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Politique et Conférence sociale : le nouveau machin de Macron

Politique et Conférence sociale : le nouveau machin de Macron

Comme c’était prévisible, il n’est pas sorti grand-chose de la pseudo initiative politique de Macon réunissant les chefs de partis représentés au Parlement. Chacun a déroulé ses priorités et ses calendriers. On a parlé de tout et de rien et le pouvoir a surtout évité soigneusement la question prégnante du pouvoir d’achat. Pour faire semblant de répondre à cette problématique, Macron envisage de lancer un nouveau machin une « conférence sociale » qui porterait sur le relèvement des salaires minimums dans les branches.

Un problème bien connu des gens organisation syndicale et qui n’a nullement besoin d’une grande conférence mais seulement d’une concertation immédiate dans chaque branche. En outre, le sujet numéro un est surtout d’encourager la revalorisation du pouvoir d’achat pour tous. En effet, l’inflation a été l’occasion d’une vaste entreprise anti redistributive au profit du résultat des entreprises et au détriment du pouvoir d’achat. Le fonds monétaire international convient lui-même que la hausse des prix correspond à des facteurs objectifs pour 40 % mais que 45 % proviennent de l’augmentation des profits.

Notons enfin que la question du pouvoir d’achat relève de la responsabilité d’abord des partenaires sociaux et non de l’État ( sauf pour le SMIC et les fonctionnaires). L’étatisation de cette problématique ne peut que favoriser la confusion et les réticences notamment patronales.

Une « conférence sociale » sur « les carrières et les branches situées sous le salaire minimum » devrait donc être organisée, a indiqué ce jeudi l’entourage du président de la République à BFMTV.
Emmanuel Macron a « validé » lors de sa réunion avec les chefs de partis le principe de l’organisation d’une « conférence sociale » portant « sur les carrières et les branches situées sous le salaire minimum », a appris ce jeudi BFMTV auprès de l’entourage du chef de l’État, confirmant une information de l’AFP.

Injustice sociale –Dividendes en hausse mais pouvoir d’achat en baisse

Injustice sociale –Dividendes en hausse mais pouvoir d’achat en baisse


La flambée de l’inflation aura constitué une énorme opération anti redistributive. En effet, d’un côté les dividendes et les profits des entreprises ont rarement été aussi hauts pendant que le pouvoir d’achat des salariés (et retraités) a rarement été aussi bas. En clair, il y a eu par le mécanisme de l’inflation un transfert vers les profits du capital au détriment des rémunérations des salariés. Si les différents gouvernements dans le monde s’alertent du cercle vicieux salaire inflation, par contre c’est le grand silence sur le cercle tout aussi vicieux profits-inflation. En fait, les ménages payent par exemple à travers l’énergie et l’alimentaire; les superprofits des entreprises ont également progressé mais le problème réside dans le fait que cette hausse n’est pas du tout à la hauteur de l’inflation mais bien au-delà. Par ailleurs en zone euro, si entre début 2022 et début 2023 l’inflation importée a largement contribué, pour 40 %, à celle des prix à la consommation en zone euro (plus précisément du déflateur de la consommation), la contribution de l’augmentation des profits a été plus forte encore, à hauteur de 45 %, d’après le Fonds monétaire international (FMI).

Les plus grandes entreprises dans le monde ont versé plus de 560 milliards de dollars de dividendes au deuxième trimestre, un record sur cette période, avec une tendance encore plus accentuée en France. Entre avril et juin, les 1.200 plus importantes entreprises cotées en Bourse, recensées par le gestionnaire d’actifs Janus Henderson, ont redistribué 568,1 milliards de dollars en dividendes à leurs actionnaires. Cette croissance de 4,9% par rapport à la même période de 2022 «dépasse» même de peu les «attentes optimistes» de l’entreprise.

En Europe, où deux tiers des dividendes sont réalisés durant ces trois mois car beaucoup d’entreprises choisissent de verser l’intégralité du dividende annuel en une fois, la hausse a été de 9,7%. En France, qui a représenté près de 30% des dividendes en Europe, la tendance a été plus marquée encore avec une hausse de 13,3%, devant d’autres grandes économies comme l’Allemagne (+9,6%), l’Italie (+9,4%), mais moins que l’Espagne (+32,7%). Janus Henderson estime à 49,5 milliards de dollars (environ 46 milliards d’euros) le montant des dividendes en France, un record.

Les banques ont été «le principal moteur» de la croissance des dividendes, en Europe comme dans le monde, suivies par l’automobile en Europe, selon le groupe de gestion d’actifs mondial Janus Henderson. Le gestionnaire s’attend «à ce que la hausse des dividendes se poursuive (…). Une des caractéristiques rassurantes des revenus de dividendes est qu’ils sont typiquement beaucoup moins volatils que les bénéfices. Les versements de dividendes ont été inférieurs à la croissance des bénéfices l’année dernière et peuvent donc la dépasser cette année», précise dans le communiqué de presse de Janus Henderson Ben Lofthouse, le responsable de l’équipe actions monde.

Conférence sociale : le nouveau « machin » de Macron

Conférence sociale : le nouveau machin de Macron

Comme c’était prévisible, il n’est pas sorti grand-chose de la pseudo initiative politique de Macon réunissant les chefs de partis représentés au Parlement. Chacun a déroulé ses priorités et ses calendriers. On a parlé de tout et de rien et le pouvoir a surtout évité soigneusement la question prégnante du pouvoir d’achat. Pour faire semblant de répondre à cette problématique, Macron envisage de lancer un nouveau machin une « conférence sociale » qui porterait sur le relèvement des salaires minimums dans les branches.

Un problème bien connu des gens organisation syndicale et qui n’a nullement besoin d’une grande conférence mais seulement d’une concertation dans chaque branche. En outre, le sujet numéro un est surtout d’encourager la revalorisation du pouvoir d’achat pour tous. En effet, l’inflation a été l’occasion d’une vaste entreprise anti redistributive au profit du résultat des entreprises et au détriment du pouvoir d’achat. Le fonds monétaire international convient lui-même que la hausse des prix correspond à des facteurs objectifs pour 40 % mais que 45 % proviennent de l’augmentation des profits.
Notons enfin que la question du pouvoir d’achat relève de la responsabilité d’abord des partenaires sociaux et non de l’État ( sauf pour le SMIC et les fonctionnaires). L’étatisation de cette problématique ne peut que favoriser la confusion et les réticences notamment patronales.

Une « conférence sociale » sur « les carrières et les branches situées sous le salaire minimum » devrait donc être organisée, a indiqué ce jeudi l’entourage du président de la République à BFMTV.
Emmanuel Macron a « validé » lors de sa réunion avec les chefs de partis le principe de l’organisation d’une « conférence sociale » portant « sur les carrières et les branches situées sous le salaire minimum », a appris ce jeudi BFMTV auprès de l’entourage du chef de l’État, confirmant une information de l’AFP.

