Archive pour le Tag 'rupture'

Politique-Nouvelle rupture avec le capitalisme !

 

Politique-Nouvelle  rupture avec le capitalisme !

 

L’époque favorise sans doute le retour au manichéisme et au simplisme. Ainsi pendant que de grands économistes comme Olivier Blanchard et Jean Pisani-Ferry proposent tout simplement de bloquer les salaires face à l’inflation, un autre économiste très à gauche propose rien que moins une  nouvelle rupture avec le capitalisme et de rappeler les propos d’un Mitterrand qui n’a jamais tenu le 10e de ses promesses.

Ce débat entre étatistes socialistes et ultralibéraux prend des allures assez surréalistes . Et le charabia des macros économistes ressemble de plus en plus à la langue les médecins de Molière NDLR 

Rompre avec le capitalisme, c’est refonder l’Etat social contre le marché. Mais, à l’aune des nouveaux enjeux démocratiques et écologiques, ce renouveau doit passer par les territoires, estime l’économiste Hervé Defalvard, dans une tribune au « Monde ».

 

 

 

« Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, ne peut être adhérent au Parti socialiste. » Cinquante ans après cette phrase du premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand, au Congrès d’Epinay de 1971, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale rouvre une séquence unitaire à gauche placée sous le signe de la rupture avec le capitalisme. Mais quel sens donner aujourd’hui à cette rupture ?

A lire le contenu du nouveau programme commun, ce sens est d’abord celui de la répétition. Rompre avec le capitalisme, c’est refonder l’Etat social(iste) contre le marché libéral. A trois niveaux. Celui, d’abord, du service public qui, au-delà de l’embauche de fonctionnaires aux rémunérations revalorisées à l’hôpital ou à l’école, s’élargit avec de nouvelles nationalisations reconstituant un pôle public aussi bien de l’énergie que bancaire. Celui, ensuite, de la Sécurité sociale, avec le retour à la retraite à 60 ans ou le revenu d’autonomie des jeunes, qui ne serait pas financé par des cotisations. Celui, enfin, des salaires et conditions de travail : si seul le salaire minimum relève de l’Etat, il y aura des soutiens à la négociation de branche car l’Etat social(iste) repose historiquement sur l’alliance avec les syndicats ouvriers sur la base de la hiérarchie des normes restaurée avec l’abrogation de la loi El Khomri.

Toutefois, si la rupture avec le capitalisme n’est assise que sur ce seul sens-là, alors nous pouvons dire qu’elle annonce un échec répété. Et que, plus grave, elle passe à côté des enjeux de l’époque, qui obligent à actualiser la rupture avec le capitalisme.

En effet, la rupture avec le capitalisme, qui suppose de réaliser une transition écologique, sociale et démocratique selon la méthode de « l’évolution révolutionnaire » chère à Jaurès, a aujourd’hui pour sujet moins l’Etat que les territoires. Car c’est au nom des territoires que les luttes et les alternatives se produisent désormais. Qu’il s’agisse de souveraineté alimentaire, d’autonomie énergétique, de mobilité douce et partagée, d’accès au logement ou à la santé, de sauvegarde de l’emploi, de reconnaissance des cultures urbaines, ce sont des collectifs qui, sur les territoires, portent le combat contre l’extractivisme du capital et son allié l’Etat néolibéral, pour lui substituer d’autres modes d’allocation des ressources et, plus largement, d’autres modes de vie, afin de garantir leur usage durable pour toutes et tous. Ces collectifs sont des communs de territoire qui agrègent citoyens, associations, coopératives, syndicats, collectivités territoriales et même entreprises classiques.

Nouvelle rupture avec le capitalisme !

Nouvelle  rupture avec le capitalisme !

 

L’époque favorise sans doute le retour au manichéisme et au simplisme. Ainsi pendant que de grands économistes comme Olivier Blanchard et Jean Pisani-Ferry proposent tout simplement de bloquer les salaires face à l’inflation, un autre économiste très à gauche propose rien que moins une  nouvelle rupture avec le capitalisme et de rappeler les propos d’un Mitterrand qui n’a jamais tenu le 10e de ses promesses.

Ce débat entre étatistes socialistes et ultralibéraux prend des allures assez surréalistes . Et le charabia des macros économistes ressemble de plus en plus à la langue les médecins de Molière NDLR 

Rompre avec le capitalisme, c’est refonder l’Etat social contre le marché. Mais, à l’aune des nouveaux enjeux démocratiques et écologiques, ce renouveau doit passer par les territoires, estime l’économiste Hervé Defalvard, dans une tribune au « Monde ».

 

 

 

« Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, ne peut être adhérent au Parti socialiste. » Cinquante ans après cette phrase du premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand, au Congrès d’Epinay de 1971, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale rouvre une séquence unitaire à gauche placée sous le signe de la rupture avec le capitalisme. Mais quel sens donner aujourd’hui à cette rupture ?

A lire le contenu du nouveau programme commun, ce sens est d’abord celui de la répétition. Rompre avec le capitalisme, c’est refonder l’Etat social(iste) contre le marché libéral. A trois niveaux. Celui, d’abord, du service public qui, au-delà de l’embauche de fonctionnaires aux rémunérations revalorisées à l’hôpital ou à l’école, s’élargit avec de nouvelles nationalisations reconstituant un pôle public aussi bien de l’énergie que bancaire. Celui, ensuite, de la Sécurité sociale, avec le retour à la retraite à 60 ans ou le revenu d’autonomie des jeunes, qui ne serait pas financé par des cotisations. Celui, enfin, des salaires et conditions de travail : si seul le salaire minimum relève de l’Etat, il y aura des soutiens à la négociation de branche car l’Etat social(iste) repose historiquement sur l’alliance avec les syndicats ouvriers sur la base de la hiérarchie des normes restaurée avec l’abrogation de la loi El Khomri.

Toutefois, si la rupture avec le capitalisme n’est assise que sur ce seul sens-là, alors nous pouvons dire qu’elle annonce un échec répété. Et que, plus grave, elle passe à côté des enjeux de l’époque, qui obligent à actualiser la rupture avec le capitalisme.

En effet, la rupture avec le capitalisme, qui suppose de réaliser une transition écologique, sociale et démocratique selon la méthode de « l’évolution révolutionnaire » chère à Jaurès, a aujourd’hui pour sujet moins l’Etat que les territoires. Car c’est au nom des territoires que les luttes et les alternatives se produisent désormais. Qu’il s’agisse de souveraineté alimentaire, d’autonomie énergétique, de mobilité douce et partagée, d’accès au logement ou à la santé, de sauvegarde de l’emploi, de reconnaissance des cultures urbaines, ce sont des collectifs qui, sur les territoires, portent le combat contre l’extractivisme du capital et son allié l’Etat néolibéral, pour lui substituer d’autres modes d’allocation des ressources et, plus largement, d’autres modes de vie, afin de garantir leur usage durable pour toutes et tous. Ces collectifs sont des communs de territoire qui agrègent citoyens, associations, coopératives, syndicats, collectivités territoriales et même entreprises classiques.

