Archive pour le Tag 'sécheresse'

La sécheresse : déjà

La sécheresse : déjà

 

On s’inquiète déjà des risques de sécheresse en France. Dans certaines régions,  la pluviosité cet hiver a été insuffisante. Dans le sud, certaines zones n’ont reçues depuis le début d’année qu’une vingtaine de millimètres d’eau. Dans d’autres régions les nappes ont été reconstituées cet hiver mais l’eau manque en surface et certains sont même obligés d’arroser pour faire les semis. Autre exemple, Il n’a pas beaucoup plu cet hiver dans le Nord, et le département en paie maintenant les conséquences : la quasi-totalité du territoire l’exception du Delta de l’Aa est désormais en alerte sécheresse, a annoncé la préfecture du Nord ce mardi 9 avril au cours d’une conférence de presse. Sur ces zones, l’État impose ainsi de lourdes restrictions d’eau effectives jusqu’au 30 juin 2019. Parmi elles :

  • l’interdiction de laver les véhicules particuliers.
  • l’interdiction d‘arroser les pelouses et jardins de 9H à 19H.
  • l’interdiction d’arroser les terrains de sport, les stades et les golfs de 9H à 19H.
  • la restriction de l’irrigation agricole.
  • la fermeture des fontaines publiques.
  • un objectif de réduction de consommation d’eau de 10% pour les industriels

Ce qui ressort de cette situation c’est que le climat français se rapproche de plus en plus du climat africain,  d’ailleurs on prévoit qu’une ville comme Lyon connaîtra le climat de Madrid en 2050 et celui d’Alger en 2100. D’où sans doute, en plus de la lutte contre la dégradation de climat, de gérer avec beaucoup plus d’attention les ressources en eau tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Notons par exemple que des nappes phréatiques d’une profondeur de 70 à 80 m sont déjà atteintes par des pollutions de pesticides et autres produits polluants.

Sécheresse : une urgente régulation de l’eau

Sécheresse : une urgente régulation de l’eau

 

Si le beau temps et la sécheresse ont favorisé le développement des activités touristiques pendant ce qu’on appelle la basse saison par contre, la sécheresse ajoutée à de fortes températures ont provoqué des dégâts dans l’agriculture. Environ 60 départements sont concernés par des mesures de restriction quant à l’utilisation de l’eau. Face à cette situation la France envisage d’organiser des assises de l’eau pour en examiner les dimensions conjoncturelles mais surtout structurelles. Un problème qui se pose évidemment à l’échelle mondiale. La problématique est rappelée par un article de l’OCDE-observateur :

