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Pour une transition écologique et la justice sociale ». (Tribune de Laurent Berger, Nicolas Hulot et 14 autres responsables d’associations)

Pour une transition écologique et la justice sociale ». (Tribune de Laurent Berger, Nicolas Hulot et 14 autres responsables d’associations)

 

 

Une tribune de responsables d’associations et de syndicats pour articuler dès maintenant transition écologique et justice sociale et qui dénonce au passage la confusion entre ras le bol fiscal et justice fiscale. (Dans le JDD)

«  Nous n’avons plus le temps d’attendre. Pour démultiplier nos efforts pour le climat et la biodiversité. Pour donner des perspectives aux plus fragiles et isolés d’entre nous. Pour remettre les salariés de ce pays au cœur de la vie économique. Nous n’avons vraiment plus de temps à perdre, alors, comme beaucoup de Français, nous appelons à un profond sursaut politique pour que ce quinquennat ne soit pas un quinquennat perdu pour la transition écologique et la justice sociale.

Mais force est de constater que les dernières semaines ont fait place à un concert de voix politiques en faveur d’une interprétation très réductrice de l’expression des Français. L’urgence de la baisse des dépenses publiques et des impôts serait la principale leçon à tirer de cinq mois d’occupation des ronds-points, de marches pour le climat sans précédents et de quatre mois de grand débat auquel plus d’un million de citoyens et la société civile se sont prêtés.

Le sujet est épineux alors il ne faut pas entendre ce que nous n’écrivons pas. Payer plus ou moins d’impôts et de taxes n’est pas un petit sujet dans le quotidien de chacun. Mais là où certains veulent voir un ras-le-bol fiscal, nous voyons un ras-le-bol de l’injustice fiscale. La nuance est de taille. Et, disons-le, réduire certaines ­dépenses ne ferait pas de mal à notre pays. Bien au contraire. Que l’on pense notamment aux 12 milliards d’euros ­dépensés chaque année en soutien aux énergies fossiles, alors qu’il manque tant de moyens pour isoler les 7 millions de passoires énergétiques, garantir l’accès de tous aux services publics ou dans le lien associatif, facteur de lien social et de vitalité démocratique. Mais dépenser mieux n’est pas un préalable à investir plus. Ces chantiers doivent être menés de front.

 

Les auteurs de la tribune :

  • Nicolas Hulot, président d’honneur de la FNH
  • Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
  • Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre
  • Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde
  • Orlane François, présidente de la Fage
  • Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif
  • Véronique Fayet, Présidente du Secours Catholique-Caritas France
  • Michel Dubromel, Président de FNE
  • Patrick Doutreligne Président de l’Uniopss
  • Laurent Escure Secrétaire général de l’UNSA
  • Jean-Michel Ducomte, Président de la Ligue de l’enseignement
  • Jean-Baptiste de Foucauld, Coordinateur du Pacte civique
  • Bernard Chevassus-au-Louis, Président de Humanité et Biodiversité
  • Morgane Créach, Directrice générale du Réseau Action Climat
  • Pierre Segura, Président de la Fédération nationale des Francas
  • Pierre Henry, Directeur général de France terre d’asile

Typologie sociale de la France : La France coupée en 4

 Typologie sociale de la France : La France coupée en 4

 

Selon une étude Elabe diffusée par France info  près des trois quarts Français se déclare heureux mais 50 % éprouvent des difficultés à boucler leurs fins de mois. Des Français seraient donc heureux à titre privé mais inquiets par rapport à l’environnement social et économique. Un essai de typologie distingue quatre catégories de Français :

Les « Français affranchis ». 21% des Français sont « affranchis des contraintes territoriales et sociales ». Ils réalisent leurs projets de vie « sans entrave », ont « les moyens socioculturels de surmonter les obstacles (…) et de tirer parti des évolutions de notre société ». Ils sont les plus heureux (92%) et ceux qui manifestent le sentiment d’avoir choisi la vie qu’ils mènent (61%).

Les « Français enracinés ». Ils sont 22% à faire « le choix résolu d’un enracinement » dans leur territoire. Pour eux, la « bulle personnelle » est « un bouclier qui les protège de la violence sociale ». Ces Français goûtent au bonheur de « vivre au pays » et n’aspirent pas à la mobilité, ni géographique, ni sociale. 90% considèrent qu’il fait « bon vivre » dans leur quartier ou leur commune. Et 77% ont le sentiment d’avoir choisi leur vie.

 

 

Les « Français assignés ». 25% sont « bloqués géographiquement et socialement » par un faible capital économique, social et culturel. Assignés à leur territoire, ils subissent de plein fouet les inégalités sociales et territoriales. Leur quotidien est sous contrainte constante, ils vivent à l’euro près. 72% bouclent leurs fins de mois avec difficulté, 73% ont renoncé à des soins médicaux en 2018. Un sur deux est malheureux et 64% ont le sentiment de ne pas avoir choisi leur vie. Enfin, 97% d’entre eux estiment que la société est injuste, 78% que la réussite sociale est jouée d’avance et 92% sont pessimistes sur l’avenir de la société française.

 

Les « Français sur le fil ». Ils représentent 32% de la population. Ils expriment une envie de mobilité sociale et territoriale mais sont confrontés à la difficulté d’y arriver. Et à s’affranchir de leur situation socio-économique et des inégalités territoriales. C’est le groupe le plus partagé, entre les hauts niveaux de bonheur des « affranchis » et des « enracinés » et le mal-être des « assignés ». Un peu plus de la moitié se dit pessimiste. L’enquête conclut que, « plus jeunes et plus mobiles’, les « sur le fil » peuvent  »basculer dans une des trois autres catégories en fonction des obstacles ou des opportunités ».

 

 

73% des Français se déclarent « heureux mais CE   »bonheur privé » contraste avec les questions de pouvoir d’achat et la souffrance sociale. 48% des Français vivent des fins de mois difficiles et seuls 19% déclarent avoir une capacité d’épargne (« Je boucle facilement mes fins de mois et j’arrive à mettre de l’argent de côté »). 37% ont été à découvert au moins à plusieurs reprises ces douze derniers mois. Et un Français sur deux reconnaît avoir retardé ou renoncé à des soins de santé en 2018.

Cette précarité au quotidien se double du sentiment que la situation se dégrade. 43% des Français affirment que la situation de leur foyer a empiré en 2018, et ce sentiment grimpe à 60% chez les retraités. À ce ressenti s’ajoute le sentiment que les fractures de la société française produisent « relégation et exclusion ». 78% des Français jugent la société actuelle injuste, et 70% sont pessimistes sur l’avenir de la société française.

Aide sociale : pas de contrepartie punitive (Agnès Buzyn)

Aide sociale : pas de contrepartie punitive (Agnès Buzyn)

, Un coup à droite avec le gouvernement cette fois concernant les aides sociales. Un coup à droite quand le premier ministre Édouard Philippe a évoqué l’idée d’exiger des contreparties pour les bénéficiaires du RSA. Et un coup à gauche quand la ministre de la santé déclare que ces contreparties, qu’elle ne conteste pas, ne doivent pas être punitive.

Édouard Philippe le premier ministre a osé aborder un tabou : celui des compensations de travail en contrepartie des aides sociales. Il y a deux manières de réfléchir à cette question : soit de remettre en cause le niveau de ces aides, soit d’exiger un travail. Force est de constater que pour des salaires voisins du SMIC, il est parfois plus intéressant de bénéficier des différentes aides sociales dans le RSA que de travailler. On pourrait aussi conclure que la faute revient au bas niveau du SMIC. La situation devient un peu incohérente quand certaines personnes ne touchent qu’un salaire de l’ordre de 800 € pour 25 heures. Il est clair que le salarié doit alors engager des dépenses de déplacement, de restauration, de garde des enfants alors qu’en bénéficiant des aides sociales il réduirait notablement ses dépenses pour gagner finalement davantage. On  pourrait faire le même constat vis-à-vis des personnes bénéficiant de l’allocation chômage par rapport à ceux qui travaillent. Il y a là un vrai problème à multiples facettes mais qui freine sérieusement l’embauche et par parenthèse favorise la venue  d’immigrés d’Europe ou d’ailleurs et qui sont moins délicats que les Français en matière de conditions de travail. S’ajoute à cela une perte générale de la valeur travail qui affecte non seulement les plus défavorisés mais aussi les cadres. Un sujet tabou donc quand on est responsable politique. Le problème c’est que Édouard Philippe n’a pas forcément la légitimité pour évoquer cette question puisque comme Macron, il est plutôt représentant des plus défavorisés.“ “C’est indispensable d’avoir des mécanismes de solidarité pour ceux qui sont dans la difficulté, on est un pays où la solidarité ça compte, il ne s’agit pas de revenir en arrière, il s’agit de s’interroger sur ‘est-ce que cette solidarité, elle peut s’accompagner de contreparties, d’activités, d’activités d’intérêt général’?”

Demander des « contreparties » au versement d’aides sociales, comme l’a évoqué vendredi le Premier ministre Édouard Philippe, ne doit pas se « faire de façon punitive », a estimé dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn, pour qui « tout le monde ne peut pas retourner vers l’emploi ». Le problème est bien connu il s’agit des déficiences de nos systèmes de réinsertion qui n’incite guère à la reprise du travail. Enfin et peut-être surtout des énormes insuffisances du système de formation qui brasse 35 milliards par an mais dont une partie minime va en direction des personnes sans emploi. Cela en dépit de la récente loi qui n’a pas changé grand-chose car les institutions continuent de se partager cet énorme fromage. Manque de formation et incitation défaillante de la réinsertion explique une grande partie des les aides sociales des chômeurs mêmes s’il est clair que la solidarité doit s’exercer sans contrepartie en direction de personnes dans des situations dramatiques.

 

Macron, accélérateur de la colère sociale (Laurent Berger, CFDT)

Macron, accélérateur de la colère sociale (Laurent Berger, CFDT)

 

Le mesuré  secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, dénonce la responsabilité de Macron dans expression de la colère des gilets jaunes. De fait en ignorant les corps intermédiaires, Macron a grandement favorisé cet affrontement direct entre lui et les couches populaires. (Interview JDD)

La pratique du pouvoir d’Emmanuel Macron est-elle à l’origine de la colère sociale actuelle?
Elle l’a accélérée. Ce sentiment que rien n’existe entre le pouvoir et le peuple a provoqué un retour de balle. Le président porte une responsabilité, il y a eu défaillance.

Comment sortir de la crise?
Il faut partager le pouvoir et ­associer davantage les corps intermédiaires ainsi que les citoyens. Il y a donc une question de méthode et de priorités : justice fiscale, transition écologique, répartition des richesses, démocratie participative. Je ne fais pas de l’ISF un totem, mais il faut que les plus hauts revenus soient davantage mis à contribution. Nous devons éteindre collectivement l’incendie. On ne peut pas vivre dans une société hystérisée. Portons des discours responsables. J’assume d’avoir dit que l’extrême droite manipulait les Gilets jaunes, qu’imposer le port d’un Gilet était totalitaire. Chacun doit arrêter de jouer sa partition. Si le gouvernement est capable d’entendre, tant mieux. Sinon la crise s’aggravera.

C’est à rebours de ce qui a été fait?
Le président de la République n’a plus le choix. Il faut une inflexion avec des politiques sociales qui réduisent les inégalités, redonnent du pouvoir d’intervention aux citoyens. Je ne veux pas que la France ressemble à l’Italie ou la Hongrie. Et il y a un risque. On ne peut plus se parler sans s’agresser. La première chose que je ferai quand je ne serai plus secrétaire général, c’est de quitter Twitter! Quand la nuance disparaît, l’intelligence recule, la violence essaime et devient légitime. J’en appelle à l’apaisement. Je ne serai pas de ceux qui prônent le durcissement pour mieux se parer dans des certitudes. Je veux participer à ce que notre pays soit plus juste et fraternel.

Cahiers de doléances : la justice sociale et fiscale en tête (AMRF)

Cahiers de doléances : la justice sociale et fiscale en tête (AMRF)

 

 

Au moins 5.000 communes, principalement de moins de 3.500 habitants, ont participé au projet, dit de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). Le besoin de plus de justice sociale est le thème le plus récurrent avec 17,2% des contributions. Viennent ensuite les doléances traduisant un sentiment d’”inégalité” devant l’impôt, pour 14,3% des contributions, avec l’idée que la lutte contre la fraude fiscale est “inefficace”, qu’il faut “remettre à plat la progressivité de l’impôt” et rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).Près de 14% des contributions ont trait à une réorganisation politique et territoriale. Les participants montrent une défiance vis-à-vis des privilèges des élus, dénoncent “le nombre d’élus payés à ne rien faire”, critiquent l’organisation territoriale sous l’égide des “hauts fonctionnaires” et appellent à redonner “le pouvoir à la commune». Le transport et les mobilités concernent 9,4% des témoignages et se concentrent sur l’abandon de la hausse de la taxe carbone sur les carburants et la fin de la limitation à 80km/heure, une “décision prise par des bureaucrates parisiens qui ne sortent pas du périphérique”. Les participants appellent également au développement des transports publics et des lignes ferroviaires secondaires. La vie démocratique – 8,7% des contributions – est le cinquième thème abordé, avec l’idée que “les élus doivent respecter le peuple”, “les décisions viennent d’en haut, sans concertation”. Les citoyens demandent à être davantage consultés, notamment par référendum, souhaitent une réforme du système électoral, avec la prise en compte des votes blancs. Figurent ensuite les sujets liés à la transition écologique – conscience sur l’urgence d’agir mais fort sentiment d’injustice quant à l’effort menés; et des demandes pour une valorisation du travail, avec l’idée “d’avoir intérêt à travailler plutôt que de recevoir des aides”.L’immigration, avec l’idée qu’une “trop grande place est donnée aux ‘étrangers’”, ne figure qu’en huitième position, parmi les sujets internationaux (5,4% des contributions).

« Cahiers de doléances » : justice sociale et abandon des territoires

« Cahiers de doléances » : justice sociale et abandon des territoires

D’après les cahiers de doléances des maires ruraux de France, les revendications les plus souvent exprimées concernent la justice fiscale et sociale. La rémunération des élus et des hauts-fonctionnaires, ainsi que leurs privilèges, sont pointés du doigt. Les réclament le retour de l’ISF, la renationalisation des autoroutes ou encore la taxation des transactions financières. Un « ras-le-bol fiscal » apparaît clairement : la taxe carbone, la TVA sur les produits de première nécessité, les niveaux du Smic comme des pensions de retraite sont très critiqués. . Ces « cahiers de doléances » font également remonter un besoin de davantage de démocratie participative et de transparence, alors que le système actuel est jugé injuste et incompréhensible. Des contributeurs pointent le manque de lisibilité de l’organisation territoriale et de représentativité des élus. Ils réclament la mise en place de scrutin à la proportionnelle, la suppression du Sénat et l’instauration du vote blanc. Revient aussi l’une des revendications phares des « gilets jaunes » : la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne. Les participants regrettent que la France rurale soit « sacrifiée », pointant la disparition progressive de certains services publics, la désertification médicale et la réduction de la vitesse sur les routes secondaires à 80km/h. La baisse du pouvoir d’achat, l’absence d’ascenseur social sont également mentionnés. Certains dénoncent aussi l’immigration incontrôlée qui, selon eux, engendrerait une « perte d’identité » et des « dépenses sociales supplémentaires ».

Justice sociale : Ces 1% qui possèdent 50% de la richesse mondiale

Justice sociale : Ces 1% qui possèdent  50% de la richesse mondiale

La question de la justice sociale se pose évidemment à l’échelle mondiale et peut entre encore davantage dans les pays en développement. Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé  en 2016 celui des 99% restants, a affirmé l’organisation non-gouvernementale (ONG)  L’organisation non-gouvernementale indique  que « la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches était passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016″. »En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. Le reste du cinquième (20%, ndlr) le plus riche de la population possède 46% du patrimoine mondial alors que 80% de la population mondiale ne se partagent que les 5,5% restant », a précisé Oxfam. En France, les 1%  les plus riches possèdent environ 25% du patrimoine. Avec les crises subprimes, le phénomène n’a fait que se renforcer. Les 80 premiers milliardaires de la liste de Forbes possédait en 2010 un patrimoine de 1.300 milliards d’euros. Leur fortune cumulée est passée à 1.900 milliards en 2014, soit une augmentation de 50% en seulement quatre ans. En parallèle, la richesse totale détenue par la moitié la plus pauvre de la population mondiale a décliné sur la même période.

Les grandes fortunes bénéficient notamment de l’envolée du prix des actifs (en particulier des actions), soutenus notamment par les politiques monétaires accommodantes des grandes banques centrales de la planète. En outre, « 20% des milliardaires de la liste de Forbes auraient des intérêts et ou des activités dans les secteurs de la finance et de l’assurance », note Oxfam. Des secteurs qui ont bénéficié des largesses de l’Etat afin d’éviter des faillites en cascade.

Un constat déjà dressé par Challenges en juillet dernier lors de la sortie de son classement des grandes fortunes de France. Ainsi, après une hausse de 25% en 2012, le patrimoine des 500 premiers patrimoines professionnels français avait gonflé de 15% en 2013 pour atteindre 390 milliards d’euros.  Oxfam a exhorté les Etats à adopter un plan pour lutter contre les inégalités, en contrant l’évasion fiscale, en promouvant la gratuité des services publics, en taxant davantage le capital et moins le travail, en instaurant des salaires minimum ou encore en mettant en place une protection sociale pour les plus pauvres.

Prélèvement à la source : la nouvelle bombe sociale ?

  • Prélèvement à la source : la nouvelle bombe sociale ?

Darmanin  le ministre du budget tente de rassurer l’opinion publique à propos du prélèvement à la source. Il est clair qu’un nouveau mécontentement s’ajoutant à celui des gilets jaunes serait susceptible de faire sauter un ministre qui ne s’est pas caractérisé par une grande maturité et un grand charisme. D’une certaine manière,  cette réforme tombe assez mal sur le plan temporel,  juste au moment où ne cesse de monter les revendications sur le pouvoir d’achat. Certes globalement ce prélèvement ne devrait pas modifier le niveau des revenus mais en amputant immédiatement le salaire chaque mois il pourrait donner l’impression d’un revenu salarial en baisse. En outre il y  aura des surprises compte tenu  des conditions différentes d’imposition de chacun des foyers. Accessoirement la question se pose de savoir si c’était bien aux entreprises de procéder à cette réforme en tout cas d’en être le bras armé. Puisqu’il s’agit de transactions financières on peut penser que la responsabilité aurait pu en incomber aux banques qui reçoivent ces salaires. Le ministre de l’Action et des comptes publics assure dans un entretien au Journal du dimanche que le Trésor public est prêt, que les Français le sont aussi et qu’aucun effet négatif n’est à craindre. Extraits.

A quelques jours de sa mise en œuvre, l’inquiétude semble persister sur le prélèvement à la source. N’avez-vous pas réussi à rassurer les Français?
Je crois que si. Tous les sondages montrent depuis des mois que deux tiers des Français et même sept personnes imposables sur dix approuvent cette réforme, qui est une grande mesure de simplification. Payer son impôt sur le revenu que l’on touche au moment où on le touche, et non plus sur les revenus de l’année passée, c’est à la fois plus juste et plus efficace. C’est ce que la plupart des autres pays ont fait avant nous. Je suis très confiant dans la capacité des services fiscaux à mettre en œuvre ce nouveau système, et dans la capacité de nos concitoyens à l’accepter.…

 

 

Sondage : les gilets jaunes tours soutenus par 73% des français, une nouvelle force sociale

Sondage : les gilets jaunes tours soutenus par 73% des français, une nouvelle force sociale

Il est possible que la mobilisation des gilets jaunes se tasse sur le terrain pour autant ce recul social est largement compensée par l’appui politique d’une énorme majorité de Français. D’après un sondage Elabe  réalisée mardi 11 décembre.  Par ailleurs, la mobilisation des gilets jaunes reste approuvée par 73% des Français (+1 point en une semaine). Le tassement de la mobilisation sur le terrain pourrait provenir d’un certain phénomène d’usure, aussi de l’effet des quelques mesures Macron enfin du désaveu des violences par le français. La proximité de Noël n’est pas ailleurs par ailleurs pas favorable au maintien d’une action sociale. Au-delà des quelques aspects quantitatifs engrangés par les gilets jaunes, le principal acquis de ce mouvement demeure la création d’un puissant mouvement démocratique de contestation qui pourra se réveiller à tout instant notamment lors de la discussion sur la  réforme des retraites Cependant, l’intensité de cette approbation diffère selon la classe sociale, la situation financière, la zone d’habitation et la catégorie politique: 81% (+2) auprès des classes populaires, 75% (+6) auprès des classes moyennes, 70% (-6) auprès des retraités et 67% (+11) auprès des cadres. D’un point de vue politique, le mouvement reste approuvé par une majorité au sein de chaque électorat: 91% (+4) chez les électeurs de Marine Le Pen, 86% (+3) chez ceux de Jean-Luc Mélenchon, 76% (-2) chez les abstentionnistes, 60% (-4) chez ceux de François Fillon et 55% (+3) auprès de ceux d’Emmanuel Macron. En dépit de ce soutien qui perdure, les Français sont divisés sur la suite à donner au mouvement. Après plus de quatre semaines de blocages et de mobilisation, 47% des personnes sondées pensent que les manifestations doivent cesser.

sur Internet ce mardi 11 décembre sur un échantillon de 993 personnes représentatif de la population françaises âgée de 18 ans et plus. 

Taxe carbone : il faut une acceptabilité sociale

Taxe carbone : il faut une acceptabilité sociale

Ce qu’expliquent  dans la Tribune  Christian Perthuis et Pierre-André Jouvet deux universitaires qui notons le adhèrent à la religion de la régulation par les prix pour des enjeux sociétaux. (Le fameux signal prix) Extrait :

 

 

«  En économie,  le rôle essentiel d’une taxe est « d’internaliser les externalités » pour modifier les choix des ménages comme des entreprises. En rendant relativement plus cher un bien par rapport à un autre, la taxe permet de diminuer l’utilisation du bien taxé et d’orienter les consommations vers un bien réputé plus souhaitable socialement. Dans ces conditions, la taxe remplie parfaitement sa fonction d’incitation. Mais si nous sommes face à un bien dont la consommation est incompressible, autrement dit qui ne peut pas être réduite car il n’y a pas de substitut accessible pour les ménages concernés, alors la taxe s’apparente à une rente prélevée par la puissance publique. Si en plus, cette taxe vient s’additionner aux prélèvements existants alors, il ne faut pas s’étonner d’un manque cruel de consentement à l’impôt ! . L’idée initiale, lors de l’introduction de la taxe carbone en 2014, était de compenser l’apparition de cette taxe environnementale par une baisse proportionnelle des autres prélèvements, et notamment de ceux ayant les effets les plus pénalisant pour l’économie. Il s’agissait donc de basculer vers une fiscalité verte favorisant la transition écologique, tout en veillant à ne pas augmenter le montant du prélèvement fiscal total. La difficulté restant à résoudre est que les ménages payant la nouvelle taxe et ceux bénéficiant de la réduction proportionnelle ne sont pas forcément les mêmes. C’est à ce stade qu’apparaît la nécessité de mettre en place des politiques de compensation et d’accompagnement à court terme. A plus long terme, la possibilité d’avoir des biens de substitution, accessibles à moindre coût par rapport à ceux subissant la taxation, grâce aux efforts de recherche et développement, doit permettre de supprimer peu à peu les compensations. Mettre notre économie sur une trajectoire visant la neutralité carbone en 2050 nécessite de multiples changements de comportements. La politique fiscale est dans ce cas un instrument efficace. Oublier les conditions d’acceptabilité sociale de cette politique fiscale risque de conduire à des reculs face à l’incompréhension des citoyens et, demain, à des trajectoires d’émission de CO2 qui ne nous éloignent de nos objectifs climatiques.

Pierre-André Jouvet est président de l’Université Paris-Lumière et Christian de Perthuis professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine et fondateur de la chaire Economie du climat.

 

Macron n’a pas de politique sociale (Berger, CFDT)

Macron n’a  pas de politique sociale (Berger, CFDT)

 

 

 

Le jugement n’est pas celui d’un gauchiste, d’un corporatiste ou d’un opposant politique mais celui d’un leader syndical responsable qui a fait du  social le cœur de sa stratégie.   »Il n’y a pas de politique sociale digne de ce nom dans notre pays depuis le début du quinquennat », a déclaré Laurent Berger devant des journalistes lors du 42e congrès de la Mutualité française à Montpellier. En dépit des appels réitérés du syndicat réformiste à réellement négocier, Macron a toujours fait preuve du plus grand mépris pour la politique sociale et les organisations qui la défendent. Sa philosophie jupitérienne le conduit à décider seul de tout en marchant sur le ventre des corps intermédiaires et surtout en privilégiant une ligne pro business qui ignore les réalités sociales. Or Macon a déjà peu de légitimité en matière d’économie qu’il confond avec l’intérêt de la finance mais  dans le domaine social, c’est l’ignorance totale et l’indifférence. Pour preuve,  il n’a jamais cherché, comme en Allemagne par exemple à associer davantage les partenaires sociaux aux grandes décisions. La loi pacte témoigne de cette indifférence et de ce mépris pour le social. Pour Macron ceux   qui bénéficient des prestations sociales sont forcément responsables et coupables de leur situation. Une vision évidemment manichéenne qui témoigne d’une méconnaissance totale des réalités concrètes. Mercredi, le chef de l’État était venu au même endroit pour dessiner les grandes lignes d’une « révolution profonde qui redonne leurs droits aux Français », quitte à « contrôler et « responsabiliser » ceux qui ont fini par « s’installer dans une forme d’exclusion ». « La responsabilisation, c’est des moyens accrus pour l’accompagnement, pour aider les personnes en situation difficile à avoir recours aux droits », a réagi M. Berger. »Dans le discours, il y a ce qui est dit autour de il faut responsabiliser, mais il manque le côté il faut protéger », a-t-il observé, ajoutant qu’ »on n’aura pas de politique de lutte contre la pauvreté si on n’assume pas un haut niveau de solidarité dans notre pays ». Le mépris de Macon pour la dimension sociale pourra pourrait lui coûter très cher car c’est sur le résultat du chômage qu’il sera essentiellement jugé et non sur les propos réducteurs et à la mode du modèle de start-up même lorsque le discours est truffé d’anglicismes ridicules. La réalité économique et sociale est autrement plus complexe et mérite un autre traitement.

 

Emploi, croissance, inflation et justice sociale : les échecs de Macron

Emploi, croissance, inflation et justice sociale : les échecs de Macron

 

 

Jusque-là on a surtout jugé la politique de Macron à partir des modifications législatives. Bref, la réforme par la loi. Un procédé finalement classique en France où on pense que la modernisation peut se faire par décret. Or souvent les textes existent, ils sont peu ou mal appliqués et pas contrôlés désormais ce n’est pas sur l’activisme parlementaire que seront jugés le gouvernement et Macron. Au bout d’un an, il est un effet légitime d’examiner les résultats et non les intentions réglementaires. De ce point de vue, l’échec est patent. Certes 2017 a été satisfaisant mais on le doit surtout à la conjoncture internationale et aussi il faut bien le dire aux mesures prises par François Hollande. Pour 2018, la première déception concerne la croissance. Le gouvernement imaginait que la dynamique de 2017 allait se poursuivre et avait donc programmé une hausse du PIB de 2 %. Alors on atteindra péniblement autour de 1,6 %. En cause évidemment le tassement de la demande internationale mais cette explication ne suffit pas puisque par exemple l’Allemagne va afficher près de 2.5% pour la croissance du PIB.  . Du fait de la faiblesse de la croissance, le chômage aura tendance à stagner en 2018 en France. Les grands équilibres financiers peut ne seront pas établis faute notamment d’efforts de la part de l’État. Pire, on va vendre les bijoux de famille (notamment les aéroports de Paris et la Française des jeux) pour  boucler le budget. Enfin la justice sociale n’aura guère progressé puisqu’au contraire le taux de pauvreté ne cesse de progresser. Dernier élément du bilan : les affaires qui ont grandement terni l’image d’un président voulaient changer la politique mais qui finalement se réapproprie les vieilles méthodes opaques et douteuses. Des méthodes qui ont porté un rude coup à sa posture ; la popularité s’est nettement dégradée et Macron  ne parvient pas à se débarrasser de cette étiquette de président des riches.

Protection sociale : un discours interminable et d’une confusion totale de Macron

Protection sociale : un  discours interminable et d’une confusion totale de Macron

 

 

Un discours interminable, confus et contradictoire. Pendant 1h30 Macron a inflige à son auditoire un laïus en forme de cocktails,  de poncifs, de philosophie de bistrot, de dialectique de start-up où alternait selon les paragraphes la rigueur à imposer aux pauvres et la générosité sociale fondée lors de la résistance. Un breuvage imbuvable avec des redites innombrables sans doute dues aux copier-coller des contributions de ses collaborateurs ; Finalement il aura mieux résumé sa véritable pensée dans le montage vidéo réalisé « spontanément » à l’Elysée (« le social, ça coute un pognon dingue «). Derrière le philosophe d’opérette resurgit inévitablement le comptable, la techno, l’apparatchik devenu président de la république par la volonté des grandes fortunes. Visiblement Macron à moins d’état d’âme sur ce que coûtent les cadeaux fiscaux aux plus riches. Normal, le président de riches ne peut pas prendre à rebrousse poil les financeurs de sa campagne. Dernier exemple en date le soutien à Total pour l’importation’ huile de palme destiné à fabriquer du carburant, un non sens économique et écologique. Macron a balayé tout le champ social en mêlant allégrement ce qui relève de la solidarité et ce qui n’en relève pas et mettant dans le même bocal, les retraites, la santé, le chômage, la formation, les vraies solidarités sociales. Le tout pour la note apparaisse encore plus énorme. Et qu’on adhère à sa conclusion putassière «  le social, ça coute en pognon dingue » ! Ça coute c’est sûr mais on n’évalue pas l’efficacité au seul aulne de son cout même s’il faut toujours rationnaliser l’utilisation des moyens. Et plus finement qu’avec le coup de rabot des technos de Bercy.

Sondage politique sociale de Macron : « injuste » pour 67%

Sondage politique sociale de Macron : « injuste » pour 67%

Selon le dernier baromètre BVA/ La Tribune sur les questions de l’économie, 67% des personnes interrogées estiment que la politique sociale menée par l’actuel chef de l’Etat n’est pas juste.  Le sentiment d’injustice est plus présent chez les femmes (70%) que chez les hommes (64%). Dans les catégories d’âge, ce sont surtout les 35-49 ans (74%) et les 50-64 ans  (73 ans) qui expriment cette opinion. A l’inverse, les moins de 35 ans (60%) et les plus de 65 ans (62%) sont moins nombreux à indiquer une telle position. Pourtant, ces derniers n’ont pas manqué de manifester leur colère ces derniers mois avec la hausse de la CSG qui concerne environ 60% d’entre eux.  Les résultats par profession sont sans surprise. Les employés et ouvriers sont 75% à penser que sa politique est « injuste » contre 48% chez les cadres. Concernant la question de l’aide aux plus démunis, l’institut de sondages informe que 55% des interrogés déclarent que le gouvernement n’en fait pas assez. 32% jugent qu’il fait ce qu’il faut. Enfin, 11% affirment que l’exécutif en fait trop. Selon les chiffres de l’Insee, il y a actuellement entre 5 et 8,7 millions de pauvreté selon le seuil retenu (50% ou 60%) pour un taux de pauvreté estimé autour de 14% (pour le seuil à 60%).

 

 

 

 

 

 

 

Comptes Sécurité sociale : à l’équilibre en 2018

Comptes  Sécurité sociale : à l’équilibre en 2018

 

Pratiquement il n’y aura plus de trou de la sécu en 2018 en tout cas concernant son budget. Le déficit serait autour de 200 millions mais sur un budget de l’ordre de 500 milliards.

La Sécurité sociale en France comporte actuellement quatre branches pour le régime général :

Une cinquième branche, relative à la lutte contre la dépendance (Caisse nationale Solidarité Autonomie) a été créée par une loi du 30 juin 2004

Le déficit pourrait être ramené, dès 2018, à 300 millions d’euros, bien loin des 2,2 milliards d’euros prévus jusqu’à présent, révèle Les Echos.

Cette amélioration, explique le quotidien, est liée à un surcroît de cotisations sociales. Une croissance dynamique, mais surtout des créations d’emplois, qui ont dopé les cotisations et donc offert aux comptes de la Sécurité sociale des recettes supplémentaires.

Le régime général et le Fonds de solidarité vieillesse (FSV) avaient atteint un déficit de 5,1 milliards d’euros en 2017. Les prévisions anticipaient un déficit pour 2018 de l’ordre de 2,2 milliards d’euros, mais la conjoncture favorable est donc venue contrecarrer les estimations. Ce surcroît devrait perdurer toute l’année. En 2010, le déficit était de 27 milliards d’euros.

«Pas de politique sociale assumée» (Berger-CFDT)

«Pas de politique sociale assumée» (Berger-CFDT)

 

 

Laurent Berger réagit avec vigueur au manque de considération sociale du gouvernemenet en indiquant qu’il n’a pas en fait de politique sociale ou plus exactement qu’il y en a une mais contre les moins favorisés. Berger dénonce évidemment le manque d’équilibre de la politique de Macron sans doute tout autant que le mépris qu’il témoigne à l’égard  des partenaires sociaux. Certes formellement les syndicats ont été reçus mais le gouvernement n’écoute pas leurs propositions. Une situation qui pour Berger pourrait bien un jour être explosive. Il a par ailleurs fait des ouvertures pour uen sortie honorable de ce conflit qui s’enlise et dont il ne voit pas la sortie pour le moment. Estimant qu’il n’y avait pas de politique sociale assumée Berger appelle Emmanuel Macron à prendre « des mesures fortes sur la pauvreté ». « Si vous me demandiez c’est quoi l’élément aujourd’hui qu’on ne retrouve pas de la campagne d’Emmanuel Macron, je dirais la bienveillance et l’attention aux plus fragiles », a déclaré Laurent Berger lors de l’émission « Le grand rendez-vous » de Cnews, Europe 1 et Les Echos.

« On attend la sortie du plan pauvreté (…), je souhaite qu’il y ait des mesures fortes sur la pauvreté », a-t-il ajouté, estimant qu’ »aujourd’hui, il n’y a pas de politique sociale assumée dans notre pays ». Le gouvernement avait lancé début décembre une concertation sur la lutte contre la pauvreté et a reçu mi-mars les propositions de six groupes de travail, parmi lesquelles il doit trancher.

« On va voir s’il va y avoir une politique qui va aider les personnes en situation de pauvreté à s’en sortir, notamment les jeunes et les familles, ou si on va avoir une politique stigmatisant à l’égard de ceux qui subissent la pauvreté », a ajouté Laurent Berger. Il a par ailleurs estimé qu’ »en termes de méthode », Emmanuel Macron « considère que lui peut tout, et que les corps intermédiaires sont un supplément d’âme, mais pas forcément nécessaire ». « Aujourd’hui, il y a une forme de négation des corps intermédiaires beaucoup trop forte et qui est dangereuse », a ajouté le numéro un de la CFDT. « On ne peut pas dire qu’on n’est pas reçus, mais on est rarement écoutés », une situation qui selon lui concerne aussi les associations et les collectivités territoriales. « Je mets en garde (…) sur l’effectivité des réformes », a-t-il dit. Car « si on considère qu’on peut le faire sans les acteurs sociaux, économiques ou territoriaux, eh bien on va se planter ».

 

La « coagulation sociale » en péril

La « coagulation sociale » en péril

 

Sil est clair que la CGT est dans le viseur de Macron qui a l’occasion n’est pas mecontent d’humilier les autres, ce n’est certainement pas très heureux de tomber dans le piège de l’isolement radical. Or la CGT vient de commettre une erreur en décidant seule d »une  action de mobilisation interprofessionnelle le 19 avril. La première réaction  négative par rapport à cette initiative vient de FO. Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a confirmé lundi dans la matinale de Public Sénat qu’il ne répondrait pas à l’appel à la mobilisation de la CGT qui a proposé « une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle » le 19 avril, dans la foulée de la journée de manifestations du 22 mars.  « Oui, je l’ai appris sur France Info. Je ne savais pas qu’il y avait une mobilisation » a affirmé Jean-Claude Mailly à l’antenne.  »On n’a pas l’habitude de répondre à des convocations. D’habitude, on se voit, on en parle, on s’appelle facilement. (…) Mais on ne répond pas à des convocations » a-t-il répété, assurant que FO ne se joindrait pas à ce mouvement. Il n’ya guère de chances pour que les syndicats réformistes (majoritaires dans le pays) s’associent à cette journée dont le principe a été décidé sans eux. Ni la CFDT, ni l’UNSA, ni d’autres syndicats réformistes ne voudront de cette précipitation pour une coagulation sociale dont ils ne veulent pas. Tout simplement parce qu’ils préfèrent uen culture de résultats et de négociations à une  culture d’opposition. Certes le mécontentement est grand dans plusieurs catégories sociales mais cette globalisation est mal adaptée aux différentes problématiques.  Même les cheminots ne souhaitent cet amalgame prématuré qui nuirait leur propre contestation.

 

Contestation sociale : Macron tient bon….. Mais pas dans les sondages

Contestation sociale : Macron tient bon….. Mais pas dans les sondages

 

Il toujours de bon ton pour un gouvernemenet de déclarer qu’il n’est pas impressionné par la mobilisation sociale ou par les baisse de popularité dans les sondages. Reste qu’il devra quand même en tenir compte. Macron dispose indiscutablement de la légitimité juridique par contre on ne peut se passer de la légitimité politique. Or il faut rappeler que Macron a été élu avec la même ambigüité que ses prédécesseurs. Chirac n’a pas été élu par adhésion à son programme mais par rejet  de  Jean Marie Le Pen, Hollande n’a pas été élu sur ses propositions mais par rejet de Sarkozy. Macron  a aussi été choisi par rejet de Marine Le Pen. Sans doute un quart des Français adhéraient réellement à ses propositions. D’où la nécessite de faire avec les acteurs économiques et sociaux, c’est à dire de tenir compte de leurs positions.   “Ces contestations ne sont pas de nature à conduire le gouvernement à revenir sur les engagements qui ont été pris durant la campagne et sur ce qui a d’ores et déjà commencé à être mis en œuvre”, a cependant  déclaré Macron  lors d’une conférence de presse à Bruxelles au côté d’Angela Merkel. Prié de dire quel serait l’impact des mouvements sociaux sur sa capacité à réformer l’Europe, le président français a déclaré après un Conseil européen : “l’impact n’existe pas”. Sans doute une inflexibilité de jeunesse chez celui qui jusque-là marchait un peu sur les nuages  mais qui devra redescendre sur terre, c’est à dire accepter des compromis car pour changer uen pays il convient toujours mieux, comme en Allemagne, de rechercher l’adhésion des acteurs. Pour preuve Darmanin commence à lâcher. Certes, il a confirmé le gel du point d’indice mais a concédé qu’ “Il y a des agents dans la fonction publique qui sont payés correctement et d’autres qui sont effectivement mal payés”, a-t-il dit sur Europe 1 en évoquant un “rattrapage” pour les infirmières ou les agents de catégorie C (la plus basse).

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Mobilisation sociale : avertissement pour le gouvernement

  • Mobilisation sociale : avertissement pour le gouvernement

La mobilisation sociale n’a pas constitué un ras de marée mais elle été suffisamment significative pour constituer uen avertissement sérieux au gouvernemenet qui jouait sur la division et la faible capacité de mobilisation. Notons que la mobilisation a surtout été importante chez les cheminots, moins chez les fonctionnaires. Pour preuve aussi la nette baisse de Macron dans les sondages qui touche son plus bas niveau et ne cesse de baisser depuis trois mois. Sans doute les conséquences de mesures tous azimuts  dont certaines à la va vite et surtout sans concertation.  Sept syndicats de fonctionnaires sur neuf (CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires), mais pas la CFDT, avaient  appelé à la grève pour protester contre la réforme de la fonction publique et défendre leur pouvoir d’achat. La CGT et FO ont annoncé une participation de 500.000 personnes, soit un chiffre plus élevé que le 10 octobre 2017, date de la dernière manifestation nationale des fonctionnaires. Le ministère de l’Intérieur et la préfecture de Paris ont calculé quant à eux un total de 323.000 manifestants. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a défendu une journée de mobilisation en forme d’alerte et appelé le gouvernement à accélérer le dialogue sur les réformes de la fonction publique et de la SNCF. “Soit ils écoutent et ce sera un coup de semonce et il n’y aura pas de suite, soit ils n’écoutent pas et là, je vous le dis, les fonctionnaires, y compris les militants de la CFDT des fonctions publiques, seront extrêmement mobilisés”, a-t-il dit sur RTL, évoquant les rencontres des syndicats avec Olivier Dussopt. Mais le gouvernement, qui se dit “déterminé” à poursuivre les réformes, ne croit pas à un mouvement social dur et large qui paralyserait le pays, tout comme la plupart des experts du dossier social. Cependant  un sondage Odoxa publié mercredi, une majorité de Français (55%) trouvent justifiée la grande journée de mobilisation de la fonction publique de jeudi, un soutien est quasi unanime (82%) chez les salariés du service public.

Mobilisation sociale : le match : « En marche » contre la CGT

Mobilisation sociale : le match : « En marche » contre la CGT

 

Clairement le match Macon contre la CGT est lancé mais l’issue risque d’être assez improbable et d’apporter des surprises. Finalement,  les deux camps pourraient être perdants. Si Macron impose toutes ses réformes à la hussarde et fait plier les syndicats, il est clair que l’image des organisations de salariés déjà affectée suivra une nouvelle dégradation. « En même temps », ces défaites des syndicats pourraient constituer une sorte de fabrique de mécontents qui va encore affaiblir la popularité de Macron et de son gouvernemenet. Finalement tout le monde risque d’être perdant dans cette affaire. Le pays d’abord dont les secousses sociales auront  quand même quelques conséquences néfastes sur la croissance et sur le climat général. Les syndicats et la CGT en particulier auquel on va reprocher leur irresponsabilité et leur radicalisme. Mais comme les mécontentements sont très variés, il pourraient être amplifié la baisse de popularité de Macron dans les sondages. Or ces baisses de popularités annoncent aussi une régression des votes pour « en marche »e. On l’a déjà nettement constaté dans les élections partielles où en marche recule de manière significative. Mais la correction pourrait être  particulièrement sensible lors  les élections européennes de 2019 dont l’enjeu paraît souvent secondaire et qui pourraient être utilisées pour sanctionner le gouvernement. Cette politique à la hussarde en vérité parfois de nature un peu populiste n’est bonne pour personne. Dans un pays démocratique la discussion en vue d’un compromis est toujours préférable à un affrontement  qui fragilise tout le monde.

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