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Guerre Ukraine : les russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

Guerre Ukraine : les russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

 

 

Poutine accumule les échecs. D’abord il n’a pas réussi son pari de s’emparer en quelques jours de la totalité de l’Ukraine. Pire aujourd’hui les forces russes ont plutôt tendance à reculer sous la pression ukrainienne. Le risque évidemment c’est un geste désespéré de Poutine pour sauver sa place et son régime. Politiquement son opération constitue un échec retentissant puisque non seulement il n’a pas soumis la totalité de l’Ukraine mais qu’en plus il y a désormais un renforcement et une recomposition de l’OTAN avec les prochaines adhésions de la Finlande et de la Suède. Sans parler de la misère sociale qui s’installe en Russie où on commence à manquer de tout et avec une inflation de 20 à 30 %.. Or, depuis le début de la guerre, les forces militaires russesse réduisent comme une peau de chagrin. En quatre-vingt jours, elles sont d’abord passées de 600 km à un peu moins de 200 pour atteindre aujourd’hui à peine 30, autour de la ville de Sievierodonetsk.

On voit mal comment pourrait se terminer cette guerre dans le cadre d’un compromis. Politiquement, Poutine ne peut pas se permettre une défaite ; inversement les ukrainiens n’accepteront pas facilement de lâcher certaines provinces russophones de l’Est. On risque de s’installer dans une situation de longue guerre notamment près du Dombass avec aussi des manœuvres russes pour déstabiliser dans le monde certain pays en mal de démocratie notamment en Afrique voire au Moyen -orient.  Mais on ne peut non plus exclure le pire avec la menace nucléaire.

 

Ukraine : les forces russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

Ukraine : les forces russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

 

 

Poutine accumule les échecs. D’abord il n’a pas réussi son pari de s’emparer en quelques jours de la totalité de l’Ukraine. Pire aujourd’hui les forces russes ont plutôt tendance à reculer sous la pression ukrainienne. Le risque évidemment c’est un geste désespéré de Poutine pour sauver sa place et son régime. Politiquement son opération constitue un échec retentissant puisque non seulement il n’a pas soumis la totalité de l’Ukraine mais qu’en plus il y a désormais un renforcement et une recomposition de l’OTAN avec les prochaines adhésions de la Finlande et de la Suède. Sans parler de la misère sociale qui s’installe en Russie où on commence à manquer de tout et avec une inflation de 20 à 30 %.. Or, depuis le début de la guerre, les forces militaires russesse réduisent comme une peau de chagrin. En quatre-vingt jours, elles sont d’abord passées de 600 km à un peu moins de 200 pour atteindre aujourd’hui à peine 30, autour de la ville de Sievierodonetsk.

On voit mal comment pourrait se terminer cette guerre dans le cadre d’un compromis. Politiquement, Poutine ne peut pas se permettre une défaite ; inversement les ukrainiens n’accepteront pas facilement de lâcher certaines provinces russophones de l’Est. On risque de s’installer dans une situation de longue guerre notamment près du Dombass avec aussi des manœuvres russes pour déstabiliser dans le monde certain pays en mal de démocratie notamment en Afrique voire au Moyen -orient.  Mais on ne peut non plus exclure le pire avec la menace nucléaire.

 

 

Guerre en Ukraine: Russes et Biélorusses interdits de compétition internationale ?

Guerre en Ukraine: Russes et Biélorusses interdits de compétition internationale ?

En recommandant aux différentes fédérations de bannir les athlètes russes et biélorusses, le Comité international olympique montre enfin sa clarté.

Par Nicolas Lepeltier dans le « Monde »

 

 

Analyse.

En excluant la Russie et la Biélorussie des compétitions internationales dans une quasi-unanimité, le mouvement sportif a donné l’image d’une « famille » unie comme rarement. Le Comité international olympique (CIO), patron du sport mondial, a réagi dès le 28 février, quatre jours après l’invasion militaire russe en Ukraine.

Dans son communiqué, le CIO recommandait « aux fédérations internationales de sport et aux organisateurs d’événements sportifs de ne pas inviter ou de permettre la participation d’athlètes et d’officiels russes et biélorusses aux compétitions internationales ».

Message reçu et suivi d’effet le jour même par la Fédération internationale de football (FIFA) et par l’Union européenne de football (UEFA) : dans une décision conjointe, les deux puissantes organisations privaient l’équipe russe du Mondial de football au Qatar (du 21 novembre au 18 décembre) et les clubs russes de toute compétition européenne, dont la lucrative Ligue des champions – la finale a été délocalisée de Saint-Pétersbourg au Stade de France, à Paris.

Par un effet domino, l’écrasante majorité des fédérations sportives, sauf l’ITF notamment, qui régit le tennis – les organisateurs du tournoi de Wimbledon (Royaume-Uni) ont toutefois décidé, le 20 avril, d’exclure les joueurs russes et biélorusses du prochain tournoi en juillet – ont suivi l’appel du CIO, réduisant ainsi le sport russe à l’état de paria. Un sort jusqu’alors réservé à l’ex-Yougoslavie du début des années 1990 et à l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Rapide, historique, la prise de position de l’instance olympique, basée à Lausanne (Suisse), a surpris. « En l’espace de quelques jours, la famille du sport était presque au grand complet pour expliquer à quel point il fallait prendre des sanctions dures contre la Russie », s’étonne encore Carole Gomez, directrice de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques.

Une position surprenante en effet quand, ces dernières années, le CIO s’était plutôt fait remarquer par sa frilosité, au nom de sa traditionnelle « neutralité politique », à s’engager sur le terrain du respect des droits humains.

