Archive pour le Tag 'scénarios'

Croissance : Les scénarios oubliés de la Banque de France

Croissance : Les scénarios oubliés de la Banque de France

Pour ne pas déplaire au gouvernement, la Banque de France a élaboré des scénarios encore relativement roses qui supposent que la croissance française sera encore solide en 2022 avec une diminution d’un peu plus d’un point de PIB.

En vérité la Banque de France a fait l’impasse sur d’une part l’ampleur de l’inflation actuelle qui va dépasser les 5 % au cours de l’année notamment du fait du renchérissement de l’art de 50 % du coût du carburant et du chauffage. Du coup, la croissance sera beaucoup plus affectée que ne l’indique la Banque de France et il n’est même pas certain que le PIB puisse atteindre 2 % en 2022. Mécaniquement la seule hausse du carburant et du chauffage devrait faire baisser la croissance de 2 points, soit 2 % au lieu des 4 % prévus par le gouvernement

L’institution admet qu’il pourrait aussi y avoir d’autres scénarios plus noirs . Elle n’a notamment pas calculé l’effet qu’aurait un arrêt des fournitures de gaz et de pétrole russes, qui aurait probablement des conséquences économiques encore plus dramatiques.

Rappelant que la perte de croissance pour la zone euro pourrait aller jusqu’à 2 points de PIB cumulés d’ici à 2024 dans le scénario le plus sévère de la BCE, François Villeroy de Galhau a déclaré que « pour la France, ce serait probablement  moins ! Alors que la France dépend essentiellement des importations pour sa consommation.

 

Guerre en Ukraine : trois scénarios pour la Russie

Guerre en Ukraine : trois scénarios pour la Russie

La Russie pourrait se contenter de la reconnaissance de la DNR et de la LNR ; mais elle pourrait aussi chercher tout ou partie du reste du territoire ukrainien. Par Cyrille Bret, Sciences Po.

 

La Russie vient de franchir son Rubicon : ses troupes sont désormais officiellement présentes dans l’est du territoire ukrainien, en plus de la Crimée.

Vladimir Poutine vient en effet de reconnaître l’indépendance des deux républiques sécessionnistes de Donetsk et Lougansk, qui jouxtent le territoire russe. Il a, dans la foulée, envoyé des troupes russes pour « protéger ces territoires contre une attaque militaire ukrainienne ». La fiction selon laquelle la Russie n’était pas partie prenante au conflit dans l’est de l’Ukraine a donc volé en éclats : elle est explicitement belligérante.

Désormais, le pouvoir russe a trois options très différentes devant lui :

  • un scénario « géorgien », qui figerait ses positions militaires et mutilerait durablement l’unité du territoire ukrainien ;
  • un scénario révisionniste et maximaliste d’invasion de l’Ukraine depuis le nord, l’est et le sud ;
  • un scénario « azovien », dans lequel la Russie envahirait uniquement le territoire qui jouxte la mer d’Azov pour établir une continuité territoriale avec la Crimée, annexée par elle en 2014.

Scénario 1 : un gel « à la géorgienne »

En 2008, la Russie et la Géorgie étaient entrées en guerre, à l’initiative du gouvernement géorgien de l’époque, dirigé par Mikheïl Saakachvili. Le conflit s’était soldé par la défaite de la petite Géorgie et la sécession de deux territoires : l’Abkhazie, sur le littoral de la mer Noire, et l’Ossétie du Sud, à la frontière montagneuse avec la Fédération de Russie (l’Ossétie du Nord étant un « sujet » (un territoire fédéré) de la Fédération de Russie). Cette sécession avait été suivie d’une reconnaissance par Moscou de l’indépendance des deux « États ». Seuls quelques régimes amis de la Russie l’avaient suivie dans la reconnaissance, notamment la Syrie et le Vénézuéla.

Aujourd’hui, la Fédération de Russie peut encore choisir un scénario « géorgien » pour les territoires de Lougansk et Donetsk, s’arrêtant donc à leur reconnaissance, sans chercher à aller plus loin en territoire ukrainien. Cela présenterait, pour elle, plusieurs avantages : accroître son emprise sur le territoire de l’Ukraine sans avoir officiellement déclenché d’invasion ni même combattu ; compter ses alliés en dénombrant ceux qui la suivront dans la reconnaissance de ces États (Kazakhstan ? Biélorussie ? Chine ?) ; et peut-être éviter que l’Occident ne prenne des sanctions très lourdes contre son économie.

Toutefois, après que, dans son discours du 21 février, Vladimir Poutine a vilipendé l’Ukraine, la présentant comme un État artificiel et soumis aux Occidentaux, cette position serait difficilement compréhensible pour une opinion publique russe persuadée par de nombreux médias et par son président lui-même que la nation ukrainienne n’existe pas et que le pouvoir de Kiev serait sur le point de commettre un génocide contre les russophones de l’Est du pays.

Scénario 2 : une campagne maximaliste

Pour pousser son avantage, Vladimir Poutine pourrait être tenté d’engager une invasion complète de l’Ukraine.

Dans son allocution du 21 février, il n’a pas exclu cette option. Si l’Occident est une menace existentielle pour la Fédération de Russie et que l’Ukraine en est une colonie artificiellement constituée pour préparer l’affaiblissement de la Russie, alors la conséquence est inévitable : Moscou doit reconstituer en Ukraine un « État tampon » appartenant à sa sphère d’influence.

Jusqu’à il y a peu, plusieurs hypothèses étaient ouvertes : une neutralisation de l’Ukraine, une « finlandisation » ou même l’installation d’un gouvernement pro-russe à Kiev. Aujourd’hui, la présence de troupes russes sur le territoire ukrainien polarise les Ukrainiens : ils se définissent pour une large part en opposition à la Russie. Puisque rallier l’Ukraine à sa sphère d’influence paraît impossible et puisque les Occidentaux ne souhaitent pas donner à la Russie les garanties qu’elle exige, il lui reste à s’emparer de ces garanties elle-même, les armes à la main.

