Archive pour le Tag 'Royaume-Uni'

Royaume-Uni : le Brexit responsable de 6 % supplémentaires d’inflation

Royaume-Uni : le Brexit responsable de 6 % supplémentaires d’inflation

inflation alimentaire spectaculaire au Royaume-Uni qui atteint 16,4% sur un an. Mais 6 % serait imputables au Brexit du fait du renchérissement des importations.

Selon les chercheurs de la prestigieuse London School of Economics, « On observe que la sortie de l’UE a augmenté les prix des produits alimentaires de 3% par an, et de 6% sur deux ans, soit en moyenne 210 livres (environ 245 euros) par ménage » « 5,8 milliards de livres », estime le Centre d’étude des performances économiques de la London School of Economics (LSE). Son étude montre que les ménages les plus modestes sont les premières victimes de cette envolée.

En cause les formalités douanière et sanitaires depuis le Brexit et d’autres facteurs comme la crise de l’énergie

« Les volumes des ventes alimentaires poursuivent leur tendance à la baisse amorcée à l’été 2021 », analyse aussi l’institut britannique des statistique qui pointe « l’augmentation du coût de la vie et des prix des denrées alimentaires ». Les ventes alimentaires sont en recul continu depuis l’été 2021, inférieures de 4% en volume à ce qu’elles étaient avant la pandémie. Plus largement, le rebond brutal de l’inflation, tirée par l’énergie et l’alimentaire, a entraîné une chute de 7% du niveau de vie au Royaume-Uni « effaçant huit années de progrès » d’après l’Office fort Budget Responsibility, équivalent outre-Manche de la Cour des comptes.

Face à ce choc social, le gouvernement britannique de Rishi Sunak parait démuni. Liz Truss, éphémère Première ministre pendant un mois en septembre et octobre, avait lancé un plan d’aides aux ménages et aux entreprise. Mal financé, il avait provoqué l’inquiétude des investisseurs et entraîné des attaques sur la dette britannique, dont le coût a explosé. Pour calmer les marchés, son successeur Rishi Sunak a dû présenter en urgence un budget d’austérité, qui ramène le plafonnement des factures énergétiques initialement prévus pour deux ans à seulement six mois.

La croissance du Royaume-Uni victime du Brexit

La croissance du Royaume-Uni victime du Brexit

Les Britanniques découvrent un peu tard les conséquences malheureuses du Brexit sur l’activité économique. Le Royaume-Uni enregistre les plus mauvais chiffres de l’OCDE. Une conséquence notamment du brexit puisque le Royaume-Uni commerçait précédemment en majorité avec l’Europe. Le pays est victime bien évidemment de la crise internationale générale notamment énergétique. L’envolée des prix du gaz en particulier va tuer le pouvoir d’achat des ménages. Preuve supplémentaire de la dégringolade britannique, la bourse de Paris est passée devant la bourse de Londres ; tout un symbole !

Pour l »OCDE la croissance du Royaume-Uni devrait dégringoler à 0,4% en 2023, et à 0,2% en 2024.

.La Banque d’Angleterre est encore plus pessimiste et s’attend à une contraction de 1,5% l’an prochain, suivie d’une autre de 1% en 2024.
Une pénurie de main d’oeuvre
Si le Royaume-Uni est moins dépendant que d’autres pays des interruptions d’approvisionnement en hydrocarbures russes, son mix énergétique repose néanmoins fortement sur le gaz, dont les cours ont été démultipliés sur un an.

De plus en plus de chefs d’entreprises, comme ceux du géant britannique de l’habillement Next ou de l’aéroport de Manchester, critiquent l’impact de la sortie de l’Union européenne sur l’immigration et donc sur le marché du travail.

Le patron de la Confédération de l’industrie britannique (CBI), la principale organisation patronale, a demandé au gouvernement d’assouplir les règles migratoires pour pouvoir accueillir plus de travailleurs étrangers, assurant qu’il n’y avait pas assez de bras dans le pays pour répondre aux besoins.
L’inflation dépasse actuellement 11% au Royaume-Uni et devrait reculer graduellement pour retomber à 2,7% fin 2024, projette l’OCDE.

Au sein du G7, l’Allemagne devrait enregistrer une croissance de 1,8% cette année puis une contraction de 0,3% l’an prochain, presque aussi forte qu’outre-Manche, avant un rebond de 1,5% en 2024, selon l’OCDE.
Les Etats-Unis devraient connaître par comparaison une croissance de 1,8% cette année puis 0,5% l’an prochain et 1,0% en 2024.

Politique- Royaume-Uni : comme Macron, Rishi Sunak un techno-capitaliste (Adrian Pabst)

Politique- Royaume-Uni : comme Macron , «Rishi Sunak un techno-capitaliste» (Adrian Pabst)

Selon le philosophe Adrian Pabst l’arrivée de Rishi Sunak à la tête du gouvernement pour succéder à Liz Truss marque le triomphe du pouvoir des technocrates sur la démocratie (le Figaro).

Après les libertaires qui entouraient l’ex-première ministre Liz Truss, assistons-nous au retour des conservateurs sous la direction du nouveau chef de gouvernement britannique Rishi Sunak ?

Partisan du Brexit dès le départ, Rishi Sunak semble avoir des convictions conservatrices cohérentes liées à une certaine crédibilité économique et fondées sur le contrôle de la dépense publique, la réduction du taux d’inflation et la baisse d’impôts pour les ménages les plus démunis. Or derrière cette façade se cache une idéologie libérale proche des projets politiques de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher qui rompt à la fois avec la révolution libertaire de Liz Truss et la vision nationale-populiste de Boris Johnson – les deux prédécesseurs de Sunak au 10 Downing Street.

Pendant ses 44 jours au pouvoir, Lis Truss avait essayé de turbo-charger le néolibéralisme «dans un seul pays» – une expérimentation rapidement liquidée par les pressions des marchés financiers. Pour sa part, le Parti conservateur de Boris Johnson fut élu en 2019 sur la base d’un programme inédit – l’intervention de l’État dans l’économie afin de redresser les inégalités régionales aberrantes. Son programme avait entrainé une forte augmentation de la dépense publique et une hausse corrélative des impôts que la crise sanitaire du Covid-19 n’avait que renforcée. Pendant la pandémie ce sont bien les subventions de l’État dispensées par Rishi Sunak en tant que ministre des Finances qui ont empêché une «grande dépression» économique et assuré la cote de popularité des conservateurs britanniques au pouvoir.

Compte tenu de l’interventionnisme dont il a fait preuve pendant la pandémie, dire que Rishi Sunak est un libéral pourrait paraître étrange, d’autant plus qu’il est de religion hindoue et issu d’une famille très traditionnelle dont l’identité reste profondément ancrée dans l’héritage culturel de l’Inde. Mais la formation intellectuelle du jeune Rishi Sunak s’est faite dans des institutions aux idées ultralibérales – d’abord les études de PPE (philosophie, sciences politiques et économiques) à Oxford et ensuite un master en business à Stanford aux États-Unis, avant de passer chez la banque d’investissement américaine Goldman Sachs et d’établir un fonds spéculatif.

Au cœur de l’idéologie de Rishi Sunak se trouve le nexus entre le capital mondial et la technologie sans entrave.

Loin d’être imbibé de l’esprit conservateur, Rishi Sunak a vite pris goût à l’esprit capitaliste – la dynamique de l’entreprise libre, la passion de la création destructrice et la pulsion de l’enrichissement individuel, avec ses à-côtés inévitables que sont le monopole, la spéculation et l’avarice. Ce n’est pas la fortune personnelle de Rishi Sunak (environ 230 millions d’euros) ou celle de son épouse Akshata Murty (environ 600 millions d’euros) qui importe, mais bien plutôt le fait que celle-ci ait fait usage d’un statut fiscal privilégié de «non domiciliée» au Royaume Uni – bien qu’elle vive à Londres – pour ne pas payer des millions de livres sterling en impôts. Et au même moment, alors qu’il était encore ministre des Finances, Rishi Sunak avait gardé sa carte verte américaine, ce qui lui permettait – le cas échéant – de se relocaliser outre-Atlantique. Il est bien le premier premier ministre «californien» du Royaume-Uni mais sans doute pas le dernier.
Au cœur de l’idéologie de Rishi Sunak se trouve le nexus entre le capital mondial et la technologie sans entrave. Dans une conférence au mois de février qui lui a servi de plateforme pour sa future candidature à la présidence du parti conservateur, il a bâti son projet politique sur trois piliers que sont «le capital, les individus et les idées». En apparence inoffensif, ce projet n’est rien moins qu’une reprise de la vision du libre marché et de l’individualisme.

Après la période d’exception que fut la crise sanitaire du Covid, l’intervention de Sunak visait à relégitimer l’idéologie libérale de Thatcher et Reagan qui consiste à réduire le rôle de l’État dans l’économie, de promouvoir la libre concurrence comme source d’enrichissement de tous et de défendre les libertés fondamentales. Pas un mot sur les limites de la liberté individuelle dont dépend l’équilibre entre les droits et les devoirs. Pas un mot sur le pouvoir des Gafa et d’autres entreprises multinationales qui sapent le fonctionnement de la concurrence. Pas un mot sur la contribution clé de l’État pour sauvegarder la sécurité alimentaire et énergétique ou encore lancer une ré-industrialisation «verte».
Face à l’inflation croissante et à la hausse des taux d’intérêt, Rishi Sunak se pose en gardien de l’orthodoxie budgétaire pour apparaître comme une figure rassurante pour les marchés britanniques et internationaux.

Rishi Sunak faisait les louanges du progrès technologique et vantait l’exemple de la Californie. Comme «la start-up nation» chère à Emmanuel Macron, il voit la libre entreprise comme le fondement même de l’économie et le rôle de l’État comme simple serviteur des intérêts du libre marché. La clé de voûte de l’édifice économique est l’omni-puissance de la technologie comme principal moteur de l’économie mondiale. Sa vision du pouvoir politique repose sur les liens qui existent entre la Silicon Valley et Wall Street via la City de Londres et qui s’étendent jusqu’au parti communiste chinois – bastion du capitalisme d’État et grand créancier de l’Occident puisqu’il détient une partie substantielle de la dette publique américaine et européenne. Or c’est bien ce nexus qui sous-tend depuis quarante ans le modèle anglo-saxon.

Face à l’inflation croissante et à la hausse des taux d’intérêt, Rishi Sunak se pose en gardien de l’orthodoxie budgétaire pour apparaître comme une figure rassurante pour les marchés britanniques et internationaux. Il tente de restaurer la compétence économique des conservateurs au prix du maintien d’un modèle qui ne fonctionne pas pour une grande partie du peuple britannique, la partie la moins favorisée.

Loin d’être un réformateur dans une lignée conservatrice, il est aujourd’hui le symbole de l’oligarchie libérale – la fusion entre l’administration centrale, la technoscience et le capital. S’il gouverne dans ce sens, le parti conservateur non seulement perdra le soutien électoral dont il bénéficie encore mais renoncera aussi à la mission de défendre la démocratie parlementaire. L’esprit techno-capitaliste n’est pas compatible avec l’âme conservatrice.

Royaume-Uni: La logique du déclin après le Brexit

Royaume-Uni: La logique du déclin après le Brexit

En faisant souffler un vent de libéralisme teinté de populisme et de conservatisme obtus sur un Royaume-Uni fragilisé, le gouvernement de Liz Truss conduit le pays dans une impasse, estime dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ». Le panthéon des plus grandes erreurs de politique économique vient de s’enrichir d’un nouveau cas d’école. En décidant de faire souffler un vent de libéralisme teinté de populisme et de conservatisme obtus sur un Royaume-Uni fragilisé par son isolement post-Brexit, une économie minée par l’inflation et une crise énergétique sans précédent, la première ministre britannique, Liz Truss, et son chancelier de l’Echiquier, Kwasi Kwarteng, plongent leur pays dans une grave crise financière.

Pour doper la croissance, Liz Truss, à peine nommée, lance, le 23 septembre, un gigantesque plan de réduction d’impôts, jamais vu depuis 1972, qui n’est pas financé, avec pour corollaire un programme de soutien aux ménages britanniques pour payer leurs factures de gaz et d’électricité. Un cocktail détonnant qui menace la soutenabilité de la dette britannique. La réaction des marchés financiers ne s’est pas fait attendre en propulsant la livre à ses plus bas historiques et les rendements des obligations d’Etat à des sommets. Le 3 octobre, Kwasi Kwarteng annonce revenir sur sa baisse d’impôt sur le revenu pour les plus riches. Le gouvernement avait modestement qualifié son initiative de « mini-budget », il doit désormais en gérer les « maxi-effets ».

« C’est la caractéristique des situations où la crédibilité est perdue », résume Larry Summers, ex-secrétaire au Trésor sous Bill Clinton entre 1999 et 2001, qui a qualifié les annonces du gouvernement britannique de « totalement irresponsables ». « Cela se produit le plus souvent dans les pays en développement, mais cela s’est déjà produit avec François Mitterrand avant qu’il ne fasse volte-face [en 1983], avec l’administration Carter avant Volker [nommé président de la Fed en 1979], et avec Oskar Lafontaine en Allemagne [en 1999] ».

Liz Truss devient donc la première femme à intégrer ce club sélect des dirigeants, qui, par dogmatisme, ont choisi de faire cavalier seul, à rebours de l’environnement économique. « C’est un gouvernement qui donne l’impression d’être très loin des réalités avec des références idéologiques qui, dans le contexte actuel, sont vouées à l’échec », estime l’économiste Véronique Riches-Flores, présidente de RF Research.

La première ministre a voulu appliquer une énième version de la « théorie du ruissellement » consistant à baisser les impôts des plus aisés pour doper la croissance. Les investisseurs ont douté, tandis que le Fonds monétaire international a pris ses distances avec « des plans fiscaux massifs et non ciblés » et s’est inquiété de mesures qui « vont probablement accroître les inégalités ».

Crise de la dette : S&P dégrade la perspective du Royaume-Uni

crise de la dette : S&P dégrade la perspective du Royaume-Uni

L’agence de notation s’inquiète de la trajectoire de la dette britannique après l’annonce du plan de baisse d’impôts et de recours à l’emprunt présenté par le gouvernement. De quoi remettre de l’huile sur le feu sur les taux anglais. Le régulateur des marchés s’inquiète d’un retour de la volatilité sur les obligations.

Pour l’agence S&P , le « mini-budget » présenté par le ministre britannique des finances, Kwasi Karteng, avec ses 45 milliards de livres sterling (51 milliards d’euros) de baisses d’impôts est de nature à inverser significativement la trajectoire de la dette publique. S&P table désormais sur déficit public du Royaume-Uni qui se creuse en moyenne de 2,6 % du produit intérieur brut par an jusqu’en 2025 et une hausse de l’endettement, « contrairement à nos prévisions précédentes qui prévoyaient une baisse de la dette en pourcentage du PIB à partir de 2023 », précise l’agence.

Notons que l’Europe n’est pas à l’abri d’une dégradation des notes de certains pays comme la France par exemple compte tenu d’une part de la progression de l’endettement en même temps que le maintien d’un très haut niveau de déficit budgétaire. Par ailleurs des perspectives économiques détériorées en 2023 pourrait déstabiliser encore davantage budget et dettes

Royaume-Uni: vers le déclin ?

 Royaume-Uni:  vers le déclin ? 

 

Plus important mouvement de grèves depuis trente ans, économie en récession, nombre record de patients en attente de traitement… certes le pays reste la cinquième puissance économique mondiale, mais les problèmes, et le malaise, sont réels. D’après Éric Albert correspondant du Monde.

 

Les Britanniques n’en finissent pas de payer la facture du Brexit et les fausses illusions de Johnson et des autres. Irréversiblement le Royaume-Uni passe du statut de chef de file d’un empire colonial à celui d’une nation de seconde zone moins puissant notamment que l’Allemagne et la France. NDLR

 

Début août, une journaliste britannique a posé une question simple à Jacob Rees-Mogg, à l’époque ministre des opportunités du Brexit et, aujourd’hui, ministre des affaires économiques et de l’énergie : « Qu’est-ce qui marche bien actuellement au Royaume-Uni ? Pouvez-vous citer un service public qui marche bien ? » Dans une étrange pirouette, celui-ci a répondu du tac au tac : « Nos cricketeurs ont plutôt bien réussi, récemment », l’équipe d’Angleterre de cricket venant effectivement de remporter un match important.

Il s’agissait d’une tentative d’humour, mais l’affaire en dit long. Même un homme qui est ministre depuis trois ans peine à citer quelque chose qui fonctionne bien au Royaume-Uni. Depuis des mois, le pays semble s’enfoncer dans le marasme, les problèmes se succédant à un rythme impressionnant.

Cet été a vu le plus important mouvement de grèves depuis trente ans, avec des débrayages des trains, des postiers, des éboueurs, des avocats ou encore des dockers… Le NHS, le service de santé, compte 6,5 millions de patients en attente de traitement, trois fois plus qu’en 2008. Les compagnies d’eau ont déversé des millions de litres d’eaux usées non traitées directement dans la mer pendant l’été. Le 20 juillet, Londres a frôlé la coupure de courant, devant importer en urgence de l’électricité de Belgique, à cinquante fois le prix normal. L’inflation atteint 10 %. Face au dollar, la livre sterling est tombée lundi 26 septembre au plus bas niveau de son histoire. Le pays est en récession depuis avril, certes de justesse (recul du PIB de 0,1 % à chacun des deuxième et troisième trimestres).

La petite musique de fond monte, toujours plus forte : « Rien ne marche vraiment au Royaume-Uni. » C’est une phrase qu’on se dit entre amis ou entre collègues. Le 11 juin, The Times titrait : « Pourquoi est-ce que rien ne marche dans ce Royaume-Uni cassé ? » Le 5 septembre, Keir Starmer, le leader de l’opposition travailliste, l’a reprise à son compte : « A travers le pays, les gens n’arrivent pas à payer leurs factures, ils s’inquiètent de ne pas pouvoir payer leurs courses de la semaine ou faire le plein de leur voiture. Il y a une impression générale que plus rien ne marche vraiment. »

L’accusation est partiellement injuste, bien sûr. Le Royaume-Uni reste la cinquième puissance économique mondiale. Dans une large partie de Londres ou du sud-est de l’Angleterre, la crise paraît lointaine. Mais le malaise est réel. Il s’explique par la conjonction de deux phénomènes. Le premier est ancien et remonte à la période thatchérienne : le Royaume-Uni est depuis quarante ans le pays le plus inégalitaire d’Europe occidentale. Le second est plus récent : depuis 2008, il connaît une croissance très faible, autour de 1,2 % en moyenne par an. « Mis ensemble, ces deux défis représentent une combinaison toxique », analyse la Resolution Foundation, un groupe de réflexion. Dans un rapport publié en juillet, celui-ci souligne que le Royaume-Uni est progressivement en train de chuter dans les classements : en 2018, le revenu moyen d’un ménage britannique était 16 % en dessous de celui des Allemands et 9 % en dessous de celui des Français, alors qu’il leur était supérieur en 2007.

Royaume-Uni : Liz Truss condamnée au grand écart et à l’échec

Royaume-Uni :  Liz Truss  condamnée au grand écart et à l’échec

 

Le politiste Brett Meyer, Chercheur invité au Tony Blair Institute,  estime, dans une tribune au « Monde », que le principal défi à relever pour la nouvelle première ministre britannique sera de conserver le soutien des électeurs de gauche conquis par son prédécesseur, Boris Johnson.

 

Une sorte de de grand écart difficile à tenir surtout face aux différentes crises que connaît le Royaume-Uni. Cette posture encore plus contradictoire celle de Boris Johnson pourrait la conduire à l’échec. NDLR

 

Après huit longues semaines de campagne, de réunions et de luttes intestines chez les tories, Liz Truss est désormais la 56e première ministre du Royaume-Uni. Lors de sa campagne, elle a promis des baisses d’impôts pour stimuler la croissance économique. Cette promesse centrale dans son programme lui a permis de remporter les suffrages des membres du Parti conservateur. Cependant, elle contraste fortement avec la politique de son prédécesseur, Boris Johnson, qui s’était attaché à augmenter les aides publiques aux régions défavorisées du pays.

Aussi la stratégie de Liz Truss n’est-elle pas sans risques. Elle pourrait, notamment, repousser les électeurs qui se positionnent à droite sur le plan culturel, mais à gauche sur le plan économique. Or, c’est en particulier grâce à eux que les tories ont décroché une majorité de quatre-vingts sièges à la Chambre des communes aux législatives de 2019.

Traditionnellement, les élections britanniques se jouent sur des questions économiques ; l’électorat de gauche vote pour le Parti travailliste (Labour) et celui de droite pour le Parti conservateur. Mais le Brexit et sa promesse de « reprendre le contrôle » des frontières et des lois du pays ont largement séduit les Britanniques, qui se situent culturellement à droite. Parmi eux, beaucoup défendent des valeurs économiques de gauche et votent habituellement Labour.

Après le Brexit, les experts ont parlé d’un réalignement de la politique britannique : au lieu de s’opposer sur des questions économiques, les deux grands partis le faisaient désormais sur des valeurs culturelles. Le Parti travailliste est devenu le parti des citadins cosmopolites et progressistes, le Parti conservateur celui des habitants des petites villes et des zones rurales, également plus patriotes.

Royaume-Uni : les raisons de l’inflation

Royaume-Uni : les raisons de l’inflation

Chute du cours de la livre sterling, explosion des prix de l’énergie et tensions salariales… L’économiste Catherine Mathieu analyse, dans une tribune au « Monde », les causes de cette situation socio-économique tendue outre-Manche.

L’inflation britannique a atteint 10,1 % en juillet contre 6,8 % en France : faut-il y voir un effet du Brexit ? Celui-ci aurait pu conduire à une hausse de l’inflation via les prix des produits importés, par trois canaux : les droits de douane, les barrières non tarifaires et le taux de change.

L’accord commercial avec l’Union européenne a permis la sortie du Royaume-Uni du marché unique le 1er janvier 2021, sans instauration de droits de douane, qui auraient augmenté de 4,4 % le coût des importations en provenance de l’UE (la moitié des importations britanniques). Les barrières non tarifaires, au chiffrage plus incertain, auraient pu augmenter les coûts de ces importations de 10 %. Mais, contrairement à l’UE, qui a immédiatement mis en place des contrôles des produits britanniques, le Royaume-Uni a repoussé l’instauration de contrôles sur ses importations en provenance de l’UE, au moins jusqu’à début 2024.

A la suite du référendum de juin 2016 en faveur du Brexit, la livre sterling a chuté de 11 %, passant de 1,30 à 1,16 euro ; elle a depuis fluctué entre 1,10 et 1,20 euro. Fin 2020, elle valait 1,10 euro, et est revenue, depuis, à près de 1,20 euro – ce qui a atténué la hausse des prix des importations britanniques. Il n’y a donc pas eu d’effet récent du Brexit sur le coût des importations.

L’inflation n’est pas nettement plus élevée au Royaume-Uni que dans la zone euro, où elle est en moyenne de 8,9 %, dont 9,6 % en République d’Irlande, 10,7 % en Espagne et plus de 20 % dans les pays baltes. La France (avec Malte) fait figure d’exception, présentant l’inflation la plus faible des pays de la zone euro ! Si l’inflation outre-Manche est plus forte qu’en France, c’est surtout parce que le Royaume-Uni n’a pas mis en place de bouclier tarifaire sur l’énergie. En juillet, la hausse des prix du gaz pour les ménages était de près de 100 % sur un an, celle de l’électricité de près de 50 % et celle des combustibles pétroliers de plus de 110 %.

L’accélération de l’inflation, passée de 2 % à 10 % en un an, renforce néanmoins les tensions dans les négociations salariales. C’est particulièrement le cas dans le secteur des transports, où les appels à la grève se sont multipliés au cours des dernières semaines. Dans les entreprises de transport ferroviaire, les hausses de salaire proposées par les employeurs étaient de l’ordre de 5 %. Cela représenterait une perte de pouvoir d’achat de 5 points, mais davantage encore si l’on tient compte des perspectives de montée des prix.

En déclin, le Royaume-Uni paye la facture du Brexit

En déclin, le Royaume-Uni paye la facture du Brexit

 

 

Un papier du Monde souligne les conséquences des choix néolibéraux hasardeux du Royaume-Uni qui paye aussi la facture du Brexit.

 

Faute d’amortisseurs sociaux, les chocs économiques sont souvent ressentis plus violemment par la population au Royaume-Uni qu’ailleurs sur le continent européen. La tempête économique et sociale qui se lève outre-Manche confirme ce constat. Avec un taux d’inflation annuel supérieur à 10 % et un pic prévu à 13 % dès octobre, les Britanniques endurent les pires hausses de prix des pays du G7. Le coût des denrées alimentaires s’envole tandis que celui de l’énergie, faute de bouclier tarifaire, aura quasiment triplé en un an.

Conjuguée à une croissance en berne, cette hausse vertigineuse des prix produit la pire situation économique enregistrée depuis les années 1970. Si l’on ajoute les dégâts du Brexit et du Covid-19, le Royaume-Uni menace de régresser en « un marché émergent », analyse la banque danoise Saxo. Sortant de leur réserve, les dirigeants du Service national de santé (NHS) mettent, de leur côté, en garde contre le risque d’« une crise humanitaire » liée à l’appauvrissement de la population.

Dans ce contexte, la multiplication des grèves destinées à obtenir des augmentations de salaire n’a rien d’étonnant. Après les cheminots et les employés du métro londonien, les 1 900 membres du syndicat Unite employés dans le port de Felixstowe (est de l’Angleterre), qui traite 40 % du commerce britannique par conteneurs, ont commencé, dimanche 21 août, une grève de huit jours pour réclamer « une augmentation de salaire correcte » et non les 7 % proposés par la direction. A ces mouvements s’ajoutent des mouvements de la société civile, comme « Don’t Pay UK », qui menace d’une grève du paiement des factures d’énergie.

La situation politique ne fait que renforcer l’impression d’un pays en roue libre. Moins de deux mois après avoir été évincé de la tête du Parti conservateur, le longtemps vibrionnant premier ministre Boris Johnson ne fait qu’expédier les affaires courantes. La charge de désigner son successeur, dont le nom sera connu le 5 septembre, incombe bizarrement aux 200 000 adhérents des tories, qui, plutôt âgés, fortunés et très conservateurs, ne représentent nullement la population. Les deux candidats qui se disputent leurs suffrages – la ministre des affaires étrangères, Liz Truss, favorite des sondages, et l’ancien chancelier de l’Echiquier Rishi Sunak – rivalisent de promesses de baisses d’impôts et de révérence envers Margaret Thatcher, icône de l’ultralibéralisme des années 1980.

En promettant des coupes claires dans les budgets sociaux, en assénant, comme Mme Truss, que les Britanniques devraient « bosser plus », sans proposer de solution aux faiblesses de l’économie britannique – formation et infrastructures déficientes faute d’investissements publics suffisants –, ils ne font que souffler sur les braises d’un mécontentement auquel l’opposition travailliste peine à proposer un débouché politique crédible.

La prééminence donnée à l’idéologie sur le pragmatisme – vertu prétendument britannique –, qui a déjà abouti à la catastrophe du Brexit, risque de prolonger, voire d’aggraver la situation déjà dégradée laissée par M. Johnson, dont les mensonges ont amplifié le divorce entre opinion et monde politique. La crise économique et l’instabilité pourraient accroître la tentation d’actionner les rhétoriques antieuropéenne et nationaliste. Au moment où les menaces s’accumulent partout en Europe, mettant en lumière la nécessité de renforcer les solidarités, la crise au Royaume-Uni sonne comme un avertissement pour tous ses voisins.

Nucléaire : 7 nouvelles centrales au Royaume-Uni

Nucléaire : 7 nouvelles centrales au Royaume-Uni

La guerre en Ukraine aura au moins convaincu d’accélérer la transition énergétique afin d’assurer une plus grande indépendance de l’Europe. Ainsi la France a déjà décidé de construire six nouvelles centrales nucléaires et d’en étudier la construction de huit autres.
Aujourd’hui disposer d’électricité d’origine nucléaire constitue un atout indispensable d’indépendance économique. A contrario, on peut voir que l’Allemagne est complètement engluée dans ses relations avec la Russie via le gaz.

Le Royaume-Uni pourrait construire jusqu’à sept centrales nucléaires d’ici 2050 tout en misant sur l’éolien en mer dans le cadre d’une nouvelle stratégie pour accroître son indépendance énergétique après l’invasion russe de l’Ukraine, a indiqué dimanche le ministre de l’Énergie.

«L’idée est que, vu ce que (le président russe Vladimir) Poutine est en train de faire, nous ne voulons pas vivre dans un monde où nous dépendons des hydrocarbures russes», a déclaré Kwasi Kwarteng dans le Sunday Telegraph, soulignant que «l’éolien en mer, et surtout le nucléaire» étaient «des moyens d’avoir des capacités de génération électrique au Royaume-Uni».

Selon le journal, après d’intenses discussions en son sein, le gouvernement du premier ministre conservateur Boris Johnson doit présenter jeudi sa stratégie pour réduire la dépendance énergétique du Royaume-Uni et atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050. «

Royaume-Uni et Ukraine : le double langage de Boris Johnson

Royaume-Uni et Ukraine : le double langage de Boris Johnson

La guerre menée par Poutine a renforcé l’unité de l’Union européenne. A côté, le gouvernement britannique, certes fort en mots, paraît bien timoré dans ses actes.

Par Cécile Ducourtieux dans le Monde (Londres, correspondante)

 

Analyse. Depuis le début de la guerre de Poutine en Ukraine, les décisions des gouvernements occidentaux se sont tant accélérées qu’il est devenu périlleux d’émettre des jugements définitifs sur leurs choix. Tentons tout de même un bilan à chaud du Royaume-Uni post-Brexit, confronté à sa pire crise depuis la seconde guerre mondiale.

Dans un contexte de dramatique montée des risques géopolitiques, le Brexit apparaît comme un handicap, voire une erreur historique. Quel est l’intérêt pour les Britanniques de tourner le dos à l’Union européenne (UE) au moment où cette dernière reprend sa dimension première : celle d’une alliance pour la paix et la démocratie ? Quand elle redevient désirable ? La puissance du message ukrainien est considérable : le président Volodymyr Zelensky implore Bruxelles d’accorder « immédiatement » le statut de membre à l’Ukraine. La Géorgie et la Moldavie lui emboîtent le pas et ont déposé des demandes d’adhésion.

La rhétorique est certes au rendez-vous : Boris Johnson a des mots très durs pour condamner le régime de Poutine. Il le considère déjà comme responsable de « crimes de guerre », réclame qu’il soit traité « comme un paria », répète qu’il « doit échouer » et soutient « le plus dur paquet de sanctions jamais décidé » contre la Russie. Réagissant promptement à l’invasion russe, Londres a interdit ses ports aux bateaux sous pavillon russe, ses aéroports aux compagnies russes. M. Johnson a été un des plus fervents avocats de la déconnexion des banques russes du système Swift et a annoncé l’arrêt des importations de pétrole russe d’ici à fin 2022.

Partageant ses données de renseignement avec Washington, Londres a très tôt redouté une invasion de l’Ukraine. Le Royaume-Uni fut le premier pays européen, mi-janvier, à envoyer des armes défensives – des missiles antichars – au gouvernement ukrainien, puis à annoncer le renforcement des troupes de l’OTAN en Estonie. Des soutiens salués par le président Zelensky. Mercredi 9 mars, le ministre de la défense britannique Ben Wallace a annoncé « étudier » l’envoi de missiles antiaériens à l’Ukraine.

En revanche, la main de Boris Johnson semble trembler quand il s’agit de sanctionner les oligarques – la liste des fortunes proches du Kremlin sanctionnées par Londres est deux fois moins longue que sa version européenne. Aurait-il du mal à tourner la page des relations vénales entre les tories et les multimillionnaires russes (le parti conservateur a reçu 2 millions de livres sterling de donations de Britanniques d’origine russe depuis mi-2019) ? Liz Truss, sa ministre des affaires étrangères, préfère accuser un régime de sanctions lourd à mettre en œuvre, moins flexible que celui de l’UE. Surtout : le ministère de l’intérieur (Home Office) n’est absolument pas à la hauteur du défi humanitaire ukrainien et distribue des visas au compte-gouttes quand l’UE ouvre grand ses portes .

Covid Royaume-Uni : un pot festif de Boris Johnson la veille des funérailles du prince Philip

Covid Royaume-Uni : un pot festif de Boris Johnson la veille des funérailles du prince Philip

Boris Johnson se rapproche de plus en plus de la sortie en effet un pot festif a été organisé à Downing Street résidence du Premier ministre la veille des funérailles du prince Philip. Une nouvelle révélation  du journal The Telegraph,  qui s’ajoute à d’autres montrant le caractère irresponsable et irrévérencieux de Boris Johnson.  Ce dernier de plus en plus critiqué au sein même de sa majorité pourrait bien être amené à démissionner de son poste.

 

En cause aussi sa piètre gestion du brexit qui jusque-là n’a pas donné les résultats escomptés et notamment créer une vaste pagaille des approvisionnements.

Enfin la politique sanitaire est également particulièrement contestée puisque le Royaume-Uni fait parti des pays les plus touchés avec des mesures très contradictoires d’une part, très laxiste d’autre part qui ont grandement favorisé les contaminations

COVID Royaume-Uni : encore pire qu’en France

COVID Royaume-Uni : encore pire qu’en France

La France figure parmi les pays les plus contaminés pour la vague omicron en cours qui représente environ maintenant 80 % des cas. La maladie en France a emporté 125.349 personnes depuis le début de l’épidémie au printemps 2020.

Cependant le Royaume-Uni – Avec une population comparable à celle de la France–connaît encore une situation plus catastrophique du fait de la politique encore plus incohérente qu’en France. Le Royaume-Uni a enregistré ce samedi 313 nouveaux décès dus au Covid-19, portant à 150.057 le nombre total de personnes mortes depuis le début de la pandémie dans ce pays, l’un des plus endeuillés d’Europe. La maladie a emporté 125.349 personnes depuis le début de l’épidémie au printemps 2020. Dont 98.209 sont mortes à l’hôpital, avec 143 nouveaux décès en 24 heures.

Une note d’espoir cependant depuis plusieurs jours : selon les chiffres publiés par le gouvernement britannique, 146.390 cas ont été recensés ce samedi en 24 heures, contre 218.704 le 4 janvier.

COVID monde: Record aussi en Australie et au Royaume-Uni

Nombre de cas record en Australie et au Royaume-Uni

Le record mondial appartient désormais aux États-Unis avec 1 million de contaminer en 24 heures mais le Royaume-Uni a enregistré mardi pour la première fois plus de 200.000 cas supplémentaires de contaminations au coronavirus, un nouveau record atteint alors que la pression se renforce sur les hôpitaux. Selon les chiffres délivrés par le gouvernement, 218.724 tests positifs ont été recensés en 24 heures. Le pays, l’un des plus endeuillés d’Europe avec 148.941 morts, a dénombré mardi 48 décès supplémentaires.

L’Australie a pour sa part enregistré mardi un record de près de 50.000 cas quotidiens, provoquant une ruée de la population sur les tests de dépistage malgré leur coût.

La France pour sa part a enregistré 272 000 nouveaux contaminés hier mardi 4 janvier, une des plus fortes progressions aussi dans le monde

Covid Royaume-Uni : nouveau record avec 120 000 cas

 

 

Après avoir franchi mercredi le seuil des 100.000 cas pour la première fois de la pandémie, le pays, qui déplore 147.720 morts du Covid-19 (+147), en a recensé 119.789 de plus en 24h. La hausse sur sept jours dépasse 50% et le nombre d’hospitalisations commence à augmenter, notamment à Londres.

 

12345...13



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol