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Pas de stratégie industrielle sans logistique forte

Pas de stratégie industrielle sans logistique forte

 

Le professeur de logistique Aurélien Rouquet note, dans une tribune au « Monde » que la réindustrialisation requiert une stratégie logistique. Or la France est sur ce terrain particulièrement en retard par rapport à l’Allemagne et à la Chine.

 

D’où la nécessité d’un partenariat fort entre les producteurs et les chargeurs mais aussi avec les pouvoirs publics maître d’œuvre sur à peu près toutes les infrastructures. NDLR

 

Tribune.

 

La pandémie de Covid-19 a révélé avec force que nous étions désormais largement dépendants pour nos approvisionnements de pays étrangers. Les pénuries de masques, les négociations houleuses pour être livré en priorité de vaccins, font qu’un besoin largement partagé au sein des familles politiques de la nation est que la France se réindustrialise et reprenne le contrôle des chaînes de valeur indispensables à sa souveraineté.

Dans ce cadre, la plupart des candidats à la présidentielle s’accordent sur le fait qu’un objectif pour les prochaines années doit être de relocaliser une partie de la production, et de favoriser le retour des usines sur notre sol. S’il est indéniable qu’un meilleur contrôle des chaînes de valeur passe par un retour des usines sur le sol national, une politique qui s’en tiendrait à cibler ces seules usines ne constitue qu’une part de la solution.

Quel que soit le secteur industriel que l’on considère, il est en effet clair que la valeur se crée aujourd’hui non plus seulement dans les usines, mais aussi dans les entrepôts et plates-formes logistiques. Et que l’avantage concurrentiel d’une firme industrielle découle à la fois de la maîtrise des technologies productives de fabrication, et de celle des technologies logistiques nécessaires à les faire circuler vers les clients.

La force d’une entreprise comme Apple s’explique certes par sa capacité à innover constamment en termes de produits, mais découle aussi de la façon dont elle a réussi depuis des années à orchestrer globalement et efficacement autour de quelques usines et plates-formes logistiques mondiales, une chaîne logistique faite de milliers de fournisseurs en amont et de points de vente en aval.

Il n’est d’ailleurs pas anodin qu’à la mort de Steve Job, la tête de l’entreprise ait été confiée à Tim Cook, alors responsable de la fabrication et de la supply chain (« chaîne d’approvisionnement »). Se contenter de penser une politique industrielle ciblant les usines, c’est ainsi regarder la réalité productive avec des lunettes du passé, en utilisant une distinction économique entre industrie et services qui ne fait plus sens aujourd’hui et empêche de voir la réalité logistique en face.

Une primaire populaire sans candidat et sans peuple !

Une primaire populaire sans candidat et sans peuple !

 

 

Cette « primaire populaires » restera sans doute une sorte d’ovni dans le paysage politique. En effet, ce qui le caractérise c’est d’abord son aspect très élitiste de couches sociales favorisées très marquées à gauche. Les sondages démontrent d’ailleurs que les milieux populaires s’intéressent très peu à la politique et encore moins à la gauche.

La primaire populaire va donc se dérouler sans le peuple et il serait intéressant de procéder à une analyse sociologique des 467 000 personnes qui se sont inscrites pour ce scrutin. Il faudra sans doute sortir une loupe pour déceler les représentants des couches sociales populaires. La deuxième incongruité concerne les candidats. En effet on compte à six ou sept candidats dont la moitié refusent le principe de cette consultation. En clair, les principaux intéressés susceptibles de figurer en tête réfutent la consultation.

Peu importe les gauchistes et autres utopistes qui soutiennent cette initiative ont maintenu ces candidats . Une drôle de conception de la démocratie.

En réalité ,la seule candidate un peu connu et Taubira qui serait l’incarnation de l’union de la gauche. Une curieuse incarnation puisque c’est elle qui a fait perdre Jospin en raison du maintien de sa candidature en 2002. Il s’agit une nouvelle fois d’une candidature qui ne repose sur rien, sur aucun programme réel et sur aucune force structurée. Une candidature qui aura simplement pour objet de ridiculiser encore un peu plus la gauche. 

L’état d’urgence met l’Etat de droit en question

L’état d’urgence met l’Etat de droit en question 

La frontière entre le droit commun et le régime d’exception se brouille de plus en plus, constate la professeure de droit, Stéphanie Hennette-Vauchez, qui s’inquiète, dans un entretien au « Monde », des conséquences d’une « normalisation » de l’état d’urgence sur les droits et les libertés des citoyens.

Dans La Démocratie en état d’urgence. Quand l’exception devient permanente (Seuil, 224 pages, 19,90 euros), la juriste Stéphanie Hennette-Vauchez, professeure de droit public à l’université de Nanterre et directrice du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (Credof), estime que, depuis 2015, les états d’urgence liés au terrorisme, puis à la crise sanitaire, ont, en France, durablement « dilué » les frontières entre la démocratie et l’autoritarisme.

Votre ouvrage est très critique sur les états d’urgence liés au terrorisme et à la crise sanitaire que la France a connus depuis 2015. Est-ce à dire que vous contestez le principe même d’un état d’exception ?

Je ne remets pas en cause la légitimité du recours, en temps de crise, à un régime d’exception : je critique la pratique, dans la France contemporaine, des états d’urgence à répétition. Nous avons vécu sous état d’urgence antiterroriste de 2015 à 2017, puis sous état d’urgence sanitaire, à quelques variations près, depuis 2020 : au total, ces périodes représentent quarante-quatre des soixante-quinze mois qui se sont écoulés depuis les attentats de novembre 2015…

Ce régime d’exception a fini par devenir un nouveau paradigme de gouvernement : il est tellement installé dans le paysage politique que les autorités ne le signalent même plus. Avant le deuxième confinement, le 14 octobre 2020, Emmanuel Macron, qui avait signé le matin même le décret rétablissant l’état d’urgence sanitaire, n’a pas prononcé une seule fois ce mot dans son allocution télévisée.

Vous analysez, dans votre livre, l’histoire des états d’exception depuis l’Antiquité. Sur quels principes étaient-ils fondés ?

Ces modèles historiques étaient caractérisés par un principe commun : la suspension de l’ordre juridique normal. Dans l’Antiquité romaine, l’état d’urgence reposait ainsi sur la désignation d’un dictateur qui disposait temporairement des pleins pouvoirs.

La suspension de l’Habeas Corpus anglais, en 1689, ou les lois françaises sur l’état de siège de 1849 ou 1878, reposaient sur une même logique d’écart à la norme. Ce modèle est théorisé, au lendemain de la première guerre mondiale, par le juriste allemand Carl Schmitt [1888-1985] : pendant l’état d’exception, le souverain doit, selon lui, jouir d’une autorité illimitée.

Ces modèles « autoritaires » du passé sont tombés en désuétude après la seconde guerre mondiale. Pourquoi ?

La réticence envers ces régimes d’exception correspond à la montée en puissance du paradigme de l’Etat de droit. Dans les années 1970-1980 s’impose, dans les démocraties occidentales, l’idée que l’action de l’Etat doit être subordonnée au respect de la séparation des pouvoirs, et des libertés individuelles – y compris dans les situations de crise.

