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Italie: enjeux et risques après la victoire de la droite

Italie:  enjeux et risques  après la victoire de la droite

 

Une victoire indiscutable de la coalition de droite mais une coalition très composite qui devra gérer ses propres contradictions notamment ses rapports à l’Europe et des promesses financières populistes qui pourraient faire basculer le pays dans une crise grave . Par Edoardo Secchi, Président fondateur d’Italy-France Group et fondateur du Club Italie-France, et Alexandre Del Valle, politologue, essayiste.( La tribune, Extrait)

 

 

Du point de vue des milieux européens et d’affaires, et pas seulement pour la gauche sociale-démocrate euroLes enjeux politiques après la victoire de l’extrême droitepéenne, la fin du gouvernement de Mario Draghi a été une grave défaite non seulement pour l’Italie, mais pour toute l’Europe. En renvoyant Mario Draghi chez lui, nombre d’observateurs européens pensent que l’Italie a fait un gigantesque pas en arrière, peu de temps après avoir été enfin promue par le monde des institutions, par des marchés qui, qu’on le veuille ou non, existent et qui, par nature, sont voués à déraper chaque fois qu’il y a un élément d’incertitude, difficile à ranger dans une catégorie prédictive bien précise. Et si l’Italie de Draghi semblait rimer avec diligence, respect des règles, initiative, vision, compétence, cette Italie du « centre-droit » de Meloni-Salvini-Berlusconi, en réalité très très à droite et en partie « populiste », vainqueur du scrutin du 25 septembre, ressemble pour certains à une Italie découragée, feuilletée, à la merci des populistes et donc des spéculateurs financiers. Le chef de la gauche italienne, Enrico Letta, a martelé dans ses meetings qu’il s’agissait de la droite du passé, de la nostalgie et des divisions. Il est vrai que le problème du populisme est souvent le même : soit il crée d’énormes dégâts économiques, soit il tourne à la dictature. Partout où il est apparu, ou presque – car Trump a plutôt bien géré l’économie américaine redevenue fleurissante et Orban semble être apprécié par son peuple -, il a causé d’énormes dégâts : au Venezuela, en Argentine, en Turquie. Pour beaucoup d’analystes européens et occidentaux, qui ne connaissent d’ailleurs pas forcément bien la complexité des droites italiennes, l’Italie serait également menacée. Ils rappellent que ce sont justement les populistes à la Meloni, à la Salvini et à la M5S (Mouvement Cinq Etoiles) qui, en conquérant le pouvoir, finissent par jouer le jeu des spéculateurs financiers contre lesquels ils disent vouloir se battre. Si gouverner, c’est prévoir, on accuse les populistes d’être incapables de prédire les scénarios et menaces futurs et de n’avoir aucune expérience de gouvernement. Voire d’être totalement incompétents en économie. On nous dit ainsi qu’aucun des trois principaux partis populistes italiens n’a de parcours significatif, ni professionnel, ni gouvernemental. Toutes ces accusations, à tort ou à raison, sapent la crédibilité de la nation italienne, dont l’énorme dette inquiète les marchés de la zone euro qui pourrait imploser, jusqu’à offrir une belle opportunité aux spéculateurs.

En réalité, les trois composantes du « centro-Destra » italien, le parti des Libertés de Berlusconi, la Ligue de Salvini et Fratelli d’Italia de Meloni (FDI), ne sont pas monolithiques et inexpérimentés. Meloni a été ministre de gouvernements de centre-droit sous la présidence du Conseil du Cavaliere; Salvini et d’autres membres plus consensuels de la Ligue ont été ministres ou vice-Premiers ministres, et la Ligue gouverne assez bien plusieurs régions, provinces et villes du nord depuis 30 ans, et le parti de Berlusconi, maintes fois président du Conseil, compte des poids-lourds comme Tajani, commissaire européen, européiste convaincu, et nombre de ministres, sénateurs, députés, présidents de collectivités locales et maires. Certains membres de la Ligue sont même réputés pour leur modération comme l’ex-ministre de l’Intérieur Roberto Maroni ou Giancarlo Giorgetti, ex-ministre de l’Économie du gouvernement Draghi et ex-secrétaire d’État à la présidence du Conseil des ministres dans le gouvernement de Giuseppe Conte. On est loin d’être en face d’une bande monolithique de radicaux inexpérimentés. Et la terrible Giorgia Meloni mérite, comme l’a étonnement déclaré Hillary Clinton elle-même, une chance, de sorte qu’il convient de la juger en temps et en heure et « sur pièce » avant de la condamner par avance. Bref, pourquoi ne pas faire le pari de respecter les règles de l’alternance démocratique et donc la souveraineté populaire, d’autant que Giogia Meloni a énormément échangé ces dernières semaines avec Mario Draghi lui-même qui lui a suggéré des noms de personnalités modérées et rassurantes comme possibles ministres de l’Économie et des Affaires étrangères, deux postes clefs.

Une chose est sûre : le problème de Giorgia Meloni se situe dans sa coalition de droite mais aussi à gauche avec le M5S de Giuseppe Conte. Si l’on regarde en effet de près Matteo Salvini et Giuseppe Conte, on peut dire qu’ils représentent deux formes de populismes et qu’au final, ils se ressemblent beaucoup plus qu’on ne le pense, tout en étant aux antipodes. Matteo Salvini joue toujours sur la peur et la provocation verbale, tandis que son programme économique incohérent semble pour le moins irréalisable. Quant à Giuseppe Conte, il a joué sa « remontada » politique dans le sud de l’Italie en poursuivant le modèle de clientélisme basé sur revenu de citoyenneté : promettre à tous de l’argent public et sans contrôle. Aucun des deux dirigeants n’a expliqué comment ils résoudront les vrais problèmes du pays, tels que la faible productivité, la lutte contre l’évasion fiscale, la lutte contre le chômage et la précarité. Giorgia Meloni, qui semble avoir beaucoup écouté les conseils économiques de Berlusconi, dont elle fut ministre, et Mario Draghi, devra faire très attention à son allié Salvini et trouver un modus vivendi entre son propre étatisme d’origine et le libéral-poujadisme de la Ligue. Matteo Salvini, qui a déjà fait imploser une majorité il y a quelques années, pourrait certes créer de nombreux problèmes à sa propre majorité et poser de sérieux problèmes à l’Union européenne… et vice-versa… Le plus grand risque que court le leader de Fratelli d’Italia est celui faire accuser l’Italie d’être le cheval de Troie en Europe de Poutine – en raison des liens de certains membres de la Ligue avec la Russie (affaire judiciaire de Gian Luca Savoini, par exemple) – et d’Orban. Cela créerait une situation inédite avec de fortes répercussions négatives tant sur le plan économique que diplomatique. Toutefois, il convient de répondre qu’à l’heure actuelle, et depuis que Giogia Meloni est devenue la plus grande atlantiste défeuseur de l’Ukraine et de leur armement, ce n’est pas elle et son « centre-droit » qui est accusable d’être anti-atlantiste et pro-russe, mais bel et bien le mouvement Cinq Etoiles, qui a pourtant gouverné, après la chute de Salvini et de l’alliance Giallo-verde (« jaune-verte » (Ligue-M5S), avec le parti démocrate italien qui chasse les sorcières pro-russes… Rendons à César ce qui est à César.

Le ralentissement de l’économie italienne va limiter les ressources disponibles pour la prochaine loi de finances. La dette publique repart à la hausse. Le nouveau gouvernement devra aider l’industrie et les entreprises à faire face à la hausse des coûts de l’énergie. Il va falloir trouver 3,5 milliards d’euros pour réduire la pression fiscale de 2% sur les revenus allant jusqu’à 35.000 euros annuels. Il faudra également résoudre deux problèmes financiers et industriels importants : tout d’abord, la cession de la société nationale ITA (ex-Alitalia), ensuite celle du réseau très haut débit. Enfin, ce sont les milliards du PNRR qui sont en jeu, étroitement liés aux réformes. Rappelons que l’Italie a déjà payé très cher son retard de réformes au cours des vingt dernières années en réduisant le PIB par habitant de 0,8 % sur la période 2000-2019, avec la circonstance aggravante qu’en 2000 le PIB italien par habitant dépassait la moyenne de l’UE de 20 % et en 2019, elle était inférieure de 7 % ; en 2000, le PIB italien par habitant dépassait de 3 % la moyenne de la zone euro et en 2019, il était inférieur de 15 %.

 

Géopolitique : Quels risques de guerre nucléaire ?

Géopolitique : Quels risques de guerre nucléaire  ?

Les menaces proférées par Vladimir Poutine, ce 21 septembre, ne doivent pas être balayées d’un revers de la main. Aux yeux du Kremlin, l’emploi de l’arme nucléaire en premier n’est pas tabou. Par Cyrille Bret, Sciences Po

 

Ce 21 septembre, Vladimir Poutine a réitéré une menace qu’il avait déjà exprimée fin février, au tout début de l’invasion de l’Ukraine, quand il avait mis en état d’alerte les unités des forces armées russes en charge des armements nucléaires : si l’intégrité territoriale de la Russie est menacée, a-t-il assuré, il n’exclut pas le recours aux armes nucléaires.

Au moment même où, à New York, les chefs d’État du monde entier se succèdent à la tribune de la 77ᵉ Assemblée générale des Nations unies, appelant à la cessation des hostilités, il choisit, lui, de reprendre l’offensive en franchissant un nouveau cran dans la rhétorique très codée de l’arme nucléaire.

Face à ce qu’ils considèrent comme une récidive ou une rechute, les Occidentaux se partagent à nouveau entre incrédulité horrifiée et le scepticisme inquiet. Le sérieux des déclarations du président russe est, comme en février, mis en doute. « Bluff », « dérapage », « outrance », « exagération », etc. : les interprétations visant à minimiser le risque nucléaire vont bon train.

Les sceptiques ont raison de souligner qu’un usage – même circonscrit – de l’arme nucléaire aurait des conséquences dévastatrices pour Vladimir Poutine : il serait immédiatement privé de ses soutiens – déjà réticents – en Chine et en Inde ; il s’exposerait à une très large réprobation interne, à l’heure où l’opposition à la guerre se manifeste dans les rues (quelque 1 300 personnes ont été interpellées au soir du 21 septembre) ; et, surtout, il risquerait une réplique directe de la part des puissances nucléaires qui soutiennent l’Ukraine : États-Unis, Royaume-Uni et France.

Faut-il pour autant congédier comme irréel le spectre d’une attaque nucléaire russe ? Ou bien serait-il plus avisé de considérer ce qui, aujourd’hui, rend la perspective de l’emploi de l’arme nucléaire moins taboue qu’avant le début de la guerre en Ukraine ?

Trois éléments se conjuguent aujourd’hui pour abaisser le seuil nucléaire aux yeux du Kremlin : premièrement, cette menace prend corps dans un contexte où la Russie est largement en échec dans son « opération militaire spéciale » ; deuxièmement, Moscou n’a cessé depuis des années, et plus encore depuis février dernier, de rompre avec les méthodes conventionnelles de la conduite de la guerre ; enfin, à titre personnel, Vladimir Poutine se montre, en brandissant la menace nucléaire, fidèle à l’image qu’il cherche à imposer depuis des années – celle d’un homme qui, au nom de sa vision du monde et de la place que son pays doit selon lui y occuper, est prêt à absolument tout.

Envisagée depuis le Kremlin, la situation militaire oriente le pouvoir russe vers des moyens d’extrême urgence. En effet, la Russie s’est montrée incapable, en plusieurs mois, d’atteindre ses objectifs stratégiques par le moyen d’une campagne militaire conventionnelle.

Malgré la modernisation de ses forces armées depuis une décennie, malgré l’aguerrissement de ses officiers sur le théâtre syrien, malgré la combinaison de cyberattaques et de campagnes de désinformation en complément des opérations militaires classiques, la Russie n’a ni pris Kiev, ni brisé la résistance nationale ukrainienne, ni même conservé ses gains territoriaux face aux contre-offensives déclenchées depuis un mois.

La tentation de recourir à des moyens non conventionnels s’accroît quand la victoire militaire conventionnelle se dérobe et le spectre d’une défaite se profile. De fait, les opérations ukrainiennes menées dans les zones de Kharkiv (au nord-est) et de Kherson (dans le sud) visent explicitement à remporter la « victoire » contre la Russie.

Pour les Ukrainiens, « victoire » signifie une reconquête intégrale du territoire national issu de l’indépendance de 1991, y compris la Crimée annexée par la Russie en 2014 et les régions de Donetsk, de Lougansk, de Kherson et de Zaporojié qui pourraient tout prochainement être annexées à leur tour, des « référendums de rattachement à la Fédération de Russie » y ayant été annoncés pour la fin du mois de septembre, alors même que Moscou ne contrôle pas la totalité de leurs territoires respectifs.

Mais pour certains soutiens de Kiev – avant tout en Pologne, dans les États baltes et aux États-Unis -, la notion de « victoire » implique une déroute militaire de la Russie, suivie d’un bouleversement politique et d’un affaiblissement stratégique durable de ce pays. Ce que redoute le Kremlin désormais, c’est de revenir à l’état d’abaissement international qui fut le sien dans les années 1990.

En somme, la Russie de Poutine considère qu’elle est à présent explicitement passée d’une guerre d’invasion contre l’Ukraine à une guerre de défense contre l’OTAN. Le niveau de menace étant dès lors drastiquement plus élevé, il pourrait être justifié, du point de vue du Kremlin, de recourir à un type d’arme qualitativement différent. En matière d’armes nucléaires, les échelons à franchir sont nombreux et il y a loin des premières annonces à l’usage effectif. Toutefois, à mesure que la crise militaire se précise pour la Russie et à mesure que le risque de défaite se matérialise, la tentation de mettre en œuvre un moyen militaire extrême se renforce.

Aujourd’hui plus que jamais, les fondements de la doctrine nucléaire russe doivent être rappelés. Ils sont en rupture complète avec la doctrine française, par exemple : la vision russe ne repose pas sur le principe de « frappe nucléaire en second », qui consiste à n’employer l’arme nucléaire qu’une fois que le territoire national aura lui-même été soumis à une attaque nucléaire.

Un usage « en premier », dans un cadre « tactique » et pour atteindre des buts militaires, est au contraire régulièrement envisagé par les différents documents stratégiques russes.

En l’occurrence, une attaque contre la Crimée (ou contre tout autre territoire considéré par le Kremlin comme étant « russe ») de la part des troupes ukrainiennes, tout particulièrement à l’aide d’armements de l’OTAN, pourrait justifier, aux yeux du pouvoir russe, le lancement de missiles opérant des frappes nucléaires soit sur le champ de bataille pour briser une avancée, soit contre des infrastructures critiques pour l’organisation des forces armées ukrainiennes.

C’est ce qui avait été déjà mentionné par le président russe, de façon plus indirecte, en février 2022. C’est ce qui est répété aujourd’hui. Il ne s’agit là ni d’une gesticulation militaire ni d’un coup de menton politique. C’est le rappel strict d’une doctrine depuis longtemps connue et diffusée.

Récemment, cette doctrine nucléaire a été influencée par de nombreuses ruptures avec les méthodes conventionnelles de guerre : soupçonnée d’être impliquée dans l’usage d’armes chimiques et bactériologiques en Syrie, coopérant avec des supplétifs mercenaires comme le groupe Wagner ou « ethniques » comme les milices du président tchétchène Kadyrov, conduisant à l’occasion des opérations militaires clandestines, voilà déjà au moins une décennie que l’armée russe ne se contente pas des moyens conventionnels pour remplir ses objectifs.

La Russie de Poutine a franchi bien des Rubicons dans les guerres qu’elle a menées, que ce soit au sein de la Fédération (en Tchétchénie), à ses frontières (en Géorgie) ou dans ses zones d’influence (Moyen-Orient, Afrique centrale). L’invasion de l’Ukraine constitue en elle-même une rupture profonde avec le principe d’intangibilité des frontières issues de la dissolution de l’URSS. À mesure que les tabous militaires et stratégiques sont brisés, les uns après les autres, la possibilité de rompre le dernier d’entre eux, l’usage de l’arme nucléaire, devient moins fantasmagorique.

L’usage de l’arme nucléaire correspondrait également à la posture politique que le président russe a choisie en déclenchant l’invasion de l’Ukraine.

En effet, le choix de l’invasion, en février 2022, répond à deux grandes lignes politiques explicites chez Vladimir Poutine. La première, bien identifiée et depuis longtemps analysée, correspond à sa volonté d’annuler, en partie du moins, la réduction du poids international de Moscou suite à la désintégration de l’URSS. La seconde répond à la conception du pouvoir politique qu’il a imposée à l’intérieur comme à l’extérieur : il souhaite se poser comme celui qui ose ce que personne d’autre n’ose. L’usage extrême de la force et l’usage de la force extrême sont la marque de cette conception hyperbolique du pouvoir. Oser franchir le seuil nucléaire serait, en somme, dans la lignée de ce rapport sans complexe à la force.

Enfin, la posture politique de la Russie de 2022 se précise désormais, avec les autres mesures annoncées le 21 septembre. D’une part, une mobilisation des réservistes a été décrétée : cela souligne que la Russie, sanctionnée de toutes parts, se transforme rapidement, à l’intérieur, en citadelle assiégée et en caserne généralisée. D’autre part, nous l’avons évoqué, des référendums seront organisés dans plusieurs régions d’Ukraine pour élargir le territoire de la Fédération de Russie et consacrer ainsi une nouvelle mutilation du territoire ukrainien.

Ainsi, la Russie se prépare à une longue guerre d’usure pour conserver ce qu’elle considère désormais comme son glacis défensif contre l’OTAN, à savoir la Crimée et une partie du sud et de l’est de l’Ukraine. Brandir une menace nucléaire crédible vise à renforcer encore davantage cette idée que la Russie, assiégée, ne se laissera jamais vaincre.

Lorsqu’il a répété, ce 21 septembre, ses menaces nucléaires, Vladimir Poutine avait assurément à l’esprit les répercussions terribles auxquelles il exposerait la Russie si elle frappe en premier. Nul ne doit en douter. Mais nul ne doit négliger non plus les facteurs qui érodent peu à peu l’impossibilité d’utiliser ces armes.

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Par Cyrille Bret, Géopoliticien, Sciences Po

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Conflit ukrainien: Quels risques nucléaires ?

Conflit ukrainien: Quels risques nucléaires  ?

Les menaces proférées par Vladimir Poutine, ce 21 septembre, ne doivent pas être balayées d’un revers de la main. Aux yeux du Kremlin, l’emploi de l’arme nucléaire en premier n’est pas tabou. Par Cyrille Bret, Sciences Po

 

Ce 21 septembre, Vladimir Poutine a réitéré une menace qu’il avait déjà exprimée fin février, au tout début de l’invasion de l’Ukraine, quand il avait mis en état d’alerte les unités des forces armées russes en charge des armements nucléaires : si l’intégrité territoriale de la Russie est menacée, a-t-il assuré, il n’exclut pas le recours aux armes nucléaires.

Au moment même où, à New York, les chefs d’État du monde entier se succèdent à la tribune de la 77ᵉ Assemblée générale des Nations unies, appelant à la cessation des hostilités, il choisit, lui, de reprendre l’offensive en franchissant un nouveau cran dans la rhétorique très codée de l’arme nucléaire.

Face à ce qu’ils considèrent comme une récidive ou une rechute, les Occidentaux se partagent à nouveau entre incrédulité horrifiée et le scepticisme inquiet. Le sérieux des déclarations du président russe est, comme en février, mis en doute. « Bluff », « dérapage », « outrance », « exagération », etc. : les interprétations visant à minimiser le risque nucléaire vont bon train.

Les sceptiques ont raison de souligner qu’un usage – même circonscrit – de l’arme nucléaire aurait des conséquences dévastatrices pour Vladimir Poutine : il serait immédiatement privé de ses soutiens – déjà réticents – en Chine et en Inde ; il s’exposerait à une très large réprobation interne, à l’heure où l’opposition à la guerre se manifeste dans les rues (quelque 1 300 personnes ont été interpellées au soir du 21 septembre) ; et, surtout, il risquerait une réplique directe de la part des puissances nucléaires qui soutiennent l’Ukraine : États-Unis, Royaume-Uni et France.

Faut-il pour autant congédier comme irréel le spectre d’une attaque nucléaire russe ? Ou bien serait-il plus avisé de considérer ce qui, aujourd’hui, rend la perspective de l’emploi de l’arme nucléaire moins taboue qu’avant le début de la guerre en Ukraine ?

Trois éléments se conjuguent aujourd’hui pour abaisser le seuil nucléaire aux yeux du Kremlin : premièrement, cette menace prend corps dans un contexte où la Russie est largement en échec dans son « opération militaire spéciale » ; deuxièmement, Moscou n’a cessé depuis des années, et plus encore depuis février dernier, de rompre avec les méthodes conventionnelles de la conduite de la guerre ; enfin, à titre personnel, Vladimir Poutine se montre, en brandissant la menace nucléaire, fidèle à l’image qu’il cherche à imposer depuis des années – celle d’un homme qui, au nom de sa vision du monde et de la place que son pays doit selon lui y occuper, est prêt à absolument tout.

Envisagée depuis le Kremlin, la situation militaire oriente le pouvoir russe vers des moyens d’extrême urgence. En effet, la Russie s’est montrée incapable, en plusieurs mois, d’atteindre ses objectifs stratégiques par le moyen d’une campagne militaire conventionnelle.

Malgré la modernisation de ses forces armées depuis une décennie, malgré l’aguerrissement de ses officiers sur le théâtre syrien, malgré la combinaison de cyberattaques et de campagnes de désinformation en complément des opérations militaires classiques, la Russie n’a ni pris Kiev, ni brisé la résistance nationale ukrainienne, ni même conservé ses gains territoriaux face aux contre-offensives déclenchées depuis un mois.

La tentation de recourir à des moyens non conventionnels s’accroît quand la victoire militaire conventionnelle se dérobe et le spectre d’une défaite se profile. De fait, les opérations ukrainiennes menées dans les zones de Kharkiv (au nord-est) et de Kherson (dans le sud) visent explicitement à remporter la « victoire » contre la Russie.

Pour les Ukrainiens, « victoire » signifie une reconquête intégrale du territoire national issu de l’indépendance de 1991, y compris la Crimée annexée par la Russie en 2014 et les régions de Donetsk, de Lougansk, de Kherson et de Zaporojié qui pourraient tout prochainement être annexées à leur tour, des « référendums de rattachement à la Fédération de Russie » y ayant été annoncés pour la fin du mois de septembre, alors même que Moscou ne contrôle pas la totalité de leurs territoires respectifs.

Mais pour certains soutiens de Kiev – avant tout en Pologne, dans les États baltes et aux États-Unis -, la notion de « victoire » implique une déroute militaire de la Russie, suivie d’un bouleversement politique et d’un affaiblissement stratégique durable de ce pays. Ce que redoute le Kremlin désormais, c’est de revenir à l’état d’abaissement international qui fut le sien dans les années 1990.

En somme, la Russie de Poutine considère qu’elle est à présent explicitement passée d’une guerre d’invasion contre l’Ukraine à une guerre de défense contre l’OTAN. Le niveau de menace étant dès lors drastiquement plus élevé, il pourrait être justifié, du point de vue du Kremlin, de recourir à un type d’arme qualitativement différent. En matière d’armes nucléaires, les échelons à franchir sont nombreux et il y a loin des premières annonces à l’usage effectif. Toutefois, à mesure que la crise militaire se précise pour la Russie et à mesure que le risque de défaite se matérialise, la tentation de mettre en œuvre un moyen militaire extrême se renforce.

Aujourd’hui plus que jamais, les fondements de la doctrine nucléaire russe doivent être rappelés. Ils sont en rupture complète avec la doctrine française, par exemple : la vision russe ne repose pas sur le principe de « frappe nucléaire en second », qui consiste à n’employer l’arme nucléaire qu’une fois que le territoire national aura lui-même été soumis à une attaque nucléaire.

Un usage « en premier », dans un cadre « tactique » et pour atteindre des buts militaires, est au contraire régulièrement envisagé par les différents documents stratégiques russes.

En l’occurrence, une attaque contre la Crimée (ou contre tout autre territoire considéré par le Kremlin comme étant « russe ») de la part des troupes ukrainiennes, tout particulièrement à l’aide d’armements de l’OTAN, pourrait justifier, aux yeux du pouvoir russe, le lancement de missiles opérant des frappes nucléaires soit sur le champ de bataille pour briser une avancée, soit contre des infrastructures critiques pour l’organisation des forces armées ukrainiennes.

C’est ce qui avait été déjà mentionné par le président russe, de façon plus indirecte, en février 2022. C’est ce qui est répété aujourd’hui. Il ne s’agit là ni d’une gesticulation militaire ni d’un coup de menton politique. C’est le rappel strict d’une doctrine depuis longtemps connue et diffusée.

Récemment, cette doctrine nucléaire a été influencée par de nombreuses ruptures avec les méthodes conventionnelles de guerre : soupçonnée d’être impliquée dans l’usage d’armes chimiques et bactériologiques en Syrie, coopérant avec des supplétifs mercenaires comme le groupe Wagner ou « ethniques » comme les milices du président tchétchène Kadyrov, conduisant à l’occasion des opérations militaires clandestines, voilà déjà au moins une décennie que l’armée russe ne se contente pas des moyens conventionnels pour remplir ses objectifs.

La Russie de Poutine a franchi bien des Rubicons dans les guerres qu’elle a menées, que ce soit au sein de la Fédération (en Tchétchénie), à ses frontières (en Géorgie) ou dans ses zones d’influence (Moyen-Orient, Afrique centrale). L’invasion de l’Ukraine constitue en elle-même une rupture profonde avec le principe d’intangibilité des frontières issues de la dissolution de l’URSS. À mesure que les tabous militaires et stratégiques sont brisés, les uns après les autres, la possibilité de rompre le dernier d’entre eux, l’usage de l’arme nucléaire, devient moins fantasmagorique.

L’usage de l’arme nucléaire correspondrait également à la posture politique que le président russe a choisie en déclenchant l’invasion de l’Ukraine.

En effet, le choix de l’invasion, en février 2022, répond à deux grandes lignes politiques explicites chez Vladimir Poutine. La première, bien identifiée et depuis longtemps analysée, correspond à sa volonté d’annuler, en partie du moins, la réduction du poids international de Moscou suite à la désintégration de l’URSS. La seconde répond à la conception du pouvoir politique qu’il a imposée à l’intérieur comme à l’extérieur : il souhaite se poser comme celui qui ose ce que personne d’autre n’ose. L’usage extrême de la force et l’usage de la force extrême sont la marque de cette conception hyperbolique du pouvoir. Oser franchir le seuil nucléaire serait, en somme, dans la lignée de ce rapport sans complexe à la force.

Enfin, la posture politique de la Russie de 2022 se précise désormais, avec les autres mesures annoncées le 21 septembre. D’une part, une mobilisation des réservistes a été décrétée : cela souligne que la Russie, sanctionnée de toutes parts, se transforme rapidement, à l’intérieur, en citadelle assiégée et en caserne généralisée. D’autre part, nous l’avons évoqué, des référendums seront organisés dans plusieurs régions d’Ukraine pour élargir le territoire de la Fédération de Russie et consacrer ainsi une nouvelle mutilation du territoire ukrainien.

Ainsi, la Russie se prépare à une longue guerre d’usure pour conserver ce qu’elle considère désormais comme son glacis défensif contre l’OTAN, à savoir la Crimée et une partie du sud et de l’est de l’Ukraine. Brandir une menace nucléaire crédible vise à renforcer encore davantage cette idée que la Russie, assiégée, ne se laissera jamais vaincre.

Lorsqu’il a répété, ce 21 septembre, ses menaces nucléaires, Vladimir Poutine avait assurément à l’esprit les répercussions terribles auxquelles il exposerait la Russie si elle frappe en premier. Nul ne doit en douter. Mais nul ne doit négliger non plus les facteurs qui érodent peu à peu l’impossibilité d’utiliser ces armes.

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Par Cyrille Bret, Géopoliticien, Sciences Po

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Température et risques de l’ Eté 2022 : La future norme ?

Température et risques de l’ Eté 2022 : La future norme ?

 

L’expert de l’assurance Nicolas Bauduceau estime, dans une tribune au « Monde », que la résilience collective face aux sinistres à venir doit passer par un soutien public et privé accru aux décisions individuelles de prévention des risques.

 

L’augmentation probable de l’intensité et de la fréquence des catastrophes naturelles sous l’effet du dérèglement climatique est un défi majeur : l’été 2022 pourrait devenir la norme à partir de 2050. Le statu quo n’est donc pas une option. Le changement de nos modes de production et de consommation doit se poursuivre. Toutefois, les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’enrayeront pas l’évolution du climat dans les deux prochaines décennies : l’inertie du système climatique est trop grande. Dès lors, la question n’est plus de savoir si nous devons nous adapter à cette évolution, mais comment nous devons le faire.

Face aux catastrophes naturelles, nous disposons en France de trois outils : la prévention, qui consiste à éviter la mise en danger des personnes et des biens ; la gestion de crise, qui consiste à mobiliser des moyens pour venir en aide aux populations pendant un événement extrême ; l’indemnisation financière, qui permet d’engager la reconstruction à la suite de la catastrophe. Mais le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, fondé sur la solidarité nationale, est aujourd’hui sous tension en raison de sécheresses successives. L’augmentation prévisible du coût des catastrophes naturelles à l’horizon 2050 devrait le déséquilibrer structurellement dans les deux décennies qui viennent.

Au-delà des équilibres financiers, maintenir l’ensemble du territoire assurable et résilient exigera donc de mettre en œuvre une politique de prévention des risques naturels particulièrement efficace.

Nous ne partons pas de rien en la matière, loin s’en faut. Les premières digues ont été construites au XIIe siècle pour protéger la vallée de la Loire des colères du fleuve royal. Depuis, la France s’est couverte de plus de 9 000 km de digues. Un exemple qui symbolise la façon dont la France a structuré une politique publique complète de prévention, basée sur différents axes : connaître les zones à risque, éviter d’investir les zones les plus exposées, déconstruire les biens les plus vulnérables, construire différemment, réduire la fréquence et l’intensité des phénomènes, adapter les biens existants, faire évoluer les comportements.

L’Etat et les collectivités y consacrent des engagements financiers croissants : en moyenne 375 millions d’euros par an durant la dernière décennie. Parallèlement, la réglementation de la construction dans les zones à risque a été considérablement étendue et durcie pour limiter la prolifération de biens inadaptés sur les territoires les plus exposés.

Pour une politique de prévention des risques internationale

 Pour une politique de prévention des risques internationale

 

Klaas Lenaerts

membre de l’Institut Bruegel, centre de réflexion européen basé à Bruxelles

Simone Tagliapietra

membre de l’Institut Bruegel, centre de réflexion européen basé à Bruxelles

Guntram B. Wolff

membre de l’Institut Bruegel, centre de réflexion européen basé à Bruxelles

plaident, dans une tribune au « Monde », pour la mise en place de mécanismes collectifs européens, car les catastrophes naturelles toucheront inégalement les Etats membres.

 

Cette prévention des risques à l’échelle européenne serait évidemment utile mais les différentes catastrophes ignorent les frontières y compris  européennes et justifierait une politique plus large à dimension internationale notamment parce que souvent les pays pauvres en payent un prix encore plus important que les pays développés.( Exemple la crise du blé en Ukraine qui aura des conséquences particulièrement désastreuses dans les pays en développement) NDLR

 

L’été, en Europe, vient à peine de commencer, mais une vague chaleur extrême a déjà frappé la France, en juin, plus tôt que jamais depuis le début des relevés officiels. Les incendies de forêt font rage en Espagne, et, au sud de la France, le nord de l’Italie connaît une sécheresse record qui ruine les récoltes. En janvier déjà, plusieurs centrales hydroélectriques avaient dû fermer en raison d’un manque persistant de précipitations au Portugal.

Selon les scientifiques, il ne s’agit là que d’un échantillon de ce qui nous attend pour les prochaines décennies, même dans le scénario optimiste mais de plus en plus improbable selon lequel l’Europe et le reste du monde parviendraient à atteindre la neutralité climatique vers 2050. À mesure que les températures moyennes mondiales continueront à augmenter au-delà des + 1,2 °C actuels par rapport aux moyennes préindustrielles, l’Europe risque de se réchauffer encore plus vite.

Les conséquences seront différentes selon les régions : pour faire simple, les pays du Sud seront plus exposés aux vagues de chaleur dangereuses, aux sécheresses et aux incendies de forêt, tandis que d’autres parties de l’Europe connaîtront davantage de précipitations et d’inondations intérieures. L’élévation du niveau de la mer menacera les zones côtières.

Les conséquences socioéconomiques du changement climatique, en termes de mortalité, de pertes dans l’agriculture et la production d’électricité, ainsi que de dommages causés par les inondations, devraient être plus sévères autour de la Méditerranée, tandis que les pays scandinaves pourraient en revanche bénéficier de légers avantages nets en raison de l’augmentation du potentiel d’approvisionnement en électricité et des rendements agricoles.

Risques écologiques : un déni de réalité

Risques écologiques : un déni de réalité

Les historiens Renaud Bécot et Thomas Le Roux montrent, dans une tribune au « Monde », que la législation environnementale n’a toujours pas pris la mesure de l’accroissement des risques.

Après l’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre 2019, le premier ministre, Edouard Philippe, a parlé d’odeurs « dérangeantes, pénibles mais pas nocives », tandis qu’Elisabeth Borne, alors ministre du travail, affirmait qu’il n’y avait « pas de polluants anormaux ». Quelques lectures historiques leur auraient permis de savoir que la notion de « nuisance incommode, mais pas insalubre » est un leitmotiv rhétorique construit à partir des années 1800 pour légitimer la vie industrielle et le sacrifice de la santé environnementale.

Par sa gravité, l’incendie de Lubrizol a médiatisé l’existence du millier d’accidents qui ont lieu chaque année dans les usines situées en France métropolitaine, alors que les rapports de l’Organisation mondiale de la santé alertent depuis longtemps sur les effets néfastes de la pollution sur la santé publique. Pourtant, le milieu politique continue de s’en remettre aux promesses du futur et à des horizons techniques hypothétiques. L’acceptabilité des pollutions, devenues « normales », est en réalité une invention du monde contemporain, qui ne va pas de soi sur le temps long.

Depuis 1810 et le décret napoléonien sur les établissements industriels insalubres et dangereux, première législation du monde sur les pollutions, la régulation publique est conçue pour protéger les industriels, sécuriser leur capital productif et leur éviter des poursuites pénales en les mettant sous la surveillance d’une administration bienveillante. Il s’agissait de les libérer de l’ancienne « police des nuisances », soucieuse de santé publique, qui était très coercitive avant les années 1800.

Même après les réformes de 1917 et 1976, et la transposition des directives européennes Seveso, lois et règlements font primer la protection des intérêts industriels (moyennant des enquêtes préventives nécessaires aux autorisations de fonctionnement) en créant, contre compensation financière, un droit à polluer, et en misant sur l’amélioration technique pour résoudre les maux constatés.

De ce fait, les réponses institutionnelles au risque industriel sont restées principalement techniques. Certes, les rapports parlementaires post-Lubrizol de 2020 ont montré la faiblesse de l’inspection face à des rythmes industriels mettant l’action publique au pied du mur, et l’accroissement des risques industriels au gré de la précarisation des formes d’emploi et de l’extension des chaînes de sous-traitance dans les sites pétrochimiques. En préconisant par ailleurs la nécessité d’organiser un suivi sanitaire des populations des territoires industriels, ils proposaient une démarche inédite dans la régulation des nuisances.

Finances et Bourses : des risques de grand chambardement ?

Finances et Bourses : des risques de grand chambardement ?

 

 

Plusieurs gourous , dont Christine Lagarde, tentent de rassurer à propos de la gravité de la situation économique et en particulier en ce qui concerne l’envolée de l’inflation. La thèse encore défendue très mollement serait que cette inflation est très provisoire quand la plupart des experts pensent  le contraire en raison de la restructuration de l’appareil de production, de la recomposition logistique, de la hausse des matières premières y compris alimentaires et évidemment de la guerre en Ukraine.

La flambée d’inflation est en train de plomber la croissance. Du coup ,il n’est pas besoin d’être grand clerc pour prévoir que l’activité risque de stagner. C’est déjà le cas pratiquement en Europe. Or moins d’activité, c’est moins de profits à terme avec en plus souvent des dettes à amortir. Comme l’activité la bourse à un moment donné ne peut refléter que l’état de l’économie même si c’est par anticipation. Conclusion,  une baisse de croissance amène inévitablement à un tassement de la rentabilité et des profits

En fait, les Bourses européennes plongent  face à la menace de l’inflation…ou de la récession

Tout cela entraîne beaucoup de volatilité, au plus grand profit des opérateurs de marché.

Le  prix des actions est revenu à des niveaux de 2017, soit environ 18 fois les profits sur le S&P 500 et 13 fois sur le CAC 40.

La question fondamentale est de savoir si l’inflation va se maintenir autour de 5 % aussi elle ne risque pas d’atteindre près de 10 % d’ici la fin d’année.Avec en plus un risque de récession.

 

Finances–Bourse : des risques de grand chambardement

Finances–Bourse : des risques de grand chambardement

 

 

Plusieurs gourous , dont Christine Lagarde, tentent de rassurer à propos de la gravité de la situation économique et en particulier en ce qui concerne l’envolée de l’inflation. La thèse encore défendue très mollement serait que cette inflation est très provisoire quand la plupart des experts pensent  le contraire en raison de la restructuration de l’appareil de production, de la recomposition logistique, de la hausse des matières premières y compris alimentaires et évidemment de la guerre en Ukraine.

La flambée d’inflation est en train de plomber la croissance. Du coup ,il n’est pas besoin d’être grand clerc pour prévoir que l’activité risque de stagner. C’est déjà le cas pratiquement en Europe. Or moins d’activité, c’est moins de profits à terme avec en plus souvent des dettes à amortir. Comme l’activité la bourse à un moment donné ne peut refléter que l’état de l’économie même si c’est par anticipation. Conclusion,  une baisse de croissance amène inévitablement à un tassement de la rentabilité et des profits

En fait, es Bourses européennes plongent  face à la menace de l’inflation…ou de la récession

Tout cela entraîne beaucoup de volatilité, au plus grand profit des opérateurs de marché.

Le  prix des actions est revenu à des niveaux de 2017, soit environ 18 fois les profits sur le S&P 500 et 13 fois sur le CAC 40.

La question fondamentale est de savoir si l’inflation va se maintenir autour de 5 % aussi elle ne risque pas d’atteindre près de 10 % d’ici la fin d’année.Avec en plus un risque de récession.

 

Bourse : des risques de grand chambardement

Bourse : des risques de grand chambardement

 

 

Plusieurs gourous , dont Christine Lagarde, tente de rassurer à propos de la gravité de la situation économique et en particulier en ce qui concerne l’envolée de l’inflation. La thèse encore défendue très mollement serait que cette inflation est très provisoire quand la plupart des experts pensent  le contraire en raison de la restructuration de l’appareil de production, de la recomposition logistique, de la hausse des matières premières y comprise alimentaires et évidemment de la guerre en Ukraine.

La flambée d’inflation est en train de plomber la croissance. Du coup ,il n’est pas besoin d’être grand clerc pour prévoir que l’activité risque de stagner. C’est déjà le cas pratiquement en Europe. Or moins d’activité, c’est moins de profits à terme avec en plus souvent des dettes à amortir. Comme l’activité la bourse à un moment donné ne peut refléter que l’état de l’économie même si c’est par anticipation. Conclusion une baisse de croissance amène inévitablement à un tassement de la rentabilité et des profits

Les Bourses européennes plongent  face à la menace de l’inflation…ou de la récession

Tout cela entraîne beaucoup de volatilité, au plus grand profit des opérateurs de marché.

Le  prix des actions est revenu à des niveaux de 2017, soit environ 18 fois les profits sur le S&P 500 et 13 fois sur le CAC 40.

La question fondamentale est de savoir si l’inflation va se maintenir autour de 5 % aussi elle ne risque pas d’atteindre près de 10 % d’ici la fin d’année.Avec en plus un risque de récession.

 

Politique: Les risques d’un quinquennat de chaos

Politique: Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec soit une présidente complètement incompétente, soit un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme.

Politique-Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos

Politique-Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme, démocratie et technocratie.

Politique- risques d’un quinquennat de chaos

Politiquerisques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec soit une présidente complètement incompétente, soit un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme.

Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos

Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme, démocratie et technocratie.

Les risques d’un quinquennat de chaos

Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec soit une présidente complètement incompétente, soit un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme.

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune)
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

 

Santé et édulcorants : Risques de cancer (Inserm)

Santé et édulcorants : Risques de cancer  (Inserm)

Des chercheurs français ont mené une étude sur plus de 10 000 personnes entre 2009 et 2021. Celle-ci pointe les dangers liés à la consommation d’aspartame par exemple. (Franceinfo)

 

 

 

Ils donnent un petit goût sucré aux aliments, tout en permettant de réduire leur teneur en sucre ajouté. Les édulcorants sont consommés au quotidien par des millions de personnes. Mais sont-ils si bons pour la santé ? Non, à en croire une étude réalisée par des chercheurs de l’Inserm, de l’Inrae, du Cnam et de l’université Paris-Sorbonne. D’après leurs travaux, ces additifs alimentaires sont associés à un risque accru de cancers, notamment de cancer du sein et de cancers liés à l’obésité.

Les chercheurs ont analysé les données de santé et la consommation d’édulcorants de 102 865 Français et Françaises, participant à la vaste étude NutriNet-Santé. Les volontaires y ont renseigné leurs antécédents médicaux, leur activité physique, leur état de santé et leur mode de vie. Ils ont aussi entré les noms et marques des produits consommés. De quoi mesurer leur exposition aux additifs alimentaires et notamment aux édulcorants.

Le suivi débuté en 2009 a duré jusqu’en 2021. Les chercheurs ont enregistré les diagnostics de cancers rapportés au cours de cette période. Et ils ont fait une analyse statistique afin d’étudier le lien éventuel entre la consommation d’édulcorants et le risque de développer un cancer.

Les scientifiques ont constaté que, comparés aux personnes qui n’en consommaient pas, les plus gros consommateurs d’édulcorants, c’est-à-dire ceux au-delà de la médiane de consommation, avaient un risque plus élevé de 13% de développer un cancer, quel qu’en soit le type, en particulier avec l’aspartame et l’acésulfame K.

A ce jour, les apports en édulcorants à travers l’alimentation « proviennent à 53% de boissons édulcorées, à 29% des sucrettes ou édulcorants de table, à 8% des produits laitiers ou desserts lactés, parfois même d’aliments salés comme des chips », détaille Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm.

« L’étude quantifie pour la première fois dans le monde l’exposition aux édulcorants au global sur toute l’alimentation et par type de composant pour la mettre en relation avec le risque de maladie, souligne encore Mathilde Touvier, qui a coordonné l’étude. Jusqu’ici, les études étaient expérimentales, surtout sur des modèles animaux ou des cellules. »

Bien qu’il ne soit pas encore possible d’établir une relation de cause à effet directe,  »ces résultats ne soutiennent pas l’utilisation d’édulcorants en tant qu’alternatives sûres au sucre », prévient la chercheuse. Ces résultats, estime Mathilde Touvier, pourront servir à « la réévaluation en cours par l’Autorité européenne de sécurité des aliments et d’autres agences de santé publique dans le monde ».

 

Pas de risques de guerre mondiale ?

Pas de risques de   guerre  mondiale  ?

 

 

Depuis le 24 février, ce que nous racontent les marchés financiers peut paraitre anecdotique. Et en vérité, ça l’est. Que la bourse s’écroule ne devrait pas nous émouvoir. Mais, il se trouve que la bourse ne s’écroule pas. Karl Eychenne, stratégiste et économiste. reconnaît toutefois que cette relative sérénité repose davantage sur une opinion que sur une réelle connaissance.L es derniers événements relative au repli russe semble toutefois donner raison à l’expert

En Europe, les marchés d’actions ont récupéré tout ou presque de ce qu’ils avaient perdu depuis le début du conflit. Aux États-Unis, c’est encore mieux puisque les marchés sont en hausse de près de 5 % depuis cette date. Finalement, seuls les marchés émergents semblent encore sonnés par la déflagration, le marché russe ayant été carrément fermé. Que faut-il penser de cette suffisance des marchés d’actions alors que l’Europe tutoie le néant ?

Imaginons que les prix des actifs financiers nous disent quelque chose d’intelligent, on en déduit alors que les investisseurs ne semblent pas inquiets quant à l’évolution du conflit en cours. Certes, il y eut bien ce moment de stupeur au début du conflit, avec des marchés d’actions perdant près de – 10 % en une semaine. Puis très vite, les investisseurs ont décidé que les marchés n’iraient pas plus bas, rachetant les actifs financiers qu’ils avaient vendu. En clair, l’escalade n’a jamais semblé être le scénario retenu par les investisseurs. Pourquoi ?

Il ne faut jamais prêter une attention excessive à ce qui se cache dans le prix d’un actif financier. Les marchés sont un observatoire et non pas un conservatoire, on ne doit pas chercher à en déduire de grandes vérités à partir de grandes théories. Le risque de surinterprétation y est aussi fréquent que chez le critique d’art contemporain.

Il faut dire que l’on trouve de tout dans le prix d’un actif financier : des anticipations, des émotions, et bien entendu un peu beaucoup d’irrationalité. Dès lors, la résilience des marchés d’actions face à l’évènement reçoit plusieurs interprétations possibles : force tranquille du sachant, effroi de l’ignorant, hébétude de l’imbécile heureux. Difficile de choisir quel est le bon visage de l’investisseur. De la même façon, le visage du penseur laisse toujours planer un doute : est-il en train de méditer ou de somnoler ? Jules Renard avait bien une petite idée :

« il ne disait rien, mais on savait qu’il pensait des bêtises ».

Faisons l’hypothèse de l’investisseur qui pense. Celui qui fait des anticipations rationnelles par exemple, il ne connait pas la fin de l’histoire, mais il la déduit : « si l’on applique toutes ces sanctions économiques, la Russie va bien finir par plier, et le conflit sera terminé. » On a affaire alors à un investisseur de type Laplacien, qui prétend connaitre la trajectoire de la bourse de manière déterministe, juste parce qu’il connait les conditions initiales du problème. Cet investisseur déduit que l’escalade du conflit ne peut pas avoir lieu, car la Russie pliera avant. Fort de sa démonstration il anticipe alors que les marchés d’actions ne vont pas rester à peigner la girafe : les marchés doivent repartir vers le haut, ce qu’ils font effectivement.

Pas si naïf que cela en vérité. Il faut dire que la finance théorique propose un peu le même genre de raisonnement. En cas de crise sévère, l’investisseur serait fondé de vendre ses actions, car elles sont devenues extrêmement volatiles. Cela dit, il n’en vendra pas trop finalement, car la meilleure protection contre une baisse du marché… c’est de le détenir.

On ne rit pas, cette pirouette intellectuelle suppose que toute baisse du marché génère ce que l’on appelle des conditions favorables à son rebond (John Cochrane : Portfolios for long-term investors). Une crise fait baisser le prix courant, mais ne fait pas baisser le prix « final ». Ce prix final c’est celui qui reflète la valeur intrinsèque de l’action, sa vraie valeur en quelque sorte. Dès lors, vous produisez un potentiel de performance significatif entre le prix courant qui a baissé, et le prix final qui lui est resté stable. Il suffit juste d’être patient afin de laisser le temps au prix courant de converger vers le prix final, tout cela à condition bien entendu que la guerre totale n’ait pas lieu, sinon le prix courant n’aura jamais le temps de converger vers le prix final…

Ainsi donc, l’extrême complaisance des marchés d’actions face au tragique ne semble pouvoir se justifier que parce que le pire est écarté de l’horizon des possibles. Le pire ne peut advenir. Donc, il n’adviendra pas.

Mais l’Histoire de la finance n’est pas très sympathique avec l’argument de l’investisseur qui pense. Au mieux elle lui reconnaitra qu’il pense mal. Au pire, elle avancera que la probabilité de l’hypothèse de l’investisseur stupide « confine de façon extraordinaire à la certitude », pour paraphraser Orest Chwolson ce physicien russe des années 30. Plus élégamment, une autre Histoire de la finance se contentera de dire qu’il est bien difficile de séparer le bon grain de l’Ivrée : on ne sait pas si c’est l’investisseur qui est stupide, ou le modèle appliqué pour tester la stupidité de l’investisseur (tests d’hypothèses jointes).

Nous concernant, ces toutes dernières remarques signifient que la relative sérénité des marchés d’actions durant ce conflit ne peut être attribuée avec certitude à de l’hébétude de l’investisseur, mais que cela y ressemble quand même pas mal.

Cela dit, même si la confiance affichée par les marchés fait tiquer, on peut au moins leur reconnaitre une certaine forme de cohérence dans leurs propos. Ainsi, on remarquera que la hiérarchie des rendements observés sur les différentes classes d’actifs est assez cohérente avec l’intuition. Par exemple, les marchés d’actions américains se sont bien mieux comportés que les marchés européens davantage exposés au conflit. En termes de choix de valeurs, il y eut une préférence nette pour les valeurs de l’énergie (pétrole, gaz…) au détriment des valeurs bancaires et de l’automobile jugées les plus vulnérables. Enfin, les investisseurs ont cherché à se débarrasser de leurs obligations gouvernementales, dans un scénario où l’inflation galopante, la vraie cette fois, pouvait amener les Banques Centrales à durcir davantage leurs politiques monétaires.

Ainsi donc, à partir du moment où vous acceptez la prémisse de non fin du monde, tout le reste se déduit naturellement et semble assez cohérent. Faut-il accepter cette prémisse ? Oui, semble indiquer la relative sérénité affichée par les marchés. Mais comme nous l’avons vu, cette sérénité ressemble davantage à une opinion qu’à une réelle connaissance.

Une nuance dont le philosophe Theodor Adorno avait déjà relevé les méfaits :

« L’opinion s’approprie ce que la connaissance ne peut atteindre pour s’y substituer. Elle élimine de façon trompeuse le fossé entre le sujet connaissant et la réalité qui lui échappe ».

Edulcorants : Risques de cancer (Inserm)

Edulcorants : Risques de cancer  (Inserm)

Des chercheurs français ont mené une étude sur plus de 10 000 personnes entre 2009 et 2021. Celle-ci pointe les dangers liés à la consommation d’aspartame par exemple. (Franceinfo)

 

 

 

Ils donnent un petit goût sucré aux aliments, tout en permettant de réduire leur teneur en sucre ajouté. Les édulcorants sont consommés au quotidien par des millions de personnes. Mais sont-ils si bons pour la santé ? Non, à en croire une étude réalisée par des chercheurs de l’Inserm, de l’Inrae, du Cnam et de l’université Paris-Sorbonne. D’après leurs travaux, ces additifs alimentaires sont associés à un risque accru de cancers, notamment de cancer du sein et de cancers liés à l’obésité.

Les chercheurs ont analysé les données de santé et la consommation d’édulcorants de 102 865 Français et Françaises, participant à la vaste étude NutriNet-Santé. Les volontaires y ont renseigné leurs antécédents médicaux, leur activité physique, leur état de santé et leur mode de vie. Ils ont aussi entré les noms et marques des produits consommés. De quoi mesurer leur exposition aux additifs alimentaires et notamment aux édulcorants.

Le suivi débuté en 2009 a duré jusqu’en 2021. Les chercheurs ont enregistré les diagnostics de cancers rapportés au cours de cette période. Et ils ont fait une analyse statistique afin d’étudier le lien éventuel entre la consommation d’édulcorants et le risque de développer un cancer.

Les scientifiques ont constaté que, comparés aux personnes qui n’en consommaient pas, les plus gros consommateurs d’édulcorants, c’est-à-dire ceux au-delà de la médiane de consommation, avaient un risque plus élevé de 13% de développer un cancer, quel qu’en soit le type, en particulier avec l’aspartame et l’acésulfame K.

A ce jour, les apports en édulcorants à travers l’alimentation « proviennent à 53% de boissons édulcorées, à 29% des sucrettes ou édulcorants de table, à 8% des produits laitiers ou desserts lactés, parfois même d’aliments salés comme des chips », détaille Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm.

« L’étude quantifie pour la première fois dans le monde l’exposition aux édulcorants au global sur toute l’alimentation et par type de composant pour la mettre en relation avec le risque de maladie, souligne encore Mathilde Touvier, qui a coordonné l’étude. Jusqu’ici, les études étaient expérimentales, surtout sur des modèles animaux ou des cellules. »

Bien qu’il ne soit pas encore possible d’établir une relation de cause à effet directe,  »ces résultats ne soutiennent pas l’utilisation d’édulcorants en tant qu’alternatives sûres au sucre », prévient la chercheuse. Ces résultats, estime Mathilde Touvier, pourront servir à « la réévaluation en cours par l’Autorité européenne de sécurité des aliments et d’autres agences de santé publique dans le monde ».

 

Pas de risques de guerre totale ?

Pas de risques de   guerre totale ?

 

 

Depuis le 24 février, ce que nous racontent les marchés financiers peut paraitre anecdotique. Et en vérité, ça l’est. Que la bourse s’écroule ne devrait pas nous émouvoir. Mais, il se trouve que la bourse ne s’écroule pas. Karl Eychenne, stratégiste et économiste. reconnaît toutefois que cette relative sérénité repose davantage sur une opinion que sur une réelle connaissance.

 

En Europe, les marchés d’actions ont récupéré tout ou presque de ce qu’ils avaient perdu depuis le début du conflit. Aux États-Unis, c’est encore mieux puisque les marchés sont en hausse de près de 5 % depuis cette date. Finalement, seuls les marchés émergents semblent encore sonnés par la déflagration, le marché russe ayant été carrément fermé. Que faut-il penser de cette suffisance des marchés d’actions alors que l’Europe tutoie le néant ?

Imaginons que les prix des actifs financiers nous disent quelque chose d’intelligent, on en déduit alors que les investisseurs ne semblent pas inquiets quant à l’évolution du conflit en cours. Certes, il y eut bien ce moment de stupeur au début du conflit, avec des marchés d’actions perdant près de – 10 % en une semaine. Puis très vite, les investisseurs ont décidé que les marchés n’iraient pas plus bas, rachetant les actifs financiers qu’ils avaient vendu. En clair, l’escalade n’a jamais semblé être le scénario retenu par les investisseurs. Pourquoi ?

Il ne faut jamais prêter une attention excessive à ce qui se cache dans le prix d’un actif financier. Les marchés sont un observatoire et non pas un conservatoire, on ne doit pas chercher à en déduire de grandes vérités à partir de grandes théories. Le risque de surinterprétation y est aussi fréquent que chez le critique d’art contemporain.

Il faut dire que l’on trouve de tout dans le prix d’un actif financier : des anticipations, des émotions, et bien entendu un peu beaucoup d’irrationalité. Dès lors, la résilience des marchés d’actions face à l’évènement reçoit plusieurs interprétations possibles : force tranquille du sachant, effroi de l’ignorant, hébétude de l’imbécile heureux. Difficile de choisir quel est le bon visage de l’investisseur. De la même façon, le visage du penseur laisse toujours planer un doute : est-il en train de méditer ou de somnoler ? Jules Renard avait bien une petite idée :

« il ne disait rien, mais on savait qu’il pensait des bêtises ».

Faisons l’hypothèse de l’investisseur qui pense. Celui qui fait des anticipations rationnelles par exemple, il ne connait pas la fin de l’histoire, mais il la déduit : « si l’on applique toutes ces sanctions économiques, la Russie va bien finir par plier, et le conflit sera terminé. » On a affaire alors à un investisseur de type Laplacien, qui prétend connaitre la trajectoire de la bourse de manière déterministe, juste parce qu’il connait les conditions initiales du problème. Cet investisseur déduit que l’escalade du conflit ne peut pas avoir lieu, car la Russie pliera avant. Fort de sa démonstration il anticipe alors que les marchés d’actions ne vont pas rester à peigner la girafe : les marchés doivent repartir vers le haut, ce qu’ils font effectivement.

Pas si naïf que cela en vérité. Il faut dire que la finance théorique propose un peu le même genre de raisonnement. En cas de crise sévère, l’investisseur serait fondé de vendre ses actions, car elles sont devenues extrêmement volatiles. Cela dit, il n’en vendra pas trop finalement, car la meilleure protection contre une baisse du marché… c’est de le détenir.

On ne rit pas, cette pirouette intellectuelle suppose que toute baisse du marché génère ce que l’on appelle des conditions favorables à son rebond (John Cochrane : Portfolios for long-term investors). Une crise fait baisser le prix courant, mais ne fait pas baisser le prix « final ». Ce prix final c’est celui qui reflète la valeur intrinsèque de l’action, sa vraie valeur en quelque sorte. Dès lors, vous produisez un potentiel de performance significatif entre le prix courant qui a baissé, et le prix final qui lui est resté stable. Il suffit juste d’être patient afin de laisser le temps au prix courant de converger vers le prix final, tout cela à condition bien entendu que la guerre totale n’ait pas lieu, sinon le prix courant n’aura jamais le temps de converger vers le prix final…

Ainsi donc, l’extrême complaisance des marchés d’actions face au tragique ne semble pouvoir se justifier que parce que le pire est écarté de l’horizon des possibles. Le pire ne peut advenir. Donc, il n’adviendra pas.

Mais l’Histoire de la finance n’est pas très sympathique avec l’argument de l’investisseur qui pense. Au mieux elle lui reconnaitra qu’il pense mal. Au pire, elle avancera que la probabilité de l’hypothèse de l’investisseur stupide « confine de façon extraordinaire à la certitude », pour paraphraser Orest Chwolson ce physicien russe des années 30. Plus élégamment, une autre Histoire de la finance se contentera de dire qu’il est bien difficile de séparer le bon grain de l’Ivrée : on ne sait pas si c’est l’investisseur qui est stupide, ou le modèle appliqué pour tester la stupidité de l’investisseur (tests d’hypothèses jointes).

Nous concernant, ces toutes dernières remarques signifient que la relative sérénité des marchés d’actions durant ce conflit ne peut être attribuée avec certitude à de l’hébétude de l’investisseur, mais que cela y ressemble quand même pas mal.

Cela dit, même si la confiance affichée par les marchés fait tiquer, on peut au moins leur reconnaitre une certaine forme de cohérence dans leurs propos. Ainsi, on remarquera que la hiérarchie des rendements observés sur les différentes classes d’actifs est assez cohérente avec l’intuition. Par exemple, les marchés d’actions américains se sont bien mieux comportés que les marchés européens davantage exposés au conflit. En termes de choix de valeurs, il y eut une préférence nette pour les valeurs de l’énergie (pétrole, gaz…) au détriment des valeurs bancaires et de l’automobile jugées les plus vulnérables. Enfin, les investisseurs ont cherché à se débarrasser de leurs obligations gouvernementales, dans un scénario où l’inflation galopante, la vraie cette fois, pouvait amener les Banques Centrales à durcir davantage leurs politiques monétaires.

Ainsi donc, à partir du moment où vous acceptez la prémisse de non fin du monde, tout le reste se déduit naturellement et semble assez cohérent. Faut-il accepter cette prémisse ? Oui, semble indiquer la relative sérénité affichée par les marchés. Mais comme nous l’avons vu, cette sérénité ressemble davantage à une opinion qu’à une réelle connaissance.

Une nuance dont le philosophe Theodor Adorno avait déjà relevé les méfaits :

« L’opinion s’approprie ce que la connaissance ne peut atteindre pour s’y substituer. Elle élimine de façon trompeuse le fossé entre le sujet connaissant et la réalité qui lui échappe ».

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