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Sauver la mer pour sauver l’homme

Sauver la mer pour sauver l’homme 

A l’occasion des Rendez-Vous de l’histoire de Blois, consacrés cette année aux océans, « Le Monde » dresse, dans un hors-série, l’état des lieux de l’écosystème marin.

 L’homme a mis des siècles à maîtriser la mer. Il a commencé petit à petit à s’éloigner des rivages sur de frêles embarcations, craignant les colères de Poséidon, le dieu de la mer dans la mythologie grecque. Puis, il s’est lancé sur l’immensité des « plaines liquides », comme ces marins du Pacifique qui, à des milliers de kilomètres de distance, à bord de leurs radeaux, ralliaient les Marquises à l’île de Pâques.

De l’autre côté du globe, les Vikings se jouaient de toutes les tempêtes, montrant le chemin des Amériques. Puis, à la sortie du Moyen Age, les navigateurs ibériques ont découvert des continents et prouvé que la Terre est ronde en en faisant le tour sur leurs galions.

La planète est devenue, pour les empires les plus puissants, un terrain de conquête où s’affrontaient leurs armadas et le contrôle des océans a permis pendant des siècles à l’Occident de s’enrichir grâce à la colonisation et à l’esclavage. Une fois les océans maîtrisés, la mer est devenue une ressource pour la pêche industrielle et une poubelle pour les déchets. L’homme a façonné la mer à son image, creusant des canaux pour mieux commercer ou faisant surgir des îles artificielles pour mieux se défendre et assurer sa souveraineté.

Aujourd’hui, les rivages s’ornent d’éoliennes et les falaises s’effondrent. Les îliens, qui ont déjà les pieds dans l’eau, migrent vers des terres plus hospitalières. Les bateaux-usines raclent les fonds pour traquer ce qui reste de poissons. Les routes maritimes sont devenues des ­autoroutes pour porte-conteneurs tandis que, dans les profondeurs, les sous-marins jouent au chat et à la souris.

Les grands cétacés s’échouent sur les plages, où, bientôt, l’été sera aussi chaud dans l’eau qu’hors de l’eau. Cette énumération non exhaustive et désespérante montre que, certes, l’homme a maîtrisé la mer, mais qu’il est en train de la détruire.

La mer est notre miroir. On pourrait dire, pour paraphraser Charles Baudelaire, qu’à défaut de l’avoir chérie, il va falloir la réparer. Dans ce miroir apparaissent le réchauffement ­climatique qui fait monter les eaux, les ravages sur la biodiversité qui menacent l’écosystème marin, le plastique qui empoisonne les poissons et les oiseaux – il y aurait 24 400 milliards de microparticules de plastiques dans les mers –, les migrants qui se noient… Dans ce hors-série, publié à l’occasion des Rendez-Vous de l’histoire de Blois, dont le thème est la mer, l’historien Christian Buchet avertit : « Nous n’aurons pas d’océan de rechange !  »

Société- Sauver l’humain de lui-même ?

Société- Sauver l’humain de lui-même ?

Pour Sébastien Bohler,  , Neurobiologiste, rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho , l’humanité est devenue l’espèce la plus dangereuse de la planète. Il est donc temps de l’installer confortablement sur un divan pour une consultation de psychiatrie. Le diagnostic est noir… mais il permet d’esquisser quelques pistes de traitement ! ( dans Science et Vie)

Sébastien Bohler:

C’est un clin d’œil à l’“American Psycho” de Bret Easton Ellis, un roman qui traite de psychopathie. Je m’intéresse à notre espèce, une espèce invasive qui a recouvert la surface de la planète et développé un réseau de connexions très dense, grâce aux moyens de transport bien sûr, mais surtout, dernièrement, grâce aux nouvelles technologies de communication. Je considère l’humanité comme un super-organisme auto-organisé, qui a beaucoup de points communs avec un cerveau, ou un essaim d’abeilles : ses propriétés et sa dynamique se distinguent de celles des individus qui le composent.

 Quelle est l’origine de cette psychopathie ?

Elle semble émerger spontanément de la constitution des sociétés humaines. Les individus sont doués d’empathie, beaucoup de gens veulent changer leur impact sur l’environnement. Mais quand on quitte l’échelle individuelle, on entre dans un comportement de prédateur. Pourquoi ? Sans doute, comme le théorisait le psychologue américain Stanley Milgram, est-ce dû à une propension à se soumettre à l’autorité dans un système hiérarchique.Et aussi parce qu’on a dressé une frontière entre l’humain et le non-humain, par un discours religieux, puis cartésien, qui place notre espèce au-dessus des autres. Notre empathie n’est plus réservée qu’à nos semblables, elle n’atteint plus ni les animaux, ni la nature.

Le but de mon diagnostic, c’est de produire un électrochoc. Une fois qu’on a accepté cette idée gênante que les individus ne sont pas aux commandes, qu’ils ne contrôlent pas les actions de l’humanité, que fait-on ? Les vrais psychopathes, on les enferme et on les isole de leurs victimes.

On ne sait pas les soigner. Dans notre cas, il existe la possibilité théorique que nous, les constituants de Human psycho, décidions de recâbler l’humanité par notre action interne.

Je suis allé jusqu’au bout du raisonnement. En reprenant les symptômes psychopathologiques, et en voyant comment les contrer, un par un. Et cela donne des pistes de guérison. Nous devons arrêter de déclamer nos discours délirants sur la supériorité humaine. Pour donner une vision plus réaliste du rôle désastreux joué par notre espèce. Face à ses pulsions de manipulation, Human psycho peut apprendre à considérer la nature, la terre, les rivières non plus comme des outils mais comme des partenaires. On peut augmenter son empathie en repensant l’organisation pyramidale des sociétés et des entreprises ; lutter contre son impulsivité en envisageant systématiquement les conséquences à long terme de ses décisions. En réorganisant la société, en proposant d’autres discours sur l’humanité, on peut sonner la révolte des humains contre le super-organisme.

Sauver le ferroviaire

Sauver le ferroviaire 

 

Il n’y aura pas de transition écologique sans le train et il n’y aura pas de train sans que notre pays décide, enfin, des financements fortement accrus et garantis sur le long terme explique dans une tribune au « Monde » Jean Rottner, président de la région Grand-Est.

Une réflexion intéressante car les différentes réformes menées jusque-là n’ont jamais réussi à remettre à plat la situation du ferroviaire doublement engluée  dans des problèmes financiers ingérables et dans le manque de rigueur et de dynamisme de l’entreprise.

La dernière réforme en témoigne puisqu’il s’agit surtout d’une réforme du statut du cheminot qui évidemment ne constitue pas une réforme du ferroviaire .NDLR

 

 

« Bâtir ensemble, c’est apporter des réponses radicales à l’urgence écologique » : Ce sont vos propres mots, madame la première ministre. Le développement des transports ferroviaires, de voyageurs et de fret, est une urgence. Le PDG de la SNCF appelle à « faire fois deux ». C’est une ambition bienvenue. Mais on ne fait pas rouler de train sans des rails. Des rails en bon état…

Depuis plus de trente ans, notre pays n’entretient pas assez son réseau ferroviaire : il manque chaque année plus d’un milliard d’euros d’investissements pour stopper le vieillissement du réseau. De l’aveu même de SNCF Réseau, le gestionnaire de ce réseau, sans un sursaut d’investissement massif, les prochaines années seront marquées par « un déclin inexorable de la performance du réseau ».

SNCF Réseau n’a eu d’autre choix que de concentrer ses moyens insuffisants sur une partie du réseau dit « structurant », soit schématiquement les grands axes. Et les moyens annoncés par l’Etat pour les « petites lignes » sont très inférieurs aux besoins. Ces lignes, ce sont nos lignes du quotidien. Celles qui relient nos campagnes, toutes nos villes moyennes à nos centres urbains. Préserver le « réseau structurant » ne suffira pas, si l’essentiel de nos territoires en est déconnecté.

Soyons clairs, le vieillissement du réseau entraînera très vite des fermetures de lignes de plus en plus nombreuses. Mais le sous-investissement n’est pas le seul mal qui ronge notre réseau : son mode de financement même est malthusien. Alors même que nous investissons trop peu, nous sommes le pays d’Europe où les péages facturés pour chaque train qui circule sont les plus élevés : en France les trains s’acquittent de 8 euros par km (source : Autorité de régulation des transports), soit le double de la moyenne européenne et même le quadruple de certains pays (la Suède…).

 

Une taxe robot pour sauver les emplois ?

Une taxe robot pour sauver les emplois ?

 

Le robot  génère un phénomène de « destruction créatrice » : des postes nécessitant du personnel à compétences plus élevées émergent, tandis que les emplois moins qualifiés disparaissent, conduisant fatalement à un déséquilibre du marché du travail. Par Emeric Lebreton, Directeur Général et fondateur d’Orientaction et docteur en psychologie. ( dans la Tribune).

Cet article suscite certaines interrogations. D’abord il faut observer que de plus en plus d’experts adhèrent à la théorie libérale du signal prix. En effet une fiscalité sur des robots serait forcément de nature à peser sur la compétitivité. En outre, il n’est pas certain que les concurrents de la France seraient prêts à retenir un tel impôt. Or la balance commerciale française est déjà dans un état catastrophique. Plutôt que d’inventer une fiscalité ,il serait peut-être plus utile de planifier à temps les adaptations au changement technologique notamment en matière de formation et d’orientation professionnelle. NDLR 

 

La question est la suivante : une taxe robot, d’accord, mais à quelles fins ? Elle pourrait servir à financer la formation professionnelle afin d’élever le niveau de compétences numériques des employés peu ou moyennement qualifiés. Elle pourrait également contribuer au financement des retraites et/ou de l’assurance chômage.

Car si les charges salariales servent principalement à financer les prestations sociales, pourquoi les robots seraient-ils dispensés de toute participation alors qu’ils remplacent des êtres humains ? Il s’agirait également de récompenser les entreprises qui privilégient le travail humain, à l’image des sociétés dédiées aux services à la personne. Elles seraient tout simplement exemptées de la taxe.

À l’inverse, celles qui placent l’automatisation au cœur de leur activité se verraient concernées à différent degré par cette mesure, d’autant plus que moins chargées et donc plus rentables, elles auraient les moyens de la payer. Enfin, la taxe inciterait les organisations à reconsidérer le recrutement et remettrait à égalité robots et êtres humains dans la compétition pour l’emploi, puisqu’elles ne seraient plus spécialement gagnantes sur le plan financier.

 

Pour autant, ce nouveau levier demande à être intelligemment pensé et fléché car il n’est pas sans soulever certaines problématiques. À titre d’exemple, la taxe pourrait ralentir les gains de productivité si son montant est trop élevé et avoir plus largement un impact sur la croissance comme sur la compétitivité des entreprises. L’automatisation étant au cœur du processus d’innovation dans les entreprises, la taxe robot peut par ailleurs constituer un frein à leur développement. Sa mise en œuvre pose aussi des difficultés qui doivent être résolues au préalable – quels systèmes seraient concernés ? Quel montant et comment le recouvrer ? -, pour éviter que cette taxe robot ne soit « une usine à gaz (…), s’ajoutant aux impôts de production qui freinent le développement des entreprises françaises (cotisation foncière des entreprises, taxe sur les salaires, taxes sur les véhicules de sociétés…). Il convient de rappeler qu’en 2018 ces impôts ont rapporté plus de 75 milliards d’euros et l’impôt sur les sociétés 29 milliards ».

Pour limiter les effets potentiellement néfastes d’une telle mesure, le système de calcul devra prendre en compte de multiples paramètres, tels qu’une application de la taxe de manière différenciée (distinguer les logiciels des robots industriels) et variable selon le secteur d’activité.

L’automatisation n’est plus un sujet de science-fiction, bon nombre d’études, nonobstant leurs écarts de prévisions, démontrent son impact sur l’emploi. Il est à présent temps de faire face à cette transformation inédite qui s’opère depuis plusieurs années dans nos sociétés et qui s’accélère à vitesse grand V en œuvrant pour mettre en place les bonnes politiques de demain.

Macron prêt à tout pour sauver sa peau

Macron prêt à tout pour sauver sa peau

 

 

 

 

 

 

Pour Macron, l’heure n’est plus aux élucubrations philosophiques aux postures monarchiques. L’enjeu est plus terre-à-terre, il s’agit ni plus ni moins de sauver sa peau. Pour cela, l’intéressé sera prêt à faire toutes les concessions y comprise en abandonnant ses propres orientations notamment par exemple la fameuse réforme des retraites inutile puisqu’elle est déjà largement en route avec en particulier l’allongement régulier de la date de départ.

 

Macron aura d’autant moins de mal à changer d’orientations que ces dernières sont assez floues et contradictoires. Par exemple quand il affirme ouvrir largement le débat avec les organisations démocratiques et qu’en même temps il décide de créer un machin type convention citoyenne, justement pour n’avoir pas affronté les organisations compétentes. Au lieu de cela,  on prend des citoyens au hasard qu’on peut manipuler et qu’on peut d’ailleurs renvoyer chez eux sans tenir compte de leurs propositions. Une attitude évidemment impossible au sein du Parlement qui demeure légitimement le lieu d’élaboration des orientations législatives.

 En fait, le pouvoir de Macron ne tient plus qu’à un fil. Il s’abrite encore derrière une première ministre de papier sans aucune expérience politique et sans légitimité. Nombre de ses soutiens doutent  du président, certains à L’Elysée souhaitent partir,  d’autres ont été éliminés par le suffrage universel.

 Macron va s’efforcer de trouver une combinaison plus ou moins machiavélique pour donner l’illusion du rassemblement national. Le problème c’est que cette tentative va se heurter à la posture égocentrique de l’intéressé .

 Si les concessions ne suffisent pas Macron pourra aussi se résoudre totalement à l’immobilisme du moment qu’ il peut donner l’illusion de conserver le pouvoir pour inscrire son nom dans l’histoire. Mais le problème de Macron est insoluble car il est détesté par environ 70 % de la population. Certes juridiquement il a été élu président mais c’est surtout Marine Le Pen qui a été rejetée pour la seconde fois lors des élections Présidentielles. Une nouvelle fois donc Macron a été élu par défaut mais sa  relation avec l’opinion est toujours aussi détestable. Le moment venu, inévitablement la question de sa démission se posera.

« Sauver la recherche ! »

« Sauver la recherche ! »

 

Face au constat de décrochage de la recherche française, le biologiste Jean-Marc Egly alerte dans une tribune au « Monde » . 

 

La situation de la recherche en France n’est pas bonne. Les résultats de l’appel d’offres lancé par le Conseil européen de la recherche qui attribue trois types de contrats sur projets (financements de 2 millions d’euros sur cinq ans), à l’élite de la recherche européenne, sont tombés. La France qui, jusque dans les années 2010, tenait son rang en Europe en se hissant à la deuxième place, et titillant parfois le Royaume-Uni pour la première place, se retrouve en queue de peloton. En ce qui concerne les contrats « avancés », cette année, dans les sciences du vivant, la France n’a que quatre lauréats à égalité avec l’Irlande, loin derrière l’Allemagne (17), l’Angleterre (14) et les Pays-Bas (10). Si, en sciences physiques, la France obtient 15 lauréats, l’Allemagne en a 31. En sciences humaines, nous nous hissons à la troisième place avec six lauréats, l’Angleterre en ayant 13.

Dans la catégorie « consolidator », nous obtenons 29 lauréats sur un total de 313 projets financés, loin derrière l’Allemagne (61) et l’Angleterre (41). Constat moins sévère chez les juniors, où près d’une soixantaine sont lauréats sur un total de 397, juste derrière l’Allemagne. On ne peut que saluer les résultats de cette dernière qui a – il y a peu – considérablement revu sa politique de recherche en matière de budget et de financement basé sur l’excellence.

Sourd aux alertes formulées par de nombreux scientifiques et après plus de vingt ans de désintérêt de l’Etat, de maladresses du monde syndical, et de faible mobilisation des chercheurs eux-mêmes, il nous faut malheureusement constater que nous ne jouons plus les premiers rôles sur la scène européenne, ce que la crise due au Covid-19 nous avait indiqué avec notre incapacité à produire un vaccin.

Notons également combien les candidats au poste suprême, tous adeptes du bien-être de nos concitoyens, n’ont pas fait de la recherche un axe prioritaire. A l’heure où des esprits qui se croient éclairés ne veulent plus considérer le niveau de nos publications scientifiques en termes de facteurs d’impact (un indice de la visibilité des travaux), regardons simplement les déroulés des grands meetings internationaux où nous brillons par notre absence. Avouons-le donc, nous avons pris au moins cinq ans de retard en recherche.

SNCF : sauver les petites lignes ?

SNCF :  sauver les petites lignes ?

 

Un appel sympathique de deux responsables régionaux des transports afin de sauver les petites lignes SNCF. Notons cependant qu’il est un peu tard car 80 % des petites lignes de l’après-guerre ont déjà été supprimées. En cause sans doute, la responsabilité de l’État qui n’a jamais tenu ses engagements pour apurer complètement la dette de la SNCF tout autant que la responsabilité de l’entreprise plus proche d’une administration que d’une société de transport. Sans parler des élus locaux eux-mêmes qui ont développé conjointement des systèmes de transport insuffisamment complémentaires entre le rail, la route voire la voie d’eau et l’aérien. Bref une politique des transports et environnementales à remettre à plat.NDLR

 

Face à l’augmentation du prix de l’essence, Jean-Luc Gibelin et Renaud Lagrave, vice-présidents chargés des transports en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie demandent, dans une tribune au « Monde » que l’Etat tienne ses engagements en faveur de SNCF Réseau pour l’entretien des lignes de chemin de fer et qu’il investisse comme le fait l’Allemagne.

 

Tribune.

 

Depuis quelques mois, le prix à la pompe augmente sensiblement. Il frôle, voire dépasse, les 2 euros par litre. Le contexte actuel tend encore davantage les marchés énergétiques mondiaux. Cette augmentation inexorable, combinée à une forte inflation (à hauteur de 3 % selon l’Insee) pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des Français. On pourrait alors se dire que le temps du report modal vers les transports en commun, notamment le train, va arriver.

Mais quelle est la situation ? Un réseau ferroviaire, certes encore dense, mais qui souffre d’un manque chronique d’entretien et de travaux depuis de nombreuses années. Cette situation inquiétante est connue. Les rapports alarmants se succèdent. Le réseau ferroviaire français est au bord de la rupture.

La responsabilité du réseau revient logiquement à l’Etat et à l’établissement public SNCF Réseau. Mais les collectivités locales et prioritairement les régions sont appelées de plus en plus régulièrement à la rescousse pour boucler les plans de financement alors que ce n’est pas leur compétence. Rappelons que les régions paient déjà chaque année des péages prévus pourtant à cet effet. Cela interroge sur la bonne gestion ou allocation des deniers publics.

Des manœuvres de diversion s’organisent pour faire passer la pilule aux collectivités. Il n’était pas prévu de volet « mobilités » au contrat de plan Etat-régions, mais le gouvernement, sous la pression des élus locaux, a fini par revoir ses plans et à accepter un protocole sur les lignes de desserte fine. Une avancée timide, mais une avancée quand même avec de gros bémols.

La notion de « desserte fine »véritable aiguillage sémantique, est le sas imaginé par quelques technocrates pour renvoyer la balle aux régions et concerne des lignes du quotidien et structurantes. Il est parfois même dit que ce sont des « petites lignes ».

La ligne Toulouse-Tarbes, par exemple, qui transporte 10 000 voyageurs par jour, ne transporterait-elle que des « petites gens » ? Que recouvre ce concept ? La poursuite du désengagement de l’Etat et de SNCF Réseau. On ne peut pas dire d’un côté que l’on veut sauver les petites lignes et en même temps ne pas mettre les moyens nécessaires et urgents. Ce n’est pas défendable, mais les régions agissent avec volontarisme parce que l’intérêt général le commande.

La suite, c’est la mise en œuvre du contrat de performance signé à l’automne. Que contient-il ? Des engagements louables de SNCF Réseau pour se doter des moyens internes et externes pour réaliser les études et les travaux tout en respectant le calendrier prévu. Il prévoit aussi de dépenser 475 millions d’euros par an en Nouvelle-Aquitaine pour effectuer les travaux de régénération, d’entretien et de développement, d’associer la région au processus de passation des marchés de travaux et de contribuer à atteindre l’objectif de 95 % de trains à l’heure (assorti d’un bonus/malus).

Comment sauver EDF ?

Comment sauver EDF ?

 

 

Un papier de la Tribune pose la question de savoir comment sauver financièrement EDF après la décision du gouvernement de limiter la hausse du prix de l’électricité.

L’ ‘Etat est intervenu cette semaine pour limiter à 4% la flambée en France du prix de l’électricité. En décidant d’augmenter unilatéralement de 20 TWh (térawattheures) la part de l’électricité revendue « à prix d’ami » (le fameux Arenh) à ses concurrents par EDF, Bruno Le Maire vient de prendre une décision de pays collectiviste que ne renierait pas un Mélenchonfavorable à un retour à des prix administrés pour certains biens essentiels, comme c’est le cas de l’électricité. La facture sera de plus de 8 milliards d’euros pour l’électricien public français dont le cours de Bourse (il est détenu à 81% seulement par l’Etat) s’est effondré au cours d’un « vendredi noir ».

En réalité c’est bien une semaine noire qu’a vécu EDF, et l’électricien français vit, après la bonne nouvelle de l’accord en cours de négociation à Bruxelles sur le classement du nucléaire dans la « taxonomie » des énergies vertes, à l’heure d’un désalignement des planètes, raconte Marine Godelier, notre journaliste Énergie avec l’annonce successive de problèmes de corrosion et de sûreté dans plusieurs centrales nucléaires puis le choc d’un énième report de la mise en service du réacteur EPR de Flamanville, à au moins 2023…

Au total, en associant les baisses de taxes sur les prix de l’énergie et la revente à prix cassé de la production d’EDF, l’Etat aura mis pas loin de 14 milliards d’euros sur la table pour freiner seulement la morsure de la flambée des prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat des ménages. Qui doute encore après qu’Emmanuel Macron est un président-candidat ? Valérie Pécresse lui reprochera-t-elle à nouveau de « cramer la caisse » ? Mais que ferait-elle de différent face à la brutalité de la hausse de l’inflation via les prix de l’énergie qui ont poussé les prix en décembre à 2,8%, au plus haut depuis 2018 ?

En réalité, même tempéré par des interventions étatiques comme en France, c’est à l’équivalent du choc pétrolier de 1973 auquel on assiste et les banquiers centraux ont bien du mal à rassurer en affirmant telle Christine Lagarde la présidente de la BCE vendredi que « les moteurs de l’inflation vont ralentir en 2022 » après un pic hivernal autour de 5% en moyenne dans la zone euro. La BCE pourrait agir en prévention pour empêcher le dérapage d’une inflation au plus haut depuis 25 ans en Europe.

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale a moins de pudeur et prépare les investisseurs à un resserrement monétaire. La perspective de hausse des taux commence déjà à calmer l’exubérance boursière et la spéculation sur les crypto-monnaies avec un bitcoin sous les 40.000 dollars, loin des 100.000 escomptés par la banque américaine Goldman Sachs. Année de la consécration pour le bitcoin ? Pas si sûr.

Une autre banque américaine, très présente en France via son siège historique de la place Vendôme, met les pieds dans le plat en affirmant que la prochaine étape pour EDF sera une recapitalisation financée par l’Etat. Si le consommateur français peut se réjouir à court terme, il doit s’inquiéter comme contribuable car la facture, non seulement de ces 8 milliards mais plus globalement, celle de la remise en ordre des comptes du géant français de l’électricité confronté à une équation impossible – financer le nucléaire, de la rénovation du parc existant à la construction éventuelle de nouveaux réacteurs plus modernes comme annoncé par Macron, financer aussi la diversification dans les énergies renouvelables-, finira par arriver. Et il faudra bien que les pouvoirs publics s’expliquent devant les consommateurs, contribuables et électeurs français pour dire comment et par qui elle sera payée.

La chute du titre EDF pose à nouveau la question de sa place en Bourse. L’éléphant dans la pièce, c’est évidemment la restructuration pour l’instant avortée d’EDF, le fameux projet Hercule d’un EDF « bleu » pour le nucléaire restant public et « vert » pour les énergies renouvelables privatisées. Abandonné l’an dernier faute de trouver un accord entre EDF, les syndicats de l’électricien et la commission de Bruxelles, la question va revenir en boomerang, plus vite qu’on ne le pense, ne serait-ce que parce que Bruno Le Maire a dû négocier un accord de Bruxelles pour faire accepter la limitation de la hausse des prix de l’électricité annoncée jeudi… Selon notre chroniqueur Marc EndeweldJean-Bernard Lévy, le bouillant PDG d’EDF, convoque le Top 200 des cadres de l’électricien lundi pour affronter la crise. Et si c’était le moment de relancer Hercule, ou Ulysse. Il faudra bien un demi-dieu grec pour sauver EDF et le sujet de l’avenir de l’électricien et des prix de l’énergie pourrait bien s’inviter au cœur de la présidentielle.

Politique -Taubira pour sauver l’union de la gauche ou la tuer définitivement ?

Politique -Taubira pour sauver l’union de la gauche ou la tuer définitivement ?

 

Taubira, une des plus grandes fortunes de Guyanne,  est sans doute l’archétype de cette gauche intellectuelle très bourgeoise dans sa posture et son comportement mais révolutionnaire dans le propos. Christiane Taubira  est une sorte de caricature de cette gauche culturelle  qui parle si bien des masses populaires, des opprimés et des inégalité tout en se situant de l’autre côté du mur, du côté de celui des nantis. Bref ,le gauchisme confortable qui permet de radicaliser le propos  et de faire croire à l’illusion du grand jour. Un discours évidemment inaudible par ceux qui vivent les vraies conditions inégalitaires tant sur le plan social que sociétal. La contradiction fondamentale qui a tué petit à petit la gauche réduite à un petit cercle de notables, de bobos et d’arrivistes (Notamment ceux qui ont tourné casaque pour rejoindre Sarkozy puis Macron). Le discours pseudo révolutionnaire des élites de gauche à tué tout projet social démocrate crédible sapant les bases mêmes des partis supposés représenter les couches populaires. Résultat les couches populaires se sont tournées vers les partis d’extrême droite !

La gauche actuelle est en pleine décomposition puisque notamment Anne Hidalgo et Montebourg en pleine dégringolade dans les sondages se proposent de se retirer au nom de cette illusoire union de la gauche. Une union de la gauche dont  Mélenchon ne veut surtout pas car il veut vivre son dernier chant du cygne politique. L’ancien communiste, devenu socialiste puis écolo, redevenu communiste et maintenant gauchiste wokiste veut faire un dernier tour de piste. Les écolos de leur côté parviennent difficilement à convaincre travaillés  qu’ils sont eux aussi par ce gauchisme wokiste  incarné jusqu’au ridicule notamment par Sandrine Rousseau et des élus écolos des grandes villes .

Certains pensent que Taubira pourrait être le recours pour l’union de la gauche. Une spécialiste de l’union en effet qui du fait du maintien de sa candidature a fait perdre Jospin en 2002 aux présidentielles ! Comme égérie de l’union ont fait mieux !

PRESIDENTEILLE: Taubira pour sauver l’union de la gauche ou la tuer définitivement ?

PRESIDENTEILLE:  Taubira pour sauver l’union de la gauche ou la tuer définitivement ?

 

Taubira, une des plus grandes fortunes de Guyanne,  est sans doute l’archétype de cette gauche intellectuelle très bourgeoise dans sa posture et son comportement mais révolutionnaire dans le propos. Christiane Taubira  est une sorte de caricature de cette gauche culturelle  qui parle si bien des masses populaires, des opprimés et des inégalité tout en se situant de l’autre côté du mur, du côté de celui des nantis. Bref ,le gauchisme confortable qui permet de radicaliser le propos  et de faire croire à l’illusion du grand jour. Un discours évidemment inaudible par ceux qui vivent les vraies conditions inégalitaires tant sur le plan social que sociétal. La contradiction fondamentale qui a tué petit à petit la gauche réduite à un petit cercle de notables, de bobos et d’arrivistes (Notamment ceux qui ont tourné casaque pour rejoindre Sarkozy puis Macron). Le discours pseudo révolutionnaire des élites de gauche à tué tout projet social démocrate crédible sapant les bases mêmes des partis supposés représenter les couches populaires. Résultat les couches populaires se sont tournées vers les partis d’extrême droite !

La gauche actuelle est en pleine décomposition puisque notamment Anne Hidalgo et Montebourg en pleine dégringolade dans les sondages se proposent de se retirer au nom de cette illusoire union de la gauche. Une union de la gauche dont  Mélenchon ne veut surtout pas car il veut vivre son dernier chant du cygne politique. L’ancien communiste, devenu socialiste puis écolo, redevenu communiste et maintenant gauchiste wokiste veut faire un dernier tour de piste. Les écolos de leur côté parviennent difficilement à convaincre travaillés  qu’ils sont eux aussi par ce gauchisme wokiste  incarné jusqu’au ridicule notamment par Sandrine Rousseau et des élus écolos des grandes villes .

Certains pensent que Taubira pourrait être le recours pour l’union de la gauche. Une spécialiste de l’union en effet qui du fait du maintien de sa candidature a fait perdre Jospin en 2002 aux présidentielles ! Comme égérie de l’union ont fait mieux !

 

Taubira pour sauver l’union de la gauche ou la tuer définitivement

 

 

Taubira pour sauver l’union de la gauche ou la tuer définitivement ?

 

Taubira, une des plus grandes fortunes de Guyanne,  est sans doute l’archétype de cette gauche intellectuelle très bourgeoise dans sa posture et son comportement mais révolutionnaire dans le propos. Christiane Taubira  est une sorte de caricature de cette gauche culturelle  qui parle si bien des masses populaires, des opprimés et des inégalité tout en se situant de l’autre côté du mur, du côté de celui des nantis. Bref ,le gauchisme confortable qui permet de radicaliser le propos  et de faire croire à l’illusion du grand jour. Un discours évidemment inaudible par ceux qui vivent les vraies conditions inégalitaires tant sur le plan social que sociétal. La contradiction fondamentale qui a tué petit à petit la gauche réduite à un petit cercle de notables, de bobos et d’arrivistes (Notamment ceux qui ont tourné casaque pour rejoindre Sarkozy puis Macron). Le discours pseudo révolutionnaire des élites de gauche à tué tout projet social démocrate crédible sapant les bases mêmes des partis supposés représenter les couches populaires. Résultat les couches populaires se sont tournées vers les partis d’extrême droite !

La gauche actuelle est en pleine décomposition puisque notamment Anne Hidalgo et Montebourg en pleine dégringolade dans les sondages se proposent de se retirer au nom de cette illusoire union de la gauche. Une union de la gauche dont  Mélenchon ne veut surtout pas car il veut vivre son dernier chant du cygne politique. L’ancien communiste, devenu socialiste puis écolo, redevenu communiste et maintenant gauchiste wokiste veut faire un dernier tour de piste. Les écolos de leur côté parviennent difficilement à convaincre travaillés  qu’ils sont eux aussi par ce gauchisme wokiste  incarné jusqu’au ridicule notamment par Sandrine Rousseau et des élus écolos des grandes villes .

Certains pensent que Taubira pourrait être le recours pour l’union de la gauche. Une spécialiste de l’union en effet qui du fait du maintien de sa candidature a fait perdre Jospin en 2002 aux présidentielles ! Comme égérie de l’union ont fait mieux !

 

Sauver l’exploitation minière en France

Sauver l’exploitation minière

 

Par Didier Julienne, Président de Commodities & Resources (*) estime qu’il faut sauver le soldat sur minière en France pour assurer la souveraineté tout autant que la prise en compte des nouvelles technologies au lieu d’exporter systématiquement l’exploitation des ressources t les contraintes environnementales vers d’autres pays.

 

Perte de souveraineté, dépendance vis-à-vis de métaux en provenance d’autres nations, désindustrialisation. Ces mots ne sont pas les éléments de langage français ou européen post covid-19 vis-à-vis de l’Asie, notamment de la Chine.

Ces mots sont révolutionnaires, ils sont ceux des législateurs de la Révolution française. Avant l’apparition de Napoléon et son code minier de 1810, 20 ans plus tôt, dès 1790, ils firent le diagnostic suivant: « Si vous abandonniez l’exploitation des mines (…), vous mettriez plus que jamais l’Empire français sous la dépendance des étrangers pour les métaux de première nécessité (…), les métaux augmenteraient de valeur, les manufactures languiraient, notre industrie serait détruite, notre numéraire passerait chez nos voisins (pour payer nos importations). Les mines (…) doivent rester à la disposition de la nation ». Leur objectif fut de réorganiser l’activité minière dans le but de préserver et développer en aval l’industrie.

L’erreur de Dagobert

Pourquoi un tel diagnostic en 1789 ? Parce qu’avec l’accord par Dagobert en 635 d’une redevance en plomb à l’abbaye de Saint-Denis jusqu’à 1789, l’ancien régime fut une succession de quatre cycles miniers désastreux.

Au début, la mine française connut une période de liberté sans limites, à peine affectée en 1548 par le paiement de royalties en contrepartie d’une protection royale d’ouvriers menacés par les propriétaires des terrains excavés. Cette première phase se termina par des mines dévastées plutôt qu’exploitées.

Ensuite, sous Henri II, la nomination d’un Surintendant royal des mines tenta de réguler les excès de cette liberté sous la forme de taxes, mais ce privilège exclusif se solda par un despotisme économique aux résultats, là encore, désastreux.

La troisième phase, sous Henri IV, vit paraître le régime de concession administrative sous l’autorité d’un Grand Maître des Mines. L’innovation ne fit pas l’unanimité.

Puis le quatrième cycle jusqu’en 1789 alterna de manière brouillonne les trois régimes de liberté sans limites, du privilège exclusif du surintendant puis de la concession administrative.

Si bien qu’avant la révolution, la mine avait accumulé de nombreux désavantages : inorganisation de l’État, prévarication, lacunes de méthodes et de connaissances minières. De son côté, le droit minier était un mélange stérile où s’entrelaçaient le propriétaire du foncier, le propriétaire premier exploitant du gisement ou le propriétaire concessionnaire. L’ensemble provoqua « une grande négligence dans la recherche des mines, une exploitation mal dirigée, une concurrence et des divisions entre les propriétaires, qui jointes au défaut de facultés et connaissances ont occasionné d’abord la dévastation des mines entreprises, et ensuite leur abandon total ».

En outre, la non-industrialisation avait fondé des fortunes colossales au dépens de la nation, de la même manière qu’à notre époque la désindustrialisation aura enrichi à outrance.

Trois principes

Les révolutionnaires conclurent que l’intérêt général national devait être guidé par l’exploitation minière dirigée par l’État à l’aide de trois principes : « Nul ne peut s’opposer à l’intérêt général ; l’intérêt général exige que toutes les richesses du pays soient mises en valeur ; nul particulier ne peut être propriétaire d’un sous-sol dont l’exploitation lui est impossible et dont l’exploitation est nécessaire à l’intérêt général ».   Ils organisèrent la mine à l’aide du régime des concessions et d’un corps des mines qui apportât méthodes et connaissances, ils différencièrent le droit du sol et celui du sous-sol et s’appuyèrent sur un service d’ingénieurs des mines compétents. Résultat, ce fut le point de départ de l’expansion industrielle française du 19e et du 20e siècle.

Des parallèles temporels sont évidents entre ce passé français d’une liberté minière sans limites avec les ruées vers l’or dans l’Ouest américain ou bien lorsqu’une exclusivité est offerte à un surintendant contemporain, par exemple des sociétés minières étatiques.

Autre concordance des temps entre l’appel au nationalisme des ressources de 1789 et certains pays producteurs contemporains. Ainsi, l’Indonésie copie l’intérêt général de 1789 lorsqu’elle renforce depuis 2014 sa doctrine minière en exigeant une transformation locale de ses matières premières : huile de palme en produits agroalimentaires, bauxite en aluminium, nickel et cobalt en batteries pour véhicules électriques.

Pourquoi parler de souveraineté décarbonée?

À l’inverse, la mine française est immobile depuis 40 ans. Pourquoi les principes de 1789 n’y fonctionnent-ils plus ? Si la mise en valeur de la richesse du sous-sol français n’est plus d’intérêt général, pourquoi parlons-nous si souvent de souveraineté décarbonée ?

L’intérêt général de 1789 n’est plus celui de 2021 ? Il y a 232 ans, c’était la propriété du sous-sol, et elle freinait la production de métaux. Aujourd’hui, c’est la décarbonation. Elle est l’intérêt général, car  accélère la demande de métaux pour la transition énergétique, la production d’électricité, son transport, son stockage et sa consommation. Dans les deux cas, en 1789 comme  en 2021, les mines sont en première ligne pour répondre à l’intérêt général.

Mais de nos jours, n’y a-t-il pas une opposition, une contradiction entre cet intérêt général et l’opinion publique ? Celle-ci est sous l’influence de stratégies du doute, anti-mine et anti-métaux, créées par les fake-news, notamment celle des « métaux rares », et promeut la stratégie de la ré-industrialisation par assemblage. C’est-à-dire décarboner en ne minant pas dans notre sol pour protéger notre environnement, mais laisser d’autres pays le faire, puis assembler des produits finis chez nous.

Cette stratégie est largement en marche. Regardons les difficultés d’ouverture de mines de lithium en Espagne, en Serbie ou l’échec de la réouverture de la mine de tungstène de Salau en Ariège. Constatons que les populations souhaitent certes une vie décarbonée non par une source de métaux proches de chez eux, mais lointaine et avec une première transformation outre-mer grâce à l’énergie de ces pays qui, même si elle peut être parfois décarbonée, est en crise en 2021 et provoque une inflation des prix des métaux de 50 % à 150 %.

Prenons le sujet des batteries de la voiture électrique : des métaux lointainement transformés au pied de mines, par exemple en Indonésie, et ensuite assemblés dans des usines asiatiques établies en Europe. Malgré des astuces fiscales ou réglementaires, telles qu’ériger des barrières carbone aux frontières de l’Europe, une diplomatie inventive, des partenariats, etc., nous sommes, sans nouvelles mines européennes dédiées, en double dépendance de métaux de l’étranger d’une part et d’usines asiatiques en Europe d’autre part.

Victimes de la consommation compétitive

De plus, outre rater l’objectif de décarbonation, nous ne serons plus souverains, puisque victimes de la consommation compétitive. C’est-à-dire qu’en cas de compétition entre différentes industries consommatrices, le producteur privilégiera toujours l’utilisateur le plus proche de ses propres objectifs stratégiques : son industrie nationale au détriment des exportations. Ainsi, la panne électrique géante chinoise de l’été dernier jusqu’au printemps prochain renchérit les prix des métaux, une consommation compétitive se met en marche. Les prix augmentent parce que la production métallurgique chinoise baissant, elle est réservée à la consommation chinoise. Si le consommateur continue de privilégier les coûts à la souveraineté, nos voitures électriques seront fabriquées en Asie. C’est d’ailleurs déjà le cas.

Sans la mine, décarboner par la ré-industrialisation d’assemblage provoque des ravages industriels et sociaux dans les secteurs de la santé, des semi-conducteurs et demain dans l’automobile.

Notre stratégie est donc identique à celle de l’Ancien Régime parce qu’elle ne respecte pas l’intérêt général décarboné. Répétons le constat d’échec de 1790 : sans mines « vous mettriez plus que jamais l’Empire français sous la dépendance des étrangers pour les métaux de première nécessité (…), les métaux augmenteraient de valeur, les manufactures languiraient, notre industrie serait détruite, notre numéraire passerait chez nos voisins (pour payer nos importations). »

Dernier drame, si la mine est définitivement interdite en France, que deviendront nos géologues, nos ingénieurs, leurs écoles et les entreprises métallurgiques qui les attendent ? Feront-ils toujours partie de l’intérêt général décarboné, ou bien au contraire sont-ils déjà tous d’accord pour disparaître ?

Tout comme les hommes de 1789 visaient souveraineté et industrialisation, le diagnostic de 2021 fait face à nos réalités minières hexagonales et aux présidentielles de 2022. Le moment est donc intéressant pour fixer quatre objectifs.

Première réalité, reconnaissons que dans les esprits, la mine en France, c’est Salsigne, elle fait peur. Replacer la mine au centre de l’intérêt général et de l’industrie c’est commencer par réparer : faisons nos preuves, nettoyons tous les Salsigne de l’Hexagone. Nous en avons les compétences et, dans le cadre de l’économie circulaire, ces opérations seront rentables.

Ensuite, puisque l’intérêt général décarboné des pays producteurs privilégie un nationalisme des ressources indispensable à leur industrialisation, moins de métaux seront disponibles pour les pays consommateurs. La conclusion est logique, nous devons augmenter chez nous la disponibilité des métaux par de nouvelles mines souterraines, l’écoconception et le recyclage.

Troisièmement, la mine souterraine n’est plus celle de Zola, les anciennes méthodes ont blessé, mais les critères environnementaux miniers modernes sont compatibles avec notre territoire densément peuplé. Inversement, c’est au titre de cette crédibilité que nous devons exclure la folie des mines sous-marines, car leur impact sur la biodiversité est encore inconnu, non maîtrisé et donc incompatible avec nos nouvelles normes d’exploitation responsable.

Enfin, les nouveaux plans d’exploration et de production qui replaceront la mine au centre de l’intérêt général de décarbonation doivent sélectionner les métaux réellement utiles et laisser les autres sous terre. C’est-à-dire que nous avons moins besoin de l’or de la Guyane, mais plus du tungstène des Pyrénées ou du Tarn, mais également plus de cuivre, plus de bauxite, plus de titane ou de lithium. Tous sont répertoriés dans le sous-sol hexagonal si peu exploré, et ils seront peut-être utiles aux nouvelles chimies des batteries, dont celle à électrolyte solide.

En conclusion, si les législateurs de 1789 nous visitaient aujourd’hui, ils approuveraient la concordance entre leur diagnostic et celui que je viens de vous livrer. En revanche, temporairement éblouis par nos connaissances et nos compétences qu’ils n’avaient pas, ils seraient désenchantés que leur envie et leur volonté se soient chez nous évanouies.

C’est le plus important, retrouvons cette envie et cette volonté, l’histoire n’est pas terminée, ne renonçons pas.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. Il est aussi auteur sur LaTribune.fr.

Le présent texte est celui prononcé pour la conférence d’ouverture de la 27e réunion des sciences de la Terre qui s’ouvre à Lyon ce mardi 2 novembre.

Face aux plates-formes , sauver le cinéma indépendant

Face aux plates-formes , sauver le cinéma indépendant

 

 

Les distributeurs de films indépendants, déjà fragilisés par la crise sanitaire, doivent faire face à la concurrence des grandes plates-formes, s’alarment, dans une tribune au « Monde », Eric Lagesse et Carole Scotta, coprésidents du syndicat des Distributeurs indépendants réunis européens.

 

Tribune.

 

Une étude menée par l’Agence nationale pour le développement du cinéma en régions montre que les distributeurs indépendants français ont perdu 70 % de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33 %.

Cette catégorie de distributeurs, fragilisée par la crise sanitaire, est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée. Pourtant, leur travail reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scénarios des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaînes de télévision, les régions, les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle et autres financeurs de la filière. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bandes-annonces, affiches, dossiers de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes des entrées en salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films – auteurs, réalisateurs, producteurs – et ceux qui les exploitent – les salles de cinéma. La numérisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgé un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plates-formes de sortir leurs « originals » sur grand écran en négociant directement avec les salles prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Sauver la démocratie avec l’intelligence collective ?

Sauver la démocratie avec l’intelligence collective ?

Pour changer les institutions politiques et raviver le processus démocratique, pourquoi ne pas miser sur la participation citoyenne et l’intelligence collective ? Estime Alexis Jeffredo, Université de Lorraine

 

Un article intéressant dans ses intentions mais qui fait d’abord l’impasse sur l’intermédiation des organisations existantes et qui oublie que les différentes expériences évoquées ont toutes échouées du fait du noyautage par l’extrême-gauche.

En avril 2016, en réaction à la « loi Travail », nous assistions à l’émergence du mouvement autogéré « Nuit debout », une initiative citoyenne prenant la forme de manifestations sur des places publiques avec pour but de faire émerger une convergence des luttes.

Dans la continuité, émerge en octobre 2018 le mouvement social des « gilets jaunes », en réaction à « des régimes politiques vieillissants et à la montée des inégalités », et dont l’une des revendications principales portait sur la mise en place du référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Ces mouvements ont participé par leur ampleur à un éveil des consciences, aussi bien citoyennes que politiques, sur la nécessité d’inclure plus efficacement les Français dans les processus de décision du gouvernement.

Entre ces deux évènements, l’élection présidentielle de 2017 a atteint un taux d’abstention record (25,3 % au second tour) qui n’avait pas été observé depuis l’élection de 1969 (31,1 % au second tour). Plus récemment, le taux d’abstention aux élections régionales (juin 2021) a atteint le niveau record de 65,7 %, contre 41,59 % en 2015.

Cette augmentation constante du taux d’abstention est le résultat d’une défiance des citoyens envers la politique et non seulement d’un désintérêt pour la chose : 90 % des abstentionnistes-répondants considèrent ce phénomène comme le résultat d’une « rupture entre les citoyens et la vie politique » ; 84 % y voient un signal d’alarme ; 65 % considèrent que cette abstention constitue quelque chose « d’inquiétant pour notre démocratie ».

Ces évènements politiques et sociaux sont les conséquences directes des limites d’un système politique usé et démontrent un besoin fondamental de se recentrer sur des démarches d’intelligence collective pour ré-ouvrir un espace commun de réflexion et d’échange, avec pour finalité concrète la formalisation de nouvelles directives politiques et institutionnelles. En réponse à ces évènements, le gouvernement a mis en place des démarches jusque-là inédites en France : le « grand débat national », lancé par le président de la République (15 janvier – 15 mars 2019), et la « convention citoyenne pour le climat » (octobre 2019 – juin 2020).

Le grand débat national (GDN)

Le GDN a rassemblé 645 000 personnes pour près de deux millions de contributions et mobilisé plus de 10 000 réunions locales. Même si ces chiffres sont encourageants, il s’avère que le taux de participation est directement lié à la situation socio-professionnelle des citoyens, avec un bien plus grand taux de participation chez les populations aisées, si bien que le débat est « filtré sociologiquement ».

De plus, parmi 645 000 personnes, seules 475 000 ont réellement contribué au grand débat, soit 0,7 % de la population française, avec une absence remarquée des 16-24 ans. Plus important encore, la plupart des contributions (71,5 %) sont des réponses à des questions à choix multiples, le GDN prenant ainsi davantage la forme d’un sondage que d’un espace d’échange, de réflexion et d’innovation.

Le GDN concernait 4 thèmes : transition écologique, fiscalité, démocratie et citoyenneté, organisation de l’état et des services publics. Seulement, ces thèmes ont été fixés en amont du débat par le gouvernement et sans consultation des citoyens, limitant ainsi le champ des propositions possibles. De fait, certains thèmes essentiels pour les citoyens demeurent de grands absents du GDN, comme l’emploi, l’éducation ou la santé. Finalement, seuls 8 % des participants au grand débat se disent satisfaits des thèmes choisis.

Enfin, le GDN place les citoyens dans une position de consultants extérieurs et en aucun cas de décisionnaires : 650 pages de synthèses viennent clarifier les préoccupations et les avis des Français, mais aucun système légal ne vient garantir la mise en place des solutions qui y sont évoquées. Le gouvernement a, à plusieurs reprises, précisé « qu’il ne s’agissait que d’un échantillon qualitatif de l’opinion publique, et non d’une série de votes ».

Les points les plus populaires formulés dans le GDN n’ont ainsi pas aboutis : réduction du nombre de parlementaires (86 %), prise en compte du vote blanc (69 %), adoption du référendum d’initiative citoyenne (à l’origine du grand débat, et pourtant absente des propositions formulées par le gouvernement). Même si certaines mesures ont étés adoptées par le gouvernement depuis, notamment concernant le pouvoir d’achat, la plupart des points abordés par le président de la République après le GDN sont encore en discussion : réduction du nombre de parlementaires, suppression de niches fiscales, réduction de la part de l’énergie nucléaire, interdiction du glyphosate, réforme des retraites…

La convention citoyenne pour le climat

La C3 est une des mesures annoncées des suites du GDN, elle regroupe 150 citoyens tirés au sort parmi la population française, avec pour but de proposer des mesures structurantes afin assurer une transition écologique efficace d’ici 2030. Après sept sessions de travail (octobre 2019 – juin 2020), ont émergé 149 propositions sur 6 axes thématiques : le déplacement, la consommation, le logement, le travail, l’alimentation et la constitution.

Lors du dernier rassemblement de la C3 (26-28 février 2021), les membres ont évalué les réponses apportées par le gouvernement à leurs propositions : sur les 98 votants, 38 ont jugé les décisions du gouvernement très insatisfaisantes, 33 insatisfaisantes, 14 passables, 2 satisfaisantes et 5 très satisfaisantes, avec pour finalité une note générale de 3,3/10 concernant la possibilité que les décisions du gouvernement permettent d’atteindre l’objectif fixé à la création de la convention. Le président de la République annonçait une retranscription sans filtres des productions de la C3, mais dans les faits 90 % des propositions n’ont pas été retenues par l’exécutif, soit 134 mesures sur les 149 présentées. Dans le détail, 53 % des propositions sont rejetées (79 propositions), 37 % sont modifiées ou selon les participants « édulcorées » (55 propositions), alors que seulement 10 % sont reprises sans modification (15 propositions).

Les propositions retenues par le gouvernement sont essentiellement cosmétiques : créer des parkings relais ; des vignettes vertes pour les véhicules les moins émetteurs ; taxer davantage le carburant pour l’aviation de loisirs ; généraliser l’éducation à l’environnement dans le modèle scolaire… Parmi les 15 propositions retenues, trois seulement se distinguent : le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici 2030 dans les bâtiments neufs et rénovés ; la réduction de la consommation d’énergie des bâtiments du secteur tertiaires et des espaces publics ; l’interdiction de toute artificialisation des terres si des réhabilitations sont possibles. Cette sélection du gouvernement est à l’origine de l’insatisfaction des membres de la C3, qui la juge non représentative du travail de fond réalisé en réunion, et qui dénoncent un « manque d’ambition du gouvernement », un projet « vidé de sa substance, édulcoré ».

L’intelligence collective comme outil de la vie politique

Même si les démarches présentées jusqu’ici sont inédites en France, elles ne le sont pas pour autant dans le monde : cette méthode de travail, dite d’approvisionnement par les foules (« crowdsourcing »), remporte déjà de nombreux succès dans la recherche scientifique, donnant lieu à ce que l’on nomme « les forums du Web 2.0 », des espaces numériques dans lesquels des milliers de personnes pronostiquent chaque jour les événements et solutions de demain, notamment dans le cadre de l’écologie (EvidenceHubEnergyUse, EcoForum).

 

L’intelligence collective peut être définie comme « une intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences ». Son étude a mené à des conclusions encourageantes : il est déjà reconnu que dans des conditions optimales, les groupes de non-experts peuvent être plus efficaces qu’un expert isolé, un phénomène dû à la capacité des groupes à faire preuve d’une correction mutuelle des biais individuels.

Ces groupes s’avèrent d’autant plus efficaces lorsque leurs membres démontrent de la diversité dans leurs modes de vie et de pensée, qu’ils mettent à profit un leadership dynamique et participatif, dans lequel les membres s’ajustent mutuellement sur leurs rôles en fonction des besoins du groupe, et font preuves d’une riche intelligence émotionnelle, soit la capacité d’un individu à identifier et préserver les états émotionnels d’autrui.

Ces éléments ne sont pas systématiquement valorisés dans la vie politique, alors qu’ils sont le fondement même du processus d’intelligence collective.

 

Nous assistons à un changement aussi bien de fond que de forme dans les manifestations publiques : longtemps considérées comme des lieux de contestation, les manifestations se tournent désormais davantage vers une démarche solutionniste, formalisant et proposant des alternatives concrètes pour répondre aux enjeux actuels, aménageant ainsi un espace fertile pour l’essor d’intelligence collective. Le GDN et la C3 ont émergé pour répondre à cette évolution, qui s’incarne notamment au travers d’une demande citoyenne : celle de prendre part activement aux processus décisionnels.

L’une des expressions les plus représentatives de ce besoin se trouve à l’origine même du débat : la mise en place du référendum d’initiative citoyenne (RIC), qui permettrait aux citoyens d’être à l’initiative de projets de loi. De tels manœuvres sont des illustrations de ce besoin d’adopter des démarches d’intelligence collective pour co-construire les politiques publiques de demain. Il existe actuellement 8 formes potentielles de RIC, chacune de ses formes renvoyant à une dimension particulière de la vie politique et donc à une demande spécifique, assurant ainsi leur complémentarité.

Le collectif « Démocratie ouverte » proposait en 2018 un RIC amélioré, rebaptisé dans ce contexte RIC2 pour « Référendum d’Initiative citoyenne et d’intelligence collective », qui s’articule autour de quatre étapes : l’initiative citoyenne, un débat public structuré, un jury citoyen tiré au sort et la mise en place du référendum par un vote majoritaire.

Plusieurs dispositifs privilégiés par le gouvernement français ressemblent au RIC, notamment le référendum d’initiative partagé, consultatif ou d’initiative présidentielle. Seulement, ces propositions rejettent l’aspect le plus fondamental d’une telle démarche :

« Les initiatives citoyennes sans référendums, ainsi que les référendums sans initiative citoyenne ne fournissent pas réellement la possibilité pour les citoyens de produire directement la loi. »


La question de l’initiative citoyenne est essentielle car au fondement de notre démocratie et de notre conscience politique : nous évoluons en France dans une démocratie représentative, un modèle régulièrement contesté pour ses nombreuses limites.

C’est actuellement au rôle de consultants extérieurs que sont limités les citoyens au travers des actions collectives comme le GDN ou la C3. En l’état, le pari de l’intelligence collective n’est fait que dans un sens : la participation des citoyens est réelle, mais elle se fait sans le soutien des décideurs, limitant ainsi toutes possibilités d’entrer dans une démarche d’intelligence collective réelle et durable.

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Par Alexis Jeffredo, Doctorant en psychologie sociale et cognitive, Université de Lorraine

L’auteur de cet article est doctorant au laboratoire InterPsy de l’Université de Lorraine. Il réalise une thèse (« L’intelligence collective des groupes en situation de résolution de problèmes ») sous la direction de Martine Batt, Professeur à l’Université de Lorraine, et Emile Servan-Schreiber, Dr. en psychologie cognitive au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Sauver le cinéma indépendant

Sauver le cinéma indépendant

 

 

Les distributeurs de films indépendants, déjà fragilisés par la crise sanitaire, doivent faire face à la concurrence des grandes plates-formes, s’alarment, dans une tribune au « Monde », Eric Lagesse et Carole Scotta, coprésidents du syndicat des Distributeurs indépendants réunis européens.

 

Tribune.

 

Une étude menée par l’Agence nationale pour le développement du cinéma en régions montre que les distributeurs indépendants français ont perdu 70 % de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33 %.

Cette catégorie de distributeurs, fragilisée par la crise sanitaire, est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée. Pourtant, leur travail reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scénarios des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaînes de télévision, les régions, les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle et autres financeurs de la filière. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bandes-annonces, affiches, dossiers de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes des entrées en salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films – auteurs, réalisateurs, producteurs – et ceux qui les exploitent – les salles de cinéma. La numérisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgé un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plates-formes de sortir leurs « originals » sur grand écran en négociant directement avec les salles prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Sauver l’école de la “cancel culture”

Sauver l’école de la “cancel culture”

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, se mobilise avec son homologue québécois, Jean-François Roberge, contre la «culture de l’annulation» (cancel culture)

 

 

TRIBUNE –

 

Pour les ministres de l’Éducation français et québécois, il est crucial que l’école soit préservée des activistes qui dressent un réquisitoire permanent contre l’héritage occidental au sein de l’institution scolaire, recourent à l’intimidation et bafouent les libertés.

Comme l’ont rappelé récemment plusieurs médias à travers le monde, des livres pour la jeunesse, notamment Tintin et Lucky Lukeont été brûlés puis enterrés en Ontario, au Canada, au cours d’une «cérémonie de purification par la flamme» parce qu’ils véhiculaient une image jugée négative et erronée des peuples autochtones.

Nous assistons depuis trop longtemps aux dérives liées à la «culture de l’annulation» (cancel culture), une idéologie et des méthodes directement importées de certains campus universitaires américains et qui sont à mille lieues des valeurs de respect et de tolérance sur lesquelles se fondent nos démocraties. Le bannissement de personnalités, de spectacles et de conférences, le harcèlement sur les médias sociaux, la censure, l’assujettissement de la science à l’idéologie, l’effacement de l’Histoire jusqu’à l’autodafé de livres constituent autant d’assauts portés contre la liberté d’expression et le sens civique, qui nous ramènent aux temps les plus obscurantistes .

Encore 563 millions d’euros du gouvernement pour sauver Areva

Encore 563 millions d’euros du gouvernement pour sauver Areva

Finalement la concurrence entre Areva et EDF aura coûté une fortune à l’État. Non seulement en France mais aussi à l’étranger où il faut soutenir la dérive des prix des EPR en cours de construction. Ainsi l’État va financer indirectement Areva. 

L’État va racheté les dernières parts du capital du groupe nucléaire Orano possédées par Areva pour un montant de plus de 563 millions d’euros, selon un arrêté paru dimanche au Journal officiel. Ce rachat représente plus de 24,8 millions d’actions de la société Orano SA, environ 9,4% du capital de la société, auprès de la société Areva SA.

Mi-juillet, l’État avait déjà racheté 12% du capital d’Orano auprès d’Areva, et 4,56% des parts à la Caisse des dépôts, ce qui lui avait permis de monter à 70,59% du capital d’Orano. Areva ne disposait plus que de 9,4% des parts d’Orano, qu’elle va donc revendre à l’État, lequel possédera donc, à l’issue de l’opération, environ 80% des parts.

Les 563 millions correspondent à peu près au surcoût de l’EPR construit en Finlande que devra supporter Areva. Notons que ces dépassements financiers concernent la plupart des jeux EPR actuellement en construction en France comme à l’étranger. Une insuffisance technique évidente liée à une gestion approximative. Comme pour les sous-marins australiens il faudra que les industriels français de l’énergie apprennent à mieux respecter leurs engagements à la fois technique et financier.

« Réhabiliter la nation pour sauver l’Europe »

 « Réhabiliter la nation pour sauver l’Europe »

Conseiller politique de François Hollande à l’Elysée, Aquilino Morelle publie un essai dans lequel il revient sur l’histoire de la construction européenne. Dans un entretien au « Monde », il affirme que pour sauver l’Europe, il faut réhabiliter la nation.(extrait ).

 

Docteur en médecine et ancien élève de l’ENA, Aquilino Morelle a été conseiller de Lionel Jospin pendant cinq ans (1997-2002). En 2011, il dirige la campagne d’Arnaud Montebourg pendant la primaire de la gauche, avant de devenir conseiller politique de François Hollande à l’Elysée (2012-2014). Il vient de faire publier L’Opium des élites. Comment on a défait la France sans faire l’Europe (Grasset, 592 p., 25 euros).

Dans votre livre, vous revenez sur plusieurs décennies de construction européenne. Votre sous-titre : « Comment on a défait la France sans faire l’Europe ». La situation est-elle si grave ?

C’est avant tout un livre sur la France, son malaise et une des origines principales de celui-ci : l’Europe. La France et l’Europe sont désormais si intriquées que je parle de « Franceurope ». Nous sommes parvenus à un moment-clé pde la construction européenne. Après s’être attaqué à notre souveraineté économique, budgétaire, monétaire, sociale, le système maastrichien cherche désormais à atteindre notre souveraineté politique. Je pense à la décision du 15 juillet de la Cour de justice de l’Union européenne, indiquant que la directive communautaire de 2003 sur la durée du temps de travail devrait s’appliquer à nos forces armées. Peut-on imaginer qu’un sous-marinier, par exemple, soit un travailleur comme un autre ? Au-delà du caractère grotesque de cet arrêt, si les autorités françaises n’y réagissaient pas, ce serait d’une extrême gravité pour notre sécurité nationale.

Vous affirmez que, dès son origine, la construction européenne a pris la mauvaise direction. Que reprochez-vous aux pères fondateurs ?

Leur projet, en 1950, était ouvertement fédéraliste ; il s’agissait de bâtir les « Etats-Unis d’Europe ». Après les échecs de la Communauté européenne de défense et de la Communauté politique européenne, en 1954, les fédéralistes ont compris que leur « grand soir » était illusoire ; ils ont donc choisi d’avancer masqués et de passer par l’économie : ce fut le traité de Rome de 1957.

 

Mais, dès 1965, le président de la Commission européenne, Walter Hallstein, a voulu relancer le fédéralisme et transformer la Commission en un exécutif européen. Ce projet s’est heurté au refus de De Gaulle et a entraîné la « crise de la chaise vide », résolue avec le compromis de Luxembourg (1966). Se sont ensuivies vingt-cinq années de statu quo ante. Avec l’arrivée d’un vrai fédéraliste, François Mitterrand, l’offensive a repris, via le « tournant » de mars 1983.

Sauver les derniers espaces sauvages

Sauver les derniers espaces sauvages

 

La sanctuarisation des derniers espaces sauvages est un enjeu majeur, plaide le géographe Rémy Knafou dans une tribune au « Monde » (extrait).

 

 

Tribune.

 

 Du fait de la pandémie, les destinations lointaines sont actuellement hors d’atteinte de nouvelles formes de tourisme qui ont pour objectif explicite d’achever la conquête de la totalité de la planète, sous le couvert d’un discours marketing qui entend « donner un sens au voyage »« reconnecter nos passagers avec la nature »« faire rayonner un site remarquable tout en le préservant »« accéder aux endroits les plus secrets », etc.

Lorsque les frontières rouvriront, que les flux reprendront, que nous pourrons à nouveau fréquenter des ailleurs proches ou lointains, il sera important de replacer nos pratiques touristiques dans le contexte d’une planète très peuplée, de plus en plus intensément mise en valeur, rendue plus petite par le système de transports, soumise à un inexorable réchauffement climatique sur lequel le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dresse un constat encore plus alarmant.

 

Les lieux touristiques d’ores et déjà à notre disposition offrent une extrême diversité, dans tous les milieux, proches ou lointains : ayons la sagesse de nous en contenter. Il apparaît totalement déraisonnable de vouloir intégrer à nos circuits touristiques les derniers espaces inhabités de la planète, sous prétexte que la diffusion des idées écologistes favorise un intérêt croissant pour la nature.

Ce « tourisme de la dernière chance » – aller voir la banquise qui fond, les ours polaires qui perdent leur habitat, etc. –, qui exploite sans vergogne les alertes sur le changement climatique, s’apparente au baiser de la mort.

Les exemples d’incursions vers ces espaces encore sauvages se multiplient dans les mers froides ou tropicales. Jusqu’en 2019, le tourisme dans l’Antarctique était en plein développement − le guide Lonely Planet consacré à ce continent en est à sa septième édition ! −, les croisières dites d’exploration et/ou d’expédition se multiplient aussi dans l’océan Arctique, profitant du recul estival de la banquise.

En 2018, une compagnie de navigation spécialisée dans les croisières haut de gamme, dites « d’exploration », entreprit un lobbying en Nouvelle-Calédonie pour débarquer des touristes amateurs d’oiseaux sur l’atoll des Chesterfield, en mer de Corail. Cet atoll isolé, inhabité, n’est actuellement fréquenté que par des braconniers venus du Vietnam, des pêcheurs à la longue ligne et quelques touristes pouvant se payer des parties de pêche au gros. Selon Philippe Borsa, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, il s’agit de « l’un des derniers récifs et îlots à tortues marines et oiseaux marins à peu près préservés de l’océan tropical ».

Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Pour Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur de Tunisie à l’Unesco, Kaïs Saïed a usé légalement de ses prérogatives présidentielles pour défendre le pays contre l’entrisme islamiste.( Le Figaro extrait)

 

« À l’issue d’une journée de manifestations massives de Tunisiens exaspérés par les turpitudes d’Ennahdha, en ce jour mémorable et hautement symbolique, la fête de la proclamation de la République le 25 juillet 1957, grâce à la lutte menée par le père de l’indépendance Habib Bourguiba, le président Kaïs Saïed a pris des décisions qui feront date dans l’histoire du seul et dernier pays arabe encore gouverné par des théocrates déguisés en démocrates, que certains idiots utiles de l’islamo-gauchisme en France considèrent comme des islamistes «modérés», ou des démocrates musulmans, ou encore des «islamo-conservateurs». Autant de casuistiques terminologiques pour récuser un fait historique, idéologique et politique incontestable, à savoir que l’islamisme, des Frères musulmans jusqu’à Daech et en passant par al-Qaida, puise dans la même doctrine théocratique, totalitaire et terroriste dont la naissance remonte à 1928 en Égypte. Comme l’avait si bien dit ici même dans Le Figaro le président Al-Sissi.. »

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