Archive pour le Tag 'sécheresse'

Environnement- Sécheresse : la crise supplémentaire

Environnement- Sécheresse : la crise supplémentaire

La sécheresse atteint une intensité inédite en France cette année. Un phénomène qui, amplifié par le réchauffement climatique, est devenu une menace supplémentaire à l’échelle mondiale, avec pour conséquence de faire de l’eau une ressource rare devenue plus que jamais vitale. Par Charaf Louhmadi, ingénieur-économètre chez Natixis, et Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School.

 

La terre contient 96,5 % d’eau salée et 3,5 % d’eau douce. L’essentiel de cette eau douce se trouve dans les glaciers et dans les nappes phréatiques. On dénombre à peine 0,3 % d’eau douce potable disponible pour l’espèce humaine.

Face à une demande en eau sans cesse croissante, les ressources restent de plus en plus limitées. L’augmentation de la demande en eau s’explique par l’accélération de l’urbanisation, l’essor de la démographie mondiale et les besoins croissants en eau dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

Selon un rapport de la Banque mondiale, 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 22 % par l’industrie et 8 % par les particuliers. A noter également que près de 7 personnes sur 10 ont accès à l’eau potable à domicile et que sa disponibilité sur le plan géographique est fortement variable.

Les ressources en eau se font de plus en plus rares. Le stress hydrique mondial est désormais un fait et une crise internationale de l’eau dans les décennies à venir semble inévitable. Selon le World Resources Institute, d’ici 2040, la plupart des pays n’auront plus assez de ressources pour répondre à leur demande en eau. Les activités industrielles et agricoles font que l’espèce humaine puise énormément et de plus en plus dans les nappes phréatiques et les aquifères qui, rappelons-le, ont mis des millénaires à se former.

Pour illustrer la gravité de ce fléau, notons que dans certaines régions, au Maghreb par exemple, il faut creuser plus de 200m sous terre pour trouver de l’eau. De plus, le réchauffement climatique aggrave cette crise hydrique car les précipitations seront de moins en moins abondantes dans les prochaines décennies. Les villes commencent à envisager de plus en plus des scénarii de coupures ponctuelles d’eau. On parle même de « jour zéro », une journée entière sans eau. Dans certaines villes du Maghreb, la réduction des débits d’eau potable est d’ores et déjà à l’ordre du jour, à Berrechid, non loin de Casablanca, la réduction aura lieu à partir du 1er août.

La crise écologique accentue les phénomènes de sécheresse et de pénurie d’eau, en particulier dans des zones de la planète touchées par l’extrême pauvreté. La pénurie d’eau sera, sans doute, un fléau permanent majeur du 21e siècle et risque d’entraîner des tensions voire guerres locales et régionales

L’Europe n’est pas épargnée par la sécheresse. La France hexagonale affronte une sécheresse grave et historique, plus de 100 communes sont privées d’eau potable. Au mois de juillet, on observe un déficit pluviométrique supérieur à 80% et des températures fortement et historiquement élevées. Des niveaux d’alertes, à échelles de gravité variables, sont déclenché sur tout le territoire. La Première ministre Elisabeth Borne a activé, vendredi 5 août, la cellule interministérielle de crise.

En outre, les niveaux sont de plus en plus bas dans le Rhin. Des minimums non observés en plus de quinze ans sont retrouvés dans certaines villes allemandes. Cela a un impact au niveau énergétique car les navires sont contraints de diminuer leurs cargaisons. Or le fleuve revêt une position névralgique en ce qui concerne le commerce maritime européen. Le gaz russe étant coupé, l’Allemagne, locomotive économique européenne se tourne désormais vers le charbon pour s’approvisionner ce qui entraîne donc la hausse du prix du charbon et fragilise ipso facto notre voisin outre-Rhin.

Les pays du sud de l’Europe se retrouvent face à la canicule, aux incendies et à une sécheresse accrue. Dans le nord de l’Italie, la production agricole est terriblement fragilisée. Cinq régions sont déclarées en état d’urgence. Coldrietti, une des plus grandes associations agricoles italiennes, estime les dégâts à 3 milliards d’euros, soit près de 5% de la production agricole à l’échelle du pays. Dans les îles Canaries, à Tenerife, plusieurs centaines d’habitants ont été évacués et 2.500 hectares ont brûlé.

Lors du premier semestre 2022, les températures en Italie ont augmenté de 2 degrés et les volumes de précipitation et de neige ont baissé respectivement de 80% et de 60%. On assiste à la pire sécheresse depuis plus de sept décennies. La France a connu également courant juillet une canicule sévère et une série d’incendies.

La sécheresse et la pénurie d’eau sont également des problèmes vitaux en Afrique. Ce continent paye au prix fort les conséquences du réchauffement climatique. La corne de l’Afrique subit une des sécheresses les plus sévères depuis plus de 40 ans. C’est la troisième année consécutive de sécheresse et 20 millions de personnes sont menacées dans 4 pays : le Kenya, la Somalie, l’Ethiopie et Djibouti.

Rein Paulsen, directeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA), affirme que « le temps presse » et que ces pays sont indéniablement au bord de la catastrophe. Michael Dunford, directeur régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU pour l’Afrique de l’Est, mentionne que : « Les récoltes sont ruinées, le bétail meurt et la faim augmente. »

L’Afrique et plus précisément les pays du Maghreb connaissent un inquiétant stress hydrique, lui aussi conséquence du réchauffement climatique. Si l’on se rapporte à la définition de l’ONU, un pays ou une région est en stress hydrique si on y prélève plus de 25% des ressources phréatiques. Aux pays du Moyen Orient et du Maghreb, on prélève en moyenne plus de 80% des ressources. C’est ce qu’on appelle un stress hydrique extrême. Au Maroc, les barrages se vident à grande vitesse.

Une étude de l’Economist Intelligence Unit confirme que les causes de la pénurie d’eau et de la pression sur les systèmes d’approvisionnement en eau se ramènent à la crise climatique mais également à la forte croissance démographique et l’accélération de l’urbanisation. De plus, l’élévation du niveau des océans, accentue le risque d’inondation, et donc de pollution des ressources d’eau potable.

Dans une étude publiée en octobre 2021, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne la situation critique du stress hydrique dans le monde et confirme qu’une nouvelle crise se profile, celle de l’eau. Celle-ci va s’ajouter à la conjonction des crises que connaît l’humanité au début de ce 21e siècle : crise pandémique, crises financières, crises politiques…

Selon l’OMM, en 2020, plus de 2 milliards de personnes vivaient dans des pays connaissant des stress hydriques ; 3,6 milliards de personnes ne disposaient pas d’assainissement gérés de manière sûre et 2,3 milliards manquaient d’eau pour l’hygiène de base.

Toujours selon l’OMM, plus de 107 pays ne sont pas sur la bonne voie en termes de gestion de ressources hydriques à l’horizon 2030. Par ailleurs, plus de 5 milliards d’individus seront exposés à échéance si leurs pays ne mettent pas en place des politiques durables et écologiques en vue de préserver cette ressource qui se raréfie

L’eau fait son entrée dans l’économie de marché. La bourse de Chicago a procédé  le 7 décembre 2020 au lancement des contrats à terme sur l’eau. C’est la première fois que des produits dérivés sur l’eau sont négociés sur les marchés financiers.

Le sous-jacent de ces contrats dérivés est le Nasdaq Veles California Water, un indice noté NQH20, qui a pour unité le dollar par acre-pied, soit environ un dollar par 1,2 million de litres. Il a été créé en 2018 par le Nasdaq en partenariat avec Veles Water et WestWater Research. La capitalisation boursière au lancement des contrats à terme est d’environ 1,1 milliard de dollars. Cet indice reflète les échanges d’eau effectués dans les plateformes souterraines les plus importantes de l’État de Californie. Selon le Chicago Mercantile Exchange (CME), le marché des indices de l’eau a enregistré plus de 2,6 milliards de dollars de volume de transactions entre 2012 et 2019.

L’indice NQH20, dont la cotation est hebdomadaire en fonction des achats d’eau effectués la semaine précédente, a bondi de plus de 66,3% en « year-to-date », entre le début de l’année et début juillet 2022, il est à son plus haut historique, dépassant 1.140 points. Entre octobre 2018 et juillet 2022, sa valeur a plus que doublé enregistrant un mouvement de 123%. Cela confirme l’intérêt croissant et l’appétit des investisseurs pour le produit financier « eau ».[1]

Les fonds spéculatifs, dont certains dits « fonds vautours » (cette expression ayant massivement été utilisée lors de la crise immobilière en Espagne), anticipent déjà la pénurie d’eau dans les années et décennies à venir. De plus en plus d’économistes estiment que l’eau deviendrait au cours du 21e siècle la première matière première traitée sur les marchés, devant l’or. Willem H. Buiter, ancien économiste en chef de Citigroup, partage cet avis.

L’Australie, continent le plus chaud de la planète, où la sécheresse sévit et les barrages ne sont remplis parfois qu’à hauteur de 20%, a instauré une bourse de l’eau. Le « Water Act », mis en place par le gouvernement australien, permet de définir un système de quotas d’eau, dans les secteurs industriels et agricoles, au-delà desquels l’eau est échangée dans des marchés spécifiques.

Les fonds spéculatifs et les investisseurs y ont vu l’opportunité de réaliser d’importants profits notamment dans les régions australiennes les plus arides. Ils ont vu juste car les prix y ont considérablement augmenté et dépassent 500 dollars le million de litres. Les investissements sont également particulièrement lucratifs avec des taux de rendements dépassant parfois 25%. Les agriculteurs modestes sont touchés par ces pratiques spéculatives.

Cette politique australienne des quotas de l’eau ne date pas d’hier. Depuis les années 1990, le pays des kangourous fixe des volumes maximaux d’extraction à ne pas dépasser et les droits de détention sont également négociés dans des marchés spécifiques.

L’Australie n’est pas le premier pays à privatiser l’eau. Le gouvernement Thatcher a expérimenté cette politique en 1989 en adoptant une loi privant les mauvais payeurs de cette ressource vitale. Ces lois, portées par la « Dame de fer », considérées ex post comme inhumaines et scandaleuses vis-à-vis des classes défavorisées, ont été abrogées dix ans plus tard.

Comme mentionné plus haut, les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’eau en tant que produit financier. A Wall Street, on s’amuse à utiliser l’expression de « pétrole du 21e siècle ». Les économistes et stratégistes de Citibank estiment dans le rapport « Solutions for the global water crisis » publié en 2017 que le marché de l’eau dépassera le milliard de dollars à l’horizon 2025.

L’Organisation des Nations Unies estime que d’ici 2030, 40% de la population mondiale sera impactée par la raréfaction d’eau et que la demande mondiale bondira de plus de 50%, ce qui est particulièrement alarmant. En même temps, les fonds spéculatifs chercheront de plus en plus à tirer un maximum de profit en lien avec ces tensions et ces déséquilibres offre/demande sur l’eau. Quelles solutions pour parer au problème de pénurie ?

La désalinisation est de plus en plus utilisée, notamment dans les pays du golfe, très touchés par la pénurie d’eau.

Les systèmes de désalinisation sont généralement basés sur des mécanismes liés à la pression appliquée à l’eau. On sait que pression et température sont liées par les lois de la physique. Parmi les techniques de dessalement, on retrouve l’osmose inverse, des techniques industrielles de distillation dont les origines remontent à l’antiquité, la congélation de l’eau de mer ou encore l’électrodyalyse. Les technologies de désalinisation semblent de plus en plus inéluctables avec la crise mondiale de l’eau qui se profile, toutefois leurs impacts écologiques sont parfois très nocifs et les coûts énergétiques y associés particulièrement élevés, notamment lorsque les énergies fossiles sont utilisées dans ces procédés.

Des groupes industriels notamment français portent dans les pays du golfe des projets de désalinisation à base d’énergies renouvelables. Suez et Veolia sont impliqués à Abu Dhabi, dans le cadre de la ville durable « Masdar ».

En France, on note également quelques projets de désalinisation industrielle, à Port Melin à Groix notamment, où une usine de dessalement sera installée. En outre, la start-up Chartraines Mascara a mis en place un processus de désalinisation non polluant, visant à alimenter les régions françaises souffrant d’un manque d’eau.

Transformation de l’air ambiant en eau potable : Exemple de la start-up Kumulus

Pour faire face au stress hydrique extrême dans les pays du Maghreb et du Moyen Orient, au Maroc par exemple, où les niveaux de réserve des barrages ne cessent de diminuer, du fait de l’assèchement progressif des fleuves, la start-up tunisienne Kumulus a produit une machine permettant la transformation de l’air ambiant en eau potable. Elle cible tout particulièrement les marchés maghrébins et orientaux. Kumulus s’appuie et réplique le phénomène de rosée matinale, et grâce à cette technologie innovante, la start-up arrive à produire 20 et 30 litres d’eau potable par jour et par unité. Le projet est testé en Tunisie, dans une école située à El Bayadha, non loin de la frontière algérienne.

[1] Historique de l’indice NQH20, 2018-2022

 

Sécheresse-Climat : » La maison brûle »

Sécheresse-Climat :  » La maison brûle »

 

Après l’ère de l’« anthropocène », du « capitalocène » et du « technocène », le philosophe et économiste Guillaume Quiquerez propose, dans une tribune au « Monde », celle du « corporocène », afin de mieux prendre en compte la responsabilité des grandes entreprises dotées d’une personnalité morale dans la croissance des émissions de gaz à effet de serre.

 

C’était à la fin de l’été 2002, il y a vingt ans. Reprenant la métaphore soufflée par [le physicien et géopolitologue] Jean-Paul Deléage, le président Chirac marquait les esprits lors du 4e Sommet de la Terre à Johannesburg (Afrique du Sud), en déclarant à la tribune : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. »

Quelques mois auparavant, le chimiste de l’atmosphère Paul Crutzen (1933-2021) avait publié un article fondateur dans Nature, « Geology of mankind », où il qualifiait d’« anthropocène » la nouvelle ère géologique causée par l’activité humaine. Cela faisait déjà plusieurs décennies que l’on savait que la croissance des émissions de gaz à effet de serre aurait pour conséquence de changer le climat. Mais, pour beaucoup, l’affaire demeurait abstraite.

Si l’on compte à partir du début de l’ère industrielle, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone a augmenté de moitié. En parallèle, celle du méthane, gaz étrangement évacué des débats publics, a bien plus que doublé. Dès 2003, la France connaissait une canicule occasionnant environ 15 000 morts en vingt-quatre jours. Depuis, année après année, de métaphorique, la « brûlure » est progressivement devenue épreuve.

En cet été 2022, notre maison brûle, vraiment : le feu dévore les forêts, le lit des rivières s’assèche, les glaciers et le pergélisol fondent, des événements climatiques jadis rares secouent la planète pendant que la canicule dérègle les équilibres complexes patiemment forgés au sein des écosystèmes océaniques.

Encore une nouvelle vague de sécheresse ?

Encore une nouvelle vague de sécheresse ?

 

Très prochainement , la France pourra encore connaître des températures de 33 à 40° avec une nouvelle vague de sécheresse.

« La dernière semaine d’août semble bel et bien se diriger vers une nouvelle vague de chaleur en France, surtout au sud de la Loire. À moins de 10 jours de l’échéance, la ténacité des modèles pour ce scénario semble confirmer une bonne stabilité », écrivait lundi sur Twitter Anthony Grillon, météorologue et fondateur de Météo-Contact.

« Ce qui est sûr, c’est que les modèles envisagent bien une anomalie chaude sur l’Ouest de l’Europe et plus particulièrement sur la France, qui serait exposée aux plus fortes températures », abonde de son côté Gilles Matricon, météorologue pour La Chaîne Météo. En cause? Le retour de « hautes pressions subtropicales ».

Le média spécialisé assure que les modèles ces derniers jours tendent tous dans le même sens, rendant cette cinquième vague de chaleur hautement probable.

Du côté des températures, la barre des 40°C pourrait être atteinte le 24 août dans le Sud-Ouest, et notamment en Gironde, qui depuis le début de l’été est aux avant-postes des différentes vagues de chaleur.

 

Sécheresse : la crise supplémentaire

Sécheresse : la crise supplémentaire

La sècheresse atteint une intensité inédite en France cette année. Un phénomène qui, amplifié par le réchauffement climatique, est devenu une menace supplémentaire à l’échelle mondiale, avec pour conséquence de faire de l’eau une ressource rare devenue plus que jamais vitale. Par Charaf Louhmadi, ingénieur-économètre chez Natixis, et Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School.

 

La terre contient 96,5 % d’eau salée et 3,5 % d’eau douce. L’essentiel de cette eau douce se trouve dans les glaciers et dans les nappes phréatiques. On dénombre à peine 0,3 % d’eau douce potable disponible pour l’espèce humaine.

Face à une demande en eau sans cesse croissante, les ressources restent de plus en plus limitées. L’augmentation de la demande en eau s’explique par l’accélération de l’urbanisation, l’essor de la démographie mondiale et les besoins croissants en eau dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

Selon un rapport de la Banque mondiale, 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 22 % par l’industrie et 8 % par les particuliers. A noter également que près de 7 personnes sur 10 ont accès à l’eau potable à domicile et que sa disponibilité sur le plan géographique est fortement variable.

Les ressources en eau se font de plus en plus rares. Le stress hydrique mondial est désormais un fait et une crise internationale de l’eau dans les décennies à venir semble inévitable. Selon le World Resources Institute, d’ici 2040, la plupart des pays n’auront plus assez de ressources pour répondre à leur demande en eau. Les activités industrielles et agricoles font que l’espèce humaine puise énormément et de plus en plus dans les nappes phréatiques et les aquifères qui, rappelons-le, ont mis des millénaires à se former.

Pour illustrer la gravité de ce fléau, notons que dans certaines régions, au Maghreb par exemple, il faut creuser plus de 200m sous terre pour trouver de l’eau. De plus, le réchauffement climatique aggrave cette crise hydrique car les précipitations seront de moins en moins abondantes dans les prochaines décennies. Les villes commencent à envisager de plus en plus des scénarii de coupures ponctuelles d’eau. On parle même de « jour zéro », une journée entière sans eau. Dans certaines villes du Maghreb, la réduction des débits d’eau potable est d’ores et déjà à l’ordre du jour, à Berrechid, non loin de Casablanca, la réduction aura lieu à partir du 1er août.

La crise écologique accentue les phénomènes de sécheresse et de pénurie d’eau, en particulier dans des zones de la planète touchées par l’extrême pauvreté. La pénurie d’eau sera, sans doute, un fléau permanent majeur du 21e siècle et risque d’entraîner des tensions voire guerres locales et régionales

L’Europe n’est pas épargnée par la sécheresse. La France hexagonale affronte une sécheresse grave et historique, plus de 100 communes sont privées d’eau potable. Au mois de juillet, on observe un déficit pluviométrique supérieur à 80% et des températures fortement et historiquement élevées. Des niveaux d’alertes, à échelles de gravité variables, sont déclenché sur tout le territoire. La Première ministre Elisabeth Borne a activé, vendredi 5 août, la cellule interministérielle de crise.

En outre, les niveaux sont de plus en plus bas dans le Rhin. Des minimums non observés en plus de quinze ans sont retrouvés dans certaines villes allemandes. Cela a un impact au niveau énergétique car les navires sont contraints de diminuer leurs cargaisons. Or le fleuve revêt une position névralgique en ce qui concerne le commerce maritime européen. Le gaz russe étant coupé, l’Allemagne, locomotive économique européenne se tourne désormais vers le charbon pour s’approvisionner ce qui entraîne donc la hausse du prix du charbon et fragilise ipso facto notre voisin outre-Rhin.

Les pays du sud de l’Europe se retrouvent face à la canicule, aux incendies et à une sécheresse accrue. Dans le nord de l’Italie, la production agricole est terriblement fragilisée. Cinq régions sont déclarées en état d’urgence. Coldrietti, une des plus grandes associations agricoles italiennes, estime les dégâts à 3 milliards d’euros, soit près de 5% de la production agricole à l’échelle du pays. Dans les îles Canaries, à Tenerife, plusieurs centaines d’habitants ont été évacués et 2.500 hectares ont brûlé.

Lors du premier semestre 2022, les températures en Italie ont augmenté de 2 degrés et les volumes de précipitation et de neige ont baissé respectivement de 80% et de 60%. On assiste à la pire sécheresse depuis plus de sept décennies. La France a connu également courant juillet une canicule sévère et une série d’incendies.

La sécheresse et la pénurie d’eau sont également des problèmes vitaux en Afrique. Ce continent paye au prix fort les conséquences du réchauffement climatique. La corne de l’Afrique subit une des sécheresses les plus sévères depuis plus de 40 ans. C’est la troisième année consécutive de sécheresse et 20 millions de personnes sont menacées dans 4 pays : le Kenya, la Somalie, l’Ethiopie et Djibouti.

Rein Paulsen, directeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA), affirme que « le temps presse » et que ces pays sont indéniablement au bord de la catastrophe. Michael Dunford, directeur régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU pour l’Afrique de l’Est, mentionne que : « Les récoltes sont ruinées, le bétail meurt et la faim augmente. »

L’Afrique et plus précisément les pays du Maghreb connaissent un inquiétant stress hydrique, lui aussi conséquence du réchauffement climatique. Si l’on se rapporte à la définition de l’ONU, un pays ou une région est en stress hydrique si on y prélève plus de 25% des ressources phréatiques. Aux pays du Moyen Orient et du Maghreb, on prélève en moyenne plus de 80% des ressources. C’est ce qu’on appelle un stress hydrique extrême. Au Maroc, les barrages se vident à grande vitesse.

Une étude de l’Economist Intelligence Unit confirme que les causes de la pénurie d’eau et de la pression sur les systèmes d’approvisionnement en eau se ramènent à la crise climatique mais également à la forte croissance démographique et l’accélération de l’urbanisation. De plus, l’élévation du niveau des océans, accentue le risque d’inondation, et donc de pollution des ressources d’eau potable.

Dans une étude publiée en octobre 2021, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne la situation critique du stress hydrique dans le monde et confirme qu’une nouvelle crise se profile, celle de l’eau. Celle-ci va s’ajouter à la conjonction des crises que connaît l’humanité au début de ce 21e siècle : crise pandémique, crises financières, crises politiques…

Selon l’OMM, en 2020, plus de 2 milliards de personnes vivaient dans des pays connaissant des stress hydriques ; 3,6 milliards de personnes ne disposaient pas d’assainissement gérés de manière sûre et 2,3 milliards manquaient d’eau pour l’hygiène de base.

Toujours selon l’OMM, plus de 107 pays ne sont pas sur la bonne voie en termes de gestion de ressources hydriques à l’horizon 2030. Par ailleurs, plus de 5 milliards d’individus seront exposés à échéance si leurs pays ne mettent pas en place des politiques durables et écologiques en vue de préserver cette ressource qui se raréfie

L’eau fait son entrée dans l’économie de marché. La bourse de Chicago a procédé  le 7 décembre 2020 au lancement des contrats à terme sur l’eau. C’est la première fois que des produits dérivés sur l’eau sont négociés sur les marchés financiers.

Le sous-jacent de ces contrats dérivés est le Nasdaq Veles California Water, un indice noté NQH20, qui a pour unité le dollar par acre-pied, soit environ un dollar par 1,2 million de litres. Il a été créé en 2018 par le Nasdaq en partenariat avec Veles Water et WestWater Research. La capitalisation boursière au lancement des contrats à terme est d’environ 1,1 milliard de dollars. Cet indice reflète les échanges d’eau effectués dans les plateformes souterraines les plus importantes de l’État de Californie. Selon le Chicago Mercantile Exchange (CME), le marché des indices de l’eau a enregistré plus de 2,6 milliards de dollars de volume de transactions entre 2012 et 2019.

L’indice NQH20, dont la cotation est hebdomadaire en fonction des achats d’eau effectués la semaine précédente, a bondi de plus de 66,3% en « year-to-date », entre le début de l’année et début juillet 2022, il est à son plus haut historique, dépassant 1.140 points. Entre octobre 2018 et juillet 2022, sa valeur a plus que doublé enregistrant un mouvement de 123%. Cela confirme l’intérêt croissant et l’appétit des investisseurs pour le produit financier « eau ».[1]

Les fonds spéculatifs, dont certains dits « fonds vautours » (cette expression ayant massivement été utilisée lors de la crise immobilière en Espagne), anticipent déjà la pénurie d’eau dans les années et décennies à venir. De plus en plus d’économistes estiment que l’eau deviendrait au cours du 21e siècle la première matière première traitée sur les marchés, devant l’or. Willem H. Buiter, ancien économiste en chef de Citigroup, partage cet avis.

L’Australie, continent le plus chaud de la planète, où la sécheresse sévit et les barrages ne sont remplis parfois qu’à hauteur de 20%, a instauré une bourse de l’eau. Le « Water Act », mis en place par le gouvernement australien, permet de définir un système de quotas d’eau, dans les secteurs industriels et agricoles, au-delà desquels l’eau est échangée dans des marchés spécifiques.

Les fonds spéculatifs et les investisseurs y ont vu l’opportunité de réaliser d’importants profits notamment dans les régions australiennes les plus arides. Ils ont vu juste car les prix y ont considérablement augmenté et dépassent 500 dollars le million de litres. Les investissements sont également particulièrement lucratifs avec des taux de rendements dépassant parfois 25%. Les agriculteurs modestes sont touchés par ces pratiques spéculatives.

Cette politique australienne des quotas de l’eau ne date pas d’hier. Depuis les années 1990, le pays des kangourous fixe des volumes maximaux d’extraction à ne pas dépasser et les droits de détention sont également négociés dans des marchés spécifiques.

L’Australie n’est pas le premier pays à privatiser l’eau. Le gouvernement Thatcher a expérimenté cette politique en 1989 en adoptant une loi privant les mauvais payeurs de cette ressource vitale. Ces lois, portées par la « Dame de fer », considérées ex post comme inhumaines et scandaleuses vis-à-vis des classes défavorisées, ont été abrogées dix ans plus tard.

Comme mentionné plus haut, les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’eau en tant que produit financier. A Wall Street, on s’amuse à utiliser l’expression de « pétrole du 21e siècle ». Les économistes et stratégistes de Citibank estiment dans le rapport « Solutions for the global water crisis » publié en 2017 que le marché de l’eau dépassera le milliard de dollars à l’horizon 2025.

L’Organisation des Nations Unies estime que d’ici 2030, 40% de la population mondiale sera impactée par la raréfaction d’eau et que la demande mondiale bondira de plus de 50%, ce qui est particulièrement alarmant. En même temps, les fonds spéculatifs chercheront de plus en plus à tirer un maximum de profit en lien avec ces tensions et ces déséquilibres offre/demande sur l’eau. Quelles solutions pour parer au problème de pénurie ?

La désalinisation est de plus en plus utilisée, notamment dans les pays du golfe, très touchés par la pénurie d’eau.

Les systèmes de désalinisation sont généralement basés sur des mécanismes liés à la pression appliquée à l’eau. On sait que pression et température sont liées par les lois de la physique. Parmi les techniques de dessalement, on retrouve l’osmose inverse, des techniques industrielles de distillation dont les origines remontent à l’antiquité, la congélation de l’eau de mer ou encore l’électrodyalyse. Les technologies de désalinisation semblent de plus en plus inéluctables avec la crise mondiale de l’eau qui se profile, toutefois leurs impacts écologiques sont parfois très nocifs et les coûts énergétiques y associés particulièrement élevés, notamment lorsque les énergies fossiles sont utilisées dans ces procédés.

Des groupes industriels notamment français portent dans les pays du golfe des projets de désalinisation à base d’énergies renouvelables. Suez et Veolia sont impliqués à Abu Dhabi, dans le cadre de la ville durable « Masdar ».

En France, on note également quelques projets de désalinisation industrielle, à Port Melin à Groix notamment, où une usine de dessalement sera installée. En outre, la start-up Chartraines Mascara a mis en place un processus de désalinisation non polluant, visant à alimenter les régions françaises souffrant d’un manque d’eau.

Transformation de l’air ambiant en eau potable : Exemple de la start-up Kumulus

Pour faire face au stress hydrique extrême dans les pays du Maghreb et du Moyen Orient, au Maroc par exemple, où les niveaux de réserve des barrages ne cessent de diminuer, du fait de l’assèchement progressif des fleuves, la start-up tunisienne Kumulus a produit une machine permettant la transformation de l’air ambiant en eau potable. Elle cible tout particulièrement les marchés maghrébins et orientaux. Kumulus s’appuie et réplique le phénomène de rosée matinale, et grâce à cette technologie innovante, la start-up arrive à produire 20 et 30 litres d’eau potable par jour et par unité. Le projet est testé en Tunisie, dans une école située à El Bayadha, non loin de la frontière algérienne.

[1] Historique de l’indice NQH20, 2018-2022

Sécheresse : transformer le système agricole

Sécheresse : transformer le système agricole 

 

Nicolas Girod, éleveur dans le Jura et porte-parole national de la Confédération paysanne, estime, dans une tribune au « Monde », que la sécheresse doit inciter à faire évoluer le modèle de l’agriculture industrielle.

La sécheresse est là mais son traitement agricole est trop souvent résumé au seul problème de l’irrigation. Or, les paysannes et paysans subissent tous ce manque d’eau et s’exposent à des pertes économiques, qu’ils irriguent ou non. En France, selon le recensement général agricole de 2020, 7,3 % de la surface agricole utile est irriguée, une part relativement faible bien qu’en progression. La problématique est donc bien plus large : comment répondre aux enjeux d’une agriculture à même de faire face aux épisodes de sécheresse et préserver la ressource en eau ?

L’agriculture industrielle détruit les ressources naturelles. Elle draine, elle rectifie les cours d’eau afin d’évacuer l’eau des sols au détriment de sa circulation naturelle et de la recharge des nappes phréatiques ; elle consomme des intrants chimiques de synthèse au détriment de la vie des sols ; elle s’affranchit des haies, d’une végétation dense et des systèmes racinaires qui vont avec. En un mot, elle assèche les sols. Face à la situation actuelle, elle exige davantage de stockage artificiel, par le biais des « mégabassines » et s’approprie l’eau pour des pratiques toujours surconsommatrices et dévastatrices. Feignant d’ignorer le cycle de l’eau, ses choix accélèrent le problème au lieu de le résoudre.

La sécheresse extrême que nous vivons appelle à ne pas céder à la pression de l’agro-industrie et à agir urgemment en sens inverse.

Une fois de plus le gouvernement est dans la réaction à court terme, en mobilisant les préfets pour organiser des réunions sur la sécheresse dans tous les départements. Si on peut souligner l’intérêt de ces temps d’alerte et de concertation, nous ne pouvons nous satisfaire d’une gestion des crises successives sans agir sur les causes qui les font advenir.

Dans le même temps, le syndicat agricole majoritaire promeut le modèle espagnol qui a développé des infrastructures pour stocker l’eau… en omettant de préciser qu’il est aujourd’hui impossible de les remplir car l’aridité gagne l’ensemble du pays.

Climat–Sécheresse: un record depuis plus de 100 ans

Climat–Sécheresse: un record depuis plus de  100 ans

D’après une étude de meteo-paris.com, la France est sur le point de dépasser les records de sécheresse depuis  100 à 150 ans.

 

Sécheresse de 1976

 

C’est l’année à laquelle la plupart des gens pensent lorsqu’on parle de sécheresse de référence. La grande sécheresse de 1976 a marqué les esprits de toute une génération. Le déficit pluviométrique avait débuté dès la fin de l’année 1975 avec une recharge automnale trop limitée. S’en est suivi un premier semestre 1976 remarquablement sec en France avec un déficit historique au mois de juin 1976. Juillet fut marqué par quelques orages mais août fut de nouveau trop sec. La situation ne s’est améliorée qu’à l’automne avec le retour de véritables perturbations.

 

Les conséquences de la sécheresse de 1976 furent majeures dans de nombreuses régions françaises. Le débit de nombreux cours d’eau est devenu historiquement bas, forçant à d’importantes limitations de l’usage de l’eau. D’ailleurs, l’eau a été coupée dans certaines régions, forçant la mise en place de distributions d’eau aux habitants. Notons cependant que la gestion de l’eau a été considérablement améliorée après cette grande sécheresse. L’agriculture a grandement souffert de ce manque d’eau avec des rendements très diminués durant cette année 1976.

 

 

Sécheresse de 1921

 

Parmi les plus grandes sécheresses répertoriées dans l’histoire de France, celle de 1921 fut véritablement remarquable. Celle-ci avait duré durant l’ensemble de l’année avec des déficits pluviométriques remarquables de janvier à avril puis au cours des mois de juin et de juillet ainsi que durant l’ensemble de l’automne ! Dans certaines régions françaises, il n’est même pas tombé la moitié des pluies annuelles classiques !

 

La région parisienne fut l’une des plus concernées par cette sécheresse historique. Durant l’ensemble de l’année 1921, il n’était tombé que 267 mm de pluie sur la capitale, soit un déficit annuel record de 58% ! Une telle anomalie sèche sur une année entière ne s’est plus reproduite au cours des 100 années suivantes. Même en cette année 2022 anormalement calme et sèche, le cumul des sept premiers mois de l’année à Paris a déjà dépassé celui de toute l’année 1921 (273 mm de janvier à juillet 2022).

 

Les conséquences de cette sécheresse furent dramatiques, notamment pour l’agriculture. De nombreux incendies s’étaient déclenchés en France, concernant aussi les régions du nord. En Île-de-France, d’importants brasiers avaient notamment touché la forêt de Fontainebleau au cours de l’été 1921 !

 

D’après le site la.climatologie.free.fr/, les sécheresses en Europe ne sont pas nouvelles .

C’est en 1303 qu’on a connu la sécheresse la plus importante du millénaire. On pouvait traverser le Rhin sec à pied.

Les autres sécheresses furent en 1540, 1719, 1874, 1906, 1911, 1921, 1945, 1947, 1949, 1953, 1957, 1964, 1976, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 2003. C’est de 1922 à 1952, que la France a connu un très fort réchauffement en été à cause d’un flux de sud à répétition.

En 1788, la France a connu un printemps et un été terriblement secs, qui ont compromis les récoltes.

En 1911, ce fut la seule année du siècle où on a dépassé les 35°C durant les mois de juillet, août et septembre à Paris (32 jours au dessus de 30°C à Paris et 53 jours à Marseille !)

En 1921, il a été seulement relevées 200 mm de pluie à Nancy et 278 mm Paris. La sécheresse a duré toute l’année. Cet été a été véritablement encore plus sec que celui de 1976.

En 1949, l’été a commencé plus tôt. Il faisait déjà plus de 30°C en avril dans la moitié nord, et la sécheresse a duré tout l’été avec des températures extrêmement élevées.

En 1976, la sécheresse a été si importante que tout le monde s’en rappelle comme étant une des pires années de sécheresse de la fin du 20ème siècle en Europe (voir ci-dessous).

En 1994, juillet et août ont connu 56 jours de températures supérieures à 30°C à Marseille-Marignane et 60 jours de températures supérieures à 30°C au Luc dont 31 jours en juillet.

En juillet 1950, au Luc il y a eu 19 jours de températures supérieures à 35°C (un record toujours pas battu).

En juillet 1983, à Carpentras il y a eu 15 jours de températures supérieures à 35°C et 11 jours à Marseille.

En 2003 de mars à août, une sécheresse plus importante que celle de 1989 s’est installée sur l’Europe

Sécheresse: un record depuis plus de 100 ans

Sécheresse: un record depuis plus de  100 ans

D’après une étude de meteo-paris.com, la France est sur le point de dépasser les records de sécheresse depuis  100 à 150 ans.

 

Sécheresse de 1976

 

C’est l’année à laquelle la plupart des gens pensent lorsqu’on parle de sécheresse de référence. La grande sécheresse de 1976 a marqué les esprits de toute une génération. Le déficit pluviométrique avait débuté dès la fin de l’année 1975 avec une recharge automnale trop limitée. S’en est suivi un premier semestre 1976 remarquablement sec en France avec un déficit historique au mois de juin 1976. Juillet fut marqué par quelques orages mais août fut de nouveau trop sec. La situation ne s’est améliorée qu’à l’automne avec le retour de véritables perturbations.

 

Les conséquences de la sécheresse de 1976 furent majeures dans de nombreuses régions françaises. Le débit de nombreux cours d’eau est devenu historiquement bas, forçant à d’importantes limitations de l’usage de l’eau. D’ailleurs, l’eau a été coupée dans certaines régions, forçant la mise en place de distributions d’eau aux habitants. Notons cependant que la gestion de l’eau a été considérablement améliorée après cette grande sécheresse. L’agriculture a grandement souffert de ce manque d’eau avec des rendements très diminués durant cette année 1976.

 

 

Sécheresse de 1921

 

Parmi les plus grandes sécheresses répertoriées dans l’histoire de France, celle de 1921 fut véritablement remarquable. Celle-ci avait duré durant l’ensemble de l’année avec des déficits pluviométriques remarquables de janvier à avril puis au cours des mois de juin et de juillet ainsi que durant l’ensemble de l’automne ! Dans certaines régions françaises, il n’est même pas tombé la moitié des pluies annuelles classiques !

 

La région parisienne fut l’une des plus concernées par cette sécheresse historique. Durant l’ensemble de l’année 1921, il n’était tombé que 267 mm de pluie sur la capitale, soit un déficit annuel record de 58% ! Une telle anomalie sèche sur une année entière ne s’est plus reproduite au cours des 100 années suivantes. Même en cette année 2022 anormalement calme et sèche, le cumul des sept premiers mois de l’année à Paris a déjà dépassé celui de toute l’année 1921 (273 mm de janvier à juillet 2022).

 

Les conséquences de cette sécheresse furent dramatiques, notamment pour l’agriculture. De nombreux incendies s’étaient déclenchés en France, concernant aussi les régions du nord. En Île-de-France, d’importants brasiers avaient notamment touché la forêt de Fontainebleau au cours de l’été 1921 !

 

D’après le site la.climatologie.free.fr/, les sécheresses en Europe ne sont pas nouvelles .

C’est en 1303 qu’on a connu la sécheresse la plus importante du millénaire. On pouvait traverser le Rhin sec à pied.

Les autres sécheresses furent en 1540, 1719, 1874, 1906, 1911, 1921, 1945, 1947, 1949, 1953, 1957, 1964, 1976, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 2003. C’est de 1922 à 1952, que la France a connu un très fort réchauffement en été à cause d’un flux de sud à répétition.

En 1788, la France a connu un printemps et un été terriblement secs, qui ont compromis les récoltes.

En 1911, ce fut la seule année du siècle où on a dépassé les 35°C durant les mois de juillet, août et septembre à Paris (32 jours au dessus de 30°C à Paris et 53 jours à Marseille !)

En 1921, il a été seulement relevées 200 mm de pluie à Nancy et 278 mm Paris. La sécheresse a duré toute l’année. Cet été a été véritablement encore plus sec que celui de 1976.

