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Coronavirus : Pas de retour avant six mois à la vie normale au Royaume-Uni

Coronavirus : Pas de retour avant six mois à la vie normale au Royaume-Uni

 

 

L’avertissement britannique est au moins clair, plus clair que les circonvolutions françaises:  pas de retour à la vie normale avant six mois. Un avis qui vaut sans doute pour le reste du monde et notamment toute l’Europe. Comme les politiques n’osent pas faire de pronostics par peur des réactions de l’opinion publique, ils  se réfugient  faussement derrière l’avis  de scientifiques . Mais nombre de ces scientifiques sont des courtisans du pouvoir et leurs avis ne sont guère éclairants. Du coup,  les pouvoirs publics prolongent le confinement à dose homéopathique.

En France,  on ajoute 15 jours à 15 jours et cela pourrait durer assez longtemps. Sans doute comment Royaume-Uni, aucun retour ne sera possible avant six mois. À la catastrophe sanitaire s’ajoutera une crise économique et sociale sans précédent. Les équilibres financiers de l’État vont exploser ( déficit, dette etc.). Une vague historique  de défaillances d’entreprise va se produire et le taux de chômage pourrait passer de 8 à 20 %. Dans six mois, il y aura sans doute la fin d’un confinement strict et un net tassement de la pandémie mais le retour entre  » à la normale » est très hypothétique. Il se caractérisera sans doute par la levée de la plupart des entraves à la mobilité mais dans un contexte de crise socio-économique.

Selon les autorités britanniques , il serait « dangereux » de lever subitement le confinement auquel la population est actuellement soumise pour trois semaines, même s’il s’avère efficace pour ralentir la progression de la maladie, car cela pourrait entraîner une résurgence de la pandémie; les mesures mises en place pour contenir la maladie seraient réexaminées « toutes les trois semaines » durant « probablement six mois » voire plus.

Mais « cela ne veut pas dire que nous resterions en confinement total pour six mois », « Nous pourrons, espérons-le, progressivement adapter certaines mesures de distanciation sociale et progressivement retourner à la normale ».

Le gouvernement a décrété lundi un confinement général de la population pour au moins trois semaines, afin de tenter de freiner la propagation de l’épidémie qui a fait 1.228 morts et officiellement contaminé 19.522 personnes au Royaume-Uni, selon un bilan publié dimanche. Seuls les commerces de biens essentiels sont ouverts, et les gens ne sont autorisés à sortir que pour faire leurs courses, se faire soigner ou faire de l’exercice une fois par jour.

Dans une vidéo postée dimanche soir sur son compte Twitter, le Premier ministre Boris Johnson, en isolement après avoir été testé positif au Covid-19, a remercié la population pour se conformer à ces directives, constatant que la fréquentation des trains et des bus avait chuté. Il a également salué les quelque 20.000 anciens membres du personnel du service de santé qui ont repris du service et les 750.000 personnes qui se sont portées volontaires pour participer à la lutte contre le virus.

Cette bataille bat actuellement son plein. Selon Jenny Harries, le nombre de décès va continuer à croître « pour une semaine, possiblement deux » avant que ces mesures ne commencent à faire effet. Parmi les personnes décédées figure un médecin de 55 ans, le premier soignant en première ligne de la lutte contre le Covid-19 à mourir au Royaume-Uni, selon les services de santé. Plus tôt dimanche, le bras droit du Premier ministre conservateur Boris Johnson avait déjà prévenu que les Britanniques devaient se préparer à « une longue période » de crise.

« Je ne peux pas faire de prédiction précise mais je pense que tout le monde doit se préparer à une longue période durant laquelle ces mesures resteront en place », a déclaré le ministre Michael Gove sur la BBC, sans vouloir donner de date précise.

- Confinement jusqu’en mai ou juin -

« Il est crucial pour le moment que nous respections durant les semaines à venir les directives strictes qui ont été établies en matière de distanciation sociale », a-t-il ajouté.

Dans le Sunday Times, l’épidémiologiste Neil Ferguson de l’Imperial College London, qui conseille le gouvernement, a estimé que le confinement devrait rester en place « probablement jusqu’à la fin mai, peut-être même début juin. Mai est optimiste ».

Dans une lettre adressée aux 30 millions de foyers britanniques, le Premier ministre a prévenu que la situation allait « s’aggraver avant de s’améliorer » et que le respect des règles de confinement permettrait un retour « à la normale » plus rapidement.

« Mais nous n’hésiterons pas à aller plus loin si c’est que les avis scientifiques et médicaux nous disent de faire », a-t-il ajouté.

Stephan Powis, le directeur médical du système public de santé anglais NHS England, avait estimé samedi que si le nombre de morts pouvait être contenu sous la barre des 20.000 au Royaume-Uni, ce serait un « bon résultat ».

Le Royaume-Uni veut aussi fortement augmenter la cadence des dépistages et tester jusqu’à 25.000 personnes par jour dans les prochaines semaines, a indiqué Michael Gove.

Il a par ailleurs reproché à la Chine, où le virus est apparu, d’avoir manqué de clarté dans ses communications sur « l’ampleur, la nature, l’infectiosité » de la maladie.

 

 

Coronavirus Royaume-Uni : Boris Johnson contraint de faire comme les autres pays

 

 

Évidemment Boris Johnson a voulu se singulariser en refusant au départ toute  perspective de confinement. Le Premier ministre britannique avait jusqu’ici refusé d’imposer des restrictions de la mobilité. On sait cependant que Boris Johnson est coutumier des voltefaces. Ainsi il a été contraint de changer de position face au risque de saturation du système de santé britannique.

Le nombre de décès dus au virus en Grande-Bretagne a bondi de 54 à 335 lundi, le gouvernement ayant déclaré que l’armée aiderait à expédier des millions d’équipements de protection individuelle (EPI), y compris des masques, aux travailleurs de la santé qui se sont plaints d’une pénurie.

“A partir de ce soir, je dois donner au peuple britannique une instruction très simple – vous devez rester chez vous”, a déclaré Boris Johnson.

Les Britanniques ne seront autorisés à quitter leur domicile que pour faire des courses, faire de l’exercice, pour un besoin médical, pour prodiguer des soins ou pour se rendre au travail et en revenir.

“C’est tout – ce sont les seules raisons pour lesquelles vous devriez quitter votre maison”, a indiqué Boris Johnson, ajoutant que les gens ne devaient pas rencontrer des amis ou des membres de leur famille qui ne vivent pas chez eux.

“Si vous ne respectez pas les règles, la police aura les pouvoirs de les faire respecter, notamment par le biais d’amendes et de la dispersion des rassemblements”, a-t-il averti.

“C’est comme un effort de guerre – c’est une guerre contre ce virus et l’armée a donc été incroyablement utile pour mettre en place cette logistique afin que nous puissions acheminer les fournitures pour protéger les personnes sur la ligne de front”, a déclaré Matt Hancock à la BBC, précisant que le service de santé disposait désormais de 12.000 ventilateurs, soit 7.000 de plus qu’au début de la crise.

Conclusion : Boris Johnson, avec retard, s’aligne sur les positions prises dans la plupart des pays d’Europe et il n’y aura pas de break site vis-à-vis du Coronavirus !

Départ de Nissan du Royaume-Uni ?

Il ne s’agit pas d’une menace mais plutôt d’une hypothèse vraisemblable. Nissan considère  en effet que sans accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, ses unités de production du Royaume-Uni pourraient être menacées de disparition. Notons cependant qu’à terme un projet de restructuration du processus de production de Nissan pourrait ne pas concerner seulement le Royaume-Uni en Europe mais aussi l’Espagne par exemple. “Nous partons du principe qu’ils vont trouver un accord qui puisse satisfaire les besoins de l’usine (de Sunderland)”, a déclaré Gianluca de Ficchy, président de Nissan Europe, à des journalistes au siège européen du groupe à Montigny-Le-Bretonneux (Yvelines).

“Mais on a toujours dit que sans accord, (…) avec des tarifs à 10%, le ‘business model’ de Nissan Europe dans son ensemble ne sera plus viable”, a-t-il ajouté.

Le Royaume-Uni, qui a quitté officiellement l’UE le 31 janvier dernier, doit entamer des négociations avec Bruxelles pour parvenir à un accord commercial avant la date butoir du 31 décembre 2020.

L’usine de Sunderland, qui produit le tout nouveau Juke et doit assembler la future génération de Qashqai, exporte 75% de sa production, essentiellement vers l’Europe.

Quant à la possibilité d’utiliser à la place d’autres usines européennes de Nissan ou du partenaire Renault, Gianluca de Ficchy a jugé cette solution très complexe et très coûteuse à mettre en place.

“Une transition d’un véhicule produit d’une région à l’autre, en terme de délai, en terme de coût, serait absolument difficile à gérer sur une certaine période”, a-t-il dit.

Nissan prévoit un rebond de ses immatriculations en France cette année, où le marché est attendu en légère baisse, mais un nouveau recul de ses ventes en Europe car 2020 est considérée par le groupe comme une année de transition pour ses produits et de recentrage

“Il faut qu’on revoie la stratégie industrielle en Europe dont (l’usine de) Barcelone fait partie, mais on ne va pas rentrer dans l’immédiat dans une opération de restructuration”, a ajouté Gianluca de Ficchy. Il se donne quelques mois pour élaborer cette nouvelle stratégie.

Dans le contexte actuel, le président de Nissan Europe a jugé la coopération avec Renault encore plus vitale aujourd’hui pour faire face aux lourds investissements sur l’électrification que doivent consentir tous les constructeurs.

“Nissan en Europe n’aurait pas existé sans la présence de Renault”, a dit Gianluca de Ficchy, faisant référence aux moteurs et boîtes de vitesse développées en commun, ainsi qu’à l’assemblage de fourgons Nissan dans les usines Renault.

“Je pense qu’il y a énormément d’opportunités pour trouver de plus en plus de synergies dans l’avenir et encore pas mal de choses à faire en terme de produits”, a-t-il ajouté.

Inflation Royaume-Uni: hausse à 1,8%

Inflation Royaume-Uni: hausse à  1,8%

 

Dans le contexte actuel une hausse de l’inflation constitue plutôt une bonne nouvelle. C’est en général le signe d’une reprise de l’économie. Le problème c’est que la hausse assez forte de la consommation constatée au Royaume-Uni se conjugue avec un tassement de la croissance .

Sixième économie mondiale, l’économie britannique a ralenti depuis le référendum de 2016 sur la sortie de l’Union européenne (Brexit), et s’est même contractée au cours du second trimestre de 2019. Le PIB du Royaume-Uni n’a augmenté que de 1,2% en 2019, contre 1,4% en 2018 (FMI). Selon les prévisions du FMI, la croissance devrait se stabiliser à 1,4% en 2020 et 1,5% en 2021, sous réserve de la conclusion d’un vaste accord de libre-échange (ALE) avec l’UE et d’un bon déroulement de la période de transition post-Brexit. L’OCDE table sur une croissance moindre de 1% en 2020 et 1,2% en 2021 L’inflation au Royaume-Uni a dépassé les attentes en janvier pour atteindre son plus haut niveau depuis six mois, tirée par l’augmentation des prix des carburants et une baisse moins marquée qu’attendu de ceux du transport aérien, montrent les statistiques publiées mercredi.

Les prix à la consommation ont progressé de 1,8% en rythme annuel après +1,3% en décembre, se rapprochant de l’objectif de 2% que s’est fixé la Banque d’Angleterre. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une hausse de 1,6% sur un an.

“L’augmentation de l’inflation résulte en grande partie de la hausse des prix à la pompe et d’une baisse moins importante que l’an dernier de ceux des transports aériens”, a déclaré Mike Hardie, statisticien à l’ONS, l’institut national de la statistique. Les prix des carburants ont parallèlement augmenté de 4,7% par rapport à janvier 2019, leur plus forte hausse sur un an depuis novembre 2018.L’inflation hors énergie, carburants, alcool et tabac est elle aussi en hausse à 1,6% en janvier après 1,4% en décembre.

Inégalités Royaume-Uni : moins de chômage mais les travailleurs de plus en plus pauvres

Inégalités Royaume-Uni : moins de chômage mais les travailleurs de plus en plus pauvres

 

 

On se félicite souvent du faible  taux de chômage en Grande-Bretagne. Un taux exceptionnellement  bas de l’ordre de  4 % et cela en dépit de l’affaiblissement de l’activité. Une sorte de miracle en quelque sorte mais un miracle qui s’explique par le caractère de plus en plus précaire de certains salariés. En effet, la pauvreté touche 14 millions de personnes au Royaume-Uni et augmente chez les travailleurs, les enfants et les retraités, relève une étude publiée vendredi. Ce constat de la fondation Joseph Rowntree tranche avec les chiffres officiels qui font état d’un taux de chômage sous les 4%, au plus bas en 45 ans malgré le ralentissement de l’activité économique sur fond de Brexit.

Le rapport montre que nombre de travailleurs s’appauvrissent parce que leur rémunération et le nombre d’heures travaillées ne sont pas suffisants pour subsister. Les emplois précaires sont le revers de la médaille d’un taux de chômage au plus bas, comme l’illustre le recours croissant aux contrats précaires tels que les contrats «zéro heure», qui ne garantissent aucun minimum horaire. Au total, la moitié des individus touchés par la pauvreté vivent dans une famille de travailleurs, contre 39% il y a 20 ans.

Quelque 4 millions d’enfants et 2 millions de retraités vivent dans le dénuement, soit une hausse respective de 400.000 et 300.000 personnes au cours des cinq dernières années. Les taux de pauvreté les plus élevés se trouvent à Londres, dans le nord et le centre de l’Angleterre, ainsi qu’au Pays de Galles. Ils sont les plus faibles dans le sud de l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Selon les critères retenus par l’étude, une famille est considérée comme pauvre quand son revenu est inférieur de plus de 60% au revenu médian d’une famille similaire, une fois pris en compte le prix de l’immobilier.

La fondation Joseph Rowntree appelle le gouvernement à agir pour améliorer la sécurité et la qualité de l’emploi. Elle explique que les aides sociales sont absolument essentielles pour lutter contre la pauvreté, tout comme le fait de rendre le logement plus abordable. De son côté, la confédération syndicale TUC a appelé les pouvoirs publics à en finir avec les emplois les plus précaires. «Les contrats zéro heure doivent être interdits et le salaire minimum doit atteindre immédiatement au moins 10 livres de l’heure», selon sa secrétaire générale Frances O’Grady.

Le gouvernement, qui va porter le salaire minimum à 8,72 livres l’heure à partir d’avril, martèle quant à lui que la lutte contre la pauvreté reste une priorité. «Nous savons qu’avoir un emploi est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté (…). Les salaires augmentent plus que l’inflation et l’extrême pauvreté est plus faible qu’en 2010», assure un porte-parole du ministère du Travail.

