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Crise sanitaire : les critères de dynamique économique remis en cause

Crise sanitaire : les critères de dynamique économique remis en cause

L’économiste Christian Schmidt observe dans une tribune au « Monde » que les plans de relance par la consommation, dans l’incertitude de la pandémie, se heurtent à des phénomènes psychologiques négligés par la science économique classique

Tribune. 

 

La crise sanitaire du Covid semble avoir converti au keynésianisme même les pays européens restés jusque-là les plus réticents, à l’exception peut-être des Pays-Bas. Ainsi l’Allemagne a pour la première fois affiché en 2020 un déficit de 3,2 % de son produit intérieur brut (PIB).

Au total, le déficit public de l’ensemble de l’Union européenne s’est élevé à 5,6 % du PIB européen, bien loin de la règle des 3 %. La France, dont le déficit public a atteint en 2020 un peu plus de 11 % du PIB, a voté un programme de relance économique évalué à 100 milliards d’euros sur deux ans.

Sur quelles hypothèses reposent en définitive toutes ces politiques publiques de relance ? Tout simplement sur ce que Keynes nomme « la propension à consommer », à laquelle il a consacré la totalité du livre 3 de sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, [Payot, 2017, 1re éd. 1936].

 

Keynes y prend soin de distinguer ce qu’il appelle les facteurs objectifs, qui correspondent aux relations entre les agrégats macroéconomiques (revenu, consommation, emploi), des facteurs subjectifs, sur lesquels il précise qu’ils ne soulèvent guère de problèmes et auxquels il ne conviendrait donc pas, pour lui, de s’attarder. 

L’influence de la situation pour consommer

Une exception d’importance se trouve pourtant mentionnée par Keynes lui-même au hasard d’un curieux détour dans son analyse des facteurs objectifs qui déterminent cette propension à consommer. Il s’agit « de l’influence profonde qu’exerce, dans certains cas exceptionnels, sur la propension à consommer, le développement d’une incertitude extrême quant à l’avenir et à ce qu’il cache ».

C’est précisément dans ce type de situation que nous nous trouvons aujourd’hui. En pareille circonstance, les liens classiques entre revenu et consommation définis par la macroéconomie se révèlent inopérants. Calculés à partir d’observations statistiques passées, ces liens renvoient à un agent fictif qualifié d’« agent représentatif », pour en tirer une interprétation au niveau microéconomique sur les comportements des agents individuels.

 

Une telle approche n’est cependant plus possible, lorsque l’occurrence d’un événement tout à fait imprévisible bouleverse les prises de décisions des agents. Or, c’est sur la base de ce type de raisonnement macroéconomique que le « plan de relance » est supposé relancer rapidement l’économie, en stimulant la consommation, et en particulier celle des particuliers. 

Politique sanitaire : faire un choix clair

Politique sanitaire : faire un choix clair

 

 Matthias Fekl avocat, ancien ministre estime que l’absence de choix clair participe à la croissance de la pandémie ( dans l’Opinion)

 

Un an après la mise en place du premier confinement, une forme de lassitude a gagné les citoyens, malgré la patience remarquable dont font globalement preuve nos sociétés. Si la pandémie a frappé le monde entier, elle a aussi évolué à des rythmes parfois divergents entre les pays, si bien que chacun d’entre eux a pu être pris, à certains stades, comme modèle, avant d’être ensuite décrié pour son inefficacité dans tel ou tel aspect de la gestion de crise.

Pour ce premier « anniversaire », France et Allemagne se retrouvent étrangement synchronisées sur un point précis et central de la gestion de crise : le choix à opérer entre une approche restrictive et autoritaire, d’une part, et une approche plus libérale, fondée sur un appel à la responsabilité individuelle et collective, d’autre part. Ces deux approches sont, en réalité, inconciliables. C’est ce qu’illustre, en France, l’incompréhension suscitée par la « troisième voie » souhaitée par le président de la République et, en Allemagne, la polémique autour du tour de vis initialement prévu pour le week-end pascal, suivi des spectaculaires excuses de la chancelière.

Les deux pays gèrent la pandémie avec des processus de prise de décision fort différents. En France, tout semble se décider en Conseil de défense voire, pour les décisions les plus stratégiques, dans le seul bureau présidentiel. Matignon met loyalement en œuvre les décisions, et la nomination comme Premier ministre d’un haut fonctionnaire consensuel, auparavant chargé de la coordination administrative et logistique du déconfinement, prend valeur de symbole. La fonction a changé et le changement est assumé comme tel ; le poste n’est plus occupé par une personnalité politique mais par un administrateur. Le contrôle parlementaire est résiduel et les concertations avec les élus locaux consistent, au mieux, en des réunions d’information immédiatement en amont de l’annonce publique de décisions déjà actées.

En Allemagne, du fait de la nature fédérale de l’Etat, les échelons locaux ont des compétences qui les rendent incontournables dans la gestion de la crise. Avant chaque changement important, tous les présidents des Länder sont réunis autour de la chancelière pour parvenir à un diagnostic partagé et à des décisions aussi coordonnées que possible. La dernière de ces réunions a duré pas moins de quinze heures (!) : si c’est excessif, c’est aussi la preuve d’authentiques débats et prises de décision en commun.

Nostalgie. Les régimes de restriction mis en place ont, eux aussi, fortement différé entre la France et l’Allemagne. Celle-ci n’a pas connu de mesures d’interdiction générale applicables sur l’ensemble du territoire, mais a d’emblée préféré une adaptation aux spécificités locales. Elle a fermé les écoles face aux nouvelles vagues de Covid. En France, le premier confinement a été, tout le monde s’en souvient sans nostalgie, hyper-restrictif. L’impact sur les libertés comme sur l’économie a été considérable. Le confinement suivant a été plus souple avec un recours facilité aux dérogations via des attestations que le monde entier regarde avec étonnement – et qui introduisent cette pratique étrange : une norme générale édictée par l’Etat fixe des interdictions strictes, mais chacun peut ensuite y déroger assez tranquillement en s’autodélivrant des justificatifs dont personne ne peut, in fine, réellement contrôler la véracité.

De part et d’autre du Rhin, le résultat est identique: confusion, incompréhension, polémiques. Le plus grave étant que, de ce fait, la pandémie progresse, en raison de cet enchaînement d’évidences: des consignes incompréhensibles ne sont pas comprises, des consignes incomprises ne sont pas suivies, des consignes non suivies ne permettent pas de freiner la progression du virus

Désormais, les deux pays connaissent une confusion et des polémiques similaires : en Allemagne a été envisagé un « lockdown renforcé » pour le week-end de Pâques, qui peut s’analyser comme un tour de vis assez puissant et restrictif. En France, le gouvernement a annoncé de nouvelles restrictions dans de nombreux départements au vu de leur situation sanitaire, en mettant en place une nouvelle attestation, complexe et aussitôt supprimée, tout en se refusant à décréter en tant que tel un nouveau confinement.

De part et d’autre du Rhin, le résultat est identique : confusion, incompréhension, polémiques. Le plus grave étant que, de ce fait, la pandémie progresse, en raison de cet enchaînement d’évidences : des consignes incompréhensibles ne sont pas comprises, des consignes incomprises ne sont pas suivies, des consignes non suivies ne permettent pas de freiner la progression du virus.

Mélange. Il ne s’agit pas de donner des leçons faciles : la pandémie est inédite, sa gestion est infiniment complexe, et chacun fait au mieux. La période la plus récente permet en revanche de tirer collectivement au moins une leçon : confiner ou responsabiliser, il faut choisir. Le désordre et la confusion actuels résultent pour l’essentiel du mélange hasardeux de deux approches différentes. D’un côté, une approche restrictive et même autoritaire, en partie dérisoire d’ailleurs du fait d’auto-attestations invérifiables. De l’autre côté, une approche plus libérale, reposant sur des appels à la responsabilité citoyenne.

Malgré le côté un peu ridicule et infantilisant des campagnes de communication, le fond des messages portés est tout sauf absurde : appeler à la prudence, souligner l’importance des gestes barrière, rappeler la dangerosité du virus reste nécessaire en l’absence déplorable de doses suffisantes pour vacciner à grande échelle. Chacune de ces approches a sa cohérence et sa légitimité. Mais en ayant simultanément recours aux deux, des messages contradictoires se percutent pour finalement s’annuler et être privés d’effet.

Les pessimistes en déduiront que l’humanité ne comprend que la contrainte. Les optimistes tâcheront de tracer un autre chemin, où l’Etat aurait durablement à cœur de traiter les citoyens en adultes responsables

Pour résumer grossièrement, 1 la population, à force de petits indices distillés ici et là, s’attend à des interdictions absolues (ambiance générale avant la conférence de presse française la semaine dernière ; interdictions prévues en Allemagne pour le week-end de Pâques – exercice en soi périlleux pour la chancelière dirigeant un Etat non laïc, et appartenant à un parti chrétien), 2) elle est ensuite soulagée de voir que les régimes mis en place sont plus cléments que prévus (refus de reconfiner en France, annulation des interdictions en Allemagne) et ce soulagement est ô combien légitime après une année d’efforts et de difficultés, 3) du coup, les appels par ailleurs sages et raisonnables à la responsabilité deviennent inaudibles : puisqu’on a le droit de sortir, sortons, puisqu’on a le droit de voir des amis, voyons des amis.

Les pessimistes en déduiront que l’humanité ne comprend que la contrainte, et que seul le retour à des confinements stricts permettra – en attendant les vaccins – d’endiguer la pandémie. C’est malheureusement ce qui risque de nous arriver sous peu. Les optimistes tâcheront de tracer un autre chemin, où l’Etat aurait durablement à cœur de traiter les citoyens en adultes responsables.

L’année écoulée a révélé un esprit de responsabilité largement partagé. Les abus ont existé, mais ils n’ont pas été majoritaires. Ils doivent légitimement être réprimés, ce qui est possible sans en faire porter le poids à l’ensemble de la population, durement éprouvée et désormais bien fatiguée. Ce chemin est aussi un test pour chacun d’entre nous, tant il repose sur le civisme et l’esprit de responsabilité.

Matthias Fekl est avocat, ancien ministre.

Crise sanitaire : la responsabilité à la place de la contrainte

Crise  sanitaire : la responsabilité à la place de la contrainte

La politique sanitaire mise en place est responsable de dégâts collatéraux inquiétants, soulignent une vingtaine de professionnels de santé, qui plaident pour alléger les contraintes chez l’enfant et le jeune adulte et renforcer la protection des personnes à risque. (Tribune dans le monde)

Tribune.

 

Voilà maintenant un an que la vie des Français a été bouleversée par la crise sanitaire et la mise en place de mesures aussi fortes qu’inédites, toutes prises au nom de la santé de nos concitoyens. Cet anniversaire doit être pour nous l’occasion d’en dresser le bilan.

Au début de l’épidémie, à la lumière des premières données qui laissaient alors craindre une mortalité très élevée, et dans l’attente d’un traitement efficace et de lits d’hospitalisation en nombre suffisant pour soigner les malades, il était alors acceptable pour chacun d’entre nous de se trouver transitoirement confiné puis de se voir imposer un certain nombre de gestes barrières « pour se protéger et protéger les autres ». Or, aujourd’hui, les termes de ce contrat social ont beaucoup évolué.

Après un an de recul, la maladie est mieux connue. Les statistiques de décès montrent qu’elle n’est pas aussi mortelle que ce que l’on avait initialement craint. La population à risque de formes graves est assez clairement identifiée et est principalement constituée des personnes très âgées et/ou atteintes de comorbidités particulières. Par ailleurs, la prise en charge médicale des formes sévères s’est considérablement améliorée et a permis de diminuer notablement la mortalité.

Le caractère transitoire des mesures sanitaires instaurées est par ailleurs remis en question devant l’émergence de multiples variants, car l’infection préalable par le virus semble ne pas protéger de ceux-ci. De ce fait, une sortie de crise à court ou moyen terme par l’immunité collective, passive ou vaccinale, apparaît compromise.

Les contraintes sanitaires ont été présentées à la population, et acceptées par celle-ci, comme une nécessité transitoire dans le but de ne pas déborder la capacité d’accueil hospitalière. Pourtant, après un an, le nombre de lits d’hospitalisation et de réanimation n’a toujours pas été revu à la hausse, ni le nombre de personnels paramédicaux et médicaux spécialisés.

La politique sanitaire mise en place est responsable de dégâts collatéraux inquiétants. Ainsi, la sédentarisation de la population, et notamment celle des enfants (rapport de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, décembre 2020) confrontés au confinement, à la fermeture des salles de sport, aux contraintes sanitaires pesant sur les activités sportives à l’école, entre autres, entraîne une prise de poids d’une partie importante de la population qui risque d’avoir des conséquences sur leur santé à long terme, ainsi qu’une consommation de temps d’écran toujours plus importante, notamment pour ce qui concerne les enfants et adolescents.

La crise sanitaire : un coût au doigt mouillé de 160 milliards

La crise sanitaire : un coût au doigt mouillé de 160 milliards

Le ministre des comptes publics Olivier Dussopt, dont il faut rappeler qu’il a été élu sur une liste PS et que sitôt élu il a rejoint Macron fait encore dans l’approximation en matière de coût de la crise sanitaire. Jusque-là le chiffre officiel visant à quantifier les conséquences de la crise sanitaire tournait autour de 200 milliards.

Mais sans doute pour montrer que le gouvernement n’oublie pas les impératifs de gestion, le ministre des comptes publics précises que cette somme est ramenée à 160 milliards. Un chiffre tout à fait approximatif en effet car il n’y a pas que les dépenses budgétaires à prendre en compte mais aussi toutes les conséquences sur d’autres comptes sociaux comme par exemple celui de l’indemnisation du chômage, celui de la sécurité sociale ou des retraites complémentaires. Sans parler des dépenses à venir concernant un chômage qui malheureusement n’est pas près de retrouver ses niveaux de fin 2019. Olivier Dussopt  précise toutefois que ce chiffre n’est pas définitif.

En janvier, le ministère de l’Economie avait indiqué que l’Etat avait engagé sur son seul périmètre (hors collectivités et sécurité sociale) près de 42 milliards d’euros de dépenses d’urgence en 2020, dont 17,8 milliards pour le chômage partiel (une partie étant financée par l’Unedic), 12 milliards pour le fonds de solidarité, 4 milliards pour financer les exonérations de cotisations sociales et 8 milliards de soutien aux entreprises publiques. A cela s’ajoute un manque à gagner de 37,1 milliards d’euros de recettes fiscales (TVA, impôt sur les sociétés, etc.) par rapport aux prévisions valables avant la crise.

Dans le champ de la sécurité sociale, il faut compter les dépenses exceptionnelles liées à la pandémie (masques, tests, arrêts de travail) ou encore les pertes de recettes de cotisations sociales par rapport à une situation économique normale.

Notons qu’il n’y a pas si longtemps–sans doute pour améliorer son image d’ancien socialiste–le ministre des comptes publics avait déclaré qu’il faudrait rapidement mettre fin ax quoi qu’il en coûte. Désavoué d’une certaine manière par le gouvernement, il déclare maintenant que compte tenu de la situation sanitaire que «nous ne pouvons pas répondre à cette question de la date de fin du quoi qu’il en coûte». . Dussopt a nettement amendé son propos et indiqué qu’il faudra en sortir progressivement à mesure que la crise s’estompe. Bref un changement de direction qui caractérise ce transfert du parti socialiste

Brésil: nette hausse du taux directeur de la Banque

Crise sanitaire : Macron paralysé

Crise sanitaire : Macron paralysé

De toute évidence, Macron est paralysé par les éventuelles réactions à des mesures restrictives qui vont s’imposer pour les régions les plus contaminées notamment en Île-de-France. Il y a déjà plusieurs semaines que les indicateurs sont dans le rouge. Plus la situation s’aggrave et plus le président de la république se fait discret laissant au premier ministre le soin de parler dans le vide. La vérité sans doute, c’est que Macron est complètement apeuré par une situation un peu dramatique malheureusement le courage n’est pas sa principale qualité.

On sait que l’opinion publique en général est hostile à un recours au  confinement général. Pourtant le pays ne peut pas attendre d’avoir 50 000 contaminés par jour voire davantage pour prendre des mesures à la hauteur de l’enjeu même si ces dernières sont impopulaires. Le pire sans doute c’est qu’on va décider pour la région parisienne notamment une espèce de confinement le week-end. Ce qui permettra à environ 20 % de la population parisienne de partir en week-end et de mieux contaminer toute la province.

Crise sanitaire: trop de sévérité vis-à-vis de l’Europe

Crise sanitaire: trop de sévérité vis-à-vis de l’Europe

Jean-Dominique Giuliani ,  président de la Fondation Robert Schuman considère que les critiques vis-à-vis de l’Europe excessives(dans l’Opinion)

Comment expliquer la débandade actuelle autour du vaccin d’AstraZeneca ?

On se précipite un peu trop pour juger. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui a payé ses vaccins à des prix exorbitants, sont présentés comme des modèles, mais ils ont enregistré à ce jour beaucoup plus de morts que tous les autres. Israël est aussi montré en exemple mais il a accepté de donner toutes les données personnelles de ses habitants à Pfizer. Ce serait impossible chez nous.

Depuis le début de cette crise, l’extrême sensibilité des opinions entraîne celle des gouvernements. Résultat, c’est bretelle, ceinture et parapluie dès qu’il se passe quelque chose. Cette course aux vaccins est suspecte aux yeux de tous les gens un peu sensés. Qu’il y ait une mauvaise surprise avec AstraZeneca – et il n’y en a pas plus qu’avec les autres – fait qu’un mort en Norvège suscite la peur dans toute l’Europe. On n’accepte même pas les risques inhérents à tout vaccin. Quand les gouvernements mis sous pression – quand ils ne sont pas terrorisés par le corps médical qui affiche ses divisions sur la place publique – suspendent les campagnes de vaccination avant de la reprendre bientôt, on est dans le royaume des fous.

Bruxelles n’a-t-il pas failli à cette occasion ?

C’est incontrôlable et ce n’est pas dans ses compétences. On peut le regretter.

« Imaginez qu’on n’ait pas négocié ensemble : les petits pays européens n’auraient pas de vaccins parce qu’ils n’auraient pas été en mesure de négocier avec les grands labos »

On l’accuse d’avoir négocié les prix plutôt que les quantités

D’abord, ce sont des pré-achats, des pré-financements. C’était plutôt intelligent. La réalisation a été un peu gâchée administrativement à Bruxelles, comme elle aurait pu l’être en France ou ailleurs, par un mélange de juridisme et de bureaucratie. Mais d’ici à deux à trois mois, on verra que c’est l’Europe qui fabriquera le plus de vaccins dans le monde. En un an, on a découvert des principes actifs extraordinaires pour lutter contre ce virus, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils soient industrialisés à des milliards de doses en six mois. Imaginez aussi qu’on n’ait pas négocié ensemble : tous les petits pays européens n’auraient pas de vaccins parce qu’ils n’auraient pas été en mesure de négocier avec les grands labos. Ils se seraient fait racketter.

Les autres sont allés très vite, mais regardez les Russes. Ils ont des biologistes d’une très grande qualité – on sait que les poisons sont une spécialité du pays – mais ils sont incapables de vacciner leur population et de produire en grand nombre. C’est un peu comme les Chinois qui se sont targués, l’an dernier, de nous avoir fourni les masques en oubliant qu’au mois de janvier c’était la France qui leur en avait envoyés ! Là, c’est pareil, l’histoire n’est pas finie.

L’Union européenne a-t-elle été naïve ?

Non, elle a été lente, obnubilée par le principe de précaution mais pas plus que l’Allemagne ou la France. Aujourd’hui, la mise en œuvre est compliquée mais les critiques sont un peu excessives. Dans quelques mois, tout cela sera rentré dans l’ordre.

Suspension d’AstraZeneca: une erreur politique et sanitaire

Suspension d’AstraZeneca: une erreur politique et sanitaire

 

Ne pas vacciner, c’est exposer la population vulnérable à un risque de Covid-19 grave qui est encore plus générateur de thromboses. Il apparaît bien plus fréquent d’avoir une thrombose sans vaccin que sous vaccin, dont il faut espérer que la suspension sera vite levée soulignent, dans une tribune au « Monde », les professeurs Albert-Claude Benhamou, Ismaël Elalamy et Grigorios Gerotziafas.

Tribune.

 

Un caillot, ça tue énormément ! La thrombose est la première cause de mortalité dans les pays occidentaux. En France, les maladies cardiovasculaires sont responsables de quatre cents décès par jour. L’incidence de la maladie thromboembolique veineuse (MTEV) est de 1,8 pour 1 000. La grossesse peut accroître ce risque à 4 pour 1 000, mais on n’interdit pas pour autant de tomber enceinte…

Il apparaît bien plus fréquent d’avoir une thrombose sans vaccin que sous vaccin. L’incidence rapportée à ce jour en Europe, de 30 cas pour 5 millions de sujets ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca, est pratiquement de un pour 100 000 ! Plusieurs cas ont été aussi rapportés avec le vaccin de Pfizer-BioNTech.

Les populations actuellement vaccinées sont par définition considérées comme populations à risque de Covid-19 grave et donc présentent des comorbidités. En prenant le parti qu’il y ait une relation de cause à effet, que la réaction inflammatoire classique chez ces sujets vaccinés ait été à l’origine d’une hypercoagulabilité facilitant la survenue d’une thrombose, alors on peut imaginer qu’en l’absence de vaccin, s’ils avaient contracté la Covid-19, les conséquences auraient été bien plus dramatiques.

En effet, l’orage inflammatoire dans ce cas serait alors majeur avec une forme sévère et une incidence thrombotique de l’ordre de 30 % à 50 % et une mortalité de 20 % à 40 %.

La vaccination évite les formes graves dans plus de 85 % des cas et aucun décès n’est rapporté dans les essais. En fait, le risque thrombotique est inhérent au profil du patient avec ses comorbidités cardiovasculaires, ses facteurs génétiques majorant la capacité de coagulation (comme le facteur V Leiden) et des facteurs environnementaux (notamment l’immobilisation). Le risque thrombotique est inhérent à notre mode de vie, à notre profil clinique et à notre environnement.

Vacciner c’est protéger, donc ne pas vacciner c’est exposer les patients à un risque de Covid-19 grave encore plus incendiaire et à des conséquences plus dramatiques. Il faut voir juste et agir juste : vacciner, surveiller et accompagner pour protéger ! Comment ? Il convient d’abord de rappeler l’importance d’une hydratation et d’une mobilisation régulières et recommander la prise de paracétamol en cas de fébricule [légère augmentation de la température] ou de syndrome pseudo-grippal.

De plus, chez les rares patients à risque thrombotique particulièrement élevé et en cas de signes généraux ou inflammatoires plus importants, une prévention anticoagulante transitoire pourrait être proposée, comme il est d’usage de la prescrire en cas de voyage prolongé en avion ou en cas de d’alitement dans un contexte subaigu. Inflammation et coagulation sont en fait un pléonasme.

Crise sanitaire :  » Arrêter la dérive bureaucratique »

Crise sanitaire :  » Arrêter la dérive bureaucratique »

Quelle est la force juridique des protocoles sanitaires que l’Etat impose aux entreprises ? La réponse de Stéphane Bloch, avocat-associé du cabinet Flichy Grangé, membre du bureau d’AvoSial.

 

Stéphane Bloch est avocat-associé au cabinet Flichy Grangé, membre du bureau d’AvoSial.

Le 3 mars, le Conseil d’Etat a suspendu l’interdiction générale et absolue de sortie des résidents des Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Depuis un an, les pouvoirs publics ne cessent d’adresser des recommandations aux entreprises. Quelle est leur valeur juridique ?

Elles ont pris différentes formes, protocoles, questions-réponses, guides de bonnes pratiques. Avec la crise, le droit souple, hérité de la soft law, prend une ampleur particulière. Dans l’esprit de leurs rédacteurs, ces documents doivent être suivis d’effets. Mais la plupart d’entre eux n’ont pas de force directement contraignante. Par exemple, quand un protocole impose le port du masque en entreprise, le ton du texte est impératif, mais il s’agit de la déclinaison concrète de l’article L 4121-1 du code du travail qui pose une obligation de santé et de sécurité des entreprises envers leurs salariés. Le protocole n’est pas réellement impératif en soi, mais il rappelle des règles impératives contraignantes.

Que dit le Conseil d’Etat à ce sujet ?

Il inaugure sa jurisprudence de la crise sanitaire, en droit du travail, par une ordonnance du 29 mai 2020 à propos des fontaines à eau dans les entreprises. Le ministère du Travail avait publié sur son site des fiches conseils recommandant aux entreprises de suspendre leur utilisation. Le Conseil d’Etat, considérant que la publication de ces fiches était purement informative, a estimé qu’elles ne pouvaient faire l’objet d’un recours.

Depuis, il a évolué ?

Disons plutôt que les cas qui lui ont ensuite été soumis étaient un peu différents. Dans deux ordonnances des 19 octobre 2020, sur le port du masque, et 17 décembre 2020, sur le télétravail, il considère que le protocole a des « effets notables » — le mot a son importance — sur la vie des salariés : un ordre est donné aux entreprises. Il s’estime alors compétent pour apprécier la légalité des dispositions contestées.

« Au plan des principes, on peut se demander si le ministère du Travail n’usurpe pas un pouvoir décisionnaire sous l’œil bienveillant du Conseil d’Etat »

Comment interprétez- vous cette évolution ?

Elle fait écho à une décision importante, l’arrêt Gisti,du 12 juin 2020. Rien à voir avec la crise sanitaire, mais le Conseil d’Etat pose la règle que les documents de portée générale peuvent être déférés au juge administratif lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir des « effets notables » sur les droits ou la situation des justiciables. Les décisions relatives au port du masque et au télétravail présentent ces caractéristiques. Il considère cependant, au stade du référé, qu’il n’y a rien dans ces prescriptions d’évidemment contraire à la légalité. Prenons garde aux termes : dire qu’il n’existe aucun doute sérieux sur la légalité ne vaut pas brevet de légalité. Il faudra attendre le jugement au fond pour avoir confirmation ou non de cette analyse.

Pourtant, vous vous interrogez ?

A ce stade, j’identifie en effet une contradiction entre cette décision et l’accord national interprofessionnel entre partenaires sociaux du 26 novembre sur le télétravail : il y est dit que le recours au télétravail relève du pouvoir de direction de l’employeur. Le Conseil d’Etat semble, de son côté, valider l’idée selon laquelle le ministre pourrait imposer le télétravail. Au plan des principes, on peut se demander si le ministère du Travail n’usurpe pas un pouvoir décisionnaire sous l’œil bienveillant du Conseil d’Etat.

Le Conseil d’Etat vient de prendre une nouvelle décision qui va plutôt dans votre sens.

Il était saisi d’une recommandation du ministère de la Santé interdisant les sorties aux résidents des Ehpad. Le 3 mars 2021, il qualifie cette recommandation de prescription. Il juge que cette interdiction, par son caractère général et absolu, porte atteinte à la liberté d’aller et venir. On voit que le Conseil d’Etat semble se montrer plus attentif à cette liberté fondamentale. De mon point de vue, il faut qu’il encadre la multiplication de ces technos-normes, cette dérive normative des administrations.

Quels conseils pratiques donner aux entreprises ?

Prenons, l’exemple des tests : au début, leur usage en entreprise n’est pas autorisé. Pourtant certaines d’entre elles, voulant bien faire, souhaitent les mettre en place. De son côté, le ministère, soucieux des risques, a tendance à interdire, on peut le comprendre. Progressivement, les positions se rapprochent et la pratique des tests est autorisée de façon encadrée. De manière plus générale, je dirais aux entreprises que la norme impérative cardinale, c’est l’obligation de sécurité et de santé de l’employeur. Il est difficile de ne pas se soumettre à une recommandation qui va dans ce sens, quels que soient les débats juridiques. Mais il est légitime de poser la question du respect des libertés publiques dans un Etat de droit.

L’avenir s’annonce… agité. « Avec la raison d’être et le statut d’entreprise à mission, les groupes français font énormément d’efforts sur tout ce qui touche à l’extra-financier, bien davantage que ce que pratiquent les anglo-saxons, poursuit l’expert de Proxinvest. Cela rend la vie du dirigeant beaucoup plus compliquée. Il doit rendre des comptes sur la rentabilité financière et sur tous les critères ESG. Les motifs de reproche ne font qu’augmenter ».

C’est d’ailleurs en critiquant une double faiblesse chez Danone, sa performance boursière et le « G » de sa gouvernance, que le fonds Artisan Partners a construit son opération de déstabilisation d’Emmanuel Faber. « La nomination d’une nouvelle direction et une meilleure gouvernance renforceront l’entreprise pour le bénéfice de toutes les parties prenantes », a salué lundi l’investisseur américain à l’annonce de son remplacement par Gilles Schnepp. La mésaventure de Danone risque de faire une mauvaise pub à la raison d’être et de calmer les ardeurs des aspirants « missionnaires ».

Une crise sanitaire sans précédent

Une  crise sanitaire sans précédent

 

La  chronique de t député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe dans l’Opinion

C’était il y a un an, presque jour pour jour, l’Europe se repliait sur elle-même, les Européens étaient priés de rester chez eux et de réorganiser leur vie. Face à ce coronavirus impitoyable et mortel, nos systèmes de santé ont été soumis à très rude épreuve. Et chaque jour depuis un an, s’égrène la funeste liste de ceux et celles qui nous ont quitté. Chaque mort est un drame, chaque décès est un de trop.

Sans attendre, il nous a fallu réagir, individuellement et collectivement. Nous l’avons fait ou tenté de le faire, chacun, renouant aussi avec des gestes de solidarité et d’entraide. Nous avons fait en sorte de concilier des vies personnelle et professionnelle bousculées.

L’Europe et les gouvernements se sont également mobilisés. Comme jamais. Je lis et entends ici et là que l’Europe n’a pas su protéger ses citoyens. Rien n’est plus faux. Certes, on peut regretter de ne pas avoir fait plus, mieux, plus vite. Lors de la crise de l’euro, il a fallu près de deux ans à nos institutions politiques et financières pour réagir. En 2020, c’est en quelques semaines que l’UE et les Etats membres se sont donné les moyens de répondre massivement à la crise économique, sociale et sanitaire.

Nous sommes parvenus, et ce n’est pas le moindre des acquis, à poser les bases d’une ambitieuse Union européenne de la santé

Autonomie stratégique. Les montants engagés sont colossaux, plus de 4,2 trillions d’euros. Nous avons créé de nouveaux instruments, tel que le dispositif SURE pour soutenir le financement du chômage partiel ou encore l’Initiative d’investissement en réaction au coronavirus. En juillet dernier, à l’issue d’une difficile négociation, les Européens ont brisé le tabou d’un endettement commun pour répondre à la crise avec un plan de relance de 750 milliards d’euros. Nous avons progressé sur la nécessité de nous doter enfin d’une véritable politique industrielle européenne et des moyens devant assurer notre autonomie stratégique.

Nous sommes parvenus également, et ce n’est pas le moindre des acquis, à poser les bases d’une ambitieuse Union européenne de la santé. Notre groupe Renew Europe a été en première ligne de cette bataille, avec la contribution déterminante des eurodéputés français de la délégation Renaissance. Les compétences et les moyens de l’Agence européenne du médicament et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies vont être ainsi sensiblement renforcés et une Autorité européenne pour la réaction aux urgences sanitaires verra bientôt le jour. Que de chemin parcouru en un an ! Mais loin de moi l’idée de me réjouir. La stratégie vaccinale décidée par l’Union européenne montre à quel point il est parfois difficile de coordonner nos efforts et nos moyens. Mais ne nous laissons pas distraire par ceux qui souhaiteraient voir l’Union européenne trébucher. Demeurons déterminés, il n’y a d’autre solution qu’européenne à cette crise sanitaire.

Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe depuis 2019. Il est ancien Premier ministre de Roumanie. Sa chronique «Europa» est publiée en alternance avec celle de Manfred Weber, président du groupe PPE, chaque dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans le journal.

Crise sanitaire : un prochain confinement en région parisienne sévère car trop tardif

Crise sanitaire : un prochain confinement en région parisienne sévère car trop tardif

 

 

Il est clair que le gouvernement a trop tergiversé pour imposer de nouvelles mesures restrictives à la région parisienne contrainte maintenant d’évacuer nombre de malades vers la province. Pourtant tous les indicateurs étaient au rouge en particulier le taux d’incidence au-dessus de 400 quand il était autour de 200 en moyenne ailleurs. On a d’ailleurs imposé un confinement dans le nord de la France alors que la zone était moins touchée que la région parisienne.

En région parisienne les hôpitaux sont complètement saturés et la crise va encore s’intensifier avec le développement des variants qui représentent les deux tiers des infections et bientôt 90 %.

 « Ça monte beaucoup en Île-de-France. Le président ne veut pas reconfiner mais n’aura pas la main qui tremble s’il devait s’y résigner. Si on se prend l’ascenseur, on devra de toute façon fermer le robinet », « Il faut s’attendre à ce que de nouvelles mesures soient prises. » Pense-t-on de plus en plus dans la majorité. La piste d’un confinement est donc sur la table, pour bloquer la prolifération du variant britannique. « On suit avec attention les chiffres. Dans les écoles, les contaminations sont en tout cas contenues, le taux de positivité des tests est inférieur à 1 % », pointe un ministre, alors que des rumeurs sur une éventuelle fermeture des écoles circulent. « On n’en est pas là », nuance-t-on.

« Confiner l’Île-de-France alors qu’on est en plein dans l’anniversaire du premier confinement, le signal politique serait terrible », pensent nombre de membres de la majorité

Sondage gestion sanitaire : les deux tiers des Français critiquent la gestion de l’exécutif

Sondage gestion sanitaire : les deux tiers des Français critiquent la gestion de l’exécutif

 

Selon le sondage Odoxa-Backbone consulting pour Franceinfo et Le Figaro près des deux tiers des Français jugent très sévèrement la gestion sanitaire du gouvernement. 80 % estiment même que le gouvernement ne sait pas où il va. 7 Français sur 10 jugent que les maires (73 %) et les entreprises (68 %) ont été à la hauteur de la situation. Les Français sont plus partagés au sujet de leurs concitoyens : 48 % jugent qu’ils se sont bien comportés et presque autant (51 %) le contraire.

 

Mais ce sont surtout les responsables politiques qui se retrouvent au cœur des critiques : pour près des deux tiers des Français, ni le président Emmanuel Macron (63 %) ni le premier ministre Jean Castex (66 %), ni le ministre de la Santé Olivier Véran (65 %) n’ont été à la hauteur de la situation. Les sondés sont encore plus sévères avec les forces d’opposition, critiquées par 84 % d’entre eux.

 

Quelque 77 % des sondés estiment que le gouvernement ne « rassure pas » car, selon eux, il n’est « pas clair » (80 %) et « ne sait pas où il va » (83 %). Les trois quarts des Français pensent que l’exécutif « n’a pas pris les bonnes décisions au bon moment » (73 %) et sont persuadés qu’il ne « leur a pas dit la vérité » (76 %). Si les Français sont partagés sur la gestion des masques (52 % de satisfaits) ou de la crise économique (49 % de satisfaits), ils sont majoritairement critiques sur la stratégie vaccinale menée depuis janvier (75 % d’insatisfaits).

 

Pause

Sondage gestion de la crise sanitaire: Seulement 38 % font confiance au gouvernement

Selon la dernière enquête Ifop pour le JDD*, seuls 38% des Français font confiance au gouvernement pour faire face à l’épidémie de coronavirus et mener à bien la campagne de vaccination. Un chiffre en légère amélioration par rapport à la fin janvier : les sondés étaient alors 36% à faire confiance au gouvernement pour gérer la crise et 37% pour mener la campagne vaccinale.

« Sur la gestion de la crise sanitaire, la défiance est enkystée », constate Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP. Elle est majoritaire dans toutes les catégories de population. Seule exception : les sympathisants de La République en marche (LREM), dont plus des trois quarts affichent une confiance inébranlable dans l’exécutif.

 

 

Enquête IFOP pour le Journal du Dimanche réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 5 mars 2021, auprès d’un échantillon de 1.012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. 

Fin de crise sanitaire : pas avant l’été… 2022 !

 Fin de crise sanitaire : pas avant l’été… 2022 !

« C’est en été 2022 qu’on pourra réellement faire un véritable bilan de la situation et tout sera beaucoup plus facile », a déclaré sur France Inter le professeur Pittet, inventeur du gel hydroalcoolique et président de la mission indépendante nationale sur l’évaluation de la gestion de la crise Covid-19 en France. « Mais on retournera au théâtre avant et il y aura d’autres activités sociales agréables » slon  l’épidémiologiste Didier Pittet, l’inventeur du gel hydroalcoolique.

Les deux prochains mois vont être délicats car « on est encore en hiver et on sait que les virus respiratoires aiment cette période », a-t-il dit. Il y aura « ensuite la campagne de vaccination » et on pourra faire « un premier bilan au début de l’été ».

« Mais on va ensuite se propulser vers l’automne et il y aura certainement d’autres variants, peut-être qu’il faudra d’autres vaccins, il faudra encore pouvoir passer un automne qui ne sera pas un automne normal », a poursuivi l’épidémiologiste.

Crise sanitaire : les Français sous dépendance psychotropique ?

Crise sanitaire : les Français sous dépendance psychotropique ?

« Dans des situations extrêmes, face à une crise qui nous dépasse tous, des mauvaises solutions et des réponses désespérées émergent. [...] Psychiatriser toujours plus la société et rendre ainsi les gens de plus en plus dépendants des psychotropes fait définitivement partie de ces très mauvaises solutions », alerte Philippe Descarpentries un lecteur du Monde.

Cela fait des mois qu’on peut lire ou entendre dans la presse des psychiatres nous annonçant une troisième vague psychiatrique post-confinement et réclamant toujours plus de moyens pour traiter une population en détresse. Ce sont ces mêmes psychiatres qui imposent la chambre d’isolement à nombre de leurs patients, ce « confinement aggravé » devenant alors soi-disant « thérapeutique ».

Et voici qu’il y a quelques jours, le président de la République annonce la tenue avant l’été d’Assises de la psychiatrie particulièrement axées sur l’enfance, dans le but notamment d’« améliorer l’accès aux soins pédopsychiatriques ». Il annonce maintenant le chèque-psy pour les étudiants. Quand on connaît la tendance (en fait une sorte de compulsion) des psychiatres à prescrire des antidépresseurs, quand on voit la courbe exponentielle des ventes de ces produits et qu’on connaît leurs effets secondaires destructeurs, ce n’est pas pour la seule santé mentale de nos concitoyens que l’on s’inquiète, mais pour leur santé tout court et pour leur avenir.

Après les enfants et les étudiants, va-t-on psychiatriser les restaurateurs et les artistes (en détresse eux aussi), les soignants, les chômeurs, les professeurs, les retraités, les salariés qui supportent mal le travail à domicile, les mères de famille débordées, etc. ? L’étape suivante sera-t-elle une distribution massive et gratuite de Lexomil ou de Xanax ? On y est presque ! Coût maximal pour le contribuable et la santé publique, bénéfice maximal pour les labos pharmaceutiques.

Ce qui va redonner le moral aux enfants, c’est leur donner accès à une scolarité normale, dans le strict respect des règles sanitaires. Ce qui va éviter aux étudiants de sombrer dans la dépression, c’est qu’ils puissent poursuivre leurs études dans des conditions normales et dans le strict respect des règles sanitaires. Ce qui va sauver les restaurateurs du désespoir, c’est de leur permettre de travailler, dans le respect strict des règles sanitaires, etc.

Et ce qui va aider l’ensemble de la population, c’est de refuser de se laisser submerger par ce flux ininterrompu de mauvaises nouvelles, de fausses annonces, d’informations non vérifiées et d’affirmations péremptoires et néanmoins contradictoires de « spécialistes ». Dans des situations extrêmes, face à une crise qui nous dépasse tous, des mauvaises solutions et des réponses désespérées émergent. Ces « solutions » ont une particularité : elles créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

Psychiatriser toujours plus la société et rendre ainsi les gens de plus en plus dépendants des psychotropes fait définitivement partie de ces très mauvaises solutions.

Philippe Descarpentries, La Celle-Saint-Cloud (Yvelines)

Crise sanitaire : s’inspirer de la Corée

Crise sanitaire : s’inspirer de la Corée

En un an, le virus a fait seulement 1 400 morts en Corée du Sud, pourtant premier pays touché après la Chine. Le chercheur Eric Bidet décrypte, dans une tribune au « Monde », une stratégie fondée sur la transparence dans l’information et sur le strict isolement des malades.

 

Tribune.

 

Il y a tout juste un an, en 2020, la ville de Daegu (2,5 millions d’habitants) était sévèrement touchée par le SARS-CoV-2. C’est la première flambée du virus observée hors de Chine. Les écoles du pays sont aussitôt fermées et ne rouvriront (quasiment) pas avant septembre ; la population de Daegu est confinée durant quelques semaines. Un an plus tard, la Corée compte un peu plus de 1400 décès pour moins de 80 000 cas de Covid-19. Rapportés à la population totale, ces chiffres sont environ 50 fois moins élevés que ceux observés en France.

Pourtant, à l’exception de mesures très provisoires et très locales, la Corée n’a jamais confiné sa population ni fermé ses frontières ou ses commerces. Comment expliquer un tel succès face à une épidémie qui, presque partout ailleurs, a entraîné des dispositifs beaucoup plus contraignants et des dégâts considérables et pour certains irrémédiables ? Ces bons résultats sont le fruit d’éléments déjà en place, tel que le dispositif de gestion des épidémies installé à la suite de l’épidémie de MERS (due au virus MERS-CoV), survenue en 2015.

Mais ils sont aussi le reflet d’une capacité à s’adapter et à prendre rapidement des mesures largement acceptées par la population, y compris en assouplissant certaines procédures administratives autorisant la mise sur le marché de produits ou de dispositifs, notamment pour tester les personnes.

Deux éléments apparaissent spécifiques de la stratégie adoptée en Corée : d’une part, le grand souci de transparence dans l’information et la prise de décision, d’autre part, l’accent mis sur le strict isolement des malades pour casser la diffusion du virus. Le fait d’avoir, comme en Suède, une agence publique dédiée à la gestion des épidémies et dotée de pouvoirs étendus a été essentiel.

Ce dispositif a garanti l’efficacité des mesures dédiées, accéléré leur mise en œuvre et contribué à générer une grande confiance au sein de la population. Cela a également contribué à renforcer la légitimité du gouvernement, comme l’a montré le large succès remporté par le parti au pouvoir lors des élections législatives du printemps dernier.

Crise sanitaire : « pour des mesures territorialisées et graduées

Crise sanitaire : « pour des mesures territorialisées et graduées »

Une vingtaine de médecins, scientifiques, enseignants et chercheurs, regroupés au sein du collectif Du côté de la science, recommandent, dans une tribune au « Monde «, des « mesures territorialisées et graduées » allant « jusqu’à un confinement local ».

 « Je perdrai peut-être mais je ne veux pas abandonner. Il en va de la santé des Dunkerquois », a déclaré le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, le 12 février, devant le refus des autorités nationales de fermer les collèges et lycées, alors que plusieurs clusters ont été identifiés dans la ville et que 68 % des contaminations proviennent de virus mutants.

Même déconvenue en Moselle. François Grosdidier, maire de Metz, avait demandé la veille un confinement strict et la fermeture anticipée des écoles pour ce département où 300 cas de Covid-19 liés aux variants apparus en Afrique du Sud et au Brésil ont été identifiés. Le préfet de Moselle annonçait le lendemain qu’« il n’y aura pas de nouvelle mesure », tandis que le ministère de l’éducation nationale allégeait à nouveau son protocole sanitaire.

La question de nouvelles mesures pour freiner la circulation du virus et de ses variants n’est-elle à l’ordre du jour que pour ces deux territoires ? Non, et c’est le débat de l’heure, au moment où le nombre de contaminations continue d’être élevé et que l’on compte quotidiennement 400 décès dus au Covid-19.

Le président de la République fait la sourde oreille aux alertes que lui adressent les élus et les scientifiques. C’est un choix politique qui revient à attendre que la situation ait dérapé pour appliquer des mesures drastiques. L’exact opposé de la stratégie globale adoptée par nos voisins allemands, danois et d’autres, qui combinent campagne de vaccination intensive et pression maximale visant à limiter fortement la circulation du virus. De ce point de vue, l’image du chef de l’Etat, pourtant grand défenseur de l’agilité et de la disruption, pâlit en comparaison de la manière dont la chancelière allemande, Angela Merkel, combine ces deux attitudes.

Cette stratégie de nos voisins n’est pas justifiée par une situation plus grave que celle que nous connaissons chez nous. Pas plus que par une indifférence de leur part aux risques sociaux liés à un reconfinement, qui ferait de la France un modèle en la matière. Ni Dunkerque ni la Moselle ne sont masochistes. En Moselle, la première vague de Covid-19 a été particulièrement dure. Rien de surprenant à ce que les habitants et leurs représentants ne souhaitent connaître à nouveau cette épreuve.

La demande d’une stratégie rigoureuse de suppression du virus est fondée sur ce que nous avons appris de la pandémie au cours de l’année passée. A présent que la vaccination est lancée – non sans difficultés – et que la circulation du virus persiste « à un niveau très élevé dans le contexte d’augmentation de la prévalence des variants plus transmissibles » (bulletin de Santé publique France du 11 février), la menace accrue impose de durcir la riposte.

Sondage politique sanitaire : 60 % des Français critiques

Sondage politique sanitaire : 60 % des Français critiques

Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro et France Info une nette majorité de Français (60%) ne fait pas confiance au pouvoir exécutif pour gérer la situation due à l’épidémie de Covid-19, selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro et France Info.

 

Ce scepticisme n’a que peu diminué (-4 points) depuis octobre dernier. Il touche majoritairement toutes les catégories de la population, à l’exception des sympathisants de La République en Marche (seulement 11% de défiance), et les catégories sociales supérieures (49%). Les plus critiques sont les catégories populaires (68%), les habitants des campagnes (64%) et les sympathisants du Rassemblement national (86%).

Les Français ont exprimé leurs doutes d’un sondage à l’autre, à chacune des trois grandes étapes de la lutte contre la pandémie – protection, dépistage, vaccination. Le «péché originel» de la pénurie de masques au printemps dernier, les longs délais de résultats des tests à l’automne, puis les lenteurs des débuts de la vaccination, forment «une succession de “bugs” perçus», à l’origine d’un «sentiment d’inefficacité dans la durée», explique le président de l’institut Odoxa, Gaël Sliman.

 

Manque de clarté, de perspective et de sincérité : l’opinion détaillée de la population est particulièrement rude pour l’exécutif. Plus de sept Français sur dix (71%) estiment qu’il «n’a pas pris les bonnes décisions au bon moment» et qu’il ne «leur dit pas la vérité» (73%), quand une proportion plus forte encore juge qu’il n’est pas «clair» (78%), ni qu’il «sait où il va» (81%).

Par ailleurs 69 % des Français pronostiquent un confinement dont l’intérêt est aujourd’hui contesté par les pouvoirs publics «Si l’objectif d’Emmanuel Macron était – en partie – de redonner un peu de confiance aux acteurs économiques, il ne sera probablement pas atteint», avance Gaël Sliman.

Macron veut-il vraiment sortir de la crise sanitaire ?

Macron veut-il vraiment sortir de la crise sanitaire ?

 

Des observateurs indiquent que Macron souhaiterait sortir du bourbier du Coronavirus pour mettre en avant son action passée et surtout dégager  un projet en prévision de 2022. Le problème, c’est que le chef de l’État n’a pas grand-chose à présenter dans son bilan et l’immobilisme sera sans doute de mise jusqu’en 2022.

 

La question est de savoir si cela constitue un handicap un atout pour lui. En effet , si l’on examine l’évolution de sa popularité, on se rend compte que la crise du Coronavirus lui a redonné une audience même si globalement beaucoup condamnent en tout cas critiquent les contradictions et la lenteur de la politique sanitaire.

 

Cette crise sanitaire permet de mettre sous le boisseau beaucoup de questions justifiant des réformes structurelles. Celle des retraites bien sûr mais aussi celles concernant le séparatisme, la sécurité, le climat ou encore l’explosive question des retraites. Il n’est pas sûr que sur ces derniers sujets le Parlement soit en capacité d’aller au bout de la réflexion et d’une proposition de loi.

 

On s’aperçoit par ailleurs un peu tous les jours que la crise sanitaire est sans doute plus profonde qu’on ne le dit. Une crise qui devait se régler en quelques mois et qui maintenant a déjà occupé plus d’un an. Aucun expert ne prévoit d’une sortie crise encore avant le début 2022. Ce qui signifie que tous les jours ou presque le gouvernement aura l’occasion de s’exprimer sur un sujet finalement assez consensuel même si les avis divergents sur les modalités de prise en charge de cette question.

 

D’une certaine façon, Macron s’installe en infirmier en chef de la France malade car l’instrumentalisation de la crise sanitaire lui profite politiquement. Sur ce sujet ,il est difficile pour l’opposition de se singulariser. Encore davantage de faire émerger les grandes questions économiques et politiques qui se posent au pays. Notons enfin que le concept de conseil de défense permet en toute légalité de mettre entre parenthèses le rôle du Parlement et au-delà une bonne partie de la vie politique. Plus que jamais le pays vit dans une république qui a rarement été aussi centralisatrice et monarchique.

 

Crise sanitaire : Macron navigue à vue

 

 

 

En quelques jours le gouvernement a complètement changé encore de stratégie. Alors que pour l’instant il se complaisait dans une stratégie dite progressive en faite de contingentement de la vaccination, d’un coup il a décidé d’ouvrir les verrous et finalement de faire avec beaucoup de retard ce que font la plupart des autres pays à savoir la plus grande campagne de vaccination possible. Le chef de l’État incarne ce changement perpétuel de stratégie que le ministre de la santé essaye vainement d’expliquer. Macon reconnaît à demi-mot ses hésitations et ses changements de position : «

 

le chef de l’État a reconnu – avec «beaucoup d’humilité» – qu’il travaillait «à la fois en anticipation, (mais aussi) en gestion». «Nous tenons, plusieurs fois par semaine, des réunions. Nous prenons des décisions. Elles sont importantes (…)», a-t-il rappelé, soulignant que ces arbitrages avaient «vocation à être clarifiés chaque jeudi», lors de la désormais traditionnelle conférence de presse de Jean Castex et Olivier Véran. Le chef du gouvernement et le ministre de la Santé devraient d’ailleurs faire de nouvelles annonces lors de ce prochain rendez-vous hebdomadaire, qui interviendra quinze jours après le Nouvel An, événement suspecté d’avoir relancé la circulation du virus.

 

 

Résultat, «face à ce virus qui évolue comme évolue le vivant», le président de la République a affirmé que son action était «éclairée par la science». Cela implique, certes, «des changements» de stratégie «d’une semaine à l’autre». Mais cela n’empêche pas, selon lui, de conserver du «pragmatisme» et de la «clarté». «Je gère la crise chaque jour. Le matin ; le midi ; le soir. C’est mon obsession», a enfin indiqué Emmanuel Macron. Une manière de répondre aux très vives critiques qui le visent depuis le lancement raté de la campagne vaccinale en France. Un faux départ qui l’a contraint à rectifier rapidement le tir. Et à convoquer de plus en plus de réunions, dont le très attendu Conseil de défense prévu mercredi. Un conseil qui va encore se traduire par une grande fébrilité en généralisant seulement le couvre-feu à 18 heures pour tout le monde avant peut-être de changer encore de position d’ici huit ou 15 jours.

Crise sanitaire : « Sanofi roupille ? »

Crise sanitaire : « Sanofi roupille ? »

 

Il est clair qu’on peut s’étonner que la France et Sanofi notamment n’aient  pas été capables de mettre au point jusque-là un vaccin contre le Coronavirus. Sans doute un problème général de la recherche mais aussi la fâcheuse tendance des laboratoires français à avoir exporté l’essentiel de leur production dans les pays à bas coût. Le patron de Sanofi France, OLIVIER BOGILLOT,  tente de s’expliquer.

 

LA TRIBUNE – Où en est Sanofi dans ses recherches sur le vaccin contre la Covid-19 ?

OLIVIER BOGILLOT - Nous avons lancé deux programmes de candidats-vaccins contre la Covid-19. Le premier programme de vaccin, adjuvanté à protéine recombinante développé avec GSK, est retardé afin d’améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées. Nous sommes naturellement déçus de ce retard, mais toutes les décisions que nous prenons sont et resteront toujours motivées par des considérations scientifiques et par les données à notre disposition. La stratégie à suivre a été identifiée, et nous sommes confiants et fermement résolus à développer un vaccin sûr et efficace contre la Covid-19. Par ailleurs, le démarrage de campagnes de vaccination massives dans de nombreux pays doit rappeler à quel point nous avons besoin de plusieurs vaccins et de milliards de doses pour lutter contre la pandémie actuelle.

La technologie recombinante de Sanofi et l’adjuvant à usage pandémique de GSK sont des plateformes technologiques établies qui ont démontré leurs preuves pour le développement d’un vaccin contre la grippe. Cette technologie a plusieurs avantages. Elle permet une formulation stable dans des conditions de température applicables aux vaccins classiques, de générer des réponses immunitaires élevées et soutenues et de prévenir potentiellement la transmission du virus.

Nous prévoyons le lancement d’une étude de phase IIb en février 2021 avec le soutien de la BARDA. L’étude comprendra une proposition de comparaison avec un vaccin autorisé contre la Covid-19. La disponibilité du vaccin, initialement prévue en juin 2021, est désormais attendue au quatrième trimestre 2021 si notre plan de développement clinique se conclut avec succès.

Par ailleurs, en plus de ce vaccin à base de protéine recombinante, nous développons également un candidat-vaccin à ARN messager en partenariat avec Translate Bio. Nous prévoyons de débuter une étude de phase I/II au premier trimestre de 2021 et d’obtenir l’approbation potentielle de ce vaccin au plus tôt au deuxième semestre de 2021.

Sanofi songe-t-il à aider d’autres groupes pharmaceutiques à produire des vaccins anti Covid-19 en attendant l’arrivée des siens fin 2021 ?

Sanofi est pleinement engagé dans la lutte contre la pandémie actuelle et dans la recherche de solutions. Compte tenu des évolutions récentes dans le développement de notre candidat vaccin recombinant, nous étudions la potentielle faisabilité technique d’une contribution temporaire à certaines étapes de production en soutien d’autres fabricants de vaccins Covid-19.

La crise sanitaire l’a montré : 70% des principes actifs des médicaments sont produits à l’autre bout du monde. Pourquoi les laboratoires pharmaceutiques ont-ils autant délocalisé leur production ?

Au cours des quinze dernières années, alors que nos pays européens cherchaient à faire baisser les prix des médicaments…

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