Mobilisation sociale et pouvoir d’achat: manif le 13 octobre de l’intersyndicale

Mobilisation sociale et pouvoir d’achat: manif le 13 octobre de l’intersyndicale

Face à l’inflation notamment qui se maintient au niveau, l’intersyndicale réunie a décidé le principe d’une mobilisation le 13 octobre.

Sans doute le début d’une nouvelle série de manifestations voire de grèves. En effet, une autre date de mobilisation a d’ores et déjà été retenu le 13 décembre, date aussi décidée par le cadre européen.

Dans la plupart des sondages la question du pouvoir d’achat émerge en premier du fait en particulier de l’envol des prix de l’alimentaire. Des prix qui contrairement aux affirmations du ministre de l’économie ne se sont nullement tassés cours de l’été. Globalement, il manque environ 4 % au pouvoir d’achat pour rattraper l’inflation.

« Tous les syndicats font leur effort pour montrer que l’intersyndicale demeure », a déclaré ce lundi soir sur franceinfo François Hommeril, président de la CFE-CGC, alors que l’intersyndicale, qui a mené la bataille contre la réforme des retraites, appelle à la mobilisation le vendredi 13 octobre « pour les salaires, l’égalité hommes/femmes et contre l’austérité ».

« Le sujet des retraites nous occupe encore aujourd’hui », estime François Hommeril, mais « la problématique peut-être la plus importante aujourd’hui, c’est le niveau des salaires ». « Le problème est particulièrement vif », selon le syndicaliste, « avec l’inflation très forte, nous avons une baisse tendancielle des salaires dans notre pays ».

« Aucune mesure » pour lutter contre l’inflation
« La perte de pouvoir d’achat est réelle, tandis qu’au niveau des profits des entreprises, il n’y a pas eu de baisse, au contraire, les profits explosent », ajoute François Hommeril, évoquant « un scandale absolu que personne ne peut accepter ».

Un avis partagé par Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, également invité lundi soir sur franceinfo. « Au vu des bénéfices réalisés, des aides publiques allouées, toutes les organisations syndicales disent aux patrons : c’est l’heure de partager les richesses. »

ZFE: une nouvelle fracture sociale

ZFE: une nouvelle fracture sociale

A la suite des annonces sur la mise en place des Zones à faibles émissions (ZFE) et avant d’autres mesures présentées à la rentrée, Julien Pillot, économiste et enseignant-chercheur à l’INSEEC décrypte pour nous les faisabilités et les risques sur le plan économique.
dans la Tribune

Julien Pillot : « Je pense que les gens ont majoritairement compris ce que la ZFE signifiait et que ce n’était pas très juste. Nous sommes en train de créer les conditions d’une fracture sociale dans un pays qui est déjà passablement fracturé. »

Dès cet automne, le gouvernement précisera la mise en place d’un leasing social à 100 euros par mois à destination des ménages aux revenus les plus faibles pour accélérer sur l’électrique. De leur côté, les constructeurs européens semblent sceptiques. Est-ce réalisable ?

JULIEN PILLOT – À court terme, sauf à creuser la dette, non. Ce n’est pas réaliste. Encore moins avec des véhicules européens et encore moins avec des véhicules français. Ça, c’est assez clair. Après, plus on va produire et vendre de véhicules électriques, moins le coût de production unitaire sera important et on peut espérer des voitures à 100 euros par mois. Reste que les premiers véhicules qui répondront à ces critères seront chinois encore une fois. Si on veut privilégier les véhicules européens, il faudra peut-être faire le choix de creuser la dette. Mais cela restera un arbitrage politique à faire.

En parlant d’arbitrage politique, il y a eu un assouplissement des règles cette semaine concernant les Zones à faibles émissions dans les grandes villes. Les associations regrettent ce recul alors que le nombre de morts par an dus à la pollution de l’air est de près de 50.000 personnes en moyenne. Quel est votre regard sur ce dossier bouillant ?

Il y a un sentiment d’urgence et de non-préparation. Si cette mesure a été ressentie comme brutale par la population (86 % des personnes sont défavorables selon un sondage du Sénat, ndlr), c’est probablement que ça l’est. Je ne crois pas que ce soit un effort insuffisant de pédagogie. Je pense que les gens ont majoritairement compris que ça allait être compliqué pour eux et pas forcément très juste. Si l’on reste sur un raisonnement plus macroéconomique, on est en train de créer les conditions d’une fracture sociale dans un pays qui est déjà passablement fracturé.

Le problème ne se poserait pas dans les mêmes proportions si, à côté de ça, on avait mis en place des alternatives telles que davantage de transports en commun, davantage de navettes, davantage de parkings relais qui permettent de se rapprocher du cœur de la ville. Et puis, sur les derniers kilomètres : des trains, des trams, des bus, des vélos en libre-service… Mais là, nous sommes en train de dire à des personnes qui n’ont pas les moyens de vivre au centre des villes et qui n’ont pas les moyens d’acheter des véhicules propres, qu’il sera compliqué de se rendre dans ces lieux. C’est la double peine, et au bout d’un moment, la coupe est pleine.

Comment faire alors pour résoudre un tel casse-tête ?

Tout d’abord, je crois que les bonnes solutions ne peuvent être pensées qu’au niveau local, pas de façon centralisée à Paris pour prendre en compte les bassins de populations de façon hétérogène. Dans certaines métropoles, les conditions d’accès au centre-ville sont moins compliquées que dans d’autres centres, certaines ont aussi pris de l’avance en matière de maillage territorial sur les transports en commun. Les réalités sont multiples.

Établir des règles distinctes d’entrée dans chaque métropole ne créerait-t-il pas plus de confusion pour les automobilistes, en particulier ceux qui doivent en traverser plusieurs par jour ?

Si, bien sûr. Quand les règles sont différenciées, évidemment, ça crée de la friction, ça crée une asymétrie et de la complexité. Mais, à mon sens, cette surcouche de complexité est un maigre prix à payer relativement à la casse sociale. Ce n’est pas la première fois qu’on fait des choses qui sont discutables en matière de mobilité sur la partie sociale. Regardez les subventions sur l’électrique, ceux qui ont pu en bénéficier pour l’instant sont plutôt des ménages qui sont assez aisés. En fait, dans le principe, on a vu peu de familles dans la précarité avoir les moyens de pouvoir s’offrir un véhicule électrique, même avec la subvention.

Cette subvention à l’achat d’un véhicule électrique apparaît pourtant nécessaire pour limiter la fracture sociale…

Bien sur ! Et si on ne la relève pas, voire même si on la réduit au fur et à mesure que le parc électrique devient suffisamment abondant, on risque juste de dire à des populations défavorisées qu’on a aidé des populations favorisées en priorité. Ça peut s’entendre en pure rationalité économique de vouloir supprimer des subventions à partir du moment où le produit est compétitif en matière de coûts, mais parfois, il faut mettre l’économie au second plan et intégrer d’autres dimensions. Parce que la fracture sociale et ses conséquences pourraient être terribles.

