Archive pour le Tag 'séparatisme ?'

Séparatisme. Les réticences de Cédric Villani

Séparatisme. Les réticences de Cédric Villani

Le député Cédric Villani a écrit au Premier ministre pour manifester son opposition au projet de loi sur le séparatisme qui la possibilité d’instruction à domicile(interview dans l’opinion)

 

 

Le député​ de Paris Cédric Villani (non inscrit, ex-LREM) a écrit le 3 novembre au Premier ministre, Jean Castex, pour lui exprimer son opposition au projet de loi sur le séparatisme. Matignon ne lui a pas encore fait part de sa réponse.

Vous reprochez à ce projet de mettre « de côté une multitude de situations familiales où l’instruction en famille s’impose parfois ». N’est-elle pas un confort plutôt qu’une nécessité ?

On ne peut limiter l’instruction en famille (IEF) aux seuls impératifs de santé. Il existe une palette de cas qui justifie cette solution : des élèves victimes de discriminations à l’école, de harcèlements, de phobies scolaires ; des hauts potentiels, des familles trop éloignées d’une école, etc. Tous ces profils existent et, s’il y a des excès ou des dérives, ils sont très minoritaires.

Vous-même avez été un élève à la maison…

Pour des raisons de santé, je n’ai pas été beaucoup présent à l’école étant jeune, j’étais un lecteur acharné… Mais je n’ai pas moi-même bénéficié de l’IEF. En revanche, j’ai connu plusieurs cas, jusque dans ma propre famille, d’IEF souhaitée et pleinement réussie par des parents motivés et parfois formés à la pédagogie.

Le gouvernement justifie ce texte par le fait que les forces séparatistes, notamment islamistes, investissent de plus en plus la sphère éducative. N’est-ce pas un argument pertinent ?

L’argument des motivations religieuses radicales n’est pas conforté par des chiffres, selon des chercheurs qui ont récemment publié une tribune dans Le Monde. De plus, l’instruction en famille est déjà strictement encadrée et contrôlée. Sur 50 000 enfants scolarisés chez eux, combien dénombre-t-on de situations de violence ou d’endoctrinement ?

L’intérêt de la collectivité, la lutte contre le séparatisme ne justifient-ils pas de prendre le sujet à bras-le-corps ?

L’intérêt de la collectivité est avant tout de pouvoir débattre des sujets d’importance. L’IEF est de ceux-ci. On parle tout de même d’un dispositif qui est autorisé depuis presque cent quarante ans, la liberté d’enseignement étant un principe de valeur constitutionnelle ! Et il n’est pas avéré que la scolarisation obligatoire apportera une réponse au souci de contrôler les pratiques d’une minorité radicalisée. Si nous devons lutter contre le séparatisme, tous les moyens ne sont pas bons. L’endoctrinement est un vrai sujet, sur lequel il ne faut pas être naïf et qui appelle des mesures, mais une suppression de l’IEF manquerait sa cible. Ce serait restreindre nos propres libertés sans gain réel en sécurité.

Quels relais politiques les défenseurs de l’instruction à la maison ont-ils ? Comment se nouera le débat parlementaire ?

Difficile encore de mesurer les forces en présence. Étant moi-même identifié sur les sujets touchant à l’éducation, j’ai été contacté par des associations et des proches, partisans de l’IEF. Ce qui est certain, c’est que le débat sera vif et que ce texte ne passera pas comme une lettre à la poste.

Islamisme-la question d’un délit de séparatisme

Islamisme-Création d’un délit de séparatisme

D’après le Canard enchaîné, l’heure du dernier conseil de défense l’hypothèse de la création d’un délit de séparatisme a été évoquée. L’objectif serait d’incriminer les comportements qui auraient pour « objet ou effet » d’inciter à la violence contre une personne pour le simple fait qu’elle a exprimé son soutien aux valeurs de la République.

 La difficulté est surtout juridique pour qualifier le délit. De ce point de vue, le gouvernement est un peu coincé dans la mesure où il refuse pour l’instant de modifier la constitution. Or l’interprétation de la constitution notamment par le conseil constitutionnel constitue souvent un obstacle juridique dans la lutte concrète contre le terrorisme et encore davantage contre l’islamisme.

Il s’agit donc de trouver une formulation qui évite l’obstacle constitutionnel. Parallèlement, le Premier ministre a évoqué le délit de mise en danger de la vie d’autrui du fait  de la diffusion d’informations personnelles.

L’objectif global serait de sanctionner les menaces de violence et la propagation des idées séparatistes.

Il n’est pas certain que le projet juridique du gouvernement aboutisse rapidement compte tenu de la complexité à formuler le délit, à le prouver et à le sanctionner.

De nouvelles dispositions juridiques sont sans doute utiles voir nécessaires mais le problème essentiel est peut-être celui de la volonté politique avant tout.

 

Création d’un délit de séparatisme

Création d’un délit de séparatisme

D’après le Canard enchaîné l’heure du dernier conseil de défense l’hypothèse de la création d’un délit de séparatisme a été évoquée. L’objectif serait d’incriminer les comportements qui auraient pour « objet ou effet » d’inciter à la violence contre une personne pour le simple fait qu’elle a exprimé son soutien aux valeurs de la République.