Macron II» – Vers une archipélisation de la société ?

Macron II» – Vers une archipélisation de la société ?

Par Guillaume Labbez, Président de CommStrat, Enseignant à Sciences Po 

 

 

Emmanuel Macron a été largement réélu, mais avec des messages de l’électorat qu’il doit entendre, s’il veut qu’on se souvienne de ses dix ans de mandat comme un tournant historique, et non comme un moment où la France d’ «archipélisation» de la société, pour reprendre le concept de Jérôme Fourquet.

Avec au premier tour des candidats « anti-système » qui rassemblent 60 % des voix, une hausse de l’abstention et des votes blancs, puis une part substantielle de voix du deuxième tour motivés uniquement par un barrage face à l’extrême-droite, la marge de manœuvre d’Emmanuel Macron peut paraître étroite.

Si la politique menée, notamment depuis 2020, n’a pas été fondamentalement remise en cause par ses concurrents, c’est sur la manière de gouverner qu’Emmanuel Macron est attendu. La promesse d’une «Révolution» et l’espoir de l’entrée dans un nouveau monde, formulée en 2017, a peiné à se concrétiser. Le paysage politique à l’issue de l’élection présidentielle de 2022 est encore plus marqué qu’en 2017, par la montée des extrêmes et la désaffection des citoyens dans le «système».

Il est essentiel de revitaliser les pratiques institutionnelles créatrices de consensus, en associant réellement toutes les forces politiques, mais également la société civile organisée, aux réflexions et aux décisions

Insitutions. Une réforme des institutions peut participer à renouer un lien de confiance. Une conférence nationale, promise pendant la campagne, devrait être lancée dans les prochaines semaines, pour formuler des propositions, si possible faisant consensus.

Cette démarche semble aujourd’hui indispensable pour retrouver une autorité de la décision publique qui a été fortement mise à mal par la montée des complotistes de tous bords, qui remettent en cause, non seulement les institutions, mais également les consensus sur lesquels reposent notre démocratie. Si la verticalité du pouvoir, pratiquée pendant la crise sanitaire, a pu faire preuve d’une certaine efficacité à court terme, elle accroît la défiance politique sur le long terme. Une décision est d’autant mieux acceptée par ceux qui y sont soumis, qu’elle a été coconstruite en amont.

Il est donc essentiel de revitaliser les pratiques institutionnelles créatrices de consensus, en associant réellement toutes les forces politiques, mais également la société civile organisée, aux réflexions et aux décisions. Le nouveau rôle du Conseil économique, social et environnemental peut contribuer à ce travail. Il sera également nécessaire d’inventer des modalités d’association des citoyens à la chose publique, pour élargir la culture civique, et lutter contre le repli sur soi et une «archipélisation» galopante de la société française.

Alors que les gGouvernements semblent réagir naturellement par la centralisation de la décision face à la crise, la succession de crises (crises économiques, politiques, sanitaires, sécuritaires…) rend indispensable le renforcement de la démocratie et de la consultation. Après une pandémie et une guerre à nos frontières qui ont durablement perturbé l’économie mondiale, la France ne peut plus se permettre une nouvelle crise sociale, comme celle des Gilets jaunes.

La manière dont la réforme des retraites sera menée sera décisive et donnera le ton de la capacité du gouvernement et des acteurs économiques et sociaux à travailler, en confiance. L’ambiance de ce second quinquennat d’Emmanuel Macron pourrait se jouer dans les prochaines semaines, sur la façon de faire.

Guillaume Labbez, Président de CommStrat, Enseignant à Sciences Po.

Guerre en Ukraine : Une rupture définitive entre Russes et ukrainiens

Guerre en Ukraine : Une rupture définitive entre Russes et ukrainiens

Dans un entretien au « Monde », le chercheur ukrainien Volodymyr Kulyk explique que la résistance dans des zones russophones comme Kherson, dans le sud du pays, était inimaginable pour Moscou ( Le « Monde) ».

Volodymyr Kulyk, membre de l’Institut d’études politiques et ethniques et de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, est chercheur à l’Institut d’études ukrainiennes de l’université Harvard. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier, non traduit, intitulé « Le discours médiatique ukrainien : identités, idéologies, relations avec le gouvernement », a été publié en 2010, à Kiev.

Depuis le début de l’invasion russe, le 24 février, la résistance des Ukrainiens, souvent présentés comme un peuple divisé, a marqué l’opinion internationale. Cette agression est-elle en train de façonner une nouvelle identité ukrainienne ?

A la racine de cette résistance, il y a la volonté d’indépendance du peuple ukrainien vis-à-vis du voisin russe. Toute identité nationale est complexe. L’Ukraine est très diverse, avec notamment des communautés russophones et ukrainophones, et il existe une proximité culturelle avec la Russie. Si l’histoire a pu contribuer à forger une expérience commune entre ces deux pays, le présent est en train de diviser Ukrainiens et Russes pour toujours. Tout le récit de Vladimir Poutine consiste à dire qu’il s’agit d’un même peuple, mais ses actions ont rendu cette assertion plus absurde que jamais. L’histoire mémorielle des Ukrainiens est d’ailleurs en train de changer : ceux qui adhéraient à l’idée selon laquelle nous avions traversé ensemble les épreuves du passé tendent maintenant à percevoir nos relations sous un angle opposant l’oppression russe à la résistance ukrainienne.

L’une des expériences les plus traumatisantes des relations entre la Russie et les Ukrainiens demeure la famine orchestrée par le régime soviétique en Ukraine en 1932 et 1933 [qui fit entre 2,5 millions et 5 millions de morts]l’Holodomor. Ce terme réapparaît aujourd’hui pour décrire la situation à Marioupol, là où les populations assiégées sont coupées de tout par les occupants, qui veulent organiser leur déplacement.

Des réseaux sociaux aux médias, en passant par les slogans entonnés dans les manifestations contre l’occupant, un autre terme revient : « fasciste ». Dans le monde post-soviétique, c’est l’étalon du mal. Alors même que Poutine utilise la mémoire de la seconde guerre mondiale et la présence de prétendus « nazis » pour justifier son agression, le terme de « fasciste » est renvoyé à la face de Moscou.

Il s’agit de l’aboutissement d’événements commencés en 2014, avec la révolution proeuropéenne en Ukraine et la première agression russe contre la Crimée et l’est de l’Ukraine. Avant cette date, ceux qui percevaient la Russie comme une puissance hostile étaient minoritaires. Depuis, ils sont devenus majoritaires. Aujourd’hui, cette perception est unanime.

