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Etats-Unis: La Fed continue sa politique très accommodante

Etats-Unis:  La Fed continue sa politique très accommodante

La politique de la banque centrale américaine va continuer d’être accommodante pour  soutenir une économie très bousculée. Les taux vont continuer d’être proches de zéro et la banque fédérale va poursuivre ses achats de bons du Trésor et de prêt immobilier titrisées à hauteur de 120 milliards par mois

Jerome Powell s’est inquiété de la recrudescence récente des cas de contamination au coronavirus aux Etats-Unis en disant qu’elle commençait à avoir un impact sur l’activité économique.

Il a également affirmé que le cours de l’économie dépendrait très largement de l’évolution de la pandémie et des mesures prises pour la contenir, laissant ainsi entendre que la Fed pourrait être conduite à en faire davantage si la crise sanitaire s’aggravait.

L’éclatement de la crise en mars a conduit la Fed à réduire l’objectif des “fed funds” de 150 points de base et à mobiliser dans l’urgence plusieurs milliers de milliards de dollars pour soutenir l’économie et les marchés financiers, ce qui a provoqué une envolée de la taille de son bilan.

Le communiqué publié mercredi par la banque centrale et les déclarations de son président ne devraient pas modifier la position des marchés, qui s’attendent à voir la banque centrale déployer de nouvelles mesures à l’issue de sa prochaine réunion, en septembre, ou au cours du second semestre.

“C’est à peu près ce à quoi nous nous attendions”, a commenté Stan Shipley, analyste macroéconomique pour Evercore SI.

“Le communiqué important sera celui de septembre, lorsqu’ils donneront des éléments sur le pilotage des anticipations”, autrement dit sur la communication par la banque centrale sur l’évolution à attendre de sa politique monétaire, a-t-il ajouté.

«L’épargne immobilière au service sa transition écologique et sociale ? – ( Frédéric Bôl*)

 «L’épargne immobilière au service  sa transition écologique et sociale ? – ( Frédéric Bôl*)

Frédéric Bôl , président de l’ASpim milite pour le développement des placements dans  durable ; si la dimension durable paraît indiscutable l’aspect social semble beaucoup moins visible. (Chronique dans l’opinion)

 

«  Ces dernières années, un mouvement de fond en faveur d’investissements responsables et vertueux s’est imposé au secteur de la gestion d’actifs face à la demande croissante des épargnants. Cette demande s’inscrit dans le cadre d’une prise de conscience générale sur la nécessité pour le monde économique de prendre en compte son impact sur le climat et la société pour répondre aux grands défis du XXIe siècle. Il y a fort à parier que la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 contribue à renforcer cette aspiration des Français à donner du sens à leur épargne.

Pour répondre à cette demande, de nombreuses sociétés de gestion de portefeuille se sont engagées dans une démarche de transparence extra-financière et de prise en compte grandissante des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leur politique d’investissement. Pour accroître la visibilité des produits d’investissement socialement responsable (ISR), les pouvoirs publics ont mis en place en 2016 un label ISR pour les valeurs mobilières. Les fonds contribuant à financer les entreprises dont l’activité bénéficie à la société par leur impact social et environnemental sont ainsi récompensés. Ce label offre un engagement aux épargnants que leur capital sera alloué de façon à concilier performance économique et développement durable.

Ce sont des chiffres connus, le secteur du bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie en France et produit plus du quart des émissions de gaz à effet de serre. Cela fait de nombreuses années que les acteurs multiplient les initiatives pour améliorer leur impact social et environnemental. L’absence de label ISR adapté aux fonds immobiliers a pu être à ce titre perçue comme une lacune par les acteurs les plus engagés comme par les épargnants qui souhaitent bénéficier des avantages des produits d’épargne en immobilier tout en s’assurant de financer des actifs vertueux.

C’est fort de ce constat que les professionnels de l’investissement immobilier se sont réunis pour élaborer un projet de référentiel permettant d’étendre le champ du label ISR aux fonds qui investissent dans la classe d’actifs préférée des Français. Après plus de trois années de travail et d’échanges avec les autorités publiques, il voit enfin le jour. C’est une avancée considérable qui incitera, je l’espère, les gestionnaires à redoubler d’efforts pour relever le défi climatique et les évolutions sociétales au cœur desquelles se trouve plus que jamais aujourd’hui le bâtiment. A côté de la recherche de rendement, elle contribuera également à sensibiliser les épargnants sur la possibilité qui leur est offerte d’arbitrer leurs placements en pierre-papier selon des critères sociaux et environnementaux. »

*Frédéric Bôl, Président de l’ASPIM, association française des sociétés de placement immobilier

L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) promeut, représente et défend

Croissance: le gouvernement gonfle sa croissance pour 2021

Croissance: le gouvernement gonfle sa croissance pour 2021

 

La manœuvre est classique comme il est vraisemblable que la dépression sera encore plus forte que prévue (entre 8 et 10 % selon les instituts pour la France) Bercy gonfle ses prévisions pour l’année suivante. En gros, elle veut persuader que la croissance de 2021 viendra compenser la baisse de 2020. Ce que pour l’instant contredisent  peu près tous les instituts internationaux. De quoi justifier les très forts déséquilibres financiers pour l’année 2020 et malheureusement à suivre.

 

Bercy précise  que « le PIB en 2021 demeurerait inférieur d’environ 4% à son niveau de 2019 ». Le déficit, qui devrait s’effondrer de -3% en 2019 à -11,4% fin 2020, devrait, lui, connaître un reflux de -5,5% estimé pour fin 2021. La dette, enfin, devrait atteindre les 117,5% du PIB, contre 121% cette année. Cependant, Bercy n’a pas pris en compte dans ses projections les effets du plan de relance à venir. Les mesures en faveur de l’emploi des jeunes, ainsi que les éventuelles aides fiscales pour les entreprises pourraient ainsi faire évoluer.

Macron va repeindre sa politique en vert pâle

Macron va repeindre sa politique en vert pâle

 

 

La proposition de Macron de débloquer 15 milliards sur deux ans pour  faciliter la conversion écologique n’a guère de sens. C’est à la fois trop peu et pas assez  en même temps. Le coût d’une reconversion du système de production et de consommation ne peut d’abord être réglé en deux ans. Cette problématique doit s’inscrire dans le temps. Il faudra des centaines de milliards pur  reconvertir progressivement certaines productions notamment de l’agriculture ou de l’industrie manufacturière. Il faudra sans doute autant de temps qui évolue tout aussi progressivement les modes de consommation et les comportements. Annoncer seulement 15 milliards sur deux ans, c’est-à-dire 7,5 milliards par an pour une telle mutation relève de la mascarade. Cela va se terminer par quelques millions par-ci par là. Rien que pour l’agriculture ou le transport faudrait plusieurs centaines de milliards. Toute façon des évaluations tout à fait approximative tant que n’aura pas été entamé une analyse fine et détaillée des transitions possibles par secteur et par zone géographique notamment, avec quelles modalités et dans quels temps.. Le chef de l’Etat, qui a reçu les membres de la Convention citoyenne sur le climat, a cependant annoncé le déblocage de 15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans pour la conversion écologique de l’économie française.

