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Russie: Eliminer Poutine

Russie: Eliminer Poutine

 

Conversation avec Sergei Guriev : « Le seul scénario optimiste est le départ de Poutine, quelle qu’en soit la forme »

Lorsque The Conversation réalise cet entretien avec l’économiste russe Sergei Guriev au matin du 16 février, la mort du leader de l’opposition Alexeï Navalny n’a pas encore été annoncée. De fait, nous demandons notamment à M. Guriev dans quelle mesure la communauté internationale pourrait protéger son ami, qui purge une peine de dix-neuf ans de prison dans une colonie pénitentiaire située au-delà du cercle polaire arctique.

Quelques heures plus tard, la nouvelle tombe. De très nombreuses voix, y compris au plus haut niveau politique dans les pays occidentaux, et aussi au sein de l’opposition réelle russe, qualifieront cette mort d’assassinat politique. M. Guriev, qui a travaillé avec Navalny et a notamment permis au grand public occidental de mieux comprendre le projet politique de ce dernier, estime que « Poutine doit convaincre les Russes opposés à la guerre qu’ils constituent une petite minorité insignifiante. C’est pourquoi il était si important pour le Kremlin de faire taire Navalny. » Il apporte son soutien à la veuve de l’opposant, Ioulia Navalnaïa, elle-même économiste de formation, quand celle-ci annonce qu’elle reprendra le flambeau de son mari.

Dans ce contexte, le présent entretien, qui porte sur l’état de l’économie russe deux ans après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, reste plus que jamais d’actualité, d’autant que l’Occident s’apprête à déclencher une nouvelle vague de sanctions en réponse à l’assassinat présumé de Navalny.

Sergei Guriev, l’un des économistes russes les plus éminents de sa génération, a été une voix écoutée par Dmitri Medvedev à l’époque où celui-ci était le président de la Fédération de Russie (2008-2012). Il a exercé les fonctions de recteur à la prestigieuse Nouvelle École d’Économie (Moscou), et siégé au conseil d’administration de nombreuses entreprises publiques. Mais il a fui la Russie en 2013, craignant pour sa liberté après avoir coécrit en 2011 un rapport critiquant le traitement réservé à Mikhaïl Khodorkovski, le magnat du pétrole emprisonné de 2003 à 2013. En émigration, il est devenu l’un des détracteurs les plus actifs du régime de Vladimir Poutine, dont il a dénoncé la corruption et les agissements en Ukraine à partir de 2014 et à plus forte raison à partir du 24 février 2024. Il joue d’ailleurs un rôle clé au sein de l’International Working Group on Russian Sanctions, qui aide les États occidentaux à définir avec précision les mesures à prendre à l’encontre de Moscou.

Il est aujourd’hui directeur de la formation et de la recherche de Sciences Po Paris, un poste qu’il quittera en septembre prochain pour rejoindre la London Business School, dont il deviendra le doyen. La nouvelle de cette nomination avait été saluée sur le compte d’Alexeï Navalny le 1er février dernier.


 

Au cours des deux dernières années, les pays occidentaux ont mis en œuvre de nombreuses sanctions contre la Russie. Pourtant, celle-ci semble y avoir mieux résisté qu’attendu, grâce à d’importantes dépenses publiques – ce que certains qualifient de « keynésianisme militaire ». Le FMI annonce une croissance de 2,6 % pour 2024. Qu’en est-il, de votre point de vue ? L’économie russe est-elle en baisse ou en hausse ?

C’est une question de définition. Si nous évaluons la croissance économique à l’aune de la croissance du PIB, il ne fait aucun doute que l’économie russe est en hausse. Toutefois, il serait erroné de mesurer la performance économique d’un pays de la même façon en temps de guerre et en temps de paix. Lorsque vous dépensez une part substantielle du PIB pour produire des chars et des obus d’artillerie et pour recruter des soldats qui iront se faire blesser ou tuer en Ukraine, cela revient, du point de vue du secteur civil, à imprimer de l’argent et à l’injecter dans l’économie.

Nous incluons ces dépenses dans le calcul du PIB parce que des biens sont produits et des personnes sont employées en tant que soldats, mais cela n’a rien à voir avec les performances économiques réelles de la Russie. N’oubliez pas que les dépenses militaires représentaient 3 % du PIB avant la guerre ; or en 2024, elles s’élèveront à 6 % du PIB. Cet écart suffit à expliquer la croissance de l’économie russe, quelle qu’elle soit. Et, bien sûr, il y a un ensemble supplémentaire de secteurs qui ne sont pas directement inclus dans les dépenses militaires, mais qui sont également impliqués dans la production de services et de biens militaires. Je pense donc que la vision d’une économie russe qui serait en développement, vision fondée uniquement sur la hausse de son PIB, est assez trompeuse.

Selon moi, le chiffre d’affaires du commerce de détail est un indicateur plus instructif. Entre 2021 et 2022, ce chiffre a baissé d’environ 6,5 %. Si l’on compare le mois de décembre 2022 au mois de décembre 2021, on constate une baisse de 10,5 %. Les données pour 2023 seront bientôt publiées. Il n’y aura pas de baisse, et même une certaine croissance. Il n’empêche que, globalement, la consommation russe ne se porte pas bien.

Vous avez parlé de « keynésianisme militaire ». Je pense que cette expression est, elle aussi, quelque peu trompeuse. Le keynésianisme est une politique que l’on utilise lorsque l’économie est en perte de vitesse et que le taux de chômage est élevé, afin d’essayer d’offrir des emplois aux gens par le biais des dépenses publiques.

 

Le risque propre au keynésianisme est la surchauffe de l’économie. Et n’oublions pas que Keynes a développé ses théories dans les années 1930, au cours de la Grande Dépression, lorsque le taux de chômage aux États-Unis atteignait 25 %. Aujourd’hui, le chômage en Russie est très faible, parce que de nombreuses personnes ont quitté le pays, libérant donc des postes de travail, ou ont été recrutées pour aller combattre en Ukraine.

De fait, l’économie est plutôt en surchauffe. L’inflation est supérieure à l’objectif de 7 % qui avait été fixé par les autorités, ce qui inquiète fortement la Banque centrale. Ce n’est donc pas le moment de faire du keynésianisme.

Vous faites partie du Groupe de travail international de Stanford sur les sanctions contre la Russie. Qu’est-ce que ce groupe et comment a-t-il jusqu’ici façonné les sanctions ?

Le groupe est composé d’économistes, de politistes et d’anciens fonctionnaires des États-Unis, d’Europe et d’autres pays. Sa raison d’être est de publier des rapports détaillés sur la meilleure façon de sanctionner le régime russe. À ce jour, 18 rapports ont été publiés. J’ai contribué à cinq d’entre eux : les quatre premiers, et celui sur les sanctions dans le domaine énergétique, paru en septembre.

L’idée est d’informer les décideurs politiques sur les coûts des mesures concrètes qui peuvent être appliquées, et sur leur impact potentiel. Nous voulons nous assurer que cette guerre coûte plus cher à la Russie et que, par conséquent, Poutine dispose de moins de ressources pour tuer des Ukrainiens et détruire des villes ukrainiennes.

 

Pouvez-vous établir un lien direct entre les documents qui ont été publiés par le Groupe et certaines des sanctions qui ont été mises en œuvre ?

Nous avons plaidé depuis le début en faveur d’un embargo pétrolier, et celui-ci a fini par être décrété. Nous avons toujours dit qu’il était nécessaire de plafonner le prix du pétrole et de renforcer les sanctions technologiques et les sanctions financières, et tout cela s’est produit. Pour autant, je ne sais pas si nous avons joué un rôle déterminant en la matière.

À quel point ces sanctions sont-elles efficaces ? La Russie a trouvé d’autres débouchés pour ses produits énergétiques, et certains pays l’aident à contourner les sanctions appliquées par les Occidentaux. La semaine dernière encore, The Conversation a publié un article indiquant que les filiales des banques allemandes situées dans des zones figurant sur la liste noire du Groupe d’action financière étaient plus susceptibles de prêter de l’argent aux pays sanctionnés.

Je pense que la bonne façon de poser cette question est : « Qu’en serait-il si les sanctions n’avaient pas été adoptées ? » Lorsque nous posons la question « Les sanctions sont-elles efficaces ? », nous ne devrions pas comparer ce qui se passe actuellement avec ce que nous voudrions qu’il se passe. Nous devons comparer ce qui se passe actuellement avec ce qui se serait passé en l’absence de sanctions.

Imaginez que toutes les banques européennes – y compris les banques allemandes – situées en Europe auraient continué de financer le régime de Poutine : Poutine aurait un accès illimité à toutes les sources de financement. Il aurait un accès illimité aux réserves de sa banque centrale. Il aurait un accès illimité à la technologie française et allemande. Il pourrait également recruter des soldats dans le monde entier. Il continuerait de vendre du pétrole et du gaz à l’Europe au prix fort. Imaginez donc ce monde. L’armée ukrainienne aurait-elle plus de mal à défendre l’Ukraine ? La réponse est évidemment « oui ».

Aujourd’hui, Poutine a appris à contourner les sanctions. Mais l’Occident redouble d’efforts pour lutter contre ce phénomène. On constate que Poutine a de plus en plus de mal à passer par la Turquie, voire par la Chine. Les banques chinoises, turques et d’Asie centrale sont de plus en plus vigilantes en ce qui concerne les paiements à leurs homologues russes. Pour contourner les sanctions, Poutine est contraint de faire appel à des pays tiers qui lui facturent des frais d’intermédiation. Et plus on donne aux intermédiaires, moins on garde d’argent pour soi, et c’est une bonne chose. Il n’en reste pas moins qu’il faut investir davantage d’efforts dans le renforcement et l’application des sanctions.

Les sanctions ont porté atteinte à la capacité de la Russie à se moderniser, et notamment à la capacité du quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre à rendre son industrie plus respectueuse de l’environnement en cette période d’urgence climatique, que ce soit du fait des restrictions à l’importation de technologies, de l’effondrement des sources de capitaux étrangers ou du gel des programmes internationaux.

 

Est-il possible d’aider le pays à mener à bien sa transition énergétique tout en frappant le Kremlin là où ça fait mal ?

Je pense que vous l’avez bien formulé : l’accès de Poutine aux technologies est limité. Et bien que ce ne soit pas mon domaine d’expertise, s’il existe des technologies qui ne peuvent pas être utilisées pour la production militaire, mais qui ne peuvent être utilisées que pour la transition verte, alors les États-Unis devraient continuer à les exporter vers la Russie. Mais d’après ce que j’ai compris, il y en a très peu.

En 2022 et 2023, Poutine a importé de nombreuses technologies civiles, comme des lave-vaisselle ou des réfrigérateurs, dans le seul but d’avoir accès à des microprocesseurs afin de produire des missiles et, in fine, de tuer des Ukrainiens. La Russie souffre également du manque de puces pour ses cartes de crédit. Par conséquent, les banques se sont mises à les recycler.

Je ne suis donc pas sûr qu’il existe une technologie civile avancée destinée à aider à la décarbonation que Poutine ne puisse pas utiliser pour la production militaire. Mais, encore une fois, c’est une question dont je ne suis pas spécialiste. Je veux tout de même souligner que la meilleure façon de contribuer à une transition verte tout en limitant la capacité de Poutine à mener cette guerre est de poursuivre la décarbonation des économies occidentales. Si l’Occident décarbone plus rapidement et réduit sa demande en combustibles fossiles, cela réduira les prix du pétrole au niveau mondial et donc les revenus que Poutine peut utiliser pour tuer des Ukrainiens.

En 2018, Christine Lagarde, alors directrice du FMI, a salué l’action de l’actuelle directrice de la banque russe, Elvira Nabioullina. Cette dernière joue-t-elle depuis deux ans un rôle essentiel dans le fonctionnement de la machine de guerre de Poutine ? Et que pensez-vous des spéculations sur son état de santé ? Elle aurait été hospitalisée en janvier…

Je n’ai aucune idée de son état de santé. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas manifesté son soutien à la guerre. Sauf erreur, elle ne s’est jamais exprimée publiquement, je pense, en faveur du meurtre d’Ukrainiens. Elle ne s’est jamais exprimée contre la guerre non plus, mais dès 2018, elle utilisait sa façon de s’habiller pour indiquer l’état d’esprit de la politique monétaire de la banque centrale. Ainsi, lors de ses conférences de presse, elle avait pour coutume d’arborer une broche avec une colombe pour signaler que la banque centrale était susceptible de baisser les taux d’intérêt et d’autres broches ou couleurs de sa robe pour signaler que la banque centrale était optimiste ou pessimiste quant à l’état de l’économie russe.

Après le début de la guerre, elle a commencé à s’habiller en noir. J’ai cru comprendre que cela avait changé récemment, mais en tout état de cause elle a cherché à faire savoir au monde qu’elle n’était pas ravie de la tournure des événements.

D’un autre côté, elle continue de travailler et, comme vous l’avez dit, elle est un rouage important dans le financement de la machine de guerre de Poutine. Et je pense que l’histoire la jugera négativement pour cela. Même si elle peut prétendre qu’elle lutte contre l’inflation pour protéger les catégories les plus vulnérables de la société russe, chaque milliard de dollars, chaque dizaine de milliards de dollars, chaque centaine de milliards de dollars économisés pour le budget de Poutine grâce au travail efficace du ministère des Finances ou de la banque centrale est un autre milliard, une autre dizaine de milliards, une autre centaine de milliards que Poutine peut utiliser pour acheter des drones iraniens, des obus d’artillerie nord-coréens, recruter des soldats et tuer des Ukrainiens.Quel serait le meilleur scénario, parmi les options réalistes, que l’on puisse espérer pour la Russie à l’heure actuelle ?

Vladimir Poutine a montré qu’il n’avait aucun respect pour les droits humains et pour le droit international. Si Poutine reste au pouvoir, je peine à imaginer un scénario optimiste pour la Russie. Le seul scénario optimiste est son départ, quelle qu’en soit la forme, et une transition démocratique.

Peut-être pas immédiatement après son départ, mais quelques mois ou quelques années plus tard, il y aura une sorte de Perestroïka 2.0. Je ne vois pas comment la Russie pourrait devenir une Corée du Nord ou une Syrie. Certains essaieront de pousser le pays dans cette direction, mais je pense que la Russie est trop diverse, trop grande, trop éduquée et trop riche pour tolérer un régime stalinien.

Et je pense que les personnes qui succéderont à Poutine, même si elles sont issues de son entourage le plus proche, voudront mettre fin à cette guerre. Ces gens voudront renouer avec l’Occident. Ils essaieront de négocier, et cela conduira à une augmentation des libertés politiques et de l’ouverture en Russie, ce qui à son tour devrait aboutir à une amélioration immédiate et, espérons-le, à une amélioration substantielle des relations avec l’Ukraine et l’Europe au cours de la prochaine décennie.

De nombreux hommes d’affaires russes se sont installés à l’étranger depuis le début de la guerre, notamment à Dubaï. Une rébellion des élites contre Poutine est-elle une perspective crédible ?

Les élites économiques sont bien sûr mécontentes, mais elles savent aussi que se rebeller contre Vladimir Poutine est physiquement dangereux. Il y a eu de nombreux « suicides » ces dernières années. Les gens sont parfaitement conscients des risques qu’entraîne toute opposition à Vladimir Poutine. Très peu d’entre eux se sont ouvertement prononcés contre la guerre. On peut d’ailleurs les compter sur les doigts d’une main : je pense à Oleg Tinkov et Arkady Voloj, qui se sont ouvertement prononcés contre la guerre. évitent de s’exprimer en faveur de la guerre. Ils sont tous extrêmement mécontents. Les projets de toute une vie ont été détruits. En ce sens, nous n’assisterons peut-être pas à une rébellion semblable à celle de Prigojine, mais une fois que Vladimir Poutine aura disparu, le temps du changement viendra. Toutefois, qui sait ? Peut-être qu’un coup d’État se prépare en ce moment même. Les coups d’État qui réussissent ne sont jamais préparés au grand jour…

Politique: Risque de guerre avec la Russie

Politique: Risque de guerre avec  la Russie

 

Tant que le conflit ukrainien dure, la Russie ne peut pas se permettre un second front en Europe (moyens, effet de surprise, etc.). La guerre finie, le Kremlin, fort des leçons tirées du conflit ukrainien, travaillera à reconstituer ses stocks et ses équipements, de façon à préparer le prochain assaut sur les anciennes républiques soviétiques, probablement avec une attaque sur les pays baltes, membres de l’OTAN. On entrerait dans une nouvelle dimension. ( extrait du site « Slate »)

L’économie de l’OTAN est à peu près vingt fois plus importante que celle de la Russie, celle de l’Europe dix fois. Et pourtant, à titre de comparaison, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie ne peuvent aligner qu’un maximum de 1.000 chars de combat, contre 6.000 à 7.000 chars russes. Depuis février 2022, l’armée russe aurait perdu plus de 2.600 tanks, donc 2,5 fois le total de l’arsenal équivalent des quatre plus grosses économies d’Europe!

Et les usines russes fonctionnent à pleine capacité: Russes produisent en ce moment soixante chars d’assaut par mois, ce qui signifie qu’ils sont capables de fabriquer en un trimestre la totalité des tanks français! Rarement dans l’histoire a-t-on vu un tel décalage entre la puissance économique et la production d’armement.

Et, après le choc de février 2022, au lieu de se résorber, ce décalage s’accentue… Ainsi, les rapports alarmistes se multiplient, d’abord aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais c’est la publication en novembre 2023 d’un rapport du Conseil allemand sur la politique étrangère (DGAP), un groupe de réflexion basé à Berlin, qui a fait couler beaucoup d’encre. L’institut berlinois imagine cinq scénarios de réponse de l’OTAN face au danger du réarmement russe, avec une menace maximale estimée entre cinq et dix ans.

Les analystes du DGAP préconisent une force de l’OTAN de 300.000 hommes à haut niveau de préparation (contre 10.000 soldats répartis dans huit groupements tactiques en Europe de l’Est). Or, ce chiffre avait déjà été annoncé par Jens Soltenberg, secrétaire général de l’OTAN, il y a plus d’un an en juin 2022, mais rien n’a avancé.

Pour Jacek Siewiera, chef du Bureau de sécurité nationale polonais, un délai de cinq à dix ans avant la prochaine attaque russe est trop «optimiste». Il estime le risque entre trois et cinq ans. Le réarmement russe est beaucoup trop rapide, la procrastination des pays d’Europe occidentale réelle et la position américaine trop imprévisible. Alors, que faire? Pour le moment, en Europe, seule la Pologne, l’Estonie et la Lituanie semblent prendre la mesure de la menace.

Avec un budget de 4% de son produit intérieur brut (PIB) qu’elle s’était engagée à dépenser en 2023 en matière de défense, la Pologne est le seul pays européen qui a clairement joint la parole à l’acte. Initié par le gouvernement ultra-conservateur et nationaliste de Mateusz Morawiecki, l’effort polonais de réarmement (armée passant de 115.000 à 300.000 hommes, achats de 96 hélicoptères Apache, 116 tanks Abrams, de lance-missiles Himars…) est poursuivi, voire même accéléré, par le nouveau gouvernement de centre-gauche de Donald Tusk.

Par contraste, l’Allemagne, qui parlait en février 2022 d’un investissement additionnel de 100 milliards d’euros, a en réalité investi 1,5 milliard pour le moment. Le Royaume-Uni a seulement augmenté son budget défense de 5 milliards de livres (environ 5,8 milliards d’euros) et continue à diminuer la taille des effectifs dans tous les corps de son armée.

Quant à la France, la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 prévoit un budget de 413,3 milliards d’euros, soit 40% de plus que les 295 milliards d’euros de la précédente LPM –mais ces montants résisteront-ils aux coupes de Bercy? Tout se passe comme si la Pologne et les pays baltes vivaient dans un temps historique distinct de celui des pays d’Europe occidentale.

À une situation déjà complexe viennent s’ajouter d’autres variables. La première, c’est Taïwan. Dans son discours du Nouvel An, le président chinois Xi Jinping a renouvelé son vœu de réunification de l’île avec la Chine continentale. Selon les analystes américains, la Chine atteindra un degré de modernisation et de projection militaire «optimal» vers 2026-2028. Tandis que les États-Unis seraient prêts à une guerre aéronavale de grande ampleur dans le Pacifique à partir de 2028-2029 (programme Next Generation Air Dominance de développement d’un nouveau chasseur, nouveau bombardier stratégique B-21 Raider, etc.).

Ensuite, il y a la nouvelle dégradation des relations sur la péninsule coréenne, avec, en parallèle, l’aide de la Corée du Nord à la Russie. Et enfin, il y a l’énigme Donald Trump. On sait que l’ancien président des États-Unis, s’il est «réélu», accélérera encore davantage les dépenses militaires, tout en restant hostile à la guerre.

Au Proche-Orient, on connaît déjà sa politique: il offrira un soutien encore plus inconditionnel à Israël. En Asie, Donald Trump cherchera à contenir les ambitions de la Chine. Et il cessera l’aide à l’Ukraine, tout en cherchant une solution négociée à la guerre, offrant la voie libre à Vladimir Poutine pour relancer ses ambitions. Or, même si Donald Trump n’est pas élu, les États-Unis ne pourront pas conduire trois guerres simultanément. Or, entre Israël, Taïwan et l’Ukraine, le choix des Républicains est déjà fait.

Ainsi, la Chine a tout intérêt à soutenir la Russie sur le théâtre européen, de façon à mobiliser les États-Unis sur plusieurs fronts. La Russie pourrait être tentée d’encourager l’ouverture d’un nouveau conflit sur la péninsule coréenne pour les mêmes raisons, ce qui n’arrangerait pas la Chine, peu amène à l’idée d’une guerre à sa frontière. Et si Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou, pour des raisons «opposées», souhaitent à tout prix la victoire de Donald Trump, ce n’est pas nécessairement l’avis de la Chine, soucieuse d’un possible désengagement sur le front européen qui n’arrangerait pas ses affaires.

Il y a trois décennies, la fin de la Guerre froide a correspondu en Europe à une explosion de l’endettement et des dépenses sociales, en grande partie liées au vieillissement des populations et à l’absence de croissance économique. Pour nombre de gouvernements de l’UE, les budgets de la défense sont devenus une variable comptable. Résultat: plus de trente ans de désarmement sans précédent dans l’histoire.

Si le choc de l’«opération militaire spéciale» de la Russie a suscité un légitime émoi et a permis l’envoi de dizaines de milliards de dollars/euros en aide financière et militaire à l’Ukraine, ceci s’est fait avant tout au détriment des stocks existants. On a donc beaucoup parlé et, à l’exception notable de la Pologne et de l’Estonie, les actes n’ont pas suivi les paroles. Les dirigeants européens n’ont pas encore compris la gravité de ce qui se passe en Russie: transformation du pays en économie de guerre, généralisation du discours ultranationaliste, endoctrinement à l’école, contrôle total des médias et de la société

Face au plus gros danger menaçant l’UE depuis la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction de l’appareil militaire européen est la première priorité du continent. Comme le dit le rapport du DGAP, la course contre-la-montre a déjà commencé.

Politique : Risque de guerre avec la Russie

Politique : Risque de guerre avec  la Russie

 

Tant que le conflit ukrainien dure, la Russie ne peut pas se permettre un second front en Europe (moyens, effet de surprise, etc.). La guerre finie, le Kremlin, fort des leçons tirées du conflit ukrainien, travaillera à reconstituer ses stocks et ses équipements, de façon à préparer le prochain assaut sur les anciennes républiques soviétiques, probablement avec une attaque sur les pays baltes, membres de l’OTAN. On entrerait dans une nouvelle dimension. ( extrait du site « Slate »)

L’économie de l’OTAN est à peu près vingt fois plus importante que celle de la Russie, celle de l’Europe dix fois. Et pourtant, à titre de comparaison, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie ne peuvent aligner qu’un maximum de 1.000 chars de combat, contre 6.000 à 7.000 chars russes. Depuis février 2022, l’armée russe aurait perdu plus de 2.600 tanks, donc 2,5 fois le total de l’arsenal équivalent des quatre plus grosses économies d’Europe!

Et les usines russes fonctionnent à pleine capacité: Russes produisent en ce moment soixante chars d’assaut par mois, ce qui signifie qu’ils sont capables de fabriquer en un trimestre la totalité des tanks français! Rarement dans l’histoire a-t-on vu un tel décalage entre la puissance économique et la production d’armement.

Et, après le choc de février 2022, au lieu de se résorber, ce décalage s’accentue… Ainsi, les rapports alarmistes se multiplient, d’abord aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais c’est la publication en novembre 2023 d’un rapport du Conseil allemand sur la politique étrangère (DGAP), un groupe de réflexion basé à Berlin, qui a fait couler beaucoup d’encre. L’institut berlinois imagine cinq scénarios de réponse de l’OTAN face au danger du réarmement russe, avec une menace maximale estimée entre cinq et dix ans.

Les analystes du DGAP préconisent une force de l’OTAN de 300.000 hommes à haut niveau de préparation (contre 10.000 soldats répartis dans huit groupements tactiques en Europe de l’Est). Or, ce chiffre avait déjà été annoncé par Jens Soltenberg, secrétaire général de l’OTAN, il y a plus d’un an en juin 2022, mais rien n’a avancé.

Pour Jacek Siewiera, chef du Bureau de sécurité nationale polonais, un délai de cinq à dix ans avant la prochaine attaque russe est trop «optimiste». Il estime le risque entre trois et cinq ans. Le réarmement russe est beaucoup trop rapide, la procrastination des pays d’Europe occidentale réelle et la position américaine trop imprévisible. Alors, que faire? Pour le moment, en Europe, seule la Pologne, l’Estonie et la Lituanie semblent prendre la mesure de la menace.

Avec un budget de 4% de son produit intérieur brut (PIB) qu’elle s’était engagée à dépenser en 2023 en matière de défense, la Pologne est le seul pays européen qui a clairement joint la parole à l’acte. Initié par le gouvernement ultra-conservateur et nationaliste de Mateusz Morawiecki, l’effort polonais de réarmement (armée passant de 115.000 à 300.000 hommes, achats de 96 hélicoptères Apache, 116 tanks Abrams, de lance-missiles Himars…) est poursuivi, voire même accéléré, par le nouveau gouvernement de centre-gauche de Donald Tusk.

Par contraste, l’Allemagne, qui parlait en février 2022 d’un investissement additionnel de 100 milliards d’euros, a en réalité investi 1,5 milliard pour le moment. Le Royaume-Uni a seulement augmenté son budget défense de 5 milliards de livres (environ 5,8 milliards d’euros) et continue à diminuer la taille des effectifs dans tous les corps de son armée.

Quant à la France, la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 prévoit un budget de 413,3 milliards d’euros, soit 40% de plus que les 295 milliards d’euros de la précédente LPM –mais ces montants résisteront-ils aux coupes de Bercy? Tout se passe comme si la Pologne et les pays baltes vivaient dans un temps historique distinct de celui des pays d’Europe occidentale.

À une situation déjà complexe viennent s’ajouter d’autres variables. La première, c’est Taïwan. Dans son discours du Nouvel An, le président chinois Xi Jinping a renouvelé son vœu de réunification de l’île avec la Chine continentale. Selon les analystes américains, la Chine atteindra un degré de modernisation et de projection militaire «optimal» vers 2026-2028. Tandis que les États-Unis seraient prêts à une guerre aéronavale de grande ampleur dans le Pacifique à partir de 2028-2029 (programme Next Generation Air Dominance de développement d’un nouveau chasseur, nouveau bombardier stratégique B-21 Raider, etc.).

Ensuite, il y a la nouvelle dégradation des relations sur la péninsule coréenne, avec, en parallèle, l’aide de la Corée du Nord à la Russie. Et enfin, il y a l’énigme Donald Trump. On sait que l’ancien président des États-Unis, s’il est «réélu», accélérera encore davantage les dépenses militaires, tout en restant hostile à la guerre.

Au Proche-Orient, on connaît déjà sa politique: il offrira un soutien encore plus inconditionnel à Israël. En Asie, Donald Trump cherchera à contenir les ambitions de la Chine. Et il cessera l’aide à l’Ukraine, tout en cherchant une solution négociée à la guerre, offrant la voie libre à Vladimir Poutine pour relancer ses ambitions. Or, même si Donald Trump n’est pas élu, les États-Unis ne pourront pas conduire trois guerres simultanément. Or, entre Israël, Taïwan et l’Ukraine, le choix des Républicains est déjà fait.

Ainsi, la Chine a tout intérêt à soutenir la Russie sur le théâtre européen, de façon à mobiliser les États-Unis sur plusieurs fronts. La Russie pourrait être tentée d’encourager l’ouverture d’un nouveau conflit sur la péninsule coréenne pour les mêmes raisons, ce qui n’arrangerait pas la Chine, peu amène à l’idée d’une guerre à sa frontière. Et si Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou, pour des raisons «opposées», souhaitent à tout prix la victoire de Donald Trump, ce n’est pas nécessairement l’avis de la Chine, soucieuse d’un possible désengagement sur le front européen qui n’arrangerait pas ses affaires.

Il y a trois décennies, la fin de la Guerre froide a correspondu en Europe à une explosion de l’endettement et des dépenses sociales, en grande partie liées au vieillissement des populations et à l’absence de croissance économique. Pour nombre de gouvernements de l’UE, les budgets de la défense sont devenus une variable comptable. Résultat: plus de trente ans de désarmement sans précédent dans l’histoire.

Si le choc de l’«opération militaire spéciale» de la Russie a suscité un légitime émoi et a permis l’envoi de dizaines de milliards de dollars/euros en aide financière et militaire à l’Ukraine, ceci s’est fait avant tout au détriment des stocks existants. On a donc beaucoup parlé et, à l’exception notable de la Pologne et de l’Estonie, les actes n’ont pas suivi les paroles. Les dirigeants européens n’ont pas encore compris la gravité de ce qui se passe en Russie: transformation du pays en économie de guerre, généralisation du discours ultranationaliste, endoctrinement à l’école, contrôle total des médias et de la société

Face au plus gros danger menaçant l’UE depuis la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction de l’appareil militaire européen est la première priorité du continent. Comme le dit le rapport du DGAP, la course contre-la-montre a déjà commencé.

Risque de guerre avec la Russie

 

Risque de guerre avec  la Russie

 

Tant que le conflit ukrainien dure, la Russie ne peut pas se permettre un second front en Europe (moyens, effet de surprise, etc.). La guerre finie, le Kremlin, fort des leçons tirées du conflit ukrainien, travaillera à reconstituer ses stocks et ses équipements, de façon à préparer le prochain assaut sur les anciennes républiques soviétiques, probablement avec une attaque sur les pays baltes, membres de l’OTAN. On entrerait dans une nouvelle dimension. ( extrait du site « Slate »)

L’économie de l’OTAN est à peu près vingt fois plus importante que celle de la Russie, celle de l’Europe dix fois. Et pourtant, à titre de comparaison, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie ne peuvent aligner qu’un maximum de 1.000 chars de combat, contre 6.000 à 7.000 chars russes. Depuis février 2022, l’armée russe aurait perdu plus de 2.600 tanks, donc 2,5 fois le total de l’arsenal équivalent des quatre plus grosses économies d’Europe!

Et les usines russes fonctionnent à pleine capacité: Russes produisent en ce moment soixante chars d’assaut par mois, ce qui signifie qu’ils sont capables de fabriquer en un trimestre la totalité des tanks français! Rarement dans l’histoire a-t-on vu un tel décalage entre la puissance économique et la production d’armement.

Et, après le choc de février 2022, au lieu de se résorber, ce décalage s’accentue… Ainsi, les rapports alarmistes se multiplient, d’abord aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais c’est la publication en novembre 2023 d’un rapport du Conseil allemand sur la politique étrangère (DGAP), un groupe de réflexion basé à Berlin, qui a fait couler beaucoup d’encre. L’institut berlinois imagine cinq scénarios de réponse de l’OTAN face au danger du réarmement russe, avec une menace maximale estimée entre cinq et dix ans.

Les analystes du DGAP préconisent une force de l’OTAN de 300.000 hommes à haut niveau de préparation (contre 10.000 soldats répartis dans huit groupements tactiques en Europe de l’Est). Or, ce chiffre avait déjà été annoncé par Jens Soltenberg, secrétaire général de l’OTAN, il y a plus d’un an en juin 2022, mais rien n’a avancé.

Pour Jacek Siewiera, chef du Bureau de sécurité nationale polonais, un délai de cinq à dix ans avant la prochaine attaque russe est trop «optimiste». Il estime le risque entre trois et cinq ans. Le réarmement russe est beaucoup trop rapide, la procrastination des pays d’Europe occidentale réelle et la position américaine trop imprévisible. Alors, que faire? Pour le moment, en Europe, seule la Pologne, l’Estonie et la Lituanie semblent prendre la mesure de la menace.

Avec un budget de 4% de son produit intérieur brut (PIB) qu’elle s’était engagée à dépenser en 2023 en matière de défense, la Pologne est le seul pays européen qui a clairement joint la parole à l’acte. Initié par le gouvernement ultra-conservateur et nationaliste de Mateusz Morawiecki, l’effort polonais de réarmement (armée passant de 115.000 à 300.000 hommes, achats de 96 hélicoptères Apache, 116 tanks Abrams, de lance-missiles Himars…) est poursuivi, voire même accéléré, par le nouveau gouvernement de centre-gauche de Donald Tusk.

Par contraste, l’Allemagne, qui parlait en février 2022 d’un investissement additionnel de 100 milliards d’euros, a en réalité investi 1,5 milliard pour le moment. Le Royaume-Uni a seulement augmenté son budget défense de 5 milliards de livres (environ 5,8 milliards d’euros) et continue à diminuer la taille des effectifs dans tous les corps de son armée.

Quant à la France, la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 prévoit un budget de 413,3 milliards d’euros, soit 40% de plus que les 295 milliards d’euros de la précédente LPM –mais ces montants résisteront-ils aux coupes de Bercy? Tout se passe comme si la Pologne et les pays baltes vivaient dans un temps historique distinct de celui des pays d’Europe occidentale.

À une situation déjà complexe viennent s’ajouter d’autres variables. La première, c’est Taïwan. Dans son discours du Nouvel An, le président chinois Xi Jinping a renouvelé son vœu de réunification de l’île avec la Chine continentale. Selon les analystes américains, la Chine atteindra un degré de modernisation et de projection militaire «optimal» vers 2026-2028. Tandis que les États-Unis seraient prêts à une guerre aéronavale de grande ampleur dans le Pacifique à partir de 2028-2029 (programme Next Generation Air Dominance de développement d’un nouveau chasseur, nouveau bombardier stratégique B-21 Raider, etc.).

Ensuite, il y a la nouvelle dégradation des relations sur la péninsule coréenne, avec, en parallèle, l’aide de la Corée du Nord à la Russie. Et enfin, il y a l’énigme Donald Trump. On sait que l’ancien président des États-Unis, s’il est «réélu», accélérera encore davantage les dépenses militaires, tout en restant hostile à la guerre.

Au Proche-Orient, on connaît déjà sa politique: il offrira un soutien encore plus inconditionnel à Israël. En Asie, Donald Trump cherchera à contenir les ambitions de la Chine. Et il cessera l’aide à l’Ukraine, tout en cherchant une solution négociée à la guerre, offrant la voie libre à Vladimir Poutine pour relancer ses ambitions. Or, même si Donald Trump n’est pas élu, les États-Unis ne pourront pas conduire trois guerres simultanément. Or, entre Israël, Taïwan et l’Ukraine, le choix des Républicains est déjà fait.

Ainsi, la Chine a tout intérêt à soutenir la Russie sur le théâtre européen, de façon à mobiliser les États-Unis sur plusieurs fronts. La Russie pourrait être tentée d’encourager l’ouverture d’un nouveau conflit sur la péninsule coréenne pour les mêmes raisons, ce qui n’arrangerait pas la Chine, peu amène à l’idée d’une guerre à sa frontière. Et si Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou, pour des raisons «opposées», souhaitent à tout prix la victoire de Donald Trump, ce n’est pas nécessairement l’avis de la Chine, soucieuse d’un possible désengagement sur le front européen qui n’arrangerait pas ses affaires.

Il y a trois décennies, la fin de la Guerre froide a correspondu en Europe à une explosion de l’endettement et des dépenses sociales, en grande partie liées au vieillissement des populations et à l’absence de croissance économique. Pour nombre de gouvernements de l’UE, les budgets de la défense sont devenus une variable comptable. Résultat: plus de trente ans de désarmement sans précédent dans l’histoire.

Si le choc de l’«opération militaire spéciale» de la Russie a suscité un légitime émoi et a permis l’envoi de dizaines de milliards de dollars/euros en aide financière et militaire à l’Ukraine, ceci s’est fait avant tout au détriment des stocks existants. On a donc beaucoup parlé et, à l’exception notable de la Pologne et de l’Estonie, les actes n’ont pas suivi les paroles. Les dirigeants européens n’ont pas encore compris la gravité de ce qui se passe en Russie: transformation du pays en économie de guerre, généralisation du discours ultranationaliste, endoctrinement à l’école, contrôle total des médias et de la société

Face au plus gros danger menaçant l’UE depuis la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction de l’appareil militaire européen est la première priorité du continent. Comme le dit le rapport du DGAP, la course contre-la-montre a déjà commencé.

Mort subite : la pandémie de la Russie de Poutine

 
En Russie, on ne compte plus les décès par mort subite pour régler les comptes des opposants. Parfois même des comptes qui se règlent à l’étranger par empoisonnement ou défenestration. C’est le mode de régulation démocratique de Poutine et de sa clique de criminels fous et parfois alcoolique comme Medvedev Qui  promet d’utiliser la bombe atomique tous les matins.

« Lorsque l’avocat et la mère d’Alexeï sont arrivés à la colonie ce matin, on leur a dit que la cause de la mort de Navalny était le syndrome de mort subite », a écrit sur le réseau social X Ivan Zhdanov, qui dirige la Fondation anti-corruption de l’opposant décédé

L’heure est au deuil. La mère d’Alexeï Navalny a été informée, samedi 17 février, que l’opposant russe avait succombé à un « syndrome de mort subite » et qu’une enquête devait être menée avant la remise du corps du défunt à sa famille, a fait savoir son entourage.

Alexeï Navalny, un ancien avocat de 47 ans, a perdu connaissance et est décédé vendredi après une promenade dans la colonie pénitentiaire IK-3 située à Kharp, à environ 1 900 km au nord-est de Moscou, où il purgeait une peine de 30 ans, ont déclaré les autorités russes la veille.

Lyudmila, la mère du défunt qui est âgée de 69 ans, a bravé samedi des températures de – 30°C pour se rendre à la colonie pénitentiaire où son fils a trouvé la mort. L’avis de décès officiel qui lui a été remis indique un décès à 14h17 heure locale (09h17 GMT) le 16 février, a déclaré à Reuters la porte-parole d’Alexeï Navalny, Kira Yarmysh.

Pas d’acte criminel. « Lorsque l’avocat et la mère d’Alexeï sont arrivés à la colonie ce matin, on leur a dit que la cause de la mort de Navalny était le syndrome de mort subite », a écrit sur le réseau social X Ivan Zhdanov, qui dirige la Fondation anti-corruption de l’opposant décédé. Le « syndrome de mort subite » est un terme vague désignant différents syndromes provoquant un arrêt cardiaque soudain conduisant à la mort.

On ne sait pas non plus où se trouve le corps de Navalny, a indiqué son équipe. Sa mère a appris que le corps avait été emmené à Salekhard, ville proche du complexe pénitentiaire, mais lorsqu’elle est arrivée sur place, la morgue était fermée. Contacté par l’avocat de Navalny, un employé de la morgue a indiqué qu’il ne disposait pas du corps, a déclaré Kira Yarmysh.

Plus tard, les autorités leur ont dit que le corps ne serait pas remis à la famille avant la fin de l’enquête !

À ce niveau de cruauté, la question de l’état mental de Poutine est posée.

 

 

Russie et Poutine: Les pires moments du stalinisme

Russie et Poutine: Les pires moments du stalinisme

 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine a considérablement durci la répression des opposants politiques, qui subissent les pires traitements dans l’arbitraire le plus total, explique dans le Figaro l’historien spécialiste de l’Union soviétique et président de Mémorial France*.

*Directeur de recherche au CNRS et président de Mémorial France, Nicolas Werth a consacré de nombreux ouvrages remarqués à l’histoire de l’Union soviétique. Il a publié « Poutine historien en chef » (Gallimard, coll. « Tracts », 2022).

 La mort d’Alexeï Navalny était redoutée par beaucoup depuis son emprisonnement en Sibérie et une précédente tentative d’empoisonnement. L’annonce de son décès vous a-t-elle surpris ?

Nicolas WERTH. – Malheureusement, l’annonce n’a pas vraiment surpris tous ceux qui connaissent le système carcéral russe aujourd’hui et l’horreur du traitement qu’on y inflige aux détenus. Depuis son incarcération, Alexeï Navalny avait été envoyé 27 fois au mitard, dans des cellules d’isolement très petites avec un sol en ciment et une simple planche pour s’allonger. Les prisonniers sont soumis à l’arbitraire le plus total, de la part des gardiens mais aussi des détenus. Car on retrouve cette pratique qui avait lieu au goulag …

 

La Russie vend gaz et pétrole en Asie

La Russie vend gaz et pétrole en Asie


Les exportations russes s’écroule en Europe mais sont compensées par les ventes en Asie surtout de pétrole et de gaz. Une aubaine par exemple pour l’Inde qui d’ailleurs parfois revend à l’Europe notamment.

Les exportations de marchandises de la Russie vers le Vieux continent l’an passé ont ainsi chuté de 68%, à 78,8 milliards d’euros. Au global, les exportations russes ont diminué de 28,3% par rapport à l’année 2022, selon les douanes russes. Cela illustre, selon les experts, les difficultés persistantes à remplacer ses anciens partenaires européens par de nouveaux clients en Asie, mais aussi en Afrique et en Amérique du Sud.

La balance commerciale russe a, elle, atteint 130 milliards d’euros, en baisse de près de 60% par rapport à 2022.

Mais les exportations russes vers l’Asie ont enregistré une hausse de 5,6% (à 284 milliards d’euros), tandis que les importations en provenance du continent asiatique ont augmenté de 29,2% (à 174 milliards d’euros), toujours selon les douanes russes.

La Chine est donc devenue le principal partenaire économique de Moscou, échangeant ensemble pour un peu plus de 220 milliards d’euros en 2023. Un record, selon les douanes chinoises, qui ont communiqué mi-janvier. Pour la première fois de l’histoire, le montant de yuans conservés dans les banques russes fin 2023 a dépassé celui des dollars, d’après la Banque centrale russe.

Pour rappel, frappée par de lourdes sanctions occidentales depuis fin février 2022, l’économie russe a vu le marché européen se refermer partiellement. Des mesures qui ont surtout affecté les exportations de gaz naturel et de pétrole, manne financière décisive pour la Russie.

Donald Trump contre l’OTAN et pour la Russie !

Donald Trump contre l’OTAN et pour la Russie !

De plus en plus délirant, le candidat américain utilise les arguments les plus démagogiques pour rassurer les électeurs à propos du repli international des États-Unis. Cette fois encore 30 a dit tout le mal qu’il pensait de l’OTAN et même encouragée la Russie à attaquer l’Europe. Le propos est doublement inquiétant, d’une part parce que l’Europe elle-même n’a pas encore compris qu’elle devait dès maintenant renforcer sa défense et ne plus compter uniquement sur les États-Unis. L’autre raison de s’alarmer c’est que Trump lui-même personnage imprévisible et capable de tout et de ce contraire et que vraisemblablement lui-même ne sait même pas ce qu’il ferait en cas d’attaque de la Russie.

L’ancien président américain reproche régulièrement à ses alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) de ne pas financer suffisamment l’institution. Lors du meeting, Donnald Trump a rapporté une conversation qu’il aurait eu avec un des chefs d’Etat de l’Otan, (sans le nommer) : « Monsieur, si on ne paie pas et qu’on est attaqué par la Russie, est-ce que vous nous protégerez ? » aurait demandé ce chef d’Etat mystérieux. La réponse, selon Trump : « non, je ne vous protégerais pas et j’encouragerais même (la Russie) de vous attaquer ! ».

Cette déclaration, pour le moins inquiétante pour les alliés des Etats-Unis, intervient alors que Donald Trump, candidat quasi certain du parti républicain à la présidence, use de toute son influence au sein du parti républicain pour bloquer l’aide militaire américaine à l’Ukraine. D’un montant de 95 milliards de dollars, une enveloppe d’aide pour Israël et l’Ukraine sera débattue la semaine prochaine au Congrès.

« Encourager l’invasion de nos alliés les plus proches par des régimes meurtriers est consternant et insensé », a réagi Andrew Bates, porte-parole de la Maison Blanche, dans un communiqué publié samedi soir.

Présidentielle Russie : la candidature du seul opposant interdite

Présidentielle Russie : la candidature du seul opposant interdite

Il faut vraiment que le pouvoir russe soit aux abois et dans une paranoïa pathétique pour interdire le seul candidat qui devait être opposé à Poutine. Vraisemblablement, ce candidat n’aurait pas dépassé les 5 à 10 % et Poutine aurait pu s’honorer d’une victoire autour des 90 %. Mais c’est encore trop ou plus exactement la peur règne en permanence autour du dictateur Poutine. Bafouer la démocratie à ce point démontre la nature de ce régime stalinien qui au mieux interdit les candidatures, au pire mais les intéressés en prison ou le plus souvent les élimine physiquement. La même peur doit sans doute travailler le régime chinois qui s’est cru obliger de pondre un communiqué pour condamner l’ingérence des occidentaux dans la démocratie russe. De quoi rire si ce n’était pas si grave.

Depuis plusieurs semaines, la candidature de Boris Nadejdine suscitait Un petit des citoyens russes. Partisan d’un arrêt de la guerre en Ukraine, ce vétéran proposait également une refonte du système démocratique russe. Une manière de critiquer les dérives autoritaires de Vladimir Poutine, au sommet du pouvoir depuis 1999. Il se montrait également favorable à une libération des « prisonniers politiques », comme Alexeï Navalny, l’ennemi numéro un du chef de l’État retenu dans une colonie pénitentiaire.

Poutine pourra donc se maintenir à son poste jusqu’en 2036grâce à l’adoption d’une réforme constitutionnelle en 2020.

Démocratie Russie-« L’Archipel du Goulag » :toujours d’actualité

Démocratie Russie-« L’Archipel du Goulag » :toujours d’actualité

Il y a exactement cinquante ans, fin décembre 1973, un livre paraissait en russe à Paris : L’Archipel du Goulag, d’Alexandre Soljénitsyne.Un livre encore d’actualité avec l’expédition du principal opposant à Poutine, Navalny, dans un goulag de l’arctique

Né le 11 décembre 1918, Alexandre Soljénitsyne est le produit de l’éducation soviétique de son temps. Enseignant, il participe comme officier à la Seconde Guerre mondiale et est décoré pour bravoure en 1943.

Le 9 février 1945, il est arrêté pour avoir critiqué Staline dans une lettre privée. Suivront huit ans de camp – pendant lesquels il trouve la foi –, un cancer et le début d’une relégation au Kazakhstan qui est abrégée par la mort de Staline : réhabilité en 1956, Soljénitsyne peut retourner en République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR).


par Cécile Vaissié
Professeure des universités en études russes et soviétiques, Université de Rennes 2, chercheuse au CERCLE (Université de Lorraine), Université Rennes 2 dans The conversation

Déterminé à témoigner, il écrit sur les camps, mais cache ses œuvres, attendant le moment de les montrer. Le dégel officialisé par Nikita Khrouchtchev lui en fournira l’occasion. Son premier texte publié, Une Journée d’Ivan Dénissovitch, paraît en novembre 1962 dans la revue Novyï Mir, avec l’autorisation personnelle de Khrouchtchev, et porte déjà sur les camps : l’écrivain y raconte une journée dans la vie d’un « zek », un prisonnier ordinaire, et démontre ainsi que, contrairement aux allégations de Khrouchtchev en 1956, les répressions n’ont pas touché que des communistes. Ce récit est lu par des millions de Soviétiques et permet à ses lecteurs occidentaux de saisir la réalité des purges staliniennes. C’est pourquoi la publication de textes sur les camps est presque aussitôt interdite en URSS.

Soljénitsyne devient alors le symbole et le repère de ceux qui, dans la société soviétique, s’opposent à un possible retour des répressions. Néanmoins, ceux qui ont acquis pouvoir et privilèges sous Staline défendent les règles du jeu qui leur ont réussi, et bénéficient en cela du soutien du KGB. L’affrontement entre ces deux camps marque les années 1960 en URSS, mais les nationalistes pro-Staline l’emportent : dès 1963-1964, Soljénitsyne ne peut plus être publié. Il est exclu de l’Union des écrivains en 1969. La consécration vient d’Occident : le prix Nobel de littérature est décerné à l’écrivain en 1970, mais celui-ci ne peut se rendre à Stockholm pour le recevoir en mains propres.

Ce que ses adversaires ne savent pas, c’est que, dès 1968, Soljénitsyne a fait passer en Occident l’œuvre majeure de sa vie, L’Archipel du Goulag, ce texte-fleuve dans lequel il dresse l’histoire du système concentrationnaire soviétique de 1918 à 1956. Il l’a rédigé entre 1958 et février 1967, et n’a jamais eu l’ensemble du manuscrit sous les yeux : comme il en a pris l’habitude en camp, il écrit sur de minuscules feuilles de papier, qu’il enterre dans des jardins.

Nikita Struve, universitaire et directeur de la maison d’édition YMCA Press, a reçu l’un des deux exemplaires transmis. Cette maison d’édition en langue russe a été fondée par des émigrés en 1921 à Prague et a déménagé en 1925 à Paris où, surtout depuis le début des années 1960, elle publie, outre des émigrés, des auteurs soviétiques qui ne peuvent l’être en URSS : le « tamizdat » – la publication « là-bas », en Occident, de textes soviétiques, à ne pas confondre avec le samizdat, publication « par soi-même », qui désigne le fait de diffuser clandestinement des textes en URSS, essentiellement en les recopiant à la machine – prend de l’ampleur.

Pendant l’été 1973, parce que les pressions se renforcent contre lui et qu’une femme ayant tapé à la machine L’Archipel du Goulag, Elizaveta Voronianskaïa, s’est pendue après avoir été interrogée par le KGB pendant cinq jours et cinq nuits, Soljénitsyne lance l’ordre de préparer, à Paris, la publication de ce texte.

Le 28 décembre 1973, il apprend par la BBC la sortie du premier tome ; le 14 janvier, la Pravda traite l’écrivain de « renégat ». Dans la foulée, des journaux publient de nombreuses lettres dans lesquelles des écrivains officiels très connus – dont Sergueï Mikhalkov et Constantin Simonov – condamnent l’auteur de L’Archipel du Goulag, cette campagne aussi étant supervisée par le KGB. Arrêté le 12 février et accusé de trahison, Soljénitsyne est poussé, le lendemain, dans un avion qui le dépose en RFA. Il a été déchu de sa citoyenneté soviétique.

L’Archipel du Goulag, ce long « essai d’investigation littéraire » – c’est son sous-titre –, dresse un tableau sociologique et historique détaillé des camps et des répressions soviétiques, et décrit les parcours et le quotidien des prisonniers au sein de cet « archipel » qui regroupait des myriades de camps, comme autant d’îles au sein du pays.

Soljénitsyne évoque aussi la « relégation », celle qui suivait le camp ou celle à laquelle ont été directement condamnés des centaines de milliers de paysans et des peuples entiers, dont les Tchétchènes et les Tatars de Crimée. Pour lui, les prisonniers du Goulag peuvent être comparés aux serfs de l’Ancienne Russie, même si le sort de ces derniers était plus confortable.

Le Goulag, souligne-t-il, s’inscrit dans la logique du système soviétique : conçu et initié par Lénine, il ne peut être vu comme une déviation stalinienne. L’écrivain réfléchit aussi à l’impact de ces camps sur les individus et sur la société : le Goulag provoquerait et accentuerait la peur, la méfiance, le mensonge et une « psychologie d’esclaves ». Comment ne pas y repenser aujourd’hui, alors que la Russie poutinienne a renoué avec certaines pratiques répressives impitoyables ?

Ce qui est sidérant, c’est que, pour réaliser cet énorme travail, Soljénitsyne n’a utilisé aucune archive – celles sur le Goulag étaient fermées – ni pratiquement aucune source publiée – il n’y en avait guère. Il s’est appuyé sur les récits, les mémoires et les lettres de deux cent vingt-sept anciens détenus que lui, ou certains de ses proches, avaient contactés.

Là est l’immense force du livre, et c’est pourquoi son auteur affirmera le considérer « comme au-dessus de [lui-même] ». Déjà, dans sa Lecture du Nobel, rédigée alors que L’Archipel n’était pas encore publié, Soljénitsyne se disait porteur de la parole des personnes mortes au Goulag, « accompagné par les ombres de ceux qui y sont restés », et s’inscrivait ainsi, à sa façon, dans la même démarche qu’Anna Akhmatova avec son Requiem.

Par la suite, il rappellera sans cesse avoir parlé au nom de ceux auxquels toute parole a été confisquée : c’est la voix d’un peuple réduit au silence qu’il veut faire entendre. Et c’est pourquoi non seulement il dédie L’Archipel du Goulag « à ceux à qui la vie a manqué pour raconter ces choses. Et qu’ils me pardonnent de n’avoir pas tout vu, de n’avoir pas tout retenu, de n’avoir pas tout deviné », mais il consacrera l’ensemble des droits de ce livre – des sommes énormes – à l’aide aux prisonniers politiques soviétiques.

L’Archipel du Goulag a circulé sans discontinuité en URSS grâce au samizdat et a marqué un tournant net dans la complaisance des intellectuels occidentaux pour le régime soviétique. Sa publication en France, où le Parti communiste restait très puissant et aligné sur l’URSS, a entraîné des débats passionnés. En effet, ce livre posait une « question énorme, considérable, écrasante » que Jean Daniel, rédacteur en chef du Nouvel Observateur, a résumée ainsi : « L’univers concentrationnaire, qui a été inséparable du stalinisme, peut-il être séparé du socialisme ? » Rapidement, Marx aussi a été mis en cause, et une gauche se voulant antitotalitaire a émergé.

Le PCF a, lui, parlé de campagne organisée contre l’URSS, tandis que des rumeurs initiées par les idéologues soviétiques ont prétendu que l’écrivain soutenait des régimes d’extrême droite, et l’ont assimilé à Laval, Doriot et Déat. Soljénitsyne restera assigné à la droite, voire à l’extrême droite, d’un champ politique qui n’était pourtant pas le sien, mais même le PCF a été obligé de prendre un peu ses distances avec l’URSS. Trop tard : L’Archipel du Goulag est l’une des raisons qui expliquent l’effondrement électoral durable de ce parti.

Ce livre est publié en URSS pendant la pérestroïka, à partir d’août 1989 et beaucoup croient à un tournant définitif. Comme le formule alors le critique Igor Vinogradov, « un pays qui lit L’Archipel et ensuite tout Soljénitsyne […] sera, dans sa vie de l’esprit, un pays considérablement différent de ce qu’il était avant ». Connaître le passé pourrait empêcher son retour et permettre à la société de guérir des violences subies, pensait-on.

Soljénitsyne est rentré en Russie en 1994, mais ses compatriotes l’ont trouvé coupé des réalités. Il demeurait cependant le symbole vivant de la dénonciation des camps, et c’est pourquoi ceux qui géraient l’image de Vladimir Poutine ont tenu à ce que celui-ci rencontre publiquement l’ancien détenu.

La Russie exporte pour 88 milliards son pétrole en Asie

La Russie exporte pour 88 milliards son pétrole en Asie

La Russie vend aujourd’hui 45-50% de son pétrole à la Chine et 40% à l’Inde.
« Si, auparavant, nous fournissions à l’Europe 40 à 45% du volume total des exportations de pétrole et de produits pétroliers, nous nous attendons à ce que ce chiffre ne dépasse pas 4 à 5% d’ici la fin de l’année », A indiqué le vice-ministre de l’énergie dans une interview à la chaîne de télévision russe Rossia 24. De fait la baisse des prix sur le pétrole russe est compensée par une augmentation de la production

« Beaucoup de gens veulent acheter du pétrole et des produits pétroliers russes. Il s’agit de pays d’Amérique latine, de pays africains et d’autres pays de la région Asie-Pacifique », a vanté le vice-Premier ministre de l’Energie.

Selon lui, les recettes pétrolières et gazières de la Russie s’élèveront à près de 9.000 milliards de roubles (environ 88 milliards d’euros) en 2023. Pour rappel, l’industrie des hydrocarbures représente 27% du PIB (produit intérieur brut) de la Russie et leur vente à l’étranger environ 57% des exportations totales du pays, a-t-il ajouté.

La Russie exporte son pétrole en Asie

La Russie exporte son pétrole en Asie

La Russie vend aujourd’hui 45-50% de son pétrole à la Chine et 40% à l’Inde.
« Si, auparavant, nous fournissions à l’Europe 40 à 45% du volume total des exportations de pétrole et de produits pétroliers, nous nous attendons à ce que ce chiffre ne dépasse pas 4 à 5% d’ici la fin de l’année », A indiqué le vice-ministre de l’énergie dans une interview à la chaîne de télévision russe Rossia 24. De fait la baisse des prix sur le pétrole russe est compensée par une augmentation de la production

« Beaucoup de gens veulent acheter du pétrole et des produits pétroliers russes. Il s’agit de pays d’Amérique latine, de pays africains et d’autres pays de la région Asie-Pacifique », a vanté le vice-Premier ministre de l’Energie.

Selon lui, les recettes pétrolières et gazières de la Russie s’élèveront à près de 9.000 milliards de roubles (environ 88 milliards d’euros) en 2023. Pour rappel, l’industrie des hydrocarbures représente 27% du PIB (produit intérieur brut) de la Russie et leur vente à l’étranger environ 57% des exportations totales du pays, a-t-il ajouté.

Russie : Navalny transféré dans un goulag

Russie : Navalny transféré dans un goulag


Navalny expédié sans ménagement à des milliers et des milliers de kilomètres dans l’une des prisons les plus dures de Russie réservée normalement aux droits communs. Un véritable Goulag donc très peu sortent vivants. Une région fut souvent -40° l’hiver est bien entendu sans chauffage dans les cellules avec un repas par jour. Cela traduit aussi à l’évidence la peur qui agite toujours Poutine d’être un jour détrôné. Et sa spécialité est de tuer opposant ou de leur imposer des dizaines d’années de prison pour des motifs futiles.

C’est en raison des élections résidentielles que Poutine éloigne encore un peu plus jusque dans l’Arctique russe l’opposant Navalny condamné à 19 ans de prison. Un établissement pénitentiaire aux pires conditions dans un environnement évidemment difficile à vivre. Poutine pourra encore s’enorgueillir d’un résultat après de 90 % après avoir emprisonné ou tué le moindre opposant.

Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle violation évidente des droits de l’homme puisque cette détention menace gravement la santé de l’intéressé. Cela traduit en réalité la pathologie du dictateur Poutine qui a même peur de son ombre alors qu’ évidemment le résultat est déjà connu avec un score qui sera proche de 90 % compte tenu du tripatouillage politique habituel.Et cela d’autant plus qu’il n’y a aucun opposant puisque les éventuels candidats un peu crédibles sont soit interdits, soit internés, soit empoisonnés.

La France a dénoncé lundi soir le transfèrement de l’opposant russe Alexeï Navalny dans une colonie pénitentiaire située dans l’Arctique russe, y voyant une nouvelle violation des droits humains.

«La France rappelle que la Russie est, au titre du droit international, entièrement responsable de la santé de ses détenus», a également ajouté la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Paris appelle enfin à libérer tous les prisonniers politiques, «immédiatement et sans condition, et à cesser toute persécution judiciaire à leur encontre».

Les États-Unis ont également affirmé lundi être «profondément inquiets» des «conditions de détention» de l’opposant russe Alexeï Navalny. «Nous nous réjouissons des informations selon lesquelles Alexeï Navalny a été localisé», a déclaré un porte-parole du département d’État. «Cependant, nous restons profondément inquiets du sort de Alexeï Navalny et de ses conditions de détention injustes», a-t-il indiqué dans un communiqué.

Charismatique militant anticorruption et ennemi numéro un de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny purge une peine de 19 ans de prison pour «extrémisme». Washington a une nouvelle fois exigé la «libération immédiate» du quadragénaire, exhortant Moscou à mettre fin à la «répression croissante des voix indépendantes en Russie» et au «ciblage pernicieux» d’Alexeï Navalny.

« Démocratie » en Russie: l’opposant Navalny expédié dans l’arctique russe

« Démocratie » en Russie: l’opposant Navalny expédié dans l’arctique russe


Navalny expédié sans ménagement à des milliers et des milliers de kilomètres dans l’une des prisons les plus dures de Russie réservée normalement aux droits communs. Une région fut souvent -40° l’hiver est bien entendu sans chauffage dans les cellules avec un repas par jour. Cela traduit aussi à l’évidence la peur qui agite toujours Poutine d’être un jour détrôné. Et sa spécialité est de tuer opposant ou de leur imposer des dizaines d’années de prison pour des motifs futiles.

C’est en raison des élections résidentielles que Poutine éloigne encore un peu plus jusque dans l’Arctique russe l’opposant Navalny condamné à 19 ans de prison. Un établissement pénitentiaire aux pires conditions dans un environnement évidemment difficile à vivre. Poutine pourra encore s’enorgueillir d’un résultat après de 90 % après avoir emprisonné ou tué le moindre opposant.

Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle violation évidente des droits de l’homme puisque cette détention menace gravement la santé de l’intéressé. Cela traduit en réalité la pathologie du dictateur Poutine qui a même peur de son ombre alors qu’ évidemment le résultat est déjà connu avec un score qui sera proche de 90 % compte tenu du tripatouillage politique habituel.Et cela d’autant plus qu’il n’y a aucun opposant puisque les éventuels candidats un peu crédibles sont soit interdits, soit internés, soit empoisonnés.

La France a dénoncé lundi soir le transfèrement de l’opposant russe Alexeï Navalny dans une colonie pénitentiaire située dans l’Arctique russe, y voyant une nouvelle violation des droits humains.

«La France rappelle que la Russie est, au titre du droit international, entièrement responsable de la santé de ses détenus», a également ajouté la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Paris appelle enfin à libérer tous les prisonniers politiques, «immédiatement et sans condition, et à cesser toute persécution judiciaire à leur encontre».

Les États-Unis ont également affirmé lundi être «profondément inquiets» des «conditions de détention» de l’opposant russe Alexeï Navalny. «Nous nous réjouissons des informations selon lesquelles Alexeï Navalny a été localisé», a déclaré un porte-parole du département d’État. «Cependant, nous restons profondément inquiets du sort de Alexeï Navalny et de ses conditions de détention injustes», a-t-il indiqué dans un communiqué.

Charismatique militant anticorruption et ennemi numéro un de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny purge une peine de 19 ans de prison pour «extrémisme». Washington a une nouvelle fois exigé la «libération immédiate» du quadragénaire, exhortant Moscou à mettre fin à la «répression croissante des voix indépendantes en Russie» et au «ciblage pernicieux» d’Alexeï Navalny.

Caricature démocratique en Russie: l’opposant Navalny expédié dans l’arctique russe

Caricature démocratique en Russie: l’opposant Navalny expédié dans l’arctique russe


Sans doute possible, c’est en raison des élections résidentielles que Poutine éloigne encore un peu plus jusque dans l’Arctique russe l’opposant Navalny condamné à 19 ans de prison. Un établissement pénitentiaire aux pires conditions dans un environnement évidemment difficile à vivre. Poutine pourra encore s’enorgueillir d’un résultat après de 90 % après avoir emprisonné ou tué le moindre opposant.

Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle violation évidente des droits de l’homme puisque cette détention menace gravement la santé de l’intéressé. Cela traduit en réalité la pathologie du dictateur Poutine qui a même peur de son ombre alors qu’ évidemment le résultat est déjà connu avec un score qui sera proche de 90 % compte tenu du tripatouillage politique habituel.E t cela d’autant plus qu’il n’y a aucun opposant puisque les éventuels candidats un peu crédibles sont soit interdits, soit internés, soit empoisonnés.

La France a dénoncé lundi soir le transfèrement de l’opposant russe Alexeï Navalny dans une colonie pénitentiaire située dans l’Arctique russe, y voyant une nouvelle violation des droits humains.

«La France rappelle que la Russie est, au titre du droit international, entièrement responsable de la santé de ses détenus», a également ajouté la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Paris appelle enfin à libérer tous les prisonniers politiques, «immédiatement et sans condition, et à cesser toute persécution judiciaire à leur encontre».

Les États-Unis ont également affirmé lundi être «profondément inquiets» des «conditions de détention» de l’opposant russe Alexeï Navalny. «Nous nous réjouissons des informations selon lesquelles Alexeï Navalny a été localisé», a déclaré un porte-parole du département d’État. «Cependant, nous restons profondément inquiets du sort de Alexeï Navalny et de ses conditions de détention injustes», a-t-il indiqué dans un communiqué.

Charismatique militant anticorruption et ennemi numéro un de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny purge une peine de 19 ans de prison pour «extrémisme». Washington a une nouvelle fois exigé la «libération immédiate» du quadragénaire, exhortant Moscou à mettre fin à la «répression croissante des voix indépendantes en Russie» et au «ciblage pernicieux» d’Alexeï Navalny.

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