Archive pour le Tag 'SNCF'

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Réforme SNCF : faute stratégique sans refondation de la politique des transports.

Réforme SNCF : faute stratégique  sans refondation de la politique des transports.

Le ministre des transports va annoncer une réforme ferroviaire  dont l’organisation sera calquée sur celle mise en œuvre dans le secteur de l’électricité: EDF SA, la maison mère, possède une filiale, RTE, créée en 2005, qui gère le réseau de transport d’électricité de manière indépendante avec la bénédiction de Bruxelles. C’est aussi une SNCF SA qui pourrait chapeauter une filiale RFF qui réunira les effectifs de la branche infrastructure de la SNCF, ceux de la direction des circulations ferroviaires et ceux de RFF, soit près de 50.000 personnes. Une grosse erreur car rien ne pourra changer à la SNCF sans une remise à plat de la politique des transports. Réformer séparément le transport routier public, la SNCF, la voie d’eau ou  le transport automobile démontre l’incapacité à appréhender  le fonctionnement du système des déplacements. Schématisons à outrance, la France veut étatiser davantage la SNCF dans un environnement concurrentiel totalement dérégulé par l’Europe. On fait du rafistolage par mode et c’est l’ensemble du pavillon français qui est menacé. La SNCF, les cheminots, les syndicats seront satisfaits de cette réforme mais l’essentiel, l’équilibre économique du fer sera encore davantage en danger. La dette va continuer de grossir avec les déficits chroniques (le fer  n’a jamais équilibré ses comptes depuis sa création sauf une ou deux fois après bricolage des comptes ; cela en dépit d’une contribution publique égale à 50% de ses coûts)). Du coup, la seule variable d’ajustement c’est la réduction du service et les coûts sociaux. Le changement du statut des cheminots aussi.  D’une manière plus globale, il y a donc urgence  à revoir une politique des transports qui n’a pas été réellement révisée depuis 30 ans. Quelques couches successives de fiscalité, de modifications structurelles,  de formalités administratives, inutiles souvent, quelques dispositions techniques plus ou moins heureuses. Malheureusement, un secrétariat d’Etat aux transports- sous la coupe de l’écologie- qui fait ce qu’il peut mais réduit à pas grand-chose alors que le secteur des transports est vital du point de vue économique, social et même sociétal. Pour schématiser à outrance, aujourd’hui la politique des transports, c’est des grands projets (la plupart non financés et certains inutiles), la dérégulation totale dans l’espace européen, le pavillon français en voie de disparition et bien sûr la fiscalité qui ne cesse d’augmenter aussi bien pour les automobilistes que pour les opérateurs de fret. La philosophie de la commission européenne est clair à cet égard, le transport est une activité secondaire qui doit se soumettre aux seules lois d’un marché  complètement dérégulé. Résultat de beaux discours sur l’intermodalité mais dans les fait les parts de marchés des modes alternatifs n’évoluent pas et même régressent. Il conviendrait au préalable d’  analyser le rôle des transports dans une économie et une société qui ont  évolué.  En fait, la mobilité est essentiellement à la base de l’internationalisation de l’économie et à la base  de la concurrence sauvage entre pays producteurs aux charges économiques, sociales et environnementales en distorsion totale ; un seul exemple, un containeur  coûte moins cher entre Hongkong et Anvers qu’un camion entre Paris et Marseille (moins de 500 euros). Le transport ne coûte rien rapporté a la valeur des marchandises, ce qui encourage une mobilité des biens  anarchique et condamnable sur le plan environnemental. Bref un gâchis énorme. Pour les personnes, c’est aussi la mobilité qui a structuré notre urbanisme et surtout favorisé un étalement qu’il est très difficile de desservir en transports collectifs. Retour de bâtons aujourd’hui avec le prix du carburant. Une fois analysé le rôle des transports dans une vision prospective, il convient évidement définir des objectifs à assigner à la politique des transports : liens avec l’économie, aménagement du territoire, qualité de vie, environnement, politique industrielle des infras et des matériels, sureté, sécurité. Le développement des transports doit nécessairement être planifié eu égard à l’importance des investissements ; des priorités doivent donc être dégagées, leurs coûts évalués  et leur financement assuré. A coté des investissements, la gestion des systèmes et la régulation méritent le même intérêt pour rationaliser l’utilisation des transports. Bref,  il  faut une vision stratégique. Faute de cela  au fil de l’eau, on assistera à la disparition des pavillons français, c’est déjà largement encours dans le maritime, c’est aussi presque fait pour le transport routier qui n’existe plus à l’international et est menacé dans l’espace national par le cabotage. Ce sera vrai aussi pour le transport aérien ;  l’affaire Air France se terminera par une délocalisation car les conditions de concurrence sont trop défavorable à la compagnie (avec en plus des erreurs de gestion). On ne peut traiter le problème de la SNCF et de RFF sans une réflexion approfondie sur l’évolution passée et future de la mobilité.  La redéfinition d’une politique des transports est d’autant plus nécessaire que la crise que nous vivons de nature systémique est durable, qu’il faudra rationaliser l’ utilisation de moyens budgétaires en régression ; la politique des transports aujourd’hui c’est l’addition des souhaits des lobbies, des décisions bureaucratique de Bruxelles  et de la régulation virtuelle d’ une administration française qui ne maitrise plus rien depuis longtemps. Chaque mode a  son champ de pertinence technique et économique, c’est cette pertinence qui doit être encouragée, régulièrement réévaluée et adaptée. Faute de cela les français rouleront avant 20 ans avec des voitures fabriquée en Roumanie;  PSA, Renault, Air France, Alstom  auront été délocalisés totalement, les marchandises seront transportées par des bulgares ou des Ukrainiens, les TGV les plus rentables seront assurés par les allemands ou les italiens.  La politique du low cost aura détruit les équilibres des sociétés de voyageurs comme de fret et intermodalité demeurera un concept pour discours de ministre.