Un projet de loi reprenant la quasi-intégralité des 149 propositions de la Convention sera présenté d’ici la fin de l’été, a aussi annoncé le président, sans faire référence au scrutin de dimanche.

Lors d’une conférence de presse en fin de journée en Allemagne au côté de la chancelière Angela Merkel, Emmanuel Macron a dit ne pas vouloir tirer de conclusions “excessives de scrutins qui sont d’abord des scrutins locaux”.

Du côté des écologistes, on reste sceptique sur un éventuel virage présidentiel “vert”.

“Pour que les préconisations de la Convention soient mises en œuvre, il faut des maires écologistes”, a dit à Reuters Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). “Si ça avançait avec Emmanuel Macron, j’applaudirais. Mais je n’ai pas vraiment l’occasion de m’abîmer les mains à trop l’applaudir.”

Plus tôt dans la journée sur Europe 1, le député européen EELV Yannick Jadot avait mis en garde contre tout “opportunisme écologique”. “Le sujet pour le président, c’est pas d’enrayer la montée des écologistes, c’est d’enrayer la montée des températures, du niveau de la mer, des inégalités, de la défiance dans notre pays”, a-t-il dit.

La contradiction la plus importante c’est sans doute de que l ’entourage d’Emmanuel Macron place quant à lui la période à venir sous le signe de la “continuité”, ce qui semble laisser peu de place à l’hypothèse d’un remaniement d’ampleur et d’une réelle prise en compte de la problématique environnementale.

Un conseiller de Trump l’accuse d’avoir demandé l’aide de la Chine sa réélection

Un conseiller de Trump l’accuse d’avoir demandé l’aide de la Chine sa réélection

Selon John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale, de Trump  le président américain a sollicité Xi Jinping lors d’une réunion à huis clos organisée en juin 2019. «Tout à coup, Trump a fait basculer la conversation sur l’élection présidentielle à venir, fait allusion au potentiel économique chinois et demandé à Xi de l’aider à gagner», écrit John Bolton. «Il a souligné que les agriculteurs et l’augmentation des achats de soja par les Chinois auraient une grande importance dans l’issue du scrutin.»

Cet ouvrage fait souffler un vent de panique à la Maison-Blanche où l’on cherche à tout prix à l’empêcher de paraître. Selon les avocats de l’ancien conseiller de Donald Trump, il paraîtra le 23 juin prochain.

Le président américain a brutalement limogé le 10 septembre dernier celui qui était alors l’un de ses principaux conseillers sur fond de désaccords sur la gestion de plusieurs dossiers comme la Corée du Nord, l’Iran, l’Afghanistan et la Russie.

John Bolton a dit avoir des informations sur les interactions de Donald Trump avec l’Ukraine l’été dernier, quand les démocrates ont accusé le locataire républicain de la Maison-Blanche d’avoir tenté d’obtenir de l’Ukraine l’ouverture d’une enquête contre Joe Biden, favori de la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de novembre – et devenu de fait, depuis lors, le candidat démocrate. Comme le veut la procédure lorsque des informations couvertes par le secret peuvent être en jeu, le manuscrit a été transmis à la Maison blanche pour validation.

 

Secteur aérien : ATR réduit à son tour sa production d’appareils

Secteur aérien : ATR réduit à son tour sa production d’appareils

 

Comme la plupart des constructeurs aériens, ATR est évidemment touché par les conséquences de la crise sanitaire qui a paralysé presque totalement les compagnies pendant plusieurs semaines. Des compagnies qui vont rencontrer de très graves difficultés et seront donc amenés à différer voire à annuler certaines commandes. Les conséquences seront économiques mais évidemment aussi sociales et le secteur pourrait enregistrer une baisse d’effectifs assez rapides de 10 à 20 %. Le constructeur d’avions turbopropulseurs ATR est devenu lundi la dernière entreprise en date du secteur aéronautique à se préparer à une réduction de sa production en raison de la crise du coronavirus.

Stefano Bortoli, le directeur général d’ATR, coentreprise entre Airbus et l’italien Leonardo, a déclaré à Reuters qu’une décision sur l’ampleur de la réduction serait prise dans les prochaines semaines.

Avant même l’apparition de l’épidémie, les livraisons d’ATR avaient reculé à 68 appareils en 2019, contre 76 en 2018 et au plus bas depuis 2012. Le groupe a cependant vendu 79 appareils l’an dernier contre 52 en 2018.

Stefano Bortoli n’a pas souhaité communiquer sur les objectifs du groupe en termes de livraison cette année, mais a dit qu’ATR réduirait sa production comme d’autres constructeurs pour faire face à une baisse de la demande.

“Bien sûr, nous allons réduire; nous verrons plus tard à quelle hauteur”, a-t-il déclaré.

Après notamment le secteur automobile Airbus arrête sa production, la fausse excuse du Coronavirus

Après notamment le secteur automobile Airbus arrête sa production, la fausse excuse du Coronavirus

 

Comme d’autres secteurs notamment l’automobile, Airbus arrête sa production en raison du Coronavirus. Comme pour le secteur automobile, le virus chinois ne saurait cependant être responsable des difficultés d’Airbus. En effet, le secteur connaît des difficultés antérieures à la pandémie. Certes, Airbus s’en tire  beaucoup mieux que Boeing en plein marasme économique et financier suite aux déboires techniques du 737. Mais ce qui caractérise le secteur aérien, c’est la grande fragilité des sociétés de transport par exemple celle d’Air France financièrement très malade et qui devra sans doute être sauvée par l’État. Une autre compagnie italienne, Alitalia elle aussi reprise sans doute par l’État italien.

D’autres compagnies de moindre importance sont fortement secouées par l’insuffisance de leurs résultats. Il est clair cependant que le Coronavirus en clouant au sol nombre d’appareils et en supprimant ou en allégeant le nombre  de liaisons va faire plonger dans le rouge la plupart des compagnies. De ce fait,  les commandes d’appareils nouveaux vont ce réduire et ou-être notoirement décalées dans le temps. Ce ne sera donc pas seulement des consignes sanitaires qui imposent à Airbus de stopper sa production mais surtout des considérations économiques.

« Suite à la mise en œuvre de nouvelles mesures en France et en Espagne pour contenir la pandémie de Covid-19, Airbus a décidé d’interrompre temporairement les activités de production et d’assemblage sur ses sites français et espagnol de la société pour les quatre prochains jours », a annoncé l’avionneur via un communiqué mardi 17 mars en tout début de matinée.

Dans les faits, cette fermeture va impacter plusieurs dizaines de milliers de salariés. Si Airbus emploie pas loin de 3 000 personnes en Espagne, près de 49 000 travaillent pour l’avionneur en France, dont 24 000 rien qu’à Toulouse.

« Mais au quotidien, ce sont environ 40 000 salariés qui s’emploient chaque jour dans nos sites toulousains, en prenant en compte nos salariés, les apprentis, les sous-traitants, etc. », précise un représentant d’Airbus.

Ainsi, la réouverture des ateliers est programmée au lundi 23 mars. Elle doit permettre d’instaurer dans les ateliers  »les conditions de sécurité strictes en matière d’hygiène, de nettoyage et d’auto-distanciation, tout en améliorant l’efficacité des opérations dans ces nouvelles conditions de travail », promet le groupe qui dans le même temps encourage le télétravail dans ces deux pays.

« Nous sommes en train de travailler à l’instauration d’un protocole de santé pour toutes nos lignes d’assemblage afin que l’ensemble des postes soit protégé dès lundi quand les équipes reviendront. Cela passe par l’assurance du mètre de distance minimum entre chaque salarié, le port du masque ou encore le nettoyage des postes de travail . 

Sortir l’Afrique de sa confortable tutelle

Sortir l’Afrique de sa confortable tutelle

Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie, fait le bilan de gouvernance de soixante ans d’indépendance des Etats africains et soutient que l’Afrique se satisfait de sa confortable tutelle notamment politique.  Une analyse pertinente qui rompt avec les sempiternelles responsabilités de la colonisation qui concerne aussi surtout les imaginaires. .

Tribune.

 

Dans la grande majorité des pays d’Afrique, le droit à l’autodétermination des peuples, autour duquel s’est mobilisé le mouvement des indépendances, n’a pas affranchi les structures de la gouvernance de l’imaginaire colonial. Soixante ans après les indépendances, la précarisation, la violence et la domination structurent toujours le rapport entre les Etats et leurs populations. Ce qui non seulement confine les Etats dans une inefficacité structurelle et normative, mais surtout érige la procuration et l’extraversion comme les modalités privilégiées de l’exercice de la souveraineté.

Par procuration, il faut entendre que les gouvernements africains passent, pour gérer les questions liées à la justice sociale, à la santé et à la sécurité, par l’intermédiaire de la communauté internationale ou des politiques d’aide au développement des gouvernements occidentaux. L’extraversion consiste dans le fait de solliciter constamment l’aide extérieure. C’est une forme de gouvernance tournée exclusivement vers le soutien des pays riches.

C’est très exactement cette dynamique contradictoire de la souveraineté, qui allie dans une même logique la souveraineté et la dépendance, que manifestent les problématiques soulevées par l’opération « Barkhane », le franc CFA, l’aide au développement ou encore la lutte contre l’épidémie Ebola. Mais comment expliquer que les prérogatives qui définissent véritablement l’institution de la souveraineté font l’objet de troc entre les gouvernements africains et les puissances qui dominent l’environnement international ?

Pour comprendre, il importe tout d’abord de relever que l’institution de la souveraineté de l’Etat en Afrique n’a aucun fondement endogène. Loin d’être le résultat d’une interrogation sur les principes normatifs censés garantir l’existence d’un peuple pensé comme une communauté d’intérêts, l’idée d’un Etat souverain y est juste la conséquence d’une transformation de l’ordre légal international. C’est en effet l’instauration du régime de la souveraineté « négative » au niveau international qui a obligé à reconnaître comme Etats souverains les pays décolonisés. Alors que traditionnellement, c’est la souveraineté « positive », c’est-à-dire la capacité de gouvernance et l’indépendance effective qui déterminaient l’acquisition de la souveraineté au niveau international, le droit à l’autodétermination des peuples allait faire de la non-soumission à une entité extérieure une condition essentielle à la reconnaissance internationale des Etats.

Ainsi, sous l’effet de la décolonisation de l’après-guerre, l’instauration de ce nouveau régime de la souveraineté « négative » a conduit à la création d’Etats, souverains au regard du droit international, mais en réalité lourdement amputés de la dimension positive de la souveraineté. En fait, le droit à l’autodétermination des peuples a donné naissance à ce que Robert Jackson a admirablement appelé les « quasi-States » : des Etats qui existent légalement, mais dont la réalité empirique demeure une illusion, car ces dits Etats sont structurellement incapables d’assumer les prérogatives liées entre autres à la justice sociale, à la sécurité et à l’unité nationale. Paradoxalement donc, l’indépendance s’est traduite par l’institution d’Etats souverains dépendants, sous perfusion internationale, consacrant une forme de souveraineté assujettie. Le philosophe politique allemand Thomas Pogge a déjà analysé, dans World Poverty and Human Rights, les conséquences négatives sur les populations africaines et le système international lui-même de cette dynamique contradictoire de la souveraineté des Etats africains.

Mais ce qui interpelle davantage aujourd’hui, c’est l’entretien et la longévité de cette forme de souveraineté assujettie de l’Etat en Afrique. Nous y sommes encore, soixante ans après les indépendances. Ainsi, au-delà des considérations liées au rapport de pouvoir au niveau international, c’est tout d’abord les idéologies des indépendances et les pratiques de gouvernance auxquelles celles-ci ont donné lieu qu’il faudrait interroger. Comment expliquer que le panafricanisme et le socialisme africain n’aient pas favorisé l’émergence d’un Etat effectif et représentatif ? Comment comprendre cette étrange cohabitation entre ces idéologies et les pratiques du pouvoir qui ont démembré structurellement et normativement l’Etat en Afrique ?

En effet, les idéologies de l’indépendance n’ont pas pris au sérieux les problèmes éthiques et politiques de la vie commune. L’erreur a été de croire que la contestation du colonialisme et le rappel incessant de la nécessité de valoriser la culture africaine suffisaient à fonder une communauté d’intérêts mue par le désir de vivre ensemble selon des principes normatifs discutés et acceptés par tous.

Derrière, c’est toute la question du politique, en tant qu’elle s’apparente à une mise en ordre des interactions humaines d’une manière qui rende possible l’institution d’un espace public régi par une morale minimale commune, qui a été oblitérée par le panafricanisme et le socialisme des indépendances. Cette négation du politique a eu son lieu d’expression privilégié dans la conception d’une nation et d’une unité nationale véhiculée par les tenants du panafricanisme et du socialisme.

La définition de la nation impliquait a priori le rejet du pluralisme et une suspicion à l’égard des dispositifs de contestation publique : la nation, c’était exclusivement le chef. Or cette identification entre la personne du chef et celle de la nation a non seulement dépossédé le peuple de son pouvoir symbolique, mais elle a enraciné des modes de gouvernance contraires à l’épanouissement d’un Etat souverain : néopatrimonialisme, criminalité, recours à l’aide au développement et tripatouillage constitutionnel.

A bien des égards, l’Afrique contemporaine s’inscrit dans la continuité de ces pratiques de la gouvernance qui ne se maintiennent qu’à la faveur de l’inefficacité et donc de l’assujettissement de l’Etat.

C’est pourquoi la lucidité à l’égard de soi-même exigerait que la jeunesse africaine ne se trompe pas en s’enlisant dans une éternelle dénonciation de la « Françafrique ». Si l’Afrique n’est pas encore souveraine, c’est parce qu’elle refuse, politiquement, de sortir de cet état de minorité, de tutelle, dans laquelle elle s’est volontairement installée. Le temps est venu de savoir ce que peut l’Afrique pour elle-même, indépendamment du monde. Ainsi s’amorcera le début de la décolonisation de l’Afrique par elle-même.

Amadou Sadjo Barry est professeur de philosophie au Collège d’enseignement général et professionnel de Saint-Hyacinthe, au Québec.

Sondage Macron- sa popularité victime de la réforme des retraites

Sondage Macron- sa popularité victime de la réforme des retraites

 

Selon un sondage Elabe , 62% des Français se déclarent déçus, 14% jugent son action satisfaisante et 24% lui accordent le bénéfice du doute en estimant qu’il est prématuré de se prononcer sur ce point-là. Un chiffre en hausse, qui « s’observe auprès de l’ensemble des catégories de populations, hormis chez les cadres et les retraités ». 61% des personnes interrogées estiment par ailleurs que le président de la République devrait prendre en compte la contestation de la réforme des retraites et retirer le projet.

Ce n’est pas une nouveauté, mais la cote de popularité d’Emmanuel Macron n’est pas au beau fixe, indique notre dernier sondage réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV et publié ce mercredi.

Ainsi, selon cette étude, 61% des personnes interrogées estiment que la contestation actuelle de la réforme des retraites devrait être davantage prise en compte par le chef de l’État et qu’il devrait retirer ce projet, alors qu’il doit être présenté en conseil des ministres vendredi.

« À l’inverse, 39% estiment qu’il a raison de faire cette réforme et qu’elle était dans son programme. C’est notamment le cas des retraités et des cadres », développe Elabe.

Au sujet de cette réforme, Emmanuel Macron est soutenu par 74% de ses électeurs du premier tour de la présidentielle de 2017 interrogés et 62% de ceux de François Fillon.

Affaire Ghosn : le Japon se ridiculise avec sa justice hypocrite

Affaire Ghosn : le Japon se ridiculise avec sa justice hypocrite

Il  y a évidemment quelque chose de surréaliste dans la condamnation par le Japon de l’ancien président de Renault et Nissan. Pire, Nissan à l’origine de l’affaire a non seulement été complice de Ghosn mais plusieurs de ses dirigeants dont le directeur général ont aussi pioché dans la caisse. Il est donc parti particulièrement savoureux de lire le dernier communiqué de Nissan :  « La fuite de Carlos gone vers le Liban sans la permission du tribunal, en violation des conditions de sa liberté sous caution, bafoue le système judiciaire japonais. Nissan trouve cela extrêmement regrettable». C’est oublier que pour la justice de samouraï en papier mâché, il y a deux poids deux mesures au Japon..Une culture samouraï très malléable et même ridicule quand on sait par exemple qu’aucun dirigeant de responsable de l’accident nucléaire de Fukushima qui a fait notamment 45 morts n’ont été mis en prison et ont été même dispensés de toute sanction.

Les trois anciens dirigeants de Tepco, qui n’ont cessé de mentir pendant toute la durée de la catastrophe, ont été acquittés par la justice qui ne les estime pas responsable de négligence. Huit ans et demi après l’accident nucléaire de Fukushima, ils encouraient de la prison ferme. Ils étaient les seules personnes physiques à être jugées dans le cadre de ce sinistre, le pire accident nucléaire après Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Huit ans et demi après l’accident nucléaire de Fukushima, les trois ex-dirigeants de la compagnie Tepco ont été acquittés par le tribunal de Tokyo qui a jugé qu’ils ne pouvaient être tenus coupables des conséquences de la catastrophe nucléaire survenue à la suite d’un gigantesque tsunami.

L’ancien président du conseil d’administration de Tokyo Electric Power (Tepco) au moment du drame, Tsunehisa Katsumata (79 ans), ainsi que deux anciens vice-PDG, Sakae Muto (69 ans) et Ichiro Takekuro (73 ans), avaient plaidé non coupables devant le tribunal de Tokyo.

Ces trois anciens responsables de l’opérateur de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, dévastée par le tsunami du 11 mars 2011, sont les seules personnes physiques à être jugées dans le cadre de cette catastrophe, le pire accident nucléaire après Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Ce 19 septembre 2019 « pourrait devenir un jour historique dans les efforts des victimes du désastre pour obtenir justice », a commenté Shaun Brunie, spécialiste de l’énergie nucléaire au sein de l’organisation écologiste Greenpeace. L’accident de Fukushima a été qualifié de « désastre créé par l’homme » par une commission d’enquête japonaise, car l’humain n’a pas su le prévenir ni le maîtriser.

Les poursuites engagées contre les ex-dirigeants s’appuient sur le décès de 45 patients de l’hôpital de Futaba, à quelques kilomètres de la centrale, lors de leur évacuation d’urgence dans des conditions extrêmes, avec un bus qui a tourné en rond pendant plusieurs heures. Pour ces personnes âgées, l’épreuve s’est avérée insurmontable.

Les procureurs avaient refusé à deux reprises d’engager des poursuites contre les dirigeants de Tepco, arguant que les éléments du dossier étaient insuffisants. Mais un réexamen de l’affaire en 2015 par un panel de citoyens (une procédure peu utilisée au Japon) a tranché pour un procès au pénal.

Les trois accusés se voient reprocher par les plaignants d’avoir péché par inaction, alors qu’ils avaient connaissance du risque d’un tsunami majeur aux abords de la centrale construite en bord de mer, à quelque 220 kilomètres au nord-est de Tokyo. L’esprit samouraï n’a guère soufflé sur la justice japonaise. Enfin le nationalisme japonais et ses contradictions discréditent un régime obsolète tant sur le plan de la justice que même en matière d’économie. Le Japon est en effet englué dans une dépression depuis des dizaines d’années et un endettement mortifère. Notons enfin que le taux de pauvreté est l’un des plus importants des pays développés.

Carlos Ghosn a fui le Japon et sa justice médiévale et nationaliste

Carlos Ghosn a fui  le Japon et sa justice médiévale et nationaliste  

 

Comme nombre de patrons sans doute mais  de gros sabots, Carlos Ghosn a confondu son portefeuille et celui des entreprises qu’il dirigeait. Ceci étant,  s’il fallait mettre en prison les patrons qui se livrent à cet exercice, il faudrait sans doute construire des établissements pénitentiaires. Carlos Ghosn a été piégé par le directeur général de Nissan qu’il a dénoncé. Le problème c’est que depuis, le même directeur général de Nissan a été pris la main dans le sac et contraint  à la démission. Certes Carlos Ghosn mérite sans doute certains reproches dans le domaine de ses rémunérations mais cela ne justifiait pas son incarcération  brutale et prolongée au Japon. En fait ;il s’agit d’une affaire politico- financière. En effet le Japon est actuellement engagé dans la voie d’une rose rejaponisation  de son économie. Ce pays a tenté de récupérer Nissan sauvé par Renault et Carlos Ghosn. Le nationalisme japonais est d’autant plus surprenant que ce pays a surtout fondé son développement sur les exportations. Le Japon s’accommode bien des échanges de biens mais pas des conceptions démocratiques extérieures. Ainsi son système judicaire est complètement médiéval et une personne mise en examen peut rester des mois ou des années en prison sans avoir été jugées tant qu’il n’avoue pas. Carlos Ghosn de ce point de vue a eu raison de fuir le Japon et cette justice d’un autre temps. Du point de vue économique, le Japon vient de découvrir que la japonisation de Nissan serait une erreur stratégique car le temps est à la constitution de très grands groupes internationaux notamment pour investir dans les nouvelles technologies et les nouveaux modes de propulsion. Toute cette affaire ressemble à un énorme gâchis. Un gâchis dans les relations entre le Japon et la France, un gâchis dans l’affaiblissement du groupe Renault, un gâchis enfin concernant le management. En effet en dépit de ses défauts Carlos Ghosn était sans doute l’un des patrons performant au monde. Le management de Nissan ne s’est  d’ailleurs pas encore rétabli puisqu’un nouveau dirigeant japonais vient de démissionner encore récemment. Notons aussi la position très ambiguë de la France et surtout de Macon qui n’a jamais beaucoup apprécié Carlos Ghosn. Une action diplomatique un peu plus vigoureuse aurait sans doute évité à Renault de connaître une crise de management. La fuite de Carlos Ghosn ridiculise le Japon mais tout autant la France qui a laissé se fragiliser Renault.

 

 

Macronisme: incompétence dans sa dimension régalienne (Luc Rouban)

Macronisme: incompétence dans sa dimension régalienne     (Luc Rouban)

 

Luc Rouban, Directeur de recherche au CNRS, Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) considère que le macronisme ne comprend rien du pays et est incompétent à gérer la dimension régalienne. (extraits Tribune au Monde) )

« Pratiquant le libéralisme dans un pays qui n’a rien de libéral, Emmanuel Macron reste prisonnier d’une appréhension économiste et managériale du monde, explique le politiste Luc Rouban dans une tribune au « Monde ».

 

« Le face-à-face annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui signifie l’appauvrissement du débat politique, est loin de pouvoir exprimer ou résoudre le malaise démocratique, qui naît non pas de la convergence mais de la diversité des attentes sociales. Plusieurs sondages récents réalisés à l’automne (sondage Elabe pour BFM-TV du 29 octobresondage IFOP pour Le Journal du dimanche du 3 novembre), analysant les intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, nous dévoilent un paysage politique figé.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont au coude à coude, les représentants de la gauche socialiste ne percent pas, Jean-Luc Mélenchon reste à son étiage habituel des 12 %, l’écologie politique rate une fois de plus son entrée dans la cour des grands en ne dépassant pas les 7 %, et les candidats de la droite parlementaire, quels qu’ils soient (les sondages émettent plusieurs hypothèses), ne suscitent aucun renouveau. Ces sondages nous apprennent également que 80 % des personnes interrogées pensent que l’action d’Emmanuel Macron n’a pas permis d’améliorer leur situation personnelle.

Il est vrai que deux années de macronisme ont débouché non seulement sur la multiplication des conflits, mais aussi sur leur radicalisation. Que l’on observe le débat autour du voile pour les accompagnatrices de sorties scolaires ou la multiplication des conflits sociaux longs, comme celui qui secoue la SNCF et ceux qui minent les services de police ou les établissements hospitaliers, voire les conflits politiques, comme celui qui secoue depuis 2018 les élus locaux des petites communes ou encore celui des « gilets jaunes », le même schéma est à l’œuvre.

 

Tout semble indiquer que la réalité du terrain ne parvient plus à prendre forme politique, alors que des conflits fondamentaux – soit philosophiques, sur le sens de la laïcité, soit sociopolitiques, sur les fonctions de l’Etat et la place des services publics, soit économiques, sur la compatibilité du capitalisme et de l’écologie – sont renvoyés à la société civile afin de libérer le gouvernement de choix difficiles. Celui-ci est tenté d’user et d’abuser d’une communication du « en même temps » qui ne résout évidemment rien et ne protège pas l’Etat, qui semble incompétent même dans sa dimension régalienne, comme l’a illustré l’affaire de l’usine Lubrizol à Rouen. » 

Chine: La banque centrale va aussi faire tourner sa planche à billets

Chine: La banque centrale va aussi faire tourner sa planche à billets

En annonçant un soutien accru du crédit et une baisse des taux d’intérêt, la banque centrale chinoise ne fait rien d’autre que d’accélérer la planche à billets comme la plupart des autres banques centrales-

 

Finalement,  une sorte de fuite en avant mondiale  qui déconnecte de plus en plus la valeur monétaire de la richesse réelle. Les autorités chinoises vont donc amplifier leur soutien au crédit et poursuivre la baisse des taux d’intérêt réels, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque populaire de Chine (BPC), Yi Gang, ajoutant que Pékin voulait augmenter la capacité d’octroi de crédit des banques.

 

Les établissements de crédit sont invités à utiliser le taux préférentiel de prêt (TPP) comme référence lorsqu’elles accordent elles-mêmes des prêts, a ajouté Yi Gang lors d’une rencontre avec des représentants des principales banques du pays, parmi lesquelles figurent Industrial and Commercial Bank of China, Agricultural Bank of China et China Construction Bank.

L’endettement concerne à peu près tous les acteurs économiques, les entreprises, les particuliers et les collectivités publiques notamment locales. D’une certaine manière l’économie chinoise est sous perfusion financière la dette chinoise représentant au moins  300 % du PIB selon les estimations. Du coup les banques sont particulièrement menacées du fait de l’accumulation de créances douteuses par ailleurs difficile à évaluer. Une problématique complexe pour la Chine qui doit faire face à la baisse des exportations par le soutien à la demande intérieure. Mais . Quand l’endettement est élevé, les dangers sur les changes, les Bourses, le marché obligataire et les banques grimpent de concert .   Selon les estimations de Bloomberg Intelligence, la dette chinoise tourne autour de 300 % du Produit intérieur brut (PIB). Et les banques enregistrent une rapide progression des créances douteuses (prêts présentant un fort risque de non-remboursement). Dans ce contexte,. Pékin s’est engagé dans un ambitieux rééquilibrage de son modèle économique, plus orienté vers le marché, la consommation intérieure et les services mais la croissance continue de s’essouffler. l’activité manufacturière est dans le rouge depuis des mois et l’industrie est minée par de colossales surcapacités. Soucieuses d’éviter un atterrissage brutal et de prévenir des mouvements sociaux, le gouvernement relance donc une politique monétaire ultra-accommodante.

Glyphosate: sa fin n’est pas pour demain

Glyphosate: sa fin n’est pas pour demain

Au  delà des slogans et de l’affichage électoraliste, la question se pose de la fin du glyphosate. Sa suppression a été programmée en 2021 pour l’essentiel et en 2023 totalement. le problème c’est qu’on pourra difficilement gérer une transition aussi brutale ou alors il faudrait tout aussi brutalement changer de nature et de mode de production. Il ya aura donc sans doute des exceptions par rapport aux objectifs temporels fixé. L’OMS considère que le glyphosate est potentiellement dangereux pour la santé, sa suppression à terme est donc inévitable; reste que comme la transition énergétique, cela pourrait demander davantage de temps que prévu.  En outre certaines solution de remplacement paraissent mal adaptées à certaines cultures. Le désherbage mécanique n’est pas toujours le plus pertinent, il représente aussi un coût. Il ya des solution fantaisies et ridicules comme le désherbage au gaz ou à l’eau chaude, comme si ne n’était pas la pire contradiction écologique. Dans les communes sur les espace municipaux on désherbe souvent au gaz, pourquoi pas aussi au pétrole ? Le calendrier prévu de suppression du glyphosate sera difficile à tenir partout en l’état actuel des connaissances, et aura un coût élevé pour les agriculteurs, estime donc un rapport parlementaire demandant à l’Etat de préciser rapidement les cultures qui « bénéficieront d’une dérogation » d’utilisation en 2021. Interrogée dimanche sur ce rapport, la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a affirmé que le gouvernement « reste résolu à sortir du glyphosate. Je confirme que l’objectif est bien de sortir de l’essentiel des usages au 1er janvier 2021, et de tous les usages au 1er janvier 2023″, a-t-elle affirmé dans l’Emission politique de France Inter, France Télévisions et Le Monde.

La mission parlementaire chargée d’évaluer le plan de sortie du glyphosate juge « inconscient d’attendre le 31 décembre 2020″ pour savoir « quelles situations culturales » devront obligatoirement cesser d’utiliser l’herbicide le 1er janvier 2021 et celles qui pourront bénéficier d’un délai. L’essentiel est que la glyphosate ne soit plus utilisé en laissant le temps de s’adapter.

La « mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate », dirigée par les députés Jean-Luc Fugit (LREM) et Jean-Baptiste Moreau (LREM), demande que l’INRA et les instituts techniques agricoles précisent « au plus tard en juin 2020″ les situations « qui ne pourront supporter un arrêt du glyphosate le 1er janvier 2021 sans menacer la survie de l’exploitation ni son environnement »

« Il est crucial que le gouvernement clarifie son message à l’égard des agriculteurs, en premier lieu à l’égard de ceux qui seront soumis à l’interdiction du glyphosate dès le 1er janvier 2021″, ajoute le rapport en soulignant que la « transition » aura un « coût substantiel ».

Pour Mme Borne, « ce rapport est intéressant car il pointe que ce n’est pas en claquant des doigts qu’on décide comme cela qu’on arrête le glyphosate ». « Je pense qu’on a des premières filières qui pourront le faire sans doute plus rapidement que d’autres. Le président de la République l’avait dit, on souhaite avoir la première viticulture zéro glyphosate et je pense qu’ils sont en train d’agir pour que ce soit le cas », a-t-elle précisé.

Frais de main d’œuvre (12,7 millions d’euros d’heures supplémentaires), consommation de carburant multipliée par trois ou quatre (87 millions d’euros), investissements en matériels nouveaux et croissance des dépenses dans d’autres produits chimiques: la suppression de cet herbicide bon marché alourdira les charges des exploitations entre 50 et 150 euros l’hectare, selon le rapport.

Les coûts de production du blé augmenteraient de 10 euros la tonne. Les techniques alternatives de désherbage (passages supplémentaires de tracteurs et de machines) émettraient aussi 226.000 tonnes de CO2 supplémentaires, selon l’association générale des producteurs de céréales AGPB citée dans le rapport.

Les députés pointent plusieurs cas où la seule alternative au glyphosate est de détruire les mauvaises herbes à la main, ce qu’ils qualifient « d’impasse » tant les investissements en main d’œuvre seraient alors intenables. Le cas le plus « sensible » porte sur les exploitations pratiquant l’agriculture de conservation des sols, sans labour, qui permet d’absorber plus de carbone de l’atmosphère. Mais cette technique nécessite l’usage ponctuel d’un herbicide chaque automne pour nettoyer les parcelles avant le semis.

Le rapport signale aussi les cultures en pente (vignes…) difficiles à cultiver mécaniquement, les cultures des exploitations dites en « zones intermédiaires » sur des sols difficiles à travailler et peu productifs. Selon l’institut technique Arvalis, cité dans le rapport, « l’interdiction du glyphosate déstabiliserait ces exploitations concernées au point de menacer leur survie ».

Troisième impasse: les cultures destinées à des marchés spécifiques qui leur imposent des cahiers des charges très contraignants, comme la production de semences, qui utilise 8 tonnes de glyphosate par an pour 380.000 hectares en France, la production de lin textile, dont la France est le premier producteur mondial, et enfin celle de légumes frais et de conserve cultivés en plein champ (203.560 hectares) qui ne peut se permettre le moindre datura toxique, une plante qui pousse aux abords des champs et peut contaminer les moissons.

Enfin, le rapport propose la création d’une « plateforme nationale d’enregistrement des produits phytopharmaceutiques » pour centraliser aussi bien les achats de pesticides que leur utilisation.

Sondage Macron: 80% de l’opinion pessimiste sur le l’efficacité de sa politique .

Sondage Macron: 80% de l’opinion pessimiste sur le l’efficacité  de sa politique .

Dans un sondage Elabe pour BFM,  80% des Français déclarent que depuis le début du quinquennat l’action du président n’a pas amélioré leur situation personnelle. Peu optimistes, 80% estiment que d’ici la fin de son mandat, leur situation ne s’améliorera pas.

Concernant les préoccupations nationales, les conclusions ne sont pas meilleures. A mi-mandat, 71% des sondés jugent que la politique du président n’a pas fait progresser la situation du pays. Sur le long terme, ils ne font pas montre d’une grande confiance puisque 68% d’entre eux estiment que d’ici 2022, son action n’améliorera pas la situation du pays.

Les domaines où l’action d’Emmanuel Macron est jugée la plus insatisfaisante sont la baisse des dépenses publiques (74%) ( ce qui est faux d’après l’évolution des prélèvements obligatoires NDLR), , la politique en matière d’immigration (74%), la politique environnementale (73%), la politique sociale (72%) et la politique en faveur du pouvoir d’achat (71%). La confiance des Français envers le président apparaît donc assez dégradée par rapport au début de son mandat.

Elabe pour BFMTV – 80% des Français déclarent que depuis le début du quinquennat l’action du président n’a pas amélioré leur situation personnelle.

Le président parvient toutefois à se démarquer sur sa capacité à gérer les questions de sécurité nationale (44% des sondés se disent satisfaits) et sur la représentation de la France à l’international (43% satisfaits).

Emmanuel Macron souffre d’un effritement de son image politique. Par rapport au début du mois de septembre, lors de la rentrée politique, il est jugé plus autoritaire (+2), moins courageux (-7), moins sincère (-7), moins capable de réformer le pays (-3) et moins capable de rassembler les Français (-3). Cette défiance croissante creuse un peu plus le fossé entre les classes populaires et l’exécutif. En effet, l’image du président se détériore très fortement chez les catégories sociales populaires alors qu’elle s’améliore chez les cadres et classes moyennes.

La polarisation politique sur l’image du président s’accentue également puisque ces mêmes traits d’image se détériorent fortement au sein des électorats de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, alors qu’ils s’améliorent au sein de son cœur électoral.

Macron veut reprendre sa tournée théâtrale du « grand débat »

Macron veut reprendre sa tournée théâtrale du « grand débat »

Macron va reprendre sa tournée théâtrale du grand débat,  ce qui lui permet de solliciter les grands médias notamment télévisés pendant des heures sur sa personne. Macron justifie ce cirque médiatique par la nécessité de dialoguer directement avec les Français.  La vérité c’est que la république en marche comporte très peu de leaders capables de peser pour valoriser la politique gouvernementale. Or Macron, il faut le dire, est excellent dans cet exercice. Il peut tenir pendant des heures devant un auditoire alibi et inonder spectateur et téléspectateurs de sa diarrhée verbale. Ce n’est d’ailleurs pas véritablement une prestation politique mais plutôt une sorte de one-man-show style stand-up dans lequel Macron excelle pour parler de tout et surtout de rien en mêlant des aspects pseudos scientifiques à des propos réellement populistes. De la merde dans un bas de soie comme avait dit Napoléon à Talleyrand. Macron a déjà commencé son exercice

Six mois après la fin de la première concertation nationale, qualifiée d’”inédite” à l’époque, le chef de l’Etat a renoué avec l’exercice mardi lors d’un débat de deux heures consacré à la lutte contre la pauvreté à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) et devrait continuer sur cette lancée dans les prochains mois.

“Le grand débat a fait ses preuves” donc “on en aura sur d’autres sujets”, indique-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron.

Dossier phare de la rentrée, l’épineuse réforme des retraites va faire ainsi l’objet d’une “concertation citoyenne” à l’automne qui doit servir à recueillir l’avis des Français sur les pistes avancées en juillet par le Haut commissaire chargé des retraites, Jean-Paul Delevoye.

“Il ne s’agit pas de faire un ‘copier-coller’ du grand débat, mais nous en reprendrons l’esprit et certains des outils ayant fait leurs preuves, comme le principe d’une plateforme numérique, ou l’organisation de réunions publiques autour d’élus locaux ou d’associations”, a expliqué Edouard Philippe lors d’une conférence de presse jeudi.

“A la fin du mois de septembre”, Emmanuel Macron “lancera cette démarche, et nous ouvrirons la plateforme numérique qui permettra à nos concitoyens de s’informer et de s’exprimer”, a ajouté le Premier ministre, précisant que ces consultations se termineraient “à la fin de l’année”.

Amazonie: Trump retourne encore sa veste

Amazonie: Trump retourne encore sa veste

 

 

Avec Trump, on commence à avoir l’habitude, quand il apporte un soutien timide à une orientation internationale, le lendemain il se fend d’un tweet contredisant la position  de la veille. Il vient encore de le  faire encore à propos de l’Amazonie. Le G7 avait proposé  d’apporter une aide de 20 millions de dollars pour  éteindre l’incendie catastrophique d’une partie de l’Amazonie. Pour ne pas déplaire à son ami d’ultra droite, président du Brésil, Trump  a tenu à indiquer que les États-Unis ne contribueraient pas financement de l’enveloppe prévue. Pire, il a assuré que le Bolsonaro, le président brésilien, faisait de son mieux mettre fin à la catastrophe mondiale que constitue l’embrasement d’une partie poumon du monde.Pourtant Emmanuel Macron avait laissé entendre que tous les membres du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada), réunis en sommet de samedi à lundi à Biarritz, participaient à cette aide d’urgence.

Sollicité par Reuters, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale Garrett Marquis a précisé que Washington était bien disposé à offrir son aide au Brésil mais plutôt en lien direct avec le gouvernement de Jair Bolsonaro.

“Les Etats-Unis (…) n’ont pas donné leur accord à une initiative commune du G7, qui s’est faite sans consultation avec le président Bolsonaro”, a déclaré Garrett Marquis dans un courrier électronique. “L’aide la plus constructive nécessite une coordination avec le gouvernement brésilien.”

Le président français avait inscrit les violents incendies qui grignotent la plus grande forêt tropicale du monde à l’ordre du jour du dernier sommet du G7.

“Les Etats-Unis sont avec nous aussi bien sur la biodiversité que sur l’initiative amazonienne”, a assuré Emmanuel Macron lundi, lors d’une conférence de presse au côté du président chilien, Sebastian Pinera.

La volonté d’Emmanuel Macron d’aborder le sujet à Biarritz, en l’absence des pays concernés, a hérissé Jair Bolsonaro qui a reproché à son homologue sa mentalité “colonialiste” et s’est vu taxer en retour de mensonges sur ses engagements climatiques.

Le chef de l’Etat brésilien refuse pour l’heure la proposition du G7 tant qu’il n’aura pas obtenu des excuses de la part d’Emmanuel Macron.