Le bonus électrique pour l’achat de voitures neuves n’a pas été rehaussé, mais le gouvernement a décidé de le flécher sur l’impact carbone pour favoriser les voitures européennes, est-ce une bonne chose ?

Introduire une dose de protectionnisme sur ce marché très stratégique en Europe, dans un monde où les Américains ont l’IRA et les Chinois ont leurs propres règles me paraît de bonne guerre. Reste que, vous pouvez mettre les doses de protectionnisme que vous voulez, ce n’est pas ce qui renforcera la compétitivité du tissu productif. Nous sommes tous en retard en Europe, pas plus du côté français qu’allemand d’ailleurs.

Le risque est de renchérir le coût des véhicules électriques dont une grosse partie du processus de production a été réalisée hors des frontières. Tant que l’on n’aura pas réussi à mettre la main sur des gisements de métaux sécurisés, sur des capacités de raffinage et sur d’autres maillons essentiels de la chaîne de valeur, les mesures protectionnistes risquent de se montrer moins efficaces que ce qu’on espérait au départ car cela n’empêchera pas nos partenaires commerciaux étrangers de nous faire du chantage à la livraison de certains métaux.

Il y a une volonté de ramener la chaîne de valeur en France avec de nombreuses annonces de réindustrialisation. Pourrons-nous être vraiment compétitifs ? Par exemple, Luca de Meo, le directeur de Renault, parlait d’aides orientées sur l’énergie pour aider les productions en France…

C’est très bien de vouloir réindustrialiser en France ou en Europe. Ça peut être excellent sur le plan de l’emploi ainsi que sur la création de valeur de façon directe ou indirecte. Mais si l’énergie était le seul facteur de coût, ça se saurait. Quand vous avez une usine, vous avez les infrastructures, ensuite il y a des machines, puis il y a les hommes et les femmes qui y travaillent et tout un process logistique derrière. C’est compliqué et il faut faire un bilan des bénéfices.

Après les émeutes : une rentrée sociale compliquée pour Marylise Léon ( CFDT)

Émeutes : une rentrée sociale compliquée pour Marylise Léon ( CFDT)

interview dans la Tribune de la nouvelle secrétaire de la CFDT qui prévoit une rentrée compliquée.

Vous êtes attendus à Matignon pour un agenda social, qu’en attendez-vous ?

Nous avons rencontré Elisabeth Borne mi-mai pour premier temps d’échange et posé deux éléments qui me semblent importants, conditions pour renouer le dialogue. En termes de méthode, comment le gouvernement est capable de faire différemment et quelles sont les thématiques qu’on va pouvoir discuter ? Nous avons défini un certain nombre de sujets sur lesquels nous allons continuer de tirer les fils comme ce qu’il se passe en entreprise sur le télétravail et comment faire de la prévoyance pour tous.

Le premier sujet sera celui du pouvoir d’achat et le deuxième, celui du travail et des conditions de travail.

Pourquoi les salaires n’ont-ils pas été intégrés dans les discussions ?

Nous avons eu une discussion avec le patronat, car la plupart des syndicats sont d’accord pour que l’on discute de ces sujets. Les salaires, le pouvoir d’achat, c’est le sujet numéro 1 pour les travailleurs, nous défendons la question du salaire, car c’est dans les entreprises que ça se discute. Nous ne manquerons pas de dire à Elisabeth Borne que c’est un sujet qui doit faire l’affaire de négociation, notamment dans les branches. On sait qu’il y a peu près 150 branches sous le Smic. Nous profiterons de l’occasion pour dire que le gouvernement doit être beaucoup plus incitatif.

La rentrée des classes sera marquée par l’arrivée de nouvelles têtes. Est-ce synonyme de changement ?

Cela va changer les relations entre les uns et les autres. Il va falloir que nous prenions le temps d’apprendre à nous connaître. Le propre des organisations syndicales est d’être collectif. Pour la CFDT, il n’y a donc pas de changement de ligne. Il y aura toujours autant d’exigence sur ce que nous pouvons discuter, négocier et une carte de la négociation collective que nous gardons précieusement et qui devra faire ses preuves à la rentrée.

Le pays a fait face à des tensions sociales très fortes ces derniers jours, craignez-vous une rentrée sociale compliquée ?

Je pense que la rentrée sera compliquée à l’aune des moments de tensions et de violences extrêmement fortes. La rentrée sera très compliquée si le gouvernement n’apporte qu’une réponse sécuritaire abrupte. Celle-ci ne réglera en rien ce que disent les derniers événements que nous avons pu vivre et que nous devons analyser. Nous avons besoin de perspectives sur les enjeux de cohésion sociale.

Quels types de propositions allez-vous présenter lors de la prochaine rencontre avec le gouvernement ?

Cela rejoint la question de la méthode. Quelle place le gouvernement est prêt à faire à la société civile et aux organisations syndicales. Moi, je ne crois pas à l’efficacité d’un exercice vertical du pouvoir. Il y a besoin de corps intermédiaires, de personnes engagées. Nous représentons des centaines de milliers d’adhérents, de travailleurs qui ont envie de pouvoir s’engager et de s’investir dans des projets.

La bataille contre la réforme des retraites est-elle terminée ?

J’aime autant vous dire qu’elle n’est pas terminée pour ceux qui vont devoir vivre deux ans de plus au travail. Notre travail est de les accompagner et de voir comment ils peuvent, ou non, faire deux ans supplémentaires pour des questions de conditions de travail. La question du travail sera centrale. J’espère que nous pourrons ouvrir les discussions sur ce sujet.


Vous êtes face à un patronat qui n’a pas voulu d’un index senior. Vous pensez pouvoir rouvrir ce dossier ?

C’est impératif. On ne peut pas avoir des entreprises qui se satisfont d’avoir un recul de l’âge, et qui font tout pour faire partir le plus vite possible les seniors. Il faut qu’ils prennent leurs responsabilités.


Mais l’index senior est souvent la variable d’ajustement ?

Oui, mais ce que nous proposons, c’est de travailler sur l’emploi des seniors, avant même d’être senior. La question est celle du parcours professionnel, quels peuvent être les déroulés de carrière et apporter à chacun de véritables perspectives.

Vous croyez que le gouvernement peut revenir sur le sujet des ordonnances ?

Il doit le faire, car on ne peut pas avoir des ordonnances qui ont eu ces effets avec un pari que les salariés allaient jouer le jeu et qui a été perdu. On se rend compte que le dialogue social fonctionne moins bien aujourd’hui qu’il y a cinq ans.

Pourtant, nous avons vu un accord entre le patronat et les syndicats sur le partage de la valeur ?

Nous demandons des discussions sur ce sujet depuis 2019, et quand le moment est venu, nous avons répondu présent et nous nous sommes engagés dans cet accord qui permet, enfin, la possibilité aux salariés de très petites entreprises et de moyennes de pouvoir bénéficier de participations.

zones à faibles émissions: une bombe sociale

zones à faibles émissions: une bombe sociale

Les véhicules les plus polluants seront bientôt interdits dans les grandes villes. Un objectif souhaitable du point de vue de l’environnement mais qui risque de poser de graves problèmes d’inégalité sociale. En effet en même temps ces zones seront de fait réservées à la circulation des les plus riches. ZFE: cet acronyme désigne les zones à faibles émissions, ces périmètres dans lesquels les véhicules les plus polluants ne pourront bientôt plus circuler, selon un calendrier fixé par l’État. Déjà onze dispositifs de ce type ont été installés dans les métropoles les plus polluées comme Paris, Lyon, Marseille, ou encore Grenoble et Rouen. Avant le 31 décembre 2024, 32 autres ZFE seront créées dans les agglomérations de plus de 150.000 habitants. Soit 43 au total. Dans deux ans, 13 millions d’automobilistes ne pourront donc plus entrer dans les grandes villes, celles qui concentrent pourtant tous les services publics, de moins en moins présents dans les petites communes. Alors que l’accès aux soins ou à l’éducation risque de virer au casse-tête, la colère commence à monter parmi les Français.

Sans remettre en cause ces ZFE, un outil de santé public destiné à améliorer la qualité de l’air, un rapport sénatorial que révèle Le Figaro renferme diverses propositions pour rendre acceptable ce dispositif. Intitulé «Zones à faibles émissions: sortir de l’impasse», celui-ci vise à mettre en place des règles réalistes pour freiner le trafic routier, responsable de 57 % des émissions d’oxydes d’azote. L’une des mesures proposées consiste à assouplir le système actuel des vignettes Crit’Air accolées sur les pare-brise. Celui-ci permet de classer les véhicules en fonction de leurs émissions polluantes en particules fines et oxydes d’azote.

Faute de transports en commun suffisamment développés, tous ces véhicules mis sur la touche devront donc être changés. Or, «en l’état, la mise en œuvre des ZFE dans des délais aussi resserrés et sans accompagnement suffisant est de nature à faire porter la contrainte prioritairement sur les ménages les plus modestes», met en garde Un rapport du Sénat.

Fraude sociale: au-delà de la fraude une dimension aussi politique

Fraude sociale: au-delà de la fraude une dimension aussi politique

Par Yannick L’Horty
Économiste, professeur des universités, Université Gustave Eiffel

Rémi Le Gall
Economiste, Maître de conférences, Université de Lorraine

Sylvain Chareyron
Maître de conférences en Sciences économiques, dans The Conversation.

Un nouveau plan pour lutter contre la fraude sociale a été dévoilé lundi 29 mai par Gabriel Attal, ministre délégué chargé des comptes publics. Ce dernier prévoit « de doubler les redressements d’ici à 2027 » et propose notamment de fusionner la carte Vitale et carte d’identité pour mieux cibler les éventuels fraudeurs. Il y a un an déjà, le président candidat Emmanuel Macron créait la polémique en proposant de réformer les droits et devoirs des allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Le chef de l’État, réélu depuis, avait souhaité instaurer une « obligation de travailler quinze à vingt heures par semaine » afin de favoriser leur insertion professionnelle. Des mesures en cours d’expérimentations et qui créent polémiques et discours contradictoires. Pour les uns, il est indécent d’alourdir la culpabilité des victimes de la crise. Menacées par la pauvreté, elles doivent faire face plus que toute autre au recul de leur pouvoir d’achat et il faut les soutenir par des aides automatiques et inconditionnelles. Pour les autres, l’accès à l’emploi doit être prioritaire et il importe de réformer le volet non monétaire du RSA, de renforcer l’accompagnement et aussi les contrôles…

Ce débat comporte incontestablement une dimension idéologique, voire même politicienne. Il s’agit pourtant d’un sujet important, à la fois du point de vue de la recherche et de celui des politiques publiques.

Comme l’a rappelé en début d’année le rapport de la Cour des comptes, le nombre d’allocataires progresse de façon irrésistible d’année en année depuis la mise en place du RSA en 2009, comme le faisait déjà celui des bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI) qu’il a remplacé (voir le graphique). La crise sanitaire a ajouté à la série temporelle une bosse, aujourd’hui en voie de résorption, mais la tendance est toujours là, parallèle à celle de la progression de la durée du chômage. Si cette tendance n’est pas soutenable, ce n’est principalement pas sur un plan budgétaire.

Le RSA constituait en 2020 un socle de revenus pour 2,1 millions de foyers, soit plus de 4 millions de personnes avec les conjoints et les enfants à charge, pour une dépense publique annuelle de 15 milliards d’euros en ajoutant la prime d’activité et l’accompagnement, soit moins de trois quarts de point de PIB. Son montant moyen avoisine les 7000 euros par an et par ménage bénéficiaire, ce qui en fait l’une des aides publiques les moins coûteuses par rapport à son impact social.

En parallèle de la hausse du nombre de bénéficiaires, le regard de l’opinion publique a évolué vis-à-vis des minima sociaux. De multiples indices convergents confirment notamment la suspicion croissante envers les bénéficiaires des aides sociales.

Une enquête du Crédoc publiée en 2018 indiquait ainsi qu’une grande majorité de Français souscrit à l’idée selon laquelle les Caisse d’allocations familiales (Caf) ne contrôlent pas suffisamment les situations des allocataires. Ils étaient plus de 80 % en 2018 à partager ce sentiment, contre 64 % vingt ans plus tôt.

Selon une enquête plus récente de l’Unédic, une majorité de Français estime que les demandeurs d’emploi ont des difficultés à trouver du travail car ils ne font pas de concession dans leur recherche d’emploi. De plus, pour 55 % des sondés, les chômeurs ne travaillent pas parce qu’ils risqueraient de perdre leur allocation chômage.

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Enfin, les politistes Vincent Dubois et Marion Lieutaud ont étudié les occurrences sur la fraude sociale en exploitant un corpus de 1 108 questions parlementaires posées entre 1986 et 2017. De rares, voire inexistantes au début de la période, elles ont progressivement augmenté jusqu’à devenir une thématique à part entière du débat politique. Leur formulation révèle un durcissement progressif des prises de position, plus particulièrement à l’égard des fractions les plus démunies de l’espace social, et un affaiblissement concomitant des discours critiques à l’égard de telles tendances.

Le contraste apparaît donc très net entre ce sentiment montant et les résultats des actions de contrôle opérées par les institutions en charge du suivi des bénéficiaires. Ces derniers montrent que les fraudes sont concentrées sur une très petite minorité de bénéficiaires et qu’elles sont surtout le fait de certains réseaux organisés. Selon la Cour des comptes, le montant cumulé des aides indues représenterait 3,2 % des prestations sociales. Des cas existent et ils sont largement relayés par les médias, mais ils forment toujours l’exception. S’il importe de lutter contre ces délits, le rôle de la puissance publique n’est pas d’entretenir le climat de suspicion qui prévaut à l’encontre de la très grande majorité des allocataires respectant les règles.