 

La rupture d’un CDD sans pass sanitaire censurée par le Conseil constitutionnel

La rupture d’un CDD sans pass sanitaire censurée par le Conseil constitutionnel

Dans son avis publié ce 5 août, le conseil constitutionnel a considéré que la disposition qui envisageait la rupture de contrat d’un CDD en cas d’absence de passe sanitaire entraînait une rupture d’égalité entre les salariés en CDI et ceux en CDD.

« En prévoyant que le défaut de présentation d’un +pass sanitaire+ constitue une cause de rupture anticipée des seuls contrats à durée déterminée ou de mission, le législateur a institué une différence de traitement entre les salariés selon la nature de leurs contrats de travail qui est sans lien avec l’objectif poursuivi », indique le Conseil constitutionnel.

Curieusement ,en revanche, l’institution juge que la procédure de suspension du contrat de travail sans rémunération pour les salariés concernés par l’obligation de pass sanitaire n’est pas contraire à la Constitution.

Une décision juridiquement très contestable car la suppression du salaire constitue de fait un licenciement déguisé. Le conseil constitutionnel de ce point de vue ne se grandit pas en apportant sa caution au point sans doute le plus contestable relatif à la détention du pass sanitaire.

Soutien aux entreprises : Attention à la rupture brutale

Soutien aux entreprises : Attention à la rupture brutale

Benoît Coeuré chargé au début de la crise du Covid, via un comité regroupant des spécialistes des finances publiques, d’évaluer l’impact économique des mesures de soutien à l’économie attire l’attention sur les risques d’une rupture brutale en cas de suppression du soutien aux entreprises d’autant que la quatrième vague en cours pourrait à nouveau affecter gravement le fonctionnement économique.

Le rapport met en garde sur les incertitudes du contexte sanitaire et invite ainsi à prolonger les aides alors que leur débranchement doit être discuté en août. « Les dispositifs […] devront rester réactifs, en complément de la montée en charge de l’activité partielle de longue durée », note le comité. Il rappelle par ailleurs que, exception faite de la Grande-Bretagne, les pays européens n’ont pas prévu de stopper les aides aussi rapidement.

Innovation de rupture: l’urgence d’une agence ?

Innovation de rupture: l’urgence d’une agence ?

La pandémie et l’absence de vaccin français l’ont rappelé : la recherche et l’innovation sont indispensables à la compétitivité des Etats, à la protection sanitaire, aux transitions énergétiques ou à la conservation des écosystèmes, explique, dans sa chronique, le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel.

 

Le Royaume-Uni a annoncé la création d’une agence nationale pour l’innovation de rupture. Inspirée de l’Agence américaine de recherche pour la défense (DARPA), cette agence devrait se caractériser par une grande liberté d’action au service de projets très risqués et à fort enjeu sociétal.

Un rapport parlementaire (« A New UK Research Funding Agency », HC 778, février 2021) soutient cette initiative mais analyse aussi les questions soulevées par ce projet. Au-delà du contexte britannique, le débat a le mérite d’interroger les différents modèles d’organisation de l’innovation et de la recherche, ainsi que les connaissances disponibles dans ce domaine.

La pandémie actuelle et l’absence de vaccin français l’ont rappelé avec force : la recherche et l’innovation sont également indispensables à la compétitivité des Etats, à la protection sanitaire, aux transitions énergétiques ou à la conservation des écosystèmes. Ruse de la raison ? Plus nous affirmons de nouvelles valeurs ou de nouveaux idéaux – seraient-ils technophobes ou frugaux – et plus nous appelons à la recherche et à l’exploration de concepts novateurs.

Partout les budgets de la recherche sont invités à croître, tandis que des alertes répétées sur la place des pays asiatiques dans la recherche mondiale inquiètent l’Europe et les Etats-Unis. Mais comme en témoigne le débat public anglais, l’effort financier nécessaire s’accompagne aussi de controverses sur la bonne gestion des institutions de recherche et d’innovation.

 

On y retrouve les reproches adressés aux institutions classiques de la recherche : manque d’audace, rejet des projets risqués, faible interdisciplinarité, lourdeurs des procédures d’évaluation. Mais l’enquête anglaise remarque aussi que cet esprit conservateur se retrouve autant dans les organismes traditionnels (de type « science push), fondés sur la seule qualité scientifique et le jugement par les pairs, que dans ceux qui doivent financer des innovations tournées vers le marché. 

Dans le premier cas, la recherche « disruptive » serait freinée par le corporatisme académique et la pression sur les publications ; dans le second cas, elle se heurterait au court-termisme des industriels. D’où l’idée d’un nouveau type d’organisme qui serait autorisé à prendre des risques scientifiques élevés et qui serait doté d’une totale autonomie de gestion et d’orientation.

Ce point de vue est contesté par certains experts qui craignent qu’un tel organisme ne retombe rapidement dans les travers dénoncés et complexifie la politique scientifique. Mais le gouvernement et le Parlement soutiennent qu’une telle structure, hors normes, est vitale pour le pays.

Discrimination positive dans les grandes écoles : une grave rupture d’égalité

 

Le sociologue Jean Viard, revient sur France Info sur les mesures annoncées par Emmanuel Macron, jeudi 11 février à Nantes, pour démocratiser l’accès à la haute administration et aux écoles qui y préparent, des classes prépas dédiées, et quelques places réservées aussi dans cinq grandes écoles, dont l’ENA, à des jeunes d’origine modeste ou des quartiers défavorisés.

 

Est-ce que c’est de nature à améliorer les choses, Jean Viard ?

 

Jean Viard : C’était la politique qu’on a menée à Sciences Po. Disons, c’était un métissage homéopathique. Donc, on ne va pas dire que ça soit négatif, mais ça ne va pas au fond du sujet. J’avais longuement discuté avec le président de la République, en avril 2019, deux jours avant l’annonce de la suppression de l’ENA, il m’avait consulté sur cette question et j’avais poussé en lui disant : Il vaut mieux supprimer l’ENA que couper la tête du roi. Le roi, en l’occurrence, c’était lui. Évidemment, c’était un argument de poids.

Je connais ça depuis longtemps. Mon père était prof de khâgne en 1949 à Marseille. À l’époque, les élites parisiennes ne prenaient pas la khâgne de Marseille. C’était considéré comme un poste pourri. Il faut se rappeler que les premiers Marseillais qui sont rentrés dans les grandes écoles, c’est à la fin des années 50. Le premier provençal, c’est Philippe Séguin, à la fin des années 60. Il y a un progrès, il ne faut pas se cacher ce progrès géographique. Mais on est face à une rupture d’égalité qui est manifeste. Il faut dire les choses simplement. Un étudiant normal, ça coûte entre 8 000 et 10 000 euros à l’Etat. Un étudiant en grande école, il a 21 000 euros de budget. C’est la première chose. Deuxièmement, l’ENA, il y a un enfant d’ouvrier, c’est à peu près 20 à 25% de la population française.

