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Conflits : La Russie sur deux fronts

Conflits : La Russie  sur deux fronts 

Depuis le premier jour de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, tous les regards se sont tournés vers la frontière occidentale de la Russie, où s’est créé un front de guerre de 1.000 km. Mais sur les frontières russes à l’Est, impliquant toute l’Asie Centrale, s’est ouvert un autre front diplomatique et économique depuis la chute de l’URSS. L’Europe, les États-Unis et la Chine s’y livrent une grande bataille d’influence. Par Gérard Vespierre (*) Président de Strategic Conseils. ( dans  » la Tribune »)

A l’image du « Grand Jeu » du 19e siècle, entre l’empire russe et l’empire britannique et leurs influences respectives, en Asie Centrale, il s’est ouvert un nouveau « Grand Jeu » entre l’empire russe actuel et ses adversaires du 21e siècle, l’Union européenne et les États-Unis. Il convient d’y ajouter la Chine, tant le jeu de Pékin est dual, dans cette partie du monde, vis-à-vis de son « allié stratégique » russe.

Après son opposition au seul empire britannique au 19e siècle, la Russie actuelle est confrontée, sur ses frontières orientales, à l’action économique et politique (donc stratégique) des trois plus grands ensembles géopolitiques du monde.

Tous les pays d’Asie Centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Turkménistan, Tadjikistan, Ouzbékistan) sont donc soumis à un triple ballet diplomatique et économique de la part des pays européens, des États-Unis et de la Chine, depuis le début des années 1990.

L’Otan, bras stratégique atlantico-européen a mis en place en 2004 un « Représentant spécial » en charge de promouvoir la politique de l’Alliance en Asie centrale (et au Caucase). Il rapporte directement au Secrétaire général de l’Organisation.

L’Union européenne a également mis en place des relations structurées avec les pays impliqués. Les cinq ministres des Affaires étrangères d’Asie centrale ont été reçus, dans le cadre d’une « grande première » par leurs 27 homologues de l’UE le 23 octobre 2023.

La Chine n’est pas en reste. Dans le cadre du déploiement de ses importants investissements ferroviaires et industriels dans chaque pays d’Asie centrale traversé par les « nouvelles routes de la soie », elle a symboliquement réuni, en mai 2023, les dirigeants des cinq pays chez elle à Xi’an, point de départ des routes de la soie historiques… La Russie n’y était pas conviée…

Le Kremlin continue naturellement de maintenir le maximum d’échanges politiques et économiques avec ses anciennes républiques. Mais les pays d’Asie centrale disposent des mêmes ressources énergétiques que leur ancien tuteur russe, pétrole, gaz et uranium. Sur le marché mondial, la Russie et les cinq pays d’Asie centrale sont donc des producteurs concurrents, visant les mêmes débouchés géographiques: l’Europe et les deux géants asiatiques, Chine et Inde.

Il s’agit donc pour les pays d’Asie centrale d’élaborer une stratégie d’éloignement de la Russie de façon mesurée et équilibrée, à travers la création de partenariats diversifiés. La nécessité de ce choix s’est vue accélérée par l’invasion de l’Ukraine. Le choix militaire du Kremlin pour reprendre le contrôle de populations russophones ne pourrait-il pas s’appliquer vis-à-vis des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale ?

Le Kremlin est extrêmement attentif à cette évolution, sans vouloir faire apparaître son agacement, à l’image des déclarations de Dmitri Peskov concernant les choix des dirigeants kazakhs, par exemple : « Le Kazakhstan est un pays souverain qui développe ses relations avec d’autres pays, selon ses propres décisions ».

Le Kazakhstan, vaste comme cinq fois la France, représente à lui seul les 2/3 de la superficie de cette région et 30% de la population cumulée des cinq pays d’Asie centrale.

Son action, et les partenariats dans lesquels il s’engage, sont donc particulièrement importants. Tel est le cas avec la France. Les relations ont commencé au cours des années 1990 autour de l’uranium, ressource précieuse pour notre important parc de centrales électronucléaires. En 2008 fut signé un « partenariat stratégique » entre les deux pays.

La France se place au cinquième rang des investisseurs au Kazakhstan, grâce en particulier à la participation très active de TotalEnergies dans l’important site pétrolier offshore de Kashagan, en mer Caspienne. Le Kazakhstan se place au deuxième rang des pays fournisseurs de pétrole de la France, et est notre premier fournisseur en minerai d’uranium. Cette proximité énergétique permet à EDF de travailler au projet de la première centrale électronucléaire kazakh. Le partenariat stratégique s’est donc fortement concrétisé.

La visite en novembre 2023 du président de la République à Astana a matérialisé cette étroite collaboration. Le président Tokaïev a souhaité à cette occasion donner une dynamique supplémentaire au partenariat avec la France. Plus de 170 entreprises françaises sont déjà présentes dans le pays. De nouveaux contrats ont été signés dans le domaine de l’énergie, mais aussi dans le secteur pharmaceutique et dans le domaine du contrôle aérien avec la fourniture de radars, outils nécessaires au renforcement de la souveraineté.

Un rapport de la « Fondation des Sciences Politiques » paru récemment en Allemagne a classé le Kazakhstan comme puissance moyenne, et pays le plus important d’Asie centrale « une nation avec une importante influence dans le domaine politique et économique, certes, mais moins qu’une grande puissance… ». Quel contraste par rapport au début des années 1990. Le Kazakhstan est entré dans une ère nouvelle, où il souhaite jouer un rôle régional et international marqué.

Les tensions dans la géopolitique internationale crée un besoin d’échanges renforcés et de dialogue. La création du Forum International d’Astana correspond donc aux nécessités de dialogues internationaux élargis et au souhait du Kazakhstan d’y jouer un rôle à sa nouvelle mesure.

Dans son discours du premier Forum, l’an dernier, le président Kassym-Jomart Tokaïev avait décrit l’époque actuelle comme «  une période de tensions géopolitiques sans précédent  » caractérisée par «  un processus de destruction des fondements mêmes de l’ordre mondial qui a été construit depuis la création des Nations unies  ».

Dans un tel environnement une nouvelle plate-forme de dialogue ne peut qu’apporter une contribution positive afin de relever ces défis mondiaux. Le forum servira de plateforme aux délégués de haut niveau de gouvernements étrangers, d’organisations internationales, d’entreprises et de cercles universitaires. L’objectif est d’engager le dialogue autour des affaires internationales et de la sécurité, la recherche de solutions, au changement climatique, aux pénuries alimentaires et à la sécurité énergétique.

Les tensions géopolitiques autour de la Russie et de la Chine mobilisent les regards et les attentions. Mais, dans les grands espaces qui les séparent, les principaux acteurs de l’Asie centrale entendent bien jouer un rôle à la hauteur de leur position stratégique, de leurs ressources, et de leurs objectifs d’équilibre.

Les puissances moyennes de la région, souhaitent ardemment définir une troisième voie dans les affaires du monde, comme le précise une des réunions du Forum.

_______

(*) diplômé de l’ISC Paris, DEA Finances Dauphine PSL, Fondateur du média web : www.le-monde-decrypte.com  Chroniqueur géopolitique sur IdFM 98.0

 

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La Russie cible de l’État islamique: pourquoi ?

 La Russie cible de l’État islamique: pourquoi ?

 

Nombre de pays occidentaux et du Sud même arabes sont les cibles de l’État islamique. La Russie est également concernée à plusieurs titres d’abord parce qu’elle comprend en son sein des régions à dominante musulmane et qui contestent le pouvoir central russe. Des séparatistes se sont ralliés à l’État islamique. Par Ailleurs, l’État islamique veut se venger des interventions russes en Afghanistan, en Tchétchénie et en Syrie; Mais aussi en Afrique.