En complet contre-pied, la recherche en sciences sociales sur le RSA montre au contraire que le fait dominant est celui de la permanence et de la généralité d’un non-recours massif aux prestations sociales destinées à soutenir les ménages à bas revenus. Ainsi, une part importante des ménages ayant droits aux aides sociales n’en bénéficient pas, en réalité. Cela provient principalement d’une absence de demande de leur part.

Dans les questions parlementaires, les occurrences sur la fraude sociale se sont progressivement imposées entre 1986 et 2017 jusqu’à devenir devenir une thématique à part entière du débat politique. Stéphane De Sakutin/AFP
Les raisons sont multiples mais font intervenir des difficultés à effectuer les démarches administratives et la stigmatisation qu’entraîne la demande de l’aide : en 2018, un tiers des foyers éligibles au RSA sont ainsi en situation de non-recours chaque trimestre ; 1 foyer sur 5 est en situation de non-recours pérenne toute l’année. Le non-recours touche, par ailleurs, les populations les plus vulnérables du public ciblé comme les personnes sans domicile fixe.

Des contrôles aux effets inattendus
La suspicion croissante envers les allocataires a cependant conduit à une intensification de leur surveillance et à l’encadrement de leurs démarches d’insertion professionnelle et sociale. En contrepartie de leurs droits, les allocataires ont des devoirs qui se matérialisent par différentes étapes, comme la signature d’un contrat d’engagement ou d’un projet personnalisé, puis la participation à des démarches d’insertion (sociale ou professionnelle). La participation à ces démarches reste cependant elle-même faible pour des raisons qui tiennent en partie aux difficultés rencontrées par les départements pour organiser l’accompagnement de façon satisfaisante.

Pour augmenter la participation, certains départements ont modifié leur politique d’action sociale. Une expérience contrôlée a ainsi été mise en œuvre en Seine-et-Marne. Celle-ci consistait à faire varier le contenu des courriers invitant les allocataires à s’inscrire dans l’accompagnement. La simplification des courriers et l’ajout d’éléments incitatifs n’a cependant pas permis d’augmenter substantiellement la participation aux démarches d’insertion.

Le non-recours aux prestations sociales touche les populations les plus vulnérables comme les personnes sans-domicile fixe. Frederick Florin/AFP
Un autre département a fait le choix d’une action plus coercitive consistant à contrôler la situation de l’ensemble des allocataires et à envoyer un message d’avertissement, suivi d’une sanction sous forme de réduction de l’allocation si la situation ne change pas. Ces courriers d’avertissement ont fortement augmenté la participation aux premières étapes du parcours d’insertion. Mais ces notifications ont également accru les sorties du RSA.

L’étude ne permet pas d’identifier si les sorties vont vers l’emploi ou si elles correspondent à un arrêt de la perception de l’allocation par des individus toujours éligibles. Cependant, il apparaît vraisemblable que ces contrôles découragent les allocataires et accroissent leur non-recours. Une plus grande intensité de contrôle augmente les coûts supportés par les allocataires pour accéder à l’allocation, ce qui peut les conduire à renoncer à l’allocation et à leurs démarches d’insertion, soit l’exact inverse de l’objectif poursuivi.

L’épidémie de Covid-19 a rappelé avec force la résilience du modèle de protection sociale français, en capacité de faire face à une crise économique et sociale de très grande ampleur. La crise sanitaire a montré que les risques de perdre son emploi et de tomber dans la pauvreté concernent l’ensemble de la population et qu’il est nécessaire de disposer d’un mécanisme d’assurance et d’assistance collective. Dans le débat actuel, ce n’est pas seulement le volet monétaire qu’il faut réformer, mais plutôt la manière dont l’accompagnement se déploie et les moyens qui lui sont alloués pour mieux résorber les vulnérabilités sociales.

Un plan anti fraude sociale

Un plan anti fraude sociale

Le gouvernement s’attaque à la fraude sociale.

En 2022, 1,6 milliard d’euros ont été redressés. L’objectif affiché est désormais d’atteindre les 3 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat.

Gabriel Attal veut cibler plusieurs secteurs. En premier lieu, la fraude au RSA, qui représente plus d’un milliard d’euros par an. Dès 2025, les demandes seront pré-remplies pour simplifier et mieux contrôler l’accès aux droits. Plus largement, les allocations ne seront plus versées sur des comptes hors Union européenne dès le 1er juillet.

Il faudra désormais passer neuf mois de l’année dans le pays, contre six prévus actuellement, pour bénéficier des allocations familiales ou du minimum vieillesse, a par ailleurs indiqué Gabriel Attal au Parisien. De même pour les APL qui ne nécessitent que huit mois de présence pour l’heure.

Autre annonce: la fusion de la carte vitale et la carte d’identité avec une puce pour plus facilement identifier la personne et vérifier ses droits à l’Assurance maladie. Bercy veut par ailleurs cibler les retraités vivant hors des frontières européennes afin de mieux identifier ceux qui sont décédés mais continuent à percevoir des allocations.

Enfin, concernant la fraude des autoentrepreneurs, un guichet de régularisation sera mis en place. Et en 2027, à travers un précompte, les plateformes comme Uber ou Deliveroo devront payer les cotisations de leurs autoentrepreneurs.

Politique et acceptation sociale: quelle compatibilité ?

Politique et acceptation : quelle compatibilité ?

Par
Fabrice Hamelin
Enseignant-Chercheur en science politique, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC) dans The Conversation


La réforme des retraites a beau être adoptée, elle ne passe pas dans l’opinion publique. Grèves, manifestations, sondages et controverses en témoignent. Pour les éditorialistes, l’explication tient souvent en une formule : l’ « acceptation sociale » ! On retrouve ce même vocable dans la bouche de députés, à l’exemple des Républicains qui, à la veille du vote de la motion de censure contre le projet de loi sur les retraites, s’inquiétaient de « l’acceptabilité sociale de la réforme dans leur circonscription ». Le président, enfin, reconnaît que la réforme des retraites n’a pas été acceptée par les Français.

Après les mobilisations contre de grands projets inutiles et imposés, le mouvement des Gilets jaunes, la colère contre le 80 km/h et la controverse sur les mega-bassines, ce recours croissant, relâché et étendu à de nouvelles arènes publiques, rend la formule incontournable.

L’acceptation sociale exprime un jugement collectif qui se manifeste en dehors du cadre institutionnel formel ou de l’espace législatif. Il remplace d’autres notions : adhésion, assentiment, consentement ou réception. Dans le langage courant, son usage reste le plus souvent rhétorique, au mieux descriptif, et sans apport significatif à la compréhension de l’intervention publique, de sa réussite comme de son échec. Peut-on dépasser l’ambivalence de ce lexique et recourir aux termes d’acceptation et d’acceptabilité sociales pour mieux comprendre la réception de l’intervention publique ?

