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Économie et placements financiers : des changements sans précédent depuis 30 ans

Économie et placements financiers : des changements sans précédent depuis 30 ans

Nicolai Tangen, qui pilote le plus grand fonds de pension au monde, le fonds souverain norvégien (ex- »Norwegian Oil Fund »),  explique les raisons de son profond pessimisme. A titre d’exemple, son portefeuille d’actions russes est devenu totalement invendable (-90%).Selon le directeur général de Norges Bank Investment Management, Nicolai Tangen, , tout juste remis de la pandémie, les marchés font face à un triptyque fatal : inflation (ou pire, stagflation), guerre en Ukraine et dé-mondialisation.

Nicolai Tangen, le patron du fonds souverain norvégien, le plus gros du monde avec ses quelque 1.200 milliards d’euros d’actifs sous gestion, a expliqué aujourd’hui sa vision de l’avenir proche. Et, vu des fjords, l’horizon est plutôt sombre. Le DG de Norges Bank Investment Management (ex- »Fonds pétrolier de Norvège) s’attend en effet à des conditions de marchés difficiles en raison de l’évolution de la situation géopolitique et de l’inflation:

« La probabilité d’un scénario d’horreur où le fonds chute de 40 % a augmenté », a-t-il déclaré devant l’assemblée législative monocamérale de Norvège, à Oslo.

Auditionné par la commission des finances du Storting (l’assemblée nationale) pour le rapport annuel du gouvernement sur la gestion du « fonds pétrolier », Nicolai Tangen a expliqué aux élus du « Storting » (ou « grande assemblée »), les raisons de son pessimisme, rapporte le quotidien économique norvégien Dagens Næringsliv (en anglais « Today’s Business »), troisième du pays par le tirage.

« À peine avions-nous commencé à mettre la pandémie de Covid derrière nous en imaginant que tout redeviendrait « normal », que ça s’est encore rétréci. Après le Covid qui a durement affecté notre fonds, l’invasion de l’Ukraine par la Russie fera de même », a dit Nicolai Tangen.

Les plus grands changements en une génération

Dans sa déclaration préliminaire écrite qu’il avait adressée à la commission des Finances du parlement norvégien en prévision de son audition, Nicolai Tangen déclare :

« Les conséquences géopolitiques de la guerre sont difficiles à prédire mais nous allons sans doute au devant des plus importants changements depuis trente ans. »

Il précisait :

« Il ne fait guère de doute que la montée des tensions entre les superpuissances et la remise en cause de la mondialisation vont affecter les marchés. »

Inflation/stagflation, Ukraine, dé-mondialisation…  le triptyque fatal

Pour Nicolai Tangen, la hausse des prix, déjà bien engagée avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, a continué de s’accélérer alors que les taux d’intérêt sont très bas et que les cours des actions restent élevés.

Mais il y a pire que l’inflation : avec une inflation élevée et une faible croissance économique,  c’est le risque de « stagflation » qui menace, et il a augmenté au cours des six derniers mois.

« La stagflation est le pire que l’on puisse imaginer », selon lui.

Pour ceux qui échouent aux critères ESG, « il n’y a « nulle part où se cacher »

Le fonds norvégien, qui investit tous ses actifs en actions et obligations étrangères, ainsi que sur les marchés immobiliers et dans des projets d’énergies renouvelables, n’a « nulle part où se cacher » et doit gérer les risques liés à son exposition aux marchés mondiaux, a poursuivi Nicolai Tangen.

« Tout cela mis bout à bout signifie que nous allons au-devant d’une période agitée », a-t-il prédit.

Pour mémoire, en décembre 2021, Nicolai Tangen avait déjà développé cette idée, en insistant sur les impératifs ESG qui vont devenir vitaux, pour la planète c’est sûr, mais aussi pour les marchés: selon le directeur général du plus grand propriétaire d’actions au monde affirme, la vie est sur le point de devenir beaucoup plus difficile pour les entreprises qui échouent aux tests environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) établis par les investisseurs institutionnels.

« Les entreprises qui ne s’adaptent pas aux nouvelles normes ESG verront leur financement se tarir, les compagnies d’assurance partir, leurs employés démissionner, la honte sur les réseaux sociaux va s’intensifier et les clients vont disparaître, a-t-il déclaré dans une interview, rapporte Bloomberg.

Le fonds norvégien, construit sur le pétrole, futur leader de l’ESG ?

En tant que patron du fonds souverain norvégien, Tangen supervise environ 1.000 milliards de dollars d’actions, ce qui représente environ 72 % du portefeuille total. Le reste est dans les obligations, l’immobilier et les infrastructures d’énergie renouvelable. L’ancien patron de fonds spéculatifs de 55 ans s’occupe de l’épargne collective des Norvégiens depuis fin 2020.

Et il a promis au gouvernement norvégien de transformer le fonds, qui a été construit à partir des richesses en combustibles fossiles du pays, en un leader mondial dans l’investissement responsable (ESG).

-90% : son portefeuille d’actions russes devenu totalement invendable

Le fonds souverain norvégien n’est actuellement pas en mesure de vendre son portefeuille d’actions russes car le marché de ces actifs ne fonctionne pas et de nombreuses entreprises figurent sur des listes de sanctions mondiales, a déclaré mardi le PDG du fonds, Nicolai Tangen. .

Le fonds détenait des actions russes d’une valeur de quelque 27 milliards de couronnes norvégiennes (2,86 milliards de dollars) à la fin de 2021, soit 0,2 % de sa valeur totale, mais a depuis déclaré que la valeur de ces actifs avait chuté d’au moins 90%.

Le fonds norvégien a perdu 68 milliards d’euros au 1er trimestre

Pour autant, le rendement du fonds est particulièrement solide du fait de la reprise des marchés boursiers en 2020 et 2021 amenant le fonds bien au-delà des 12.000 milliards de couronnes norvégiennes.

Mais, au premier trimestre 2022, gros trou d’air. Est-ce un signe annonciateur de ces temps difficiles évoqués par Tangen devant le Storting? Toujours est-il que la Banque centrale de Norvège qui a sous tutelle le plus gros fonds souverain de la planète, avait indiqué le 24 avril que celui-ci avait subi une perte de quelque 68 milliards d’euros au premier trimestre du fait des turbulences financières liées notamment à la guerre en Ukraine.

Alimenté par les revenus pétroliers de l’État norvégien, l’énorme bas de laine a chuté de presque 5% (-4,9%), voyant sa valeur tomber à 11.657 milliards de couronnes (1.216 milliards d’euros).

« Le premier trimestre a été caractérisé par des troubles géopolitiques qui ont affecté les marchés », a expliqué le numéro deux du fonds, Trond Grande, cité dans un communiqué.

Dans le détail, les investissements en actions, qui représentent 70,9% du portefeuille, ont perdu 5,2% au cours du trimestre. Et les placements obligataires, qui constituent 26,3% des actifs, ont perdu, eux, 4,8%. En revanche, les investissements dans l’immobilier (2,7% du portefeuille) ont gagné 4,1%.

L’ensemble de ces investissements sont réalisés hors de Norvège, plus gros exportateur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest, afin de ne pas surchauffer l’économie nationale.

Ce mardi 3 mai, selon le compteur qui tourne en direct (ci-dessous capture d’écran du jour) sur le site de la banque centrale norvégienne, le fonds pesait 11.721 milliards de couronnes norvégiennes (1.178 milliards d’euros), ce qui représente 2,17 millions de couronnes (218.321 euros) pour chacun des 5,4 millions d’habitants du pays scandinave.

 

Avoir la confiance du peuple – c’est-à-dire, les propriétaires du fonds

Face à la commission des finances, Nicolai Tangen a soutenu qu’au final, ce qui comptait le plus dans cette situation, c’était la solidité du fonds: et fort heureusement, a-t-il assuré, le fonds de pension norvégien dispose de ressources suffisantes pour gérer cette incertitude et ce risque, même s’il est plus difficile de gagner de l’argent en période de fluctuations soudaines.

Enfin, dernier point central, la confiance. Pour le DG du fonds souverain, il faut que la direction du fonds communique bien avec les propriétaires - c’est-à-dire le peuple norvégien – pour maintenir la confiance.

(La Tribune avec Reuters, AFP, Bloomberg et le Dagens Næringsliv)

Économie et finances: des changements sans précédent depuis 30 ans

Économie et finances: des changements sans précédent depuis 30 ans

Nicolai Tangen, qui pilote le plus grand fonds de pension au monde, le fonds souverain norvégien (ex- »Norwegian Oil Fund »),  explique les raisons de son profond pessimisme. A titre d’exemple, son portefeuille d’actions russes est devenu totalement invendable (-90%).Selon le directeur général de Norges Bank Investment Management, Nicolai Tangen, , tout juste remis de la pandémie, les marchés font face à un triptyque fatal : inflation (ou pire, stagflation), guerre en Ukraine et dé-mondialisation.

