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Pouvoir d’achat-Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

Pouvoir d’achat-Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

 

Il se confirme que les salariés et plus généralement les ménages vont payer la facture de la crise inflationniste. En effet en moyenne les salaires n’auraient augmenté jusque-là que de 3 % alors que l’inflation atteint déjà 6 %.

Le salaire mensuel de base des salariés du privé a augmenté de 3 % sur un an à fin juin, selon le ministère du Travail, qui a publié un communiqué en ce sens, vendredi 12 août, relaie Les Echos. Ce sont les employés et les ouvriers qui ont connu la plus forte augmentation, avec respectivement + 3,7 et + 3,3 %. Sur un an, le salaire horaire de base de ces deux catégories est en hausse de 3,5 %.

En parallèle, le Smic a connu une hausse de 8 % depuis octobre (1 328 euros mensuels pour un temps plein). 

Officiellement l’INSEE a enregistré une inflation qui dépasse les 6 % en juillet d’après un indicateur largement obsolète du fait d’une part de la modification de structure de la consommation ( avec notamment une hausse de la consommation des services et autres abonnements). Il faudrait aussi prendre en compte la valse des marques dans les magasins qui substituent à d’anciens produits de nouvelles marchandises notoires moi plus chères ( cas de l’huile par exemple donc le prix peut être au moins doublé).  Sur un an, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois, les prix à la consommation augmenteraient de 6,1 % en juillet 2022, après +5,8 % le mois précédent. Cette hausse de l’inflation serait due à une accélération des prix des services en lien avec la période estivale, de l’alimentation et – dans une moindre mesure – des produits manufacturés. Les prix de l’énergie ralentiraient.

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient de 0,3 %, après +0,7 % en juin. Les prix de l’énergie se replieraient nettement, du fait des prix des produits pétroliers. La baisse serait également marquée pour les prix des produits manufacturés, notamment ceux de l’habillement et des chaussures en raison des soldes d’été. Les prix des services et de l’alimentation accéléreraient.

Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 6,8 %, après +6,5 % en juin. Sur un mois, il croîtrait de 0,3 %, après +0,9 % le mois précédent.

L’indice des prix à la consommation de l’Insee en juin montrait une hausse de 28,5 % sur un an du prix de l’électricité, du gaz et autres combustibles, et une hausse de 6,3 % des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, deux secteurs tirant l’inflation vers le haut. Les pâtes, les viandes surgelées, farines et huiles sont les plus touchées d’après un papier des Echos.

Hausse des salaires de 3 % mais inflation de 6 %

Hausse des salaires de 3 % mais inflation de 6 %

 

Il se confirme que les salariés et plus généralement les ménages vont payer la facture de la crise inflationniste. En effet en moyenne les salaires n’auraient augmenté jusque-là que de 3 % alors que l’inflation atteint déjà 6 %.

Le salaire mensuel de base des salariés du privé a augmenté de 3 % sur un an à fin juin, selon le ministère du Travail, qui a publié un communiqué en ce sens, vendredi 12 août, relaie Les Echos. Ce sont les employés et les ouvriers qui ont connu la plus forte augmentation, avec respectivement + 3,7 et + 3,3 %. Sur un an, le salaire horaire de base de ces deux catégories est en hausse de 3,5 %.

En parallèle, le Smic a connu une hausse de 8 % depuis octobre (1 328 euros mensuels pour un temps plein). 

Selon une estimation de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée vendredi 12 août, les prix à la consommation ont augmenté de 6,1 % en juillet sur un an, après une hausse de 5,8 % en juin. L’accélération est marquée dans les services (+ 3,9 %, après + 3,3 %) et l’alimentation (+ 6,8 %, après + 5,8 %). L’augmentation est moins forte dans les produits manufacturés (+ 2,7 %, après + 2,5 %). Enfin, la hausse s’est retournée dans les prix de l’énergie (+ 28,5 %, après + 33,1 %).

Sur un mois, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,3 %, après avoir grimpé de 0,7 % en juin. La hausse est nettement marquée dans les services (+ 1,3 %, après + 0,3 %) et les « autres services » (+1,4 %, après + 0,2 %). Deux champs sont nettement en accélération : les services d’hébergement (+ 16,4 %, après + 4,6 %) ainsi que les services de transport (+ 11,7 %, après + 3,4 %). En juillet, la hausse reste importante du côté de l’alimentation (+ 1 %, après + 0,8 %), mais un repli est notamment constaté du côté des produits manufacturés (- 1,6 %, après + 0 %) comme de l’énergie (- 1,3 %, après + 5,2 %).

Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

 

Il se confirme que les salariés et plus généralement les ménages vont payer la facture de la crise inflationniste. En effet en moyenne les salaires n’auraient augmenté jusque-là que de 3 % alors que l’inflation atteint déjà 6 %.

Le salaire mensuel de base des salariés du privé a augmenté de 3 % sur un an à fin juin, selon le ministère du Travail, qui a publié un communiqué en ce sens, vendredi 12 août, relaie Les Echos. Ce sont les employés et les ouvriers qui ont connu la plus forte augmentation, avec respectivement + 3,7 et + 3,3 %. Sur un an, le salaire horaire de base de ces deux catégories est en hausse de 3,5 %.

En parallèle, le Smic a connu une hausse de 8 % depuis octobre (1 328 euros mensuels pour un temps plein). 

Officiellement l’INSEE a enregistré une inflation qui dépasse les 6 % en juillet d’après un indicateur largement obsolète du fait d’une part de la modification de structure de la consommation ( avec notamment une hausse de la consommation des services et autres abonnements). Il faudrait aussi prendre en compte la valse des marques dans les magasins qui substituent à d’anciens produits de nouvelles marchandises notoires moi plus chères ( cas de l’huile par exemple donc le prix peut être au moins doublé).  Sur un an, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois, les prix à la consommation augmenteraient de 6,1 % en juillet 2022, après +5,8 % le mois précédent. Cette hausse de l’inflation serait due à une accélération des prix des services en lien avec la période estivale, de l’alimentation et – dans une moindre mesure – des produits manufacturés. Les prix de l’énergie ralentiraient.

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient de 0,3 %, après +0,7 % en juin. Les prix de l’énergie se replieraient nettement, du fait des prix des produits pétroliers. La baisse serait également marquée pour les prix des produits manufacturés, notamment ceux de l’habillement et des chaussures en raison des soldes d’été. Les prix des services et de l’alimentation accéléreraient.

Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 6,8 %, après +6,5 % en juin. Sur un mois, il croîtrait de 0,3 %, après +0,9 % le mois précédent.

L’indice des prix à la consommation de l’Insee en juin montrait une hausse de 28,5 % sur un an du prix de l’électricité, du gaz et autres combustibles, et une hausse de 6,3 % des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, deux secteurs tirant l’inflation vers le haut. Les pâtes, les viandes surgelées, farines et huiles sont les plus touchées d’après un papier des Echos:

Mais les consommateurs doivent maintenant composer avec la hausse des prix des articles ménagers et relatifs à l’entretien du foyer. Les petits appareils électroménagers ont vu leur prix bondir de 7 % entre juin 2021 et juin 2022, selon l’indice des prix à la consommation publié par l’Insee. Notamment les cafetières électriques et bouilloires, dont le prix a grimpé de 17,2 % en un an, mais aussi celui des grille-pain, de 13,7 %.

Les fers à repasser ont augmenté de 5,9 % et les autres petits appareils électroménagers tels que les moulins à café ou extracteurs de jus, ont vu leurs prix s’élever de 6,1 %. Les réfrigérateurs et congélateurs ont augmenté de 8 %.

« La hausse des prix du petit électroménager s’inscrit dans le contexte global de désorganisation du transport maritime à l’échelle mondiale et de hausse des coûts de production répercutés sur les prix. Ces produits sont également touchés par une pénurie de composants électroniques », analyse Sébastien Faivre, chef de la division des prix à la consommation à l’Insee. L’ augmentation du SMIC a également « pu affecter les prix de ces produits ».

Côté entretien du foyer, on note également une hausse des prix des meubles de jardin de 11,6 % et de l’ameublement d’intérieur de 7,5 %. Ceci peut s’expliquer pour partie par la hausse des prix des matières premières et la hausse des coûts du transport maritime couplée à la difficulté d’acheminement des conteneurs, explique Sébastien Faivre. Fin 2021, le géant de l’ameublement Ikea avait annoncé une hausse de ses prix pour cette raison.