Cette question a du sens, parce que ce lexique fait partie du vocabulaire des sciences sociales. Un ouvrage tout juste publié et que j’ai coordonné en montre les usages et en discute l’utilité. Il le fait à partir de terrains d’études divers (les espaces naturels protégés, la transition énergétique, la taxe carbone, l’expression religieuse au travail ou les véhicules à hydrogène) et mobilise différentes disciplines (sociologie, géographie, psychologie, science politique, management et économie). Plusieurs leçons peuvent en être tirées.

Le débat sur l’usage préférentiel des notions d’acceptabilité ou d’acceptation sociale est loin d’être clos. Dans l’acception la plus courante, l’acceptabilité sociale rend compte d’une perception antérieure à la mise en œuvre de l’action publique. L’acceptation sociale renvoie alors à une perception a posteriori et à un état de fait. Or l’acceptation n’est pas figée. Elle est construite par des stratégies ou des techniques variées (la libre participation, l’enrôlement, l’expérimentation) qui la font évoluer.

La recherche du mot juste est donc vaine et d’autant plus qu’il est difficile de penser l’acceptation et l’acceptabilité sociales déconnectées d’un ancrage disciplinaire.

L’opposition est claire entre géographes, qui parlent d’acceptation, et sociologues qui privilégient l’acceptabilité. Les sciences politique et économique se passent largement de concepts dont elles se méfient. Seules la gestion et la psychologie sociale ont dépassé le débat. À la recherche du meilleur vocable, elles préfèrent celle des bons outils de mesure et des indicateurs pertinents.

Dans le cas de la réforme des retraites, le défaut d’acceptation sociale est déduit des formes et de l’intensité de la mobilisation. Il est aussi appréhendé par les sondages d’opinion publique réalisés tout au long du mouvement social. Ces outils de mesure restent étonnamment frustres, alors que des protocoles d’enquête plus sophistiqués existent et peuvent être mobilisés : focus groups, suivi de cohortes, expérimentations, etc.

L’acceptation sociale est alors saisie par des indicateurs (confiance, bénéfices escomptés, légitimité des promoteurs, crédit accordé aux informations, respect du cadre légal, etc.). Cette variété permet d’échapper à la dualité un peu naïve opposant les « pour » aux « contre », l’« adhésion » à la « contestation » et de saisir des degrés d’acceptation, et surtout des profils et des comportements d’acteurs.

Au-delà de la mesure, l’acceptation peut devenir un objectif à atteindre pour les promoteurs d’un projet, à l’exemple des décideurs politiques et de l’administration chargée de sa mise en œuvre. L’acceptation devient alors un horizon plus qu’un élément d’évaluation de la réussite ou de l’échec d’une politique publique. De ce point de vue, qu’elle soit conçue comme un processus ou comme un résultat, la volonté de saisir l’acceptation sociale acquiert une visée instrumentale.

Si la notion a le mérite d’intégrer le conflit comme une évidence dans l’intervention publique, cette entrée par les controverses masque une approche managériale, par laquelle les promoteurs d’une innovation cherchent à réduire les oppositions et accroître leurs soutiens.

L’idéal démocratique peut se trouver heurté par des stratégies de communication ou de lobbying destinées à accroître l’acceptation. Cette ingénierie du consentement peut cacher une volonté toute technocratique de faire accepter un programme rejeté.

L’acceptation sociale ne peut être réduite à l’acceptation des publics ou du (grand) public. L’acceptation des élus ou celle des agents est tout aussi essentielle pour comprendre la réussite ou l’échec d’un programme. La mobilisation contre l’abaissement des vitesses à 80 km/h met véritablement à mal la décision du gouvernement quand les élus territoriaux et les sénateurs s’en saisissent.

Cette attention particulière à ceux qui fabriquent les politiques publiques et mobilisent leurs ressources dans l’épreuve d’acceptation est d’autant plus essentielle, qu’elle doit d’abord être envisagée comme leur problème et non pas celui des destinataires. Cette épreuve à surmonter conduit à prendre au sérieux le travail de conviction voire d’enrôlement dans lequel se lancent les policy makers ou à l’inverse les stratégies d’évitement du débat que les élites gouvernantes préfèrent souvent à un périlleux et incertain travail de conviction.

Les outils législatifs et de communication mobilisés comme les argumentaires fluctuants du gouvernement pour justifier le report de l’âge de la retraite témoignent des stratégies d’acceptabilité successivement tentées : s’agit-il de sauver le système des retraites, d’en réduire les inégalités, de maîtriser le déficit public, d’éviter la « bordélisation », etc. ?

Au Québec, la notion est mobilisée comme critère de décision par les autorités publiques depuis plus d’une décennie. Des guides de bonnes pratiques sont édités et des dispositifs de participation mis en place.

Nous n’en sommes pas là en France, même si l’usage de cette terminologie progresse dans la formulation de l’action publique, comme en témoigne son intégration dans l’évaluation de politiques publiques ou la saisie, par le Premier ministre Jean Castex, du CESE pour avis sur « l’acceptabilité des projets d’infrastructures environnementales » fin 2021.

À défaut d’en être une nouvelle norme, elle peut servir de balise à l’action publique. L’étude de la fabrique politique de l’acceptation sociale peut permettre d’éviter des erreurs.

La première serait de croire que via les sondages ou les mobilisations, on identifie une volonté générale claire et stable qui autorise les élites gouvernantes à poursuivre ou les amène au contraire à renoncer. Une autre serait de croire que l’on peut convaincre la population sur des enjeux macro (parfois jugés abstraits). Celle-ci est vulnérable et changeante, façonnée par ses propres préoccupations quotidiennes et qui sont parfois aussi portées par l’air du temps.

Il n’en demeure pas moins que l’acceptation sociale pose la question de la faisabilité des programmes et permet de passer de l’idéal au faisable en politique.

Secteur immobilier: vers une crise économique , sociale et financière ?

Secteur immobilier: vers une crise économique , sociale et financière ?


La chute des La chute de 40 % des crédits de financement et la baisse des permis de construction de plus de 25 % sont sans doute le prélude à une grave crise dans l’immobilier ( 100 000 emplois seraient menacés). Témoin l’avertissement de la banque centrale européenne: « La capacité du marché de l’immobilier commercial à affecter les fonds immobiliers a été démontrée par les événements de stress observés hors de la zone euro », a noté la BCE, évoquant Blackstone et un certain nombre de fonds britanniques ayant dû faire face à des retraits massifs de leurs clients, notamment en raison de la baisse des prix.

Une baisse des prix qui devrait s’engager un peu partout y compris en France en raison de la chute des financements pour les acquéreurs potentiels. Dans Les Échos, Bercy indique être prêt à ouvrir les discussions pour assouplir les conditions qui limitent l’octroi d’un prêt immobilier. Depuis le 1er janvier 2022, le HCSF, présidé par Bruno Le Maire en tant que ministre de l’Économie, a en effet décidé que le taux d’effort des emprunteurs, soit le ratio de leurs charges d’emprunt sur le revenu, ne doit pas excéder 35 % et que la durée du crédit ne doit pas dépasser 25 ans

Mais depuis plusieurs mois, des acteurs du secteur immobilier demandent de revoir ces critères car nombre de ménages se retrouvent bloqués en raison de la hausse des taux d’intérêt. Après la réaction de Bercy, la Banque de France a tout de suite émis des réserves sur cet assouplissement. Pour mieux comprendre les enjeux derrière ce bras de fer, Guillaume Vuillemey, économiste spécialiste de la régulation des banques et des marchés financiers, explique la situation auprès du JDD.

