Archive pour le Tag 'sociale'

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Poutine veut imposer la dictature et la misère sociale à l’Afrique

Poutine veut imposer la dictature et la misère sociale à l’Afrique

Poutine est engagé dans une vaste opération de déstabilisation de l’Afrique au nom du décolonialisme . La vérité c’est qu’il veut vendre aux Africains le système de dictature en vigueur en Russie pour le substituer à la démocratie. De la même manière, il veut permettre le pillage des richesses par les oligarques russes et locaux et accentuer encore la misère sociale.

Une perspective qui plaît beaucoup à certains politiciens africains qui ne seraient pas fâchés de se débarrasser complètement de la démocratie et de s’approprier encore davantage les richesses de leur pays grâce à la corruption généralisée. En outre, la perspective d’une misère sociale encore plus grande rendrait les populations encore plus soumises d’autant qu’il serait possible d’utiliser la répression pour les récalcitrants.

Pour s’en persuader, Il suffit de voir quelle est la situation concrète de la Russie qui ne cesse de s’enfoncer dans le déclin économique et démocratique.

Dans cette perspective, Sergueï Lavrov a entamé le 7 février un troisième déplacement en Afrique depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, moins d’un mois après un voyage en Afrique australe. Il effectuait, ce mardi, une première visite officielle au Mali qui doit ensuite le conduire ensuite au Maroc, en Tunisie et en Mauritanie. A Bamako, le chef de la diplomatie russe a rencontré son homologue, Aboulaye Diop, puis a eu un déjeuner de travail et une audience avec le colonel Assimi Goita, le président de la transition.

« Nos amis maliens ont des demandes précises, elles sont systématiquement satisfaites, a déclaré mardi Sergueï Lavrov à Bamako. La Russie continuera à aider le Mali à améliorer les capacités combatives de son armée, à former les militaires et les policiers ». Une déclaration qui intervient après la livraison, le 19 janvier, de nouveaux équipements pour l’aviation malienne.

Famille Ciotti: 500 000 € économisés sur le dos de la sécurité sociale !

Famille  Ciotti: 500 000 € économisés sur le dos de la sécurité sociale !

 

On peut évidemment être très libéral chez les « Républicains « mais en même temps de façon illégale bénéficier des avantages de l’État providence. C’est le cas de la famille famille d’Eric Ciotti ( nouveau patrons des « Républicain »s)  qui aurait économisé 500 000 € sur le dos de la sécurité sociale

En novembre, le Canard Enchaîné accusait l’ex-épouse du président du parti Les Républicains (LR) Eric Ciotti d’un cumul d’emplois fictifs, notamment à l’Assemblée. Deux mois plus tard, lundi 16 janvier, Mediapart  assure désormais que la mère du député bénéficie d’une prise en charge hospitalière injustifiée.

Anny Ciotti, victime d’un grave accident vasculaire cérébral en 2000, qui l’a laissée paralysée, occupe une place au sein du centre hospitalier public Jean-Chanton, dans la vallée de la Vésubie (Alpes-Maritimes). Elle séjourne dans un service de soins, dont le coût est en grande partie pris en charge par la Sécurité sociale, et qui est normalement réservé à des séjours de courte durée, selon Mediapart. Or, la mère d’Eric Ciotti y est soignée depuis plus de 18 ans.

Il existe pourtant un service pour les soins longue durée à l’hôpital de Nice, mais où les frais d’hébergement ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale et représenteraient un coût de 58,16 euros par jour pour la famille Ciotti. « Une somme à laquelle il faudrait ajouter le forfait dépendance qui, dans le cas d’Anny Ciotti, vu son état, atteindrait probablement la somme de 17,96 euros », détaille Mediapart. En maintenant Anny Ciotti dans le service de soins de suite et de réadaptation du centre Jean-Chanton, la famille a pu économiser plus de 526 000 euros, chiffre le quotidien en ligne. « Quel est le coût, en miroir, pour le contribuable ? Selon les départements, le tarif jour en soins de suite oscille de 130 à 190 euros. Soit de 900 000 à 1,2 million d’euros assumés par la Caisse primaire d’assurance maladie des Alpes-Maritimes », précise l’article.

 

 

Macron conduit le pays vers la catastrophe économique, sociale et politique

Macron conduit le pays vers la catastrophe

De bavardage en bavardage, d’immobilisme en immobilisme et de contradiction en contradiction, Macron est en train de réunir toutes les conditions d’un effondrement économique, social, politique et même sociétal.

Aujourd’hui, peu de voix s’élèvent pour dénoncer le bilan désastreux du président de la république responsable d’un véritable catastrophe dans nombre de champs d’intérêt collectif.

En matière économique, il y a évidemment l’écroulement industriel voulu par des technocrates qui ont préféré délocaliser les activités dans les pays pauvres et transformer ainsi une grande partie du territoire en désert. Il y a aussi et peut-être surtout la liquidation de la politique énergétique française. Macron, avec Hollande d’abord et seul ensuite, a torpillé l’un des points forts du pays qui consistait à disposer de l’énergie la moins chère d’Europe et même à en exporter. Or la crise nous oblige aujourd’hui à importer de l’électricité notamment d’Allemagne et fabriquée à partir du charbon voire du gaz russe !

Dans la plupart des filières , on a outrageusement amplifié la complexité des directives et règlements européens. En cause, les problèmes existentiels d’une superstructure surabondante de fonctionnaires qui justifient ainsi leur rôle. Témoin encore la question du nucléaire. Il faut 15 ans à la France pour construire une centrale quand il en faut cinq en Chine qui se limite au strict respect des réglementations internationales.

Le désastre à l’école constitue également la preuve de la chute culturelle du pays. La France ne manque pas de bac+3 ou 4 qui ne débouchent sur rien sinon sur des postes souvent inutiles de l’administration mais elle manque partout de techniciens et d’ouvriers qualifiés. Pour preuve, on a du faire venir des États-Unis des centaines et des centaines de soudeurs entretenir nos centrales nucléaires.

Concernant la santé, on peut se féliciter du niveau de couverture et de la qualité des soins. Pour autant, le système est totalement à revoir car globalement sous dimensionné par rapport aux besoins. L’hôpital, lui, est devenu une sorte d’énorme machinerie ingérable et incontrôlable. Là aussi en cause, le fait d’avoir mis des technocrates à la place des professionnels pour diriger les établissements.

La sécurité constitue aussi l’une des préoccupations des Français puisque à peu près toutes les villes sont désormais caractérisées par l’existence d’une zone de non-droit sortent de supermarché de la drogue interdit aux différentes fonctions des pouvoirs publics.

Sur le plan démocratique, Macron a tout fait pour renforcer le caractère monarchique du système. Désormais, une majorité de citoyens refusent de participer à ce mauvais théâtre des élections où une très petite minorité vote surtout pour éliminer davantage un candidat que pour soutenir le futur vainqueur.

En outre, Macron a écrasé toutes les institutions représentatives- parlement y compris- il a méprisé les organisations intermédiaires et même créer des instances complètement bidon type « convention » qui ne reposent sur aucune compétence et aucune légitimité.

Les Français sont très majoritairement partagés entre la peur, l’inquiétude et la lassitude. Comme le démontre le récent sondage Elabe.

En ce début d’année 2023, les mots qui décrivent le mieux l’état d’esprit des Français sont très négatifs : lassitude (52%, +7/nov. 2022 et +21/oct. 2021), colère (42%, +11 et +18), tristesse (37%, +3 et +10), nostalgie (36%, -6 et -14) et peur (36%, +10 et +17).

En parallèle, les Français ressentent moins de confiance (21%, -8/nov. 2022 et -12/oct. 2021), de sérénité (19%, -9 et -14) et de satisfaction (16%, -11 et -18). Ainsi, ces évolutions s’inscrivent dans une dégradation globale et constante de l’état d’esprit des Français depuis octobre 2021.

Sur le plan sociétal on voit émerger des formes de corporatisme voire de violences inquiétantes. Faute de médiation, on assiste à une sorte de montée d’anarchie corporatiste qui parfois même bloque le pays.

Et c’est pourtant le moment choisi par le gouvernement pour privilégier une réforme des retraites injuste et inefficace.

La question du gouvernement se pose. Il est vraisemblable qu’il aura du mal à tenir jusqu’à l’été en dépit des efforts désespérés d’une première ministre visiblement pas à la hauteur politique.

Mais la question va aussi se poser vis-à-vis du maintien de Macron. Le pays ne pourra pas tenir avec un responsable aussi contradictoire et impuissant jusqu’en 2027. Juridiquement, Macron pourra demeurer président sauf mouvement populaire d’ampleur qui n’est pas exclure. Mais politiquement, il devra se limiter au rôle du président de la république sous la quatrième. En clair, déléguer ses pouvoirs un gouvernement disposant d’un peu de compétence, de cohérence et d’autorité.

Accélérer la part environnementale et sociale des investissements<

Accélérer la part environnementale et sociale des investissements

par d’Antoine Sire et de Maha Keramane

Il est désormais admis qu’il faut ajouter a minima des critères de durabilité environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à l’analyse du traditionnel triptyque « Rendement, Risque, Liquidité », écrivent le directeur de l’engagement d’entreprise et la responsable du Positive Impact Business Accelerator de BNP Paribas.

Investissements « durables », « à impact »… Dans cet univers en construction, il est parfois difficile pour un investisseur ou un épargnant de s’y retrouver. Avec la prise de conscience que l’activité économique a des effets négatifs sur l’environnement ou les personnes (pollution,inégalités salariales, santé et sécurité des travailleurs, déforestation …), il est désormais admis qu’il faut ajouter a minima des critères de durabilité environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à l’analyse du traditionnel triptyque « Rendement, Risque, Liquidité ».

Ces investissements dits « durables » incorporent un objectif de « ne pas causer de dommages significatifs » (principe “Do No Significant Harm”) ; ils financent donc des entreprises qui appartiennent à l’économie classique mais dont les pratiques RSE sont jugées particulièrement performantes (réduction de la consommation d’énergie, respect de la parité, baisse des accidents du travail, etc.). Cette approche améliorela durabilité de la majeure partie de l’économie, celle qui permet quotidiennement à nos concitoyens de se nourrir, de se déplacer, de travailler, de se loger ou de communiquer.

Au-delà de minimiser les externalités négatives, un second étage de la fusée consiste à générer des impacts positifs en fléchant les investissements sur des entreprises ou des projets dédiés à la transformation de notre monde. On parle alors d’« investissement à impact », c’est-à-dire avec un objectif prémédité (intentionnalité) d’apporter des solutions concrètes à des besoins sociaux ou environnementaux peu ou mal adressés (additionnalité), qui génèrent des contributions positives et quantifiables (mesurabilité). Les décisions d’investissement sont alors arbitrées en fonction d’un nouveau triptyque : « Risque (financier et ESG), Rentabilité, Impact environnemental et/ou social ».

Urgence climatique. Cependant, l’urgence climatique, la crise de la biodiversité et la montée des inégalités créent de nouveaux besoins qui poussent le secteur financier à plus de créativité. L’innovation disruptive du Contrat à Impact qui relie la création de valeur sociétale à la rentabilité financière en est un parfait exemple : il permet le financement de programmes sociétaux par des investisseurs privés, ces derniers étant remboursés par les pouvoirs publics si l’expérimentation est un succès, mesuré à la fois en termes d’impact et de coûts évités pour la société. Par exemple, prévenir le placement d’enfants issus de familles précaires en les accueillant dans un logement temporaire avec un accompagnement 360° permet de conserver le lien parent-enfant et évite un coût de placement de 50 000 euros par enfant.

Si les investissements durables augmentent, y compris sous l’incitation réglementaire, l’investissement à impact est moins répandu. Il est plus long et exigeant à mettre en œuvre, notamment pour démontrer l’additionnalité et construire une mesure d’impact robuste. Il s’agit aussi d’accepter une temporalité plus longue d’investissement et potentiellement plus de risque car ce sont souvent des investissements non cotés.

Le défi est grand mais il est urgent d’accélérer ce changement de paradigme afin d’apporter plus de financements aux solutions qui changent le monde et de rendre accessible l’investissement à impact à tous les profils d’épargnants et d’investisseurs.

Antoine Sire est directeur de l’engagement d’entreprise et Maha Keramane, responsable du Positive Impact Business Accelerator, BNP Paribas.

BUDGET SÉCURITÉ SOCIALE: Fin de débat aussi avec le 49.3

BUDGET SÉCURITÉ SOCIALE: Fin de débat aussi avec le 49.3

Après le budget général c’est tout autour du budget de la sécurité sociale de faire l’objet d’un recours au 49-3 qui clôt la discussion. Ne reste évidemment que la possibilité pour les députés de déposer une motion de censure et de renverser le gouvernement.

Rien à craindre car si le gouvernement ne possède pas de majorité, les « Républicains » ne sont pas prêts à se joindre à une motion de censure qu’elle vienne de l’extrême gauche ou de l’extrême droite.

De ce point de vue il est vraisemblable que l’extrême droite va déposer sa propre motion de censure qui ne sera pas votée par les troupes de Mélenchon et inversement la motion de censure de la Nupes ne sera sans doute pas votée par le rassemblement National.

Élisabeth Borne vient de dégainer à nouveau le 49.3 pour la première partie du budget de la Sécurité sociale ce jeudi, après en avoir déjà fait usage mercredi pour faire adopter le budget.
Son recours n’est pas vraiment une surprise alors que le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue pour faire adopter son texte. Gabriel Attal avait d’ailleurs annoncé la couleur dès le début des débats.

« Les oppositions ne souhaitent pas ouvrir la possibilité (…) de nous laisser avancer. Dans ces conditions, on prendra aussi nos responsabilités », avait déclaré le ministre délégué aux Comptes publics auprès de l’AFP.
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Le Conseil des ministres avait préparé ses arrières en permettant l’utilisation du 49.3, malgré les appels de Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale à « prendre le temps des débats ».
Alors que l’exécutif avait attendu la dernière limite pour dégainer cette arme constitutionnelle pour le budget, la majorité a fait le choix d’aller beaucoup plus vite. La Première ministre va en effet devoir à nouveau recourir au 49.3 pour les 3 autres parties du budget de la Sécurité sociale qui nécessitent un vote.

Le gouvernement peut utiliser cet outil sans limite cet outil sur les textes budgétaires mais n’en peut s’en servir qu’à une seule reprise sur les autres projets de loi pendant une session parlementaire.Il faudra sans doute choisir en 2023 sur deux textes fondamentaux à savoir la réforme des retraites ou la loi sur les énergies nouvelles. Un choix cornélien

Vers une chienlit sociale et politique

Vers une chienlit sociale et politique

Jusque-là la France ne s’était pas trop mal sortie d’une part de la crise d’après Covid , de la crise énergétique et de l’inflation. La France a mieux résisté que l’autre tant en matière de croissance que de hausse des prix mêmes si demeure évidemment un problème de perte de pouvoir d’achat pour les salariés et d’une façon plus générale les ménages. L’inflation a en effet augmenté de plus de 6 % tandis que les revenus du travail n’ont progressé en moyenne que de leur de 3 %. La perte est donc considérable surtout si l’on considère que l’inflation mesurée est vraisemblablement assez inférieure à l’inflation réelle notamment concernant l’alimentation et certains services.

De manière légitime, des salariés ont donc entamé des mouvements de grève et les plus significatifs en tout cas les plus visibles ont affecté le secteur du carburant. Le pouvoir a tardé à réagir face à ces perspectives de mouvements sociaux. D’une façon générale, il a mal répondu à la question fondamentale de la perte de pouvoir d’achat notamment en refusant de taxer les superprofits inadmissible quand on demande par ailleurs à tous les Français des sacrifices.

Le problème est donc économique parce que la perte de pouvoir d’achat va maintenant se répercuter sur la consommation et la croissance. En général,sur les questions économiques les français mettent du temps à comprendre mais maintenant du fait de l’augmentation très nette des paniers moyens dans les supermarchés, les ménages sont directement touchés par ce phénomène d’inflation.

La question est aussi politique car le pouvoir du gouvernement du président de la république est largement amputé pour plusieurs raisons ; désormais nombre de responsables politiques dans la majorité prennent du champ par rapport à un président qui ne sera plus faiseur de roi lors des prochaines élections nationales. François Bayrou en particulier a marqué la distance qu’il entend prendre par rapport à Macron. Ainsi le MoDem a-t-il aussi été à l’initiative contre l’avis du gouvernement d’un amendement pour instaurer une taxe des superprofits. Même dans les troupes de Macron appelées « Renaissance » des divergences apparaissent à propos de cette problématique. Évidemment l’opposition politique, elle, profite de ces difficultés pour ajouter encore des bâtons dans les roues du pouvoir.

Au plan social, on assiste à un affrontement entre les syndicats radicaux que sont comme d’habitude la CGT, Sud et les syndicats d’enseignants face aux syndicats réformistes qui refusent le mélange politique et syndicalisme.