 La difficulté est surtout juridique pour qualifier le délit. De ce point de vue, le gouvernement est un peu coincé dans la mesure où il refuse pour l’instant de modifier la constitution. Or l’interprétation de la constitution notamment par le conseil constitutionnel constitue souvent un obstacle juridique dans la lutte concrète contre le terrorisme et encore davantage contre l’islamisme.

Il s’agit donc de trouver une formulation qui évite l’obstacle constitutionnel. Parallèlement, le Premier ministre a évoqué le délit de mise en danger de la vie d’autrui du fait  de la diffusion d’informations personnelles.

L’objectif global serait de sanctionner les menaces de violence et la propagation des idées séparatistes.

Il n’est pas certain que le projet juridique du gouvernement aboutisse rapidement compte tenu de la complexité à formuler le délit, à le prouver et à le sanctionner.

De nouvelles dispositions juridiques sont sans doute utiles voir nécessaires mais le problème essentiel est peut-être celui de la volonté politique avant tout.

 

Séparatisme : des écologistes très confus

Séparatisme : des écologistes très confus

 

Les écolos d’EELV se font très discrets vis-à-vis du crime dont a été victime le professeur Samuel Patty. Il faut dire que pour le moins ils ne sont pas très clair dans leur rapport à l’islamo-gauchisme assez présent en leur sein. Pour l’essentiel leurs réactions se limitent à souhaiter qu’il n’y est pas d’instrumentalisation de l’attentat qui a frappé le professeur.

De fait,  les responsables écolos se font très discrets en raison du flou qui caractérise leur position vis-à-vis des radicaux religieux qui constituent il est vrai une partie de l’électorat qu’il ne faut pas contrarier. À peu près la même attitude que celle d’une partie du parti socialiste de ces dernières années et d’une partie de ce qu’il en reste. On notera que la ligne politique des verts  sur ce sujet est surtout une posture de défense.

Les écolos d’Europe écologie les Verts indiquent surtout ce qu’il ne faut pas faire mais sont fort peu prolixes sur la stratégie à tenir contre le terrorisme et la défense des valeurs républicaines.

Les Verts assument leur prise de distance. «Contrairement à d’autres, nous ne sommes pas dans l’exploitation politicienne», défend Julien Bayou. «Nous ne pensons par exemple pas qu’il faille s’affranchir du cadre légal pour combattre

Séparatisme : s’attaquer surtout aux causes

Séparatisme : s’attaquer surtout aux causes

 

 

Spécialiste du monde arabo-musulman, le politiste retrace, dans une tribune au « Monde », le processus menant de l’irruption de la question du voile en milieu scolaire, en 1989, aux « fatwas des smartphones » d’aujourd’hui et à l’assassinat du professeur Samuel Paty. La loi en préparation, souligne-t-il, doit traiter le problème à la racine.

 

TRIBUNE

 

Il y a trente et un ans, à l’automne 1989, éclatait la première « affaire » islamiste dans l’école de la République. Trois jeunes filles s’étaient présentées voilées en cours au collège Gabriel-Havez de Creil, dans l’Oise. L’organisation des Frères musulmans avait envoyé ses représentants pour négocier avec le principal, qui les avait éconduits lorsqu’il se rendit compte qu’ils l’enregistraient à son insu. Elle venait de marquer symboliquement une importante rupture, en cette année où l’affaire Rushdie avait déchaîné les passions outre-Manche et où Khomeyni, en prononçant sa fatwa du 14 février condamnant à mort Salman Rushdie pour blasphème, avait, du même coup de force, inclus l’Europe – et les autres territoires de la planète où vivaient des musulmans – dans le « domaine de l’islam », c’est-à-dire toute juridiction où s’applique une fatwa.

Les Frères musulmans avaient, dans le même esprit, modifié l’intitulé de leur organisation : elle devint l’Union des organisations islamiques de France, et non plus en France. Pour eux, les injonctions de la loi islamique, ou char’ia, devaient désormais pouvoir s’appliquer, et les jeunes filles qui le souhaitaient porter le hidjab à l’école. Ne serait-ce qu’au nom de la liberté d’expression… garantie par les lois de la République. Cette capacité à jouer sur deux registres juridiques déstabilisa les institutions et le réseau associatif – du ministre de l’éducation nationale Lionel Jospin à SOS Racisme, en passant par le Conseil d’Etat –, ouvrant une guérilla judiciaire pendant quinze ans, jusqu’à la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école, issue des travaux de la commission Stasi.

Trois décennies plus tard, la décapitation du professeur d’histoire, géographie et instruction morale et civique Samuel Paty, qui avait fait réfléchir ses élèves du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (également en banlieue parisienne), sur la notion de blasphème à partir de caricatures de Charlie Hebdo, s’inscrit dans le prolongement de ce processus.