« Pour la plupart des gens, l’eau, comme l’air, est un bien public. Pourtant, en pratique, sa gestion et sa distribution soulèvent des problèmes qui peuvent être régis par des principes économiques. L’approvisionnement en eau coûte de l’argent. En outre, bien qu’il s’agisse d’une ressource renouvelable, elle est fragile et peut être gaspillée. De l’agriculture à Essentielle pour la vie, l’eau pure est en outre vitale pour la santé humaine. Or aujourd’hui, un milliard d’individus boivent couramment une eau impropre à la consommation. La plupart des pays se sont engagés à réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes qui, dans le monde, n’ont pas accès à l’eau potable ou à des infrastructures sanitaires. Même si cet objectif est atteint (ce qui sera difficile), plus d’un demi milliard de personnes resteront privées d’eau potable, et pour plus d’un milliard d’entre elles, d’infrastructures sanitaires. La mauvaise qualité de l’eau et de l’assainissement font pourtant quelque cinq millions de morts chaque année. Rien de surprenant à cela, puisque dans les pays en développement, 90 % des eaux usées se répandent dans les fleuves et cours d’eau sans avoir été traitées. Quelque 50 pays, regroupant environ un tiers de la population mondiale manquent d’eau, et 17 d’entre eux en prélèvent chaque année plus que les cycles naturels n’en apportent. Cela a des conséquences sur les masses d’eau douce de surface, comme les fleuves et les lacs, mais aussi sur les ressources souterraines. Et la croissance démographique ne fera qu’accentuer ce phénomène. Au cours des 50 dernières années, les prélèvements mondiaux d’eau ont quadruplé tandis que la population du globe doublait. Les Perspectives de l’environnement 2001 de l’OCDE prévoient une hausse de ces prélèvements de 31 % entre 1995 et 2020. D’ici 2015, une personne sur cinq vivra dans les grandes villes, contre une sur neuf aujourd’hui, et la population urbaine des pays en développement aura doublé d’ici 2025. De nombreux systèmes urbains d’adduction d’eau méritent d’être améliorés et tous nécessitent des investissements conséquents. Mais l’usage de l’eau douce n’est pas identique partout. En Asie orientale, en Amérique latine, en Afrique et dans plusieurs autres régions, on utilise trois fois moins d’eau douce que dans les pays de l’OCDE, et cinq fois moins qu’en Amérique du Nord. On constate aussi des variations non négligeables au sein de la zone OCDE : par exemple, les États-Unis ont une consommation 10 fois supérieure à celle du Danemark ou du Royaume-Uni. Les pays développés sont aussi concernés. Il est vrai que l’accès à l’eau potable s’est généralisé et que les pays de l’OCDE ont considérablement réduit les rejets industriels et urbains dans les cours d’eau. Ils ont aussi nettoyé les fleuves et les lacs les plus pollués. Par ailleurs, dans la zone OCDE, la consommation par habitant a diminué de près de 11 % depuis 1980, ce qui laisse supposer une certaine dissociation entre consommation d’eau et croissance économique. Mais la dégradation des ressources souterraines se poursuit. La pollution chimique agricole s’est aggravée et l’on observe des contaminations aux métaux lourds et aux polluants organiques persistants. Si l’accès aux services de l’eau s’est beaucoup amélioré, les coûts ont augmenté et de nombreux pays de l’OCDE sont désormais confrontés à des problèmes financiers et d’équité. Il est donc nécessaire d’échafauder des politiques globales, à condition d’en assurer la cohérence. Par exemple, les subventions agricoles se traduisent souvent par une utilisation accrue des ressources en eau. Parfois, les efforts visant à financer, maintenir et améliorer les infrastructures des services de l’eau sont compromis par une politique tarifaire inadaptée. Des exploitations agricoles très gourmandes. Qui utilise le plus d’eau ? Les foyers ne représentent que 8 % de la consommation globale. À l’échelle mondiale, c’est l’agriculture qui est la plus gourmande en eau. Elle accapare en effet près de 69 % des prélèvements totaux d’eau douce (dont 45 % sont imputables aux 30 pays membres de l’OCDE). Mais si les besoins de l’agriculture sont appelés à augmenter, c’est l’industrie, notamment dans les pays en développement, qui devrait afficher la plus forte progression dans ce domaine. L’industrie représente 23 % des prélèvements mondiaux d’eau. Elle est le consommateur d’eau douce qui affiche la plus forte progression, avec une demande qui devrait être multipliée par deux d’ici 20 ans. Dans les pays de l’OCDE, les prélèvements industriels ont décliné en grande partie grâce aux gains de productivité. Les industries qui utilisent le plus l’eau sont le secteur de la pâte à papier et du papier, l’industrie chimique et la fabrication de produits alimentaires et de boissons. Conséquence de cette demande en hausse : la pénurie d’eau. La disponibilité mondiale d’eau douce par habitant a chuté de 17 000 m3 par an en 1950 à 7 300 m3 en 1995. Ceci s’explique évidemment par la croissance démographique, mais on assiste aussi à un déclin des ressources d’eau potable. Les eaux de surface ne sont pas seules en cause : la pénurie commence à toucher les eaux souterraines en certains endroits. Si l’on ajoute à cela le spectre de la pollution planétaire industrielle, minière et agricole, et des grands centres urbains, le tableau s’assombrit nettement. Que faire ? Dire que la volonté politique est indispensable peut apparaître comme un cliché. Mais à lire les articles qui composent ce dossier, il semble que pour parvenir à un équilibre, il faut mêler impulsion et gestion publiques, savoir-faire du marché et mise à profit des connaissances scientifique et technologique. Il faut aussi monter des partenariats entre les pays et entre les intervenants. Injecter de l’argent ne permettra pas de régler le problème, ne serait-ce qu’en raison des sommes énormes en jeu. Cosgrove et Rijsberman (voir références) estiment à US$75 milliards la facture annuelle de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement au cours des 25 années à venir – sans même compter les opérations de rénovation et de réhabilitation. Les investissements totaux pour l’approvisionnement et l’assainissement (hors investissements effectués directement par l’industrie) ont été estimés en 1995 à US$30 milliards. En d’autres termes, il faudrait multiplier cette somme par deux. Certains estiment par ailleurs qu’il faudrait ajouter entre US$14 milliards et US$30 milliards annuels aux US$30 milliards déjà alloués à cette fin pour atteindre l’Objectif de développement de l’ONU pour le Millénaire à savoir, celui de diminuer de moitié la population dépourvue d’accès à l’eau potable salubre d’ici 2015.À terme, il s’agit d’améliorer l’approvisionnement et de réduire le gaspillage tout en maintenant l’équité et l’accès à l’eau pour tous, indépendamment des revenus, de l’âge et de la géographie. Les personnes pauvres, les personnes âgées et les enfants sont en effet particulièrement vulnérables. Dans les pays les plus pauvres, un enfant sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans, le plus souvent d’une maladie infectieuse liée à une insuffisance de la quantité et de la qualité de l’eau. Mais si l’objectif est clair, les solutions sont moins évidentes. Prenons par exemple la question de la privatisation. Dans plusieurs pays, les pouvoirs publics ont changé de rôle : autrefois détenteurs du monopole des infrastructures liées à l’eau, ils ont cédé une partie de cette prérogative au secteur privé pour se cantonner essentiellement à un rôle de régulateur et de garant. La privatisation n’est pas la panacée. Les pouvoirs publics et les autres acteurs concernés doivent s’assurer de l’existence de règles de bonne gouvernance pour attirer les investissements et promouvoir un bon gouvernement d’entreprise. Néanmoins, avec une exploitation correcte et adaptée aux besoins, le marché peut améliorer l’accès à l’eau et les infrastructures sanitaires. Même lorsque les pouvoirs publics conservent la plus grande part du contrôle de l’approvisionnement et de l’exploitation, le secteur privé peut jouer un rôle clé pour financer, construire et gérer les installations. L’eau est une ressource fragile qui est très différente, par exemple, des gisements de minerai et de pétrole. Elle est immédiatement renouvelable grâce au cycle naturel ; pourtant, si elle est gaspillée ou trop sollicitée, son renouvellement est compromis. Elle est aussi imprévisible : même dans des régions habituellement arides, les inondations peuvent faire des ravages. Et elle peut entièrement disparaître d’une région si son cycle naturel est perturbé, par exemple, par des fluctuations climatiques ou géologiques, ou une simple utilisation excessive. L’Année internationale de l’eau douce 2003 des Nations unies est l’occasion pour la communauté internationale de mesurer la gravité des problèmes qui se posent. Une bonne gestion de l’eau est dans l’intérêt de chacun. »