À l’intérieur même de la CGT pour la succession de Martinez deux lignes émergent. Une ligne un peu plus réaliste face à une ligne radicale représentée en particulier par la fédération des industries chimiques et la fédération de l’énergie sans parler de la fédération des cheminots toujours prête ajouter sa pierre à la démolition du climat social et dont l’action irresponsable a finalement abouti à la suppression du statut du cheminot.

La question centrale aujourd’hui est celle d’une vision articulant les problématiques économiques, sociales, technologiques, environnementales et géopolitiques. Or le pouvoir prend des décisions au cas par cas sur chaque dimension avec souvent de nombreuses contradictions. L’autorité publique dans tous les domaines est largement mise en question et ni le président, ni la première ministre et son gouvernement ne font preuve de la pertinence et de l’autorité nécessaire. Bref, le risque est que le pays connaisse la chienlit pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avec un mélange politique syndicats et revendications sociales assez confus.

France : attention aux risques de chienlit sociale et politique

France : attention aux risques de chienlit sociale et politique

Jusque-là la France ne s’était pas trop mal sortie d’une part de la crise d’après Covid , de la crise énergétique et de l’inflation. La France a mieux résisté que l’autre tant en matière de croissance que de hausse des prix mêmes si demeure évidemment un problème de perte de pouvoir d’achat pour les salariés et d’une façon plus générale les ménages. L’inflation a en effet augmenté de plus de 6 % tandis que les revenus du travail n’ont progressé en moyenne que de leur de 3 %. La perte est donc considérable surtout si l’on considère que l’inflation mesurée est vraisemblablement assez inférieure à l’inflation réelle notamment concernant l’alimentation et certains services.

De manière légitime,des salariés ont donc entamé des mouvements de grève et les plus significatifs en tout cas les plus visibles ont affecté le secteur du carburant. Le pouvoir a tardé à réagir face à ces perspectives de mouvements sociaux. D’une manière générale,il a mal répondu à la question fondamentale de la perte de pouvoir d’achat notamment en refusant de taxer les superprofits inadmissible quand on demande par ailleurs à tous les Français des sacrifices.

Le problème est donc économique parce que la perte de pouvoir d’achat va maintenant se répercuter sur la consommation et la croissance. En général,sur les questions économiques les français mettent du temps à comprendre mais maintenant du fait de l’augmentation très nette des paniers moyens dans les supermarchés, les ménages sont directement touchés par ce phénomène d’inflation.

La question est aussi politique car le pouvoir du gouvernement du président de la république est largement amputé pour plusieurs ; désormais nombre de responsables politiques dans la majorité prennent du champ par rapport à un président qui ne sera plus faiseur de roi lors des prochaines élections nationales. François Bayrou en particulier a marqué la distance qu’il entend prendre par rapport à Macron. Ainsi le MoDem a-t-il aussi été à l’initiative contre l’avis du gouvernement d’un amendement pour instaurer une taxe des superprofits. Même dans les troupes de Macron appelées « Renaissance » des divergences apparaissent à propos de cette problématique. Évidemment l’opposition politique, elle, profite de ces difficultés pour ajouter encore des bâtons dans les roues du pouvoir.

Au plan social, on assiste à un affrontement entre les syndicats radicaux que sont comme d’habitude la CGT, Sud et les syndicats d’enseignants face aux syndicats réformistes qui refusent le mélange politique et syndicalisme.

À l’intérieur même de la CGT pour la succession de Martinez deux lignes émergent. Une ligne un peu plus réaliste face à une ligne radicale représentée en particulier par la fédération des industries chimiques et la fédération de l’énergie sans parler de la fédération des cheminots toujours prête ajouter sa pierre à la démolition du climat social et dans l’action irresponsable a finalement abouti à la suppression du statut du cheminot.

La question centrale aujourd’hui est celle d’une vision articulant les problématiques économiques, sociales, technologiques, environnementales et géopolitiques. Or le pouvoir prend des décisions au cas par cas sur chaque dimension avec souvent de nombreuses contradictions. L’autorité publique dans tous les domaines est largement mise en question et ni le président, ni la première ministre et son gouvernement ne font preuve de la pertinence et de l’autorité nécessaire. Bref, le risque est que le pays connaisse la chienlit pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avec un mélange politique syndicats et revendications sociales assez confus.

Sécurité sociale : la Cour des comptes pour la réduction des dépenses de santé de la médecine libérale

Sécurité sociale : la Cour des comptes pour la réduction des dépenses de santé de la médecine libérale

Le projet de budget présenté la semaine dernière par l’exécutif prévoit une forte baisse du déficit de la Sécurité sociale, qui passerait de près de 18 milliards en 2022 à moins de 7 milliards d’euros l’an prochain. Mais cette amélioration est cependant « précaire », souligne la Cour des comptes renvoyant à l’analyse du Haut Conseil des finances publiques qui lui est rattaché. Notamment parce que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023 prévoit une « quasi-disparition des dépenses d’assurance-maladie liées à la crise sanitaire ».

Le gouvernement a provisionné 1 milliard d’euros contre une facture de la crise du Covid attendue à plus de 11 milliards en 2022. « Il serait raisonnable de provisionner davantage », estime Pierre Moscovici, relevant que la provision actuelle suppose de diviser les dépenses de tests de dépistage par 20 entre 2021 et 2023.

La trajectoire des comptes de la Sécurité sociale pour 2024 et 2025 n’est guère plus encourageante, aux yeux de la Cour des comptes. Le déficit va se dégrader à nouveau pour atteindre près de 12 milliards d’euros en 2026, selon les prévisions. Une remontée « d’autant plus préoccupante qu’elle tient compte de prévisions optimistes de croissance économique pour 2024, 2025 et 2026 (1,6 % à 1,7 %) », note la Cour.

La Cour des comptes suggère de se pencher sur les dépenses de soins de ville. Pour justifier, sa démarche, elle relève que de 2010 à 2021, ces dépenses (hors médicaments et dépenses de biologie) ont progressé en moyenne annuelle trois fois plus vite que l’inflation.

La Cour recommande notamment de regarder de près le secteur de la radiologie car elle estime que le système de tarification actuel à des effets pervers. Ce secteur est déjà dans le viseur du PLFSS 2023, comme celui du médicament et de la biologie .

« Pour nous, le système de financement des retraites n’est pas soutenable et une réforme est nécessaire », a par ailleurs souligné Pierre Moscovici, alors que le gouvernement doit engager ce mercredi la concertation avec les partenaires sociaux.

Mobilité : « comment concilier transition écologique et justice sociale

Mobilité : « comment concilier transition écologique et justice sociale

 

Alors que les décisions prises pour préserver le climat obligent bien souvent à des renoncements pour les personnes les plus vulnérables, les deux experts en mobilité Marc Fontanès et Maylis Poirel présentent, dans une tribune au « Monde », des mesures pour mieux conjuguer fin du monde et fin du mois.

 

Un article qui exprime des préoccupations pertinentes mais qui aurait pu prendre en compte les aspects d’aménagement du territoire permettant un meilleur équilibre en rapprochant  certaines zone d’emploi et habitats NDLR

 

L’actualité récente – contestations contre les limitations de vitesse, mouvement des « gilets jaunes », avènement des zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m), et plus récemment hausse des prix du carburant – a été l’occasion de prendre conscience de la tension, parfois explosive, entre impératifs écologiques, sociaux et économiques.

Plus de 13 millions de nos concitoyens les plus vulnérables sont touchés de plein fouet par la transformation à l’œuvre de notre système des mobilités, outrageusement dominé par le modèle de la voiture individuelle propriétaire.

Dépendance à la voiture, distances importantes vers l’emploi et les services essentiels de la vie quotidienne, véhicules anciens et énergivores rythment ainsi les inquiétudes budgétaires de nombreux ménages, souvent contraints de renoncer à une partie de leur mobilité.

Les personnes vulnérables en matière de mobilité sont pourtant souvent bien plus sobres que la moyenne : par contrainte objective ou perçue, elles recourent plus aux transports en commun, au vélo ou à la marche, autant de modes de déplacement aussi économiques qu’écologiques ; par conviction, elles présentent une sensibilité supérieure à la moyenne aux enjeux environnementaux.

La « prime inflation » et la réduction à la pompe reconfirmée cet été constituent de coûteuses tentatives de maintenir à flot le navire automobile – nous estimons ces mesures à plus de 7 milliards d’euros à ce jour – en enfermant les citoyens dans les énergies fossiles. Elles participent plus globalement de la prépondérance des mécanismes financiers censés, avec plus ou moins de bonheur, accompagner la transition écologique des mobilités, à commencer par les aides à la reconversion. De l’avis même des acteurs du champ social, ces dispositifs sont loin d’être la seule manière de répondre aux besoins.

D’autres investissements matériels et immatériels nous semblent nettement prioritaires. Le renforcement de l’offre de transports collectifs doit venir, en ville comme dans les territoires périurbains, satisfaire aux besoins réels des habitants, en élargissant les amplitudes horaires et en connectant efficacement les bassins de vie et les zones d’emploi et de services.

Sur les territoires peu denses, la massification de la voiture servicielle et partagée est une réponse largement sous-estimée aux enjeux de démotorisation, même partielle, des ménages. Son avènement passera nécessairement par l’intégration de la voiture dans le système public de mobilité, et donc par des partenariats public-privé assumés.

Pour une acceptation sociale de l’instabilité de l’innovation

Pour une acceptation sociale de l’instabilité de l’innovation

 L’innovation redéfinit tout. Elle fait même de défauts des qualités. Avec elle, le déséquilibre, l’aléa, l’inattendu deviennent des moteurs puissants pour de nouvelles façons d’inventer, de travailler, de penser, de collaborer. Pourtant, l’instabilité a aussi ses limites : celles de l’acceptabilité sociale, sociétale, et tout simplement humaine. Il faut alors trouver un équilibre entre le « toujours plus » et le « toujours mieux ». Par Alain Conrard, Président de la Commission Digitale et Innovation du Mouvement des ETI (METI)​ (*).( La Tribune)

 

L’innovation est étonnante : elle redéfinit tout. Parmi les redéfinitions opérées par la logique qu’elle instaure, il y a la transformation de problèmes en vertus ou de défauts en qualités. L’inattendu et l’instabilité font par exemple partie de ces catégories profondément réinterprétées. Elles faisaient partie de ce qu’il fallait éliminer pour progresser, elles sont au contraire devenues les conditions de l’avancée. L’inattendu était quelque chose qui intervenait en quelque sorte pour se mettre en travers dans des process super régulés, comme ceux de l’industrie, par exemple. Là, il n’y avait ni inattendu, ni instabilité – en tout cas, ils étaient assimilés à la promesse de mauvaises surprises, et tout visait donc à les contenir dans des limites supportables par le système, quel qu’il soit. Ils représentaient l’aléa, donc l’ennemi à combattre. La rationalité était ce qui tendait à triompher de l’inattendu et de la surprise : dans une organisation complètement rationnelle, l’inattendu et son corollaire l’instabilité, devaient autant que possible être bannis. Ces notions sont aujourd’hui ce que l’innovation oblige à rechercher.

Mais, dans le modèle de fonctionnement et de pensée qui est le nôtre, elles ont changé de signification. Il ne s’agit plus de la même instabilité ni du même inattendu. L’inattendu, compris comme l’aléa qu’il faut réduire, s’est transformé au profit d’un inattendu, entendu au sens du surprenant qui génère plaisir et profit, et qu’il faut donc rechercher. L’instabilité, quant à elle, de problème est devenue un avantage. Et même un avantage compétitif décisif ! Aujourd’hui, elle est la marque de systèmes capables d’évoluer, d’organisations ou de modes de pensée qui savent ne pas être enfermées dans leurs certitudes, de process qui parviennent à éviter la momification dans leurs façons de faire.

 

La recherche fondamentale, sur laquelle reposent de nombreuses innovations, est le règne de l’inattendu. Par principe, pour trouver quelque chose de neuf, il ne faut pas savoir dès le départ de quoi il s’agit précisément. On ne sait littéralement pas où l’on va. Une grande découverte scientifique part souvent d’une vague intuition, ou même d’une sensation. Et n’est d’ailleurs pas forcément le résultat de ce qui était recherché. C’est ainsi que peut se frayer un chemin mental nouveau susceptible de déboucher sur une découverte.

L’innovation est en phase avec cette ouverture qui permet à la nouveauté d’advenir. Elle laisse aussi place à la possibilité que rien de neuf ou d’exploitable n’advienne sans que ce soit un problème. Car, comme en recherche fondamentale, il est fréquent que l’on ne trouve rien au bout d’un chemin que l’on pensait prometteur, et la découverte émerge bien souvent d’une bifurcation après une série d’échecs. Ainsi, l’innovation offre une part positive à l’échec. Quand il est bien géré, celui-ci prépare à l’inattendu de la découverte et de la nouveauté. Steve Jobs disait qu’il ne faisait vraiment confiance qu’à des gens qui avaient connu l’échec. Le fondateur d’Apple déclarait d’ailleurs engager prioritairement des collaborateurs qui avaient su se remettre d’une absence de réussite et apprendre de leurs échecs.

 

Cette primauté de l’instabilité et de l’inattendu est liée à la prise de conscience relativement récente par l’industrie des vertus créatrices du déséquilibre. C’est fondamentalement ce que désigne ce marqueur d’adaptation à l’innovation, ce signe de souplesse et d’acceptation du mouvement, qu’est l’agilité.

Le mot « agile », tel qu’il est employé aujourd’hui vient du monde de l’informatique, précisément du Manifeste agile, rédigé en 2001 par des experts en développement de logiciels. « Agile » désigne une nouvelle façon de se comporter et de travailler, qui utilise à plein les qualités de l’instabilité et du déséquilibre. Cette nouvelle approche se caractérise par l’accueil du changement, et non pas la résistance contre lui, le travail collectif, la dimension humaine, le choix du lien direct, la préférence pour la simplicité, et la confiance dans l’auto-organisation et la rétroaction des résultats sur les process. Ce nouveau pragmatisme repose essentiellement sur le fait d’accepter d’être en déséquilibre avec ses propres certitudes. Être agile, c’est prendre pour essentiel ce qui semblait accessoire (ou problématique) au système précédent : le désordre, le hasard, la remise en question à n’importe quel stade, l’interaction, etc. L’acceptation des variations (de contexte, de talents, de circonstances, etc.), et leur utilisation comme force dynamique est la base de ce nouveau réalisme. Ce mode de fonctionnement est un mode d’équilibre qui vient du déséquilibre. Celui-ci vient du fait que les points de forces ne passent plus seulement par les individus, mais aussi par ce qui se passe entre eux. Plus souple, ce mode d’organisation favorise les conditions de la découverte de la nouveauté.

Cette approche fait écho à d’autres champs, comme l’architecture par exemple. En donnant une importance centrale à la tenségrité, l’architecte, designer et inventeur Richard Buckminster Fuller a pu créer d’immenses dômes géodésiques dans les années 50. La tenségrité (= tensile integrity, qui peut se traduire par « intégrité par tension ») fait que les éléments d’un tout ne tiennent que parce qu’ils sont en tension les uns avec les autres. Là aussi, règne un équilibre à base de déséquilibre. La surprise, le côté inattendu de ces structures vient du fait qu’on ne comprend pas facilement comment elles tiennent, car la force vient non pas des choses, mais de l’échange de forces entre les choses, une fois celle-ci mise en tension. Dans les collectifs de travail adoptant ces méthodes, l’unité et la force se font grâce aux échanges collaboratifs, créateurs de tensions positives entre les personnes.

 

Pourtant, tous les déséquilibres ne sont pas désirables. Fondée sur l’instabilité, l’innovation génère aussi de l’instabilité : l’un des aspects problématiques est donc l’absorption des cycles de changement.

L’innovation doit prendre en compte le différentiel entre la rapidité du progrès et les capacités d’adaptation des êtres humains. Bien qu’immenses et progressant sans cesse (notre capacité à intégrer la nouveauté a littéralement explosé ces 30 dernières années avec Internet et le numérique), celles-ci ne sont pas pour autant extensibles à l’infini. Ces capacités sont par ailleurs inégalement réparties : il y a une injustice de répartition des facultés adaptatives selon les individus. Selon les structures mentales, la position sociale, l’âge, la culture, etc., les uns et les autres ne réagiront pas de la même façon à la nécessité de s’adapter. Cette question recoupe, comme beaucoup, une logique générationnelle. Les référentiels de la plupart des personnes de 40 ans et plus, qui travaillent dans les entreprises souvent à des postes de responsabilité, sont encore modelés sur l’idéal de stabilité et de chasse à l’inattendu (dans le cadre du travail en tout cas). Contrairement à la génération Y ou Z, qui a grandi dans cette instabilité, et dont elle fait pleinement partie de la culture, la plupart de leurs réflexes sont conditionnés sur ces éléments désormais obsolètes, et évidemment inadaptés à la nouvelle situation. Ce qui oblige ces personnes à recaler leurs réactions, comme s’il fallait opérer en permanence une réinitialisation mentale. Ce n’est pas spontané. Cela occasionne souvent une dépense d’énergie psychique importante. Cette dépense excédentaire permet peut-être d’expliquer en partie l’augmentation des cas de burn-out dans les organisations.

