Archive pour le Tag 'rien'

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Valls : un ton nouveau mais rien de nouveau sur le fond

Valls : un ton nouveau mais rien de nouveau sur le fond

Hormis l’annonce de la reforme administrative (mais  qui n’interviendra pas avant 2017 et 2021,   si le PS possède encore une majorité), pas grand-chose de nouveau chez Valls.  Juste une analyse plus lucide de la situation économique et sociale, une tonalité plus volontariste mais toujours le grand flou sur les financements. Bref la poursuite de la politique de Hollande. Déjà il faudrait trouver le bon adjectif : «  vallsiste  », «  vallsien  » ? Il n’existe pas encore. Son prédécesseur n’en avait pas… ça aurait pu être «  ayraultique  ».  Alors oui, il y a un style. Le résultat du vote de confiance – 306 voix – a validé une prestation très énergique, une fougue qui a dépoussiéré la trop grande tranquillité d’un Jean-Marc Ayrault qui s’était heurté à l’impatience des Français.  Le langage vérité du Premier ministre, son portrait d’une France qui souffre, son coup de pouce de 500 euros annuels pour les smicards, ses promesses de baisses de charges, d’allègements de dépenses publiques, de suppression du millefeuille territorial, son habileté à satisfaire chacune des composantes de la majorité lui ont permis de franchir l’obstacle. Même si personne ne sait, le jour d’après, comment sera financé le programme présidentiel. Mais Manuel Valls a fait preuve d’une belle énergie. C’est déjà ça. Demander à des parlementaires de tous bords, dont certains avaient le smartphone à la main dans l’hémicycle : « Que pensez-vous du discours que vous êtes en train d’écouter ? » Première réponse, celle de  Jean-Jacques Urvoas, membre de la garde rapprochée : « la confiance dans l’audace, l’efficacité dans la lisibilité de l’action, la vérité de l’engagement« . Bon, le patron de  la commission des lois est fan. Tout comme le député socialiste de Paris Jean-Marie le Guen, qui a vu « un Premier ministre engagé, républicain et patriote, empreint de gravité et d’émotion« . Noël Mamère, chez les écologistes, est plus sévère. Message bref : « c’est de la com« .  Les Verts demandent à voir, notamment sur le respect des engagements en matière de transition énergétique. L’opposition, elle aussi, s’est montrée critique, sans surprise. Jean-Christophe Lagarde a trouvé Manuel Valls «  autoritaire, cassant, trop pressé. Reste que ce type est doué« , a admis le député centriste. Et pour l’UMP Valérie Pécresse : « techno sur l’économie, fier sur le régalien« . Jean-Luc Mélenchon ne croit pas si bien dire : c’est vrai qu’il y avait quelques similitudes avec le Nicolas Sarkozy revendiquant jadis ses racines de «  petit Français au sang mêlé  », quand Manuel Valls a rappelé son origine espagnole et dit sa fierté d’être français… lui qui a convoqué, comme l’ancien président, Mendès-France, Jaurès ou De Gaulle, y ajoutant Clémenceau.  De son oral, nous retiendrons la passion, la flamme. Mais nous ne savons toujours pas comment seront financés les 50 milliards d’économies promis par le chef de l’Etat, une paille dans le grain. Réponse avant la fin du mois. L’heure de vérité approche.

 

Face à la crise européenne la BCE va décider de ne rien décider

Face à la crise européenne la BCE va décider de ne rien décider

Croissance atone, chômage de masse, risques de déflation, surévaluation de l’euro et pourtant la BCE va décider de ne rien décider ou pas grand-chose. Sûrement des promesses mas en fait le statu quo. Alors on verra sans doute après les européennes. Encore des mois de perdus ! « L’impression générale que donnent les commentaires des responsables de la BCE est qu’ils ne croient pas que la situation nécessite une action à ce stade », écrit-il dans une note.  Jonathan Loynes, de Capital Economics, juge également qu’ »il semble plus probable que la BCE veuille garder les munitions qu’il lui reste » pour plus tard, dans un contexte où la situation économique s’améliore comme elle le prévoyait.  Les prix ont baissé en Espagne en mars, pour la première fois depuis 2009, tandis que l’inflation a encore ralenti en Allemagne à 1%. Une première estimation pour la zone euro est attendue lundi alors qu’en février, la hausse des prix n’a été que de 0,7%, loin de l’objectif de la BCE de la maintenir proche de 2%.  Pour autant, « ce n’est pas la déflation qui arrive », estiment les économistes d’UBS qui s’attendent, comme la BCE, à ce que la croissance des prix se rapproche progressivement de la cible visée d’ici fin 2016.  Cette semaine, les membres de la BCE ont toutefois légèrement adouci leur discours, laissant entrevoir que l’institution monétaire pourrait en faire plus pour contrer tout risque d’apparition d’une baisse générale des prix néfaste pour l’activité économique.   »Il y a un risque de déflation » en zone euro et même s’ »il n’est pas élevé », la BCE « doit prendre des mesures pour anticiper cette possibilité, avec une politique monétaire encore plus accommodante », a déclaré Luis Maria Linde, gouverneur de la Banque d’Espagne et à ce titre membre du conseil des gouverneurs de la BCE.  Son homologue slovaque Josef Makuch a aussi expliqué que « plusieurs responsables (de la BCE) sont prêts à adopter des mesures non conventionnelles pour éviter de glisser dans un environnement déflationniste ».  Quant au président de la BCE, Mario Draghi, il a réaffirmé que la BCE ferait « ce qui est nécessaire pour maintenir la stabilité des prix » et se tenait « prête à prendre des mesures supplémentaires » si l’inflation ne remontait pas.  Il persiste toutefois à juger le risque de déflation « limité » tandis que le patron de la banque centrale allemande Jens Weidmann l’a considéré lui « très limité », estimant que « le cours actuel des choses ne nécessite pas de changement de politique monétaire ».  Le principal taux d’intérêt directeur de la BCE, baromètre du crédit en zone euro, est déjà à son niveau le plus faible historiquement, 0,25%, tandis que l’institution alimente les banques en liquidités illimitées et très bon marché dans l’espoir qu’elles prêtent davantage aux entreprises et ménages et soutiennent ainsi la croissance.  Les analystes d’UBS n’attendent en conséquence ni baisse de taux, ni rachats d’actifs ou injection de liquidités supplémentaires pour l’heure.  Pour Nikolaus Keis, économiste chez UniCredit, la question est désormais de savoir si la BCE va s’exprimer davantage sur le niveau élevé de l’euro, qui risque de pénaliser les exportations et de peser sur les prix.  Après une offensive mi-mars qui avait contribué à contenir la flambée de la monnaie unique, M. Draghi a répété mardi qu’il ne s’agissait « pas d’un objectif » de la politique monétaire de la BCE mais qu’ »il est très important pour la stabilité des prix et pour la croissance ».

 

Le vote blanc officiellement reconnu, mais ça ne changera rien !

Le vote blanc officiellement reconnu, mais ça ne changera rien !

Le vote blanc est reconnu mais ça ne changera rien aux résultats, la démocratie avance… au pas d’escargot.  Trente textes parlementaires déposés en vingt ans : c’est peu dire que la reconnaissance du vote blanc est un serpent de mer politique. Et pourtant… Cette fois semble la bonne : les sénateurs ont voté cet après-midi le même texte que celui adopté, en deuxième lecture, par les députés. La proposition de loi est donc définitivement adoptée. Le rapporteur du texte au Sénat, François Zocchetto (UDI), parle d’une « avancée dans la transparence de la vie démocratique, et qui répond aux attentes de nombreux Français depuis de nombreuses années ». Et de poursuivre : « Cette absence de reconnaissance de la voix de l’électeur qui se déplace pour accomplir son devoir civique était choquante en démocratie. Car voter blanc n’est pas nul. » Que dit-elle, cette loi ? A partir du 1er avril 2014, les bulletins nuls seront décomptés séparément des bulletins blancs. Mais les « blancs » ne seront pas pour autant comptabilisés dans les suffrages exprimés… ce qui enlève une grande portée au texte. Le 1er avril, ça marche donc pour les européennes, mais pas pour les municipales. Et ce n’est pas tout : le vote blanc ne sera reconnu ni aux élections présidentielles ni aux référendums locaux, parce qu’il faudrait une loi organique. Une loi qu’appelle de ses voeux François Zocchetto, avant la prochaine présidentielle.

Rupture Hollande Trierweiler : « Il ne faut rien exagérer. Ce n’est pas le 11-Septembre » (Ségolène Royal)

Rupture Hollande  Trierweiler : « Il ne faut rien exagérer. Ce n’est pas le 11-Septembre » (Ségolène Royal)

 

Dan son style très caractéristique Ségolène n’a pas pu s’empêcher de commenter la rupture entre Trierweilller et Hollande, toujours tout en nuance, avec  tact et  finesse ; bref avec ses gros sabots habituels.  Selon un indiscret paru dans Le Canard enchaîné, Ségolène Royal, l’ancienne compagne de François Hollande, a commenté avec ironie l’interview de Valérie Trierweiler dans Paris Match. L’ex-Première dame avait déclaré dans l’hebdomadaire : « Quand j’ai su, j’ai cru tomber d’un gratte-ciel. » Commentaire de la présidente de Poitou-Charentes à l’un de ses conseillers : « Il ne faut rien exagérer. Ce n’est quand même pas le 11-Septembre! ». Sans doute Ségolène avait-elle de bonnes raisons de se réjouir de cette rupture mais ses commentaires méprisants ne rehaussent pas Ségolène qui a fait de la suffisance hautaine et du dédain des vertus « royalistes » ; Elle  ne doute de rien, surtout pas delle –même (comme Hollande)  puisqu’elle revendique même un poste dans ce gouvernement aux abois. Certes Trierweilller ne s’était pas manifesté à Elysée par sa discrétion pour autant elle ne mérite sans doute pas de la part de Ségolène un traitement aussi dédaigneux. Ou quand la nullité politique rejoint la nullité des personnalités !

G8 : rien sur la Syrie, pas grand-chose sur l’évasion fiscale

G8 : rien sur la Syrie, pas grand-chose sur l’évasion fiscale

 

Pour la Syrie c’est clair, désaccord total. Pour l’évasion fiscale juste une échange de données qui évacuent deux aspects essentiels : l’harmonisation fiscale et les sociétés écrans dans les paradis fiscaux. Le groupe des huit pays les plus industrialisés s’est engagé mardi à renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et la fraude fiscale mais n’a annoncé que peu de mesures concrètes en ce sens. A l’issue d’un sommet de deux jours à Enniskillen, en Irlande du Nord, les dirigeants du G8 se sont mis d’accord sur une liste d’objectifs, notamment sur une plus grande transparence concernant les sociétés-écrans et sur le renforcement des échanges d’informations entre les services fiscaux des différents pays. Les Huit demandent aussi que les entreprises acceptent de fournir au fisc plus d’informations sur leurs bénéfices. Le communiqué final ne contient aucun engagement ferme en vue de créer des registres des véritables propriétaires de certaines entreprises, ce que voulait pourtant la Grande-Bretagne, hôte de ce sommet. Les Etats-Unis se sont engagés à lutter contre le recours frauduleux aux sociétés-écrans mais n’ont toujours pas pris de mesures concrètes à ce sujet. Dans certains Etats comme le Delaware, le problème est patent et a été soulevé par des défenseurs de la transparence financière. La Maison blanche a souligné qu’elle poursuivrait ses efforts en vue de mettre en place la législation la plus complète possible pour identifier les véritables propriétaires des sociétés-écrans. Gavin Hayman, responsable du groupe anti-corruption Global Witness, n’a pas caché son scepticisme. « Les Etats-Unis ont déjà promis ce genre de choses par le passé et on n’a pas vu grand-chose de concret », a-t-il dit. Des géants mondiaux comme Starbucks, Apple ou Amazon ont été critiqués ces derniers mois pour avoir, sans forcément enfreindre la loi, réduit considérablement les impôts qu’ils paient en Europe ou aux Etats-Unis, ce qui avait conduit le Premier ministre britannique David Cameron à inscrire ce sujet à l’ordre du jour du sommet. Le dossier sera également évoqué lors du sommet du G20 début septembre à Moscou et l’OCDE aura entre-temps présenté ses propositions en la matière. La proposition d’une « assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés » (ACCIS) reste ainsi à l’état de projet car plusieurs pays, dont l’Irlande, y voient le prélude à un taux unique d’imposition des bénéfices dans l’Union. Le commissaire européen Michel Barnier, chargé du marché intérieur et des services financiers, est favorable à l’instauration d’une obligation de déclaration des activités des entreprises pays par pays, déjà en vigueur pour les banques, une proposition défendue par une partie des députés européens et soutenue entre autres par les travaillistes en Grande-Bretagne.

 

G20 : rien sur la croissance, pas grand-chose sur les paradis fiscaux !

G20 : rien sur la croissance, pas grand-chose sur les paradis fiscaux !

Les grands argentiers des pays riches et émergents ne drevaient rien décider en matière de croisance mais espèrent en revanche progresser dans la lutte contre les paradis fiscaux à l’occasion de leur dîner de travail jeudi soir, qui sera suivi d’une réunion vendredi matin.  Plusieurs pays, dont la France et les Etats-Unis, veulent avancer sur l’échange automatique d’informations, seul moyen selon eux de lutter efficacement contre l’évasion fiscale. Ces échanges se font aujourd’hui « à la demande », uniquement en réponse à une requête officielle, ce qui est jugé largement insuffisant par certains Etats et les ONG engagés dans la lutte contre les paradis fiscaux.  L’OCDE présentera vendredi aux ministres du G20 un rapport préconisant de faire de cet échange automatique d’informations le nouveau « standard mondial » pour améliorer la transparence financière. Les Etats-Unis et plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, y sont favorables, mais il n’est pas sûr que le G20 leur emboîte le pas, selon une source européenne.  Mais c’est surtout le marasme en Europe qui inquiète les économies les plus importantes de la planète. Le ministre australien des Finances, Wayne Swan, a fustigé mercredi une « austérité stupide » en Europe qui pèse sur la relance de l’économie mondiale. La veille, les Etats-Unis s’étaient inquiétés d’une demande « anémique » dans la zone euro et d’une « fatigue de l’austérité » menaçant certains pays de la région engagés dans des plans d’assainissement budgétaire.  La zone euro, objet de toutes les inquiétudes depuis plus de trois ans, s’est défendue de ces critiques dans une tribune parue jeudi dans le New York Times et l’International Herald Tribune. La réponse de l’Europe à la crise « a porté ses fruits », assurent ainsi cinq responsables européens, dont Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe et Olli Rehn, commissaire européen en charge des Affaires économiques, présents cette semaine à Washington.  Le G20 n’en devrait pas moins confirmer les objectifs de réduction de moitié des déficits publics fixés en 2010 au sommet de Toronto pour l’horizon 2013.  Les ministres veulent maintenant examiner quelle suite ils entendent donner à cette stratégie de réduction de l’endettement pour les années à venir.  Certains préconisent de fixer à 90% du produit intérieur brut (PIB) le niveau souhaitable de la dette d’un pays, mais cet objectif chiffré recueille peu d’enthousiasme, y compris de la part de l’Allemagne. Berlin entend maintenir les objectifs de Toronto et avancer pour la suite, mais sans objectif chiffré, a indiqué cette semaine une source gouvernementale allemande.  Le marasme économique en Europe a une nouvelle fois contraint le Fonds monétaire international (FMI) à réviser à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour cette année, à 3,3% contre 3,5% anticipés en janvier.  Du coup, certains sont tentés de faire cavalier seul pour s’en sortir, à l’instar du Japon. Tokyo a récemment annoncé des mesures radicales dans l’espoir d’en finir avec la baisse des prix qui mine son économie depuis des années. Cette politique monétaire ultra accommodante, lancée par la Banque du Japon, a eu pour conséquence immédiate de faire fortement baisser le yen, au grand dam de ses partenaires, à commencer par les Etats-Unis.   »Il est impératif que tous les membres du G20 respectent leur récent engagement à ne pas cibler les taux de change de leur monnaie en vue d’en tirer un avantage concurrentiel », a ainsi rappelé mercredi le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew.

 

G 20 : pas grand chose à attendre sur la croissance et rien sur la guerre des monnaies

G 20 : pas grand chose à attendre sur la croissance et rien sur la guerre des monnaies

Le G20 risque de demeurer le « G vain » à propos de la croissance et de la guerre des monnaies. La Russie voudrait bien relancer cette machine au demeurant juridiquement informelle donc sans pouvoir de décision. Le FMI a de sons coté déclaré qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter; même son de cloche coté BCE qui ne veut pas intervenir ; du coup cela donne une légitimité aux interventions des Etats-Unis, du japon ou de la Chine qui veulent soutenir leurs exportations par une dépréciation de leur monnaie.  .La  Russie s’est assignée comme principale tâche de lancer, d’ici le sommet du G20 des 5 et 6 septembre à Saint-Pétersbourg, un « nouveau cycle de croissance », à travers des leviers comme l’investissement, la transparence ou une « véritable régulation ».  Le défi est de taille. En effet, l’économie peine toujours à se remettre de la tempête financière de 2008 et de la crise de la dette européenne, et le Fonds monétaire international (FMI) a dû revoir à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour cette année, à 3,5%.  Or, les marges de manœuvre pour relancer la machine sont très étroites dans les pays riches: les taux d’intérêt sont déjà au plus bas, et l’heure est à la rigueur budgétaire.  Dès lors, « la tentation augmente d’avoir recours à l’outil » des taux de change, au risque de déclencher une « guerre des monnaies », constate dans une note Marco Valli, économiste de la banque Unicredit. « Une hausse des exportations à la suite de la dépréciation de la devise est considérée comme la voie la plus directe vers cette croissance », renchérit Ad van Tiggelen, d’ING IM.  Ces craintes ont été ravivées par le Japon, qui vient de convaincre sa banque centrale de faire tourner la planche à billets pour soutenir l’économie nippone, un peu à la manière des Etats-Unis, coutumiers de cette politique.  Le virage nippon a pour conséquence de faire baisser rapidement le yen.  Le problème, c’est qu’il s’agit-là de décisions peu coopératives, à l’inverse même de l’esprit du G20 censé coordonner les politiques économiques mondiales.  Les appels se sont donc multipliés pour désamorcer les risques. Les Etats-Unis ont appelé lundi le G20 à « éviter les dévaluations compétitives » qui sont une « source de conflit », un message relayé le lendemain par la Commission européenne.   »Les taux de change ne doivent pas être manipulés », a prévenu pour sa part le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. Quant à la France, elle redoute que la zone euro, dont la banque centrale rechigne à créer de la monnaie pour soutenir l’économie, se retrouve isolée et en paye le prix en termes de croissance en raison d’un euro trop fort.  Face à une telle agitation, le G7 des principaux pays riches (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie) a publié mardi un communiqué censé déminer le terrain avant la réunion de Moscou.  Avec deux messages: les taux de change doivent être « déterminés par le marché » et « une volatilité excessive » nuit à l’économie. Mais ces déclarations ont fait l’objet d’interprétations diverses, sans réellement stabiliser le marché des changes.  Tokyo a laissé entendre que ses partenaires du G7 avaient dédouané sa politique, tandis qu’en Europe on assurait au contraire qu’il s’agissait d’un rappel à l’ordre adressé au Japon.  Le débat risque quoi qu’il en soit d’être relancé au sein du G20, où les pays émergents s’alarment depuis longtemps des conséquences des politiques monétaires des Etats les plus riches. La réunion de vendredi et samedi risque même d’être dominée par ce sujet.  Pour la première fois depuis longtemps, en effet, la zone euro et ses déboires « ne sont plus dans l’oeil du cyclone », selon l’expression d’un responsable européen.

 

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Industrie : Ayrault fait des constats mais rien sur le coût du travail, le problème essentiel

Industrie : Ayrault fait des constats mais rien sur le coût du travail, le problème essentiel

 

 

Le Premier ministre a cité peu de chiffres hier, mais quelques-uns ont claqué : «  En dix ans, la part de l’industrie dans la richesse produite en France a été divisée par deux, passant de 26 % à 13 % ». Si l’ampleur de cette chute ne se retrouve pas dans les chiffres de l’Insee, Jean-Marc Ayrault s’est inscrit dans la lignée de la précédente majorité : « Un pays qui n’a pas d’industrie est un pays qui n’a pas d’avenir », a-t-il jugé, ajoutant : «  Rien ne sera possible sans la croissance. »  Sur le chemin à faire pour « repositionner la France au meilleur niveau mondial », et alors que le gouvernement travaille à un plan d’urgence pour la filière automobile, Jean-Marc Ayrault n’a, en revanche, guère précisé son programme. « Comme dans d’autres pays européens, la spécialisation autour de créneaux porteurs, l’innovation, la valorisation de produits de qualité fonderont notre stratégie industrielle », a-t-il seulement indiqué, ajoutant que le gouvernement entend à cet effet « prendre appui sur le Commissariat général à l’investissement ». La finance, aussi, « sera mise au service de l’économie réelle » (la Banque publique d’investissement sera opérationnelle avant la fin de l’année). Et les PME, qui « doivent pouvoir profiter pleinement des commandes publiques », « ne peuvent pas supporter les mêmes taux d’imposition que les multinationales », a-t-il rappelé, tandis qu’il a promu « le juste échange » : « Nous avons, nous Européens, le droit de nous protéger de pratiques commerciales déloyales, d’exiger le respect des normes sociales ou environnementales et la réciprocité d’accès aux marchés. » Le Premier ministre a en revanche éludé le débat sur le coût du travail, confirmant seulement, mais en creux par l’abrogation de la hausse de TVA prévue en octobre, celle des baisses de charges votées par le précédent gouvernement. Aux entreprises qui s’inquiètent des transferts d’allégements de charges pour financer les contrats de génération, le Premier ministre a toutefois reconnu que « pour les travailleurs les moins qualifiés, la maîtrise du coût du travail reste un enjeu essentiel ». Alors que les hausses d’impôt présentées ce matin ciblent largement les entreprises (le Medef a regretté, hier, « l’absence de stratégie de baisse des prélèvements obligatoires sur les entreprises, qui seule permettra l’amélioration de la compétitivité de l’économie ». prennent « leurs responsabilités »

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