de Mélenchon, c’est qu’il ne peut pas gagner la présidentielle. Il n’aura pas la capacité de pouvoir rassembler 50% des Français et au-delà.

Télétravail : un «chèque bureau» ou le retour de la bureaucratie socialiste

Télétravail : un «chèque bureau» ou le retour de la bureaucratie socialiste

 

 

Nouvelle grande idée bureaucratique du courant socialiste ( bobos socialiste) avec cette proposition d’un chèque bureau sur le modèle des chèques restaurant pour réguler le télétravail. Encore une sorte de cathédrale administrative et en plus à la clé évidemment des nouveaux moyens de financement assuré à la fois par l’État et les collectivités locales. Bref par l’impôt comme si déjà la France n’était pas écrasée par les prélèvements obligatoires.

 

Dans une tribune publiée par le JDD, des personnalités parmi lesquelles l’ancienne ministre du Travail Myriam El Khomri ou Benoît Hamon (Générations), rappellent que «dans l’accord national du 26 novembre 2020, les partenaires sociaux ont défini le cadre du télétravail, précisant notamment qu’il pouvait aussi s’exercer dans un tiers-lieu, différent des locaux de l’entreprise».

 

 «L’accord évoque également pour la première fois la nécessité de prévenir l’isolement professionnel que peut engendrer un télétravail mal organisé. Appuyons-nous sur cette avancée pour construire un droit nouveau qui remédierait aux nuisances du télétravail sans amoindrir ses bienfaits», poursuivent les signataires, dont l’ancien secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly, l’actuel secrétaire général de l’Unsa Laurent Escure, ou encore Louis Gallois, ancien patron notamment d’EADS, la SNCF et PSA.

«À l’image des tickets-restaurants ou des chèques vacances, financés par l’employeur et utilisables par le salarié, nous proposons un “chèque bureau” universel avec lequel les salariés pourraient payer l’accès à un tiers-lieu ou un espace de coworking et utiliser ses installations», écrivent-ils.

Ils proposent que ce dispositif soit «cofinancé par l’État et les collectivités locales pour permettre au salarié de travailler dans le bureau de proximité de son choix», qu’il soit «émis directement par l’employeur ou par l’intermédiaire d’une société spécialisée» et que le comité social et économique (CSE) des entreprises puisse aussi participer au financement.

Occitanie : LFI pas compatible avec la socialiste Carole Delga

Occitanie : LFI  pas compatible avec la socialiste Carole Delga

. La présidente PS sortante d’Occitanie, Carole Delga, refuse toute alliance avec La France Insoumise. Arrivée nettement en tête dans sa région au premier tour (39,57%), elle a donc refusé d’ouvrir, comme convenu, les négociations avec la liste LFI, qui a terminé en sixième position (5,06%). «Je l’ai dit avant le premier tour : mon projet n’est pas compatible avec les propos de Jean-Luc Mélenchon», a-t-elle affirmé au Monde lundi 21 juin. «Elle a toujours dit qu’elle rassemblerait les forces de gauche républicaines. Cela n’inclut donc pas La France Insoumise», confirme son entourage.

Comme son homologue d’Occitanie, Alain Rousset, le président socialiste sortant de Nouvelle Aquitaine, arrivé lui aussi en tête (28,84%), n’a pas ouvert de discussion avec la tête de liste LFI, Clémence Guetté (5,67%). «Ils ont passé leur campagne à dire qu’Alain Rousset était macroniste», souffle son entourage. Il faut dire que les deux sortants disposent d’une avance confortable pour se priver d’alliance de second tour, en outre aujourd’hui l’affichage d’une alliance avec les insoumis notamment constitue plutôt un handicap qu’un soutien.

Télétravail : un «chèque bureau» ou le retour de la bureaucratie socialiste

Télétravail : un «chèque bureau» ou le retour de la bureaucratie socialiste

 

 

Nouvelle grande idée bureaucratique du courant socialiste ( bobos socialiste) avec cette proposition d’un chèque bureau sur le modèle des chèques restaurant pour réguler le télétravail. Encore une sorte de cathédrale administrative et en plus à la clé évidemment des nouveaux moyens de financement assuré à la fois par l’État et les collectivités locales. Bref par l’impôt comme si déjà la France n’était pas écrasée par les prélèvements obligatoires.

 

Dans une tribune publiée par le JDD, des personnalités parmi lesquelles l’ancienne ministre du Travail Myriam El Khomri ou Benoît Hamon (Générations), rappellent que «dans l’accord national du 26 novembre 2020, les partenaires sociaux ont défini le cadre du télétravail, précisant notamment qu’il pouvait aussi s’exercer dans un tiers-lieu, différent des locaux de l’entreprise».

 

 «L’accord évoque également pour la première fois la nécessité de prévenir l’isolement professionnel que peut engendrer un télétravail mal organisé. Appuyons-nous sur cette avancée pour construire un droit nouveau qui remédierait aux nuisances du télétravail sans amoindrir ses bienfaits», poursuivent les signataires, dont l’ancien secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly, l’actuel secrétaire général de l’Unsa Laurent Escure, ou encore Louis Gallois, ancien patron notamment d’EADS, la SNCF et PSA.

«À l’image des tickets-restaurants ou des chèques vacances, financés par l’employeur et utilisables par le salarié, nous proposons un “chèque bureau” universel avec lequel les salariés pourraient payer l’accès à un tiers-lieu ou un espace de coworking et utiliser ses installations», écrivent-ils.

Ils proposent que ce dispositif soit «cofinancé par l’État et les collectivités locales pour permettre au salarié de travailler dans le bureau de proximité de son choix», qu’il soit «émis directement par l’employeur ou par l’intermédiaire d’une société spécialisée» et que le comité social et économique (CSE) des entreprises puisse aussi participer au financement.

Propagande des élections départementales

Après le Covid: Macron veut redevenir socialiste

  • Après le Covid: Macron veut redevenir socialiste
  • Macron a évidemment compris depuis longtemps qu’il y a un fossé entre les orientations programmatiques qui sollicitent les suffrages des électeurs et la gestion des affaires. Ainsi Macron issu des rangs socialistes a bénéficié des voix de ce courant, ce qui lui a permis d’accéder à la magistrature suprême.
  • Parvenu au pouvoir , comme d’autres, il a évidemment oublié nombre de ses désengagements et à affiché une posture très libérale dans nombre de secteurs. Maintenant avec la crise sanitaire, le pouvoir politique est condamné à se montrer nettement plus interventionniste, plus solidaire aussi est encore plus attentif à la problématique socio-environnementale.. Bref une seule d’ersatz du socialisme dont le parti est mort en France ( justement pour ses contradictions entre ses promesses de campagne électorale et sa gestion une fois au pouvoir).
  •  Macron espère renouveler le coup de 2017 : attirer les voix du centre droit mais surtout les suffrages d’une gauche complètement éclatée. D’où la nécessité de donner des gages de type collectif et solidaire à des électeurs marqués plutôt à gauche. En fait il ne s’agit sans doute pas de revenir à l’utopie socialiste mais de procéder à une relecture du libéralisme bien affecté par la crise sanitaire.
  • Bien sûr Macon ne va pas revendiquer officiellement son appartenance au courant socialiste mais il va de plus en plus parler de solidarité, d’environnement, de régulation et d’intervention régalienne assurant une certaine souveraineté dans différents domaines. Une sorte de socialisme rose très pâle et dont la couleur s’atténuera encore sitôt l’élection présidentielle de 2022 passée.
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