 

Pour Moscou, ce scénario de conquête aurait plusieurs avantages. Tout d’abord, si les Occidentaux se refusent à intervenir militairement en Ukraine, le succès militaire russe est assuré. La campagne serait déclenchée par le Nord à partir de la Biélorussie, par l’est depuis la Russie, par le Sud depuis la Crimée et par l’ouest à partir de la Transnistrie. Ensuite, la prise de l’Ukraine replacerait la Russie en position de force en Eurasie, à la fois dans son face-à-face avec l’Union européenne et dans le partenariat très compétitif avec la Chine. Enfin, cela donnerait au régime Poutine, du point de vue de l’opinion publique intérieure, un élan nationaliste indéniable.

Une victoire militaire renforcerait la Russie stratégiquement tout en l’affaiblissant politiquement (elle se retrouverait encore plus isolée qu’aujourd’hui sur la scène internationale) et économiquement (les Occidentaux ne manqueraient pas d’adopter des sanctions particulièrement lourdes).

Scénario 3 : une vision « azovienne »

La troisième option militaire à la disposition de Moscou est la conquête des provinces qui séparent, sur le continent, ces Républiques autoproclamées de la Crimée annexée en 2014.

La Russie pousserait son avantage par un campagne éclair à partir de Lougansk et Donetsk, pour établir une continuité continentale entre deux parties de son territoire. Ce scénario présente des avantages d’un autre ordre pour Moscou : si la présidence russe considère que les sanctions décidées aujourd’hui par les Occidentaux sont de toute façon maximales, autant pour elle pousser son avantage est réaliser une partition de fait de l’Ukraine ; en outre cette conquête « limitée » pourrait être justifiée par la protection des russophones de l’Ukraine orientale car les populations sont, dans cette zone (autour de Marioupol notamment) tournées vers la Russie.

La Russie se trouve à la croisée des chemins avec ces trois scénarios. Le dosage des sanctions par les Européens sera déterminant : si elles sont perçues comme maximales, le Kremlin sera tenté d’empocher un gain supplémentaire par la conquête. Mais si elles sont considérées comme trop faibles, il lira cette réaction comme un signe de faiblesse…

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Par Cyrille Bret, Géopoliticien, Sciences Po.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Guerre en Ukraine : trois scénarios pour la Russie

Guerre en Ukraine : trois scénarios pour la Russie

La Russie pourrait se contenter de la reconnaissance de la DNR et de la LNR ; mais elle pourrait aussi chercher tout ou partie du reste du territoire ukrainien. Par Cyrille Bret, Sciences Po.

 

La Russie vient de franchir son Rubicon : ses troupes sont désormais officiellement présentes dans l’est du territoire ukrainien, en plus de la Crimée.

Vladimir Poutine vient en effet de reconnaître l’indépendance des deux républiques sécessionnistes de Donetsk et Lougansk, qui jouxtent le territoire russe. Il a, dans la foulée, envoyé des troupes russes pour « protéger ces territoires contre une attaque militaire ukrainienne ». La fiction selon laquelle la Russie n’était pas partie prenante au conflit dans l’est de l’Ukraine a donc volé en éclats : elle est explicitement belligérante.

Désormais, le pouvoir russe a trois options très différentes devant lui :

  • un scénario « géorgien », qui figerait ses positions militaires et mutilerait durablement l’unité du territoire ukrainien ;
  • un scénario révisionniste et maximaliste d’invasion de l’Ukraine depuis le nord, l’est et le sud ;
  • un scénario « azovien », dans lequel la Russie envahirait uniquement le territoire qui jouxte la mer d’Azov pour établir une continuité territoriale avec la Crimée, annexée par elle en 2014.

Scénario 1 : un gel « à la géorgienne »

En 2008, la Russie et la Géorgie étaient entrées en guerre, à l’initiative du gouvernement géorgien de l’époque, dirigé par Mikheïl Saakachvili. Le conflit s’était soldé par la défaite de la petite Géorgie et la sécession de deux territoires : l’Abkhazie, sur le littoral de la mer Noire, et l’Ossétie du Sud, à la frontière montagneuse avec la Fédération de Russie (l’Ossétie du Nord étant un « sujet » (un territoire fédéré) de la Fédération de Russie). Cette sécession avait été suivie d’une reconnaissance par Moscou de l’indépendance des deux « États ». Seuls quelques régimes amis de la Russie l’avaient suivie dans la reconnaissance, notamment la Syrie et le Vénézuéla.

Aujourd’hui, la Fédération de Russie peut encore choisir un scénario « géorgien » pour les territoires de Lougansk et Donetsk, s’arrêtant donc à leur reconnaissance, sans chercher à aller plus loin en territoire ukrainien. Cela présenterait, pour elle, plusieurs avantages : accroître son emprise sur le territoire de l’Ukraine sans avoir officiellement déclenché d’invasion ni même combattu ; compter ses alliés en dénombrant ceux qui la suivront dans la reconnaissance de ces États (Kazakhstan ? Biélorussie ? Chine ?) ; et peut-être éviter que l’Occident ne prenne des sanctions très lourdes contre son économie.

Toutefois, après que, dans son discours du 21 février, Vladimir Poutine a vilipendé l’Ukraine, la présentant comme un État artificiel et soumis aux Occidentaux, cette position serait difficilement compréhensible pour une opinion publique russe persuadée par de nombreux médias et par son président lui-même que la nation ukrainienne n’existe pas et que le pouvoir de Kiev serait sur le point de commettre un génocide contre les russophones de l’Est du pays.

Scénario 2 : une campagne maximaliste

Pour pousser son avantage, Vladimir Poutine pourrait être tenté d’engager une invasion complète de l’Ukraine.

Dans son allocution du 21 février, il n’a pas exclu cette option. Si l’Occident est une menace existentielle pour la Fédération de Russie et que l’Ukraine en est une colonie artificiellement constituée pour préparer l’affaiblissement de la Russie, alors la conséquence est inévitable : Moscou doit reconstituer en Ukraine un « État tampon » appartenant à sa sphère d’influence.

Jusqu’à il y a peu, plusieurs hypothèses étaient ouvertes : une neutralisation de l’Ukraine, une « finlandisation » ou même l’installation d’un gouvernement pro-russe à Kiev. Aujourd’hui, la présence de troupes russes sur le territoire ukrainien polarise les Ukrainiens : ils se définissent pour une large part en opposition à la Russie. Puisque rallier l’Ukraine à sa sphère d’influence paraît impossible et puisque les Occidentaux ne souhaitent pas donner à la Russie les garanties qu’elle exige, il lui reste à s’emparer de ces garanties elle-même, les armes à la main.

Pour Moscou, ce scénario de conquête aurait plusieurs avantages. Tout d’abord, si les Occidentaux se refusent à intervenir militairement en Ukraine, le succès militaire russe est assuré. La campagne serait déclenchée par le Nord à partir de la Biélorussie, par l’est depuis la Russie, par le Sud depuis la Crimée et par l’ouest à partir de la Transnistrie. Ensuite, la prise de l’Ukraine replacerait la Russie en position de force en Eurasie, à la fois dans son face-à-face avec l’Union européenne et dans le partenariat très compétitif avec la Chine. Enfin, cela donnerait au régime Poutine, du point de vue de l’opinion publique intérieure, un élan nationaliste indéniable.

Une victoire militaire renforcerait la Russie stratégiquement tout en l’affaiblissant politiquement (elle se retrouverait encore plus isolée qu’aujourd’hui sur la scène internationale) et économiquement (les Occidentaux ne manqueraient pas d’adopter des sanctions particulièrement lourdes).

Scénario 3 : une vision « azovienne »

La troisième option militaire à la disposition de Moscou est la conquête des provinces qui séparent, sur le continent, ces Républiques autoproclamées de la Crimée annexée en 2014.

La Russie pousserait son avantage par un campagne éclair à partir de Lougansk et Donetsk, pour établir une continuité continentale entre deux parties de son territoire. Ce scénario présente des avantages d’un autre ordre pour Moscou : si la présidence russe considère que les sanctions décidées aujourd’hui par les Occidentaux sont de toute façon maximales, autant pour elle pousser son avantage est réaliser une partition de fait de l’Ukraine ; en outre cette conquête « limitée » pourrait être justifiée par la protection des russophones de l’Ukraine orientale car les populations sont, dans cette zone (autour de Marioupol notamment) tournées vers la Russie.

La Russie se trouve à la croisée des chemins avec ces trois scénarios. Le dosage des sanctions par les Européens sera déterminant : si elles sont perçues comme maximales, le Kremlin sera tenté d’empocher un gain supplémentaire par la conquête. Mais si elles sont considérées comme trop faibles, il lira cette réaction comme un signe de faiblesse…

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Par Cyrille Bret, Géopoliticien, Sciences Po.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Russie : un pays faible

Russie : un pays faible 

Si l’on se réfère aux données du fonds monétaire international, la Russie, économiquement demeure un pays faible. Elle n’arrive en effet qu’en 50e position dans le classement du PIB( richesse nationale) par habitant. (En valeur absolue la Russie ne se situe même pas dans les 10 premiers)

 

Données du Fonds monétaire international, 2017

Rang

Pays ou territoire

PIB par habitant (en dollars internationaux)

1  Qatar 124 927
2  Macao 114 430
3  Luxembourg 109 192
4  Singapour 90 531
5  Brunei 76 743
6  Irlande 72 632
7  Norvège 70 590
8  Koweït 69 669
9  Émirats arabes unis 68 245
10  Suisse 61 360
11  Hong Kong 61 016
12  Saint-Marin 60 359
13  États-Unis 59 495
14  Arabie saoudite 55 263
15  Pays-Bas 53 582
16  Islande 52 150
17  Bahreïn 51 846
18  Suède 51 264
19  Allemagne 50 206
20  Australie 49 882
21  Taïwan 49 827
22  Danemark 49 613
23  Autriche 49 247
24  Canada 48 141
25  Belgique 46 301
26  Oman 45 464
27  Finlande 44 050
28  Royaume-Uni 43 620
29  France 43 551
30  Japon 42 659
31  Malte 42 532
-  Union européenne 40 8912
32  Corée du Sud 39 387
33  Nouvelle-Zélande 38 502
34  Espagne 38 171
35  Italie 37 970
36  Porto Rico 37 895
37  Chypre 36 557
38  Israël 36 250
39  République tchèque 35 223
40  Guinée équatoriale 34 865
41  Slovénie 34 064
42  Slovaquie 32 895
43  Lituanie 31 935
44  Estonie 31 473
45  Trinité-et-Tobago 31 154
46  Portugal 30 258
47  Pologne 29 251
48  Hongrie 28 910
49  Malaisie 28 871
50  Russie 28 712

Crise Ukraine-Russie : les scénarios (Anna Colin-Lebedev, experte)

Crise Ukraine-Russie : les scénarios (Anna Colin-Lebedev, experte)

Anna Colin-Lebedev, chercheuse à l’université Paris-Nanterre, spécialiste de la Russie post-soviétique explique les enjeux du conflit (sur France Info).

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Quels sont les intérêts de Poutine en Ukraine ?

 

Anna Colin-Lebedev : L’Ukraine est un voisin important pour la Russie, mais il y a une focalisation disproportionnée de Vladimir Poutine sur l’Ukraine. Poutine voit au-delà de la Russie et veut se placer au centre d’un « monde russe ». Un monde russe sans Ukraine ne fonctionne pas véritablement. Par ailleurs, il ressent un sentiment d’injustice de voir l’Ukraine, son voisin le plus important, se détourner de la Russie et se tourner vers l’Occident.

 

L’Ukraine est-elle une création des communistes à Moscou, comme l’affirme Vladimir Poutine ?

Vladimir Poutine construit un récit historique très particulier. Son objectif n’est pas d’être juste dans son analyse, mais de justifier son intervention en Ukraine. Les historiens sont presque désemparés devant ces déclarations, tant chaque phrase peut être contestée. Par exemple, il néglige complètement le sentiment d’appartenance à une nation ukrainienne, qui est présent chez les intellectuels et la population de ce pays dès le XIXe siècle.

Lors de sa déclaration sur la reconnaissance des républiques populaires, lundi, Vladimir Poutine a fait un cours d’histoire pendant une heure. Pour Poutine, l’Ukraine n’existe pas, c’est une nation artificielle.

 

Quelle légitimité a la Russie sur les territoires séparatistes ?

Lorsque les républiques séparatistes s’autodéclarent en 2014, les habitants souhaitent un rattachement à la Russie comparable à la Crimée. Ce rattachement ne viendra pas. L’autonomie des Républiques n’a été reconnue que huit ans après leur création par la Russie.

Les gouvernants de ces territoires se déclarent prorusses, mais il est impossible de savoir quelle est l’attitude des populations vis-à-vis de la Russie. Pour la plupart aujourd’hui, ce qui semble central, c’est éviter une guerre et assurer leur survie.

 

A-t-on la preuve formelle de l’entrée de l’armée russe en Ukraine ?

Pour l’instant, l’élément le plus solide que nous ayons, c’est la déclaration du président américain, Joe Biden. Nous avons aussi quelques images, mais rien de très tangible. Cependant, la décision de faire rentrer des forces russes sur le territoire ukrainien a été prise. On est quasiment certain que l’armée russe sera dans les territoires séparatistes. Ira-t-elle plus loin dans les territoires contrôlés par Kiev ? Telle est la question.

 

La mobilisation des réservistes ukrainiens ne risque-t-elle pas d’exacerber les tensions ?

L’armée russe présente aux frontières de l’Ukraine est lourdement équipée et représente une force de combat considérable. Cependant, il ne s’agit pas juste d’occuper un territoire, mais d’installer le contrôle. L’armée russe sera confrontée non seulement aux forces armées ukrainiennes, mais aussi à des civils prêts à combattre.

Les réservistes sont des civils qui se sont entraînés et sont prêts à prendre la défense de leur pays. Ils ne disposent pas de la même puissance armée mais si Poutine envisageait une invasion massive de l’Ukraine, ils représenteraient un énorme problème pour lui.

 

Une invasion de l’Ukraine par la Russie peut-elle aboutir à une guerre générale en Europe ?

A ce jour, nous sommes loin de cette hypothèse. Une fois de plus parce qu’aucun Etat occidental n’a l’obligation de défendre l’Ukraine. Le projet européen notamment s’est construit autour d’une recherche de la paix et l’idée qu’une nouvelle guerre en Europe ne doit pas intervenir. Sauf engrenage vraiment très lourd, c’est surtout l’Ukraine qui va payer le prix d’une attaque russe.

 

Quelles pourraient être les conséquences de cette crise pour la France ?

Nous pouvons anticiper des répercussions économiques, notamment si l’approvisionnement en gaz russe est remis en question par des sanctions. Mais les conséquences seront aussi politiques. La France est membre de l’UE, si la Russie agresse militairement l’Ukraine, nous aurons une guerre aux frontières de l’Union européenne. Si la guerre s’étend à nos pays partenaires, dans le cadre de l’UE ou de l’Otan, la France devra intervenir.

 

Pourquoi est-ce si important pour les Etats-Unis de protéger l’Ukraine d’une invasion ?

En réalité, l’Ukraine était un sujet assez marginal de la politique extérieure américaine. Depuis le départ catastrophique des Américains d’Afghanistan, les Etats-Unis ne sont pas prêts à s’engager dans un nouveau conflit armé. La Russie est venue chercher les Etats-Unis sur le terrain de l’Ukraine. Ne pas y répondre, c’est nier les valeurs que les Etats-Unis affirment soutenir et montrer un signe de faiblesse.

 

 Pensez-vous que les sanctions financières vont vraiment intimider Vladimir Poutine ?

Les sanctions ont rarement un effet immédiat. En l’occurrence, le risque de nouvelles sanctions pèse sur la Russie depuis un moment. Le pouvoir a donc eu le temps d’en anticiper les conséquences. Pourquoi dans ce cas-là introduire des sanctions ? On pense que leur effet à moyen terme sur les sociétés pourrait décourager les actions les plus belliqueuses.

Par ailleurs, les sanctions financières ne sont pas des amendes, c’est plutôt des bâtons dans les roues de certains acteurs politiques et économiques russes. La Russie peut contourner un certain nombre de ces sanctions. Par exemple, si une personnalité proche du pouvoir voit sa fortune placée à l’étranger gelée, elle pourra passer par des sociétés écrans ou des prête-noms à l’étranger.

 

Quel est le ressenti de la population russe vis-à vis de la politique extérieure de Vladimir Poutine ?

Nous sommes loin aujourd’hui de l’euphorie de l’annexion de la Crimée en 2014. La population russe ne souhaite pas de guerre. Elle est davantage préoccupée par la baisse des revenus, le niveau des prix, par les autres problèmes intérieurs du pays. Le Kremlin devra mettre en scène quelque chose de vraiment frappant s’il souhaite avoir la population derrière lui.

Quelque chose de vraiment frappant comme une attaque choquante dont les victimes seraient civils. En 2014, le pouvoir avait réussi à convaincre la population russe que des néonazis étaient au pouvoir à Kiev et planifiaient des attaques de masse contre les russophones. A l’époque, cette propagande avait plutôt bien marché.

 

Peut-on prédire avec certitude les futures actions de la Russie ?

La Russie est un interlocuteur dont on a du mal à anticiper les futures actions, la stratégie. L’annexion de la Crimée en 2014 avait surpris tous les experts de la zone. Aujourd’hui, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle action surprenante. Cependant, la différence avec 2014, c’est que les partenaires de la Russie se préparent également au pire. Alors que nous pensions à l’époque qu’une annexion et une intervention armée dans un territoire voisin ne pouvaient pas arriver.

 

Climat : Scénarios catastrophes

Climat : Scénarios catastrophes

Des températures jusqu’à 50°, un événement climatique qui met à l’arrêt ces régions et a déjà provoqué des centaines de morts, par ailleurs  amené à se répéter, selon les experts. Il n’épargnerait pas la France « dans un futur proche », a averti en début de semaine sur les réseaux sociaux le climatologue du CNRS Christophe Cassou.

Outre les conséquences déjà bien visibles de ce « dôme de chaleur » sur les populations et l’environnement, des retombées socio-économiques sont à craindre.

Les autorités canadiennes et américaines déplorent déjà des centaines de mort depuis l’arrivée de la vague de chaleur vendredi dernier. Près de 500 personnes ont ainsi été victimes de « mort subite » au Canada, et 16 aux Etats-Unis, selon le dernier décompte, même si le lien avec les chaleurs extrêmes endurées reste encore à prouver formellement. Un bilan qui devrait s’alourdir, exposant particulièrement les personnes les plus fragiles.

« Ces températures extrêmes constituent une menace majeure pour la santé des personnes, l’agriculture et l’environnement, car la région n’est pas habituée à une telle chaleur et de nombreuses personnes ne disposent pas de climatisation », avait déclaré lors d’un point de presse, mardi à Genève, Clare Nullis, porte-parole de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Ces chaleurs extrêmes impactent aussi sur la pollution au sol, qui est beaucoup plus importante que d’habitude. L’ozone troposphérique atteint des niveaux très élevés et l’oxyde d’azote présent dans l’air peut être plus irritant, tout en renforçant l’effet de serre. Les températures ne baissant pas la nuit, la faune et la flore subissent un « stress thermique » qui pourrait être irréversible pour certaines espèces.

Vendredi encore, des dizaines d’incendies faisaient rage dans l’ouest du Canada (62 feux recensés en 24 heures) et en Californie, sans espoir d’amélioration immédiate. La veille, un millier de personnes avaient été évacuées en Colombie-Britannique, dans l’ouest du Canada, où un incendie de forêt a brûlé près de 90 % du village de Lytton. Ce village, situé à quelque 250 km au nord-ouest de Vancouver a enregistré cette semaine un record national de chaleur à 49,6 °C.

 

Au sud de la Colombie-Britannique, plusieurs quartiers de la petite ville de Pemberton ont été évacués cette semaine pour le phénomène inverse : la crainte des inondations causées par la fonte des glaciers environnants.

Les scénarios noirs de la reprise économique

Les scénarios noirs de la reprise économique

Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC évoque dans la tribune les possibles scénarios de la reprise économique.

 

 

« La crise que nous traversons nous rappelle encore une fois les limites du principe de précaution selon lequel toute incertitude doit être abordée avec la stratégie du risque zéro. Pour éviter toute surcharge de leur système hospitalier, de nombreux pays du sud de l’Europe ont mis en place des confinements draconiens et persistants. Les experts sanitaires réunis en conseil scientifique par les gouvernements appuient les mesures allant vers l’élimination de tout risque dans une lecture certes purement médicale mais ouvrant également un large parapluie les protégeant de leurs peu de certitude concernant ce coronavirus, son mode de détection de contagion et les diverses formes d’affections qu’il déclenche. Leurs incertitudes couplées aux pénuries de masques et de tests les amènent à relayer, par sécurité, le scénario du pire. Selon le modèle proposé par l’Imperial Collège et adopté par la plupart des gouvernements, sans confinement, l’épidémie ferait des centaines de milliers de morts.

 

Pour être vraiment cohérents avec cette démarche politique d’alignement sur le scénario médical le pire, il faut envisager dès à présent le scénario économique correspondant à ces mêmes choix dans le contexte où l’épidémie semble perdre de son intensité et que les gouvernants ont engagé un processus de déconfinement graduel ou sont sur le point de le faire.

A ce jour, il semble qu’un vaccin ne sera pas disponible avant au moins un an ce qui a comme conséquence immédiate qu’un certain niveau de peur et de restrictions va se maintenir. La traduction économique d’une peur rémanente est la forte incitation des consommateurs à épargner. Ainsi les milliards dépensés par les gouvernements pour maintenir le niveau de revenu via les mécanismes d’activité partielle ne retrouveront que partiellement leur chemin de retour dans le circuit économique. Cette baisse de la consommation sera persistante, et sera renforcée par la déferlante du chômage qui va s’en suivre une fois que les entreprises surendettées et à court de cash vont également se retrouver à court de demande et commenceront à faire faillite. Dans ce scénario économique et sanitaire, le taux de chômage dans les pays du Sud de l’Europe devrait dépasser les 20% fin 2020. L’investissement privé devrait suivre la même trajectoire, avec une diminution encore plus importante, vu l’incertitude sur l’avenir. Les banques avec leur actif chargé de créances douteuses, notamment dans l’énergie et l’immobilier, vont considérablement renforcer leurs critères d’octroi des prêts et augmenter leurs taux prêteurs. Il faut s’attendre également à des faillites dans le secteur bancaire et à des fusions défensives. La rupture des transports internationaux et la fermeture sanitaire des frontières a mis à l’arrêt les exportations et on peut s’attendre à leur transformation en barrières protectionnistes. Tout ces facteurs font qu’il ne faut absolument pas compter sur une reprise tirée par la demande.

Les mesures draconiennes de déconfinement vont profondément affecter l’offre de biens, en détraquant des processus productifs déjà fragiles pour les firmes peu compétitives et surendettées du Sud de l’Europe. Les restrictions sur la mobilité des travailleurs saisonniers vont réduire la production agricole. Les syndicats vont enfoncer le clou en demandant plus de mesure de sécurité. La difficile reprise de l’offre des entreprises qui auront survécu au confinement, combinée à l’atonie de la demande risquent d’entraîner une profonde destruction de la richesse nationale.

Dans l’immédiat, la forte baisse de la demande devrait provoquer une faible déflation. Il pourrait cependant il y avoir un scénario encore plus sombre si, au bout de quelques mois, une reprise de la demande alimentée par les dépenses publiques se trouvait face à une capacité d’offre réduite du fait des faillites et des fortes réductions de capacités des firmes additionnées aux mesures de déconfinement. La destruction actuelle des entreprises du secteur pétrolier et la fermeture des puits pourraient avoir l’effet boomerang d’une hausse du prix du pétrole lorsque la demande augmentera. Bien que cette pénurie d’offre de biens et matières premières semble improbable, cela pourrait provoquer un retour de l’inflation et des anticipations d’inflation, qui pourrait évoluer vers une vraie catastrophe économique. Tant que l’inflation est faible, la Banque centrale européenne (BCE) a une grande marge de manœuvre pour soutenir les Etats dans leurs politiques de dépenses sans limites, la stratégie du « coûte que coûte ». Il a fallu 40 ans pour que les Européens forment des anticipations d’inflation stables, qui ont résisté même aux injections massives de liquidité post 2014. Mais une raréfaction de l’offre de biens et de pétrole pourraient tout chambouler.

Si ce choc d’offre agit comme un catalyseur pour relancer l’inflation, la montagne de liquidité accumulée dans le système depuis 2014 peut se transformer en hausse massive des prix de la zone euro et anéantir toute la crédibilité de la politique monétaire européenne. La BCE serait amenée à devoir choisir entre une inflation à deux chiffres ou une politique monétaire extrêmement restrictive qui aggraverait encore la crise, en termes de faillites et de chômage, accélérant le risque d’une défaillance des États les plus endettés.

Si cela arrivait, il n’y aurait aucune chance que la zone euro soit en capacité de résister à ce choc. Il apparaîtrait comme une urgence nationale pour l’Allemagne et les pays du nord de sortir du système. Le retour aux monnaies nationales qui s’ensuivrait s’accompagnera sûrement d’une monétisation par beaucoup d’Etats de leurs dettes, ce qui ferait entrer une partie de l’Europe dans une longue période d’inflation de masse. Une période d’inflation élevée serait catastrophique pour les épargnants et les retraités et plus généralement pour le pouvoir d’achat des catégories les plus fragiles de la population.

Si la dynamique envisagée dans ce scénario catastrophe repose essentiellement sur un retour très incertain de l’inflation, cet évènement n’est pas impossible. Il serait judicieux, dans la gestion d’une crise sanitaire de l’ampleur de celle que nous vivons, que les décisions politiques prises soient évaluées en s’appuyant sur des modèles d’évaluation intégrés, à l’image des modèles utilisés en science du climat. Le point n’est absolument pas de remettre en cause les recommandations scientifiques médicales mais d’analyser leurs mises en œuvre au moyen d’outils d’évaluations qui intègrent les aspects économiques et sociaux permettant ainsi aux gouvernements en charge du bien public de faire le bon choix. »

 

L’inflation sans la croissance, le pire des scénarios

L’inflation sans la croissance, le pire des scénarios

 

 

 

 

L’inflation a  atteint un pic de 2,3 % en juillet sur l’année et la hausse des prix devrait être d’environ 2 %. Parallèlement, la croissance se tasse et le chômage va se dégrader. Du coup, il ne faut guère espérer d’augmentation significative des salaires et le pouvoir d’achat devrait quasiment stagner surtout si on tient compte de la hausse réelle des prix à la consommation. Pour certaines catégories sociales les prestations vont diminuer (pensions, APL, allocs, autres prestations). L’augmentation prévue est limitée à 0.3% dans le budget.  En euros constants (de même valeur) le pouvoir d’achat va diminuer.  Un pouvoir d’achat qui a déjà perdu 0,6 % au dernier trimestre et qui explique largement le tassement de la consommation des ménages et au-delà de la croissance. Cette hausse de l’inflation n’a pas été constatée de manière aussi forte depuis 2012. ; Hausse de l’inflation et tassement de la croissance un effet de ciseau qui n’est pas particulièrement vertueux. Le gouvernement est pour une part responsable de cette inflation   Ce retour de l’inflation s’explique d’abord par la hausse de la fiscalité indirecte, puisque le gouvernement a augmenté les taxes sur le tabac et les carburants. La hausse du prix du pétrole, dont le baril frôle les 80 dollars soit son plus haut depuis près de quatre ans, renforce la tendance. La question est de savoir si les salaires pourront être augmentés afin de suivre l’inflation. Rien n’est certain puisqu’on constate un repli du taux de croissance de l’activité générale ; en cause la consommation des ménages qui stagne fautée pouvoir d’achat justement.  Outre les pensions, les salaires vont être affectés par cette mauvaise inflation car l est peu vraisemblables qu’ils seront ajustés suffisamment à la hausse e raion du tassement de la croissance. A noter que la mesure de l’inflation  est par ailleurs sous estimée en raison de la déformation de la structure de consommation des ménages qui consacrent de plus en plus de dépenses aux services et à l’énergie.  Les prix de l’énergie ont bondi de 14,3 % sur un an, celui du gaz de 17,3 % et ceux des produits pétroliers de 21,8 %. Et la facture grimpe également lorsqu’il s’agit de se nourrir, avec des produits frais en hausse de 6,4 %. Autre étude, même punition pour le budget des ménages. Le baromètre annuel de l’association Familles rurales, publié la semaine dernière, enregistre une montée sévère des prix des fruits (+ 4 % en moyenne) et légumes (+ 5 %). Le prix au kilo de fruits « bon marché » comme les pêches (3,30 euros, + 18 %) ou les nectarines (3,39 euros, + 17 %) a flambé. Bref un mauvais scénario cette inflation qui intervient alors que la croissance se tasse et que le pouvoir d’achat ne suit pas.

 

 

Après le brexit trois scénarios possibles

Après le brexit trois scénarios possibles

 

Il est  difficile de définir toutes les conséquences qu’entraînera le Brexit. Scénario sans doute le plus radical, la Grande-Bretagne ayant quitté l’union économique perd tous les avantages des membres de cette  union et est considérée comme un pays étranger avec toutes les restrictions fiscales, administratives, douanières que cela implique. Un renchérissement donc pour l’exportation de biens et de services en direction de l’union économique. Un scénario qui n’est pas exclu car accorder des circonstances atténuantes à la Grande-Bretagne c’est-à-dire des avantages sans en être membre pourrait inciter d’autres pays à revendiquer à leur tour des exceptions et des retours sur investissement par rapport à leur contribution financière à l’union économique ;  c’était en tout cas la position du ministre des finances allemand. Second scénario possible un statut de partenaire privilégié pour la Grande-Bretagne comme celui de la Norvège ; mais la Grande Bretagne devra donc payer pour commercer avec l’union économique. Troisième scénario un statut particulier pour la Grande-Bretagne concernant ses relations commerciales et financières avec l’union économique européenne. Tout dépendra des conséquences du Brexit et de l’ampleur de son si ce choc est très important au point de déstabiliser l’économie européenne voire mondiale il est alors probable que certains Etats comme l’Allemagne, les États-Unis, le Japon voire la France chercheront à atténuer les conséquences  trop néfaste du Brexit avec un accord spécifique mais  là aussi avec le risque que certains Etats de l’union de moins en moins europhiles revendiquent aussi des avantages du même type. En effet eu égard aux retombées négatives sur la Grande-Bretagne mais aussi sur l’union économique et même l’économie mondiale plusieurs scénarios peuvent être envisagés

 

Cyberattaque, euro, pétrole: les scénarios fantaisistes des analystes

Cyberattaque, euro, pétrole: les scénarios fantaisistes des analystes

 

 

Comme disait Pierre Dac, «  le plus difficile en matière de prospective, c’est de prévoir l’avenir ». Pourtant des analystes se sont liés à l’exercice en envisageant par exemple un pétrole à 40 dollars, un euro égal à un dollar, l’écroulement de la Grèce ou encore un cyber attaque massive aux Etats-Unis. Le problème c’est que les grands événements n’ont jamais été prévus et que cet exercice est assez aléatoire. Il fait notamment l’impasse sur les conséquences de la montée du terrorisme qui risque de porter atteinte aux volumes des échanges et donc à la croissance. On évacue encore la possibilité d’éclatement  d’une bulle financière, obligataire ou autre. Bref un exercice à prendre avec des pincettes et qui évacue le scénario d’un période très prolongée de croissance très faible avec ses conséquences sociales, financières voire sociétales (notons que les analystes s’occupent d’économie et de fiances pas de société !). . Exemples :  

> L’euro ne vaut plus que 1 dollar

C’est le pari que font les analystes de la banque néerlandaise ING. Ces derniers pensent que la monnaie unique vaudra autant que le billet vert dans le courant de l’année 2015, comme le rapporte le Handelsblatt. Une prévision qui, à première vue, peut sembler audacieuse, quand on sait que l’euro n’a connu qu’une période très brève sous les 1 dollar, entre 2000 et 2002, selon les Echos. Et pourtant la prévision des analystes d’ING est loin d’être irréaliste. L’euro est actuellement en train de dégringoler. Entre mai 2014 et janvier 2015, la monnaie unique est passée de 1,39 à 1,18 dollar, soit une baisse de 15%. Le 14 janvier dernier, l’euro est même passé sous son cours d’introduction face au dollar, en 1999 (1,1747 euro pour un dollar). 

> Le baril de pétrole à moins de 40 dollars

Le 12 janvier dernier, la banque d’affaires Goldman Sachs provoque un véritable coup de tonnerre en publiant des prévisions étonnantes sur le marché du pétrole. Ses analystes tablent désormais sur un prix de 39 dollars le baril à six mois pour le WTI, à New York, et de 43 dollars pour le Brent de la mer du Nord, à Londres. Impressionnant quand on sait que les prévisions précédentes étaient de 75 dollars pour le WTI et 85 dollars pour le Brent.  Là encore si cette prévision détonne, elle n’en est pas moins crédible. Depuis juin 2014, aussi bien le WTI que le Brent ont perdu plus de 50% et la chute n’a pas encore atteint un plancher. Pour preuve, les prévisions de Goldman Sachs ont eu l’effet d’une prophétie auto-réalisatrice. A l’annonce de ces prévisions, le Brent et le WTI ont perdu 5% et 4,7% à respectivement 47,5 et 46 dollars, lundi.

> Syriza, une bonne chose pour l’Europe

C’est un scénario qui a plusieurs fois grippé les marchés: le parti de gauche radicale Syriza arrive au pouvoir après le 25 janvier prochain. La crainte est que ce parti-austérité enclenche un bras de fer avec le FMI et l’Union européenne en refusant d’implanter les mesures nécessaires pour continuer à percevoir l’aide financière internationale.  A contrario de beaucoup d’analyses, Holger Schmieding, de la banque Berenberg envisage un scénario qui renforcerait l’Europe. Si Syriza, une fois arrivé au pouvoir, n’arrive pas à tenir “ses promesses inabordables”, alors “les partis populistes perdraient de leur crédibilité, et les partis traditionnel dans toute l’Europe auraient bien plus de facilité à démontrer combien ces populistes irresponsables sont superficiels”.  

> Les Etats-Unis victime d’une cyberattaque massive

Pour être tout à fait exact, il ne s’agit pas d’une prévision à proprement parler. Chaque année, Byron Wien, un analyste du fonds Blackstone, livre 10 “suprises” qu’il définit comme des faits auxquels “un investisseur moyen donnerait 33% de chances de se produire” alors que lui-même mise sur “plus de 50%”. Parmi ces surprises, Byron Wien évoque une cyberattaque massive de la part de hackers, qui envahiraient alors les comptes des clients particuliers et des professionnels d’une importante banque. La Réserve fédérale (Fed) interviendrait alors et suspendrait les transactions de l’établissement en question pendant cinq jours pour réparer les pots cassés. Ce scénario est d’autant plus crédible que les attaques sur internet se sont multipliées aux Etats-Unis. A l’été 2014, des hackers avaient ainsi tenté de voler les données de millions de clients de la banque JP Morgan. Et, selon les enquêtes fédérales en cours, une dizaine d’autres établissements ont été visés. Parmi les autres “surprises” de Byron Wien, on notera une croissance chinoise de seulement 5% ou encore un S&P500 qui prendrait plus de 15% sur l’ensemble de 2015. 

Europe : les scénarios noirs de 2014

Europe : les scénarios noirs de 2014

Saxo Bank publie ce mardi 17 décembre dans BFM ses « cygnes noirs » de la finance, ces évènements imprévisibles, à l’impact énorme et dont les probabilités sont toutefois plus élevées que ce que laisse entendre les analystes Le cru 2014 a de quoi faire frémir. 10 scénarios noirs qui ne sont pas des prévisions, fondées sur un « modèle », mais « des prédictions », explique Steen Jakobsen, économiste en chef du groupe. « Espérons-le, elles n’arriveront pas, mais si elles se produisent, elles auraient un impact significatif, non seulement pour de nombreux investisseurs, mais aussi pour nous tous au quotidien ».  La fragilité de l’indice phare parisien, « le plus vulnérable vu la situation actuelle », selon le chef économiste de la banque danoise, tient au fait que 25% des marques de luxe dans le monde sont françaises. « En soi, c’est très bien, sauf que ce secteur connaît actuellement un fort ralentissement, ou du moins une modification de la façon de consommer ces produits dans les pays émergents », souligne Steen Jakobsen. En outre, une défiance massive des investisseurs vis-à-vis de la France et de la façon dont elle est gouvernée est possible. « Je suis désolé de m’en prendre à la France, mais en 2014, aussi bien au niveau économique que politique, elle est et sera l’éléphant dans le magasin de porcelaine » craint l’économiste en chef de Saxo Bank, interrogé dans Intégrale Bourse. Notamment parce que « la cote de popularité de François Hollande le pousse à améliorer son image. Or instaurer plus d’austérité, ou s’aligner sur la position de l’Allemagne et de la BCE ne vont pas l’aider », souligne l’économiste. C’est ce qu’il appelle le « malaise français », qui fait écho au mal-être des Européens au sein de l’Union. Ces prédictions délirantes se basent sur la « théorie du cygne noir », de Nassim Taleb. Cet ancien trader devenu philosophe et mathématicien spécialiste des probabilités part du constat que le monde, avant d’avoir pu observer des cygnes noirs, prenait pour acquis que tous les cygnes étaient blancs. En découle que toutes les théories élaborées par les Hommes sont immanquablement basées sur des observations partielles, et donc sujettes à être infirmées. Or selon le philosophe, les évènements qui peuvent les remettre en cause ont d’autant plus d’impact qu’on les considère comme totalement inenvisageables.  Le meilleur élève de l’Europe pourrait devoir quitter le tableau d’honneur. Imaginez: des années « d’excès d’épargne » et « d’excédents commerciaux excessifs » ont poussé les Etats-Unis à tourner le dos à la plus grande économie de la zone euro. Tout comme la Chine, qui se concentre désormais sur sa demande intérieure. Par ailleurs, la baisse des prix de l’énergie aux États-Unis pousse les entreprises germaniques à se délocaliser à l’ouest, ce qui provoque une baisse de compétitivité à cause des salaires plus élevés. Les libéraux du parti d’Angela Merkel doivent enfin faire des concessions vis-à-vis du SPD, le nouvel allié de la coalition gouvernementale, et faire des dépenses pour « améliorer le bien-être des classes moyennes et pauvres. Tous ces facteurs combinés entraînent une baisse surprise de la production et de l’activité économique et les obligations souveraines du pays à 10 ans voient leur rendement baisser. La récession pointe.  Outre la fin de la croissance dans la première économie de la zone euro, Saxo Bank craint pour l’Europe des risques politiques majeurs à l’occasion des élections européennes de mai prochain. Les analystes du groupe estiment qu’à contrario des dirigeants de l’Union, les électeurs européens veulent « moins d’Europe » et devraient le faire sentir dans leurs votes. Les analystes envisagent ainsi que l’alliance des anti-européens représente la première ou la deuxième force au sein du Parlement, ce « qui changerait la dynamique au sein de l’institution », indique Steen Jakobsen.  Sur les marchés européens, après « sept années de hausse sur dix, le plus grand risque est la baisse des actions ». On pourrait dès lors assister à une panique des dirigeants européens qui décideraient d’une taxe de 5 à 10% sur l’épargne privée pour résoudre les problèmes de solvabilité des banques et des Etats. « Un retour à l’économie soviétique », 25 ans après la chute du Mur de Berlin, tout à fait envisageable pour l’économiste. Aujourd’hui, « nous sommes déjà plus proche de l’économie planifiée de l’URSS que de l’économie de marché », selon lui: « la Banque centrale européenne dirige et encadre le marché des dettes souveraines, les Etats hors Europe dévaluent leur monnaie, l’Etat a un rôle de plus en plus important, trop selon nous ». Du coup « la BCE pourrait très bien décider que vous et moi soyons obligés de contribuer via notre épargne privée, comme l’a évoqué le FMI « .




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