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Euro numérique : une révolution monétaire

Euro numérique : une révolution monétaire

Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière explique que l’euro numérique constituerait une révolution monétaire pour l’Europe ( la Tribune, extrait)

 

C’est quoi un euro numérique ?

« Le but de nos travaux est de veiller à ce qu’à l’ère numérique, les ménages et les entreprises aient toujours accès à la forme de monnaie la plus sûre : la monnaie de Banque centrale »Christine Lagarde, présidente de la BCE. L’euro numérique devrait être disponible entre 2023 et 2026. D’après la BCE, il serait le bienvenu dans les situations où les ménages et les entreprises ne souhaitent plus payer en espèces. Il éviterait aux européens d’utiliser des instruments de paiement numériques non émis et contrôlés par l’Europe.

Ce que l’euro numérique pourrait changer au quotidien

Cet euro digital serait une forme électronique de monnaie de la BCE. Il est envisagé que chaque européen puisse déposer directement cette monnaie auprès de la Banque centrale dont l’accès est jusqu’ici réservé aux banques commerciales. Les transactions seraient instantanées.

Ne nécessitant pas de règlement interbancaire l’euro digital sera disponible 24h/24 et 7j/7. Pour éviter la fuite des épargnants vers cette monnaie électronique, et échapper aux frais excessifs d’un compte de dépôt classique (2,4% par an), la BCE prévoit de limiter le nombre d’euros numériques que chacun pourrait placer chez elle. Reste que le risque pour la création d’une monnaie entièrement numérique est la traçabilité des transactions et l’anonymat.

La fuite en avant de la BCE depuis 2008

En 2008 face à la crise financière, la BCE a injecté 4.000 milliards d’euros de 2011 à 2017 qui représentent un tiers du PIB de la zone euro. Elle a abaissé son taux directeur à zéro et elle a acheté de la dette publique et privée. Pour la France il n’y a pas eu de ruissellement et plusieurs milliards d’euros se sont établis dans les pays d’Europe du Nord. En 10 ansla crise financière a coûté approximativement 1.541 milliards d’euros en termes de produit intérieur brut (PIB) selon les calculs d’Éric Dor, directeur des études économiques à IESEG School of Management.

Avec la propagation de la pandémie de la Covid en Europe, les Banques centrales ont abaissé leurs taux d’intérêts comme premier choc. Malheureusement pour l’Europe, le taux directeur de la BCE était déjà à zéro, pas moyen d’une nouvelle baisse. En 2020 pour contrer les effets de la Covid, la BCE a préféré lancer un nouveau programme de rachats de dette souveraine de 750 milliards d’euros baptisé Programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP). Le 4 juin 2020, le Conseil des gouverneurs de la BCE a de nouveau décidé d’augmenter l’enveloppe consacrée au programme PEPP, la portant à un total de 1.850 milliards d’euros.

Avec un rebond de l’inflation en zone euro et les taux d’emprunt des États en forte hausse, il y a une grande pression sur la BCE pour réduire son programme de rachat des dettes. Les politiques d’endettement de plusieurs pays européens, dont la France, sont tragiquement élevés. La BCE n’a plus beaucoup de moyens pour créer des liquidités. C’est le moment d’introduire l’euro digital et de recourir aux économies des ménages européens. Dans le cas contraire, les politiques d’austérité en Europe deviendraient inévitables au vu de la diminution des facilités.

Issu du traité de Rome de 1957, le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) interdit le financement monétaire des États par la BCE et limite le recours aux instruments de politique monétaire (article 123). La BCE ne peut pas financer directement les dettes publiques des États membres de la zone euro. D’après le traité de Rome il ne serait pas possible de forcer l’épargne privée à financer directement la croissance des dettes publiques. Mais voilà avec la pandémie, la France a déjà dévié ces règles

« L’ensemble constitué des banques commerciales et de la Banque centrale a donc recyclé l’épargne des ménages pour prêter à l’État« , explique Agnès Bénassy-Quéré, Chef économiste de la DG trésor

 La question qui se pose au vu de la situation actuelle : la BCE imagine-t-elle une nouvelle révolution monétaire qui sera proche du « Plan de Chicago » de 1936 ?

Il est peut-être déflationniste :

« En période d’expansion économique, la croissance est généralement accompagnée d’une augmentation de la masse monétaire, elle-même corrélée à l’inflation. En revanche, en période de contraction, telle que celle que nous avons traversée après 2008, la masse monétaire se resserre. Elle conduit, selon l’économiste américain Irving Fisher (1867-1947) à la déflation par la dette ».

Bruno Colmant, Membre de l’Académie Royale de Belgique. Les économistes à cette époque avaient imaginé un système de réserves obligatoires à 100% : tout ce qu’une banque commerciale peut récolter comme dépôts doit être intégralement entreposé à la Banque centrale.

Avec l’euro digital, il suffit que la BCE demande aux banques commerciales de déposer une fraction des épargnes des ménages en euro numérique sur leurs comptes à la BCE. Son passif va automatiquement augmenter. Ce passif pourra compenser de nouvelles dettes publiques qu’elle détiendrait à son actif. L’épargne des ménages européens financerait alors partiellement et directement l’endettement des États.

La France ne peut pas emprunter directement à la BCE, elle ne peut emprunter qu’aux banques commerciales. C’est la conséquence de la loi du 3 janvier 1973 ou celle de1993 après la loi sur l’indépendance de la Banque de France, votée dans le cadre de la transposition du traité de Maastricht dans la loi française. Le périmètre d’intervention de la BCE doit être clarifié. Avec le traité de Maastricht la BCE a un mandat principal : « maintenir la stabilité des prix » interprété par la BCE comme maîtriser l’inflation proche de, mais inférieure à 2%La BCE change son objectif après 18 ans et porte la cible de l’inflation à 2%. Il est très probable qu’en 2021 ce mandat ne puisse plus être assuré.

L’Europe doit répondre à la question : faut-il changer le mandat de la BCE ? L’euro numérique peut-il voir le jour sans remettre en question les traités de Rome et de Maastricht ?

Gabriel Gaspard

Environnement et Automobile : la révolution à l’envers !

Environnement et Automobile  : la révolution à l’envers !

Les transports sont responsables de 29 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. C’est, de loin, le secteur le plus polluant, devant l’agriculture (17 %) et l’industrie manufacturière (11 %). Pourtant l’évolution de l’industrie automobile est complètement contradictoire avec la préoccupation environnementale.

Alors qu’à juste titre nombre d’experts ne cessent  de s’alarmer sur l’évolution du climat le transport continue de polluer allègrement.

Pour autant concept des voitures ne cesse d’aller à l’inverse des préoccupations environnementales. Ainsi les voitures sont-elles de plus en plus inadaptées à leur seule fonction de mobilité. Par exemple, leur poids a augmenté de près de 60 % en 50 ans. Résultat le poids moyen d’une voiture est de 1,5  t pour transporter en moyenne 1,2 passagers soient moins de 100 kg. Un apport énergétique complètement anachronique.

En moyenne, une automobile a une durée de vie de 11 ans et effectue de l’ordre de 15 000 km chaque année. Soit finalement un parcours moyen très faible par jour de 40 km. Compte tenu  de sa lourdeur extrême, la voiture consomme en moyenne 7 l aux 100. On pourrait facilement réduire de moitié la consommation et autant les émissions polluantes notamment de carbone en diminuant le poids mort de la voiture de moitié soit 750 kg. Faut-il rappeler que la célèbres 2 CV Citroën ne pesaient qu’environ 500 kg et t pour une vitesse maximale largement suffisante pour nombre de déplacements de 110 km !

Le problème c’est que les industriels de l’automobile seraient alors contraints de baisser de presque de moitié le prix des voitures.

Au lieu de cela les industriels encombrent l’automobile de gadgets de toutes sortes qui justifient les prix. On prévoit que les équipements numériques de la voiture électrique représenteront 60 % du coût total. Une vraie folie évidemment. Aujourd’hui pour une voiture classique, il faut environ 1300 puces électroniques et trois fois plus pour une voiture électrique.

On objectera une voiture de 750 kg ne sera pas adaptée tous les voyages. Sans doute mais de nombreux de ménages possèdent  désormais deux véhicules et les véhicules plus lourds pourraient être réservés aux voyages les plus longs et aux charges les plus lourdes. La plupart  des véhicules se satisferait d’un poids de 750 kg, surtout pour faire 40 km en moyenne et transporter 1,2 passagers !

 

Les transports sont responsables de 29 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. C’est, de loin, le secteur le plus polluant, devant l’agriculture (17 %) et l’industrie manufacturière (11 %). Pourtant l’évolution de l’industrie automobile est complètement contradictoire avec la préoccupation environnementale.

Alors qu’à juste titre nombre d’experts ne cessent  de s’alarmer sur l’évolution du climat le transport continue de polluer allègrement.

Pour autant concept des voitures ne cesse d’aller à l’inverse des préoccupations environnementales. Ainsi les voitures sont-elles de plus en plus inadaptées à leur seule fonction de mobilité. Par exemple, leur poids a augmenté de près de 60 % en 50 ans. Résultat le poids moyen d’une voiture est de 1,5  t pour transporter en moyenne 1,2 passagers soient moins de 100 kg. Un apport énergétique complètement anachronique.

En moyenne, une automobile a une durée de vie de 11 ans et effectue de l’ordre de 15 000 km chaque année. Soit finalement un parcours moyen très faible par jour de 40 km. Compte tenu  de sa lourdeur extrême, la voiture consomme en moyenne 7 l aux 100. On pourrait facilement réduire de moitié la consommation et autant les émissions polluantes notamment de carbone en diminuant le poids mort de la voiture de moitié soit 750 kg. Faut-il rappeler que la célèbres 2 CV Citroën ne pesaient qu’environ 500 kg et t pour une vitesse maximale largement suffisante pour nombre de déplacements de 110 km/h ! la 4L Renault quaq  à elle peser entre 500 et 700 kilos pour une vitesse de 120 km/h.

Le problème, c’est que les industriels de l’automobile seraient alors contraints de baisser de presque de moitié le prix des voitures.

Au lieu de cela les industriels encombrent l’automobile de gadgets de toutes sortes qui justifient les prix. On prévoit que les équipements numériques de la voiture électrique représenteront 60 % du coût total. Une vraie folie évidemment. Aujourd’hui pour une voiture classique, il faut environ 1300 puces électroniques et trois fois plus pour une voiture électrique.

On objectera une voiture de 750 kg ne sera pas adaptée tous les voyages. Sans doute mais de nombreux de ménages possèdent  désormais deux véhicules et les véhicules plus lourds pourraient être réservés aux voyages les plus longs et aux charges les plus lourdes. La plupart  des véhicules se satisferait d’un poids de 750 kg, surtout pour faire 40 km en moyenne et transporter 1,2 passagers !

 

Environnement et Automobile : la révolution à l’envers !

Environnement et Automobile  : la révolution à l’envers !

Les transports sont responsables de 29 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. C’est, de loin, le secteur le plus polluant, devant l’agriculture (17 %) et l’industrie manufacturière (11 %). Pourtant l’évolution de l’industrie automobile est complètement contradictoire avec la préoccupation environnementale.

Alors qu’à juste titre nombre d’experts ne cessent  de s’alarmer sur l’évolution du climat le transport continue de polluer allègrement.

Pour autant concept des voitures ne cesse d’aller à l’inverse des préoccupations environnementales. Ainsi les voitures sont-elles de plus en plus inadaptées à leur seule fonction de mobilité. Par exemple, leur poids a augmenté de près de 60 % en 50 ans. Résultat le poids moyen d’une voiture est de 1,5  t pour transporter en moyenne 1,2 passagers soient moins de 100 kg. Un apport énergétique complètement anachronique.

En moyenne, une automobile a une durée de vie de 11 ans et effectue de l’ordre de 15 000 km chaque année. Soit finalement un parcours moyen très faible par jour de 40 km. Compte tenu  de sa lourdeur extrême, la voiture consomme en moyenne 7 l aux 100. On pourrait facilement réduire de moitié la consommation et autant les émissions polluantes notamment de carbone en diminuant le poids mort de la voiture de moitié soit 750 kg. Faut-il rappeler que la célèbres 2 CV Citroën ne pesaient qu’environ 500 kg et t pour une vitesse maximale largement suffisante pour nombre de déplacements de 110 km !

Le problème c’est que les industriels de l’automobile seraient alors contraints de baisser de presque de moitié le prix des voitures.

Au lieu de cela les industriels encombrent l’automobile de gadgets de toutes sortes qui justifient les prix. On prévoit que les équipements numériques de la voiture électrique représenteront 60 % du coût total. Une vraie folie évidemment. Aujourd’hui pour une voiture classique, il faut environ 1300 puces électroniques et trois fois plus pour une voiture électrique.

On objectera une voiture de 750 kg ne sera pas adaptée tous les voyages. Sans doute mais de nombreux de ménages possèdent  désormais deux véhicules et les véhicules plus lourds pourraient être réservés aux voyages les plus longs et aux charges les plus lourdes. La plupart  des véhicules se satisferait d’un poids de 750 kg, surtout pour faire 40 km en moyenne et transporter 1,2 passagers !

 

Les transports sont responsables de 29 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. C’est, de loin, le secteur le plus polluant, devant l’agriculture (17 %) et l’industrie manufacturière (11 %). Pourtant l’évolution de l’industrie automobile est complètement contradictoire avec la préoccupation environnementale.

Alors qu’à juste titre nombre d’experts ne cessent  de s’alarmer sur l’évolution du climat le transport continue de polluer allègrement.

Pour autant concept des voitures ne cesse d’aller à l’inverse des préoccupations environnementales. Ainsi les voitures sont-elles de plus en plus inadaptées à leur seule fonction de mobilité. Par exemple, leur poids a augmenté de près de 60 % en 50 ans. Résultat le poids moyen d’une voiture est de 1,5  t pour transporter en moyenne 1,2 passagers soient moins de 100 kg. Un apport énergétique complètement anachronique.

En moyenne, une automobile a une durée de vie de 11 ans et effectue de l’ordre de 15 000 km chaque année. Soit finalement un parcours moyen très faible par jour de 40 km. Compte tenu  de sa lourdeur extrême, la voiture consomme en moyenne 7 l aux 100. On pourrait facilement réduire de moitié la consommation et autant les émissions polluantes notamment de carbone en diminuant le poids mort de la voiture de moitié soit 750 kg. Faut-il rappeler que la célèbres 2 CV Citroën ne pesaient qu’environ 500 kg et t pour une vitesse maximale largement suffisante pour nombre de déplacements de 110 km/h ! la 4L Renault quaq  à elle peser entre 500 et 700 kilos pour une vitesse de 120 km/h.

Le problème, c’est que les industriels de l’automobile seraient alors contraints de baisser de presque de moitié le prix des voitures.

Au lieu de cela les industriels encombrent l’automobile de gadgets de toutes sortes qui justifient les prix. On prévoit que les équipements numériques de la voiture électrique représenteront 60 % du coût total. Une vraie folie évidemment. Aujourd’hui pour une voiture classique, il faut environ 1300 puces électroniques et trois fois plus pour une voiture électrique.

On objectera une voiture de 750 kg ne sera pas adaptée tous les voyages. Sans doute mais de nombreux de ménages possèdent  désormais deux véhicules et les véhicules plus lourds pourraient être réservés aux voyages les plus longs et aux charges les plus lourdes. La plupart  des véhicules se satisferait d’un poids de 750 kg, surtout pour faire 40 km en moyenne et transporter 1,2 passagers !

 

Environnement et transport : la révolution à l’envers de l’automobile !

Environnement et transport  : la révolution à l’envers de l’automobile ! 

Les transports sont responsables de 29 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. C’est, de loin, le secteur le plus polluant, devant l’agriculture (17 %) et l’industrie manufacturière (11 %). Pourtant l’évolution de l’industrie automobile est complètement contradictoire avec la préoccupation environnementale.

Alors qu’à juste titre nombre d’experts ne cessent  de s’alarmer sur l’évolution du climat le transport continue de polluer allègrement.

Pour autant concept des voitures ne cesse d’aller à l’inverse des préoccupations environnementales. Ainsi les voitures sont-elles de plus en plus inadaptées à leur seule fonction de mobilité. Par exemple, leur poids a augmenté de près de 60 % en 50 ans. Résultat le poids moyen d’une voiture est de 1,5  t pour transporter en moyenne 1,2 passagers soient moins de 100 kg. Un apport énergétique complètement anachronique.

En moyenne, une automobile a une durée de vie de 11 ans et effectue de l’ordre de 15 000 km chaque année. Soit finalement un parcours moyen très faible par jour de 40 km. Compte tenu  de sa lourdeur extrême, la voiture consomme en moyenne 7 l aux 100. On pourrait facilement réduire de moitié la consommation et autant les émissions polluantes notamment de carbone en diminuant le poids mort de la voiture de moitié soit 750 kg. Faut-il rappeler que la célèbres 2 CV Citroën ne pesaient qu’environ 500 kg et t pour une vitesse maximale largement suffisante pour nombre de déplacements de 110 km !

Le problème c’est que les industriels de l’automobile seraient alors contraints de baisser de presque de moitié le prix des voitures.

Au lieu de cela les industriels encombrent l’automobile de gadgets de toutes sortes qui justifient les prix. On prévoit que les équipements numériques de la voiture électrique représenteront 60 % du coût total. Une vraie folie évidemment. Aujourd’hui pour une voiture classique, il faut environ 1300 puces électroniques et trois fois plus pour une voiture électrique.

On objectera une voiture de 750 kg ne sera pas adaptée tous les voyages. Sans doute mais de nombreux de ménages possèdent  désormais deux véhicules et les véhicules plus lourds pourraient être réservés aux voyages les plus longs et aux charges les plus lourdes. La plupart  des véhicules se satisferait d’un poids de 750 kg, surtout pour faire 40 km en moyenne et transporter 1,2 passagers !

 

Environnement : la révolution à l’envers de l’automobile !

Environnement  : la révolution à l’envers de l’automobile ! 

Les transports sont responsables de 29 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. C’est, de loin, le secteur le plus polluant, devant l’agriculture (17 %) et l’industrie manufacturière (11 %). Pourtant l’évolution de l’industrie automobile est complètement contradictoire avec la préoccupation environnementale.

Alors qu’à juste titre nombre d’experts ne cessent  de s’alarmer sur l’évolution du climat le transport continue de polluer allègrement.

Pour autant concept des voitures ne cesse d’aller à l’inverse des préoccupations environnementales. Ainsi les voitures sont-elles de plus en plus inadaptées à leur seule fonction de mobilité. Par exemple, leur poids a augmenté de près de 60 % en 50 ans. Résultat le poids moyen d’une voiture est de 1,5  t pour transporter en moyenne 1,2 passagers soient moins de 100 kg. Un apport énergétique complètement anachronique.

En moyenne, une automobile a une durée de vie de 11 ans et effectue de l’ordre de 15 000 km chaque année. Soit finalement un parcours moyen très faible par jour de 40 km. Compte tenu  de sa lourdeur extrême, la voiture consomme en moyenne 7 l aux 100. On pourrait facilement réduire de moitié la consommation et autant les émissions polluantes notamment de carbone en diminuant le poids mort de la voiture de moitié soit 750 kg.

Le problème c’est que les industriels de l’automobile seraient alors contraints de baisser de presque de moitié le prix des voitures.

Au lieu de cela les industriels encombrent l’automobile de gadgets de toutes sortes qui justifient les prix. On prévoit que les équipements numériques de la voiture électrique représenteront 60 % du coût total. Une vraie folie évidemment. On objectera une voiture de 750 kg ne sera pas adaptée tous les voyages. Sans doute mais de nombreux de ménages possèdent  désormais deux véhicules et les véhicules plus lourds pourraient être réservés aux voyages les plus longs et aux charges les plus lourdes. La plupart  des véhicules se satisferait d’un poids de 750 kg, surtout pour faire 40 km en moyenne et transporter 1,2 passagers !

 

Développement des algorithmes : Révolution économique ou éthique ?

 Développement des algorithmes : Révolution économique ou éthique ?

 

Un papier dans la Tribune pose la problématique de l’influence des algorithmes qui poseraient davantage de problèmes éthiques économiques (Extrait)

 

Une des craintes est que la robotisation rapide débouche sur un chômage massif. Or ce n’est pas ce qui est constaté. Certes, des métiers pénibles et répétitifs vont être supprimés, mais la robotisation permet aussi d’augmenter la productivité et de réduire les coûts, et crée aussi de nouveaux emplois que l’on ne soupçonnait pas. Le seul risque, important, est d’accroître les inégalités entre les travailleurs sous-qualifiés – les plus exposés – et ceux qui sont bien formés. Le Japon, Singapour et la Corée du Sud, qui comptent parmi les pays qui en pointe dans la robotisation, n’ont pas de taux de chômage élevés.

Pour autant, les investissements publics dans cette numérisation vont davantage compenser le ralentissement mis sur ce secteur durant la pandémie, comme l’indique la baisse de 5,5% des ventes en 2020 de l’entreprise américaine Rockwell Automation, qui compte parmi les premiers fournisseurs mondiaux de robots.

La pandémie aura aussi montré tout l’intérêt d’avoir des robots pour réaliser certaines tâches en offrant une protection sanitaire durant ce type de crise, les robots à la différence des êtres humains ne propageant pas le virus.

C’est d’ailleurs à partir d’un tel exemple que le philosophe franco-canadien Martin Gibert, chercheur au Centre de recherche en éthique (CRÉ) et à l’Institut de valorisation des données (IVADO) à Montréal soulève les problèmes posés par le développement des algorithmes est éthique avant d’être économique.

Dans son ouvrage, « Faire la morale aux robots » (éd. Flammarion) (1), il part de l’hypothèse d’un monde qui aurait possédé une super IA qui, durant la crise sanitaire, aurait eu accès à toutes les données de tous les comportements en simultané. Cette IA aurait évalué le niveau de risque de la situation et pu en anticiper l’évolution. Nos gouvernants auraient ainsi pu prendre des décisions en connaissance de cause, et probablement sauvé des milliers de vies. Mais cette intrusion dans nos vies privées ne pose-t-elle pas une atteinte à notre intégrité?

Dans son ouvrage, Martin Gibert clarifie les termes du débat, en distinguant deux aspects de la question. Aujourd’hui, le débat éthique sur l’intelligence artificielle (IA) reste souvent cantonné au fait de savoir s’il faut accepter ou non des systèmes commandés par l’IA qui sont bons pour nous. Or il faudrait plutôt se demander dans le cadre d’une éthique des algorithmes quelle est la bonne manière de programmer les machines ou les robots, alors même que les avancées en matière d’IA sont en train de remettre en cause bien des présupposés, et posent de nouveaux problèmes. Au terme d’une argumentation rigoureuse, Martin Gibert défend une éthique de la vertu, comme étant la plus à même de répondre à ces défis car « ce n’est pas demain la veille qu’on pourra se défausser sur des machines de notre responsabilité politique et morale. »

C’est dans une optique similaire que deux ingénieurs proposent de voir dans la révolution numérique l’occasion de « rendre l’intelligence artificielle robuste », sous-titre de l’ouvrage de Lê Nguyên Hoang et El Mahdi El Mhamdi, intitulé « Le fabuleux chantier » (2). Comme ils le soulignent, la « révolution algorithmique » a cette particularité après l’invention du langage et de l’imprimerie d’accentuer l’externalisation de l’information dont se servent les individus. Or, ce qui est encore aujourd’hui difficile à appréhender, ce sont les effets secondaires de ces possibilités inédites, notamment en matière de science, de santé et de protection de l’environnement. Comme on le voit par exemple avec l’utilisation des réseaux sociaux dans le débat public, ce n’est pas toujours la qualité du savoir qui est mise en avant mais davantage certains travers, comme la circulation d’idées fausses qui répétées ad nauseam conduisent à une vision biaisée du monde, à l’instar de la pensée complotiste.

Dans leur livre foisonnant d’exemples et d’initiatives, Lê Nguyên Hoang et El Mahdi El Mhamdi plaident eux aussi pour une prise en compte des enjeux éthiques, c’est-à-dire en posant des fins. Ils suggèrent nombre de pistes qui intègrent ces aspects en prenant en compte les limites et les vulnérabilités des algorithmes, dans le but de rendre le traitement de l’information « robustement bénéfique » pour le plus grand nombre, en s’inspirant notamment de la notion d’« altruisme efficace », conceptualisé par le philosophe australien Peter Singer. Un défi que l’un des auteurs, El Mahdi El Mhamdi, peut depuis la publication de l’ouvrage tester dans la réalité, puisqu’il a été recruté par Google pour plancher sur ce sujet en intégrant le projet de recherche Google Brain en Europe sur le deep learning.

 

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(1) Martin Gibert, « Faire la morale aux robots », éditions Flammarion, collection Climats, 168 pages, 17 euros.

(2) Lê Nguyên Hoang et El Mahdi El Mhamdi « Le fabuleux chantier », éditions EDP Sciences, 296 pages, 39 euros.

Airbus : révolution et relocalisation de la production

Airbus : révolution et relocalisation de la production

 

Deux raisons sans doute à la petite révolution engagée Airbus pour réorganiser le processus d’une production éclatée au plan international. D’une part la pénurie de certaines pièces indispensables, aussi la nécessité de relocaliser en tout cas de mieux maîtriser une production très éparpillée.

La fabrication de jets commerciaux d’Airbus est répartie sur une douzaine d’usines ou plus en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne, avec des avant-postes d’assemblage final en Chine et aux États-Unis.

La société a traditionnellement été contrainte de répondre aux demandes politiques de ses principaux bailleurs de fonds européens pour protéger les sites de fabrication dans le cadre d’accords datant de plusieurs décennies.

Mais la crise des coronavirus l’a contraint à réduire ses coûts tout en lui donnant la possibilité de se réorganiser à un moment où la production est 40% plus lente que d’habitude en raison de la baisse de la demande de transport aérien.

«Nous sommes en train de revoir différentes structures de propriété pour identifier la meilleure solution possible», a déclaré un porte-parole, faisant référence à la nouvelle spin-off des pièces de détail basée en Allemagne.

Ces pièces peuvent aller de petits articles génériques comme des supports métalliques coûtant quelques dollars à des articles usinés complexes coûtant des dizaines de milliers, tels que ceux fabriqués dans l’usine hautement automatisée de Varel en Allemagne.

La nouvelle spin-off comprend également une partie de l’usine d’Augsbourg en Allemagne et de l’usine de Brasov en Roumanie.

Le bouleversement intervient deux mois après que le directeur général Guillaume Faury a déclaré que les aérostructures, qui comprennent la fabrication de pièces de fuselage, étaient «essentielles».

Autrefois considérées comme l’extrémité la moins précieuse du spectre aérospatial, les aérostructures sont considérées comme vitales pour les conceptions aérodynamiquement complexes et décarbonées du futur.

La refonte trace une ligne dans le cadre des efforts de vente de l’ensemble de Stelia et PremiumAerotec – tous deux élaborés en 2009 dans le cadre d’un plan de restructuration appelé Power8. Les espoirs de vente initiaux ont été anéantis par la crise financière et peu d’acheteurs sont apparus depuis.

Cependant, certaines sources de l’industrie ont noté qu’Airbus avait renoncé à examiner l’usine de Brême en Allemagne, dont l’avenir fait depuis longtemps l’objet de débats internes car il gère les travaux d’aile d’avions chevauchant les opérations en Grande-Bretagne.

Stelia et PremiumAerotec réalisent un chiffre d’affaires combiné de 3,6 milliards d’euros et 15 000 collaborateurs. Les ramener sous le contrôle direct d’Airbus pourrait entraîner des coûts et des investissements importants, a écrit l’analyste de Jefferies Sandy Morris.

Le nouveau plan industriel, qui coïncide avec une restructuration plus large impliquant jusqu’à 15000 emplois principaux d’Airbus déclenchée par la pandémie de coronavirus, fait l’objet de discussions avec les syndicats.

Il entrera en vigueur au début de l’année prochaine et sa mise en œuvre sera une priorité pour le nouveau chef des opérations de la société, Alberto Gutierrez, qui a cessé de diriger l’activité des avions militaires lors d’un remaniement la semaine dernière.

Les discussions se poursuivent sur les opérations de fabrication en Espagne, qui a été durement touchée par l’arrêt de la production du superjumbo A380 et une baisse de la demande d’avions gros porteurs.

Entrée en Bourse de Coinbase une, révolution ?

Entrée en Bourse de Coinbase  une, révolution ?

Sur France Info on s’interroge sur le caractère révolutionnaire de l’entrée en bourse de Coinbase plate-forme de cryptomonnaie.  En fait de révolution, il s’agit d’une tentative quantitativement cependant modeste de substituer une monnaie virtuelle aux monnaies traditionnelles. Une tentative qui sera forcément régulée par les banques centrales qui ne peuvent laisser les pays abandonner leur souveraineté essentielle dans ce domaine.

Notons en outre que faute d’être institutionnalisé pour l’instant, les cryptomonnaies  affichent une valeur tout à fait virtuel ne reposant sur aucun actif et que leur  révolution découle essentiellement de la spéculation.

L’ascension de l’entreprise américaine Coinbase est aussi fulgurante que le bitcoin. Fondée en 2012 par Fred Ehrsam et Brian Armstrong, la plateforme est devenue un poids lourd en misant sur les cryptomonnaies, dont l’utilisation a explosé au début des années 2010. Coinbase, qui permet d’acheter et de vendre une cinquantaine de cryptomonnaies dont le bitcoin et l’ethereum, revendique 56 millions d’utilisateurs et s’enrichit sur les transactions de ses utilisateurs grâce aux frais de transactions. « C’est du trading de cryptomonnaies », explique Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’université de Lille. Coinbase assure ainsi le stockage des cryptodevises et promet à ses utilisateurs un niveau de sécurité élevé grâce notamment à des serveurs « hors-ligne » déconnectés d’internet. Le but ? Éviter les piratages.

La compagnie a profité de l’ascension fulgurante du bitcoin, dont la valeur est passée de 6 500 dollars en avril 2020 à près de 62 000 dollars ces derniers jours, pour devenir une référence. Jusqu’à être la première entreprise de cryptomonnaies à faire une entrée fracassante sur une place boursière américaine. Pour sa toute première cotation sur le marché boursier Nasdaq, l’action de Coinbase a terminé à 328,28 dollars, mercredi, alors que le groupe américain a été valorisé à 86 milliards de dollars, effaçant ainsi des tablettes le record de 81 milliards établi par Facebook en 2012.

Révolution, bascule de la finance dans le numérique, nouvelle ère : l’arrivée en Bourse d’une plateforme de cryptomonnaies a été largement commentée. « Certains la comparent à l’entrée en Bourse du navigateur Netscape dans les années 1990 [qui a popularisé le web grâce à ses logiciels]« , explique Alexandre Delaigue à franceinfo. « C’est une fantaisie pour certains, alors que d’autres y voient le début d’un changement majeur qui touchera les systèmes monétaires et financiers », poursuit le professeur d’économie à l’université de Lille. L’entrée en Bourse de Coinbase symbolise quand même une petite bascule pour l’économie mondiale, dont les devises virtuelles font désormais partie intégrante.

« C’est une étape de plus dans la normalisation des cryptomonnaies. Cette entrée en Bourse participe à faire entrer la cryptomonnaie dans le paysage de l’économie normale. »Alexandre Delaigue, professeur d’économie à franceinfo

A ses yeux, l’entrée en Bourse de Coinbase est surtout la conséquence de la bonne santé des cryptomonnaies, une sorte « d’aboutissement ». Et une manière, peut-être, de démocratiser l’utilisation de ces nouvelles monnaies, principalement utilisées par des amateurs de trading, des banques et des institutions financières. « Ça ne changera rien pour ceux qui font du trading. Cela accompagne le processus de normalisation important pour l’essor des cryptomonnaies, dont la valeur ne dépend que de leur capacité à être utilisées et acceptées », ajoute Alexandre Delaigue. Ainsi, Coinbase revendique actuellement 43 millions d’utilisateurs dans une centaine de pays.

 

Si la conjoncture semble favorable à Coinbase et aux cryptomonnaies, la prudence reste toutefois de mise vis-à-vis de l’avenir de ce marché incarné par l’entreprise américaine. En cause : le caractère fluctuant et volatile des cryptomonnaies, parfois qualifiées de bulle spéculative, ainsi que la réputation de ces devises virtuelles auprès des législateurs.

« La vraie question est de savoir si toute cette valorisation sera durable, notamment à cause du nombre important de gouvernements qui ne sont pas vraiment enchantés par les cryptomonnaies, explique Michael Hewson, analyste en chef chez CMC Markets UK, cité par l’AFP. Il y a des réticences parce que la culture de la cryptomonnaie présente une dimension anti-système, mais Coinbase ne l’est pas. L’entreprise veut plutôt faire entrer la cryptomonnaie dans le système.

Le chef des Gardiens de la révolution iraniens sanctionné par l’union économique

Le chef des Gardiens de la révolution iraniens sanctionné par l’union économique

L’union économique a décidé de sanctionner Hossein Salami, chef des Gardiens de la révolution, la force de sécurité la plus puissante et la plus lourdement armée de la République islamique.

« Hossein Salami a participé aux réunions qui ont abouti aux ordres de recourir à la force létale pour réprimer les manifestations de novembre 2019. Par conséquent, Hossein Salami porte la responsabilité de graves violations des droits de l’homme en Iran », est-il écrit dans le Journal officiel de l’UE.

Parmi les autres personnes visées par les sanctions de l’UE, qui entrent en vigueur lundi, figurent des membres de l’organisation Basij, qui est placée sous le commandement des Gardiens de la révolution, et son chef, Gholamreza Soleimani.

Des diplomates ont déclaré que ces sanctions étaient sans rapport avec les efforts visant à relancer l’accord nucléaire.Officiellement non, mais officieusement !

 

 

« Ne pas craindre la révolution numérique »

 « Ne  pas craindre la révolution numérique »

À l’occasion de la révolution numérique, Bernard Abate , haut fonctionnaire honoraire au ministère de l’Economie et des finances évoque les révolutions qui ont transformé le travail. (Interview dans l’opinion)

A-t-on raison de s’inquiéter du possible remplacement des hommes par des machines intelligentes, et de la mise au chômage dune partie de la population ?

Dans le passé, chaque vague d’innovation technologique a suscité la même interrogation, sans que jamais les populations ne soient durablement mises au chômage. Quand, par exemple, les machines à filer et à tisser ont remplacé les tisserands, il a fallu des mécaniciens pour les actionner et surtout les gens se sont mieux vêtus, la demande d’habillement a explosé. La situation sera-t-elle la même avec les nouvelles technologies ? Pas forcément. D’une part, parce que nous sommes arrivés au bout d’un cycle historique où les innovations ouvraient de nouveaux marchés à mesure que la technique s’emparait de nouveaux domaines d’activité : l’industrie, les transports, l’agriculture, les services, les travaux de bureau… Il n’y a plus guère de domaines à conquérir. D’autre part, parce que ce modèle de croissance quantitative de la consommation est remis en question par la crise écologique. Cependant, la révolution numérique porte en elle un nouveau type de croissance, qualitative cette fois. Le progrès ne consistera plus à étendre la technique à de nouveaux domaines d’activité mais à accroître la valeur ajoutée de tous les travaux, en apportant plus de qualité, plus d’individualisation des services, ce qui suscitera plus de demande et donc plus d’emploi pour la satisfaire.

Qu’est-ce qui vous fait penser qu’à l’avenir le travail sera plus valorisant pour les travailleurs ?

Pour la première fois dans l’histoire du travail, le numérique offre aujourd’hui une possibilité de réconciliation entre concentration des connaissances et appel à l’intelligence individuelle. Deux choses qui avaient été séparées par l’arrivée de la technique et des machines dans notre travail. Derrière son ordinateur et grâce au réseau numérique planétaire, le travailleur a accès à une prodigieuse quantité d’informations et d’outils de travail. Il établit des collaborations directes en ayant moins besoin de l’organisation verticale de l’entreprise. Il gagne en autonomie, tout en bénéficiant du capital collectif logé dans les plateformes et les systèmes d’intelligence artificielle. Le numérique permettra à l’homme de retrouver l’intelligence de son travail. Evidemment, le potentiel de concentration plus forte apporté par le numérique pousse, en sens inverse, vers des systèmes fermés et vers la formation de monopoles. Cependant, nous observons déjà la réussite spectaculaire de formes d’organisations plus ouvertes, par exemple avec Wikipedia ou les logiciels libres. Les grandes organisations aussi se transforment, en faisant appel au travail indépendant, en essayant de faire fonctionner en leur sein des réseaux coopératifs et des unités qui imitent le style de travail des start-up. Il est difficile de prédire à quoi ressembleront les nouvelles formes d’organisation sociale du travail dans vingt-cinq ans. Nous ne sommes qu’au début d’une révolution numérique dont le déploiement prendra le temps d’une génération. Les indices montrent que nous pourrions aller vers des formes d’organisation qui hybrident le travail indépendant et l’entreprise, les coopérations et les grandes organisations verticales.

«La révolution numérique offre aux administrations les mêmes possibilités d’évoluer vers plus d’autonomie et d’initiative des agents. Mais la bureaucratie est un système qui remonte à l’Antiquité. Son ancrage culturel dans le droit rend très difficile son évolution»

Au fondement des nouvelles formes de travail, vous mettez en avant la formation de couples travailleur/machine. Mais ce modèle n’est-il pas valable seulement pour les professions les plus qualifiées ? Ne risque-t-on pas une société à deux vitesses ?

Il est vrai que, s’agissant des professions intellectuelles, nous commençons à bien percevoir comment les couples homme/machines intelligentes seront plus productifs. Un médecin, un juriste, un ingénieur vont pouvoir apporter leur savoir-faire à des systèmes numériques pour qu’ils réalisent la partie la plus laborieuse de leur travail. Ils pourront ainsi à la fois gagner en qualité de diagnostic ou de production, et gagner du temps qu’ils pourront consacrer aux relations humaines, à la recherche. Qu’en sera-t-il dans les usines ? Un scénario pessimiste voudrait que les opérateurs soient déqualifiés. Munis de lunettes de réalité augmentée, ils se verraient dicter leurs tâches, instant après instant. Je crois dans la force productive du scénario inverse. Les « jumeaux numériques » de l’usine du futur, qui auront servi à la concevoir, descendront du bureau d’études vers les ateliers. Les opérateurs y auront accès et y gagneront la possibilité de diriger souplement les opérations, de fabriquer à la demande. Ils ressembleront à de nouveaux artisans assistés de machines intelligents. Même pour les travaux de service, les changements commencent à être entrevus. Dans une municipalité, les véhicules seront dotés de capteurs et d’un système capable d’évaluer le degré de saleté des rues afin d’orienter le travail des équipes de nettoyage. Le temps gagné pourra être redéployé vers un travail de prévention.

Dans le scénario optimiste que vous envisagez, le revenu universel serait donc inutile ?

L’idée du revenu universel est liée à cette peur qu’une partie de la population soit mise au chômage à cause des nouvelles technologies. Or, de façon durable, je n’y crois pas. Derrière ce concept, il y a la vieille idée que le travail serait un labeur qui pourrait, à l’avenir, être assuré avec moins d’effort, de manière banalisée. Cette idée résonne avec le rêve communiste et sa promesse que le progrès technique réduirait le temps et la complexité du travail. Aujourd’hui, le rêve a changé : ce serait celui d’une société où tout le monde travaille de manière intelligente et efficace pour apporter plus de bien-être à ses semblables. La transition, en revanche, appelle un gros effort de formation, et les protections sociales nécessaires.

Vous parlez de travailleur augmenté et pourtant le concept de transhumanisme ou d’homme augmenté grâce à la technologie est absent de votre livre. C’est volontaire ?

Oui. Cette perspective que les capacités physiques et mentales de l’homme puissent être augmentées au moyen de dispositifs artificiels est, en un sens, plus large que mon sujet de l’homme au travail : elle touche à la médecine, à l’éducation… Mais elle est aussi moins large. Quand je parle de travailleur « augmenté », je vise des couples homme/machine qui, au-delà des moyens techniques, révolutionnent l’organisation sociale du travail.

Vous êtes issu de l’administration française et êtes assez critique à l’encontre de la bureaucratie. Par son manque d’initiative et d’intelligence, vous l’assimilez à une forme de taylorisme. Le numérique va-t-il assouplir le fonctionnement de l’Etat comme il assouplit déjà celui des entreprises ?

De la même façon que dans la production, la direction du travail a été concentrée dans le capital technique, le travail des administrations est très largement régi par des réglementations. La révolution numérique offre aux administrations les mêmes possibilités d’évoluer vers plus d’autonomie et d’initiative des agents. Mais la bureaucratie est un système qui remonte à l’Antiquité. Son ancrage culturel dans le droit rend très difficile son évolution, j’y ai moi-même été confronté. À la lumière de la gestion récente de la crise sanitaire, il devient évident que l’étage juridique ne devrait servir qu’à fixer les objectifs et les exigences essentielles. Les règlements dictant aux agents les processus à suivre devraient être remplacés par des référentiels comme ceux du monde des entreprises, qui n’étouffent pas l’initiative individuelle. La tâche reste entière.

Vous concluez votre livre avec un point étonnant : la révolution numérique pourrait nous reconnecter à la nature…

Oui, pour plusieurs raisons. D’abord parce que, avec la digitalisation de l’économie, les actions sur le monde sont précédées et soutenues par une réalité virtuelle qui permet d’économiser le travail, les déplacements, les matières et l’énergie. Ensuite parce que le numérique accompagne la mutation de la croissance vers les services aux personnes et donc vers une moindre pression sur les ressources naturelles. Enfin parce que, si le numérique parvient à remettre au premier plan l’intelligence humaine, celle de l’individu se forme une idée plus juste de la solidarité qui nous lie à la nature qu’une économie dirigée par un capital anonyme.

« sociétés islamiques: une désintégration politique et morale qui appelle une révolution culturelle »

 « sociétés islamiques: une désintégration politique et morale qui appelle une révolution culturelle »

 

 

Pour les fondateurs du mouvement politique marocain Maan, Hamza Hraoui, Zakaria Garti, le délitement de la société arabe et de la civilisation musulmane fait émerger un urgent besoin de révolution culturelle

tribune

Et si la menace djihadiste et l’ère post-printemps arabe étaient l’opportunité d’accoucher enfin d’un nouveau modèle de société du monde arabo-musulman ? Un modèle réaliste, fidèle à l’identité de la région ?

Incontestablement oui. Plus qu’une opportunité, c’est même le devoir de notre génération, qui doit d’urgence combler le vide qu’occupent l’extrémisme religieux et le despotisme politique, pour exister avec une vision, des valeurs partagées, un projet commun, dans lesquels chacun et chacune peut se reconnaître, se projeter et s’investir.

Il nous faut repenser notre modèle de société, dont nous sentons qu’il atteint ses limites, et oser nous poser des questions. Quel équilibre trouver pour faire de la religion une base d’élévation de l’esprit critique et de l’émancipation intellectuelle ? Quel modèle d’intégration voulons-nous : régional ou panarabe ? Au Maghreb, que voulons-nous pour nos enfants ? Qu’est-ce qu’être arabe aujourd’hui ? Et qu’est-ce qu’être musulman ? Qu’est-ce qu’une société islamique moderne au XXIsiècle ?

Les questions sont si nombreuses et si complexes, mais nos capacités d’y répondre sont grandes ! Nous avons des talents et des ressources qui ne demandent qu’à être mobilisés pour trouver des réponses. Face à la menace terroriste qui nous guette, l’heure est à la vigilance sécuritaire, mais aussi à la mobilisation intellectuelle et politique de tous.

Un désordre régional inouï

Oui, il faut détruire les groupuscules djihadistes et leurs acolytes, mais il faut aussi analyser ce qui les nourrit, poser à plat les dysfonctionnements et les injustices qui font que des personnes fanatisées bénéficient aujourd’hui du soutien de certaines franges de la population, en Afrique comme en Europe. C’est sur la base de cette analyse profonde et sans fard que nous pourrons collectivement construire un modèle de développement réaliste, fidèle à l’identité islamique et inclusif, au Maroc et dans d’autres pays arabes.

On le sait désormais : l’ingérence incessante des puissances atlantistes et de la Russie, depuis le découpage du Proche-Orient aux accords Sykes-Picot de 1916, mais aussi plus récemment l’ingérence turque en Libye ou iranienne en Syrie, ont créé un désordre régional inouï. Le terrorisme s’est nourri de la frustration et de l’humiliation, que les puissances occidentales, avec la bienveillance de quelques régimes arabes, ont contribué à installer.

Il est cependant trop simple de mettre l’Occident face à ses responsabilités et de ressasser le passé sans nous poser aussi la question du vide identitaire et culturel qu’affronte aujourd’hui le monde arabe. Amine Maalouf résume très bien cette réalité non assumée : « Les actes de terrorisme ont leur origine dans la désintégration politique et morale de plusieurs pays arabes et musulmans… La tragédie est si ample et si profonde qu’il faudra plusieurs décennies pour la surmonter. »

Et de poursuivre : « Je demeure persuadé que le monde arabe aurait pu contribuer à la civilisation contemporaine comme il l’a fait pendant des siècles. En partie par sa faute, en partie par la faute des autres, il n’a pas su emprunter cette voie. Au lieu de devenir un pôle de progrès, il s’est retrouvé en proie à une régression sans précédent. Le printemps arabe a failli être ce sursaut, il ne l’a pas été. »

Notre identité et nos valeurs

Comme le rappelait très justement le penseur sénégalais Bachir Diagne, après la mort d’Averroès, la tradition philosophique islamique a connu une très longue éclipse dans le monde musulman. On assiste à une sorte de pétrification. Il n’est pas sûr que cette éclipse soit finie. D’où le combat en faveur de la philosophie engagé à partir du XIXsiècle et qui se poursuit encore aujourd’hui.

Au début du XXsiècle, le penseur égyptien Mohammed Abdou s’est ainsi battu pour que l’université Al-Azhar du Caire réintroduise l’enseignement de la philosophie. Battons-nous aujourd’hui pour réinventer notre modèle de société en puisant dans ce que notre civilisation a offert au monde.

Nos figures d’autorité se sont fragilisées dans le monde entier en préférant ne pas poser les questions sensibles. Dans une société qui éprouve des difficultés à débattre sereinement et à s’adapter aux évolutions en cours, le peuple a au contraire besoin de référentiels solides, loin des agitations médiatiques et d’une classe politique malmenée.

Ne laissons pas les autres nous dire qui nous sommes : posons sereinement le débat autour de notre identité et de nos valeurs.

Nous proposons pour cela que le Maghreb donne l’exemple et soutienne au plus haut niveau la création d’un conseil, réunissant entrepreneurs, artistes, intellectuels, historiens, étudiants, savants musulmans et oulémas, diaspora… Ces personnalités de la société civile débattront librement, dans une enceinte neutre politiquement, des questions qui traversent la société maghrébine et plus globalement arabe d’aujourd’hui et qui dessinent celle de demain.

Proposer un autre « califat islamique »

Analysons sereinement et sincèrement les causes du délitement de la société arabe et de la civilisation musulmane. Les médias devront jouer pleinement leur rôle d’intermédiaire, pour expliquer et mettre en perspective les enjeux, pour informer et stimuler la pensée libre et les solutions qui sont proposées. Les Etats devront garantir que les analyses que ce conseil aura produites soient prises en considération pour formuler une doctrine émancipatrice et la mettre en œuvre avec tous les moyens utiles.

Le Maghreb, grâce notamment à sa richesse culturelle, a la légitimité et l’influence suffisantes pour porter ce mouvement de réflexion au-delà de ses limites géographiques dans le Golfe et en Europe. La jeunesse à Ryad, à Abou Dhabi ou à Doha mérite mieux qu’un modèle non démocratique où le nombre de fonctionnaires dépasse la charge de travail et où les revenus pétroliers servent souvent à financer les contrats d’armement au lieu de bâtir des universités ou des centres de recherche qui rayonnent sur le monde.

Tendons la main aux populations des monarchies pétrolières, qui font partie de notre identité et de notre histoire, et construisons avec elles le modèle islamique de demain. La jeunesse française d’origine maghrébine, du 93 ou des quartiers de Saint-Etienne ou de Nice, mérite mieux que d’être assimilée à des terroristes. Construisons avec elle ce nouveau modèle qui lui permettra de redéfinir positivement son identité et sa place dans son pays : la France.

Que nous le voulions ou non, les sociétés islamiques et plus spécifiquement arabes, sont face à leurs responsabilités et n’ont plus d’autre choix que de faire leur révolution culturelle et idéologique. N’attendons pas des responsables politiques qu’ils nous apportent les solutions : prenons en main l’avenir du Maghreb, du monde tout court ! Faisons nos révolutions coperniciennes individuelles et collectives, petites et grandes, immédiates et à long terme.

Définissons notre nouveau modèle de société et faisons preuve d’audace et de fermeté pour le rendre viable. Considérons la menace djihadiste comme le tournant de notre civilisation, proposons un autre « califat islamique » reposant sur un bien commun fait d’intelligence, de liberté, de connaissance et de respect mutuel. Et déplaçons pour cela l’influence arabe de Rakka à Alger, de Kaboul à Rabat, du nord-est du Nigeria à Tunis.

Hamza Hraoui est communicant et cofondateur de Maan. Zakaria Garti est banquier d’affaires et cofondateur de Maan.

Sociétés islamiques: l’urgence d’une révolution culturelle

 Sociétés islamiques: l’urgence d’une révolution culturelle

Pour les fondateurs du mouvement politique marocain Maan, Hamza Hraoui et  Zakaria Garti  il faut proposer un autre « califat islamique » reposant sur un bien commun fait d’intelligence, de liberté et de respect mutuel.

Tribune.

Et si la menace djihadiste et l’ère post-printemps arabe étaient l’opportunité d’accoucher enfin d’un nouveau modèle de société du monde arabo-musulman ? Un modèle réaliste, fidèle à l’identité de la région ?

Incontestablement oui. Plus qu’une opportunité, c’est même le devoir de notre génération, qui doit d’urgence combler le vide qu’occupent l’extrémisme religieux et le despotisme politique, pour exister avec une vision, des valeurs partagées, un projet commun, dans lesquels chacun et chacune peut se reconnaître, se projeter et s’investir.

Il est cependant trop simple de mettre l’Occident face à ses responsabilités et de ressasser le passé sans nous poser aussi la question du vide identitaire et culturel qu’affronte aujourd’hui le monde arabe. Amine Maalouf résume très bien cette réalité non assumée : « Les actes de terrorisme ont leur origine dans la désintégration politique et morale de plusieurs pays arabes et musulmans… La tragédie est si ample et si profonde qu’il faudra plusieurs décennies pour la surmonter. » 

Et de poursuivre : « Je demeure persuadé que le monde arabe aurait pu contribuer à la civilisation contemporaine comme il l’a fait pendant des siècles. En partie par sa faute, en partie par la faute des autres, il n’a pas su emprunter cette voie. Au lieu de devenir un pôle de progrès, il s’est retrouvé en proie à une régression sans précédent. Le printemps arabe a failli être ce sursaut, il ne l’a pas été. »

Notre identité et nos valeurs

Comme le rappelait très justement le penseur sénégalais Bachir Diagne, après la mort d’Averroès, la tradition philosophique islamique a connu une très longue éclipse dans le monde musulman. On assiste à une sorte de pétrification. Il n’est pas sûr que cette éclipse soit finie. D’où le combat en faveur de la philosophie engagé à partir du XIXsiècle et qui se poursuit encore aujourd’hui.

Au début du XXsiècle, le penseur égyptien Mohammed Abdou s’est ainsi battu pour que l’université Al-Azhar du Caire réintroduise l’enseignement de la philosophie. Battons-nous aujourd’hui pour réinventer notre modèle de société en puisant dans ce que notre civilisation a offert au monde.

 

Nos figures d’autorité se sont fragilisées dans le monde entier en préférant ne pas poser les questions sensibles. Dans une société qui éprouve des difficultés à débattre sereinement et à s’adapter aux évolutions en cours, le peuple a au contraire besoin de référentiels solides, loin des agitations médiatiques et d’une classe politique malmenée. 

Ne laissons pas les autres nous dire qui nous sommes : posons sereinement le débat autour de notre identité et de nos valeurs.

Nous proposons pour cela que le Maghreb donne l’exemple et soutienne au plus haut niveau la création d’un conseil, réunissant entrepreneurs, artistes, intellectuels, historiens, étudiants, savants musulmans et oulémas, diaspora… Ces personnalités de la société civile débattront librement, dans une enceinte neutre politiquement, des questions qui traversent la société maghrébine et plus globalement arabe d’aujourd’hui et qui dessinent celle de demain.

Proposer un autre « califat islamique »

Analysons sereinement et sincèrement les causes du délitement de la société arabe et de la civilisation musulmane. Les médias devront jouer pleinement leur rôle d’intermédiaire, pour expliquer et mettre en perspective les enjeux, pour informer et stimuler la pensée libre et les solutions qui sont proposées. Les Etats devront garantir que les analyses que ce conseil aura produites soient prises en considération pour formuler une doctrine émancipatrice et la mettre en œuvre avec tous les moyens utiles.

 

Le Maghreb, grâce notamment à sa richesse culturelle, a la légitimité et l’influence suffisantes pour porter ce mouvement de réflexion au-delà de ses limites géographiques dans le Golfe et en Europe. La jeunesse à Ryad, à Abou Dhabi ou à Doha mérite mieux qu’un modèle non démocratique où le nombre de fonctionnaires dépasse la charge de travail et où les revenus pétroliers servent souvent à financer les contrats d’armement au lieu de bâtir des universités ou des centres de recherche qui rayonnent sur le monde. 

Tendons la main aux populations des monarchies pétrolières, qui font partie de notre identité et de notre histoire, et construisons avec elles le modèle islamique de demain. La jeunesse française d’origine maghrébine, du 93 ou des quartiers de Saint-Etienne ou de Nice, mérite mieux que d’être assimilée à des terroristes. Construisons avec elle ce nouveau modèle qui lui permettra de redéfinir positivement son identité et sa place dans son pays : la France.

 

Que nous le voulions ou non, les sociétés islamiques et plus spécifiquement arabes, sont face à leurs responsabilités et n’ont plus d’autre choix que de faire leur révolution culturelle et idéologique. N’attendons pas des responsables politiques qu’ils nous apportent les solutions : prenons en main l’avenir du Maghreb, du monde tout court ! Faisons nos révolutions coperniciennes individuelles et collectives, petites et grandes, immédiates et à long terme. 

Définissons notre nouveau modèle de société et faisons preuve d’audace et de fermeté pour le rendre viable. Considérons la menace djihadiste comme le tournant de notre civilisation, proposons un autre « califat islamique » reposant sur un bien commun fait d’intelligence, de liberté, de connaissance et de respect mutuel. Et déplaçons pour cela l’influence arabe de Rakka à Alger, de Kaboul à Rabat, du nord-est du Nigeria à Tunis.

 

Hamza Hraoui est communicant et cofondateur de Maan. Zakaria Garti est banquier d’affaires et cofondateur de Maan. 

Pas de conquête des acquis sociaux sans révolution (Marc Lambron, académicien )

Pas de  conquête des acquis sociaux sans  révolution (Marc Lambron, académicien )

 

 

Invité sur Europe 1, l’académicien Marc Lambron, auteur de Carnet de bal : chroniques 4 (Grasset), est revenu sur les mouvements sociaux qu’a connu la France en 2019, notamment la mobilisation contre la réforme des retraites. Ils illustrent d’après lui l’essence et l’aspiration révolutionnaires spécifiques à la France.

« Nous sommes dans un pays d’essence et d’aspiration révolutionnaire depuis au moins deux siècles et la conquête des acquis sociaux s’est faite par révolution, par renversement, ou en tout cas par épreuve de force », explique Marc Lambron. Il ajoute : « A la différence de certains pays qui sont plus aptes à la congestion ou au dialogue comme l’Allemagne, là on voit bien qu’on est dans le cas assez français d’une opposition qui devient frontale et peut-être fractale. »

L’académicien estime qu’en ce moment, « il y a une cristallisation sur ce mode insurrectionnel qui appartient à notre histoire » et que cela s’est joué en deux temps. Tout d’abord un phénomène de « dégagisme » qui touche le monde entier et « qui donne des solutions politiques extrêmes comme Trump, le Brexit, les démocratures en Europe de l’Est ». Pour Marc Lambron, « l’élection de 2017 a témoigné d’une certaine sagesse française à cet égard. Il y a eu un dégagisme mais on l’a joué au centre ».

Cependant, dans l’année et demie qui a suivi l’élection d’Emmanuel Macron, il y a eu « le dégagisme de la rue » qui a commencé par les gilets jaunes. « Emmanuel Macron, qui est l’agent d’un coup de balai, se retrouve lui-même comptable – ce qui est finalement pas tout à fait juste au bout de 16 ou 17 mois de présence au pouvoir – de 30 années au moins d’incuries, ou de tergiversations, ou d’immobilisme. C’est un peu ça le sens de la crise aujourd’hui », analyse-t-il.

Les différents mouvements sociaux qu’a connu la France ces derniers mois font dire à l’académicien que « ce que nous affrontons en ce moment sont des systèmes extrêmement protecteurs qui ont été mis en place pendant une phase de prospérité, c’est-à-dire les Trente Glorieuses, et nous nous y sommes habitués ». Il estime toutefois qu’ »il nous faut prendre, d’une façon ou d’une autre, le deuil ou le deuil partiel de ce à quoi nous étions habitués ».

 

 

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau concept narcissique

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau 

concept narcissique (Clotilde Leguil)

 

Notre époque favorise un nouveau narcissisme numérique pour  la philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil dans son dernier livre « “Je”, une traversée des identités » (PUF). Elle en attribue la cause à un internet de l’intime qui provoque souffrance et enfermement. Car si le narcissisme est nécessaire à la constitution de l’individu, il devient mortifère quand il n’est pas dépassé. Indiscutablement les technologies numériques ont permis des progrès qui rendent possible de s’affranchir d’une certaine manière de l’espace. Elle constitue un moyen d’ouverture sur le monde en favorisant l’accélération des échanges d’informations, de bien et de culture. C’est un changement fondamental aussi dans les conditions de production et de consommation. Des outils qui peuvent permettre un accès sans limite à la formation, à la culture et à l’échange. Mais des outils qui peuvent aussi aliéner quand en fait le sujet utilisateur de ces technologies devient l’unique objet de l’utilisation de ces outils. Le monde virtuel qui l’accompagne constituant une sorte de miroir sujet lui-même. Avec en plus une addiction quasi permanente à ce miroir. (Interview de lobs) extraites :

Vous expliquez que nous vivons dans une période particulièrement propice au narcissisme, quels en sont les symptômes ?

Tout part d’une formule que j’ai découverte par hasard à Venise. Alors que je me surprenais à regarder des touristes se filmant avec leur iPhone plutôt que de contempler la beauté de la ville, j’ai lu un graffiti : « Le narcissisme de masse est le goulag des temps modernes. » Aphorisme que j’ai trouvé poétique et rassemblant quelque chose d’un diagnostic de notre époque. Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer le narcissisme en tant que tel. Ce que j’interroge, c’est une nouvelle version du narcissisme au XXIe siècle, liée à la révolution numérique, un narcissisme à la fois globalisé et enfermant.

Aujourd’hui, l’univers d’internet – les réseaux sociaux, les sites de rencontre etc. – capte quasiment l’entièreté de la libido : les foules sont comme hypnotisées par le regard de l’autre qui les contemple derrière son écran. »

La révolution numérique favorise un nouveau concept narcissique (Clotilde Leguil)

 La révolution numérique favorise un nouveau  concept narcissique (Clotilde Leguil)

 

Notre époque favorise un nouveau narcissisme numérique pour  la philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil dans son dernier livre « “Je”, une traversée des identités » (PUF). Elle en attribue la cause à un internet de l’intime qui provoque souffrance et enfermement. Car si le narcissisme est nécessaire à la constitution de l’individu, il devient mortifère quand il n’est pas dépassé. Indiscutablement les technologies numériques ont permis des progrès qui rendent possible de s’affranchir d’une certaine manière de l’espace. Elle constitue un moyen d’ouverture sur le monde en favorisant l’accélération des échanges d’informations, de bien et de culture. C’est un changement fondamental aussi dans les conditions de production et de consommation. Des outils qui peuvent permettre un accès sans limite à la formation, à la culture et à l’échange. Mais des outils qui peuvent aussi aliéner quand en fait le sujet utilisateur de ces technologies devient l’unique objet de l’utilisation de ces outils. Le monde virtuel qui l’accompagne constituant une sorte de miroir sujet lui-même. Avec en plus une addiction quasi permanente à ce miroir. (Interview de lobs) extraites : 

Vous expliquez que nous vivons dans une période particulièrement propice au narcissisme, quels en sont les symptômes ?

Tout part d’une formule que j’ai découverte par hasard à Venise. Alors que je me surprenais à regarder des touristes se filmant avec leur iPhone plutôt que de contempler la beauté de la ville, j’ai lu un graffiti : « Le narcissisme de masse est le goulag des temps modernes. » Aphorisme que j’ai trouvé poétique et rassemblant quelque chose d’un diagnostic de notre époque. Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer le narcissisme en tant que tel. Ce que j’interroge, c’est une nouvelle version du narcissisme au XXIe siècle, liée à la révolution numérique, un narcissisme à la fois globalisé et enfermant.

Aujourd’hui, l’univers d’internet – les réseaux sociaux, les sites de rencontre etc. – capte quasiment l’entièreté de la libido : les foules sont comme hypnotisées par le regard de l’autre qui les contemple derrière son écran. »

Brexit : quelle révolution pour le système agroalimentaire britannique ?

Brexit : quelle révolution  pour le système agroalimentaire britannique ?

Suite au Brexit, Tim Lang, professeur de politique agroalimentaire à la City University of London, propose uene révolution du système agroalimentaire qui pourrait aussi intéresser les agriculteurs français ! (extraits de l’interview de la Tribune).

 

-Selon vos études, quel est le principal danger que le Brexit fait encourir au système alimentaire britannique?

TIM LANG - Notre dernier rapport, Feeding Britain: Food Security after Brexit (nourrir la Grande-Bretagne : la sécurité alimentaire après le Brexit) rappelle à l’opinion publique et aux politiques britanniques que, depuis 50 ans, notre système alimentaire est intégré à celui des autres États membres. La Grande-Bretagne ne se nourrit pas toute seule: elle importe 30% de sa nourriture directement de pays de l’Union européenne et 11% de pays tiers ayant négocié des traités de commerce alimentaire avec l’UE. Quitter l’Union européenne signifie donc perturber 50 ans de négociations, qui ont pourtant globalement amélioré la qualité de l’offre.

Dans votre rapport, vous évoquez également la question des migrants…

Oui. L’horticulture britannique est l’un de nos rares succès agricoles, grâce à nos fraises, framboises, etc. Mais la cueillette dépend entièrement de 60-70.000 travailleurs d’autres pays de l’UE -dont l’expulsion a motivé une partie de ceux qui ont voté pour le Brexit. Il y a quelques semaines, le gouvernement a affirmé qu’il introduira un nouveau régime pour les travailleurs saisonniers, mais seulement pour 2.500 personnes ! Cela va détruire notre industrie horticole. Sans compter les effets sur la fabrication alimentaire britannique, dont 30% des emplois sont aussi occupés par des migrants de l’UE… Si ces travailleurs ne viennent plus de Roumanie, Bulgarie, Croatie, Slovénie, Lettonie, Lituanie, d’où viendront-ils? Inde, Pakistan, Algérie, Afghanistan? Quels nouveaux pays nous fourniront de la main-d’œuvre agricole bon marché? Les idéologues de la droite nous disent qu’il ne fait pas s’inquiéter, car nous aurons des robots. Mais pour cela, il faudra au moins 15 ans… alors que les Britanniques disent déjà aujourd’hui qu’ils veulent de la nourriture locale!

Pourquoi le système alimentaire britannique se retrouve-t-il à être si dépendant des importations?

La Grande-Bretagne ne produit plus sa propre nourriture depuis 1780. Grâce à son Empire, elle a commencé dès la fin du 18e siècle à importer de la nourriture de l’Amérique du Nord, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande… Et en 1846, lors de l’abolition des textes réglementaires qui encadraient le commerce de céréales avec l’étranger (les « corn laws »), elle a pris la décision politique de ne pas soutenir ses agriculteurs. Depuis 172 ans la culture politique des Britanniques consiste ainsi à croire que le reste du monde les nourrira: que dès lors que nous gagnons de l’argent via d’autres industries, nous pouvons le dépenser pour acheter de la nourriture bon marché d’autres pays. C’est une vision impériale de la nourriture!

Cette approche a été remise en cause lors des deux guerres mondiales. En 1939, nous importions 70% de nos aliments. En 1945, nous n’en importions plus qu’un tiers: nous avions réussi, malgré la guerre, à doubler notre production. Pour ne plus reproduire de trop graves situations de dépendance, après la guerre il fut donc décidé de reconstruire l’agriculture britannique, en mettant en place un système d’aides pour les agriculteurs. Mais en 1973, quand nous avons rejoint la Communauté économique européenne, nous en avons intégré un nouveau, celui du marché unique. Aujourd’hui, certains supporteurs du Brexit pensent qu’il faudrait retourner au modèle de 1846, d’autres à celui de 1939… Quoi qu’il en soit, d’importantes décisions politiques doivent être prises, et soumises à l’opinion publique. Or, les citoyens britanniques ignorent complètement ces enjeux.

Mais les importations de l’Union européenne ne pourraient-elles pas être remplacées par de la nourriture venant d’autres pays?

Il y a effectivement une véritable pression de la part de certains membres du parti conservateur, des néo-libéraux, pour importer de la nourriture bon marché des Etats-Unis, de pays émergents ou d’anciennes colonies. Mais conclure un accord commercial avec les Etats-Unis a de graves implications. Depuis deux ans, le secrétaire d’Etat américain au Commerce le dit clairement: si le Royaume-Uni signe un traité avec les Etats-Unis, il devra abandonner les standards alimentaires européens. Et si au lieu que de l’Espagne, du Portugal, de la Pologne ou de l’Italie, nous importons de l’Afrique de l’Ouest, de la Turquie, d’Israël, quels contrôles de qualités appliquerons-nous? Le Brexit engendre donc d’importants choix politiques qui ne sont pas suffisamment discutés.

Quel impact risque notamment d’avoir le Brexit sur les agriculteurs?

Pendant les 50 dernières années, le système agroalimentaire a traversé une véritable révolution. Nous croyons encore que notre nourriture vienne des agriculteurs, mais ce n’est plus vrai. Les agriculteurs ne créent que des matières premières bon marché pour un traitement industriel de masse. Ceux d’entre eux qui nourrissent encore directement les consommateurs ne sont pas nombreux. Le système alimentaire est largement industrialisé, et chez nous plus que dans le reste de l’Union européenne. La grande partie de l’argent produit par le secteur agroalimentaire est d’ailleurs gagné par les fabricants industriels et par un petit nombre de distributeurs. En Grande-Bretagne, le système est très concentré: six distributeurs se partagent 90% des ventes de nourriture. Le secteur des services a aussi énormément crû pendant les dernières trente années: traiteurs, restaurants, cafés, plats à emporter…

Ce nouveau système écrase  les agriculteurs, qui ne gagnent plus beaucoup d’argent. Les marges des fabricants alimentaires sont de l’ordre de 15-16%. Dans la distribution, le rendement du capital est de 2%. Il peut aussi être plutôt haut dans les services -même si la plupart des cafés et restaurants ferment boutique après deux ou trois ans. Les agriculteurs en revanche ne survivent désormais qu’en s’agrandissant, alors que la valeur en capital des terres est très élevée. Si les Britanniques veulent plus d’agriculteurs, ils doivent donc accepter de les rémunérer davantage. Mais que va-t-il se passer si nous quittons l’UE? Le gouvernement a évoqué l’idée de d’abord maintenir les aides pour trois ans, puis de les réduire progressivement pendant une décennie. Ce ne sont pas des délais très longs en termes de pratiques agricoles…

Or, nous pensons que la « disruption » du Brexit est l’occasion de repenser radicalement notre agriculture, en tenant compte de l’ensemble de ses nouveaux défi: le développement durable, le réchauffement climatique, le stress hydrique, la perte de biodiversité, la santé publique… Une nouvelle révolution alimentaire est nécessaire afin de renverser les dernières 50 années. La question concerne d’ailleurs l’ensemble de l’Europe: comment créer des régimes alimentaires « durables », tenant compte non seulement des capacités nutritionnelles des aliments, mais aussi de leurs effets sur l’environnement, l’économie et la société?

Vous pensez donc que le Brexit peut aussi être une opportunité positive pour le système agro-alimentaire britannique?

