Archive pour le Tag 'sécheresse'

Sécheresse : Les niveaux d’eau « presque » reconstitués

Sécheresse : Les niveaux d’eau presque reconstitués ?

« Le niveau des rivières est relativement élevé » cet hiver 2023, estime l’hydrologue Vazken Andreassian mais « il y a encore quelques points noirs ».

« On est dans un hiver normal avec des sols normalement réalimentés », explique mercredi 24 janvier sur franceinfo Vazken Andreassian, hydrologue à l’Institut national pour la recherche en agriculture, alimentation et environnement (Inrae) après la présentation du plan anti-sécheresse par le gouvernement sur la qualité, la quantité d’eau et la gestion de crise après un été caniculaire.

Une affirmation peut-être un peu rapide car dans nombre de régions les fossés sont loin de déborder et il y a encore un déficit des nappes phréatiques NDLR

En ce milieu d’hiver, quel est l’état des sols et des nappes phréatiques ?
Vazken Andreassian : On est dans un hiver normal avec des sols normalement réalimentés. Il y a encore quelques points noirs avec des rivières dont le niveau reste très bas parce que la sécheresse s’est prolongée pendant ce début d’hiver. Par exemple, dans les Pyrénées-Orientales, il y a trois fleuves qui coulent vers la Méditerranée et il n’y a vraiment pas d’eau dans ces trois rivières. Pour le reste, le niveau des rivières est relativement élevé. Les barrages, réservoirs, qui alimentent Paris en eau se remplissent normalement. On a presque oublié la sécheresse. Je dis bien presque.

Il va falloir prévoir les autres ?
Ce que dit le ministre, c’est qu’il faut les prévoir, oui. Il faut se mettre dans une perspective d’un climat qui évolue. L’événement qu’on a connu l’été dernier n’était pas exceptionnel puisqu’il s’était déjà produit en 1976 mais il pourrait devenir plus fréquent et dans ce cas-là, il faut commencer dès maintenant à se préparer pour anticiper.

réutilisation des eaux usées, c’est le futur ?
C’est une très bonne idée. Ça pose des problèmes bactériologiques donc il faut suivre mais c’est une bonne idée. On y croit beaucoup à l’Inrae mais je ne pense pas que ça va suffire parce que si on a une évolution du climat, avec plus de pluie en hiver et moins en été, ça va poser un problème pour l’agriculture que l’on qualifiait de pluviale, c’est-à-dire qui pouvait se satisfaire de ce que la pluie lui apportait. Alors oui, il faut adapter l’agriculture mais on ne peut pas tout adapter dans l’agriculture parce que dans ce cas-là ça veut dire accepter de moins manger.
« On est à présent huit milliards sur terre et on doit se nourrir. La planète a besoin d’un développement de l’irrigation. Ça ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi mais je ne suis pas sûr qu’on pourra éviter à l’avenir de construire un petit nombre de grands barrages, de réservoirs, comme ceux qu’on a construits dans les années 1960-1970. »

Sécheresse : Pour une évolution durable de l’agriculture

Sécheresse : Pour une évolution durable de l’agriculture

 

Treize universitaires appellent, dans une tribune au « Monde », le gouvernement à sortir d’une gestion de crise perpétuelle du secteur de l’élevage et à orienter la consommation vers d’autres produits, moins gourmands en eau. Ils prônent une évolution durable de l’agriculture, loin du modèle actuel.

 

Le problème sera évidemment celui de la transition car on ne saurait passer  brutalement d’un modèle quasi industriel d’agriculture à un modèle plus proche du maraîchage NDLR

 

Il fait chaud et sec depuis des mois… La sécheresse, qui sévit encore dans une grande partie de l’Europe, sera  la pire depuis le début des relevés, en 1959, et peut-être même depuis cinq cents ans. Alors que ces épisodes restaient localisés sur certains bassins-versants en fin d’été, ils sont devenus plus fréquents et plus étendus. De la Norvège à l’Espagne, les fleuves rétrécissent, les lacs se vident, les nappes phréatiques s’abaissent. Si les humains continuent à émettre des gaz à effet de serre au rythme actuel, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit une augmentation de la température de 3,9 °C d’ici à 2050, qui causerait des sécheresses de cette ampleur au moins une année sur deux.

Parmi les victimes : l’élevage. Selon les statistiques du ministère de l’agriculture, le déficit de récolte des prairies était de 21 % au 20 juillet 2022, mais, depuis, la sécheresse s’est accentuée, induisant plus de pertes. En août, les éleveurs donnent déjà au bétail la nourriture prévue pour l’hiver. En ajoutant la hausse des prix des engrais, des céréales et des oléoprotéagineux renforcée par l’invasion russe en Ukraine, la situation devient intenable pour les éleveurs français dont une partie pourrait disparaître faute de pouvoir compenser l’augmentation des prix de production.

Faudrait-il alors augmenter les subventions pour le secteur de l’élevage ? La politique agricole commune (PAC) lui consacre déjà des sommes considérables sans modifier le système de production en profondeur.

L’élevage, déjà critiqué d’une part pour sa forte contribution aux émissions de gaz à effet de serre (méthane) et d’azote (ammoniac, nitrates) et d’autre part pour sa faible efficience protéique, est maintenant fragilisé par la sécheresse. Par exemple, la production de 1 kilo de protéines de viande bovine française demande en moyenne 12,5 kilos de protéines végétales. Pour le porc, dont l’essentiel de la ration est comestible pour les humains, 1 kilo de protéines animales requiert l’utilisation de 2,4 kilos de protéines végétales. Il en résulte un fort prélèvement de ressources, un besoin accru d’eau et de surface. Ainsi, selon Greenpeace, 71 % des terres agricoles européennes servent à nourrir le bétail.

En France, les céréales accaparent 71 % des surfaces agricoles irriguées. Et le maïs, à lui seul, utilisé surtout pour nourrir les animaux, en occupe la moitié. Quant aux prairies, leur arrosage a triplé depuis dix ans. L’alimentation des vaches laitières comprend de l’herbe (36 % en moyenne), mais aussi du maïs fourrager (42 %), des céréales et des oléoprotéagineux, dont le soja, ainsi que divers compléments alimentaires (22 %). Or, ces végétaux ont besoin d’immenses quantités d’« eau bleue » issue de prélèvements dans les nappes phréatiques, les rivières, les fleuves et les retenues d’eau. Alors qu’il suffit de 38 litres d’eau bleue pour faire pousser 1 kilo de haricots, il faut en prélever en moyenne 315 litres pour produire 1 kilo de bœuf et 406 litres pour 1 kilo de porc français.

Sécheresse : Une autre gestion de l’eau potable

Sécheresse : Une autre gestion de l’eau potable

 

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Alexandre Mayol et le professeur en sciences de gestion Simon Porcher mettent en exergue deux enjeux économiques majeurs face à la sécheresse qui sévit : la construction du prix de l’eau en France et la mesure de sa consommation réelle par les ménages.

 

Une tribune intéressante mais qui ne pose pas avec suffisamment de clarté la perspective de séparation de l’eau potable destinée aux besoins alimentaires et celle de l’eau destinée à d’autres usages. NDLR 

 

Alors que la France fait face à l’une des plus grandes sécheresses de son histoire moderne, les propositions de mesures pour limiter la consommation d’eau se multiplient. Eric Piolle, maire de Grenoble, a suggéré de mettre en place une tarification progressive, avec un prix de l’eau qui augmenterait en fonction de la consommation. Plus récemment, Julien Bayou, député de Paris, a proposé d’interdire les piscines privées en cas de sécheresses répétées.

La gestion de l’eau est un sujet de débat récurrent. En 2021, une commission d’enquête parlementaire, créée par le groupe La France insoumise, a formulé 76 propositions pour améliorer la gestion de l’eau en France. Dans un contexte d’urgence environnementale, il faut activer des leviers efficaces pour agir à la fois sur l’offre et la demande d’eau potable.

Selon l’Observatoire national des services publics de l’eau et de l’assainissement, 20 % de l’eau produite sont perdus chaque année, en raison de fuites sur les réseaux de distribution. Cela représente 1 milliard de mètres cubes d’eau, soit la consommation annuelle de 18 millions d’habitants. Le réseau d’eau potable a été développé au cours de la première moitié du XXe siècle. Depuis, certains réseaux ont été largement renouvelés tandis que d’autres sont devenus vétustes, particulièrement dans les zones rurales. Il apparaît urgent, non seulement de réduire les fuites, mais d’investir également pour intégrer les nouvelles technologies de recherche de fuites sur l’ensemble des réseaux. . Quelques leviers devraient être activés rapidement pour améliorer la qualité du réseau : obligations réglementaires d’un taux de fuite minimal à atteindre au terme d’un délai fixé par la loi ; assortir le non-respect de ces délais de sanctions dissuasives pour inciter à ces investissements.

L’innovation est un enjeu essentiel de l’amélioration de l’offre. Les deux plus grandes entreprises mondiales de gestion de l’eau sont françaises [Veolia et Suez] et ont autour d’elles un écosystème d’hydroentrepreneurs. Face à la raréfaction de la ressource en eau, il faut investir dans les technologies de dessalement de l’eau, dans la géo-infiltration, qui consiste à réinjecter de l’eau d’une nappe à l’autre, ou encore dans l’économie circulaire de l’eau. La valorisation des eaux usées, pour un usage agricole par exemple, est un bon moyen de diminuer les tensions sur les milieux naturels. Les solutions développées spécifiquement pour certains territoires en France et l’expérience des pays touchés par un manque d’eau, comme Singapour, doivent être sources d’inspiration.

Climat- Sécheresse : la crise supplémentaire

Climat- Sécheresse : la crise supplémentaire

La sécheresse atteint une intensité inédite en France cette année. Un phénomène qui, amplifié par le réchauffement climatique, est devenu une menace supplémentaire à l’échelle mondiale, avec pour conséquence de faire de l’eau une ressource rare devenue plus que jamais vitale. Par Charaf Louhmadi, ingénieur-économètre chez Natixis, et Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School.

 

La terre contient 96,5 % d’eau salée et 3,5 % d’eau douce. L’essentiel de cette eau douce se trouve dans les glaciers et dans les nappes phréatiques. On dénombre à peine 0,3 % d’eau douce potable disponible pour l’espèce humaine.

Face à une demande en eau sans cesse croissante, les ressources restent de plus en plus limitées. L’augmentation de la demande en eau s’explique par l’accélération de l’urbanisation, l’essor de la démographie mondiale et les besoins croissants en eau dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

Selon un rapport de la Banque mondiale, 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 22 % par l’industrie et 8 % par les particuliers. A noter également que près de 7 personnes sur 10 ont accès à l’eau potable à domicile et que sa disponibilité sur le plan géographique est fortement variable.

Les ressources en eau se font de plus en plus rares. Le stress hydrique mondial est désormais un fait et une crise internationale de l’eau dans les décennies à venir semble inévitable. Selon le World Resources Institute, d’ici 2040, la plupart des pays n’auront plus assez de ressources pour répondre à leur demande en eau. Les activités industrielles et agricoles font que l’espèce humaine puise énormément et de plus en plus dans les nappes phréatiques et les aquifères qui, rappelons-le, ont mis des millénaires à se former.

Pour illustrer la gravité de ce fléau, notons que dans certaines régions, au Maghreb par exemple, il faut creuser plus de 200m sous terre pour trouver de l’eau. De plus, le réchauffement climatique aggrave cette crise hydrique car les précipitations seront de moins en moins abondantes dans les prochaines décennies. Les villes commencent à envisager de plus en plus des scénarii de coupures ponctuelles d’eau. On parle même de « jour zéro », une journée entière sans eau. Dans certaines villes du Maghreb, la réduction des débits d’eau potable est d’ores et déjà à l’ordre du jour, à Berrechid, non loin de Casablanca, la réduction aura lieu à partir du 1er août.

La crise écologique accentue les phénomènes de sécheresse et de pénurie d’eau, en particulier dans des zones de la planète touchées par l’extrême pauvreté. La pénurie d’eau sera, sans doute, un fléau permanent majeur du 21e siècle et risque d’entraîner des tensions voire guerres locales et régionales

L’Europe n’est pas épargnée par la sécheresse. La France hexagonale affronte une sécheresse grave et historique, plus de 100 communes sont privées d’eau potable. Au mois de juillet, on observe un déficit pluviométrique supérieur à 80% et des températures fortement et historiquement élevées. Des niveaux d’alertes, à échelles de gravité variables, sont déclenché sur tout le territoire. La Première ministre Elisabeth Borne a activé, vendredi 5 août, la cellule interministérielle de crise.

En outre, les niveaux sont de plus en plus bas dans le Rhin. Des minimums non observés en plus de quinze ans sont retrouvés dans certaines villes allemandes. Cela a un impact au niveau énergétique car les navires sont contraints de diminuer leurs cargaisons. Or le fleuve revêt une position névralgique en ce qui concerne le commerce maritime européen. Le gaz russe étant coupé, l’Allemagne, locomotive économique européenne se tourne désormais vers le charbon pour s’approvisionner ce qui entraîne donc la hausse du prix du charbon et fragilise ipso facto notre voisin outre-Rhin.

Les pays du sud de l’Europe se retrouvent face à la canicule, aux incendies et à une sécheresse accrue. Dans le nord de l’Italie, la production agricole est terriblement fragilisée. Cinq régions sont déclarées en état d’urgence. Coldrietti, une des plus grandes associations agricoles italiennes, estime les dégâts à 3 milliards d’euros, soit près de 5% de la production agricole à l’échelle du pays. Dans les îles Canaries, à Tenerife, plusieurs centaines d’habitants ont été évacués et 2.500 hectares ont brûlé.

Lors du premier semestre 2022, les températures en Italie ont augmenté de 2 degrés et les volumes de précipitation et de neige ont baissé respectivement de 80% et de 60%. On assiste à la pire sécheresse depuis plus de sept décennies. La France a connu également courant juillet une canicule sévère et une série d’incendies.

La sécheresse et la pénurie d’eau sont également des problèmes vitaux en Afrique. Ce continent paye au prix fort les conséquences du réchauffement climatique. La corne de l’Afrique subit une des sécheresses les plus sévères depuis plus de 40 ans. C’est la troisième année consécutive de sécheresse et 20 millions de personnes sont menacées dans 4 pays : le Kenya, la Somalie, l’Ethiopie et Djibouti.

Rein Paulsen, directeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA), affirme que « le temps presse » et que ces pays sont indéniablement au bord de la catastrophe. Michael Dunford, directeur régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU pour l’Afrique de l’Est, mentionne que : « Les récoltes sont ruinées, le bétail meurt et la faim augmente. »

L’Afrique et plus précisément les pays du Maghreb connaissent un inquiétant stress hydrique, lui aussi conséquence du réchauffement climatique. Si l’on se rapporte à la définition de l’ONU, un pays ou une région est en stress hydrique si on y prélève plus de 25% des ressources phréatiques. Aux pays du Moyen Orient et du Maghreb, on prélève en moyenne plus de 80% des ressources. C’est ce qu’on appelle un stress hydrique extrême. Au Maroc, les barrages se vident à grande vitesse.

Une étude de l’Economist Intelligence Unit confirme que les causes de la pénurie d’eau et de la pression sur les systèmes d’approvisionnement en eau se ramènent à la crise climatique mais également à la forte croissance démographique et l’accélération de l’urbanisation. De plus, l’élévation du niveau des océans, accentue le risque d’inondation, et donc de pollution des ressources d’eau potable.

Dans une étude publiée en octobre 2021, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne la situation critique du stress hydrique dans le monde et confirme qu’une nouvelle crise se profile, celle de l’eau. Celle-ci va s’ajouter à la conjonction des crises que connaît l’humanité au début de ce 21e siècle : crise pandémique, crises financières, crises politiques…

Selon l’OMM, en 2020, plus de 2 milliards de personnes vivaient dans des pays connaissant des stress hydriques ; 3,6 milliards de personnes ne disposaient pas d’assainissement gérés de manière sûre et 2,3 milliards manquaient d’eau pour l’hygiène de base.

Toujours selon l’OMM, plus de 107 pays ne sont pas sur la bonne voie en termes de gestion de ressources hydriques à l’horizon 2030. Par ailleurs, plus de 5 milliards d’individus seront exposés à échéance si leurs pays ne mettent pas en place des politiques durables et écologiques en vue de préserver cette ressource qui se raréfie

L’eau fait son entrée dans l’économie de marché. La bourse de Chicago a procédé  le 7 décembre 2020 au lancement des contrats à terme sur l’eau. C’est la première fois que des produits dérivés sur l’eau sont négociés sur les marchés financiers.

Le sous-jacent de ces contrats dérivés est le Nasdaq Veles California Water, un indice noté NQH20, qui a pour unité le dollar par acre-pied, soit environ un dollar par 1,2 million de litres. Il a été créé en 2018 par le Nasdaq en partenariat avec Veles Water et WestWater Research. La capitalisation boursière au lancement des contrats à terme est d’environ 1,1 milliard de dollars. Cet indice reflète les échanges d’eau effectués dans les plateformes souterraines les plus importantes de l’État de Californie. Selon le Chicago Mercantile Exchange (CME), le marché des indices de l’eau a enregistré plus de 2,6 milliards de dollars de volume de transactions entre 2012 et 2019.

L’indice NQH20, dont la cotation est hebdomadaire en fonction des achats d’eau effectués la semaine précédente, a bondi de plus de 66,3% en « year-to-date », entre le début de l’année et début juillet 2022, il est à son plus haut historique, dépassant 1.140 points. Entre octobre 2018 et juillet 2022, sa valeur a plus que doublé enregistrant un mouvement de 123%. Cela confirme l’intérêt croissant et l’appétit des investisseurs pour le produit financier « eau ».[1]

Les fonds spéculatifs, dont certains dits « fonds vautours » (cette expression ayant massivement été utilisée lors de la crise immobilière en Espagne), anticipent déjà la pénurie d’eau dans les années et décennies à venir. De plus en plus d’économistes estiment que l’eau deviendrait au cours du 21e siècle la première matière première traitée sur les marchés, devant l’or. Willem H. Buiter, ancien économiste en chef de Citigroup, partage cet avis.

L’Australie, continent le plus chaud de la planète, où la sécheresse sévit et les barrages ne sont remplis parfois qu’à hauteur de 20%, a instauré une bourse de l’eau. Le « Water Act », mis en place par le gouvernement australien, permet de définir un système de quotas d’eau, dans les secteurs industriels et agricoles, au-delà desquels l’eau est échangée dans des marchés spécifiques.

Les fonds spéculatifs et les investisseurs y ont vu l’opportunité de réaliser d’importants profits notamment dans les régions australiennes les plus arides. Ils ont vu juste car les prix y ont considérablement augmenté et dépassent 500 dollars le million de litres. Les investissements sont également particulièrement lucratifs avec des taux de rendements dépassant parfois 25%. Les agriculteurs modestes sont touchés par ces pratiques spéculatives.

Cette politique australienne des quotas de l’eau ne date pas d’hier. Depuis les années 1990, le pays des kangourous fixe des volumes maximaux d’extraction à ne pas dépasser et les droits de détention sont également négociés dans des marchés spécifiques.

L’Australie n’est pas le premier pays à privatiser l’eau. Le gouvernement Thatcher a expérimenté cette politique en 1989 en adoptant une loi privant les mauvais payeurs de cette ressource vitale. Ces lois, portées par la « Dame de fer », considérées ex post comme inhumaines et scandaleuses vis-à-vis des classes défavorisées, ont été abrogées dix ans plus tard.

Comme mentionné plus haut, les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’eau en tant que produit financier. A Wall Street, on s’amuse à utiliser l’expression de « pétrole du 21e siècle ». Les économistes et stratégistes de Citibank estiment dans le rapport « Solutions for the global water crisis » publié en 2017 que le marché de l’eau dépassera le milliard de dollars à l’horizon 2025.

L’Organisation des Nations Unies estime que d’ici 2030, 40% de la population mondiale sera impactée par la raréfaction d’eau et que la demande mondiale bondira de plus de 50%, ce qui est particulièrement alarmant. En même temps, les fonds spéculatifs chercheront de plus en plus à tirer un maximum de profit en lien avec ces tensions et ces déséquilibres offre/demande sur l’eau. Quelles solutions pour parer au problème de pénurie ?

La désalinisation est de plus en plus utilisée, notamment dans les pays du golfe, très touchés par la pénurie d’eau.

Les systèmes de désalinisation sont généralement basés sur des mécanismes liés à la pression appliquée à l’eau. On sait que pression et température sont liées par les lois de la physique. Parmi les techniques de dessalement, on retrouve l’osmose inverse, des techniques industrielles de distillation dont les origines remontent à l’antiquité, la congélation de l’eau de mer ou encore l’électrodyalyse. Les technologies de désalinisation semblent de plus en plus inéluctables avec la crise mondiale de l’eau qui se profile, toutefois leurs impacts écologiques sont parfois très nocifs et les coûts énergétiques y associés particulièrement élevés, notamment lorsque les énergies fossiles sont utilisées dans ces procédés.

Des groupes industriels notamment français portent dans les pays du golfe des projets de désalinisation à base d’énergies renouvelables. Suez et Veolia sont impliqués à Abu Dhabi, dans le cadre de la ville durable « Masdar ».

En France, on note également quelques projets de désalinisation industrielle, à Port Melin à Groix notamment, où une usine de dessalement sera installée. En outre, la start-up Chartraines Mascara a mis en place un processus de désalinisation non polluant, visant à alimenter les régions françaises souffrant d’un manque d’eau.

Transformation de l’air ambiant en eau potable : Exemple de la start-up Kumulus

Pour faire face au stress hydrique extrême dans les pays du Maghreb et du Moyen Orient, au Maroc par exemple, où les niveaux de réserve des barrages ne cessent de diminuer, du fait de l’assèchement progressif des fleuves, la start-up tunisienne Kumulus a produit une machine permettant la transformation de l’air ambiant en eau potable. Elle cible tout particulièrement les marchés maghrébins et orientaux. Kumulus s’appuie et réplique le phénomène de rosée matinale, et grâce à cette technologie innovante, la start-up arrive à produire 20 et 30 litres d’eau potable par jour et par unité. Le projet est testé en Tunisie, dans une école située à El Bayadha, non loin de la frontière algérienne.

[1] Historique de l’indice NQH20, 2018-2022

Environnement- Sécheresse : la crise supplémentaire

Environnement- Sécheresse : la crise supplémentaire

La sécheresse atteint une intensité inédite en France cette année. Un phénomène qui, amplifié par le réchauffement climatique, est devenu une menace supplémentaire à l’échelle mondiale, avec pour conséquence de faire de l’eau une ressource rare devenue plus que jamais vitale. Par Charaf Louhmadi, ingénieur-économètre chez Natixis, et Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School.

 

La terre contient 96,5 % d’eau salée et 3,5 % d’eau douce. L’essentiel de cette eau douce se trouve dans les glaciers et dans les nappes phréatiques. On dénombre à peine 0,3 % d’eau douce potable disponible pour l’espèce humaine.

Face à une demande en eau sans cesse croissante, les ressources restent de plus en plus limitées. L’augmentation de la demande en eau s’explique par l’accélération de l’urbanisation, l’essor de la démographie mondiale et les besoins croissants en eau dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

Selon un rapport de la Banque mondiale, 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 22 % par l’industrie et 8 % par les particuliers. A noter également que près de 7 personnes sur 10 ont accès à l’eau potable à domicile et que sa disponibilité sur le plan géographique est fortement variable.

Les ressources en eau se font de plus en plus rares. Le stress hydrique mondial est désormais un fait et une crise internationale de l’eau dans les décennies à venir semble inévitable. Selon le World Resources Institute, d’ici 2040, la plupart des pays n’auront plus assez de ressources pour répondre à leur demande en eau. Les activités industrielles et agricoles font que l’espèce humaine puise énormément et de plus en plus dans les nappes phréatiques et les aquifères qui, rappelons-le, ont mis des millénaires à se former.

Pour illustrer la gravité de ce fléau, notons que dans certaines régions, au Maghreb par exemple, il faut creuser plus de 200m sous terre pour trouver de l’eau. De plus, le réchauffement climatique aggrave cette crise hydrique car les précipitations seront de moins en moins abondantes dans les prochaines décennies. Les villes commencent à envisager de plus en plus des scénarii de coupures ponctuelles d’eau. On parle même de « jour zéro », une journée entière sans eau. Dans certaines villes du Maghreb, la réduction des débits d’eau potable est d’ores et déjà à l’ordre du jour, à Berrechid, non loin de Casablanca, la réduction aura lieu à partir du 1er août.

La crise écologique accentue les phénomènes de sécheresse et de pénurie d’eau, en particulier dans des zones de la planète touchées par l’extrême pauvreté. La pénurie d’eau sera, sans doute, un fléau permanent majeur du 21e siècle et risque d’entraîner des tensions voire guerres locales et régionales

L’Europe n’est pas épargnée par la sécheresse. La France hexagonale affronte une sécheresse grave et historique, plus de 100 communes sont privées d’eau potable. Au mois de juillet, on observe un déficit pluviométrique supérieur à 80% et des températures fortement et historiquement élevées. Des niveaux d’alertes, à échelles de gravité variables, sont déclenché sur tout le territoire. La Première ministre Elisabeth Borne a activé, vendredi 5 août, la cellule interministérielle de crise.

En outre, les niveaux sont de plus en plus bas dans le Rhin. Des minimums non observés en plus de quinze ans sont retrouvés dans certaines villes allemandes. Cela a un impact au niveau énergétique car les navires sont contraints de diminuer leurs cargaisons. Or le fleuve revêt une position névralgique en ce qui concerne le commerce maritime européen. Le gaz russe étant coupé, l’Allemagne, locomotive économique européenne se tourne désormais vers le charbon pour s’approvisionner ce qui entraîne donc la hausse du prix du charbon et fragilise ipso facto notre voisin outre-Rhin.

Les pays du sud de l’Europe se retrouvent face à la canicule, aux incendies et à une sécheresse accrue. Dans le nord de l’Italie, la production agricole est terriblement fragilisée. Cinq régions sont déclarées en état d’urgence. Coldrietti, une des plus grandes associations agricoles italiennes, estime les dégâts à 3 milliards d’euros, soit près de 5% de la production agricole à l’échelle du pays. Dans les îles Canaries, à Tenerife, plusieurs centaines d’habitants ont été évacués et 2.500 hectares ont brûlé.

Lors du premier semestre 2022, les températures en Italie ont augmenté de 2 degrés et les volumes de précipitation et de neige ont baissé respectivement de 80% et de 60%. On assiste à la pire sécheresse depuis plus de sept décennies. La France a connu également courant juillet une canicule sévère et une série d’incendies.

La sécheresse et la pénurie d’eau sont également des problèmes vitaux en Afrique. Ce continent paye au prix fort les conséquences du réchauffement climatique. La corne de l’Afrique subit une des sécheresses les plus sévères depuis plus de 40 ans. C’est la troisième année consécutive de sécheresse et 20 millions de personnes sont menacées dans 4 pays : le Kenya, la Somalie, l’Ethiopie et Djibouti.

Rein Paulsen, directeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA), affirme que « le temps presse » et que ces pays sont indéniablement au bord de la catastrophe. Michael Dunford, directeur régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU pour l’Afrique de l’Est, mentionne que : « Les récoltes sont ruinées, le bétail meurt et la faim augmente. »

L’Afrique et plus précisément les pays du Maghreb connaissent un inquiétant stress hydrique, lui aussi conséquence du réchauffement climatique. Si l’on se rapporte à la définition de l’ONU, un pays ou une région est en stress hydrique si on y prélève plus de 25% des ressources phréatiques. Aux pays du Moyen Orient et du Maghreb, on prélève en moyenne plus de 80% des ressources. C’est ce qu’on appelle un stress hydrique extrême. Au Maroc, les barrages se vident à grande vitesse.

Une étude de l’Economist Intelligence Unit confirme que les causes de la pénurie d’eau et de la pression sur les systèmes d’approvisionnement en eau se ramènent à la crise climatique mais également à la forte croissance démographique et l’accélération de l’urbanisation. De plus, l’élévation du niveau des océans, accentue le risque d’inondation, et donc de pollution des ressources d’eau potable.

Dans une étude publiée en octobre 2021, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne la situation critique du stress hydrique dans le monde et confirme qu’une nouvelle crise se profile, celle de l’eau. Celle-ci va s’ajouter à la conjonction des crises que connaît l’humanité au début de ce 21e siècle : crise pandémique, crises financières, crises politiques…

Selon l’OMM, en 2020, plus de 2 milliards de personnes vivaient dans des pays connaissant des stress hydriques ; 3,6 milliards de personnes ne disposaient pas d’assainissement gérés de manière sûre et 2,3 milliards manquaient d’eau pour l’hygiène de base.

Toujours selon l’OMM, plus de 107 pays ne sont pas sur la bonne voie en termes de gestion de ressources hydriques à l’horizon 2030. Par ailleurs, plus de 5 milliards d’individus seront exposés à échéance si leurs pays ne mettent pas en place des politiques durables et écologiques en vue de préserver cette ressource qui se raréfie

L’eau fait son entrée dans l’économie de marché. La bourse de Chicago a procédé  le 7 décembre 2020 au lancement des contrats à terme sur l’eau. C’est la première fois que des produits dérivés sur l’eau sont négociés sur les marchés financiers.

Le sous-jacent de ces contrats dérivés est le Nasdaq Veles California Water, un indice noté NQH20, qui a pour unité le dollar par acre-pied, soit environ un dollar par 1,2 million de litres. Il a été créé en 2018 par le Nasdaq en partenariat avec Veles Water et WestWater Research. La capitalisation boursière au lancement des contrats à terme est d’environ 1,1 milliard de dollars. Cet indice reflète les échanges d’eau effectués dans les plateformes souterraines les plus importantes de l’État de Californie. Selon le Chicago Mercantile Exchange (CME), le marché des indices de l’eau a enregistré plus de 2,6 milliards de dollars de volume de transactions entre 2012 et 2019.

L’indice NQH20, dont la cotation est hebdomadaire en fonction des achats d’eau effectués la semaine précédente, a bondi de plus de 66,3% en « year-to-date », entre le début de l’année et début juillet 2022, il est à son plus haut historique, dépassant 1.140 points. Entre octobre 2018 et juillet 2022, sa valeur a plus que doublé enregistrant un mouvement de 123%. Cela confirme l’intérêt croissant et l’appétit des investisseurs pour le produit financier « eau ».[1]

Les fonds spéculatifs, dont certains dits « fonds vautours » (cette expression ayant massivement été utilisée lors de la crise immobilière en Espagne), anticipent déjà la pénurie d’eau dans les années et décennies à venir. De plus en plus d’économistes estiment que l’eau deviendrait au cours du 21e siècle la première matière première traitée sur les marchés, devant l’or. Willem H. Buiter, ancien économiste en chef de Citigroup, partage cet avis.

L’Australie, continent le plus chaud de la planète, où la sécheresse sévit et les barrages ne sont remplis parfois qu’à hauteur de 20%, a instauré une bourse de l’eau. Le « Water Act », mis en place par le gouvernement australien, permet de définir un système de quotas d’eau, dans les secteurs industriels et agricoles, au-delà desquels l’eau est échangée dans des marchés spécifiques.

Les fonds spéculatifs et les investisseurs y ont vu l’opportunité de réaliser d’importants profits notamment dans les régions australiennes les plus arides. Ils ont vu juste car les prix y ont considérablement augmenté et dépassent 500 dollars le million de litres. Les investissements sont également particulièrement lucratifs avec des taux de rendements dépassant parfois 25%. Les agriculteurs modestes sont touchés par ces pratiques spéculatives.

Cette politique australienne des quotas de l’eau ne date pas d’hier. Depuis les années 1990, le pays des kangourous fixe des volumes maximaux d’extraction à ne pas dépasser et les droits de détention sont également négociés dans des marchés spécifiques.

L’Australie n’est pas le premier pays à privatiser l’eau. Le gouvernement Thatcher a expérimenté cette politique en 1989 en adoptant une loi privant les mauvais payeurs de cette ressource vitale. Ces lois, portées par la « Dame de fer », considérées ex post comme inhumaines et scandaleuses vis-à-vis des classes défavorisées, ont été abrogées dix ans plus tard.

Comme mentionné plus haut, les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’eau en tant que produit financier. A Wall Street, on s’amuse à utiliser l’expression de « pétrole du 21e siècle ». Les économistes et stratégistes de Citibank estiment dans le rapport « Solutions for the global water crisis » publié en 2017 que le marché de l’eau dépassera le milliard de dollars à l’horizon 2025.

L’Organisation des Nations Unies estime que d’ici 2030, 40% de la population mondiale sera impactée par la raréfaction d’eau et que la demande mondiale bondira de plus de 50%, ce qui est particulièrement alarmant. En même temps, les fonds spéculatifs chercheront de plus en plus à tirer un maximum de profit en lien avec ces tensions et ces déséquilibres offre/demande sur l’eau. Quelles solutions pour parer au problème de pénurie ?

La désalinisation est de plus en plus utilisée, notamment dans les pays du golfe, très touchés par la pénurie d’eau.

Les systèmes de désalinisation sont généralement basés sur des mécanismes liés à la pression appliquée à l’eau. On sait que pression et température sont liées par les lois de la physique. Parmi les techniques de dessalement, on retrouve l’osmose inverse, des techniques industrielles de distillation dont les origines remontent à l’antiquité, la congélation de l’eau de mer ou encore l’électrodyalyse. Les technologies de désalinisation semblent de plus en plus inéluctables avec la crise mondiale de l’eau qui se profile, toutefois leurs impacts écologiques sont parfois très nocifs et les coûts énergétiques y associés particulièrement élevés, notamment lorsque les énergies fossiles sont utilisées dans ces procédés.

Des groupes industriels notamment français portent dans les pays du golfe des projets de désalinisation à base d’énergies renouvelables. Suez et Veolia sont impliqués à Abu Dhabi, dans le cadre de la ville durable « Masdar ».

En France, on note également quelques projets de désalinisation industrielle, à Port Melin à Groix notamment, où une usine de dessalement sera installée. En outre, la start-up Chartraines Mascara a mis en place un processus de désalinisation non polluant, visant à alimenter les régions françaises souffrant d’un manque d’eau.

Transformation de l’air ambiant en eau potable : Exemple de la start-up Kumulus

Pour faire face au stress hydrique extrême dans les pays du Maghreb et du Moyen Orient, au Maroc par exemple, où les niveaux de réserve des barrages ne cessent de diminuer, du fait de l’assèchement progressif des fleuves, la start-up tunisienne Kumulus a produit une machine permettant la transformation de l’air ambiant en eau potable. Elle cible tout particulièrement les marchés maghrébins et orientaux. Kumulus s’appuie et réplique le phénomène de rosée matinale, et grâce à cette technologie innovante, la start-up arrive à produire 20 et 30 litres d’eau potable par jour et par unité. Le projet est testé en Tunisie, dans une école située à El Bayadha, non loin de la frontière algérienne.

[1] Historique de l’indice NQH20, 2018-2022

 

Sécheresse-Climat : » La maison brûle »

Sécheresse-Climat :  » La maison brûle »

 

Après l’ère de l’« anthropocène », du « capitalocène » et du « technocène », le philosophe et économiste Guillaume Quiquerez propose, dans une tribune au « Monde », celle du « corporocène », afin de mieux prendre en compte la responsabilité des grandes entreprises dotées d’une personnalité morale dans la croissance des émissions de gaz à effet de serre.

 

C’était à la fin de l’été 2002, il y a vingt ans. Reprenant la métaphore soufflée par [le physicien et géopolitologue] Jean-Paul Deléage, le président Chirac marquait les esprits lors du 4e Sommet de la Terre à Johannesburg (Afrique du Sud), en déclarant à la tribune : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. »

Quelques mois auparavant, le chimiste de l’atmosphère Paul Crutzen (1933-2021) avait publié un article fondateur dans Nature, « Geology of mankind », où il qualifiait d’« anthropocène » la nouvelle ère géologique causée par l’activité humaine. Cela faisait déjà plusieurs décennies que l’on savait que la croissance des émissions de gaz à effet de serre aurait pour conséquence de changer le climat. Mais, pour beaucoup, l’affaire demeurait abstraite.

Si l’on compte à partir du début de l’ère industrielle, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone a augmenté de moitié. En parallèle, celle du méthane, gaz étrangement évacué des débats publics, a bien plus que doublé. Dès 2003, la France connaissait une canicule occasionnant environ 15 000 morts en vingt-quatre jours. Depuis, année après année, de métaphorique, la « brûlure » est progressivement devenue épreuve.

En cet été 2022, notre maison brûle, vraiment : le feu dévore les forêts, le lit des rivières s’assèche, les glaciers et le pergélisol fondent, des événements climatiques jadis rares secouent la planète pendant que la canicule dérègle les équilibres complexes patiemment forgés au sein des écosystèmes océaniques.

Encore une nouvelle vague de sécheresse ?

Encore une nouvelle vague de sécheresse ?

 

Très prochainement , la France pourra encore connaître des températures de 33 à 40° avec une nouvelle vague de sécheresse.

« La dernière semaine d’août semble bel et bien se diriger vers une nouvelle vague de chaleur en France, surtout au sud de la Loire. À moins de 10 jours de l’échéance, la ténacité des modèles pour ce scénario semble confirmer une bonne stabilité », écrivait lundi sur Twitter Anthony Grillon, météorologue et fondateur de Météo-Contact.

« Ce qui est sûr, c’est que les modèles envisagent bien une anomalie chaude sur l’Ouest de l’Europe et plus particulièrement sur la France, qui serait exposée aux plus fortes températures », abonde de son côté Gilles Matricon, météorologue pour La Chaîne Météo. En cause? Le retour de « hautes pressions subtropicales ».

Le média spécialisé assure que les modèles ces derniers jours tendent tous dans le même sens, rendant cette cinquième vague de chaleur hautement probable.

Du côté des températures, la barre des 40°C pourrait être atteinte le 24 août dans le Sud-Ouest, et notamment en Gironde, qui depuis le début de l’été est aux avant-postes des différentes vagues de chaleur.

 

Sécheresse : la crise supplémentaire

Sécheresse : la crise supplémentaire

La sècheresse atteint une intensité inédite en France cette année. Un phénomène qui, amplifié par le réchauffement climatique, est devenu une menace supplémentaire à l’échelle mondiale, avec pour conséquence de faire de l’eau une ressource rare devenue plus que jamais vitale. Par Charaf Louhmadi, ingénieur-économètre chez Natixis, et Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School.

 

La terre contient 96,5 % d’eau salée et 3,5 % d’eau douce. L’essentiel de cette eau douce se trouve dans les glaciers et dans les nappes phréatiques. On dénombre à peine 0,3 % d’eau douce potable disponible pour l’espèce humaine.

Face à une demande en eau sans cesse croissante, les ressources restent de plus en plus limitées. L’augmentation de la demande en eau s’explique par l’accélération de l’urbanisation, l’essor de la démographie mondiale et les besoins croissants en eau dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

Selon un rapport de la Banque mondiale, 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 22 % par l’industrie et 8 % par les particuliers. A noter également que près de 7 personnes sur 10 ont accès à l’eau potable à domicile et que sa disponibilité sur le plan géographique est fortement variable.

Les ressources en eau se font de plus en plus rares. Le stress hydrique mondial est désormais un fait et une crise internationale de l’eau dans les décennies à venir semble inévitable. Selon le World Resources Institute, d’ici 2040, la plupart des pays n’auront plus assez de ressources pour répondre à leur demande en eau. Les activités industrielles et agricoles font que l’espèce humaine puise énormément et de plus en plus dans les nappes phréatiques et les aquifères qui, rappelons-le, ont mis des millénaires à se former.

Pour illustrer la gravité de ce fléau, notons que dans certaines régions, au Maghreb par exemple, il faut creuser plus de 200m sous terre pour trouver de l’eau. De plus, le réchauffement climatique aggrave cette crise hydrique car les précipitations seront de moins en moins abondantes dans les prochaines décennies. Les villes commencent à envisager de plus en plus des scénarii de coupures ponctuelles d’eau. On parle même de « jour zéro », une journée entière sans eau. Dans certaines villes du Maghreb, la réduction des débits d’eau potable est d’ores et déjà à l’ordre du jour, à Berrechid, non loin de Casablanca, la réduction aura lieu à partir du 1er août.

La crise écologique accentue les phénomènes de sécheresse et de pénurie d’eau, en particulier dans des zones de la planète touchées par l’extrême pauvreté. La pénurie d’eau sera, sans doute, un fléau permanent majeur du 21e siècle et risque d’entraîner des tensions voire guerres locales et régionales

L’Europe n’est pas épargnée par la sécheresse. La France hexagonale affronte une sécheresse grave et historique, plus de 100 communes sont privées d’eau potable. Au mois de juillet, on observe un déficit pluviométrique supérieur à 80% et des températures fortement et historiquement élevées. Des niveaux d’alertes, à échelles de gravité variables, sont déclenché sur tout le territoire. La Première ministre Elisabeth Borne a activé, vendredi 5 août, la cellule interministérielle de crise.

En outre, les niveaux sont de plus en plus bas dans le Rhin. Des minimums non observés en plus de quinze ans sont retrouvés dans certaines villes allemandes. Cela a un impact au niveau énergétique car les navires sont contraints de diminuer leurs cargaisons. Or le fleuve revêt une position névralgique en ce qui concerne le commerce maritime européen. Le gaz russe étant coupé, l’Allemagne, locomotive économique européenne se tourne désormais vers le charbon pour s’approvisionner ce qui entraîne donc la hausse du prix du charbon et fragilise ipso facto notre voisin outre-Rhin.

Les pays du sud de l’Europe se retrouvent face à la canicule, aux incendies et à une sécheresse accrue. Dans le nord de l’Italie, la production agricole est terriblement fragilisée. Cinq régions sont déclarées en état d’urgence. Coldrietti, une des plus grandes associations agricoles italiennes, estime les dégâts à 3 milliards d’euros, soit près de 5% de la production agricole à l’échelle du pays. Dans les îles Canaries, à Tenerife, plusieurs centaines d’habitants ont été évacués et 2.500 hectares ont brûlé.

Lors du premier semestre 2022, les températures en Italie ont augmenté de 2 degrés et les volumes de précipitation et de neige ont baissé respectivement de 80% et de 60%. On assiste à la pire sécheresse depuis plus de sept décennies. La France a connu également courant juillet une canicule sévère et une série d’incendies.

La sécheresse et la pénurie d’eau sont également des problèmes vitaux en Afrique. Ce continent paye au prix fort les conséquences du réchauffement climatique. La corne de l’Afrique subit une des sécheresses les plus sévères depuis plus de 40 ans. C’est la troisième année consécutive de sécheresse et 20 millions de personnes sont menacées dans 4 pays : le Kenya, la Somalie, l’Ethiopie et Djibouti.

Rein Paulsen, directeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA), affirme que « le temps presse » et que ces pays sont indéniablement au bord de la catastrophe. Michael Dunford, directeur régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU pour l’Afrique de l’Est, mentionne que : « Les récoltes sont ruinées, le bétail meurt et la faim augmente. »

L’Afrique et plus précisément les pays du Maghreb connaissent un inquiétant stress hydrique, lui aussi conséquence du réchauffement climatique. Si l’on se rapporte à la définition de l’ONU, un pays ou une région est en stress hydrique si on y prélève plus de 25% des ressources phréatiques. Aux pays du Moyen Orient et du Maghreb, on prélève en moyenne plus de 80% des ressources. C’est ce qu’on appelle un stress hydrique extrême. Au Maroc, les barrages se vident à grande vitesse.

Une étude de l’Economist Intelligence Unit confirme que les causes de la pénurie d’eau et de la pression sur les systèmes d’approvisionnement en eau se ramènent à la crise climatique mais également à la forte croissance démographique et l’accélération de l’urbanisation. De plus, l’élévation du niveau des océans, accentue le risque d’inondation, et donc de pollution des ressources d’eau potable.

Dans une étude publiée en octobre 2021, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne la situation critique du stress hydrique dans le monde et confirme qu’une nouvelle crise se profile, celle de l’eau. Celle-ci va s’ajouter à la conjonction des crises que connaît l’humanité au début de ce 21e siècle : crise pandémique, crises financières, crises politiques…

Selon l’OMM, en 2020, plus de 2 milliards de personnes vivaient dans des pays connaissant des stress hydriques ; 3,6 milliards de personnes ne disposaient pas d’assainissement gérés de manière sûre et 2,3 milliards manquaient d’eau pour l’hygiène de base.

Toujours selon l’OMM, plus de 107 pays ne sont pas sur la bonne voie en termes de gestion de ressources hydriques à l’horizon 2030. Par ailleurs, plus de 5 milliards d’individus seront exposés à échéance si leurs pays ne mettent pas en place des politiques durables et écologiques en vue de préserver cette ressource qui se raréfie

L’eau fait son entrée dans l’économie de marché. La bourse de Chicago a procédé  le 7 décembre 2020 au lancement des contrats à terme sur l’eau. C’est la première fois que des produits dérivés sur l’eau sont négociés sur les marchés financiers.

Le sous-jacent de ces contrats dérivés est le Nasdaq Veles California Water, un indice noté NQH20, qui a pour unité le dollar par acre-pied, soit environ un dollar par 1,2 million de litres. Il a été créé en 2018 par le Nasdaq en partenariat avec Veles Water et WestWater Research. La capitalisation boursière au lancement des contrats à terme est d’environ 1,1 milliard de dollars. Cet indice reflète les échanges d’eau effectués dans les plateformes souterraines les plus importantes de l’État de Californie. Selon le Chicago Mercantile Exchange (CME), le marché des indices de l’eau a enregistré plus de 2,6 milliards de dollars de volume de transactions entre 2012 et 2019.

L’indice NQH20, dont la cotation est hebdomadaire en fonction des achats d’eau effectués la semaine précédente, a bondi de plus de 66,3% en « year-to-date », entre le début de l’année et début juillet 2022, il est à son plus haut historique, dépassant 1.140 points. Entre octobre 2018 et juillet 2022, sa valeur a plus que doublé enregistrant un mouvement de 123%. Cela confirme l’intérêt croissant et l’appétit des investisseurs pour le produit financier « eau ».[1]

Les fonds spéculatifs, dont certains dits « fonds vautours » (cette expression ayant massivement été utilisée lors de la crise immobilière en Espagne), anticipent déjà la pénurie d’eau dans les années et décennies à venir. De plus en plus d’économistes estiment que l’eau deviendrait au cours du 21e siècle la première matière première traitée sur les marchés, devant l’or. Willem H. Buiter, ancien économiste en chef de Citigroup, partage cet avis.

L’Australie, continent le plus chaud de la planète, où la sécheresse sévit et les barrages ne sont remplis parfois qu’à hauteur de 20%, a instauré une bourse de l’eau. Le « Water Act », mis en place par le gouvernement australien, permet de définir un système de quotas d’eau, dans les secteurs industriels et agricoles, au-delà desquels l’eau est échangée dans des marchés spécifiques.

Les fonds spéculatifs et les investisseurs y ont vu l’opportunité de réaliser d’importants profits notamment dans les régions australiennes les plus arides. Ils ont vu juste car les prix y ont considérablement augmenté et dépassent 500 dollars le million de litres. Les investissements sont également particulièrement lucratifs avec des taux de rendements dépassant parfois 25%. Les agriculteurs modestes sont touchés par ces pratiques spéculatives.

Cette politique australienne des quotas de l’eau ne date pas d’hier. Depuis les années 1990, le pays des kangourous fixe des volumes maximaux d’extraction à ne pas dépasser et les droits de détention sont également négociés dans des marchés spécifiques.

L’Australie n’est pas le premier pays à privatiser l’eau. Le gouvernement Thatcher a expérimenté cette politique en 1989 en adoptant une loi privant les mauvais payeurs de cette ressource vitale. Ces lois, portées par la « Dame de fer », considérées ex post comme inhumaines et scandaleuses vis-à-vis des classes défavorisées, ont été abrogées dix ans plus tard.

Comme mentionné plus haut, les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’eau en tant que produit financier. A Wall Street, on s’amuse à utiliser l’expression de « pétrole du 21e siècle ». Les économistes et stratégistes de Citibank estiment dans le rapport « Solutions for the global water crisis » publié en 2017 que le marché de l’eau dépassera le milliard de dollars à l’horizon 2025.

L’Organisation des Nations Unies estime que d’ici 2030, 40% de la population mondiale sera impactée par la raréfaction d’eau et que la demande mondiale bondira de plus de 50%, ce qui est particulièrement alarmant. En même temps, les fonds spéculatifs chercheront de plus en plus à tirer un maximum de profit en lien avec ces tensions et ces déséquilibres offre/demande sur l’eau. Quelles solutions pour parer au problème de pénurie ?

La désalinisation est de plus en plus utilisée, notamment dans les pays du golfe, très touchés par la pénurie d’eau.

Les systèmes de désalinisation sont généralement basés sur des mécanismes liés à la pression appliquée à l’eau. On sait que pression et température sont liées par les lois de la physique. Parmi les techniques de dessalement, on retrouve l’osmose inverse, des techniques industrielles de distillation dont les origines remontent à l’antiquité, la congélation de l’eau de mer ou encore l’électrodyalyse. Les technologies de désalinisation semblent de plus en plus inéluctables avec la crise mondiale de l’eau qui se profile, toutefois leurs impacts écologiques sont parfois très nocifs et les coûts énergétiques y associés particulièrement élevés, notamment lorsque les énergies fossiles sont utilisées dans ces procédés.

Des groupes industriels notamment français portent dans les pays du golfe des projets de désalinisation à base d’énergies renouvelables. Suez et Veolia sont impliqués à Abu Dhabi, dans le cadre de la ville durable « Masdar ».

En France, on note également quelques projets de désalinisation industrielle, à Port Melin à Groix notamment, où une usine de dessalement sera installée. En outre, la start-up Chartraines Mascara a mis en place un processus de désalinisation non polluant, visant à alimenter les régions françaises souffrant d’un manque d’eau.

Transformation de l’air ambiant en eau potable : Exemple de la start-up Kumulus

Pour faire face au stress hydrique extrême dans les pays du Maghreb et du Moyen Orient, au Maroc par exemple, où les niveaux de réserve des barrages ne cessent de diminuer, du fait de l’assèchement progressif des fleuves, la start-up tunisienne Kumulus a produit une machine permettant la transformation de l’air ambiant en eau potable. Elle cible tout particulièrement les marchés maghrébins et orientaux. Kumulus s’appuie et réplique le phénomène de rosée matinale, et grâce à cette technologie innovante, la start-up arrive à produire 20 et 30 litres d’eau potable par jour et par unité. Le projet est testé en Tunisie, dans une école située à El Bayadha, non loin de la frontière algérienne.

[1] Historique de l’indice NQH20, 2018-2022

Sécheresse : transformer le système agricole

Sécheresse : transformer le système agricole 

 

Nicolas Girod, éleveur dans le Jura et porte-parole national de la Confédération paysanne, estime, dans une tribune au « Monde », que la sécheresse doit inciter à faire évoluer le modèle de l’agriculture industrielle.

La sécheresse est là mais son traitement agricole est trop souvent résumé au seul problème de l’irrigation. Or, les paysannes et paysans subissent tous ce manque d’eau et s’exposent à des pertes économiques, qu’ils irriguent ou non. En France, selon le recensement général agricole de 2020, 7,3 % de la surface agricole utile est irriguée, une part relativement faible bien qu’en progression. La problématique est donc bien plus large : comment répondre aux enjeux d’une agriculture à même de faire face aux épisodes de sécheresse et préserver la ressource en eau ?

L’agriculture industrielle détruit les ressources naturelles. Elle draine, elle rectifie les cours d’eau afin d’évacuer l’eau des sols au détriment de sa circulation naturelle et de la recharge des nappes phréatiques ; elle consomme des intrants chimiques de synthèse au détriment de la vie des sols ; elle s’affranchit des haies, d’une végétation dense et des systèmes racinaires qui vont avec. En un mot, elle assèche les sols. Face à la situation actuelle, elle exige davantage de stockage artificiel, par le biais des « mégabassines » et s’approprie l’eau pour des pratiques toujours surconsommatrices et dévastatrices. Feignant d’ignorer le cycle de l’eau, ses choix accélèrent le problème au lieu de le résoudre.

La sécheresse extrême que nous vivons appelle à ne pas céder à la pression de l’agro-industrie et à agir urgemment en sens inverse.

Une fois de plus le gouvernement est dans la réaction à court terme, en mobilisant les préfets pour organiser des réunions sur la sécheresse dans tous les départements. Si on peut souligner l’intérêt de ces temps d’alerte et de concertation, nous ne pouvons nous satisfaire d’une gestion des crises successives sans agir sur les causes qui les font advenir.

Dans le même temps, le syndicat agricole majoritaire promeut le modèle espagnol qui a développé des infrastructures pour stocker l’eau… en omettant de préciser qu’il est aujourd’hui impossible de les remplir car l’aridité gagne l’ensemble du pays.

Climat–Sécheresse: un record depuis plus de 100 ans

Climat–Sécheresse: un record depuis plus de  100 ans

D’après une étude de meteo-paris.com, la France est sur le point de dépasser les records de sécheresse depuis  100 à 150 ans.

 

Sécheresse de 1976

 

C’est l’année à laquelle la plupart des gens pensent lorsqu’on parle de sécheresse de référence. La grande sécheresse de 1976 a marqué les esprits de toute une génération. Le déficit pluviométrique avait débuté dès la fin de l’année 1975 avec une recharge automnale trop limitée. S’en est suivi un premier semestre 1976 remarquablement sec en France avec un déficit historique au mois de juin 1976. Juillet fut marqué par quelques orages mais août fut de nouveau trop sec. La situation ne s’est améliorée qu’à l’automne avec le retour de véritables perturbations.

 

Les conséquences de la sécheresse de 1976 furent majeures dans de nombreuses régions françaises. Le débit de nombreux cours d’eau est devenu historiquement bas, forçant à d’importantes limitations de l’usage de l’eau. D’ailleurs, l’eau a été coupée dans certaines régions, forçant la mise en place de distributions d’eau aux habitants. Notons cependant que la gestion de l’eau a été considérablement améliorée après cette grande sécheresse. L’agriculture a grandement souffert de ce manque d’eau avec des rendements très diminués durant cette année 1976.

 

 

Sécheresse de 1921

 

Parmi les plus grandes sécheresses répertoriées dans l’histoire de France, celle de 1921 fut véritablement remarquable. Celle-ci avait duré durant l’ensemble de l’année avec des déficits pluviométriques remarquables de janvier à avril puis au cours des mois de juin et de juillet ainsi que durant l’ensemble de l’automne ! Dans certaines régions françaises, il n’est même pas tombé la moitié des pluies annuelles classiques !

 

La région parisienne fut l’une des plus concernées par cette sécheresse historique. Durant l’ensemble de l’année 1921, il n’était tombé que 267 mm de pluie sur la capitale, soit un déficit annuel record de 58% ! Une telle anomalie sèche sur une année entière ne s’est plus reproduite au cours des 100 années suivantes. Même en cette année 2022 anormalement calme et sèche, le cumul des sept premiers mois de l’année à Paris a déjà dépassé celui de toute l’année 1921 (273 mm de janvier à juillet 2022).

 

Les conséquences de cette sécheresse furent dramatiques, notamment pour l’agriculture. De nombreux incendies s’étaient déclenchés en France, concernant aussi les régions du nord. En Île-de-France, d’importants brasiers avaient notamment touché la forêt de Fontainebleau au cours de l’été 1921 !

 

D’après le site la.climatologie.free.fr/, les sécheresses en Europe ne sont pas nouvelles .

C’est en 1303 qu’on a connu la sécheresse la plus importante du millénaire. On pouvait traverser le Rhin sec à pied.

Les autres sécheresses furent en 1540, 1719, 1874, 1906, 1911, 1921, 1945, 1947, 1949, 1953, 1957, 1964, 1976, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 2003. C’est de 1922 à 1952, que la France a connu un très fort réchauffement en été à cause d’un flux de sud à répétition.

En 1788, la France a connu un printemps et un été terriblement secs, qui ont compromis les récoltes.

En 1911, ce fut la seule année du siècle où on a dépassé les 35°C durant les mois de juillet, août et septembre à Paris (32 jours au dessus de 30°C à Paris et 53 jours à Marseille !)

En 1921, il a été seulement relevées 200 mm de pluie à Nancy et 278 mm Paris. La sécheresse a duré toute l’année. Cet été a été véritablement encore plus sec que celui de 1976.

En 1949, l’été a commencé plus tôt. Il faisait déjà plus de 30°C en avril dans la moitié nord, et la sécheresse a duré tout l’été avec des températures extrêmement élevées.

En 1976, la sécheresse a été si importante que tout le monde s’en rappelle comme étant une des pires années de sécheresse de la fin du 20ème siècle en Europe (voir ci-dessous).

En 1994, juillet et août ont connu 56 jours de températures supérieures à 30°C à Marseille-Marignane et 60 jours de températures supérieures à 30°C au Luc dont 31 jours en juillet.

En juillet 1950, au Luc il y a eu 19 jours de températures supérieures à 35°C (un record toujours pas battu).

En juillet 1983, à Carpentras il y a eu 15 jours de températures supérieures à 35°C et 11 jours à Marseille.

En 2003 de mars à août, une sécheresse plus importante que celle de 1989 s’est installée sur l’Europe

Sécheresse: un record depuis plus de 100 ans

Sécheresse: un record depuis plus de  100 ans

D’après une étude de meteo-paris.com, la France est sur le point de dépasser les records de sécheresse depuis  100 à 150 ans.

 

Sécheresse de 1976

 

C’est l’année à laquelle la plupart des gens pensent lorsqu’on parle de sécheresse de référence. La grande sécheresse de 1976 a marqué les esprits de toute une génération. Le déficit pluviométrique avait débuté dès la fin de l’année 1975 avec une recharge automnale trop limitée. S’en est suivi un premier semestre 1976 remarquablement sec en France avec un déficit historique au mois de juin 1976. Juillet fut marqué par quelques orages mais août fut de nouveau trop sec. La situation ne s’est améliorée qu’à l’automne avec le retour de véritables perturbations.

 

Les conséquences de la sécheresse de 1976 furent majeures dans de nombreuses régions françaises. Le débit de nombreux cours d’eau est devenu historiquement bas, forçant à d’importantes limitations de l’usage de l’eau. D’ailleurs, l’eau a été coupée dans certaines régions, forçant la mise en place de distributions d’eau aux habitants. Notons cependant que la gestion de l’eau a été considérablement améliorée après cette grande sécheresse. L’agriculture a grandement souffert de ce manque d’eau avec des rendements très diminués durant cette année 1976.

 

 

Sécheresse de 1921

 

Parmi les plus grandes sécheresses répertoriées dans l’histoire de France, celle de 1921 fut véritablement remarquable. Celle-ci avait duré durant l’ensemble de l’année avec des déficits pluviométriques remarquables de janvier à avril puis au cours des mois de juin et de juillet ainsi que durant l’ensemble de l’automne ! Dans certaines régions françaises, il n’est même pas tombé la moitié des pluies annuelles classiques !

 

La région parisienne fut l’une des plus concernées par cette sécheresse historique. Durant l’ensemble de l’année 1921, il n’était tombé que 267 mm de pluie sur la capitale, soit un déficit annuel record de 58% ! Une telle anomalie sèche sur une année entière ne s’est plus reproduite au cours des 100 années suivantes. Même en cette année 2022 anormalement calme et sèche, le cumul des sept premiers mois de l’année à Paris a déjà dépassé celui de toute l’année 1921 (273 mm de janvier à juillet 2022).

 

Les conséquences de cette sécheresse furent dramatiques, notamment pour l’agriculture. De nombreux incendies s’étaient déclenchés en France, concernant aussi les régions du nord. En Île-de-France, d’importants brasiers avaient notamment touché la forêt de Fontainebleau au cours de l’été 1921 !

 

D’après le site la.climatologie.free.fr/, les sécheresses en Europe ne sont pas nouvelles .

C’est en 1303 qu’on a connu la sécheresse la plus importante du millénaire. On pouvait traverser le Rhin sec à pied.

Les autres sécheresses furent en 1540, 1719, 1874, 1906, 1911, 1921, 1945, 1947, 1949, 1953, 1957, 1964, 1976, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 2003. C’est de 1922 à 1952, que la France a connu un très fort réchauffement en été à cause d’un flux de sud à répétition.

En 1788, la France a connu un printemps et un été terriblement secs, qui ont compromis les récoltes.

En 1911, ce fut la seule année du siècle où on a dépassé les 35°C durant les mois de juillet, août et septembre à Paris (32 jours au dessus de 30°C à Paris et 53 jours à Marseille !)

En 1921, il a été seulement relevées 200 mm de pluie à Nancy et 278 mm Paris. La sécheresse a duré toute l’année. Cet été a été véritablement encore plus sec que celui de 1976.

En 1949, l’été a commencé plus tôt. Il faisait déjà plus de 30°C en avril dans la moitié nord, et la sécheresse a duré tout l’été avec des températures extrêmement élevées.

En 1976, la sécheresse a été si importante que tout le monde s’en rappelle comme étant une des pires années de sécheresse de la fin du 20ème siècle en Europe (voir ci-dessous).

En 1994, juillet et août ont connu 56 jours de températures supérieures à 30°C à Marseille-Marignane et 60 jours de températures supérieures à 30°C au Luc dont 31 jours en juillet.

En juillet 1950, au Luc il y a eu 19 jours de températures supérieures à 35°C (un record toujours pas battu).

En juillet 1983, à Carpentras il y a eu 15 jours de températures supérieures à 35°C et 11 jours à Marseille.

En 2003 de mars à août, une sécheresse plus importante que celle de 1989 s’est installée sur l’Europe

Sécheresse: un record depuis 100 à 150 ans

 

Sécheresse: un record depuis 100 à  150 ans

D’après une étude de meteo-paris.com, la France est sur le point de dépasser les records de sécheresse depuis  100 à 150 ans.

 

Sécheresse de 1976

 

C’est l’année à laquelle la plupart des gens pensent lorsqu’on parle de sécheresse de référence. La grande sécheresse de 1976 a marqué les esprits de toute une génération. Le déficit pluviométrique avait débuté dès la fin de l’année 1975 avec une recharge automnale trop limitée. S’en est suivi un premier semestre 1976 remarquablement sec en France avec un déficit historique au mois de juin 1976. Juillet fut marqué par quelques orages mais août fut de nouveau trop sec. La situation ne s’est améliorée qu’à l’automne avec le retour de véritables perturbations.

 

Les conséquences de la sécheresse de 1976 furent majeures dans de nombreuses régions françaises. Le débit de nombreux cours d’eau est devenu historiquement bas, forçant à d’importantes limitations de l’usage de l’eau. D’ailleurs, l’eau a été coupée dans certaines régions, forçant la mise en place de distributions d’eau aux habitants. Notons cependant que la gestion de l’eau a été considérablement améliorée après cette grande sécheresse. L’agriculture a grandement souffert de ce manque d’eau avec des rendements très diminués durant cette année 1976.

 

 

Sécheresse de 1921

 

Parmi les plus grandes sécheresses répertoriées dans l’histoire de France, celle de 1921 fut véritablement remarquable. Celle-ci avait duré durant l’ensemble de l’année avec des déficits pluviométriques remarquables de janvier à avril puis au cours des mois de juin et de juillet ainsi que durant l’ensemble de l’automne ! Dans certaines régions françaises, il n’est même pas tombé la moitié des pluies annuelles classiques !

 

 La région parisienne fut l’une des plus concernées par cette sécheresse historique. Durant l’ensemble de l’année 1921, il n’était tombé que 267 mm de pluie sur la capitale, soit un déficit annuel record de 58% ! Une telle anomalie sèche sur une année entière ne s’est plus reproduite au cours des 100 années suivantes. Même en cette année 2022 anormalement calme et sèche, le cumul des sept premiers mois de l’année à Paris a déjà dépassé celui de toute l’année 1921 (273 mm de janvier à juillet 2022).

 

Les conséquences de cette sécheresse furent dramatiques, notamment pour l’agriculture. De nombreux incendies s’étaient déclenchés en France, concernant aussi les régions du nord. En Île-de-France, d’importants brasiers avaient notamment touché la forêt de Fontainebleau au cours de l’été 1921 !

 

D’après le site la.climatologie.free.fr/, les sécheresses en Europe ne sont pas nouvelles .

C’est en 1303 qu’on a connu la sécheresse la plus importante du millénaire. On pouvait traverser le Rhin sec à pied.

Les autres sécheresses furent en 1540, 1719, 1874, 1906, 1911, 1921, 1945, 1947, 1949, 1953, 1957, 1964, 1976, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 2003. C’est de 1922 à 1952, que la France a connu un très fort réchauffement en été à cause d’un flux de sud à répétition.

En 1788, la France a connu un printemps et un été terriblement secs, qui ont compromis les récoltes.

En 1911, ce fut la seule année du siècle où on a dépassé les 35°C durant les mois de juillet, août et septembre à Paris (32 jours au dessus de 30°C à Paris et 53 jours à Marseille !)

En 1921, il a été seulement relevées 200 mm de pluie à Nancy et 278 mm Paris. La sécheresse a duré toute l’année. Cet été a été véritablement encore plus sec que celui de 1976.

En 1949, l’été a commencé plus tôt. Il faisait déjà plus de 30°C en avril dans la moitié nord, et la sécheresse a duré tout l’été avec des températures extrêmement élevées.

En 1976, la sécheresse a été si importante que tout le monde s’en rappelle comme étant une des pires années de sécheresse de la fin du 20ème siècle en Europe (voir ci-dessous).

En 1994, juillet et août ont connu 56 jours de températures supérieures à 30°C à Marseille-Marignane et 60 jours de températures supérieures à 30°C au Luc dont 31 jours en juillet.

En juillet 1950, au Luc il y a eu 19 jours de températures supérieures à 35°C (un record toujours pas battu).

En juillet 1983, à Carpentras il y a eu 15 jours de températures supérieures à 35°C et 11 jours à Marseille.

En 2003 de mars à août, une sécheresse plus importante que celle de 1989 s’est installée sur l’Europe

SÉCHERESSE: Des prix de l’eau très variables

SÉCHERESSE: Des prix de l’eau très variables

 

Des prix qui varient presque du simple au double. Selon l’Observatoire des services d’eau et d’assainissement, la facture d’eau annuelle moyenne s’élève à 516 euros sur la base d’une consommation de 120m3. Un montant qui couvre à la fois la potabilisation de l’eau et l’assainissement. ( papier de France-Info).

Une situation « historique ». Face à la « sécheresse exceptionnelle » qui frappe la France, « la plus grave jamais enregistrée dans notre pays », Elisabeth Borne a décidé d’activer vendredi une cellule interministérielle de crise.

Alors que l’Hexagone s’apprête à vivre sa quatrième vague de chaleur de l’été après un mois de juillet marqué par un déficit pluviométrique de 84% en moyenne, les appels aux restrictions de consommation d’eau se multiplient. Vendredi, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a annoncé que « plus d’une centaine de communes » étaient d’ores et déjà privées d’eau potable.

Pour accroître les incitations à réduire l’usage de l’eau, certaines associations et partis politiques comme la France insoumise militent pour la suppression de la part fixe du prix de l’eau. Cette part sert aujourd’hui à financer une partie des charges fixes du service de l’eau (distribution, entretien, exploitation, investissements). Elle est indépendante du volume d’eau consommé, contrairement à la part variable.

Auprès de l’AFP, Agnès Ducharne, chercheuse au CNRS, plaide elle aussi pour une augmentation des tarifs et suggère une « tarification progressive de l’eau » avec un « premier m3″ qui « serait gratuit et ensuite l’eau serait de plus en plus chère ». De sorte que ceux qui en utilisent beaucoup paieraient l’eau « au prix fort ».


Depuis 2012, la part fixe du prix de l’eau « est plafonnée à 30 % du coût du service d’eau potable et d’assainissement collectif, sur la base d’une consommation annuelle de 120 m³ hors taxes et redevances », souligne l’Observatoire des services d’eau et d’assinissement. Ce plafond est porté à 40 % pour certains services dans les communes rurales. Les « stations classées de tourisme » ne sont, elles, soumises à aucun plafond.

Selon le dernier rapport de l’Observatoire des services d’eau et d’assainissement, le prix total TTC de l’eau en vigueur au 1er janvier 2021 est évalué à 4,3 euros le mètre cube sur la base d’une consommation annuelle de 120m3. Soit moins d’un centime le litre. Ce montant comprend à la fois le prix de la potabilisation et de la distribution de l’eau (2,11 euros/m3) et celui du traitement et de l’assainissement après usage (2,19 euros/m3). Il s’agit selon Veolia d’un « des meilleurs rapport qualité/prix en Europe ».

Cela correspond in fine à une facture annuelle moyenne de 516 euros (13% de part fixe et 87% de part variable), soit 43 euros par mois, d’après l’Observatoire des services d’eau et d’assainissement. Un prix qui se répartit entre l’assainissement collectif, l’eau potable et les taxes et redevances.

Si l’on regarde par département, on constate d’importantes disparités entre les territoires. Ainsi, toujours sur la base d’une facture de 120m3 (eau potable + assainissement), c’est en Guadeloupe (6,52 €/m3), dans les Côtes-d’Armor (5,74 euros), en Dordogne (5,67 euros), en Martinique (5,45 euros) et en Seine-Maritime (5,42 euros) que l’eau coûte le plus cher.

A l’inverse, la Réunion (2,66 €/m3), la Haute-Garonne (3,38 euros), la Haute-Marne (3,40 euros), les Alpes-Maritimes (3,41 euros) et les Alpes de Haute-Provence (3,48 euros) sont les départements où elle est le plus abordable.

Sécheresse : Un record depuis 60 ans

Sécheresse : Un record  depuis 60 ans

 

Année après année, lentement mais sûrement le climat européen d’une certaine manière ça focalise avec une saison sèche pratiquement sans pluie significative en été et au contraire un excès d’eau via les inondations en hiver mais avec peu de températures très froides. Ainsi Lyon connaîtra bientôt le climat d’Alger et Paris celui de Marseille. La sécheresse a bien entendu des conséquences pour les populations et pour l’économie notamment l »agriculture. Ainsi Le mois de juillet 2022 aura été marqué par des conditions climatiques extrêmes dans l’Hexagone. Sans surprise, Météo France a révélé, mardi 26 juillet, qu’il serait « très probablement le mois de juillet le plus sec » jamais mesuré depuis le début des relevés concernant les sécheresses du sol, en 1959.

« En moyenne sur la France, il est tombé huit millimètres de précipitations du 1er au 25 juillet », soit « un déficit énorme de précipitations », explique à l’AFP Christian Veil, climatologue chez Météo France. « On devrait être au premier ou au deuxième rang des mois de juillet les plus secs », poursuit-il. Tout dépendra des derniers jours du mois, de légSécheresseères pluies étant attendues vendredi.

Ce manque de pluie aggrave la sécheresse qui touchait déjà la France au début de l’été. Mardi, 91 départements étaient concernés par des restrictions d’usage de l’eau, du jamais-vu. Les niveaux d’alerte sont recensés sur le site Propluvia.

Une situation qui a des conséquences sur tout l’environnement : « Les précipitations estivales servent à maintenir l’humidité des sols superficiels, à maintenir la végétation », explique Christian Veil, qui observe notamment « des arbres qui souffrent tellement de la chaleur qu’ils perdent leurs feuilles ».

Une autre conséquence concerne le fonctionnement de centrales nucléaires.

Plus généralement cela pose la question d’une autre politique de la gestion de l’eau et de son utilisation.

L’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (4 %).

Pour les usages domestiques, dans la cuisine, le lave-vaisselle consomme entre 10 et 20 litres par lavage alors que faire la vaisselle à la main demande en moyenne presque 50 litres.

Mais le vrai problème est l’utilisation de l’eau  potable tous les usages y compris non alimentaires. La question d’un double réseau l’un potable, l’autre potable se posera un jour ou l’autre

 

Sécheresse : Juillet le plus sec depuis 60 ans

 Sécheresse : Juillet le plus sec depuis 60 ans 

Le  mois de juillet dernier a été le deuxième mois le plus sec depuis 1959.  La France n’a presque jamais été aussi sèche. Vingt-sept départements sont placés en vigilance orange canicule depuis ce mardi. Toute la France est concernée par la sécheresse, et 93 départements font l’objet de restrictions d’eau.

Au mois de juillet dernier, il est tombé seulement 9,7 millimètres de précipitations. C’est dix fois moins que l’année dernière et 84% de moins que la normale sur la période 1991-2020, à 61,6 millimètres. Juillet 2022 est ainsi devenu le deuxième mois le plus sec depuis le début des relevés Météo France en 1959. Conséquence visible de cette sécheresse : en montagne, les lacs sont plus bas, les barrages sont moins remplis. D’ailleurs, ceux exploités par EDF le sont à seulement 69%, soit onze points en dessous de la moyenne historique. Le déficit est particulièrement fort dans les barrages EDF des Alpes du sud où le taux de remplissage est inférieur de 26 points à la moyenne historique.

  Ce manque d’eau est très problématique parce que la pluie alimente moins nos réserves de surface. Il y a moins d’eau dans les fleuves, les étangs, les rivières. C’est la raison pour laquelle nous avons plus de mal à assumer les 5,3 milliards de mètres cubes d’eau que nous consommons chaque année. Ensuite, en plus de l’eau de surface, il y a aussi l’eau souterraine qui représente un stock de 2.000 milliards de mètre cubes. Un trésor qui représente l’équivalent de 8.380 milliards d’euros, au prix moyen de l’eau en France. Mais cette richesse est, elle aussi, fragile : en Provence, sur la Côte d’Azur ou encore en Charente, les nappes phréatiques sont particulièrement basses.
 L’agriculture utilise 45% de l’eau consommée chaque année, devant le refroidissement des centrales électriques à 31%. Ensuite, l’eau potable consomme 21% de l’eau, pour les usages destinés à la population comme l’alimentaire, le sanitaire ou encore l’hygiène.

 

123



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol