Archive pour le Tag 'scientifique'

Un nouveau concept : le populisme scientifique

Un nouveau concept : le populisme scientifique

 

Après avoir ouvert un dialogue nécessaire avec la communauté scientifique dans les années 2000, le mouvement pour une science « participative », plus démocratique, a évolué vers l’anti-élitisme, au risque de l’irrationalité, explique Stéphane Van Damme  (Professeur d’histoire des sciences à l’Ecole normale supérieure -Paris) Dans le Monde (extrait)

 

L’expression « populisme scientifique » est couramment utilisée pour dénoncer différents activistes scientifiques omniprésents dans l’espace public, comme Didier Raoult. En Italie, par exemple, il désigne aussi bien les antivaccins, comme le biologiste Stefano Montanari, que les défenseurs de la science, comme le professeur de virologie Roberto Burioni. Ce dernier a fait l’objet d’une étude approfondie de Pamela Pietrucci, chercheuse à l’université de Copenhague, dirigée par David Gruber et Lynda Olman dans le Routledge Handbook for Language and Science, en 2019.

Très actif sur Twitter et Facebook, Roberto Burioni y mène une guérilla contre les discours antivaccins, et ce dès juin 2018, à l’occasion des mesures prises par le gouvernement. Burioni y défend l’éthique du citoyen-scientifique. Son combat aurait même persuadé Beppe Grillo (idéologue du Mouvement 5 étoiles) de signer son « pacte proscience » lancé en janvier 2019 pour soutenir cette éthique dans les politiques publiques nationales. Cette action témoigne de l’évolution des scientifiques dans ces débats, qui sont passés d’une position de figure morale, comme Langevin, Poincaré ou Einstein, à celle de lanceur d’alerte, mobilisés contre les antisciences.

La popularité de Burioni en Italie tient à la fois à un contexte politique polarisé par la montée des extrêmes et aux formes de sa communication, utilisant de violentes saillies polémiques, connues sur le Web italien sous le terme blastata : un commentaire acerbe et sarcastique attirant des milliers de réponses et visant à démonter les fausses informations. Convaincu que les scientifiques doivent sortir de leur réserve, Burioni n’hésite pas à emprunter la rhétorique forte de ses opposants.

Plus largement, si l’expression polémique de « populisme scientifique » s’est imposée pour qualifier les mouvements antivaccins ou antipasse, elle n’a pas encore été véritablement pensée. Dans Le Siècle du populisme. Histoire, théorie, critique (Seuil, 2020), Pierre Rosanvallon présente le populisme comme une « idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l’économie ». Plus qu’un symptôme des radicalisations d’aujourd’hui, cette critique de la modernité démocratique est récurrente dans le temps long de l’histoire des démocraties occidentales.

Du côté de l’histoire des sciences, certains travaux s’inspirent des mêmes constats pour explorer ce phénomène qui hante les rapports entre sciences et démocratie. Niels Mede et Mike Schäfer, de l’université de Zurich, en proposent une analyse riche dans un article paru dans la revue Public Understanding of Science en 2020. Pour eux, ce populisme relié aux sciences émerge dans le sillage du tournant « participatif » des années 2000, qui a vu la revalorisation du rôle des amateurs de science et l’association de citoyens à la prise de décision technique aux côtés d’experts.

Un manque majeur de culture scientifique

Un manque majeur de culture scientifique 

 

L’anthropologue Katia Andreetti et le député (MoDem) Philippe Berta préconisent, dans une tribune au « Monde , extrait», le lancement d’« états généraux de la culture scientifique et technique », pour mieux lutter contre le complotisme et mettre la science à portée de tous.

 

Tribune

 

Collective, intersectorielle et intergénérationnelle, la crise sanitaire a marqué de son sceau l’histoire mondiale. Science, santé et technologie se sont imposées comme pierres angulaires de la protection des populations et des équilibres démocratiques. Matière à penser, à conceptualiser et à rationaliser le futur, l’ébullition scientifique générée par le Covid est une avancée majeure que les pouvoirs publics doivent accompagner afin d’en faire l’une des matrices de nos politiques publiques de demain.

Le lancement d’un plan d’investissement de près de 7 milliards d’euros par le président de la République en marque les prémices. La capacité de notre recherche biomédicale, la souveraineté industrielle et sanitaire, l’investissement renforcé, l’équité d’accès aux soins, l’impulsion stratégique de l’innovation en santé confirment que d’innovantes trajectoires se dessinent. Il est temps que nos politiques en prennent conscience !

Anticiper les situations futures

Les sciences sont plurielles et mobilisent des méthodologies spécifiques et interdépendantes, des technologies de pointe, des professionnels qualifiés, des écosystèmes de recherche et exigent des investissements stratégiques audacieux. Face à la célérité de la recherche et des mutations sociales, un grand nombre de nos lois sont, de facto, juridiquement caduques, en témoigne la révision de la loi de bioéthique qui, pour ses aspects scientifiques, est loin du tempo imposé par le rythme des découvertes scientifiques. A contrario, si les avancées entrevues par la loi de programmation pluriannuelle de la recherche sont une première esquisse, elles impliquent d’aller plus loin. Politique et science doivent coordonner leurs temporalités dans des réalités sociétales : un défi pour les décideurs politiques, une nécessité pour renforcer la connaissance scientifique de tous.

 

Instructifs sont les maux imposés par la crise aux mondes scientifique, médical et socio-politique. Leurs analyses tant qualitatives que quantitatives sont, plus que jamais, déterminantes afin d’anticiper les situations futures et la vie post-Covid. Quant aux mécanismes opérationnels, ils représentent de fertiles laboratoires d’idées, des pôles d’excellence pour l’élaboration de projets ambitieux. L’acculturation scientifique en est un. La pandémie le démontre : notre société française souffre d’un déficit d’acculturation scientifique majeur. Mus par des raisons qui leur appartiennent, on a vu des politiques et des médecins parler science, la multiplication d’infox, le défilé « d’experts » sur les chaînes d’information en continu, le tout faisant perdre à la science ce qui fait son essence : son indépendance. Une belle affaire pour les complotistes, les extrémistes et les populistes.