Théoriquement oui. Mais le gouvernement actuel, qui depuis le référendum montre ne pas avoir de vision à propos de la question alimentaire, vient de proposer une loi agricole où les agriculteurs sont réduits au rôle de gardiens des paysages, selon une approche de la gestion des terres purement environnementale. Certes, c’est très positif, voire nécessaire, d’adresser les questions des sols et du carbone… Mais il n’y a toujours pas de plan alimentaire national! Or, à quoi sert la terre: à nourrir la population ou à la contemplation des riches ? Depuis le plan dit  »de Chequers » présenté en juillet par le gouvernement, qui contient aussi quelques mesures visant à anticiper les conséquences du Brexit dans le secteur agroalimentaire, mes collègues chercheurs et moi ne savons pas du tout si et comment le gouvernement continue de réfléchir à la question. Nos recherches depuis deux ans nous ont convaincus que l’ensemble des acteurs du secteur sont laissés dans la même ignorance. Ceci est inacceptable. Un enjeu aussi sérieux, économiquement, politiquement et culturellement, doit être discuté sérieusement et publiquement.

Gilets jaunes: Colère, révolte ou révolution

Gilets jaunes: Colère, révolte ou révolution

Nombre d’experts, politologues, sociologues, historiens s’interrogent légitimement pour qualifier la nature du mouvement des gilets jaunes et sa perspective. Il  semble partager en commun cependant le fait que le mouvement des gilets jaunes ne peut être réduit à une action de parti d’extrême droite ou de gauche. En effet, le cœur des gilets jaunes semble particulièrement attaché à son indépendance politique. D’un certain point de vue, les gilets jaunes expriment aussi leurs doutes voir leur rejet des outils actuels de médiation (partis, syndicats, élus et autres institutions). S’agit-il d’une jacquerie éphémère ou d’une rupture politique plus fondamentale. Évidemment seul l’avenir pourra permettre de répondre à cette question. Il semble bien toutefois qu’il s’agisse cependant d’un mouvement général qui conteste non seulement la fiscalité mais au-delà le caractère injuste de la politique économique et sociale et même les conditions de la démocratie. Difficile de dire s’il s’agit d’une colère temporaire, d’une révolte ou d’une révolution. Peut-être pas d’une révolution qui impliquerait de jeter aux orties les institutions de la Ve République et leurs représentants mais la prise de conscience que le peuple des couches moyennes et populaires est désormais en capacité d’exprimer mécontentement et ses doléances et à tout moment. Une sorte de syndicat des citoyens pour peser sur les orientations économiques, sociales mais aussi environnementales et sociétales. On ne peut hypothéquer les formes organisationnelles que se donneront les gilets jaunes mouvement, syndicats de citoyens, partis politiques ou autres  Ce qui est certain c’est que l’expression publique des gilets jaunes a constitué un mouvement de réassurance identitaire pour nombre de catégories sociales auxquelles jusque-là on avait donné l’impression qu’ils n’existaient plus, ne pesaient plus. Chaque décision politique importante devra intégrer désormais le fait qu’à un moment ou un autre les gilets jaunes seront à nouveau capable de descendre dans la rue pour faire prendre en compte leur problématique.

 

Colère, révolte ou révolution

Colère, révolte ou révolution

Nombre d’experts, politologues, sociologues, historiens s’interrogent légitimement pour qualifier la nature du mouvement des gilets jaunes et sa perspective. Il  semble partager en commun cependant le fait que le mouvement des gilets jaunes ne peut être réduit à une action de parti d’extrême droite ou de gauche. En effet, le cœur des gilets jaunes semble particulièrement attaché à son indépendance politique. D’un certain point de vue, les gilets jaunes expriment aussi leurs doutes voir leur rejet des outils actuels de médiation (partis, syndicats, élus et autres institutions). S’agit-il d’une jacquerie éphémère ou d’une rupture politique plus fondamentale. Évidemment seul l’avenir pourra permettre de répondre à cette question. Il semble bien toutefois qu’il s’agisse cependant d’un mouvement général qui conteste non seulement la fiscalité mais au-delà le caractère injuste de la politique économique et sociale et même les conditions de la démocratie. Difficile de dire s’il s’agit d’une colère temporaire, d’une révolte ou d’une révolution. Peut-être pas d’une révolution qui impliquerait de jeter aux orties les institutions de la Ve République et leurs représentants mais la prise de conscience que le peuple des couches moyennes et populaires est désormais en capacité d’exprimer mécontentement et ses doléances et à tout moment. Une sorte de syndicat des citoyens pour peser sur les orientations économiques, sociales mais aussi environnementales et sociétales. On ne peut hypothéquer les formes organisationnelles que se donneront les gilets jaunes mouvement, syndicats de citoyens, partis politiques ou autres  Ce qui est certain c’est que l’expression publique des gilets jaunes a constitué un mouvement de réassurance identitaire pour nombre de catégories sociales auxquelles jusque-là on avait donné l’impression qu’ils n’existaient plus, ne pesaient plus. Chaque décision politique importante devra intégrer désormais le fait qu’à un moment ou un autre les gilets jaunes seront à nouveau capable de descendre dans la rue pour faire prendre en compte leur problématique.

 

 

« La révolution numérique a terrassé l’ancien monde (Daniel Cohen)

« La révolution numérique a terrassé l’ancien monde (Daniel Cohen)

Dans un entretien accordé à La Tribune, le directeur du département d’économie de l’ENS explique que « la révolution numérique a terrassé l’ancien monde » et appelle à « réinventer une nouvelle critique sociale qui ouvre une brèche dont le nouvel impératif de croissance est en train de reconfigurer nos vies. »Une interview intéressante, riche mais un peu confuse quand même quant aux scénarios économiques et sociaux. La preuve que la science économique n’est pas vraiment une science exacte mais une  tentative d’éclairage du passé (comme de l’avenir quant il s’agit de prospective).

 

Pourquoi avez-vous choisi de traiter des mutations économiques et sociales sur les 50 dernières années ?

DANIEL COHEN - Je voyais venir les 50 ans de mai 68. C’est toute ma vie qui est passée au cours de ces 50 dernières années. J’avais envie de me replonger dans toutes ces lectures qui avaient égrené ma jeunesse surtout dans les années 70. J’avais lu beaucoup de livres et je n’étais pas sûr de les avoir tous compris. Les grands auteurs de l’époque Lévi-Srauss, Lacan, Deleuze m’ont particulièrement marqué.

J’ai eu envie de comprendre comment une génération comme la mienne, qui a assisté à la  montée des protestations et du féminisme, de discours d’autonomie, d’émancipation, pouvait être le témoin de cette montée du populisme. Je voulais revenir sur les ouvrages écrits au fil de ma carrière, un ouvrage sur la société postindustrielle, un autre intitulé « Nos temps modernes ».

La dernière raison est que l’on est en train de finir un cycle lié à l’émergence d’Internet et des nouvelles technologies qui ont contribué à détruire l’ancien monde industriel sans vraiment en proposer un nouveau. Avec les progrès de l’intelligence artificielle, il est possible que quelque chose de nouveau soit en train de commencer. Je voulais en saisir la portée.

Vous revenez dans votre ouvrage sur l’effondrement de la société industrielle. Quelles sont les principales conséquences que vous en tirez sur le plan économique et social ?

Nous avons vécu lors de ces 50 dernières années l’effondrement de cette société industrielle. C’est un effondrement d’ordre civilisationnel. La société industrielle plonge ses racines dans des périodes qui sont bien antérieures au monde industriel. La chaîne de commandement constituée d’ingénieurs, de contremaîtres a été critiquée par mai 68. Cette chaîne avait néanmoins une vertu. Elle donnait à chacun une place et un sentiment d’inclusion. Cette société industrielle s’est délitée sous l’effet d’une poursuite consciente des marchés financiers, et ensuite des nouvelles technologies qui ont permis d’éclater ce monde en créant une société plus compétitive et beaucoup plus concurrentielle que l’ancienne période. Il y avait une grille de salaires très rigide, c’est pour cette raison que les inégalités n’augmentent quasiment pas au cours de cette période.

Ce monde post industriel a contribué au développement du statut de free-lance. Les ouvriers travaillent chez les équipementiers qui ne sont plus intégrés aux donneurs d’ordre. Quand la productivité des ingénieurs augmente, cela ne profite plus aux en gens situés en bas de l’échelle. On a une explication des raisons pour lesquelles ces sociétés sont devenues inégalitaires et en même temps, la croissance est plus faible. Les statistiques aux Etats-Unis sont très frappantes à cet égard. Les inégalités se font peu au sein des firmes. C’est surtout entre les firmes que se creusent les inégalités. On assiste à une ségrégation de plus en plus forte. La désolation sociale que l’on connaît depuis les années 80 dépend beaucoup de cette dissociation des classes sociales entre elles.

En 50 ans le système capitaliste a beaucoup changé. Quelles sont les principales mutations que l’on peut noter ?

Les mutations sont surtout d’ordre organisationnel. L’économiste Robert Gordon avait expliqué dans son ouvrage The rise and fall of american growth  que dans la société moderne, les voitures sont plus sophistiquées, les avions font moins de bruit, les équipements sont de meilleure qualité mais ce n’est plus très différent que la société qui s’est installée au cours du XXème siècle. Il n’y a pas de changement majeur au cours des 70 dernières années contrairement à la période 1880-1950. Le capitalisme s’est surtout réinventé dans la manière d’organiser la production des biens. Il n’a pas réinventé une nouvelle société de consommation.

Gordon a raison en partie. Le système Uber repose toujours sur un chauffeur qui vous emmène d’un endroit A à un endroit B au milieu des embouteillages. Aucun des rêves annoncés dans les années 50 ne s’est véritablement réalisé. Airbnb, Booking renvoient toujours vers des hôtels ou des appartements. On est plutôt dans une philosophie de réduction des coûts. On gagne de la productivité ou du pouvoir d’achat mais ce n’est pas un système durable. Ce ne sont pas des technologies qui sont au service d’une réorganisation de la société.

La nature de la société a tout de même profondément changé ?

Il faut prendre un peu de recul. Les théories de Jean Fourastié sont éclairantes quand il rappelle que l’on est passé d’une société industrielle à une société de services. C’est la grande mutation qui en train de se faire même s’il faut encore attendre peut être 50 ans avant d’en voir tous les effets. Fourastié expliquait que les hommes ont travaillé la terre pendant des millénaires puis la matière depuis 200 ans et on va travailler l’homme lui même. La société de services est centrée sur les services à la personne (coiffeur, médecins, psychanalyste).

Pour Fourastié, le potentiel de croissance n’est pas très élevé dans ce type de société. Si la valeur du bien que je produis est le temps que je passe avec les autres, le temps n’est pas extensible. Il n’y pas de croissance possible. Depuis une dizaine d’années, avec la montée des Big data, l’enjeu est de changer la nature de l’homme pour le transformer en un système d’information. Une fois que l’homme sera numérisé, il pourra être soigné et éduqué à distance.

L’enjeu est de faire rentrer l’homme dans une matrice pour que l’on retrouve de la croissance et du rendement. On en train de numériser l’homme pour lui faire accéder à une meilleure productivité. Il y a les fantasmes de l’homme augmenté mais je n’y crois pas beaucoup. L’homme sera augmenté par le fait que les technologies permettront à d’autres de s’occuper de lui à distance. C’est une promesse du retour de la croissance car si on redevient très efficace dans tous les secteurs où on bute alors on retrouvera de la croissance mais à un prix très cher payé. On pourrait renoncer à cet idéal d’humanisation qui était promis par cette société de services où on s’occupe enfin des autres. C’est la principale menace que je vois.

La société de services a-t-elle contribué au ralentissement de la croissance ?

Les sociétés de services ont moins de croissance que l’industrie parce que tous ces services sont plus difficiles à industrialiser. Le monde dans lequel on vit, c’est industrialiser la société de services.

La financiarisation à outrance de l’économie a-t-elle contribué à la perte de repères dans nos sociétés contemporaines ?

Dès les années 80, Wall-Street, avant même que toutes les technologies apparaissent, a commandé le démantèlement de l’ancien monde industriel. Avant, il y avait des grands conglomérats dans lesquels on fabriquait des parapluies ou des maillots de bain en fonction des saisons. Mais la logique de Wall-Street n’est pas la même face aux risques. Le re-engineering qui se fait dans les années 80 vise à désocialiser et désarticuler les collectifs. La finance est également responsable de la grande crise de 2008. Elle a voulu s’appliquer à  elle même ce principe de dématérialisation totale.

La crise des subprimes s’explique en partie par le fait que les entreprises qui ont vendu des crédits ne sont pas celles qui les ont collectés. Wall-Street a créé dans les années 2000 des structures ad-hoc dans lesquelles on mettait des paquets de crédits ensemble pour diversifier les risques avec un grand problème. La qualité des crédits n’était plus vraiment surveillée. Les gens qui les commercialisaient n’étaient pas les mêmes que ceux qui les avaient accordé. Wall-Street a payé ce rêve d’une société totalement dématérialisée.

La lecture de l’ouvrage donne l’impression que nous avons assisté à une suite de déceptions depuis 50 ans. Comment expliquez-vous cela ?

La marche vers le populisme est constituée par une série d’étapes où un grand nombre d’illusions ont été piétinées. La première illusion perdue a été celle de mai 68, de la contre-culture des années 60. La crise des années 70 a anéanti tout ça. La révolution conservatrice des années Reagan a voulu réenchanter le monde avec l’idée que le travail est central. Une idée que l’on retrouve dans le slogan « Travailler plus pour gagner plus » lancé par Nicolas Sarkozy.

Cette vague conservatrice a contribué à l’explosion des inégalités. La troisième désillusion réside peut être dans la société de services qui promettait une humanisation. Aujourd’hui, on a renoncé à cet idéal. Tous ces espoirs sont tombés les uns après les autres. La question est de savoir si on se dirige vers le chaos.

Pourquoi dites-vous que la critique à l’égard de la génération de mai 68 qui aurait favorisé l’ultralibéralisme n’est pas fondée ?

Je n’y crois pas absolument pas. La révolution culturelle de mai 68 et la révolution conservatrice n’ont aucun point commun. Ce sont deux camps qui se sont toujours affrontés et chacun a pris le pouvoir à tour de rôle. La révolution conservatrice a enfanté l’ultralibéralisme en réponse à mai 68 en expliquant qu’il fallait que les gens travaillent, que l’Etat Providence soit démantelé et que les protections sociales devaient être supprimées. Je crois qu’il y a une illusion partagée en réalité.

Les deux camps ont vu que la société industrielle s’effondrait mais la génération 68 s’est opposée à la société industrielle mais ce n’est pas eux qui l’ont faite tomber. La crise pétrolière des années 70 et la fin du cycle de croissance ont contribué à faire dérailler ce modèle. C’est sur les décombres de cette société industrielle que le libéralisme propose un nouveau modèle sans les syndicats. Il y a eu un effet de générations mais je ne pense pas que mai 68 a trahi ses idéaux.  Le mouvement de mai 68 n’est pas devenu ultralibéral, il est devenu pro européen. Il est passé du gauchisme à l’écologie. Ce n’est pas le signe d’un changement radical. Beaucoup de gauchistes se sont retrouvés cadres au Parti socialiste parce que François Mitterrand les a embarqué dans l’aventure. Il prend le pouvoir en 1981 sur un programme commun de nationalisations. Il y a eu tout de même un dur rappel à la réalité par la suite.

Aux Etats-Unis des personnes comme Mark Zuckerberg se réclament de cette contre-culture des années 60 mais c’est une mythologie qu’ils se sont fabriquée eux mêmes. Ils ont inventé le nouveau monde des réseaux sociaux qui reprend un certain nombre de mythes mais ce n’est pas la même chose. L’histoire de Facebook porte autre chose de très inquiétant. C’est la promesse d’une déshumanisation. D’ailleurs Cornelius Castoriadis parle  »d’une réécriture de l’histoire. » En revanche, il y a un parallèle à faire entre la révolution des Lumières et la révolution industrielle. Toutes les deux naissent du constat que le monde d’hier s’effondre mais la révolution industrielle trahit les idéaux des Lumières.

Vous abordez le thème de la vie algorithmique dans un chapitre. Comment envisagez-vous la place des algorithmes et des robots dans l’économie numérique dans les prochaines années ?

Je pense qu’il y a deux voies possibles. Dans une première voie, les robots font tout. Dans cette société les concepteurs de robots s’enrichissent puisque ce sont eux qui alimentent la planète en technologies. Eux mêmes auront des coiffeurs, des médecins. Il n’y a aucune raison pour qu’ils tombent dans le piège de la numérisation. On devrait avoir un cercle de travailleurs autour de ces gens très riches. Plus on s’éloignera du centre et moins il y aura de travail ou il sera moins rémunéré et plus il y aura des algorithmes. Les producteurs d’algorithme vont s’entourer d’humains et les consommateurs d’algorithmes, eux n’auront pas d’humains autour d’eux. Ils n’auront pas les moyens de recruter les personnes qui travaillent pour eux. C’est la société inégalitaire par excellence.

Il y a une autre voie dans laquelle une classe moyenne peut surgir. Elle pourrait se saisir de ces technologies. Les gens auront envie d’être entourés d’être humains. Ce qui coûte cher, c’est la rente foncière. C’est le fait que les gens veulent vivre en centre-ville au même endroit mais peut être que l’on peut réinventer des villes plus inclusives. C’est le grand défi écologique aussi. Le poids de la rente foncière pourrait se réduire grâce aux technologies. Il y a une demande sociale. Les gens ne veulent pas rester seuls devant leurs ordinateurs.

Quel peut être le rôle de l’intelligence artificielle dans le monde du travail ?

Je pense que l’intelligence artificielle peut aider le personnel soignant par exemple en remplissant des comptes rendus d’opération mais cela ne veut pas dire que l’on doit renoncer aux humains. Ces nouvelles technologies pourraient permettre aux humains de consacrer moins de temps aux tâches qui nous empoisonnent tous pour pouvoir passer plus de temps à s’occuper des gens. Je ne crois pas que les enseignants vont être remplacés par des machines. Les machines peuvent aider à mieux enseigner.

Comment faire pour limiter les dérives de l’ubérisation de l’économie ?

Les technologies liées à l’ubérisation sont utiles malgré tout car elles créent un logiciel qui permet de mettre en relation l’offre et la demande. Ce sont des modèles biphase comme disent les économistes. Il y a un progrès technique mais il est de second ordre. L’essentiel est le nouveau modèle proposé. Pour en limiter les dérives, il faut d’abord que la régulation se produise. Le débat central est de déterminer si les chauffeurs d’Uber sont autoentrepreneurs ou s’ils sont salariés. Je n’ai pas l’impression qu’ils sont entrepreneurs. Leurs conditions sont déterminées par Uber qui fixe les prix et crée un système d’astreinte. Soit Uber resalarie des gens, soit il faut que les règles du jeu évoluent.

Les jeunes qui travaillent avec la franchise Uber doivent être maîtres de leurs tarifs. Il faut un autre équilibre. Deliveroo devrait donner la possibilité à Deliveroo France de créer un salariat nouveau. Le rêve des grandes entreprises de la Silicon Valley est de mettre en place des applications tueuses qui proposent des solutions abstraites sans rapport au monde réel. C’est comme cela qu’elles s’enrichissent. Ces applications, au nom d’une technologie qui améliorent le matching, permettent de passer à côté de la régulation sociale que la société industrielle a mis un siècle à établir. Uber ignore le salaire minimum, les temps de pause.

Pourquoi dites-vous que la critique à l’égard de la génération de mai 68 qui aurait favorisé l’ultralibéralisme n’est pas fondée ?

Je n’y crois pas absolument pas. La révolution culturelle de mai 68 et la révolution conservatrice n’ont aucun point commun. Ce sont deux camps qui se sont toujours affrontés et chacun a pris le pouvoir à tour de rôle. La révolution conservatrice a enfanté l’ultralibéralisme en réponse à mai 68 en expliquant qu’il fallait que les gens travaillent, que l’Etat Providence soit démantelé et que les protections sociales devaient être supprimées. Je crois qu’il y a une illusion partagée en réalité.

Les deux camps ont vu que la société industrielle s’effondrait mais la génération 68 s’est opposée à la société industrielle mais ce n’est pas eux qui l’ont faite tomber. La crise pétrolière des années 70 et la fin du cycle de croissance ont contribué à faire dérailler ce modèle. C’est sur les décombres de cette société industrielle que le libéralisme propose un nouveau modèle sans les syndicats. Il y a eu un effet de générations mais je ne pense pas que mai 68 a trahi ses idéaux.  Le mouvement de mai 68 n’est pas devenu ultralibéral, il est devenu pro européen. Il est passé du gauchisme à l’écologie. Ce n’est pas le signe d’un changement radical. Beaucoup de gauchistes se sont retrouvés cadres au Parti socialiste parce que François Mitterrand les a embarqué dans l’aventure. Il prend le pouvoir en 1981 sur un programme commun de nationalisations. Il y a eu tout de même un dur rappel à la réalité par la suite.

Aux Etats-Unis des personnes comme Mark Zuckerberg se réclament de cette contre-culture des années 60 mais c’est une mythologie qu’ils se sont fabriquée eux mêmes. Ils ont inventé le nouveau monde des réseaux sociaux qui reprend un certain nombre de mythes mais ce n’est pas la même chose. L’histoire de Facebook porte autre chose de très inquiétant. C’est la promesse d’une déshumanisation. D’ailleurs Cornelius Castoriadis parle  »d’une réécriture de l’histoire. » En revanche, il y a un parallèle à faire entre la révolution des Lumières et la révolution industrielle. Toutes les deux naissent du constat que le monde d’hier s’effondre mais la révolution industrielle trahit les idéaux des Lumières.

Que pensez de la politique d’Emmanuel Macron en matière de numérique ?

C’est difficile de se faire une idée très claire. Je trouve qu’il serait intéressant d’avoir une réflexion sur les techniques que l’intelligence artificielle permettraient de mettre à la disposition des enseignants, des médecins dans l’exercice de leurs métiers. Il faut que certaines professions comme les juges puissent avoir recours à ces technologies non pas pour les remplacer, mais au contraire pour les aider.

Tous ces métiers en tensions méritent des investissements. La grande promesse de tout numériser doit s’accompagner d’une aide aux personnes. Il faut prévoir une grande période de transition avec beaucoup de personnes pour accompagner les personnes âgées par exemple. En plus ces technologies permettraient de libérer des ressources dans les hôpitaux, dans les universités.

(*) Daniel Cohen « Il faut dire que les temps ont changé.. » Chronique (fiévreuse) d’une mutation qui inquiète aux Editions Albin Michel.

La Blockchain : une vraie révolution (Joseph Lubin)

 La Blockchain : une vraie révolution   (Joseph Lubin)

, le Canadien Joseph Lubin, expert en blockchain, aussi  des premiers milliardaires en cryptomonnaies au monde explique le potentiel révolutionnaire de la Blockchain, (interview la Tribune

 

Comment êtes-vous arrivé dans l’univers de la Blockchain ?

JOSEPH LUBIN - Début 2011, j’ai commencé à beaucoup m’intéresser au livre blanc de Satoshi Nakamoto sur le Bitcoin [paru fin 2008 sous le titre « Un système pair-à-pair de cash électronique »]. Il décrit à la fois la création d’un « jeton de valeur », le Bitcoin, une technologie de base de données de nouvelle génération, la Blockchain, et la « crypto-économie », qui est devenue un sujet d’études. J’ai réalisé que cette technologie pouvait nous aider à tout réinventer, tout reconstruire. J’ai commencé dans la robotique et les réseaux neuronaux, j’ai travaillé pendant 20 ans dans la tech et les logiciels, notamment chez Goldman Sachs, à l’informatique, puis dans un hedge fund, jusqu’à ce que le monde financier commence à s’effondrer. J’étais désenchanté, déçu. J’ai lu tout ce qui existait sur le Bitcoin et la Blockchain, je suis devenu une sorte d’expert. Je n’ai pas pensé lancer une activité dans ce domaine à l’époque, il était clair que cette technologie était encore très immature et allait le rester un moment.

En décembre 2013, à Toronto, j’ai rencontré Anthony Di Iorio, qui travaillait sur un projet de Bitcoin Global Alliance et avait ouvert un lieu, Decentral, où se réunissaient des passionnés pour réfléchir au Bitcoin 2.0. Beaucoup de gens avaient réalisé que la technologie Blockchain devrait servir à de multiples applications au-delà du seul cas d’usage étroit de la monnaie. Anthony m’a fait rencontrer Vitalik Buterin [un jeune programmeur surdoué russo-canadien, ndlr], qui avait cofondé Bitcoin Magazine, et savait expliquer clairement, à seulement 19 ans, des choses très techniques. Il avait écrit une ébauche de livre blanc. Sa vision consistait à séparer cette technologie très compliquée en deux couches, le protocole qui nécessite ce que j’appelle des « prêtres du protocole », des experts très spécialisés capables d’ajouter de nouvelles fonctionnalités, et la couche des applications, où des ingénieurs ordinaires peuvent concevoir et faire tourner toutes sortes de programmes. Trois semaines plus tard, Vitalik avait formalisé le projet Ethereum.

Quel a été votre rôle dans la création d’Ethereum ?

Je suis un des huit cofondateurs d’Ethereum. En janvier 2014, nous avons loué une maison juste avant la grande conférence sur le Bitcoin en Amérique du Nord à Miami, où Vitalik devait présenter publiquement son livre blanc [sous le titre « Une nouvelle génération de plateforme pour les ‘smart contracts’ et les applications décentralisées« , ndlr]. Il y avait déjà beaucoup de buzz sur le projet. Deux codaient, Gavin Woods et Jeff Wilcke, tandis que les autres s’occupaient de toute la documentation et de décisions de conception. Je me suis notamment chargé de la définition de ce que serait le « jeton » d’Ethereum et la vente de ce « token », l’Ether. Nous ne considérions pas cet actif numérique, et ne le considérons toujours pas, comme une crypto-monnaie.

Le réseau Bitcoin a été créé uniquement pour le jeton Bitcoin, alors que nous étions un groupe d’ingénieurs en logiciels qui voulait apporter cette nouvelle sorte de base de données à d’autres ingénieurs. Notre projet consistait à créer une plateforme pour des applications décentralisées et une façon d’indemniser ceux qui allaient partager leurs ressources pour la créer, et aussi leur donner une incitation à sécuriser le réseau.

Il fallait aussi déterminer l’algorithme de consensus [pour valider les transactions], « preuve d’enjeu » ou « preuve de travail », ce dernier a été choisi en l’améliorant. J’ai été aussi impliqué dans la définition de l’écosystème. Ce n’était pas vraiment un business plan, plutôt des lignes directrices. Initialement, nous voulions créer une entreprise, avec une partie à but lucratif et l’autre non. Mais pour des questions de personne, c’est devenu impossible, ce n’était pas viable.

Nous avons créé à Zoug une société Ethereum Switzerland GmbH, pour réaliser la vente de « tokens », et établi également à Zoug la Fondation Ethereum (Stiftung Ethereum), dont la mission est de guider les développements de la plateforme et d’assurer sa maintenance. Nous avons donné 100% du contrôle d’Ethereum GmbH à la Fondation Ethereum. Nous voulions rester hors des États-Unis car nous n’étions pas sûrs de la façon dont notre jeton serait traité là-bas, il risquait d’être perçu comme une nouvelle crypto-monnaie. La Suisse est un pays qui défend la liberté, le vote, la vie privée, son gouvernement est ouvert à la discussion.

Vous êtes parti créer ConsenSys avec quelle vision ?

Je me suis proposé d’être l’avant-poste d’Ethereum à New York : je suis Canadien, mais j’ai passé pas mal de temps là-bas, après mes études à Princeton. J’ai rassemblé des gens pour construire un site d’applications décentralisées, un « DAppStore ». Nous avons commencé à développer des outils comme la suite Truffle [kit pour déployer un "smart contract", un contrat intelligent qui se déclenche automatiquement, sur la Blockchain] et une solution de gestion d’identité numérique, uPort Identity, qui soit meilleure que les mots de passe. L’objectif est d’aider à transformer le Web 2.0 vers un Web 3.0 à l’architecture bien moins centralisée et dont les individus récupèrent le contrôle. Nous croyons beaucoup dans la Blockchain et nous voulons être un catalyseur de cette technologie.

Nous avons dû créer notre propre écosystème, ce qui fait que notre société a une configuration assez insolite et un mode de fonctionnement décentralisé. Nous aimons appeler cela un « maillage » de projets, d’entreprises, qui ont une grande part d’ADN commun. Nous avons démarré un « venture production studio », où l’on incube des projets, que des gens font grandir à l’intérieur de ConsenSys, dont certains sont ensuite scindés et deviennent des startups indépendantes. Nous créons aussi toutes sortes de solutions et d’outils pour faciliter la vie des développeurs qui veulent connecter leurs applications au réseau Ethereum, comme Infura [Infrastructure-as-a-service, solution de dimensionnement pour gérer les pics à l'émission de jetons, par exemple].

Nous avons une division Consulting, qui fait du conseil et du développement logiciel. Nous avons réalisé des pilotes, des « proofs of concept » (PoC) pour des entreprises dans des secteurs variés, l’énergie, la banque, la logistique, la santé, le sport, le secteur public, et dans de nombreux pays, à Dubaï, aux États-Unis, en France. Par exemple, nous avons développé la plateforme de Komgo [entreprise fondée par une quinzaine de groupes, notamment des banques, dont Société Générale, BNP Paribas, et Crédit Agricole, ndlr], dans le financement du commerce international de matières premières. Nous avons aussi travaillé avec des banques centrales, à Singapour et en Afrique du Sud. Cette division, que nous avons dû scinder, a enregistré une croissance très significative.

Nous avons monté la ConsenSys Academy, car nous disposions de beaucoup de matériel de formation de notre activité de conseil et nous avions besoin d’accroître nos capacités en développement : 1.500 personnes sont devenues des développeurs Blockchain grâce à nous.

Nous avons aussi une division Marchés de capitaux qui conçoit notamment une solution de conservation (« custody ») pour les crypto-actifs, Trustology, afin que les institutions financières soient plus à l’aise avec les jetons, les actifs numériques lorsqu’elles décideront d’aller sur ce marché. Nous avons une équipe très solide, dont l’ancien responsable de la technologie chez UBS, Alex Batlin, à Londres, qui annoncera bientôt un partenariat très important.

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Enfin, nous avons aussi créé ConsenSys Ventures, notre bras de capital-risque, doté de 50 millions de dollars. Nous avons investi dans 30 entreprises, de petits tickets, de 75.000 à 100.000 dollars en moyenne, parfois ce sont des subventions. Nous avons ouvert en septembre un accélérateur, Tachyon, qui a sélectionné 16 projets qui seront mentorés par des superstars de la Blockchain et du Web 2.0. Il y a un projet français parmi eux, Quidli, un projet génial d’émission dynamique du capital, pour distribuer des parts aux employés.

Vous avez remporté l’appel d’offres de la Commission européenne pour réaliser son observatoire de la Blockchain. Que répondez-vous aux parlementaires français critiquant ce choix d’une « entreprise américaine spécialisée dans la Blockchain Ethereum«  ?

Nous ne sommes pas une société américaine. ConsenSys Inc n’est pas la maison-mère, elle emploie 300 à 400 personnes sur 1.100 employés : c’est ConsenSys AG à Zoug qui chapeaute le tout, elle possède le contrôle de nombreuses entités régionales. Juridiquement, nous sommes une société suisse mais nous sommes en fait une startup internationale, avec des bureaux un peu partout dans le monde : 50 personnes à Paris, autant à Londres, 250 à Dublin, etc. Nous n’extrayons pas de la valeur d’un pays vers un autre.

L’équipe de ConsenSys France a mené la candidature à l’appel d’offres de la Commission européenne pour son observatoire de la Blockchain, je n’étais pas au courant au départ. C’est un projet français avec l’appui des meilleurs experts mondiaux, à travers le maillage de ConsenSys. Il est réalisé en partenariat avec trois universités [Lucerne, Londres et Southampton].

Quant à l’étroitesse éventuelle de notre expertise, nous utilisons Ethereum parce que c’est la Blockchain à l’écosystème le plus puissant et de loin le plus largement utilisé, alors que Bitcoin est une technologie très étroite. Nous sommes convaincus que l’avenir sera un monde de registres interopérables. Nous disposons d’énormément d’expertises car nous avons recruté ces deux dernières années des gens de Deloitte, d’EY, et un des fondateurs de la division Blockchain d’IBM et de la plateforme Hyperledger Fabric, John Wolpert. Nous avons aussi des gens ayant travaillé sur Corda [la plateforme opensource de la startup R3, issue d'un consortium de banques, ndlr]Il n’y a probablement aucune entreprise dans le monde qui dispose d’une expertise aussi large sur la Blockchain que Consensys, à part peut-être Accenture ou l’un des Big Four. Je pense que nous avons l’expertise la plus étendue.

Est-ce vous qui financez seul le développement de ConsenSys sur votre fortune personnelle en ethers ?

ConsenSys est financé en partie par moi, mais aussi par les revenus désormais importants que génèrent certaines de nos activités. Nous ne publions pas de chiffres pour le moment. Nous ne dégageons pas de bénéfice mais si l’on prend en compte les émissions de « jetons », les Initial Coin Offerings (ICO) réalisées par certaines de nos entités, nous sommes en situation de cash-flow positif. Plusieurs activités rapportent des revenus significatifs, des dizaines de millions de dollars pour notre pôle solutions par exemple. Notre équipe « Diligence », qui réalise des audits de sécurité des « smart contracts », est très demandée et obligée de décliner 99% des demandes, ce qui permet de facturer ce travail à des montants élevés.

ConsenSys elle-même pourrait-elle réaliser une ICO, une levée de fonds en crypto-actifs ?

Il n’y a pas d’investisseurs extérieurs, en revanche un bon nombre d’employés ont des parts de capital. Nous préparons déjà la prochaine allocation, notre idée est que tout le monde à ConsenSys devrait en avoir. Nous avons beaucoup réfléchi à l’émission d’un jeton ConsenSys, qu’il s’agisse d’un jeton d’investissement ou d’usage ["utility token" donnant un droit d'usage à des biens ou services à venir] : nous pensons que ce serait probablement un titre financier (« security token »). Mais nous n’avons aucun calendrier arrêté. Nous sommes très occupés sur de nombreux sujets, notre entreprise enregistre une très forte croissance. Avant de pouvoir envisager sérieusement d’émettre notre propre token, il faut que tout soit bien ficelé, que le cadre juridique soit bien stabilisé aussi.

Quelles applications vous semblent les plus convaincantes, les plus adaptées à la Blockchain ?

On pourrait poser la même question au sujet d’Internet : dans quel champ est-ce le plus utilisé ? La Blockchain va pénétrer partout, là où il est nécessaire d’améliorer la confiance, c’est-à-dire à peu près n’importe où et tous les secteurs. Cela peut être pour partager des infrastructures de confiance entre concurrents de manière collaborative. Nous aidons des entreprises établies à bâtir des systèmes plus efficaces pour partager des données de référence, par exemple dans les activités de taux entre institutions financières, ou aussi pour explorer de nouveaux modèles d’affaires. En France, nous connaissons une importante institution financière qui envisage d’entrer dans l’univers des ventes de tokens, Goldman Sachs et Morgan Stanley songent à ouvrir un desk de trading en crypto-actifs. Aux États-Unis, nous allons bientôt sortir une application avec une grande marque de biens de consommation traçant l’origine de différentes matières.

Dans la finance, les infrastructures vont finir par basculer sur la Blockchain. Nous avons aidé Santander à construire un système interbancaire de paiements transfrontaliers s’appuyant sur la technologie Blockchain, qui effectue les règlements en dix secondes. Le responsable de la Blockchain chez Santander, Julio Faura, est parti pour diriger ce projet,Adhara, que nous avons intégré [ConsenSys vient d’y investir 15 millions de dollars, ndlr] : nous utilisons cette infrastructure pour bâtir un système de règlements en temps réel qui « tokenise » [convertit les droits liés à un actif en jetons numériques] de l’argent réel par le biais d’un registre distribué fonctionnant avec des « smart contracts » : les règlements interbancaires, entre établissements qui se font déjà confiance, pourraient ainsi avoir lieu non pas tous les jours mais une fois par semaine ou par mois.

La volatilité des crypto-monnaies, y compris de l’ether, nuit-elle au développement de la Blockchain ?

Vous savez, il y aura tellement de crypto-actifs différents à l’avenir. Cela nous va très bien que l’ether soit utilisé comme une crypto-commodité ou un crypto-actif. Comme tout actif, comme le pétrole par exemple, l’Ether fait l’objet d’échanges, de trading. C’est vrai que son cours est plus volatil mais l’industrie pétrolière est là depuis un moment ! Nous avons de la chance qu’Ethereum ait suscité autant d’engouement dans le monde. Il y a eu des flambées, suivies de corrections, et cela se reproduira encore et encore : c’est ainsi que fonctionne le cycle humain de cupidité et de peur que l’on observe sur les marchés. L’horloge de cette technologie fonctionne beaucoup plus vite qu’en 1999 avec la bulle Internet. Je pense que nous verrons un de ces cycles tous les un ou deux ans.
A chaque fois qu’il se produit une explosion puis un plongeon, cela attire l’attention sur ce que nous faisons. Cela fait plancher des spécialistes ou des étudiants en cybersécurité sur Ethereum. Nous sommes un an après le début du boom sur les crypto et le cours de l’Ether est revenu grosso modo au même niveau [en repli de 20%, ndlr]. Et aujourd’hui, du fait de cette agitation, il y a dix à quinze fois plus de gens dans notre écosystème. Rien n’a ralenti du tout : l’écosystème Ethereum connaît une croissance exponentielle.

Quel est le principal défi posé à la Blockchain ? Sa consommation énergétique?

Non, je pense que ce point sera résolu très vite, d’ici 18 mois à deux ans. Je suis optimiste. Le plus grand problème posé à Ethereum est le passage à l’échelle (« scalability ») d’une part et la facilité d’utilisation pour le grand public d’autre part. La montée en charge d’Ethereum [qui peut traiter actuellement entre 7 et 15 transactions par seconde contre plusieurs milliers pour les systèmes Visa et Mastercard, ndlr], progresse à mesure que l’on avance vers des solutions de nouvelle génération, comme Sharding ["fragmentation" en anglais, processus de vérification des transactions s'appuyant sur une division de la Blockchain en plusieurs fragments, des groupes d'ordinateurs du réseau et non pas tous les nœuds du réseau, ndlr], le protocole Casper et le mécanisme de consensus de « preuve d’enjeu », le projet Plasma qui va créer des réseaux Blockchains au sein d’Ethereum, etc. Tout cela devrait permettre à Ethereum de pouvoir traiter des centaines, des milliers de transactions par seconde. C’est une affaire de semaines, de mois.

Il faut que nous travaillions aussi sur la facilité d’utilisation. Si on vous avait donné un smartphone il y a 15 ans, vous n’auriez pas su quoi en faire, les gestes vous seraient étrangers, pour zoomer, balayer l’écran, etc : Apple a fait un job incroyable en apportant progressivement des innovations. Il faut que nous fassions la même chose : les clés publiques et privées, les adresses des comptes en Ether, sont aujourd’hui utilisables par un public technophile. On doit pouvoir faire en sorte que l’utilisateur non initié ne prenne pas le risque de perdre son identité, il faut des mécanismes de récupération des clés, nous travaillons dessus. La France, un futur leader de la « Blockchain » ?

Quelle est votre vision du marché français, en termes de maturité ?

Aucun marché n’est mature ! En Suisse, beaucoup de projets ont démarré dans sa Crypto-Valley, mais je ne dirais pas qu’elle est en avance sur Paris, Berlin, New York, ou que Zoug est le leader de la Blockchain. C’est un phénomène décentralisé. Curieusement, le bitcoin n’a pas vraiment pris dans la Silicon Valley au départ. Au lancement d’Ethereum, il n’y a eu aucun intérêt là-bas, tellement plus à Berlin, Londres, Paris, New York et Toronto. La Silicon Valley rattrape son retard : il y a désormais une grande vague d’intérêt pour la Blockchain, de nombreux ingénieurs du Web 2.0 s’interrogent sur le tour que prennent les choses et rejoignent des entreprises qui veulent bâtir le Web 3.0, comme nous à ConsenSys.

En France, on trouve beaucoup de gens très solides en technologie. Notre équipe ici à Paris a joué un rôle fondateur depuis plusieurs années. Nos projets, comme la startup Variabl, une plateforme de trading de dérivés, font partie de l’écosystème français de la Blockchain.

Que doit faire la France pour devenir un leader de la Blockchain, comme l’ambitionne le gouvernement ?

Éduquer, former, observer la technologie, autant que possible ne pas se mêler de la technologie et ne pas étouffer l’innovation. Cette technologie va tellement loin, elle va permettre la collaboration et créer la confiance dans des domaines où c’est difficile. Cela va rendre le commerce beaucoup plus fluide. La Blockchain va permettre de tout basculer en version numérique, les certificats et diplômes, le capital, l’identité, etc : ce sera un moteur de croissance important. Les gouvernements devraient créer des programmes pour entrepreneurs, peut-être financer certains projets, subventionner des accélérateurs.

Il n’y a pas vraiment besoin de réglementations nouvelles, elles existent pour la plupart, il faut juste une meilleure compréhension. Par exemple, aux Etats-Unis, la SEC [le gendarme des marchés, ndlr] a décidé que les jetons des ICO sont des titres financiers et va appliquer la réglementation comme elle le fait depuis des décennies. William Hinman le directeur de la division Corporation Finance à la SEC, a déclaré il y a quelques mois qu’il considère l’Ether comme un jeton utilitaire (« utility token »), qu’Ethereum n’est pas une entreprise mais un réseau. Il faut de l’ouverture d’esprit et beaucoup de dialogue.

La Blockchain pourrait rendre la collecte d’impôts beaucoup plus fluide, on pourrait avoir des nœuds de régulation sur le réseau qui surveilleraient les flux, la valeur des transactions et pourraient même en aiguiller une partie directement vers les coffres du gouvernement. Plusieurs pays d’Afrique sont très enthousiasmés par cette idée.

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