Mais, à y regarder de près, le CIO ne s’est pas mué en ardent défenseur des droits humains dès les premiers coups de canon tirés sur Kiev. Dans son texte du 28 février, l’organisation, qui compte plus de comités nationaux olympiques (206) qu’il n’y a d’Etats membres aux Nations unies, ne fait que « recommander » le bannissement des athlètes russes et biélorusses ; elle ne prend pas cette décision elle-même, mais laisse le soin aux fédérations internationales d’y procéder.

Tennis Wimbledon: russes et biélorusses exclus

Tennis Wimbledon: russes et biélorusses exclus

L’ATP, association qui régit le le circuit masculin de premier plan (sauf les Grands Chelems), a critiqué la décision de Wimbledon d’exclure les athlètes russes et biélorusses du plus prestigieux tournoi sur gazon de l’année, mercredi 20 avril. La WTA, qui gère le circuit féminin, lui a emboité le pas. Cette décision a également été prise par la LTA, fédération britannique de tennis pour tous les tournois disputés outre-Manche.

L’association assure que les joueurs russes et biélorusses seront toujours autorisés à jouer les tournois ATP sous drapeau neutre, comme depuis le début de l’invasion russe en Ukraine. La WTA a embrayé le pas de l’ATP par un communiqué publié plus tard dans la soirée. L’organisation souligne, elle aussi, le caractère discriminatoire d’une telle mesure et se dit « décue des annonces du jour ».

Une position que ne partage pas l’athlète ukrainienne Elina Svitolina, épouse de Gaël Monfils, très engagée depuis le début de l’invasion. Dans un tweet, la joueuse a demandé aux joueurs et joueuses concernés de prendre position contre l’invasion ukrainienne et de les suspendre en cas de réponse négative. « Il est des temps où le silence est une trahison et ce moment est venu« , affirme-t-elle.

Politique: La paranoïa de Poutine et des Russes

Politique: La paranoïa de Poutine et des Russes

 

En lançant une guerre ouverte avec l’Ukraine, Moscou semble avoir rompu avec sa stratégie de contournement de la lutte armée interétatique héritée de la fin de la guerre froide, analyse Dimitri Minic, spécialiste de la pensée stratégique russe, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

Dans son discours de célébration de l’annexion de la Crimée, le 18 mars 2014, Vladimir Poutine déclarait : « En somme, nous avons toutes les raisons de croire que la fameuse politique d’endiguement de la Russie, qui a été menée aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles, se poursuit aujourd’hui. » Loin d’être isolée, cette perception de l’histoire et du monde est largement partagée parmi les élites politico-militaires russes. Ces dernières étaient convaincues que l’Union soviétique avait été battue après la guerre froide, lors d’un conflit indirect pensé et orchestré par Washington pour détruire le pays.

Forts de cette croyance, les stratèges russes ont dès le début des années 1990 théorisé le contournement de la lutte armée interétatique comme moyen d’atteindre les objectifs politiques et stratégiques de Moscou. Cette longue réflexion a porté ses fruits lorsque le chef d’état-major général russe, Valéri Guerassimov, a exposé, en 2013, l’importance considérable prise par les moyens non militaires (notamment informationnels, cybernétiques, économiques et diplomatiques) et militaires indirects (forces spéciales et paramilitaires, ou démonstrations de force) dans la confrontation interétatique. Si Moscou a mis en œuvre cette stratégie indirecte un peu partout dans le monde, de l’Europe à l’Afrique en passant par l’« étranger proche », l’Ukraine fut, dès 2004, et plus directement depuis 2014, un véritable laboratoire de tout ce que la stratégie indirecte peut compter d’instruments d’influence, de pression et d’action sous le seuil de la lutte armée interétatique.

Pourtant, le 24 février, Vladimir Poutine a déclenché une guerre ouverte contre l’Ukraine. Plusieurs facteurs l’ont poussé à prendre cette décision qui représente, en apparence seulement, une rupture stratégique. Si les stratèges russes ont jusqu’à présent privilégié le contournement de la lutte armée interétatique pour atteindre les objectifs de l’Etat, ils n’ont ni exclu la possibilité de la mettre en œuvre ni délaissé sa conceptualisation. Il serait donc plus juste de parler d’« option extrême » que de rupture stratégique.

Pour comprendre ce choix extrême du président russe, il est nécessaire de prendre en compte la représentation qu’ont les élites politico-militaires russes de l’environnement stratégique. Cette vision est d’abord traversée par des croyances centrales : le monde est hostile à la Russie d’une part, et les Etats-Unis sont omniscients et omnipotents d’autre part. Elle est aussi marquée par un mode de pensée spécifique : à la fois une relative négation de l’autonomie de l’individu et des volontés collectives spontanées et une difficulté à concevoir que des événements puissent être le fait du hasard, et non forcément d’une manipulation.

Sanctionner la Russie mais pas les Russes ?

Sanctionner la Russie mais pas les Russes ?

Une réflexion d’ensemble s’impose sur le thème des sanctions scientifiques, non seulement pour ménager, à l’avenir, des espaces de collaboration avec la Russie, mais aussi pour anticiper d’autres crises possibles, notamment avec la Chine, affirment, dans une tribune au « Monde », la politiste Stéphanie Balme et le physicien Pierre Lemonde.

 

Un article intéressant mais qui pose les difficultés de sanctionner un pays en épargnant la science. Autrement dit comment sanctionner la Russie mais pas les Russes, demain la Chine mais pas les chinois NDLR

 

Tribune. 

 Depuis l’invasion de l’Ukraine, un train de sanctions scientifiques historique par son ampleur s’est abattu sur la Russie de Vladimir Poutine. Normalement centrée sur des actions de coopération, la diplomatie scientifique doit aujourd’hui se réinventer face à la guerre. Les sanctions mettent en avant la volonté de promouvoir une « Europe-puissance » démocratique en matière de science et d’enseignement supérieur, ce que reflète la « Déclaration de Marseille relative à la coopération internationale en matière de recherche et d’innovation », publiée le 9 mars à la suite de la conférence des ministres de l’Union européenne.

Dès le 25 février, une pétition de chercheurs et de journalistes scientifiques russes s’opposant à la guerre avait recueilli des centaines de signatures, devenues par la suite des milliers, dont celles de membres éminents de l’Académie des sciences de Russie. Constatant que la Russie s’était « condamnée à l’isolement sur la scène internationale », ce texte ajoutait : « Cela signifie que nous, les chercheurs, ne pourrons désormais plus faire nos recherches normalement, tant il est vrai que l’avancement des recherches scientifiques est impensable sans coopération approfondie avec les collègues des autres pays. »

Le 28 février, un texte du Conseil des jeunes scientifiques ukrainiens réclamait l’arrêt immédiat de toute coopération académique avec la Russie.

Cet appel a été suivi, chronologiquement, par l’Alliance des organisations scientifiques allemandes puis par l’Union européenne et de nombreux pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sous la forme d’un gel de nouvelles collaborations institutionnelles, du boycott d’événements scientifiques internationaux et de la mise en place de dispositifs d’accueil unifiés pour les étudiants comme pour les réfugiés scientifiques ukrainiens (et parfois russes).

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a aussi annoncé mettre fin à onze ans de coopération avec Skoltech, un institut de recherche privé basé à Moscou qui formait jusque-là la fine fleur de la jeune tech russe. De même, la conférence quadriennale de l’Union mathématique internationale, responsable de l’attribution de la médaille Fields et qui devait se réunir en juillet à Saint-Pétersbourg, se tiendra finalement en ligne et sans les cerveaux russes.

Le 9 avril, à la suite des révélations des atrocités perpétrées contre les civils ukrainiens, notamment à Boutcha et à Marioupol, l’Europe a décrété l’arrêt de la participation de tous les organismes publics russes à ses programmes-phares de financements de la recherche et de la mobilité que sont Horizon Europe, Euratom et Erasmus+. Seule la Chine, parmi les dix principaux pays scientifiques collaborateurs de la Fédération de Russie, a choisi de maintenir ses collaborations.

 

Mali : juger aussi les criminels de guerre russes

Mali : juger aussi les criminels de guerre russes

 

 

L’armée malienne et des miliciens russes sont accusés d’avoir tués des centaines d’habitants de Moura, fin mars. Comme en Ukraine, des forces aux ordres de Vladimir Poutine sont impliquées. La Cour pénale internationale se doit d’enquêter et de traduire en justice les dirigeants incriminés.

 

Editorial du « Monde ».

 

Certaines concomitances renforcent le caractère tragique de l’actualité. Au moment même où, dimanche 3 avril, à Boutcha, en Ukraine, étaient découverts des centaines de cadavres de civils après le départ de l’armée russe, un autre massacre était révélé : celui dont ont été victimes, entre le 27 et le 31 mars, des centaines d’habitants de Moura, un village situé au centre du Mali. Dans cette zone contrôlée par des djihadistes affiliés à Al-Qaida, les forces armées maliennes et des paramilitaires blancs identifiés comme appartenant au groupe russe Wagner ont, lors d’une opération antiterroriste, tué des centaines d’habitants.

Des soldats maliens et des miliciens russes ont rassemblé des hommes et procédé à des exécutions sommaires. Des fosses communes auraient été creusées par les villageois eux-mêmes. Ce scénario de l’horreur, recoupé par plusieurs sources, s’est soldé par la mort de « 203 combattants », selon le communiqué triomphant de l’armée malienne, qui se félicite d’avoir « procédé aux nettoyages systématiques de toute la zone ». Un bilan que l’ONG Human Rights Watch porte à « environ 300 hommes civils, dont certains soupçonnés d’être des combattants islamistes ».

La résonance entre le massacre de Boutcha et celui de Moura ne se limite pas à leur simultanéité et à une logique comparable, qui évoque clairement des crimes de guerre. Elle tient à l’implication, dans les deux cas, de forces aux ordres de Vladimir Poutine, puisque sont avérés les liens de la milice Wagner avec le président russe. Seule différence notable : alors que les événements d’Ukraine sont amplement médiatisés, images et témoignages de journalistes à l’appui, ceux du Mali se sont déroulés sans aucun témoin extérieur. La présence du millier de mercenaires russes continue même d’être niée par les militaires putschistes au pouvoir à Bamako.

Tout se passe comme si le départ programmé des troupes françaises de l’opération « Barkhane » précipitait la fuite en avant autoritaire des militaires maliens et leur collaboration avec le régime russe. Le Mali, où des médias sont bâillonnés et les voix discordantes menacées, est en proie à un inquiétant déchaînement de violence. Recrudescence de la violence djihadiste d’un côté, massacres de civils perpétrés par l’armée malienne épaulée par Wagner de l’autre, avec un niveau de brutalité jamais atteint.

L’arrivée des mercenaires russes, connus pour leurs exactions en Libye et en Centrafrique, accélère une dérive marquée par une logique de « nettoyage ». Particulièrement alarmant apparaît le déferlement de ferveur patriotique que la junte malienne parvient à susciter à chaque « succès éclatant » des forces armées, dans un pays secoué depuis plus d’une décennie par le djihadisme et menacé d’éclatement.