En 1949, l’été a commencé plus tôt. Il faisait déjà plus de 30°C en avril dans la moitié nord, et la sécheresse a duré tout l’été avec des températures extrêmement élevées.

En 1976, la sécheresse a été si importante que tout le monde s’en rappelle comme étant une des pires années de sécheresse de la fin du 20ème siècle en Europe (voir ci-dessous).

En 1994, juillet et août ont connu 56 jours de températures supérieures à 30°C à Marseille-Marignane et 60 jours de températures supérieures à 30°C au Luc dont 31 jours en juillet.

En juillet 1950, au Luc il y a eu 19 jours de températures supérieures à 35°C (un record toujours pas battu).

En juillet 1983, à Carpentras il y a eu 15 jours de températures supérieures à 35°C et 11 jours à Marseille.

En 2003 de mars à août, une sécheresse plus importante que celle de 1989 s’est installée sur l’Europe

Sécheresse: un record depuis 100 à 150 ans

 

Sécheresse: un record depuis 100 à  150 ans

D’après une étude de meteo-paris.com, la France est sur le point de dépasser les records de sécheresse depuis  100 à 150 ans.

 

Sécheresse de 1976

 

C’est l’année à laquelle la plupart des gens pensent lorsqu’on parle de sécheresse de référence. La grande sécheresse de 1976 a marqué les esprits de toute une génération. Le déficit pluviométrique avait débuté dès la fin de l’année 1975 avec une recharge automnale trop limitée. S’en est suivi un premier semestre 1976 remarquablement sec en France avec un déficit historique au mois de juin 1976. Juillet fut marqué par quelques orages mais août fut de nouveau trop sec. La situation ne s’est améliorée qu’à l’automne avec le retour de véritables perturbations.

 

Les conséquences de la sécheresse de 1976 furent majeures dans de nombreuses régions françaises. Le débit de nombreux cours d’eau est devenu historiquement bas, forçant à d’importantes limitations de l’usage de l’eau. D’ailleurs, l’eau a été coupée dans certaines régions, forçant la mise en place de distributions d’eau aux habitants. Notons cependant que la gestion de l’eau a été considérablement améliorée après cette grande sécheresse. L’agriculture a grandement souffert de ce manque d’eau avec des rendements très diminués durant cette année 1976.

 

 

Sécheresse de 1921

 

Parmi les plus grandes sécheresses répertoriées dans l’histoire de France, celle de 1921 fut véritablement remarquable. Celle-ci avait duré durant l’ensemble de l’année avec des déficits pluviométriques remarquables de janvier à avril puis au cours des mois de juin et de juillet ainsi que durant l’ensemble de l’automne ! Dans certaines régions françaises, il n’est même pas tombé la moitié des pluies annuelles classiques !

 

 La région parisienne fut l’une des plus concernées par cette sécheresse historique. Durant l’ensemble de l’année 1921, il n’était tombé que 267 mm de pluie sur la capitale, soit un déficit annuel record de 58% ! Une telle anomalie sèche sur une année entière ne s’est plus reproduite au cours des 100 années suivantes. Même en cette année 2022 anormalement calme et sèche, le cumul des sept premiers mois de l’année à Paris a déjà dépassé celui de toute l’année 1921 (273 mm de janvier à juillet 2022).

 

Les conséquences de cette sécheresse furent dramatiques, notamment pour l’agriculture. De nombreux incendies s’étaient déclenchés en France, concernant aussi les régions du nord. En Île-de-France, d’importants brasiers avaient notamment touché la forêt de Fontainebleau au cours de l’été 1921 !

 

D’après le site la.climatologie.free.fr/, les sécheresses en Europe ne sont pas nouvelles .

C’est en 1303 qu’on a connu la sécheresse la plus importante du millénaire. On pouvait traverser le Rhin sec à pied.

Les autres sécheresses furent en 1540, 1719, 1874, 1906, 1911, 1921, 1945, 1947, 1949, 1953, 1957, 1964, 1976, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 2003. C’est de 1922 à 1952, que la France a connu un très fort réchauffement en été à cause d’un flux de sud à répétition.

En 1788, la France a connu un printemps et un été terriblement secs, qui ont compromis les récoltes.

En 1911, ce fut la seule année du siècle où on a dépassé les 35°C durant les mois de juillet, août et septembre à Paris (32 jours au dessus de 30°C à Paris et 53 jours à Marseille !)

En 1921, il a été seulement relevées 200 mm de pluie à Nancy et 278 mm Paris. La sécheresse a duré toute l’année. Cet été a été véritablement encore plus sec que celui de 1976.

En 1949, l’été a commencé plus tôt. Il faisait déjà plus de 30°C en avril dans la moitié nord, et la sécheresse a duré tout l’été avec des températures extrêmement élevées.

En 1976, la sécheresse a été si importante que tout le monde s’en rappelle comme étant une des pires années de sécheresse de la fin du 20ème siècle en Europe (voir ci-dessous).

En 1994, juillet et août ont connu 56 jours de températures supérieures à 30°C à Marseille-Marignane et 60 jours de températures supérieures à 30°C au Luc dont 31 jours en juillet.

En juillet 1950, au Luc il y a eu 19 jours de températures supérieures à 35°C (un record toujours pas battu).

En juillet 1983, à Carpentras il y a eu 15 jours de températures supérieures à 35°C et 11 jours à Marseille.

En 2003 de mars à août, une sécheresse plus importante que celle de 1989 s’est installée sur l’Europe

SÉCHERESSE: Des prix de l’eau très variables

SÉCHERESSE: Des prix de l’eau très variables

 

Des prix qui varient presque du simple au double. Selon l’Observatoire des services d’eau et d’assainissement, la facture d’eau annuelle moyenne s’élève à 516 euros sur la base d’une consommation de 120m3. Un montant qui couvre à la fois la potabilisation de l’eau et l’assainissement. ( papier de France-Info).

Une situation « historique ». Face à la « sécheresse exceptionnelle » qui frappe la France, « la plus grave jamais enregistrée dans notre pays », Elisabeth Borne a décidé d’activer vendredi une cellule interministérielle de crise.

Alors que l’Hexagone s’apprête à vivre sa quatrième vague de chaleur de l’été après un mois de juillet marqué par un déficit pluviométrique de 84% en moyenne, les appels aux restrictions de consommation d’eau se multiplient. Vendredi, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a annoncé que « plus d’une centaine de communes » étaient d’ores et déjà privées d’eau potable.

Pour accroître les incitations à réduire l’usage de l’eau, certaines associations et partis politiques comme la France insoumise militent pour la suppression de la part fixe du prix de l’eau. Cette part sert aujourd’hui à financer une partie des charges fixes du service de l’eau (distribution, entretien, exploitation, investissements). Elle est indépendante du volume d’eau consommé, contrairement à la part variable.

Auprès de l’AFP, Agnès Ducharne, chercheuse au CNRS, plaide elle aussi pour une augmentation des tarifs et suggère une « tarification progressive de l’eau » avec un « premier m3″ qui « serait gratuit et ensuite l’eau serait de plus en plus chère ». De sorte que ceux qui en utilisent beaucoup paieraient l’eau « au prix fort ».


Depuis 2012, la part fixe du prix de l’eau « est plafonnée à 30 % du coût du service d’eau potable et d’assainissement collectif, sur la base d’une consommation annuelle de 120 m³ hors taxes et redevances », souligne l’Observatoire des services d’eau et d’assinissement. Ce plafond est porté à 40 % pour certains services dans les communes rurales. Les « stations classées de tourisme » ne sont, elles, soumises à aucun plafond.

Selon le dernier rapport de l’Observatoire des services d’eau et d’assainissement, le prix total TTC de l’eau en vigueur au 1er janvier 2021 est évalué à 4,3 euros le mètre cube sur la base d’une consommation annuelle de 120m3. Soit moins d’un centime le litre. Ce montant comprend à la fois le prix de la potabilisation et de la distribution de l’eau (2,11 euros/m3) et celui du traitement et de l’assainissement après usage (2,19 euros/m3). Il s’agit selon Veolia d’un « des meilleurs rapport qualité/prix en Europe ».

Cela correspond in fine à une facture annuelle moyenne de 516 euros (13% de part fixe et 87% de part variable), soit 43 euros par mois, d’après l’Observatoire des services d’eau et d’assainissement. Un prix qui se répartit entre l’assainissement collectif, l’eau potable et les taxes et redevances.

Si l’on regarde par département, on constate d’importantes disparités entre les territoires. Ainsi, toujours sur la base d’une facture de 120m3 (eau potable + assainissement), c’est en Guadeloupe (6,52 €/m3), dans les Côtes-d’Armor (5,74 euros), en Dordogne (5,67 euros), en Martinique (5,45 euros) et en Seine-Maritime (5,42 euros) que l’eau coûte le plus cher.

A l’inverse, la Réunion (2,66 €/m3), la Haute-Garonne (3,38 euros), la Haute-Marne (3,40 euros), les Alpes-Maritimes (3,41 euros) et les Alpes de Haute-Provence (3,48 euros) sont les départements où elle est le plus abordable.

Sécheresse : Un record depuis 60 ans

Sécheresse : Un record  depuis 60 ans

 

Année après année, lentement mais sûrement le climat européen d’une certaine manière ça focalise avec une saison sèche pratiquement sans pluie significative en été et au contraire un excès d’eau via les inondations en hiver mais avec peu de températures très froides. Ainsi Lyon connaîtra bientôt le climat d’Alger et Paris celui de Marseille. La sécheresse a bien entendu des conséquences pour les populations et pour l’économie notamment l »agriculture. Ainsi Le mois de juillet 2022 aura été marqué par des conditions climatiques extrêmes dans l’Hexagone. Sans surprise, Météo France a révélé, mardi 26 juillet, qu’il serait « très probablement le mois de juillet le plus sec » jamais mesuré depuis le début des relevés concernant les sécheresses du sol, en 1959.

« En moyenne sur la France, il est tombé huit millimètres de précipitations du 1er au 25 juillet », soit « un déficit énorme de précipitations », explique à l’AFP Christian Veil, climatologue chez Météo France. « On devrait être au premier ou au deuxième rang des mois de juillet les plus secs », poursuit-il. Tout dépendra des derniers jours du mois, de légSécheresseères pluies étant attendues vendredi.

Ce manque de pluie aggrave la sécheresse qui touchait déjà la France au début de l’été. Mardi, 91 départements étaient concernés par des restrictions d’usage de l’eau, du jamais-vu. Les niveaux d’alerte sont recensés sur le site Propluvia.

Une situation qui a des conséquences sur tout l’environnement : « Les précipitations estivales servent à maintenir l’humidité des sols superficiels, à maintenir la végétation », explique Christian Veil, qui observe notamment « des arbres qui souffrent tellement de la chaleur qu’ils perdent leurs feuilles ».

Une autre conséquence concerne le fonctionnement de centrales nucléaires.

Plus généralement cela pose la question d’une autre politique de la gestion de l’eau et de son utilisation.

L’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (4 %).

Pour les usages domestiques, dans la cuisine, le lave-vaisselle consomme entre 10 et 20 litres par lavage alors que faire la vaisselle à la main demande en moyenne presque 50 litres.

Mais le vrai problème est l’utilisation de l’eau  potable tous les usages y compris non alimentaires. La question d’un double réseau l’un potable, l’autre potable se posera un jour ou l’autre

 

Sécheresse : Juillet le plus sec depuis 60 ans

 Sécheresse : Juillet le plus sec depuis 60 ans 

Le  mois de juillet dernier a été le deuxième mois le plus sec depuis 1959.  La France n’a presque jamais été aussi sèche. Vingt-sept départements sont placés en vigilance orange canicule depuis ce mardi. Toute la France est concernée par la sécheresse, et 93 départements font l’objet de restrictions d’eau.

Au mois de juillet dernier, il est tombé seulement 9,7 millimètres de précipitations. C’est dix fois moins que l’année dernière et 84% de moins que la normale sur la période 1991-2020, à 61,6 millimètres. Juillet 2022 est ainsi devenu le deuxième mois le plus sec depuis le début des relevés Météo France en 1959. Conséquence visible de cette sécheresse : en montagne, les lacs sont plus bas, les barrages sont moins remplis. D’ailleurs, ceux exploités par EDF le sont à seulement 69%, soit onze points en dessous de la moyenne historique. Le déficit est particulièrement fort dans les barrages EDF des Alpes du sud où le taux de remplissage est inférieur de 26 points à la moyenne historique.

  Ce manque d’eau est très problématique parce que la pluie alimente moins nos réserves de surface. Il y a moins d’eau dans les fleuves, les étangs, les rivières. C’est la raison pour laquelle nous avons plus de mal à assumer les 5,3 milliards de mètres cubes d’eau que nous consommons chaque année. Ensuite, en plus de l’eau de surface, il y a aussi l’eau souterraine qui représente un stock de 2.000 milliards de mètre cubes. Un trésor qui représente l’équivalent de 8.380 milliards d’euros, au prix moyen de l’eau en France. Mais cette richesse est, elle aussi, fragile : en Provence, sur la Côte d’Azur ou encore en Charente, les nappes phréatiques sont particulièrement basses.
 L’agriculture utilise 45% de l’eau consommée chaque année, devant le refroidissement des centrales électriques à 31%. Ensuite, l’eau potable consomme 21% de l’eau, pour les usages destinés à la population comme l’alimentaire, le sanitaire ou encore l’hygiène.

 

Climat et Température : Un record de sécheresse depuis 60 ans

Climat et Température : Un record de sécheresse depuis 60 ans

 

Année après année, lentement mais sûrement le climat européen d’une certaine manière ça focalise avec une saison sèche pratiquement sans pluie significative en été et au contraire un excès d’eau via les inondations en hiver mais avec peu de températures très froides. Ainsi Lyon connaîtra bientôt le climat d’Alger et Paris celui de Marseille. La sécheresse a bien entendu des conséquences pour les populations et pour l’économie notamment l »agriculture. Ainsi Le mois de juillet 2022 aura été marqué par des conditions climatiques extrêmes dans l’Hexagone. Sans surprise, Météo France a révélé, mardi 26 juillet, qu’il serait « très probablement le mois de juillet le plus sec » jamais mesuré depuis le début des relevés concernant les sécheresses du sol, en 1959.

« En moyenne sur la France, il est tombé huit millimètres de précipitations du 1er au 25 juillet », soit « un déficit énorme de précipitations », explique à l’AFP Christian Veil, climatologue chez Météo France. « On devrait être au premier ou au deuxième rang des mois de juillet les plus secs », poursuit-il. Tout dépendra des derniers jours du mois, de légères pluies étant attendues vendredi.

Ce manque de pluie aggrave la sécheresse qui touchait déjà la France au début de l’été. Mardi, 91 départements étaient concernés par des restrictions d’usage de l’eau, du jamais-vu. Les niveaux d’alerte sont recensés sur le site Propluvia.

Une situation qui a des conséquences sur tout l’environnement : « Les précipitations estivales servent à maintenir l’humidité des sols superficiels, à maintenir la végétation », explique Christian Veil, qui observe notamment « des arbres qui souffrent tellement de la chaleur qu’ils perdent leurs feuilles ».

Une autre conséquence concerne le fonctionnement de centrales nucléaires.

Plus généralement cela pose la question d’une autre politique de la gestion de l’eau et de son utilisation.

L’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (4 %).

Pour les usages domestiques, dans la cuisine, le lave-vaisselle consomme entre 10 et 20 litres par lavage alors que faire la vaisselle à la main demande en moyenne presque 50 litres.

Mais le vrai problème est l’utilisation de l’eau  potable tous les usages y compris non alimentaires. La question d’un double réseau l’un potable, l’autre potable se posera un jour ou l’autre

 

Température : Un record de sécheresse depuis 60 ans

Température : Un record de sécheresse depuis 60 ans

 

Année après année, lentement mais sûrement le climat européen d’une certaine manière ça focalise avec une saison sèche pratiquement sans pluie significative en été et au contraire un excès d’eau via les inondations en hiver mais avec peu de températures très froides. Ainsi Lyon connaîtra bientôt le climat d’Alger et Paris celui de Marseille. La sécheresse a bien entendu des conséquences pour les populations et pour l’économie notamment l »agriculture. Ainsi Le mois de juillet 2022 aura été marqué par des conditions climatiques extrêmes dans l’Hexagone. Sans surprise, Météo France a révélé, mardi 26 juillet, qu’il serait « très probablement le mois de juillet le plus sec » jamais mesuré depuis le début des relevés concernant les sécheresses du sol, en 1959.

« En moyenne sur la France, il est tombé huit millimètres de précipitations du 1er au 25 juillet », soit « un déficit énorme de précipitations », explique à l’AFP Christian Veil, climatologue chez Météo France. « On devrait être au premier ou au deuxième rang des mois de juillet les plus secs », poursuit-il. Tout dépendra des derniers jours du mois, de légères pluies étant attendues vendredi.

Ce manque de pluie aggrave la sécheresse qui touchait déjà la France au début de l’été. Mardi, 91 départements étaient concernés par des restrictions d’usage de l’eau, du jamais-vu. Les niveaux d’alerte sont recensés sur le site Propluvia.

Une situation qui a des conséquences sur tout l’environnement : « Les précipitations estivales servent à maintenir l’humidité des sols superficiels, à maintenir la végétation », explique Christian Veil, qui observe notamment « des arbres qui souffrent tellement de la chaleur qu’ils perdent leurs feuilles ».

Une autre conséquence concerne le fonctionnement de centrales nucléaires.

Plus généralement cela pose la question d’une autre politique de la gestion de l’eau et de son utilisation.

L’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (4 %).

Pour les usages domestiques, dans la cuisine, le lave-vaisselle consomme entre 10 et 20 litres par lavage alors que faire la vaisselle à la main demande en moyenne presque 50 litres.

Mais le vrai problème est l’utilisation de l’eau  potable tous les usages y compris non alimentaires. La question d’un double réseau l’un potable, l’autre potable se posera un jour ou l’autre

 

Climat : Un record de sécheresse depuis 60 ans

Climat : Un record de sécheresse depuis 60 ans

 

Année après année, lentement mais sûrement le climat européen d’une certaine manière ça focalise avec une saison sèche pratiquement sans pluie significative en été et au contraire un excès d’eau via les inondations en hiver mais avec peu de températures très froides. Ainsi Lyon connaîtra bientôt le climat d’Alger et Paris celui de Marseille. La sécheresse a bien entendu des conséquences pour les populations et pour l’économie notamment l »agriculture. Ainsi Le mois de juillet 2022 aura été marqué par des conditions climatiques extrêmes dans l’Hexagone. Sans surprise, Météo France a révélé, mardi 26 juillet, qu’il serait « très probablement le mois de juillet le plus sec » jamais mesuré depuis le début des relevés concernant les sécheresses du sol, en 1959.

« En moyenne sur la France, il est tombé huit millimètres de précipitations du 1er au 25 juillet », soit « un déficit énorme de précipitations », explique à l’AFP Christian Veil, climatologue chez Météo France. « On devrait être au premier ou au deuxième rang des mois de juillet les plus secs », poursuit-il. Tout dépendra des derniers jours du mois, de légères pluies étant attendues vendredi.

Ce manque de pluie aggrave la sécheresse qui touchait déjà la France au début de l’été. Mardi, 91 départements étaient concernés par des restrictions d’usage de l’eau, du jamais-vu. Les niveaux d’alerte sont recensés sur le site Propluvia.

Une situation qui a des conséquences sur tout l’environnement : « Les précipitations estivales servent à maintenir l’humidité des sols superficiels, à maintenir la végétation », explique Christian Veil, qui observe notamment « des arbres qui souffrent tellement de la chaleur qu’ils perdent leurs feuilles ».

Une autre conséquence concerne le fonctionnement de centrales nucléaires.

Plus généralement cela pose la question d’une autre politique de la gestion de l’eau et de son utilisation.

L’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (4 %).

Pour les usages domestiques, dans la cuisine, le lave-vaisselle consomme entre 10 et 20 litres par lavage alors que faire la vaisselle à la main demande en moyenne presque 50 litres.

Mais le vrai problème est l’utilisation de l’eau  potable tous les usages y compris non alimentaires. La question d’un double réseau l’un potable, l’autre potable se posera un jour ou l’autre

 

Sécheresse et Agriculture : Alerte ( FNSEA)

Sécheresse et Agriculture : Alerte ( FNSEA)

 

Encore quelques jours sans pluie et ce pourrait être une catastrophe pour les récoltes à venir. Chaque jour qui passe, on voit les cultures dépérir », a alerté vendredi 15 juillet sur franceinfo Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, alors que la canicule amplifie les craintes de sécheresse. Les restrictions se multiplient : 72 départements français ont mis en place des restrictions d’usage de l’eau. Un comité sécheresse s’est tenu ce vendredi autour du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. Christiane Lambert souligne que « les fruits sont aussi perturbés. » Elle met en avant la nécessité de changer les pratiques agricoles, notamment avec  »la recherche variétale pour des variétés plus résistantes. »

 Est-ce que la situation est critique ?

Christiane Lambert : L’heure est très grave et chaque jour qui passe, on voit les cultures dépérir. J’ai fait un tour de mes champs cet après-midi, les maïs sont en train de se recroqueviller, les épis ne se formeront pas. C’est le stade de la fécondation. S’il n’y a pas de fécondation, il n’y aura pas d’épi, donc pas de grains, pas le rendement. Et c’est aussi le cas des prairies, donc plus de fourrage pour les animaux. Et il y a même des prairies qui vont certainement être totalement mortes et à ressemer.

Est-ce que l’on est en train de perdre des cultures ?

Oui. Il y a aussi tout ce qui est raisin, fruits. La viticulture prend des coups de chaud, quand il fait 44 degrés, cela grille les feuilles et cela peut abîmer les grappes. C’est ce qu’on appelle le coup de chalumeau. Cela peut aussi s’enflammer. Et pour les fruits, c’est, sur la face exposée au soleil, un coup de soleil qui produit une espèce d’induration. Les fruits sont perturbés aussi.

Est-ce que les conditions climatiques poussent les agriculteurs à changer leurs méthodes ?

Beaucoup ont déjà changé en choisissant, quand c’est possible, des cultures de tournesol au lieu de maïs, des variétés qui soient semées plus tôt pour être plus avancées, et faire en sorte que la fécondation soit passée. On a engagé tout cela depuis cinq ou six ans. Depuis le Varenne de l’eau, on a trois chantiers ouverts. Un, le chantier de l’assurance, parce qu’il faut aider les agriculteurs à s’assurer et que la solidarité nationale joue au-delà de 50% de perte. Deux, tout le travail d’accompagnement pour l’atténuation. C’est l’adaptation des pratiques et la recherche variétale pour des variétés plus résistantes. Et le troisième volet, c’est la gestion de l’eau en étant capable d’aller plus vite pour stocker de l’eau. On a tellement de pluies diluviennes l’hiver qu’il faut arrêter de la gaspiller.

Est-ce que les conséquences pourraient être longues et durables, parce que l’alimentation des troupeaux repose aussi sur le fourrage ?

Bien sûr. Les agriculteurs ont récolté leur fourrage foin et sont déjà en train de le distribuer à leurs animaux. Beaucoup comptent sur le maïs, et notamment les grains de maïs, pour faire une alimentation riche en énergie pour leurs vaches laitières, pour leurs bovins, pour leurs porcs. Et donc on aura du maïs sans grain, un maïs qui a beaucoup moins de valeur. Il y a aussi beaucoup de difficultés dans les bâtiments d’élevage, quand il fait 40 degrés comme dans les bâtiments de mise-bas. En ce moment, c’est la période des mises-bas. On est obligé de programmer les mises-bas pour qu’elles puissent avoir lieu entre une heure et cinq heures du matin quand il fait plus frais, sinon les truies sont vraiment en souffrance au moment où elles mettent bas.

« On essaie de s’adapter le mieux possible, mais c’est plus de travail et plus de stress. »

 Est-ce que dans ce tableau très sombre, certaines cultures profitent de ces conditions ?

Quand il fait jusqu’à 40 degrés, les fruits sont super beau, gorgés de soleil, mais ils murissent très vite. Donc il faut vraiment jouer la solidarité, acheter beaucoup de fruits français en ce moment. Les producteurs sont au taquet pour les ramasser dans les meilleures conditions. Et on compte sur les consommateurs pour être au rendez-vous. Faites-vous plaisir. Mangez des melons, des abricots, des nectarines, des cerises, tous les fruits d’été. Les producteurs ont besoin de les vendre très vite, parce qu’ils les récoltent beaucoup plus vite que d’habitude.

Inde et Pakistan : Le danger de sécheresse extrême

Inde et Pakistan : Le danger de sécheresse extrême

 

 

. La vague de chaleur actuelle n’est pas anormale par rapport aux températures usuelles. Les suivantes risquent d’être plus intenses encore, alors que les populations sont déjà vulnérables. Par Vikki Thompson, University of Bristol et Alan Thomas Kennedy-Asser, University of Bristol

 

Une vague de chaleur frappe l’Inde et le Pakistan – l’une des régions les plus densément peuplées du monde – depuis avril, obligeant plus d’un milliard de personnes à affronter des températures bien supérieures à 40 °C. Ces températures ne constituent pas encore des records historiques pour ces régions, mais la période la plus chaude de l’année reste à venir.

Alors que la canicule met déjà en danger la vie des populations, et provoque demauvaises récoltes et des pannes d’électricité, la situation pourrait s’aggraver : si l’on se base sur ce qui se passe ailleurs, l’Inde est vouée à connaître une canicule encore plus intense.

Notre équipe de climatologues s’est récemment intéressée aux vagues de chaleur les plus extrêmes dans le monde au cours des 60 dernières années, mais en prenant en considération les écarts par rapport aux températures attendues dans cette zone, plutôt que la simple température maximale. L’Inde et le Pakistan ne figurent pas dans nos résultats, publiés dans la revue Science Advances. Bien que les températures et les niveaux de stress thermique montent régulièrement à des niveaux très élevés en valeurs absolues, les vagues de chaleur en Inde et au Pakistan n’ont pas été si extrêmes jusqu’à présent si l’on compare aux normales régionales.

De fait, la région se caractérise par un historique d’extrêmes météorologiques plutôt modeste. Dans les données que nous avons examinées, nous n’avons trouvé aucune vague de chaleur en Inde ou au Pakistan s’écartant de plus de trois écarts types par rapport à la moyenne, alors que statistiquement, un tel événement serait attendu une fois tous les 30 ans environ. La vague de chaleur la plus sévère que nous ayons identifiée, en Asie du Sud-Est en 1998, s’éloignait à cinq niveaux de la moyenne. Une vague de chaleur aussi extraordinaire en Inde aujourd’hui équivaudrait à atteindre des températures de plus de 50 °C sur de larges pans du pays – de telles températures n’ont été observées qu’en points localisés jusqu’à présent.

Nos travaux suggèrent donc que l’Inde pourrait connaître des chaleurs encore plus extrêmes. Considérant que la répartition statistique des températures maximales quotidiennes est globalement la même dans le monde entier, il est probable, toujours d’un point de vue statistique, qu’une vague de chaleur record frappe l’Inde à un moment donné ; la région n’a pas encore eu l’occasion de s’adapter à de telles températures et serait donc particulièrement vulnérable.

Récoltes et santé

Bien que la vague de chaleur actuelle n’ait pas battu de records historiques, elle reste exceptionnelle. De nombreuses régions de l’Inde ont connu leur avril le plus chaud jamais enregistré. Une telle chaleur si tôt dans l’année aura des effets dévastateurs sur les cultures dans une région où beaucoup dépendent de la récolte de blé pour se nourrir et gagner leur vie. Habituellement, les chaleurs extrêmes dans cette région sont suivies de près par des moussons rafraîchissantes – mais celles-ci n’arriveront pas avant plusieurs mois.

Les cultures ne seront pas les seules à être affectées par la canicule, qui touche aussi les infrastructures, les écosystèmes et la santé humaine. Les répercussions sur la santé humaine sont complexes, car des facteurs météorologiques (chaleur et humidité) et socio-économiques (mode de vie et capacité d’adaptation) entrent en jeu. Nous savons que le stress thermique peut entraîner des problèmes de santé à long terme tels que des maladies cardiovasculaires, une insuffisance rénale, une détresse respiratoire et une insuffisance hépatique, mais nous ne pourrons pas savoir exactement combien de personnes mourront pendant cette vague de chaleur en raison d’un manque de données sanitaires de la part de l’Inde et du Pakistan.

Ce que l’avenir nous réserve

Pour envisager l’impact de la chaleur extrême au cours des prochaines décennies, nous devons nous pencher à la fois sur le changement climatique et sur la croissance démographique, car c’est la combinaison des deux qui amplifiera les impacts des canicules sur la santé humaine dans le sous-continent indien.

 

Les zones d’augmentation importante de la population au cours des 50 prochaines années (cercles rouges), coïncident toutes avec des endroits où il n’existe aucune donnée quotidienne sur la mortalité (jaune).

Dans notre nouvelle étude, nous avons cherché à comprendre comment les extrêmes devraient évoluer à l’avenir. En utilisant un vaste ensemble de simulations de modèles climatiques, nous avons obtenu beaucoup plus de données que celles disponibles en réalité. Nous avons constaté que le réchauffement climatique global sous-jacent n’affectait pas la répartition statistique des extrêmes. Dans les modèles climatiques, les extrêmes de température quotidiens augmentent de la même façon que le climat moyen. Le dernier rapport du GIEC indique que les vagues de chaleur deviendront plus intenses et plus fréquentes en Asie du Sud au cours de ce siècle. Nos résultats le confirment.

La vague de chaleur actuelle touche plus de 1,5 milliard de personnes tandis que la population du sous-continent indien devrait encore s’accroître de 30 % au cours des 50 prochaines années. Cela signifie que des centaines de millions de personnes supplémentaires naîtront dans une région amenée à connaître des vagues de chaleur plus fréquentes et plus graves. Étant donné qu’un nombre encore plus important de personnes sera affecté par des canicules encore plus intenses, les mesures de réponse au changement climatique doivent être accélérées – de toute urgence.

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Par Vikki Thompson, Senior Research Associate in Geographical Sciences, University of Bristol et Alan Thomas Kennedy-Asser, Research Associate in Climate Science, University of Bristol.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Sécheresse : un été comme en 1976 ?

Sécheresse : un été comme en 1976 ?

D’après Météo France « Le scénario le plus probable cet été sur une grande partie du sud de l’Europe est celui de situations anticycloniques plus fréquentes que la normale et donc à la poursuite de conditions d’anomalies chaudes et sèches », . Chaque mois, Météo France propose un bulletin des « grandes tendances climatiques pour les trois mois à venir ».

Selon ces tendances saisonnières  – des probabilités qui se distinguent des prévisions météorologiques –, un scénario chaud est « très probable » (70%) sur la moitié sud du pays et « probable » (50%) sur la moitié nord. Un scénario sec est également « probable » sur la moitié sud, mais aucun scénario n’est privilégié sur la moitié nord. Ces prévisions interviennent alors que la France a connu son mois de mai le plus sec et le plus chaud jamais enregistré.

La sécheresse des sols de 1976 est la plus forte enregistrée depuis 1959 (début de l’historique de cet indicateur), avec plus de 35% du territoire touché. La France a connu d’autres périodes de sécheresse importantes dans les dernières décennies (1989, 2003, 2011…) mais l’assèchement des sols constaté depuis le début du siècle s’accentue avec le réchauffement de la planète.

Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Europe connaît et va connaitre plus de vagues de chaleur et de sécheresses à mesure que le réchauffement climatique, provoqué par nos émissions de gaz à effet de serre, s’intensifie.

Climat, sécheresse: changer de modèle agricole

Climat, sécheresse: changer de modèle agricole 


Le développement de l’agroécologie paysanne et de la permaculture pourrait permettre d’amortir les conséquences du changement climatique et de déployer en France une agriculture durable et résiliente, affirme, dans une tribune au « Monde », Olivier Hébrard, de l’association Terre & Humanisme.

Année après année, la fréquence et la sévérité des sécheresses progressent sur nos territoires, conséquences des changements climatiques en cours. En première ligne, le monde agricole souffre tout particulièrement de la récurrence des températures extrêmes, de leur persistance et des longues périodes sans pluie.

Le modèle agricole français actuel reste largement dominé par l’agriculture dite conventionnelle, reposant en partie sur la chimie et bien trop souvent sur une mauvaise gestion des sols, de la biodiversité et de l’eau. Là où ce modèle parvenait à franchir tant bien que mal les sécheresses estivales il y a encore quelques dizaines d’années, avec leur récurrence et leur persistance, il montre à présent clairement ses limites.

Les sols travaillés en profondeur, les engrais minéraux et les pesticides chimiques sont autant de facteurs qui, année après année, fragilisent les sols et leur enlèvent leur aptitude à retenir et stocker les eaux en période de pluies, puis en période sèche, à les redistribuer progressivement aux plantes, aux aquifères profonds, aux sources et aux cours d’eau.

Ainsi, lors des principaux événements pluvieux, ces sols dégradés génèrent plus facilement des crues. A l’inverse, n’ayant pas pu correctement retenir et stocker les eaux lors des périodes de pluies, ils nécessitent alors rapidement une irrigation conséquente. De surcroît, les prélèvements d’eau agricole s’effectuent souvent dans des nappes et des cours d’eau eux-mêmes mal rechargés pendant les périodes hivernales en raison de cette mauvaise gestion globale des sols, ce qui ne fait qu’accentuer leurs faibles niveaux d’étiage.

C’est notamment dans ce contexte global que les demandes de création de retenues d’eau se multiplient. Si parfois elles s’avèrent fondées et légitimes, bien souvent elles visent à répondre aux besoins en eau d’un système agricole devenu aujourd’hui obsolète. L’arrosage massif de grandes surfaces de maïs, destinées à alimenter du bétail qui, normalement, devrait se nourrir à l’herbe, en est un exemple criant. Le projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, est un des cas les plus médiatisés de débats portant sur les liens entre ressource en eau et choix du modèle agricole global.

A la lumière des erreurs passées et actuelles, nous savons aujourd’hui que d’autres modèles agricoles et alimentaires sont possibles, mais aussi que le consommateur, qui se trouve en bout de chaîne, représente un vrai levier. Si celui-ci choisit par exemple de consommer moins de viande mais de meilleure qualité, telle que celle issue de vaches nourries à l’herbe et certifiées en agriculture biologique, et dans la mesure du possible selon un approvisionnement en circuits courts, les effets positifs sur les milieux seront notables.

Sécheresse : des aides supplémentaires pour les agriculteurs

Sécheresse : des aides supplémentaires pour les agriculteurs

 

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a annoncé ce vendredi des aides à la trésorerie d’urgence comme certains dégrèvements fiscaux. Globalement le secteur est lourdement touché par la crise sanitaire. En outre les rendements de beaucoup de produits ont été affectés. Enfin les exportations de nombreuses productions ont été victimes de la baisse du commerce international voire des mesures de taxation comme aux États-Unis.

«On prend des mesures exceptionnelles pour accompagner les agriculteurs face à des épisodes de sécheresse qui ne cessent de se répéter», a déclaré sur France Info le ministre qui a aussi confirmé qu’une «part significative» du volet agricole du plan de relance de l’économie devant être annoncé le 25 août sera consacrée à

«Pour tous les départements qui pourront relever de la calamité agricole», le ministre a indiqué qu’il serait «très vigilant» afin que les agriculteurs concernés puissent en bénéficier. «Quand est-ce que cela se passe ? À la fin de l’épisode de sécheresse, on constate les conséquences des diminutions de rendement et on fait ces déclarations (…) qui donnent lieu ensuite à des accompagnements financiers», a dit le ministre sans donner le montant du budget.

 

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert avait demandé aussi des allègements de charge voire des échelonnements de remboursements bancaires pour les entreprises agricoles.

«Au-delà de ces mesures de très court terme, agronomiques et financières, il faut surtout préparer l’avenir, c’est l’objectif du plan de relance ou une part conséquente du volet agricole du plan de relance sera consacrée à l’adaptation de notre agriculture aux effets du changement climatique», a ajouté le ministre.

Sécheresse mondiale : le manque d’eau menace l’économie

Sécheresse mondiale : le manque d’eau menace l’économie

Un papier de Julien Bouissou  du Monde s’appuyant sur une analyse de la société de gestion d’actifs BlackRock souligne les risques de la sécheresse pour l’économie.

 « Les investisseurs sous-estiment le risque de pénurie d’eau et son impact sur leurs portefeuilles dans les années à venir. » Dans une note diffusée fin juillet, BlackRock, la plus grande société de gestion d’actifs au monde, affirme que « le stress hydrique affecte toutes les régions, toutes les catégories d’actifs, tous les secteurs et va devenir de plus en plus important au cours des prochaines années ». Un risque qui porte déjà sur 425 milliards dollars d’actifs (362,7 milliards d’euros), selon les calculs effectués par l’ONG Carbon Disclosure Project (CDP) à partir des données publiées par les plus grandes entreprises du monde entier.

 

 « En cas de pollution, certaines entreprises risquent de voir ainsi leur image se détériorer et d’être condamnées à de lourdes amendes, d‘autres doivent interrompre leur production en cas de sécheresse ou encore supporter des coûts de traitement des eaux si celle-ci est polluée », explique Cate Lamb, responsable du programme « eau » de l’ONG CDP. 

La sécheresse a déjà entraîné des interruptions d’activité. C’est le cas de la compagnie minière Anglo American qui a réduit sa production de cuivre de 28 % au Chili, fin 2019, alors que le pays enregistrait l’une des pires sécheresses de son histoire. Certaines exploitations minières au Chili doivent désormais s’approvisionner en eau de mer depuis le littoral pour continuer de fonctionner. Selon le cabinet Trucost, le cinquième des exploitations minières dans le monde sont localisées dans des régions souffrant d’un « stress hydrique », et les mines de fer sont parmi les plus exposées.

Le manque d’eau peut coûter cher. En 2018, le chimiste allemand BASF avait essuyé une perte de 250 millions d’euros à cause de la baisse du niveau du Rhin. Le fleuve ne pouvait plus servir à transporter les marchandises, ni à alimenter les usines du groupe en eau de refroidissement. Parfois l’eau est disponible mais polluée, comme c’est le cas pour 65 % des nappes phréatiques en Chine. Les dépenses en traitement de l’eau viennent alors s’ajouter aux coûts de production.

 

 « Si on additionne la hausse de la demande, en raison de la croissance démographique et d’une élévation des niveaux de vie, l’épuisement des ressources à cause de la pollution, et le changement climatique qui entraîne sécheresses et inondations, le problème devient vraiment important », explique Richard Damania, économiste à la Banque mondiale. L’agriculture représente à elle seule entre 70 % et 90 % de la consommation en eau douce de la planète au risque de menacer des pans entiers de l’économie. 

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