Archive pour le Tag 'Révolte'

France: La révolte du pain ?

France: La révolte du pain ?

Ce n’est pas la première fois que la question du prix du pain serait à l’origine d’un mouvement social en France notamment. La révolution française elle-même trouve des racines dans la crise du prix du pain.

Le gouvernement prend subitement conscience des hausses tout à fait exceptionnelles de l’énergie pour les boulangers, des hausses multipliées par six à huit.Et qui menacent l’existence de la moitié de la profession. Un bouclier tarifaire a été mis en place mais il est jugé trop complexe et trop peu efficace par la profession. Aussi le gouvernement vient d’autoriser que le paiement des impôts des boulangers soit différé.

Une conséquence directe de la libéralisation du secteur de l’électricité qui a permis à des intermédiaires qui ne produisent et ne distribuent rien d’engranger d’immenses bénéfices du fait de la corrélation entre le prix de l’électricité et du gaz.

L’une des conséquences de cette situation sera d’augmenter de façon assez importante le prix du pain mais en même temps de déplacer le mécontentement vers les consommateurs déjà affectés par une inflation générale

La cheffe du gouvernement souhaite que les petits commerçants, confrontés pour certains à une explosion de leur facture d’énergie depuis le déclenchement de l’offensive militaire russe en Ukraine en février, puissent étaler son paiement sur plusieurs mois. Ce qui nécessite un geste de la part des fournisseurs d’énergie. Ces derniers, qui sont convoqués, ce mardi à 14h30 au ministère de l’Economie, ont d’ailleurs été pointés du doigt par Elisabeth Borne.

« Aujourd’hui, les fournisseurs n’aident pas suffisamment les boulangers et les PME. Je leur demande de faire plus, mieux, et tout de suite », a également insisté le ministre de l’Economie Bruno Le Maire à l’issue d’une réunion à Bercy avec les représentants du secteur de la boulangerie. « Je suis navré de constater que les engagements qui ont été pris » dans une charte signée en octobre par les énergéticiens « ne sont pas respectés, » a déploré le numéro 2 du gouvernement, menaçant de nommer les entreprises fautives si elles ne s’engageaient pas à corriger leur comportement dès la réunion prévue dans l’après-midi.

Si les énergéticiens ne rentrent pas dans le rang, « on peut toujours prélever davantage sur les fournisseurs d’énergie que ce que nous faisons aujourd’hui », a menacé Bruno Le Maire après des mois de débats enflammés autour de sup. Dans le budget pour 2023, le gouvernement a, en effet, mis en place un mécanisme qui doit lui permettre de collecter une partie de la « rente » des énergéticiens et lui rapporter, selon ses estimations, 11 milliards d’euros.

Le gouvernement a également appelé les préfectures à étudier les dossiers de boulangeries fragilisées par la crise de l’énergie « au cas par cas ». « Au global, on prend en charge avec ces différentes aides de l’ordre de 40% de la facture d’électricité », a rappelé Elisabeth Borne en admettant que les aides disponibles ne sont « pas suffisamment connues » des entreprises.

Politique: Vent de révolte dans les dictatures de Chine, d’Iran et de Russie

Politique: Vent de révolte dans les dictatures de Chine, d’Iran et de Russie

Trois pays importants à régime de dictature enregistrent aujourd’hui un vent de révolte. En Iran, la contestation a commencé après que la police ait tué une femme au motif qu’elle portait mal le voile. La protestation dure depuis des semaines et s’amplifie. Il s’agit aussi indirectement de mettre en cause le régime des mollahs. Comme d’habitude, les mollahs ont choisi la violence répressive pour mettre fin au revendications et aux manifestations. On compterait environ 300 morts. En cause dans ce pays non seulement la question de la liberté mais désormais aussi la légitimité d’un régime mafieux des religieux.

En Chine, la révolte concernait au départ la question de la gestion de la pandémie Covid à la fois inefficace sur le plan sanitaire mais qui réduit encore les libertés individuelles et collectives. Du coup, c’est clairement le président chinois et le parti communiste qui sont mis en cause. En Chine c’est le parti communiste qui est tout-puissant et qui se substitue au peuple. Malheureusement les échecs du pouvoir succèdent aux échecs sur le plan de la crédibilité démocratique évidemment mais désormais aussi sur le plan sanitaire et sociétal. C’est clairement la dictature qui est en cause.

En Russie, ce sont les manifestations des mères de soldats qui contestent le pouvoir de Poutine. La protestation met en cause la légitimité et la pertinence du conflit avec l’Ukraine. Un conflit particulièrement meurtrier surtout pour la Russie qui expédie au front des jeunes à peine formés. Pour la Russie il n’y a même pas l’alibi d’un pseudo parti communiste. C’est une véritable mafia dirigée par des anciens du KGB comme Poutine qui s’est appropriée pouvoir et richesse et qui n’hésite pas à tuer, à empoisonner et à torturer les opposants. La révolte des mères de soldats résonne comme une condamnation d’un régime caractérisé par une corruption généralisée et une gestion calamiteuse du pays. Là aussi c’est le système qui est en cause.

C’est sans doute la première fois que la dictature dans ces pays est mise en cause en même temps. Il faut dire que ces régimes autoritaires sans vrai légitimité démocratique font peu de cas de la vie humaine pour protéger le système politique et la mafia des dirigeants qui en profitent.

Aujourd’hui la cocotte-minute est prête à exploser même s’il est vraisemblable que les différents pouvoirs n’hésiteront pas à utiliser la répression y compris sanglante pour faire taire les protestations.

Certes la rue n’imposera sans doute pas un renversement de régime dans chacun des pays mais on pourrait assister à des révolutions de palais avec des dirigeants qui intègrent davantage les besoins et les aspirations du peuple.

Vent de révolte dans les dictatures de Chine, d’Iran et de Russie

Vent de révolte dans les dictatures de Chine, d’Iran et de Russie

Trois pays importants à régime de dictature enregistrent aujourd’hui un vent de révolte. En Iran, la contestation a commencé après que la police ait tué une femme au motif qu’elle portait mal le voile. La protestation dure depuis des semaines et s’amplifie. Il s’agit aussi indirectement de mettre en cause le régime des mollahs.

En Chine, la révolte concernait au départ la question de la gestion de la pandémie Covid à la fois inefficace sur le plan sanitaire mais qui réduit encore les libertés individuelles et collectives. Du coup, c’est clairement le président chinois et le parti communiste qui sont mis en cause.

En Russie, ce sont les manifestations des mères de soldats qui contestent le pouvoir de Poutine. La protestation met en cause la légitimité et la pertinence du conflit avec l’Ukraine. Un conflit particulièrement meurtrier surtout pour la Russie qui expédie au front des jeunes à peine formés.

C’est sans doute la première fois que la dictature dans ces pays est mise en cause en même temps. Il faut dire que ces régimes autoritaires sans vrai légitimité démocratique font peu de cas de la vie humaine pour protéger le système politique et la mafia des dirigeants qui en profitent.

Aujourd’hui la cocotte-minute est prête à exploser même s’il est vraisemblable que les différents pouvoirs nés voteront pas à utiliser la répression y compris sanglante pour faire taire les protestations.

Certes la rue n’imposera sans doute pas un renversement de régime dans chacun des pays mais on pourrait assister à des révolutions de palais avec des dirigeants qui intègrent davantage les besoins et les aspirations du peuple.

Iran: d’abord la révolte des jeunes femmes

Iran: d’abord la révolte des jeunes femmes

Après la mort de la jeune Mahsa Amini, les « citoyennes de seconde zone » s’élèvent à nouveau contre les diktats « d’un régime moyenâgeux », explique la sociologue franco-iranienne Azadeh Kian
« Ce qui a provoqué autant de colère, c’est aussi les conditions des femmes en Iran », explique Azadeh Kian, professeure franco-iranienne de sociologie.’( l’Opinion)

Une colère qui ne faiblit pas malgré la répression qui a fait plus de 76 morts selon l’ONG Iran Human Rights. C’est la mort de Mahsa Amini qui a mis le feu aux poudres. La jeune femme de 22 ans est décédée en détention après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour «port de vêtements inappropriés».

« On avait déjà vu beaucoup de scènes de violences inouïes de la part de la police des mœurs à l’égard des femmes », se remémore Azadeh Kian, également directrice du Centre d’enseignement, de documentation et de recherche pour les études féministes (CEDREF) à l’université Paris Cité. Les manifestations, qui visaient d’abord cette milice, ciblent désormais plus largement le régime iranien. « La colère était déjà existante et claire au sein de la société iranienne et surtout de sa jeunesse qui malgré sa formation, reste au chômage, qui malgré l’ouverture sur le monde, doit subir les diktats d’un régime moyenâgeux. »

Les femmes iraniennes sont avant tout descendues dans la rue pour protester contre le port obligatoire du hijab. « Le port du voile est rendu obligatoire dès le début de la révolution, en février 1979 en réalité, puis il est inscrit dans les lois à partir de 1980. Donc ça a toujours existé, les femmes sont obligées de porter le voile même les femmes étrangères qui visitent l’Iran. Les femmes iraniennes ont toujours montré leur désaccord avec le port obligatoire du voile en le portant mal, en laissant quelques mèches de cheveux dépasser. Et à partir des années 1990, ces patrouilles ont toujours tenté d’imposer le diktat du régime. »

Et le pouvoir iranien a fait du voile obligatoire l’un des fondements idéologiques du régime. « Et donc si les femmes refusent de le porter ou le portent mal, poursuit Azadeh Kian, pour le régime il s’agit de ne pas respecter des préceptes mais aussi de ne pas respecter l’idéologie islamiste du régime, donc c’est la raison pour laquelle c’est considéré comme le rejet des fondements même du régime islamique. »

Les maris, frères et amis de ces jeunes iraniennes sont ensuite venus étoffer les rangs de la contestation. « Aujourd’hui, c’est intergénérationnel. Dans les rues, on voit à la fois les jeunes issus des classes populaires qui ont aussi beaucoup de revendications d’ordre économique, politique, social mais aussi culturel, constate l’universitaire. L’autre chose qu’on a vue c’est que ça s’est répandu dans énormément de villes du pays. »