Moscou est  confronté au terrorisme islamiste sur son propre  territoire, plus particulièrement dans le Caucase russe, où les séparatistes se sont pour certains ralliés à l’EI. Près de 4 500 Russes, notamment originaires de cette région, ont combattu aux côtés de l’EI, selon les autorités. L’organisation n’aurait donc pas eu de peine à recruter pour mener une attaque sur le sol russe.

Peut-être que plus fondamentalement il y a la lutte idéologique que se livrent les extrémistes sunnites et les extrémistes Chiites.

En effet en s’alliant délibérément avec l’Iran sur nombre de questions internationales, la Russie de fait a pris parti dans la querelle religieuse mortelle entre les extrémistes des deux camps.

Certes l’Occident demeure l’une des cibles de l’État islamique mais l’Iran est considéré également comme l’ennemi irréductible justement parce que concurrent dans l’islam radical.

 

Russie et terrorisme

Russie et terrorisme

 

 

En Europe, le massacre perpétré le 22 mars au soir dans une salle de concert de la région de Moscou ne peut que susciter l’horreur. Mais il peut aussi interroger, et même surprendre.D’abord, par le lieu de son déroulement, Krasnogorsk, à quelques kilomètres à peine de Moscou, et par l’ampleur de son bilan, plus de 130 victimes : comment un attentat de masse a-t-il pu être préparé et perpétré dans le centre névralgique d’un État où la place des services de sécurité est si importante ? La revendication par l’organisation État islamique au Khorassan peut, elle aussi, prendre les Européens à contrepied : pourquoi l’EI frapperait-il la Russie alors même que ses cibles privilégiées, lors de son apogée, étaient les démocraties libérales de l’Ouest ? Enfin, les réactions des pouvoirs publics russes – et de la présidence au premier chef – peuvent également susciter un certain étonnement de ce côté-ci du continent : pourquoi faire supposer une complicité de Kiev alors même que la menace islamiste est, en Russie, ancienne, profonde et même antérieure à la crise ukrainienne ?

 

par 

Géopoliticien, Sciences Po dans The Conversation 

Notre étonnement ou notre surprise se dissipent si l’on examine en détail l’exposition structurelle de la Russie au terrorisme islamiste et sa doctrine de l’anti-terrorisme. Malheureusement, les meurtres de masse du Crocus City Hall sont un épisode tragique supplémentaire dans la longue histoire de l’affrontement entre la Fédération de Russie et certains réseaux islamistes.

Depuis le 11 septembre 2001, l’idée s’est profondément enracinée que les terroristes islamistes ont pour cibles principales les démocraties libérales : en elles, ils viseraient tout à la fois des « infidèles » (à l’islam), des « croisés » (autrement dit des colonisateurs invétérés) et des « décadents » (coupables d’un relâchement moral inacceptable).

En outre, les islamistes exploiteraient les marges d’action ménagées par les « sociétés ouvertes », pour reprendre l’expression de Karl Popper – les libertés d’opinion, de croyance, de mouvement, d’association, etc. – pour les retourner contre les Occidentaux. D’où l’incrédulité, parmi les Européens, devant le massacre de Krasnogorsk. Comment un tel attentat est-il envisageable dans un État explicitement fondé sur l’autorité, le rétablissement de la « verticale du pouvoir » et l’hypertrophie des services de sécurité (les siloviki) ?

Cette vision des choses est toutefois contredite par ce constat que font de nombreux observatoires du terrorisme (tel celui de la Fondation pour l’Innovation Politique) : les attentats islamistes se multiplient aussi dans des États non libéraux, spécialement en Afrique et au Moyen-Orient. Même dans des régimes policiers, les services de sécurité ne peuvent être ni omniscients ni omnipotents. En outre, l’organisation État islamique n’est-elle pas née de la double contestation du régime syrien de Bachar Al-Assad et du « nouvel Irak » issu de l’invasion américaine et de l’installation d’un pouvoir chiite à Bagdad ? L’attentat de Krasnogorsk doit nous inviter à réviser notre idée trop définitive sur l’affrontement entre démocratie et islamisme : elle est exacte, mais très partielle.Le terrorisme en général et celui de l’EI en particulier visent aussi bien les démocraties libérales que les régimes autoritaires. La section de l’EI au Khorassan qui a revendiqué le massacre en Russie est en effet implantée en Asie centrale et défie, par la violence, des États politiquement bien éloignés des membres de l’UE. Elle a notamment pris pour cibles, ces dernières années, aussi bien les talibans afghans que le régime iranien.

C’est tout le problème que pose le terrorisme djihadiste aujourd’hui : défait militairement au Moyen-Orient et jugulé en Europe et aux États-Unis, il s’est reporté vers des zones comme le Sahel, l’Afrique centrale, l’Afrique orientale ou encore l’Asie centrale, où les États sont autoritaires mais souvent faibles. Les suspects arrêtés par les forces russes quelques heures après l’attentat, même s’il convient en la matière de se garder de conclusions trop hâtives, sont d’ailleurs des ressortissants du Tadjikistan, un pays identifié depuis plusieurs années comme un terrain de recrutement fertile pour les djihadistes.

D’un point de vue géopolitique, le massacre de Krasnogorsk ouvre une perspective inquiétante : les réseaux reconstituent leurs forces dans ces aires « molles » ou « grises » pour se reporter sur des théâtres plus centraux en Europe. Le profond antagonisme actuel entre la Fédération de Russie et l’Union européenne ne doit pas masquer la réalité : du point de vue des islamistes de l’EI, les régimes politiques respectifs des deux entités se valent et sont des cibles au même titre l’un que l’autre.

Que le rival géopolitique de l’UE, envahisseur de l’Ukraine et adversaire autoproclamé de l’Occident, soit victime d’un attentat de masse ne peut étonner que si le regard reste rivé sur l’affrontement avec l’Ukraine, latent depuis les années 2000 et virulent depuis 2013.

En effet, le risque terroriste est très élevé en Russie depuis la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) et, plus encore, depuis l’accession de Vladimir Poutine à la primature puis à la présidence de la Fédération, en 2000. La première menace terroriste contre la Russie est interne : radicalisant une frange de la forte minorité (10 % environ) musulmane historique (non issue de l’immigration) du pays, exploitant les rancœurs des périphéries (Daghestan, Tchétchénie) contre le centre russe anciennement conquérant et colonisateur, utilisant des vétérans et des fonds venus d’Asie centrale (Afghanistan) et du Golfe, les réseaux terroristes ont commis contre la population civile et les forces de sécurité russes de nombreux attentats.

Plusieurs d’entre eux – sans même parler des explosions de plusieurs immeubles d’habitation en 1999 quand Poutine était premier ministre, officiellement attribuées aux Tchétchènes mais dont bon nombre d’observateurs soupçonnent les services russes d’avoir été les auteurs – ont profondément marqué les présidences Poutine : la prise d’otages du théâtre de la Doubrovka en 2002 (130 morts, dont sans doute une majorité du fait de l’intervention des services de sécurité) ; la prise d’otages dans une école à Beslan (Ossétie du Nord) en 2004 (334 morts dont 186 enfants) ; les explosions dans le métro de Moscou en 2010 (40 morts) et celles dans le métro de Saint-Pétersbourg en 2017 (14 morts), liste loin d’être exhaustive.

Toutes ces actions violentes de masse ont été revendiquées par des réseaux islamistes implantés en Fédération de Russie même. L’importance du risque terroriste islamiste interne est si grande qu’elle a en partie justifié la reconstitution de services de sécurité intérieure très puissants et qu’elle a conduit Moscou à laisser le violent et imprévisible Ramzan Kadyrov gérer à sa guise « sa » Tchétchénie, dès lors qu’il y réprime avec la plus grande dureté la moindre menace, réelle ou supposée, de résurgence de djihadisme.

À l’extérieur également, la lutte contre l’islamisme armé est une priorité politique ancienne. C’est contre elle que la Russie et la Chine ont créé en 2001 l’Organisation de Coopération de Shanghai, installant le centre de lutte contre celle-ci à Tachkent et fournissant aux États d’Asie centrale formations, renseignements et matériel.

C’est – officiellement – pour lutter contre le terrorisme islamiste que la Russie a répondu aux demandes de la présidence syrienne, en août 2015, pour déclencher la première opération militaire extérieure loin de ses frontières. C’est aussi au nom de la lutte contre l’islamisme que, non officiellement, des experts militaires et des mercenaires russes sont intervenus et sont toujours implantés en Afrique du Nord (Libye), en Afrique de l’Ouest (MaliBurkina Faso) et en Afrique centrale (République centrafricaine).

Enfin, et surtout pour les Européens, les soutiens de Moscou dans l’Union ont, avant 2015 et surtout 2022, tiré argument de ses actions anti-terroristes pour attribuer à la Russie un rôle de pionnier de la défense de l’Occident. Dans le narratif global russe, avant l’invasion de l’Ukraine, la lutte contre le terrorisme islamiste était l’un des principaux « titres de gloire » revendiqué par le Kremlin.

Viser la Russie fait sens, pour les terroristes islamistes en général et pour l’EI en particulier : les forces russes ont en effet contribué à la défaite militaire de l’EI en Syrie (et au maintien du régime de Bachar Al-Assad). Même si elle n’a rien d’une démocratie libérale, la Russie est pour l’EI une cible d’autant plus privilégiée qu’il tente de se replier notamment sur la zone centrasiatique. Le massacre du Crocus City Hall, qui n’est qu’un épisode supplémentaire dans la longue série des attentats terroristes perpétrés en Russie, illustre la résurgence de la menace islamiste dans ces zones de fragilité pour Moscou que sont l’Asie centrale mais aussi le Caucase russe (début mars, le FSB a ainsi annoncé avoir démantelé une cellule djihadiste en Ingouchie).

Une fois rappelée l’histoire longue de la menace terroriste en Russie, les allusions et les sous-entendus des autorités russes sur une implication ou une connivence ukrainienne paraissent d’autant plus opportunistes et fantaisistes.

Que le moment de l’attentat soit un défi à l’autorité de Vladimir Poutine, triomphalement réélu (en l’absence de la moindre opposition) quelques jours plus tôt, c’est l’évidence. Que l’éventuel affaiblissement de son pouvoir qui pourrait résulter du massacre (si les Russes reprochent au régime de s’être montré incapable de prévenir une attaque d’une telle ampleur) serve indirectement l’Ukraine, c’est manifeste. Mais de la conjonction des crises à la convergence des luttes, il y a un pas que la connaissance du terrorisme islamiste en Eurasie ne permet pas de franchir.

L’invasion de l’Ukraine est une décision militaire de politique extérieure contre une ancienne République socialiste soviétique (RSS) tentée de rejoindre l’Union européenne et l’OTAN. La lutte contre le terrorisme islamiste est un défi intérieur et extérieur qui se rattache aux actions de la Russie sur ses marches sud.

Le narratif manifestement opportuniste déployé par le Kremlin et par ses propagandistes justifiera peut-être des actions supplémentaires contre l’Ukraine. Mais ce qui mérite l’examen, c’est l’inflexion que les politiques russes, intérieures et extérieures, sont susceptibles de prendre à court et moyen terme.

Tout d’abord, il est fort possible que, ayant fixé le front ukrainien et ayant engagé le processus d’intégration de quatre districts ukrainiens, la Russie se reporte sur d’autres fronts : en Europe du Nord pour « tester » la résistance des deux nouveaux membres de l’OTAN (Suède et Finlande) ; en Asie centrale, pour relancer sa coopération avec la Chine et les anciennes RSS de la région, et la cimenter par une reprise de la lutte contre le terrorisme ; vis-à-vis de l’Occident, au mieux pour critiquer son absence de solidarité et au pire pour l’accuser de complaisance ; au Moyen-Orient en relançant des actions estampillées anti-terroristes avec ses alliés locaux (Iran, Turquie, Syrie).

Sur le plan intérieur, en outre, l’attentat du 22 mars sera immanquablement interprété comme un outrage à la « verticale du pouvoir ». La lutte contre le terrorisme est déjà la cause d’une vague d’arrestations de suspects. Mais elle peut donner un nouveau motif à une plus large vague de répression. Car le rapport de la Russie au terrorisme est en partie différent de celui de l’Europe : pour les pouvoirs publics russes, les attentats sont non seulement des meurtres de civils et des troubles à l’ordre public, mais surtout un défi inacceptable à l’État.

 

Russie : Cible de l’État islamique pourquoi ?

Russie : Cible de l’État islamique pourquoi ?

 

Nombre de pays occidentaux et du Sud même arabes sont les cibles de l’État islamique. La Russie est également concernée à plusieurs titres d’abord parce qu’elle comprend en son sein des régions à dominante musulmane et qui contestent le pouvoir central russe. Des séparatistes se sont ralliés à l’État islamique. Par Ailleurs, l’État islamique veut se venger des interventions russes en Afghanistan, en Tchétchénie et en Syrie; Mais aussi en Afrique.

Moscou est  confronté au terrorisme islamiste sur son propre  territoire, plus particulièrement dans le Caucase russe, où les séparatistes se sont pour certains ralliés à l’EI. Près de 4 500 Russes, notamment originaires de cette région, ont combattu aux côtés de l’EI, selon les autorités. L’organisation n’aurait donc pas eu de peine à recruter pour mener une attaque sur le sol russe.

 

Après l’attentat, le risque d’une répression accentuée en Russie

L’attentat meurtrier qui s’est déroulé en plein cœur de Moscou à l’initiative de l’État islamique constitue un terrible échec pour Poutine et plus généralement pour le système. Du coup, on va faire payer la facture à tout ce qui apparaît comme de près ou de loin comme des formes d’opposition voire des adversaires intérieurs ou extérieurs et l’Ukraine en particulier. 

L’échec est double pour Poutine. Alors qu’il voulait se parer de la gloire de son résultat à 87 % lors de l’élection présidentielle, le président russe est évidemment discrédité sur son propre terrain de la sécurité. En outre à l’extérieur, il apparaît comme la cible privilégiée des islamistes et des pays bienveillants à leur égard.

 Poutine essaye de s’en sortir encore avec un énorme mensonge en affirmant« Les quatre auteurs directs de l’attaque terroriste, tous ceux qui ont tiré et tué des personnes, ont été retrouvés et arrêtés. »

En réalité les quatre auteurs n’ont nullement été identifié et encore moins arrêtés.

Moins d’une semaine après la réélection en grande pompe du président et ses démonstrations de puissance, l’Ukraine, contre laquelle la Russie est en guerre depuis deux ans, est en fait le parfait bouc émissaire pour l’ancien chef du FSB. Les terroristes « ont tenté de se cacher et se sont dirigés vers l’Ukraine, où, selon des données préliminaires, une fenêtre leur était ouverte du côté ukrainien pour franchir la frontière de l’État », a affirmé Vladimir Poutine devant la caméra hier. Rien d’étonnant pour le politologue français Nicolas Tenzer : « Les ennemis déclarés de Poutine sont les « nazis » en Ukraine, et les autorités russes ont toujours été démunies devant ce genre de phénomène qui montre une très grande déficience et des failles des services de sécurité. » « Tout comme les nazis ont commis autrefois des massacres dans les territoires occupés, a ajouté le chef du Kremlin, ils ont planifié une exécution spectaculaire, un acte d’intimidation sanglant. »

L’Ukraine a démenti à plusieurs reprises toute implication dans l’attaque, dénonçant une manipulation du Kremlin. « On s’attendait à ce que la version des responsables russes soit la « piste ukrainienne », a déclaré sur X le conseiller de la présidence ukrainienne Mykhaïlo Podoliak. Les déclarations des services spéciaux russes concernant l’Ukraine sont absolument intenables et absurdes. L’Ukraine n’a pas le moindre lien avec l’incident. »

Selon Meduza, site d’informations russophone basé à Riga, en Lettonie, « les médias russes fidèles à l’État et au gouvernement ont reçu l’instruction de l’administration présidentielle russe de souligner la possible « trace ukrainienne » dans leurs publications sur l’attaque terroriste ».

