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Lubrizol à Rouen: on sait pas grand chose !

Lubrizol à Rouen: on sait pas grand chose !

On sait surtout que  plus de 9 000 tonnes de produits ont brûlé pour le reste c’est le grand flou quant aux conséquences possibles à moyen et long terme .On ne sait même pas où a démarré l’incendie. . Le PDG de Lubrizol, Eric Schnur, a réaffirmé, mardi 22 octobre, que l’incendie s’était déclaré en dehors de l’usine.  »On a la conviction, la quasi-certitude que ça ne vient pas de chez nous ». Pour l’instant le procureur déclare lui qu’il n’en sait rien encore. Quant aux risques , c’est la grande interrogations. Pour le préfet, « tout était redevenu normal au bout de 3 jours « ! Pour le moins la communication de l’Etat a été particulièrement contradictoire. Une enquête parlementaire est en cours sur ces défaillances.

Frédéric Poitou, expert judiciaire en chimie et en pollution, évoquait récemment  les risques de toxicité après avoir examiné la liste des produits qui ont brulé à Rouen (Interview France info)

 

 

Faut-il s’inquiéter des produits qui ont brûlé dans l’usine de Lubrizol ?

 

Frédéric Poitou: Globalement, il y a des sources importantes de molécules carbonées et d’hydrocarbures, beaucoup de métaux et des acides inorganiques. Et avec la température qui s’était élevée lors de l’incendie et des explosions, ce sont les conditions requises pour former des dioxines. C’est un cocktail d’un ensemble de molécules et de constituants. Ce n’est pas la peine de chercher quelle est la toxicité de chacun puisqu’on trouve des produits inflammables, explosifs, auto-inflammables. Donc si on regarde les produits un par un, on n’a pas une vue synthétique. Globalement l’ensemble des stocks de produits qui étaient listés sont de 5 000 tonnes de produits qui en combustion génèrent des dioxines.

Pour vous, la nocivité de ces produits qui ont été mélangés et ont brûlé est évidente aujourd’hui ?

Ce serait très surprenant qu’il n’y ait pas de toxicité. Les dioxines sont formées dans les phénomènes d’incinération et on les retrouve à la sortie des incinérateurs. Comment voulez-vous qu’avec une telle source de produits chimiques et de métaux en combustion pendant plusieurs jours on n’ait pas de formation de produits toxiques. Je pense que cela va être vérifié lorsqu’on va analyser les suies, les suies de dépôts et les particules fines qui ont été émises. Maintenant, toutes les substances sont retombées puisqu’elles sont accrochées aux particules fines. Donc on peut aussi imaginer qu’à la date d’aujourd’hui, l’air prélevé n’est plus vraiment nocif, mais il est nocif par exposition à tout ce qui est retombé sur les sols de la banlieue rouennaise et dans les champs agricoles. Les dioxines ont une persistance longue, plus de 12 ans.

En tant qu’expert, que pensez-vous de la gestion de cette crise ?

Je pense que la communication préfectorale a franchement été désastreuse, à commencer par ce préfet qui disait : quand n’y a pas de traces il n’y a pas de risque. Ca n’est vraiment pas sérieux. Mais après, ce sont les stratégies du gouvernement. La communication est liée aussi aux circonstances, au site et au devoir de ne pas affoler les populations. Je connais bien Rouen, c’est une ville dont il n’est pas très facile de sortir s’il y a des alertes chimiques. Il y aurait eu des embouteillages terribles sur les ponts qui traversent la Seine. Moi je pense que le préfet était un petit peu léger.

La préfecture a aussi parlé de 160 fûts qui posaient problème, dont pouvaient émaner des vapeurs de mercaptan et d’hydrogène sulfuré. Comment peut-on détruire ces fûts ?

D’abord il peut y avoir une destruction chimique et puis une destruction par incinération. Mais ces fûts-là finalement sont ceux qui sentent très mauvais, mais ce ne sont pas nécessairement les plus toxiques en réalité. Ce sont ceux qu’on utilise pour parfumer, identifier les gaz qui eux sont inodores, on rajoute quelques doses de mercaptan pour qu’on les sente donc ça sent très mauvais. L’usine Lubrizol avait déjà été affectée par ce phénomène-là il y a quelques années, mais ce n’est pas le plus toxique.

Notons que sans doute pour rassurer, l ‘Etat va lancer une enquête un peu fourre-tout  auprès de la population qui s’est retrouvée sous la fumée de l’incendie. Son objectif est de  »mesurer les nuisances vécues par les personnes exposées, les symptômes ressentis, l’impact sur la qualité de vie, les relations sociales, familiales, professionnelles et puis les conséquences psychosociales et la santé perçue », a expliqué Anne Laporte, directrice des régions de l’agence Santé publique France, lors d’un comité de transparence sur l’incendie à Rouen. L’enquête concernera 215 communes.

Après la catastrophe de Rouen, remise en cause des sites Seveso près des villes

Après la catastrophe de Rouen, remise en cause des  sites Seveso près des villes

 

 

L’idée de Bruno Lemaire ministre de l’économie pourrait avoir des conséquences considérables sur l’aménagement du territoire et la localisation des usines Seveso et de l’habitat. En clair, il s’agirait sans doute d’accroître encore la distance entre ces unités industrielles sensibles et les constructions à usage d’habitat, d’école et toute autre activité humaine. Déjà de nombreuses usines avaient du être éloignées  après les normes Seveso. Inversement, des zones d’habitat avaient été détruites. Des usines et des habitats dont la proximité était bien antérieure aux normes Seveso. L’affaire n’est pas mince car la France compte environ 1300 usines classées Seveso. Des mesures d’éloignement pourraient être prises mais il faut prendre en compte comme déjà indiqué que l’imbrication de certains sites et de certains habitats est antérieure aux normes Seveso. De nouvelles normes imposeront l’expulsion des un ou des autres. Notons que dans le cas d’expulsion des habitants le prix de rachat des logements est environ en moyenne 50 % inférieur au coût réel du marché et que cela pose d’énormes problèmes sociaux. Notons aussi que nombre de maires ont autorisé avant Seveso nombre de logements à se construire près d’usines sensibles. La question est donc complexe Bruno Le Maire juge cependant « utile » de revoir l’implantation de l’usine Seveso pour les éloigner des villes. Le Premier ministre promet la « transparence totale » aux populations inquiètes.

Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, a jugé qu’il serait « utile » de revoir les règles d’implantation des usines sensibles, après l’incendie jeudi de l’usine chimique Lubrizol de Rouen. « Avoir des usines classées Seveso qui sont quasiment imbriquées dans une ville, on ne ferait plus ça aujourd’hui », a déclaré le ministre.

« L’urgence aujourd’hui c’est garantir la sécurité sanitaire des habitants de Rouen. Après, qu’on fasse un retour d’expérience, que nous regardions quelles leçons il faut en tirer sur les implantations d’usines, sur les usines à risque, sur la topographie de toutes les usines à travers le territoire, pourquoi pas, je pense que ça pourrait être utile », a t-il avancé.

Plusieurs riverains, associations ou syndicats ont fait part depuis jeudi de leur inquiétude ou de leur colère, alors que l’usine chimique Lubrizol, un site industriel Seveso seuil haut, est située dans la ville de Rouen, à environ trois kilomètres de la célèbre cathédrale.

Les sites Seveso sont classés selon deux niveaux de risque, seuil haut et seuil bas, en fonction de la quantité de matières dangereuses présentes. Selon le ministère de la Transition écologique et solidaire, la France compte 1.312 sites classés Seveso (dont 705 en seuil haut) à ce jour. Fin 2015, lors du dernier recensement, la France en comptait 1.261 (dont 700 en seuil haut).

Incendie à Rouen : « Qu’on arrête de mentir aux gens »(Michel Onfray)

Incendie à Rouen : « Qu’on arrête de mentir aux gens »(Michel Onfray)

 

Sur Europe 1, le philosophe dénonce l’attitude du gouvernement et le traitement médiatique suite à l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen.

INTERVIEW

Normand de cœur (région où il a créé l’université populaire de Caen), Michel Onfray a évidemment été peiné du drame qui a touché Rouen, avec l’incendie qui a touché l’usine Lubrizol. Depuis, l’inquiétude est grande chez les habitants de la ville, qui craignent des conséquences sanitaires et environnementales désastreuses. Chez Anne Roumanoff sur Europe 1, le philosophe dénonce le traitement médiatique de l’événement et l’inaction du pouvoir politique.

« Le truc habituel du pouvoir »

« Ce qui m’a peiné, c’est surtout le traitement médiatique. Évidemment, il y a eu la mort de Chirac qui a volé un peu la vedette, mais on retrouve ce qui s’est passé avec Tchernobyl : ‘le nuage n’est pas toxique’, nous dit-on », estime Michel Onfray. L’auteur de Décadence déplore que l’attention médiatique se soit presque uniquement concentrée sur la mort de l’ancien président, et que les médias aient traité l’incendie de Rouen « comme ça en passant ».

« C’est le truc habituel du pouvoir qui nous dit qu’il ne se passe rien, qu’il faut circuler, il n’y a rien à voir », ajoute-t-il, rappelant que les sites classés Seveso représentent des  »risques industriels majeurs ».

« Quand il s’agit vraiment d’être écologiste, il n’y a plus personne »

Selon le philosophe, l’incendie de Rouen est aussi une manière de mettre en lumière un double discours politique sur l’écologie. « Qu’on arrête de mentir aux gens en disant que l’écologie est la chose la plus essentielle, quand on s’en moque complètement », fustige-t-il,  »quand il s’agit vraiment d’être écologiste, il n’y a plus personne. »

 

 

Rouen- Incendie de Lubrizol : des risques potentiels de toxicité (Frédéric Poitou, expert)

Rouen Incendie de Lubrizol : des risques potentiels de toxicité (Frédéric Poitou, expert)

Frédéric Poitou, expert judiciaire en chimie et en pollution, évoque les risques de toxicité après avoir examiné la liste des produits qui ont brulé à Rouen (Interview France info)

 

 

Franceinfo: Faut-il s’inquiéter des produits qui ont brûlé dans l’usine de Lubrizol ?

Frédéric Poitou: Globalement, il y a des sources importantes de molécules carbonées et d’hydrocarbures, beaucoup de métaux et des acides inorganiques. Et avec la température qui s’était élevée lors de l’incendie et des explosions, ce sont les conditions requises pour former des dioxines. C’est un cocktail d’un ensemble de molécules et de constituants. Ce n’est pas la peine de chercher quelle est la toxicité de chacun puisqu’on trouve des produits inflammables, explosifs, auto-inflammables. Donc si on regarde les produits un par un, on n’a pas une vue synthétique. Globalement l’ensemble des stocks de produits qui étaient listés sont de 5 000 tonnes de produits qui en combustion génèrent des dioxines.

Pour vous, la nocivité de ces produits qui ont été mélangés et ont brûlé est évidente aujourd’hui ?

Ce serait très surprenant qu’il n’y ait pas de toxicité. Les dioxines sont formées dans les phénomènes d’incinération et on les retrouve à la sortie des incinérateurs. Comment voulez-vous qu’avec une telle source de produits chimiques et de métaux en combustion pendant plusieurs jours on n’ait pas de formation de produits toxiques. Je pense que cela va être vérifié lorsqu’on va analyser les suies, les suies de dépôts et les particules fines qui ont été émises. Maintenant, toutes les substances sont retombées puisqu’elles sont accrochées aux particules fines. Donc on peut aussi imaginer qu’à la date d’aujourd’hui, l’air prélevé n’est plus vraiment nocif, mais il est nocif par exposition à tout ce qui est retombé sur les sols de la banlieue rouennaise et dans les champs agricoles. Les dioxines ont une persistance longue, plus de 12 ans.

En tant qu’expert, que pensez-vous de la gestion de cette crise ?

Je pense que la communication préfectorale a franchement été désastreuse, à commencer par ce préfet qui disait : quand n’y a pas de traces il n’y a pas de risque. Ca n’est vraiment pas sérieux. Mais après, ce sont les stratégies du gouvernement. La communication est liée aussi aux circonstances, au site et au devoir de ne pas affoler les populations. Je connais bien Rouen, c’est une ville dont il n’est pas très facile de sortir s’il y a des alertes chimiques. Il y aurait eu des embouteillages terribles sur les ponts qui traversent la Seine. Moi je pense que le préfet était un petit peu léger.

La préfecture a aussi parlé de 160 fûts qui posaient problème, dont pouvaient émaner des vapeurs de mercaptan et d’hydrogène sulfuré. Comment peut-on détruire ces fûts ?

D’abord il peut y avoir une destruction chimique et puis une destruction par incinération. Mais ces fûts-là finalement sont ceux qui sentent très mauvais, mais ce ne sont pas nécessairement les plus toxiques en réalité. Ce sont ceux qu’on utilise pour parfumer, identifier les gaz qui eux sont inodores, on rajoute quelques doses de mercaptan pour qu’on les sente donc ça sent très mauvais. L’usine Lubrizol avait déjà été affectée par ce phénomène-là il y a quelques années, mais ce n’est pas le plus toxique.

Rouen: « La parole aux scientifiques! »( Didier Guillaume)

Rouen: « La parole  aux scientifiques! »( Didier Guillaume)

La parole doit revenir aux scientifiques vient d’indiquer fort prudemment le ministre de l’agriculture.  Une parole pleine de bon sens car la communication du gouvernement dans ce domaine a été catastrophique depuis le début. Comme souvent au départ, le préfet et autre autorités ont voulu minimiser tous les risques liés à cette catastrophe considérant même que la situation était redevenue totalement normale. Le problème c’est que dans ce genre de situation des conséquences ne peuvent être mesurées qu’à plus long terme, par exemple l’incidence sur les nappes d’eau, les cultures ou même sur les humains. L’évaluation doit s’effectuer dans le temps avec des les outils scientifiques et non des paroles rassurantes qui ne reposent sur aucune évaluation sérieuse.

« Je ne suis pas scientifique. (…) J’étais à Rouen hier après-midi, Christophe Castaner y est allé, Jean-Michel Blanquer, Agnès Buzyn, Élisabeth Borne et le Premier ministre. La volonté du gouvernement, (…) elle est très claire: la transparence totale. Rien ne sera caché. Tout sera mis sur la table », a assuré l’ancien socialiste.

Évacuant le spectre du fameux « nuage de Tchernobyl », épisode dont les zones d’ombre ont troublé de nombreux Français, Didier Guillaume s’est indigné que l’on puisse penser que « le gouvernement voudrait cacher des choses »:

Pour autant, le ministre de l’Agriculture n’est pas capable, pour l’heure, d’évaluer la dangerosité des produits brûlés dans cette usine, classée Seveso. « Tout sera publié entre demain et après-demain sur ce qu’il s’est passé », a-t-il déclaré, reconnaissant qu’il y avait « urgence ».

Pour autant, Didier Guillaume s’est montré incapable de s’exprimer sur certaines demandes d’assouplissement sanitaires, qui interrogent, formulées par Lubrizol durant l’été. « C’est normal qu’il y ait des questions! » a sursauté le ministre, avant d’admettre qu’il était également « normal d’y répondre ».

Incendie Rouen : 112 communes sinistrées

Incendie Rouen : 112 communes sinistrées

 

Alors que le préfet continue de banaliser la situation de la catastrophe de l’usine de Rouen dans le même temps un arrêté a été publié pour considérer que les exploitations agricoles de 112 communes du département étaient sinistrées. En clair, les produits agricoles et certains produits d’élevage sont  interdits à la commercialisation. Le problème, c’est qu’on ne sait pas exactement quelle est la nature des produits qui ont été brûlés et les conséquences sanitaires que cela peut entraîner non seulement sur les cultures mais aussi sur les hommes. Notons que la contamination pourrait avoir concerné d’autres territoires puisque le nuage a notamment traversé la Belgique ! En général malheureusement la contamination par de telles catastrophes ne s’arrête pas strictement aux limites géographiques définies administrativement.

 

Le lait, les œufs, le miel, les poissons d’élevages ainsi que les productions végétales et les aliments pour animaux sont concernés par cette interdiction. Les produits végétaux qui n’ont pas été récoltés avant le jeudi 26 septembre – le jour de l’incendie – ne doivent pas l’être, indique un communiqué de la préfecture. Quant aux récoltes qui ont potentiellement été exposées aux suies ou aux fumées, elles doivent être consignées.

 

« Les parcelles concernées sont les parcelles agricoles situées sur les communes (…) sur lesquelles des retombées de suies de fumées consécutives à l’incendie de l’usine Lubrizol ont été identifiées », précise le document, qui évoque « une suspicion de contamination liée à ces retombées. » La préfecture précise que « le non-respect » de ces mesures « est passible de sanctions », précise le communiqué.

 

Voici la liste 112 communes, par ordre alphabétique : Argueil, Beaubec-la-Rosière, Beaussault, Beauvoir-en-Lyons, Bierville, Bihorel, Blainville-Crevon, Bois-Guibert, Bois-Guillaume, Bois-Héroule, Boissay, Bosc-Bérenger, Bosc-Bordel, Bosc-Edeline, Bosc-Guérard-Saint-Adrien, Bosc-le-Hard, Bosc-Mesnil, Bosc-Roger-sur-Buchy, Bouelles, Bradiancourt, Brémontier-Merval, Buchy, Cailly, Catenay, Claville-Motteville, Compainville, Conteville, Cottévrard,Criquiers, Critot, Dampierre-en-Bray, Déville-lès-Rouen, Doudeauville, Elbeuf-sur-Andelle, Ernemont-sur-Buchy, Esclavelles, Esteville, Estouville-Ecalles, Flamets-Frétils, Fontaine-en-Bray, Fontaine-le-Bourg, Fontaine-sous-Préaux, Forges-les-Eaux, Fry, Gaillefontaine, Gancourt-Saint-Etienne, Grainville-sur-Ry, graval, Grumesnil, Hancourt, Handricourt, Haussez, héronchelles, Hodeng-Hodenger, Houppeville, Illois, Isneauville, La Bellière, La Chapelle-Saint-Ouen, La Ferté-Saint-Samson, La Hallotière, La Rue-Saint-Pierre, La Vieux-Rue, Le Héon, Le Mesnil-Lieubray, Le Thil-Riberpré, Longmesnil, Longuerue, Massy, Mathonville, Maucomble, Mauquenchy, Ménerval, Mésangueville, Mesnil-Maugier, Mont-Saint-Aignan, Montérolier, Mogny-la-Pommeray, Nesle-Hodeng, Neubosc, Neuville-Ferrières, Nolléval, Notre-Dame-de-Bondeville, Pierreval, Pommereux, Préaux, Quincampoix, Rébets, Rocquemont, Roncherolles-en-Bray, Ronchois, Rouen, Rouvray-Catillon, Saint-Aignan-sur-Cailly, Saint-Georges-sur-Fontaine, Saint-Germain-des-Essourts, Saint-Germain-sous-Cailly, Saint-Martin-du-Vivier, Saint-Martin-Osmonville, Saint-Michel-d’Halescourt, Saint-Saëns, Saint-Saire, Sainte-Croix-sur-Buchy, Sainte-Geneviève, Saumont-la-Poterie, Serqueux, Servaville-Salmonville, Sigy-en-Bray, Sommery, Vieux-Manoir et Yquebeuf.

Pollution Rouen, affaire classée ! (Le préfet)

Pollution Rouen, affaire classée ! (Le préfet)

 

 

Pour le préfet de Seine-Maritime l’affaire est pratiquement considérée comme classée. Il a en effet décrété que la qualité de l’air à Rouen était “normale” et “habituelle” trois jours après le violent incendie de l’usine Lubrizol. Cela alors que les enquêtes concernant les conséquences sanitaires et écologiques ont à peine commencé. Cette prise de position est assez conforme à la philosophie préfectorale en général qui tente d’étouffer toutes les affaires pour protéger  le gouvernement. Le même préfet avait même dès le départ complètement sous-estimé l’importance de la pollution. Maintenant il referme le dossier. Certes il reconnaît une certaine pollution mais la qualifie d’habituelle. Évidemment, il n’en sait strictement rien car il faudra des semaines et des mois pour évaluer scientifiquement les conséquences sanitaires et écologiques. Contrairement à ce qu’affirme le préfet, on ne sait pas grand-chose. En effet une odeur incommodante persiste et des suies noires se sont déposées un peu partout, y compris sur les cultures, parfois en petites galettes, telles des galettes de goudron. L’origine de l’incendie n’est toujours pas déterminée.

Les analyses effectuées pour détecter dans l’air d’éventuelles concentrations d’oxyde d’azote et de soufre, de monoxyde de carbone et d’hydrogène sulfuré notamment, sont “encourageantes”, – expression pour le moins approximative–a déclaré samedi après-midi le préfet, Pierre-André Durand, lors d’un point de presse.“Nous sommes à un état habituel de la qualité de l’air à Rouen”, a-t-il indiqué. La situation est “normale” à l’exception du site Seveso, proche de la Seine, où “une présence de benzène” a été détectée.

Pourtant vendredi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait été moins optimiste et avait estimé que Rouen était “clairement polluée”. S’agissant de la “pluie noire” observée par les habitants après l’incendie, “il n’y a pas de situation alarmante, hormis dans certains cas des présences de plomb” dont l’existence est peut-être ancienne, a déclaré le préfet (pourquoi pas aussi à l’époque des gaulois NDLR).

Le préfet forcément expert en toxicologie et en environnement  a invité à “distinguer la toxicité de la gêne” causée par une odeur “anxiogène”. Des riverains font état d’irritations oculaires ou respiratoires et ont opté pour beaucoup pour le port d’un masque.  “tout est donc normal ou presse puisqu’un gel des productions et des récoltes” a été décidé. Le lait collecté depuis le 26 septembre dans les zones à risque, les œufs et le miel sont consignés “jusqu’à obtention de garanties. Notons qu’à aucun moment les pouvoirs publics n’évoquent les incidents déjà relevés dans cet usine y compris en matière de nuages de pollution.

Selon les pompiers. « Lubrizol est le plus important accident industriel en France depuis AZF (à Toulouse en 2001, ndlr). La gestion du drame que vit notre métropole de Rouen est scandaleuse et humiliante », a twitté David Cormand, secrétaire national d’EELV. Annie Thébaud Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm, craint, elle, la toxicité à long terme du panache de fumée qui a mesuré jusqu’à 22 km de long. « L’inquiétude est absolument légitime. Ce nuage qui est passé au dessus de Rouen est chargé en poussière hautement toxique au minimum cancérogène », a déclaré cette scientifique spécialisée dans les cancers professionnels.

Rouen : «risque » de pollution de la Seine

Rouen : «risque » de pollution de la Seine

Alors que comme d’habitude le préfet tentait de minimiser l’impact de la catastrophe de Rouen, la ministre de la santé, elle, était bien contrainte de constater que la ville de Rouen était polluée.   «La ville est clairement polluée» par les suies, a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn à Rouen au lendemain de l’incendie de l’usine Lubrizol classée Seveso. Vendredi de nombreux habitants de Rouen ont été incommodés par des odeurs très fortes, provoquant nausées et même vomissements, après l’incendie qui s’est déclaré dans l’usine jeudi matin. Certains portaient masques en papier en gants pour circuler dans les rues. «Je comprends la population (…) les produits peuvent être irritants sur le moment», a expliqué la ministre. «Ce sont des suies, comme une pollution, comme des galettes par exemple de goudron sur les plages», a déclaré  «Si on voit des galettes de goudron sur les plages, on demandera aux enfants de pas les toucher (…) Eh bien c’est la même chose ce que nous demandons aux riverains aujourd’hui, c’est-à-dire de nettoyer ces suies, ces saletés, visuellement très repérables, à prendre des précautions notamment en mettant des gants», a ajouté la ministre qui s’exprimait aux côté de la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

Notons que cette usine a déjà connu des problèmes et notamment des incidents. Cette usine est un “site Seveso”, une classification européenne pour les installations industrielles présentant des risques en raison des quantités et types de produits dangereux qu’elles abritent. Début 2013, du mercaptan, un gaz nauséabond toxique à fortes doses, s’était échappé de cette usine et avait pu être ressenti jusqu’en Angleterre et à Paris.

Le préfet a également évoqué un risque de pollution en raison du probable débordement des bassins de rétention de l’usine. “Les bassins sont aujourd’hui saturés”, a-t-il dit. En clair il y a des risques sérieux de pollution de la seine. Vendredi, des galettes d’hydrocarbures ont fait leur apparition sur la Seine à Rouen. « C’est de la suie qui s’est agglomérée du fait de la pluie, une combinaison d’additifs d’huile de moteur et d’hydrocarbures », a reconnu le préfet.
L’Etat est en train d’armer un navire pour les récupérer « avec un chalut tampon, fait pour ramasser les hydrocarbures », a expliqué Benoît Lemaire, le directeur de cabinet du préfet de Normandie. « Il n’y en a pas des tonnes à mon avis, mais cela nécessite qu’on les récupère. On a demandé que ce soit fait cet après-midi », a ajouté le haut fonctionnaire.

 

Les autorités précisent toutefois ne pas avoir détecté pour l’heure ni de “toxicité aiguë”, ni de “danger». La préfecture recommande toutefois aux habitants touchés de “bien se laver les mains” et de “laver fruits et légumes” issus des cultures locales. Une recommandation utile mais sans doute un peu légère par rapport aux enjeux.




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