Nicolai Tangen, le patron du fonds souverain norvégien, le plus gros du monde avec ses quelque 1.200 milliards d’euros d’actifs sous gestion, a expliqué aujourd’hui sa vision de l’avenir proche. Et, vu des fjords, l’horizon est plutôt sombre. Le DG de Norges Bank Investment Management (ex- »Fonds pétrolier de Norvège) s’attend en effet à des conditions de marchés difficiles en raison de l’évolution de la situation géopolitique et de l’inflation:

« La probabilité d’un scénario d’horreur où le fonds chute de 40 % a augmenté », a-t-il déclaré devant l’assemblée législative monocamérale de Norvège, à Oslo.

Auditionné par la commission des finances du Storting (l’assemblée nationale) pour le rapport annuel du gouvernement sur la gestion du « fonds pétrolier », Nicolai Tangen a expliqué aux élus du « Storting » (ou « grande assemblée »), les raisons de son pessimisme, rapporte le quotidien économique norvégien Dagens Næringsliv (en anglais « Today’s Business »), troisième du pays par le tirage.

« À peine avions-nous commencé à mettre la pandémie de Covid derrière nous en imaginant que tout redeviendrait « normal », que ça s’est encore rétréci. Après le Covid qui a durement affecté notre fonds, l’invasion de l’Ukraine par la Russie fera de même », a dit Nicolai Tangen.

Les plus grands changements en une génération

Dans sa déclaration préliminaire écrite qu’il avait adressée à la commission des Finances du parlement norvégien en prévision de son audition, Nicolai Tangen déclare :

« Les conséquences géopolitiques de la guerre sont difficiles à prédire mais nous allons sans doute au devant des plus importants changements depuis trente ans. »

Il précisait :

« Il ne fait guère de doute que la montée des tensions entre les superpuissances et la remise en cause de la mondialisation vont affecter les marchés. »

Inflation/stagflation, Ukraine, dé-mondialisation…  le triptyque fatal

Pour Nicolai Tangen, la hausse des prix, déjà bien engagée avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, a continué de s’accélérer alors que les taux d’intérêt sont très bas et que les cours des actions restent élevés.

Mais il y a pire que l’inflation : avec une inflation élevée et une faible croissance économique,  c’est le risque de « stagflation » qui menace, et il a augmenté au cours des six derniers mois.

« La stagflation est le pire que l’on puisse imaginer », selon lui.

Pour ceux qui échouent aux critères ESG, « il n’y a « nulle part où se cacher »

Le fonds norvégien, qui investit tous ses actifs en actions et obligations étrangères, ainsi que sur les marchés immobiliers et dans des projets d’énergies renouvelables, n’a « nulle part où se cacher » et doit gérer les risques liés à son exposition aux marchés mondiaux, a poursuivi Nicolai Tangen.

« Tout cela mis bout à bout signifie que nous allons au-devant d’une période agitée », a-t-il prédit.

Pour mémoire, en décembre 2021, Nicolai Tangen avait déjà développé cette idée, en insistant sur les impératifs ESG qui vont devenir vitaux, pour la planète c’est sûr, mais aussi pour les marchés: selon le directeur général du plus grand propriétaire d’actions au monde affirme, la vie est sur le point de devenir beaucoup plus difficile pour les entreprises qui échouent aux tests environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) établis par les investisseurs institutionnels.

« Les entreprises qui ne s’adaptent pas aux nouvelles normes ESG verront leur financement se tarir, les compagnies d’assurance partir, leurs employés démissionner, la honte sur les réseaux sociaux va s’intensifier et les clients vont disparaître, a-t-il déclaré dans une interview, rapporte Bloomberg.

Le fonds norvégien, construit sur le pétrole, futur leader de l’ESG ?

En tant que patron du fonds souverain norvégien, Tangen supervise environ 1.000 milliards de dollars d’actions, ce qui représente environ 72 % du portefeuille total. Le reste est dans les obligations, l’immobilier et les infrastructures d’énergie renouvelable. L’ancien patron de fonds spéculatifs de 55 ans s’occupe de l’épargne collective des Norvégiens depuis fin 2020.

Et il a promis au gouvernement norvégien de transformer le fonds, qui a été construit à partir des richesses en combustibles fossiles du pays, en un leader mondial dans l’investissement responsable (ESG).

-90% : son portefeuille d’actions russes devenu totalement invendable

Le fonds souverain norvégien n’est actuellement pas en mesure de vendre son portefeuille d’actions russes car le marché de ces actifs ne fonctionne pas et de nombreuses entreprises figurent sur des listes de sanctions mondiales, a déclaré mardi le PDG du fonds, Nicolai Tangen. .

Le fonds détenait des actions russes d’une valeur de quelque 27 milliards de couronnes norvégiennes (2,86 milliards de dollars) à la fin de 2021, soit 0,2 % de sa valeur totale, mais a depuis déclaré que la valeur de ces actifs avait chuté d’au moins 90%.

Le fonds norvégien a perdu 68 milliards d’euros au 1er trimestre

Pour autant, le rendement du fonds est particulièrement solide du fait de la reprise des marchés boursiers en 2020 et 2021 amenant le fonds bien au-delà des 12.000 milliards de couronnes norvégiennes.

Mais, au premier trimestre 2022, gros trou d’air. Est-ce un signe annonciateur de ces temps difficiles évoqués par Tangen devant le Storting? Toujours est-il que la Banque centrale de Norvège qui a sous tutelle le plus gros fonds souverain de la planète, avait indiqué le 24 avril que celui-ci avait subi une perte de quelque 68 milliards d’euros au premier trimestre du fait des turbulences financières liées notamment à la guerre en Ukraine.

Alimenté par les revenus pétroliers de l’État norvégien, l’énorme bas de laine a chuté de presque 5% (-4,9%), voyant sa valeur tomber à 11.657 milliards de couronnes (1.216 milliards d’euros).

« Le premier trimestre a été caractérisé par des troubles géopolitiques qui ont affecté les marchés », a expliqué le numéro deux du fonds, Trond Grande, cité dans un communiqué.

Dans le détail, les investissements en actions, qui représentent 70,9% du portefeuille, ont perdu 5,2% au cours du trimestre. Et les placements obligataires, qui constituent 26,3% des actifs, ont perdu, eux, 4,8%. En revanche, les investissements dans l’immobilier (2,7% du portefeuille) ont gagné 4,1%.

L’ensemble de ces investissements sont réalisés hors de Norvège, plus gros exportateur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest, afin de ne pas surchauffer l’économie nationale.

Ce mardi 3 mai, selon le compteur qui tourne en direct (ci-dessous capture d’écran du jour) sur le site de la banque centrale norvégienne, le fonds pesait 11.721 milliards de couronnes norvégiennes (1.178 milliards d’euros), ce qui représente 2,17 millions de couronnes (218.321 euros) pour chacun des 5,4 millions d’habitants du pays scandinave.

 

Avoir la confiance du peuple – c’est-à-dire, les propriétaires du fonds

Face à la commission des finances, Nicolai Tangen a soutenu qu’au final, ce qui comptait le plus dans cette situation, c’était la solidité du fonds: et fort heureusement, a-t-il assuré, le fonds de pension norvégien dispose de ressources suffisantes pour gérer cette incertitude et ce risque, même s’il est plus difficile de gagner de l’argent en période de fluctuations soudaines.

Enfin, dernier point central, la confiance. Pour le DG du fonds souverain, il faut que la direction du fonds communique bien avec les propriétaires - c’est-à-dire le peuple norvégien – pour maintenir la confiance.

(La Tribune avec Reuters, AFP, Bloomberg et le Dagens Næringsliv)

Pas de transition environnementale sans projet collectif

Pas de  transition environnementale  sans projet collectif 

 

 

Jean Pisani-Ferry, économiste estime que dans une économie où les choix de chacun pèsent sur tous, il faut repenser le rôle de la puissance publique. Et donc oui, planifier. La question est de savoir comment, considère l’économiste dans sa chronique au « Monde ».

 

Chronique.

 A défaut d’accéder au second tour, Jean-Luc Mélenchon a réussi à imposer son thème-phare, la planification écologique, qu’Emmanuel Macron a repris à son compte en annonçant qu’il en chargerait directement le premier ministre.

 

L’expression surprend : le dernier plan français a pris fin en 1992. Mais, surtout, on a longtemps dit que la transition écologique reposerait sur le marché. Les économistes répétaient que le rôle des gouvernements n’était pas de jouer les chefs d’orchestre, mais de donner un prix au carbone. Le reste – choix des technologies, spécialisation sectorielle, consommation, modes de vie – serait du ressort des agents privés. L’Etat fixerait l’ampleur et le rythme de la transformation, le marché en déterminerait les modalités.

