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Industrie automobile européenne : une crise sans précédent

L’expert automobile du cabinet Oliver Wyman, Marc Boilard , estime que l’industrie automobile européenne va vivre une crise sans précédent.( Interview dans l’opinion, extrait)

 

 

Quelle sera l’ampleur de la chute des ventes automobiles mondiales cette année ?

Nous sommes dans une fourchette comprise entre -17 % et -29 % pour l’ensemble de 2020, dont -15 % en Chine. L’automobile est un achat durable qu’on peut facilement retarder, d’où la violence de la chute. Mais cela peut aussi redémarrer vite, dès lors que les chaînes d’approvisionnement sont restaurées. Nous nous sommes inspirés de la crise de 2008-2010 qui reste une référence intéressante. A l’époque, on avait constaté un point bas à -35 % pour la production automobile américaine, et – 22 % pour l’Europe, sachant que les Etats-Unis étaient repartis plus rapidement que nous, à partir de 2009. A ce stade, nous sommes dans une crise d’ampleur similaire, notre hypothèse de base étant qu’elle va durer entre cinq et dix mois, et commencer à se résorber petit à petit au tournant de 2020-2021. Nous n’avons pas modélisé le scénario pessimiste dans lequel l’épidémie n’est pas contrôlée d’ici à la fin de l’année. La Chine a évidemment un coup d’avance, avec une remontée plus rapide. Selon nos interlocuteurs locaux, les usines automobiles tournent déjà à 70 %-80 %, même si c’est plus ou moins facile selon les régions et les constructeurs.

 

En quoi l’industrie automobile est-elle particulièrement exposée à la crise ?

C’est compliqué pour tout le monde de gérer une chute de 30 % de ses revenus. L’automobile a ceci de spécifique d’être un secteur à marges faibles et à coûts fixes élevés, avec des capex très importants pour développer de nouvelles motorisations, et des installations industrielles qu’il faut faire tourner pour atteindre le point mort. La disparition du chiffre d’affaires l’affecte particulièrement, or on estime que 80 % à 90 % des sites de production automobile sont actuellement fermés en Europe.

 

C’est un secteur qui pourrait sortir transformé de la pandémie ?

La Chine est sur la voie du redémarrage, et en Europe des sites pourraient progressivement rouvrir dans le mois qui vient. A ce stade, nous ne sommes pas dans le scénario d’une fusion catastrophe pour sauver tel ou tel acteur, par exemple. Une nationalisation temporaire ? Difficile de faire des pronostics. Les transformations seront davantage à chercher du côté des arbitrages auxquels les constructeurs vont devoir procéder. Ils vont forcément revoir leurs dépenses à la baisse, en triant ce qui est vital du reste. Les programmes d’investissements autour de la voiture autonome risquent d’en faire les frais à court terme. La sortie de nouveaux modèles pourrait aussi être sacrifiée. Ce qui peut attendre sera différé.

Quid de la voiture propre, qui a nécessité de très gros investissements ?

C’est à quitte ou double. Ou bien l’Europe fait une pause sur ses exigences en matière d’émissions de CO2 à cause de la crise. Rien de tel n’a été annoncé. A contrario, si la pression est maintenue, les constructeurs concentreront leurs dépenses sur la voiture propre au détriment du thermique, ce qui pourrait accélérer la transition écologique. On estime que sortir un nouveau modèle coûte en moyenne 500 millions d’euros en frais de développement. La crise va amputer l’industrie automobile européenne de 50 à 75 milliards d’euros de revenus cette année, selon les hypothèses de volume. Les dépenses vont forcément être passées au tamis.

 

Quel est le scénario de sortie de crise envisageable ?

Si tout va bien, on va assister à un redémarrage très progressif en Europe d’ici un mois, sans doute un peu plus tard aux Etats-Unis. Le grand défi, c’est d’arriver à faire travailler les salariés avant que la pandémie n’ait disparu. Pour cela, il faut disposer des équipements nécessaires et adapter les méthodes de travail des constructeurs et des sous-traitants, qui totalisent 14 millions de salariés en Europe. Tous ne seront évidemment pas de retour à l’usine dans un mois, il en faudra plusieurs avant de retrouver un rythme normal. N’oublions pas que la crise est d’abord sanitaire et non pas économique, même si le secteur automobile était déjà sous pression avant l’irruption du Covid-19.

Etre en haut de cycle juste avant l’épidémie a fragilisé le secteur ?

Le marché chinois était en forte baisse et les prévisions pour l’Europe étaient très moroses pour 2020. La demande mondiale avait bien fléchi, ce qui est classique à ce stade du cycle. La crise a précipité la chute d’un marché mondial faiblissant. Cela signifie que des mesures ponctuelles de soutien à la demande seront certainement nécessaires pour relancer l’activité, et redonner confiance. L’ampleur de la crise le justifie.

Quid des sous-traitants ?

Les problèmes sont les mêmes, en cascade. Les sous-traitants attendent le redémarrage des constructeurs pour relancer leurs propres fournisseurs. Mais si une dizaine de grands constructeurs mondiaux se partagent l’essentiel de la demande, il y a à l’autre bout de la chaîne des centaines de sous-traitants, infiniment plus petits, rapidement empêtrés dans des problèmes de trésorerie et potentiellement d’endettement. C’est là que la crise risque de faire le plus de victimes.

Quelle est votre vision du « monde d’après » dans l’automobile ?

On roulera toujours en voiture ! Il y aura peut-être une offre moins vaste de modèles, une focalisation sur la voiture propre, une panne temporaire de l’autopartage ou du covoiturage en raison du risque sanitaire. L’histoire nous enseigne surtout à être modeste dans la prévision.

Jean-Louis Borloo : crise sans précédent dans le bâtiment

Jean-Louis Borloo : crise sans précédent dans  le bâtiment

« Je suis venu pour lancer un cri d’alarme très fort sur deux secteurs qui représentent la moitié de l’augmentation du chômage : les services à domicile qui sont en train d’être massacrés et le secteur du bâtiment, le logement, une exigence sociale et économique » a expliqué Jean-Louis Borloo sur France-Info.  Et le député du Nord ne lésine pas sur les mots. Il parle d’une « catastrophe« , d’une « crise du bâtiment qui n’a pas d’équivalent depuis 40 ans« , de « calamité » et de la « pure folie » qu’a été selon lui la décision du gouvernement d’augmenter la TVA. « On va détruire entre 50.000 et 100.000 emplois  dans ce secteur dans l’année qui vient tout simplement parce qu’on a augmenté la TVA de manière massive. En dix-huit mois, elle aura augmenté de 100% dans ce secteur » dénonce le président de l’UDI qui a quelque peu revu à la baisse ses précédentes estimations Et il demande au gouvernement   « de diviser par deux immédiatement la TVA, passer de 10 à 5% » pour les services à la personne et le bâtiment.

 




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