 

 

Sécheresse dans 30 départements

Sécheresse dans 30 départements

 

 

Il n’a pas plus depuis presque deux mois et le manque d’eau se fait sentir. L’usage de l’eau a donc été restreint dans 30 départements en raison de la sécheresse. Les restrictions concernent le sud et l’ouest de la France et sont d’importance variable. Dans le Sud-ouest, l’Ouest et au sud de la Bretagne, les zones les plus impactées par le manque d’eau, des arrêtés interdisent les prélèvements d’eaux non prioritaires, y compris à des fins agricoles. Seuls les usages pour la santé, la sécurité civile, l’eau potable ou la salubrité sont autorisés. Ces zones les plus impactées par le manque d’eau se trouvent dans les départements suivants : Vendée, Loire-Atlantique, Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Indre, Dordogne, Eure-et-Loir, Gers, Haute-Garonne, Lot, Tarn, Tarn-et-Garonne et l’Aude mais également les Alpes-de-Haute-Provence. Ceci étant  ces mesures de restriction seront comme d’habitude très relatives et on pourra voir sans doute encore des arrosages de maïs en plein midi. De ce point de vue les restrictions relatives au lavage des voitures apparaît bien désuet. Les restrictions concernent la réduction des prélèvements agricoles, pour l’arrosage des jardins ou le lavage des voitures.

 

(Avec agences)

Sécheresse : restriction d’eau, du pipeau !

Sécheresse : restriction d’eau, du pipeau !

 

 

Face à la sécheresse la France a mis en place un plan sophistiqué de lutte pour économiser l’eau. Il existe quatre niveaux de vigilance. Mais même dans les zones concernées par la plus haute vigilance zone dite rouge le plan de lutte contre la sécheresse apparaît à la fois dérisoire et non respectée. Dans ces zones dites rouges on peut toujours voir de nuit comme de jour des canons à eau arrosée des cultures de maïs souvent d’ailleurs en pure perte. En effet de jour en pleine chaleur la moitié ou les trois quarts de cette eau s’évaporent aussitôt. Dans nombre de ces régions la culture de maïs très gourmande en nos et complètement inappropriés au climat. Des millions de tonnes d’eau sont ainsi gaspillés et l’interdiction de laver des voitures en comparaison paraît particulièrement désuète. La canicule fait encore des ravages. Après un début de mois de juillet brûlant sur tout le territoire et une légère pause sur les dernières semaines, les températures élevées sont de retour. À l’instar de la région Rhône-Alpes passée en alerte canicule pour trois jours depuis le 5 août, de nombreux départements sont victimes de la sécheresse. Et qui dit sécheresse, dit restrictions d’eau. Car avec les fortes chaleurs, la situation hydraulique se dégrade et l’eau devient de plus en plus précieuse, au grand dam des agriculteurs et des éleveurs. Depuis jeudi, 69 départements sont concernés par les restrictions d’eau. Pour connaître à tout moment cette liste, le site Propulvia du ministère de l’Écologie met en ligne une carte interactive (ci-dessous) qui permet de se renseigner sur les départements restreints en eau ainsi que le niveau de restriction.  Il existe quatre niveaux différents qui n’engendrent pas les mêmes restrictions. Ainsi, sur les 69 départements, cinq sont en état de vigilance (en gris sur la carte) pendant lequel les particuliers et les professionnels sont sommés de faire des économies d’eau. Après le seuil de vigilance, il existe trois niveaux d’alerte (jaune, orange, rouge) en fonction de la gravité de la situation et des mesures qui doivent être prise. Ainsi, 26 d’entre eux sont en jaune, onze en orange et le reste en rouge.  Pour les départements en simple alerte (jaune), les activités nautiques, l’arrosage des jardins et des espaces verts ainsi que le lavage de voiture sont interdites à certaines heures. Pour les professionnels, est prévue soit réduction de presque moitié des prélèvements agricoles, soit une interdiction totale pendant trois jours de la semaine. L’alerte renforcée (orange) prévoit à peu de choses près les mêmes indications mais au niveau supérieur. Pour les prélèvements agricoles, ils sont réduits à plus de 50% ou totalement interdits 3,5 jours par semaine. Pour les particuliers, l’interdiction est plus élevée, et parfois totale pour certaines utilisations.  Enfin, lorsque le niveau le plus élevé d’alerte, le niveau crise (rouge), est décrété, tous les prélèvements non prioritaires (santé, sécurité civile, eau potable et salubrité) sont totalement prohibés, même pour les agriculteurs et éleveurs.  Ces seuils sont définis localement par les préfectures grâce à un bulletin de la situation hydraulique délivré chaque mois par les directions régionales de l’environnement. Ils permettent de préserver les ressources en eau, qui deviennent un bien de plus en plus précieux sur la planète.  Ces dispositions servent également à prévenir les autres risques liés à la canicule et la sécheresse : les incendies. L’été, de nombreux feux de forêt se déclarent et brûlent souvent des hectares de pinède. Dans un souci écologique mais aussi sécuritaire, il existe donc une sorte de police de l’eau qui vérifie la bonne application des mesures.  Ainsi, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA) et les Directions départementales des territoires (DDT) sont là pour surveiller le respect de ces dispositions. Si elles ne sont pas bien appliquées, les responsables s’exposent à des sanctions administratives comme 1.500 euros d’amende.