En Afrique comme en Ukraine, les responsables de crimes de guerre doivent être jugés. La justice internationale doit être dotée de tous les moyens pour enquêter sur les massacres qui, en suscitant haine et désir de vengeance, ne font qu’alimenter une spirale de violence destructrice. Les exemples de l’ancien président du Liberia Charles Taylor, condamné à cinquante ans de prison en 2012 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ou celui de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, mort en 2006 en prison, montrent que des dirigeants impliqués dans de telles atteintes à la vie humaine peuvent être dûment traduits en justice.

Des exactions russes aussi au Mali ?

Des exactions russes aussi au Mali ?

 

 

D’après l’armée malienne, plus de 200 personnes considérées comme des terroristes auraient été tuése. En fait il pourrait aussi s’agir de civils victimes de soldats maliens mais surtout des mercenaires russes du groupe wagner. . Vendredi, l’état-major malien invitait «les populations à la retenue contre les spéculations diffamatoires à l’encontre» des forces armées maliennes. Mais les réactions internationales, de Washington à Paris en passant par l’Union européenne et les Nations unies, témoignent que cette version des faits est vivement contestée. La France s’est ainsi dite «préoccupée par les informations faisant état d’exactions massives dans le village de Moura par des éléments des forces armées maliennes accompagnées de mercenaires russes du groupe Wagner, et qui auraient causé la mort de centaines de civils», a indiqué un communiqué du Quai d’Orsay.

 

Dès samedi, la Minusma avait pour sa part indiqué être «informée des confrontations» entre l’armée malienne et des groupes extrémistes et reconnu être «très préoccupée par les allégations de violences» contre des civils. Idem du côté du département d’État américain, qui avait jugé dimanche «extrêmement dérangeantes» ces allégations, en citant elle aussi la société Wagner. «Ces informations contradictoires illustrent le besoin urgent pour les autorités de transition malienne de donner un accès libre, sûr et sans entrave aux enquêteurs dans la zone où ces événements tragiques se sont déroulés». Les violences djihadistes ont fait des dizaines de morts civils au cours des dernières semaines dans le centre-est du Mali et la région dite des trois frontières (entre Mali, Niger et Burkina Faso), selon la Minusma.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé l’armée malienne et ses «partenaires bilatéraux», dans un rapport remis récemment au Conseil de sécurité, à respecter lors des opérations antiterroristes leurs «obligations internationales».

 

La paranoïa de Poutine et des Russes

La paranoïa de Poutine et des Russes

 

En lançant une guerre ouverte avec l’Ukraine, Moscou semble avoir rompu avec sa stratégie de contournement de la lutte armée interétatique héritée de la fin de la guerre froide, analyse Dimitri Minic, spécialiste de la pensée stratégique russe, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

Dans son discours de célébration de l’annexion de la Crimée, le 18 mars 2014, Vladimir Poutine déclarait : « En somme, nous avons toutes les raisons de croire que la fameuse politique d’endiguement de la Russie, qui a été menée aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles, se poursuit aujourd’hui. » Loin d’être isolée, cette perception de l’histoire et du monde est largement partagée parmi les élites politico-militaires russes. Ces dernières étaient convaincues que l’Union soviétique avait été battue après la guerre froide, lors d’un conflit indirect pensé et orchestré par Washington pour détruire le pays.

Forts de cette croyance, les stratèges russes ont dès le début des années 1990 théorisé le contournement de la lutte armée interétatique comme moyen d’atteindre les objectifs politiques et stratégiques de Moscou. Cette longue réflexion a porté ses fruits lorsque le chef d’état-major général russe, Valéri Guerassimov, a exposé, en 2013, l’importance considérable prise par les moyens non militaires (notamment informationnels, cybernétiques, économiques et diplomatiques) et militaires indirects (forces spéciales et paramilitaires, ou démonstrations de force) dans la confrontation interétatique. Si Moscou a mis en œuvre cette stratégie indirecte un peu partout dans le monde, de l’Europe à l’Afrique en passant par l’« étranger proche », l’Ukraine fut, dès 2004, et plus directement depuis 2014, un véritable laboratoire de tout ce que la stratégie indirecte peut compter d’instruments d’influence, de pression et d’action sous le seuil de la lutte armée interétatique.

Pourtant, le 24 février, Vladimir Poutine a déclenché une guerre ouverte contre l’Ukraine. Plusieurs facteurs l’ont poussé à prendre cette décision qui représente, en apparence seulement, une rupture stratégique. Si les stratèges russes ont jusqu’à présent privilégié le contournement de la lutte armée interétatique pour atteindre les objectifs de l’Etat, ils n’ont ni exclu la possibilité de la mettre en œuvre ni délaissé sa conceptualisation. Il serait donc plus juste de parler d’« option extrême » que de rupture stratégique.

Pour comprendre ce choix extrême du président russe, il est nécessaire de prendre en compte la représentation qu’ont les élites politico-militaires russes de l’environnement stratégique. Cette vision est d’abord traversée par des croyances centrales : le monde est hostile à la Russie d’une part, et les Etats-Unis sont omniscients et omnipotents d’autre part. Elle est aussi marquée par un mode de pensée spécifique : à la fois une relative négation de l’autonomie de l’individu et des volontés collectives spontanées et une difficulté à concevoir que des événements puissent être le fait du hasard, et non forcément d’une manipulation.