L’opposition russe a dénoncé les manquements des services de sécurité, dans l’incapacité de protéger la société des menaces réelles. « L’attaque terroriste avait été annoncée mais le FSB était trop occupé à combattre les politiciens, les activistes et les journalistes ; ils n’ont pas eu le temps de s’occuper des terroristes », a martelé sur X vendredi soir Maria Pevchikh, proche collaboratrice de l’ancien opposant Alexeï Navalny, mort en prison le 16 février.

Guerre Russie- La France n’est pas prête

Guerre Russie- La France pas prête

 

La guerre en Ukraine démontre chaque jour que l’accès aux munitions et missiles représente la condition essentielle pour tenir face à un adversaire dans un conflit de haute intensité. Sans cela, la bravoure des soldats pourrait s’avérer vaine au bout de quelques semaines, voire de quelques jours… Par le groupe de réflexions Mars *.

La guerre ne se gagne pas avec des mots et des postures, aussi brillantes soient-elles. Elle se gagne avec les matériels et les munitions dont disposent nos soldats. Entre les objectifs du discours sur l’économie de guerre et la réalité des engagements budgétaires, il faut être clair : le compte n’y est pas – et de très loin ! Pourtant, cette situation n’est pas nouvelle. Déjà lorsque les troupes françaises ont été déployées en Afghanistan il y a plus d’une décennie, nos soldats tiraient le diable par la queue faute de stocks adéquats.

La situation vécue aujourd’hui par les armées ukrainiennes devrait pourtant produire un sursaut. Faut-il rappeler que l’artillerie ukrainienne consomme chaque jour un nombre d’obus correspondant à ce que notre industrie peut fabriquer en un mois ? Depuis trois décennies, les armées ont vu leurs stocks de munitions et de missiles se réduire sans cesse pour ne conserver qu’un niveau minimal et aboutir à une « armée bonzaï ». Cela ne peut pas fonctionner : dès que nos soldats sont engagés en opération, l’absence de munitions met rapidement en danger nos soldats qui n’ont plus les moyens nécessaires pour conduire leurs missions, voire pour se protéger des forces adverses.

Le constat de stocks échantillonnaires dépasse les frontières de l’Hexagone. Le général Richard Barrons, ancien chef d’État-major britannique, déclarait en février 2023 qu’après des années de réduction des livraisons, « pour certains types d’armes clés, l’armée serait à court de munitions après une après-midi chargée ». Il estimait que le Royaume-Uni disposait de stocks permettant uniquement de soutenir un engagement de haute intensité pendant une semaine environ.

Le principe de stricte suffisante fonctionne bien dans la dissuasion nucléaire mais il est trompeur, voire criminel pour les munitions et les missiles. La dissuasion fonctionne sur le principe de non-emploi, c’est-à-dire que l’existence de ces armes doit empêcher en soi une action de l’ennemi. Pour les munitions et les missiles, il est nécessaire d’engager ces armes face à l’adversaire pour le contraindre à revoir ses plans et lui imposer notre volonté. C’est pourquoi, dans les armes conventionnelles, la quantité est une qualité en soi.

Il est difficile de connaître l’état des stocks de munitions, car il s’agit d’une donnée classifiée, et donc de jauger la pertinence des stocks actuels. Toutefois, il est très probable que la France et ses principaux alliés soient dans une situation semblable à celle du Royaume-Uni compte tenu des commandes très réduites qui ont été passées au cours des dernières années. Une situation des plus préoccupantes…

Entre les objectifs du discours sur l’économie de guerre et la réalité des engagements budgétaires, il y a un grand écart évident. Imposer un changement de tempo à l’industrie, qui a fonctionné à rythme ralenti pendant des années, était nécessaire mais ce changement de cadence et de volume ne peut être efficace qu’en accroissant aussi la taille des stocks à pourvoir.

Il ne faut pas confondre la logique de flux et la logique de stocks. Certes, l’industrie a réussi à accroître ses cadences de production de manière somme toute rapide en quelques mois, mais cet effort peut être vain si les armées ne révisent pas les stocks dont elles doivent disposer. Du point de vue militaire, le stock vient avant le flux, car il permet d’encaisser le choc de la bataille. Et le flux est nécessaire pour maintenir le niveau des stocks de manière à préserver une capacité d’engagement permettant de contenir l’adversaire et, si possible, de le repousser.

Afin d’être capables de répondre à une menace majeure (la pierre d’angle de toute défense efficace et crédible), deux objectifs sont prioritaires : accroître les stocks de munitions et augmenter la capacité de production.Ces deux dimensions sont liées. Les commandes justifient un accroissement des capacités de production en augmentant les moyens de fabrication et en accroissant les achats intermédiaires. Une capacité de production plus importante permet de régénérer rapidement les stocks en cas de consommation accélérée ou inattendue.

Le changement de tempo doit concerner l’État tout autant que l’industrie. It takes two to tango… Jean-Dominique Merchet soulignait le 22 février 2024 sur France Info que passer en économie de guerre, « cela veut dire des commandes. L’industriel ne va pas produire s’il n’a pas de commandes ». Ceci est en particulier vrai pour les PME et ETI qui n’ont pas une trésorerie aussi importante que les grands groupes qui, eux, dépendent des livraisons de leurs partenaires industriels pour être en mesure de répondre aux besoins des armées.

Rheinmetall va produire 700.000 obus en 2024 tous pays confondus, alors que la France peut en produire seulement 3.000 par mois (ce qui représente déjà un triplement de la production par rapport à 2022). Il n’y a pas là de miracle. En 2023, le groupe allemand a conclu un accord-cadre avec la Bundeswehr d’une valeur globale de 1,2 milliard d’euros d’ici à 2029. Ceci explique que Rheinmetall puisse investir 300 millions d’euros pour agrandir sa capacité de production à Unterlüß.

 Le Royaume-Uni a passé des commandes de munitions à BAE Systems pour 430 millions de livres sterling en 2023, qui font partie d’un accord-cadre de 2,4 milliards sur 15 ans appelé Next Generation Munitions Solution. Pour Charles Woodburn, PDG de BAE Systems, ce partenariat stratégique de long terme avec le ministère britannique de la Défense « permettra d’augmenter considérablement la production et de maintenir une capacité souveraine vitale pour fournir des munitions de pointe » (obus de 155 mm et 30 mm et cartouches de 5,56 mm).

Même des pays plus petits s’engagent dans ces contrats pluriannuels. Ainsi, la Belgique négocie actuellement un contrat d’une valeur de 1,7 milliard d’euros avec FN Herstal, qui permettra d’ouvrir de nouvelles lignes de production.

La constance est un élément important pour disposer des capacités industrielles adéquates. Le ministère des Armées examine en ce moment la réimplantation en France d’une capacité de production de munitions de petits calibres. Rappelons qu’un projet similaire piloté par Thales, NobelSport et Manurhin avait été envisagé sous Jean-Yves Le Drian en 2017. Si Florence Parly et Bercy n’avaient pas arrêté ce projet considéré non viable économiquement, la France serait aujourd’hui autonome en la matière. Pourtant, ces activités ont toujours été rentables en Allemagne, Scandinavie, Suisse, Italie, République tchèque… qui n’ont pas pour autant des besoins nationaux si différents de ceux de la France.

La constance est d’autant plus importante qu’accroître la production de munitions et de missiles prend du temps, plus encore s’il s’agit de développer de nouveaux moyens industriels. Grâce à son contrat-cadre au Royaume-Uni, BAE Systems va multiplier par huit sa capacité de production d’obus de 155 mm. Pour Woodburn, l’une des leçons du conflit en Ukraine est que, même si les entreprises peuvent accroître l’utilisation de l’outil industriel existant, « il y a des limites à ce que vous pouvez faire (…) Vous pouvez quasiment doubler votre débit en ajoutant des équipes et en exploitant votre capacité jusqu’à saturation, mais vous ne pouvez pas faire plus que doubler le volume de livraisons ».

Pour doubler ce volume, ajoute-t-il, cela prend du temps : il faut anticiper un délai de l’ordre de deux ans. Il s’agit ici d’une deuxième dimension essentielle : matériels, munitions et missiles sont des équipements complexes, requérant des multiples étapes de fabrication qui impliquent de nombreuses entreprises. Il n’est donc pas possible de commander à la dernière minute. L’enjeu porte notamment sur l’approvisionnement en matières premières et en produits élaborés de base comme les explosifs.

Cela veut dire que si l’État commande aujourd’hui, la filière industrielle ne sera pas capable de livrer le matériel correspondant avant plusieurs mois, voire plusieurs années. Même aux États-Unis, en dépit d’une industrie gigantesque comparée à celle de la France, les livraisons nécessitent des délais incompressibles en dépit de capacités industrielles prêtes à l’emploi. Pour produire un missile Patriot, il faut entre 35 et 40 mois.

Des commandes pluriannuelles (et non de vagues promesses qui n’engagent que ceux qui y croient) sont essentielles pour justifier des investissements massifs, longs à mettre en œuvre et nécessitant plusieurs années de production pour être amortis.Faute de commandes, serait-il raisonnable pour une entreprise d’accroître ses investissements et de produire par anticipation « juste au cas où » ?

Les stocks de munitions et de missiles ont bien entendu un coût. Au Royaume-Uni, le général Barrons estimait en 2023 dans une tribune publiée par le Sun que « reconstruire l’armée afin qu’elle puisse faire face à une attaque surprise russe coûterait 3 milliards de livres sterling en plus des dépenses déjà programmées chaque année pendant la décennie à venir ».

Un chiffre équivalent serait certainement nécessaire pour la France au-delà de ce que la LPM 2024-2030 prévoit déjà : 16 milliards d’euros (2,3 milliards par an). Ce montant peut sembler important, mais il faut garder en tête qu’un obus de 155 mm coûte 4.000 euros pièce, un obus intelligent type Bonus 30.000 euros, un missile Mistral 300.000 euros et un missile Aster 2 millions d’euros. Compte tenu des niveaux de consommation en situation de guerre, les budgets actuels sont nettement insuffisants et ne couvrent que les besoins déjà identifiés avant 2022.

Cette approche par la dépense est d’ailleurs la raison qui a conduit les décideurs publics, quelle que soit leur couleur politique, à réduire progressivement les stocks. Cependant, tout coût doit être mis en parallèle avec les bénéfices attendus. Ils constituent une assurance pour la sécurité internationale de la France à deux niveaux.

D’une part, les armées doivent être en mesure d’assurer dans la durée une réponse militaire à une menace. Sans de tels stocks, une armée n’est qu’un tigre de papier dont la réalité apparaît rapidement après le choc de l’affrontement. Que peuvent faire les troupes les mieux aguerries sans les moyens de leurs actions ? La constitution de stocks à bon niveau est une nécessité pour garantir de pouvoir tenir face à l’adversaire, comme le montrent une fois encore les difficultés que rencontrent les troupes ukrainiennes ces dernières semaines.

D’autre part, les stocks de munitions et de missiles participent de la protection de la France en crédibilisant notre capacité à faire face à une agression. En effet, l’épaisseur des moyens a, en soi, un effet dissuasif car l’adversaire doit en tenir compte lorsqu’il estime ses chances de victoire. Qui s’y frotte s’y pique… À l’inverse, l’absence de stocks peut donner à l’adversaire le sentiment qu’il pourrait rapidement nous faire plier.

De ce fait, les stocks sont certes une dépense mais ils contribuent en même temps à la posture de défense en crédibilisant nos armées dans leur capacité à agir et à tenir. Ils représentent un investissement qui entre pleinement dans l’équation de notre sécurité internationale et doivent être considérés au-delà d’une évaluation purement budgétaire. Une conclusion s’impose : nous ne sommes pas prêts à faire face à un contexte de guerre majeure face à un pays doté de moyens militaires conséquents. En conséquence, la France doit accroître les stocks de munitions pour garantir sa sécurité.

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* Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

Guerre et Russie: L’armée française ne tiendrait pas longtemps

Guerre et Russie: L’armée française ne tiendrait pas longtemps

La guerre en Ukraine démontre chaque jour que l’accès aux munitions et missiles représente la condition essentielle pour tenir face à un adversaire dans un conflit de haute intensité. Sans cela, la bravoure des soldats pourrait s’avérer vaine au bout de quelques semaines, voire de quelques jours… Par le groupe de réflexions Mars *.

La guerre ne se gagne pas avec des mots et des postures, aussi brillantes soient-elles. Elle se gagne avec les matériels et les munitions dont disposent nos soldats. Entre les objectifs du discours sur l’économie de guerre et la réalité des engagements budgétaires, il faut être clair : le compte n’y est pas – et de très loin ! Pourtant, cette situation n’est pas nouvelle. Déjà lorsque les troupes françaises ont été déployées en Afghanistan il y a plus d’une décennie, nos soldats tiraient le diable par la queue faute de stocks adéquats.

La situation vécue aujourd’hui par les armées ukrainiennes devrait pourtant produire un sursaut. Faut-il rappeler que l’artillerie ukrainienne consomme chaque jour un nombre d’obus correspondant à ce que notre industrie peut fabriquer en un mois ? Depuis trois décennies, les armées ont vu leurs stocks de munitions et de missiles se réduire sans cesse pour ne conserver qu’un niveau minimal et aboutir à une « armée bonzaï ». Cela ne peut pas fonctionner : dès que nos soldats sont engagés en opération, l’absence de munitions met rapidement en danger nos soldats qui n’ont plus les moyens nécessaires pour conduire leurs missions, voire pour se protéger des forces adverses.

Le constat de stocks échantillonnaires dépasse les frontières de l’Hexagone. Le général Richard Barrons, ancien chef d’État-major britannique, déclarait en février 2023 qu’après des années de réduction des livraisons, « pour certains types d’armes clés, l’armée serait à court de munitions après une après-midi chargée ». Il estimait que le Royaume-Uni disposait de stocks permettant uniquement de soutenir un engagement de haute intensité pendant une semaine environ.

Le principe de stricte suffisante fonctionne bien dans la dissuasion nucléaire mais il est trompeur, voire criminel pour les munitions et les missiles. La dissuasion fonctionne sur le principe de non-emploi, c’est-à-dire que l’existence de ces armes doit empêcher en soi une action de l’ennemi. Pour les munitions et les missiles, il est nécessaire d’engager ces armes face à l’adversaire pour le contraindre à revoir ses plans et lui imposer notre volonté. C’est pourquoi, dans les armes conventionnelles, la quantité est une qualité en soi.

Il est difficile de connaître l’état des stocks de munitions, car il s’agit d’une donnée classifiée, et donc de jauger la pertinence des stocks actuels. Toutefois, il est très probable que la France et ses principaux alliés soient dans une situation semblable à celle du Royaume-Uni compte tenu des commandes très réduites qui ont été passées au cours des dernières années. Une situation des plus préoccupantes…

Entre les objectifs du discours sur l’économie de guerre et la réalité des engagements budgétaires, il y a un grand écart évident. Imposer un changement de tempo à l’industrie, qui a fonctionné à rythme ralenti pendant des années, était nécessaire mais ce changement de cadence et de volume ne peut être efficace qu’en accroissant aussi la taille des stocks à pourvoir.

Il ne faut pas confondre la logique de flux et la logique de stocks. Certes, l’industrie a réussi à accroître ses cadences de production de manière somme toute rapide en quelques mois, mais cet effort peut être vain si les armées ne révisent pas les stocks dont elles doivent disposer. Du point de vue militaire, le stock vient avant le flux, car il permet d’encaisser le choc de la bataille. Et le flux est nécessaire pour maintenir le niveau des stocks de manière à préserver une capacité d’engagement permettant de contenir l’adversaire et, si possible, de le repousser.