 

Lait en poudre : pénurie due à la sécheresse et à la spéculation

Lait en poudre : pénurie due à la sécheresse et à la spéculation

 

 

Le prix du lait repart à la hausse sur le marché mondial suite à une forte sécheresse chez les principaux exportateurs. Au point d’inquiéter l’Asie et surtout la Chine et d’alimenter de petits trafics de boîtes de lait pour bébé.  Le manque d’herbe pour alimenter les vaches néo-zélandaises va se payer cher dans le biberon car les vertes collines australes exportent 90% de leur production.  Or à ce stade, la collecte de lait est en baisse de 7% environ depuis le début de l’année, indique l’économiste Gérard You, spécialiste des marchés laitiers à l’Institut de l’élevage à Paris: à la louche, estime-t-il, « il va manquer entre 3 et 5 millions de tonnes de lait » cette année dans le monde.   »Cinq pays ou régions assurent 80 à 85% des ventes mondiales: dans l’ordre, Nouvelle-Zélande, Union européenne, Etats-Unis, Australie et Argentine » explique l’expert. Or tous, pour des raisons climatiques ou de choix, connaissent des situations difficiles sur le premier trimestre 2013.  L’Argentine cumule des excès climatiques (sécheresse et pluies) alors qu’elle a converti certaines prairies à la culture, juteuse, du soja. L’UE aussi voit sa collecte baisser – malgré les difficultés des éleveurs français à obtenir des hausses de prix. « Parler de pénurie, c’est un peu fort, mais l’effet sur les cours est certain » ajoute M. You, qui envisage une hausse de « 25% voire davantage » sur l’année.  Déjà, les volumes d’enchères sur la plateforme internationale GlobalDairyTrade, lancée par le géant néo-zélandais Fonterra, ont augmenté de 33% en six semaines, prévient-il.  La poudre de lait maigre en provenance de Nouvelle-Zélande se vendait vendredi autour de 4.000 euros (5.100 dollars), en hausse de 60% depuis le début de l’année: de quoi inquiéter l’Asie qu’elle ravitaille, en particulier la Chine traumatisée par les fraudes alimentaires depuis le scandale du lait à la mélamine, en 2008, qui avait tué six bébés et affecté 300.000 autres.  Nouveau scandale fin mars, avec près de 25 tonnes de lait en poudre frelaté saisies dans l’est du pays.   »2008 a constitué un tournant. Les importations de poudre de lait ont été multipliées par 4 depuis: les marques étrangères, c’est une garantie de sécurité malgré un prix supérieur d’un tiers à l’équivalent local », indique Jean-Marc Chaulet à l’Institut de l’élevage, spécialiste de la Chine et éditeur d’une lettre spécialisée, Idele-Chine.  La Chine est devenue en quelques années le premier marché mondial du lait manufacturé, qui tournait en 2012 autour du million de tonnes en poudre, entres les poudres et le lactosérum.  Entre la peur de manquer et celle des contrefaçons, les touristes chinois en Europe se sont mis à dévaliser les rayons pour rapporter des boîtes de lait infantile: le phénomène, observé ces jours-ci à Londres, semble toucher désormais Paris, surtout les quartiers proches des Grands magasins.   »Les Chinois cherchent à s’approvisionner directement dans les pays occidentaux via les voyageurs, chinois ou étrangers », rapporte Gérard Calbrix, économiste de l’ATLA, l’association des industries laitières françaises.  Mais les familles s’approvisionnent aussi par internet, auprès de sites, australiens notamment, qui se chargent également d’expédier le lait par colis postaux en Chine. Et le trafic passe aussi par les voyageurs du train entre Hong Kong et la Chine continentale. « Au point que les autorités chinoises ont limité les quantités de lait qu’ils peuvent rapporter et les fouillent dans les trains ».  Cette razzia sur le lait disponible, sur fond réel de baisse de la collecte mondiale, va finir par poser problème.   »Au-delà de 3.000 euros la tonne, on rentre dans une zone problématique », prévient Gérard You. Certains pays comme le Nigeria ou l’Algérie, risquent ne pas pouvoir suivre. Et dans toute l’Asie, on peut craindre de se mettre à manquer.

 




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