En 2011, la moitié des enfants recrutés à Polytechnique ne venaient que de deux lycées, Louis le Grand et le grand lycée de Versailles. On est là face à des déséquilibres absolument inimaginables. Alors je crois qu’il faut parler de rupture d’égalité en termes de budget de l’Etat, en termes d’origine sociale et religieuse. Je pense que la gestion géographique est la plus facile à faire. En gros, il faut dire qu’il y a tant de places dans telle grande école, chaque région ou chaque département à droit à tant de places. Le meilleur élève du Vaucluse, il sera toujours assez bon pour faire l’ENA aussi. Il sera peut être un peu moins bon que celui d’Henri IV mais après tout, c’est quoi l’égalité ? Et deuxième chose, je pense qu’il y a un budget par étudiant, mettons 11 000 euros. Le reste après tout, peut être très bien remboursé par l’étudiant durant sa carrière, puisqu’on sait qu’il va faire une carrière prestigieuse.

C’est ce qu’on voit d’ailleurs aux États-Unis, en Angleterre aussi. Sur ces deux approches là, d’ailleurs, dans les annonces, on peut préciser qu’il y a une approche géographique des classes prépas, au moins deux dans chaque région, et puis 4 000 euros d’aide pour certains étudiants quand ils vont rentrer dans ces écoles.

Jean Viard, je voudrais vous faire revenir sur une déclaration d’Emmanuel Macron à des lycéens à Nantes, justement. Lors de cette visite, le président de la République qui affirme que l’ascenseur social français fonctionne moins bien qu’il y a 50 ans. Est-ce que cela vous semble justifié ? 

C’est compliqué. Si vous prenez le bac, il y a 50 ans, il y avait 20% des jeunes qui allaient au bac. Aujourd’hui, on a entre 75 et 77%. Donc, on va dire que le lycée s’est profondément démocratisé. C’est devenu un grand lieu de mélange social. C’est aussi d’ailleurs devenu un grand lieu de construction des couples. Donc ça, ça a profondément changé. Après, ce qui se passe après le bac, il y a ce que je viens de vous dire, qui est évidemment une inégalité flagrante. Je vous rappelle que cette année, les élèves de prépas sont en classe, et les étudiants sont chez eux, parce qu’on n’a pas fermé les prépas. Donc là aussi, la concurrence va s’accélérer entre l’université et les prépas.

Et la deuxième chose, c’est que le marché du travail est difficilement ouvert. On va dire les choses très simplement, aux jeunes d’origine étrangère de manière visible, aux garçons surtout. Donc là, on a un refus de la société. Et on a effectivement le coût des études. Mais après? C’est vrai que l’ascenseur social, attention, il existe toujours. Regardez tous les médecins qu’on a vus sur les plateaux télé depuis un an. On voit bien qu’ils ne sont pas tous bretons.

Il ne faut pas non plus dire que rien ne marche parce que sinon, ça casse le moral de ceux qui rament, des profs, des élus locaux et des jeunes, parce qu’une bonne partie des jeunes arrivent à se diffuser dans la société. La pression, c’est l’autre partie qui n’y arrive pas, soit parce qu’ils sont mal encadrés, soit parce qu’ils sont dans un endroit pourri, soit parce qu’ils n’ont pas envie. Donc le modèle n’est pas satisfaisant puisque tout le monde n’en profite pas. Mais ne faisons pas non plus comme si rien ne marchait.

Brexit: vers la rupture ?

Brexit: vers la rupture ?

 

Trois hypothèses sont envisageables à propos des négociations concernant le brexit. Soit la rupture, soit un compromis, soit encore une nouvelle prolongation des discussions. En l’état actuel de la négociation,  un compromis ne semble pas possible  cela d’autant plus que les Britanniques ont adopté un projet de loi contraire à l’accord qui avait été passé entre le Royaume-Uni et l’union européenne. Pour l’instant, les deux parties conviennent que l’hypothèse de la rupture est la plus probable : “Nous sommes convenus que les conditions pour finaliser un accord ne sont pas réunies en raison des divergences significatives qui subsistent sur trois questions critiques: les règles du jeu équitables, la gouvernance et la pêche”, disent-ils dans un communiqué conjoint publié à l’issue de leur entretien.

Ceci étant, on sait que cette négociation comporte des dimensions très politiques pour Boris Johnson capable de tout et de son contraire et qui s’est contredit à de nombreuses reprises. L’essentiel pour lui est de ne pas perdre la face. Du coup,  il pourrait accepter une nouvelle prolongation des discussions.

“Nous avons demandé à nos négociateurs en chef de préparer un aperçu des différends pour en discuter en personne dans les prochains jours.” Ont déclaré les deux parties.

Boris Johnson devrait donc se rendre à Bruxelles dans les jours qui viennent. Selon des sources diplomatiques, non seulement son entretien avec Ursula von der Leyen a été infructueux, mais les divergences se sont encore aggravées.

“Les discussions en sont au même point que vendredi. Nous n’avons fait aucun progrès tangible. Il est clair que cela doit maintenant se poursuivre au niveau politique”, a-t-on reconnu à Londres de source gouvernementale. “Nous ne considérons pas que ce processus soit terminé, mais les choses sont très délicates et il y a toutes les chances que nous n’aboutissions pas”, a-t-on ajouté.

Le Brexit a formellement eu lieu le 31 janvier dernier mais une période de transition qui en gèle les effets a débuté à cette date pour permettre aux deux parties de s’accorder sur leurs relations futures, notamment commerciales. Elle s’achève le 31 décembre. Passé ce délai, le divorce deviendra théoriquement réalité, cependant l’hypothèse d’un nouveau délai pour les négociations n’est pas à exclure compte tenu des enjeux économiques mais aussi politiques surtout pour Boris Johnson.

Brexit: stade critique ou rupture prochaine

Brexit: stade critique ou rupture prochaine

Les deux parties ne cessent de faire semblant de manifester une bonne volonté pour éviter d’avoir à porter la responsabilité de la rupture. Chacun souhaite qu’on progresse encore mais constate que ces progrès sont encore largement insuffisants notamment sur trois dossiers essentiels à savoir la concurrence, la pêche et les procédures de gestion et de sanction de l’accord.  Notons que l’union européenne a ignoré l’ultimatum qu’avait fixé Boris Johnson pour que les relations commerciales soient définitivement déterminées à la date du 15 octobre.

L’UE souhaite pour sa part qu’un accord soit trouvé avant la fin octobre pour que le Parlement européen puisse le ratifier. La France, par la voix de son secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes Clément Beaune, a évoqué “le début du mois de novembre”.

De sources diplomatiques européennes, on indique que le bloc se tient prêt à négocier jusqu’à la mi-novembre pour que nul ne puisse lui attribuer la responsabilité d’un éventuel échec.