 

Grève à la SNCF et grande réformette

Grève à la SNCF et grande réformette

Emploi, salaires ; deux motifs pour la grève. Pour les salaires c’est évidemment une sorte de provocation, 0.75% augmentation quand l’inflation sera autour de 2%. L’emploi, lui, dépend de la question de la dette et de l’ouverture à la concurrence. Le statut des cheminots pourrait à l’occasion être remis en cause pour les nouveaux embauchés ; 40 milliards de dettes pour le ferroviaire ; On, veut regrouper SNCF et RFF alors qu’on avait précisément opérer cette distinction pour remettre à flots les finances de la SNCF. Comme souvent un va faire une vraie réformette. L’enjeu c’est de revoir totalement la politique des transports et de redynamiser une entreprise qui n’a jamais su gérer. Aujourd’hui, les quatre principaux syndicats de cheminots (CGT, Unsa, SUD-rail et CFDT) sont unis dans un mouvement de grève qui va perturber le trafic. Dans le flou total sur le contenu de ce projet, ils se demandent ce que leur réserve Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports. Celui-ci prévoit de leur rendre le 30 octobre prochain une petite visite à la Halle Freyssinet à Paris où le président de la SNCF organise opportunément une fête pour les 75 ans de l’entreprise. Le ministre devrait leur présenter le projet qu’il a concocté. «Ce ne sera sûrement pas le grand soir», s’exclame Roger Dillenseger de l’Unsa. «Le changement, ce ne sera pas pour tout de suite», ironise Alain Aubert de la CFDT. Sur France Inter, le premier ministre a pourtant pris soin mercredi de se concilier les cheminots, «formidables». «La réforme se fera avec eux. C’est le pacte qu’on leur proposera», a déclaré Jean-Marc Ayrault qui veut une «grande politique ferroviaire». Il est probable que mardi prochain, le ministre des Transports dessinera les contours de la nouvelle gouvernance du système ferroviaire, c’est-à-dire la répartition des missions entre le gestionnaire d’infrastructure, RFF, et l’opérateur ferroviaire, SNCF. Sur ce sujet, un compromis a fini par apparaître: «Nous pensons qu’il faut regrouper toutes les activités de gestion de l’infrastructure. C’est-à-dire les effectifs de l’“Infra” de la SNCF – qui réalisent les travaux d’entretien du réseau -, ceux de la Direction des circulations ferroviaires (DCF) et ceux de RFF», résume Alain Aubert de la CFDT. Ce nouvel ensemble pèserait près de 60 000 personnes alors que RFF n’en emploie actuellement que 1400. Les dirigeants de SNCF souhaitent chapeauter cette entité à travers la création d’un holding commun baptisé en interne Pôle public unifié. Mais une telle organisation pourrait s’opposer aux futures règles européennes de gouvernance prévues pour la fin de l’année. Le gouvernement pourrait jouer la montre pour attendre la feuille de route européenne. Deux «points durs» de la réforme, l’ouverture à la concurrence et la gestion de la dette, ne devraient par ailleurs pas être tranchés la semaine prochaine. Lors des Assises du ferroviaire, animées par Nathalie Kosciusko-Morizet en 2011, la nécessité de définir un «cadre social harmonisé» s’était imposée pour réguler les conditions de travail des cheminots chez les concurrents de la SNCF. Mais depuis, la création d’une convention collective du rail est tombée aux oubliettes. «On ne connaît pas le périmètre de cette future branche. On ne sait pas avec qui nous allons négocier», remarque Roger Dillenseger. Quant au «mur» de dette de près de 37 milliards d’euros dont 28,6 sont portés par RFF, le gouvernement ne retiendra certainement pas la solution proposée par les syndicats. «On a repoussé le tas de sable depuis 1997, date de la création de RFF, s’exclame Roger Dillenseger de l’Unsa. Mais c’est à l’État actionnaire, qui a réalisé des investissements pour la construction de lignes à grande vitesse, d’assumer cette dette.» Ils la logeraient bien dans une «société de portage». Un scénario improbable au vu des finances publiques. Il y a quelques semaines, Sophie Boissard, la directrice de la stratégie du groupe SNCF, proposait de la partager entre la SNCF, les régions et les clients… Une option qui a fait l’unanimité contre elle.

 

 

La SNCF se secoue, va lancer des autocars à l’international et des TGV low cost

La SNCF se secoue,  va lancer des autocars à l’international et des  TGV low cost

« Nous travaillons au lancement d’une offre de qualité, confortable et populaire, sur les trajets internationaux », a expliqué Mme Dalibard, dans un entretien au quotidien économique Les Echos de vendredi.   »La demande de transport collectif reste forte et la SNCF souhaite y répondre en mettant en place de nouvelles activités, complémentaires du train », a-t-elle précisé. « L’objectif est ainsi de prendre des parts de marché à la voiture, par rapport à laquelle l’autocar représente un moyen de transport nettement plus écologique et très sécurisé ».   »Nous devons encore obtenir un certain nombre d’autorisations, mais nous espérons être prêts pour les jeux Olympiques de Londres », a indiqué Mme Dalibard, en précisant que la plateforme de correspondances (« hub ») du réseau devrait se trouver à Lille pour desservir les grandes capitales européennes: « Paris, Londres, Bruxelles et Amsterdam dans un premier temps ».  Mme Dalibard a précisé que les autocars « Speed » –nom de code de la nouvelle offre, précisent Les Echos– n’utiliseront pas la gare routière de Paris. La SNCF a « sollicité la mairie de Paris pour trouver un site proche du périphérique, simple d’accès pour nos clients et sécurisé ».  Avec cette nouvelle offre commerciale, la SNCF va concurrencer Eurolines ainsi que Megabus, filiale du transporteur britannique Stagecoach dont les services entre Londres et Paris ont débuté le 12 avril, avec des prix commençant à partir d’un euro.   »L’arrivée sur le marché d’un concurrent comme Stagecoach est un challenge supplémentaire. Mais nous avons les moyens de garantir des places bon marché, en utilisant les mêmes outils tarifaires que dans le train », a indiqué Mme Dalibard, précisant que les 46 autocars achetés disposeront d’un accès wifi « qui sera compris dans le prix » du billet, ainsi que de places pour personnes à mobilité réduite et en fauteuil roulant.   »La fréquence des départs est un élément important pour attirer ceux qui utilisent d’ordinaire la voiture. Nous avons l’intention de monter en charge progressivement », a-t-elle ajouté.  Le syndicat Sud-Rail a réagi à cette annonce, estimant que la direction SNCF préparait avec cette nouvelle offre « la mise en concurrence des parcours nationaux par autocar que devraient prochainement décider les pouvoirs publics », ce qui engendrerait « une mise en concurrence des transports ferroviaires régionaux et nationaux de (la) SNCF par des transports par autocars assurés par des filiales » de la SNCF.   »Le lancement de cette offre illustre les tentatives pour faire de la SNCF une multinationale des transports, plutôt qu’une entreprise ferroviaire appliquée à rendre le meilleur service au public et à développer le train », est-il ajouté.  Par ailleurs, Mme Dalibard a indiqué que la SNCF travaillait actuellement à l’élaboration d’un TGV low cost dans le cadre d’une « meilleure segmentation de (l’)offre, en examinant attentivement les besoins exprimés par les différents clients ».   »Certaines personnes souhaitent encore plus de confort et de services, ce à quoi nous répondons entre autres avec l’offre Pro 1ère. D’autres demandent qu’on leur propose une activité durant le trajet, c’est le cas par exemple avec IDzap sur IDTGV », a-t-elle relevé.   »D’autres encore sont très sensibles au prix, et le font primer sur un certain nombre d’autres aspects », a-t-elle poursuivi. « Pour répondre à cette dernière clientèle, nous travaillons effectivement sur une offre TGV low cost », a reconnu Mme Dalibard, sans autre précision.

 

Sernam : aucun emploi ne sera sauvé

Sernam : aucun emploi ne sera sauvé

La presse qui se contente le plus souvent de diffuser les communiqués des entreprises ou des gouvernements a titré  « 800 emplois sauvés sur 1400 ». En fait aucun emploi ne sera sauvé car le Sernam va être dépecé par liquidation de ses actifs ; Progressivement la clientèle sera appropriée par Géodis car le réseau du Sernam fait double emploi avec celui du repreneur. Au final certes 8OO salariés auront été sauvés mais pas les emplois du Sernam qui vont disparaître. Sans parler des sous traitants qui eux aussi vont être victimes de cette opération. Pouvait-i en être autrement sans doute non car le marché de la messagerie se caractérise par une surcapacité qui écrase prix, et marges ; la vraie question est celle de la régulation du secteur mais même les professionnels du secteur n’en veulent pas. Du coup progressivement les entreprises françaises passent sous capital étranger ; Cette reprise est tés politique, en fait c’est l’Etat via la SNCF qui reprend les salariés. Géodis a donc été retenu vendredi, sans surprise, pour une reprise partielle du transporteur Sernam, avec un peu plus de 800 postes qui pourraient être sauvés sur un total de 1.400. (Encore une fois on oublie les sous-traitants). Le tribunal de commerce de Nanterre a ordonné « la cession des actifs et des activités de la société Sernam Services aux sociétés Calberson SAS et BMVirolle », selon une copie du jugement que s’est procurée l’AFP.  Sernam, en redressement judiciaire depuis le 31 janvier, a été placé en liquidation avec poursuite d’activité jusqu’au 7 mai inclus.  Ancienne filiale de la SNCF, le spécialiste de la messagerie avait été privatisé en 2005 et acquis par le fonds Butler Capital. Mais il n’a pas résisté à la concurrence exacerbée du secteur, combinée à la crise économique.  Geodis/Calberson propose « la reprise de 622 emplois a minima, auxquels pourront s’ajouter 37 emplois sous réserve de l’acceptation par les salariés les occupant d’une modification de leurs contrats de travail relativement à leur lieu de travail », détaille le tribunal.  S’y ajoutent « 45 postes de travail destinés aux salariés du siège » de Sernam, 65 postes pour les salariés de sa filiale Aster, ainsi que 62 postes repris par BMV.  Sernam compte encore 1.441 employés, contre 1.600 fin janvier, après les départs liés aux difficultés de l’entreprise.  Geodis avait accepté mardi de mettre davantage sur la table pour la reprise du fonds de commerce de Sernam: 500.000 euros contre 50.000 euros initialement, selon lui (certaines sources ont évoqué une somme de départ de 96 euros), auxquels s’ajoutent 250.000 euros proposés par BMV, sa filiale à 30%.  La marque Sernam ne devrait pas être conservée, Geodis souhaitant intégrer ses activités dans celles de sa filiale Calberson.  Le ministère du Travail a aussi réuni à plusieurs reprises différents acteurs du secteur du transport et de la logistique –SNCF, La Poste, fédérations patronales et entreprises– pour mettre sur pied une Bourse à l’emploi.  La SNCF, où la rotation des salariés est importante, estime à environ 500 les postes qui pourraient correspondre à des profils d’employés de Sernam.  Ces postes seront « réservés » à ces derniers, a assuré Maxime Dumont, secrétaire général de l’Union fédérale route CFDT.  Dans tous les cas, les salariés sont assurés de toucher leurs paies en avril, selon l’avocate du Comité d’entreprise Aline Chanu.  L’issue du dossier Sernam était éminemment sensible, le gouvernement souhaitant éviter à tout prix des licenciements à moins de dix jours du premier tour.   »Il reste à peu près 500 personnes à qui il nous faut proposer rapidement une solution », a dit à l’AFP le ministre des Transports Thierry Mariani.  Il avait déjà fait en sorte que le candidat à la reprise de Sernam n’ait pas à rembourser 642 millions d’euros d’aides d’Etat jugées illégales par la Commission européenne, comme le demandait le patron de Geodis, Pierre Blayau.  Sa deuxième condition pour le dépôt d’une offre tenait à la date de prise de contrôle de l’entreprise. M. Blayau exigeait d’en avoir la jouissance 28 à 45 jours après la décision judiciaire. Mais il a dû se résoudre à proposer une reprise en main dès le 7 mai.

 

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