Royaume-Uni : moins de chômage mais les travailleurs de plus en plus pauvres

Royaume-Uni : moins de chômage mais les travailleurs de plus en plus pauvres

 

 

On se félicite souvent du faible  taux de chômage en Grande-Bretagne. Un taux exceptionnellement  bas de l’ordre de  4 % et cela en dépit de l’affaiblissement de l’activité. Une sorte de miracle en quelque sorte mais un miracle qui s’explique par le caractère de plus en plus précaire de certains salariés. En effet, la pauvreté touche 14 millions de personnes au Royaume-Uni et augmente chez les travailleurs, les enfants et les retraités, relève une étude publiée vendredi. Ce constat de la fondation Joseph Rowntree tranche avec les chiffres officiels qui font état d’un taux de chômage sous les 4%, au plus bas en 45 ans malgré le ralentissement de l’activité économique sur fond de Brexit.

Le rapport montre que nombre de travailleurs s’appauvrissent parce que leur rémunération et le nombre d’heures travaillées ne sont pas suffisants pour subsister. Les emplois précaires sont le revers de la médaille d’un taux de chômage au plus bas, comme l’illustre le recours croissant aux contrats précaires tels que les contrats «zéro heure», qui ne garantissent aucun minimum horaire. Au total, la moitié des individus touchés par la pauvreté vivent dans une famille de travailleurs, contre 39% il y a 20 ans.

Quelque 4 millions d’enfants et 2 millions de retraités vivent dans le dénuement, soit une hausse respective de 400.000 et 300.000 personnes au cours des cinq dernières années. Les taux de pauvreté les plus élevés se trouvent à Londres, dans le nord et le centre de l’Angleterre, ainsi qu’au Pays de Galles. Ils sont les plus faibles dans le sud de l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Selon les critères retenus par l’étude, une famille est considérée comme pauvre quand son revenu est inférieur de plus de 60% au revenu médian d’une famille similaire, une fois pris en compte le prix de l’immobilier.

La fondation Joseph Rowntree appelle le gouvernement à agir pour améliorer la sécurité et la qualité de l’emploi. Elle explique que les aides sociales sont absolument essentielles pour lutter contre la pauvreté, tout comme le fait de rendre le logement plus abordable. De son côté, la confédération syndicale TUC a appelé les pouvoirs publics à en finir avec les emplois les plus précaires. «Les contrats zéro heure doivent être interdits et le salaire minimum doit atteindre immédiatement au moins 10 livres de l’heure», selon sa secrétaire générale Frances O’Grady.

Le gouvernement, qui va porter le salaire minimum à 8,72 livres l’heure à partir d’avril, martèle quant à lui que la lutte contre la pauvreté reste une priorité. «Nous savons qu’avoir un emploi est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté (…). Les salaires augmentent plus que l’inflation et l’extrême pauvreté est plus faible qu’en 2010», assure un porte-parole du ministère du Travail.

La taxe carbone contre le Royaume-Uni ?

La taxe carbone contre le Royaume-Uni ?

 

Réponse du berger à la bergère, l’Union économique pourrait prendre des mesures coercitives à l’égard des échanges commerciaux en provenance  de la Grande-Bretagne. Boris Johnson vient en effet d’indiquer qu’il  pourrait éventuellement rétablir des contrôles sur la totalité des échanges entre l’union économique et la Grande-Bretagne. De son côté Pascal Canfin,  responsable de la commission de l’environnement du  Parlement pense que l’union économique pourrait appliquer une taxe carbone sur les produits d’origine britannique.

Le Royaume-Uni fait actuellement partie du système européen d’échange de quotas d’émission (SCEQE), mais le gouvernement prévoit de sortir du dispositif de l’UE et de mettre en place son propre système de tarification du carbone. Pascal Canfin a déclaré à la presse que « les marchés devr[aient] afficher les mêmes prix ».

« Pour l’industrie de l’UE, il est inacceptable que le Royaume-Uni bénéficie d’un accès complet » au marché unique de l’Union, alors qu’un prix du carbone plus bas est proposé de l’autre côté de la Manche, a-t-il insisté.

Des documents du gouvernement britannique datant de 2018 suggèrent que  le prix du carbone s’élèverait à environ 35 euros par tonne, alors que le tarif actuellement en vigueur au sein du SCEQE est de 25 euros  environ. Le prix devrait cependant augmenter à mesure que de nouvelles politiques vertes seront ratifiées et mises en œuvre.

La perspective de cette taxe ne va pas toutefois de soi, elle pose la problématique générale de la fiscalité européenne vis-à-vis des importations et évidemment d’éventuelles mesures de rétorsion de pays victimes de la hausse des taxes; sans parler de la pertinence même de cette fiscalité.

Wilbur Ross, le secrétaire américain au commerce, a indiqué la semaine dernière au Financial Times que Washington surveillait de près la Commission.

« Notre réaction dépendra de la forme que prendra la taxe. Si elle est essentiellement protectionniste, comme les taxes numériques, nous prendrons des mesures », a-t-il déclaré dans les colonnes du quotidien.

« Je ne crois pas que nous sachions comment fixer le prix de ces choses », a pour sa part déclaré son collègue Steve Mnuchin,  le secrétaire américain au Trésor, lors d’une réunion au Forum économique mondial de Davos.

« Et si vous voulez mettre une taxe sur les gens, allez-y, instaurez une taxe carbone, ce n’est rien d’autre qu’une taxe sur les gens qui travaillent dur », a-t-il fait valoir auprès de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

Une proposition visant à lancer une forme de taxe carbone aux États-Unis est cependant en cours d’élaboration : l’Energy Innovation and Carbon Dividend Act. Issue d’un groupe bipartite de la Chambre des représentants des États-Unis, celle-ci n’a toutefois pas encore obtenu le soutien d’un nombre suffisant de parlementaires.

«Le Royaume-Uni a un avenir incroyable …derrière lui »

«Le Royaume-Uni a un avenir incroyable …derrière lui »

Douglas Murray, nostalgiques de la grandeur passée de la Grande-Bretagne se félicite du retrait de la Grande-Bretagne de l’Union. Il juge que ses compatriotes ont voulu retrouver leur pleine souveraineté dans le cadre de leurs institutions politiques nationales. Reprenant à son compte la sémantique grandiloquente de Trump, il estime que » le Royaume Uni a un avenir incroyable devant lui ».

Sans doute une confusion entre l’avenir et le passé. Les Britanniques, comme les français d’ailleurs, ne parviennent pas à se convaincre qu’ils devenus de pays moyens  au regards du classement mondial.

Les anciennes puissances coloniales ont perdu leur lustre. La Grande-Bretagne rêve de retrouver sa splendeur coloniale. Aujourd’hui force est de constater que la Grande-Bretagne -comme la France- se classe très loin mais très loin de la Chine bien sûr, des États-Unis, de l’Inde, de la Russie et d’autres puissances mondiales. Bien sûr, elle résiste encore mais leur PIB sera bientôt dépassée par 10 ou 15 pays dans les 20 ou 30 ans. L’union européenne constitue  un moyen de réactiver la puissance perdue à condition évidemment qu’elle soit un peu plus efficace et  un peu plus démocratique.

Chacun a évidemment a deviné qu’elle était le modèle ultra libéral que vous voudrait développer le  fantasque Boris Johnson; à savoir; créer à la porte de l’union européenne une sorte de paradis fiscal comme  Singapour qui pourrait offrir les avantages de l’Europe sans en avoir les inconvénients. Bref , transformer  la Grande-Bretagne en porte d’entrée pour les importations européennes. La ficelle est un peu grosse et le Premier ministre britannique pas n’est pas très fiable vis-à-vis de ses propres opinions. Dans l’affaire brexit , les deux perdants sont l’union européenne et la Grande-Bretagne mais les Britanniques bien davantage avec en plus des problèmes économiques et politiques internes.

Certes l’union européenne ne va pas couper les ponts avec la Grande-Bretagne mais elle va négocier pied à pied pour préserver ses intérêts d’une part, d’autre part tout faire pour que ce brexit n’inspire pas les pays tentés  de s’éloigner aussi de l’union européenne. De ce point de vue, la montée des populismes pourrait nourrir des velléités d’indépendance de certains pays vis-à-vis de l’union européenne. En outre, on ne peut faire comme si les économies britanniques et européennes n’étaient pas imbriquées. Ainsi les premiers clients britanniques sont les Européens et il serait vain d’espérer qu’on pourrait y substituer de manière significative des échanges avec l’ancien empire britannique voire les États-Unis. Il faudra bien que les Britanniques comme les français acceptent leur nouveau statut de nation de second rang et arrête d’entretenir  la nostalgie de leur ancienne puissance coloniale.

 

Royaume-Uni : La croissance économique diminue encore

Royaume-Uni : La croissance économique diminue encore

La croissance de l’économie britannique ne cesse de diminuer elle atteindra au mieux 1 % sur un an. L’activité a ralenti plus que prévu au troisième trimestre pour tomber, en rythme annuel, à son plus bas niveau depuis près de dix ans, le ralentissement économique mondial et les inquiétudes liées au Brexit ayant affecté les investissements des entreprises et le secteur manufacturier. Ce chiffre, le plus faible depuis le premier trimestre 2010, s’explique principalement par le ralentissement de la production des entreprises en août et en septembre, période durant laquelle les craintes d’une sortie du pays de l’Union européenne sans accord négocié avaient augmenté.

Par rapport aux trois mois précédents, le PIB a augmenté de 0,3% au troisième trimestre après une contraction de 0,2% au deuxième. Cette dernière marquait le contrecoup du mouvement de stockage massif des entreprises fin 2018 et début 2019 en prévision de la sortie du pays de l’Union européenne censée initialement intervenir en mars. Le rebond de juillet-septembre est inférieur à celui de 0,4% attendu par le consensus. A un mois des élections législatives, le ministre des Finances, Sajid Javid, a salué des chiffres qu’il a qualifiés de “solides”, un jugement que ne partage pas l’opposition travailliste.

Brexit–Royaume-Uni : les Conservateurs largement en tête ?

Brexit–Royaume-Uni : les Conservateurs largement en tête ?

 

Le parti de Boris Johnson est crédité de 36% des intentions de vote, contre 28% pour les travaillistes, selon un dernier sondage.

D’après le Sunday Telegraph, le parti conservateur britannique serait en tête dans les sondages concernant le renouvellement de la chambre des communes avec 36 % devançant ainsi nettement le parti travailliste qui n’o tient que 28 % selon un sondage ORB.  Les libéraux-démocrates britanniques arrivent en troisième position avec 14% des intentions de vote, devant le Parti du Brexit de Nigel Farage avec 12%, selon cette étude d’opinion réalisée mercredi et jeudi. Un  résultat qui doit à la très mauvaise image des travaillistes notamment de son leader Corbyn. Des perspectives qui sont : à relativiser car les sondages en Grande-Bretagne n’ont jamais été très fiables. En outre , l’ information émane d’un journal très conservateur. Il se pourrait que les brexiters  n’apprécient guère la position très ambiguë de Boris Johnson et ses changements perpétuels, cela au profit de Nigel Farage qui menace de présenter des candidats partout dans le Royaume-Uni, ce qui mécaniquement profiterait aux travaillistes. Il faut aussi prendre en compte le renouveau des velléités indépendantistes des Irlandais du nord  mais maintenant aussi des écossais voire même des Gallois.

L’objectif des Tories est de faire aboutir l’accord de Brexit négocié par Boris Johnson à Bruxelles pour qu’il soit avalisé par la future des Chambre des communes. En revanche, les conservateurs semblent désormais écarter la possibilité d’un Brexit sans accord, longtemps agitée par le premier ministre, a rapporté le Times samedi. Une différence avec le Brexit Party de Nigel Farage, qui juge que le texte obtenu par Boris Johnson est un mauvais accord.

Brexit-Royaume-Uni : nouvelle colonie ou un État américain

Brexit-Royaume-Uni : nouvelle  colonie ou un État américain

 

Dans le monde démocratique développé, il est rare que les chefs d’État interviennent de manière très explicite dans la politique intérieure des pays voisins ou partenaires surtout lors d’élections. C’est pourtant ce que devient de faire Trump. Trump s’est  déjà prononcé sur le problème du brexit considérant que la Grande-Bretagne avait intérêt à quitter le plus rapidement possible et brutalement l’union européenne, promettant au passage un avenir radieux pour le Royaume-Uni grâce à un accord avec les États-Unis.

Cette fois, le président américain condamne d’une part l’accord passé entre Boris Johnson et l’union européenne tout en soutenant le Premier ministre., D’autre part Trump démolit la candidature du travailliste Jérémy Corbyn. Une nouvelle fois Trump rompt  avec tous les usages diplomatiques et démocratiques considérant sans doute le Royaume-Uni comme un énième État des États-Unis voir une colonie. Trump ne se rend  sans doute pas compte des traditions démocratiques profondément ancrées au Royaume-Uni,  les Britanniques sont particulièrement chatouilleux quant à leur indépendance démocratique. La déclaration surprenante autant que provocatrice de Trump aura sans doute l’effet contraire de ce qu’il recherche. Il faut observer la sémantique particulièrement lamentable de  Trump pour  constater qu’il est bien l’auteur de cette nouvelle diatribe. Le chef de file de l’opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a donc accusé jeudi Donald Trump de chercher à s’ingérer dans le processus électoral au Royaume-Uni pour faire élire “son ami” Boris Johnson.

Le dirigeant du Labour réagissait à des propos tenus un peu plus tôt par le président américain, qui a déclaré que Jeremy Corbyn serait “tellement mauvais” s’il dirigeait le Royaume-Uni, dans une interview accordée à la radio britannique LBC, menée par le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage.

“Corbyn serait tellement mauvais pour votre pays. Il serait si mauvais, il vous dirigerait si mal”, a notamment déclaré Donald Trump, qui a au contraire dit voir en Boris Johnson “un homme fantastique, exactement l’homme qu’il faut en ce moment”.

“Je sais que vous (Nigel Farage) et lui finirez pas faire quelque chose qui pourrait être fantastique. Si vous alliez vos forces, vous serez inarrêtables.” Une formulation qui confirme qu’il y a bien longtemps que les États-Unis ont eu un président aussi idiot et maladroit. Jeremy Corbyn a dénoncé sur son compte Twitter une tentative d’ingérence électorale de la part de Donald Trump, au lendemain de l’accord au Parlement britannique sur la tenue d’élections législatives anticipées le 12 décembre.

“Trump essaie de s’immiscer dans les élections au Royaume-Uni pour faire élire son ami Boris Johnson”, a accusé le chef du Labour, dont le parti est nettement devancé dans les sondages par les conservateurs du Premier ministre.

Trump considère le Royaume-Uni comme une colonie ou un État américain

Trump considère le Royaume-Uni comme une colonie ou un État américain

 

 

 

Dans le monde démocratique développé, il est rare que les chefs d’État interviennent de manière très explicite dans la politique intérieure des pays voisins ou partenaires surtout lors d’élections. C’est pourtant ce que devient de faire Trump. Trump s’est  déjà prononcé sur le problème du brexit considérant que la Grande-Bretagne avait intérêt à quitter le plus rapidement possible et brutalement l’union européenne, promettant au passage un avenir radieux pour le Royaume-Uni grâce à un accord avec les États-Unis.

Cette fois, le président américain condamne d’une part l’accord passé entre Boris Johnson et l’union européenne tout en soutenant le Premier ministre., D’autre part Trump démolit la candidature du travailliste Jérémy Korben. Une nouvelle fois Trump rompt  avec tous les usages diplomatiques et démocratiques considérant sans doute le Royaume-Uni comme un énième État des États-Unis voir une colonie. Trump ne se rend  sans doute pas compte des traditions démocratiques profondément ancrées au Royaume-Uni,  les Britanniques sont particulièrement chatouilleux quant à leur indépendance démocratique. La déclaration surprenante autant que provocatrice de Trump aura sans doute l’effet contraire de ce qu’il recherche. Il faut observer la sémantique particulièrement lamentable de  Trump pour  constater qu’il est bien l’auteur de cette nouvelle diatribe. Le chef de file de l’opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a donc accusé jeudi Donald Trump de chercher à s’ingérer dans le processus électoral au Royaume-Uni pour faire élire “son ami” Boris Johnson.

Le dirigeant du Labour réagissait à des propos tenus un peu plus tôt par le président américain, qui a déclaré que Jeremy Corbyn serait “tellement mauvais” s’il dirigeait le Royaume-Uni, dans une interview accordée à la radio britannique LBC, menée par le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage.

“Corbyn serait tellement mauvais pour votre pays. Il serait si mauvais, il vous dirigerait si mal”, a notamment déclaré Donald Trump, qui a au contraire dit voir en Boris Johnson “un homme fantastique, exactement l’homme qu’il faut en ce moment”.

“Je sais que vous (Nigel Farage) et lui finirez pas faire quelque chose qui pourrait être fantastique. Si vous alliez vos forces, vous serez inarrêtables.” Une formulation qui confirme qu’il y a bien longtemps que les États-Unis ont eu un président aussi idiot et maladroit. Jeremy Corbyn a dénoncé sur son compte Twitter une tentative d’ingérence électorale de la part de Donald Trump, au lendemain de l’accord au Parlement britannique sur la tenue d’élections législatives anticipées le 12 décembre.

“Trump essaie de s’immiscer dans les élections au Royaume-Uni pour faire élire son ami Boris Johnson”, a accusé le chef du Labour, dont le parti est nettement devancé dans les sondages par les conservateurs du Premier ministre.

Parlement- Royaume-Uni : le petit Trump, Boris Johnson, condamné par la justice

Parlement- Royaume-Uni : le petit Trump,  Boris Johnson, condamné par la justice  

 

C’est bien une claque spectaculaire que vient de prendre Boris Johnson de la part de la cour suprême qui a condamné la mise en congé du Parlement décidée par le Premier ministre. Boris Johnson se trouve encore un peu plus acculé car le Parlement va reprendre aujourd’hui ses travaux et ne va pas lui faciliter pour le  projet irresponsable de Brexit  dur c’est-à-dire sans accord. Le Parlement a d’ailleurs tranché dans ce sens et un décret a été signé par la reine. Ne resterait alors que la possibilité d’élections. Pas sûr cependant que les parlementaires soient très enthousiastes car le risque pour eux c’est d’être non réélus. En outre sur le fond,  de nouvelles élections entraîneraient de facto un report de la date de mise en application du Brexit  car les délais seraient alors  record trop courts pour permettre un nouvel accord d’ici le 31 octobre  entre le Royaume-Uni et l’union européenne. Les onze juges de la cour suprême ont donc estimé à l’unanimité que la demande faite à la reine par Boris Johnson de suspendre le Parlement pendant cinq semaines était « illégale, nulle et sans effet ». « La décision de conseiller à Sa Majesté de suspendre le Parlement était illégale, car elle empêchait le Parlement de s’acquitter de ses fonctions constitutionnelles sans justification raisonnable », a déclaré Brenda Hale, la présidente de la Cour suprême. Celle dont tout le pays a appris, mardi, à connaître le visage a ajouté que « le Parlement n’a pas été suspendu » et ­devait donc à nouveau siéger « dès que possible ». Le sémillant président de la Chambre des communes, John Bercow, a annoncé que l’institution rouvrirait ses portes dès ce mercredi matin.

Boris Johnson justifiait sa décision par la nécessité de préparer sereinement sa politique gouvernementale, qui doit être présentée par la reine lors du traditionnel discours du Trône, le 14 octobre. Ses opposants l’accusaient d’autres motivations, très politiques : museler le Parlement pour l’empêcher de se mettre en travers de la route d’un Brexit sans accord. Plusieurs actions en justice avaient été lancées contre la décision de Boris Johnson, en Écosse et à Londres notamment. C’est ainsi que la militante anti-Brexit Gina Miller, à l’origine d’un des recours, fait plier une deuxième fois le gouvernement. En 2017, elle avait déjà forcé Theresa May à solliciter le vote du Parlement sur le déclenchement du Brexit. « Les députés doivent être courageux et demander des comptes à ce gouvernement sans scrupule », a-t-elle déclaré mardi, laissant entendre que les élus pourraient monter plus hardiment au front…

 

Parlement- Royaume-Uni : le petit Trump, Boris Johnson, condamné par la justice

Parlement- Royaume-Uni : le petit Trump,  Boris Johnson, condamné par la justice  

 

C’est bien une claque spectaculaire que vient de prendre Boris Johnson de la part de la cour suprême qui a condamné la mise en congé du Parlement décidée par le Premier ministre. Boris Johnson se trouve encore un peu plus acculé car le Parlement va reprendre aujourd’hui ses travaux et ne va pas lui faciliter pour le  projet irresponsable de Brexit  dur c’est-à-dire sans accord. Le Parlement a d’ailleurs tranché dans ce sens et un décret a été signé par la reine. Ne resterait alors que la possibilité d’élections. Pas sûr cependant que les parlementaires soient très enthousiastes car le risque pour eux c’est d’être non réélus. En outre sur le fond,  de nouvelles élections entraîneraient de facto un report de la date de mise en application du Brexit  car les délais seraient alors  record trop courts pour permettre un nouvel accord d’ici le 31 octobre  entre le Royaume-Uni et l’union européenne. Les onze juges de la cour suprême ont donc estimé à l’unanimité que la demande faite à la reine par Boris Johnson de suspendre le Parlement pendant cinq semaines était « illégale, nulle et sans effet ». « La décision de conseiller à Sa Majesté de suspendre le Parlement était illégale, car elle empêchait le Parlement de s’acquitter de ses fonctions constitutionnelles sans justification raisonnable », a déclaré Brenda Hale, la présidente de la Cour suprême. Celle dont tout le pays a appris, mardi, à connaître le visage a ajouté que « le Parlement n’a pas été suspendu » et ­devait donc à nouveau siéger « dès que possible ». Le sémillant président de la Chambre des communes, John Bercow, a annoncé que l’institution rouvrirait ses portes dès ce mercredi matin.

Boris Johnson justifiait sa décision par la nécessité de préparer sereinement sa politique gouvernementale, qui doit être présentée par la reine lors du traditionnel discours du Trône, le 14 octobre. Ses opposants l’accusaient d’autres motivations, très politiques : museler le Parlement pour l’empêcher de se mettre en travers de la route d’un Brexit sans accord. Plusieurs actions en justice avaient été lancées contre la décision de Boris Johnson, en Écosse et à Londres notamment. C’est ainsi que la militante anti-Brexit Gina Miller, à l’origine d’un des recours, fait plier une deuxième fois le gouvernement. En 2017, elle avait déjà forcé Theresa May à solliciter le vote du Parlement sur le déclenchement du Brexit. « Les députés doivent être courageux et demander des comptes à ce gouvernement sans scrupule », a-t-elle déclaré mardi, laissant entendre que les élus pourraient monter plus hardiment au front…

 

« La démocratie menacée au Royaume-Uni »

« La démocratie menacée au Royaume-Uni  »

 

La démocratie au Royaume-Uni se trouve menacée du fait du Brexit. En effet, le pays qui a vu naître la démocratie vient d’ouvrir la porte à l’autoritarisme en portant Boris Johnson à la tête du pays. Pauline Schnapper et Emmanuelle Avril, professeures de civilisation britannique, soulignent « l’absence de garde-fous efficaces pour contrer la dérive autoritaire du premier ministre ». (Tribune du monde–extrait)

« Après une folle semaine à Londres, qui a vu Boris Johnson faire passer en force une suspension du Parlement, se faire imposer une loi exigeant une demande d’extension de trois mois avant une sortie de l’Union européenne si aucun accord n’était trouvé à Bruxelles d’ici là, vingt et un parlementaires conservateurs modérés se faire exclure du parti et des démissions spectaculaires, dont celle du propre frère du premier ministre, Jo Johnson, l’incertitude sur ce qui pourrait se passer d’ici au 31 octobre reste entière. La tentative de coup de force du nouveau premier ministre, qui annonce vouloir sortir coûte que coûte, alors que le Parlement, divisé par ailleurs sur à peu près tout, a clairement fait savoir son opposition à une sortie sans accord, s’est en tout cas retournée contre lui.


Du côté de Bruxelles, la volonté proclamée de renégocier l’accord conclu en novembre 2018 avec le gouvernement de Theresa May se heurte à la réalité répétée par les Vingt-Sept : il n’y a pas de solution alternative au « backstop », qui prévoit le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière, le temps qu’un accord sur la relation future avec l’Union européenne soit conclu, pour empêcher le rétablissement d’une frontière en Irlande. Il n’y a donc à peu près aucune chance de percée significative à Bruxelles d’ici au prochain conseil européen le 17 octobre.

 

Dès lors, l’étau se resserre sur Boris Johnson, qui a essuyé six défaites à la Chambre des communes et n’a pas réussi à provoquer de nouvelles élections, faute de soutien de l’opposition (puisque depuis 2011 le Parlement ne peut être dissous avant terme que par une majorité des deux tiers des parlementaires). Les partis d’opposition veulent être certains qu’une éventuelle élection, devenue inévitable, aura bien lieu après le 31 octobre, ainsi qu’une nouvelle demande de report de la sortie de l’UE. Le Parti travailliste, par ailleurs, qui ne profite guère dans les sondages de la crise actuelle, aurait sans doute intérêt à éviter une campagne électorale qui se jouerait sur la seule question du Brexit….. »

 

 

Brexit: encore la démission d’une ministre au Royaume-Uni

Brexit: encore la démission d’une ministre au Royaume-Uni

 

 

Indiscutablement le Royaume-Uni n’en finit pas de s’enfoncer dans la crise politique. Avec la démission de la ministre du travail opposée au Brexit  sans accord que veut imposer Boris Johnson, c’est le 19e ministre qui démissionne. Autant dire que c’est la décomposition progressive du système politique. Boris Johnson a au moins raison sur un point, compte tenu des contradictions entre partis et à l’intérieur des partis, des élections sont incontournables. Pas sûr cependant qu’elles permettent  de dégager une majorité stable et cohérente même si pour l’instant dans les sondages les conservateurs semblent faire la course en tête. Ces élections auraient au moins l’avantage de reporter sans doute aux calendes grecques la date du Brexit. Il faudra en effet soit reprendre les négociations à zéro, soit accepter l’accord passé entre l’union européenne et Teresa May.  Le problème de Boris Johnson c’est que pour l’instant il ne dispose plus de majorité pour soutenir ses positions ;

 

L’opposition peut désormais faire barrage au «no deal» envisagé par Boris Johnson le 31 octobre en cas de (probable) échec des négociations avec Bruxelles. Boris Johnson est d’une certaine manière pris au piège par le texte adopté par la chambre des communes». Le texte prévoit que, si Boris Johnson ne parvient pas à négocier un nouvel accord à Bruxelles ou s’il ne parvient pas à faire voter un «no deal» (option pour laquelle il n’y a pas de majorité à la Chambre des communes), il sera obligé de demander à Bruxelles un report au 31 janvier 2020.

 

Boris Johnson  a essayé  de contre-attaquer en tentant de faire voter des élections anticipées. La tentative échouée. Alors qu’il lui fallait obtenir les deux tiers des voix du Parlement, la participation des travaillistes, nécessaire pour réunir autant de suffrages, n’est pas au rendez-vous, le Labour craignant un piège de «BoJo» pour faire passer en douce un «no deal». Autre possible raison: d’après les sondages, une majorité de

 

Face au blocage politique complet entre le gouvernement et le parlement, Boris Johnson a annoncé qu’il organisera, lundi 9 septembre, un nouveau vote pour organiser des élections anticipées. «Je préférerais être mort au fond d’un fossé» que de demander un nouveau report à Bruxelles, proclame «BoJo».

 

Dernier rebondissement, samedi soir 7 septembre, la ministre britannique chargée du Travail et des Retraites, Amber Rudd, historiquement europhile, mais qui avait accepté malgré tout de faire partie du gouvernement de Boris Johnson, a annoncé sa démission, dénonçant un «assaut à la décence et à la démocratie» pour qualifier l’exclusion de 21 conservateurs «rebelles». Ce départ illustre bien la situation du parti conservateur qui, en privilégiant la voie du «no deal», semble contenter ses militants et ses électeurs, mais clive au sein de ses cadres, moins eurosceptiques, ce qui s’était déjà vu lors du référendum 2016 et ce qui se voit toujours parmi les «MP» (membres du Parlement, NDLR).

 

Pénuries au Royaume-Uni en cas de Brexit : blocages de camions et pénurie à prévoir

Pénuries au Royaume-Uni en cas de Brexit : blocages de camions et pénurie à prévoir

 

- Le Royaume-Uni sera confronté à des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments en cas de sortie de l’Union européenne sans accord, avec des blocages dans les ports et le rétablissement d’une frontière physique en Irlande, selon des documents officiels publiés par le Sunday Times.

Dès lors que le Royaume-Uni aura quitté sans aucun accord que le Royaume uni aura quitté sans aucun accord l’union européenne, inévitablement le régime douanier sera changé, en clair la libre circulation sera empêchée et des milliers de camions seront bloqués par des contrôles aussi bien du côté Royaume-Uni que du côté de l’union européenne. Certes l’union européenne souffrira car les échanges qui s’effectuent dans les deux sens mais pour le Royaume uni , la plus grosse partie des importations est en provenance d’Europe . le t problème c’est que nombre de camions risquent d’être bloqués pendant des jours voire des semaines et que peu d’opérateurs logistiques pourront supporter les frais de ces immobilisations. Non seulement les camions seront bloqués mais on aura des difficultés à trouver des transporteurs. D’où des risques de pénuries notamment de nourriture, d’essence et de médicaments.

Selon les documents publiés par le Sunday Times, jusqu’à 85% des camions qui traversent la Manche “pourraient ne pas être prêts” pour les autorités douanières françaises, ce qui signifie que des perturbations dans les ports pourraient durer jusqu’à trois mois avant une éventuelle amélioration du trafic.

Ces prévisions du gouvernement britannique ne présentent pas le scénario du pire, mais bien les répercussions les plus probables d’un Brexit sans accord.

Une version démentie par Michael Gove, ministre chargé des préparatifs du divorce. Ces documents, a-t-il dit sur Twitter, décrivent la pire des situations et des “mesures très significatives ont été prises ces trois dernières semaines pour accélérer la préparation du Brexit”.

Royaume-Uni : un fou pour succéder à Theresa May ?

Royaume-Uni : un fou pour succéder à Theresa May ?

 

Boris Johnson, en parfait démagogue a annoncé s’il était premier ministre que la Grande-Bretagne ne paierait rien à l’union économique et que la rupture serait brutale. En fait il s’agit surtout de s’adresser surtout au sélecteur et aux membres du parti conservateur pour renforcer son éventuelle posture comme premier ministre Johnson est un habitué des coups de force, des mensonges et des manipulations. Fin d’année 2018 de The Economist l’a récompensé comme le pire de la politique britannique. Johnson a reçu la plus haute distinction (le « politicien qui a le plus fait pour laisser tomber son parti et son pays »). ] The Economist a décrit Johnson comme l’un des architectes de la « catastrophe » du Brexit, notons que Boris Johnson est un habitué des coups tordus. Faut-il rappeler qu’au départ il n’était pas pour le break site et ne s’est converti à la rupture avec l’union économique que pour déstabiliser le premier ministre. Faut-il aussi rappeler qu’il a été viré du très sérieux journal le Times pour avoir manipulé une citation

. Il a échoué lamentablement en tant que secrétaire aux affaires étrangères. Il a tiré sur Mme May alors qu’il était au Cabinet. Il a agi contre son contrat depuis le fond et dans sa chronique de journal lucrative sans présenter de réelle alternative. Ce démagogue n’est pas un homme d’État, c’est l’homme le plus irresponsable que le pays ait connu depuis de nombreuses années. Boris Johnson Boris Johnson se livre un nouveau chantage

Boris Johnson se livre à un nouveau chantage en affirmant a, que s’il devenait Premier ministre, il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit jusqu’à ce que l’Union européenne accepte de meilleures conditions de retrait. « Nos amis et partenaires doivent comprendre que l’argent sera conservé jusqu’à ce que nous ayons plus de clarté sur le chemin à prendre », a déclaré ce partisan du Brexit, favori pour succéder à Theresa May, dans un entretien au Sunday Times (en anglais).  »Dans un bon accord, l’argent est un excellent solvant et un très bon lubrifiant », a ajouté l’ancien ministre des Affaires étrangères et ancien maire de Londres.

Boris Johnson fait parti des favoris pour succéder à Theresa May cependant au sein même des conservateurs il suscite à la fois encore beaucoup d’interrogations voire de rejet. En cause sa démagogie, ses contradictions et ses prises de position imprévisible. Sur le plan économique la nomination de Boris Johnson constituerait sans doute un signal très néfaste dans les milieux d’affaires. L’une des premières séquences serait sans doute d’entraîner une nouvelle dépréciation de la monnaie britannique.

 

Brexit: élections européennes quand même le 23 mai au Royaume -Uni !

Brexit: élections européennes quand même le 23 mai au Royaume -Uni !

 

Comme la première ministre Theresa May a demandé un nouveau délai pour quitter l’union européenne, il se pourrait bien que des élections européennes aient  quand même lieu le 23 mai au Royaume-Uni. En effet, Theresa May a demandé que le nouveau délai soit fixé en juin pour l’application du Brexit. Jusqu’à cette date le Royaume-Uni fera donc encore parti de l’union européenne. Peut-être même après si la date d’application du Brexit était encore notoirement prolongée. Peut-être même si de nouvelles élections législatives voire un référendum était nécessaire pour mettre un terme à la crise politique actuelle. En attendant Le Royaume-Uni assure être prêt à organiser des élections européennes. La Première ministre, Theresa May, qui tente de trouver un accord pour sortir de l’Union Européenne,  a demandé un nouveau délai vendredi dernier.  Le gouvernement britannique serait ainsi obligé d’organiser des élections européennes comme dans les autres pays de l’UE. Elles auraient lieu, outre-manche, le jeudi 23 mai vient d’annoncer officiellement Londres. « Cela reste l’intention du gouvernement de quitter l’Union européenne avec un accord et de passer la législation nécessaire avant le 22 mai, pour que nous n’ayons pas besoin de participer » à ces élections, qui seraient alors annulées, a précisé le porte-parole. Il faut évidemment s’attendre à des cris d’orfraie de la part des partisans d’un pas excite dur et immédiat.

Brexit : baisse de croissance grave pour l’union européenne et surtout le Royaume-Uni

Brexit : baisse de croissance grave pour l’union européenne et surtout le Royaume-Uni

D’après le CEPII, les PIB du Royaume-Uni et de l’Union européenne pourraient respectivement reculer de 2,8 % et 0,8 %. Par Vincent Vicard, -(article repris notamment par la Tribune). Extrait :

 

« L’incertitude est totale après le rejet par les députés britanniques de l’accord de sortie de l’Union européenne négocié entre le gouvernement britannique et la Commission européenne. Personne ne sait exactement ce qu’il va se passer dans les 10 semaines qui nous séparent maintenant de l’échéance prévue du Brexit. Une chose est cependant sûre : l’issue du processus aura son importance tant à court qu’à long terme, parce qu’un Brexit sans accord n’est pas du tout la même chose qu’un Brexit avec accord.

D’un point de vue économique, un Brexit sans accord signifie que les relations commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni seront régulées par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais ce n’est pas tout : à court terme, l’impréparation du processus de sortie et l’absence d’accord sur un certain nombre de questions cruciales devraient générer des désordres et des coûts supplémentaires. Prenons chacune de ces dimensions dans l’ordre.

Le retour au cadre de l’OMC signifie que le Royaume-Uni sera traité comme tout autre partenaire commercial avec lequel l’UE n’a pas d’accord (et inversement), c’est-à-dire comme les États-Unis par exemple. Cela implique l’instauration de droits de douane sur les importations en provenance du Royaume-Uni ; en moyenne faibles (de l’ordre de 3 % en moyenne), ces taxes à l’importation peuvent être très élevées dans certains secteurs (13 % en moyenne dans l’agriculture par exemple, et près de 40 % pour les produits laitiers).

Plus importante, la sortie de l’UE sans accord signifie la fin de la reconnaissance mutuelle des normes et des standards, qui permet à tout producteur britannique vendant sur son marché domestique de vendre librement aux autres consommateurs européens. Cela implique ce que l’on appelle des barrières non tarifaires au commerce, qui sont aujourd’hui les principales barrières au commerce international : ces barrières comprennent aussi bien les règles sanitaires et phytosanitaires dans l’agriculture visant à protéger les consommateurs que les normes techniques (de la taille des jouets des jeunes enfants à la largeur des pneus des voitures) ou environnementales (les normes fixant les rejets de CO2 ou de particules fines dans l’automobile par exemple).

Concrètement, cela signifie que demain, pour vendre aux consommateurs européens, les exportateurs britanniques devront prouver qu’ils respectent les règles européennes. Ces règles ont beau être similaires aujourd’hui, il faudra demain le prouver, ce qui est coûteux. Elles peuvent aussi diverger dans le futur (c’est d’ailleurs bien là l’un des enjeux du Brexit, pouvoir s’affranchir de certaines règles européennes). Ces barrières non tarifaires sont importantes en moyenne, particulièrement dans certains secteurs - elles atteignent par exemple l’équivalent d’un droit de douane de 74 % pour les produits laitiers, 36 % pour certaines machines et appareils, 20 % pour les produits chimiques et 11 % pour le secteur automobile -, renchérissant d’autant le prix pour le consommateur.

Peut-on estimer l’impact de ces nouvelles barrières au commerce sur les PIB du Royaume-Uni et de l’UE ? C’est ce que nous faisons avec deux collègues, Thierry Mayer et Soledad Zignago, dans un article de recherche récent.

Trois conclusions importantes ressortent de cette étude :

  • D’abord, le coût d’un retour aux règles de l’OMC est substantiel pour le Royaume-Uni : le niveau du PIB baisserait de manière permanente de 2,8 % du PIB, soit annuellement près de 2 000 livres en moyenne par ménage.
  • Ensuite, le coût est beaucoup plus faible côté européen (-0,8 % du PIB en moyenne pondérée, -0,3 % pour la France), à l’exception de l’Irlande pour lequel le coût serait du même ordre de grandeur que celui supporté par le Royaume-Uni.
  • Enfin, et surtout, le coût d’un Brexit sans accord, et donc d’un retour aux règles de l’OMC, est beaucoup plus important que dans le cas d’un Brexit négocié qui déboucherait sur un nouvel accord commercial : les coûts seraient ainsi plus de deux fois moindre dans le cas d’un accord type Norvège (qui implique de conserver la plupart des dimensions du marché unique), inférieurs de près de 40 % dans le cas d’un accord sur le modèle de celui avec la Suisse et de 15 % dans le cas d’une zone de libre échange moins ambitieuse.

La forme du Brexit aura donc bien des conséquences à long terme sur le niveau de richesse des Britanniques, et des Européens dans une moindre mesure. Ces différentes options restent sur la table en cas d’accord sur le retrait ; l’absence d’accord implique de renoncer à ces options de relations commerciales futures dans un avenir proche.

Un Brexit sans accord implique qu’il n’y aura pas de période de transition, qui aurait permis de négocier un nouvel accord et de se préparer au changement de cadre juridique (l’accord de sortie prévoit une période de transition jusqu’au 31 décembre 2020, qui pourrait être étendue, pendant laquelle les règles du marché unique continueraient à s’appliquer). Concrètement, cette sortie brutale du marché unique engendrera non seulement une incertitude juridique sur un grand nombre de sujets mais également des coûts liés à l’impréparation côté européen comme britannique. Il suffit pour cela de regarder les domaines couverts par l’accord de sortie. Les trois principaux concernent le règlement de la « facture » du Brexit, liée aux engagements britanniques dans les programmes européens, le traitement des Européens résidant et/ou travaillant au Royaume-Uni et des Britanniques dans l’UE, qui concerne des millions de citoyens dont le statut juridique dépendra alors des décisions des gouvernements nationaux, et la frontière irlandaise et la préservation de l’accord de paix du Vendredi Saint.

Mais l’accord de retrait couvre également une multitude de domaines, allant de la coopération policière et judiciaire aux questions nucléaires ou au statut de Gibraltar. L’absence d’accord créera dans l’ensemble de ces domaines une forte incertitude juridique puisque leur traitement dépendra des décisions de chaque gouvernement impliqué. Ces questions fondamentales ne disparaîtront pas d’elles même en cas de Brexit sans accord, et devront être négociées d’une manière ou d’une autre dans le futur.

Par ailleurs, les délais sont aujourd’hui tels qu’une sortie sans accord implique un degré d’impréparation des deux côtés. La réinstauration de contrôles aux frontières pour les échanges de biens (inexistants au sein du marché unique) pose des problèmes d’infrastructures dans les ports concernés (notamment Douvres côté britannique et Calais côté français) et de recrutement d’agents des douanes notamment. Des chercheurs de l’Imperial College de Londres ont ainsi calculé que deux minutes supplémentaires de transit pour les (milliers de) camions passant par Douvres entraîneraient des embouteillages de 47 km sur l’autoroute M20 y menant.

Ces délais posent également des questions logistiques pour les productions dépendant de pièces importées, pour lesquelles les capacités de stockage sont limitées aujourd’hui au Royaume-Uni. Plusieurs usines automobiles ont ainsi d’ores et déjà prévu de fermer ou réduire leurs opérations au début du mois d’avril. S’ajoute des problèmes spécifiques à certains secteurs : le secteur aérien par exemple, les autorisations de vol de certaines compagnies pouvant être remises en cause, ou le secteur bancaire pour lequel un certain nombre de questions de supervision se posent (les autorités européennes ont déjà prévu d’autoriser de manière temporaire certaines activités de compensation en euro de Londres mais d’autres questions restent entières). Les conséquences à court terme de ces contingences sont d’autant plus difficiles à prédire que leur impact réel dépendra des mesures prises par les différents gouvernements pour en atténuer le coût.

Les gouvernements britannique comme européens ont clairement affiché leur volonté d’éviter de tels désordres inhérents à un Brexit sans accord. Du côté du parlement britannique également, l’option d’une sortie sans accord ne semble pas emporter la majorité. Cela suffira-t-il à l’éviter pour autant ? La date butoir du 29 mars approchant, les entreprises, qui ont fait preuve d’une étonnante résilience à l’incertitude politique jusqu’à maintenant, vont devoir faire des choix qui pourraient s’avérer irréversibles, mettant ainsi encore plus sous pression le processus politique.

Il est possible de repousser la date effective du Brexit, mais seulement de manière limitée étant donné qu’aller au-delà de fin mai obligerait à tenir des élections européennes au Royaume-Uni, ce que personne ne veut. Par ailleurs, une telle prolongation pose la question de sa finalité : étant donné le blocage au parlement britannique, quelle serait la perspective d’un tel allongement ? La préparation d’un second référendum nécessite d’aller au-delà des élections européennes alors que la perspective de la renégociation de l’accord de retrait apparaît limitée côté européen (reste la possibilité d’un retrait unilatéral de la procédure de sortie par le Royaume-Uni, dont la Cour de justice de l’Union européenne a confirmé la possibilité). L’Union européenne a été claire sur le fait qu’elle ne négociera pas un accord sur les relations futures avant que celui sur le retrait britannique soit ratifié, et que cet accord inclura une clause de « backstop » sur la frontière irlandaise. De telle sorte que l’accord sur la table ne changera pas fondamentalement.

C’est sûrement du côté de la déclaration politique accompagnant l’accord de retrait que des évolutions peuvent se faire jour, mais celle-ci n’a pas la valeur légale de l’accord de retrait. Le refus du parlement britannique n’a donc pas changé fondamentalement l’éventail des choix britanniques. Il ne faut cependant pas oublier que si une sortie sans accord était particulièrement coûteuse pour le Royaume-Uni, la perspective d’avoir un grand pays voisin non coopératif serait désastreuse à terme pour les pays européens. L’Union européenne et ses pays membres ont souvent fait preuve de créativité dans les derniers instants de négociations cruciales tendues ; il faut compter sur une telle créativité aujourd’hui.

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Par Vincent Vicard, Economiste, CEPII

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

 

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