Suivant une logique qui semble déconnectée de la prise en compte de ses conséquences, notamment sociales et sociétales, la rupture, et l’instabilité qui l’accompagne, peuvent sembler trop rapides ou trop fortes. Car l’écart entre vitesse de progression de l’innovation et capacités d’adaptation s’accroît chaque jour un peu plus.

Se pose alors la question des limites humainement et socialement acceptables à ces états permanents de déséquilibre. Sous couvert d’instabilité et d’inattendu peut-on tout se permettre ? Évidemment, non. Un tel état où rien n’est fondamentalement stable, s’il semble naturel et désirable à un entrepreneur de la tech dans la Silicon Valley, peut sans doute apparaître comme négatif et potentiellement porteur de souffrance à quelqu’un vivant d’un travail dans une industrie classique où, comme une épée de Damoclès, plane la menace d’ubérisation.

Une façon de maîtriser cette question est de développer un sens aigu des responsabilités de chacun sur les actions et les initiatives : il y a donc les droits, mais aussi les devoirs. Les politiques RSE des entreprises, autant que les nouvelles logiques collaboratives qui valorisent l’initiative au sein des groupes de travail, prennent davantage en compte les apports de chacun. Elles posent de façon nouvelle la question d’un emploi porteur de sens, et sont sans doute pour cette raison de bonnes façons de développer la perception de faire partie intégrante de ce modèle en évolution constante. Dans tous les cas, il est nécessaire d’accompagner la rupture, de faire comprendre sa logique. Il faut expliquer et inclure le plus possible. Sans quoi l’instabilité peut gagner le social, et favoriser l’adhésion à des discours réactifs ou réactionnaires qui promettent à tort un fantasmatique retour à la stabilité. Il est donc très important de travailler à la baisse d’anxiété, de fébrilité et d’angoisse générées par l’état général d’instabilité. Car, malgré tout, les êtres humains ont aussi besoin de stabilité. Il est donc utile de faire comprendre que malgré le déséquilibre recherché, des garde-fous sont toujours présents.

 

Si sa mise en œuvre est la plupart du temps d’une forte complexité, le principe de l’innovation est au fond très simple : c’est dans le même geste créer et détruire. À la fois positive et négative, l’innovation est bifide : elle crée un nouveau produit, un nouveau service, un nouvel usage ou une nouvelle façon de faire ou de produire. Parallèlement, sa nouveauté peut détruire les formes d’organisation qui lui préexistaient, car elles se révèlent à l’évidence moins performantes. Ainsi, pendant qu’elle crée des activités, des besoins, de la valeur, une innovation va supprimer des métiers et des emplois, donc anéantir de la valeur. Ce double impact, positif et négatif, a parfois lieu sur des pans entiers de la société. En fait, l’innovation concerne désormais l’ensemble de la société : soit par la nature d’une innovation particulière, soit par la logique de l’innovation qui s’étend aujourd’hui à tout l’espace social et à tous les aspects de l’existence.

Ainsi, loin de se réduire à l’interprétation technologique du terme, l’innovation est politique. Et c’est en tant qu’objet politique qu’elle pourrait être envisagée, à la fois pour mieux profiter de ses bénéfices, et pour se prémunir de ses possibles dérives.

L’instabilité positive offerte par l’innovation manque souvent d’alignement avec l’instabilité sociale qu’elle est susceptible de générer. Une innovation, surtout si elle est majeure, advient dans un environnement la plupart du temps peu apte à la recevoir – comme si l’on voulait pratiquer un nouveau sport sur un terrain ancien pas adapté. Lorsque l’on considère l’arrivée d’une innovation, il est donc important de prendre en compte aussi bien ses créations que ses destructions, et, avant de la plébisciter, d’en estimer, dans la mesure du possible, le coût économique, mais aussi social.

En tant que telle, même si cette proposition est susceptible de faire sauter au plafond (de verre) les tenants d’une innovation totalement décorrélée de la prise en compte de ses conséquences, l’innovation pourrait sans doute faire l’objet d’un plus grand contrôle sur son acceptabilité politique et sociale. Une innovation qui, à travers un saut technologique, apporte un bien économique – fût-il gigantesque – au prix d’un malheur social mérite-t-elle d’être qualifiée d’innovation ? Telle est la question qui pourrait être posée et largement débattue par toutes les parties prenantes, y compris les consommateurs de l’innovation.

Jusqu’à présent, peut-être n’a-t-on fait qu’effleurer la qualité d’inattendu dont l’innovation est porteuse. Celle-ci n’a sans doute pas accouché de tout le bénéfice dont elle est capable. En réalité, sa principale véritable valeur ajoutée se joue sur le terrain du social, du sociétal et de la RSE. Tout l’enjeu de l’innovation serait alors de concourir à une certaine idée du bien commun. Si l’innovation fait rêver de manière illimitée, il ne tient qu’à nous que le « toujours plus » bascule vers un « toujours mieux ».
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(*) Par Alain Conrard, auteur de l’ouvrage « Osons ! Un autre regard sur l’innovation », un essai publié aux éditions Cent Mille Milliards, en septembre 2020, CEO de Prodware Group et le Président de la Commission Digitale et Innovation du Mouvement des ETI (METI) (LinkedIn

La marginalisation de l’économie sociale et solidaire

La marginalisation de l’économie sociale et solidaire 

 

Le consultant Pierre Liret appelle, dans une tribune au « Monde », à dépasser la division lucratif-non lucratif pour donner une existence institutionnelle et politique à la myriade de structures qui servent la communauté.

 

Dans le gouvernement précédent, celui de Jean Castex, le ministère de l’économie et des finances avait un secrétariat d’Etat consacré à « l’économie sociale, solidaire et responsable ». Confié à Olivia Grégoire, ce secrétariat d’Etat s’est moins occupé d’économie sociale et solidaire (ESS) que de la promotion d’un « capitalisme responsable », concrétisé en 2019 par la loi Pacte et la possibilité pour les entreprises d’élargir leur finalité au-delà du seul profit des associés.

L’ESS, elle, n’a connu aucune avancée notable, bien que les exemples fourmillent partout en France de structures « responsables » dans lesquelles les ressources humaines et financières sont d’abord tournées vers la qualité de service et la contribution à l’intérêt de la communauté.

Dans le nouveau gouvernement, piloté par Elisabeth Borne, le ministre Bruno Le Maire ne voulait pas de l’ESS à Bercy. L’ESS est restée absente du gouvernement pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que l’on apprenne la nomination surprise de Marlène Schiappa comme « secrétaire d’Etat auprès de la première ministre, chargée de l’économie sociale et solidaire et de la vie associative ».

 

Les dirigeants de neuf coopératives plaident, dans une autre tribune au « Monde », pour un renforcement du financement des entreprises de l’économie sociale et solidaire.

 

Les levées de fonds record des start-up de la tech et l’enthousiasme médiatique et politique qu’elles entraînent révèlent les priorités de notre économie : solutions de paiement fractionné pour les achats impulsifs, spéculation sur les cryptomonnaies, solution de publicité sur Internet… Des priorités hors-sol face aux réalités sociales et écologiques. Il devient indispensable de se saisir de ces sujets et de faire émerger un modèle économique vraiment responsable et démocratique.

Les années et les alertes passent, mais le constat est le même : alors que près de la moitié de l’humanité vit dans des situations hautement vulnérables au changement climatique, l’économie financière place nos ressources dans des activités compromettant la vie sur terre. Dans un cynisme déconcertant, les tenants de la finance se révèlent coupés du monde et de ses crises.

Après des décennies de néolibéralisme qui ont donné tout pouvoir aux marchés financiers, restaurer la souveraineté des citoyens sur les orientations économiques est incontournable. Dans cette voie vers une démocratie économique, les démarches citoyennes jouent un rôle central. Souvent sous la forme de sociétés coopératives d’intérêt collectif, ces démarches reposent sur un modèle économique radicalement différent, où les citoyens sont pleinement impliqués.

Cette façon d’entreprendre est mise en œuvre à l’échelle nationale et dans différents secteurs-clés de la transition écologique : alimentation, énergie, mobilité, télécommunications, finance, achats de seconde main. De nombreuses initiatives similaires se développent également à l’échelle locale. Réunis au sein de coopératives, des centaines de milliers de citoyens font ainsi la preuve d’un système économique démocratique.

Pour permettre aux initiatives exemplaires de passer un cap, favoriser leur financement citoyen est nécessaire. Nous, dirigeants d’entreprises coopératives réunies dans l’alliance des Licoornes, proposons un renforcement du soutien public, par exemple par la hausse de la déduction fiscale liée aux investissements des particuliers dans ces structures. En effet, parce que les coopératives ne rémunèrent pas ou peu leur capital, les fonds d’investissement, si « engagés » soient-ils, sont rares à financer ces structures, ce qui limite drastiquement leurs possibilités de développement.

Dans ces conditions, elles ne peuvent pas jouer à armes égales avec leurs concurrents gavés de millions. A titre d’exemple, alors que Back Market, une plate-forme de vente d’objets électroniques reconditionnés, levait 450 millions d’euros en 2021, Label Emmaüs, son pendant de l’économie sociale et solidaire, avec seulement dix fois moins de salariés (dont un tiers en parcours d’insertion), levait 150 000 euros (soit 3 500 fois moins) auprès de petits porteurs !

Développer l’économie sociale et solidaire

Développer l’économie sociale et solidaire

Les dirigeants de neuf coopératives plaident, dans une tribune au « Monde », pour un renforcement du financement des entreprises de l’économie sociale et solidaire.

 

Les levées de fonds record des start-up de la tech et l’enthousiasme médiatique et politique qu’elles entraînent révèlent les priorités de notre économie : solutions de paiement fractionné pour les achats impulsifs, spéculation sur les cryptomonnaies, solution de publicité sur Internet… Des priorités hors-sol face aux réalités sociales et écologiques. Il devient indispensable de se saisir de ces sujets et de faire émerger un modèle économique vraiment responsable et démocratique.

Les années et les alertes passent, mais le constat est le même : alors que près de la moitié de l’humanité vit dans des situations hautement vulnérables au changement climatique, l’économie financière place nos ressources dans des activités compromettant la vie sur terre. Dans un cynisme déconcertant, les tenants de la finance se révèlent coupés du monde et de ses crises.

Après des décennies de néolibéralisme qui ont donné tout pouvoir aux marchés financiers, restaurer la souveraineté des citoyens sur les orientations économiques est incontournable. Dans cette voie vers une démocratie économique, les démarches citoyennes jouent un rôle central. Souvent sous la forme de sociétés coopératives d’intérêt collectif, ces démarches reposent sur un modèle économique radicalement différent, où les citoyens sont pleinement impliqués.

Cette façon d’entreprendre est mise en œuvre à l’échelle nationale et dans différents secteurs-clés de la transition écologique : alimentation, énergie, mobilité, télécommunications, finance, achats de seconde main. De nombreuses initiatives similaires se développent également à l’échelle locale. Réunis au sein de coopératives, des centaines de milliers de citoyens font ainsi la preuve d’un système économique démocratique.

Pour permettre aux initiatives exemplaires de passer un cap, favoriser leur financement citoyen est nécessaire. Nous, dirigeants d’entreprises coopératives réunies dans l’alliance des Licoornes, proposons un renforcement du soutien public, par exemple par la hausse de la déduction fiscale liée aux investissements des particuliers dans ces structures. En effet, parce que les coopératives ne rémunèrent pas ou peu leur capital, les fonds d’investissement, si « engagés » soient-ils, sont rares à financer ces structures, ce qui limite drastiquement leurs possibilités de développement.

Dans ces conditions, elles ne peuvent pas jouer à armes égales avec leurs concurrents gavés de millions. A titre d’exemple, alors que Back Market, une plate-forme de vente d’objets électroniques reconditionnés, levait 450 millions d’euros en 2021, Label Emmaüs, son pendant de l’économie sociale et solidaire, avec seulement dix fois moins de salariés (dont un tiers en parcours d’insertion), levait 150 000 euros (soit 3 500 fois moins) auprès de petits porteurs !

Panama: Une crise politique et sociale contagieuse ?

 Panama: Une crise politique et sociale contagieuse ?

La crise sociale qui secoue le Panama est la somme de cinq crises distinctes. Les contraintes budgétaires laissent une faible marge de manœuvre au gouvernement pour améliorer la situation. Par Claire Nevache, Université Libre de Bruxelles (ULB). Une crise qui affecte aussi d’autres pays du continent et qui pourrait les contaminer

 

Le Panama se trouve au cœur d’une crise sociale probablement sans précédent durant l’ère démocratique (commencé en 1990 après l’intervention militaire étasunienne de décembre 1989). Depuis deux semaines, les syndicats de la construction, les communautés autochtones, les producteurs agricoles, les syndicats d’enseignants et des professionnels de santé, les travailleurs du transport, les pêcheurs et d’autres acteurs sociaux ont bloqué des rues dans tout le pays et ont manifesté devant les institutions publiques.

Les raisons immédiates du mécontentement sont les mêmes que dans le reste du continent et du monde : l’augmentation du prix du pétrole et la hausse du prix des produits de première nécessité qu’elle a provoquée. La liste des revendications va des plus conjoncturelles (prix de l’essence, panier alimentaire de base et médicaments) aux plus structurelles (assurance chômage, réforme fiscale…).

La crise actuelle ne peut guère être une surprise. Le mécontentement des citoyens s’est exprimé à de nombreuses reprises ces derniers mois. En octobre 2019, des étudiants d’universités privées et publiques, ainsi que des membres des mouvements féministes et LGBT panaméens, se sont mobilisés pendant des semaines contre des réformes constitutionnelles qui, bien que vues comme nécessaires par la population et promises pendant sa campagne par le président, ne répondaient pas à l’objectif pointé par les sondages d’opinion : défendre les pauvres. Les réformes n’ont finalement pas été adoptées.

Après une pandémie qui a entraîné dans ce pays l’une des pires récessions du monde (-17,9 %), de nouvelles poches de mécontentement se sont formées, pour des raisons aussi variées que la situation précaire de la caisse de sécurité sociale, la montée du chômage ou une réforme électorale impopulaire.

Le gouvernement de centre droit, élu quelques mois avant la pandémie est en situation de faiblesse : les derniers sondages indiquent qu’à peine 22 % des sondés approuvent la gestion du président, qui a lui-même annoncé qu’il souffrait d’un cancer il y a quelques semaines. Les tentatives de dialogues et les mesures visant à atténuer l’inflation ne semblent pas avoir été suffisantes pour calmer la colère de la population. Les groupes organisés sont déterminés à poursuivre les blocages, tandis que le niveau de tension entre la population et les forces publiques augmente. Car au-delà du prix de l’essence, le pays est embourbé dans cinq crises distinctes.

1. La crise des inégalités

Ces dernières décennies, le Panama a connu l’une des croissances les plus rapides au monde. Au milieu des immenses protestations actuelles, le gouvernement a fièrement annoncé que le Panama était désormais considéré comme un pays à haut revenu. Cependant, cela ne cache pas des inégalités criantes : de ce point de vue, le Panama se classe parmi les cinq pays les plus inégaux du monde.

Les 10 % d’habitants les plus riches représentent 37,3 % du revenu national, soit près de treize fois plus que les 40 % les plus pauvres.

La part des salaires dans la production de richesses est passée de 50 % du PIB à moins de 30 % en vingt ans. L’écart de richesse entre les citoyens est encore plus marqué. En 2013, 115 millionnaires pesaient 16 000 millions de dollars, tandis que les revenus moyens familiaux de la province indigène Gnäbe Buglé s’élevaient à 367 dollars par mois.

La pandémie a encore aggravé cette situation d’inégalité. 49,5 % des personnes déclarent que leurs revenus ont diminué pendant la pandémie (données de l’enquête du CIEPS des Droits et de la Citoyenneté, 2021) et la plupart des personnes qui ont trouvé un emploi ces derniers mois l’ont fait dans le secteur informel.

De plus, l’inflation actuelle rend la situation particulièrement difficile pour ceux qui ont juste assez pour survivre. Des études antérieures ont montré qu’au Panama, les déciles les plus pauvres sont touchés par une inflation plus élevée, en raison de la place centrale qu’occupe l’alimentation dans leur budget, qui est également la catégorie la plus soumise à l’inflation.

Les citoyens ont conscience de ces inégalités. Selon les données de Latinobarómetro, 75,3 % des Panaméens affirment que la répartition des revenus est « injuste » ou « très injuste » et 82,7 % pensent que le pays est gouverné par « quelques groupes puissants pour leur propre bénéfice ».