France : un manque majeur de culture scientifique

France : un manque majeur de culture scientifique 

 

L’anthropologue Katia Andreetti et le député (MoDem) Philippe Berta préconisent, dans une tribune au « Monde , extrait», le lancement d’« états généraux de la culture scientifique et technique », pour mieux lutter contre le complotisme et mettre la science à portée de tous.

 

Tribune

 

Collective, intersectorielle et intergénérationnelle, la crise sanitaire a marqué de son sceau l’histoire mondiale. Science, santé et technologie se sont imposées comme pierres angulaires de la protection des populations et des équilibres démocratiques. Matière à penser, à conceptualiser et à rationaliser le futur, l’ébullition scientifique générée par le Covid est une avancée majeure que les pouvoirs publics doivent accompagner afin d’en faire l’une des matrices de nos politiques publiques de demain.

Le lancement d’un plan d’investissement de près de 7 milliards d’euros par le président de la République en marque les prémices. La capacité de notre recherche biomédicale, la souveraineté industrielle et sanitaire, l’investissement renforcé, l’équité d’accès aux soins, l’impulsion stratégique de l’innovation en santé confirment que d’innovantes trajectoires se dessinent. Il est temps que nos politiques en prennent conscience !

Anticiper les situations futures

Les sciences sont plurielles et mobilisent des méthodologies spécifiques et interdépendantes, des technologies de pointe, des professionnels qualifiés, des écosystèmes de recherche et exigent des investissements stratégiques audacieux. Face à la célérité de la recherche et des mutations sociales, un grand nombre de nos lois sont, de facto, juridiquement caduques, en témoigne la révision de la loi de bioéthique qui, pour ses aspects scientifiques, est loin du tempo imposé par le rythme des découvertes scientifiques. A contrario, si les avancées entrevues par la loi de programmation pluriannuelle de la recherche sont une première esquisse, elles impliquent d’aller plus loin. Politique et science doivent coordonner leurs temporalités dans des réalités sociétales : un défi pour les décideurs politiques, une nécessité pour renforcer la connaissance scientifique de tous.

 

Instructifs sont les maux imposés par la crise aux mondes scientifique, médical et socio-politique. Leurs analyses tant qualitatives que quantitatives sont, plus que jamais, déterminantes afin d’anticiper les situations futures et la vie post-Covid. Quant aux mécanismes opérationnels, ils représentent de fertiles laboratoires d’idées, des pôles d’excellence pour l’élaboration de projets ambitieux. L’acculturation scientifique en est un. La pandémie le démontre : notre société française souffre d’un déficit d’acculturation scientifique majeur. Mus par des raisons qui leur appartiennent, on a vu des politiques et des médecins parler science, la multiplication d’infox, le défilé « d’experts » sur les chaînes d’information en continu, le tout faisant perdre à la science ce qui fait son essence : son indépendance. Une belle affaire pour les complotistes, les extrémistes et les populistes.

Les mesures barrières ont volé en éclats avec la levée des restrictions ( conseil scientifique)

 

  • Les mesures barrières ont volé en éclats avec  la levée des restrictions ( conseil scientifique)

     

     

    Jean-François Delfraissy, entendu au Sénat, considère que la levée des restrictions ont fait voler en éclats les mesures barrières et son l’un des facteurs explicatifs de l’accélération des contaminations

    « La réponse à la quatrième vague, elle va s’appuyer sur une augmentation de la vaccination et elle va s’appuyer sur l’utilisation du pass sanitaire, mais elle va s’appuyer aussi sur ‘où est-ce qu’on se contamine?’, sur revenir aux gestes barrières simples, individuels, qui ont totalement explosé », a déclaré le président du Conseil scientifique devant des sénateurs.

    « Dans les semaines qui viennent, notre capacité non pas à arrêter la vague mais à limiter l’impact sur le système de soins, il est entre les mains de nos concitoyens. Et ce n’est pas seulement de dire ‘c’est le pass sanitaire c’est le vaccin’, c’est aussi les petites mesures! »

     « On a affaire à un variant qui a une capacité de transmission qui change la donne [...] on va avoir à vivre avec le variant Delta pendant plusieurs mois. »

Recherche scientifique : la France en retard

Recherche scientifique : la France en retard

 

Prix Nobel de physique , Serge Haroche souligne le retard scientifique de la France dans une interview des échos.

 

Pourquoi parle-t-on tant actuellement de « deuxième révolution » quantique ?

Il y a environ un siècle, l’arrivée de la théorie quantique a conduit au développement d’un très grand nombre d’instruments que l’on utilise aujourd’hui dans notre vie quotidienne : les lasers, les ordinateurs, les horloges atomiques dans le GPS ou encore la résonance magnétique nucléaire, qui a conduit à l’IRM. C’est ce que l’on peut appeler le résultat de la première révolution quantique.

Depuis une trentaine d’années, grâce au développement de la technologie, on est capable de manipuler des atomes et des photons isolés, les faire interagir les uns avec les autres de façon contrôlée. C’est cette deuxième étape que certains appellent « la deuxième révolution quantique ».

Que peut-on espérer de cette deuxième révolution ?

Je n’aime pas promettre ou survendre ce qui pourrait se passer à l’avenir. Disons que cette seconde révolution vise à domestiquer les particules quantiques individuelles pour faire des choses plus précises, développer des sondes plus sensibles, ou éventuellement calculer de façon plus efficace. On cherche à utiliser de nouvelles propriétés du quantique, comme la superposition et l’intrication – qui sont très contre-intuitives pour nos esprits habitués au monde classique – pour en faire des choses utiles.

Microsoft, IBM, Google et autres géants de la tech investissent des sommes importantes dans l’ordinateur quantique. En quoi cette machine du futur exploitera ces propriétés ?