Accord entre les négociateurs russes et ukrainiens

Accord entre les négociateurs russes et ukrainiens

 

La guerre continue en Ukraine puisque les négociateurs ukrainiens considèrent que les Russes sont d’accord sur leurs propositions. En réalité toutes les revendications de départ de Poutine seraient acceptées maintenant par l’Ukraine. Le seul problème–c’est de savoir ce qu’il y a réellement dans la tête de Poutine. En fait,  les propositions de départ pourraient bien cacher une volonté d’annexer purement et simplement des territoires et si cela avait été possible d’annexer la totalité de l’Ukraine. La guerre continue aussi pour satisfaire la folie d’un dictateur blessé dans son amour-propre pour avoir raté son opération ukrainienne. Il croyait être accueilli par des cris de joie à Kiev, il est contraint aujourd’hui de partir avec un coup de pied au cul en se repliant à l’est et au sud.

Le négociateur en chef ukrainien dans les pourparlers de paix avec la Russie, David Arakhamia, a confirmé samedi que Moscou avait accepté «oralement» les principales propositions ukrainiennes, ajoutant que Kiev attendait désormais une confirmation écrite.

S’exprimant dans une émission télévisée, David Arakhamia a laissé entendre que les discussions visant à mettre fin aux hostilités avaient considérablement avancé. «La Fédération de Russie a donné une réponse officielle à toutes les positions (ukrainiennes), à savoir qu’elle les accepte, sauf en ce qui concerne la question de la Crimée», annexée par Moscou en 2014, a assuré David Arakhamia.

Le négociateur a également déclaré que si une rencontre entre les présidents ukrainien Volodymyr Zelensky et russe Vladimir Poutine devait finalement avoir lieu, celle-ci se déroulerait «très probablement» en Turquie.

 

Guerre en Ukraine : recul des russes à Kiev

Guerre en Ukraine : recul des russes à Kiev

 

Comme annoncé il y a une semaine, les russes se relient au sud et à l’est même si les bombardements affectent encore une grande partie du territoire. Les Ukrainiens ont repris « toute la région de Kiev », a affirmé samedi soir Ganna Maliar, la vice-ministre de la Défense, en citant notamment les villes d’« Irpin, Boutcha et Hostomel ». Dans la journée, les forces russes avaient entamé, comme annoncé, un « rapide retrait » de certaines de leurs positions autour de la capitale et de Tchernihiv, dans le nord du pays

La Russie semble avoir décidé de concentrer ses forces dans l’Est et le Sud qu’elle souhaite mieux contrôler, notamment dans les régions administratives de Donetsk et de Lougansk afin de s’approprier la totalité du Donbass.

Guerre en Ukraine : nouveau recul des Russes

Guerre en Ukraine : nouveau recul des Russes

 

Sur plusieurs fronts,  la résistance ukrainienne a permis d’obtenir des reculs des Russes. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky confirme la libération d’Irpin, ville située à une vingtaine de kilomètres de la capitale.
« Aujourd’hui, nous avons de bonnes nouvelles. Nos soldats avancent dans la région de Kiev, et reprennent le contrôle du territoire ukrainien. Nous avons libéré Irpin. Bon travail. »

Deux éléments assez fondamentaux permettent de s’interroger sur l’hypothèse d’un futur recul des Russes. L’armée russe a d’abord reconnu qu’elle avait atteint ses objectifs en Ukraine, ensuite qu’elle entendait se redéployer essentiellement sur le Donbass. Une forme de reconnaissance que l’occupation complète de l’Ukraine constitue en faite un échec. L’armée russe a d’ailleurs reconnu de nombreuses pertes y compris si les chiffres sont à relativiser.

On ne peut cependant écarter une autre hypothèse celle qui consisterait pour les Russes à obtenir une certaine pause sur le front guerrier afin de renforcer les troupes assez désorganisées, sans moral et manquant de matériel. La plupart des observateurs constatent  cependant que l’objectif d’une occupation totale et permanente de l’Ukraine s’est heurtée à une très vigoureuse résistance ukrainienne. Le Kremlin et Poutine en particulier ont sous-estimé cette résistance et doivent sans doute se rabattre sur des objectifs plus réduits pour transformer la  défaite en victoire.

Cette guerre a aussi mis en lumière la faiblesse de l’armée russe théoriquement puissante mais en réalité qui ressemble un peu à une armée mexicaine mal équipée. D’où l’utilisation de bombardements à l’aveugle de n’importe quelle cible de la part des Russes pour entretenir l’illusion de la puissance.

Il n’est pas impossible aussi qu’on plan interne la situation économique et sociale russe soit plus dégradée qu’on ne le pensait et que certains entourages de Poutine aient pesé pour  stopper cette aventure irresponsable.

Globalement si ce recul des Russes confirme le bilan aura été catastrophique. Pour l’Ukraine bien sûr mais aussi pour la Russie qui se sera aliénée évidemment les pays de l’OTAN, coupée du commerce international et  qui aura fortement porté atteinte à l’image et à la situation  même de la Russie.

Lettre aux Russes: Faire tomber Poutine !

Lettre aux Russes: Faire tomber Poutine ! 

 

Evoquant la révolution à Kiev en 2014, l’écrivain Jonathan Littell s’adresse, dans une lettre ouverte, à ses « amis d’âme et d’esprit » restés silencieux face aux agressions commises par leur pays en Tchétchénie, en Crimée et en Ukraine. Il les appelle à reprendre leur liberté en faisant tomber le régime.

 

Tribune.

 

Mes chers amis russes : certains de vieux amis, d’autres plus récents, d’autres encore que je ne connais que de loin, amis d’âme et d’esprit. Pour vous aussi, les temps sont durs. Comme celles de tous les Ukrainiens, vos vies, jamais simples, sont bouleversées. Beaucoup d’entre vous fuient la Russie. Et beaucoup d’entre vous me font part de vos sentiments de culpabilité et de honte à propos de ce que votre pays est en train de faire, en votre nom, à l’Ukraine.