 

Pas d ‘écologie sans démocratie

Pas d ‘écologie sans  démocratie 

 

Les changements radicaux exigés par la lutte contre le dérèglement climatique passent par un dialogue démocratique sincère entre citoyens et gouvernants, rappelle la présidente de la Commission nationale du débat public dans une tribune au « Monde ».

 

Depuis vingt-cinq ans, les procédures de participation du public aux décisions n’ont cessé de se multiplier. La loi de 2005, qui institutionnalise le principe du débat public, avait, à l’évidence, une double ambition. Une ambition démocratique tout d’abord : la convention d’Aarhus de 1998 visant à accompagner la transition démocratique des pays de l’Est avait posé le principe de l’association du public aux décisions dans le champ de l’environnement. Et une ambition plus utilitariste : multiplier la participation pour limiter les conflits et contentieux. Pour autant, ce droit de la participation est d’abord une conquête citoyenne. Il n’est pas uniquement né de la volonté des parlementaires.

Dans les années 1990, les conflits se multiplient autour des grands projets. Un groupe de personnes ayant « découvert » par la presse le projet de TGV Méditerranée s’auto-organise pour créer ce qui sera le premier débat public. Ce groupe interroge les pouvoirs publics, collecte de l’information, se forge sa propre opinion sur le projet, organise des débats où chaque personne a le même temps de parole. Cette initiative a clairement inspiré la création de la Commission nationale du débat public (CNDP).

Après vingt-cinq ans d’existence, nous pouvons affirmer que le débat public a un impact réel sur les décisions. Les statistiques l’attestent puisque 58 % des projets sortent profondément modifiés d’un débat public. Nous entretenons un dialogue démocratique quotidien, sur le terrain, ancré dans les territoires grâce aux 150 concertations et débats publics que nous organisons chaque année. Cet historique et cette présence concrète nous permettent de revendiquer une expertise et une expérience unique en matière de participation citoyenne. Nous connaissons les règles à respecter et les erreurs à ne pas commettre. Nous savons que la défiance à l’égard des responsables n’est que le reflet de celle dont ces derniers font preuve à l’égard du public.

Gouverner avec sincérité

La démocratie du quotidien est fragile, et son instrumentalisation politique dangereuse. Elle est fragile, car elle exige que les responsables soient sincères, qu’ils aient réellement l’intention de partager la décision avec le public, que les règles du jeu soient claires, garanties par la loi et par une instance indépendante de toutes les parties prenantes. La démocratie exige des règles et un défenseur de ces règles pour que toute personne ait la confiance qui l’incitera à « jouer le jeu ».

Gouverner autrement, c’est gouverner avec sincérité, avec clarté, avec le plus grand respect de chaque personne y compris les plus fervents opposants. C’est considérer que les bonnes décisions ne sont pas uniquement celles des expertes ou des experts, mais aussi celles nourries de l’expertise du quotidien, celles éclairées par la parole des personnes concernées. Cette exigence démocratique s’impose à toutes les personnes élues comme à l’ensemble des responsables, et notamment à celles et ceux qui se disent expertes ou experts.

La démocratie représentative et la démocratie participative s’enrichissent mutuellement et les responsables politiques de terrain portent de nombreuses initiatives. Par contre, les personnes dites expertes ont une relation plus suspicieuse à l’égard de la démocratie participative considérant que l’expertise est le préalable incontournable à toute bonne décision. Cette République de l’expertise, si puissante en France, renvoie trop souvent une image de défiance, parfois de mépris, à l’égard des publics.

Covid Un nouveau vaccin Novavax sans ARN

Covid Un nouveau vaccin Novavax sans ARN

Le vaccin du laboratoire américain Novavax qui, comme le vaccin Janssen,  utilise la technique classique sans recours à l’ARN vient d’être autorisé. Il pourrait offrir une possibilité supplémentaire aux personnes réticentes vis-à-vis de l’ARN messager alors qu’il existe environ encore 5 millions de personnes non vaccinées.

Pour les deux premières doses, ces personnes peuvent être vaccinées soit avec Janssen (deux mois entre les doses) soit avec Novavax (trois semaines entre les doses), à condition qu’elles aient 55 ans et plus. Si elles ont moins de 55 ans, elles peuvent être vaccinées avec Novavax.

Covid-19. une probable vague sans précédent et à une saturation de l’hôpital (professeur Renaud Piarroux )

Covid-19. une probable vague sans précédent et à une saturation de l’hôpital (professeur Renaud Piarroux )

Le spécialiste des épidémies Renaud Piarroux affirme dans le JDD que le risque de saturation des services hospitaliers est sous-estimé.

En février 2020, Renaud Piarroux, professeur de parasitologie au CHU de la Pitié-Salpêtrière à Paris ayant participé à la gestion d’épidémies en Haïti ou en Afrique, avait été l’un des seuls à percevoir la catastrophe qui s’annonçait. Ces jours-ci, il a alerté la direction des hôpitaux parisiens (AP-HP) contre un risque de saturation. « Il faut nous préparer au pire! » a-t-il exhorté. Selon lui, la fatigue pandémique et le déni nous empêchent de regarder en face l’augmentation du nombre des nouvelles hospitalisations.

Les hospitalisations ont augmenté de 15% ces sept derniers jours. La vague Omicron peut-elle submerger le système de santé?
Cette vague me rappelle la première. Plus exactement, c’est la même en négatif, au sens photographique du terme, le noir prenant la place du blanc et vice versa. En mars-avril 2020, le pays était pétrifié. Le pilier, c’était l’hôpital. Certes on découvrait la maladie mais, hormis dans quelques établissements submergés du Grand Est, un standard élevé de soins était pratiqué ; un malade qui avait besoin d’aller en réanimation y entrait ; le nombre d’infirmiers par patient était optimal ; les personnels des services à l’arrêt venaient en renfort. Le blocage avait lieu en amont puisque beaucoup de patients avaient renoncé à venir à l’hôpital.

Et aujourd’hui?
Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le soir, en sortant de la Pitié-Salpêtrière, j’ai l’impression que le virus a disparu. À part la longueur des files d’attente pour les tests devant les pharmacies, rien n’est vraiment différent d’il y a deux mois. La ville vit avec le virus. À l’intérieur du CHU, par contre, la situation devient de plus en plus alarmante. Le nombre de passages aux urgences atteint déjà celui du pic de la deuxième vague, début novembre 2020, au moment où tout s’était arrêté. Et quoi qu’on dise, les réanimations se remplissent : on a dépassé 3.800 patients Covid en France, soit plus de la moitié du nombre atteint lors du pic de la première vague.

Mais la situation semble sous contrôle. En quoi est-ce alarmant?
Il y a une inadéquation entre les besoins des malades et les moyens pour y répondre. Contrairement à mars 2020, nous peinons à faire face à l’afflux de patients. Deux exemples : alors que le variant est davantage transmissible, il n’est plus possible de séparer complètement les secteurs dédiés au Covid et les non Covid, ce qui accroît le risque d’infection nosocomiale ; une part importante du personnel – positif ou épuisé – est arrêtée ; une autre travaille après une contamination et même avec de légers symptômes. Vous avez seulement le nez qui coule? On vous encourage à venir! Mais ce drame se déroule à huis clos : à l’extérieur des hôpitaux, cette dégradation des soins n’est pas perçue.

Nous serions dans le déni?
Oui, certains biais cognitifs nous poussent à privilégier les signes encourageants. Et il y a une conjonction entre l’approche de la présidentielle et le ras-le-bol général. Cette lassitude n’épargne ni les experts ni les responsables sanitaires ni les journalistes. C’est ainsi que les dernières modélisations de l’Institut Pasteur font l’objet d’articles de presse privilégiant l’hypothèse la plus optimiste.

Quelle lecture en faites-vous?
Au vu des dernières données et des informations produites par nos collègues du Samu qui croulent sous les appels, le doute n’existe plus : nous sommes sortis de la trajectoire optimiste. L’Institut Pasteur envisage douze scénarios différents, en faisant varier différents paramètres dont la contagiosité d’Omicron et sa dangerosité. La presse a évoqué un pic autour de 1.700 à 2.700 nouvelles hospitalisations par jour et occulté les scénarios catastrophes à 7.000 ou 9.000. Pourtant, du fait des indicateurs épidémiques actuels (augmentation exponentielle du nombre de cas et accroissement sensible du nombre des nouvelles hospitalisations ces derniers jours), ces scénarios pessimistes me semblent plus proches de la réalité : le pic des contaminations, attendu vers la mi-janvier, pourrait entraîner 5.000 nouvelles hospitalisations par jour. Ce n’est pas une vaguelette qui nous attend fin janvier, elle pourrait être plus forte que la deuxième et la troisième vague.

Mais le virus est moins dangereux!
Ma lecture des données venues du Danemark montre que l’épidémie d’Omicron double tous les deux jours et que ce variant n’est pas cinq fois moins dangereux que Delta mais plutôt deux ou trois fois moins seulement, ce qui donne une sévérité proche soit de la souche initiale, soit du variant alpha. Un virus moins virulent peut faire des dégâts considérables s’il infecte un nombre plus important de personnes. Or Omicron a une contagiosité extrême. Avec 300.000 contaminations par jour, si un peu plus de 1% des gens sont hospitalisés comme aujourd’hui au Danemark, cela donnerait plus de 3.000 entrées par jour. En réalité cela sera plus élevé chez nous car, comme beaucoup de patients n’arrivent pas à se faire tester, le nombre de nouvelles contaminations est largement sous-estimé.

La durée d’hospitalisation n’est-elle pas plus brève avec Omicron?
Prudence, prudence. On la sous-estime toujours en début de vague, quand les contaminations touchent des gens jeunes. Le taux d’hospitalisation parmi les infectés augmente lui aussi avec l’âge des personnes positives.

Les hôpitaux tiendront-ils?
Ce sera gérable si on déprogramme massivement. Il faudra se focaliser sur les urgences, qu’elles soient liées au Covid ou non.

« Misère de l’homme sans Dieu »

« Misère de l’homme sans Dieu »

Une quinzaine d’auteurs relisent l’œuvre de l’écrivain Michel Houellebecq  au regard de la foi. ( chronique dans le Monde)

« Misère de l’homme sans Dieu. Michel Houellebecq et la question de la foi », sous la direction de Caroline Julliot et Agathe Novak-Lechevalier, Champs, « Essais », inédit, 384 p., 14 €, numérique 14 €.

« Il faudrait réveiller les puissances opprimées/ La soif d’éternité, douteuse et pathétique. » Ces vers, cités par le théologien Olivier-Thomas Venard dans son étude sur ce « drôle de paroissien » qu’est Michel Houellebecq, disent peut-être tout ce qu’il y a à savoir sur la place de la foi religieuse chez l’auteur d’Anéantir : une aspiration indéracinable, au conditionnel. Croire est impossible. Vivre sans croire l’est aussi. Nous sommes devenus trop lucides, et ne pouvons, alors que Dieu s’absente, qu’éprouver la nostalgie d’un temps où l’espérance arrachait l’humanité à la contemplation du vide, ce qui signifie aussi : l’aveuglait, pathétique bonheur.

Sans le trancher, la quinzaine d’auteurs réunis par Caroline Julliot et Agathe Novak-Lechevalier dans Misère de l’homme sans Dieu mettent ce nœud gordien à la place éminente qui lui revient dans l’œuvre romanesque et poétique de Houellebecq. Non pour en révéler quelque dimension secrète – tout cela, en réalité, crève les yeux –, mais parce que la relire sous l’angle de cette nostalgie impuissante permet de réordonner une série d’éléments parfois négligés, ou qui ont semblé anecdotiques. Leur constance et leur force laissent pourtant peu de doutes sur l’importance que l’écrivain leur accorde.

Du prêtre défroqué d’Extension du domaine de la lutte aux élans ambigus du narrateur de Sérotonine, des délires sectaires de La Possibilité d’une île à la renaissance du théologico-politique dans Soumission, Michel Houellebecq n’a, de fait, cessé de représenter ou d’inventer les formes que peut prendre le sentiment religieux à l’ère du rationalisme libéral. Tour à tour élégiaque et ricanant, il explore tous azimuts un champ qui se révèle, à chaque fois, une impasse, reconduisant la « terreur pure » que recèle pour lui la vision pascalienne de la « misère de l’homme sans Dieu ». Mais tel est le rôle que Dieu peut continuer de jouer : nous rappeler, par son absence même, que l’impasse est notre milieu naturel. Et qu’il n’y a de grandeur pour nous, désormais, qu’à savoir la regarder en face.

Signalons, d’Agathe Novak-Lechevalier, la parution en poche de « Houellebecq, l’art de la consolation », Champs, « Essais », 304 p., 10 €.

PSG: une équipe sans entraîneur (Jérôme Rothen)

PSG: une équipe sans entraîneur (Jérôme Rothen)

Jérôme Rothen  estime que le PSG propose un spectacle décevant depuis plusieurs semaines. La faute en revient essentiellement à un entraîneur complètement absent.

« J’en veux à Pochettino à cause de la structure de l’équipe, et on peut lui reprocher de ne pas être clair. Je pense que par rapport à ce qu’il met en place, les joueurs n’y comprennent plus rien. Je vois des joueurs livrés à eux-mêmes », assène l’ex-joueur du PSG (2004-2010), alors que Pochettino jongle entre 4-2-3-1 et 4-3-3 ces dernières semaines.

Politique-«Ensemble citoyens !» : La maison commune sans adhérents !

Politique-«Ensemble citoyens !» : La maison commune sans adhérents !

 

Un curieux objet mal identifié que cette maison commune de la majorité appelée « ensemble citoyens »qui a la particularité de ne pas recruter d’adhérents en tout en souhaitant qu’on adhère à ses objectifs. En réalité ,il s’agit d’une sorte de club qui tente d’assembler les organisations très balkanisées qui soutiennent Macron. Certains au sein de la majorité auraient souhaité transformer la maison commune en véritable parti mais Macron ne s’y est opposée. L’intéressé compte surtout sur lui et veut éviter l’éventuelle pression d’un parti qui lui imposerait des orientations.