Enfin, les petits outils non motorisés (scies, marteaux, tournevis…) ont augmenté de 10,5 % et certains articles de ménage dits « non-durables », comme les serpillières, éponges, filtres, nappes et serviettes de table ou encore le papier essuie-tout, ont vu leurs prix augmenter de 8 %.

Certains biens, définis par l’Insee comme de loisirs ou culturels, ont également connu une hausse de prix significative. Le prix des scanners et imprimantes a par exemple augmenté de 9,8 % sur un an, et celui des produits pour animaux domestiques de 7,3 %.

Par ailleurs, la crise du papier se fait ressentir sur les prix de la papeterie (blocs-notes, agendas, enveloppes, carnets…), qui ont bondi de 10 % en un an. « L’industrie du papier est assez consommatrice d’énergie, notamment pour sécher le papier, ce qui a sans doute dû peser sur les prix », note Sébastien Faivre. Les prix des journaux et périodiques ont augmenté de 5,4 %. Enfin, celui des voitures a grimpé de 5,1 % en un an, moins que l’inflation.

Si la plupart des postes de dépense des Français, à l’exception de l’énergie, voient une augmentation des prix proche de l’inflation de 6 %, trois secteurs semblent au contraire plutôt épargnés. L’indice des prix à la consommation du tabac et de la santé, deux secteurs réglementés, est quasiment stable sur un an.

Le secteur de l’habillement et des chaussures a connu une hausse des prix de seulement 0,6 % en glissement annuel en juin. « Ceci est lié à des soldes assez conséquents, en matière de produits comme de volumes. On retrouvera peut-être des dynamiques plus fortes dès le mois de septembre », explique Sébastien Faivre. « En ce qui concerne l’habillement, on compare aussi à une situation de 2021 où on sortait du confinement. Il y avait des restrictions sanitaires sur l’accès aux centres commerciaux, donc c’est une comparaison assez particulière », nuance ce dernier.

L’envolée des prix n’est pas près de ralentir : selon le ministre de l’économie Bruno Le Maire , le pic inflationniste commencera sa décrue mi-2023. D’ici-là, le gouvernement espère alléger la facture des Français avec son paquet législatif sur le pouvoir d’achat .

Pouvoir d’achat : Plaidoyer contre l’augmentation des salaires !

Pouvoir d’achat : Plaidoyer contre l’augmentation des salaires !

 

 

OPINION. La vraie question n’est pas de savoir quoi faire pour bloquer les prix et sauvegarder le pouvoir d’achat mais plutôt de savoir comment accompagner cette hausse des prix et cette baisse du pouvoir d’achat de façon à ce qu’elle soit la plus brève possible. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC. (la Tribune)

 

Une vision classique chez les néolibéraux qui oublient simplement que la baisse du pouvoir d’achat est en train de tuer la consommation et la croissance ( « Accessoirement » de  faire diminuer les recettes publiques et augmenter la dette). Sans parler de l’opposition à engager une enquête sur la spéculation qui ne renforce pas la crédibilité du propos un peu trop teinté idéologiquement;  et que penser de cet appel politique à  la population à se préparer à une baisse du pouvoir d’achat !  Par ailleurs la condescendance du discours  ne constitue pas un gage de pertinence NDLR

 

Les politiques de tous bords et les deux assemblées semblent subitement prendre conscience que leur ignorance tant de la macroéconomie que des faits économiques diminuait leur crédibilité et leur capacité d’action face à la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat. Ainsi le groupe CRCE au Sénat a demandé une mission d’information sur les origines de l’inflation. De même, des élus Nupes à l’Assemblée nationale, tant PS que LFI, soutiennent également la création d’une enquête parlementaire sur la hausse des prix.

Voilà une attitude fort louable, la première connaissance devant être celle de son ignorance, si toutefois cette volonté de comprendre ne cache pas des arrière-pensées visant à incriminer le gouvernement, les industriels voire la « Finance internationale ». En effet, la demande d’une commission d’enquête sur les causes de l’inflation ressemble davantage à l’organisation d’un procès et une recherche de coupables bien plus qu’à une étude sur les causes de l’inflation et les actions possibles du gouvernement pour combattre ce phénomène.

En effet, il n’est pas sûr que la réponse la plus raisonnable aux causes de l’inflation soit à leur goût. La cause première de l’inflation est l’écart entre la forte demande dopée par les dépenses publiques et la faiblesse relative de la production fortement dégradée par la gestion de la pandémie et les ruptures logistiques. Or le PS et LFI se sont tous deux distingués avec des programmes de dépenses encore plus gargantuesques que ceux du gouvernement. Ils peuvent donc se compter dans les incendiaires. La loi économique en la matière est aussi simple que fatale. Si les revenus augmentent artificiellement plus vite que la production alors la seule variable d’ajustement est le prix, qui augmente automatiquement pour équilibrer l’offre et la demande. La guerre en Ukraine et le renchérissement des prix de l’énergie et des matières premières n’ont fait qu’aggraver la situation inflationniste en place depuis mars 2022.

Objectivement la politique de relance post-Covid du gouvernement brille par son côté générique et n’est ni pire, ni meilleure que celle des autres pays, pas plus que le lemming lambda ne se distingue du reste de la troupe de lemmings qui galope vers la falaise. La Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) d’une part, le gouvernement américain et la Fed d’autre part, portent d’ailleurs une responsabilité bien plus lourde que le gouvernement d’une puissance moyenne et moutonnière comme l’est devenue la France. Certes, le gouvernement s’est ensuite rendu coupable de dépenses « stratégiques », engagées juste avant les élections présidentielles, avec une centaine de milliards d’euros dépensée en blocage des prix de l’énergie et en chèques inflation. Là encore, cette politique brille par son côté standard. Tous les gouvernements font de même avant une élection clef. La période officieuse de deux mois étant passée, le président vient, de la façon la moins surprenante, d’annoncer la fin de cette politique en faveur d’un ciblage, standard lui-aussi, des populations fragiles et des travailleurs et pensionnées de l’État.

La cape rouge vers laquelle le taureau Nupes frotte son sabot sont les industriels profiteurs de guerre tirant avantage de la situation pour augmenter les prix. La preuve ultime de la félonie industrielle se trouverait dans le niveau encore élevé des profits des entreprises. Cette preuve est contestable. Comme ils le trouveraient prescrit dans un cours d’introduction à la comptabilité, en période de forte inflation le résultat d’exploitation n’est plus un bon indicateur de l’état financier de l’entreprise car il n’indique pas les coûts auxquels l’entreprise va continuer son activité, mais les coûts des ressources déjà utilisées. Ainsi, une entreprise peut faire des profits et être en incapacité de se maintenir à flot quasiment en même temps. Il serait bon pour les enquêteurs de la Nupes de se référer aux normes comptables pour les pays à forte inflation.

De leurs côtés, les Républicains (LR) proposent (nous serions tentés de dire, qu’il neige ou qu’il vente, pour la toux ou le mal de ventre) une baisse de la TVA à 5%. Ainsi, LR ou Nupes, chacun avec ses armes usuelles (plus de dépenses pour l’un, moins d’impôts pour l’autre) proposent de continuer à détériorer les comptes publics pour sauvegarder le pouvoir d’achat. Rien de surprenant puisqu’ils savent que le gouvernement ne peut plus dépenser et ils pensent ainsi le mettre en porte-à-faux sur le pouvoir d’achat.  Comportement standard de partis de l’opposition, ni pire, ni meilleur et sans surprise.

Il nous semble que la vraie question n’est pas de savoir quoi faire pour bloquer les prix et sauvegarder le pouvoir d’achat mais plutôt de savoir comment accompagner cette hausse des prix et cette baisse du pouvoir d’achat de façon à ce qu’elle soit la plus brève possible. Pour cela, il est temps de cesser de se voiler la face. L’inflation est là et le pouvoir d’achat va baisser. Cette baisse du pouvoir d’achat est inévitable du fait de l’écart entre offre et demande, conséquence des excès budgétaires au temps de la pandémie, et du fait de la guerre en Ukraine. Il n’est pas raisonnable de faire croire que nous sommes dans un monde où il fait toujours beau avec une mer toujours calme.

Il faut également laisser les prix relatifs s’ajuster. Il faut que le prix de l’énergie augmente, ce qui d’une part créera une incitation nécessaire pour réaliser des économies d’énergie, mais fera aussi baisser d’autres prix. Pour s’ajuster, l’économie a besoin de signaux de prix et pas de la planification en version Nupes. L’accompagnement ne doit cibler que les ménages les plus défavorisés comme indiqué par l’OCDE dans son dernier rapport, et pas l’ensemble des ménages, car le gouvernement doit signaler qu’il maitrise les finances publiques.

La hausse des prix peut suffire pour aligner rapidement l’offre avec la demande excessive à condition que les anticipations d’inflation restent mesurées et que les mécanismes d’auto-alimentation de l’inflation ne se mettent pas en place. Sur ce plan, on pourrait se rassurer en observant que, pour l’instant, la boucle augmentation des prix et des salaires ne s’est pas encore activée en France. Selon nous, le principal risque viendrait plutôt des trillions de monnaie imprimés par la BCE depuis 2012, et dont la croissance s’est accélérée depuis 2020. Il est urgent que la BCE agisse et diminue son bilan. Malheureusement, pour l’heure il n’est question que de commencer à augmenter les taux courts et simplement de ne pas augmenter davantage le bilan. Il est à craindre qu’avec des taux d’intérêt largement inférieurs au taux d’inflation, l’offre de monnaie continue d’augmenter via la production de crédits pour des projets plus ou moins viables.

Ce qui retient le bras de la BCE n’est pas difficile à deviner. La dette des pays du Sud de l’Europe, et singulièrement celle de l’Italie, apparaissent pour ce qu’elles sont, de véritables bombes à retardement pour la zone euro. En effet, la prime de risque sur les obligations italiennes ne cesse pas d’augmenter. L’instabilité du gouvernement Draghi face aux propositions excessives du parti populiste 5-Etoiles alimente encore plus le risque sur la dette italienne. La BCE cherche à mettre en place des mesures qui dégonfleraient un peu ces primes de risques mais, dans le contexte actuel, la faisabilité est plus qu’incertaine. En effet, quand en 2012 Mario Draghi lui-même a mis en place le dispositif de sauvegarde des dettes des Etats fragiles en zone euro (dispositif Opérations Monétaires sur Titres) et coupé court à la défiance des marchés, le taux d’inflation était quasiment zéro. Avec une inflation supérieure à 8% et un euro qui se dégrade de plus en plus, la marge de manœuvre de la BCE pour des nouvelles innovations institutionnelles est proche de zéro.

L’Allemagne qui a garanti les emprunts européens par le passé se dirige maintenant vers une récession en raison de sa dépendance excessive du gaz russe et n’a certainement plus la volonté de jouer ce rôle.

Allons-nous voir nos bons politiciens, quel que soit leur bord politique, appeler la population à se préparer à une baisse du pouvoir d’achat et à réorganiser leurs dépenses pendant une période d’un ou deux ans ? Il est à craindre qu’ils n’aient pas ce courage. Pour la rentrée, préparons-nous à la séquence habituelle de rigueur qui ne dit pas son nom, de grèves pesantes sur les citoyens suivies de capitulations du gouvernement, puis cela passera comme les crises précédentes tout en laissant le pays dans une situation moins favorable pour le rebond à venir.

À défaut de relèvement des salaires, la prime Macron

À défaut de relèvement des salaires, la prime Macron 

À défaut d’un mécanisme incitant les entreprises à relever les rémunérations, les salariés devront se contenter d’une prime forcément aléatoire.

Si on se réfère au montant de la dernière prime Macron, le montant du mécanisme adopté par l’assemblée nationale devrait permettre aux salariés de toucher autour de 500 € en moyenne. Or  en intégrant les augmentations de salaires, les pertes de revenus des salariés en moyenne devraient atteindre près de 2000 € pour l’année.

De ce point de vue, le cadeau accordé par l’Assemblée nationale peut laisser sceptique.

Ainsi les employeurs pourront verser jusqu’au 31 décembre 2023 une prime exceptionnelle d’un montant maximal de 3.000 euros (ou 6.000 euros en cas d’accord d’intéressement), exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations et contributions sociales, pour les salariés dont le revenu équivaut à moins de trois fois la valeur du Smic.

Il s’agit du prolongement de la « prime Macron », instaurée en 2019 lors de la crise des gilets jaunes, mais avec un triplement du plafond de cette prime. D’après l’étude d’impact faite par le gouvernement, plus de 15 millions de personnes ont bénéficié de cette prime entre 2019 et 2022, pour un montant moyen de la prime s’élevant à 542 euros.

Le montant maximal de la prime et le niveau maximal de rémunération pouvant y donner accès devront faire l’objet d’un accord d’entreprise ou de groupe ou, à défaut, d’une décision unilatérale de l’employeur.

Inflation : le blocage des salaires comme réponse !

Inflation : le blocage des salaires comme réponse !

Pour limiter les effets pervers de l’inflation, les deux économistes, Olivier Blanchard et Jean Pisani-Ferry, proposent, dans une tribune au « Monde », d’établir une tarification duale de l’énergie et de suspendre certains mécanismes d’indexation des prix et des salaires.

 

Les deux célèbres économiste ont trouvé la martingale pour empêcher en tout cas freiner l’inflation, ils proposent tout simplement le blocage des salaires. Très clairement leur proposition vise à faire payer par les ménages les dégâts de la crise.

Exactement le même discours que les ultras libéraux, les banques ou la banque centrale européenne. Il serait sans doute temps que ces économistes en mal existentiel arrêtent d’abreuver l’opinion ( accessoirement le gouvernement afin de faire se faire remarquer ) de propositions aussi incohérentes . Les économistes n’ont pas encore  repris l’analyse encore plus invraisemblable de Christine Lagarde qui nie tout simplement l’inflation en tout cas la considère comme très temporaire.Il serait sans doute urgent que ces vénérables économistes passnte de la discipline macro-économique à la discipline micro économique pour voir comment on peut s’en tirer avec un salaire de 1300 € et une inflation de  5 à 6 % NDLR

 

La hausse des prix de l’énergie et la guerre en Ukraine imposent de poursuivre simultanément trois objectifs individuellement clairs mais contradictoires entre eux : protéger le pouvoir d’achat des ménages, contenir l’inflation et accentuer la pression économique sur la Russie.

Le premier objectif s’impose, si l’on sait qu’entre 2019 et aujourd’hui le poids de la facture énergétique dans le revenu national est passé d’un peu moins de 2 % à plus de 4 % du PIB. C’est un prélèvement très lourd, particulièrement pour les faibles revenus (l’énergie pèse directement ou indirectement pour un peu plus de 10 % du budget des 20 % de ménages les plus modestes).

 

Le deuxième objectif résulte de ce que plus l’inflation monte, plus elle s’enkyste et plus il est socialement coûteux de la réduire. Si, demain, les anticipations de hausse des prix s’ancrent sur 5 % d’inflation, nous serons obligés de passer par un douloureux épisode de hausse du chômage pour la ramener à 2 %. La France, heureusement, connaît aujourd’hui une inflation nettement plus basse que ses partenaires de la zone euro. Mais du fait de mécanismes d’indexation (smic, minima sociaux, retraites) plus protecteurs, elle n’est pas à l’abri d’une spirale inflationniste.

Le troisième objectif est de diminuer les recettes d’exportation de la Russie. L’Union européenne a fait le choix de riposter prioritairement à l’agression sur le terrain économique, et ses sanctions – gel des réserves de change et restrictions aux exportations, notamment – ont eu des effets puissants. Jour après jour, cependant, la hausse des prix de l’énergie finance la guerre de Moscou.

 

Toutefois, les moyens mis au service de ces objectifs se contredisent entre eux. Les mesures de transfert sous condition de ressources, comme le chèque énergie ou l’indemnité inflation, améliorent le pouvoir d’achat des bénéficiaires, mais n’abaissent pas le prix des consommations énergétiques. Elles sont donc traitées par l’Insee comme de purs transferts.

A l’inverse, les mesures générales (bouclier tarifaire, baisse de la TVA sur les carburants) qui composent le gros de la politique française agissent sur les prix. Selon l’Insee, elles réduisent l’inflation de 2 points. C’est un effet d’ampleur, très favorable au pouvoir d’achat et qui va améliorer substantiellement la compétitivité française au sein d’une zone euro où l’inflation est nettement plus élevée. Mais de telles mesures bénéficient indirectement à la Russie, car les ménages sont moins incités à réduire leur consommation que s’ils payaient l’énergie au prix du marché.

Hausse de 31% des salaires des grands patrons américains, 4 % pour les salariés

Hausse de 31% des salaires des grands patrons américains, 4 % pour les salariés

 

4 % d’augmentation des salaires dans les grandes entreprises américaines mais 31 % pour les patrons.Alors que le salaire horaire moyen a augmenté de 5,7% sur un an début 2022 , contre 4,7% en décembre et 5,2% estimé, les patrons des 100 plus grosses entreprises américaines ont vu leur rémunération augmenter de 31 %.

À noter que parallèlement  l’inflation  marque une accélération à 7,5% sur un an après 7% en décembre.2021.

Les grands patrons Ont donc réévaluer très largement leur rémunération par rapport à l’inflation ; ils ont gagné 20 millions de dollars en moyenne, selon une étude diffusée lundi.( (Par parenthèse ce que réclame le patron Stellandis en France-( ex Peugeot). 

+569% pour le patron d’Apple, +65% pour celui de Goldman Sachs, -8% pour celui de Bank of America : le revenu médian des directeurs généraux des 100 plus grosses entreprises américaines a augmenté de 31% en 2021, selon une étude du cabinet Equilar diffusée lundi.

Entre les salaires, les primes et les stock-options, leurs revenus médians avaient reculé de 2% en 2020, année où avait éclaté la pandémie, rappelle le cabinet. En 2021, ces 100 patrons ont gagné 20 millions de dollars en moyenne, le plus cher payé étant le directeur général d’Intel Patrick Gelsinger (178 millions de dollars), détaille Equilar. Il est suivi de Tim Cook d’Apple (99 millions), de Hock Tan de Broadcom (61 millions) et de Satya Nadella de Microsoft (50 millions).

 «La forte augmentation des salaires est probablement due au fait que de nombreuses entreprises ont choisi de récompenser leurs PDG par le biais de primes et d’attributions d’actions pour avoir guidé leurs organisations à travers des périodes turbulentes et avoir stimulé la croissance des revenus», avance le cabinet.

Conséquence de ces fortes augmentations : le rapport entre la paye des patrons et celle de leurs employés a aussi grimpé. Les patrons ont en moyenne gagné 254 fois plus que leurs salariés en 2021, contre 238 fois l’année auparavant. La paye médiane des salariés de ces 100 grandes entreprises a de son côté augmenté de 4%, à 71.869 dollars.

 

 

Salaires Fonctionnaires: Un dégel très partiel du point d’indice

Salaires Fonctionnaires: Un dégel très partiel du point d’indice

 

 

Officiellement l’inflation aurait atteint seulement 1,6 % en moyenne en 2021 et pour 2022 on prévoit environ  4 %. Campagne électorale oblige, le gouvernement annonce le dégel sans doute très partiel du point d’indice pour les fonctionnaires. Il ne faudra sans doute pas s’attendre à une augmentation supérieure à 2 % de sorte que le retard sera toujours de près de 4 % sur deux ans d’autant que l’indice qui mesure l’évolution des prix est largement obsolète.

La valeur du point d’indice, qui sert à calculer la rémunération de près de 5,7 millions d’agents publics, va être dégelée «avant l’été» et pour la première fois depuis février 2017, a indiqué la ministre Amélie de Montchalin lundi au journal Le Parisien.

«La décision est prise aujourd’hui, nous allons lancer les discussions avec toutes les parties prenantes (…) afin de permettre qu’elle soit effective tel que nous le voulons avant l’été», a déclaré la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, qui avait jusqu’ici privilégié des mesures de revalorisation plus ciblées. Les élections présidentielles se déroulent les 10 et 24 avril prochain.

Alors que l’inflation persiste en France, «nous ne pouvons pas laisser le pouvoir d’achat des agents décrocher par rapport au pouvoir d’achat des salariés du secteur privé. La décision que nous prenons aujourd’hui en responsabilité c’est que le point d’indice sera dégelé avant l’été », explique la ministre.

Le relèvement de 1% du point d’indice coûterait «deux milliards d’euros». «Nous devons calibrer le montant lors d’une concertation avec les organisations syndicales et les employeurs — État, collectivités, hôpitaux — qui financent. Elle sera inscrite dans une loi de finances rectificative, qui devra être votée au Parlement cet été», revendique Amélie de Montchalin.

 

Hausse des salaires de 10 %: Valérie Pécresse rectifie

Hausse des salaires de 10 %: Valérie Pécresse rectifie

 La candidate du parti Les Républicains propose depuis plusieurs mois d’augmenter de 10 % les salaires nets du privé allant jusqu’à 2,2 smic. Mais la présidente de la région Ile-de-France a décidé de modifier les modalités de cette proposition.Elle propose maintenant de 3 % mais pour tout le monde sauf pour les salariés les plus aisés. En outre, l’Etat prendra une part plus importante dans le coût de cette mesure. Ce qui d’une certaine manière rassure les patrons .

Le seul problème, c’est que cette mesure risque d’être rapidement obsolète dans la mesure où l’inflation a augmenté de 3 % sur un an et qu’une augmentation de 3 % ne serait qu’à rattrapage. Un rattrapage qui pourrait se produire plus tôt que prévu car avec l’inflation le pouvoir d’achat devient l’enjeu politique numéro un dans l’opinion.

Dans la  nouvelle version de Pécresse, « l’Etat prendra ses responsabilités » en finançant à l’été 2022 une baisse de 2,4 points des cotisations vieillesse des salariés, ce qui devrait entraîner une hausse des salaires nets de 3 %, a fait savoir M. Didier. La mesure concernera ainsi tout le monde et non plus que les salariés modestes comme c’était prévu initialement par la candidate. Pour les salariés les plus aisés, la hausse sera toutefois moins forte que 3 %, car ces cotisations sont plafonnées, précise le quotidien économique.

Cette augmentation de « 10 %, hors inflation, sur le quinquennat » est ma « mesure-phare », a affirmé Valérie Pécresse, jeudi. « On commencera dès juillet avec une hausse de 3 %. Et je mettrai en place un observatoire des salaires pour que les entreprises soient, elles aussi, au rendez-vous. En 2023, ce sera 5 % de hausse », a-t-elle promis. « Je demanderai aux entreprises en échange d’une politique de baisse de leurs charges, notamment des impôts de production, de prendre aussi part à cette hausse des salaires. Nous aurons une conférence des salaires », a-t-elle ajouté.

Valérie Pécresse, qui promet un « choc de pouvoir d’achat », avait assuré le 18 janvier sur BFM-TV qu’« aujourd’hui, la priorité, c’est les salaires », en souhaitant notamment défiscaliser les heures supplémentaires. Interpellée par une aide-soignante aux fins de mois difficiles, la candidate de la droite avait également dégainé la possibilité pour le salarié d’échanger des RTT contre des espèces sonnantes et trébuchantes. « Il y a beaucoup de RTT qui ne sont pas prises et beaucoup de Français qui préféreraient convertir leur temps libre en salaire aujourd’hui pour pouvoir gagner plus », a-t-elle alors expliqué, proposant de défiscaliser et d’exonérer de charges les sommes ainsi perçues.

SMIC à 1.400 euros, TVA à 0%, Augmentation des salaires, allocations pour tous etc : la foire aux enchères sociales de Taubira

SMIC à 1.400 euros, TVA à 0%, Augmentation des salaires, allocations pour tous etc. : la foire aux enchères sociales de Taubira

 

 

La campagne présidentielle avait déjà mal commencé avec des promesses sociales douteuses comme par exemple le doublement du salaire des enseigants  par Hidalgo mais à peu près tous les candidats promettent la lune au plan salarial et des allocations augmentées ou créées. Bref le sentiment que faute de vision prospective sur l’avenir du pays, les candidats à l’élection présidentielle adoptent davantage une position de syndicaliste que de président de la république. Notons d’ailleurs que nombre de ces propositions ne dépendent pas de l’État mais des entreprises et par ailleurs évidemment qu( elles ne sont pas financées lorsque cela dépend du champ de responsabilité de l’État ou des collectivités en général.

De la part de Taubira  n particulier, une sorte de foire aux enchères où sont reprises certaines revendications des gilets jaunes, auquel on ajoute celles des gilets verts écolos et celle des gilets rouges gauchistes.

Faute devrait programmes explicités,la  ministre du mariage pour tous a promis de combattre « les inégalités, les injustices et les discriminations », évoquant la jeunesse, la justice sociale, l’écologie et la démocratie.

Au programme: « la nécessaire et urgente transition écologique », « une conférence sur les salaires » contre « la démoralisation, les discours de haine et les propos belliqueux », « le risque de dislocation sociale » ou encore « les colères qui nous font descendre dans la rue et occuper les ronds-points ».

Elle reprend  son compte l’une des propositions-phares des « Gilets jaunes »: le référendum d’initiative citoyenne.

Ce n’est pas tout: si elle devient présidente, les étudiants bénéficieront d’un revenu de 800 euros par mois pendant cinq ans de la même façon que le SMIC sera revalorisé à « 1.400 euros net » et les grandes fortunes fiscalisées « à partir de 10 millions d’euros de patrimoine ».

« La pandémie [ayant] révélé une souffrance sociale qui a frappé toutes les générations », l’ex-députée guyanaise s’est engagée à recruter 100.000 soignants et à revoir « sans tabou » les conditions d’installation des médecins traitants pour lutter contre les déserts médicaux.

En attendant le vote des 110.000 participants de la « Primaire populaire » qui se tiendra du 27 au 30 janvier, elle souhaite enfin améliorer les droits des travailleurs des plateformes numériques ou encore instaurer « une TVA à taux 0 pour les produits de l’agriculture biologique ».

Pour un peu l’intéressée annoncerait la gratuité de la baguette dans les supermarchés!

 

Revenus : inflation + 2,8 % mais salaires et pensions plus 1 %

Revenus : inflation + 2,8 % mais salaires et pensions plus 1 %

 

Compte tenu de l’inflation, le salaire minimum va bénéficier d’une revalorisation automatique de 0,9% au début de l’année 2022. Le montant du Smic horaire brut va s’établir à 10,57 euros, soit 1603 euros mensuels sur une base de 35 heures.

Le salaire minimum avait déjà augmenté de 2,2% en octobre 2021, en réaction à l’augmentation de l’indice des prix.

Les pensions de retraite du régime général vont être revalorisées à hauteur de 1,1%.

Notons que pour l’épargne, on envisage éventuellement une augmentation du taux de rémunération du livret à de 0,75 %. !

Pas étonnant que dans les sondages  la première préoccupation 2022 et des élections présidentielles la question du pouvoir d’achat apparaisse sujet numéro un.

 

Le problème évidemment l’inflation, elle, va atteindre plus de, 8 % sur un an. Bref les revenus vont perdre presque 2 % de pouvoir d’achat. Par ailleurs il n’est pas prévu que cette hausse des prix diminue avant la fin 2022 . Il n’est même pas certain du tout qu’elle diminue car la pandémie pourrait accroître les difficultés du processus de production et de distribution.

Augmentation des salaires de 4 % en 2022 et 3 % en 2023 et 2024 (Banque de France)

Augmentation des salaires de 4 % en 2022 et 3 % en 2023 et 2024 (Banque de France)

La pandémie, les difficultés logistiques et les problèmes de recrutement pourraient faire « bondir » les salaires de 4 % en 2022 d’après la Banque de France. Les années suivantes, en 2023 et 2024 ces revenus augmenteraient de 3 % par an.

 

Du fait de l’inflation et de l’environnement économique et sanitaire, la Banque de France prévoit des augmentations de salaires pour les trois ans à venir. En fait il s’agirait d’une régularisation. En effet l’inflation aura atteint entre 2,6 et 2,7 % en 2021, le même niveau est à attendre  attendre en 2022.

 

Dans sa dernière note, qui tente de se projeter conjoncturellement à moyen terme, l’institution souligne en effet qu’en 2023 et 2024 il continuerait d’augmenter à un rythme soutenu, «autour de 3 %, supérieur à celui de la période 2012-2019 et proche de celui du début des années 2000». Et de souligner que les premiers accords salariaux conclus dans certaines branches depuis octobre 2021 suggèrent une progression des salaires négociés, «qui peut beaucoup varier suivant la situation de chaque branche, mais reste souvent supérieure à celle des dernières années précédant la crise du Covid».

Salaires : le Medef prévoit des augmentations

Salaires : le Medef prévoit des augmentations

 

 

Sous l’effet de la reprise économique mais aussi de la difficulté à occulter du personnel qualifié ou non, le président du Medef prévoit des augmentations de salaires en 2022. Des augmentations de salaire qu’ils trouvent par ailleurs justifiées. «Il y a, je pense, beaucoup d’entreprises qui augmenteront les salaires, parce que, d’abord, les salaires en 2020 et 2021 ont été peu augmentés, parce qu’il y a de l’inflation, et parce qu’on a du mal à recruter» a expliqué le président de la première organisation patronale française. «Il y a des accords d’entreprise, il y a des négociations. Il y a, en ce moment, 57 branches qui négocient et il y aura beaucoup de négociations en début d’année»,

 

«Ce qui me remonte, c’est le fait que les salariés du privé attendent, après deux ans d’efforts, leur juste récompense» a-t-il précisé.

Outre le salaire, le revenu des employés augmentera aussi par d’autres canaux. «La bonne nouvelle, c’est que les résultats 2021 des entreprises vont être très bons et donc, mathématiquement, la participation et l’intéressement – qui ne couvrent que 50% des salariés – vont augmenter». Il y aura aussi «beaucoup de primes – ce qu’on a appelé la prime Macron (défiscalisée, ndlr) – qui seront versées dans beaucoup d’entreprises», a encore prédit le président du Medef.

Les salaires sont insuffisants pour vivre (Aurélien Purière)

Les salaires sont insuffisants pour vivre  (Aurélien Purière)

 

Alors qu’une revalorisation du smic reconnaîtrait le travailleur comme « producteur de valeur économique », la prime d’activité ou la récente indemnité inflation ont en commun d’envisager les travailleurs seulement comme des êtres de besoins, estime l’ancien sous-directeur à la Sécurité sociale Aurélien Purière, dans une tribune au « Monde ».

 

Une analyse sociale pertinente mais qui fait l’impasse sur la compétitivité.  NDLR

 

Tribune.

 

 Marx l’avait noté dans Le Capital : « A la fin du XVIIIe siècle et pendant les vingt premières années du XIXe, les fermiers et les landlords [propriétaires terriens] anglais rivalisèrent d’efforts pour faire descendre le salaire à son minimum absolu. A cet effet, on payait moins que le minimum sous forme de salaire et on compensait le déficit par l’assistance paroissiale » (Livre I, les Editions sociales, 2016 [1867], p. 583-584). De nos jours, le gouvernement imagine régulièrement de nouveaux dispositifs pour compenser les salaires trop bas : hier la « prime d’activité », aujourd’hui l’« indemnité inflation ». De ce fait, il entretient cette situation de salaires aux montants insuffisants pour vivre. L’importance de ces efforts pour éviter toute augmentation significative des salaires est à lire au regard d’un débat vieux de vingt ans.

En 2001, une discussion a lieu au sein du gouvernement de Lionel Jospin entre les partisans d’une hausse du salaire minimum et les partisans d’une prime destinée aux bas salaires. Le premier ministre tranche en faveur de la prime. La « prime pour l’emploi » est alors versée en une fois aux travailleurs qui perçoivent entre 0,3 et 1,4 fois le smic, sous la forme d’une réduction d’impôt ou d’une allocation annuelle en cas de non-imposition. Dans les années qui suivent, son montant fait l’objet de plusieurs augmentations, l’une des plus importantes étant celle de Dominique de Villepin qui la présente en 2006 comme une mesure-phare en faveur du pouvoir d’achat. Elle deviendra ensuite une prime mensuelle et sera nommée prime d’activité.

La question du pouvoir du travail

En décembre 2018, le mouvement des « gilets jaunes » est à son pic et Emmanuel Macron annonce l’augmentation du montant maximal de la prime d’activité de 100 euros. La prime est effectivement augmentée, et le public bénéficiaire élargi. La prime d’activité complète aujourd’hui les revenus des travailleurs percevant un salaire compris entre 0,5 et 1,5 smic, dans le cas simple d’une personne seule sans enfants. Au niveau du smic, de l’ordre de 1 240 euros net, la prime est de 230 euros. Le plafond à ne pas dépasser et le montant versé varient en fonction de la composition familiale et des ressources du foyer.

En octobre 2021, dans un autre contexte économique mais pour répondre aux mêmes difficultés des travailleurs, le gouvernement annonce la création d’une « indemnité inflation » de 100 euros. Elle sera versée en une fois, en fin d’année ou au début de l’année prochaine selon le statut du bénéficiaire. Aucune demande ne sera nécessaire. Pour les salariés, l’indemnité sera versée par les employeurs, une somme que l’Etat compensera.

Aide à domicile: l’hypocrisie sur les salaires

Aide à domicile: l’hypocrisie sur les salaires

 

 

Les propositions d’embauche fleurissent partout concernant l’aide à domicile. Pourtant les candidats sont très insuffisants par rapport à la demande. En cause des conditions sociales particulièrement déplorables en général.

 

Les problèmes des salariés de l’aide à domicile sont de plusieurs ordres. Il y a d’abord l’amplitude concernant la durée journalière de travail : il faut commencer tôt et finir très tard. Ensuite il y a les heures d’attente et de trajets souvent non rémunérés. Ensuite il y a le faible salaire compte tenu d’une durée de travail hebdomadaire réduite. Au total certain ne gagnent pas plus de 1000 € pour un travail particulièrement ingrat qui exige compétence et dévouement.

 

certes, il  nous faut pas trop généraliser car certains organismes employant des aides à domicile ont  compris qu’il fallait faire travailler à plein temps les aides  à domicile, qu’il fallait aussi rémunérer temps d’attente et de déplacement. Mais c’est loin d’être le cas partout d’où ces difficultés de recrutement aussi bien dans le privé que dans le public.

Les entreprises ou institutions d’aide à domicile sont par ailleurs très composites avec des distorsions aussi de concurrence et des politiques sociales très différentes. Pourtant le projet de loi prévoit notamment d’instaurer au 1er janvier un «tarif plancher» national (et non variable selon les départements comme jusqu’alors) de 22 euros par heure de prestation pour les services d’aide à domicile, afin de sécuriser leur financement et de mieux rémunérer les salariés.

 

Mais ce tarif socle de 22 euros est «bien loin du coût de revient de l’heure d’intervention, évalué a minima à 25 euros avant revalorisation des salaires», ont expliqué vendredi les représentants des entreprises de services à la personne (FESP, Fédésap), qui affirment dans ces conditions ne pas être en mesure de revaloriser leurs 160.000 salariés. Du coup nombre de salariés préfère se diriger vers les maisons de retraite qui pour une qualification équivalente offre un statut et des salaires beaucoup plus intéressants.

 

À noter que dans le bouclage économique il faut prendre en compte le fait aussi que souvent les aides sont payées par le client. Un client qui a aussi tendance à réduire sa demande et donc à rendre encore plus complexe la réponse de l’offre.

2022 et augmentations des salaires : des électeurs pas dupes ( François Bayrou)

2022 et augmentations des salaires : des électeurs pas dupes ( François Bayrou)

 

 

À juste titre ,François Bayrou, commissaire au plan et à la productivité dénonce le concours de démagogie de nombre de candidats qui proposent de très fortes hausses de salaires. La vérité sans doute, c’est que la campagne manque sérieusement de contenu et que les candidats cachent le vide en se transformant en syndicalistes.

 

Interview de Bayrou dans le JDD (extrait)

 

Tous les candidats à la présidentielle font assaut de mesures pour augmenter les salaires. Que pensez-vous de cette débauche de propositions?
Les promesses mirobolantes, c’est la maladie infantile des campagnes électorales. Et de ce point de vue, cette campagne est partie sur les chapeaux de roues! Mais quelle crédibilité? Quand Mme Hidalgo propose le doublement « au moins » du salaire des enseignants, donc de tous les salaires et des retraites de la fonction publique, sans en financer un seul euro, et en annonçant en même temps une baisse des taxes, c’est croire que les électeurs sont débiles. Et toute annonce d’augmentation générale des salaires, décidée d’en haut par le seul pouvoir politique, dans un pays en déficit du commerce extérieur et en déficit budgétaire, se heurtera au mur du réel. La hausse des salaires est naturelle et bienvenue quand elle correspond à une augmentation de la productivité.

 

Lesquelles?
Les hausses justes et bienvenues, secteur par secteur, sont celles qui sont liées au besoin des entreprises d’embaucher des professionnels qualifiés, dans les secteurs qui ont du mal à recruter, et aussi l’amélioration du revenu par l’association des salariés aux bonnes performances de leur entreprise.

 

Les propositions d’augmentation générale avancées par les différents candidats ne vous semblent donc ni réalistes ni tenables?
Les promesses d’augmentation massives et générales sont des tentatives d’abus de confiance, sans crédibilité, et dont les citoyens ne sont pas dupes une seule seconde.

 

Mais pourquoi n’est-ce pas crédible?
Dans l’immense majorité des entreprises privées, il n’y a pas de hausse des salaires solide sans hausse de la productivité et des résultats réels de l’entreprise. Dans la fonction publique, la limite, ce sont évidemment les ressources publiques, les impôts et les taxes qui permettent de financer ces augmentations. La voie de la baisse des charges a souvent été explorée, mais a atteint sa limite : les charges sur les bas salaires, au niveau du smic, ont quasiment été réduites à zéro. Ce qui crée des trappes à bas salaires : les employeurs répugnent donc à sortir du smic car ils augmenteraient considérablement leurs charges. En d’autres temps, c’était facile : en 1968, en 1981, on a vécu de fortes augmentations de façade, gommées quelques mois plus tard par une dévaluation. En réalité, ces augmentations apparentes avaient été payées en monnaie de singe. Aujourd’hui, avec la monnaie unique pour les pays européens, cette manipulation n’est plus possible.

 Que préconisez-vous, donc, pour parvenir à des hausses de salaires significatives?
En premier lieu, et de façon immédiate : la progression de la participation et de l’intéressement. Il faut que, dans l’esprit des chefs d’entreprise et des salariés, il y ait une liaison quasi automatique entre performance de l’entreprise et amélioration des revenus des salariés. C’est la clé la plus accessible. Dans nombre d’entreprises, cela peut faire un treizième ou un quatorzième mois. Il y a un deuxième moyen de faire monter les salaires, c’est de partir à la reconquête du secteur productif du pays : il y aura davantage de besoins en emploi, davantage d’offres d’emploi, nécessaires pour suivre les carnets de commandes. Ce qui s’accompagnera d’une hausse des salaires. Ça, c’est la stratégie de fond que nous devons suivre.

 

Avez-vous d’autres pistes?
Il existe aussi une troisième voie : réfléchir au reste à charge, à maîtriser et à baisser les charges obligatoires qui pèsent sur les familles et les salariés. Regardez l’énergie : si nous en restons à l’énergie traditionnelle, le pétrole ou le gaz, alors elle coûtera de plus en plus cher, et d’abord pour des raisons liées au climat. Mais si nous prenons les renouvelables au sérieux et investissons sérieusement dans la production d’énergie nucléaire, avec zéro émissions de gaz à effet de serre et des coûts garantis sur le long terme, nous empêcherons les prix de l’énergie d’exploser. Et cela évite d’assommer le consommateur en augmentant constamment le prix de l’énergie et les taxes.

Les thèmes de l’immigration et de la sécurité occupent une place centrale dans ce début de campagne. Mais la question des salaires et, au-delà, du pouvoir d’achat ne constitue-t-elle pas une priorité pour les Français?
Si vous regardez les sondages pendant les précédentes campagnes, le pouvoir d’achat arrive très souvent en tête des préoccupations. Et cette fois encore, les questions du salaire, du travail, du nombre d’emplois offerts, de la productivité et de la qualité des services publics, ce sont les principales questions qui se posent aujourd’hui à la société française. Évidemment, celles qui tiennent à l’identité sont réelles et très importantes : avant de savoir ce que vous voulez, vous devez savoir qui vous êtes. Ces questions-là doivent donc être prises en charge. Mais avec équilibre, pas avec excès et obsessionnellement, comme c’est le cas actuellement.

 

Aujourd’hui, les indicateurs économiques sont au vert, mais beaucoup s’inquiètent d’une dégradation, en pleine campagne présidentielle, du pouvoir d’achat des Français. N’est-ce pas un problème politique pour Emmanuel Macron?
La formulation de votre question est intéressante. Après de telles crises, les Gilets jaunes et la crise incroyable du Covid, qui aurait pu imaginer qu’une question d’un grand journal commence par le fait que les indicateurs économiques sont « au vert »? Ce n’est pas un hasard : c’est parce que des décisions ont été prises. Amélioration des conditions de travail des entreprises, climat de confiance, État présent dans les crises et (un peu) plus efficace, fiscalité mieux adaptée, pour l’entreprise et pour les ménages avec la suppression de la taxe d’habitation, augmentation des revenus des salariés, des plus basses retraites, de l’allocation adulte handicapé : ce sont des coups de pouce massifs en dépit des crises et dont l’efficacité est manifeste. Et donc, oui, quand l’économie va mieux, la question du pouvoir d’achat vient naturellement. Mais les électeurs ne se laissent plus prendre au piège des promesses du Père Noël et des baguettes magiques. Ils jugent en même temps la qualité des propositions et la crédibilité de ceux qui les formulent. Propositions mirobolantes et crédibilité zéro égalent un haussement d’épaules de la part de l’opinion.

 

La question du pouvoir d’achat sera-t-elle le talon d’Achille du bilan de

Craignez-vous un retour de la grogne sociale, une éruption semblable à celle des Gilets jaunes en 2018?
Le phénomène des Gilets jaunes révélait deux exaspérations : l’une qui tient à la situation économique et sociale et aux difficultés de fin de mois, notamment en raison de l’augmentation continue et non compensée du gasoil, indispensable pour rouler et se chauffer ; l’autre au sentiment d’humiliation de ceux qui ne se sentent pas pris en compte. Ce mélange est détonant et dangereux. C’est pourquoi, outre le sujet du pouvoir d’achat, il faut traiter celui des mécanismes démocratiques de reconnaissance de tous ceux qui sont en bas de la pyramide, recréer le lien entre leur citoyenneté émoussée et les pouvoirs, réinventer une pleine citoyenneté. Le Président avait identifié ces problèmes en 2017. Ont-ils été résolus en cinq ans? Non. Il y a eu des réticences considérables, des blocages dans l’appareil d’État, des inerties dans les administrations. Cela sera l’un des enjeux du quinquennat qui vient : réussir à faire bouger ce qui est congelé dans l’organisation de la société française. Sinon, l’inquiétude et la colère ne passeront pas.

La tyrannie des prix bas qui tuent les salaires

La tyrannie des prix bas qui tuent les salaires

L’économiste Gérard Fonouni explique, dans une tribune au « Monde », qu’il est possible, dans un contexte de reprise économique, de favoriser la hausse du revenu du travail pour donner plus de pouvoir d’achat et d’emplois, sans pénaliser la compétitivité des entreprises.(extrait)

Tribune.

 

Les ménages ont, aujourd’hui, avec la même quantité d’argent qu’hier, le sentiment de ne plus pouvoir acheter la même quantité de biens et services, en raison de la hausse des prix de certains produits alimentaires, de celui du pétrole renchéri par les taxes sur le carburant, de ceux du gaz, de l’électricité, des loyers et des coûts des matières premières en 2021.

Ces différentes hausses font craindre un retour de l’inflation. Cette crainte de la vie chère s’est amplifiée dans un contexte où de nouveaux modes de consommation couplés à des besoins toujours plus nombreux, font face à des salaires qui ne progressent que très faiblement ou stagnent le plus souvent.

Si l’inflation qui se situe actuellement à 1,9 % ne baisse pas et si les salaires n’augmentent pas, les fins de mois pourraient être de plus en plus difficiles pour les ménages aux revenus moyens. La modération salariale des employés du secteur privé imposée par la compétitivité et par la crise sanitaire renforce ce sentiment. Celle du secteur public et plus particulièrement celle des enseignants, justifiée par la réduction des dépenses publiques, le confirme.

Le pouvoir d’achat est d’abord l’affaire des entreprises puisqu’elles fixent directement le niveau du salaire. Hormis le smic et le traitement des fonctionnaires, l’Etat n’intervient qu’indirectement sur le pouvoir d’achat en fixant le montant des impôts, des cotisations sociales et des prestations sociales.

Le pouvoir d’achat dépend à la fois du prix et du revenu. Dès lors, pour en distribuer davantage, deux types de mesures sont possibles.

L’Etat pourrait conditionner allègements fiscaux et cotisations sociales patronales à l’augmentation des rémunérations, afin d’inciter les entreprises à modifier le partage de la valeur ajoutée en faveur des revenus du travail

Le premier type consiste à réduire les prix en comprimant les salaires considérés comme un coût, afin de favoriser la compétitivité des entreprises et d’en faire bénéficier les consommateurs grâce à la baisse des prix qui en résulte. Cette recherche accrue de la baisse des prix à travers la réduction du coût du travail tend à opposer les intérêts de ceux qui achètent aux intérêts de ceux qui produisent, oubliant au passage que ceux qui produisent et ceux qui achètent sont les mêmes agents économiques dénommés autrement.

Cette course effrénée à la baisse des prix précarise le travail et encourage la concurrence par les salaires. Elle contraint les ménages à consommer moins cher, obligeant ainsi les entreprises à leur tour, à produire encore moins cher en comprimant davantage leurs coûts salariaux pour maintenir leur marge et trouver des débouchés. Elle enclenche ce cercle vicieux où la baisse des prix entraîne moins de débouchés pour les entreprises résidentes sur le territoire, faute de salaire suffisant.

Salaires fonction publique: Une érosion depuis des années

Salaires fonction publique: Une érosion depuis des années

 

Si la conférence sur les « perspectives salariales » du 21 septembre a permis de répondre à l’urgence concernant les agents payés sous le smic, Luc Farré, secrétaire UNSA-Fonction publique, demande cependant dans une tribune au « Monde » l’ouverture de négociations afin de mettre un terme à l’érosion des salaires et redonner de l’attractivité à la fonction publique.(extrait)

 

Tribune. 

 

Cette année encore, le gouvernement a choisi de geler la valeur du point d’indice des agents publics. Or, il s’agit du mécanisme – réaffirmé avec l’accord Parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) de 2015 – qui permet à leurs salaires de ne pas décrocher face à la hausse des prix et de maintenir leur pouvoir d’achat. En dix ans, cette politique, conduite par trois gouvernements successifs pour réduire le déficit budgétaire (à l’exception, en 2016, d’une revalorisation de 1,2 %, appliquée en deux fois), a abouti à un décrochage des salaires par rapport à l’inflation.

Les salaires des agents publics sont ainsi devenus une variable d’ajustement activée pour participer au comblement des déficits budgétaires. La conséquence, pour chaque agent, c’est une baisse de la valeur réelle de leur salaire très forte, qui produit collectivement aujourd’hui un véritable problème d’attractivité. On peine à recruter dans de nombreux métiers (par exemple des enseignants, des soignants, des policiers), ce qui pose ou va poser rapidement la question de la qualité du service public rendu.

 

Individuellement, l’impact n’est pas moindre car l’érosion des salaires, quels que soient la catégorie ou le statut, renvoie aux conditions fixées à l’entrée dans la fonction publique, que ce soit par contrat ou par concours. Le compte n’y est pas. Les agents publics les plus modestes ont du mal à joindre les deux bouts et leur pouvoir d’achat ne cesse de s’affaisser.

Face à la paupérisation de la catégorie C, c’est-à-dire des agents les plus modestes, dont le niveau de rémunération est régulièrement rattrapé par les hausses du smic (déjà, le 1er avril, des points d’indice avaient dû être ajoutés), le 6 juillet, la ministre de la transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, a décidé de faire un geste qui pouvait paraître important en annonçant des mesures applicables au 1er janvier 2022 pour accélérer leur déroulement de carrière et relever leur grille indiciaire.

Cependant, ce relèvement était déjà obsolète. Avant même la publication des textes, l’inflation constatée cette année dépasse les 2 % (2,2 %). Les salariés du secteur privé vont bénéficier d’une hausse du smic en rapport avec cette évolution, afin que ces travailleurs ne deviennent pas à terme des travailleurs pauvres.

 

Les agents publics de catégorie C, eux, même avec la mesure de juillet, commenceraient toujours en dessous du smic, tandis que les débuts de grille de catégories B et A continuent, de leur côté, à se rapprocher dangereusement de ce plancher.

Salaires des enseignants : comparer ce qui est comparable

Salaires des enseignants : comparer ce qui est comparable

 

« Il est indéniable qu’un enseignant allemand gagne plus que son homologue français, mais les réalités sont différentes », rappelle Timothée Pirard, (Timothée Pirard, Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne) (extrait)

 

  • Plus d’options

Anne Hidalgo vient de relancer le débat sur la rémunération des enseignants français, ce qui entraîne à chaque fois des comparaisons avec les grilles de salaires en Allemagne. Mais au-delà du salaire, la vie professionnelle des enseignants allemands est très différente de celle de leurs collègues français.

Formation et recrutement. Les enseignants allemands sont tous bivalents : ils doivent pouvoir enseigner deux matières. Comme l’université allemande est le seul centre de formation des futurs enseignants (il n’existe pas de système de grandes écoles comme en France), cela veut dire que tous les enseignants ont réussi deux masters à l’université, un dans chaque matière.

La bivalence rend le recrutement compliqué : il faut trouver le bon candidat pour les deux bonnes matières. C’est seulement une fois recruté, et après une dernière période d’essai (qui peut durer plusieurs années) ainsi qu’une visite médicale, que le candidat peut enfin être titularisé, devenir fonctionnaire et ainsi prétendre aux rémunérations promises par les candidats aux élections françaises. Pour un étudiant qui aurait fait ses études dans les temps et réussi son stage du premier coup, cela ne peut avoir lieu avant ses 27 ou 28 ans. Ce système conduit au fait qu’en Allemagne, il y a des enseignants au chômage : ils ont les qualifications nécessaires mais ne trouvent pas de poste adapté.

Les enseignants donnent 27 ou 28 heures de cours de 45 minutes, c’est-à-dire 21 heures effectives devant les élèves. Il vaudrait mieux dire qu’il s’agit de 14 séances d’une heure et demie, quand on sait que la vie d’un enseignant est rythmée par le nombre de cours qu’il donne (et donc de préparation différente) plus que par leur durée.

Mais la différence essentielle entre la France et l’Allemagne dans le fonctionnement des établissements scolaires est qu’il n’existe pas en Allemagne de service de vie scolaire. Autrement dit, c’est le proviseur ou le principal et les enseignants qui assurent, en plus de leurs tâches, celles qui incombent au conseiller principal d’éducation (CPE) et aux surveillants en France.

Toutes les difficultés quotidiennes de l’école – comme la discipline ou les problèmes sociaux des élèves – doivent être réglées par une équipe d’adultes assez restreinte. Ce qui veut dire aussi qu’en cas d’absence d’un collègue, il faut le remplacer au pied levé puisqu’il n’y a pas de permanence surveillée par un assistant d’éducation. L’enseignant allemand, qui arrive à 7h30 dans son établissement, ne sait jamais combien d’heures il fera dans sa journée, ni à quelle heure il pourra partir. L’obligation de présence en dehors des heures d’enseignement est une évidence.

La relation avec les élèves et leurs parents est aussi beaucoup plus étroite, puisqu’il n’y a pas cette instance tampon qu’est la vie scolaire. Les parents d’élèves sollicitent sans cesse les enseignants pour des rendez-vous, et il n’est pas rare qu’ils aient leur numéro de téléphone portable. La familiarisation des élèves avec leur établissement passe aussi par des manifestations extra-pédagogiques, comme le fait de passer une nuit au collège, en camping dans le gymnase par exemple, surveillé, derechef, par les enseignants. La répartition des élèves dans les établissements obéissant moins à une logique de carte scolaire qu’en France, les établissements sont tous en concurrence : les manifestations de type « portes ouvertes » sont donc très fréquentes le samedi.

Il est indéniable qu’un enseignant allemand gagne plus que son homologue français, mais les réalités sont différentes. Ajoutons à cela que l’âge de départ à la retraite en Allemagne est maintenant à 67 ans et les pensions sont calculées sur toute la carrière : elles représentent donc environ 65 % du dernier salaire.

Timothée Pirard, Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Aides à domicile: Des salaires de misère

 Aides à domicile: Des salaires de misère

 

Alors que partout on loue le rôle stratégique des aides à domicile, le secteur affiche encore des salaires de misère. Non seulement le salaire de base est insignifiant mais en plus il faut intégrer souvent les temps d’attente et les temps de déplacement non pris en charge. Un collectif d’universitaires et de féministes, dont l’écrivaine Annie Ernaux et la sociologue Dominique Méda, plaide, dans une tribune au « Monde », pour la création d’un grand service public de l’aide à l’autonomie ainsi que pour la revalorisation des salaires et des carrières de celles qui ont été les « grandes oubliées » du Ségur de la santé.( Le Monde, extrait)

 

Tribune.

Une journée de mobilisation des aides à domicile, baptisée « 24 heures sans aide à domicile », aura lieu le 23 septembre. Les près de 700 000 aides à domicile, en première ligne durant la crise sanitaire, sont les « grandes oubliées » du Ségur de la santé ou des plans de relance, en dehors d’une prime ponctuelle de 1 000 euros, en réalité rarement obtenue en totalité. Elles sont à 97 % des femmes, sous-payées, aux conditions de travail extrêmement difficiles, subissant l’isolement professionnel, la précarité et le temps le partiel imposé. Qui plus est, elles relèvent d’une myriade de statuts : entre le secteur associatif non lucratif (la branche de l’aide à domicile), le privé lucratif (les services à la personne), le public (du secteur hospitalier ou des collectivités locales) et, enfin, le particulier employeur.

Mais elles ont en commun d’être toutes précarisées, aussi bien dans le secteur privé que dans le public : on estime entre 70 % et 90 % le temps partiel dans ce secteur, un temps partiel imposé ; 58 % travaillent le samedi ; 41 % le dimanche. Mais ce temps de travail rémunéré ne couvre pas tout le temps de travail réel. Afin de baisser le coût, et partant pour contourner le smic, les employeurs ne rémunèrent pas une partie du travail : celui lié au relationnel. En réalité, « ces emplois ne sont pas à temps partiel, mais sont payés à temps partiel », comme le disent les économistes François-Xavier Devetter et Emmanuelle Puissant (Le Monde du 15 juin 2020). De plus, l’amplitude de la journée de travail peut dépasser les douze heures. Des aides à domicile racontent qu’elles travaillent plus de cinquante heures hebdomadaires, tout en étant payées à temps partiel !

Les aides à domicile font partie de ces métiers du soin et du lien aux autres, très féminisés, qui sont dévalorisés. On ne reconnaît pas leur qualification, ni l’expertise et la technicité pourtant essentielles pour faire face à un public invalide, malade ou âgé. On ne tient pas compte du réel degré de responsabilités lorsqu’elles ont à porter, à accompagner des patients parfois en fin de vie. On nie enfin l’importance des contraintes physiques et nerveuses de ces emplois. Rappelons que les accidents du travail y sont trois fois plus fréquents que la moyenne (94,6 accidents pour 1 000 salariées) !

C’est parce que ces emplois sont très féminisés et s’appuient sur des compétences considérées comme « naturelles » pour les femmes (aider, soigner, accompagner, nettoyer, écouter…) qu’ils sont sous-payés. Cette dévalorisation du travail et ces modes de comptabilisation du temps de travail expliquent les bas salaires dans ce secteur. Il existe encore, dans certaines conventions collectives, des minima qui sont en dessous du smic horaire ! Du fait du temps partiel, le salaire médian pour une aide à domicile est en moyenne de 900 euros brut, bien loin du smic mensuel (cette rémunération est variable selon les conventions collectives et la détention ou non d’un diplôme du secteur). 17,5 % d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté, soit deux fois plus que l’ensemble des salariés. Elles ne bénéficient pas ou très peu d’évolution de carrière et la majorité est toujours au smic après dix-sept ans d’ancienneté.

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