Richard Lough avec Simon Carraud, édité par Jean-Stéphane Brosse

 

De Rugy vire sa directrice de cabinet pour cacher ses propres frasques

De Rugy vire sa directrice de cabinet pour cacher ses propres frasques

De Rugy vire sa directrice de cabinet qui a indûment bénéficié d’un logement HLM à Paris pendant une douzaine d’année. Une mesure sans doute pour masquer les propres frasques de  Rugy. En effet l’éviction de Nicole Klein, directrice de cabinet,  intervient alors que François de Rugy lui-même a été ciblé sur son train de vie par Mediapart. Dans une enquête publiée mercredi, le site a décrit la “vie de château sur fonds publics” qu’auraient menée l’ancien président de l’Assemblée et son épouse en conviant des amis lors de “somptueuses agapes” dans les salons de l’hôtel de Lassay, résidence du président de l’Assemblée. S’exprimant sur France Inter mercredi, François de Rugy a qualifié de “grotesque” sa mise en cause par Mediapart. Il a publié dans la nuit de mercredi à jeudi un long message sur Facebook dans lequel il prône la “transparence” et publie l’ensemble des réponses qu’il dit avoir fournies par écrit aux questions, elles aussi transmises par écrit, de Mediapart.

Accord UE-Mercosur : Macron retourne sa veste

Accord UE-Mercosur : Macron retourne sa veste

Jusque là, Macron s’était montré particulièrement prudent vis-à-vis du projet d’accord commercial Mercosur entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay. Il avait même indiqué qu’il s’opposerait à cet accord s’il ne prenait pas en compte la problématique agricole française. Évidemment une simple précaution oratoire car Macron a toujours été favorable à tous les accords commerciaux très libéraux. En clair, on va sans doute sacrifier une partie de la production agricole française pour mieux exporter certains biens manufacturiers. La concurrence sur les produits agricoles risque d’être faussée compte tenu des conditions de production dans les pays d’Amérique du Sud sans parler évidemment de la qualité de produits poussés aux OGM et-ou  aux engrais et aux pesticides. De toute façon cet accord va entrer en vigueur avant même la ratification par chacun des pays membres de l’union économique. Une ratification qui demandera des mois et des années tandis que le traité lui sera immédiatement applicable. Pour se rendre compte du marché de dupes du Mercosur, il suffit de lire avec attention les déclarations particulièrement floues de Macron :“Je considère que cet accord à ce stade est bon compte tenu du fait que les demandes que nous avions formulées ont été intégralement prises en compte par les négociateurs”, a estimé le chef de l’Etat français lors d’une conférence de presse à Osaka, au Japon, à l’issue du sommet du G20.“Cet accord reconnaît nos indications géographiques”, il fait référence au “respect explicite de l’accord de Paris” sur le climat, il respecte nos “normes environnementales et sanitaires” et “les premiers éléments dont nous disposons indiquent” que les préoccupations en matière de protection des filières sensibles “ont été prises en compte”, a-t-il précisé.“Il faut maintenant vérifier tout cela dans les phases à venir, ça va dans la bonne direction, mais nous serons très vigilants sur toutes les rédactions finales, sur le processus de ratification et surtout sur le processus de suivi”, a-t-il poursuivi.“Quelques semaines après l’élection européenne, inacceptable signature d’un accord Mercosur-UE qui va exposer les agriculteurs européens à une concurrence déloyale et les consommateurs à une tromperie totale”, a dénoncé la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, sur Twitter.Pour la Confédération paysanne, il est “inadmissible de voir l’UE valider” cet “accord mortifère”. “Sacrifice de l’agriculture et de l’élevage sur l’autel d’un commerce cannibale et d’une course folle à la croissance au détriment du climat, de la planète et des hommes”, a-t-elle écrit sur Twitter.“A quoi bon demander en France et en Europe une montée en gamme en termes de qualité et de respect de l’environnement si c’est pour importer des produits contraires à cet effort?”, s’est interrogé pour sa part le syndicat Jeunes agriculteurs.

 

Négociations avec les USA : Macron retourne sa veste

Négociations avec les USA : Macron retourne sa veste

Après avoir été partisan d’un accord commercial avec les États-Unis, Macron fait volte-face sans doute en raison de la proximité des élections européennes. Macron a d’abord milité pour cet accord, ensuite il a adouci sa position en demandant que l’agriculture en soit exclue, enfin en perdition dans les sondages, Macron se voit maintenant contraint de voter contre l’ouverture des négociations La France votera contre l’ouverture de négociations commerciales entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Cela en prétextant un contexte de menaces commerciales répétées de Donald Trump et de la sortie annoncée des Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat “La France ne veut pas de guerre commerciale ou de tension avec les Etats-Unis” mais ne peut rompre son engagement de lutter contre le changement climatique et juge que céder aux pressions américaines n’est pas une bonne idée, a insisté la source, jugeant probable que la France soit le seul pays européen à s’opposer à l’ouverture des négociations. Les Européens ont convenu provisoirement jeudi d’ouvrir officiellement ces négociations, une décision censée détendre les relations entre les deux premiers blocs économiques de la planète. La décision doit être maintenant soumise à l’approbation de chaque pays à l’échelon ministériel. Les ministres de l’Agriculture de l’UE se rencontreront lundi à Bruxelles. L’opposition de la France sera notifiée jeudi soir aux autorités européennes. Elle n’empêchera pas l’ouverture des négociations, si les Etats-Unis le souhaitent également, la décision se prenant côté européen à la majorité qualifiée. La Commission européenne, qui coordonne la politique commerciale de l’Union, a sollicité deux mandats de négociation, le premier en vue de réduire les droits sur les biens industriels et le second destiné à aider les entreprises à prouver que leurs produits sont conformes aux normes de l’UE ou à celles des Etats-Unis. La France s’opposera aux deux mandats, a-t-on précisé. Le président américain avait accepté en juillet de surseoir à l’imposition de droits de douane punitifs sur les voitures importées de l’Union européenne. Toutefois, des droits de douane continuent de s’appliquer sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union et Donald Trump a menacé mardi d’imposer des droits de douane sur 11 milliards de dollars de produits européens, arguant de l’impact négatif des subventions européennes accordées à Airbus.“Nous ne sommes jamais rentrés dans l’idée qu’il fallait faire montre de faiblesse pour s’attirer les faveurs de monsieur Trump”, a poursuivi la source. “L’idée que, par des concessions, en cédant à la pression, on améliorera notre situation vis-à-vis des Etats-Unis n’est pas une bonne idée.”“Nous disons que, dans le contexte de menaces commerciales, encore ces derniers jours avec Boeing-Airbus, on ne va pas récompenser les Etats-Unis”, a-t-elle encore déclaré. La vérité n’est sans doute pas d’ordre commercial mais politique. Macron cherche à regagner une popularité perdue qui à prendre à revers ses propres orientations et à s’isoler au sein de l’Europe.

 

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