Le père d’une élève – lui-même très actif dans l’« islamosphère » –, qui avait lancé une alerte rapidement devenue virale en se basant sur une description partiellement controuvée des faits et désigné l’enseignant à la vindicte, fut, comme ses prédécesseurs de 1989, reçu par la principale, accompagné par un agitateur sexagénaire, islamiste notoire issu de la mouvance des Frères musulmans radicalisés, ayant créé le Collectif Cheikh Yassine (du nom du fondateur du Hamas), un temps compagnon de route de Dieudonné, fiché « S » et inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Que celui-ci se soit targué, dans une interview filmée, d’avoir « exigé la suspension immédiate de ce voyou, car ce n’est pas un enseignant » auprès de la principale du collège en dit long sur l’évolution, en trente ans, du rapport de force autour des enjeux éducatifs en France par rapport à la mouvance islamiste.

Sondage Islamisme: 80 % approuvent le principe d’une loi contre le séparatisme…. mais n’y croient pas

Sondage Islamisme: 80 % approuvent le principe d’une loi contre le séparatisme…. mais n’y croient  pas

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro, 8 Français sur 10 approuvent le principe d’une loi contre le séparatisme dans le détail, 79 % des Français estiment qu’interdire le recrutement d’imams «détachés» venant de pays étrangers est efficace pour lutter contre le «séparatisme», et 77 % d’entre eux jugent pertinent de créer un contrat d’engagement sur la laïcité pour les associations bénéficiant de financements publics.une  majorité de Français est favorable à un «projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains». 62 % d’entre eux considèrent le terme «séparatisme» clivant, et 59 % le jugent moins compréhensible.

Pour la moitié des Français, ce texte vise avant tout à capter – ou conserver – une partie de l’électorat de droite

Enfin l’opinion publique doute de la sincérité des motivations du gouvernement. Pour la moitié des Français, ce texte vise avant tout à capter – ou conserver – une partie de l’électorat de droite.

Séparatisme : l’islamo gauchisme rampant à gauche

Séparatisme : l’islamo gauchisme rampant à gauche

 

Il est clair que d’un point de vue idéologique l’islamo- gauchisme ne cesse de gagner du terrain dans les organisations syndicales, politiques, écologistes et associatives et même dans l’université avec parfois des formes d’intolérance tout à fait contraires aux principes démocratiques.

Une sorte de glissement insidieux qui curieusement fait évoluer la pensée des plus anciens bouffeurs de curés vers le soutien implicite de l’islamisme. Pour preuve,  par exemple le choix délibéré de l’UNEF de se faire représenter à l’Assemblée nationale par une femme voilée. Ou encore l’opposition de nombre de ces organisations de gauche à vouloir traiter de l’influence de l’islam en tant que projet politique  dans des pays démocratiques comme la France. En fait une sorte de nouveau front gauchiste anticapitaliste bien sûr, anti impérialiste bien sûr et partisan d’une idéologie sectaire et radicale contraire même aux valeurs universalistes de la France.-(Référence par exemple aux théories du genre,  communautariste, décoloniale ou indigéniste .

Un mouvement qui se radicalise d’autant plus qu’il est minoritaire tant sur le plan politique, que sur le plan syndical et plus généralement sociétale. Pas étonnant il est surtout alimenté par les bobos urbains coupés  des réalités sociales et sociétales que vivent les plus défavorisés. Bref le drame permanent de la gauche en France qui veut représenter les couches populaires auxquels elle n’appartient pas.

Séparatisme ou laïcité: glissement sémantique ou recul

  • Séparatisme ou laïcité: glissement sémantique ou recul

 

  • Personne ne connaît encore le contenu de la loi annoncée par le président de la république à propos du séparatisme islamique. Même le titre pourrait être changé si l’on en croit les déclarations hier de Gérald Darmanin  à l’assemblée nationale. On pourrait passer du mot séparatisme à celui de laïcité. Certains pourront considérer qu’il s’agit d’un glissement sémantique sans grande conséquence sur le contenu mais d’autres estiment déjà le changement d’appellation comme un recul dans la mesure où le concept de laïcité se réfère essentiellement aux principes républicains et ne couvre pas la totalité de la problématique posée même par le président de la république. Cela pourrait constituer une sorte d’acceptation tacite d’un certain communautarisme qui refuse l’assimilation voir l’intégration. On peut en effet respecter la loi sans pour autant accepter le mode de civilisation et ses valeurs. Le choix du nom du texte législatif fait  donc déjà débat depuis que le mot séparatisme paraît abandonné .
  •  «Ce ne sera sans doute pas son nom, puisque le président de la République a évoqué dans son discours quelque chose qui ressemblerait à un projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains, a expliqué le numéro un de Beauvau. Mais l’idée est bien de lutter contre le séparatisme principal qui est l’islam radical, mais ce n’est pas le seul objet du texte.» Devant l’emballement médiatique, le ministère a dû rectifier le tir, rappelant que le titre exact du texte de loi n’était pas arbitré. «Nous avons du temps pour le choisir. L’important, c’est que la menace soit clairement désignée», insiste l’entourage de Darmanin. L’explication donnée par certains membres du gouvernement peine à convaincre de la pertinence du choix du mot laïcité. Il s’agirait en fait de donner un caractère plus positif au texte de loi mais qui en fait évacuerez la question du communautarisme

Séparatisme islamique : prévoir de forts affrontements

Séparatisme islamique : prévoir de forts affrontements

Dans le journal l’opinion, Thibault de Montbrial , avocat des questions de sécurité prévoit un affrontement à propos du séparatisme islamique. (Interview  dans l’opinion)

: « Nous allons assister à une bagarre. Une partie du pays va s’opposer à cette guerre déclarée à l’islamisme »

 

Thibault de Montbrial

 « Le séparatisme islamiste » : l’adversaire est cette fois désigné par le président de la République ?

Enfin ! Ce positionnement d’Emmanuel Macron sur l’islamisme, nous l’avons attendu. L’ennemi, c’est en effet l’islamisme avec sa traduction violente – le jihadisme – mais aussi sa traduction politique – l’islam politique. Le terrorisme a produit un tel effet de sidération sur nos sociétés qu’on en a, ces dernières années, presque oublié que nous sommes également vulnérables à l’islam politique. Or, à une minorité déjà tombée dans la violence s’ajoute désormais une part plus importante de la communauté musulmane pour laquelle l’islam politique prime. Selon un récent sondage IFOP, trois jeunes musulmans sur quatre font passer leur religion avant les lois de la République.

Trois ans du quinquennat ont été perdus ?

Dès le début de son mandat, Emmanuel Macron avait une vision très claire de la déstabilisation qui résultait du terrorisme islamique. Un bon travail a été fait sur le sujet. En revanche, sur l’islam politique, sa position a d’abord été beaucoup plus ambiguë. Sa lecture du monde passait par un prisme économique et social. En gros, du moment qu’il y avait des jobs pour tout le monde, il n’y avait pas de problème. Or, cette approche ne recouvre pas la réalité. Des gens qui théorisent l’islam politique sont souvent des personnes éduquées, très bien insérées dans la société, qui exercent leur influence sur la frange de la communauté musulmane tentée par le séparatisme.

Vous écrivez que depuis quarante ans, « le chantage au racisme » a empêché les politiques d’agir. C’est ce chantage auquel le président a décidé de ne pas céder ?

Son discours vendredi dernier aux Mureaux le prouve. Il a été pensé et écrit par des gens, y compris le Président, qui ont mesuré la gravité de la situation. A l’inverse, une partie de la communauté musulmane et de la gauche s’est perdue sur ces questions. En tranchant vraiment, Emmanuel Macron se met en danger politiquement mais, aujourd’hui, il a choisi son camp.

Un projet de loi, en décembre, doit transformer la parole en actes. Parmi les nombreux chantiers ouverts – des mesures qui touchent l’école, les associations, les imams – quels sont ceux prioritaires ?

Pour casser la dynamique de l’islamisme, ils le sont tous ! Il faut parvenir à casser la capacité d’endoctrinement à la source du séparatisme.

L’une des mesures les plus emblématiques – l’interdiction de l’école à domicile sauf raisons de santé – est critiquée. Est-elle utile ?

On ne peut pas toujours faire semblant d’ignorer les notes des services de renseignement qui alertent sur les conséquences de la non-scolarisation. A un moment, il faut choisir : veut-on nourrir l’islamisme et ses moyens de fertilisation que sont les écoles clandestines, les Elco (enseignement en langue et culture d’origine) et les prêches fondamentalistes ? Veut-on que le milieu associatif soit un vivier pour l’islam politique ? En Ile-de-France, Valérie Pécresse a décidé de conditionner les subventions versées par la Région à un contrôle des associations. Il faut bien commencer un jour.

Imaginons que la scolarisation obligatoire dans un établissement soit sanctionnée un jour par le Conseil constitutionnel ou la Cour européenne des droits de l’homme. Ne risquerait-on pas un effet boomerang ? Un formidable argument pour l’islam politique ?

J’appelle les corps intermédiaires, les préfets, les juges, à ne pas faire preuve de naïveté, à ne pas faire une interprétation « hors sol » de nos lois. Car les islamistes, eux, pratiquent, « le judo des valeurs ». Ils savent parfaitement utiliser la force de leur adversaire pour la retourner contre lui. Le droit est une arme qu’ils maîtrisent parfaitement. C’est la phrase du théologien des Frères musulmans, Al Qarâdawî : « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques, nous vous dominerons ».

Nous allons assister à une bagarre. Une partie du pays va s’opposer à cette guerre déclarée à l’islamisme. Comment ne pas le voir quand Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon ou Esther Benbassa participent en 2019 à cette funeste marche organisée par le Collectif contre l’islamophobie en France ?

Emmanuel Macron ne va-t-il pas être taxé de vouloir, une fois de plus, priver la droite d’oxygène ?

On ne peut pas toujours instruire le procès d’une politique qui ne serait engagée que sur la base d’intérêts électoralistes. A chacun d’assumer sa cohérence politique. Cette loi doit être massivement votée.

L’immigration non maîtrisée est à la racine du mal car elle permet à l’islamisme d’avancer ses pions. L’islamisme est la conséquence directe d’un long laxisme en la matière

L’immigration non maîtrisée est aussi, selon vous, un facteur de déstabilisation majeur. Estimez-vous donc que c’est le « pilier » manquant du plan contre le séparatisme ?

