Archive pour le Tag 'séisme'

Sondage : Macron : bon président pour 45%, pourquoi ? Phénomène de mode ou séisme ?

Sondage : Macron : bon président pour 45%,  pourquoi ? Phénomène de mode ou séisme ?

 

Si l’on s’en tient au sondage Odoxa du  Parisien/Aujourd’hui en France, Emmanuel Macron pourrait bien provoquer une sorte de séisme dans la classe politique. En effet 45% des Français considèrent déjà qu’il ferait un bon président,  ce qui le place immédiatement derrière  Alain Juppé (56%). Cela alors qu’il n’a pas encore déclaré formellement sa candidature pour les présidentielles. Un sondage qui met très loin Manuel Valls (15%), Jean-Luc Mélenchon (12%) et François Hollande (6%). En outre sa démission du gouvernement est approuvée par les trois quarts des Français. Cette ascension relativement exceptionnelle pour un homme sans véritable organisation, sans passé politique significatif et même sans orientation très élaborée découle sans doute de plusieurs facteurs explicatifs. Le premier élément vient du phénomène d’usure de la classe politique traditionnelle organisée en partis dont les Français n’attendent plus grand-chose. La seconde raison tient vraisemblablement à la médiocrité de la plupart des personnalités qui ambitionnent d’accéder à  la magistrature suprême. Médiocrité sur le plan des connaissances socio économiques et sociétales mais aussi médiocrité intellectuelle. Or Macron comparé à la plupart des autres parvient à élever le débat même si on peut contester certaines orientations et surtout le flou programmatique notamment dans le domaine sociétal. L’atout principal de  Macron est peut-être aussi sa jeunesse comparée à l’âge des autres candidats de la génération des 50 à 70 ans usés par les travaux guerriers des luttes politiques intestines (de l’extrême gauche à l’extrême droite) et les discours démagos. D’une certaine manière, Macron ringardise.  On s’interroger sur la crédibilité qu’accordent certains candidats à leur propre propos tellement le manque de conviction est évident ou inversement tellement le trait  caricatural témoigne de la posture de comédien qui fait semblant de croire aux promesses de coiffeur faites  au bon peuple. Par ailleurs Macron s’aligne sur une évolution  sociétale et idéologique qui remet en cause les vieux clivages gauche droite usés  jusqu’à la corde. Usés par la gauche qui finalement se soumet maladroitement et avec retard aux impératifs des réalités économiques, usés par la droite également profondément trop marquée par l’étatisme. Une dernière caractéristique qui concerne tout autant l’extrême gauche et l’extrême droite. Il n’est pas certain évidemment que Macron  parvienne en 2017 à conquérir la magistrature suprême mais il est probable qu’il va provoquer une grande secousse sismique dans le paysage politique. Pourtant l’intéressé dans ses récentes et finalement courtes fonctions de ministre de l’économie n’a pas montré grand chose. La loi Macron 1 ressemblait davantage à une auberge espagnole qu’à un programme de réforme structurelle économique. Le plus intéressant chez Macron c’est ce qu’il n’a pas fait !  il faut dire qu’il a été en permanence empêché ou freiné par Valls qui a très vite décelé le danger de ce nouveau concurrent potentiel à la succession de François Hollande. Le passé politique d’Emmanuel Macron demeure assez inconsistant par contre certaines de ses analyses se sont montrées à la fois pertinentes et surtout compréhensibles car débarrassées de la langue de bois habituelle. Les autres responsables ont tendance à systématiquement dire tout et son contraire. Dernier exemple en date la réduction éventuelle de l’impôt sur le revenu à laquelle adhèrent presque tous les candidats mais conditionnée par une réforme fiscale globale qui inévitablement fera encore monter les prélèvements obligatoires. Un sujet un peu surréaliste puisqu’on fait croire qu’il y aurait deux catégories  de Français ceux qui payent l’impôt citoyen et ceux qui payent les autres impôts  non citoyens. La réforme est sans doute nécessaire encore faudrait-il en préciser l’objectif réel et les modalités. Emmanuel Macron, lui,  a le grand mérite d’être clair car son propos est débarrassé des oripeaux de la dialectique politicienne, sorte de charabia énarchique pour faire sérieux mais qui masque mal l’incompétence et l’immobilisme. Le tremblement provoqué par le jeune Macron  ne concernera pas seulement la gauche, une gauche par ailleurs condamné à la débâcle électorale et qui, extrême gauche comprise, ne représente plus que de l’ordre de 25 à 30 % dans le pays. Le séisme concernera aussi le centre et la droite classique car Macron va sans doute siphonner autant de voix à droite qu’à gauche compte tenu de son positionnement idéologique. Il est clair par exemple que nombre de sympathisants et même de responsables des républicains sont plus proches d’un du social libéral Macron  que du bonapartiste Sarkozy. L’extrême droite et l’extrême gauche vont également être affectées par les vagues de fond provoquées  par l’ancien ministre de l’économie dans la mesure où leurs propositions économiques (paradoxalement relativement proches) risquent  de montrer encore davantage leurs incohérences et leur démagogie. Reste que Macron  présente encore quelques faiblesses voire des handicaps sérieux ;  il risque notamment de traîner comme un boulet sont passé d’énarque mais aussi celui d’éphémère banquier. En outre il lui faudra faire bien des efforts pour persuader l’opinion qu’il est proche des vrais gens comme il dit lui-même ;  une formule d’ailleurs malheureuse et qui révèle la reconnaissance de son appartenance à une élite responsable d’une grande partie de la crise qui caractérise la France dans le domaine social, économique et sociétal. Pour parler clair, la question est de savoir si Macron propose de gouverner la France comme Hollande avec ses copains de l’ENA ou s’il est décidé d’ouvrir sa gouvernance éventuelle à des responsables de la société dite civile. Une dernière expression par ailleurs encore ridicule   pour distinguer ceux qui n’appartiennent pas à l’élite de la monarchie républicaine. La sémantique comme la politique sent la naphtaline !

Départementales-régionales : Le séisme électoral, le PS à 8%

Départementales-régionales : Le séisme électoral, le PS à  8%

 

Dans les récents sondages pour les départementales, le FN arrive en tête autour de 30%, l’UMP à 25% et le PS à 16%. En fait ces sondages n’intègrent pas les abstentionnites traditionnellement très nombreux lors de ces élections et dont le taux pourrait dépasser 50% ; Du coup par rapport aux inscrits le PS pourrait ne représenter que de l’ordre de 8% des électeurs. Autant dire pas grand chose. Il est à peu près certain que ce sont les électeurs de gauche qui se déplaceront le moins comme en témoignent les élections partielles toutes perdues par le PS. L’abstention se nourrit surtout du discrédit des institutions politiques et de la résignation des Français quant à l’avenir du pays. Un sondage  BVA orange vient de montrer que pour environ 70% des Français l’année 2015sera encore pire que 2014. La parole politique est  discréditée et pour longtemps tant que le chômage actuel persistera  Le reste est considéré à juste titre comme bavardage électoraliste ou gadget. Certes il y aura des élus mais leur légitimité pourra être sérieusement mise en question comme la légitimité du gouvernement actuel et celle de Hollande. Pour dire vrai, les grands médias ont peur d’un tsunami politique qui viendrait remettre en cause la pérennité du système politique ;  ils sont globalement légitimistes parce que pour la plupart partie intégrante du système. Pas étonnant que la presse en général et la presse écrite en particulier soit elle auusi suspectée d’incompétence et de partialité par les Français. La parole publique n’est guère décryptée, comment pourrait-t-elle l’être par des journalistes eux mêmes incapable analyser les facteurs explicatifs d’une crise à caractère systémique. . On se contente le plus souvent de reprendre, sans commentaire, les dépêches d’agences, des institutions ou de entreprises. Avec quelques petites fenêtres de débats pour compenser cette allégeance globale à la pensée dominante. Un seul exemple, le bradage du pôle énergie d’Alstom à General Electric pour satisfaire les actionnaires à court terme et étouffer l’affaire de corruption. Pire le PDG est récompensé par une prime de Noel de 4 millions. Pourquoi si peu d’analyse, si peu de critiques parce que la presse, en proie à une crise structurelle menacée en particulier par internet,  ne peut se permettre de mécontenter les grands annonceurs (comme l’Oréal et autres récemment coupables d’entente illicite sur les prix). Autant d’éléments (et bien d’autres) qui nourrissent le discrédit global de cette parole publique et de leurs observateurs. Mais le séisme électoral tant des départementales que des régionales ne pourra être étouffé.

Européennes: après le séisme, quel cap ?

Européennes: après le séisme, quel cap ?  

 

Hollande aura du mal à changer de cap car il n’a jamais su où aller. Il est vraisemblable qu’on ne changera rien en affirmant qu’il faut du temps pour que les réformes engagées donnent des résultats. Du côté de l’Elysée, on ne souhaite pas d’inflexion de politique et on est plus que jamais convaincu que c’est par la politique de l’offre qu’on apportera les bonnes réponses. « L’emploi, il n’y a pas 10.000 manières d’aller le chercher », explique un proche du chef de l’Etat. « Et c’est en baissant les charges des entreprises qu’on y arrivera », ajoute-il. Maintenant, à l’Elysée, on admet qu’on ne peut pas rester non plus sans réponse. Cela fera l’objet de discussion les prochaines semaines. Mais dans l’entourage de François Hollande, on annonce déjà la couleur. « Des nouvelles mesures ? Un peu plus de social ? Encore faudrait-il avoir des marges de manœuvres, on ne les a pas ». Du coup, dimanche soir, les ténors de la majorité que nous avons joints s’abritaient derrière un argument : il y a toujours un effet défouloir, derrière cette élection européenne, disent-ils. « Ce n’est pas très nouveau, explique-t-on à l’Elysée, où l’on mesure à quel point il y a urgence à avoir des résultats tangibles sur le plan économique.  Mais certains députés PS comptent bien saisir l’occasion pour pousser le gouvernement dans ses retranchements en s’attaquant aux baisses de charges promises aux entreprises. « Il faut recentrer notre politique sur le pouvoir d’achat », assure un ténor socialiste. Mais comment financer de nouvelles mesures alors que l’Elysée explique n’avoir aucune marge de manœuvre? « Faux », rétorque un député PS, influent sur les questions budgétaires: « il y a les entreprises » ! « Il faut adapter le pacte de responsabilité« , n’hésite plus à nous dire ce parlementaire. Une piste commence même à émerger à l’Assemblée. Le gouvernement a prévu de supprimer la C3S, l’une des taxes qui pèsent sur la production dès 2015. On pourrait très bien décaler ce coup de pouce dans le temps ! C’est dire si ce nouvel échec électoral risque de donner du grain à moudre à ceux, au sein de la majorité, qui contestent l’ampleur des baisses de charges accordées aux entreprises.

Le séisme politique se rapproche, Hollande près de la sortie

Le séisme politique se rapproche

 

A peine un an après son élection Hollande est à bout de souffle, 90% des français condamne sa politique économique, sa popularité chute à 24%, il se dirige tout droit, comme Jospin, vers les 18%. Autant dire que c’est la paralysie très prochaine pour le gouvernement qui peut s’attendre à la manifestation de mécontentements à chaque mesure prise. Du coup ; ce sera un pas en avant, un pas en arrière (voir l’exemple du mouvement des « Pigeons »). On connait la boite à outils  politique, on va commencer par remanier le gouvernement, une sorte de jeu de chaises musicales mais qui ne changera pas la vision et l’action. Un gouvernement de gauche bricolé qui ne tiendra pas six mois. Il faudra alors se résoudre à un gouvernement d’union nationale , lequel aura aussi toutes les chances d’être rapidement discrédité car composé de membres des pros de la politique ( l’oligarchie habituelle).En fait des « responsables » qui ont pour la plupart fait toute leur carrière en politique sans jamais mettre les pieds dans l’économie réelle. Et facilement manipulables par les groupes de pression et les experts à la petite semaine (la plupart eux aussi des fonctionnaires complètement incompétents en économie). Tout se terminera par la remise des clés de la gouvernance à un gouvernement de véritables experts non politisés. On y perdra sans doute en démocratie formelle ce qu’on gagnera en efficacité socio-économique. Aucune formation politique, aucune personnalité politique n’a aujourd’hui la crédibilité nécessaire pour opérer le redressement nécessaire notamment pour relancer la croissance et affronter ce cancer qu’est le chômage. Certes certains ont des postures de contestation qui peuvent être pertinentes mais cela ne constitue en aucun cas un projet politique crédible. Il faudra chercher ailleurs les futurs membres de la gouvernance, dans l’économie réelle évidemment. Sinon c’est la chienlit qui pourrait s’installer. Ce n’est pas par hasard si 70% des français pensent que l’explosion sociale est probable ; Hollande devrait, pour sauver sa place, se consacrer à l’inauguration des chrysanthèmes et remettre les clés du pouvoir a des responsables compétents, courageux et honnêtes ; trois qualificatifs qui éliminent la quasi-totalité de la classe politique actuelle.




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