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Sauver l’exploitation minière en France

Sauver l’exploitation minière

 

Par Didier Julienne, Président de Commodities & Resources (*) estime qu’il faut sauver le soldat sur minière en France pour assurer la souveraineté tout autant que la prise en compte des nouvelles technologies au lieu d’exporter systématiquement l’exploitation des ressources t les contraintes environnementales vers d’autres pays.

 

Perte de souveraineté, dépendance vis-à-vis de métaux en provenance d’autres nations, désindustrialisation. Ces mots ne sont pas les éléments de langage français ou européen post covid-19 vis-à-vis de l’Asie, notamment de la Chine.

Ces mots sont révolutionnaires, ils sont ceux des législateurs de la Révolution française. Avant l’apparition de Napoléon et son code minier de 1810, 20 ans plus tôt, dès 1790, ils firent le diagnostic suivant: « Si vous abandonniez l’exploitation des mines (…), vous mettriez plus que jamais l’Empire français sous la dépendance des étrangers pour les métaux de première nécessité (…), les métaux augmenteraient de valeur, les manufactures languiraient, notre industrie serait détruite, notre numéraire passerait chez nos voisins (pour payer nos importations). Les mines (…) doivent rester à la disposition de la nation ». Leur objectif fut de réorganiser l’activité minière dans le but de préserver et développer en aval l’industrie.

L’erreur de Dagobert

Pourquoi un tel diagnostic en 1789 ? Parce qu’avec l’accord par Dagobert en 635 d’une redevance en plomb à l’abbaye de Saint-Denis jusqu’à 1789, l’ancien régime fut une succession de quatre cycles miniers désastreux.

Au début, la mine française connut une période de liberté sans limites, à peine affectée en 1548 par le paiement de royalties en contrepartie d’une protection royale d’ouvriers menacés par les propriétaires des terrains excavés. Cette première phase se termina par des mines dévastées plutôt qu’exploitées.

Ensuite, sous Henri II, la nomination d’un Surintendant royal des mines tenta de réguler les excès de cette liberté sous la forme de taxes, mais ce privilège exclusif se solda par un despotisme économique aux résultats, là encore, désastreux.

La troisième phase, sous Henri IV, vit paraître le régime de concession administrative sous l’autorité d’un Grand Maître des Mines. L’innovation ne fit pas l’unanimité.

Puis le quatrième cycle jusqu’en 1789 alterna de manière brouillonne les trois régimes de liberté sans limites, du privilège exclusif du surintendant puis de la concession administrative.

Si bien qu’avant la révolution, la mine avait accumulé de nombreux désavantages : inorganisation de l’État, prévarication, lacunes de méthodes et de connaissances minières. De son côté, le droit minier était un mélange stérile où s’entrelaçaient le propriétaire du foncier, le propriétaire premier exploitant du gisement ou le propriétaire concessionnaire. L’ensemble provoqua « une grande négligence dans la recherche des mines, une exploitation mal dirigée, une concurrence et des divisions entre les propriétaires, qui jointes au défaut de facultés et connaissances ont occasionné d’abord la dévastation des mines entreprises, et ensuite leur abandon total ».

En outre, la non-industrialisation avait fondé des fortunes colossales au dépens de la nation, de la même manière qu’à notre époque la désindustrialisation aura enrichi à outrance.

Trois principes

Les révolutionnaires conclurent que l’intérêt général national devait être guidé par l’exploitation minière dirigée par l’État à l’aide de trois principes : « Nul ne peut s’opposer à l’intérêt général ; l’intérêt général exige que toutes les richesses du pays soient mises en valeur ; nul particulier ne peut être propriétaire d’un sous-sol dont l’exploitation lui est impossible et dont l’exploitation est nécessaire à l’intérêt général ».   Ils organisèrent la mine à l’aide du régime des concessions et d’un corps des mines qui apportât méthodes et connaissances, ils différencièrent le droit du sol et celui du sous-sol et s’appuyèrent sur un service d’ingénieurs des mines compétents. Résultat, ce fut le point de départ de l’expansion industrielle française du 19e et du 20e siècle.

Des parallèles temporels sont évidents entre ce passé français d’une liberté minière sans limites avec les ruées vers l’or dans l’Ouest américain ou bien lorsqu’une exclusivité est offerte à un surintendant contemporain, par exemple des sociétés minières étatiques.

Autre concordance des temps entre l’appel au nationalisme des ressources de 1789 et certains pays producteurs contemporains. Ainsi, l’Indonésie copie l’intérêt général de 1789 lorsqu’elle renforce depuis 2014 sa doctrine minière en exigeant une transformation locale de ses matières premières : huile de palme en produits agroalimentaires, bauxite en aluminium, nickel et cobalt en batteries pour véhicules électriques.

Pourquoi parler de souveraineté décarbonée?

À l’inverse, la mine française est immobile depuis 40 ans. Pourquoi les principes de 1789 n’y fonctionnent-ils plus ? Si la mise en valeur de la richesse du sous-sol français n’est plus d’intérêt général, pourquoi parlons-nous si souvent de souveraineté décarbonée ?

L’intérêt général de 1789 n’est plus celui de 2021 ? Il y a 232 ans, c’était la propriété du sous-sol, et elle freinait la production de métaux. Aujourd’hui, c’est la décarbonation. Elle est l’intérêt général, car  accélère la demande de métaux pour la transition énergétique, la production d’électricité, son transport, son stockage et sa consommation. Dans les deux cas, en 1789 comme  en 2021, les mines sont en première ligne pour répondre à l’intérêt général.

Mais de nos jours, n’y a-t-il pas une opposition, une contradiction entre cet intérêt général et l’opinion publique ? Celle-ci est sous l’influence de stratégies du doute, anti-mine et anti-métaux, créées par les fake-news, notamment celle des « métaux rares », et promeut la stratégie de la ré-industrialisation par assemblage. C’est-à-dire décarboner en ne minant pas dans notre sol pour protéger notre environnement, mais laisser d’autres pays le faire, puis assembler des produits finis chez nous.

Cette stratégie est largement en marche. Regardons les difficultés d’ouverture de mines de lithium en Espagne, en Serbie ou l’échec de la réouverture de la mine de tungstène de Salau en Ariège. Constatons que les populations souhaitent certes une vie décarbonée non par une source de métaux proches de chez eux, mais lointaine et avec une première transformation outre-mer grâce à l’énergie de ces pays qui, même si elle peut être parfois décarbonée, est en crise en 2021 et provoque une inflation des prix des métaux de 50 % à 150 %.

Prenons le sujet des batteries de la voiture électrique : des métaux lointainement transformés au pied de mines, par exemple en Indonésie, et ensuite assemblés dans des usines asiatiques établies en Europe. Malgré des astuces fiscales ou réglementaires, telles qu’ériger des barrières carbone aux frontières de l’Europe, une diplomatie inventive, des partenariats, etc., nous sommes, sans nouvelles mines européennes dédiées, en double dépendance de métaux de l’étranger d’une part et d’usines asiatiques en Europe d’autre part.

Victimes de la consommation compétitive

De plus, outre rater l’objectif de décarbonation, nous ne serons plus souverains, puisque victimes de la consommation compétitive. C’est-à-dire qu’en cas de compétition entre différentes industries consommatrices, le producteur privilégiera toujours l’utilisateur le plus proche de ses propres objectifs stratégiques : son industrie nationale au détriment des exportations. Ainsi, la panne électrique géante chinoise de l’été dernier jusqu’au printemps prochain renchérit les prix des métaux, une consommation compétitive se met en marche. Les prix augmentent parce que la production métallurgique chinoise baissant, elle est réservée à la consommation chinoise. Si le consommateur continue de privilégier les coûts à la souveraineté, nos voitures électriques seront fabriquées en Asie. C’est d’ailleurs déjà le cas.

Sans la mine, décarboner par la ré-industrialisation d’assemblage provoque des ravages industriels et sociaux dans les secteurs de la santé, des semi-conducteurs et demain dans l’automobile.

Notre stratégie est donc identique à celle de l’Ancien Régime parce qu’elle ne respecte pas l’intérêt général décarboné. Répétons le constat d’échec de 1790 : sans mines « vous mettriez plus que jamais l’Empire français sous la dépendance des étrangers pour les métaux de première nécessité (…), les métaux augmenteraient de valeur, les manufactures languiraient, notre industrie serait détruite, notre numéraire passerait chez nos voisins (pour payer nos importations). »

Dernier drame, si la mine est définitivement interdite en France, que deviendront nos géologues, nos ingénieurs, leurs écoles et les entreprises métallurgiques qui les attendent ? Feront-ils toujours partie de l’intérêt général décarboné, ou bien au contraire sont-ils déjà tous d’accord pour disparaître ?

Tout comme les hommes de 1789 visaient souveraineté et industrialisation, le diagnostic de 2021 fait face à nos réalités minières hexagonales et aux présidentielles de 2022. Le moment est donc intéressant pour fixer quatre objectifs.

Première réalité, reconnaissons que dans les esprits, la mine en France, c’est Salsigne, elle fait peur. Replacer la mine au centre de l’intérêt général et de l’industrie c’est commencer par réparer : faisons nos preuves, nettoyons tous les Salsigne de l’Hexagone. Nous en avons les compétences et, dans le cadre de l’économie circulaire, ces opérations seront rentables.

Ensuite, puisque l’intérêt général décarboné des pays producteurs privilégie un nationalisme des ressources indispensable à leur industrialisation, moins de métaux seront disponibles pour les pays consommateurs. La conclusion est logique, nous devons augmenter chez nous la disponibilité des métaux par de nouvelles mines souterraines, l’écoconception et le recyclage.

Troisièmement, la mine souterraine n’est plus celle de Zola, les anciennes méthodes ont blessé, mais les critères environnementaux miniers modernes sont compatibles avec notre territoire densément peuplé. Inversement, c’est au titre de cette crédibilité que nous devons exclure la folie des mines sous-marines, car leur impact sur la biodiversité est encore inconnu, non maîtrisé et donc incompatible avec nos nouvelles normes d’exploitation responsable.

Enfin, les nouveaux plans d’exploration et de production qui replaceront la mine au centre de l’intérêt général de décarbonation doivent sélectionner les métaux réellement utiles et laisser les autres sous terre. C’est-à-dire que nous avons moins besoin de l’or de la Guyane, mais plus du tungstène des Pyrénées ou du Tarn, mais également plus de cuivre, plus de bauxite, plus de titane ou de lithium. Tous sont répertoriés dans le sous-sol hexagonal si peu exploré, et ils seront peut-être utiles aux nouvelles chimies des batteries, dont celle à électrolyte solide.

En conclusion, si les législateurs de 1789 nous visitaient aujourd’hui, ils approuveraient la concordance entre leur diagnostic et celui que je viens de vous livrer. En revanche, temporairement éblouis par nos connaissances et nos compétences qu’ils n’avaient pas, ils seraient désenchantés que leur envie et leur volonté se soient chez nous évanouies.

C’est le plus important, retrouvons cette envie et cette volonté, l’histoire n’est pas terminée, ne renonçons pas.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. Il est aussi auteur sur LaTribune.fr.

Le présent texte est celui prononcé pour la conférence d’ouverture de la 27e réunion des sciences de la Terre qui s’ouvre à Lyon ce mardi 2 novembre.

Face aux plates-formes , sauver le cinéma indépendant

Face aux plates-formes , sauver le cinéma indépendant

 

 

Les distributeurs de films indépendants, déjà fragilisés par la crise sanitaire, doivent faire face à la concurrence des grandes plates-formes, s’alarment, dans une tribune au « Monde », Eric Lagesse et Carole Scotta, coprésidents du syndicat des Distributeurs indépendants réunis européens.

 

Tribune.

 

Une étude menée par l’Agence nationale pour le développement du cinéma en régions montre que les distributeurs indépendants français ont perdu 70 % de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33 %.

Cette catégorie de distributeurs, fragilisée par la crise sanitaire, est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée. Pourtant, leur travail reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scénarios des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaînes de télévision, les régions, les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle et autres financeurs de la filière. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bandes-annonces, affiches, dossiers de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes des entrées en salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films – auteurs, réalisateurs, producteurs – et ceux qui les exploitent – les salles de cinéma. La numérisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgé un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plates-formes de sortir leurs « originals » sur grand écran en négociant directement avec les salles prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Sauver la démocratie avec l’intelligence collective ?

Sauver la démocratie avec l’intelligence collective ?

Pour changer les institutions politiques et raviver le processus démocratique, pourquoi ne pas miser sur la participation citoyenne et l’intelligence collective ? Estime Alexis Jeffredo, Université de Lorraine

 

Un article intéressant dans ses intentions mais qui fait d’abord l’impasse sur l’intermédiation des organisations existantes et qui oublie que les différentes expériences évoquées ont toutes échouées du fait du noyautage par l’extrême-gauche.

En avril 2016, en réaction à la « loi Travail », nous assistions à l’émergence du mouvement autogéré « Nuit debout », une initiative citoyenne prenant la forme de manifestations sur des places publiques avec pour but de faire émerger une convergence des luttes.

Dans la continuité, émerge en octobre 2018 le mouvement social des « gilets jaunes », en réaction à « des régimes politiques vieillissants et à la montée des inégalités », et dont l’une des revendications principales portait sur la mise en place du référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Ces mouvements ont participé par leur ampleur à un éveil des consciences, aussi bien citoyennes que politiques, sur la nécessité d’inclure plus efficacement les Français dans les processus de décision du gouvernement.

Entre ces deux évènements, l’élection présidentielle de 2017 a atteint un taux d’abstention record (25,3 % au second tour) qui n’avait pas été observé depuis l’élection de 1969 (31,1 % au second tour). Plus récemment, le taux d’abstention aux élections régionales (juin 2021) a atteint le niveau record de 65,7 %, contre 41,59 % en 2015.

Cette augmentation constante du taux d’abstention est le résultat d’une défiance des citoyens envers la politique et non seulement d’un désintérêt pour la chose : 90 % des abstentionnistes-répondants considèrent ce phénomène comme le résultat d’une « rupture entre les citoyens et la vie politique » ; 84 % y voient un signal d’alarme ; 65 % considèrent que cette abstention constitue quelque chose « d’inquiétant pour notre démocratie ».

Ces évènements politiques et sociaux sont les conséquences directes des limites d’un système politique usé et démontrent un besoin fondamental de se recentrer sur des démarches d’intelligence collective pour ré-ouvrir un espace commun de réflexion et d’échange, avec pour finalité concrète la formalisation de nouvelles directives politiques et institutionnelles. En réponse à ces évènements, le gouvernement a mis en place des démarches jusque-là inédites en France : le « grand débat national », lancé par le président de la République (15 janvier – 15 mars 2019), et la « convention citoyenne pour le climat » (octobre 2019 – juin 2020).

Le grand débat national (GDN)

Le GDN a rassemblé 645 000 personnes pour près de deux millions de contributions et mobilisé plus de 10 000 réunions locales. Même si ces chiffres sont encourageants, il s’avère que le taux de participation est directement lié à la situation socio-professionnelle des citoyens, avec un bien plus grand taux de participation chez les populations aisées, si bien que le débat est « filtré sociologiquement ».

De plus, parmi 645 000 personnes, seules 475 000 ont réellement contribué au grand débat, soit 0,7 % de la population française, avec une absence remarquée des 16-24 ans. Plus important encore, la plupart des contributions (71,5 %) sont des réponses à des questions à choix multiples, le GDN prenant ainsi davantage la forme d’un sondage que d’un espace d’échange, de réflexion et d’innovation.

Le GDN concernait 4 thèmes : transition écologique, fiscalité, démocratie et citoyenneté, organisation de l’état et des services publics. Seulement, ces thèmes ont été fixés en amont du débat par le gouvernement et sans consultation des citoyens, limitant ainsi le champ des propositions possibles. De fait, certains thèmes essentiels pour les citoyens demeurent de grands absents du GDN, comme l’emploi, l’éducation ou la santé. Finalement, seuls 8 % des participants au grand débat se disent satisfaits des thèmes choisis.

Enfin, le GDN place les citoyens dans une position de consultants extérieurs et en aucun cas de décisionnaires : 650 pages de synthèses viennent clarifier les préoccupations et les avis des Français, mais aucun système légal ne vient garantir la mise en place des solutions qui y sont évoquées. Le gouvernement a, à plusieurs reprises, précisé « qu’il ne s’agissait que d’un échantillon qualitatif de l’opinion publique, et non d’une série de votes ».

Les points les plus populaires formulés dans le GDN n’ont ainsi pas aboutis : réduction du nombre de parlementaires (86 %), prise en compte du vote blanc (69 %), adoption du référendum d’initiative citoyenne (à l’origine du grand débat, et pourtant absente des propositions formulées par le gouvernement). Même si certaines mesures ont étés adoptées par le gouvernement depuis, notamment concernant le pouvoir d’achat, la plupart des points abordés par le président de la République après le GDN sont encore en discussion : réduction du nombre de parlementaires, suppression de niches fiscales, réduction de la part de l’énergie nucléaire, interdiction du glyphosate, réforme des retraites…

La convention citoyenne pour le climat

La C3 est une des mesures annoncées des suites du GDN, elle regroupe 150 citoyens tirés au sort parmi la population française, avec pour but de proposer des mesures structurantes afin assurer une transition écologique efficace d’ici 2030. Après sept sessions de travail (octobre 2019 – juin 2020), ont émergé 149 propositions sur 6 axes thématiques : le déplacement, la consommation, le logement, le travail, l’alimentation et la constitution.

Lors du dernier rassemblement de la C3 (26-28 février 2021), les membres ont évalué les réponses apportées par le gouvernement à leurs propositions : sur les 98 votants, 38 ont jugé les décisions du gouvernement très insatisfaisantes, 33 insatisfaisantes, 14 passables, 2 satisfaisantes et 5 très satisfaisantes, avec pour finalité une note générale de 3,3/10 concernant la possibilité que les décisions du gouvernement permettent d’atteindre l’objectif fixé à la création de la convention. Le président de la République annonçait une retranscription sans filtres des productions de la C3, mais dans les faits 90 % des propositions n’ont pas été retenues par l’exécutif, soit 134 mesures sur les 149 présentées. Dans le détail, 53 % des propositions sont rejetées (79 propositions), 37 % sont modifiées ou selon les participants « édulcorées » (55 propositions), alors que seulement 10 % sont reprises sans modification (15 propositions).

Les propositions retenues par le gouvernement sont essentiellement cosmétiques : créer des parkings relais ; des vignettes vertes pour les véhicules les moins émetteurs ; taxer davantage le carburant pour l’aviation de loisirs ; généraliser l’éducation à l’environnement dans le modèle scolaire… Parmi les 15 propositions retenues, trois seulement se distinguent : le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici 2030 dans les bâtiments neufs et rénovés ; la réduction de la consommation d’énergie des bâtiments du secteur tertiaires et des espaces publics ; l’interdiction de toute artificialisation des terres si des réhabilitations sont possibles. Cette sélection du gouvernement est à l’origine de l’insatisfaction des membres de la C3, qui la juge non représentative du travail de fond réalisé en réunion, et qui dénoncent un « manque d’ambition du gouvernement », un projet « vidé de sa substance, édulcoré ».

L’intelligence collective comme outil de la vie politique

Même si les démarches présentées jusqu’ici sont inédites en France, elles ne le sont pas pour autant dans le monde : cette méthode de travail, dite d’approvisionnement par les foules (« crowdsourcing »), remporte déjà de nombreux succès dans la recherche scientifique, donnant lieu à ce que l’on nomme « les forums du Web 2.0 », des espaces numériques dans lesquels des milliers de personnes pronostiquent chaque jour les événements et solutions de demain, notamment dans le cadre de l’écologie (EvidenceHubEnergyUse, EcoForum).

 

L’intelligence collective peut être définie comme « une intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences ». Son étude a mené à des conclusions encourageantes : il est déjà reconnu que dans des conditions optimales, les groupes de non-experts peuvent être plus efficaces qu’un expert isolé, un phénomène dû à la capacité des groupes à faire preuve d’une correction mutuelle des biais individuels.

Ces groupes s’avèrent d’autant plus efficaces lorsque leurs membres démontrent de la diversité dans leurs modes de vie et de pensée, qu’ils mettent à profit un leadership dynamique et participatif, dans lequel les membres s’ajustent mutuellement sur leurs rôles en fonction des besoins du groupe, et font preuves d’une riche intelligence émotionnelle, soit la capacité d’un individu à identifier et préserver les états émotionnels d’autrui.

Ces éléments ne sont pas systématiquement valorisés dans la vie politique, alors qu’ils sont le fondement même du processus d’intelligence collective.

 

Nous assistons à un changement aussi bien de fond que de forme dans les manifestations publiques : longtemps considérées comme des lieux de contestation, les manifestations se tournent désormais davantage vers une démarche solutionniste, formalisant et proposant des alternatives concrètes pour répondre aux enjeux actuels, aménageant ainsi un espace fertile pour l’essor d’intelligence collective. Le GDN et la C3 ont émergé pour répondre à cette évolution, qui s’incarne notamment au travers d’une demande citoyenne : celle de prendre part activement aux processus décisionnels.

L’une des expressions les plus représentatives de ce besoin se trouve à l’origine même du débat : la mise en place du référendum d’initiative citoyenne (RIC), qui permettrait aux citoyens d’être à l’initiative de projets de loi. De tels manœuvres sont des illustrations de ce besoin d’adopter des démarches d’intelligence collective pour co-construire les politiques publiques de demain. Il existe actuellement 8 formes potentielles de RIC, chacune de ses formes renvoyant à une dimension particulière de la vie politique et donc à une demande spécifique, assurant ainsi leur complémentarité.

Le collectif « Démocratie ouverte » proposait en 2018 un RIC amélioré, rebaptisé dans ce contexte RIC2 pour « Référendum d’Initiative citoyenne et d’intelligence collective », qui s’articule autour de quatre étapes : l’initiative citoyenne, un débat public structuré, un jury citoyen tiré au sort et la mise en place du référendum par un vote majoritaire.

Plusieurs dispositifs privilégiés par le gouvernement français ressemblent au RIC, notamment le référendum d’initiative partagé, consultatif ou d’initiative présidentielle. Seulement, ces propositions rejettent l’aspect le plus fondamental d’une telle démarche :

« Les initiatives citoyennes sans référendums, ainsi que les référendums sans initiative citoyenne ne fournissent pas réellement la possibilité pour les citoyens de produire directement la loi. »


La question de l’initiative citoyenne est essentielle car au fondement de notre démocratie et de notre conscience politique : nous évoluons en France dans une démocratie représentative, un modèle régulièrement contesté pour ses nombreuses limites.

C’est actuellement au rôle de consultants extérieurs que sont limités les citoyens au travers des actions collectives comme le GDN ou la C3. En l’état, le pari de l’intelligence collective n’est fait que dans un sens : la participation des citoyens est réelle, mais elle se fait sans le soutien des décideurs, limitant ainsi toutes possibilités d’entrer dans une démarche d’intelligence collective réelle et durable.

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Par Alexis Jeffredo, Doctorant en psychologie sociale et cognitive, Université de Lorraine

L’auteur de cet article est doctorant au laboratoire InterPsy de l’Université de Lorraine. Il réalise une thèse (« L’intelligence collective des groupes en situation de résolution de problèmes ») sous la direction de Martine Batt, Professeur à l’Université de Lorraine, et Emile Servan-Schreiber, Dr. en psychologie cognitive au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Sauver le cinéma indépendant

Sauver le cinéma indépendant

 

 

Les distributeurs de films indépendants, déjà fragilisés par la crise sanitaire, doivent faire face à la concurrence des grandes plates-formes, s’alarment, dans une tribune au « Monde », Eric Lagesse et Carole Scotta, coprésidents du syndicat des Distributeurs indépendants réunis européens.

 

Tribune.

 

Une étude menée par l’Agence nationale pour le développement du cinéma en régions montre que les distributeurs indépendants français ont perdu 70 % de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33 %.

Cette catégorie de distributeurs, fragilisée par la crise sanitaire, est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée. Pourtant, leur travail reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scénarios des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaînes de télévision, les régions, les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle et autres financeurs de la filière. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bandes-annonces, affiches, dossiers de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes des entrées en salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films – auteurs, réalisateurs, producteurs – et ceux qui les exploitent – les salles de cinéma. La numérisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgé un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plates-formes de sortir leurs « originals » sur grand écran en négociant directement avec les salles prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Sauver l’école de la “cancel culture”

Sauver l’école de la “cancel culture”

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, se mobilise avec son homologue québécois, Jean-François Roberge, contre la «culture de l’annulation» (cancel culture)

 

 

TRIBUNE –

 

Pour les ministres de l’Éducation français et québécois, il est crucial que l’école soit préservée des activistes qui dressent un réquisitoire permanent contre l’héritage occidental au sein de l’institution scolaire, recourent à l’intimidation et bafouent les libertés.

Comme l’ont rappelé récemment plusieurs médias à travers le monde, des livres pour la jeunesse, notamment Tintin et Lucky Lukeont été brûlés puis enterrés en Ontario, au Canada, au cours d’une «cérémonie de purification par la flamme» parce qu’ils véhiculaient une image jugée négative et erronée des peuples autochtones.

Nous assistons depuis trop longtemps aux dérives liées à la «culture de l’annulation» (cancel culture), une idéologie et des méthodes directement importées de certains campus universitaires américains et qui sont à mille lieues des valeurs de respect et de tolérance sur lesquelles se fondent nos démocraties. Le bannissement de personnalités, de spectacles et de conférences, le harcèlement sur les médias sociaux, la censure, l’assujettissement de la science à l’idéologie, l’effacement de l’Histoire jusqu’à l’autodafé de livres constituent autant d’assauts portés contre la liberté d’expression et le sens civique, qui nous ramènent aux temps les plus obscurantistes .

Encore 563 millions d’euros du gouvernement pour sauver Areva

Encore 563 millions d’euros du gouvernement pour sauver Areva

Finalement la concurrence entre Areva et EDF aura coûté une fortune à l’État. Non seulement en France mais aussi à l’étranger où il faut soutenir la dérive des prix des EPR en cours de construction. Ainsi l’État va financer indirectement Areva. 

L’État va racheté les dernières parts du capital du groupe nucléaire Orano possédées par Areva pour un montant de plus de 563 millions d’euros, selon un arrêté paru dimanche au Journal officiel. Ce rachat représente plus de 24,8 millions d’actions de la société Orano SA, environ 9,4% du capital de la société, auprès de la société Areva SA.

Mi-juillet, l’État avait déjà racheté 12% du capital d’Orano auprès d’Areva, et 4,56% des parts à la Caisse des dépôts, ce qui lui avait permis de monter à 70,59% du capital d’Orano. Areva ne disposait plus que de 9,4% des parts d’Orano, qu’elle va donc revendre à l’État, lequel possédera donc, à l’issue de l’opération, environ 80% des parts.

Les 563 millions correspondent à peu près au surcoût de l’EPR construit en Finlande que devra supporter Areva. Notons que ces dépassements financiers concernent la plupart des jeux EPR actuellement en construction en France comme à l’étranger. Une insuffisance technique évidente liée à une gestion approximative. Comme pour les sous-marins australiens il faudra que les industriels français de l’énergie apprennent à mieux respecter leurs engagements à la fois technique et financier.

« Réhabiliter la nation pour sauver l’Europe »

 « Réhabiliter la nation pour sauver l’Europe »

Conseiller politique de François Hollande à l’Elysée, Aquilino Morelle publie un essai dans lequel il revient sur l’histoire de la construction européenne. Dans un entretien au « Monde », il affirme que pour sauver l’Europe, il faut réhabiliter la nation.(extrait ).

 

Docteur en médecine et ancien élève de l’ENA, Aquilino Morelle a été conseiller de Lionel Jospin pendant cinq ans (1997-2002). En 2011, il dirige la campagne d’Arnaud Montebourg pendant la primaire de la gauche, avant de devenir conseiller politique de François Hollande à l’Elysée (2012-2014). Il vient de faire publier L’Opium des élites. Comment on a défait la France sans faire l’Europe (Grasset, 592 p., 25 euros).

Dans votre livre, vous revenez sur plusieurs décennies de construction européenne. Votre sous-titre : « Comment on a défait la France sans faire l’Europe ». La situation est-elle si grave ?

C’est avant tout un livre sur la France, son malaise et une des origines principales de celui-ci : l’Europe. La France et l’Europe sont désormais si intriquées que je parle de « Franceurope ». Nous sommes parvenus à un moment-clé pde la construction européenne. Après s’être attaqué à notre souveraineté économique, budgétaire, monétaire, sociale, le système maastrichien cherche désormais à atteindre notre souveraineté politique. Je pense à la décision du 15 juillet de la Cour de justice de l’Union européenne, indiquant que la directive communautaire de 2003 sur la durée du temps de travail devrait s’appliquer à nos forces armées. Peut-on imaginer qu’un sous-marinier, par exemple, soit un travailleur comme un autre ? Au-delà du caractère grotesque de cet arrêt, si les autorités françaises n’y réagissaient pas, ce serait d’une extrême gravité pour notre sécurité nationale.

Vous affirmez que, dès son origine, la construction européenne a pris la mauvaise direction. Que reprochez-vous aux pères fondateurs ?

Leur projet, en 1950, était ouvertement fédéraliste ; il s’agissait de bâtir les « Etats-Unis d’Europe ». Après les échecs de la Communauté européenne de défense et de la Communauté politique européenne, en 1954, les fédéralistes ont compris que leur « grand soir » était illusoire ; ils ont donc choisi d’avancer masqués et de passer par l’économie : ce fut le traité de Rome de 1957.

 

Mais, dès 1965, le président de la Commission européenne, Walter Hallstein, a voulu relancer le fédéralisme et transformer la Commission en un exécutif européen. Ce projet s’est heurté au refus de De Gaulle et a entraîné la « crise de la chaise vide », résolue avec le compromis de Luxembourg (1966). Se sont ensuivies vingt-cinq années de statu quo ante. Avec l’arrivée d’un vrai fédéraliste, François Mitterrand, l’offensive a repris, via le « tournant » de mars 1983.

Sauver les derniers espaces sauvages

Sauver les derniers espaces sauvages

 

La sanctuarisation des derniers espaces sauvages est un enjeu majeur, plaide le géographe Rémy Knafou dans une tribune au « Monde » (extrait).

 

 

Tribune.

 

 Du fait de la pandémie, les destinations lointaines sont actuellement hors d’atteinte de nouvelles formes de tourisme qui ont pour objectif explicite d’achever la conquête de la totalité de la planète, sous le couvert d’un discours marketing qui entend « donner un sens au voyage »« reconnecter nos passagers avec la nature »« faire rayonner un site remarquable tout en le préservant »« accéder aux endroits les plus secrets », etc.

Lorsque les frontières rouvriront, que les flux reprendront, que nous pourrons à nouveau fréquenter des ailleurs proches ou lointains, il sera important de replacer nos pratiques touristiques dans le contexte d’une planète très peuplée, de plus en plus intensément mise en valeur, rendue plus petite par le système de transports, soumise à un inexorable réchauffement climatique sur lequel le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dresse un constat encore plus alarmant.

 

Les lieux touristiques d’ores et déjà à notre disposition offrent une extrême diversité, dans tous les milieux, proches ou lointains : ayons la sagesse de nous en contenter. Il apparaît totalement déraisonnable de vouloir intégrer à nos circuits touristiques les derniers espaces inhabités de la planète, sous prétexte que la diffusion des idées écologistes favorise un intérêt croissant pour la nature.

Ce « tourisme de la dernière chance » – aller voir la banquise qui fond, les ours polaires qui perdent leur habitat, etc. –, qui exploite sans vergogne les alertes sur le changement climatique, s’apparente au baiser de la mort.

Les exemples d’incursions vers ces espaces encore sauvages se multiplient dans les mers froides ou tropicales. Jusqu’en 2019, le tourisme dans l’Antarctique était en plein développement − le guide Lonely Planet consacré à ce continent en est à sa septième édition ! −, les croisières dites d’exploration et/ou d’expédition se multiplient aussi dans l’océan Arctique, profitant du recul estival de la banquise.

En 2018, une compagnie de navigation spécialisée dans les croisières haut de gamme, dites « d’exploration », entreprit un lobbying en Nouvelle-Calédonie pour débarquer des touristes amateurs d’oiseaux sur l’atoll des Chesterfield, en mer de Corail. Cet atoll isolé, inhabité, n’est actuellement fréquenté que par des braconniers venus du Vietnam, des pêcheurs à la longue ligne et quelques touristes pouvant se payer des parties de pêche au gros. Selon Philippe Borsa, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, il s’agit de « l’un des derniers récifs et îlots à tortues marines et oiseaux marins à peu près préservés de l’océan tropical ».

Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Pour Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur de Tunisie à l’Unesco, Kaïs Saïed a usé légalement de ses prérogatives présidentielles pour défendre le pays contre l’entrisme islamiste.( Le Figaro extrait)

 

« À l’issue d’une journée de manifestations massives de Tunisiens exaspérés par les turpitudes d’Ennahdha, en ce jour mémorable et hautement symbolique, la fête de la proclamation de la République le 25 juillet 1957, grâce à la lutte menée par le père de l’indépendance Habib Bourguiba, le président Kaïs Saïed a pris des décisions qui feront date dans l’histoire du seul et dernier pays arabe encore gouverné par des théocrates déguisés en démocrates, que certains idiots utiles de l’islamo-gauchisme en France considèrent comme des islamistes «modérés», ou des démocrates musulmans, ou encore des «islamo-conservateurs». Autant de casuistiques terminologiques pour récuser un fait historique, idéologique et politique incontestable, à savoir que l’islamisme, des Frères musulmans jusqu’à Daech et en passant par al-Qaida, puise dans la même doctrine théocratique, totalitaire et terroriste dont la naissance remonte à 1928 en Égypte. Comme l’avait si bien dit ici même dans Le Figaro le président Al-Sissi.. »

Il faut sauver le soldat Europe 1

Il faut sauver le soldat Europe 1

Cinquante anciens de la radio, parmi lesquels Philippe Alfonsi, Anne Sinclair, Ivan Levaï et Stéphane Paoli, lancent dans le Monde un cri d’alarme face au « danger grave et imminent » auquel fait face la célèbre station.

Tribune

 

Europe 1 fait face à un danger grave et imminent : l’instauration, sous la pression de Vincent Bolloré, actionnaire de Lagardère, d’une ligne éditoriale partisane en rupture totale avec la longue histoire de cette station, pionnière de la radio moderne.

Avant « l’esprit Canal », il y eut « l’esprit Europe 1 », souvent frondeur et impertinent, mais jamais partisan. Nous avons tous, à un moment ou à un autre, contribué à cette aventure. Europe 1 nous l’a bien rendu. Nous y avons parfois appris notre métier de journaliste. Et aujourd’hui encore, nous nous sentons porteurs de cet état d’esprit.

C’est pourquoi nous souhaitons témoigner de notre totale solidarité avec les salariés d’Europe 1, en grève pour la première fois en plus de soixante ans. Nous sommes particulièrement indignés par la violence faite à ceux d’entre eux qui veulent exprimer simplement et clairement leurs inquiétudes légitimes.

Nous sommes conscients que les responsabilités dans le désastre actuel de cette station, qui donnait souvent le ton aux autres médias, sont multiples.

Mais jamais son actionnaire principal n’avait tenté d’en faire un jouet politique partisan et un haut-parleur des haines qui agitent notre débat politique.

Nous sommes aux côtés des salariés qui se battent pour défendre les valeurs qui ont fait cette radio. Vive l’indépendance d’Europe 1 !

Philippe Alfonsi ; Antonin Amado ; Jean-Michel Aphatie ; Roger Arduin ; Claude Askolovitch ; Sylvain Attal ; Jean-Philippe Balasse ; Pierre-Louis Basse ; Laurent Bazin ; Brigitte Bejean ; Claude Bellei ; Brigitte Benkemoun ; Inès de Beistegui ; Emilie Bonnaud ; Bérengère Bonte ; Ariane Bouissou ; Bernard Chabbert ; Jean-Yves Chaperon ; Xavier Colin ; Paule Coudert ; Mathieu Delahousse ; Luc Evrard ; Emmanuel Faux ; Camille Girerd ; Michel Grossiord ; Jérôme Godefroy ; Damien Gourlet ; Béatrice Hadjaje ; Hélène Jouan ; Benoit Laporte ; Nathalie Leruch ; Ivan LevaÏ ; Serge Marie ; Elizabeth Martichoux ; Michel Moineau ; Jean-Pierre Montanay ; Stéphane Paoli ; Dominique Paganelli ; Nicolas Poincaré ; Jean-François Rabilloud ; Emilie Raffoul ; Brigitte Rinaldi ; Karim Rissouli ; Olivier de Rincquesen ; Anne Sinclair ; Laurence Thomas ; Jean-Noël Tournier ; Marc Tronchot ; Alba Ventura ; Edmond Zucchelli

Sauver le corail

 

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Les coraux, dont la moitié a déjà disparu, sont menacés d’une extinction totale à l’échelle d’un siècle. Pour sauver ce patrimoine vivant, Fabrice Amedeo, skippeur du Vendée Globe, appelle dans une tribune au « Monde » chaque Français à faire un geste et les vacanciers à observer un comportement responsable.

 

Tribune. La reprise tant espérée du tourisme est une bonne nouvelle pour la France et ses territoires et départements d’outre-mer. Elle pourrait en être une mauvaise pour le corail, relativement épargné depuis un an, du fait du ralentissement des activités économiques et de loisirs. Pour que le monde d’après ne soit plus le monde d’avant, Il existe un geste simple, et hautement emblématique : agir pour le corail.

Cet animal des mers tellement méconnu, pris souvent à tort pour une plante, a fait rêver depuis des millénaires tous les voyageurs du monde. Symbole de protection, assimilé dans la mythologie au sang figé de la Gorgone, il paraît immortel alors qu’il est en danger. Les confinements ont été comme une accalmie dans une extinction hélas quasi inéluctable à l’horizon d’à peine un siècle si nous ne faisons rien.

 

La moitié de la population de coraux a déjà disparu depuis 1870. Sous les effets conjugués du réchauffement climatique, de la pollution, de l’urbanisation et du tourisme de masse, le corail commence par se dévitaliser, blanchir, comme un dernier chant du cygne avant de s’éteindre. Les coraux rapportés en souvenir par des voyageurs peu scrupuleux pourraient devenir tout ce qu’il reste d’un trésor fabuleux, non seulement par sa beauté fascinante mais surtout parce qu’il joue un rôle primordial dans les équilibres naturels.

Un quart de la vie marine dépend des récifs coralliens, plus de 100 000 espèces de poissons, mollusques et autres tortues ont besoin du corail pour vivre. Selon un état des lieux réalisé par le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) , l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), de nombreuses espèces de corail sont menacées (notamment à La Réunion, à Mayotte, dans les îles Eparses…), fragilisant tout un écosystème.

Le corail est aussi, on le sait moins, un agent protecteur de la vie humaine. Par son action mécanique d’abord, en formant un obstacle naturel aux tempêtes. Chimique ensuite, puisque les herbiers et mangroves associés aux écosystèmes coralliens stockent de grandes quantités de CO2, aidant ainsi à contrer les effets du réchauffement. Plus surprenant encore, les espèces coralliennes alimentent la recherche médicale en nouvelles pistes de traitements ou matériaux pour la reconstruction osseuse. Il y a tant à découvrir sur le corail !

 

Comme le montre une étude de l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor), environ 12 000 entreprises, 50 000 emplois et 175 000 familles d’outre-mer vivent des services rendus par ces écosystèmes. Il est temps de rendre au corail ce que nous lui devons. Quatrième pays au monde en surface de récifs coralliens, la France a un poste d’observation unique mais aussi une responsabilité exemplaire. Notre destin est lié à celui des mers, abritant 80 % de la biodiversité planétaire. Les barrières de corail sont les portes sacrées de cet immense patrimoine. Nous devons les défendre sur tous les océans !

Présidentielle : 200 cadres communistes contre la candidature de Roussel pour sauver leur peau

Présidentielle : 200 cadres communistes contre la candidature de Roussel pour sauver leur peau

 

Il est pour le moins curieux que 200 cadres communistes aient  publiés une lettre commune pour s’opposer à une candidature communiste, celle du secrétaire général Fabien Roussel aux prochaines élections présidentielles. La raison est pourtant simple. Les protestataires qui depuis des dizaines d’années ne doivent leur élection qu’à l’union avec des forces de gauche pourraient bien cette fois être privée de ces soutiens et disparaître du paysage politique. Précédemment c’est  l’alliance avec le parti socialiste qui a sauvé de nombreux élus communistes, ensuite il y a eu l’alliance avec les insoumis voire avec  les écologistes. Isolés, les communistes pourraient bien disparaître complètement.

 

Inversement si le parti communiste ne présente pas son propre candidat, il pourra aussi être menacé d’extinction. Le parti communiste a déjà été éliminé de nombreuses élections nationales bien sûr mais aussi locales en raison de la baisse d’influence globale de la gauche. Dans certaines municipalités par exemple,  le parti communiste était relativement minoritaire mais la  gauche lui concédait quelques villes pour bénéficier en retour des quelques pour cent d’origine communiste dans la plupart des autres localités. L’absence d’un candidat communiste aux présidentielles en 2022 pourrait bien signifier le début de la fin pour un parti qui à un moment donné  a pourtant dominé la scène politique française.

 

Une longue agonie provoquée par le sectarisme d’un parti trop longtemps prisonnier du carcan de l’orthodoxie des années 50 puis progressivement qui a glissé dans le gauchisme. Aujourd’hui ,le parti communiste ne représente plus que 1 ou 2 % des voix dans l’opinion. D’une certaine manière ,  un peu dommageable car le parti communiste est  sans doute le seul parti dans la sociologie était proche de la France moyenne. . La plupart des autres ont été noyautée par les professionnels de la politique, les oligarques et les gauchistes.

 

 

« Sauver “Science & Vie !” »

« Sauver “Science & Vie !” »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de près de trois cents universitaires et scientifiques, parmi lesquels Philippe Descola, Julie Battilana, Françoise Combes, Annie Ernaux, Gabriel Zucman ou Julia Cagé, dénonce les pratiques du groupe Reworld qui contrôle Science et Vie

Tribune. 

 

Saviez-vous que la découverte de nouveaux corps venait remettre en cause la date de l’éruption du Vésuve ? Nous non plus. Et pour cause : il s’agit d’une fausse information. Un article publié en ligne le 2 décembre sur le site de Science & Vie par une apprentie en formation au « media content manager » Bachelor de Reworld Media Campus (pardonnez le franglais) contre l’avis – et malgré les protestations – de la rédaction du journal, qui n’a plus accès aujourd’hui aux contenus publiés sur son propre site.

Petit rappel des faits : en juillet 2019, le groupe Reworld Media, groupe créé en 2012 par Pascal Chevalier, figure de la « French tech », et qui se présente comme « un groupe d’entrepreneurs français avec une culture start-up », a fait l’acquisition de Mondadori France, mettant ainsi la main sur une trentaine de titres, dont BibaGrazia et Science & Vie et devenant au passage le premier groupe magazine français.

En 2019 déjà, ce rachat avait suscité les protestations des salariés du groupe inquiets pour leur avenir. Car les méthodes de Reworld sont en contradiction même avec l’éthique journalistique : produire du contenu sans rédaction. Et de fait, au cours des derniers mois, Reworld a fait partir petit à petit les journalistes de ses titres nouvellement acquis : d’une part, 60 % d’entre eux ont fait jouer leur clause de cession au moment du changement d’actionnariat sans être remplacés ; pour les autres, Reworld s’est prévalu de « l’équation économique » pour finir d’externaliser leur fabrication, mettant ainsi fin à la parution en kiosque de l’hebdomadaire Grazia, et supprimant au passage une trentaine d’emplois.

Pas d’information sans journalistes

Nous soutenons aujourd’hui les salariés de Science & Vie – ainsi que ceux des autres titres du groupe Reworld Media – car nous pensons qu’on ne peut pas faire d’information sans journalistes. Faut-il rappeler qu’en ces temps de controverses scientifiques et de désinformation galopante, par exemple autour de la question du vaccin contre la Covid-19, nous n’avons jamais autant eu besoin d’une information scientifique indépendante et de qualité ?

Nous les soutenons car nous pensons que les médias ne sont pas des entreprises comme les autres : l’information est un bien public ; l’actionnaire d’un média ne devrait pas être libre de le vider de sa rédaction, d’externaliser la production de contenus – puisque sans journalistes il ne peut plus s’agir d’informations – dans le seul but de faire fructifier la marque à moindres frais et de maximiser ainsi sa rentabilité.

 

La technologie pour sauver la publicité?

La technologie pour sauver la publicité?

 

 Guillaume Hervet, Professeur associé au département Marketing, Grenoble École de Management, (GEM). ? Estime dans une chronique à la Tribune que le digital peut sauver une publicité actuellement malmenée.

 

Opinion

 

Face au ciblage personnalisé que permet la publicité en ligne, son achat en temps réel et la mesure quasi instantanée de ses résultats, la publicité TV pâtit d’une image vieillotte auprès des annonceurs. En effet, les procédures d’achat de spots, qui peuvent coûter plusieurs milliers d’euros, restent longues (souvent plusieurs semaines), le ciblage quasiment inexistant et les résultats d’impacts très incertains.

Ainsi, en France depuis 2016, année durant laquelle les dépenses en publicité digitale ont dépassé celles de la télévision, la croissance des investissements TV est restée amorphe quand celle de la publicité digitale continuait à augmenter rapidement. La crise a en outre aggravé la situation : sur les 9 premiers mois de l’année 2020, les investissements en publicité TV ont connu une baisse de 17,5 % par rapport à 2019.

Dans ce contexte, le décret sur la publicité télévisée paru au Journal officiel le 5 août 2020 suscite beaucoup d’espoir car le texte autorise désormais la publicité segmentée. Ainsi les régies publicitaires peuvent proposer des options de ciblage plus avancées : elles peuvent par exemple diffuser des publicités différentes durant une émission en fonction des téléspectateurs et de leur zone géographique.

Un mois après la parution du décret, France Télévision lançait son offre de télévision segmentée sous le nom « adressable.tv ». Ce lancement démontre l’enthousiasme des acteurs du secteur qui semblent prêts à développer les technologies nécessaires pour tenter de rivaliser avec les acteurs du digital.

Prendre en compte la concurrence

Mais l’utilisation de ces technologies en télévision présente-t-elle de réels gains en termes d’efficacité ? Pour répondre à cette question, nous avons mené, avec deux collègues professeurs en marketing, une recherche qui visait à tester la possibilité de prendre en compte la concurrence dans la stratégie d’achat, ce qui reste aujourd’hui impossible sur le marché de la télévision et pourrait l’être avec les technologies digitales. Pour cela, nous avons mesuré, sur trois ans et demi, l’impact de quelques 43 000 spots d’une marque donnée et de 45 000 d’un de ses concurrents, à travers l’étude du trafic sur son site web juste après la diffusion.

Il ressort notamment de nos travaux qu’une marque a tout intérêt à adopter une stratégie d’évitement de son concurrent et acheter des spots sur des chaînes où il n’est pas présent. On observe en effet des gains d’efficacité en termes d’impacts dans cette situation. A contrario, cette efficacité se dégrade lorsque les deux concurrents se trouvent sur la même chaîne.

Ces résultats montrent donc que la performance d’une campagne TV est due en partie aux actions de la concurrence. Celles-ci devraient donc être prises en considération lors d’achat de temps d’antenne.

Challenge technologique

Toutefois, la mise en place d’outils pour établir de telles mesures ne va pas de soi pour le média TV. Il nécessite une analyse en temps réel des contenus publicitaires TV diffusés (une technologie déjà existante) mais aussi la possibilité d’acheter en temps réel du temps d’antenne auprès des régies publicitaires.

Si cette dernière technologie existe depuis plusieurs années pour la publicité digitale sous le nom de publicité programmatique, le saut technologique reste à réaliser pour la télévision. L’apparition récente de plates-formes d’achat automatisées de temps d’antenne (sans passer par des agences) constitue cependant une première étape.

Par ailleurs, les collaborations entre les acteurs de la télévision et d’internet se multiplient et la question ne semble plus être « est-ce que l’achat en temps réel sera un jour possible ? » pour la publicité TV mais plutôt « quand sera-t-il disponible ? ».

Une question cruciale. En effet, face aux géants du digital qui offrent toujours plus d’options pour acheter des espaces publicitaires ciblés et pour analyser la performance, il semble indispensable que les acteurs du secteur de la télévision accélèrent à présent leur développement technologique.

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Par Guillaume Hervet, Professeur associé au département Marketing, Grenoble École de Management (GEM).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Une indemnisation encore trop faible pour sauver les entreprises

Une indemnisation encore trop faible pour sauver les entreprises

Le soutien aux entreprises comprend deux dimensions d’une part une subvention forfaitaire calculée sur le chiffre d’affaires d’autre part une garantie d’État sur les prêts auprès des banques. C’est ce dernier soutien qui en valeur absolue  est nettement le plus important.

 

Le seul problème est celui de la future fiabilité des entreprises à rembourser ses prêts venant à maturité. Il est probable que nombre d’entreprises condamnées à la faillite ne pourront pas faire face à leurs obligations financières. Le deuxième volet constitue une indemnisation à hauteur de 20 % du Sud affaire, ce qui n’est pas négligeable mais n’est même pas suffisant pour couvrir les charges fixes des commerces qui ont été fermés.

Certes la réouverture des commerces non essentiels vient d’être autorisée mais il paraît difficile que les chiffres  d’affaires perdus puissent être compensés par les ventes de fin d’année d’autant que la demande se révèle relativement molle. En outre ,certaines activités vont encore demeurer interdites.

Le gouvernement avait annoncé mercredi ce nouveau dispositif de soutien aux entreprises fermées, qui comprend une indemnisation à hauteur de 20% de leur chiffre d’affaire par rapport à celui engrangé l’an dernier durant le même mois. Ce soutien, initialement plafonné à 100.000 euros, va donc être doublé.

Conçu en mars pour soutenir les plus petites entreprises et les travailleurs indépendants, le fonds de solidarité prévoit le versement d’une indemnité mensuelle pour compenser une partie de leur perte d’activité liée aux restrictions d’activité.

Depuis le 30 octobre, il compense la perte de chiffre d’affaires jusqu’à 10.000 euros pour les entreprises fermées de moins de 50 salariés, ou pour celles des secteurs du tourisme et activités connexes (restauration, événementiel, culture) dont le chiffre d’affaires baisse d’au moins 50% par rapport à la même période de 2019.

A partir de décembre, cette aide devient accessible aux entreprises fermées quelle que soit leur taille, et les plus grandes pourront choisir une aide représentant 20% de leur chiffre d’affaires réalisé sur la même période l’an passé, qui sera donc plafonnée à 200.000 euros.

Cette mesure «permettra de couvrir les restaurateurs qui ont deux, trois restaurants, les chaînes de restauration, des hôtels qui ont plusieurs dizaines ou centaines de salariés qui n’étaient pas couverts jusqu’à présent», s’est félicité Bruno Le Maire. «C’est une indemnisation massive, immédiate à partir du début du mois de décembre et qui permet d’accompagner tout le secteur de l’hôtellerie, les cafés, la restauration mais aussi les salles de sports, tous ceux qui sont les premières victimes de cette crise sanitaire et économique», a-t-il encore souligné.

Parisot, Arthuis, Touraine… et une nouvelle commission pour sauver les finances publiques !

Parisot, Arthuis, Touraine… et une nouvelle commission pour sauver les finances publiques !

 

Comme à chaque problème, le gouvernement complètement empêtré dans sa gestion approximative convoque une commission. Cette fois sur le sujet particulièrement complexe et stratégique de l’endettement. On sait que cet endettement devait initialement atteindre 100 % du PIB fin 2020. Compte tenu du soutien économique et social lié à la crise sanitaire la dette va enfler pour atteindre 120 % du PIB en 2020.

Une vraie dérive qui peut s’expliquer voir se comprendre mais qui ne change rien aux fait  qu’une dette;  et une dette et qu’il conviendra un jour de l’amortir d’une manière ou d’une autre. La France ne manque pas d’organismes très spécialisés et très pointus pour gérer les finances par exemple à Bercy ou encore à la Cour des Comptes. Pourtant, le gouvernement convoque une mission qui comprendra notamment Laurence Parisot, Marizol le Touraine, ou encore Jean Arthuis. Une commission composée de « profils expérimentés » considèrent le gouvernement. Plutôt une commission assez composite avec d’ailleurs une mission très vague type ENA qui consiste à : « reconstruire une trajectoire des finances publiques en sortie de crise, notamment la gestion de la dette Covid. »

 

On peut d’ores et déjà prévoir les recommandations qui viseront à amortir la dette sur 20 ou 30 ans à moins évidemment que le système financier ne vienne à éclater sous la pression des actifs pourris, d’une montée brutale de l’inflation, d’une flambée des taux d’intérêt et d’une dévaluation de fait.

Annoncée début novembre par le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, cette commission sera composée d’une dizaine de personnes, « aux profils variés et très expérimentés », a indiqué mardi le ministère des Comptes publics à l’AFP.

Si sa composition n’est pas encore finalisée, en feront notamment partie Laurence Parisot, l’ancienne présidente du Medef, la socialiste Marisol Touraine, ancienne ministre des Affaires sociales et de la santé sous François Hollande ou encore le centriste Jean Arthuis, ex-ministre de l’Économie sous Jacques Chirac.

Ont également été choisis le PDG d’Aéroport de Paris Augustin de Romanet, le directeur général de l’Insee Jean-Luc Tavernier et l’économiste italo-suisse Beatrice Weder di Mauro, qui a notamment conseillé les chanceliers allemands Gerhard Schroeder et Angela Merkel.

L’idée du gouvernement est de cantonner la dette Coronavirus pour la distinguer de la dette plus structurelle afin de faire mieux passer la pilule auprès de la soupçonneuse union économique. Pas sûr que la pilule passe auprès des rigoureux pays du nord de l’Europe.

 

Taxer Amazon pour sauver les commerces ( collectif)

Taxer Amazon pour sauver les commerces ( collectif)

un collectif de Responsables politiques, syndicaux, mais aussi libraires ou éditeurs appellent lundi à imposer une taxe exceptionnelle sur les ventes d’Amazon et « les autres profiteurs de la crise » sanitaire, soulignant « l’urgence de stopper l’expansion du géant du e-commerce ».( Tribune France Info)

 

Tribune

« La fronde qui monte partout en France doit encore s’amplifier, car le monde rêvé par Amazon est en totale contradiction avec la profonde aspiration à des vies décentes sur une planète vivable », écrivent les 120 signataires de ce texte publié par franceinfo.

 

Ils entendent se mobiliser  »d’ici au 27 novembre prochain, date du Black Friday, pour montrer l’urgence de stopper l’expansion du géant du e-commerce avant qu’il ne soit trop tard ».

La tribune est portée par Attac, dont les porte-parole Aurélie Trouvé, Raphaël Pradeau et Maxime Combes sont signataires. Également signataires: des éditeurs, des économistes, des syndicalistes (dont le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez et celui de la FSU Benoît Teste), des responsables d’ONG (dont le directeur général de Greenpeace France Jean-François Julliard et le président des Amis de la Terre Khaled Gaïji) ou encore le porte-parole de la Confédération paysanne Nicolas Girod.

Mais aussi des députés et responsables de partis politiques (dont le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, le patron d’EELV Julien Bayou), ainsi que des conseillers municipaux et des maires, notamment ceux, EELV, de Grenoble et Besançon Éric Piolle et Anne Vignot.

 

 

« La crise du Covid devrait nous servir à repenser en profondeur nos modes de consommation et de vie sociale, pas à nous enfoncer dans un monde de surconsommation prédateur », considèrent-ils.

Dénonçant les dégâts sociaux et environnementaux de l’entreprise américaine, ils estiment que « pour faire face à l’urgence, une taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaires d’Amazon et des autres profiteurs de la crise est (…) indispensable ».

Celle-ci « permettrait dans l’immédiat de financer les mesures de préservation de l’emploi et le fonds de solidarité pour les commerces de proximité. »

Si Amazon est le « grand gagnant de la crise », « ce développement accéléré se fait aux dépens des engagements climatiques de notre pays », mais aussi des « revendications salariales » qui  »sont balayées d’un revers de main », et « de la destruction de milliers d’emplois dans les commerces de proximité ».

Ils accusent le président Macron de « dérouler le tapis rouge » à l’entreprise, en « interdi(sant) à tout le monde de vendre des produits non essentiels sauf… aux géants de la vente en ligne ! ».

« En faisant ce choix, le président dessine un monde d’après pire qu’avant. Celui d’un capitalisme sécuritaire dominé par les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon, Ndlr) », accusent-ils.

Outre la taxe exceptionnelle, les signataires défendent le moratoire sur la construction de nouvelles surfaces commerciales proposé par la Convention citoyenne sur le climat et dénoncent la volonté du gouvernement d’en exclure les entrepôts des sociétés de e-commerce.

 

De son coté,  Laurent Berger, considère parallèlement  cet appel qu’il faut  « contraindre Amazon à payer sa part de fiscalité au bien commun »…

 

Le leader de la CFDT Laurent Berger a souhaité lundi un « Noël avec le moins d’Amazon possible » mais a appelé à ne pas « mépriser » ceux qui y font leurs achats, soulignant que le plus important était de contraindre le géant de la distribution en ligne à payer davantage d’impôts.

Il faut « expliquer au citoyen » que « derrière Amazon, il y a, non pas forcément des conditions de travail plus dégradées que dans d’autres entrepôts mais des gens qui se font du fric sans payer leur fiscalité », a relevé M. Berger sur France Inter.

Il faut donc « contraindre Amazon à payer sa part de fiscalité au bien commun », de préférence via une imposition de ses bénéfices « sur le long terme », plutôt que par une taxe spéciale, selon lui.

Interrogé sur différents appels à boycotter le distributeur en ligne, le responsable syndical a estimé qu’il fallait « au minimum réduire sa consommation à travers Amazon » et « essayer d’aller plutôt dans les commerces de proximité ou en présentiel ».

« Je ne commande pas sur Amazon, mais je n’ai pas de mépris pour ceux qui le font », car « il y a aussi des citoyens qui n’ont pas d’autres solutions que de faire appel à ces plateformes » pour se procurer certains articles, a-t-il toutefois ajouté.

 

« C’est comme le débat sur les librairies: je fréquente les librairies, mais s’il n’y avait pas eu de livres dans les grandes surfaces, je n’aurais pas lu quand j’étais enfant », a encore expliqué M. Berger, qui a également appelé à « ne pas oublier non plus qu’Amazon ce sont des travailleurs ».

« Il n’est pas question de leur jeter l’opprobre, ce sont des milliers de salariés en France, dont il faut tenir compte, c’est aussi leur travail ».

 

 

Bridgestone : un plan pour sauver la moitié des emplois

Bridgestone : un plan pour sauver la moitié des emplois

Ce projet industriel, basé sur une expertise du cabinet Accenture, prévoit une production sur place de 3 millions de pneus de qualité supérieure et éviterait la moitié des 843 licenciements annoncés.

 

Il suppose une restructuration et un investissement de 100 millions d’euros;  le gouvernement tente de persuader Bridgestone d’accepter un plan qui permettrait de sauver la moitié des emplois c’est-à-dire autour de 400 sur les 860.

L’État serait prêt à investir dans ce projet qui nécessiterait un investissement d’environ 100 millions pour repositionner le site sur la production de pneus de haute qualité. Pour l’instant, Bridgestone qui avait envisagé la fermeture totale n’a pas répondu favorablement à la sollicitation du gouvernement. Son argumentation se fonde sur la crise automobile et notamment celle du pneu qui affiche une surcapacité en Europe surtout face aux pneus asiatiques très compétitifs.

Normalement la fermeture est prévue le 2 mai, reste à savoir Bridgestone est vraiment décidé à saisir la perche qui lui est tendue par le gouvernement français. Rien n’est sûr car la stratégie de la firme est à la fois européenne et mondiale pour recentrer ses sites de production.

Commandes de Rafale pour sauver Dassault ?

Commandes de Rafale pour sauver Dassault ?

 

Conséquence peut-être inattendue de la crise sanitaire, la baisse des commandes de matériel militaire dans la plupart des pays qui consacrent leurs moyens de manière prioritaire à la lutte contre le virus et au soutien de l’économie interne. L’aéronautique subit une grave crise au plan civil et peut-être encore davantage au plan militaire. Le gouvernement s’apprête à anticiper éventuellement certaines commandes françaises à Dassault pour maintenir le plan de charge.

La France discute donc avec Dassault Aviation d’un éventuel ajustement du calendrier de la commande de 30 nouveaux avions Rafale alors que l’avionneur doit faire face aux conséquences de l’épidémie de coronavirus sur son activité.

L’armée française a prévu de commander 30 nouveaux Rafale à l’horizon 2023 pour des livraisons devant s’étaler entre 2027 et 2030.

“Ces 30 rafale nous allons les commander et nous allons voir comment nous pouvons adapter le mieux possible le calendrier de ces commandes afin que les chaînes de production de Dassault Aviation soient préservées, qu’il n’y ait pas d’interruption (…)”, a déclaré la ministre des Armées Florence Parly sur Europe 1.

“Nous sommes en train d’étudier le meilleur moment pour lancer ces commandes pour assurer non seulement la continuité des activités de l’entreprise Dassault mais aussi de tous ses sous-traitants (…)”, a-t-elle ajouté.

«Sauver d’urgence nos forêts».

«Sauver d’urgence nos forêts».

David Caillouel président du Syndicat des exploitants de la filière bois (SEFB) attire l’attention sur le danger de mort d’une partie de la forêt française menacée par un coléoptère xylophage.

« Alors que la France se trouve confrontée à la pandémie du Covid, les forêts françaises voient se propager de manière galopante, sous l’effet du réchauffement climatique, une épidémie de scolytes, un coléoptère xylophage qui, en s’attaquant à l’écorce des épicéas, empêche la circulation de la sève et entraîne leur mort. Dévastant, de manière alarmante, nos massifs sylvestres et entraînant la disparition de pans entiers. Commencé, il y a deux ans, dans le Grand Est et la Bourgogne-Franche Comté, ce drame sanitaire touchait fin juin 25 000 hectares et faisait passer, en six mois, les bois contaminés de 5 millions à 9 millions de m3.

En l’absence de traitement prophylactique efficace, l’abattage des bois dévorés par ces insectes mortifères puis leur évacuation des sous-bois constituent la seule façon de préserver les bois encore sains et de freiner la contamination. La capacité d’absorption par les transformateurs français (fabricants de panneaux agglomérés ou de pellets, papetiers, etc.) des résineux malades se limitant actuellement à 6 500 000 m3, l’exportation hors d’Europe en container du surplus d’épicéas scolytés reste le seul débouché. Avant tout pragmatiques, les Allemands ont, avec l’aide financière de leur gouvernement, expédié, depuis le 1er janvier, 2 258 000 m3 en Asie (contre 155 000 pour la France).

Pour avoir contribué, après les tempêtes Lothar et Martin en 1999 et Klaus en 2009, au renouvellement de nos forêts en évacuant et en exportant hors d’Europe les chablis, les exploitants forestiers sont aujourd’hui les mieux placés pour agir.

« L’Anses a autorisé depuis décembre 2019 une solution chimique pour laquelle le Ministère de l’Agriculture refuse toujours la délivrance de certificats phytosanitaires, sans donner d’explications crédibles »

Sens des responsabilités. Alors que les autorités chinoises acceptent un traitement phytosanitaire chimique, les autorités françaises imposent pour l’export un traitement thermique au prix exorbitant de 15 euros le m3, le plus souvent supérieur au coût d’achat des épicéas abattus. Pourtant, l’Anses, l’autorité en charge de l’évaluation des produits phytosanitaires, a autorisé depuis décembre 2019 une solution chimique (le Forester par brumisation en container et en zone portuaire protégée) pour laquelle le Ministère de l’Agriculture refuse toujours la délivrance de certificats phytosanitaires, sans donner d’explications crédibles. En divisant par cinq les frais phytosanitaires (de 3 euros par m3), le recours à ce traitement non-CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) et non-toxique rendrait pourtant l’exportation de nos épicéas malades compétitive, endiguerait la progression géométrique galopante des scolytes et assurerait aux propriétaires privés les revenus nécessaires au reboisement, tout en permettant de réduire d’autant les aides étatiques.

Plus grave, alors que les exploitants forestiers sont le principal rempart contre la propagation du scolyte, le SEFB, leur syndicat majoritaire, est actuellement écarté par le Ministère de l’Agriculture de la cellule de crise chargée de gérer cette pandémie, dont il a pourtant été le premier a demandé la création.

On ne peut à la fois vouloir s’opposer à un fléau sanitaire dramatique et refuser de se donner les moyens d’y mettre fin. A l’instar de la mobilisation générale contre le Covid et du sens des responsabilités prôné par le Président de la République, l’avenir de nos forêts et de la filière bois nécessite de faire appel au bon sens et à la raison et, pour ce faire, d’intégrer d’urgence tous les acteurs de l’amont de la filière bois dans une cellule de crise interministérielle (à commencer par les exploitants forestiers et les experts forestiers qui en sont exclus) et de mettre en œuvre toutes les réponses (y compris phytosanitaires) susceptibles d’endiguer cette épidémie dévastatrice. Au nouveau Ministre de l’Agriculture, M. Julien Denormandie, qui a été saisi de ces graves dysfonctionnements, de prendre ses responsabilités.

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