Absolument, car l’immigration clandestine vient alimenter les terreaux potentiels de l’islamisme. L’immense majorité des clandestins viennent de pays musulmans. En France, le risque qu’ils soient repris en main par l’islam radical est réel. J’assume totalement de dire que l’immigration non maîtrisée est à la racine du mal car elle permet à l’islamisme d’avancer ses pions. L’islamisme est la conséquence directe d’un long laxisme en la matière. Une partie importante de la communauté musulmane n’a qu’une envie, c’est de s’intégrer. Mais il n’y a aucune raison de garder chez nous des immigrés illégaux qui bafouent la loi et déséquilibrent les comptes sociaux. A un moment, il faut oser l’autorité.

L’immigration, c’est l’angle d’attaque du Rassemblement national contre le plan Macron.

Cela ne m’empêchera pas d’affirmer que l’immigration est l’autre grand chantier auquel s’attaquer si l’on veut lutter contre l’islamisme. Une fois encore, au lieu de se réjouir d’une avancée politique majeure, indispensable, le RN reste dans la critique systématique.

Le renvoi des clandestins dans leur pays d’origine reste la pierre d’achoppement de la lutte contre l’immigration illégale. Que proposez-vous ?

Un rappel d’abord : selon le rapport de la Cour des comptes de 2015, seuls 15 % des immigrés n’obtenant pas un titre de séjour sont renvoyés chez eux. Notamment parce que les pays d’origine ne veulent pas récupérer leurs ressortissants. Il existe deux leviers pour agir : que la France conditionne le volume de visas et l’aide financière à ces pays à leur bonne volonté en la matière. Mais je suis aussi pour la méthode australienne : un blocus maritime en Méditerranée pour empêcher les bateaux de passer. Et des zones d’attente dans les pays d’arrivée (Grèce, Italie, Espagne, etc.) où, une fois leur demande examinée, les déboutés de l’asile seraient immédiatement reconduits chez eux. Je propose également que les étrangers condamnés en France exécutent leur peine dans leur pays d’origine, quitte à ce que la France finance en partie ce dispositif. Cela libérerait environ 20 % des places de prison.

Après les attentats de masse projetés depuis l’étranger, comme en 2015, les attaques conçues en France par des individus « autonomes », comme l’assassinat du père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray, vous annoncez une troisième phase du terrorisme. Qu’est-ce que ce « terrorisme endogène structuré » ?

Nous avons aujourd’hui sur notre sol quelques centaines de gens qui ont combattu en Syrie et qui ont « le goût du sang dans la bouche » comme disent les militaires. Ils n’ont pas modéré leurs ardeurs anti-occidentales et ont la capacité de recruter dans le vivier des radicalisés et de structurer des réseaux. Les services les surveillent mais un attentat monté ici est inéluctable. Deux attaques de ce type ont déjà été déjouées : l’une visait l’Elysée et Beauvau, l’autre avait été fomentée dans la région de Brest.

La récente attaque contre les anciens locaux de Charlie Hebdo ne correspond pas à ce schéma.

Mais elle réunit tous les chapitres de mon livre ! Un « mineur » de 25 ans, venant du Pakistan, pays dit « sûr », la justice qui refuse de contrôler son âge par un test osseux et une agression avec une arme en juin qui lui vaut un simple rappel à la loi. Sans parler de la satisfaction de sa famille au Pakistan qui, ces derniers jours, se répand sur les réseaux sociaux…

La radicalisation de Mickaël Harpon, l’auteur de l’attaque à la préfecture de police de Paris il y a un an, était repérée de longue date par ses collègues qui, pourtant n’ont pas tiré la sonnette d’alarme, selon les informations du Parisien. Est-ce révélateur ?

L’infiltration dans les services publics existe, démontrée par un récent rapport parlementaire. Le filtrage en amont des individus radicalisés fonctionne cependant à peu près. Le vrai problème, ce sont les profils comme Harpon, qui basculent dans l’islam radical alors qu’ils sont déjà dans la place.

Comment jugez-vous les premiers mois d’Éric Dupond-Moretti à la Chancellerie ?

Avec le tandem Darmanin-Castex, nous assistons à un retour d’un discours d’autorité bienvenu après le désastreux couple Castaner-Belloubet. Mais Éric Dupond-Moretti, avec ses propos sur la prison, sa résignation face à la criminalité, sa vision d’avocat de la défense, c’est le « en même temps » d’Emmanuel Macron. En revanche, pour bousculer le conformisme de la justice, il peut être intéressant.

 

Séparatisme ! Enfin un discours de Macron mais encore un peu flou

Séparatisme ! Enfin un discours de Macron mais encore un peu flou

Il aura fallu plus de deux ans pour que Macron s’exprime enfin sur la question de l’islamisme. Cette fois, il n’a pas évité le sujet. Même si on peut à juste titre lui reprocher d’avoir employé le terme séparatisme sémantiquement mal adapté pour parler clairement du communautarisme islamiste radical et culturel.

Globalement quand même le chef de l’État a traité du séparatisme islamiste, le vrai sujet. Il a toutefois entretenu certaines confusions et développé des digressions pour atténuer le contenu de son propos: «Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. C’est le cœur du sujet». Et de rappeler que «le but final» de cette «idéologie» était de «prendre le contrôle complet» de la société.

Reste évidemment les suites à donner à cette prise de position. Bien d’autres présidents s’étaient déjà exprimés sur le sujet. La grande insuffisance n’est pas tellement dans l’exposé de la problématique mais dans la mise en œuvre et le contrôle des lois qui l’accompagnent. Or compte tenu des délais, cette loi ne sera sûrement pas applicable dans le temps indiqué par le chef de l’État. Il faudra évidemment qu’elle passe l’obstacle parlementaire, celui de l’opinion bien sûr, celui du conseil d’État et du conseil constitutionnel. Une loi qui ne sera sans doute pas opérationnelle  avant minimum un an. Sur de nombreux aspects par exemple sur la formation des imams la mise en œuvre ne pourra pas s’effectuer en quelques années. Cela d’autant plus qu’il y a encore beaucoup de confusion quant à la responsabilité de l’État vis-à-vis de la formation des responsables du culte.

Parmi les discrétions et les approximations, il faut citer le passage sur le colonialisme et la guerre d’Algérie. D’abord en notant que cette question ne figurait pas dans le propos écrit du chef de l’État. On voit mal ce que vient faire l’histoire de la colonisation 60 ans après l’indépendance alors que les enfants, les parents originaires de ces pays voire les grands-parents vivant en France le plus souvent français n’ont même pas connu la colonisation.

Une autre digression porte sur la question du voile avec une argumentation très alambiquée du chef de l’État qui considère que cet accessoire vestimentaire peut représenter un choix personnel de mode sans implication religieuse, sans implication politique mais aussi l’inverse. Bref le fameux en même temps de Macon qui obscurcit davantage une problématique qu’elle ne l’est l’éclaire. Parmi les orientations un peu concrète du chef de l’État a parlé de la laïcité nécessaire dans les services publics et aussi de l’obligation de l’école publique à partir de trois ans pour les enfants.

 «Au sein de nombreux services publics exercés par des entreprises, en particulier les transports en commun, nous avons vu ces dernières années se multiplier les dérives», a déclaré le chef de l’État. Et souvent, elles sont constatées avec une forme d’impuissance parce qu’il y a un contournement de la loi. Ce texte de loi permettra de faire que l’obligation de neutralité sera applicable aux agents publics mais, surtout, elle sera étendue aux salariés des entreprises délégataires. Ce qui n’était pas clairement le cas jusqu’alors», a annoncé Emmanuel Macron.

Les associations suspectées d’entrisme islamique sont également dans le viseur d’Emmanuel Macron. «Il sera permis de dissoudre les associations et assumer que, en vertu de nos principes républicains et sans attendre le pire, on puisse dissoudre des associations dont il est établi qu’elles portent des messages qui contreviennent à nos lois et nos principes, a affirmé le chef de l’État. Les associations doivent tenir la Nation et pas la fracturer, et nous ne céderons rien sur ce principe».

Concernant le financement des associations, le président a indiqué que «toute association sollicitant une subvention auprès de l’État ou d’une collectivité territoriale devra signer un contrat de respect des valeurs de la République et des exigences minimales de la vie en société, pour reprendre la formule du Conseil constitutionnel». «Si le contrat est rompu, ses responsables devront rembourser, car il est nécessaire que l’argent public ne serve pas à financer les séparatistes», a prévenu le chef de l’État.

Au total une intervention relativement appréciée mais qui évidemment dépendra des suites qui sont données non seulement en termes législatifs mais aussi en termes d’applications concrètes.

«Le séparatisme pour ne pas parler de l’islamisme»

 «Le séparatisme  pour ne pas parler de l’islamisme»

Rémi Brague ,membre de l’Institut,  philosophe et théologien, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, analyse ce que peut signifier la notion de «séparatismes» utilisée par le président de la République pour désigner un phénomène à combattre. (Interview le Figaro)

«La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste», a déclaré Emmanuel Macron dans son discours du 4 septembre consacré au 150anniversaire de la proclamation de la IIIe République. Que signifie exactement le terme «séparatisme»?

Rémi BRAGUE. - À vrai dire, pas grand-chose de précis. On a commencé à employer ce mot à propos de mouvements autonomistes, voire indépendantistes, en Bretagne, en Corse, etc. Il désignait alors le désir de quitter la communauté nationale pour constituer une entité politique se gouvernant soi-même. Employer le mot, c’est ramener l’inconnu au connu, le nouveau à l’ancien. Procédé très légitime, mais aussi tactique commode de simplification.

Lors de son discours de février 2020 à Mulhouse, le président avait évoqué «le séparatisme islamiste», désormais nous en sommes en lutte contre «les» séparatismes? Que signifie ce pluriel?

Je crains qu’on ne veuille une fois de plus noyer le poisson en refusant d’appeler un chat un chat.

Politique – Séparatisme et république: un discours très flou

Politique – Séparatisme et  république: un discours très flou

 

Vendredi au Panthéon le président la république a profité des 150 ans de la proclamation de la IIIe République pour s’opposer au tentations séparatistes. En réalité, un discours relativement flou et confus qui d’ailleurs a été très peu repris dans les médias. Comme d’habitude Macon s’en est remis à des formules très générales du type : « La République ne déboulonne pas de statue, ne choisit pas simplement une part de son histoire, car on ne choisit jamais une part de France, on choisit la France ». Un propos très vague ailleurs par ailleurs faux car la France bien entendu à déjà déboulonné des statues celles du maréchal Pétain ou de Napoléon III par exemple.