Pour rappel, l’ordinateur actuel est un système qui couple des bits entre eux. Ce sont de petits transistors qui peuvent se trouver dans deux états : 0 ou 1. Dans un ordinateur quantique, il s’ajouterait une dimension qui est la superposition d’état : les bits pourraient être non pas simplement des 0 et des 1 mais des superpositions de 0 et de 1. On parle alors de bits quantiques, ou qubits, qui pourraient être intriqués entre eux, s’influer mutuellement en des endroits différents de la machine, ce qui fait que si on mesure l’un des qubits, cela aura une répercussion immédiate sur l’état de l’autre. Ce principe de superposition massive sur un très grand nombre de bits permet, au moins théoriquement, de résoudre des problèmes difficiles que les ordinateurs actuels mettraient un temps quasiment infini à calculer.

Qu’est-ce qui nous empêche de passer de la théorie à la pratique ?

Le plus gros obstacle est la fragilité de l’information quantique. Il faut parvenir à contrôler les bits et leur cohérence, faire en sorte que leurs états de superposition ne soient pas détruits par l’interaction avec leur environnement. Aujourd’hui, ce que l’on sait faire, ce sont de petits prototypes, en quelque sorte des jouets, qui permettent de démontrer que les opérations individuelles marchent sur de petits ensembles de particules. Mais pour avoir un système utile, qui batte en puissance de calcul les machines actuelles, il faut remplacer ces quelques dizaines de bits par des dizaines de millions de bits, corriger de façon massive les erreurs. Ca, pour l’instant personne ne sait le faire.

Donc ce n’est pas pour demain…

Ca fait vingt-cinq ans que l’on nous annonce l’ordinateur quantique ! Mais la réalisation d’une machine battant les performances des ordinateurs classiques actuels reste un but lointain dont personne ne peut dire s’il sera vraiment atteint. Il y a une compétition, largement du domaine des relations publiques, entre les grands groupes – Google, Microsoft et IBM – qui inventent des critères particuliers pour dire que leur machine expérimentale est plus performante qu’une autre… Mais ça reste très loin des applications pratiques.

La cryptographie quantique est au contraire un domaine plus avancé de cette « deuxième révolution », non ?

Oui, la cryptographie quantique n’exige pas d’intrication massive. Elle consiste à coder et décoder des messages secrets à l’aide de clés formées de succession de bits quantiques, et donc protégées de l’espionnage. Si quelqu’un intercepte les clés, des corrélations quantiques vont être altérées et il y aura un moyen très simple de s’en rendre compte et interrompre la communication.

Avec elle, on peut rêver d’un Internet mondial quantique, hautement sécurisé ?

Dans les protocoles de communication quantique, les clés sont portées par des photons se propageant dans des fibres optiques. Mais au bout de quelques dizaines de kilomètres, la cohérence quantique de la lumière se perd. Il faut utiliser ce que l’on appelle des répéteurs, qui remettent en l’état la cohérence. Ces répéteurs quantiques sont très délicats à mettre en oeuvre. Donc un grand internet quantique à l’échelle de la planète, ce n’est pas pour tout de suite. Mais des circuits de communication par fibre entre banques, entre pays, ont été déjà mis en place sous forme de démonstration. Tout ça fait partie d’un domaine de recherche très riche, théorique et expérimental.

Les futures horloges quantiques ne varieront même pas d’une seconde en 15 milliards d’années, soit plus que l’âge estimé de l’univers. A quoi peut servir une telle précision ?

A ce niveau, on peut mesurer des différences de champ de gravitation infimes, vérifier des théories de la relativité générale et on pourra peut-être un jour mettre au point de nouveaux détecteurs d’ondes gravitationnelles. Dans le champ de la métrologie quantique, qui est certainement le plus mûr de tous, on peut aussi citer les interféromètres quantiques, permettant de mesurer de petits champs électriques ou magnétiques ou de petites variations de l’accélération de la pesanteur. De tels instruments sont mis sur le marché pour faire des recherches géologiques, trouver des minerais et peut-être bientôt pour prévoir les éruptions volcaniques et les tremblements de terre. Il y a aussi les accéléromètres quantiques : même dans un sous-marin, sans accès au GPS, ils permettent de savoir où vous êtes avec précision.

La métrologie quantique pourra-t-elle aussi bouleverser la médecine ?

Oui, certaines sondes quantiques permettent de mesurer localement un champ magnétique, et de faire en quelque sorte de l’IRM au niveau microscopique. Vous allez pouvoir étudier de petits systèmes formés de seulement quelques cellules biologiques, ce qui peut avoir des applications extrêmement importantes pour la recherche en biologie et la médecine : détecter des cancers, des lésions…

La France a une longue tradition dans le quantique, avec notamment trois prix Nobel, dont le vôtre, mais attire-t-elle les nouveaux talents ?

La France a pris du retard ! L’effort sur la science a été considérablement ralenti au cours des trente dernières années, surtout si on la compare à certains autres pays. Seul 2,2 % du PIB est consacré à la recherche publique et privée, alors que le pays s’était engagé en 2000 à atteindre les 3 %. On a aussi du retard sur la formation. Les petits Français sont parmi les moins bons en maths. Et surtout, les conditions de travail des chercheurs ne sont pas attirantes : il y a très peu de postes ouverts au CNRS et les jeunes chercheurs qui y entrent gagnent un salaire de misère. Ils sont accablés de tâches administratives et passent une grande partie de leur temps à remplir des dossiers pour pouvoir obtenir des contrats finançant leurs recherches… Les plus brillants se voient offrir des postes à l’étranger, et on ne peut les blâmer de les accepter.

Emmanuel Macron a quand même annoncé un plan quantique de 1,8 milliard d’euros…

Au-delà du quantique, je pense à la recherche en général, à laquelle il faut appliquer le « quoi qu’il en coûte » ! Il faut y investir beaucoup plus de moyens que ceux promis par la nouvelle loi. Cela restera moins que le coût de quelques jours de confinement. Or, notre personnel politique manque de formation scientifique. Difficile de les sensibiliser à l’importance de soutenir la recherche en général, au-delà de quelques domaines appliqués. ​Si on leur dit que l’ordinateur quantique sera peut-être là dans cinquante ans, ça ne les motive pas tellement.

Pourtant, les problèmes qui se posent à nous en tant que civilisation, en tant qu’habitants de la Terre, ne peuvent être résolus que par une science ouverte, s’appuyant sur une recherche fondamentale au long cours, libre et dynamique. La mise au point rapide des vaccins contre le Covid en est un exemple éclatant. Elle n’a été possible que parce que précédée par des décennies de recherche non finalisée sur les coronavirus et l’ARN messager

Recherche et militantisme : de la bouillie scientifique

Recherche et militantisme : de la bouillie scientifique

La sociologue et directrice de recherche au CNRS publie Ce que le militantisme fait à la recherche, un texte incisif et profond. Avec une particulière netteté, elle analyse la crise que traversent l’enseignement supérieur et la recherche, minés par de puissants courants idéologiques, décoloniaux, féministes ou intersectionnels.

Nathalie Heinich pointe le rôle déterminant de Pierre Bourdieu dans cet enrôlement de la sociologie à des fins politiques et critique la prolifération des «studies» sur les campus. Elle s’afflige du manque de rigueur scientifique de ces travaux. Pour la chercheuse, ces «académo-militants» sont dangereux, car ils dénaturent la mission même de l’université: l’élaboration et la transmission des connaissances.

Prudence pour éviter une quatrième vague (conseil scientifique)

Prudence pour éviter une quatrième vague (conseil scientifique)

Le conseil scientifique recommande la plus grande prudence vis-à-vis du confinement afin qu’il ne favorise pas une quatrième vague possible.

 

Pour éviter une reprise épidémique et une quatrième vague, l’une des principales solutions proposée par le Conseil scientifique est d’accélérer la vaccination. Actuellement, 17.692.900 de personnes ont reçu une première dose d’après Covid Tracker. Au rythme actuel, «35 millions de personnes pourraient être vaccinées au 30 juin 2021, ce qui permettrait d’atteindre un niveau significatif d’immunité vaccinale», qui resterait tout de même «insuffisant pour une immunité populationnelle estimée à 80% au moins», juge l’instance scientifique. D’après Le Parisien , pour atteindre ce chiffre, il faudrait passer de 400.000 à 500.000 vaccinations par jour, «y compris durant les périodes de week-end de printemps».

« Relativisme et vérité scientifique »

« Relativisme et vérité scientifique »

 

On ne demande pas à la science d’établir une vérité absolue mais de faire une distinction entre les interprétations hâtives, les fausses certitudes et les faits réels, explique, dans une tribune au « Monde », le professeur Edgardo D. Carosella, immunologiste à l’hôpital Saint-Louis (Paris).

 

Tribune.
Depuis que l’état de pandémie a été établi, nous observons dans la plupart des pays un déversement d’informations à travers tous les moyens de communication. Comment discerner le vrai du faux face à une nouvelle maladie dont nous ignorons presque tout ? Celà nous amène à nous interroger sur l’existence de la vérité scientifique. Définir la vérité est un exercice périlleux auquel, depuis Aristote, de nombreux philosophes se sont attelés, car nous y avons assidûment recours et lui accordons une grande importance. 

Néanmoins, selon les théories sur la vérité, particulièrement celles de la correspondance, de la cohérence, du pragmatisme et du consensus, la vérité émerge principalement de la communication et de ses échanges. Celà implique un langage ordonné et structuré non seulement dans sa construction mais aussi par le choix des mots qui doivent exprimer le plus fidèlement possible la réalité, évitant toute simplification tendancieuse, séductrice, idéologique, opérée à travers des phrases préconçues dont le seul objectif est d’avoir le dernier mot.

 

Vérités et contrevérités sont souvent liées. En effet, plus le retentissement de l’information est grand, plus la tentation de s’éloigner de la réalité augmente. Lorsque cette distorsion de la réalité atteint la sphère politique, elle peut influencer ses positions et décisions, mettant ainsi les individus à l’écart de la vérité. Si l’information engendre l’angoisse, la méfiance s’installe et rend l’individu sceptique, le renfermant sur lui-même. Celà restreint encore sa liberté ; pourtant c’est la vérité qui rend l’individu libre. Dans ces conditions, comment discerner le vrai du faux ?

Le principe de cohérence n’accepte pas la contradiction

En science, est considéré comme vrai ce qui est démontrable, vérifiable et reproductible par soi-même et les autres. Néanmoins, en utilisant les mêmes méthodes et outils, l’erreur devient reproductible et s’intègre ainsi à la vérité. Dans ce cas, où sont les limites entre erreur et vérité ? D’autant que parfois, l’erreur est une vérité inattendue. Le relativisme présent dans tous les domaines de la conscience existe aussi dans la vérité scientifique.

Précurseur du relativisme scientifique, l’économiste et sociologue Max Weber (1864-1920) soutient qu’en science, plus important que le principe de vérité est celui de la cohérence qui engage les chercheurs à s’en tenir strictement aux conclusions issues des résultats de leur expérimentation. C’est une mise en perspective du réel qui écarte toute opinion personnelle. Paradoxalement, le principe de cohérence n’accepte pas la moindre contradiction, pourtant la vérité scientifique émerge des échanges contradictoires et des incertitudes.

Covid-19 :  » L’inculture scientifique des élites responsables du déclin »

Covid-19 : «  L’inculture scientifique des élites responsables du déclin »

 

Philippe Juvin, maire LR de La Garenne-Colombes et médecin, pense que la première étape d’un réarmement intellectuel passe par plus de culture scientifique chez les dirigeants.

 

Tribune dans le Monde.

 

 

Quel est le point commun entre le déclassement scientifique et industriel de la France, la déroute de l’administration dans la gestion de la crise sanitaire et l’appauvrissement du débat dans la sphère publique ? A des degrés différents, tous sont les conséquences de l’affaiblissement de l’enseignement et de la culture scientifiques dans notre société.

Un des effets les plus considérables de l’effondrement de la culture scientifique concerne l’élite gouvernante du pays, qu’il s’agisse des hauts fonctionnaires ou des hommes politiques, souvent les mêmes d’ailleurs. Les polytechniciens, seuls hauts fonctionnaires sensibilisés aux sciences et techniques, ont quasiment disparu des postes-clés de l’Etat au profit des énarques, dont la culture est naturellement administrative. Moins d’un quart des polytechniciens intègrent le service de l’Etat. Le pays ayant donc choisi (ou accepté) de ne plus exiger de ses grands serviteurs une culture scientifique, il ne faut pas s’étonner que ceux-ci n’en comprennent pas les grands enjeux.

Ainsi, même si les causes en sont évidemment complexes, comment ne pas s’interroger sur la relation entre cet affaiblissement de la culture scientifique des élites et notre impréparation face à la crise sanitaire ? Ou avec notre décrochage en matière d’innovation et de recherche ? Le triste sort réservé à [la biotech française] Valneva est malheureusement révélateur. Ni les ministères concernés ni l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), pourtant informés très tôt, n’ont pris au sérieux les résultats prometteurs du candidat vaccin de cette société nantaise, ne faisant que conditionner d’éventuelles aides à la constitution d’un énorme dossier administratif. Au même moment, les Britanniques et les Américains, agiles et baignés d’esprit scientifique, lui disaient banco. Résultat : l’usine se monte en Ecosse. A l’image de nos chercheurs qu’on laisse fuir à l’étranger et nourrir nos propres concurrents…

Cette inculture scientifique des élites a des effets encore plus profonds dans la conduite des affaires de l’Etat. Prenons l’exemple de l’évaluation des politiques publiques. Alors que la France décroche dans tous les classements internationaux, on continue à scander, sans jamais argumenter, que nous avons « le meilleur système de santé », « le meilleur système éducatif », « la meilleure protection sociale », « les retraites les plus protégées »… Si nos élites avaient été formées à la démarche scientifique, elles analyseraient, compareraient et concluraient naturellement à la nécessité de nous inspirer d’expériences qui fonctionnent ailleurs. Ce que nous ne faisons quasiment jamais.

Des choix politiques aux dépens du scientifique

Des choix politiques aux dépens du scientifique

Invité de France Inter mardi, le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon de Paris a critiqué la stratégie du gouvernement et dénoncé une action politique sans cohérence avec les avis scientifiques.

 

Près de 1.500 patients en réanimation. La situation épidémique dans les hôpitaux d’Ile-de-France fait toujours l’objet de grandes inquiétudes. Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon de Paris, a tiré la sonnette d’alarme mardi matin sur France Inter, décrivant l’afflux massif de malades auquel les établissements devaient faire face. Avec un taux d’incidence de 640 cas pour 100.000 habitants, l’Ile-de-France est l’une des régions les plus touchées par le Covid-19. Les hôpitaux comptent près de 1.500 patients contaminés en réanimation. « A l’échelle de mon hôpital, les mesures de freinage n’ont quasiment aucun effet », a déploré le professeur, critiquant le confinement local plutôt lâche adopté par les autorités.

 

Le pic de la première vague dépassé quoiqu’il arrive? Mais ce sont surtout les projections qui affolent les médecins. « Les semaines qui vont s’écouler sont déjà écrites », soupire Gilles Pialoux. Le médecin a participé à une réunion de crise le 27 mars à l’AP-HP pour préparer le difficile mois d’avril à venir. Selon les estimations, le nombre de malades en réanimation est amené à exploser dans les prochains jours, quelles que soient les mesures restrictives prises par le gouvernement. Ainsi, si un confinement strict entrait en vigueur le 1er avril, un pic pourrait être atteint le 12 avril avec plus de 3.400 patients en réanimation. Si le confinement mettait une semaine de plus à arriver, ce chiffre pourrait passer à plus de 4.400 patients en réanimation le 29 avril. Ces niveaux sont donc amenés à dépasser ceux du pic de la première vague lors duquel 2.877 lits étaient occupés par les patients Covid. Gilles Pialoux décrit une situation « à la Lombarde » qui se profile : un tri devra s’opérer entre les patients, certains mourront « sur les brancards ».

« Le politique a éclipsé le scientifique ». Selon lui, en faisant le pari de ne pas reconfiner, « le politique a éclipsé le scientifique ». « Depuis janvier, on a des décisions politiques qui n’ont aucune cohérence scientifique », s’exclame-t-il au micro de France Inter. En plus des mesures de freinage actuelles qu’il juge inefficaces, le professeur dénonce l’absence de transparence du gouvernement sur sa stratégie sanitaire. Selon lui, l’exécutif est conscient que les déprogrammations d’opérations à venir et la dégradation de la qualité des soins vont être des conséquences directes de sa stratégie.

Macron l’apprenti épidémiologiste. Des critiques émergent au sein des scientifiques et de la classe politique sur l’attitude du président de la République qui s’émanciperait de plus en plus de l’avis des experts. Alors qu’Emmanuel Macron avait scrupuleusement suivi les recommandations du Conseil scientifique au cœur de la première vague, il semble désormais les considérer comme un avis parmi d’autres, à mettre en balance avec les conséquences sociales de la pandémie. Il avait effectué un premier pas de côté en avril 2020, en rouvrant les écoles contre l’avis du Conseil scientifique. Mais la bascule s’est réellement opérée lorsque le chef de l’Etat a refusé de reconfiner le pays en janvier. Certains commentateurs lui prêtaient alors une attitude « d’apprenti épidémiologiste ». Le 25 mars, lors d’un point presse, Macron refusait tout « mea culpa » et défendait sa stratégie face au virus. Des propos qu’il réitérait dans les colonnes du JDD dimanche.

LE CONSEIL SCIENTIFIQUE POUR UNE « STRATÉGIE RÉGIONALE »

LE CONSEIL SCIENTIFIQUE POUR UNE « STRATÉGIE RÉGIONALE »

 

Fortement bousculé par des prédictions jugées trop négatives par le milieu politique,  le conseil scientifique se fait désormais beaucoup plus discret. Pire, il tend à s’aligner sur la ligne du pouvoir qui veut transférer la responsabilité du confinement aux élus  locaux. La vérité c’est que le conseil scientifique se contredit complètement. Le seuil critique qu’il avait annoncé pour mars avril est en train de se confirmer. On voit mal quelle serait la vraie compétence des élus locaux pris entre les intérêts électoralistes et les nécessités sanitaires. Comme si finalement la circulation du virus s’arrêtait aux frontières des départements, des régions ou des zones urbaines.

 

Après avoir préconisé un « confinement strict » au mois de février, le Conseil scientifique considère désormais que la stratégie à adopter doit être celle de l’approche territorialisée, au cas par cas. Le journal Le Parisien révèle que dans un avis du 11 mars dernier, le Conseil scientifique recommandait au gouvernement d’opter pour une « stratégie anticipée, régionale, ajustée et ciblée » pour lutter contre le Covid-19.

Selon le quotidien francilien, les membres du Conseil scientifique écartent désormais l’idée de ne protéger que les publics fragiles afin d’épargner les plus jeunes. Ils écartent également la mise en place d’un confinement strict à l’échelle nationale, tout comme l’idée d’alterner périodes de confinement et de déconfinement.

Islamo- gauchisme et réalité scientifique

Islamo- gauchisme et réalité scientifique

 

 

C’est au motif que l’islamo-gauchisme n’est pas une réalité scientifique que nombre de chercheurs surtout d’extrême gauche que  le concept et même le mot sont contestés. Certes le mot islamo- auchisme n’est pas nécessairement un choix sémantique très pertinent pour rendre compte de la montée des thèses radicales et de ses liens avec l’islamisme. Des rapports peuvent exister entre les deux. Il serait  sans doute été plus opportun de parler de la question fondamentale de la liberté d’expression et d’étude au sein de l’université d’une part, de traiter les facteurs explicatifs de l’islamisme et de ses soutiens d’autre part.

Le CNRS a botté un peu vite en touche  en refusant d’engager une réflexion sur le terme contesté au motif qu’il ne correspond à aucune réalité scientifique. Or la réalité scientifique est conférée par les études menées sur le sujet. Le refus d’accepter les recherches mêmes sur le thème inapproprié ne supprime pas pour autant le phénomène. Nombre de sujets des disciplines sociologiques, économiques, politiques n’ont pas encore fait l’objet d’études (où l’on fait de manière tardive)  sans pour autant que cela élimine la problématique et la réalité.

 

La discipline sociologique a apporté évidemment beaucoup de choses à la compréhension des phénomènes sociaux mais les recherches comme les discours sont parfois confus et beaucoup trop bavards. De ce point de vue, la référence au caractère scientifique peut souvent se discuter d’autant que la matière est très évolutive (le rapport aux thèses de Bourdieu par exemple ).

 

En outre le caractère scientifique est parfois discutable car il s’agit de sciences molles fortement influencées par la culture, les opinions des chercheurs eux-mêmes. On voit  bien par exemple que l’économie est le plus souvent l’objet de querelles de religion entre la gauche et la droite, la question de la dette par exemple (  encore que parfois elle traverse ce clivage) .

On ne peut nier que dans la période l’opinion en France a tendance à s’éloigner de la gauche alors que les partis, organisations et institutions qui la représentent ont tendance eux à se radicaliser. Le phénomène classique du gauchisme qui affecte la société y compris l’université.

 

VERS UN RECONFINEMENT ? (Comité scientifique )

VERS UN RECONFINEMENT ? (Comité scientifique )

Le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a été interrogé mercredi soir sur France 2 au sujet de la propagation de l’épidémie de Covid-19 en France, et d’un possible reconfinement si la situation ne s’améliorait pas. On est loin en effet de l’objectif des 5000 contaminés par an que souhaiter le président macro pour alléger le dispositif restrictif des libertés. Hier on encore atteint 25 000 contaminations. En outre il y a maintenant la sérieuse menace du virus britannique beaucoup plus contaminant.

 

« On a le variant, et le deuxième point c’est qu’on a une épidémie qui se poursuit en France« , rappelle Jean-François Delfraissy.

Il souligne toutefois que la France est « bonne élève en ce moment », comparée à ses voisins européens, mais « ça risque de ne pas durer », car les chiffres du Covid-19 dans le pays stagnent sur une fourchette haute: « on est dans une situation un peu intermédiaire, mais on arrive à des chiffres qui sont préoccupants ».

 

Forte reprise de l’épidémie après les fêtes ? (Conseil scientifique)

Forte reprise de l’épidémie après les fêtes ? (Conseil scientifique)

 

Le conseil scientifique estime qu’il faut s’attendre à une reprise incontrôlée de la pandémie sitôt après les fêtes. “Si les mesures de santé publique restrictives prises depuis octobre 2020 (couvre-feu, confinement partiel…) ont eu pour effet de diminuer considérablement la circulation du virus SARSCoV-2, on ne constate plus d’amélioration de la situation épidémiologique depuis début décembre et on constate même une légère dégradation”, constate le Conseil scientifique.

“Dans ce contexte, et alors que depuis le 15 décembre le dispositif de santé publique a été allégé avec un couvre-feu de 20h à 6h du matin, il est possible qu’un surcroît de contaminations intervienne en fin d’année, notamment à l’occasion des fêtes, propices à des rassemblements familiaux et amicaux”, dit le groupe présidé par Jean-François Delfraissy.

Cette hausse des contaminations pourrait entraîner une “reprise incontrôlée” de l’épidémie et une forte augmentation des hospitalisations, des placements en réanimation et des décès.

Devant ce risque, le Conseil scientifique propose trois solutions : un “renforcement préventif” rapide, strict et possiblement de courte durée, des mesures pour limiter les contaminations pendant la deuxième semaine des congés de fin d’année dès le 28 décembre, une réponse différée et adaptée au surcroît de contaminations intervenues en fin d’année (limitation d’activités sociales ou économiques pouvant favoriser des contaminations) et une réponse plus tardive visant à limiter les effets d’une reprise de l’épidémie.

Cette dernière piste, prévient-il, “présente le risque d’intervenir trop tardivement et de conduire ensuite à des mesures plus sévères, plus longues et/ou restrictives que celles entrant en vigueur plus tôt”.

« Pour des garanties de la rigueur scientifique »

« Pour des garanties de la rigueur scientifique »

 

Un collectif de près de 90 sociétés savantes académiques et médicales demande, dans une tribune au « Monde », un élargissement des prérogatives de l’Office français de l’intégrité scientifique dans la loi de programmation de la recherche.

 

Tribune. La crise sanitaire actuelle a mis le sujet de l’intégrité scientifique au cœur de l’actualité. La cacophonie des prises de position de scientifiques et médecins dans les médias, la mise en avant d’articles scientifiques de qualité douteuse ou la rétractation d’articles publiés dans des revues prestigieuses ont fait s’interroger le public sur la validité du travail de l’ensemble des chercheurs et chercheuses. Or pour que la société bénéficie des avancées scientifiques, nos compatriotes ont besoin de confiance en la recherche et les responsables politiques de résultats fiables pour guider leur action.

 

Un malentendu s’est installé, qui reflète une méconnaissance de la manière dont la recherche progresse et le savoir se construit. Croyant peut-être nourrir le débat, les médias ont donné la parole à des tenants de positions contradictoires, sans préciser si elles reflétaient le consensus scientifique ou étaient celles d’une petite minorité. Le débat contradictoire ne décrédibilise pas la science, bien au contraire, mais le consensus scientifique n’est jamais la recherche du juste milieu. Il n’est pas un compromis entre les positions des uns et des autres : il est fondé sur l’analyse des données et fait abstraction des idéologies et des opinions personnelles. La méthode scientifique passe l’intuition au filtre rigoureux de méthodologies explicitées, validées et contrôlées par les pairs. Loin d’être un carcan intellectuel, elle est garante de la fiabilité des avancées de la science.

A ce malentendu s’ajoute un autre phénomène. La communauté scientifique dénonce depuis longtemps le fait que les financements et carrières des personnels de recherche sont basés sur une compétition individuelle et une course effrénée à la publication, parfois au détriment de la qualité des articles et de la construction collective du savoir. La Loi de programmation de la recherche actuellement en discussion au Parlement ne rompt hélas pas avec cette philosophie. Couplé à un contrôle insuffisant de l’intégrité scientifique, ce phénomène a engendré des dérives dans toutes les disciplines : données inventées, modifiées ou passées sous silence, plagiat, graphiques trompeurs, auteurs de complaisance, publication dans des revues scientifiques douteuses ou conflits d’intérêts passés sous silence. Si les fraudes volontaires restent très rares, des pratiques critiquables se sont suffisamment développées pour mettre en péril l’édifice de la connaissance.

Coronavirus France: nouvelle vague ? (Comité scientifique)

Coronavirus France: nouvelle vague ? (Comité scientifique)

 

L’hypothèse d’une nouvelle vague du virus n’est plus exclue par le comité scientifique. En cause,  le fait que la propagation du Coronavirus est nettement repartie depuis les vacances et l’amplification de la mobilité. Pour preuve, toute la partie ouest de la France largement épargnée par la crise sanitaire au début et maintenant toucher du faite de l’avenue de nombreux vacanciers dont beaucoup prennent des libertés avec les mesures barrières.. L’épidémie liée au nouveau coronavirus a “redémarré” en France, a prévenu mardi Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique COVID-19, en insistant sur la nécessité de respecter les mesures barrière pour éviter de basculer dans une véritable reprise épidémique.

“On est dans quelque chose de fragile. Il faut que les Français comprennent que rien n’est gagné, que le virus continue à circuler de façon importante”, a-t-il souligné sur BFMTV et RMC.

“C’est nos propres comportements, notre distanciation, les mesures barrières qu’on va prendre ou ne pas prendre qui nous conduiront à rester soit sur la ligne de crête, soit à basculer”, a-t-il insisté, en citant l’exemple de l’Espagne, où la résurgence des cas de contamination a entraîné de nouvelles restrictions dans de nombreuses régions du pays -notamment à Barcelone – moins d’un mois après la levée de l’état d’urgence dans le pays.

“On est dans une période un peu limite et (…) on pourrait très vite basculer”, a-t-il mis en garde en soulignant que si “les chiffres sont inquiétants (…) inversement aucun de ces indicateurs non plus n’est totalement au rouge” pour l’instant.

Rappelant que l’épidémie “n’a jamais cessé en France”, car même si le confinement a fortement ralenti la circulation du virus SARS-CoV-2, “il ne l’a pas arrêtée”, Jean-François Delfraissy a estimé que la multiplication des clusters ces dernières semaines – pas seulement liée selon lui à l’amélioration de la détection – et l’apparition du virus dans des régions jusque là relativement épargnées, comme l’Ouest et le Sud-Ouest notamment, démontrent que l’épidémie “a redémarré” et que la France se trouve “sur une ligne de crête un peu instable”.

Haro sur Raoult du Conseil scientifique et de l’HAS

Haro sur Raoult  du Conseil scientifique et de l’HAS

 

Un guerre de gros sous ! On comprend évidemment que certaines institutions et certains mandarins réagissent avec vigueur après les propos du professeur Raoult de Marseille concernant la crise sanitaire. Ce dernier a en effet nettement dénoncé l’incompétence de nombre de responsables, voir leurs liens de consanguinité avec des industries pharmaceutiques qui les financent. Le professeur Raoult a même parlé de liens financiers entre ces industries pharmaceutiques et certains de ces experts. En clair il a mis en cause les conflits d’intérêts qui expliquent d’ailleurs l’ampleur des controverses et même la haine qu’a suscité  le professeur Raoult chez certains de ses confrères.

Il faut dire qu’il s’agit sans doute de questions d’ego et de lutte entre des mandarins en recherche de poste prestigieux mais aussi et surtout de questions économiques. Que peut peser en effet l’IHU du professeur Raoult ? Quelques dizaines de millions pas plus face à la déferlante de la puissante industrie américaine Gilead qui s’en étude pourtant probante vient d’obtenir de leur la diffusion de son médicament remdesivir même si aucune étude n’a démontré la plus grande efficacité que la chloroquine ( voir sur WIKI).  Mais Gilead, c’est 100 milliards de chiffres d’affaires et des milliards de dividendes. Nombre de labos et d’experts mangent dans cette gamelle de financement par les industries pharmaceutiques. Et les querelles méthodologiques, souvent incompréhensibles, sont aussi là pour rendre  encore plus opaque les évaluations. Témoin le fait que plus grande revue scientifique the Lancet a avoué s’être complètement plantée à propos de ces évaluations.

Retour du coronavirus à l’automne ? d’après le conseil scientifique

Retour du  coronavirus à l’automne ?  d’après le conseil scientifique

Le Conseil scientifique chargé d’éclairer le gouvernement sur le Covid-19 juge «extrêmement probable» une augmentation de la circulation du coronavirus à l’automne, et préconise donc de conserver les données de santé recueillies pendant l’épidémie.

Selon le Conseil scientifique, «une intensification de la circulation du SARS-CoV-2 dans l’hémisphère nord à une échéance plus ou moins lointaine (quelques mois, et notamment à l’approche de l’hiver) est extrêmement probable». «Dans ce contexte, il nous paraît essentiel de conserver les données à des fins de recherche et de suivi épidémiologique», insiste le Conseil scientifique. Elles sont selon lui «une source d’information unique (…) afin de comprendre la dynamique de propagation du virus, et d’apprécier l’impact des différentes mesures de contrôle de (sa) circulation».

Au niveau mondial, la pandémie ne recule pas mais «continue de s’accélérer», a prévenu lundi l’Organisation mondiale de la santé. «Il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé. Le dernier million de cas a été signalé en seulement huit jours», a-t-il dit. Cela démontre que la pandémie «continue de s’accélérer». «Nous savons qu’elle est bien plus qu’une crise sanitaire, c’est une crise économique, sociale et, dans de nombreux pays, politique. Ses effets se feront sentir sur des décennies», a-t-il ajouté.

 

Second tour des municipales : imbroglio politique et scientifique

Second tour des municipales : imbroglio politique et scientifique

Le conseil scientifique se montre très circonspect sur les conditions d’organisation d’un second tour des élections municipales. Il exige notamment des mesures draconiennes en matière d’hygiène et craint surtout les effets de la campagne électorale par rapport au respect des mesures barrière. On notera toutefois une contradiction puisque lors du premier tour, officiellement le même conseil scientifique avait considéré que le scrutin ne présentait aucun danger sur le plan sanitaire alors que dès le lendemain été décidé le confinement général.

Une étude récente plus ou moins pertinente tend à démontrer que l’organisation de ce premier tour n’a eu aucun effet sur l’accroissement de la pandémie. On s’est fié pour cela sur les chiffres des infectés passant notamment l’hôpital. Une étude discutable car il aurait fallu comparer un échantillon de personnes ayant voté avec un échantillon de personnes s’étant abstenu pour éventuellement constater des variations dans la diffusion de la maladie. À trop vouloir prouver, on ne prouve rien.

 D’ailleurs la question comporte sans doute des dimensions scientifiques mais surtout politiques. La république en marche a du mal à se remettre de la claque reçue lors de ces élections et souhaiterait bien un report à la rentrée. Le problème c’est qu’un report à la rentrée pourrait justifier juridiquement de refaire le premier et le deuxième tour. Le pouvoir espère qu’à la rentrée le contexte politique lui sera plus favorable. À l’inverse l’opposition voudrait capitaliser sur les succès indéniables engrangés lors du premier tour.

 

École : les folles recommandations du conseil scientifique

École : les folles recommandations du conseil scientifique

On sait que le conseil scientifique s’est opposé à une reprise de l’école en mai proposant un report jusqu’en septembre. Le conseil scientifique s’est couché devant le gouvernement et des livres des orientations particulièrement floues et illusoires du type :, «les élèves et le personnel devront s’organiser pour respecter la règle de distanciation sociale». Dans plusieurs établissements pour des classes de 30 à 35 élèves, on a calculé que la distanciation ne permettait que d’accepter huit élèves ! Notons que le conseil scientifique demande aussi que Les établissements soient. nettoyés plusieurs fois par jour. Autre recommandation complètement surréaliste, les directions d’école devraient faire en sorte que les élèves d’une classe ne croisent pas ceux d’une autre classe. Et, «si c’est possible», qu’ils déjeunent tous à leurs bureaux qui devront être notamment écartés d’un mètre en classe. Pour aller à l’école, «une multiplication de l’offre» devrait «permettre de réduire la densité des élèves dans les transports scolaires». Concernant les tests, le Conseil scientifique considère qu’un dépistage massif des élèves et de l’ensemble du personnel «n’est pas envisageable», car il concernerait plus de 14 millions de personnes et devrait être renouvelé toutes les semaines pour être efficace. Des recommandations absolument abracadabrantes, impossible d’en la pratique à respecter et qui feront porter la responsabilité et les risques d’abord sur l’enseignant ensuite sur les maires et autres élus locaux

Le ministre de l’Éducation nationale a précisé que cette note sur les écoles servirait de «base» pour «l’élaboration du protocole sanitaire annoncé pour donner un cadre sûr au déconfinement scolaire». Un plan que le premier ministre Édouard Philippe doit présenter mardi après-midi et qui s’éloignera peut être de ce que recommande le Conseil scientifique. «Nous, on fait des recommandations d’un point de vue sanitaire, le gouvernement, lui, fait des arbitrages qui prennent en compte toutes les autres dimensions», rappelle l’un des membres du Conseil, l’épidémiologue Arnaud Fontanet, rappelant que le confinement, efficace pour limiter la circulation du nouveau coronavirus, a d’importantes conséquences négatives sociétales et économiques.

Pour Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, syndicat des chefs d’établissements, les recommandations du Conseil seront, en l’état, «très difficiles à réaliser»«Les élèves se croisent forcément dans les établissements. Les rentrées et sorties décalées ont peu de sens, à moins qu’on multiplie le nombre de bus scolaires. Quant au nettoyage des locaux plusieurs fois par jour, c’est infaisable. On réenclenche la machine à défiance. Peut-être s’agit-il de décourager les parents d’envoyer les élèves à l’école?», suggère-t-il.

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