La maison commune ensemble citoyens sera donc simplement un club de politiciens dont l’objet sera surtout de délivrer la bénédiction pour les législatives prochaines.

«Ensemble citoyens !», l’association des partis de la majorité, sera lancée le 29 novembre lors d’un meeting à la Maison de la Mutualité, à Paris. La nouvelle a été annoncée mardi par le chef de file de La République en marche (LREM), Stanislas Guerini, lors d’une réunion de la direction du mouvement. L’invitation a été envoyée mercredi.

L’événement doit permettre de mettre en scène le rassemblement de la majorité derrière le chef de l’État en attendant qu’il officialise sa candidature à l’Élysée. Les détails de cette «maison commune» ont été soigneusement étudiés.

Les dirigeants de la majorité ont finalement opté pour une structure légère, au terme de plusieurs mois de négociations autour du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Cette alliance de LREM et de ses alliés – le Mouvement démocrate (MoDem) ; Agir ; le nouveau parti d’Édouard Philippe «Horizons» ; et Territoires de progrès – sera fondée sur une charte de principes communs. Elle sera dirigée par un comité exécutif autour de quatre personnalités : Richard Ferrand, François Bayrou, Édouard Philippe et Jean Castex. Un beau quatuor de politiciens !

«Ensemble citoyens !» : La maison commune sans adhérents !

«Ensemble citoyens !» : La maison commune sans adhérents !

 

Un curieux objet mal identifié que cette maison commune de la majorité appelée « ensemble citoyens »qui a la particularité de ne pas recruter d’adhérents en tout en souhaitant qu’on adhère à ses objectifs. En réalité ,il s’agit d’une sorte de club qui tente d’assembler les organisations très balkanisées qui soutiennent Macron. Certains au sein de la majorité auraient souhaité transformer la maison commune en véritable parti mais Macron ne s’y est opposée. L’intéressé compte surtout sur lui et veut éviter l’éventuelle pression d’un parti qui lui imposerait des orientations.

La maison commune ensemble citoyens sera donc simplement un club de politiciens dont l’objet sera surtout de délivrer la bénédiction pour les législatives prochaines.

«Ensemble citoyens !», l’association des partis de la majorité, sera lancée le 29 novembre lors d’un meeting à la Maison de la Mutualité, à Paris. La nouvelle a été annoncée mardi par le chef de file de La République en marche (LREM), Stanislas Guerini, lors d’une réunion de la direction du mouvement. L’invitation a été envoyée mercredi.

L’événement doit permettre de mettre en scène le rassemblement de la majorité derrière le chef de l’État en attendant qu’il officialise sa candidature à l’Élysée. Les détails de cette «maison commune» ont été soigneusement étudiés.

Les dirigeants de la majorité ont finalement opté pour une structure légère, au terme de plusieurs mois de négociations autour du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Cette alliance de LREM et de ses alliés – le Mouvement démocrate (MoDem) ; Agir ; le nouveau parti d’Édouard Philippe «Horizons» ; et Territoires de progrès – sera fondée sur une charte de principes communs. Elle sera dirigée par un comité exécutif autour de quatre personnalités : Richard Ferrand, François Bayrou, Édouard Philippe et Jean Castex. Un beau quatuor de politiciens !

LFI: « l’union sans la gauche »

LFI: « l’union sans la gauche »

Plus la gauche s’écroule dans l’opinion est plus nombreux sont ceux qui réclament une illusoire union mais sans y croire réellement. La vérité sans doute c’est qu’il n’y a plus rien à réunir tellement les effectifs sont devenus insignifiants dans les différentes chapelles de gauche et surtout tellement sont grandes les divergences idéologiques. Des divergences idéologiques qui vont de l’approche communiste, en passant par le gauchisme, la social-démocratie et l’écologie bobo.

Pourtant deux leaders des insoumis, Clémentine Autain et François Ruffin défendent  encore l’utopie de l’union de la gauche. Justement une union que réfute même Mélenchon.

Devant la presse, la semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon se moquait encore des discours «creux et vides» des partisans du rassemblement. «Je dis creux et vides parce que nous savions tous que tout le monde aurait son candidat. C’est une simagrée car tout le monde connaissait d’avance les points d’atterrissage», avait affirmé le candidat de LFI.Mélenchon aussi et pour l’union mais sans la gauche autre que la sienne !

«Pas d’intelligence artificielle sans humain». (David Lacombled)

«Pas d’intelligence artificielle sans humain». (David Lacombled)

 

Dans un papier de l‘Opinion, David Lacombled observe que le concept d’intelligence artificielle ne saurait convaincre l’opinion si l’on ne fait pas le lien avec la dimension humaine qui doit demeurer. La vérité sans doute puisque si l’intelligence artificielle permet d’énormes gains de productivité dans un secteur donné, elle permet parallèlement en amont et en aval la création de nombre d’activités connexes.

Un seul exemple qui contredit la thèse de l’intérêt du tout  technologique : la suppression du support papier. En réalité, les flux d’informations sont majoritairement gérés désormais par voie numérique mais il y a autant et même davantage de papier au bout de la chaîne qui supporte les frais d’édition. Par ailleurs évidemment l’intelligence artificielle n’a  intérêt que si elle sert le progrès humain.

L’intelligence artificielle (IA) ne fera pas tout affirme David Lacombled. Promettre ou craindre le grand remplacement, ici des humains par la machine , ne peut que renforcer défiance et méfiance face à la technologie, en accentuant les divisions entre les individus. Les promesses mirifiques ouvrent la voie au désenchantement. La technique et l’économie doivent rester une science en veillant à ne pas revêtir des attributs de la fiction.

L’IA, un vocable polymorphe souvent préféré à celui plus effrayant encore d’automatisation, est par nature machinale, là où l’intelligence humaine est instinctive et créative. C’est à cela que l’on reconnaît des êtres capables de lier des éléments qui n’avaient de prime abord rien à voir entre eux. Pour preuve, les humains savent parfaitement se jouer de la machine et ne se privent pas de la contourner. Les militants anti-vaccins savent, par exemple, parfaitement passer sous les radars de modération et de détection automatique des réseaux sociaux, en faisant sans cesse évoluer leur langage. Ainsi, «(ovid Va((ine» (sic) ne sera pas détecté tant qu’il n’aura pas été saisi dans une base de données, vaste dictionnaire du Web… par un humain.

 

«Pas d’IA sans humain». (David Lacombled)

«Pas d’intelligence artificielle sans humain». (David Lacombled)

 

Dans un papier de l‘Opinion, David Lacombled observe que le concept d’intelligence artificielle ne saurait convaincre l’opinion si l’on ne fait pas le lien avec la dimension humaine qui doit demeurer. La vérité sans doute puisque si l’intelligence artificielle permet d’énormes gains de productivité dans un secteur donné, elle permet parallèlement en amont et en aval la création de nombre d’activités connexes.

Un seul exemple qui contredit la thèse de l’intérêt du tout  technologique : la suppression du support papier. En réalité, les flux d’informations sont majoritairement gérés désormais par voie numérique mais il y a autant et même davantage de papier au bout de la chaîne qui supporte les frais d’édition. Par ailleurs évidemment l’intelligence artificielle n’a  intérêt que si elle sert le progrès humain.

L’intelligence artificielle (IA) ne fera pas tout affirme David Lacombled. Promettre ou craindre le grand remplacement, ici des humains par la machine , ne peut que renforcer défiance et méfiance face à la technologie, en accentuant les divisions entre les individus. Les promesses mirifiques ouvrent la voie au désenchantement. La technique et l’économie doivent rester une science en veillant à ne pas revêtir des attributs de la fiction.

L’IA, un vocable polymorphe souvent préféré à celui plus effrayant encore d’automatisation, est par nature machinale, là où l’intelligence humaine est instinctive et créative. C’est à cela que l’on reconnaît des êtres capables de lier des éléments qui n’avaient de prime abord rien à voir entre eux. Pour preuve, les humains savent parfaitement se jouer de la machine et ne se privent pas de la contourner. Les militants anti-vaccins savent, par exemple, parfaitement passer sous les radars de modération et de détection automatique des réseaux sociaux, en faisant sans cesse évoluer leur langage. Ainsi, «(ovid Va((ine» (sic) ne sera pas détecté tant qu’il n’aura pas été saisi dans une base de données, vaste dictionnaire du Web… par un humain.

 

Humanité : pas de progrès sans prise en compte aussi de la rationalité

Humanité : pas de progrès sans prise en compte aussi de la rationalité

Dans son nouvel ouvrage « Rationalité » (éd. Les Arènes) (1), Steven Pinker, professeur de linguistique à l’université Harvard, montre combien la démarche rationnelle reste le meilleur moyen pour les êtres humains de faire les moins mauvais choix malgré nos passions et nos biais cognitifs. ( La Tribune)

 

L’être humain est paradoxal. Il bénéficie d’une faculté, la pensée rationnelle, mais préfère souvent suivre ses intuitions et ses passions qui souvent le conduisent à faire de mauvais choix. Pourtant, des outils comme « la logique, la pensée critique, les probabilités, la corrélation et la causalité » à condition de les maîtriser nous permettent de mieux « ajuster nos croyances et de prendre des décisions dans un contexte de données incertaines », affirme le linguiste et cognitiviste Steven Pinker dans son nouvel ouvrage « Rationalité » (éditions Les Arènes) (1).

Loin de réduire la rationalité à une logique instrumentale désincarnée qui bannit les émotions (à l’instar du célèbre Dr Spock de la série culte « Star Trek »), ce professeur à l’université Harvard y voit davantage une « capacité d’utiliser les connaissances pour atteindre des objectifs » pour chacun de nous. Autrement dit, elle nous permet de vivre mieux, non seulement matériellement mais aussi socialement et aussi émotionnellement.

Dès lors, pourquoi ne suivons-nous pas instinctivement ces règles? A cause de nos « biais », héritage de l’évolution humaine. Pinker consacre plusieurs chapitres à explorer cet aspect. S’inscrivant dans les travaux pionniers en psychologie cognitive et en économie comportementale de Daniel Kahneman (en collaboration avec Amos Tversky), qui lui valurent le « prix Nobel » d’économie en 2002 et qu’il a synthétisé pour le grand public dans son célèbre ouvrage « Système 1/Système 2, Pinker explore à son tour longuement les biais et les sophismes auxquels les êtres humains sont sujets dans les jugements qu’ils portent sur le monde qui les entoure et les font agir.

Zone de confort cognitive

Il montre par exemple que nous préférons les informations qui renforcent nos opinions (biais de confirmation), les individus qui nous ressemblent (biais culturel), que nous rejetons les produits artificiels (biais naturaliste), etc. Plutôt que d’élargir nos connaissances par la vérification d’informations, qui remettent en cause nos certitudes (nos biais), nous préférons rester dans notre zone de confort cognitive.

Comme les grands rationalistes classiques, Descartes et Spinoza par exemple, Pinker ne rejette pas les passions, ni les coutumes, les traditions ou encore les interdits, mais il montre qu’en cas de conflit et de dilemme une approche rationnelle est le moyen d’aider à faire un choix quitte à abandonner des certitudes. Ainsi, s’il est impossible de tout vérifier, des méthodes pour faire des choix raisonnables existent comme l’approche bayésienne.

Une telle approche est une critique à peine voilée des croyances religieuses, des approches des pseudo-sciences, des superstitions ainsi que des préjugés, et d’une certaine forme de romantisme, même si sur le plan de la création artistique ce dernier a ses lettres de noblesse. Car malgré cet irrationalisme ambiant, le développement de la rationalité a permis des progrès considérables non seulement en matière de savoir – les sciences – mais aussi dans le domaine de la santé, du droit ou encore de la politique, avec l’extension des régimes démocratiques.

Loin d’être la raison technicienne et scientifique qui dominerait le monde que dénoncent certains critiques, l’adoption d’une démarche rationnelle développe au contraire un attitude d’humilité non seulement épistémique mais aussi éthique. En effet, plus nos connaissances progressent, plus nous prenons conscience de nos ignorances. C’est le contraire de l’effet gourou, dont le professeur Didier Raoult, qui ne manque jamais une occasion d’affirmer que seul lui sait faire face à des journalistes, est un bon exemple.

Les idéologies sont répétitives

Le livre de Pinker s’inscrit dans la continuité de ses deux précédents best-sellers : « La Part d’Ange en nous », une impressionnante synthèse de données qui établissait contrairement à l’opinion courante que jamais nous n’avons vécu à l’échelle de l’histoire dans un monde où le nombre de victimes tuées par violence est si faible (rapporté à la population), et « Le triomphe des Lumières », publié durant la présidence de Donald Trump, qui a vu la popularisation de la notion de « fakes news ». En élargissant la focale aux domaines de la pauvreté, de l’espérance de vie, la santé, la nourriture, la richesse, les inégalités, l’environnement, la sécurité, la démocratie, la sécurité, le savoir… Pinker y montrait que, au regard de chacun de ces critères, et malgré les guerres mondiales et la colonisation, la situation s’était considérablement améliorée au cours des dernières décennies, et que la tendance se poursuit. En réalité, contrairement aux idéologies, qui sont répétitives, le progrès scientifique est cumulatif et se répand par l’échange, le commerce, l’éducation. Et s’il rend les pays riches plus riches, il rend aussi les pays pauvres moins pauvres.

Ces ouvrages ont fait l’objet de nombreuses critiques, certains lui reprochant au mieux la naïveté de son optimisme béat, au pire d’être un suppôt du capitalisme – Pinker est un libéral qui aux Etats-Unis le situe sur l’échiquier politique avec Barack Obama ou Bill Clinton -, d’autres que son approche était faussée. Il est vrai que le linguiste et cognitiviste pointait les travers de certains intellectuels qui font carrière en passant leur temps à critiquer les progrès matériels dont ils sont les premiers bénéficiaires.

Les thèses de Pinker prennent également à revers tout un discours catastrophiste – la collapsologie est à la mode – qui connaissent un certain succès, ce qui n’est pas nouveau dans l’histoire humaine, le millénarisme en est même une constante. Car Pinker – mais ses critiques l’ont-ils lu in extenso? – n’a jamais nié qu’il y avait des malheurs, des catastrophes, des problèmes graves comme le réchauffement climatique mais il soutient que les êtres humains malgré les vicissitudes essaient de résoudre les problèmes, ce qui ne se fait pas par des discours mais par des actions et des innovations concrètes. Or, nous avons tendance à oublier les progrès réalisés car ils deviennent la norme. Par exemple, la population mondiale est passée en à peine 70 ans de 2,6 milliards d’individus en 1950 à 7,8 milliards aujourd’hui tout en ayant pratiquement réduit les famines qui furent le lieu commun des siècles passés!

Repousser les limites d’un monde que nous voyons fini

Autrement dit, il faut maintenir un niveau minimum de croissance économique – avec l’inévitable utilisation de ressources naturelles qui exerce une pression sur l’environnement  – pour donner à tous des conditions minimales de vie au quotidien. Un tel processus ne va pas sans contradiction mais il voit aussi émerger des solutions rationnelles qui repoussent les limites d’un monde que nous nous représentons fini. Après tout, si l’on avait soutenu devant un théologien du XIIe siècle qu’un jour nous disposerions d’avions, il est fort possible qu’il aurait rejeté une telle idée en nous traitant d’hérétique, car il pensait sincèrement que Dieu a fait le monde tel qu’il est.

Finalement, dans le propos clair et sans jargon de « Rationalité », Pinker ne cherche pas tant à discréditer ses adversaires qu’à nous montrer que notre confiance dans « la nature des rumeurs, la sagesse populaire et la pensée complotiste » doit être interrogée pour permettre de faire « la distinction entre deux modes de croyance : la mentalité réaliste et la mentalité mythologique ». Cela nous permet de « gagner en lucidité face aux vicissitudes et aux tragédies de la vie », et c’est une invitation à « raisonner collectivement pour trouver les croyances les plus défendables ». Face à l’urgence que posent par exemple les conséquences du réchauffement climatique, une telle réflexion est salutaire!

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(1) Steven Pinker « Rationalité », traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Peggy Sastre, éditions Les Arènes, 450 pages, 22,90 euros (parution le 4 novembre)

Vers une démocratie sans électeurs ?

Vers une démocratie sans électeurs ? 

 

 

A l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, un collectif d’universitaires et de membres de l’ONG A Voté alerte, dans une tribune au « Monde », sur les dangers de l’abstention, en particulier chez les jeunes.Pour preuve, beaucoup de candidats lors des dernières municipales des dernières départementales ont été élus avec seulement 10 % des voix du corps électoral. (extrait)

 

Tribune.

Parlementaire ou présidentielle, délibérative ou représentative, liquide ou participative, la démocratie donne à chacun la chance de participer au choix des règles qui conditionnent notre vie quotidienne.

Pourtant, la tendance à la participation électorale est, élection par élection, l’illustration d’une désertion des urnes, d’un basculement vers une « démocratie de l’abstention ». Ce phénomène est observable depuis les années 1980 et s’intensifie, tout particulièrement dans les catégories populaires et chez les jeunes. Une démocratie sans électeurs et sans sa jeunesse est-elle encore démocratique ?

L’habitude de la démocratie est si ancrée dans notre inconscient collectif que la célébrer, en cette Journée internationale de la démocratie, peut sembler incongru. La démocratie est pourtant bien plus fragile qu’on ne le croit. Il suffit, en effet, de se remémorer les étudiants de Hongkong qui, en 2014, ont défilé et constitué le mouvement de la « révolution des parapluies ». Comment oublier, en 2020, les rues de New York bondées de pancartes « Count every vote » (« comptez chaque bulletin de vote »).

Ces mouvements civiques sont la preuve que la démocratie ne relève en rien de l’évidence. Au contraire, elle doit être défendue chaque jour davantage, parce qu’elle constitue pour les citoyennes et les citoyens le meilleur moyen de participer activement à la vie politique et institutionnelle de son pays. Elle est un héritage fragile et vulnérable qui, sans une forte mobilisation, pourrait disparaître dans le silence des bureaux de vote…

La France n’est pas épargnée par les maux de la démocratie. Depuis quarante ans, elle a pris des allures d’apathie. Chaque échéance électorale est l’occasion d’un constat de plus en plus évident : les isoloirs se vident, au point d’en devenir une habitude.

 

Ainsi, plus personne ne s’inquiète, la veille d’une élection, de savoir si l’on pourra ou non aller voter. Tout au plus, on commence à s’inquiéter du sort de l’élection au moment des premiers dépouillements. Le taux de participation est scruté à la mi-journée, puis au début de la soirée. On s’étonne qu’il soit toujours plus faible mais on oublie très vite, et aucun travail de fond n’est engagé pour améliorer durablement la situation.

Par le truchement d’un aveuglement général, on préfère ne pas voir, ou ne pas comprendre, que le seul vainqueur de l’élection, celui dont le score est le plus spectaculaire, n’a pas de visage, pas de programme et d’ailleurs, n’est même pas candidat. Presque à tous les coups, ce vainqueur est l’abstention. Ne nous y trompons pas : c’est contre cet ennemi que réside l’enjeu majeur des campagnes électorales à venir. Ne laissons pas ce silence devenir une norme. N’oublions jamais que le vote est le cœur battant de la démocratie et que sans lui, elle n’est plus rien.

Google : du social sans syndicat et sans revendication

Google : du social sans syndicat et sans revendication

En raison de divergences avec leur direction qui se multiplient, des salariés de Google ont annoncé, lundi 4 janvier, créer un syndicat, une décision qui coïncide avec une période de mécontentement grandissant envers les géants de la Silicon Valley.

La Silicon Valley était parvenue jusqu’à présent à éviter la création de syndicats en offrant de généreuses rémunérations à ses salariés mais fait face, désormais, à un activisme des employés sur de nombreuses problématiques sociétales. Ce tout premier syndicat ne s’occupera pas que des questions liées aux salaires et conditions de travail mais aussi des problématiques éthiques, selon un communiqué des fondateurs.

Dans un article du Wall Street Journal le patron de Google livre sa vision des rapports dans l’entreprise. Des rapports assez archaïques dignes du XIXe siècle quand la technologie par contre est en avance .Témoin cette opposition jusqu’en 2021 à la création du moindre syndicat.

 

Interview de Sundar Pichai, directeur général d’Alphabet et de Google, lors de la conférence Tech Live du Wall Street Journal. ( extraits )

M. Murray : Où en êtes-vous actuellement en ce qui concerne le retour de vos collaborateurs au bureau, le télétravail, l’obligation du port du masque et de se faire tester, et que prévoyez-vous sur ces questions pour les prochains mois ?

M. Pichai : Nous partons du principe que l’avenir du travail sera flexible. Mais notre profonde conviction est que réunir les gens est bénéfique, c’est pourquoi vous nous avez vus récemment acheter un immeuble à New York. Nous tablons en gros sur un modèle trois jours au bureau et deux jours en télétravail. Nous envisageons de faire en sorte qu’environ 20 % de notre personnel travaille entièrement à distance à terme.