« Les Echos » s’interrogent sur l’avenir de l’immobilier en notant qu’ entre la hausse du coût des matériaux de construction, le tarif élevé des terrains et le poids des nouvelles normes environnementales, les prix de vente des logements neufs ont atteint des niveaux prohibitifs pour de nombreux Français.

Les taux de crédit immobilier ne cessent de progresser pour atteindre aujourd’hui autour de 3 % et la hausse va continuer . Du coup la demande de financement s’écroule aussi de 40 % sur un an. En cause aussi le manque de capacité financière des candidats à l’acquisition en raison notamment de l’inflation qui pèse sur les niveaux de vie. Mécaniquement de toute façon les capacités d’emprunt des candidats à l’accession diminuent avec l’inflation .

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Nécessairement l’offre et la demande vont se rééquilibrer du fait du tassement observé concernant les prêts. Ce rééquilibrage devrait se traduire par une baisse d’au moins 10 % pour de l’année afin de resolvabiliser les acheteurs potentiels

Selon les chiffres diffusés ce lundi par la Banque de France, la production de nouveaux crédits à l’habitat est tombée à 14,6 milliards d’euros en février, soit près de 40% de moins sur un an. Les taux continuent leur ascension à 2,52 % en moyenne en mars, selon les premières estimations.

Il faut ajouter au phénomène conjoncturel évoqué ci-dessus la question plus structurelle pour nombre de ménages moyens d’accéder désormais à la propriété des biens dont les prix entre 200 000 et 400 000 €. Un vrai problème économique mais aussi sociétal.

Perspectives immobilier: vers une crise économique , sociale et financière ?

Perspectives immobilier: vers une crise économique , sociale et financière ?


La chute des La chute de 40 % des crédits de financement et la baisse des permis de construction de plus de 25 % sont sans doute le prélude à une grave crise dans l’immobilier ( 100 000 emplois seraient menacés). Témoin l’avertissement de la banque centrale européenne: « La capacité du marché de l’immobilier commercial à affecter les fonds immobiliers a été démontrée par les événements de stress observés hors de la zone euro », a noté la BCE, évoquant Blackstone et un certain nombre de fonds britanniques ayant dû faire face à des retraits massifs de leurs clients, notamment en raison de la baisse des prix.

Une baisse des prix qui devrait s’engager un peu partout y compris en France en raison de la chute des financements pour les acquéreurs potentiels. Dans Les Échos, Bercy indique être prêt à ouvrir les discussions pour assouplir les conditions qui limitent l’octroi d’un prêt immobilier. Depuis le 1er janvier 2022, le HCSF, présidé par Bruno Le Maire en tant que ministre de l’Économie, a en effet décidé que le taux d’effort des emprunteurs, soit le ratio de leurs charges d’emprunt sur le revenu, ne doit pas excéder 35 % et que la durée du crédit ne doit pas dépasser 25 ans

Mais depuis plusieurs mois, des acteurs du secteur immobilier demandent de revoir ces critères car nombre de ménages se retrouvent bloqués en raison de la hausse des taux d’intérêt. Après la réaction de Bercy, la Banque de France a tout de suite émis des réserves sur cet assouplissement. Pour mieux comprendre les enjeux derrière ce bras de fer, Guillaume Vuillemey, économiste spécialiste de la régulation des banques et des marchés financiers, explique la situation auprès du JDD.

« Les Echos » s’interrogent sur l’avenir de l’immobilier en notant qu’ entre la hausse du coût des matériaux de construction, le tarif élevé des terrains et le poids des nouvelles normes environnementales, les prix de vente des logements neufs ont atteint des niveaux prohibitifs pour de nombreux Français.

Les taux de crédit immobilier ne cessent de progresser pour atteindre aujourd’hui autour de 3 % et la hausse va continuer . Du coup la demande de financement s’écroule aussi de 40 % sur un an. En cause aussi le manque de capacité financière des candidats à l’acquisition en raison notamment de l’inflation qui pèse sur les niveaux de vie. Mécaniquement de toute façon les capacités d’emprunt des candidats à l’accession diminuent avec l’inflation .

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Nécessairement l’offre et la demande vont se rééquilibrer du fait du tassement observé concernant les prêts. Ce rééquilibrage devrait se traduire par une baisse d’au moins 10 % pour de l’année afin de resolvabiliser les acheteurs potentiels

Selon les chiffres diffusés ce lundi par la Banque de France, la production de nouveaux crédits à l’habitat est tombée à 14,6 milliards d’euros en février, soit près de 40% de moins sur un an. Les taux continuent leur ascension à 2,52 % en moyenne en mars, selon les premières estimations.

Il faut ajouter au phénomène conjoncturel évoqué ci-dessus la question plus structurelle pour nombre de ménages moyens d’accéder désormais à la propriété des biens dont les prix entre 200 000 et 400 000 €. Un vrai problème économique mais aussi sociétal.

Secteur immobilier: vers une crise sociale et financière ?

Secteur immobilier: vers une crise sociale et financière ?


La chute des La chute de 40 % des crédits de financement et la baisse des permis de construction de plus de 25 % sont sans doute le prélude à une grave crise dans l’immobilier ( 100 000 emplois seraient menacés). Témoin l’avertissement de la banque centrale européenne: « La capacité du marché de l’immobilier commercial à affecter les fonds immobiliers a été démontrée par les événements de stress observés hors de la zone euro », a noté la BCE, évoquant Blackstone et un certain nombre de fonds britanniques ayant dû faire face à des retraits massifs de leurs clients, notamment en raison de la baisse des prix.

Une baisse des prix qui devrait s’engager un peu partout y compris en France en raison de la chute des financements pour les acquéreurs potentiels. Dans Les Échos, Bercy indique être prêt à ouvrir les discussions pour assouplir les conditions qui limitent l’octroi d’un prêt immobilier. Depuis le 1er janvier 2022, le HCSF, présidé par Bruno Le Maire en tant que ministre de l’Économie, a en effet décidé que le taux d’effort des emprunteurs, soit le ratio de leurs charges d’emprunt sur le revenu, ne doit pas excéder 35 % et que la durée du crédit ne doit pas dépasser 25 ans

Mais depuis plusieurs mois, des acteurs du secteur immobilier demandent de revoir ces critères car nombre de ménages se retrouvent bloqués en raison de la hausse des taux d’intérêt. Après la réaction de Bercy, la Banque de France a tout de suite émis des réserves sur cet assouplissement. Pour mieux comprendre les enjeux derrière ce bras de fer, Guillaume Vuillemey, économiste spécialiste de la régulation des banques et des marchés financiers, explique la situation auprès du JDD.

« Les Echos » s’interrogent sur l’avenir de l’immobilier en notant qu’ entre la hausse du coût des matériaux de construction, le tarif élevé des terrains et le poids des nouvelles normes environnementales, les prix de vente des logements neufs ont atteint des niveaux prohibitifs pour de nombreux Français.

Les taux de crédit immobilier ne cessent de progresser pour atteindre aujourd’hui autour de 3 % et la hausse va continuer . Du coup la demande de financement s’écroule aussi de 40 % sur un an. En cause aussi le manque de capacité financière des candidats à l’acquisition en raison notamment de l’inflation qui pèse sur les niveaux de vie. Mécaniquement de toute façon les capacités d’emprunt des candidats à l’accession diminuent avec l’inflation .

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Nécessairement l’offre et la demande vont se rééquilibrer du fait du tassement observé concernant les prêts. Ce rééquilibrage devrait se traduire par une baisse d’au moins 10 % pour de l’année afin de resolvabiliser les acheteurs potentiels

Selon les chiffres diffusés ce lundi par la Banque de France, la production de nouveaux crédits à l’habitat est tombée à 14,6 milliards d’euros en février, soit près de 40% de moins sur un an. Les taux continuent leur ascension à 2,52 % en moyenne en mars, selon les premières estimations.

Il faut ajouter au phénomène conjoncturel évoqué ci-dessus la question plus structurelle pour nombre de ménages moyens d’accéder désormais à la propriété des biens dont les prix entre 200 000 et 400 000 €. Un vrai problème économique mais aussi sociétal.

Social-Pouvoir d’achat : La prochaine explosion sociale

Social-Pouvoir d’achat : La prochaine explosion sociale

Le conflit sur les retraites pourrait se terminer dans une certaine confusion avec d’une part nombre de modifications (exemple l’index seniors ) qui font perdre à la réforme une partie de son intérêt financier. Mais peut-être aussi du fait de l’affaiblissement de la contestation syndicale après le 7 mars . Le problème est que le relais du mécontentement pourrait être repris avec la question brûlante du pouvoir d’achat et qui concerne immédiatement la plupart des Français et tout de suite .

En effet , l’année 2023 va surtout se caractériser par une énorme ponction sur les revenus en raison de la crise de la crise de l’énergie notamment qui a favorisé une hausse brutale de l’inflation de 6 à 7 % en 2022 à laquelle va s’ajouter une autre augmentation de même ampleur en 2023. En clair sur deux ans , les Français auront subi une perte de pouvoir d’achat loin d’être compensée totalement d’environ 15 %. Les postes les plus affectés concernent le carburant et les denrées alimentaires qui auront augmenté en deux ans de près de 25 % ! À cela il faut ajouter les augmentations générales des services y compris publics.

« Il y aura encore de l’inflation alimentaire tout au long du premier semestre 2023 », a prévenu Dominique Schelcher, PDG de Système U, lundi 27 février sur France Inter. « Nous allons répercuter progressivement un certain nombre de hausses à partir du 1er mars », a-t-il précisé en évoquant une hausse supplémentaire des prix « d’environ 10 % dans les semaines et mois qui viennent ».

Dans le meilleur des cas les salariés auront obtenu en moyenne autour de 4 % d’augmentation en 2022 est à peine en 2023. Le décalage entre la hausse des prix et les salaires ne fait donc que se creuser. Contrairement à ce qui est affiché par le pouvoir et des institutions proches du pouvoir, l’inflation n’est pas en situation de brutalement se retourner à la baisse. Au mieux il y aura stabilisation à partir de l’été mais rien n’est certain surtout compte tenu de l’instabilité géo stratégique qui pèse en particulier sur l’énergie.

Du coup , la question salariale pourrait bien prendre le relais de la grogne sur la réforme des retraites. Une grogne en l’état qui va nourrir un peu profond ressentiment vis-à-vis du gouvernement qui est passé par-dessus les 70 % de français qui étaient contre la réforme. Sans parler du débat bâclé à l’Assemblée nationale qui pose un véritable problème démocratique.

Sur la lancée, les organisations syndicales pourraient donc enrichir le mécontentement avec la revendication salariale sans doute des perspectives de mobilisation encore autrement plus importantes.

Réforme sociale : l’étatisation systématique du débat à cause de l’impuissance du Medef

Réforme sociale : l’étatisation systématique du débat à cause de l’impuissance du Medef

D’une certaine manière, le silence du Medef est assez scandaleux dans une période où les enjeux économiques et sociaux sont aussi importants. Par son silence et son manque de courage, le Medef est en train de transférer ses responsabilités de partenaires sociales à l’Etat. Du coup, le gouvernement et les organisations syndicales tombent dans le piège de l’étatisation du débat. Or dans le domaine social, l’État a rarement fait preuve de son efficacité et ce terrain n’est pas de sa responsabilité quand il ne met pas en cause l’intérêt général comme dans le code du travail. Il n’est pas normal que les organisations patronales et les organisations syndicales ne se soient pas saisies en priorité de la problématique du travail sous tous ses aspects. Ce n’est pas au gouvernement qui n’y connaît rien de décider seul de cette question. Il faut arrêter la folie de Macron de vouloir lui-même procéder aux réformes du champ social. Il n’en a ni la légitimité, ni la connaissance. Les réformes sociales (qui touchent aussi au plan économique la plupart du temps) doivent en priorité être débattue entre partenaires sociaux. Ce n’est qu’ensuite que le politique doit prendre le relais s’il y a lieu de légiférer.

Il serait temps que le Medef et les organisations syndicales de salariés tirent la sonnette d’alarme pour rappeler au chef de l’État son rôle et ses limites. Macron est en effet en train de transformer la démocratie française en autocratie où il se prend à la fois pour le syndicaliste en chef, pour le patron de toutes les entreprises, pour les organisations intermédiaires, pour le Parlement, pour le gouvernement et pour le monarque.

De ce point de vue, il y a sans doute une erreur du Medef à adopter une position qui consiste à faire le dos rond en acceptant finalement le transfert de responsabilité sociale sur le gouvernement.

Ce Medef doit aussi changer sa culture trop souvent réactionnaire et bien loin de ce qui se pratique en matière de négociation sociale dans les pays du Nord de l’Europe et en particulier en Allemagne. Le Medef et autres organisations patronales avec les syndicats doivent cogérer le débat sur les questions socioéconomiques.

Et les syndicats de salariés de leur côté ne doivent pas tomber dans le piège de la politisation de la problématique sociale. Il ne faut pas se tourner systématiquement vers les partis politiques, le Parlement, le gouvernement ou le chef de l’État. Il faut se retourner vers les chefs d’entreprises au niveau national et au plan local selon la nature des questions.

Les partenaires sociaux doivent aussi faire leur révolution culturelle et en quelque sorte se dépolitiser à tout point de vue.

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