Cette belle architecture s’est défaite. En France, la hausse de la fiscalité carbone est suspendue depuis fin 2018 ; aux Etats-Unis, Joe Biden a renoncé à cet instrument ; dans le reste du monde, les recettes correspondantes sont neuf fois inférieures aux subventions aux énergies fossiles, selon les calculs de l’Institut d’économie pour le climat. Certes, le marché européen des quotas fonctionne, et l’UE envisage de l’étendre. Mais ce ne sera, au mieux, qu’un instrument partiel.

La raison première de cet échec est une hostilité sociale profonde à la tarification du carbone. Celle-ci n’est pas sans fondement : en France, en 2019, un quart seulement du produit des nouvelles taxes devait être redistribué aux ménages. Mais même une restitution intégrale, pour un montant égalitaire, est perçue comme injuste. Pour celles et ceux que le prix des combustibles contraint à se restreindre, l’équité commande d’obliger les plus aisés à renoncer à leurs week-ends à Rome. Pas d’en augmenter le prix.

Il y a pire. Si l’on veut qu’entreprises et ménages investissent pour réduire leurs émissions, il ne suffit pas de fixer le prix du carbone pour aujourd’hui, il faut aussi le programmer pour dans vingt ans. Or, les gouvernants ne peuvent pas lier les mains de leurs successeurs. Et quand ils le font, cela n’empêche pas l’Etat de se dédire : en 2013, l’abandon de l’écotaxe poids lourds lui a coûté 1 milliard d’euros en indemnités. Ce manque de crédibilité affaiblit grandement l’instrument.

Toujours nécessaire, le prix du carbone ne sera donc plus la pierre angulaire de la stratégie climat. L’Etat va agir davantage par la réglementation, la subvention, l’investissement, et assumer la responsabilité de choix technologiques, territoriaux ou sociaux. C’est, au fond, normal : entre nucléaire et renouvelables, entre mobilité électrique et hydrogène, entre métropolisation et renaissance des villes moyennes, la décision appartient à la société. Dans une économie où les choix de chacun pèsent sur tous, il faut repenser le rôle de la puissance publique. Et donc, oui, planifier. La question est comment.

Macron élu largement mais sans élan

Macron élu largement mais sans élan

 


Le président sortant bat, pour la seconde fois, la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, mais avec un écart de voix plus resserré qu’il y a cinq ans. Une réélection qui s’explique notamment par les crises qu’a traversées le pays mais aussi par la persistance, malgré tout, du front républicain estime un papier de Franceinfo.

C’est désormais chose faite. Emmanuel Macron restera cinq années de plus à l’Elysée. Il a décroché un second mandat, dimanche 24 avril, face à Marine Le Pen avec 58,55% des voix contre 41,45% pour la candidate d’extrême droite, selon une première estimation Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France 24, les chaînes parlementaires et Le Parisien. Marine Le Pen progresse elle de 7,55 points par rapport à 2017.

Pour ce match retour, l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande fait moins bien qu’il y a cinq ans, où il avait totalisé 66,1% des suffrages. Ce resserrement significatif témoigne de l’avancée des idées de Marine Le Pen dans l’électorat français, malgré ce troisième échec de son camp au second tour de la présidentielle. Il sonne aussi comme un sérieux avertissement pour Emmanuel Macron et ses troupes, tant l’espoir d’une victoire de l’extrême droite demeure chez certains, en vue du prochain scrutin présidentiel, en 2027.

Avec cette réélection, le candidat LREM réussit là où ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy (en 2012) et François Hollande (en 2017) avaient échoué. Quant à François Mitterrand en 1988, et Jacques Chirac en 2002, ils avaient été réélus après une période de cohabitation.

« A chaque élection, il y a la tentation de l’alternance, le sortant est toujours en situation défavorable, livre l’historien Mathias Bernard, président de l’Université Clermont Auvergne. Contrairement aux élections locales, où il y a une prime au sortant, à la présidentielle, il y a une prime au changement. » C’est notamment ce qui avait porté au pouvoir Emmanuel Macron en 2017. Certes, le président sortant de l’époque, François Hollande, n’était pas candidat à sa réélection, mais le fondateur d’En marche ! avait su incarner la nouveauté, prônant le dépassement du clivage gauche-droite au détriment des partis traditionnels.

Sa réélection ne porte pas, cette fois, la marque du changement, encore moins de l’alternance. Elle s’explique par des raisons politiques mais aussi conjoncturelles. Premier ingrédient du succès d’Emmanuel Macron : la persistance d’un front républicain contre l’extrême droite, malgré la dédiabolisation engagée de longue date par Marine Le Pen. Si le front républicain n’a « pas la même vigueur qu’en 2002 et en 2017, il a, malgré tout, joué », soutient Mathias Bernard.

« La crainte et la détestation de l’extrême droite est malgré tout plus forte que la haine que pouvait inspirer Emmanuel Macron à certaines personnes », embraie Jérémie Peltier, directeur des études de la Fondation Jean-Jaurès. « Marine Le Pen reste inquiétante pour plus d’un Français sur deux », rappelle le sondeur de l’Ipsos Mathieu Gallard, en citant une étude de son institut sur le sujet.

De Valérie Pécresse à Yannick Jadot en passant par Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon, les candidats éliminés au premier tour ont été nombreux à appeler à faire barrage à l’extrême droite, soit en appelant à voter directement pour Emmanuel Macron, soit en demandant qu’aucune voix n’aille à la candidate du RN. Les deux anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande ont aussi appelé à mettre un bulletin Macron dans l’urne. La société civile, qu’il s’agisse de sportifsd’artistes ou de militants associatifs, s’est également mobilisée pour empêcher l’accession au pouvoir de Marine Le Pen.

Autre atout du locataire de l’Elysée : un électorat qu’il a su consolider. Le chef de l’Etat sortant  »a renforcé au cours de son quinquennat son socle majoritaire en conquérant la droite modérée », analyse Mathias Bernard. On l’a vu aux européennes de 2019 où Les Républicains ont fait 8,48% des voix, on l’a encore constaté au premier tour de cette présidentielle où Emmanuel Macron a siphonné l’électorat de Valérie Pécresse (4,78%).

Au premier tour, le chef de l’Etat avait ainsi renforcé son score en gagnant trois points (27,85% en 2022 contre 24,01% en 2017). « On parle de procès en illégitimité, mais il a fait 28% quand un Chirac faisait 19″, appuie un ministre.

Le candidat Macron a également tiré parti de la succession de crises qui ont émaillé son mandat : crise sociale avec le mouvement des « gilets jaunes », crise sanitaire et économique avec la pandémie de Covid-19 et crise internationale avec la guerre en Ukraine« Aux yeux d’une bonne partie de l’opinion, Emmanuel Macron a bien géré ces crises, confirme Mathieu Gallard. Il y a surtout le sentiment qu’aucun de ses adversaires n’aurait été à même de faire mieux que lui. »

Le surgissement de la guerre en Ukraine dans la campagne avait d’ailleurs fait bondir les intentions de vote en faveur d’Emmanuel Macron. « Le péril international favorise le sortant. On prend moins le risque de l’inconnu et de la rupture », assure Mathias Bernard. A en croire les spécialistes, les Français n’avaient pas tellement envie de basculer dans l’incertitude avec Marine Le Pen. « Il y a une aspiration au retour à la vie normale, hors Covid et hors guerre », selon Jérémie Peltier.

Tout cela a freiné la conquête du pays par la candidate du RN et favorisé Emmanuel Macron dont le mandat sera, cette fois, dénué de toute prétention électoraliste, puisqu’il ne pourra pas se représenter en 2027.  »Ce nouveau quinquennat est essentiel. Il peut, en cinq ans, faire les réformes dont le pays a besoin », se réjouissait d’avance un chef de file LREM. Encore faudra-t-il avoir une majorité et un cap clair.

Car avant d’entamer toute réforme, le président va se lancer dans la bataille des législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin. D’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, à LREM, en passant par le MoDem, mais aussi un groupe LR Macron-compatible, le chef de l’Etat aura fort à faire pour unifier et clarifier les différentes composantes de sa nouvelle majorité. D’autant plus « qu’à 20h01, la course de petits chevaux commence », grince un ministre au sujet des ambitions des uns et des autres. Et que Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième il y a deux semaines, compte bien faire de cette échéance le troisième tour de la présidentielle en rassemblant les forces de gauche, et ainsi contraindre Emmanuel Macron à une cohabitation.

L’annonce du futur gouvernement et le choix du Premier ministre devraient déjà donner des signaux sur les orientations politiques d’Emmanuel Macron. Ce dernier a opéré un virage à gauche dans la dernière ligne droite de la campagne dans le but de séduire l’électorat de Jean-Luc Mélenchon. Il a ainsi annoncé qu’il nommerait un Premier ministre en charge de la planification écologique. « La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas », a-t-il affirmé à Marseille.

devrait aussi être moins « verticale », a encore assuré le chef de l’Etat, régulièrement attaqué pour son exercice solitaire du pouvoir. Emmanuel Macron a promis une autre méthode de gouvernement en associant davantage les citoyens. « Nous avons un devoir de rassemblement », prônait à quelques jours du second tour un ministre, parlant d’« une attitude politique » nouvelle.

« Le pays ne supporte plus le passage en force. Il faut une recherche du consensus avec les autres forces politiques. » (Un ministre  à franceinfo)

La victoire d’Emmanuel Macron n’efface pas les erreurs de son quinquennat ni ne réconcilie cette France coupée en deux. « Je ferai tout, dans les cinq années qui viennent, pour qu’il n’y ait plus aucune raison de voter pour les extrêmes », avait-il lancé le 7 mai 2017 sur l’esplanade du Louvre. Cinq ans plus tard, fera-t-il de nouveau la même promesse ?

 

Environnement: Pas de transition écologique sans projet collectif

Environnement: Pas de  transition écologique sans projet collectif 

 

 

Jean Pisani-Ferry, économiste estime que dans une économie où les choix de chacun pèsent sur tous, il faut repenser le rôle de la puissance publique. Et donc oui, planifier. La question est de savoir comment, considère l’économiste dans sa chronique au « Monde ».

 

Chronique.

 A défaut d’accéder au second tour, Jean-Luc Mélenchon a réussi à imposer son thème-phare, la planification écologique, qu’Emmanuel Macron a repris à son compte en annonçant qu’il en chargerait directement le premier ministre.

 

L’expression surprend : le dernier plan français a pris fin en 1992. Mais, surtout, on a longtemps dit que la transition écologique reposerait sur le marché. Les économistes répétaient que le rôle des gouvernements n’était pas de jouer les chefs d’orchestre, mais de donner un prix au carbone. Le reste – choix des technologies, spécialisation sectorielle, consommation, modes de vie – serait du ressort des agents privés. L’Etat fixerait l’ampleur et le rythme de la transformation, le marché en déterminerait les modalités.

Cette belle architecture s’est défaite. En France, la hausse de la fiscalité carbone est suspendue depuis fin 2018 ; aux Etats-Unis, Joe Biden a renoncé à cet instrument ; dans le reste du monde, les recettes correspondantes sont neuf fois inférieures aux subventions aux énergies fossiles, selon les calculs de l’Institut d’économie pour le climat. Certes, le marché européen des quotas fonctionne, et l’UE envisage de l’étendre. Mais ce ne sera, au mieux, qu’un instrument partiel.

La raison première de cet échec est une hostilité sociale profonde à la tarification du carbone. Celle-ci n’est pas sans fondement : en France, en 2019, un quart seulement du produit des nouvelles taxes devait être redistribué aux ménages. Mais même une restitution intégrale, pour un montant égalitaire, est perçue comme injuste. Pour celles et ceux que le prix des combustibles contraint à se restreindre, l’équité commande d’obliger les plus aisés à renoncer à leurs week-ends à Rome. Pas d’en augmenter le prix.

Il y a pire. Si l’on veut qu’entreprises et ménages investissent pour réduire leurs émissions, il ne suffit pas de fixer le prix du carbone pour aujourd’hui, il faut aussi le programmer pour dans vingt ans. Or, les gouvernants ne peuvent pas lier les mains de leurs successeurs. Et quand ils le font, cela n’empêche pas l’Etat de se dédire : en 2013, l’abandon de l’écotaxe poids lourds lui a coûté 1 milliard d’euros en indemnités. Ce manque de crédibilité affaiblit grandement l’instrument.

Toujours nécessaire, le prix du carbone ne sera donc plus la pierre angulaire de la stratégie climat. L’Etat va agir davantage par la réglementation, la subvention, l’investissement, et assumer la responsabilité de choix technologiques, territoriaux ou sociaux. C’est, au fond, normal : entre nucléaire et renouvelables, entre mobilité électrique et hydrogène, entre métropolisation et renaissance des villes moyennes, la décision appartient à la société. Dans une économie où les choix de chacun pèsent sur tous, il faut repenser le rôle de la puissance publique. Et donc, oui, planifier. La question est comment.

Pas de transition écologique sans projet collectif

Pas de  transition écologique sans projet collectif 

 

 

Jean Pisani-Ferry, économiste estime que Dans une économie où les choix de chacun pèsent sur tous, il faut repenser le rôle de la puissance publique. Et donc oui, planifier. La question est de savoir comment, considère l’économiste dans sa chronique au « Monde ».

 

Chronique.

 A défaut d’accéder au second tour, Jean-Luc Mélenchon a réussi à imposer son thème-phare, la planification écologique, qu’Emmanuel Macron a repris à son compte en annonçant qu’il en chargerait directement le premier ministre.

 

L’expression surprend : le dernier plan français a pris fin en 1992. Mais, surtout, on a longtemps dit que la transition écologique reposerait sur le marché. Les économistes répétaient que le rôle des gouvernements n’était pas de jouer les chefs d’orchestre, mais de donner un prix au carbone. Le reste – choix des technologies, spécialisation sectorielle, consommation, modes de vie – serait du ressort des agents privés. L’Etat fixerait l’ampleur et le rythme de la transformation, le marché en déterminerait les modalités.

Cette belle architecture s’est défaite. En France, la hausse de la fiscalité carbone est suspendue depuis fin 2018 ; aux Etats-Unis, Joe Biden a renoncé à cet instrument ; dans le reste du monde, les recettes correspondantes sont neuf fois inférieures aux subventions aux énergies fossiles, selon les calculs de l’Institut d’économie pour le climat. Certes, le marché européen des quotas fonctionne, et l’UE envisage de l’étendre. Mais ce ne sera, au mieux, qu’un instrument partiel.

La raison première de cet échec est une hostilité sociale profonde à la tarification du carbone. Celle-ci n’est pas sans fondement : en France, en 2019, un quart seulement du produit des nouvelles taxes devait être redistribué aux ménages. Mais même une restitution intégrale, pour un montant égalitaire, est perçue comme injuste. Pour celles et ceux que le prix des combustibles contraint à se restreindre, l’équité commande d’obliger les plus aisés à renoncer à leurs week-ends à Rome. Pas d’en augmenter le prix.

Il y a pire. Si l’on veut qu’entreprises et ménages investissent pour réduire leurs émissions, il ne suffit pas de fixer le prix du carbone pour aujourd’hui, il faut aussi le programmer pour dans vingt ans. Or, les gouvernants ne peuvent pas lier les mains de leurs successeurs. Et quand ils le font, cela n’empêche pas l’Etat de se dédire : en 2013, l’abandon de l’écotaxe poids lourds lui a coûté 1 milliard d’euros en indemnités. Ce manque de crédibilité affaiblit grandement l’instrument.

Toujours nécessaire, le prix du carbone ne sera donc plus la pierre angulaire de la stratégie climat. L’Etat va agir davantage par la réglementation, la subvention, l’investissement, et assumer la responsabilité de choix technologiques, territoriaux ou sociaux. C’est, au fond, normal : entre nucléaire et renouvelables, entre mobilité électrique et hydrogène, entre métropolisation et renaissance des villes moyennes, la décision appartient à la société. Dans une économie où les choix de chacun pèsent sur tous, il faut repenser le rôle de la puissance publique. Et donc, oui, planifier. La question est comment.

Election Présidentielle : un appel »sans illusions » des « intellos « pour Macron

Election Présidentielle : un appel  »sans illusions » des « intellos « pour Macron

 

Vraiment curieux cet appel de personnes médiatiques , qualifiées de personnalités de la culture, en faveur de Macron « mais sans illusion ».

D’abord on peut s’interroger sur la légitimité d’un appel de personnes médiatiques qui ne représentent rien et  beaucoup n’ont que des convictions politiques approximatives.

En plus un appel mais « sans conviction » qui montre bien la fragilité et le manque de cohérence du cri pour la plupart de nantis dont beaucoup confondent notoriété médiatique et notoriété culturelle.

Devant les menaces multiples et réelles que représente l’accession au pouvoir d’une candidate dont « le programme reste celui de la xénophobie et du repli sur soi », près de 400 personnalités de la « culture », parmi lesquelles Ariane Ascaride, Jeanne Balibar, Fabrice Luchini ou encore Charlotte Gainsbourg, appellent dans une tribune au « Monde » à voter pour le chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

Tribune.

 

Le 10 avril, l’extrême droite, pour la troisième fois de l’histoire de la Ve République, est au second tour de l’élection présidentielle, aux portes du pouvoir. Jamais elle n’a été aussi près de l’emporter. Aujourd’hui, ce que l’on appelait autrefois le « front républicain » se fissure. Nous en sommes consternés.

Actrices et acteurs du monde de la culture, du spectacle vivant, nous avons parfois eu des divergences, des oppositions, des désaccords profonds avec le pouvoir en place. Nous avons parfois eu des déceptions aussi, des colères, des rages, même. Mais si pour certains d’entre nous l’issue de ce premier tour n’a pas été celle espérée, si pour certains d’entre nous la méfiance demeure, il n’y a pour nous, aujourd’hui, aucune hésitation, aucun doute, aucun flottement.

Nous ne mettons pas sur le même plan la démocratie et le populisme. Nous ne nous laisserons jamais aller à renvoyer dos à dos un gouvernement démocratique et le Rassemblement national.

Guerre en Ukraine: une crise alimentaire mondiale sans précédent ?

 

Guerre en Ukraine: une crise alimentaire mondiale sans précédent ?

Sur un an,  certains prix de produits alimentaires de base ont doublé notamment le blé, céréales le plus consommé avec le riz qui a atteint jusqu’à 400 € la tonne. Or le conflit en Ukraine va bouleverser le marché dans la mesure où il ne faudra plus guère compter sur les importations de blé d’Ukraine et de Russie qui représentent pourtant environ 30 % des exportations mondiales.

 

 

Les principales victimes seront dans les pays en développement dont le pouvoir d’achat est déjà sous dimensionné pour faire face aux dépenses de nourriture quotidienne. Beaucoup de pays pour ont abandonné leur culture locale pour le blé et le riz et se trouve désormais dépendant de l’évolution des marchés mondiaux. Parmi les pays les plus concernés figurent notamment l’Afrique qu’on a rendu dépendant de céréales importées.

 

Les écolos bobos s’opposent à un vague plan d’augmentation de la production agricole dans les pays développés comme la France au motif que cela rendra toujours dépendant les pays pauvres. Un raisonnement qu’on peut entendre mais on ne procède pas à des mutations agricoles fondamentales en une saison et il faudra concilier sans doute un plan d’urgence avec une stratégie à plus long terme incluant des révolutions des modes de production de leur lieu et des modes de consommation.

 

Dans plusieurs pays , En particulier en Afrique,la crise alimentaire risque d’être tellement grave qu’elle pourrait entraîner des mouvements sociaux et même politiques déstabilisants.Ailleurs la conséquence immédiate sera une augmentation supplémentaire d’une inflation en train de grignoter le pouvoir d’achat et de remettre en cause la croissance.

Un dollar numérique sans blockchain ?

Un dollar numérique sans blockchain ?

Menés par Stephen Lynch, élu du Massachusetts à la Chambre des représentants,Les députés démocratesviennent d’introduire une proposition de loi, le Electronic Currency and Secure Hardware (ECASH) Act, qui conduirait le Département du Trésor à tester l’usage d’une « version électronique » du dollar.

Si la loi est votée (ce qui reste très incertain, les démocrates n’ayant qu’une très courte majorité législative, face à un parti républicain peu coopératif), elle entraînerait la mise en œuvre par le Département du Trésor d’un Electronic Currency Innovation Program (ECIP). Celui-ci serait ensuite chargé de superviser une série de projets pilotes expérimentant l’usage d’un « e-cash », une monnaie virtuelle émise par le Département du Trésor, qui pourrait être utilisée sans passer par l’intermédiaire des banques. Les tests seraient déployés au maximum 90 jours après le passage de la loi, et la monnaie virtuelle devrait être rendue accessible au public sous un délai de quatre ans.

Le e-cash sera conçu pour être facile d’utilisation, afin d’être le plus inclusif possible, les soutiens démocrates de la loi ayant à cœur d’en faire une monnaie accessible à tous. Deux personnes pourraient ainsi s’échanger facilement des e-cash en tapant leur téléphone l’un contre l’autre, et la monnaie devra également être facilement utilisable dans le commerce de détail, sur le modèle offert par le paiement sans contact. L’idée est aussi de permettre d’envoyer des e-cash à distance par messages sécurisés.

L’originalité du e-cash tient en partie au fait qu’il ne s’agirait pas d’une cryptomonnaie, comme le bitcoin. Ainsi, la loi stipule que le dispositif doit permettre des échanges monétaires de pair à pair « sans passer par un registre commun ou distribué »  et générer « un minimum de données transactionnelles » (là où la blockchain Bitcoin rend toutes les transactions publiques). L’idée est de conserver la confidentialité, la facilité d’utilisation et l’absence de frais de transaction qui caractérisent l’argent liquide, mais en s’affranchissant simplement du billet physique.

 

Ukraine: Faire la guerre sans la faire (OTAN)

Ukraine: Faire la guerre sans la faire (OTAN)

 

 

De toute évidence, l’OTAN a choisi une position d’équilibriste qui pourrait devenir dangereuse en choisissant de faire la guerre sans la faire. Officiellement en effet ,les membres de l’OTAN refusent de faire la guerre à la Russie et de faire pénétrer des troupes en Ukraine. Pour autant, parallèlement les alliés s’engagent à fournir le maximum de matériels et de soutien logistiques aux résistants ukrainiens.

Preuve que la pollution de l’OTAN n’est pas facile à tenir, il a été décidé de ne fixer aucune ligne rouge à Poutine. En clair l’OTAN se réserve le droit d’intervenir en fonction de l’évolution de la conjoncture guerrière et de la terreur.

Le vocabulaire employé est dépourvu d’ambiguïté. «Vladimir Poutine est dangereux», résume un responsable militaire du Shape, le quartier général de l’Otan. «Il a une haine profonde de notre modèle de société», poursuit cet officier en accusant le président russe de mensonge et d’irresponsabilité: avec lui, «l’Alliance est en risque». Un mois après le début de l’invasion de l’Ukraine, les dirigeants de l’Alliance, réunis en sommet extraordinaire jeudi à Bruxelles, ont une nouvelle fois tenté de trouver une réponse à cette nouvelle menace existentielle à leurs portes. Ils ont poursuivi avec une réunion du G7 et un Conseil européen.

Alors que l’Ukraine résiste à l’agression en forçant «l’admiration», les alliés organisent leur soutien aux hommes de Volodymyr Zelensky. Mais sans franchir «la ligne rouge de la cobelligérance», a déclaré jeudi le président de la République, Emmanuel Macron. «L’Otan a fait le choix de soutenir l’Ukraine pour arrêter la guerre sans faire la guerre», a expliqué le chef de l’État, en souhaitant «prévenir les scénarios d’escalade». Les alliés veulent éviter une troisième guerre mondiale.Le problème c’est sans doute que personne ne sait, Poutine compris, si on pourra éviter cette troisième guerre mondiale si la démence continue de prendre le pas sur la raison. Pour Poutine il s’agit sans doute moins maintenant de rationalité que de fanatisme et de questions existentielles personnelles

Présidentielle: un élection…… sans campagne

 Présidentielle: un élection…… sans campagne

 

La campagne électorale ne fait guère recette auprès de l’opinion publique. En cause, un environnement économique, sanitaire et géo politique qui écrase les promesses des candidats. Des candidats dans la plupart des programmes sont d’ailleurs complètement inadaptés à l’environnement en général et aux bouleversements économiques, technologiques et environnementaux à venir. En effet la tendance future sera de tendre dans beaucoup de domaines vers une plus grande souveraineté économique et les processus de production et de distribution vont se trouver modifiés non sans conséquences y compris au plan financier et social.

D’une certaine manière, les programmes sont à peu près tous obsolètes. Pour preuve même celui du président candidat dont 65 % des Français environ pensent qu’il ne changera pas grand-chose.

 «Le désintérêt des français pour la présidentielle se constate également dans les médias, traditionnels et numériques» estimes un papier de l’opinion. Dernier élément marquant le peu d’enthousiasme vis-à-vis de la campagne électorale des perspectives d’abstention importante se situant entre 30 et 35 pour cent qui s’ajoutent aux 20 % de noms inscrits ou mal inscrits. Soit au moins un Français sur deux.

Les campagnes électorales possèdent habituellement leur propre liturgie. Elles contribuent, tel un alambic démocratique, à un puissant écrémage des candidats tant l’exercice est exigeant de vérité et de rudesse, de savoir-faire et de savoir être. La mobilisation des électeurs doit conduire au «sacre» de son dirigeant ou de son représentant. Faut-il encore que le peuple soit au rendez-vous.

Si par nature, chaque campagne est inédite, celle que nous vivons frise le hors norme. Avec une guerre majeure sur notre continent, sur fond d’une crise sanitaire qui n’en finit pas et qui a accentué les sentiments de «la régression démocratique» et de «la société de l’indifférence» pour reprendre le titre de deux essais de Gérard-Alain Slama parus en 2002 et 2010, le scrutin se trouve relégué dans les esprits. Faute d’un récit collectif, les démocraties sont en crise. La ferveur des Ukrainiens pour la défense de leur pays, aspirant à nos valeurs, devrait être un sujet d’engagement suffisamment fort pour porter haut les couleurs de notre démocratie en allant voter. L’absence de suspense et la perspective d’un deuxième tour relevant

Ainsi, toutes les études montrent le désintérêt, si ce n’est le désarroi, des électeurs. Ainsi selon l’institut BVA, «à trois semaines du premier tour, 69% des Français inscrits sur les listes électorales seulement déclarent s’intéresser à cette élection. Ce niveau d’intérêt est nettement moins élevé qu’en 2017 à pareille échéance du scrutin (74%)». De fait, les campagnes ne battent pas leur plein dans les médias. Si la télévision semble retrouver son lustre, elle le doit plus à la multiplication des formats et des émissions qu’à leurs audiences tout en tentant de respecter le principe d’équité, renforcé à présent, rappelé par l’Arcom.

Si les audiences valaient vote, en observant l’exposition médiatique des candidats en janvier et février selon Tagaday pour Le Journal du Dimanche, Eric Zemmour serait élu. Les audiences ne font pas l’élection, pas plus que les sondages ou la jauge des meetings. Même si, et c’est remarquable, les candidats les plus radicaux, comme Eric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon, sont ceux qui convoquent le plus de monde dans leurs manifestations publiques. S’agissant des audiences télévisées, l’émission de TF1 «La France face à la guerre» du 14 mars a de peu dépassé la barre des quatre millions de téléspectateurs. Deux fois moins que le grand débat – certes, il y avait débat – du premier tour de l’élection de 2017.

Le strict respect de l’égalité des temps de parole à partir de lundi prochain, 28 mars, ne devrait pas contribuer à mettre les candidats plus en lumière au risque d’éteindre progressivement leur mise en lumière. Comme à chaque campagne, chacun s’émouvra de règles anciennes et dépassées avant d’oublier de les modifier au cours des cinq années suivantes.

. Internet avec ses réseaux sociaux et ses sites Web ne prend pas le relais pour autant. Le numérique s’est imposé dans l’espace public comme un amplificateur des débats. Et pourtant, il peine, lui aussi, à trouver sa place dans la campagne électorale. Les équipes sont moins aguerries, comme en témoigne une série de messages, formant une analyse du débat «La France face à la guerre» , postée sur Twitter par Nicolas Vanderbiest. Il en ressort que là aussi que «seules les équipes de Mélenchon et de Zemmour (20 % des audiences) ont des activités concertées». Les communautés d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, qui avaient fait florès en 2017, se sont évaporées. Les espoirs de trouver une campagne revigorante en ligne seront vite déçus renforçant une impression d’atonie générale.

L’absence d’une campagne électorale digne de ce nom risque de transformer les scrutins à venir, la présidentielle en avril, les législatives en juin, en exutoire. Une démocratie comme la nôtre n’aurait rien à gagner au chamboule-tout dans une période aussi critique qui n’a pas besoin de cela pour «couronner le tout» si l’on peut dire. Il est encore temps pour chacun des acteurs de jouer sa partition : les candidats pour porter et défendre leurs projets, les médias pour les éclairer et les citoyens pour en juger.

Par David Lacombled est président de la Villa numéris.

Présidentielle-Programme électoral Macron : la continuité sans le changement …et sans financement

Présidentielle-Programme électoral Macron :   la continuité sans le  changement …et sans financement 

 

 

Finie sans doute la disruption pour Macron qui revient aux bonnes vieilles recettes des élections passées avec un très long catalogue de mesures qui ressemblent un peu au catalogue de La Redoute. Certaines paraissent de bon sens, d’autres contradictoires, d’autres théoriques et elles ont toutes en commun de n’avoir pas le financement nécessaire.

 

Le programme de Macron c’est une sorte de synthèse des idées avancées,à gauche, à droite voire aux extrêmes qui additionne le tout et accommode l’ensemble à la sauce macronienne du « en même temps ».

D’une façon générale , il manque surtout un souffle et une vision d’avenir. Surtout en cette période de bouleversements de l’environnement géostratégique et d’éventuelles menaces d’une troisième guerre mondiale. Une perspective qui est ajoutée à celle des préoccupations environnementales devrait inciter à un vaste plan de relocalisation industrielle et agricole afin de réduire la dépendance française dont il faut rappeler le triste résultat de la balance commerciale.Une perspective qui devrait aussi remettre en débat le rôle et les moyens de l’armée (Macron prévoit simplement quelques réservistes plus en plus; face aux chars russes par exemple cela risque d’être un peu insuffisant !).

Notamment n’ont pas été abordées dans ce catalogue d’une part la question de la dette, d’autre part et la compétitivité économique.

En outre et surtout ce plan n’est pas financé. D’après des calculs de coin de table, il coûterait d’après le candidat de l’ordre de 50 milliards par an dont l’essentiel doit être financé par la croissance. Justement quelle croissance avec une si faible compétitivité ?

Le président candidat a pris la précaution de ne pas indiquer de scénario de croissance.

« Le président sortant veut financer ce programme grâce à la croissance, qui permettra selon lui de dégager 15 milliards d’euros par an, la réforme des retraites et la réforme de l’assurance-chômage, auxquelles Emmanuel Macron veut ajouter 15 milliards d’euros d’économies sur les coûts de fonctionnement des collectivités locales. »

Le problème c’est que la réforme des retraites ne permettra de réelles économies qu’à très long terme. A court et moyen terme ,il y aura  en effet des transferts de dépenses sociales d’une part sur la sécurité sociale, d’autre part sur le régime d’assurance chômage. Quant à la réduction des coûts de fonctionnement des collectivités locales, le président hypothèque des responsabilités qui ne sont pas les siennes. Notons que dans le même temps , Macron fait pratiquement l’impasse sur la réforme de l’État et ses dépenses.

Bref, un programme à la française qui arrose un peu tous les sujets mais sans réelles priorités adaptées aux enjeux stratégiques et surtout sans le financement.

Politique- Programme Macron: la continuité sans le changement …et sans financement

Politique- Programme Macron: la continuité sans le  changement …et sans financement 

 

 

Finie sans doute la disruption pour Macron qui revient aux bonnes vieilles recettes des élections passées avec un très long catalogue de mesures qui ressemblent un peu au catalogue de La Redoute. Certaines paraissent de bon sens, d’autres contradictoires, d’autres théoriques et elles ont toutes en commun de n’avoir pas le financement nécessaire.

 

Le programme de Macron c’est une sorte de synthèse des idées avancées,à gauche, à droite voire aux extrêmes qui additionne le tout et accommode l’ensemble à la sauce macronienne du « en même temps ».

D’une façon générale , il manque surtout un souffle et une vision d’avenir. Surtout en cette période de bouleversements de l’environnement géostratégique et d’éventuelles menaces d’une troisième guerre mondiale. Une perspective qui est ajoutée à celle des préoccupations environnementales devrait inciter à un vaste plan de relocalisation industrielle et agricole afin de réduire la dépendance française dont il faut rappeler le triste résultat de la balance commerciale.Une perspective qui devrait aussi remettre en débat le rôle et les moyens de l’armée (Macron prévoit simplement quelques réservistes plus en plus; face aux chars russes par exemple cela risque d’être un peu insuffisant !).

Notamment n’ont pas été abordées dans ce catalogue d’une part la question de la dette, d’autre part et la compétitivité économique.

En outre et surtout ce plan n’est pas financé. D’après des calculs de coin de table, il coûterait d’après le candidat de l’ordre de 50 milliards par an dont l’essentiel doit être financé par la croissance. Justement quelle croissance avec une si faible compétitivité ?

Le président candidat a pris la précaution de ne pas indiquer de scénario de croissance.

« Le président sortant veut financer ce programme grâce à la croissance, qui permettra selon lui de dégager 15 milliards d’euros par an, la réforme des retraites et la réforme de l’assurance-chômage, auxquelles Emmanuel Macron veut ajouter 15 milliards d’euros d’économies sur les coûts de fonctionnement des collectivités locales. »

Le problème c’est que la réforme des retraites ne permettra de réelles économies qu’à très long terme. A court et moyen terme ,il y aura  en effet des transferts de dépenses sociales d’une part sur la sécurité sociale, d’autre part sur le régime d’assurance chômage. Quant à la réduction des coûts de fonctionnement des collectivités locales, le président hypothèque des responsabilités qui ne sont pas les siennes. Notons que dans le même temps , Macron fait pratiquement l’impasse sur la réforme de l’État et ses dépenses.

Bref, un programme à la française qui arrose un peu tous les sujets mais sans réelles priorités adaptées aux enjeux stratégiques et surtout sans le financement.

Présidentielle Programme Macron: la continuité sans le changement …et sans financement

Présidentielle Programme Macron: la continuité sans le  changement …et sans financement 

 

 

Finie sans doute la disruption pour Macron qui revient aux bonnes vieilles recettes des élections passées avec un très long catalogue de mesures qui ressemblent un peu au catalogue de La Redoute. Certaines paraissent de bon sens, d’autres contradictoires, d’autres théoriques et elles ont toutes en commun de n’avoir pas le financement nécessaire.

 

Le programme de Macron c’est une sorte de synthèse des idées avancées,à gauche, à droite voire aux extrêmes qui additionne le tout et accommode l’ensemble à la sauce macronienne du « en même temps ».

D’une façon générale , il manque surtout un souffle et une vision d’avenir. Surtout en cette période de bouleversements de l’environnement géostratégique et d’éventuelles menaces d’une troisième guerre mondiale. Une perspective qui est ajoutée à celle des préoccupations environnementales devrait inciter à un vaste plan de relocalisation industrielle et agricole afin de réduire la dépendance française dont il faut rappeler le triste résultat de la balance commerciale.Une perspective qui devrait aussi remettre en débat le rôle et les moyens de l’armée (Macron prévoit simplement quelques réservistes plus en plus; face aux chars russes par exemple cela risque d’être un peu insuffisant !).

Notamment n’ont pas été abordées dans ce catalogue d’une part la question de la dette, d’autre part et la compétitivité économique.

En outre et surtout ce plan n’est pas financé. D’après des calculs de coin de table, il coûterait d’après le candidat de l’ordre de 50 milliards par an dont l’essentiel doit être financé par la croissance. Justement quelle croissance avec une si faible compétitivité ?

Le président candidat a pris la précaution de ne pas indiquer de scénario de croissance.

« Le président sortant veut financer ce programme grâce à la croissance, qui permettra selon lui de dégager 15 milliards d’euros par an, la réforme des retraites et la réforme de l’assurance-chômage, auxquelles Emmanuel Macron veut ajouter 15 milliards d’euros d’économies sur les coûts de fonctionnement des collectivités locales. »

Le problème c’est que la réforme des retraites ne permettra de réelles économies qu’à très long terme. A court et moyen terme ,il y aura  en effet des transferts de dépenses sociales d’une part sur la sécurité sociale, d’autre part sur le régime d’assurance chômage. Quant à la réduction des coûts de fonctionnement des collectivités locales, le président hypothèque des responsabilités qui ne sont pas les siennes. Notons que dans le même temps , Macron fait pratiquement l’impasse sur la réforme de l’État et ses dépenses.

Bref, un programme à la française qui arrose un peu tous les sujets mais sans réelles priorités adaptées aux enjeux stratégiques et surtout sans le financement.

Election présidentielle 2022 : Macron candidat sans débat

Election présidentielle 2022 : Macron candidat  sans débat

 

 

Un papier du « Monde » soulève la contradiction de la campagne de Macro, qui veut d’une part élargir son concept de d’union nationale mais refuse en même temps le débat avec les forces concurrentes.Il ne fait pas de doute que, s’il est réélu, le chef de l’Etat aura la volonté de continuer à réformer le pays. Pour entraîner à sa suite un maximum d’acteurs, il devra faire preuve de capacité d’écoute et d’échange, ce que son refus de se confronter à ses adversaires ne montre pas.

 

 

Archi-favori dans tous les sondages d’intentions de vote, Emmanuel Macron est confronté depuis son entrée en campagne à deux défis. Le premier est d’expliquer en quoi un second mandat s’impose et peut être utile au pays, alors que l’histoire de la Ve République est jalonnée d’exemples décevants. La très longue conférence de presse tenue, jeudi 17 mars, par le président candidat jusqu’à présent très occupé par la guerre en Ukraine, et son insistance à revendiquer « un mandat clair » à partir de propositions concrètes et détaillées, était une réponse plutôt convaincante à cette interrogation. Il ne fait guère de doute que, s’il est élu, Emmanuel Macron aura la volonté de continuer à réformer le pays.

Certains des chantiers qu’il a évoqués, comme les réformes de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle, de Pôle emploi, sont dans la droite ligne de ce qu’il a entrepris en 2017 pour tenter d’en finir avec le chômage de masse. Les résultats obtenus depuis cinq ans lui servent de levier. D’autres propositions sont en revanche en total décalage par rapport au projet initial, comme la retraite à 65 ans ou la baisse des droits de successions, qui semblent cette fois directement tirées de l’escarcelle de la droite.

Une idée apparaît totalement disruptive : celle de conclure un pacte nouveau avec les enseignants, qui se verraient proposer une hausse « significative » de leurs rémunérations à condition d’accepter de « nouvelles missions », comme le remplacement des professeurs absents. Combiné à la volonté de donner plus de liberté aux chefs d’établissement et de rendre transparentes les évaluations, ce chantier remet profondément en cause le fonctionnement actuel de l’éducation nationale, qui ne parvient pas à remplir sa promesse d’égalité des chances. Au terme de cinq années de relations difficiles avec les syndicats, le candidat assume la prise de risque en tablant cette fois sur la mobilisation des acteurs locaux : maires, chefs d’établissement, enseignants, parents d’élèves.

Façonnée par les crises, les blocages et les périls, la nouvelle France qu’Emmanuel Macron tente de faire émerger apparaît assez différente de celle d’aujourd’hui : elle est à la fois fortement mobilisée autour de la défense de sa souveraineté avec un effort budgétaire de 50 milliards d’euros par an jusqu’en 2027 et pourtant moins uniforme dans son fonctionnement. Le droit à l’expérimentation est revendiqué pour tenter de renouer le lien avec les citoyens. Le projet se veut aussi plus écologique et plus solidaire avec le triplement de la prime pouvoir d’achat ou la création d’une « solidarité à la source » pour les plus précaires. En jonglant avec tous les sujets sur un large spectre idéologique, Emmanuel Macron a montré qu’il était directement opérationnel, au risque d’aggraver son cas.

Son second défi était en effet de lutter contre l’idée d’une élection déjà faite et donc peu mobilisatrice. Cela méritait à tout le moins quelque considération pour ceux qui le défient. Il n’y en a pas eu. Le président candidat continue de refuser obstinément de débattre avec eux en arguant que tous ses prédécesseurs ont fait de même. Or les circonstances n’étaient pas les mêmes. Acteur depuis 2017 d’une puissante recomposition politique, Emmanuel Macron rêve ouvertement d’une large union nationale pour achever son projet. Le nombre de défis à relever l’y incite mais, pour espérer embarquer un maximum d’acteurs, il doit d’abord démontrer sa capacité d’écoute et de débat, après un quinquennat marqué par la verticalité. La campagne présidentielle est une occasion en or. Il ne s’y résout pas. C’est son talon d’Achille.

Programme Macron: la continuité sans le changement …et sans financement

Programme Macron: la continuité sans le  changement …et sans financement 

 

 

Finie sans doute la disruption pour Macron qui revient aux bonnes vieilles recettes des élections passées avec un très long catalogue de mesures qui ressemblent un peu au catalogue de La Redoute. Certaines paraissent de bon sens, d’autres contradictoires, d’autres théoriques et elles ont toutes en commun de n’avoir pas le financement nécessaire.

 

Le programme de Macron c’est une sorte de synthèse des idées avancées,à gauche, à droite voire aux extrêmes qui additionne le tout et accommode l’ensemble à la sauce macronienne du « en même temps ».

D’une façon générale , il manque surtout un souffle et une vision d’avenir. Surtout en cette période de bouleversements de l’environnement géostratégique et d’éventuelles menaces d’une troisième guerre mondiale. Une perspective qui est ajoutée à celle des préoccupations environnementales devrait inciter à un vaste plan de relocalisation industrielle et agricole afin de réduire la dépendance française dont il faut rappeler le triste résultat de la balance commerciale.Une perspective qui devrait aussi remettre en débat le rôle et les moyens de l’armée (Macron prévoit simplement quelques réservistes plus en plus; face aux chars russes par exemple cela risque d’être un peu insuffisant !).

Notamment n’ont pas été abordées dans ce catalogue d’une part la question de la dette, d’autre part et la compétitivité économique.

En outre et surtout ce plan n’est pas financé. D’après des calculs de coin de table, il coûterait d’après le candidat de l’ordre de 50 milliards par an dont l’essentiel doit être financé par la croissance. Justement quelle croissance avec une si faible compétitivité ?

Le président candidat a pris la précaution de ne pas indiquer de scénario de croissance.

« Le président sortant veut financer ce programme grâce à la croissance, qui permettra selon lui de dégager 15 milliards d’euros par an, la réforme des retraites et la réforme de l’assurance-chômage, auxquelles Emmanuel Macron veut ajouter 15 milliards d’euros d’économies sur les coûts de fonctionnement des collectivités locales. »

Le problème c’est que la réforme des retraites ne permettra de réelles économies qu’à très long terme. A court et moyen terme ,il y aura  en effet des transferts de dépenses sociales d’une part sur la sécurité sociale, d’autre part sur le régime d’assurance chômage. Quant à la réduction des coûts de fonctionnement des collectivités locales, le président hypothèque des responsabilités qui ne sont pas les siennes. Notons que dans le même temps , Macron fait pratiquement l’impasse sur la réforme de l’État et ses dépenses.

Bref, un programme à la française qui arrose un peu tous les sujets mais sans réelles priorités adaptées aux enjeux stratégiques et surtout sans le financement.

Ukraine: gagner la guerre …. sans la faire

Ukraine:  gagner la guerre …. sans la faire 

 

Dans une tribune au « Monde », Julian Fernandez et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, spécialistes des relations internationales, identifient des mesures à prendre pour précipiter la défaite russe, sans s’engager militairement dans le conflit. Ils rappellent qu’il est aussi nécessaire de trouver une voie de sortie du conflit par la diplomatie.

 

Tribune.

 

En décidant d’agresser l’Ukraine et de porter le conflit au cœur de son territoire, Vladimir Poutine s’est mis tout seul dans une situation où il ne lui reste plus qu’à choisir sa défaite : soit négocier en revoyant à la baisse ses ambitions pour ne viser finalement qu’un gain territorial dans le sud-est du pays, soit s’entêter en brutalisant encore davantage la population, voire en faisant déborder le conflit au-delà des frontières ukrainiennes.

Plus le temps passe, plus il est évident que la Russie s’embourbe – littéralement –, et plus le risque d’escalade est élevé puisque le maître du Kremlin pourrait être convaincu qu’il s’agit, pour lui, de la seule manière de s’en sortir par le haut. Dans ce contexte, comment aider la résistance ukrainienne tout en évitant une confrontation directe qui pourrait mener à la troisième guerre mondiale ? Comment aider la Russie à perdre sans lui donner le prétexte d’une escalade ? Comment gagner la guerre sans la faire ?

Dans cette zone grise entre la guerre et la paix, la belligérance et l’indifférence, la question est de maximiser notre soutien tout en restant en-deçà du seuil de l’engagement direct dans le conflit armé. Comment ? En augmentant son coût d’un côté, tout en ménageant une voie de sortie de l’autre.

Premièrement, il faut augmenter la pression non seulement économique mais aussi militaire. Economiquement, les Etats européens ne devraient pas attendre d’être unis pour décider individuellement d’interdire les importations de pétrole, de gaz et d’énergie russes comme l’ont déjà fait les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Militairement, la zone d’exclusion aérienne réclamée par certains n’est pas souhaitable, puisqu’elle impliquerait concrètement que des avions otaniens abattent des avions russes. Mais au moins trois choses semblent opportunes.

D’abord, intensifier les livraisons d’armes, en particulier les armes anti-aériennes qui sont les plus importantes pour limiter la capacité russe de bombarder les villes. Les dernières semaines ont démontré l’efficacité des systèmes portatifs de défense aérienne (Manpads), dont les redoutables Stinger, et il est important d’en envoyer encore davantage. Cependant, ils ne sont efficaces que contre des cibles à basse altitude.

Afin de contraindre les avions russes à voler plus bas, les plaçant ainsi à portée de Manpads, les Ukrainiens ont également besoin de missiles sol-air à moyenne et longue portées – de fabrication soviétique puisque ce sont ceux qu’ils connaissent et savent utiliser. Les deux sont complémentaires et cette combinaison est bien plus efficace qu’une hypothétique livraison de Mig-29 qui présenterait un risque d’escalade sans garantir un gain opérationnel majeur.

Une élection présidentielle sans campagne électorale !

Une élection présidentielle sans campagne électorale !

 

 

 

La campagne électorale française court le risque d’être complètement étouffée par la situation de guerre en Ukraine. La guerre déclenchée par Poutine est en effet susceptible d’éliminer pratiquement tout autre sujet d’ici le 10 avril.

Cette situation conflictuelle dangereuse pour toute l’Europe réclame nécessairement une certaine unité nationale qui va profiter au candidat président. En outre , certains candidats très complaisants vis-à-vis de Poutine pourraient faire les frais de leur prise de position antérieure.

On voit mal dans ce contexte guerrier, quelles perspectives alternatives pourraient être portées par un autre candidat aux présidentielles.

Le scénario possible et inédit pourrait être celui d’une élection présidentielle privée de débat et de campagne.

Dans ces conditions, Emmanuel Macron pourrait largement profiter électoralement de cette situation

 

Société -Moral des Français : chute sans précédent

Société -Moral des Français : chute sans précédent

 

Une chute sans précédent qui accroît encore la tendance baissière de ces dernières années. En cause, évidemment la crise sanitaire pour ses conséquences humaines et matérielles aussi pour la réduction quantitative et qualitative des relations sociales en général. S’y ajoute un fort désabusement de l’opinion publique vis-à-vis des capacités des politiques à faire évoluer positivement les situations. Dans de nombreux domaines économiques, sociaux et sociétaux l’opinion publique ne croient plus les responsables.

 

D’après la dernière enquête de l’INSEE sur le moral des Français, on constate «une chute sans précédent du niveau de la satisfaction générale dans la vie», qui s’établit à 6,8 sur 10 au début de 2021, alors qu’elle atteignait 7,3 en 2019 et une moyenne comprise entre 7,1 et 7,5 sur la décennie 2010. C’est «le plus bas niveau déclaré depuis que la satisfaction dans la vie est mesurée, soit 2010», note l’Insee.

La satisfaction dans la vie dépend du nombre de privations, matérielles ou sociales (achats de biens, sorties culturelles, activités sportives…) déclarées: elle diminue à mesure que les frustrations augmentent. Point nouveau, la satisfaction en 2021 a chuté quel que soit le nombre de privations – même si la baisse a été moindre pour les personnes les plus en situation de privation que pour les autres.

Dit autrement, les personnes vivant seules et avec peu de besoins ont moins perdu en «satisfaction dans la vie» notamment parce qu’elles partaient de plus bas et avaient donc moins à perdre…

La persistance de la crise sanitaire depuis deux ans a eu un autre effet, mais bénéfique celui-là: la forte baisse du nombre de personnes recensées en situation de privation matérielle et sociale, quel que soit l’âge ou le type de ménage. Avec un taux début 2021 de 10,9 % de «pauvres», selon l’indicateur européen de privation (contre 13,1 % en 2020) et une moyenne supérieure à 12,1 % sur l’ensemble de la décennie 2010. La raison? Les confinements et restrictions, tant de circulation que de liberté, ont modifié les modes de vie et de consommation des Français qui ont, au final, individuellement et collectivement moins dépensé et plus épargné.

Moral des Français : chute sans précédent

Moral des Français : chute sans précédent

Une chute sans précédent qui accroît encore la tendance baissière de ces dernières années. En cause évidemment la crise sanitaire pour ses conséquences humaines et matérielles aussi pour la réduction quantitative et qualitative des relations sociales en général. S’y ajoute un fort désabusement de l’opinion publique vis-à-vis des capacités des politiques à faire évoluer positivement les situations. Dans de nombreux domaines économiques, sociaux et sociétaux l’opinion publique ne croient plus les responsables.

 

D’après la dernière enquête de l’INSEE sur le moral des Français, on constate «une chute sans précédent du niveau de la satisfaction générale dans la vie», qui s’établit à 6,8 sur 10 au début de 2021, alors qu’elle atteignait 7,3 en 2019 et une moyenne comprise entre 7,1 et 7,5 sur la décennie 2010. C’est «le plus bas niveau déclaré depuis que la satisfaction dans la vie est mesurée, soit 2010», note l’Insee.

La satisfaction dans la vie dépend du nombre de privations, matérielles ou sociales (achats de biens, sorties culturelles, activités sportives…) déclarées: elle diminue à mesure que les frustrations augmentent. Point nouveau, la satisfaction en 2021 a chuté quel que soit le nombre de privations – même si la baisse a été moindre pour les personnes les plus en situation de privation que pour les autres.

Dit autrement, les personnes vivant seules et avec peu de besoins ont moins perdu en «satisfaction dans la vie» notamment parce qu’elles partaient de plus bas et avaient donc moins à perdre…

La persistance de la crise sanitaire depuis deux ans a eu un autre effet, mais bénéfique celui-là: la forte baisse du nombre de personnes recensées en situation de privation matérielle et sociale, quel que soit l’âge ou le type de ménage. Avec un taux début 2021 de 10,9 % de «pauvres», selon l’indicateur européen de privation (contre 13,1 % en 2020) et une moyenne supérieure à 12,1 % sur l’ensemble de la décennie 2010. La raison? Les confinements et restrictions, tant de circulation que de liberté, ont modifié les modes de vie et de consommation des Français qui ont, au final, individuellement et collectivement moins dépensé et plus épargné.

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