“Sans un engagement sur la gouvernance et sans mouvement sur la pêche, il n’est pas impensable que nous manquerons de temps pour un accord”, a déclaré un diplomate européen. “Cela dit, il y a aussi un contexte positif: les parties tentent de trouver un moyen de débloquer la situation. Mais l’essentiel, c’est que le Royaume-Uni ne veut pas payer le prix que demande l’Europe.”

Bref on revient finalement point de départ le Royaume-Uni veut bien et même souhaite le maintien des échanges avec l’union européenne mais sans les règles!

Crise économique : attention à une rupture brutale de l’aide publique (BCE)

Crise économique : attention à une rupture brutale de l’aide publique (BCE)

 

À juste titre, la présidente de la BCE craint les conséquences brutales et dramatiques d’un arrêt des aides publiques consenties par les Etats pour mettre l’économie sous oxygène pendant la crise sanitaire. La plupart de ces mesures devraient en effet s’arrêter à la fin de l’année.

Il est évident que compte tenu de la propagation du virus et de l’absence corrélative d’une véritable reprise, les aides devraient être prolongées en 2021 pour éviter un véritable cataclysme en matière de faillite et l’emploi. La transition en douceur s’impose donc estime Christine Lagarde. «Ma première préoccupation à ce stade est que la conduite des politiques permette d’éviter l’effet de falaise», c’est-à-dire «le fait que certaines des politiques mises en place pendant la pandémie (…) soient arrêtées brutalement», a déclaré Mme Lagarde lors d’une intervention dans le cadre d’une conférence organisée par le FMI.

«Nous espérons que les décideurs comprendront et agiront de sorte que ces soutiens soient prolongés pendant un certain temps, pour que la reprise s’installe, et même si la pandémie s’éteint progressivement», a-t-elle souhaité.

Brexit – Londres: intox ou vraie rupture ?

Brexit - Londres: intox  ou vraie rupture ?

 

On peut se demander si Boris Johnson ne joue pas au poker lors  des négociations du Brexit. En effet, son projet de loi est en contradiction totale avec les traité internationaux qui visaient en particulier à normaliser les relations entre les deux Irlande et éviter à tout prix notamment de nouveaux affrontements entre protestants et catholiques.

Le rétablissement d’une frontière en Irlande du Nord constituerait un danger considérable pour la cohésion de l’Irlande . Cette décision de Boris Johnson qui s’assoit délibérément sur les traités internationaux relève peut-être d’une nouvelle intox. Peut-être au dernier moment va-t-il monnayer le retrait de son projet de loi contre de nouvelles concessions commerciales de la part de l’union économique.

 

Notons aussi la très grande hypocrisie du gouvernement britannique qui affirme qu’il a informé l’union européenne du maintien de cette loi invraisemblable tout en affirmant qu’il continue de rechercher une issue positive aux négociations en cours. « J’ai été parfaitement clair sur le fait que nous n’allions pas retirer cette loi et il l’a compris, a déclaré sur la chaîne d’information Sky News le ministre d’Etat Michael Gove après une réunion d’urgence avec le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic, ajoutant avoir « souligné l’importance vitale d’arriver à un accord ».

Le maintien de ce projet de loi britannique véritable déni des traités internationaux constitue un véritable casus belli pour l’union européenne qui ne doit cependant pas tomber dans le piège de la provocation et doit aussi continuer les discussions pour ne pas porter le poids de la responsabilité de la rupture. Ce qui arrangerait politiquement Boris Johnson complètement acculé par l’écroulement de son économie aggravée par une lamentable gestion de la crise sanitaire.

Le texte à l’origine des actuelles tensions en le Royaume-Uni et l’Union européenne est un projet de loi britannique sur le marché intérieur. De manière unilatérale, il donne à Londres des pouvoirs qui devaient être partagés, selon l’accord de Brexit, avec les Européens concernant le régime douanier en Irlande du Nord.

De façon concrète, le projet de loi enfreint des dispositions clés du traité conclu l’an dernier, qui visent à garantir l’absence de frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, qui est membre de l’UE, et à éviter la résurgence de tensions dans cette région, ensanglantée par trois décennies de « troubles » jusqu’à la signature de l’accord de paix du Vendredi saint en 1998.

Hong Kong : rupture diplomatique avec la Nouvelle-Zélande

Hong Kong : rupture diplomatique avec la Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande rejoint l’Australie et la Grande-Bretagne en refusant désormais d’appliquer les traités d’extradition du fait de la dictature chinoise imposée à Hong Kong. “La Nouvelle-Zélande ne peut plus avoir confiance dans l’indépendance suffisante du système judiciaire de Hong Kong vis-à-vis de la Chine”, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Winston Peters.

“Si la Chine montre à l’avenir qu’elle adhère au principe ‘un pays, deux systèmes’, nous pourrions alors reconsidérer cette décision”, a-t-il ajouté.

Pékin considère la nouvelle loi sécuritaire adoptée ce mois-ci pour Hong Kong comme indispensable pour ramener l’ordre dans l’ancienne colonie britannique après les manifestations antigouvernementales parfois violentes de l’an dernier. Les détracteurs y voient une bascule vers l’autoritarisme.

La Grande-Bretagne, l’Australie et le Canada ont tous suspendu leurs traités d’extradition avec Hong Kong plus tôt ce mois-ci, tandis que les Etats-Unis ont mis fin au traitement préférentiel qui a contribué à faire du territoire l’un des pôles financiers mondiaux.

Winston Peters a aussi indiqué que Hong Kong serait traitée de la même manière que la Chine pour les exportations de technologies militaires et à double usage, dans le cadre d’un examen de l’ensemble des relations que la Nouvelle-Zélande entretient avec la région administrative spéciale.

Dans un communiqué sur son site, l’ambassade de Chine en Nouvelle-Zélande a dénoncé une violation des lois internationales et une ingérence flagrante dans les affaires internes de la Chine.

“Le camp chinois a fait part de sa vive inquiétude et de sa ferme opposition”, est-il écrit.

Le gouvernement néo-zélandais a par ailleurs publié une note pour aviser les ressortissants néo-zélandais des risques liés à la nouvelle loi de sécurité nationale à Hong Kong, a dit Peters. La loi permet notamment pour la première fois à des agents chinois de s’installer à Hong Kong et d’extrader des suspects vers la Chine continentale.

La Chine est le principal partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande. Les relations entre les deux pays se sont tendues récemment après que la nation du Pacifique a soutenu la participation de Taiwan à une assemblée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur fond de pandémie de coronavirus.

« Crise l’hôpital public: un point de rupture »

« Crise  l’hôpital public:  un point de rupture »

 

Un appel de soixante-dix directeurs médicaux des départements médico-universitaires pour alerter sur la crise l’hôpital public. ( Tribune au Monde)

 

« Nous, directeurs médicaux des départements médico-universitaires (DMU), nouvelles structures au sein de l’AP-HP, chargés de coordonner les services hospitaliers et piloter les projets hospitalo-universitaires, souhaitons vous informer des difficultés croissantes au sein de l’hôpital public, qui font craindre un point de rupture irréversible.

L’hôpital public français a acquis depuis des décennies une réputation d’excellence et une renommée internationale assurant des missions de soins les plus modernes, pour les enfants et les adultes, accessibles pour tous, ainsi que les missions de recherche et de formation. Nous vous alertons car ce système s’écroule et nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins.

Des centaines de lits d’hospitalisation de médecine et de chirurgie, des dizaines de salles d’opération à l’hôpital public fermés, et chaque semaine des unités de soin ferment. Les conséquences : des conditions d’accès aux soins dégradées, la qualité et la sécurité des soins sérieusement menacées.

L’accès au diagnostic et aux soins médicaux et chirurgicaux à l’hôpital public est extrêmement difficile, et les équipes soignantes démotivées. Les délais de programmation des interventions s’allongent, les soins urgents ne sont plus réalisés dans des délais raisonnables. Les usagers sont de plus en plus obligés de se tourner vers les établissements privés. Trop peu de recrutements de soignants sont en vue pour espérer un retour à la normale du « système sanitaire ».

Des centaines de postes de soignants (pourtant budgétisés) ne sont pas pourvus ; et, plus grave encore, des soignants quittent l’hôpital public. Cela concerne les infirmiers dans les services médicaux et chirurgicaux de l’hôpital (IDE), les infirmiers anesthésistes, de bloc opératoire, les aides-soignants, les professionnels de rééducation dont les masseurs-kinésithérapeutes, les manipulateurs en radiologie, en médecine nucléaire et en oncologie radiothérapie, les techniciens de laboratoire et les préparateurs en pharmacie. Cela concerne aussi les médecins dont les médecins anesthésistes-réanimateurs, les biologistes et d’autres catégories professionnelles.

Le résultat est une surcharge de travail quotidien croissante et un épuisement des soignants restants ainsi que des cadres de santé, chargés de gérer au quotidien des équipes de soignants sous tension. Pour maintenir les lits ouverts et poursuivre l’accueil des patients, il est nécessaire de faire appel aux soignants restants en leur demandant de réaliser des heures de travail supplémentaires ou à des personnels soignants intérimaires extérieurs appelés au fil de l’eau pour combler les manques mais sans expertise dans les spécificités des différents services. La qualité de vie au travail est devenue un enjeu prioritaire des établissements de santé, car 49 % des professionnels de santé sont exposés au burn-out ; le manque de ressources et la surcharge de travail, les transports sont pour 64 % responsables de ces risques psychosociaux. »

 

Mobilités : croissance exponentielle et rupture structurelle attendue jusqu’en 2030

Mobilités : croissance exponentielle et  rupture structurelle attendue jusqu’en 2030

Dans un environnement de croissance exponentielle de la mobilité on pourrait bien assister aussi à une rupture structurelle de la demande et de l’offre. En clair, la mobilité assurée par une voiture personnelle pourrait bien diminuer au profit d’une demande beaucoup plus diversifiée et dont l’offre serait mutualisée.  Dans sa septième édition de son Digital Auto Report, le cabinet américain confirme ce que tout le monde soupçonnait depuis longtemps: le rapport à la mobilité est à la veille d’une rupture conceptuelle majeure.

  »70% des clients automobiles souhaitent recevoir des offres de mobilité personnalisées et il en va de même pour les millennials -près de la moitié de la population mondiale- qui semblent être indifférents à la performance des véhicules ou encore à leur marque », d’après François Jaumain, associé en charge du secteur automobile chez PwC. L’étude constate ainsi que la proportion de consommateurs qui aux Etats-Unis et en Europe sont attachés à la propriété automobile va passer de 4 sur 5 à tout juste la moitié dans un horizon de temps de cinq à dix ans. 47% des Européens sont prêts à abandonner leur voiture individuelle au profit d’une solution dite de « robotaxi ». Il s’agit d’un véhicule 100% autonome (donc sans chauffeur) et qui serait utilisé plus intensivement (donc plus vite amorti). Les experts estiment que le robotaxi va rapporter le coût de la mobilité à un prix si bas, que le coût d’une voiture individuelle deviendra comparativement prohibitif.

Bien entendu, ce marché est tributaire de l’avancée de la voiture autonome et l’accomplissement du level 5, celui qui permet de supprimer le volant et donc le chauffeur. Or, ce niveau d’autonomie n’est pas attendu avant 2030.

Ruffin-Mélenchon/ vers la rupture ?

Ruffin-Mélenchon/ vers la rupture ?

 

François Ruffin vient de créer un micro parti : Picardie debout. On peut se demander quelle est la stratégie de point son intérêt électoral puisque Ruffin peut  bénéficier de l’audience nationale des insoumis. Ou alors François Ruffin, l’anarcho gauchiste qui n’apprécie guère la tutelle du « Che » Mélenchon veut conquérir son indépendance voire le moment venu peut-être concurrencer le mouvement des insoumis. Si l’on en juge par l’objet même du niveau micro parti l’ambition est grande. Il s’agit de «favoriser les réflexions philosophiques, économiques, sociales et politiques localement, nationalement et internationalement ; contribuer à l’élaboration, la communication et la mise en discussion publique des idées de ses membres et celles que ses membres souhaitent faire connaître ; faire prospérer le vivre-ensemble politique, la convivialité citoyenne et la solidarité militante ; faire vivre la démocratie par tous moyens: organisation de soirées, débats, conférences» mais aussi – surtout – la «présentation de candidats à toutes élections « . En clair il s’agit bien d’un parti à vocation nationale le moment venu. La rivalité entre François Ruffin et Mélenchon n’est pas nouvelle. Il se retrouve dans la contestation anti capitaliste et anti impérialiste mais divergent sur d’autres aspects idéologiques. Ruffin est plus proche des anarcho gauchiste et Mélenchon plus proche finalement des communistes classiques. François Ruffin se revendique lui-même comme un «électron libre» au sein des troupes LFI. «Cette épithète me paraît juste. J’appartiens à un groupe parlementaire, mais, il faut l’avouer, je suis à la fois ici et ailleurs, je fais un peu bande à part», écrit-il. Autre démarche solitaire: la sortie de son film «Je veux du soleil» sur le mouvement des «gilets jaunes», en salle le 3 avril. Des initiatives qui tendent, à force, à faire de l’ombre au chef des troupes, Jean-Luc Mélenchon. Au risque d’irriter au sein de la maison Insoumise.

Unedic : dernière proposition du MEDEF avant rupture ?

Unedic : dernière proposition du MEDEF avant rupture ?

Refus total du bonus malus voulu par les syndicats et le gouvernement concernant les contrats courts. Le patronat à la place propose le paiement d’un forfait, d’un montant fixe qui viendra alimenter un fonds commun pour améliorer l’accès à la complémentaire santé et augmenter des droits au compte personnel de formation. Curieusement en cas d’échec, le patronat s’en remet à l’arbitrage des pouvoirs publics auxquels il demande de participer aux négociations en cours. Au moins un point d’accord avec les syndicats qui eux aussi veulent s’en remettre à l’arbitrage du ministère du travail en cas d’échec des négociations avec le patronat. Il y a par ailleurs une sorte de contradiction chez les partenaires sociaux à vouloir garder la main sur les négociations relatives à l’Unedic et en même temps solliciter l’arbitrage du ministère du travail. Cela d’autant plus que l’intention du gouvernement est de remettre la main sur l’Unedic avec y compris une modification du financement via l’impôt. En clair dans ce domaine comme dans d’autres l’étatisme reprend le dessus en France. Sans doute la faute au gouvernement qui définit des cadrages trop contraignants mais aussi aux partenaires qui en la circonstance montre un peu irresponsables. “Si dans ce texte, il n’y a pas les mesures que nous préconisons sur la réduction des contrats courts, il y aura un échec et après nous en appelons à la ministre du Travail pour regarder ce qu’on fait de ce constat d’échec”, a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger sur LCI. En cas d’échec des négociations, le gouvernement doit décider s’il reprend les rênes du régime et procède lui-même aux réformes : des économies de 3 à 3,9 milliards d’euros sur trois ans, la révision des règles de cumul emploi et chômage et la mise en place d’un dispositif pour limiter le recours aux contrats de courte durée. Cette perspective n’enchante ni le patronat ni les syndicats. “Ce serait un échec pour tout le monde. Si le gouvernement reprend la main, ce sera aussi des baisses de droits importantes pour les demandeurs d’emploi”, a dit à Reuters la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Marylise Léon. La loi prévoit, en cas d’échec des pourparlers, que le gouvernement reprenne la main et modifie les règles de l’assurance chômage par décret “mais, s’il y a un recours au décret, le gouvernement ne fera pas seul, les partenaires sociaux auront un rôle à jouer”, a poursuivi la source.

«Gilets jaunes» : une rupture politique décisive (Jérôme Sainte-Marie)

«Gilets jaunes» : une rupture politique décisive (Jérôme Sainte-Marie)

 

Jérôme Sainte-Marie , politologue estime que le mouvement des gilets jaunes est une rupture politique décisive (Jérôme Sainte-Marie). Interview le Figaro.

 

Quelle appréciation portez-vous sur la capacité de mobilisation des «gilets jaunes» le 17 novembre?

Jérôme SAINTE-MARIE.- Si l’on considère dans leur originalité radicale l’émergence de ce mouvement d’opinion puis la mise en place de modalités d’action déconcertantes, force est d’admettre la réussite de cette mobilisation. Il y avait un doute énorme avant le 17 novembre sur la concrétisation de ce mécontentement virtuel, il est désormais levé. Rappelons que ceux qui sont allés sur les ronds-points, les péages autoroutiers et autres lieux de rassemblement, ne savaient pas très bien qui ils allaient y trouver et comment les choses se dérouleraient. Ils étaient donc dans un contexte plutôt anxiogène, à l’inverse du confort qu’offrent les manifestations habituelles, depuis longtemps assujetties à un rituel bien connu de tous, organisateurs, participants et forces de l’ordre. Bien entendu, il existe un hiatus gigantesque entre le soutien déclaré au mouvement, de l’ordre de trois Français sur quatre, et la participation effective à celui-ci, mais comment pourrait-il en être autrement? Nous sommes donc confrontés à une mobilisation dont l’importance quantitative constitue un message encourageant pour tous ceux qui s’y sont peu ou prou reconnus.

 

Comment caractériser les manifestants? Quel est leur profil socioprofessionnel ?

Les gilets jaunes sont avant tout des salariés, travailleurs indépendants ou retraités aux revenus situés autour ou en-deçà du revenu mensuel médian.

Partons déjà des soutiens déclarés au mouvement, que l’on connaît bien grâce aux études d’opinion. Je ne vois pas comment décrire cela autrement que comme un puissant révélateur des clivages sociaux. Le soutien au mouvement, avant qu’il ait lieu, était trente points supérieurs chez les employés et ouvriers que chez les cadres. Plus nettement encore, il y avait une corrélation étroite entre la modestie des revenus du foyer et la sympathie pour les «gilets jaunes». L’orientation politique des individus joue beaucoup moins, à l’exception des sympathisants de La République en Marche, désormais isolés dans leur hostilité massive à cette protestation. Quant aux participants eux-mêmes, les témoignages disponibles et les échanges que j’ai pu avoir avec certains d’entre eux attestent du caractère populaire, à tous les sens du terme, de la mobilisation. Rassemblés par des mots d’ordre portant sur des questions d’argent, ils sont avant tout des salariés, travailleurs indépendants ou retraités aux revenus situés autour ou en-deçà du revenu mensuel médian, qui se situe autour de 1700 euros après impôts. Ce n’est pas la France de la misère ou de l’exclusion, sans doute, mais bien celle dont le travail s’accompagne d’une insécurité financière permanente. Ajoutons que dans la circonstance les clivages sociaux supplantent les autres, et que se mobilisent ensemble des personnes aux origines variées.

 

Peut-on dire que c’est la France des villes petites et moyennes ainsi que des zones rurales qui s’est mobilisée?

Cela ferait déjà beaucoup de monde! Visiblement, les habitants des villes-centre, qui concentrent les activités tertiaires les plus prospères et dont les propriétaires bénéficient de la hausse des prix de l’immobilier, sont moins sensibles à la cause des «gilets jaunes», ce qui est bien naturel. On constate par exemple que les habitants de la région parisienne sont plus réservés à son égard, mais il faut rappeler ici que bien des trajets s’y font grâce à une offre abondante en transports en commun. Ceci posé, la dimension géographique doit être maniée avec prudence, comme le fait par exemple mon confrère Jérôme Fourquet, sinon on risque de tomber dans des formules piégeuses. Ainsi lorsque l’on proclame que la «lutte des territoires» a remplacé la «lutte des classes»: que la seconde existe fait débat, mais la réalité de la première me semble brumeuse. Les résultats des élections et des sondages montrent bien des différences géographiques, mais une fois que l’on a pris en compte la dimension sociologique de la répartition de la population selon les territoires, ces contrastes s’estompent. Donc, au sujet du mouvement des «gilets jaunes» aussi, la dimension horizontale, celle du territoire, me paraît fille de la dimension verticale, celle de la situation sociale.

 

Outre la question du prix des carburants, à quoi attribuer la véhémence d’une partie des manifestants?

Nous sommes dans ce type de moments où les données d’opinion deviennent des principes actifs de la vie sociale. Si j’ose dire, le chiffre se fait chair. En effet, non seulement l’exécutif est impopulaire – nous apprenons aujourd’hui par l’IFOP que 73% des Français se disent mécontents d’Emmanuel Macron comme président de la République, dont 39% «très» mécontents -, mais tout le monde le sait, du fait des sondages publiés. Nous sommes donc dans une spirale d’opinion qui favorise l’expression du mécontentement dans des mouvements sociaux tels que les «gilets jaunes». Il y a un autre élément, propre à l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron. À tort ou à raison, les Français l’identifient à une forme d’arrogance sociale, à quelqu’un qui voit le monde comme le combat de la «réussite» et du néant. Si l’univers des cadres supérieurs, le biotope du macronisme, adhère sans mal à cette vision, la plupart des Français recherchent plutôt le bonheur dans la stabilité. Le ressentiment qui s’exprime à l’égard du chef de l’État va donc au-delà de la seule contestation de sa politique.

 

Le mouvement des « gilets jaunes » peut constituer une rupture décisive.

Quelles conséquences politiques et électorales peut entraîner ce mouvement?

Rappelons un instant que l’accession au pouvoir par Emmanuel Macron s’est faite par la réconciliation d’électeurs issus du centre, de la gauche et de droite, mais que cette diversité politique s’est accompagnée d’une certaine homogénéité sociale. Il me semble que ce soit alors créé un «bloc élitaire», rassemblant l’élite proprement dite, ceux qui aspirent à en faire partie, et enfin, ceux qui lui délèguent volontiers la gestion des affaires publiques. Cette polarisation a mis en difficulté et le Parti socialiste et le parti Les Républicains, supplantés dans leur vocation gouvernementale. En face, le «bloc populaire» n’existait que sous une forme négative, partagé de manière irréconciliable entre lepénistes et mélenchonistes. L’existence de ces quatre oppositions sans aucune formule d’alliance concevable est la meilleure garantie de pérennité du macronisme. Cependant, le mouvement des «gilets jaunes» peut constituer une rupture décisive. Mobilisation surgie de la base même du pays, ignorant les identités politiques ou syndicales, elle produit sans même s’en soucier une forme de réunification sociale. De ce fait, la polarisation que tente Emmanuel Macron entre «progressistes» et «populistes» prend une dimension sociologique de plus en plus visible. Avec un bloc élitaire bien en place et représenté prioritairement par LREM et un bloc populaire en gestation, la transformation de l’ordre politique français se poursuit et s’accélère.

Intelligence artificielle : lente diffusion ou rupture ?

Intelligence artificielle : lente diffusion ou rupture ?

Dans une étude France Stratégie (ancien plan, service du Premier Ministre) évoque deux scénarii : l’un d’une diffusion progressive, l’autre d’une rupture. Dans le premier cas, l’intelligence artificielle serait intégrée au fonctionnement des entreprises et des organisations dans la continuité de leur transformation numérique.

Le défi de l’automatisation des tâches

De manière générale, le rapport explique que l’émergence de l’IA dans le monde du travail offrirait une opportunité économique liée à des gains de productivité (baisse des coûts d’opérations automatisées, automatisation des processus de coordination entre différents services et acteurs, optimisation des flux de production…) Ces mêmes gains pourraient constituer des risques pour l’emploi, remplaçant l’humain par la machine. . Les travailleurs pourraient également craindre une dévalorisation de leurs compétences, une surcharge cognitive, une perte d’autonomie, un contrôle accru et une perte de sens du travail liée à l’automatisation des tâches. Mais « , ces mêmes technologies pourraient aussi créer de nouveaux métiers grâce, notamment au traitement massif des données (devenir le superviseur d’une flotte de véhicules autonomes ou de chatbots par exemple). En imaginant que l’IA prenne en charge des tâches routinières et répétitives, on pourrait aussi imaginer que cela soulagerait les actuels travailleurs, qui bénéficieraient d’une amélioration des conditions de travail et une valorisation des activités et des tâches. France Stratégie prend trois exemple celui des transports avec notamment l’accélération de automatisation des tâches dans la logistique, les banques aussi concernées par la numérisation et les restructurations qui s’amplifient enfin le secteur de la santé où la les perspectives d’emplois nouveaux paraissent les plus positifs. Pour les patients, et les professionnels. Enfin, les auteurs de l’étude rappellent qu’il est impératif de sécuriser davantage les parcours professionnels dans les secteurs les plus impactés par l’IA afin d’éviter que le bouleversement annoncé se situe plus du côté du scénario dommageable.

Un fonds européen pour l’innovation de rupture

 Un fonds européen pour l’innovation de 2,5 milliards d’euros

Il faut un fonds pour l’innovation de rupture afin de garantir sa souveraineté technologique, a estimé lundi le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire. La France dispose depuis le début de l’année d’un fonds pour l’innovation de rupture, doté de dix milliards d’euros. Ce fonds français « doit être la préfiguration d’un fonds pour l’innovation de rupture au niveau européen » représentant un montant d’ »environ deux à 2,5 milliards d’euros », a déclaré Bruno Le Maire lors d’un point presse organisé à l’issue d’une réunion du Conseil national de l’industrie (CNI). Il s’agit selon lui de constituer un fonds européen disposant de « la même puissance que la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) américaine », l’agence du département de la Défense dédiée à l’innovation de rupture, qui a par exemple été à l’origine d’internet ou du GPS et qui dispose d’environ trois milliards de dollars chaque année pour financer des projets dans ce domaine.  »En matière de transports, d’autonomie, de stockage des énergies renouvelables, de supercalculateurs, d’intelligence artificielle et d’espace, il est temps que l’Europe se dote des moyens de sa puissance et de sa souveraineté technologiques », a plaidé Bruno Le Maire. Jugeant que « la France doit prendre la tête de ce combat pour la mise en place d’une Darpa européenne », il a précisé que ce projet constituerait l’un des trois axes sur lequel reposera la vision « d’une Europe souveraine et indépendante en matière industrielle » que l’exécutif compte défendre. Face aux différences de positions des Etats membres sur le sujet, « il est important, surtout à quelques mois des élections européennes (…) que nous posions notre stratégie nationale sur la table pour pouvoir en discuter avec nos partenaires » afin que la France puisse défendre ses positions. Au-delà de la nécessaire mise en place d’un fonds européen pour l’innovation de rupture, le projet français pour la stratégie industrielle européenne – qui sera formalisé dans un rapport remis lors de la prochaine réunion du CNI, le 28 mai – comportera aussi un volet sur l’engagement en faveur de la constitution de « champions industriels européens ». Le troisième pilier portera sur la nécessaire évaluation de certaines politiques européennes – notamment celle de la concurrence – pour vérifier leur efficacité en termes de développement industriel. Le ministre de l’Economie avait déjà plaidé à l’automne pour une révision de l’approche européenne sur les questions de concurrence, qui selon lui entravent la capacité à faire naître des géants industriels européens capables de faire face à la concurrence des groupes chinois ou américains.

 

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol