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Climat, sécheresse: changer de modèle agricole

Climat, sécheresse: changer de modèle agricole 


Le développement de l’agroécologie paysanne et de la permaculture pourrait permettre d’amortir les conséquences du changement climatique et de déployer en France une agriculture durable et résiliente, affirme, dans une tribune au « Monde », Olivier Hébrard, de l’association Terre & Humanisme.

Année après année, la fréquence et la sévérité des sécheresses progressent sur nos territoires, conséquences des changements climatiques en cours. En première ligne, le monde agricole souffre tout particulièrement de la récurrence des températures extrêmes, de leur persistance et des longues périodes sans pluie.

Le modèle agricole français actuel reste largement dominé par l’agriculture dite conventionnelle, reposant en partie sur la chimie et bien trop souvent sur une mauvaise gestion des sols, de la biodiversité et de l’eau. Là où ce modèle parvenait à franchir tant bien que mal les sécheresses estivales il y a encore quelques dizaines d’années, avec leur récurrence et leur persistance, il montre à présent clairement ses limites.

Les sols travaillés en profondeur, les engrais minéraux et les pesticides chimiques sont autant de facteurs qui, année après année, fragilisent les sols et leur enlèvent leur aptitude à retenir et stocker les eaux en période de pluies, puis en période sèche, à les redistribuer progressivement aux plantes, aux aquifères profonds, aux sources et aux cours d’eau.

Ainsi, lors des principaux événements pluvieux, ces sols dégradés génèrent plus facilement des crues. A l’inverse, n’ayant pas pu correctement retenir et stocker les eaux lors des périodes de pluies, ils nécessitent alors rapidement une irrigation conséquente. De surcroît, les prélèvements d’eau agricole s’effectuent souvent dans des nappes et des cours d’eau eux-mêmes mal rechargés pendant les périodes hivernales en raison de cette mauvaise gestion globale des sols, ce qui ne fait qu’accentuer leurs faibles niveaux d’étiage.

C’est notamment dans ce contexte global que les demandes de création de retenues d’eau se multiplient. Si parfois elles s’avèrent fondées et légitimes, bien souvent elles visent à répondre aux besoins en eau d’un système agricole devenu aujourd’hui obsolète. L’arrosage massif de grandes surfaces de maïs, destinées à alimenter du bétail qui, normalement, devrait se nourrir à l’herbe, en est un exemple criant. Le projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, est un des cas les plus médiatisés de débats portant sur les liens entre ressource en eau et choix du modèle agricole global.

A la lumière des erreurs passées et actuelles, nous savons aujourd’hui que d’autres modèles agricoles et alimentaires sont possibles, mais aussi que le consommateur, qui se trouve en bout de chaîne, représente un vrai levier. Si celui-ci choisit par exemple de consommer moins de viande mais de meilleure qualité, telle que celle issue de vaches nourries à l’herbe et certifiées en agriculture biologique, et dans la mesure du possible selon un approvisionnement en circuits courts, les effets positifs sur les milieux seront notables.

Sécheresse : des aides supplémentaires pour les agriculteurs

Sécheresse : des aides supplémentaires pour les agriculteurs

 

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a annoncé ce vendredi des aides à la trésorerie d’urgence comme certains dégrèvements fiscaux. Globalement le secteur est lourdement touché par la crise sanitaire. En outre les rendements de beaucoup de produits ont été affectés. Enfin les exportations de nombreuses productions ont été victimes de la baisse du commerce international voire des mesures de taxation comme aux États-Unis.

«On prend des mesures exceptionnelles pour accompagner les agriculteurs face à des épisodes de sécheresse qui ne cessent de se répéter», a déclaré sur France Info le ministre qui a aussi confirmé qu’une «part significative» du volet agricole du plan de relance de l’économie devant être annoncé le 25 août sera consacrée à

«Pour tous les départements qui pourront relever de la calamité agricole», le ministre a indiqué qu’il serait «très vigilant» afin que les agriculteurs concernés puissent en bénéficier. «Quand est-ce que cela se passe ? À la fin de l’épisode de sécheresse, on constate les conséquences des diminutions de rendement et on fait ces déclarations (…) qui donnent lieu ensuite à des accompagnements financiers», a dit le ministre sans donner le montant du budget.

 

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert avait demandé aussi des allègements de charge voire des échelonnements de remboursements bancaires pour les entreprises agricoles.

«Au-delà de ces mesures de très court terme, agronomiques et financières, il faut surtout préparer l’avenir, c’est l’objectif du plan de relance ou une part conséquente du volet agricole du plan de relance sera consacrée à l’adaptation de notre agriculture aux effets du changement climatique», a ajouté le ministre.

Sécheresse mondiale : le manque d’eau menace l’économie

Sécheresse mondiale : le manque d’eau menace l’économie

Un papier de Julien Bouissou  du Monde s’appuyant sur une analyse de la société de gestion d’actifs BlackRock souligne les risques de la sécheresse pour l’économie.

 « Les investisseurs sous-estiment le risque de pénurie d’eau et son impact sur leurs portefeuilles dans les années à venir. » Dans une note diffusée fin juillet, BlackRock, la plus grande société de gestion d’actifs au monde, affirme que « le stress hydrique affecte toutes les régions, toutes les catégories d’actifs, tous les secteurs et va devenir de plus en plus important au cours des prochaines années ». Un risque qui porte déjà sur 425 milliards dollars d’actifs (362,7 milliards d’euros), selon les calculs effectués par l’ONG Carbon Disclosure Project (CDP) à partir des données publiées par les plus grandes entreprises du monde entier.

 

 « En cas de pollution, certaines entreprises risquent de voir ainsi leur image se détériorer et d’être condamnées à de lourdes amendes, d‘autres doivent interrompre leur production en cas de sécheresse ou encore supporter des coûts de traitement des eaux si celle-ci est polluée », explique Cate Lamb, responsable du programme « eau » de l’ONG CDP. 

La sécheresse a déjà entraîné des interruptions d’activité. C’est le cas de la compagnie minière Anglo American qui a réduit sa production de cuivre de 28 % au Chili, fin 2019, alors que le pays enregistrait l’une des pires sécheresses de son histoire. Certaines exploitations minières au Chili doivent désormais s’approvisionner en eau de mer depuis le littoral pour continuer de fonctionner. Selon le cabinet Trucost, le cinquième des exploitations minières dans le monde sont localisées dans des régions souffrant d’un « stress hydrique », et les mines de fer sont parmi les plus exposées.