Malgré la violente répression et les nombreuses arrestations, les manifestations se poursuivent. « Ce qui a provoqué autant de colère, c’est aussi les conditions des femmes en Iran, les droits discriminatoires qui ont été instaurés dès le début de la révolution, le fait que les femmes sont considérées, au regard des lois et du discours des autorités, comme des citoyennes de seconde zone », décrypte Azadeh Kian.
« Or, la jeune génération des filles est davantage éduquée que la jeune génération des garçons, par exemple. Aussi les femmes sont maintenant de plus en plus ouvertes sur le monde. Les réseaux sociaux – il ne faut pas l’oublier – ont joué un rôle prépondérant en mettant en lien étroit les jeunes iraniens et iraniennes avec le monde entier. Cette jeune génération est davantage ouverte sur le monde et revendique aussi les mêmes droits et le même type de citoyenneté, et pense que ce régime est incapable de répondre positivement à ses demandes. »

La révolte antitchador des Iraniennes met la gauche devant ses contradictions

« La révolte antitchador des Iraniennes met la gauche devant ses contradictions !

La réalité iranienne d’un voile instrument d’oppression politique heurte les schémas qui tendent à le présenter comme un strict choix individuel, observe, dans sa chronique, Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde ».Une gauche- surtout extrême- particulièrement silencieuse face à la révolte en Iran mais aussi en Afghanistan.

Notons que Sandrine Rousseau a été largement sifflé lors du rassemblement à Paris et traitée de collabo compte tenu de ses positions particulièrement ambiguës sur le voile. NDLR

Un soulèvement populaire contre l’oppression, des femmes héroïques à l’avant-garde pour l’égalité, une dictature ébranlée : la révolte de la société iranienne depuis la mort, le 16 septembre, à Téhéran, de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation par la police des mœurs, magnifie bien des valeurs que la gauche a portées tout au long de son histoire. Logiquement, les défilés au cri de « femme, vie, liberté », le spectacle incroyable des Iraniennes arrachant leurs foulards et les brûlant dans des feux de joie, auraient dû susciter des cortèges de soutien massifs et des actions de solidarité enthousiastes.

En Iran, la colère grandit après la mort de Mahsa Amini, devenue le symbole de la brutalité du régime. Bien sûr, des mouvements féministes et des élus de gauche ont participé à des rassemblements, publié des communiqués de soutien. Le Parti socialiste a « salué le courage des femmes iraniennes » et La France insoumise (LFI) a rendu hommage à « une révolution citoyenne de la jeunesse iranienne ». Mais les manifestations ont été tardives, peu suivies, et les commentaires limités à des généralités. Comme si les « insoumis » et les Verts, empêtrés dans leurs affaires mêlant violences faites aux femmes et batailles de leadership, n’avaient guère d’énergie à consacrer à un événement international majeur.

En réalité, la révolte antitchador des Iraniennes renvoie la gauche à une question qui n’a cessé de la fracturer depuis 1989, année de la fatwa contre Salman Rushdie lancée par l’ayatollah Khomeyni, et de l’exclusion d’élèves voilées d’un collège de Creil. Le foulard islamique est-il un accessoire vestimentaire dont la signification relève strictement de la libre interprétation individuelle ou bien un vecteur politique de domination ? La première réponse est majoritaire au sein de la gauche réunie dans la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).
Instrument d’oppression politique

« Si vous décidez comment les femmes doivent s’habiller, vous ne vous en sortirez pas », affirmait Jean-Luc Mélenchon, sur C8, en février, en évoquant le foulard des « grands-mères bonnes catholiques », qui « n’était pas un problème ». Un positionnement à rapprocher des 69 % des voix des électeurs musulmans, selon une étude de l’IFOP, que le leader de LFI a recueillies au premier tour de l’élection présidentielle d’avril. Quant à Sandrine Rousseau (Europe Ecologie-Les Verts), lors d’une interview sur LCP, fin 2021, elle disait se « désespér[er] que le corps des femmes et la manière dont elles habillent leur corps soient encore un sujet ». Affirmant que « les femmes qui sont voilées, ce n’est pas l’islam politique », elle estime que certaines « portent [le voile pour des raisons] qui sont juste un embellissement ».

Notons que Sandrine Rousseau a été largement sifflé lors du rassemblement à Paris et traitée de collabo compte tenu de ses positions particulièrement ambiguës sur le voile. NDLR

Pour la révolte du travail social

 Pour la révolte du  travail social 

Jean-Louis Laville et Anne Salmon appellent le travail social à l’indiscipline, afin que les personnes accompagnées participent à la réflexion sur les actions menées.

 

Le travail social ? « Le contraire d’un long fleuve tranquille, un champ de bataille, un monde désordonné », assure Marcel Jaeger, professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) dans la préface de l’ouvrage Pour un travail social indiscipliné. De fait, cet essai de Jean-Louis Laville, sociologue et économiste au CNAM, et d’Anne Salmon, philosophe et sociologue au CNAM, nous présente un secteur d’activité vibrant, traversé par d’intenses réflexions et débats sur ce qui doit définir ses actions.(le Monde)

Une question centrale résume cette introspection : « Quelles pratiques, quelles méthodes, quelles théories peuvent entrer en dialogue fructueux pour avancer vers des interventions au sein desquelles un ensemble élargi d’acteurs – personnes accompagnées, praticiens spécialistes du travail social, chercheurs en sciences sociales – réfléchissent et agissent effectivement de concert ? »

C’est cette problématique de l’association des acteurs en présence qui est à la source de l’ouvrage, et tout particulièrement celle de l’implication des publics bénéficiaires dans la conception des actions sociales. Car, les auteurs le rappellent, nous sommes à un moment charnière, caractérisé par « une forte demande de participation et de prise en compte des savoirs expérientiels » et où « les publics aspirent plus que jamais à être reconnus comme des citoyens, des sujets pensants et agissants ». L’ouvrage questionne donc le passage du « agir sur » au « agir avec les publics ».

Pour ce faire, M. Laville et Mme Salmon engagent une démarche épistémologique et proposent aux lecteurs de remonter le temps, pour saisir comment différents courants de pensée ont structuré les modalités d’action du travail social jusqu’à nos jours. Ce « travail critique » s’intéresse notamment à la philosophie de Platon et à la métaphysique classique inaugurée par Descartes (1596-1650).

Les théories élitistes de la connaissance y trouvent leur origine. Le savoir est perçu comme immuable, fruit de la théorie et non de la pratique, et ne peut être délivré par « l’homme ordinaire ». Le sociologue Emile Durkheim (1858-1917) « ne dit pas autre chose », soulignent les auteurs, qui le citent : « La vie sociale doit s’expliquer non par la conception que s’en font ceux qui y participent, mais par des causes profondes qui échappent à la conscience. » Un héritage culturel qui invite à ne pas intégrer les personnes accompagnées à la réflexion sur l’action sociale.

Impossible, sur de telles bases, de « construire des interventions de type participatif ». Pour autant, l’essai met en lumière plusieurs évolutions jugées favorables. Des courants de pensée, tout d’abord, qui invitent à « délaiss[er] la science en surplomb pour lui préférer une science en action » et à procéder à une « émancipation » face aux modèles en place. L’objectif étant de développer « une intervention sociale indisciplinée se défiant des orthodoxies ».

Gilets jaunes. La révolte des oubliés

 Gilets jaunes. La révolte des oubliés  

 

Un papier du Monde analyse livre de Pierre Blavier qui sonde, sur le terrain, une mobilisation qui a secoué la France et explore les modes de vie d’une frange de la société qui se sent oubliée.

 

 

Livre. 

 

« Donc ce ne sont pas seulement les taxes sur le carburant si je comprends bien ? – Non c’est tout. – Comment cela, tout ? – Tout, répéta-t-il comme s’il s’agissait d’une évidence. On ne peut plus supporter tout ça. » Tiré du roman de Gérard Delteil, Les Ecœurés (Seuil, 2019), cet échange entre un « gilet jaune » et un journaliste venu l’interviewer est certes inventé, mais il n’en reste pas moins éclairant : il y a là, bien au-delà de la taxe sur le carburant, le rejet d’un « tout ça », à la fois évident et informe, qui anime la révolte.

C’est avec cette citation que débute Gilets jaunes. La révolte des budgets contraints, l’ouvrage de Pierre Blavier, chargé de recherche au CNRS en sociologie et en science politique à Lille, au laboratoire Clersé. A travers une enquête de terrain sur la vie des ronds-points et les budgets des familles, le chercheur revient sur ce mouvement social qui a agité la France à partir de l’automne 2018 et fait, en quelques semaines, reculer le gouvernement. Il tente aussi d’éclaircir ce que les « gilets jaunes » nous ont appris sur la société française.

Il faut d’abord se rappeler que cette protestation, paradoxale à maints égards, a surpris les gouvernants, les spécialistes, les journalistes et l’opinion publique : elle tranche avec le répertoire d’actions collectives qu’a connues la France depuis plusieurs décennies. « Comment expliquer une telle mobilisation de la part de milieux dont de nombreux travaux ont souligné la distance au politique, leur sentiment d’incompétence en la matière et la faiblesse de leurs engagements citoyens ? », s’interroge le sociologue. Comment sont-ils parvenus à limiter à ce point la liberté de circulation sur tout le territoire métropolitain ? Comment ont-ils réussi à faire émerger et à maintenir une mobilisation d’une telle ampleur sans coordination par un parti, un syndicat ou un réseau associatif ?

L’ouvrage s’attache à répondre à ces questions en mettant l’accent sur ce qui a cimenté la mobilisation : son ancrage dans des milieux sociaux et des « modes de vie partagés par certaines franges de la population française », qui étaient jusqu’alors passés « sous les radars » et que le mouvement a brutalement poussés sur le devant de la scène. L’auteur mêle ainsi la question de l’engagement politique et des modes de vie, trop souvent traités séparément.

 

Cuba s’enfonce dans la misère et la révolte

Cuba s’enfonce dans la misère et la révolte

 

« Les gens manquent de tout, la situation économique et sociale est absolument horrible », a analysé lundi 12 juillet sur franceinfo Janette Habel, spécialiste de Cuba.

 

Interview sur France Info (extrait)

 

 

Pourquoi les manifestations interviennent maintenant ? Quelle est la goutte qui a fait déborder le vase ?

Janette Habel : La goutte qui a fait déborder le vase, elle existe depuis des mois, même beaucoup plus. La situation est terrible. Ce qui est même étonnant, c’est que ça ne se produise que maintenant. Les gens manquent de tout, la situation économique et sociale est absolument horrible. Il y a des problèmes d’alimentation, de médicaments, une pandémie de Covid-19 qui sévit comme sur tout le reste du continent, ainsi que dans les Caraïbes et en Amérique centrale. Cela aggrave considérablement la situation, il n’y a plus de tourisme, alors que l’économie est fondée dessus.

« Le fait qu’il n’y ait plus de tourisme fait qu’il n’y a plus de ressources. Le gouvernement est pris à la gorge, indépendamment des erreurs qu’il peut commettre. »

 

Si vous faites le tour de la situation, il y a eu en plus un cyclone Elsa, qui en a rajouté dans le désastre. Donc, on a la pandémie, la perte des ressources dues à l’absence de tourisme, plus d’envoi d’argent, plus de voyages, plus de transactions en dollars parce que tout ça est lié aux mesures prises par Donald Trump. Mais aussi des mesures économiques prises par le gouvernement au début de l’année qui ont aggravé les inégalités et la pauvreté, des coupures de courant parce que le pétrole qui arrivait du Venezuela n’arrive quasiment plus.

Tout ça dans un contexte de hausse de température, donc vous imaginez ce qui se passe dans les maisons avec les climatisations et les frigidaires qui se décomposent. Les médicaments, les vaccins, le manque de seringue, pas de technologie pour réparer ce qui ne marche plus… Le mécontentement social monte, ce n’est pas étonnant. La population n’en peut plus.

Les Cubains n’ont plus peur ?

Je pense qu’une partie de la population n’a pas peur à Cuba, c’est un peuple rebelle avec des grandes traditions. Le « je n’ai plus peur » doit concerner une petite partie de la population, mais je ne suis pas sûre que ce soit le sentiment général. Le sentiment majoritaire est que les gens veulent que ça change, ils protestent contre la politique menée par le gouvernement, dont ils ne savent pas très bien où elle va. Le gouvernement n’a pas caché les difficultés. Il a appelé ses partisans à descendre dans la rue face aux autres, il y a eu des gaz lacrymogènes, des arrestations… Il n’y a pas encore eu d’affrontements, il faut espérer qu’il y en aura pas, et que le gouvernement aura l’intelligence de les éviter.

Le pays est polarisé par la situation économique et sociale. Le premier problème ce sont les sanctions. Il faut quand même dire qu’avant tout autre chose, ce pays est victime depuis 62 ans de sanctions économiques absolument effarantes. Et d’un embargo qui ne cesse pas. C’est une politique de règlement de comptes, d’une partie aussi d’ailleurs de l’émigration cubaine aux États-Unis. Les responsabilités ne sont pas unilatérales. Il y a beaucoup de choses à dire sur la politique du gouvernement, mais ce n’est pas le seul fait du gouvernement. C’est une petite île de 11 millions d’habitants sans ressources, perdue au milieu de la mer des Caraïbes, à côté de la plus grande puissance du monde.

Ces manifestations spontanées, sont-elles susceptibles d’ébranler le pouvoir du Parti communiste ?

Oui c’est possible. D’abord, elles sont spontanées. Qu’ensuite, elles soient mises à profit, et qu’on essaye de les détourner au profit d’autres options politiques plus favorables aux États-Unis, certainement. Mais le point de départ, il est incontestablement spontané.

La société civile cubaine a beaucoup changé ces dernières années, elle a accès avec internet à des masses d’informations qu’elle n’avait pas auparavant. Ce sont des nouvelles générations, et il y a déjà eu des incidents au mois de novembre avec des artistes et des intellectuels, qui avaient été très mal gérés par le ministre de la Culture. Ces nouvelles générations sont traversées par des courants qui sont des tendances socio-politiques qui existent en Amérique latine, dans le monde. Ce n’est plus une société homogène comme elle a pu l’être dans le passé, c’est une société plus fragile. Le monopole du Parti communiste, et l’imposition d’une sorte de discipline de parti unique n’est pas possible, elle est absolument contre-productive.

Révolte des petits porteurs à Wall Street : un combat perdu d’avance ?

Révolte des petits porteurs à Wall Street : un combat perdu d’avance ?

C’est le point de vue de nombre de professionnels et institutionnels qui se montrent relativement condescendants et même maîtrisant vis-à-vis des boursicoteurs particuliers qui ont secoué Wall Street en réagissant notamment vis-à-vis des ventes à perte.. Paul Jorion, ancien banquier aux Etats-Unis, et auteur de nombreux ouvrages sur la crise financière de 2008, analyse pour La Tribune ces nouveaux rapports de force et leurs conséquences sur le fonctionnement sur les marchés. Une réaction assez classique de professionnels qui entendent que la bourse soit réservée aux gens sérieux. Une sorte de réaction très corporatiste car ce que les particuliers frondeurs ont mis en valeur c’est le système de valorisation notamment à travers les ventes à perte et globalement la spéculation.

 

Ces  particulier n’ont rien fait d’autre  que les professionnels de la vente à perte ; ces derniers  spéculent  à la baisse tandis que les particuliers de Wall Street ont spéculé à la hausse. Quant à sérieux de l’évaluation évoquée, il s’agit évidemment d’une foutaise dans la mesure où aucun élément pertinent ne peut justifier une cotation journalière avec de telles s évolutions. Cela relève de la spéculation.

 

Des groupes de boursicoteurs, mobilisés sur les réseaux sociaux, ont réussi à faire plier de grands fonds d’investissement de Wall Street, qui pariaient à la baisse sur plusieurs valeurs, dont l’enseigne américaine de jeux vidéo GameStop. Cette affaire marque-t-elle une rupture dans le fonctionnement des marchés ?

PAUL JORION - Des petits investisseurs ont en effet gagné beaucoup d’argent en se mettant d’accord sur des forums sur l’achat ou la vente d’une action. Cela fait plusieurs mois que cela dure. C’est une tactique très dangereuse car il vient toujours un moment où il n’y a plus d’acheteurs pour des prix de marché surfaits et la bulle se dégonfle. C’est ce qui semble d’ailleurs se passer sur GameStop.

C’est d’autant plus dangereux qu’une grande majorité de ces boursicoteurs, sans doute de bonne foi, ne comprend pas vraiment comment fonctionnent, en réalité, les marchés et par quels mécanismes se fixent les prix. Il faut pour cela une solide culture financière et économique, qui fait évidemment défaut sur ces réseaux sociaux. Rappelons simplement que le prix d’une action repose avant tout sur une actualisation des flux financiers futurs, qui détermine une valeur économique (fair value).

Par ailleurs, le jeu de l’offre et de la demande peut faire s’écarter, dans un sens ou dans l’autre, le cours par rapport à cette valeur économique mais, en général, dans des proportions raisonnables. Dans le cas de GameStop,…

CORONAVIRUS: révolte contre les mesures restrictives

CORONAVIRUS: révolte contre les mesures restrictives

 

À Marseille bien sûr très touché par la fermeture des bars et restaurants,  mais aussi à Paris concerné par les horaires des mêmes commerces et par les mesures restrictives des salles de gym, c’est la colère généralisée et même parfois la rébellion. Certains établissements ont en effet décidé de s’affranchir des règles imposées. Pour l’instant,  ce mouvement de protestation est loin d’être généralisé mais il montre le désespoir d’entreprise artisanale dont 20 à 30 % pourraient disparaître cette année.

Malgré la colère, l’Umih13, l’Union des métiers et industries de l’hôtellerie des Bouches-du-Rhône appel au respect de ces nouvelles règles temporaires.

« Nous leur avons dit, de toutes les manières et de tous les tons, de respecter l’arrêté, parce que si on ne respecte pas l’obligation comment on fait pour négocier, conclut auprès de BFMTV Fréderic Jeanjean, son secrétaire général.

Le risque n’est pas négligeable car au-delà des amendes pourrait y avoir la menace d’une fermeture définitive des établissements.

« On ne sort pas d’une révolte fiscale en augmentant les impôts » (Medef)

« On ne sort pas d’une révolte fiscale en augmentant les impôts » (Medef)

Le président du Medef conteste les critiques de Macron sur le rôle des partenaires sociaux et revient sur la crise des gilets jaunes (interview JDD°

Les propos d’Emmanuel Macron* après l’échec des négociations sur l’assurance chômage vous ont-ils choqué?
Je ne suis évidemment pas d’accord. Depuis dix ans, les pouvoirs publics ont nationalisé l’assurance chômage. Aujourd’hui, dernier clou dans le cercueil du paritarisme, on nous impose de négocier avec une lettre de cadrage ultra-cadrée. Notre mission était impossible. Ce ne sont pas les acteurs qui sont irresponsables, mais les règles qui les déresponsabilisent.

[...]

L’équité fiscale est au coeur des préoccupations…
La révolte des Gilets jaunes est une révolte fiscale. Elle n’est pas complètement absurde dans un pays où le taux de prélèvement atteint 48%. Tout le monde en paie trop, nous sommes à un stade de saturation qui fait que le consentement à l’impôt a disparu, chacun suspectant son voisin d’y échapper, y compris les entreprises entre elles. A 48%, le rendement fiscal n’est plus là, les gens ne vont pas faire des heures supplémentaires s’ils sont imposés en plus, ni prendre des risques entrepreneuriaux. La seule réponse possible à cette révolte, c’est de baisser rapidement les impôts.

 

Lesquels?
Il faut continuer à diminuer l’impôt sur les sociétés et s’attaquer aux impôts de production. Baisser aussi l’impôt sur le revenu des classes moyennes. La plus mauvaise réponse, ce serait d’accroître la pression fiscale, y compris sur les plus riches. Rétablir l’ISF ne va pas améliorer le sort des Français. On ne sort pas d’une révolte fiscale en augmentant les impôts.

Faire payer l’impôt sur le revenu par tous, une bonne idée?
C’est un principe intéressant, mais certains Français n’arrivent déjà pas à joindre les deux bouts! La question, c’est plutôt celle de l’efficacité du service public et d’une meilleure transparence au travers d’un nouvel acte de décentralisation. Redéfinir qui paie quoi, pour quelle efficacité. Ce manque de clarté est à l’origine de beaucoup de maux.

Permis de conduire : la révolte corpo des auto-écoles

Permis de conduire : la révolte corpo des auto-écoles

Le lobby des auto-écoles ne fait pas dans la dentelle, il considère que la perspective de formation en ligne pour le code de la route va augmenter le nombre de tués. En réalité, la question n’est pas sécuritaire mais économique. En effet l’obtention du permis de conduire devient d’un coût exorbitant pour les plus défavorisés notamment pour les jeunes. Et ne parlons pas du permis poids lourd qui heureusement est souvent cofinancé par les entreprises elles-mêmes. On se demande comment les auto-écoles peuvent prétendre mieux former à l’apprentissage du code que les plates-formes en ligne. Nombres d’enseignements se font désormais par voie d’Internet. En outre il ne s’agit pas d’apprentissage de la conduite proprement dite. En effet en dépit des réformes successives on apprend surtout aux candidats du permis à de conduire une machine et non à gérer une politique de risques. Par ailleurs le cout actuel du permis de conduire est scandaleux puisqu’il faut compter en moyenne de presque 2000 euros.  Une somme souvent inaccessible pour de nombreux jeunes qui pourtant ont un besoin incontournable de la voiture pour accéder à l’emploi. Puisqu’il s’agit d’un enjeu de société, l’apprentissage du code devrait être gratuit et dispensé notamment dans toutes les écoles. Le lobby des auto-écoles proteste donc contre l’agrément national qui va être accordé aux plates-formes en ligne pour l’apprentissage du code de la route.

. «Un agrément national signifie en effet que l’on n’a plus besoin de justifier d’une adresse et d’un établissement pour demander à travailler dans un département comme c’est le cas aujourd’hui», fulmine Patrice Bessone, le président du CNPA Éducation-Routière. Or pour ce dernier, sans local, on brade l’enseignement. «On empêche le développement des outils qui améliorent l’apprentissage comme le recours aux simulateurs de conduite», dit-il en pestant contre ce modèle en ligne, véritable miroir aux alouettes, selon lui. «Ces start-up affirment casser les prix. Mais des élèves mal formés vont rater leur permis et, devant le repasser, paieront finalement bien plus cher qu’avec une auto-école classique», dit-il. Cet enseignement via des plateformes, va jeter, selon lui, sur les routes des jeunes moins aguerris. La porte ouverte à davantage d’accidents. L’autre proposition qui ne passe pas concerne la possibilité pour l’élève de s’inscrire directement sur une plate-forme afin de passer les épreuves du permis. Aujourd’hui, les auto-écoles ont la main sur cette gestion en décidant qu’un candidat est prêt ou non à la conduite.

 

Pourquoi la révolte aux ronds-points ?

Pourquoi la révolte aux ronds points ?

 

On peut évidemment s’étonner de l’originalité du mouvement des gilets jaunes mais tout autant de la localisation du mécontentement sur les ronds-points. En réalité, une localisation pas tout à fait étonnante tellement les ronds-points sont nombreux et souvent inutiles en France. Certes certains ronds-points participent sans conteste de la sécurité routière mais beaucoup ne sont que le produit des fantaisies de maires qui ne savent pas trop comment dépenser l’argent public. Avec un nombre de ronds-points estimé entre 40.000 et 50.000, la France est championne du monde dans ce domaine. Incontestables en matière de sécurité, ces dispositifs routiers n’en sont pas moins très, voire trop coûteux et également inutiles sur le plan sécuritaire. Le prix d’un rond-point peut varier de 200 000 € à 1 million. La France compte six fois plus  plus de ronds-points qu’en Allemagne et environ dix fois plus qu’aux États Unis, où les feux tricolores aux carrefours sont préférés. Même dans les plus villages chaque maire veut son rond-point (parfois de 10m2, voire moins  ! On les implante y compris là où il y a pratiquement pas de circulation ou seulement sur un des axes. Autant dire que c’est la négation du caractère accidentogène d’une intersection qui seul doit justifier cet équipement. Il faut aussi ajouter aux dépenses d’équipement routier du rond-point des décorations complètement anachroniques qui en outre gênent la visibilité. Pas étonnant donc que les gilets jaunes aient choisit ses lieux publics pour exprimer leur colère. Ils auraient pu choisir d’autres lieux aussi inutiles comme des édifices publics peu ou  pas utilisés mais qui témoigne de la gloire de l’édile local. On se plaint souvent du manque de crédits des collectivités locales mais la vérité c’est qu’en général les élus croulent sous le poids des recettes qu’ils dépensent en équipement ou en personnel inutiles.

Gilets jaunes : la révolte des gueux contre les nantis

Gilets jaunes : la révolte des gueux contre les nantis

 

D’une certaine manière, le mouvement de gilets jaunes constitue une sorte de révolte de gueux contemporains. Pas forcément les plus pauvres, car ceux-là sont tellement désespérés qu’il ne compte plus que sur les restos du cœur ou la banque alimentaire pour survivre. La plupart des membres des gilets jaunes, eux, représentent les couches populaires et moyennes. Rappelons que le salaire net en France et 1750 € environ et la pension de 1100 €. Il s’agit de moyenne avec des dispersions évidemment. Le SMIC concerne directement à peu près 10 % de la population. Un SMIC à 1150 € nets et qui influence encore 20% d’autres salaires.  Dans les zones rurales et les petites villes,  il n’est pas rare de faire 50 à 60 km pour se rendre au travail. Soit un coût de 400 € par mois. La dépense la plus importante est celle du logement : de l’ordre 30 % du revenu soit en moyenne autour de 600 €. Avec deux salaires il est encore possible de s’en tirer mais avec un seul salaire, c’est la galère assurée. D’autant que cette catégorie ne peut prétendre à la plupart des allocations sociales. On objectera que le salaire en euros constants  est bien supérieur à ce qu’il était il y a 50 ans avec cette différence que les besoins ont considérablement évolué : les besoins en transport, en logement et aussi en dépenses contraintes (abonnements, assurances, impôts  etc.). Des dépenses contraintes représentent 60 % pour les moins favorisés et 20 % du pouvoir d’achat pour les plus aisés. Pour vivre aujourd’hui presque décemment il faudrait autour de 3000 € par ménage. On est loin du compte d’autant que nombre de familles ne compte qu’un salarié (et/ou un seul chef de famille). Il est clair que la partie de la population la plus aisée à largement profité des mutations économiques, sociales et technologiques. Il n’est donc pas surprenant, que ceux dont les revenus varient par exemple entre 5000 et 20 000 € se montrent très distants vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes considérés un peu comme des gueux, des incultes et des révoltés. Le problème c’est que notre société et notre économie a besoin de ceux qui sont en  en bout de chaîne. Tout est question d’équilibre, les différences de rémunération peuvent se comprendre. Il faut des couches populaires, des couches intermédiaires et les coûts supérieures mais quand le déséquilibre est indécent soit du fait des rémunérations, soit du fait de la fiscalité alors la révolte peut s’expliquer

 

Gilets jaunes: Colère, révolte ou révolution

Gilets jaunes: Colère, révolte ou révolution

Nombre d’experts, politologues, sociologues, historiens s’interrogent légitimement pour qualifier la nature du mouvement des gilets jaunes et sa perspective. Il  semble partager en commun cependant le fait que le mouvement des gilets jaunes ne peut être réduit à une action de parti d’extrême droite ou de gauche. En effet, le cœur des gilets jaunes semble particulièrement attaché à son indépendance politique. D’un certain point de vue, les gilets jaunes expriment aussi leurs doutes voir leur rejet des outils actuels de médiation (partis, syndicats, élus et autres institutions). S’agit-il d’une jacquerie éphémère ou d’une rupture politique plus fondamentale. Évidemment seul l’avenir pourra permettre de répondre à cette question. Il semble bien toutefois qu’il s’agisse cependant d’un mouvement général qui conteste non seulement la fiscalité mais au-delà le caractère injuste de la politique économique et sociale et même les conditions de la démocratie. Difficile de dire s’il s’agit d’une colère temporaire, d’une révolte ou d’une révolution. Peut-être pas d’une révolution qui impliquerait de jeter aux orties les institutions de la Ve République et leurs représentants mais la prise de conscience que le peuple des couches moyennes et populaires est désormais en capacité d’exprimer mécontentement et ses doléances et à tout moment. Une sorte de syndicat des citoyens pour peser sur les orientations économiques, sociales mais aussi environnementales et sociétales. On ne peut hypothéquer les formes organisationnelles que se donneront les gilets jaunes mouvement, syndicats de citoyens, partis politiques ou autres  Ce qui est certain c’est que l’expression publique des gilets jaunes a constitué un mouvement de réassurance identitaire pour nombre de catégories sociales auxquelles jusque-là on avait donné l’impression qu’ils n’existaient plus, ne pesaient plus. Chaque décision politique importante devra intégrer désormais le fait qu’à un moment ou un autre les gilets jaunes seront à nouveau capable de descendre dans la rue pour faire prendre en compte leur problématique.

 

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