Pourtant on attendait d’un président de la république qu’il défende en premier les valeurs sur lesquelles elle se fonde. Or précisément la grande insuffisance de Macron se situe dans le champ régalien, c’est à  dire celui de l’intérêt général régulé par le principe républicain. Pour être encore plus cru, convenons que  l’État,  instrument privilégié de l’action, est aujourd’hui en pleine déliquescence. Dans tous les grands domaines régaliens, l’État s’affaiblit au point parfois même de disparaître dans certains quartiers sensibles. Macron de ce point de vue a toujours manifesté le plus grand flou à l’égard des valeurs républicaines notamment en matière de laïcité. En cause,  le fait qu’il ne veut surtout pas s’aliéner les voix de certaines populations concernées ( position également partagée par certains maires de grandes villes).

Le président de la république est nettement plus à l’aise avec les questions économiques ou géo stratégiques. Plus à l’aise ne signifie pas pour autant évidemment efficace comme le démontre l’affaiblissement de l’économie et notamment de l’industrie non seulement depuis la crise sanitaire (l’activité économique a enregistré un recul de 14 % au premier semestre, l’un des plus importants d’Europe) mais depuis aussi l’élection de Macron. On objectera à juste titre que l’écroulement de l’industrie française a commencé bien avant. En cause, une vision de technocrates de salon qui ont encouragé le pays à se transformer en zone de services pour commercialiser des produits délocalisés dans les pays pauvres. Pour preuve, l’écroulement de l’industrie et parallèlement le manque cruel de main-d’œuvre qualifiée non seulement dans l’industrie mais plus largement dans les métiers manuels.

 

Bref le résultat en terme social se traduit par un volant permanent de chômeurs de 5 à 8 millions selon les méthodes d’évaluation. Un véritable boulet d’un cout considérable et qui nourrit en plus le inégalités sociales voire même la misère dans certains cas. Le président de la république a quand même parlé de l’insécurité devenue la seconde préoccupation des Français devant même le chômage et juste après la question de la santé. Le contenu du discours présidentiel est encore apparu une nouvelle fois très ésotérique pour ne pas avoir à traiter l’urgence de la crise générale de l’autorité dans l’Etat et plus généralement dans la société. Macron a surtout évoqué le risque de séparatisme, des principes républicains contestés par des forces obscurantistes. Bref, un bla-bla pseudo intellectuel pour ne pas avoir à affirmer que le rétablissement de l’ordre et de l’autorité constitue aujourd’hui la priorité. Cela impliquerait en effet, une refonte du système pénal aujourd’hui complètement dénaturé par la faiblesse ou l’inexistence des sanctions. Sanctions souvent prononcées deux ou trois ans après les faits !

 

Évidemment ce n’est pas le discours du ministre de la justice complètement à côté de ses sabots qui peut laisser supposer un changement dans le sens évoquer. Faut-il rappeler que le ministre de la justice vient de déclarer qu’il n’y avait pas davantage d’insécurité en France ; pire, que le sentiment d’insécurité relevait du fantasme. De toute évidence, le ministre de la justice et ceux qui pensent la même chose vivent dans un autre monde. Or on attend de Macron qu’il nous parle du monde réel et non d’un monde élitiste à des milliers de kilomètres des réalités économiques et sociales d’une grande partie de la société. C’est-à-dire comment se vivent au quotidien les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité et comment redonner un contenu opérationnel à un Etat déliquescent normalement au service de ses valeurs.

 

Séparatisme et république: un discours très flou

Séparatisme et  république: un discours très flou

 

Vendredi au Panthéon le président la république a profité des 150 ans de la proclamation de la IIIe République pour s’opposer au tentations séparatistes. En réalité un discours relativement flou et confus qui d’ailleurs a été très peu repris dans les médias. Comme d’habitude Macon s’en est remis à des formules très générales du type : « La République ne déboulonne pas de statue, ne choisit pas simplement une part de son histoire, car on ne choisit jamais une part de France, on choisit la France ».

Pourtant on attendait d’un président de la république qu’il défende en premier les valeurs sur lesquelles elle se fonde. Or précisément la grande insuffisance de Macron se situe dans le champ régalien, c’est à  dire celui de l’intérêt général régulé par le principe républicain. Pour être encore plus cru, convenons que  l’État,  instrument privilégié de l’action, est aujourd’hui en pleine déliquescence. Dans tous les grands domaines régaliens, l’État s’affaiblit au point parfois même de disparaître dans certains quartiers sensibles. Macron de ce point de vue a toujours manifesté le plus grand flou à l’égard des valeurs républicaines notamment en matière de laïcité. En cause,  le fait qu’il ne veut surtout pas s’aliéner les voix de certaines populations concernées ( position également partagée par certains maires de grandes villes).

 

Le président de la république est nettement plus à l’aise avec les questions économiques ou géo stratégiques. Plus à l’aise ne signifie pas pour autant évidemment efficace comme le démontre l’affaiblissement de l’économie et notamment de l’industrie non seulement depuis la crise sanitaire (l’activité économique a enregistré un recul de 14 % au premier semestre, l’un des plus importants d’Europe) mais depuis aussi l’élection de Macron. On objectera à juste titre que l’écroulement de l’industrie française a commencé bien avant. En cause, une vision de technocrates de salon qui ont encouragé le pays à se transformer en zone de services pour commercialiser des produits fabriqués dans les pays pauvres. Pour preuve l’écroulement de l’industrie et parallèlement le manque cruel de main-d’œuvre qualifiée non seulement dans l’industrie mais plus largement dans les métiers manuels.

 

Bref le résultat en terme social se traduit par un volant permanent de chômeurs de 5 à 8 millions selon les méthodes d’évaluation. Un véritable boulet d’un cout considérable et qui nourrit en plus le inégalités sociales voire même la misère dans certains cas. Le président de la république a quand même parlé de l’insécurité devenue la seconde préoccupation des Français devant même le chômage et juste après la question de la santé. Le contenu du discours présidentiel est encore apparu une nouvelle fois très ésotérique pour ne pas avoir à traiter l’urgence de la crise générale de l’autorité dans l’Etat et plus généralement dans la société. Macron a surtout évoqué le risque de séparatisme, des principes républicains contestés par des forces obscurantistes. Bref un bla-bla pseudo intellectuel pour ne pas avoir à affirmer que le rétablissement de l’ordre et de l’autorité constitue aujourd’hui la priorité. Cela impliquerait en effet, une refonte du système pénal aujourd’hui complètement dénaturé par la faiblesse ou l’inexistence des sanctions. Sanctions souvent prononcées deux ou trois ans après les faits !

 

Évidemment ce n’est pas le discours du ministre de la justice complètement à côté de ses sabots qui peut laisser supposer un changement dans le sens évoquer. Faut-il rappeler que le ministre de la justice vient de déclarer qu’il n’y avait pas davantage d’insécurité en France ; pire, que le sentiment d’insécurité relevait du fantasme. De toute évidence, le ministre de la justice et ceux qui pensent la même chose vivent dans un autre monde. Or on attend de Macron qu’il nous parle du monde réel et non d’un monde élitiste à des milliers de kilomètres des réalités économiques et sociales d’une grande partie de la société. C’est-à-dire comment se vivent au quotidien les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité et comment redonner un contenu opérationnel à un état déliquescent normalement au service de ses valeurs.

 

Une loi sur le séparatisme ?

Une loi sur le séparatisme ?

 

Cette loi va sans doute être l’occasion de confusion et d’un grand flou artistique en raison notamment de son nom et de son objectif. En outre,  ce n’est pas forcément la priorité du moment. Concrètement le plus urgent est sans doute de s’attaquer à la sécurité montante partout et en particulier dans les quartiers marginaux désertés par la puissance publique. De ce point de vue après les fusillades de Nice et les voyages des responsables du gouvernement comprenant notamment le premier ministre et le ministre de l’intérieur, la montagne a accouché d’une souris. En effet pour résumer afin de lutter contre les citadelles de la drogue dans les quartiers et les crimes de sang,  on va infliger une amende au consommateur. Pas vraiment une mesure à la hauteur de l’enjeu.

L’insécurité est sans doute la caractéristique la plus visible et la plus concrète du séparatisme. D’un côté des populations et des quartiers qui se soumettent aux lois de la république et de l’autre des quartiers heureusement minoritaires qui appliquent leur propre loi, leur propre économie leurs propres règles de régulation de la sécurité. C’est ce séparatisme là qui devrait être prioritaire. L’autre séparatisme se recoupe d’ailleurs avec le précédent , il est de nature plus politique et plus religieux. Mais on comprendra que l’objectif  » qui visera tout “projet organisé en marge de la République et contre la République, en vue de lui porter atteinte”, comme la déclaré dimanche la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa paraît particulièrement va vague. Et quand la sous ministre essaye de s’expliquer, c’est encore plus flou :

“J’ai entendu diverses interprétations disant: alors si on est un groupe d’amis de la même origine qui aimons être ensemble, est-ce qu’on en fait partie? Non. La seule question qui vaille est: est-ce qu’il y a un projet pour s’organiser contre la République”, a dit la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, au micro de franceinfo.

“Je ne veux pas qu’on soit une addition de simili-communautés qui ne se parlent pas au mieux et qui se détestent au pire. (…) Pour cela, nous devons mettre en oeuvre des politiques d’intégration pour les primo-arrivants et être également dans la répression.” Le seul exemple un peu précis donné par la ministre est celui de l’excision.

Depuis 2017, a ajouté Marlène Schiappa, le gouvernement a fait fermer près de 300 “lieux problématiques, du débit de boissons jusqu’à l’école hors contrat qui prêchait le séparatisme”. “Nous allons continuer et amplifier cela”, a promis la ministre déléguée, tout en préconisant de renforcer le partenariat entre maires et préfets. Le problème c’est que chaque fois qu’un lieu est fermé deux ou trois autres s’ouvrent.




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