Le manque d’eau peut coûter cher. En 2018, le chimiste allemand BASF avait essuyé une perte de 250 millions d’euros à cause de la baisse du niveau du Rhin. Le fleuve ne pouvait plus servir à transporter les marchandises, ni à alimenter les usines du groupe en eau de refroidissement. Parfois l’eau est disponible mais polluée, comme c’est le cas pour 65 % des nappes phréatiques en Chine. Les dépenses en traitement de l’eau viennent alors s’ajouter aux coûts de production.

 

 « Si on additionne la hausse de la demande, en raison de la croissance démographique et d’une élévation des niveaux de vie, l’épuisement des ressources à cause de la pollution, et le changement climatique qui entraîne sécheresses et inondations, le problème devient vraiment important », explique Richard Damania, économiste à la Banque mondiale. L’agriculture représente à elle seule entre 70 % et 90 % de la consommation en eau douce de la planète au risque de menacer des pans entiers de l’économie. 

Sécheresse et crise de l’eau

Sécheresse et crise de l’eau

Un article intéressant paru dans le Monde qui souligne l’aggravation de la crise de l’eau suite à la sécheresse climatique. Une aggravation qui concerne aussi le sud de l’Europe dont le climat s’africanise

Inextricablement liée au changement climatique, à l’agriculture et à la sécurité alimentaire, à l’énergie, à la santé et même à l’égalité entre les sexes, l’eau est peut-être le thème qui illustre le mieux les trois piliers du développement durable, qu’il s’agisse de la lutte contre la pauvreté, du développement économique, ou de la préservation des écosystèmes. Il s’agit de défis essentiels. Le rapport souligne ainsi à quel point la pénurie et la mauvaise gestion de cette précieuse ressource cristallisent les tensions et les conflits autour du monde.

Le stress hydrique – autrement dit, une ressource insuffisante pour répondre aux différentes activités humaines et aux besoins de l’environnement – commence lorsque la disponibilité en eau est inférieure à 1 700 mètres cubes par an et par personne. Quasiment les trois quarts des habitants des pays arabes vivent en dessous du seuil de pénurie établi, lui, à 1 000 m3 par an, et près de la moitié se trouvent dans une situation extrême avec moins de 500 m3, en Egypte, en Libye notamment.

Les pays en voie de développement ne sont pas les seuls touchés. « Comment l’Ouest américain, certaines provinces de Chine, le Mexique ou encore le Sud méditerranéen vont-ils faire dans trente ans ? s’interroge Richard Connor, expert pour l’ONU, qui participe pour la quatrième fois au rapport annuel sur l’eau. Le stress hydrique peut avoir des conséquences incalculables. Par exemple, en 2010, les sécheresses et les feux de forêt dans les steppes de Russie ont fait chuter les exportations de bléRésultat : le prix du pain a doublé, ce qui a débouché sur le printemps arabe. »

Les projets de centres de dessalement se multiplient pour produire de l’eau potable dans les régions du monde qui en ont les moyens, comme en Californie ou dans les pays arabes. À elle seule, l’Arabie saoudite souhaite se doter de 16 nouvelles usines fonctionnant à l’énergie nucléaire.

Les aquifères souterrains fournissent de l’eau potable à la moitié de la population mondiale. Mais un sur cinq est surexploité. Largement dévolus à l’irrigation intensive – comme dans le nord de la Chine où le niveau de la nappe phréatique est descendu de 40 mètres en quelques années –, les prélèvements excessifs accentuent les risques de glissement de terrain et favorisent surtout les entrées de sel, rendant à terme l’eau inconsommable. Avec l’élévation du niveau de la mer, des grandes villes voient ainsi la qualité de l’eau douce de leurs aquifères menacée, notamment Shanghaï, en Chine, et Dacca, au Bangladesh. Et des îles du Pacifique comme Tuvalu et Samoa sont contraintes d’importer de plus en plus d’eau douce. La pénétration de sel représente aussi une inquiétude pour les régions méditerranéennes françaises.

L’Inde est souvent citée en exemple au chapitre de l’exploitation non-durable de la ressource souterraine. En 1960, le pays était équipé de moins d’un million de puits ; en 2000, il en comptait 19 millions. Toute cette ressource prélevée au moyen de pompes a permis d’accroître fortement la productivité agricole et de réduire le niveau de pauvreté. Mais le choix de l’irrigation se paie aujourd’hui non seulement par de graves pollutions, mais aussi parce que les pannes d’électricité dues au manque d’eau pour faire fonctionner les centrales thermiques sont monnaie courante.

En vingt ans, le nombre de personnes ayant accès à « un point d’eau potable amélioré » a augmenté de 2,3 milliards. Les rapporteurs de l’ONU parlent de « progrès impressionnants » – alors que l’accès à l’eau était l’un des objectifs du Millénaire pour le développement pour 2015. Ils citent par exemple la mutation de Phnom Penh, au Cambodge, où la gestion de la distribution de l’eau a cessé d’être catastrophique et corrompue pour devenir très performante.

Pour autant, ce chiffre fait débat, dans la mesure où il englobe aussi bien les personnes qui s’approvisionnent à une borne commune, à un puits – dans ce cas, quelle distance leur faut-il parcourir pour aller remplir leur seau ? – ou à un robinet chez eux – alimenté combien d’heures par jour ?

Dans le monde, 748 millions de personnes restent privées d’eau potable. Dans les agglomérations qui s’étendent à une vitesse vertigineuse avec leurs lots de bidonvilles, le nombre de citadins sans accès à l’eau est passé de 111 millions à 149 millions entre 1990 et 2012. Et l’Afrique subsaharienne continue de souffrir de la pénurie, dans les cités comme dans les campagnes. Les femmes et les filles surtout : ce sont essentiellement elles qui se chargent de la corvée d’eau, elles y consacrent encore deux à quatre heures par jour en moyenne dans les zones rurales. « Le principe de l’équité, peut-être davantage que n’importe quelle recommandation technique, porte en lui la promesse d’un monde où la sécurité de l’eau deviendra une réalité pour tous, » écrivent les rapporteurs. Globalement, 36 % de la population africaine ne dispose toujours pas d’un point d’eau accessible.

La situation de l’assainissement se prête nettement moins à un satisfecit. Cet objectif-là aurait besoin de 53 milliards de dollars (50 milliards d’euros) d’investissements par an pendant cinq ans pour atteindre une couverture universelle, selon l’ONU. De plus en plus d’ONG se saisissent de la Journée mondiale de l’eau pour attirer l’attention sur l’absence de toilettes et de latrines dans le monde, avec des conséquences épouvantables sur la vie quotidienne d’une bonne part de l’humanité et sur l’environnement. Un milliard de personnes défèquent en plein air, faute de mieux. Et 2,5 milliards vivent sans aucun raccordement à un système de collecte. Sans compter que celui-ci, lorsqu’il existe, ne débouche souvent sur aucune forme de traitement avant le rejet dans la nature.

D’ici 2050, la demande en eau devrait augmenter de 55 %, non seulement sous la pression d’une population croissante (la Terre comptera alors 9,5 milliards de personnes), mais aussi parce que la consommation s’envole. Les besoins de l’industrie devraient exploser de 400 % d’ici-là. Quant au secteur agricole, ses prélèvements actuels ne sont pas soutenables, estiment les experts. Entre 1961 et 2009, les terres cultivées se sont étendues de 12 %, tandis que les superficies irriguées augmentaient de 117 %.

Il faudrait rendre l’agriculture moins gourmande afin qu’elle puisse nourrir de plus en plus d’humains, sans contaminer pour autant la ressource ni polluer davantage l’environnement. Avoir recours aux eaux usées, une fois traitées, pourrait contribuer à relever ce défi.

Enfin, les rapporteurs de l’ONU rappellent l’impératif d’accroître les efforts pour ménager les ressources, car les écosystèmes sont en déclin, en particulier les zones humides. Or, celles-ci rendent des services sans commune mesure. L’ONU-Eau cite une étude de 2014 qui évalue à 20 000 milliards de dollars (19 000 milliards d’euros) les pertes dues à leur détérioration, et qui montre qu’investir pour la préservation de l’environnement s’avère très rentable.

 

La sécheresse : récurrente

La sécheresse : récurrente

Météo France n’évoque pas de canicule, mais annonce des températures estivales supérieures à la normale au moins sur une partie du territoire, quand le ministère de la Transition écologique a placé la moitié des départements en risque de sécheresse. Les nappes phréatiques dans le sillon rhodanien ainsi que le sud de l’Alsace, dans le Grand-Est,  sont en souffrance.

« La première ressource en eau est celle que l’on ne gaspille pas, celle que l’on garde, souligne Marc Rivoire, un exploitant. Plus on monte en pourcentage de matière organique, plus le sol a une bonne rétention d’eau, surtout dans nos sols légers car la matière organique a un pouvoir éponge. C’est le coton du sol, on va dire ! »

De la matière organique pour garder l’eau, des arrosages nocturnes pour éviter la déperdition et dans les serres : c’est au goutte à goutte que les plantes sont arrosées.

C’est par petites gouttelettes : il faut arroser plus souvent, mais avec beaucoup moins d’eau. L’économie potentielle est de 30% à 40%. C’est surtout la modernisation du système d’irrigation qui a une énorme importance pour la pérennisation de ces parcelles. Jérôme Ceretà franceinfo

Un investissement de 160 000 euros en grande partie financé par la région et par l’agence de l’eau. Le délégué de l’agence de Lyon, Nicolas Alban, souligne la nécessité récente d’irriguer des arbres qui, jusque-là, n’en avaient pas besoin : « De plus en plus, note-t-il, on voit des exploitations de châtaigniers qui nécessitent une irrigation exactement comme le noyer en Isère. Ces cultures traditionnelles de ces pays, qui ne nécessitaient pas d’eau,  en nécessitent désormais. Cela nous inquiète un peu puisque les besoins en eau vont augmenter si on veut continuer à faire ces cultures traditionnelles. » À cette heure la situation des nappes phréatiques est correcte en France, mais tout de même inquiétante dans la région Rhône-Alpes.

Menace déjà de sécheresse

Menace déjà de sécheresse

Selon la prévision rendue publique jeudi 14 mai par le ministère de la Transition écologique, plus de la moitié des départements français, 53 au total, sont exposés à des degrés divers à un risque de sécheresse estivale. Le risque est « très probable » pour 11 départements, situés dans le Massif central ainsi que la Haute-Saône et le Haut-Rhin. Il est « probable » pour 24 autres et  »possible » pour 18. « Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine pourraient plus particulièrement connaître des épisodes de sécheresse », résume le ministère .

 

 

Jusqu’au mois d’avril environ, les pluies permettent d’alimenter les nappes phréatiques. Mais au printemps et en été, la végétation absorbe une partie de l’eau des pluies qui ne peut donc pas rejoindre les nappes en sous-sol. Pour savoir si des régions sont menacées, il convient donc de regarder l’état de ces réserves. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service chargé d’observer l’état de ces nappes d’eaux souterraines, elles sont, à la date du 13 mai, tout à fait satisfaisantes, voire « supérieures à la moyenne, du fait de pluies efficaces précoces et conséquentes. »

Problème : la situation varie grandement d’un département à l’autre, et même jusqu’au sein d’un département. Aussi, les données de Météo France montrent que l’est de la France a reçu moins d’eau cet hiver que les autres régions et se retrouve beaucoup moins prêt à affronter l’été. Dans le département de l’Ain, le secteur de Dombes est en alerte sécheresse depuis la fin du mois de mars.

Pour  Science et avenir« Les conflits deviennent en effet récurrents. L’irrigation des cultures – notamment du maïs dont les besoins sont les plus importants en juillet – va à l’encontre des autres utilisateurs comme le pompage pour l’eau potable des communes, les besoins industriels, le tourisme et surtout provoque des dommages environnementaux considérables », explique le site.

 

Sécheresse: la FNSEA compte seulement 14 000 entreprises sinistrées !

Sécheresse: la FNSEA compte seulement 14 000 entreprises sinistrées !

 

 

De manière un peu irresponsable, la FNSEA estime à seulement 80 millions les dégâts de la sécheresse pour le secteur agricole quand sans doute les dégâts atteignent des centaines de millions.  Seulement 14 000 exploitations seraient concernées sur les 450 000 du pays. Une évaluation tout à fait fantaisiste et dangereuse. En effet, les conséquences de la sécheresse dépassent et de très loin les 80 millions évoqués. Il faudra d’ailleurs attendre la fin de la saison pour faire un bilan autrement plus pertinent. Attendre par exemple l’ensilage des maigres productions de maïs qui vont affecter la production de viande. Une viande produite déjà depuis plusieurs mois avec du fourrage puisque les prés sont complètement grillés. La même problématique se pose pour les producteurs de lait dont les coûts vont également croître. Il faudra aussi attendre les vendanges pour bien apprécier les pertes de productions affectées en début d’année par le gel et plus tard grillé par des températures excessives. En apparence,  les producteurs de céréales s’en sont bien sortis avec de bons rendements. Le problème c’est que les rendements ont été excellents dans le monde entier en particulier dans les pays de l’Est. De ce fait, les cours s’écroulent et les retombées financières de ce phénomène affecteront fortement le résultat des les entreprises. La conséquence immédiate de tout cela sera de nouvelles faillites d’exploitations.

Le nombre de chefs d’exploitation agricole s’est réduit à 448 500 (-1%) en 2018. En 2017, il s’élevait encore à 453 000, et en 2016 à 462 000, a précisé la MSA, le régime de sécurité sociale des agriculteurs (santé, retraite, emploi). y a dix ans, en 2008, la France comptait encore 514 000 agriculteurs. Le pays « perd entre 1,5% et 2% de chefs d’exploitation par an », a indiqué un responsable de la MSA, selon lequel cette érosion est « assez régulière ».

Par paresse autant sans doute que par manque de courage politique, la FNSEA pour justifier le dommage à 80 millions se fonde sur l’assureur agricole Groupama qui ne prend en compte que les sinistres déclarés.

Ce premier bilan devrait être très inférieur à l’estimation finale, les agriculteurs étant couverts sur ce sujet jusqu’en octobre. D’autres assureurs agricoles, majeurs comme le Crédit agricole, n’ont pas encore dévoilé leurs chiffres. Avec la multiplication des aléas météorologiques, liés notamment au changement climatique, les coûts d’indemnisation vont crescendo depuis plusieurs années.

En juillet, la Fédération française de l’assurance avait chiffré entre 700 et 900 millions d’euros le coût annuel de tels épisodes de sécheresse, lors des quatre dernières années. Pour aider les agriculteurs à passer le cap cette année, le ministère de l’Agriculture avait demandé fin juillet à Bruxelles d’anticiper le versement d’une partie des aides européennes, à mi-octobre. Soit l’équivalent d’un milliard d’euros d’avance. Un coup de pouce pour soulager un peu les trésoreries des éleveurs, mises à mal par plusieurs saisons de manque d’eau.

Sécheresse :  » penser déjà à l’année prochaine », (FNSEA)

Sécheresse :  » penser déjà à l’année prochaine », (FNSEA)

Christiane Lambert, la patronne de la FNSEA déclare sur Europe 1 il faut déjà penser à l’année prochaine concernant le problème de l’eau. Des réflexions qui ne sont pas inutiles mais bien loin des véritables enjeux. En effet, la rareté de l’eau va sans doute contraindre  à des remises en cause d’une autre dimension passant notamment par une profonde modification des conditions de production et de consommation du précieux liquide.

« La question de l’irrigation doit être appréhendée différemment aujourd’hui », estime la dirigeante du premier syndicat agricole. « Les anti-irrigation primaires commencent à changer d’avis quand ils voient les sécheresses. Même les ruisseaux sont à sec, les poissons sont en train de mourir. »

Et pour Christiane Lambert, « il faut déjà penser à l’année prochaine et envisager ce qu’on peut faire » : « Si on fait des réserves d’eau, on pourra aussi garantir un débit d’étiage minimum dans certains ruisseaux et préserver ainsi la biodiversité. »

Les prairies sont également desséchées et les animaux n’ont souvent plus grand-chose à manger. Les éleveurs doivent donc acheter du fourrage, mais cela représente « une difficulté pour la trésorerie et donc pour le revenu », regrette-t-elle. « Nous avons demandé au ministère de l’Agriculture la possibilité de faucher les hectares en jachère, qui ne sont pas utilisés d’habitude. Il est possible de les faucher dans 60 départements aujourd’hui. »

Sécheresse: un plan bidon

Sécheresse: un plan bidon

78 des départements  restent en effet placés en restriction d’eau. Une situation qui perdure dans le temps, l’hiver ayant été sec, et qui a des conséquentes concrètes pour les agriculteurs et éleveurs. Ceci étant, les plans de restriction d’usage de l’eau demeurent relativement théoriques. Face à la sécheresse la France a mis en place un plan sophistiqué de lutte pour économiser l’eau. Il existe quatre niveaux de vigilance. Mais même dans les zones concernées par la plus haute vigilance zone dite rouge le plan de lutte contre la sécheresse apparaît à la fois dérisoire et non respectée. Dans ces zones dites rouges on peut toujours voir de nuit comme de jour des canons à eau arrosée des cultures souvent d’ailleurs en pure perte. En effet de jour 80% de cette eau s’évaporent aussitôt. Dans nombre de ces régions la culture de maïs très gourmande en eau est complètement inappropriée au climat. Des millions de tonnes d’eau sont ainsi gaspillés et l’interdiction de laver des voitures en comparaison paraît particulièrement désuète. La canicule fait encore des ravages.

Dans les Alpes (comme ailleurs, NDLR) °, région habituellement épargnée par la sécheresse, l’inquiétude est de mise. « Il n’y a plus d’herbe depuis plusieurs semaines, plus de pâtures, les vaches sont à l’étable et consomment le fourrage réservé à l’hiver », s’alarme Denis Novel, exploitant en Savoie. De fait, la production laitière est plus faible, certains professionnels l’estimant en baisse d’un tiers.

Pourtant, les précipitations et orages des derniers jours ont donné de l’espoir aux agriculteurs. « On a eu de la pluie très fine qui a bien pénétré le sol, ça va bien le regorger et ça peut sauver les meubles », espère quant à lui David Judicq, agriculteur dans le même département. Mais pour nombreux de production c’est déjà trop tard notamment quand les plantes ont été brûlées. Non seulement le volume de production va être affecté mais les coûts de production s’envolent.

Sécheresse : le stockage de l’eau menacé par le compactage et l’imperméabilisation des sols

Sécheresse : le stockage de l’eau menacé par le compactage et l’imperméabilisation des sols.

Deux dangers menacent la capacité de stockage dans les nappes : d’une part le compactage des solss lié à l’agriculture industrielle, d’autre part l’impermébilisation , ce que constate  sur franceinfo, Florence Habets, hydroclimatologue, directrice de recherche au CNRS. (Interview)

 

Franceinfo : Êtes-vous inquiète de la situation actuelle ? Est-ce que c’est une fatalité ?

Florence Habets : Une fatalité, peut-être pas. Mais on s’attend à ce que ce genre d’évènement se reproduise de plus en plus souvent dans le futur, et en particulier si on ne réduit pas nos émissions de gaz à effet de serre. Au mois de juillet, avoir autant de départements en alerte, voire en crise, c’est très tôt. L’année dernière on avait eu un évènement très fort, mais qui s’était déclaré plus tard. Donc cela peut être problématique. Il y a des régions qui subissent depuis deux ans quelque chose de très fort. Typiquement pour la forêt, cela peut être vraiment très dommageable. Là, c’est sans retour. Quand la forêt commence à mourir, cela ne repousse pas si facilement que cela. Il faut replanter. Mais en deux ans il n’y aura pas une nouvelle forêt. On va sur des impacts très sérieux.

Pour lutter contre la sécheresse, on pense au stockage de l’eau. Est-ce que construire des retenues d’eau est la bonne solution ?

Cela peut être une solution ponctuelle locale très appréciable pour l’agriculture. Mais on sait qu’à l’échelle globale, cela a des effets assez indésirables. Cela favorise la consommation d’un fort volume d’eau. Du coup, on a une diminution de la ressource et une augmentation de la consommation. À un moment, cela pose problème. C’est quelque chose qui a déjà été observé dans plusieurs pays, l’Espagne, les États-Unis, l’Australie. En période de sécheresse, le fait de miser sur des retenues fait qu’on n’a pas pu diminuer nos usages de l’eau. Du coup, on devient encore plus dépendants de cette ressource qui disparaît. Cela peut être tout à fait contre-productif, particulièrement lors des sécheresses longues ou intenses.

Comment anticiper ces sécheresses? Quels types de solutions peut-on mettre en place ?

Les barrages ont un inconvénient, c’est que l’eau est en surface et peut être perdue par évaporation. On a des gros réservoirs qui existent dans beaucoup de régions de France, qui sont les nappes phréatiques souterraines. Favoriser la recherche dans ces nappes, c’est intéressant. On peut aussi favoriser le stockage de l’eau dans les sols. On a perdu de la capacité de stockage de l’eau parce qu’on a compacté les sols, parce qu’ils ont perdu de la matière organique. Si on arrive à regagner de la qualité de ces sols, on peut aussi améliorer leur réserve en eau et avoir moins besoin d’irriguer.

Est-ce qu’il faut désurbaniser ? Est-ce que c’est l’urbanisation croissante qui favorise la sécheresse ?

 

 

Cela n’aide pas à lutter contre, puisque l’eau va s’écouler en surface et contribuer à des crues qui ne sont pas favorables. Ce n’est pas une bonne chose. Actuellement, on perd de la surface naturelle. On continue à imperméabiliser beaucoup. Lutter contre cela, c’est vraiment un moyen important de gagner de la réserve en eau dans les sols et dans les nappes.

La sécheresse, alerte dans 64 départements : du pipeau

La sécheresse, alerte dans 64 départements : du pipeau

64 départements sont visés par des mesures de restrictions d’eau.  21 sont en situation de crise entraînant l’arrêt des prélèvements d’eau non prioritaires, y compris des prélèvements à des fins agricoles. Sur le terrain, en plein midi cela n’empêche pas d’arroser les maïs et même les prés. Par exemple dans le Maine et Loire, départements classé en zone rouge où le Louet bras de la Loire est pratiquement à sec. Par ailleurs, 16 départements sont placés en alerte renforcée (orange) et 27 en alerte jaune, et 121 arrêtés préfectoraux incitent à faire des économies d’eau.  Face à la sécheresse la France a mis en place un plan sophistiqué de lutte pour économiser l’eau. Il existe quatre niveaux de vigilance. Mais même dans les zones concernées par la plus haute vigilance zone dite rouge le plan de lutte contre la sécheresse apparaît à la fois dérisoire et non respectée. Dans ces zones dites rouges on peut toujours voir de nuit comme de jour des canons à eau arrosée des cultures souvent d’ailleurs en pure perte. En effet de jour 80% de cette eau s’évaporent aussitôt. Dans nombre de ces régions la culture de maïs très gourmande en eau est complètement inappropriée au climat. Des millions de tonnes d’eau sont ainsi gaspillés et l’interdiction de laver des voitures en comparaison paraît particulièrement désuète. La canicule fait encore des ravages.

Les départements du sud et de la Loire sont particulièrement touchés par cette période de sécheresse. Mais la sécheresse s’étend globalement sur l’ensemble du territoire. « Depuis juillet 2018, la pluviométrie sur la France est marquée par un déficit qui perdure notamment sur les régions du Grand-Est, de la Bourgogne-Franche-Comté ainsi qu’en Auvergne », indique Météo-France dans un bulletin. Si l’humidité des sols superficiels était proche de la normale jusqu’à juin, la canicule fin juin a contribué à assécher les sols. Depuis, « on reste dans des températures relativement élevées avec du vent, ce qui favorise l’évapo-transpiration », explique le Météo-France. Selon l’indicateur de sécheresse de Météo-France, calculé depuis 1958, « on est en septième position des années les plus sèches », après des années de sécheresse historiques comme 1976 et 2003.

 

La sécheresse : déjà

La sécheresse : déjà

 

On s’inquiète déjà des risques de sécheresse en France. Dans certaines régions,  la pluviosité cet hiver a été insuffisante. Dans le sud, certaines zones n’ont reçues depuis le début d’année qu’une vingtaine de millimètres d’eau. Dans d’autres régions les nappes ont été reconstituées cet hiver mais l’eau manque en surface et certains sont même obligés d’arroser pour faire les semis. Autre exemple, Il n’a pas beaucoup plu cet hiver dans le Nord, et le département en paie maintenant les conséquences : la quasi-totalité du territoire l’exception du Delta de l’Aa est désormais en alerte sécheresse, a annoncé la préfecture du Nord ce mardi 9 avril au cours d’une conférence de presse. Sur ces zones, l’État impose ainsi de lourdes restrictions d’eau effectives jusqu’au 30 juin 2019. Parmi elles :

  • l’interdiction de laver les véhicules particuliers.
  • l’interdiction d‘arroser les pelouses et jardins de 9H à 19H.
  • l’interdiction d’arroser les terrains de sport, les stades et les golfs de 9H à 19H.
  • la restriction de l’irrigation agricole.
  • la fermeture des fontaines publiques.
  • un objectif de réduction de consommation d’eau de 10% pour les industriels

Ce qui ressort de cette situation c’est que le climat français se rapproche de plus en plus du climat africain,  d’ailleurs on prévoit qu’une ville comme Lyon connaîtra le climat de Madrid en 2050 et celui d’Alger en 2100. D’où sans doute, en plus de la lutte contre la dégradation de climat, de gérer avec beaucoup plus d’attention les ressources en eau tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Notons par exemple que des nappes phréatiques d’une profondeur de 70 à 80 m sont déjà atteintes par des pollutions de pesticides et autres produits polluants.

Sécheresse : une urgente régulation de l’eau

Sécheresse : une urgente régulation de l’eau

 

Si le beau temps et la sécheresse ont favorisé le développement des activités touristiques pendant ce qu’on appelle la basse saison par contre, la sécheresse ajoutée à de fortes températures ont provoqué des dégâts dans l’agriculture. Environ 60 départements sont concernés par des mesures de restriction quant à l’utilisation de l’eau. Face à cette situation la France envisage d’organiser des assises de l’eau pour en examiner les dimensions conjoncturelles mais surtout structurelles. Un problème qui se pose évidemment à l’échelle mondiale. La problématique est rappelée par un article de l’OCDE-observateur :

« Pour la plupart des gens, l’eau, comme l’air, est un bien public. Pourtant, en pratique, sa gestion et sa distribution soulèvent des problèmes qui peuvent être régis par des principes économiques. L’approvisionnement en eau coûte de l’argent. En outre, bien qu’il s’agisse d’une ressource renouvelable, elle est fragile et peut être gaspillée. De l’agriculture à Essentielle pour la vie, l’eau pure est en outre vitale pour la santé humaine. Or aujourd’hui, un milliard d’individus boivent couramment une eau impropre à la consommation. La plupart des pays se sont engagés à réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes qui, dans le monde, n’ont pas accès à l’eau potable ou à des infrastructures sanitaires. Même si cet objectif est atteint (ce qui sera difficile), plus d’un demi milliard de personnes resteront privées d’eau potable, et pour plus d’un milliard d’entre elles, d’infrastructures sanitaires. La mauvaise qualité de l’eau et de l’assainissement font pourtant quelque cinq millions de morts chaque année. Rien de surprenant à cela, puisque dans les pays en développement, 90 % des eaux usées se répandent dans les fleuves et cours d’eau sans avoir été traitées. Quelque 50 pays, regroupant environ un tiers de la population mondiale manquent d’eau, et 17 d’entre eux en prélèvent chaque année plus que les cycles naturels n’en apportent. Cela a des conséquences sur les masses d’eau douce de surface, comme les fleuves et les lacs, mais aussi sur les ressources souterraines. Et la croissance démographique ne fera qu’accentuer ce phénomène. Au cours des 50 dernières années, les prélèvements mondiaux d’eau ont quadruplé tandis que la population du globe doublait. Les Perspectives de l’environnement 2001 de l’OCDE prévoient une hausse de ces prélèvements de 31 % entre 1995 et 2020. D’ici 2015, une personne sur cinq vivra dans les grandes villes, contre une sur neuf aujourd’hui, et la population urbaine des pays en développement aura doublé d’ici 2025. De nombreux systèmes urbains d’adduction d’eau méritent d’être améliorés et tous nécessitent des investissements conséquents. Mais l’usage de l’eau douce n’est pas identique partout. En Asie orientale, en Amérique latine, en Afrique et dans plusieurs autres régions, on utilise trois fois moins d’eau douce que dans les pays de l’OCDE, et cinq fois moins qu’en Amérique du Nord. On constate aussi des variations non négligeables au sein de la zone OCDE : par exemple, les États-Unis ont une consommation 10 fois supérieure à celle du Danemark ou du Royaume-Uni. Les pays développés sont aussi concernés. Il est vrai que l’accès à l’eau potable s’est généralisé et que les pays de l’OCDE ont considérablement réduit les rejets industriels et urbains dans les cours d’eau. Ils ont aussi nettoyé les fleuves et les lacs les plus pollués. Par ailleurs, dans la zone OCDE, la consommation par habitant a diminué de près de 11 % depuis 1980, ce qui laisse supposer une certaine dissociation entre consommation d’eau et croissance économique. Mais la dégradation des ressources souterraines se poursuit. La pollution chimique agricole s’est aggravée et l’on observe des contaminations aux métaux lourds et aux polluants organiques persistants. Si l’accès aux services de l’eau s’est beaucoup amélioré, les coûts ont augmenté et de nombreux pays de l’OCDE sont désormais confrontés à des problèmes financiers et d’équité. Il est donc nécessaire d’échafauder des politiques globales, à condition d’en assurer la cohérence. Par exemple, les subventions agricoles se traduisent souvent par une utilisation accrue des ressources en eau. Parfois, les efforts visant à financer, maintenir et améliorer les infrastructures des services de l’eau sont compromis par une politique tarifaire inadaptée. Des exploitations agricoles très gourmandes. Qui utilise le plus d’eau ? Les foyers ne représentent que 8 % de la consommation globale. À l’échelle mondiale, c’est l’agriculture qui est la plus gourmande en eau. Elle accapare en effet près de 69 % des prélèvements totaux d’eau douce (dont 45 % sont imputables aux 30 pays membres de l’OCDE). Mais si les besoins de l’agriculture sont appelés à augmenter, c’est l’industrie, notamment dans les pays en développement, qui devrait afficher la plus forte progression dans ce domaine. L’industrie représente 23 % des prélèvements mondiaux d’eau. Elle est le consommateur d’eau douce qui affiche la plus forte progression, avec une demande qui devrait être multipliée par deux d’ici 20 ans. Dans les pays de l’OCDE, les prélèvements industriels ont décliné en grande partie grâce aux gains de productivité. Les industries qui utilisent le plus l’eau sont le secteur de la pâte à papier et du papier, l’industrie chimique et la fabrication de produits alimentaires et de boissons. Conséquence de cette demande en hausse : la pénurie d’eau. La disponibilité mondiale d’eau douce par habitant a chuté de 17 000 m3 par an en 1950 à 7 300 m3 en 1995. Ceci s’explique évidemment par la croissance démographique, mais on assiste aussi à un déclin des ressources d’eau potable. Les eaux de surface ne sont pas seules en cause : la pénurie commence à toucher les eaux souterraines en certains endroits. Si l’on ajoute à cela le spectre de la pollution planétaire industrielle, minière et agricole, et des grands centres urbains, le tableau s’assombrit nettement. Que faire ? Dire que la volonté politique est indispensable peut apparaître comme un cliché. Mais à lire les articles qui composent ce dossier, il semble que pour parvenir à un équilibre, il faut mêler impulsion et gestion publiques, savoir-faire du marché et mise à profit des connaissances scientifique et technologique. Il faut aussi monter des partenariats entre les pays et entre les intervenants. Injecter de l’argent ne permettra pas de régler le problème, ne serait-ce qu’en raison des sommes énormes en jeu. Cosgrove et Rijsberman (voir références) estiment à US$75 milliards la facture annuelle de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement au cours des 25 années à venir – sans même compter les opérations de rénovation et de réhabilitation. Les investissements totaux pour l’approvisionnement et l’assainissement (hors investissements effectués directement par l’industrie) ont été estimés en 1995 à US$30 milliards. En d’autres termes, il faudrait multiplier cette somme par deux. Certains estiment par ailleurs qu’il faudrait ajouter entre US$14 milliards et US$30 milliards annuels aux US$30 milliards déjà alloués à cette fin pour atteindre l’Objectif de développement de l’ONU pour le Millénaire à savoir, celui de diminuer de moitié la population dépourvue d’accès à l’eau potable salubre d’ici 2015.À terme, il s’agit d’améliorer l’approvisionnement et de réduire le gaspillage tout en maintenant l’équité et l’accès à l’eau pour tous, indépendamment des revenus, de l’âge et de la géographie. Les personnes pauvres, les personnes âgées et les enfants sont en effet particulièrement vulnérables. Dans les pays les plus pauvres, un enfant sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans, le plus souvent d’une maladie infectieuse liée à une insuffisance de la quantité et de la qualité de l’eau. Mais si l’objectif est clair, les solutions sont moins évidentes. Prenons par exemple la question de la privatisation. Dans plusieurs pays, les pouvoirs publics ont changé de rôle : autrefois détenteurs du monopole des infrastructures liées à l’eau, ils ont cédé une partie de cette prérogative au secteur privé pour se cantonner essentiellement à un rôle de régulateur et de garant. La privatisation n’est pas la panacée. Les pouvoirs publics et les autres acteurs concernés doivent s’assurer de l’existence de règles de bonne gouvernance pour attirer les investissements et promouvoir un bon gouvernement d’entreprise. Néanmoins, avec une exploitation correcte et adaptée aux besoins, le marché peut améliorer l’accès à l’eau et les infrastructures sanitaires. Même lorsque les pouvoirs publics conservent la plus grande part du contrôle de l’approvisionnement et de l’exploitation, le secteur privé peut jouer un rôle clé pour financer, construire et gérer les installations. L’eau est une ressource fragile qui est très différente, par exemple, des gisements de minerai et de pétrole. Elle est immédiatement renouvelable grâce au cycle naturel ; pourtant, si elle est gaspillée ou trop sollicitée, son renouvellement est compromis. Elle est aussi imprévisible : même dans des régions habituellement arides, les inondations peuvent faire des ravages. Et elle peut entièrement disparaître d’une région si son cycle naturel est perturbé, par exemple, par des fluctuations climatiques ou géologiques, ou une simple utilisation excessive. L’Année internationale de l’eau douce 2003 des Nations unies est l’occasion pour la communauté internationale de mesurer la gravité des problèmes qui se posent. Une bonne gestion de l’eau est dans l’intérêt de chacun. »

 

 

Sécheresse dans 30 départements

Sécheresse dans 30 départements

 

 

Il n’a pas plus depuis presque deux mois et le manque d’eau se fait sentir. L’usage de l’eau a donc été restreint dans 30 départements en raison de la sécheresse. Les restrictions concernent le sud et l’ouest de la France et sont d’importance variable. Dans le Sud-ouest, l’Ouest et au sud de la Bretagne, les zones les plus impactées par le manque d’eau, des arrêtés interdisent les prélèvements d’eaux non prioritaires, y compris à des fins agricoles. Seuls les usages pour la santé, la sécurité civile, l’eau potable ou la salubrité sont autorisés. Ces zones les plus impactées par le manque d’eau se trouvent dans les départements suivants : Vendée, Loire-Atlantique, Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Indre, Dordogne, Eure-et-Loir, Gers, Haute-Garonne, Lot, Tarn, Tarn-et-Garonne et l’Aude mais également les Alpes-de-Haute-Provence. Ceci étant  ces mesures de restriction seront comme d’habitude très relatives et on pourra voir sans doute encore des arrosages de maïs en plein midi. De ce point de vue les restrictions relatives au lavage des voitures apparaît bien désuet. Les restrictions concernent la réduction des prélèvements agricoles, pour l’arrosage des jardins ou le lavage des voitures.

 

(Avec agences)

Sécheresse : restriction d’eau, du pipeau !

Sécheresse : restriction d’eau, du pipeau !

 

 

Face à la sécheresse la France a mis en place un plan sophistiqué de lutte pour économiser l’eau. Il existe quatre niveaux de vigilance. Mais même dans les zones concernées par la plus haute vigilance zone dite rouge le plan de lutte contre la sécheresse apparaît à la fois dérisoire et non respectée. Dans ces zones dites rouges on peut toujours voir de nuit comme de jour des canons à eau arrosée des cultures de maïs souvent d’ailleurs en pure perte. En effet de jour en pleine chaleur la moitié ou les trois quarts de cette eau s’évaporent aussitôt. Dans nombre de ces régions la culture de maïs très gourmande en nos et complètement inappropriés au climat. Des millions de tonnes d’eau sont ainsi gaspillés et l’interdiction de laver des voitures en comparaison paraît particulièrement désuète. La canicule fait encore des ravages. Après un début de mois de juillet brûlant sur tout le territoire et une légère pause sur les dernières semaines, les températures élevées sont de retour. À l’instar de la région Rhône-Alpes passée en alerte canicule pour trois jours depuis le 5 août, de nombreux départements sont victimes de la sécheresse. Et qui dit sécheresse, dit restrictions d’eau. Car avec les fortes chaleurs, la situation hydraulique se dégrade et l’eau devient de plus en plus précieuse, au grand dam des agriculteurs et des éleveurs. Depuis jeudi, 69 départements sont concernés par les restrictions d’eau. Pour connaître à tout moment cette liste, le site Propulvia du ministère de l’Écologie met en ligne une carte interactive (ci-dessous) qui permet de se renseigner sur les départements restreints en eau ainsi que le niveau de restriction.  Il existe quatre niveaux différents qui n’engendrent pas les mêmes restrictions. Ainsi, sur les 69 départements, cinq sont en état de vigilance (en gris sur la carte) pendant lequel les particuliers et les professionnels sont sommés de faire des économies d’eau. Après le seuil de vigilance, il existe trois niveaux d’alerte (jaune, orange, rouge) en fonction de la gravité de la situation et des mesures qui doivent être prise. Ainsi, 26 d’entre eux sont en jaune, onze en orange et le reste en rouge.  Pour les départements en simple alerte (jaune), les activités nautiques, l’arrosage des jardins et des espaces verts ainsi que le lavage de voiture sont interdites à certaines heures. Pour les professionnels, est prévue soit réduction de presque moitié des prélèvements agricoles, soit une interdiction totale pendant trois jours de la semaine. L’alerte renforcée (orange) prévoit à peu de choses près les mêmes indications mais au niveau supérieur. Pour les prélèvements agricoles, ils sont réduits à plus de 50% ou totalement interdits 3,5 jours par semaine. Pour les particuliers, l’interdiction est plus élevée, et parfois totale pour certaines utilisations.  Enfin, lorsque le niveau le plus élevé d’alerte, le niveau crise (rouge), est décrété, tous les prélèvements non prioritaires (santé, sécurité civile, eau potable et salubrité) sont totalement prohibés, même pour les agriculteurs et éleveurs.  Ces seuils sont définis localement par les préfectures grâce à un bulletin de la situation hydraulique délivré chaque mois par les directions régionales de l’environnement. Ils permettent de préserver les ressources en eau, qui deviennent un bien de plus en plus précieux sur la planète.  Ces dispositions servent également à prévenir les autres risques liés à la canicule et la sécheresse : les incendies. L’été, de nombreux feux de forêt se déclarent et brûlent souvent des hectares de pinède. Dans un souci écologique mais aussi sécuritaire, il existe donc une sorte de police de l’eau qui vérifie la bonne application des mesures.  Ainsi, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA) et les Directions départementales des territoires (DDT) sont là pour surveiller le respect de ces dispositions. Si elles ne sont pas bien appliquées, les responsables s’exposent à des sanctions administratives comme 1.500 euros d’amende.

 

Lait en poudre : pénurie due à la sécheresse et à la spéculation

Lait en poudre : pénurie due à la sécheresse et à la spéculation

 

 

Le prix du lait repart à la hausse sur le marché mondial suite à une forte sécheresse chez les principaux exportateurs. Au point d’inquiéter l’Asie et surtout la Chine et d’alimenter de petits trafics de boîtes de lait pour bébé.  Le manque d’herbe pour alimenter les vaches néo-zélandaises va se payer cher dans le biberon car les vertes collines australes exportent 90% de leur production.  Or à ce stade, la collecte de lait est en baisse de 7% environ depuis le début de l’année, indique l’économiste Gérard You, spécialiste des marchés laitiers à l’Institut de l’élevage à Paris: à la louche, estime-t-il, « il va manquer entre 3 et 5 millions de tonnes de lait » cette année dans le monde.   »Cinq pays ou régions assurent 80 à 85% des ventes mondiales: dans l’ordre, Nouvelle-Zélande, Union européenne, Etats-Unis, Australie et Argentine » explique l’expert. Or tous, pour des raisons climatiques ou de choix, connaissent des situations difficiles sur le premier trimestre 2013.  L’Argentine cumule des excès climatiques (sécheresse et pluies) alors qu’elle a converti certaines prairies à la culture, juteuse, du soja. L’UE aussi voit sa collecte baisser – malgré les difficultés des éleveurs français à obtenir des hausses de prix. « Parler de pénurie, c’est un peu fort, mais l’effet sur les cours est certain » ajoute M. You, qui envisage une hausse de « 25% voire davantage » sur l’année.  Déjà, les volumes d’enchères sur la plateforme internationale GlobalDairyTrade, lancée par le géant néo-zélandais Fonterra, ont augmenté de 33% en six semaines, prévient-il.  La poudre de lait maigre en provenance de Nouvelle-Zélande se vendait vendredi autour de 4.000 euros (5.100 dollars), en hausse de 60% depuis le début de l’année: de quoi inquiéter l’Asie qu’elle ravitaille, en particulier la Chine traumatisée par les fraudes alimentaires depuis le scandale du lait à la mélamine, en 2008, qui avait tué six bébés et affecté 300.000 autres.  Nouveau scandale fin mars, avec près de 25 tonnes de lait en poudre frelaté saisies dans l’est du pays.   »2008 a constitué un tournant. Les importations de poudre de lait ont été multipliées par 4 depuis: les marques étrangères, c’est une garantie de sécurité malgré un prix supérieur d’un tiers à l’équivalent local », indique Jean-Marc Chaulet à l’Institut de l’élevage, spécialiste de la Chine et éditeur d’une lettre spécialisée, Idele-Chine.  La Chine est devenue en quelques années le premier marché mondial du lait manufacturé, qui tournait en 2012 autour du million de tonnes en poudre, entres les poudres et le lactosérum.  Entre la peur de manquer et celle des contrefaçons, les touristes chinois en Europe se sont mis à dévaliser les rayons pour rapporter des boîtes de lait infantile: le phénomène, observé ces jours-ci à Londres, semble toucher désormais Paris, surtout les quartiers proches des Grands magasins.   »Les Chinois cherchent à s’approvisionner directement dans les pays occidentaux via les voyageurs, chinois ou étrangers », rapporte Gérard Calbrix, économiste de l’ATLA, l’association des industries laitières françaises.  Mais les familles s’approvisionnent aussi par internet, auprès de sites, australiens notamment, qui se chargent également d’expédier le lait par colis postaux en Chine. Et le trafic passe aussi par les voyageurs du train entre Hong Kong et la Chine continentale. « Au point que les autorités chinoises ont limité les quantités de lait qu’ils peuvent rapporter et les fouillent dans les trains ».  Cette razzia sur le lait disponible, sur fond réel de baisse de la collecte mondiale, va finir par poser problème.   »Au-delà de 3.000 euros la tonne, on rentre dans une zone problématique », prévient Gérard You. Certains pays comme le Nigeria ou l’Algérie, risquent ne pas pouvoir suivre. Et dans toute l’Asie, on peut craindre de se mettre à manquer.

 




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