2. La crise de la représentativité et de la confiance

Il existe de sérieux problèmes de confiance envers les institutions panaméennes.

L’Assemblée nationale suscite 84,2 % de méfiance, le gouvernement 77,2 %, le système judiciaire 75,9 % et les partis politiques 87,5 %. Toutefois, les institutions publiques ne sont pas les seules à être confrontées à ce problème. La confiance interpersonnelle est pratiquement inexistante (74,2 % disent ne faire « jamais ou rarement confiance » aux gens). Avec la pandémie, toutes les institutions, tant publiques que privées, ont perdu la confiance des citoyens. Cela explique dans une certaine mesure la difficulté qu’ont eue différents groupes mobilisés à coordonner leurs actions.

Il convient de dire un mot de l’Église catholique, qui a été invitée par le président du pays, Laurentino Cortizo, à servir de médiatrice dans le conflit actuel. L’institution religieuse est en effet, comme l’a souligné le président, celle qui bénéficie de la plus grande confiance de la population (70,6 % disent lui faire confiance). Toutefois, ce chiffre cache un tableau plus nuancé : entre le début des années 1990, lorsque l’Église catholique a servi de médiatrice dans tous les pactes et dialogues dans lesquels le projet économique et politique du pays a été conçu, et aujourd’hui, l’Église a perdu 20 points de pourcentage de confiance.

D’une part, il existe aujourd’hui des secteurs de la société qui prônent une plus grande séparation entre l’Église et l’État, et d’autre part, les personnes qui ont le moins accès aux biens et aux services, avec lesquelles l’État cherche à dialoguer avec la médiation de l’Église, sont précisément celles qui disent avoir le moins confiance en l’Église. D’où l’échec initial du dialogue convoqué par le président Laurentino Cortizo avec la médiation de l’Église, ce qui nous amène à la troisième crise.

3. La crise des systèmes de négociation collective

Depuis la transition vers la démocratie, le Panama a connu une prolifération de dialogues, de tables rondes et de pactes destinés à jeter les bases politiques et économiques du pays. Ces mécanismes reflètent une culture politique qui valorise le consensus, mais aussi des institutions démocratiques très faibles qui n’ont pas réussi à canaliser ces échanges. Du fait de cette faiblesse et de choix politiques, le secteur privé s’est retrouvé au centre de la politique, et la politique économique a été conduite depuis des décennies conformément aux prescriptions libérales classiques des années 1990.

Ces mécanismes ont progressivement perdu de leur sens aux yeux des citoyens. En 2021, les travailleurs syndiqués ont abandonné le dialogue sur la sécurité sociale. Le pacte du bicentenaire, une plate-forme en ligne qui rassemblait les propositions des citoyens, n’a pas réussi à convaincre les gens de son utilité, et les négociations actuelles n’ont pas eu plus de succès. La crise de confiance évoquée plus haut n’est pas étrangère à cette situation, de même que le sentiment des groupes mobilisés d’un dialogue du « moi avec moi », où les pouvoirs politiques et économiques sont de connivence, et où les secteurs populaires sont invités à entériner des décisions qui ont déjà été prises sans eux.

4. La crise de l’honnêteté

Le pays est également confronté à une profonde crise de probité.

Deux anciens présidents sont poursuivis dans l’affaire Odebrecht. Pendant la pandémie, le ministère public a ouvert des procédures pour pas moins de 18 cas de corruption liés à la gestion de la crise sanitaire ; un scandale impliquant de graves abus dans le système de protection de l’enfance a éclaté ; plusieurs hauts fonctionnaires ont démissionné sans aucune explication ; les salaires des employés du secteur public ont été systématiquement remis en question, en raison de leur caractère souvent clientéliste (en effet, les fonctionnaires sont presque intégralement remplacés à chaque élection par le parti au pouvoir, souvent au profit de militants du parti, voire des membres de la famille du personnel élu) ; etc.-

Cette crise de l’honnêteté n’est pas seulement liée au secteur public. En septembre 2021, l’Union européenne a décidé de maintenir le Panama sur la liste noire des pays qui « ne coopèrent pas en matière fiscale ». Selon le directeur général des recettes, l’évasion fiscale représente encore 4 % du PIB du pays.

On estime qu’en dix ans environ 35 milliards de dollars ont été soustraits au fisc, en ne tenant compte que de l’impôt sur les personnes morales. Cette crise de probité dans les secteurs publics et privés, couplée à une politique libérale de baisse progressive du taux d’imposition, a conduit à la cinquième crise, celle des ressources publiques.

5. La crise des ressources publiques

Outre la corruption et l’évasion fiscale, l’évitement fiscal (à savoir les manœuvres légales pour payer moins ou pas d’impôts) et les politiques d’exonération fiscale ont également contribué à réduire les capacités de l’État à mettre en œuvre des politiques publiques. Les exonérations fiscales sur toutes sortes de biens et d’activités tels que les nouvelles constructions, les transferts d’actions, les yachts, etc. en sont des exemples.

En 2020, le taux de recouvrement de l’impôt n’était que de 13,7 % du PIB (contre 22,9 % en moyenne en Amérique latine), en baisse de plus de 3,5 points par rapport au début des années 1990. La croissance économique permettait de compenser ce déclin progressif, mais la crise économique actuelle a fait reculer la perception des impôts de près de cinq ans.

Dans ce contexte, une loi accordant des crédits d’impôt à hauteur de presque 3 milliards de dollars aux projets de tourisme de luxe a été adoptée en juin, ce qui a suscité un fort mécontentement dans l’opinion publique et dans le secteur du tourisme. L’abrogation de cette loi fait partie des revendications de l’un des principaux syndicats actuellement mobilisés dans le pays et a finalement été obtenue au cours des négociations.

La situation est complexe et, compte tenu de ses contraintes budgétaires, le gouvernement ne dispose que d’une faible marge de manœuvre pour négocier avec les manifestants. Jusqu’à présent, les négociations ont porté sur une subvention à l’essence, qui serait payée par des coupes dans le fonctionnement de l’État, en particulier une réduction de 10 % des effectifs de la fonction publique. Cependant, il semble que certaines organisations recherchent des réformes plus structurelles qui pourraient apporter des réponses plus profondes aux cinq crises que nous avons décrites.

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Par Claire Nevache, Doctorante en sciences politiques, Université Libre de Bruxelles (ULB)

La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.

Auto électrique : une nouvelle rupture sociale et territoriale

Auto électrique  : une nouvelle rupture sociale et territoriale

 

 

La fin annoncée des voitures à moteur thermique en 2035 ouvre la voie à une transition accélérée vers la voiture électrique, avec un vrai risque de fracture territoriale et sociale. Un gouffre sépare toujours et encore les grands centres urbains des zones périphériques et rurales en matière de qualité d’infrastructure. Par Matthieu Dischamps, directeur France et BeLux de Power Dot.(dans la Tribune)

Tribune

 

Le gouvernement s’était fixé pour objectif d’atteindre les 100.000 bornes pour véhicules électriques installées à fin 2021. Nous n’en sommes aujourd’hui qu’à 60.000 points de charge recensés, mais ce rendez-vous manqué a eu le mérite d’accélérer le déploiement de l’infrastructure de bornes de recharge avec une progression spectaculaire de plus de 55% en un an (*). On pourrait presque s’en féliciter si toutes les régions étaient logées à la même enseigne. L’objectif quantitatif est certes nécessaire pour fixer un cap mais il ne peut se faire au détriment de la qualité de l’infrastructure et de son adéquation avec les temps de passage sur site.

En y regardant de plus près, l’Île-de-France rassemble à elle seule près de 20% des bornes installées. Logique a priori si l’on se réfère à sa part dans la population nationale. Mais l’Île-de-France est aussi la région métropolitaine où le taux de motorisation des ménages est le plus faible (**) et qui bénéficie de l’infrastructure de transports publics la plus dense et la plus variée. À l’inverse, les régions les moins urbanisées, celles où la voiture est indispensable pour assurer les déplacements du quotidien, apparaissent nettement sous-équipées. La France rurale délaissée, après avoir subi les zones blanches de la téléphonie mobile et de l’internet haut débit, connaît maintenant celles de la recharge électrique. Le gouvernement a pourtant eu le mérite d’enclencher très tôt la dynamique d’équipement dans les communes, avec un décret de 2014, mais ces initiatives, souvent publiques, ont privilégié la recharge lente qui s’avère maintenant inadaptée aux usages.

 

Intéressons-nous maintenant aux bornes de recharge les plus puissantes, celles qui facilitent le quotidien et exploitent pleinement le potentiel des nouvelles générations de voitures électriques équipées de batteries de plus forte capacité afin de rivaliser en autonomie et en polyvalence avec les modèles essence et diesel. Avec seulement 8 % de ces bornes dites rapides (à courant continu, plus efficace que celles à courant alternatif qui alimentent nos prises domestiques), la France apparaît déjà mal lotie par rapport à certains de ses voisins européens comme l’Allemagne qui en compte 16 % ou le Portugal 18 %. Mais les nuées de points qui les localisent esquissent de manière encore plus flagrante une France à deux vitesses, concentrées dans les plus grandes agglomérations et autour des voies rapides qui les relient.

En dehors des principaux centres urbains, ces prises si recherchées par ceux qui parcourent de grandes distances, capables de fournir plusieurs centaines de kilomètres d’autonomie le temps d’une pause, sont conçues pour les électromobilistes de passage et non pour ceux qui y vivent sans alternative à la voiture pour leurs trajets quotidiens. Les insuffisances de l’infrastructure de recharge, après le prix à l’achat d’un véhicule électrifié toujours élevé malgré les aides publiques, représentent pourtant l’un des principaux freins à l’adoption de la voiture électrique. Avec la volonté européenne d’interdire les moteurs thermiques d’ici 2035, il est impératif de combler les lacunes d’un réseau français à la fois inadapté au temps de passage et mal entretenu, afin de répondre aux besoins quotidiens des automobilistes.

 

Les annonces d’implantation de bornes de recharge rapide n’ont jamais été si nombreuses, toutes plus spectaculaires les unes que les autres, par centaines dans tel grand parking parisien ou par dizaines le long d’une autoroute. Est-ce vraiment là que doit se porter l’effort ? La rentabilité d’un réseau de bornes, dont l’investissement est d’autant plus lourd que la puissance de charge est élevée, répond à des impératifs de taux d’utilisation, de facilité de maintenance et de réparation, peu compatibles avec des sites dispersés. Mais sans points de recharge visibles, les régions péri-urbaines et rurales resteront à l’écart de la transition vers la mobilité électrique. Les inégalités d’accès aux bornes rapides constituent un risque supplémentaire de fracture sociale et territoriale.

 

Les opérateurs de bornes de recharge peuvent éviter cet énième risque de fracture. À la condition de ne pas oublier les zones en déficit d’infrastructure, et surtout en se rapprochant des utilisateurs et de leurs lieux de passage quotidiens : les lieux d’activités et de consommation en particulier (supermarchés, restaurants, centres commerciaux et de loisirs…), en garantissant une qualité de service optimale pour se recharger le temps de faire ses courses, aller au cinéma ou se restaurer. Avec la recharge électrique, il existe une opportunité de simplifier la vie des Français en leur amenant l’électricité là où ils sont naturellement plutôt que leur faire faire des détours sur des stations-services. Et seul un objectif de rentabilité à long terme pourra contribuer à démocratiser la voiture électrique dans tous les territoires d’ici 2035.

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* Baromètre Avere www.avere-france.org/publications
** INSEE www.insee.fr/fr/statistiques/2012694#titre-bloc-3

Voiture électrique : une nouvelle rupture sociale et territoriale

Voiture électrique  : une nouvelle rupture sociale et territoriale

 

 

La fin annoncée des voitures à moteur thermique en 2035 ouvre la voie à une transition accélérée vers la voiture électrique, avec un vrai risque de fracture territoriale et sociale. Un gouffre sépare toujours et encore les grands centres urbains des zones périphériques et rurales en matière de qualité d’infrastructure. Par Matthieu Dischamps, directeur France et BeLux de Power Dot.(dans la Tribune)

Tribune

 

Le gouvernement s’était fixé pour objectif d’atteindre les 100.000 bornes pour véhicules électriques installées à fin 2021. Nous n’en sommes aujourd’hui qu’à 60.000 points de charge recensés, mais ce rendez-vous manqué a eu le mérite d’accélérer le déploiement de l’infrastructure de bornes de recharge avec une progression spectaculaire de plus de 55% en un an (*). On pourrait presque s’en féliciter si toutes les régions étaient logées à la même enseigne. L’objectif quantitatif est certes nécessaire pour fixer un cap mais il ne peut se faire au détriment de la qualité de l’infrastructure et de son adéquation avec les temps de passage sur site.

En y regardant de plus près, l’Île-de-France rassemble à elle seule près de 20% des bornes installées. Logique a priori si l’on se réfère à sa part dans la population nationale. Mais l’Île-de-France est aussi la région métropolitaine où le taux de motorisation des ménages est le plus faible (**) et qui bénéficie de l’infrastructure de transports publics la plus dense et la plus variée. À l’inverse, les régions les moins urbanisées, celles où la voiture est indispensable pour assurer les déplacements du quotidien, apparaissent nettement sous-équipées. La France rurale délaissée, après avoir subi les zones blanches de la téléphonie mobile et de l’internet haut débit, connaît maintenant celles de la recharge électrique. Le gouvernement a pourtant eu le mérite d’enclencher très tôt la dynamique d’équipement dans les communes, avec un décret de 2014, mais ces initiatives, souvent publiques, ont privilégié la recharge lente qui s’avère maintenant inadaptée aux usages.

 

Intéressons-nous maintenant aux bornes de recharge les plus puissantes, celles qui facilitent le quotidien et exploitent pleinement le potentiel des nouvelles générations de voitures électriques équipées de batteries de plus forte capacité afin de rivaliser en autonomie et en polyvalence avec les modèles essence et diesel. Avec seulement 8 % de ces bornes dites rapides (à courant continu, plus efficace que celles à courant alternatif qui alimentent nos prises domestiques), la France apparaît déjà mal lotie par rapport à certains de ses voisins européens comme l’Allemagne qui en compte 16 % ou le Portugal 18 %. Mais les nuées de points qui les localisent esquissent de manière encore plus flagrante une France à deux vitesses, concentrées dans les plus grandes agglomérations et autour des voies rapides qui les relient.

En dehors des principaux centres urbains, ces prises si recherchées par ceux qui parcourent de grandes distances, capables de fournir plusieurs centaines de kilomètres d’autonomie le temps d’une pause, sont conçues pour les électromobilistes de passage et non pour ceux qui y vivent sans alternative à la voiture pour leurs trajets quotidiens. Les insuffisances de l’infrastructure de recharge, après le prix à l’achat d’un véhicule électrifié toujours élevé malgré les aides publiques, représentent pourtant l’un des principaux freins à l’adoption de la voiture électrique. Avec la volonté européenne d’interdire les moteurs thermiques d’ici 2035, il est impératif de combler les lacunes d’un réseau français à la fois inadapté au temps de passage et mal entretenu, afin de répondre aux besoins quotidiens des automobilistes.

 

Les annonces d’implantation de bornes de recharge rapide n’ont jamais été si nombreuses, toutes plus spectaculaires les unes que les autres, par centaines dans tel grand parking parisien ou par dizaines le long d’une autoroute. Est-ce vraiment là que doit se porter l’effort ? La rentabilité d’un réseau de bornes, dont l’investissement est d’autant plus lourd que la puissance de charge est élevée, répond à des impératifs de taux d’utilisation, de facilité de maintenance et de réparation, peu compatibles avec des sites dispersés. Mais sans points de recharge visibles, les régions péri-urbaines et rurales resteront à l’écart de la transition vers la mobilité électrique. Les inégalités d’accès aux bornes rapides constituent un risque supplémentaire de fracture sociale et territoriale.

 

Les opérateurs de bornes de recharge peuvent éviter cet énième risque de fracture. À la condition de ne pas oublier les zones en déficit d’infrastructure, et surtout en se rapprochant des utilisateurs et de leurs lieux de passage quotidiens : les lieux d’activités et de consommation en particulier (supermarchés, restaurants, centres commerciaux et de loisirs…), en garantissant une qualité de service optimale pour se recharger le temps de faire ses courses, aller au cinéma ou se restaurer. Avec la recharge électrique, il existe une opportunité de simplifier la vie des Français en leur amenant l’électricité là où ils sont naturellement plutôt que leur faire faire des détours sur des stations-services. Et seul un objectif de rentabilité à long terme pourra contribuer à démocratiser la voiture électrique dans tous les territoires d’ici 2035.

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* Baromètre Avere www.avere-france.org/publications
** INSEE www.insee.fr/fr/statistiques/2012694#titre-bloc-3

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