Afin d’être capables de répondre à une menace majeure (la pierre d’angle de toute défense efficace et crédible), deux objectifs sont prioritaires : accroître les stocks de munitions et augmenter la capacité de production.Ces deux dimensions sont liées. Les commandes justifient un accroissement des capacités de production en augmentant les moyens de fabrication et en accroissant les achats intermédiaires. Une capacité de production plus importante permet de régénérer rapidement les stocks en cas de consommation accélérée ou inattendue.

Le changement de tempo doit concerner l’État tout autant que l’industrie. It takes two to tango… Jean-Dominique Merchet soulignait le 22 février 2024 sur France Info que passer en économie de guerre, « cela veut dire des commandes. L’industriel ne va pas produire s’il n’a pas de commandes ». Ceci est en particulier vrai pour les PME et ETI qui n’ont pas une trésorerie aussi importante que les grands groupes qui, eux, dépendent des livraisons de leurs partenaires industriels pour être en mesure de répondre aux besoins des armées.

Rheinmetall va produire 700.000 obus en 2024 tous pays confondus, alors que la France peut en produire seulement 3.000 par mois (ce qui représente déjà un triplement de la production par rapport à 2022). Il n’y a pas là de miracle. En 2023, le groupe allemand a conclu un accord-cadre avec la Bundeswehr d’une valeur globale de 1,2 milliard d’euros d’ici à 2029. Ceci explique que Rheinmetall puisse investir 300 millions d’euros pour agrandir sa capacité de production à Unterlüß.

 Le Royaume-Uni a passé des commandes de munitions à BAE Systems pour 430 millions de livres sterling en 2023, qui font partie d’un accord-cadre de 2,4 milliards sur 15 ans appelé Next Generation Munitions Solution. Pour Charles Woodburn, PDG de BAE Systems, ce partenariat stratégique de long terme avec le ministère britannique de la Défense « permettra d’augmenter considérablement la production et de maintenir une capacité souveraine vitale pour fournir des munitions de pointe » (obus de 155 mm et 30 mm et cartouches de 5,56 mm).

Même des pays plus petits s’engagent dans ces contrats pluriannuels. Ainsi, la Belgique négocie actuellement un contrat d’une valeur de 1,7 milliard d’euros avec FN Herstal, qui permettra d’ouvrir de nouvelles lignes de production.

La constance est un élément important pour disposer des capacités industrielles adéquates. Le ministère des Armées examine en ce moment la réimplantation en France d’une capacité de production de munitions de petits calibres. Rappelons qu’un projet similaire piloté par Thales, NobelSport et Manurhin avait été envisagé sous Jean-Yves Le Drian en 2017. Si Florence Parly et Bercy n’avaient pas arrêté ce projet considéré non viable économiquement, la France serait aujourd’hui autonome en la matière. Pourtant, ces activités ont toujours été rentables en Allemagne, Scandinavie, Suisse, Italie, République tchèque… qui n’ont pas pour autant des besoins nationaux si différents de ceux de la France.

La constance est d’autant plus importante qu’accroître la production de munitions et de missiles prend du temps, plus encore s’il s’agit de développer de nouveaux moyens industriels. Grâce à son contrat-cadre au Royaume-Uni, BAE Systems va multiplier par huit sa capacité de production d’obus de 155 mm. Pour Woodburn, l’une des leçons du conflit en Ukraine est que, même si les entreprises peuvent accroître l’utilisation de l’outil industriel existant, « il y a des limites à ce que vous pouvez faire (…) Vous pouvez quasiment doubler votre débit en ajoutant des équipes et en exploitant votre capacité jusqu’à saturation, mais vous ne pouvez pas faire plus que doubler le volume de livraisons ».

Pour doubler ce volume, ajoute-t-il, cela prend du temps : il faut anticiper un délai de l’ordre de deux ans. Il s’agit ici d’une deuxième dimension essentielle : matériels, munitions et missiles sont des équipements complexes, requérant des multiples étapes de fabrication qui impliquent de nombreuses entreprises. Il n’est donc pas possible de commander à la dernière minute. L’enjeu porte notamment sur l’approvisionnement en matières premières et en produits élaborés de base comme les explosifs.

Cela veut dire que si l’État commande aujourd’hui, la filière industrielle ne sera pas capable de livrer le matériel correspondant avant plusieurs mois, voire plusieurs années. Même aux États-Unis, en dépit d’une industrie gigantesque comparée à celle de la France, les livraisons nécessitent des délais incompressibles en dépit de capacités industrielles prêtes à l’emploi. Pour produire un missile Patriot, il faut entre 35 et 40 mois.

Des commandes pluriannuelles (et non de vagues promesses qui n’engagent que ceux qui y croient) sont essentielles pour justifier des investissements massifs, longs à mettre en œuvre et nécessitant plusieurs années de production pour être amortis.Faute de commandes, serait-il raisonnable pour une entreprise d’accroître ses investissements et de produire par anticipation « juste au cas où » ?

Les stocks de munitions et de missiles ont bien entendu un coût. Au Royaume-Uni, le général Barrons estimait en 2023 dans une tribune publiée par le Sun que « reconstruire l’armée afin qu’elle puisse faire face à une attaque surprise russe coûterait 3 milliards de livres sterling en plus des dépenses déjà programmées chaque année pendant la décennie à venir ».

Un chiffre équivalent serait certainement nécessaire pour la France au-delà de ce que la LPM 2024-2030 prévoit déjà : 16 milliards d’euros (2,3 milliards par an). Ce montant peut sembler important, mais il faut garder en tête qu’un obus de 155 mm coûte 4.000 euros pièce, un obus intelligent type Bonus 30.000 euros, un missile Mistral 300.000 euros et un missile Aster 2 millions d’euros. Compte tenu des niveaux de consommation en situation de guerre, les budgets actuels sont nettement insuffisants et ne couvrent que les besoins déjà identifiés avant 2022.

Cette approche par la dépense est d’ailleurs la raison qui a conduit les décideurs publics, quelle que soit leur couleur politique, à réduire progressivement les stocks. Cependant, tout coût doit être mis en parallèle avec les bénéfices attendus. Ils constituent une assurance pour la sécurité internationale de la France à deux niveaux.

D’une part, les armées doivent être en mesure d’assurer dans la durée une réponse militaire à une menace. Sans de tels stocks, une armée n’est qu’un tigre de papier dont la réalité apparaît rapidement après le choc de l’affrontement. Que peuvent faire les troupes les mieux aguerries sans les moyens de leurs actions ? La constitution de stocks à bon niveau est une nécessité pour garantir de pouvoir tenir face à l’adversaire, comme le montrent une fois encore les difficultés que rencontrent les troupes ukrainiennes ces dernières semaines.

D’autre part, les stocks de munitions et de missiles participent de la protection de la France en crédibilisant notre capacité à faire face à une agression. En effet, l’épaisseur des moyens a, en soi, un effet dissuasif car l’adversaire doit en tenir compte lorsqu’il estime ses chances de victoire. Qui s’y frotte s’y pique… À l’inverse, l’absence de stocks peut donner à l’adversaire le sentiment qu’il pourrait rapidement nous faire plier.

De ce fait, les stocks sont certes une dépense mais ils contribuent en même temps à la posture de défense en crédibilisant nos armées dans leur capacité à agir et à tenir. Ils représentent un investissement qui entre pleinement dans l’équation de notre sécurité internationale et doivent être considérés au-delà d’une évaluation purement budgétaire. Une conclusion s’impose : nous ne sommes pas prêts à faire face à un contexte de guerre majeure face à un pays doté de moyens militaires conséquents. En conséquence, la France doit accroître les stocks de munitions pour garantir sa sécurité.

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* Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

Etat de guerre enfin reconnu en Russie

Etat de guerre enfin reconnu en Russie

La Russie qui pendant longtemps a considéré l’attaque de l’Ukraine comme une opération spéciale reconnaît aujourd’hui la situation de guerre.

Pour la première fois, la Russie se considère en « état de guerre » en Ukraine du fait de l’intervention des pays occidentaux, a déclaré le Kremlin, vendredi 22 mars.
  « Nous sommes en état de guerre. Oui, [l’invasion de l’Ukraine] a commencé comme une opération militaire spéciale, mais dès que l’Occident est devenu un participant au conflit et du côté ukrainien, cela est devenu une guerre pour nous », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov à l’hebdomadaire Argumenty i Fakty (« Faits et arguments »).  Dmitri Peskov a précisé que la Russie ne pouvait laisser exister à ses frontières un Etat capable de tout pour prendre le contrôle de la Crimée, considérée comme partie intégrante de la Russie par Moscou. Dans l’entretien, le porte-parole du Kremlin a également rappelé l’objectif du pouvoir russe : la conquête des régions ukrainiennes de Kherson, Donetsk, Lougansk et Zaporijjia.
 Le changement de ton est spectaculaire : depuis deux ans, le Kremlin réprimait (via des amendes et des peines de prison) l’utilisation du mot « guerre », parlant d’« opération militaire spéciale ».

Russie: Propos de voyous envers la France !

Russie : des insultes de voyous envers la France
Il y a sans doute un concours d’outrances partisanes de la part de l’entourage de Poutine. Des propos qui sont plus proches de ceux de voyous et de la mafia que de responsables. Des insultes qui démontrent aussi l’agacement de Moscou face à la mise en place d’une vraie stratégie de défense en Europe.

 

Le président de la République a réagi aux menaces du vice-président de la Douma, Piotr Tolstoï, qui a évoqué dans un entretien à BFMTV la possibilité d’envoyer une bombe nucléaire sur Paris. Une menace déjà proférée à plusieurs reprises par Medvedev sous l’effet de la colère feintes et surtout de la vodka.

À l’issue du Conseil européen ce vendredi 22 mars, Emmanuel Macron a dénoncé de récents propos virulents de dirigeants russes à l’encontre de la France, et notamment du vice-président de la Douma Piotr Tolstoï, y voyant un signe patent de « nervosité ».

Piotr Tolstoï, a récemment évoqué dans un entretien à BFMTV la possibilité d’envoyer une bombe nucléaire sur Paris. Il avait notamment promis la mort à tout soldat français venant sur le sol ukrainien, ou s’en était pris à l’homosexualité du Premier ministre Gabriel Attal.

« Je pense que leur indignité suffit à ne pas les commenter », a jugé le président français en réponse à la question d’un journaliste à Bruxelles, confiant son « étonnement d’une telle nervosité et d’un tel manque de nerfs chez les responsables russes ».

Russie: surprise ! Poutine réélu

Russie: surprise ! Poutine réélu 

 

On connaît par avance les résultats de l’élection russe, un score sans doute encore sans précédent. Rien d’étonnant à cela le score est déjà fixé avant le  avant le dépouillement. En cause, évidemment l’interdiction aux vrais candidats de position de se présenter. Et des candidats fantoches pour donner l’impression d’une démocratie dans un pays devenu totalitaire depuis que le voyou criminel Poutine a pris le pouvoir.

Pour lui,  le résultat est aussi existentiel. En effet la stratégie du dictateur est de créer un climat de tension permanent avec l’extérieur pour entretenir le nationalisme récurrent en Russie quitte à faire accepter des conditions de vie encore plus dures.

C’est grâce à ce climat guerrier que Poutine peut maintenir un état d’exception et la loi martiale permanente. Sans parler évidemment des exactions de l’ancien KGB (FSB aujourd’hui) qui permet d’éliminer, d’empoisonner et de tuer les opposants présents en Russie et même à l’étranger.

De toute manière même si Poutine était élu avec 100 % des voix, personne ne s’en étonnerait tellement cette consultation est complètement bidon. Le pire évidemment c’est que cette posture illibérale inspire nombre de pays dits du sud global dont les responsables contestent en réalité la démocratie qui menace leur place.

Russie: Poutine élu avec 120 % des voix

Russie: Poutine élu avec 120 % des voix

 

On connaît par avance les résultats de l’élection russe, un score sans doute encore sans précédent. Rien d’étonnant à cela le score est déjà fixé avant le  avant le dépouillement. En cause, évidemment l’interdiction aux vrais candidats de position de se présenter. Et des candidats fantoches pour donner l’impression d’une démocratie dans un pays devenu totalitaire depuis que le voyou criminel Poutine a pris le pouvoir.

Pour lui,  le résultat est aussi existentiel. En effet la stratégie du dictateur est de créer un climat de tension permanent avec l’extérieur pour entretenir le nationalisme récurrent en Russie quitte à faire accepter des conditions de vie encore plus dures.

C’est grâce à ce climat guerrier que Poutine peut maintenir un état d’exception et la loi martiale permanente. Sans parler évidemment des exactions de l’ancien KGB (FSB aujourd’hui) qui permet d’éliminer, d’empoisonner et de tuer les opposants présents en Russie et même à l’étranger.

De toute manière même si Poutine était élu avec 120 % des voix, personne ne s’en étonnerait tellement cette consultation est complètement bidon. Le pire évidemment c’est que cette posture illibérale inspire nombre de pays dits du sud global dont les responsables contestent en réalité la démocratie qui menace leur place.

La Russie ne doit pas gagner ( Macron)

L a Russie ne doit pas gagner ( Macron)

 

D’une certaine manière,  Macron n’a pas apporté d’éléments nouveaux après qu’il eut déclaré que le pays ne s’interdisait rien face à Poutine. Le problème sans doute c’est que Macron a dit précipitamment ce que pensent nombre d’autres Etats . Surtout dans la perspective d’un désengagement américain en Europe. Mais pour des problèmes politiques internes ( en Allemagne par exemple où le pouvoir est très affaibli), il ne faut pas le dire publiquement. Macron cependant a  rassuré concernant l’éventualité de l’utilisation de l’arme nucléaire mais aussi sur la présence de troupes françaises offensives en Ukraine.

Macron pour une fois à raison car la menace se précise sur Odessa, clé de la mer Noire et enjeux stratégique et économique pour l’Ukraine.

« Nous avons un objectif: la Russie ne peut pas et ne doit pas gagner cette guerre », a donc déclaré à la télé d’entrée Macron. L’enjeu est existentiel pour notre Europe et pour la France » .Toutefois la France ne prendra pas l’initiative a rassuré Macron. Toutefois, « jamais nous ne mènerons d’offensive, jamais nous ne prendrons l’initiative ».

Alors que 61% des Français jugent que Vladimir Poutine est une menace réelle pour la sécurité de la France, d’après un sondage de l’institut Elabe pour BFMTV, Emmanuel Macron a assuré qu’une victoire russe en Ukraine « changerait » la vie des Français.

« Si la Russie venait à gagner, la vie des Français changerait. Nous n’aurions plus de sécurité en Europe. Qui peut penser que Poutine s’arrêterait là? La sécurité de l’Europe se joue là-bas », a-t-il averti.

Vladimir Poutine suit une « dérive répressive et autoritaire qui a fait le choix d’être une puissance de déstabilisation ».

Face au « durcissement » du régime de Vladimir Poutine, Emmanuel Macron espère que « ce début d’année 2024″ soit « pour nous celui du sursaut ».

C’est pourquoi il se rendra dans les prochaines semaines en Ukraine. Ce voyage, qui a été repoussé plusieurs fois, a pour « utilité de mettre en œuvre un sursaut ». Le chef de l’État l’abordera une nouvelle fois ce vendredi lors d’un déplacement à Berlin, en Allemagne.

Interrogé sur la « modeste » production journalière d’obus en France, Emmanuel Macron a reconnu que « nous n’avons pas une industrie de défense adaptée à une guerre de haute intensité territoriale qui n’est dans aucun de nos pronostics ».

 

Par ailleurs concernant la Palestine, le président a rappelé la « condamnation implacable » de la France aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël tout en rappelant à Israël sa « responsabilité » de « respecter le droit humanitaire et le droit international » à Gaza.

Comme déclaré précédemment, le chef de l’État a insisté sur l’appel de Paris à une trêve « dès le mois d’octobre » et demandé « une réponse politique aux droits des Palestiniens à avoir un État ».

Russie–Medvedev, l’alcoolique notoire, délire

Russie–Medvedev, l’alcoolique notoire,  délire

 

L’ancien président de la Russie Medvedev choisi par Poutine pour assurer pendant un court instant la présidence ( le temps que Poutine la reprenne), est un alcoolique notoire. En outre, un inconstant puisqu’il avait tenté un rapprochement entre l’Occident et la Russie. Ce que précisément Poutine lui reproche. Du coup l’intéressé le plus souvent sou l’emprise de l’alcool doit montrer sa radicalité à Poutine. Ainsi par exemple il menace régulièrement l’Occident de bombardements nucléaires. Sans parler des injures qui sentent la vodka.

« Macron s’apprête à se rendre à Kiev? Mais c’est un trouillard zoologique! », a écrit sur son compte X, anciennement Twitter, l’allié de Vladimir Poutine habitué des frasques cinglantes.

Les deux chefs d’État ont « convenu de rester en étroit contact, notamment concernant la visite du président de la République en Ukraine, qui devrait intervenir dans les prochaines semaines », selon un communiqué de la présidence française.
Dmitry Medvedev a alors donné des conseils au président français, avec des termes assez crus. « Quoi qu’il en soit: je recommande à son bureau de prendre plusieurs paires de caleçons! Ça sentira très fort… », a-t-il lancé.

Et d’ajouter: « J’ai écrit ça ce matin et je n’ai pas eu le temps de le publier! Et le soir il s’était déjà chié dessus. Pauvre France! »

 

Bref le langage des voyous de la mafia qui détienne aujourd’hui le pouvoir en Russie.

Russie : une rhétorique de caniveau

Russie : une rhétorique de caniveau

 

La rhétorique du pouvoir russe tombe de plus en plus bas dans le caniveau quand la télévision officielle qualifie le président de la république française : « de merde qui pue ».

En faite rien d’étonnant à ce discours d’une vulgarité déconcertante car la plupart des soutiens et des proches de Poutine sont issus des réseaux mafieux de Saint-Pétersbourg et de l’ancien KGB. Ils s’expriment comme les voyous qu’ils ont été et demeurent. Poutine lui-même est très médiocre intellectuellement. Il a fait de très mauvaises études secondaires puis a suivi les cours de crimes inspirés du KGB pour finir officier de second rang expédié en Allemagne de l’Est. C’est surtout grâce à l’appui des réseaux mafieux autour de Saint-Pétersbourg qu’il a pu ainsi accéder pouvoir suprême. On comprend mieux le personnage et les déclarations russes à partir de l’histoire de Poutine.
Le mardi 27 février, l’animateur de la chaîne de télévision Russie 1 – réputé pour ses propos outranciers et ses provocations – s’est donc  à nouveau illustré en insultant le président de la République.

« Macron est bien sûr un crétin phénoménal, il a complètement perdu la tête. Tu veux t’en prendre à la Russie? Alors choisis une ville française que tu veux rayer de la carte », lance Vladimir Soloviev.

« Toi, salaud de nazi, héritier de Pétain, tu penses que tu peux frapper la Russie impunément? Dans ce cas tu n’as rien compris à notre pays », estime  l’animateur de télévision russe.

Russie et Défense- L’urgence du retour du service militaire

Défense- L’urgence du retour du service militaire

Le président a parlé à plusieurs reprises de réarmement. Un mot mis à toutes les sauces y compris pour le réarmement civique. Sans doute pas à travers le service national de quelques jours, ni civique, ni militaire et qui ressemble plutôt une colonie de vacances. Pourtant, Plusieurs facteurs militent en faveur de l’urgence d’un service obligatoire à vocation militaire. Il y a d’abord l’environnement conflictuel avec la politique agressive d’expansion de Poutine et sa phobie de l’ancien empire russe. Poutine multiplie les attaques en Europe de l’Est, en Finlande et bien sûr en Ukraine. Il N’a jamais admis l’éclatement de la puissante union soviétique. En outre, ce dictateur a besoin de ranimer en permanence la flamme des nationalistes pour jeter un voile pudique sur la dictature et sur le détournement de fonds par les oligarques et lui-même.

Il y a fort à parier que Trump ( s’il est réelu) pourra s’accommoder d’un désengagement des moyens américains au service de l’Europe. Par ailleurs en Europe -et en France compris- l’esprit de Munich prévaut vis-à-vis de la Russie à l’extrême gauche comme à l’extrême droite. Beaucoup seraient prêts à offrir l’Ukraine à la Russie en échange de la paix pour le reste de l’Europe. Un raisonnement hypocrite et à courte vue évidemment. Dans le même temps, la Russie attaque sur tous les fronts dans tous les pays influencés par les occidentaux ( voir à cet égard les échecs successifs de la France au Mali, Burkina Faso , au Niger et ailleurs). Partout la Russie avance ses pions . La Russie qui trouve des alliés de circonstance chez les dirigeants de régime autoritaire encore nombreux dans le monde.

On objectera que la France est sans doute l’un des seuls pays européens avec la Grande-Bretagne toutefois à disposer d’un système de défense complet mais une armée cependant miniature : exemple un seul porte-avions et seulement 160 000 hommes, l’équivalent de ce dont dispose l’Ukraine. Quand la Russie dispose de 10 fois plus de troupes en plus évidemment des technologies. Mais contrairement aux dires de pseudo experts, les troupes au sol ne sont pas incompatibles avec la technologie, elles se complètent et les conflits tant en Ukraine qu’à Gaza démontrent encore l’importance des troupes au sol.

La seconde raison qui justifierait le rétablissement du service militaire est davantage sociétale. Il s’agirait de réhabiliter le grand brassage sociologique que permettait le service obligatoire. En outre, un service qui pourrait être utile pour contribuer à revaloriser le concept de discipline et d’effort.

La plupart des experts militaires et les militaires eux-mêmes s’opposent à la résurgence d’un service militaire au motif que la France n’aurait pas les moyens d’une part et que la défense a technologiquement évolué dans son contenu. Notons cependant que dans toutes les opérations extérieures effectifs et technologies ont été totalement complémentaires. En dernier ressort, ce sont surtout les troupes au sol qui payent le prix de la guerre. En cas de conflit d’ampleur, sans formation on envoie à la boucherie des jeunes et des moins jeunes non formés. Ce qu’on constate par exemple chez les russes mais aussi en Ukraine.

Les États-Unis ne supporteront pas ad vitam aeternam les coûts du parapluie militaire américain. L’Europe devra assurer sa défense. Et de ce point de vue l’objectif d’atteindre 2 % du pour les dépenses militaires est complètement inadapté aux enjeux quand il faudrait 6 ou 7 % et que les Russes consacrent 30 % de leur budget aux dépenses de l’armée.

La dernière raison qui justifie la réhabilitation du service militaire obligatoire c’est la nécessité de diffuser à nouveau dans l’opinion les valeurs attachées à la nation aujourd’hui éclatées pour des raisons sociétales voire religieuses.

Ce n’est pas la dernière minute qu’il conviendra de réajuster sérieusement la politique de défense. La stratégie dans ce domaine comme d’ailleurs dans d’autres demandes lucidité, courage et continuité. Le contraire de ce qu’on a fait en supprimant lâchement le service militaire ou en conviant les jeunes à quelques jours de colonies de vacances dans le cas d’un pseudo service national.

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