Les activistes parmi vous étaient depuis longtemps en sursis, et se préparent au coup final. Le 4 mars, j’ai écrit à Alexandre Cherkasov, un très vieil ami de l’ONG Memorial. « Je te raconterai plus tard, m’a-t-il laconiquement répondu. Après la perquisition on erre au milieu des ruines. Ordinateurs éventrés. Coffres-forts forcés. » D’autres sont stupéfiés par l’effondrement soudain de leur monde fragile. Aucun de vous n’aime Poutine et son régime de voleurs et de fascistes ; la plupart d’entre vous les haïssent. Mais soyons honnêtes : à quelques rares exceptions près – les amis de Memorial, Novaïa GazetaMeduza, et une poignée d’autres –, combien d’entre vous ont levé le petit doigt pour résister à ce régime ? Se pourrait-il ainsi que vos sentiments de honte et de culpabilité ne soient pas entièrement abstraits ? Qu’ils soient dus aussi à votre longue indifférence à ce qui se passait autour de vous, à votre apathie, à votre complicité passive ?

Ça n’a pas toujours été comme ça. Il y a eu un temps, dans les années 1990, où vous avez eu la liberté et la démocratie, chaotiques, sanglantes même, mais bien réelles. Mais 1991 a fini comme 1917. Pourquoi, chaque fois que vous faites enfin votre révolution, vous prenez tellement peur du Temps des troubles que vous filez vous cacher sous les jupons d’un tsar, Staline ou Poutine ? C’est vrai, il y a eu des erreurs. Au lieu d’exposer les archives du KGB, comme les Allemands avec la Stasi, vous vous êtes laissé distraire par la statue de Dzerjinski et vous avez laissé le KGB faire le dos rond, puis se reconstruire et mettre la main sur la nation. Quand on vous a offert le choix entre le pillage du pays ou le retour des communistes, vous ne vous êtes pas battus pour imposer un troisième choix et vous avez accepté le pillage. En 1998 votre économie s’est effondrée : fini les manifestations de masse pour la justice sociale ou contre la guerre en Tchétchénie. La survie devint la principale préoccupation.

 

Puis on vous présenta Poutine. Jeune, audacieux, agressif, promettant la destruction des terroristes et le redressement de l’économie. Peu d’entre vous y ont cru, mais vous avez quand même voté pour lui, ou alors vous n’avez pas voté du tout. Et quand il se mit à raser la Tchétchénie, la plupart d’entre vous ont fermé les yeux. Je me rappelle très bien ces années-là. J’y travaillais, livrant de l’aide humanitaire aux innombrables victimes de son « opération antiterroriste », sillonnant les ruines de Grozny et de tant d’autres bourgades. Parfois, je montais à Moscou et je faisais la fête avec vous, mes amis. On buvait, on dansait, et puis j’essayais de vous raconter les horreurs de là-bas. Et vous me disiez : « Jonathan, on en a marre de ta Tchétchénie. » Je me rappelle précisément ces mots. Et j’enrageais : « Les gars, c’est pas ma Tchétchénie, c’est votre Tchétchénie. C’est votre putain de pays, pas le mien. Je ne suis qu’un imbécile d’étranger ici. C’est votre gouvernement qui bombarde une de vos villes, qui tue vos concitoyens. » Mais non, c’était trop compliqué, trop douloureux, vous ne vouliez pas savoir.

Prague :Grosse manif de Russes contre Poutine

Prague :Grosse manif de Russes contre Poutine

« Nous sommes contre Poutine », a déclaré Alexander Sibrimov, un étudiant de 19 ans venu manifester à Prague avec son père. « Nous ne sommes pas d’accord avec sa politique. C’est une façon de montrer au monde que les choses qui se passent en Ukraine ne sont pas bonnes. »

Moscou dit avoir déclenché une « opération militaire spéciale » visant à démilitariser et « dénazifier » son voisin et nie avoir pris pour cible des civils. L’Ukraine et ses alliés occidentaux dénoncent une invasion non provoquée.

La République tchèque abrite 45.000 Russes, ce qui représente la quatrième communauté étrangère de l’ancien pays communiste.

Près de 200.000 Ukrainiens vivaient en République tchèque – ce qui en fait la plus grande communauté étrangère – avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février.

Le gouvernement tchèque estime que 300.000 Ukrainiens se sont réfugiés sur son sol.

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Guerre en Ukraine : recul des Russes

Guerre en Ukraine : recul des Russes

 

Deux éléments assez fondamentaux permettent de s’interroger sur l’hypothèse d’un futur recul des Russes. L’armée russe a d’abord reconnu qu’elle avait atteint ses objectifs en Ukraine, ensuite qu’elle entendait se redéployer essentiellement sur le Donbass. Une forme de reconnaissance que l’occupation complète de l’Ukraine constitue en faite un échec. L’armée russe a d’ailleurs reconnu de nombreuses pertes y compris si les chiffres sont à relativiser.

On ne peut cependant écarter une autre hypothèse celle qui consisterait pour les Russes à obtenir une certaine pause sur le front guerrier afin de renforcer les troupes assez désorganisées, sans moral et manquant de matériel. La plupart des observateurs constatent  cependant que l’objectif d’une occupation totale et permanente de l’Ukraine s’est heurtée à une très vigoureuse résistance ukrainienne. Le Kremlin et Poutine en particulier ont sous-estimé cette résistance et doivent sans doute se rabattre sur des objectifs plus réduits pour transformer la  défaite en victoire.

Cette guerre a aussi mis en lumière la faiblesse de l’armée russe théoriquement puissante mais en réalité qui ressemble un peu à une armée mexicaine mal équipée. D’où l’utilisation de bombardements à l’aveugle de n’importe quelle cible de la part des Russes pour entretenir l’illusion de la puissance.

Il n’est pas impossible aussi qu’on plan interne la situation économique et sociale russe soit plus dégradée qu’on ne le pensait et que certains entourages de Poutine aient pesé pour  stopper cette aventure irresponsable.

Globalement si ce recul des Russes confirme le bilan aura été catastrophique. Pour l’Ukraine bien sûr mais aussi pour la Russie qui se sera aliénée évidemment les pays de l’OTAN, coupée du commerce international et  qui aura fortement porté atteinte à l’image et à la situation  même de la Russie.

Guerre en Ukraine : recul des Russes

Guerre en Ukraine : recul des Russes

 

Deux éléments assez fondamentaux permettent de s’interroger sur l’hypothèse d’un futur recul des Russes. L’armée russe a d’abord reconnu qu’elle avait atteint ses objectifs en Ukraine, ensuite qu’elle entendait se redéployer essentiellement sur le Donbass. Une forme de reconnaissance que l’occupation complète de l’Ukraine constitue en faite un échec. L’armée russe a d’ailleurs reconnu de nombreuses pertes y compris si les chiffres sont à relativiser.

On ne peut cependant écarter une autre hypothèse celle qui consisterait pour les Russes à obtenir une certaine pause sur le front guerrier afin de renforcer les troupes assez désorganisées, sans moral et manquant de matériel. La plupart des observateurs constate cependant que l’objectif d’une occupation totale et permanente de l’Ukraine s’est heurtée à une très vigoureuse résistance ukrainienne. Le Kremlin et Poutine en particulier ont sous-estimé cette résistance et doivent sans doute se rabattre sur des objectifs plus réduits pour transformer la fausse victoire en défaite.

Cette guerre a aussi mis en lumière la faiblesse de l’armée russe théoriquement puissante mais en réalité qui ressemble un peu à une armée mexicaine mal équipée. D’où l’utilisation de bombardements à l’aveugle de n’importe quelle cible de la part des Russes pour entretenir l’illusion de la puissance.

Il n’est pas impossible aussi qu’on plan interne la situation économique et sociale russe soit plus dégradée qu’on ne le pensait et que certains entourages de Poutine et peser stopper cette aventure irresponsable.

Globalement si ce recul des Russes confirme le bilan aura été catastrophique. Pour l’Ukraine bien sûr mais aussi pour la Russie qui se sera aliénée évidemment les pays de l’OTAN, coupé du commerce international est fortement porté atteinte à l’image t à la situation  même de la Russie.

UKRAINE: les Russes tirent sur une manif

 

UKRAINE: les Russes tirent sur une manif

Après des tirs sur des bâtiments publics notamment des hôpitaux, les Russes tirent  sur des manifestants pour les disperser.Une manifestation d’habitants de Kherson, ville du sud de l’Ukraine occupée par les forces russes, a été dispersée lundi par des tirs d’armes automatiques et de gaz lacrymogène, qui ont fait au moins un blessé, selon des vidéos de deux médias locaux.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a dénoncé sur Twitter « les criminels de guerre russes (qui) ont ouvert le feu sur des gens sans armes qui manifestaient pacifiquement contre les envahisseurs ».e de la Crimée annexée par Moscou en 2014, est la première grande ville (plus de 200.000 habitants) dont se sont emparées les forces russes après leur invasion de l’Ukraine le 24 février. Elle a été depuis le théâtre de manifestations régulières de ses habitants contre l’occupant.

Un vaste rassemblement dimanche 13 mars avait fait l’objet de ce qui semblait être des tirs de sommation.

Guerre en Ukraine : Une rupture définitive entre Russes et ukrainiens

Guerre en Ukraine : Une rupture définitive entre Russes et ukrainiens

Dans un entretien au « Monde », le chercheur ukrainien Volodymyr Kulyk explique que la résistance dans des zones russophones comme Kherson, dans le sud du pays, était inimaginable pour Moscou ( Le « Monde) ».

Volodymyr Kulyk, membre de l’Institut d’études politiques et ethniques et de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, est chercheur à l’Institut d’études ukrainiennes de l’université Harvard. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier, non traduit, intitulé « Le discours médiatique ukrainien : identités, idéologies, relations avec le gouvernement », a été publié en 2010, à Kiev.

Depuis le début de l’invasion russe, le 24 février, la résistance des Ukrainiens, souvent présentés comme un peuple divisé, a marqué l’opinion internationale. Cette agression est-elle en train de façonner une nouvelle identité ukrainienne ?

A la racine de cette résistance, il y a la volonté d’indépendance du peuple ukrainien vis-à-vis du voisin russe. Toute identité nationale est complexe. L’Ukraine est très diverse, avec notamment des communautés russophones et ukrainophones, et il existe une proximité culturelle avec la Russie. Si l’histoire a pu contribuer à forger une expérience commune entre ces deux pays, le présent est en train de diviser Ukrainiens et Russes pour toujours. Tout le récit de Vladimir Poutine consiste à dire qu’il s’agit d’un même peuple, mais ses actions ont rendu cette assertion plus absurde que jamais. L’histoire mémorielle des Ukrainiens est d’ailleurs en train de changer : ceux qui adhéraient à l’idée selon laquelle nous avions traversé ensemble les épreuves du passé tendent maintenant à percevoir nos relations sous un angle opposant l’oppression russe à la résistance ukrainienne.

L’une des expériences les plus traumatisantes des relations entre la Russie et les Ukrainiens demeure la famine orchestrée par le régime soviétique en Ukraine en 1932 et 1933 [qui fit entre 2,5 millions et 5 millions de morts]l’Holodomor. Ce terme réapparaît aujourd’hui pour décrire la situation à Marioupol, là où les populations assiégées sont coupées de tout par les occupants, qui veulent organiser leur déplacement.

Des réseaux sociaux aux médias, en passant par les slogans entonnés dans les manifestations contre l’occupant, un autre terme revient : « fasciste ». Dans le monde post-soviétique, c’est l’étalon du mal. Alors même que Poutine utilise la mémoire de la seconde guerre mondiale et la présence de prétendus « nazis » pour justifier son agression, le terme de « fasciste » est renvoyé à la face de Moscou.

Il s’agit de l’aboutissement d’événements commencés en 2014, avec la révolution proeuropéenne en Ukraine et la première agression russe contre la Crimée et l’est de l’Ukraine. Avant cette date, ceux qui percevaient la Russie comme une puissance hostile étaient minoritaires. Depuis, ils sont devenus majoritaires. Aujourd’hui, cette perception est unanime.

 

Bombardements russes à 20 km de la Pologne

Bombardements russes à 20 km de la Pologne

 

Pour freiner l’approvisionnement en armes de l’Ukraine venues de l’Occident, la Russie n’a pas hésité à effectuer un bombardement à seulement 20 km de la frontière polonaise. Une sorte d’avertissement à l’OTAN.

Une manière aussi pour Poutine de répandre un peu plus la terreur y compris en dehors de sa zone d’influence.

L’Ukraine a en effet reçu des milliers de missiles antichars Javelin et anti-aériens Stinger des Etats-Unis, en plus des drones tueurs turcs Bayraktar, des missiles suédois NLAW fournis par Londres et de missiles allemands, suédois et finlandais. Paris a livré des armes sans préciser lesquelles. Les Occidentaux envisagent de fournir des systèmes anti-aériens plus performants.Les dix à trente missiles visant la base de Yavoriv depuis des avions ayant décollé de Russie ont fait 35 morts, selon Kiev. Le président polonais, Andrzej Duda, a mis en garde, dimanche, dans un entretien à la BBC, contre le danger de voir Moscou avoir recours à l’arme chimique, ce qui « changerait la donne ». Avant de se dire convaincu que « Poutine est capable d’avoir recours à tout, surtout dans une situation aussi difficile » pour lui, puisqu’il a « déjà perdu cette guerre politiquement, et militairement parlant il n’est pas en état de la remporter ».

À noter toutefois que parallèlement à la montée de la violence qui va sans doute encore empirer cette semaine, Poutine, a évoqué des « avancées », vendredi. Le problème est de savoir quel est la part d’intoxication dans cette appréciation de Poutine et les conséquences qu’il en tire.

Pour un embargo immédiat sur le gaz et le pétrole russes

Pour un  embargo immédiat sur le gaz et le pétrole russes 

Les Européens réunis pour un sommet à Versailles les 10 et 11 mars doivent décider de se passer des énergies vendues par Moscou afin de se montrer solidaires avec les Ukrainiens, estime le candidat écologiste Yannick Jadot  à la présidentielle, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

Ce jeudi 10 mars, à Versailles (Yvelines), les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne doivent répondre à l’appel du président ukrainien Volodymyr Zelensky et décider d’un embargo sur le gaz et le pétrole russes. Je l’ai demandé dès le samedi 5 mars en m’adressant aux Françaises et aux Français qui, nombreux, manifestaient leur solidarité avec le peuple ukrainien.

Nous devons le faire et nous le pouvons, en France et dans toute l’Europe, solidairement.

Nous le devons, car cette invasion de l’Ukraine constitue une menace directe pour notre liberté et notre sécurité. Il nous faut, pour faire cesser cette entreprise de destruction et les crimes de guerre commis contre les populations civiles, massifier les sanctions économiques et financières, traquer les fortunes des oligarques chez nous et dans chaque paradis fiscal, équiper militairement la résistance ukrainienne.

L’Europe a, enfin, commencé à répondre présent. Elle doit maintenant montrer sa détermination et sa force en s’attaquant au cœur de la puissance de l’oligarchie russe : le gaz et le pétrole. Au vu de la détermination de Vladimir Poutine à détruire l’Ukraine, les exclure des sanctions n’a plus de sens.

Les exportations de gaz et de pétrole rapportent 700 millions de dollars [environ 637 millions d’euros] par jour à Vladimir Poutine et à sa machine de guerre [c’était le cas dans les vingt-quatre heures suivant la reconnaissance de l’indépendance des Etats séparatistes ukrainiens par le président russe, le 21 février]. Nous devons mettre un terme à cette dépendance de l’Union européenne : son économie sous perfusion d’énergies fossiles la met à la merci du chantage d’un dictateur. Trop de responsables politiques européens y ont succombé. Il nous faut sortir du gaz et du pétrole, et non créer de nouvelles dépendances. Le combat pour notre sécurité est bien, aussi, celui du climat.

Cette épreuve, nous pouvons la surmonter. Rien n’est hors de la portée du peuple français, des peuples européens quand ils luttent pour leur liberté et leur indépendance. Rien n’est hors de portée du génie de nos ouvriers et de nos ouvrières, de nos techniciens, de nos ingénieurs. La transition et la sobriété énergétiques vont constituer une grande aventure humaine.

Nous ferons la démonstration de notre solidarité envers le peuple ukrainien et avec les pays européens les plus dépendants. Nous soutiendrons les Françaises et les Français les plus fragilisés par l’effet des sanctions.

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