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Sondage retrait de la réforme des retraites : 75 % des Français pour

Sondage retrait de la réforme des retraites : 75 % des Français pour

 

Un  sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info étude révèle que 75% des Français estiment que le gouvernement doit abandonner ou modifier son projet. Une mesure en particulier cristallise le débat: 46% sondés (+4% par rapport au 19 décembre) réclament le retrait du fameux âge pivot, fixé à 64 ans par l’exécutif. À peine annoncée par Édouard Philippe, cette mesure d’économie, qui vise à maintenir l’équilibre du système, avait été immédiatement qualifiée de «ligne rouge» par le numéro un de la CFDT, Laurent Berger.

Enfin, malgré leur soutien persistant au mouvement social, les Français ne plébiscitent aucun camp pour incarner la sortie de crise: que ce soit la CGT (63% de mauvaises opinions) ou le premier ministre Édouard Philippe (67% de mauvaises opinions), personne n’emporte l’adhésion. Idem pour le chef de l’État, Emmanuel Macron, dont les vœux du 31 décembre n’ont pas du tout convaincu. Au point que trois quarts des Français (75%) disent ne pas avoir été satisfaits par son allocution télévisée, et considèrent qu’il n’a ni «cherché à apaiser les Français» (57%), ni montré «qu’il était prêt à trouver des solutions au conflit actuel» (70%). Quant aux partis d’opposition, ils ne tirent pas non plus leur épingle du jeu: 75% des Français ont une mauvaise opinion de leur attitude dans ce conflit.

 

 

Avenir retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâchera rien

Avenir retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâchera rien

 

 

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme. Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022. Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps. Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection courent lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage. Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

 

Réforme des retraites : la démission d’Édouard Philippe pour résoudre la crise ?

Réforme des retraites : la démission d’Édouard Philippe pour résoudre la crise ?

 

Pour l’instant, l’opposition entre Macron et Édouard Philippe n’apparaît pas au grand jour. Reste qu’elle demeure latente dans la mesure où le chef de l’État voulait engager une grande réforme des retraites avec le maximum de soutien possible, ce qui supposait de la limiter aux aspects structurels. Édouard Philippe, lui , a nettement compliqué la réforme en y incluant des aspects conjoncturels qui ne paraissaient pas urgents : la fameuse réforme paramétrique avec notamment le totem de l’âge pivot. Dans son allocution de fin d’année macro a été très vague sur le sujet. Visiblement il s’est borné à renvoyer la patate chaude à son Premier ministre.

Ce dernier joue  une stratégie de pourrissement pour faire passer sa réforme. Certes aujourd’hui la mobilisation sociale paraît s’essouffler mais est bien difficile d’imaginer les perspectives. La France pourrait  un effet s’engager à nouveau dans un climat social délétère, style gilet jaune, qui ferait plonger la crédibilité et la popularité de Macron. Le conflit ne peut pas durer éternellement et le chef de l’État pourrait alors trancher en défaveur d’Édouard Philippe qui serait conduit alors  à démissionner. L’hypothèse n’est pas encore envisagée officiellement mais au sein de la majorité nombre de députés s’inquiètent  de l’entêtement d’un Premier ministre qui avec son totem de l’âge pivot paraît engager une certaine concurrence avec Macron en matière de détermination et de fermeté réformatrice. Citant nommément Édouard Philippe, le président demande à celui-ci de « trouver un compromis rapide » avec les syndicats afin que le gouvernement puisse se sortir de la nasse de la réforme des retraites. Une première pour Emmanuel Macron, qui dans ses vœux présidentiels précédents se contentait de faire référence au « Premier ministre » et à son « gouvernement ».

Cet usage de l’impersonnel, symptôme de la pratique très présidentialiste pour laquelle a opté le chef de l’État depuis son élection, a cédé la voie à une personnalisation pleine et entière du locataire de Matignon. Certains y voient une mise sous pression, une épée de Damoclès qui, en cas de non résolution du conflit opposant le gouvernement aux syndicats, aboutirait in fine à un changement de Premier ministre.

« Ça ravive la théorie selon laquelle Édouard Philippe pense à 2022″, évoque tout de go un député de l’aile gauche de La République en Marche auprès de BFMTV.com. Une hypothèse que colportait l’entourage d’Emmanuel Macron avant les vacances .

D’après ses détracteurs, la mise au pied du mur du Premier ministre permettrait de solder le bras de fer qui se jouerait depuis plusieurs semaines entre l’Elysée et Matignon. Lequel se résume ainsi: Emmanuel Macron et ses soutiens entendent mettre l’accent sur l’aspect social de la réforme, sur l’universalité du système de retraites à points, tandis qu’Édouard Philippe veut à tout prix rééquilibrer les finances dudit système, notamment via l’instauration d’un « âge pivot » à 64 ans.

Ce clivage, mis en exergue à maintes reprises selon que l’on se place du point de vue de l’Elysée ou de Matignon, aurait-il incité Emmanuel Macron à laisser un délai intenable à son Premier ministre avant de le remercier? Pour certains de  LaREM, Édouard Philippe a eu le tort de ne « pas jouer franc-jeu » vis-à-vis du chef de l’État depuis le début de cette séquence. C’est incompréhensible qu’il ait inclus l’âge pivot dans son discours devant le Cese. C’est à se demander s’il avait vraiment envie que la réforme passe.

« Le chômage des seniors, l’oubli de la réforme des retraites »

« Le chômage des seniors, l’oubli de la réforme des retraites  »

 

Le report de la de la retraite à leur que la plupart des seigneurs sont au chômage constitue une incohérence totale pour les chercheurs Thomas Capelier et Carole Tuchszirer dans une tribune au « Monde ».

Tribune

 

« Le recul de l’âge de la retraite est une constante des réformes engagées depuis le début des années 2010, une tendance à l’œuvre dans la plupart des pays européens. Mais la France se singularise par la difficulté à maintenir les seniors sur le marché du travail. Certes, le taux d’emploi des plus de 50 ans s’est accru sensiblement sur la période récente, mais la situation des seniors de plus de 60 ans exige de tirer la sonnette d’alarme.

Pour beaucoup, le report de l’âge de la retraite s’est traduit par une éviction pure et simple du marché du travail. Chez les 60-64 ans, le taux d’emploi plafonne à 31 % en 2018 ; 7,5 % d’entre eux sont au chômage, le plus souvent depuis plus d’un an, quand d’autres ont basculé dans l’inactivité et les minima sociaux. Aujourd’hui, près de 900 000 actifs de plus de 55 ans sont inscrits comme demandeurs d’emploi en catégories A, B, C. Sur dix ans, leur nombre n’a fait que croître : les plus de 60 ans sont aujourd’hui 300 000 à être inscrits à Pôle emploi, contre 50 000 en 2012.

Dans le débat actuel sur les retraites, on aborde l’emploi des seniors sous l’angle de l’allongement des carrières, du maintien en emploi, de la santé au travail. Mais comment le chômage des seniors est-il pris en compte ?

En juillet, la Cour des comptes regrettait « le délaissement des politiques en faveur de l’emploi des seniors » et « l’absence de stratégie nationale du service public de l’emploi » sur ce sujet. Durant plus de trente ans, les politiques publiques ont fait du traitement social du chômage et des mécanismes de cessation anticipée d’activité l’essentiel de la politique de l’emploi en direction des seniors. A partir du milieu des années 2000, les pouvoirs publics changent de cap. Pour relancer l’emploi des seniors, ils décident de mettre un terme à la logique des préretraites et aux dispositifs qui lui étaient associés : fin des garanties de ressources, de la dispense de recherche d’emploi, etc.

Malheureusement, aucune politique active de l’emploi n’a pris le relais de ces mesures dites passives pour favoriser le retour à l’emploi des seniors au chômage. Les « plans seniors » et le « contrat de génération » de 2012 ont fait long feu, et les quelques contrats aidés qui subsistent aujourd’hui ne ciblent pas le public des seniors, très faiblement représenté dans ces dispositifs. Sur les 140 000 contrats aidés signés en 2018 par les entreprises, seuls 47 000 concernent les actifs de plus de 50 ans. Seulement 16 % des chômeurs de plus de 50 ans ont pu bénéficier des parcours mis en place par les structures d’insertion par l’activité économique. Du côté de la formation professionnelle, même constat, puisque seulement 3 % des chômeurs de plus de 55 ans accèdent chaque année à des actions de formation. »

Démocratie: Pourquoi des députés En marche d’une telle nullité

 

Démocratie: Pourquoi  des députés En marche d’une telle nullité

 

L‘inconsistance, le manque d’expérience et de compétences de la quasi-totalité des députés En marche se vérifient chaque jour notamment lors leurs prestations  dans les médias. Visiblement, ces députés ne sont pas prêts à soutenir la comparaison avec leurs interlocuteurs dans les débats télévisés. Première observation, ils connaissent très mal les dossiers et se contentent  de répéter comme des perroquets les éléments de langage du type:   »retraite universelle , un euro égal un euro, système à points ». Plus récemment, le fameux slogan de Philippe,   » la réforme systémique est indispensable indissociable de la réforme paramétrique ». Aucun député ne se distingue vraiment de cette masse macroniste  composée pour l’essentiel d’arrivistes et de courtisans. Souvent de très jeunes gens frais émoulus d’instituts politiques , des instituts qui  n’apprennent  rien et surtout pas les réalités socio-économiques. On fera observer qu’il y a aussi quelques vieux crocodiles de la politique venus du parti des républicains ou des socialistes mais qui dans cette affaire particulière de la retraite évitent  de trop s’impliquer sachant qu’il y a surtout des coups à prendre compte tenu des contradictions du gouvernement. Pour preuve ,Macron a éprouvé bien des difficultés à trouver un remplaçant à Delevoye  et a dû se rabattre sur un député ancien DRH d’ Auchan sans véritable expérience politique et qui avait l’habitude de gérer les relations sociales à la hache. Il s’est surtout mis en évidence chez Auchan par la multiplication des plans de licenciement. Bref, comme la plupart de ses collègues députés, surtout un arriviste sans réelle  vision politique  autre que sa propre carrière.

 

Faut-il rappeler cet incident significatif de sa personnalité quand il a voulu licencier une déléguée CFDT quand il était responsable des ressources humaines dans le magasin Auchan de Béthune, dans le Pas-de-Calais. Une caissière, qui est par ailleurs à l’époque déléguée syndicale CFDT, offre à une cliente un pain au chocolat qui était trop cuit. Immédiatement mise à pied, elle est placée en garde à vue pour vol. « Cela a été d’une violence sans nom », témoigne sur franceinfo Guy Laplatine, à l’époque délégué régional pour la CFDT.  « Cela a fini par s’arranger et notre collègue a été réintégrée », poursuit Guy Laplatine. « C’est une erreur de jeunesse, après, il s’est calmé », assure-t-il. De son côté, Laurent Pietraszewski assume :  »Mon rôle a été d’examiner des éléments objectifs. Après avoir sollicité l’inspection du travail, j’ai pris cette décision. La collaboratrice ne l’a pas contesté aux prud’hommes », explique-t-il dans le journal L’Humanité. Le problème global des députés de la république en marche c’est qu’ils n’ont aucune légitimité politique. Ils ont profité de la vague Macron pour se faire élire là où de toute manière une chèvre aurait aussi été portée  par la vague macroniste. .En plus sans doute par mimétisme,  beaucoup reprennent cette posture de Macron qui combine la condescendance et le mépris. Il y a quelque chose de surréaliste à voir ces jeunes députés tenter d’expliquer des problématiques socio économiques qu’ils ne connaissent pas et donner des leçons d’intérêt général quand pour l’essentiel, ils  ne pensent  qu’à leur intérêt particulier.

 

Mais cette nullité des députés en marche n’est sans doute pas due au hasard . Elle correspond au caractère théocratique de la gestion du pouvoir de Macron. Lui seul s’estime qualifié pour décider. C’est aussi avec condescendance qu’il considère la plupart de ses collaborateurs. À dessein, il a choisi d’écarter toutes les personnalités politiques ayant réellement une certaine épaisseur et une certaine expérience. Voir par exemple avec quelle violence en public,  il a humilié Borloo et son excellent rapport sur les banlieues. En cause, le fait que Borloo représentait  évidemment un possible concurrent en 2022. Il est clair qu’on ne peut prétendre à des responsabilités politiques nationales sans avoir un passé une politique et une expérience socio-économique réelle. En général,  pour  former  un responsable national de parti, d’association ou de syndicat, il faut compter au moins une dizaine d’années. Là en quelques mois ont émergé les adeptes du macronisme dont  les compétences se limitent à répéter de manière malhabile et sans talent le discours du patron. Dans aucune organisation économique, politique sociale on ne peut devenir responsable national aussi vite que l’ont été les députés de Macron. Le même reproche peut être fait  à Macron, sorti de nulle part. On ne peut devenir président de la république à 39 ans sans le moindre passé politique, social voir même économique ( on peut même s’interroger sur la nature des fonctions réelles de Macron dans la banque). De la même manière qu’on peut s’interroger sur l’origine des fonds qui ont permis à Macron de financer sa campagne. (Une instruction judiciaire est en cours mais elle risque de durer longtemps !)

 

traites : Caricature de débat entre gauchistes   et réactionnaires  

 

En France le débat social est souvent réduit à une caricature entre le point de vue des gauchistes et celui des réactionnaires. Les chaînes d’info continue se régalent  de ce spectacle de Guignol parce qu’il hystérise  les positions et participe ainsi au spectacle médiatique en quête de sensationnalisme. Il y a quelque chose de surréaliste de part et d’autre. D’un côté,  il y a les positions des gauchistes qui s’appuient sur une idéologie révolutionnaire le plus souvent marxiste et de l’autre la droite la plus bête du monde qu’on trouve notamment au Medef, chez certains républicains et la bourgeoisie journalistique. Une tendance par ailleurs largement représentée dans le parti en marche, sorte de cocktail qui regroupe d’anciens socialistes mollassons en recherche autant d’idéologies que de carrières, de nombreux arrivistes sortis d’on ne sait où et d’anciens républicains psychorigides comme le Premier ministre par exemple. Des deux côtés, les positions obéissent davantage à des postures idéologiques qu’à une prise en compte de l’intérêt général. Certains leaders gauchistes vont même jusqu’à reconnaître que leur véritable objectif est la révolution ( et sans doute derrière un régime de type communiste comme peut-être en Chine où au Venezuela). De l’autre côté, on affirme sans vergogne, qu’il faut préserver les intérêts financiers des plus favorisés.