A partir de janvier, nous allons simplement dire à nos collaborateurs de prendre des décisions au niveau local, et non plus de manière centralisée, car les différentes régions du monde connaissent des trajectoires différentes concernant la Covid.

M. Murray : A titre personnel, avec quelle fréquence allez-vous au bureau en ce moment ?

M. Pichai : Cette semaine, j’y suis allé tous les jours, mais, en moyenne, cela tourne à deux à trois jours par semaine.

M. Murray : Comment allez-vous redéfinir la culture d’entreprise que vous voulez avoir — et dont vous avez besoin —, qui doit être susceptible de créer un sentiment d’appartenance pour tout le monde, qu’il soit au bureau en télétravail ?

M. Pichai : Cela passe par l’investissement. Nous repensons beaucoup les espaces physiques, en essayant de créer plus de lieux de collaboration, d’endroits sympas où les gens peuvent venir et se réunir.

Lorsque nous avons rouvert nos bureaux de New York, la présence se faisait sur la base du volontariat. Désormais, la fréquentation est d’environ 50 %. La semaine dernière, nous avons eu des files d’attente dans nos cafétérias pour la première fois. L’énergie était de retour dans les bureaux. Les gens semblaient vraiment heureux d’être de nouveau là.

M. Murray : Est-ce que la crise a changé la Silicon Valley en tant que cœur de la tech ? Cette dernière est-elle désormais installée partout ? Est-ce que la Silicon Valley a perdu un peu de sa centralité dans le secteur ?

M. PICHAI : Tout porte à croire que la Silicon Valley continue à faire des choses extraordinaires et qu’elle emploie les meilleurs talents qui soient. Mais il y a plus d’activité et d’énergie dans d’autres régions qu’il n’y en avait jamais eues.

Le gâteau est en pleine expansion, et la Silicon Valley ne sera plus seule. D’autres régions vont certainement prospérer, ce qui est globalement une bonne chose. Mais la Silicon Valley aura toujours quelque chose de spécial.

M. Murray : Vous avez eu à affronter de vifs conflits avec votre personnel. Il y a désormais un mouvement syndical dans l’entreprise. Entre ces incidents et les défis posés par le télétravail, comment gérez-vous les préoccupations culturelles de vos collaborateurs et les contestations au sein de l’entreprise ?

M. Pichai : Nous avons profondément responsabilisé nos salariés. Je considère que c’est une richesse pour l’entreprise d’avoir des employés aussi impliqués, qui s’intéressent profondément à ce qu’elle fait.

Il arrive que nous prenions des mesures qui ne plaisent pas à notre personnel. Nous devons être clairs et transparents sur nos décisions. C’est une nouvelle normalité, et nous y sommes habitués depuis un certain temps.

M. Murray : L’un des gros titres de cette semaine a été la gestion de l’affaire du spectacle de l’humoriste Dave Chappelle [NDLR : une production Netflix qui a fait polémique] et le mécontentement qu’elle a suscité chez certains collaborateurs. C’est une nouvelle corde à l’arc d’un PDG, aujourd’hui, d’apprendre à faire face aux employés qui donnent de la voix. Vous-même, faites-vous davantage savoir lorsque vous n’êtes pas d’accord avec les critiques ?

M. Pichai : Quand vous êtes à la tête d’une grande entreprise, vous voulez vous assurer que celle-ci agisse comme il faut. Cela confère un sentiment de responsabilité, que j’ai toujours considéré comme une richesse pour l’entreprise. Nous avons investi dans des moyens permettant aux gens d’exprimer leurs préoccupations.

Il est important qu’il y ait également un dialogue empreint de respect de part et d’autre. Mais les chefs d’entreprise doivent accepter le fait que, dans le monde professionnel moderne, les employés veuillent avoir leur mot à dire sur l’entreprise. C’est aussi une force.

FRANCE 2030: un plan de plus mais sans planification !

FRANCE 2030: un plan de plus mais sans planification !

Les grands plans se suivent et se ressemblent. Des annonces toujours un peu confuses avec des moyens inadaptés qui se chevauchent mais sans véritable gestion planificatrice. Du coup, nombre de financements iront se perdre dans les sables des récupérateurs D’effets d’aubaine  .  On se souvient évidemment du rapport Juppé- Rocard il y a une dizaine d’années. En 2013 Arnaud Montebourg a lancé son grand plan industriel lui aussi.

 

 En 2021, c’est celui de  Macron. Certains extasient sur le caractère de nouveauté du plan 2030. On a déjà oublié le plan de 20 milliards d’euros sur cinq ans décidés récemment en septembre 2020 par Jean Castex pour favoriser l’innovation dans des secteurs prioritaires, générateurs de croissance.

Des plans qui s’ajoutent, se superposent, se contredisent aussi par exemple concernant l’objectif de croissance et l’objectif environnemental. Par exemple encore entre le développement des transports collectifs et le développement du transport individuel.

De toute manière, les enveloppes prévues sont toujours très insuffisantes et tout cela parvient seulement à saupoudrer un tas de secteurs sans dégager de véritables priorités.

En outre, il n’y a pas en France de véritables maîtres d’œuvre pour la gestion des plans. Normalement cette tâche devrait incomber au commissariat au plan. Une mission qui a été longtemps remplie mais ensuite discréditée par les libéraux qui voulaient s’en remettre au seul marché. Du coup, on ne sait plus très bien ce qu’est le plan d’autant que Bayrou n’a pas l’air de s’y intéresser vraiment.

Or le commissariat au plan serait indispensable pour gérer la mise en œuvre et procéder à une évaluation régulière. L’intérêt du plan est de réunir tous les acteurs par secteur d’activité et de définir avec eux les orientations communes pour le pays, l’articulation entre public et privé et la programmation .

 

Il est curieux que les libéraux retrouvent les vertus du plan après l’avoir démoli. Certes tout ne serait reposé en matière de technologie ou de croissance sur le seul plan. Les actions dans ces domaines stratégiques sont conduites évidemment par les entreprises, par les labos et par les institutions publiques. Bref, c’est l’articulation des efforts des différentes parties qui donnent sa puissance un plan sur quelques axes particulièrement stratégiques.

 

Un seul exemple celui du TGV. Avant 1980, le développement du TGV reposait essentiellement sur la mobilité entre les deux grandes villes que sont Paris et Lyon. Dans le cadre du neuvième plan en 1982, le concept de réseau TGV a été adopté avec d’une part la décision d’engager le TGV Atlantique, d’autre part avec  la prise en compte de l’effet d’irrigation de la grande vitesse sur des zones bien plus larges que les grandes villes de Paris ou de Lyon. Une technologie et un concept qui ont servi nos exportations ( parfois copiées) et l’aménagement du territoire.

Présidentielles 2022:sans Le Pen au deuxième tour ?…….. et sans Macron!

Présidentielles  2022:sans  Le Pen au deuxième tour ?…….. et sans Macron!

 

Depuis des mois et des mois, les analystes politiques prévoient un second tour Macron-Le Pen. Avec chacun selon les sondages et les moments autour de 20 à 25 % des voix. Aujourd’hui notamment avec la venue de Zemmour, les mêmes spécialistes s’interrogent sur l’hypothèse Marine Le Pen au second tour.

Il se pourrait en effet que l’arrivée de Zemmour change la donne électorale. Un autre candidat par exemple de droite comme Xavier Bertrand pourrait se qualifier ou même Zemmour lui-même. En effet, le seuil à atteindre pour se qualifier au second tour tourne autour de 15 % depuis que Zemmour a divisé la  droite.

Ce que reconnaît Jérôme Jaffré est directeur du Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique « Nous sommes dans la précampagne plutôt que dans la campagne elle-même. Car le scrutin est encore loin, ce n’est pas le temps de la prise de décision des électeurs. D’autant plus que les choses prendront une autre tournure quand Emmanuel Macron se déclarera: la lutte s’organisera alors autour de lui et, pour les autres candidats, contre lui. Restent déjà des indications majeures. Tout d’abord, l’incertitude sur l’affiche du second tour. Si Macron paraît avoir de grandes chances d’être l’un des finalistes, nous ne sommes pas sûrs de qui sera son adversaire, alors que tout depuis 2017 annonçait un nouveau duel Macron/Le Pen! Ensuite, nous entrevoyons un renversement du rapport des forces, car la droite extrême de Le Pen et Zemmour totalise aujourd’hui plus de 30 % des intentions de vote. Et la droite classique, qui jadis dominait ce camp, »

Ce que ne dit pas par contre le politologue, c’est l’hypothèse d’une non qualification de Macron lui-même au second tour. Pour l’instant ,  Macron jouit encore d’un certain soutien dans l’opinion en tant que président de la république (un peu moins de 40 %). Ceci étant,  c’est autre chose que de considérer les intentions de vote pour une future candidature. Il se pourrait bien que l’anti Macron constitue l’axe stratégique de la plupart des candidats. Macron lui-même suscite par sa personnalité autoritaire et un peu mondaine un rejet d’une grande partie de la population.

Rien n’est joué dans cette élection. Macron élu essentiellement par les voies de gauche en 2017 a conduit une politique de droite. Il aura du mal à valoriser son bilan politique relativement contradictoire tant sur le plan économique que sociétal. Macron a surtout fait du slalom politique en contournant les difficultés et en se contredisant sur de nombreux sujets. La France surtout ne sort pas renforcée de son mandat. Elle demeure faible sur le plan économique et fragile sur le plan sociétal.

Dépendance: Une enveloppe de 400 millions…. sans financement

 Dépendance: Une enveloppe de 400 millions…. sans financement

D’après le premier ministre lui-même, le coût du plan dépendance coût devrait dépasser les 400 millions d’euros en 2022.Rien de précis n’est prévu pour son financement qui se fera essentiellement par la dette. Chacun ne peut que se réjouir de cette orientation met une nouvelle fois encore une orientation budgétaire qui ne repose pas sur des ressources.

« Notre premier objectif, c’est de permettre le maintien à domicile le plus longtemps possible », a assuré Jean Castex, soulignant que cette stratégie était « deux fois gagnante, pour les personnes comme pour nos finances publiques ».  Le Premier ministre a ainsi promis une augmentation pour les professionnels de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile (BAD), en instaurant un tarif plancher de 22 euros pour une heure d’intervention d’aide à domicile, pour les personnées âgées comme pour celles en situation de handicap.

. Parmi ces annonces, le Premier ministré a déclaré vouloir recruter 10 000 soignants dans les Ehpad « d’ici cinq ans ». D’ici 2023, le gouvernement veut également soutenir les astreintes de nuit dans ces établissements.

Ces mesures devraient représenter un « effort global de plus de 400 millions d’euros » en faveur de l’aide aux personnes âgées en perte d’autonomie, à domicile ou en établissements, a résumé Jean Castex. Le budget alloué à ces services devrait toutefois « monter progressivement en charge » pour atteindre « 1,3 milliard d’euros en 2025″ a assuré le Premier ministre.

Société- Une démocratie sans électeurs ?

Politique- Une démocratie sans électeurs ? 

 

 

A l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, un collectif d’universitaires et de membres de l’ONG A Voté alerte, dans une tribune au « Monde », sur les dangers de l’abstention, en particulier chez les jeunes.(extrait)

 

Tribune.

Parlementaire ou présidentielle, délibérative ou représentative, liquide ou participative, la démocratie donne à chacun la chance de participer au choix des règles qui conditionnent notre vie quotidienne.

Pourtant, la tendance à la participation électorale est, élection par élection, l’illustration d’une désertion des urnes, d’un basculement vers une « démocratie de l’abstention ». Ce phénomène est observable depuis les années 1980 et s’intensifie, tout particulièrement dans les catégories populaires et chez les jeunes. Une démocratie sans électeurs et sans sa jeunesse est-elle encore démocratique ?

L’habitude de la démocratie est si ancrée dans notre inconscient collectif que la célébrer, en cette Journée internationale de la démocratie, peut sembler incongru. La démocratie est pourtant bien plus fragile qu’on ne le croit. Il suffit, en effet, de se remémorer les étudiants de Hongkong qui, en 2014, ont défilé et constitué le mouvement de la « révolution des parapluies ». Comment oublier, en 2020, les rues de New York bondées de pancartes « Count every vote » (« comptez chaque bulletin de vote »).

Ces mouvements civiques sont la preuve que la démocratie ne relève en rien de l’évidence. Au contraire, elle doit être défendue chaque jour davantage, parce qu’elle constitue pour les citoyennes et les citoyens le meilleur moyen de participer activement à la vie politique et institutionnelle de son pays. Elle est un héritage fragile et vulnérable qui, sans une forte mobilisation, pourrait disparaître dans le silence des bureaux de vote…

La France n’est pas épargnée par les maux de la démocratie. Depuis quarante ans, elle a pris des allures d’apathie. Chaque échéance électorale est l’occasion d’un constat de plus en plus évident : les isoloirs se vident, au point d’en devenir une habitude.

 

Ainsi, plus personne ne s’inquiète, la veille d’une élection, de savoir si l’on pourra ou non aller voter. Tout au plus, on commence à s’inquiéter du sort de l’élection au moment des premiers dépouillements. Le taux de participation est scruté à la mi-journée, puis au début de la soirée. On s’étonne qu’il soit toujours plus faible mais on oublie très vite, et aucun travail de fond n’est engagé pour améliorer durablement la situation.

Par le truchement d’un aveuglement général, on préfère ne pas voir, ou ne pas comprendre, que le seul vainqueur de l’élection, celui dont le score est le plus spectaculaire, n’a pas de visage, pas de programme et d’ailleurs, n’est même pas candidat. Presque à tous les coups, ce vainqueur est l’abstention. Ne nous y trompons pas : c’est contre cet ennemi que réside l’enjeu majeur des campagnes électorales à venir. Ne laissons pas ce silence devenir une norme. N’oublions jamais que le vote est le cœur battant de la démocratie et que sans lui, elle n’est plus rien.

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