 

Ainsi sur la question de l’âge de la retraite, les positions sont inconciliables. Les républicains souhaitent un report de cet âge à 65 ans tandis que des gauchistes défendent des départs anticipés autour de 55 ans dans les régimes spéciaux. Deux positions complètement idiotes et injustes. La généralisation de la retraite à 65 ans est en effet complètement impossible pour certaines catégories sociales dont  les conditions de travail sont particulièrement difficiles voire accidentogènes. Pour cette catégorie, un âge de 60 ans est déjà très limite. En outre,  entre 60 et 65 ans, seuls 25 % sont encore actifs, les autres sont soit au chômage, soit en maladie, soit sans ressources autres que les aides sociales. La posture des gauchistes n’est ni réaliste, ni juste socialement. Les gauchistes  raisonnent par corporation, par statut et souhaite le maintien de la retraite autour de 55 ans y compris pour des sédentaires qui ont passé toute leur carrière dans les bureaux et qui n’ont pas été soumis à des contraintes de pénibilité. D’un côté, ces gauchistes veulent ignorer totalement l’environnement économique et financier.

 

De l’autre, les réactionnaires agitent le chiffon rouge de la faillite budgétaire pour mieux protéger les intérêts des privilégiés. Dans cet affrontement caricatural, il y a peu de place pour les syndicats de salariés réformistes et pour un patronat modéré. Il faut ajouter à cela le manque de culture économique générale aussi bien des gauchistes que des journalistes et autres experts dont beaucoup se contentent de propos de bistrot. Bref un débat assez lamentable, pas au niveau des enjeux ; un débat qui cumule  la caricature, l’incompétence et hypocrisie. Une situation pas tellement étonnante dans la mesure où la France cultive toujours la maladie du centralisme théocratique, les méthodes de l’ancien régime et refuse délibérément un paritarisme qui priverait de leurs pouvoirs les technocrates. De part et d’autre, ont fait ainsi émerger les plus radicaux, les plus forts en gueule et les plus incompétents. Pas étonnant qu’ avec de tels interlocuteurs la France soit presque ingouvernable.

 

Retraites : le gouvernement irresponsable choisit le pourrissement

Retraites : le gouvernement irresponsable choisit le pourrissement

Un gouvernement complètement irresponsable qui ne gère plus rien du tout depuis le 18 décembre concernant la crise sociale et promet simplement un nouveau rendez-vous pour le 7 janvier. En gros le gouvernement aura été en vacances pendant plus de 20 jours. Pas étonnant que certains membres de l’exécutif passent leur temps en vacances par exemple à Marrakech comme la principal ministre concerné, celle des transports.

Finalement il semble bien que le gouvernement n’ait pas retenu grand chose du conflit des gilets jaunes qui s’est complètement enlisé pendant des semaines et des mois. Pendant longtemps, le pouvoir s’est refusé d’abord à considérer ce mouvement puis à tenir compte des revendications avant de céder sur nombre d’entre elles. On a ainsi perdu des semaines et des mois avec des conséquences économiques sans parler de la détérioration de l’image du pays. Finalement, le même scénario recommence mais à la place des gilets jaunes on a désormais le mouvement des gilets rouges qui risquent de déborder bien au-delà du 1er janvier et sans doute de  s’étaler pendant des semaines voire des mois. Certes le pouvoir a fait quelques concessions mais il reste à les préciser, approfondir et concrétiser. En outre, elle n’en sont pas à la hauteur des enjeux. Et sur la question centrale du report de l’âge à 64 ans, le pouvoir est en train de perdre la bataille médiatique. D’une manière ou d’une autre, il devra lâcher mais il donne des raisons aux plus radicaux de prolonger l’agitation sociale voir même de susciter un mécontentement plus global concernant d’autres sujets par exemple sur les salaires.

Progressivement le gouvernement va lâcher y compris sur les régimes spéciaux, ce qui videra la réforme de son contenu. Mais pour l’instant les syndicats ont seulement obtenu la tenue de discussions début janvier sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière. Sur l’instauration progressive à partir de 2022 d’un âge pivot à 64 ans à l’échéance 2027, le chef du gouvernement a dit avoir pris acte de l’hostilité des syndicats, la CFDT au premier chef, mais maintient le principe de cette option “juste” selon lui pour rééquilibrer financièrement le système.

“Dès les premiers jours de janvier, nous consulterons les partenaires sociaux et je proposerai mi-janvier une méthode qui nous permettra soit d’atteindre un accord qui pourrait se substituer à la solution proposée, soit d’améliorer celle-ci en tenant compte des propositions des syndicats”, a-t-il précisé lors d’une déclaration à l’issue des discussions. “Ça ne veut pas dire qu’il n’y aurait que l’âge d’équilibre. Il y a des marges de manœuvre, elles ne sont pas immenses mais elles existent”, a-t-il ajouté, en se disant confiant en un accord avec, sans les nommer, les centrales réformistes de la CFDT et de l’Unsa, favorables au système par points.

“L’âge d’équilibre, ce n’est pas simplement demander à certains de partir un peu plus tard, c’est aussi pour beaucoup de permettre de partir beaucoup plus tôt”, a-t-il notamment plaidé alors que la CFDT reste fermement opposée à un scénario paramétrique “inacceptable”. Edouard Philippe a fait état d’”avancées” à l’issue de la discussion de jeudi, mais plusieurs d’entre elles figurent déjà dans le document de travail diffusé par ses services après son discours du 11 décembre, notamment sur la pénibilité, le forfait jours ou la retraite progressive. Il a en outre identifié des pistes d’amélioration pour le minimum contributif prévu par la réforme, parmi lesquelles une hausse “au-delà de 85% du smic” pour les carrières complètes. Tout en maintenant l’objectif d’une suppression des régimes spéciaux, il a indiqué que les discussions au sein de la SNCF et de la RATP avaient ouvert des voies d’aménagement. “En ce qui concerne les agents de SNCF au statut, le gouvernement confirme son accord pour la mise en place de mesures favorisant la progressivité de la mise en œuvre de la réforme et le respect des droits acquis”, a-t-il dit. Pour les agents de la RATP, “les derniers échanges ont permis d’aboutir à des avancées importantes sur la question des transitions, ces avancées sont sur la table, chacun les jugera.”

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, pour qui “rien n’a changé”, a appelé dès sa sortie de la réunion à une nouvelle journée d’actions interprofessionnelle le 9 janvier. Pour Yves Veyrier (FO), “le Premier ministre essaye de nous prendre dans une forme de piège”. “On nous propose des discussions très vite, mais avec une contrainte (…), le projet de loi est écrit”, a-t-il indiqué. “C’est au gouvernement d’appuyer sur le bouton pause”. “Il y a un désaccord sur la temporalité qui consiste à dire qu’il y aura besoin urgemment de mesures punitives pour les travailleurs et un désaccord sur la méthode elle-même”, a jugé Laurent Berger, tout en saluant “une volonté de dialogue” à l’issue de la réunion. “Si début janvier cet âge d’équilibre était toujours dans l’horizon, nous aurions des initiatives”, a ajouté le secrétaire général de la CFDT qui ne se joint pas à l’appel du 9 janvier.

 

Bilan politique de Macron depuis deux ans : Benalla, gilets jaunes, grève des retraites

Bilan politique de Macron depuis deux ans : Benalla, gilets jaunes, grève des retraites

 

 

Quand on fait l’analyse de l’action de Macron, force est de constater qu’il n’a cessé d’ajouter des bavures aux bavures. Chaque année a apporté son lot d’agitations, de scandales et de révoltes. Tout a très vite commencé puisque quelques mois seulement après son élection, Macron s’est complètement embourbé dans l’affaire Benalla qui témoignait des approximations du pouvoir et des tolérances dont certains familiers pouvaient bénéficier. De ce point de vue,  la protection dont a bénéficié Benalla demeure toujours suspecte. Ensuite l’année suivante, la France a connu l’une des plus grandes mobilisations de terrain avec les gilets jaunes. Une sorte de révolte populiste aux revendications assez contradictoires mais qui témoignait du ras-le-bol du centralisme, de l’abandon de nombre de territoires et des injustices sociales. La France a été la risée de nombre de commentateurs internationaux.

Là aussi ,Macron a manqué d’envergure, il s’est enfoncé dans la crise en refusant d’organiser une médiation avec les corps intermédiaires. Une attitude monarchique autant que théocratique qu’il a répété pour  la réforme des retraites qui aboutit un triste bilan dans la mesure où cela risque de paralyser le pays pendant des semaines voire des mois. En effet, pourquoi tant de précipitation, pourquoi tant d’impréparation pour une réforme qui n’entrera vraiment en fonction que lorsque Macron ne sera plus président de la république ( y compris s’il est réélu en 2022 ). Une réforme qui n’aura des effets significatifs que dans des  dizaine d’années  compte tenu des incertitudes économiques et des mutations de tous ordres.

Le bilan de Macron et assez maigre pour ne pas dire davantage. il n’est plus soutenu que par environ 30 % de l’opinion et 70 % condamnent sa politique dans le champ socio économique. Même bilan à l’international où Macron s’est cru un peu trop vite le nouveau leader du monde. Il a vite déchanté car son arrogance et sa méconnaissance l’on fait tomber de son piédestal. Aujourd’hui les relations dans jamais été détestable aussi bien avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’ Italie, les pays de l’Est et bien d’autres. Comme les Français , nombre de pays  supportent plus la suffisance et l’arrogance de ce  monarque républicain qui a tendance à se prendre pour Napoléon. Témoin lors de  son investiture: cette  de cérémonie grandiose et ridicule au Louvres. Macron a confondu le mandat de président avec celui de monarque républicain.

Retraites : Pourquoi seulement le 7 janvier la reprise des négociations

Retraites : Pourquoi seulement  le 7 janvier la reprise des négociations

 

On peut légitimement se demander à quoi joue le gouvernement. En effet, il aura fallu attendre hier pour que le Premier ministre se réveille pour indiquer que la reprise des négociations aura lieu dans une quinzaine de jours à savoir le 7 janvier. Une attitude évidemment complètement irresponsable. On comprend mal que le gouvernement se soit mis en vacances alors que le pays est affecté par des troubles sociaux. Il est clair qu’en la  circonstance le gouvernement a choisi la stratégie du pourrissement. Le problème c’est que cette même stratégie du pourrissement a été utilisée sans succès vis-à-vis des gilets jaunes et que le pays s’est enfoncé dans la chienlit pendant  des mois. Ce qui risque de se reproduire avec ce qu’on peut appeler maintenant les gilets rouges. Le gouvernement joue dangereusement avec le feu. Il ne faut guère espérer que les radicaux gauchistes atténuent leur action. Certes la participation aux grèves va connaître sans doute des mouvements de yo-yo sur une tendance baissière mais elle risque d’être compensée par le réveil de certaines catégories sociales qui pourraient protester non seulement vis-à-vis des retraites mais de manière plus générale vis-à-vis des conditions de travail et des salaires ( hôpital ou enseignement par exemple). En dépit des appels à la trêve lancés par l’exécutif pour les fêtes de fin d’année, les transports restent donc très perturbés et le ton est monté d’un cran dans le secteur de l’énergie avec le vote par les salariés de la mise à l’arrêt de plusieurs raffineries.

Face au blocage persistant, le gouvernement a enfin annoncé une nouvelle séries de discussions avec les partenaires sociaux qui s’ouvriront le 7 janvier. Elles se déclineront ensuite pendant tout le mois avec les ministres et secrétaires d’Etat concernés et porteront sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière. Le Premier ministre Edouard Philippe présentera également dans la semaine du 6 janvier une “méthode de travail” pour l’équilibre financier du système, a précisé Matignon dans un communiqué. Une nouvelle journée interprofessionnelle de manifestations et de grève est d’ores et déjà prévue le 9 janvier à l’appel de l’intersyndicale mobilisée contre la réforme (CGT-FO-FSU-Solidaires-FIDL-MNL-Unef-Unl).

Dans le collimateur des manifestants et des grévistes, la réforme du système des retraites voulue par Emmanuel Macron qui prévoit le remplacement des 42 régimes existants par un système universel par points, un changement perçu par ses détracteurs comme la porte ouverte à une précarisation des retraités. Le gouvernement continue de défendre l’instauration d’un âge pivot à 64 ans à l’échéance 2027, une option qu’il juge “juste” pour rééquilibrer financièrement le système mais un casus belli pour les syndicats réformateurs au premier rang desquels la CFDT. On peut quand même s’interroger pourquoi on attend encore 15 jours pour négocier alors qu’une partie des transports bloque la vie économique et sociale.

SONDAGE grèves retraites : le tripatouillage des médias

SONDAGE  grèves retraites : le tripatouillage  des médias

 

Les  médias ( dont les journalistes sont pour la plupart en vacances) reprennent bêtement le sondage du JDD pour la soutien à la grève . Pourtant 68% soutenaient la grève selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé il y a quelques jours  pour Le Figaro et France Info, mais le JDD annonce curieusement qu’ ils ne sont que 31% des personnes interrogées par l’IFOP .  

« C’est le plus bas niveau de soutien depuis le début du mouvement, il y a deux semaines  » affirme encore le JDD. Bien entendu,  les sondages évoluent mais là on a perdu en route 37 % ! L’explication n’est pas tellement méthodologique mais surtout politique. Le JDD appartient à Lagardère, un des soutiens inconditionnels à Macron. Le rédacteur en chef du JDD se déclare d’ailleurs officiellement macroniste  et ne cache pas ses opinions dans ses différentes apparitions notamment sur les chaînes d’information continue. Même tonalité dans plusieurs médias désormais détenus par les financiers qui ont soutenu Macron.  Lagardère, patron du JDD,  qui n’a jamais fait dans la dentelle dans ses médias sait parfaitement que la bataille de la retraite se jouera sur la question du soutien de l’opinion publique. Du coup, on n’hésite pas à tordre les sondages. Pas étonnant que le JDD sorte de cocktail du sensationnalisme, sur fond de soutien au  pouvoir perde autant de lecteurs depuis des années. On trouve là les raisons du rachat de la plupart des médias par les financiers; en même temps que  la raison de la désaffection du public pour ces médias très orientés.

D’après le sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info  Depuis le 5 décembre, près d’un Français sur deux (48 %) et une large majorité de Parisiens (78 %) ont subi les perturbations liées au mouvement de grève. Pourtant, 66 % des Français continuent d’estimer que ce mouvement contre le projet de réforme des retraites est justifié. La raison de ce paradoxe: «Une majorité de Français ne fait pas confiance au gouvernement pour la mise en place d’un nouveau système, et l’âge pivot ou d’équilibre passe très mal, explique Céline Bracq, directrice générale de l’institut Odoxa. C’est surtout la jeune génération (née en 1975 ou après), concernée par la réforme qui trouve le mouvement justifié (78 %), tandis que leurs aînés ne sont que 57 % à le dire.»Cette réforme et son point cardinal, l’instauration d’un système universel avec des règles communes de calcul des pensions, ne recueille l’assentiment que d’une faible minorité de Français (23 %). Selon les autres, il faut que le gouvernement renonce à la réforme (35 %), comme le demande la CGT de Philippe Martinez, ou qu’il la modifie en abandonnant la piste d’un âge pivot de 64 ans nécessaire pour toucher une retraite à taux plein (42 %), comme le réclame la CFDT de Laurent Berger.

Alors que le gouvernement s’évertue à affirmer qu’il n’est pas question de toucher à l’âge légal, «la mesure de l’âge pivot est bel est bien assimilée à un recul de l’âge de départ à la retraite, analyse Céline Bracq. Les Français en veulent d’autant moins qu’elle n’avait pas été annoncée par le candidat Emmanuel Macron».

Retraites : « une pratique de négociation de l’ancien régime  » (Jean-Marie Pernot, politiste)

Retraites : « une pratique de négociation de l’ancien régime  » (Jean-Marie Pernot, politiste)

Jean-Marie Pernot, politiste, chercheur associé à l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales)  analyse, dans une tribune au « Monde », le conflit actuel sur les retraites qui, selon lui, s’inscrit dans la continuité d’un refus de négocier un compromis qui caractérise les pratiques de l’Etat français depuis l’Ancien Régime.

 

 

«  La France vit ces temps-ci une séquence bien connue, facile à anticiper et dont on est surpris que quelqu’un puisse en être surpris. Toute annonce brutale de changement des régimes spéciaux de retraites – et plus encore l’annonce de leur suppression – provoque des grèves plus ou moins importantes et durables dans le secteur public, et un immanquable blocage des transports. Les années 1995 et 2003 sont encore dans les mémoires, et personne parmi les initiateurs de la réforme ne peut prétendre ignorer cette quasi-loi de physique sociale.

La répétition du même incite à chercher les causes de telles récurrences. Il y a certes le côté chiffon rouge de toute annonce de réforme perçue comme autant de réductions des droits ; il est commode également d’évoquer nos institutions, la Ve République, l’avilissement progressif du Parlement et l’état de mort clinique des arènes de discussion extérieures au périmètre de l’Elysée. On peut également souligner l’arrogance des « certitudes technocratiques » (Pierre Bourdieu) en rapport avec la sociologie des élites au pouvoir, laquelle se caractérise par l’entre-soi et une coupure assez générale avec la vie de la grande majorité des citoyens.

Il y a enfin des interrogations autour de la « culture » syndicale de la négociation, mais cette question-là en appelle d’autres. Les syndicats ne vivent pas dans l’éther mais dans la société, les conduites et les représentations qu’ils véhiculent se sont construites dans l’interaction avec les autres acteurs des relations sociales, le patronat et l’Etat. Et il serait hasardeux de prétendre sans autre examen que ces acteurs-là auraient par définition la culture de la négociation et du compromis.

Pour éclairer quelque peu ces questions, il importe de prendre en compte la longue durée. La grève d’août 1953 contre un projet de réforme des régimes spéciaux nous renvoie à des temps antérieurs à la VRépublique et au rôle de l’énarchie. Le président du Conseil, Joseph Laniel, annonçait une réforme, début août, sans autre détail sinon un rallongement conséquent de la durée d’activité des agents publics.

Deux semaines plus tard, le pays comptait 4 millions de grévistes, soutenus par l’opinion publique. Le pouvoir dut reculer, mais sans négocier. Des tractations eurent lieu à l’Elysée, occupé alors par le socialiste Vincent Auriol, où se mêlaient diverses influences mais sans présence syndicale. »

 

Retraites : Une réforme précipitée et mal évaluée (Raymond Soubie, Président d’Alexio )

Retraites : Une réforme précipitée et mal évaluée  (Raymond Soubie, Président d’Alexio )

 

Raymond Soubie, Président d’Alexio et ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, a estimé lors du club de l’économie du monde du 19 décembre que la réforme avait été mal préparée et qu’on avait surtout mal évalué ses conséquences.

« Depuis vingt ans, toutes les réformes des retraites ont eu les mêmes objectifs et les mêmes conséquences sociales. Le premier objectif consiste à trouver les ressources nécessaires à l’équilibre financier des régimes. La réforme de 2002 a porté sur l’allongement de la cotisation. Celle de 2010 a reporté l’âge de départ de 60 à 62 ans, la réforme de Marisol Touraine, en 2013, toujours en cours, a été un allongement de la durée de cotisation jusqu’en 2035. L’autre objectif a été de rapprocher progressivement les régimes de retraite entre eux.

Aujourd’hui il y a deux sujets. L’un était voulu, l’autre ne l’était pas. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a été séduit par la réforme systémique portée par quelques économistes. Elle présentait le mérite d’être universelle et d’une certaine manière hégélienne. Elle portait en elle la fin de l’histoire et promettait le basculement dans un système idéal. Emmanuel Macron a eu un coup de foudre intellectuel. Entre parenthèses, la CFDT a eu ce même coup de foudre. Et, déjà, en 2010, son secrétaire général, François Chérèque, prédécesseur de Laurent Berger, a défendu devant moi ce système.

La réforme a été très étudiée par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, mais il n’y a pas eu d’analyse suffisamment précise des conséquences sur les différentes catégories professionnelles. Le gouvernement a été précipité dans ce sujet sans l’avoir préparé. Dorénavant, sa priorité absolue est d’arrêter le mouvement à la RATP et la SNCF. L’âge pivot est un sujet intéressant, mais ce n’est pas là que se joue le conflit.

Le mouvement n’est pas parti des syndicats, mais de la base. Le problème de Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA, comme de Laurent Berger, est de savoir jusqu’où ils peuvent s’engager. Ils ne sont pas certains que les bases l’acceptent. Certains prétendent que les négociations sont à Matignon. C’est inexact. Elles se passent entre les dirigeants des entreprises et les syndicats de la SNCF et de la RATP. C’est le cœur du sujet. »

 

SONDAGE retraites : le tripatouillage des médias

SONDAGE retraites : le tripatouillage  des médias

 

68% soutenaient la grève selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info, mais le JDD annonce curieusement qu’ ils ne sont que 31% des personnes interrogées par l’IFOP .  

« C’est le plus bas niveau de soutien depuis le début du mouvement, il y a deux semaines  » affirme encore le JDD. Bien entendu,  les sondages évoluent mais là on a perdu en route 37 % ! L’explication n’est pas tellement méthodologique mais surtout politique. Le JDD appartient à Lagardère, un des soutiens inconditionnels à Macron. Le rédacteur en chef du JDD se déclare d’ailleurs officiellement macroniste  et ne cache pas ses opinions dans ses différentes apparitions notamment sur les chaînes d’information continue. Même tonalité dans plusieurs médias désormais détenus par les financiers qui ont soutenu Macron.  Lagardère, patron du JDD,  qui n’a jamais fait dans la dentelle dans ses médias sait parfaitement que la bataille de la retraite se jouera sur la question du soutien de l’opinion publique. Du coup, on n’hésite pas à tordre les sondages. Pas étonnant que le JDD sorte de cocktail du sensationnalisme, du populisme sur fond de soutien au  pouvoir perde autant de lecteurs depuis des années. On trouve là les raisons du rachat de la plupart des médias par les financiers en même temps que  la raison de la désaffection du public pour ces médias très orientés.

D’après le sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info  Depuis le 5 décembre, près d’un Français sur deux (48 %) et une large majorité de Parisiens (78 %) ont subi les perturbations liées au mouvement de grève, selon le sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info. Pourtant, 66 % des Français continuent d’estimer que ce mouvement contre le projet de réforme des retraites est justifié. La raison de ce paradoxe: «Une majorité de Français ne fait pas confiance au gouvernement pour la mise en place d’un nouveau système, et l’âge pivot ou d’équilibre passe très mal, explique Céline Bracq, directrice générale de l’institut Odoxa. C’est surtout la jeune génération (née en 1975 ou après), concernée par la réforme qui trouve le mouvement justifié (78 %), tandis que leurs aînés ne sont que 57 % à le dire.»Cette réforme et son point cardinal, l’instauration d’un système universel avec des règles communes de calcul des pensions, ne recueille l’assentiment que d’une faible minorité de Français (23 %). Selon les autres, il faut que le gouvernement renonce à la réforme (35 %), comme le demande la CGT de Philippe Martinez, ou qu’il la modifie en abandonnant la piste d’un âge pivot de 64 ans nécessaire pour toucher une retraite à taux plein (42 %), comme le réclame la CFDT de Laurent Berger.

Alors que le gouvernement s’évertue à affirmer qu’il n’est pas question de toucher à l’âge légal, «la mesure de l’âge pivot est bel est bien assimilée à un recul de l’âge de départ à la retraite, analyse Céline Bracq. Les Français en veulent d’autant moins qu’elle n’avait pas été annoncée par le candidat Emmanuel Macron».

 

Sondage Retraites : 57% des patrons contre la réforme

Sondage Retraites : 57% des patrons contre la réforme

 

Selon le dernier baromètre réalisé par OpinionWay pour La Tribune, LCI et CCI France, une majorité de dirigeants (57%) interrogés indique que le gouvernement doit modifier son projet de loi ou le retirer. A l’opposé, seulement 26% estiment que l’exécutif doit le maintenir tel quel. Enfin, 16% n’ont pas souhaité se prononcer. Il faut souligner que les entretiens  »ont débuté le lundi 9 décembre, soit deux jours avant la présentation par Edouard Philippe du projet de réforme des retraites, et se sont terminées le lundi 16 décembre 2019″ tient à préciser l’organisme de sondages.

De son côté, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a expliqué que l’organisation patronale était dans une position inconfortable actuellement. « Le paradoxe c’est qu’on était pas du tout demandeur de cette réforme. La retraite à point, c’est une vieille idée de la CFDT », et « c’était dans le programme du président de la République », a-t-il déclaré au micro de RMC/BFMTV. Interrogé sur son soutien au projet gouvernemental, M. Roux de Bézieux a nuancé: « Ce n’est pas qu’on y adhère, c’est que maintenant qu’il est sur la table, il faut qu’il soit équilibré ». Après la présentation de projet par Edouard Philippe le 11 décembre, le président du Medef avait estimé que les propositions du Premier ministre représentaient un  »bon équilibre » entre une « réforme redistributive » et la nécessité de « travailler plus longtemps ».

Dans le détail, 42% des chefs d’entreprise ont déclaré que le gouvernement devait modifier son projet. Sur ce total, 21% souhaitent une modification à la marge du projet de réforme et 21% plaident pour une modification en profondeur. Derrière cette moyenne, des disparités entre les secteurs  subsistent. Si 52% des industriels veulent que l’exécutif procèdent à une modification du projet, ils ne sont que 37% dans la construction. Dans les services, ils sont 43% exprimer cet avis contre 41% dans le commerce.

Le calcul de la retraite par points constitue un point d’achoppement majeur dans le débat explosif sur la réforme. Le principe « d’un euro cotisé donnant les mêmes droits » a été fortement contesté par des économistes et des syndicats. Chez les dirigeants, les avis sont partagés. 53% ont répondu qu’ils étaient favorables au passage de la retraite à points pour tous. 8% sont tout à fait favorables et 45% sont plutôt favorables. A l’inverse, 24% ont signalé qu’ils étaient plutôt opposés, 10% tout à fait opposé, et 13% ont répondu qu’ils ne savaient pas.

Sur la question de l’allongement de la durée de cotisation, une majorité de répondants (49%) ont déclaré qu’ils étaient opposés à cette proposition. En revanche, 39% des personnes interrogées étaient plutôt favorables, 3% étaient très favorables et 8% ont répondu qu’ils ne savaient pas .

SONDAGE retraites : le bidouillage commence

SONDAGE retraites : le bidouillage commence

 

68% soutenaient la grève selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info, mais le JDD annonce curieusement qu’ ils ne ssnt que 31% des personnes interrogées par l’IFOP pour le JDD « 

« C’est le plus bas niveau de soutien depuis le début du mouvement, il y a deux semaines  » affirme encore le JDD. Bien entendu,  les sondages évoluent mais là on a perdu en route 37 % ! L’explication n’est pas tellement méthodologique mais surtout politique. Le JDD appartient à Lagardère, un des soutiens inconditionnels à Macron. Le rédacteur en chef du JDD se déclare d’ailleurs officiellement macroniste  et ne cache pas ses opinions dans ses différentes apparitions notamment sur les chaînes d’information continue. Lagardére, patron du JDD,  qui n’a jamais fait dans la dentelle ndans ses médias sait parfaitement que la bataille de la retraite se jouera sur la question du soutien de l’opinion publique. Du coup, on n’hésite pas à tordre les sondages. Pas étonnant que le JDD sorte de cocktail du sensationnalisme, du populisme sur fonds de soutien au  pouvoir perde autant de lecteurs depuis des années. On trouve là les raisons du rachat de la plupart des médias par les financiers en même temps que  la raison de la désaffection du public pour ces médias très orientés.

D’après le sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info  Depuis le 5 décembre, près d’un Français sur deux (48 %) et une large majorité de Parisiens (78 %) ont subi les perturbations liées au mouvement de grève, selon le sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info. Pourtant, 66 % des Français continuent d’estimer que ce mouvement contre le projet de réforme des retraites est justifié. La raison de ce paradoxe: «Une majorité de Français ne fait pas confiance au gouvernement pour la mise en place d’un nouveau système, et l’âge pivot ou d’équilibre passe très mal, explique Céline Bracq, directrice générale de l’institut Odoxa. C’est surtout la jeune génération (née en 1975 ou après), concernée par la réforme qui trouve le mouvement justifié (78 %), tandis que leurs aînés ne sont que 57 % à le dire.»Cette réforme et son point cardinal, l’instauration d’un système universel avec des règles communes de calcul des pensions, ne recueille l’assentiment que d’une faible minorité de Français (23 %). Selon les autres, il faut que le gouvernement renonce à la réforme (35 %), comme le demande la CGT de Philippe Martinez, ou qu’il la modifie en abandonnant la piste d’un âge pivot de 64 ans nécessaire pour toucher une retraite à taux plein (42 %), comme le réclame la CFDT de Laurent Berger.

Alors que le gouvernement s’évertue à affirmer qu’il n’est pas question de toucher à l’âge légal, «la mesure de l’âge pivot est bel est bien assimilée à un recul de l’âge de départ à la retraite, analyse Céline Bracq. Les Français en veulent d’autant moins qu’elle n’avait pas été annoncée par le candidat Emmanuel Macron».

Retraites-Macron: le verbeux se tait !

Retraites-Macron: le verbeux se tait !  

 

Macron qui ne se prive pas de parler sur tout et tout le temps, cette fois se  montre particulièrement discret sur l’évolution du conflit relatif à la réforme des retraites. Quand il parle, c’est un peu comme la pythie de Delphes, il faut un interprète pour comprendre le  récent message de l’Élysée .  Emmanuel Macron “n’abandonnera ni ne dénaturera” le projet de réforme des retraites défendu par le gouvernement mais des modifications pourront y être apportées à la lumière des discussions avec les syndicats, a-t-on dit mercredi à l’Elysée. C’est le fameux en même temps de Macron qui sans doute d’un côté doit soutenir -ou faire semblant- son premier ministre très droit dans ses bottes vis-à-vis de des mesures paramétriques notamment concernant l’âge  pivot de 64 ans (pour l’instant) mais visiblement Macron commence à prendre du champ pour pouvoir le moment venu contredire le chef du gouvernement en retirant l’essentiel de la réforme. On voit mal d’ailleurs comment maintenant on pourrait trouver un compromis tellement les positions sont figées. La seule solution politique pour Macron sera d’affirmer qu’il maintient sa volonté réformatrice et sa fameuse réforme des retraites mais en consentant des reculs et des compensations qui finalement videront la réforme de son contenu et surtout risquent de coûter beaucoup plus cher que le système actuel. Aujourd’hui une large majorité de Français s’opposent  à cette réforme des retraites mêmes s’ils approuvent le principe. Ce qui est condamné c’est à la fois le contenu est sans doute surtout la méthode théocratique de Macron et de son gouvernement. Pour vérifier ce  qui caractérise la position du président de la république, il suffit d’écouter les propos de l’inénarrable porte-parole gouvernement , Sibeth Ndiaye, qui comme son patron, noie  ses contradictions et ses insuffisances dans une diarrhée verbale inarrêtable. Dans cette affaire, Macron n’a pas fait  preuve d’une grande responsabilité. Il est en particulier inadmissible que les consultations s’étalent sur autant de temps, inadmissible aussi que le premier ministre se montre dans l’incapacité d’élaborer un compromis qui satisfasse au moins les syndicats réformistes étant entendu que les syndicats radicaux vont demeurer sur le rejet total de la réforme quelle  que soit l’évolution de son contenu. De toute façon, Macron devra choisir entre un compromis qui mette fin à la chienlit qui s’installe dans le pays et  la position idéologique incompréhensible de son Premier ministre. L’enjeu politique aujourd’hui consiste à choisir entre ce compromis ou le départ d’Édouard Philippe. Sans doute ce que signifie le message très confus de la pythie de l’Élysée qui consiste à affirmer en même temps le soutien à la réforme mais des modifications probables qui vont en fait contredire la posture du Premier ministre.

Retraites: Macron équilibriste entre marqueurs de droite et concessions sociales ( Jérôme Jaffré)

Retraites: Macron équilibriste entre marqueurs de droite et concessions sociales ( Jérôme Jaffré) 

 

Lors du club de l’économie du Monde , Jérôme Jaffré, directeur du Cecop (Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique) a décrypté la problématique très politique de Macron vis-à-vis des retraites. En effet, il doit en même temps plaire aux électeurs de droite mais aussi ne pas trop déplaire à la gauche qui a contribué à son élection mais qui le lâche aujourd’hui.

 » Il faut s’arrêter sur l’affront fait à la CFDT. Au premier tour de la présidentielle de 2017, 48 % des sympathisants de ce syndicat avaient voté Emmanuel Macron. Aujourd’hui, le président de la République leur tourne le dos en instituant une mesure d’âge qui hérisse Laurent Berger. Pourquoi ? On peut émettre une hypothèse : s’il n’avait proposé qu’une réforme systémique, le président de la République se serait exposé aux vives critiques de l’électorat de droite qui lui aurait reproché de construire une usine à gaz, de distribuer des milliards, de creuser les déficits et de mal gérer le pays. Politiquement, c‘était très dangereux. Le risque était de devoir agir en urgence juste avant la présidentielle de 2022. Tant qu’à avoir un conflit, autant essayer de régler tous les problèmes en même temps.

En adoptant une telle posture, le chef de l’Etat espère conforter son image de réformateur tout en incarnant le retour de l’autorité, axe majeur pour séduire l’électorat de la droite mais il y a trois risques : le pourrissement, l’isolement, le ressentiment.

Le pourrissement fait que les grévistes devront un jour reprendre le travail, mais s’ils le font avec le sentiment qu’il y a eu un minimum de concession, la cohésion sociale du pays sera en souffrance. Or, le président de la République en est le garant.

L’isolement est la marque du macronisme : pas d’allié, pas de soutien. Au-delà des « marcheurs », qui ne sont qu’un club de supporteurs, les soutiens sont faibles dans le pays. Cela peut devenir dangereux en vue d’un éventuel second quinquennat car, si le ressentiment devient trop fort, une partie des électeurs peut considérer que le choix se fait entre la peste et le choléra. Même dans l’hypothèse d’un duel face à Marine Le Pen en 2022, Emmanuel Macron a besoin de récupérer une partie des électeurs de gauche. C’est la raison pour laquelle il a laissé dire qu’il fallait assouplir par rapport à ce que le premier ministre, Edouard Philippe, avait dit. L’assouplissement est une condition absolue pour surmonter le conflit, mais il faut en même temps garder un certain nombre de marqueurs, annoncer qu’on a réussi à mettre fin aux régimes spéciaux, même s’il faut examiner derrière les transitions. Assouplissement et marqueurs : c’est cet équilibre que recherche Emmanuel Macron. »

Réforme retraites : les inspirateurs de Macron trahis ?

Réforme retraites : les inspirateurs de Macron trahis ?

 

L es inspirateurs de la réforme Macron sur les retraites n’ont pas été trahis comme ils l’affirment , c’est le principe même système universel qui est  en cause.  Répondant à Philippe Aghion, Antoine Bozio, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, quatre économistes affirment, dans une tribune au « Monde », qu’un système universel à points, même appliqué dans sa « pureté », ne fera qu’accroître les inégalités.

 

   »Dans l’Antiquité, certains philosophes ambitionnaient le rôle de conseiller du prince. Depuis quelques décennies, capitalisme oblige, ce rôle est dévolu aux économistes. Ainsi, quatre économistes mainstream parmi les plus reconnus, qui avaient participé à la rédaction du programme du candidat Macron, ont publié dans Le Monde du 11 décembre une tribune dans laquelle ils se désolent de ne pas avoir été écoutés par le gouvernement. Ils se plaignent que la mise en place d’un régime unique par points ne se fasse pas dans sa pleine pureté « systémique ».

Ils pointent très justement la contradiction dans laquelle se noie le gouvernement : « Si la réforme est injuste ou anxiogène, les délais (pour l’appliquer) ne résoudront rien. Si comme nous le pensons, elle est socialement juste et économiquement efficace, pourquoi la retarder ? » C’est le bon sens même. Mais cette réforme est-elle socialement juste et économiquement efficace ? C’est toute la question…

Pour nos quatre économistes, « le principe qui la fonde – à cotisations égales, retraite égale – traduit l’équité des règles d’acquisition des droits contributifs ». Derrière ce vocabulaire se cache une conception de la retraite qui veut en faire une assurance individuelle, où chacun cotise pour sa propre pension. Il s’agit in fine, de rapprocher le plus possible celle-ci de la somme (actualisée) de ses cotisations.

Ainsi, dans un régime par points, le calcul de la pension, au-delà même des manipulations sur la valeur du point, est basé sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les meilleures années, comme actuellement dans le cas du régime général de la Sécurité sociale, ou sur le salaire des six derniers mois (sans les primes) dans la Fonction publique. Cette conception trouve son plein aboutissement dans un régime dit à comptes notionnels, qui intègre en plus l’espérance de vie moyenne de manière à ce que la somme des pensions reçues par une personne pendant sa retraite corresponde le plus possible à la somme des cotisations versées au cours de sa vie active.

Dans cette logique, quelle que soit la carrière d’un salarié, les interruptions dues aux périodes de chômage ou de prise en charge des enfants, ses conditions de travail, etc., les règles sont les mêmes pour toutes et tous. L’équité selon cette définition consiste donc à traiter de la même façon des individus placés dans des situations professionnelles inégales. Elle a donc pour effet pratique d’amplifier les inégalités de retraite. »

 

Retraites: « Aucune urgence à prendre des mesures d’économie » (Hervé Le Bras )

Retraites: « Aucune urgence à prendre des mesures d’économie » (Hervé Le Bras )

Hervé Le Bras, Démographe, spécialiste des migrations, chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED) et historien à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) estime, que l’équilibre du système n’exige pas de mesures financières importantes, telles que l’instauration d’un âge pivot.(tribune au Monde, extraits).

«  A l’unisson, les membres du gouvernement, Edouard Philippe en tête, clament que notre système de retraite est au bord du gouffre et que l’instauration d’un âge pivot est une mesure incontournable pour le sauver. Ils brandissent à cet effet le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR). Or la lecture du rapport ne donne pas l’impression d’une urgence absolue. Dès son premier graphique, le COR montre que les dépenses du système de retraite, qui dépassaient encore 14 % du PIB en 2016, sont passées au-dessous (13,7 % en 2018). Quelle que soit la croissance économique, atone ou vigoureuse, elles ne dépasseront pas 14 %, à l’horizon de la projection en 2030.

Ensuite, les graphiques du rapport du COR estiment le solde du système selon trois hypothèses. Dans le cas le plus souhaitable où l’Etat maintiendrait ses interventions financières au taux actuel, le déficit en 2023 ne serait que de 0,2 % du PIB, deux millièmes autrement dit, ou 5 milliards d’euros. Quand on a vu l’Etat lâcher 17 milliards pour calmer la révolte des « gilets jaunes », il ne semble pas qu’un déficit de 5 milliards soit insurmontable et qu’il ne puisse pas être résorbé par des mesures paramétriques relativement modestes, en réunissant vers 2022 les partenaires sociaux pour en décider à court terme, en connaissance de cause.

Le déficit prévu s’explique par le retrait de l’Etat et non par des raisons économiques ou démographiques

Dans les deux autres hypothèses du COR, le déficit est plus élevé car l’intervention de l’Etat se réduit. Les motifs de la réduction sont nombreux et complexes. Les cotisations représentent 80 % des ressources, mais les 20 % restants dépendent de nombreux dispositifs d’Etat : compensation des exonérations sur les bas salaires, subventions aux régimes spéciaux en raison d’une pyramide d’âge défavorable, compensations du chômage et des prestations familiales, etc. Or ces deux hypothèses défavorables du COR supposent une baisse importante des subventions, de 25 % de leur montant pour l’une, de 12 % pour l’autre, à l’horizon 2030, notamment à cause des mesures prises en faveur des « gilets jaunes ».

Dans sa conclusion, le COR reconnaît (p. 59) que « le déficit n’est pas lié à l’évolution des dépenses de retraite dont la part dans le PIB reste constante. Il s’explique par la diminution des ressources du système de retraite. Cette baisse s’explique elle-même pour l’essentiel par une diminution, en pourcentage du PIB, de la contribution de diverses entités publiques (Etat, administrations publiques locales, CNAF, Unedic) ». Dit de manière plus directe, le déficit prévu s’explique par le retrait de l’Etat et non par des raisons économiques ou démographiques. L’âge pivot a donc pour but de compenser le retrait de l’Etat alors que si celui-ci maintenait sa contribution, comme le suppose la première hypothèse du COR, le déficit resterait minime. »

Retraites : le gouvernement caresse les policiers….. comme dans les dictatures

Retraites :  le gouvernement caresse   les policiers….. comme dans  les dictatures

 

Il y a évidemment quelque chose de paradoxal dans la méthode de négociation du gouvernement. D’un côté le gouvernement annonce les  grands principes qui devront se traduire par des orientations législatives forcément définitives du Parlement, d’un autre il décide d’autres  mesures définitives  pour  certaines catégories avant même que le texte ne soit examiné par le Parlement. Ainsi par exemple, le pouvoir a cédé devant les revendications des policiers sur le  maintien de leur régime qu’il permet notamment de partir plus tôt s’ils le souhaitent  en cotisant 37 ans et non 42 ans pour  obtenir une retraite à taux plein. On comprend évidemment que les policiers de terrain, c’est-à-dire ceux qui opèrent sur la voie publique puissent ne pas être contraints comme tous les autres salariés d’atteindre 64 ans pour faire valoir leurs droits à la retraite. Par contre, il est assez surprenant qu’on accorde les mêmes droits aux policiers exclusivement employés dans les bureaux. C’est toute la contradiction de la réforme des retraites qui raisonne par secteur, par statut,  par entreprise. Une approche globale particulièrement injuste et qui finira d’ailleurs par coûter très cher quand on additionnera  les exceptions au régime général.

Cette bienveillance de Christophe Castaner   à l’égard des policiers ressemble fort à celle des dirigeants de pays en voie de développement qui pour protéger leur pouvoir accordent  des avantages significatifs à la police et à l’armée. Encore une fois, il est logique de tenir compte des risques particuliers des policiers de terrain mais le reste constitue du corporatisme et du clientélisme. Les mêmes observations peuvent être faites pour l’ensemble des exceptions globalisantes qui  vont être faites pour telle ou telle  catégorie ( certains cheminots ,  les infirmières , les pompiers, les gardiens de prison qui pourtant mériteraient les  mêmes égard que les policiers de bureau.  Les organisations – Alliance, Unsa Police et Unité SGP Police – ont donc  obtenu le maintien des avantages permettant un départ à la retraite précoce pour l’ensemble du personnel actif, soit les policiers dans les bureaux et sur la voie publique, et non pas seulement les policiers sur la voie publique comme initialement prévu.

Les policiers bénéficient actuellement d’une annuité tous les cinq ans, dans la limite de cinq annuités, ce qui leur permet de ne cotiser que 37 ans et non 42 pour obtenir une retraite à taux plein. Ces bonifications seraient remplacées par une surcotisation patronale.

Le syndicat Alternative Police précise toutefois qu’il attend encore des garanties sur la pénibilité et le travail de nuit, et veut s’assurer que l’âge pivot qui décale le taux plein de deux ans ne s’appliquera pas aux policiers. Cela les obligerait à partir à 59 ans et non 57 pour éviter la décote.

Sondage retraites: la grève justifiée pour 68 % des Français

Sondage retraites: la grève justifiée pour 68 % des Français

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info, une très large majorité des Français continue d’estimer que ce mouvement contre le projet de réforme des retraites est justifié.

Depuis le 5 décembre, près d’un Français sur deux (48 %) et une large majorité de Parisiens (78 %) ont subi les perturbations liées au mouvement de grève, selon notre sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info. Pourtant, 66 % des Français continuent d’estimer que ce mouvement contre le projet de réforme des retraites est justifié. La raison de ce paradoxe: «Une majorité de Français ne fait pas confiance au gouvernement pour la mise en place d’un nouveau système, et l’âge pivot ou d’équilibre passe très mal, explique Céline Bracq, directrice générale de l’institut Odoxa. C’est surtout la jeune génération (née en 1975 ou après), concernée par la réforme qui trouve le mouvement justifié (78 %), tandis que leurs aînés ne sont que 57 % à le dire.»Cette réforme et son point cardinal, l’instauration d’un système universel avec des règles communes de calcul des pensions, ne recueille l’assentiment que d’une faible minorité de Français (23 %). Selon les autres, il faut que le gouvernement renonce à la réforme (35 %), comme le demande la CGT de Philippe Martinez, ou qu’il la modifie en abandonnant la piste d’un âge pivot de 64 ans nécessaire pour toucher une retraite à taux plein (42 %), comme le réclame la CFDT de Laurent Berger.

Alors que le gouvernement s’évertue à affirmer qu’il n’est pas question de toucher à l’âge légal, «la mesure de l’âge pivot est bel est bien assimilée à un recul de l’âge de départ à la retraite, analyse Céline Bracq. Les Français en veulent d’autant moins qu’elle n’avait pas été annoncée par le candidat Emmanuel Macron».

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