Archive pour le Tag 'retour'

Page 2 sur 12

« Non à un retour à la normale » : l’appel de 200 artistes et scientifiques

« Non à un retour à la normale » : l’appel de 200 artistes et scientifiques

 

Un collectif de 200personnalités, artistes et scientifiques , lancent dans une tribune au « Monde » un appel, pour changer en profondeur nos modes de vie, de consommation et nos économies.

Tribune

« La pandémie de Covid-19 est une tragédie. Cette crise, pourtant, a la vertu de nous inviter à faire face aux questions essentielles.

Le bilan est simple : les « ajustements » ne suffisent plus, le problème est systémique.

La catastrophe écologique en cours relève d’une « méta-crise » : l’extinction massive de la vie sur Terre ne fait plus de doute et tous les indicateurs annoncent une menace existentielle directe. A la différence d’une pandémie, aussi grave soit-elle, il s’agit d’un effondrement global dont les conséquences seront sans commune mesure.

Nous appelons donc solennellement les dirigeants et les citoyens à s’extraire de la logique intenable qui prévaut encore, pour travailler enfin à une refonte profonde des objectifs, des valeurs et des économies.

Point de rupture

Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. La pollution, le réchauffement et la destruction des espaces naturels mènent le monde à un point de rupture.

Pour ces raisons, jointes aux inégalités sociales toujours croissantes, il nous semble inenvisageable de « revenir à la normale ».

La transformation radicale qui s’impose – à tous les niveaux – exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. A quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence.

Lynsey Addario, grand reporter ; Isabelle Adjani, actrice ; Roberto Alagna, chanteur lyrique ; Pedro Almodovar, réalisateur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Angèle, chanteuse ; Adria Arjona, actrice ; Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, réalisateur ; Josiane Balasko, actrice ; Jeanne Balibar, actrice ; Bang Hai Ja, peintre ; Javier Bardem, acteur ; Aurélien Barrau, astrophysicien, membre honoraire de l’Institut universitaire de France ; Mikhail Baryshnikov, danseur, chorégraphe ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Jean Bellorini, metteur en scène ; Monica Bellucci, actrice ; Alain Benoit, physicien, Académie des sciences ; Charles Berling, acteur ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Cate Blanchett, actrice ; Gilles Bœuf, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle ; Valérie Bonneton, actrice ; Aurélien Bory, metteur en scène ; Miguel Bosé, acteur, chanteur ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Stéphane Brizé, réalisateur ; Irina Brook, metteuse en scène ; Peter Brook, metteur en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, réalisatrice ; Khatia Buniatishvili, pianiste ; Florence Burgat, philosophe, directrice de recherche à l’Inrae ; Guillaume Canet, acteur, réalisateur ; Anne Carson, poète, écrivaine, Académie des arts et sciences ; Michel Cassé, astrophysicien ; Aaron Ciechanover, Prix Nobel de chimie ; François Civil, acteur ; François Cluzet, acteur ; Isabel Coixet, réalisatrice ; Gregory Colbert, photographe, réalisateur ; Paolo Conte, chanteur ; Marion Cotillard, actrice ; Camille Cottin, actrice ; Penélope Cruz, actrice ; Alfonso Cuaron, réalisateur ; Willem Dafoe, acteur ; Béatrice Dalle, actrice ; Alain Damasio, écrivain ; Ricardo Darin, acteur ; Cécile de France, actrice ; Robert De Niro, acteur ; Annick de Souzenelle, écrivaine ; Johann Deisenhofer, biochimiste, Prix Nobel de chimie ; Kate del Castillo, actrice ; Miguel Delibes Castro, biologiste, Académie royale des sciences espagnole ; Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène ; Claire Denis, réalisatrice ; Philippe Descola, anthropologue, médaille d’or du CNRS ; Virginie Despentes, écrivaine ; Alexandre Desplat, compositeur ; Arnaud Desplechin, réalisateur ; Natalie Dessay, chanteuse lyrique ; Cyril Dion, écrivain, réalisateur ; Hervé Dole, astrophysicien, membre honoraire de l’Institut universitaire de France ; Adam Driver, acteur ; Jacques Dubochet, Prix Nobel de chimie ; Diane Dufresne, chanteuse ; Thomas Dutronc, chanteur ; Lars Eidinger, acteur ; Olafur Eliasson, plasticien, sculpteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, membre de l’Académie des sciences ; Abel Ferrara, réalisateur ; Albert Fert, Prix Nobel de physique ; Ralph Fiennes, acteur ; Edmond Fischer, biochimiste, Prix Nobel de médecine ; Jane Fonda, actrice ; Joachim Frank, Prix Nobel de chimie ; Manuel Garcia-Rulfo, acteur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Amos Gitaï, réalisateur ; Alejandro Gonzales Iñarritu, réalisateur ; Timothy Gowers, médaille Fields de mathématiques ; Eva Green, actrice ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Ben Hardy, acteur ; Serge Haroche, Prix Nobel de physique ; Dudley R. Herschbach, Prix Nobel de chimie ; Roald Hoffmann, Prix Nobel de chimie ; Rob Hopkins, fondateur des villes en transition ; Nicolas Hulot, président d’honneur de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’Homme ; Imany, chanteuse ; Jeremy Irons, acteur ; Agnès Jaoui, actrice, réalisatrice ; Jim Jarmusch, réalisateur ; Vaughan Jones, médaille Fields de mathématiques ; Spike Jonze, réalisateur ; Camélia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue, prix Vetlesen ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Naomi Kawase, réalisatrice ; Sandrine Kiberlain, actrice ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Naomi Klein, écrivaine ; Brian Kobilka, Prix Nobel de chimie ; Hirokazu Kore-eda, réalisateur ; Panos Koutras, réalisateur ; Antjie Krog, poétesse ; La Grande Sophie, chanteuse ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Mélanie Laurent, actrice ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Yvon Le Maho, écophysiologiste, membre de l’Académie des sciences ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gilles Lellouche, acteur, réalisateur ; Christian Louboutin, créateur ; Roderick MacKinnon, Prix Nobel de chimie ; Madonna, chanteuse ; Macha Makeïeff, metteuse en scène ; Claude Makélélé, footballeur ; Ald Al Malik, rappeur ; Rooney Mara, actrice ; Ricky Martin, chanteur ; Carmen Maura, actrice ; Michel Mayor, Prix Nobel de physique ; Médine, rappeur ; Melody Gardot, chanteuse ; Arturo Menchaca Rocha, physicien, ex-président de l’Académie des sciences du Mexique ; Raoni Metuktire, chef indien de Raoni ; Julianne Moore, actrice ; Wajdi Mouawad, metteur en scène, auteur ; Gérard Mouroux, Prix Nobel de physique ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Yael Naim, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Guillaume Néry, champion du monde d’apnée ; Pierre Niney, acteur ; Michaël Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Rithy Panh, réalisateur ; Vanessa Paradis, chanteuse, actrice ; James Peebles, Prix Nobel de physique ; Corine Pelluchon, philosophe ; Joaquin Phoenix, acteur ; Pomme, chanteuse ; Iggy Pop, chanteur ; Olivier Py, metteur en scène ; Radu Mihaileanu, réalisateur ; Susheela Raman, chanteuse ; Edgar Ramirez, acteur ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Eric Reinhardt, écrivain ; Residente, chanteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Matthieu Ricard, moine bouddhiste ; Richard Roberts, Prix Nobel de médecine ; Isabella Rossellini, actrice ; Cecilia Roth, actrice ; Carlo Rovelli, physicien, membre honoraire de l’Institut universitaire de France ; Paolo Roversi, photographe ; Ludivine Sagnier, actrice ; Shaka Ponk (Sam et Frah), chanteurs ; Vandana Shiva, philosophe, écrivaine ; Abderrahmane Sissako, réalisateur ; Gustaf Skarsgard, acteur ; Sorrentino Paolo, réalisateur ; Sabrina Speich, océanographe, médaille Albert Defant ; Sting, chanteur ; James Fraser Stoddart, Prix Nobel de chimie ; Barbra Streisand, chanteuse, actrice, réalisatrice ; Malgorzata Szumowska, réalisatrice ; Béla Tarr, réalisateur ; Bertrand Tavernier, réalisateur ; Alexandre Tharaud, pianiste ; James Thierré, metteur en scène, danseur ; Mélanie Thierry, actrice ; Tran Anh Hung, réalisateur ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; Karin Viard, actrice ; Rufus Wainwright, chanteur ; Lulu Wang, réalisatrice ; Paul Watson, navigateur, écrivain ; Wim Wenders, réalisateur ; Stanley Whittingham, Prix Nobel de chimie ; Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste ; Frank Wilczek, Prix Nobel de physique ; Olivia Wilde, actrice ; Christophe Willem, chanteur ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; David Wineland, Prix Nobel de physique ; Xuan Thuan Trinh, astrophysicien ; Muhammad Yunus, économiste, Prix Nobel de la paix ; Zazie, chanteuse.

Le retour de la prospective et de la régulation ?

Le retour de la prospective et de la régulation ?

 

La crise sanitaire a mis en évidence deux types de défaillance. D’une part le délitement et l’inefficacité de l’État ,d’autre part d’incapacité du marché à répondre à une problématique relevant de la responsabilité régalienne. La faillite de l’État n’est pas tellement due à son champ d’application mais plutôt à son efficacité car les moyens sont substantiels. Comme souvent , il y a confusion entre l’objectif de service public et la nature juridique des institutions en charge de le mettre en œuvre. Du coup, toutes les superstructures sont considérées en charge de l’intérêt public alors que beaucoup résultent essentiellement d’un phénomène de bureaucratisation qui n’a pas grand-chose à voir avec l’intérêt général. Le secteur privé aussi a failli si l’on prend pour exemple les dérives de l’industrie pharmaceutique française qui a délocalisé sa production en Asie et en Chine en particulier. Du , se repose la question de la prospective et de la régulation. Le chef de l’État a même employé un terme tabou de la planification. Il faut rappeler que la France a délibérément éliminé le concept de plan depuis des années au nom du à libéralisme. Pourtant le plan en France, sauf après la libération, n’a jamais été un instrument d’étatisation de l’économie. C’était d’abord un exercice de prospective menée avec tous les acteurs économiques et qui se traduisait par la définition de quelques priorités représentant moins de 10% de la richesse nationale mais permettant cependant de définir des priorités stratégiques. Depuis les politiques publiques naviguent à vue au gré de l’évolution des modes et des sensibilités politiques. Il serait grand temps de reprendre ce travail d’analyse des grands domaines qui vont structurer l’avenir en articulant évidemment les problématiques économiques, sociales, sociétales et environnementales. Toutes les promesses du jour d’après vont se transformer en illusion si ce travail préalable d’analyse prospective n’est pas réalisé . En effet les changements structurels ne peuvent s’inscrire que dans la durée avec l’organisation de transitions .

 

Pouvoir d’achat : les Français craignent le retour d’une forte inflation

Pouvoir d’achat : les Français craignent  le retour d’une forte inflation 

L’enquête mensuelle sur le moral des ménages publiée le 28 avril par l’Insee, exprime leur pessimisme tout spécialement vis-à-vis du chômage dont 60% des sondés redoutent la hausse.

Et la même enquête démontre une très forte hausse des inquiétudes quant aux perspectives de renaissance d’une très forte inflation. Une inflation pas forcément immédiate avec notamment la baisse du prix du carburant mais une inflation sans doute incontournable depuis que les banques centrales ont décidé de faire tourner la planche à billets c’est-à-dire d’augmenter de façon considérable la masse monétaire sans tenir compte de la richesse réelle produite qui, elle, au contraire recule.

Immobilier : le retour d’une crise des «subprimes»

Immobilier : le retour d’une crise des «subprimes»

 

Certains grands médias français attirent l’attention sur le risque du retour d’une crise grave des subprimes  aux États-Unis. Et d’expliquer que la paralysie partielle de l’économie, la montée du chômage va évidemment provoquer une baisse substantielle des revenus de ménage y compris de ceux qui sont endettés pour l’achat de logements. Si l’arrêt de l’économie se prolonge, le système financier américain, relativement sain jusqu’à présent et bien mieux capitalisé qu’en 2008, va subir un choc imparable. La disparition des revenus de millions de foyers et entreprises qui se sont endettés, déclenche déjà une cascade de retards de paiements. Elle pourrait dans quelques mois se transformer en tsunami de défauts de paiement et de faillites.

La loi de sauvetage de l’économie adoptée fin mars oblige la majorité des institutions détentrices d’hypothèques à tolérer 90 jours de retard avant de déclarer un prêt en défaut. Les saisies de propriétés et les évictions sont suspendues pour au moins 60 jours.  Évidemment on ne parle pas de la situation française sans doute pour ne pas désespérer les acteurs économiques. Or à terme le pouvoir  d’achat  moyen des Français va diminuer de manière sensible compte tenu de la très forte vague de défaillances d’entreprise et de licenciements  qui va suivre. On sait qu’en France aussi les prix de l’immobilier ont tenté de monter jusqu’au ciel et que l’endettement de certains ménages a atteint des limites particulièrement dangereuses. D’où sans doute aussi des risques de renaissance d’une crise des subprimes  en France aussi

Retour à la planification à la Française

 

 Retour à la planification à la Française ?

 

L’historien Philippe Mioche rappelle, dans une tribune au « Monde », que la planification mise en œuvre par Jean Monnet est un outil qui a bien fonctionné pour relancer l’économie après la seconde guerre mondiale.

Tribune.

 Des nationalisations sont envisagées par les pouvoirs publics. Afin de préparer l’après-crise, pourquoi ne pas penser aussi à la planification à la française ?

C’est dans une situation de grande urgence que Jean Monnet (1888-1979) a proposé au général de Gaulle, en décembre 1945, de créer ce qui va devenir le Commissariat général du Plan. Le général signe le décret quelques jours avant de quitter le gouvernement. Jean Monnet et sa petite équipe veulent établir des priorités en matière d’approvisionnements de matières premières, de biens alimentaires et d’importations d’équipements, essentiellement des Etats-Unis.

Dans un second temps, il s’agit de hiérarchiser les investissements à venir. L’ambition du plan de modernisation et de reconstruction de la France (1946-1952) est venue progressivement.

Le vocabulaire utilisé, Commissariat général du Plan, est une concession à l’ambiance de l’époque où le système soviétique est encore auréolé de la victoire. Mais le plan qui deviendra le « plan Monnet », n’est pas coercitif, il est indicatif. Il propose des directions pour engager la reconstruction et en même temps la modernisation du pays. Le plan n’a pas de bâton.

Mieux encore, l’adoption par les acteurs professionnels des mesures préconisées par le plan les abrite de la vague de nationalisations en cours. Le cas le plus flagrant est la sidérurgie qui, en adoptant le plan, n’est pas alors nationalisée. Sans bâton, le plan dispose d’une carotte avec les dollars du plan Marshall qui viendront financer les objectifs du plan.

« Le retour de la planification à la française ? « 

« Le retour de la planification à la française ? « 

L’historien Philippe Mioche rappelle, dans une tribune au « Monde », que la planification mise en œuvre par Jean Monnet est un outil qui a bien fonctionné pour relancer l’économie après la seconde guerre mondiale.

Tribune. Des nationalisations sont envisagées par les pouvoirs publics. Afin de préparer l’après-crise, pourquoi ne pas penser aussi à la planification à la française ?

C’est dans une situation de grande urgence que Jean Monnet (1888-1979) a proposé au général de Gaulle, en décembre 1945, de créer ce qui va devenir le Commissariat général du Plan. Le général signe le décret quelques jours avant de quitter le gouvernement. Jean Monnet et sa petite équipe veulent établir des priorités en matière d’approvisionnements de matières premières, de biens alimentaires et d’importations d’équipements, essentiellement des Etats-Unis.

Dans un second temps, il s’agit de hiérarchiser les investissements à venir. L’ambition du plan de modernisation et de reconstruction de la France (1946-1952) est venue progressivement.

Le vocabulaire utilisé, Commissariat général du Plan, est une concession à l’ambiance de l’époque où le système soviétique est encore auréolé de la victoire. Mais le plan qui deviendra le « plan Monnet », n’est pas coercitif, il est indicatif. Il propose des directions pour engager la reconstruction et en même temps la modernisation du pays. Le plan n’a pas de bâton.

Mieux encore, l’adoption par les acteurs professionnels des mesures préconisées par le plan les abrite de la vague de nationalisations en cours. Le cas le plus flagrant est la sidérurgie qui, en adoptant le plan, n’est pas alors nationalisée. Sans bâton, le plan dispose d’une carotte avec les dollars du plan Marshall qui viendront financer les objectifs du plan.

En janvier 1946, avec le soutien de la majorité tripartite (Parti communiste, SFIO et Mouvement républicain populaire), Jean Monnet met en place les commissions de modernisation en s’inspirant d’expériences antérieures au Royaume-Uni et aux Etats-Unis du New Deal. Les commissions de modernisation regroupent des représentants des syndicats de salariés (la CGT est alors prépondérante), du patronat (le CNPF est en cours d’organisation) et de l’administration avec des hauts fonctionnaires.

En février-mars 1946, les huit premières commissions portent sur les secteurs suivant : houillères, électricité, productions végétale et animale, équipement rural, BTP, matériaux de construction et sidérurgie. D’autres viendront ensuite, soit vingt-quatre commissions au total.

Les différentes commissions n’ont pas exactement le même profil, mais la répartition générale des participants aux premières commissions est la suivante : syndicalistes 20 %, patronat 31 %, administration (représentants des ministères) 29 % et experts et divers 20 %. Elles réunissent ce que l’on appelait alors « les forces vives » du pays. … »

Ecole : un « retour progressif et pas obligatoire »

Ecole : un « retour progressif et pas  obligatoire »

 

Le gouvernement s’enferme dans sa proposition complètement idiote et contradictoire de retour progressif à l’école. On se demande bien comment un retour pourrait être progressif. Sur la base du volontariat indique le ministre de l’éducation qui est bien incapable évidemment d’envisager des mesures susceptibles de diviser par exemple le nombre d’élèves par trois ou quatre pour respecter un minimum d’hygiène vis-à-vis du Coronavirus. Sous couvert de lutte contre les inégalités sociales ou de socialisation , le ministre de l’éducation essaye de justifier la transformation de l’école en garderie permettant aux actifs d’aller travailler. Économiquement cela peut se comprendre mais sanitaire, c’est complètement incompréhensible.

Le retour à l’école ne « sera pas obligatoire le 11 mai. Encore une fois c’est un retour progressif donc il va y avoir là aussi beaucoup d’aménagements c’est évident », a insisté le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse.

« L’objectif c’est qu’entre le 11 mai et le 4 juillet (date des vacances d’été), nous ayons réussi cette resocialisation (…) qui permette de se remettre dans l’apprentissage », a poursuivi Jean-Michel Blanquer.

Pour l’heure, les modalités de ce retour progressif à la scolarisation pour tous ne sont pas connues. « La façon de faire va s’élaborer au cours

Le retour des idéologies caricaturales ou le meilleur moyen de pérenniser l’immobilisme

Le retour des idéologies caricaturales ou le meilleur moyen de pérenniser l’immobilisme

 

 

La formidable déflagration sanitaire ouvre un vaste espace de débat sur les perspectives du jour d’après. Cette effervescence démocratique peut être bénéfique à condition de ne pas retomber dans l’affrontement des idéologies caricaturales. Beaucoup en effet profitent  de la période pour relooker de vieilles idées qui ne sont pas d’ailleurs forcément en lien avec la situation. Pour schématiser à outrance ,  s’affrontent à nouveau les partisans de l’ultra libéralisme d’un côté et les supporters d’une pensée marxiste molle plus ou moins consciente de l’autre. On entend déjà les cris d’Orphée : d’un côté surtout pas de nouvelle étatisation de l’économie, de l’autre au contraire la réaffirmation du rôle central de l’État, de la fiscalité et du secteur public.

 À juste titre les libéraux reprochent l’inefficacité de la puissance publique dans la gestion de la crise sanitaire et en profitent pour condamner toute immixtion collective dans la gestion des intérêts économiques. Les étatistes font le même constat de l’impuissance gouvernement et des administrations mais en tirent une conclusion inverse à savoir qu’il faut au contraire renforcer l’intervention publique dans le domaine économique, social voire sociétal. Ainsi par exemple renait  à gauche l’idée du revenu universel et ou de la nationalisation d’une grande partie de l’activité. Évidemment sans s’interroger sur les conditions de financement de ce revenu, sur ces aspects pervers( la suppression de la couverture sociale universelle) ou sur l’efficacité de la gestion sous tutelle de l’État. Ce n’est évidemment pas la seule problématique caricaturale qui est abordée dans ce débat de crise.

Il y a aussi l’opposition entre les écolos bobos et les productivistes . Pour ces écolos, la solution est simple il suffit de substituer au mode de développement actuel une économie verte. Comme si la transition pouvait être aussi simpliste et rapide. Notons que la plupart des partisans  d’une transition radicale n’ont  une idée approximative des réalités socioéconomiques appartenant le plus souvent soit au secteur public, soit à la sphère artistique , aux médias ou à l’intelligentsia patentée . Il faudra expliquer  aux plus défavorisés déjà condamnés à vivre avec un SMIC à 1200 € qu’on peut être épanouis avec seulement 800 € . Que le loyer mensuel moyen en France de l’ordre de 700 € et que nombre de famille doivent vivre avec autour de 500 € pour les dépenses courantes.  Et ce n’est pas une nouvelle répartition des richesses -par ailleurs nécessaire-  qui permettra de combler l’insuffisance de richesse produite et distribuée. Faut-il rappeler que la fiscalité représente près de 50 % de la richesse nationale (PIB)  et les dépenses encore plus, 55 %.

. La transition vers un autre type  de développement est nécessaire mais elle ne pourra qu’être progressive et  qu’en tenant compte des réalités. À l’opposé,  la persistance d’un modèle économique ultra libéral conduit aux pires gaspillages et à la destruction des équilibres environnementaux. Mais l’affrontement des idéologies caricaturales constituera la meilleure justification pour la pérennisation de l’immobilisme. Et le jour d’après risque de ressembler dramatiquement à aujourd’hui. On ne construit pas un nouvel édifice sociétal sur le sable des illusions pas plus qu’on peut durablement substituer à l’intérêt général la course aux gaspillages et au profit. la transition sera nécessaire longue et complexe: elle ne se fera pas sans la participation active et consciente du citoyen acteur économique et social et sans pise en compte des réalités et des possibilités.   

Taxe carbone : le retour justifié par des raisonnements tordus

Taxe carbone :  le retour justifié par des raisonnements tordus

Par Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics s’efforcent de démontrer que la taxe carbone est aussi pertinente que les normes et les progrès technoogiques à partir d’arguments très spécieux comme la voiture polluante qui reste dans le garage ! Sans parler de l’ absence d’alternative pour nombre de zones périphériques condamnés à faire 50 kms par jour pour travailler. Le mirage du  signal-prix  a gagné nombre d’économistes trop contents de récupérer la problématique de l’environnement dans leur champ de compétence. Comment croire que le prix, donc le marché, puisse être un régulateur aussi efficace que la norme ou la technologie. par ailleurs. On fait comment pour calculer le signal prix de la voiture électrique (qui pollue , elle, pendant son processus de production notamment avec les batteries ?).  Nombre d’économiste semblent toujours intoxiqués par les vertu du prix et du marché qui ne sont pas les meilleurs outils dérégulation vis à vis de l’environnement.  ( interview la Tribune- extraits)

 

 

« Tout le monde s’accorde sur le fait que nous avons besoin de technologies plus performantes pour faire face au dérèglement climatique. Mais les avis divergent sur les moyens pour y parvenir. Imposer des standards technologiques plus contraignants présente l’avantage de la simplicité. Il s’agit par exemple de plafonner les émissions de CO2 par kilomètre pour les véhicules, par surface habitable pour les logements, par volume pour les réfrigérateurs. Ce type de réglementation envoie un message clair aux constructeurs : vous devez innover pour faire en sorte que vos produits respectent ces nouvelles exigences. Mais il faut l’accompagner de moyens de contrôle, et de pénalités en cas de non-respect. La détermination des standards ouvre aussi la porte à un intense lobbying par les industriels concernés.

La taxe carbone utilise un moyen détourné pour susciter cette innovation : le signal prix. En faisant payer les émissions de CO2, on accroit le prix des carburants ce qui pousse à l’achat de véhicules moins énergivores. On augmente le coût du chauffage au fuel et au gaz, ce qui rend l’investissement dans l’isolation ou l’achat d’une pompe à chaleur plus attractif. Accroitre le prix de l’énergie incite les ménages à en consommer moins et les entreprises à concevoir des produits pour accompagner cette transition. Nous l’avons vécu après le choc pétrolier des années soixante-dix qui a transformé le parc automobile européen vers plus de sobriété.

Standard versus taxe

Comme le standard technologique, la taxe carbone est un outil de la politique environnementale qui suscite le progrès technique, mais par d’autre leviers. L’épisode des gilets jaunes a mis en lumière les inconvénients de la taxe carbone non accompagnée de mesures sociales. Les standards ont aussi leurs défauts, dont certains peuvent être évités avec la taxe. En voici quelques-uns.

Les standards sont un outil manipulable par les groupes de pression pour favoriser leurs produits ou leurs technologies. On a bien vu en 2015 comment Volkswagen a réussi à tromper les contrôleurs sur les niveaux d’émission polluante de ses véhicules diesel. Comme les barrières métalliques empêchant le stationnement des voitures, l’absence de standard sur une technologie donnée est interprétée comme une autorisation. Dès lors, il faut les multiplier, ce qui ouvre la porte à des négociations industrie par industrie, voire entreprise par entreprise. La politique industrielle de soutien des champions nationaux et les menaces de perte d’emplois entrent alors en conflit avec l’objectif environnemental de réduction des émissions polluantes à moindre coût. De même, le standard technologique peut être détourné de sa mission initiale de protection de l’environnement pour ériger des barrières au commerce international au bénéfice de producteurs influents qui, protégés de la concurrence, peuvent imposer leurs conditions commerciales.

Le standard réglemente le produit mais ne contrôle pas son usage. Obliger un conducteur qui roule peu à payer le surcoût d’une technologie avancée en termes d’efficacité énergétique est inefficace économiquement. Avec une taxe carbone, il garderait sa vieille voiture mais réduirait ses déplacements, et l’automobiliste qui se déplace beaucoup serait incité à acheter une voiture moins consommatrice. Pour le premier, l’impact sur les émissions de CO2 serait sensiblement le même qu’avec une motorisation plus couteuse puisqu’il roule peu ; quant au second, le surcoût à l’achat serait compensé par une consommation réduite. De manière similaire, il est inefficient d’imposer l’achat d’un climatiseur sophistiqué s’il n’est utilisé que deux semaines par an. Si l’on veut en passer par des spécifications techniques, celles des climatiseurs devraient être différentes selon les régions et la durée d’utilisation ce qui est impossible à mettre en pratique.

Par ailleurs, une voiture qui reste au garage ne pollue pas, alors qu’une voiture qui consomme peu sera davantage utilisée. C’est ce que les économistes nomment l’effet rebond (ou paradoxe de Jevons) des politiques environnementales. La réduction de la pollution due au nouveau standard est moindre que celle estimée à usage donnée car l’usage augmente. L’effet rebond a été mis en évidence dans une étude sur le bonus-malus automobile pour les émissions de CO2 en France. Cette mesure a bien atteint son objectif qui était de diriger les achats vers des voitures plus sobres en énergie, mais au prix d’un accroissement du nombre de kilomètres parcourus par an. Au final, les auteurs de l’étude estiment que le bonus-malus a augmenté les émissions du secteur automobile d’environ 9%. Au contraire, taxer le carbone contenu dans le carburant impacte non seulement l’achat de voitures mais aussi leur usage en incitant les conducteurs à rouler moins même si leur voiture consomme peu.

Le standard technologique, en s’appliquant aux produits neufs, accroît la valeur des produits plus polluants sur le marché de l’occasion. C’est l’effet Gruenspecht du nom de l’économiste qui l’a popularisé. Les consommateurs qui ne veulent ou ne peuvent pas payer le surcoût d’une technologie plus avancée n’ont d’autre choix que de garder leur véhicule ou de se tourner vers le marché d’occasion. Des voitures qui devraient partir à la casse continuent à rouler. Au final, le standard encourage l’augmentation de la durée de vie des véhicules énergivores. Une étude a identifié l’effet Gruenspecht dans le cadre du CAFE (Corporate Average Fuel Economy), le standard d’efficacité énergétique des Etats-Unis. Les auteurs partent du constat que les véhicules les plus lourds et les plus puissants sont ceux qui durent plus longtemps. Suite au renforcement du CAFE, les acheteurs de SUV et de pickups reportent leurs achats ou achètent d’occasion. En conclusion, les auteurs de l’étude estiment que cet effet minore la réduction des émissions de CO2 d’environ 15%. Avec la taxe carbone, pas d’effet Gruenspecht. Les propriétaires de SUV et de pickups sont immédiatement impactés par l’augmentation du prix des carburants lorsqu’ils passent à la pompe. Ils sont incités à rouler moins et à remplacer leur véhicule par un neuf plus sobre.

Le standard technologique n’est pas plus juste que la taxe carbone. Certes, la taxe carbone touche de plein fouet les plus pauvres qui consacrent une grosse part de leur revenu à acheter l’énergie pour se chauffer ou se déplacer. Cependant, comme nous l’avions mentionné dans une tribune précédente, à la différence du standard, la taxe génère des recettes qui peuvent être utilisées pour compenser cette perte de pouvoir d’achat en ciblant les plus démunis. De son côté, le standard est loin d’être indolore. Il augmente le coût des voitures, des chaudières, des climatiseurs. Les ménages les plus pauvres auront du mal à financer ces dépenses surtout s’ils n’ont pas accès au crédit. Tout comme la taxe carbone, un standard technologique peut heurter davantage les pauvres que les riches.  L’analyse économique montre qu’un standard d’efficacité énergétique peut s’avérer plus régressif qu’une taxe carbone, c’est-à-dire creuser les inégalités. Ce résultat a été validé empiriquement pour le CAFE aux Etats-Unis.

Le mandat de la Convention citoyenne est de recommander des outils de politiques publiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans un esprit de justice sociale. Une multitude d’instruments sont disponibles, combinant des interventions directes sur les quantités et l’orientation des comportements par des contrôles de prix. Certains sont déjà utilisés, d’autres sont à imaginer. La taxe carbone, avec ses qualités et ses défauts, est un de ces instruments. Elle ne fera pas tout, mais elle doit faire partie de la solution au même titre que les standards technologiques. Ne pas parler de taxer les émissions carbonées est un choix que les membres de la Commission (la concention citoyenne)  le machin de 150 personnes tirées au hasard que tout le monde a oublié!) devront assumer vis-à-vis des générations futures qui sont elles aussi concernées par la justice sociale.

Coronavirus : Pas de retour avant six mois à la vie normale au Royaume-Uni

Coronavirus : Pas de retour avant six mois à la vie normale au Royaume-Uni

 

 

L’avertissement britannique est au moins clair, plus clair que les circonvolutions françaises:  pas de retour à la vie normale avant six mois. Un avis qui vaut sans doute pour le reste du monde et notamment toute l’Europe. Comme les politiques n’osent pas faire de pronostics par peur des réactions de l’opinion publique, ils  se réfugient  faussement derrière l’avis  de scientifiques . Mais nombre de ces scientifiques sont des courtisans du pouvoir et leurs avis ne sont guère éclairants. Du coup,  les pouvoirs publics prolongent le confinement à dose homéopathique.

En France,  on ajoute 15 jours à 15 jours et cela pourrait durer assez longtemps. Sans doute comment Royaume-Uni, aucun retour ne sera possible avant six mois. À la catastrophe sanitaire s’ajoutera une crise économique et sociale sans précédent. Les équilibres financiers de l’État vont exploser ( déficit, dette etc.). Une vague historique  de défaillances d’entreprise va se produire et le taux de chômage pourrait passer de 8 à 20 %. Dans six mois, il y aura sans doute la fin d’un confinement strict et un net tassement de la pandémie mais le retour entre  » à la normale » est très hypothétique. Il se caractérisera sans doute par la levée de la plupart des entraves à la mobilité mais dans un contexte de crise socio-économique.

Selon les autorités britanniques , il serait « dangereux » de lever subitement le confinement auquel la population est actuellement soumise pour trois semaines, même s’il s’avère efficace pour ralentir la progression de la maladie, car cela pourrait entraîner une résurgence de la pandémie; les mesures mises en place pour contenir la maladie seraient réexaminées « toutes les trois semaines » durant « probablement six mois » voire plus.

Mais « cela ne veut pas dire que nous resterions en confinement total pour six mois », « Nous pourrons, espérons-le, progressivement adapter certaines mesures de distanciation sociale et progressivement retourner à la normale ».

Le gouvernement a décrété lundi un confinement général de la population pour au moins trois semaines, afin de tenter de freiner la propagation de l’épidémie qui a fait 1.228 morts et officiellement contaminé 19.522 personnes au Royaume-Uni, selon un bilan publié dimanche. Seuls les commerces de biens essentiels sont ouverts, et les gens ne sont autorisés à sortir que pour faire leurs courses, se faire soigner ou faire de l’exercice une fois par jour.

Dans une vidéo postée dimanche soir sur son compte Twitter, le Premier ministre Boris Johnson, en isolement après avoir été testé positif au Covid-19, a remercié la population pour se conformer à ces directives, constatant que la fréquentation des trains et des bus avait chuté. Il a également salué les quelque 20.000 anciens membres du personnel du service de santé qui ont repris du service et les 750.000 personnes qui se sont portées volontaires pour participer à la lutte contre le virus.

Cette bataille bat actuellement son plein. Selon Jenny Harries, le nombre de décès va continuer à croître « pour une semaine, possiblement deux » avant que ces mesures ne commencent à faire effet. Parmi les personnes décédées figure un médecin de 55 ans, le premier soignant en première ligne de la lutte contre le Covid-19 à mourir au Royaume-Uni, selon les services de santé. Plus tôt dimanche, le bras droit du Premier ministre conservateur Boris Johnson avait déjà prévenu que les Britanniques devaient se préparer à « une longue période » de crise.

« Je ne peux pas faire de prédiction précise mais je pense que tout le monde doit se préparer à une longue période durant laquelle ces mesures resteront en place », a déclaré le ministre Michael Gove sur la BBC, sans vouloir donner de date précise.

- Confinement jusqu’en mai ou juin -

« Il est crucial pour le moment que nous respections durant les semaines à venir les directives strictes qui ont été établies en matière de distanciation sociale », a-t-il ajouté.

Dans le Sunday Times, l’épidémiologiste Neil Ferguson de l’Imperial College London, qui conseille le gouvernement, a estimé que le confinement devrait rester en place « probablement jusqu’à la fin mai, peut-être même début juin. Mai est optimiste ».

Dans une lettre adressée aux 30 millions de foyers britanniques, le Premier ministre a prévenu que la situation allait « s’aggraver avant de s’améliorer » et que le respect des règles de confinement permettrait un retour « à la normale » plus rapidement.

« Mais nous n’hésiterons pas à aller plus loin si c’est que les avis scientifiques et médicaux nous disent de faire », a-t-il ajouté.

Stephan Powis, le directeur médical du système public de santé anglais NHS England, avait estimé samedi que si le nombre de morts pouvait être contenu sous la barre des 20.000 au Royaume-Uni, ce serait un « bon résultat ».

Le Royaume-Uni veut aussi fortement augmenter la cadence des dépistages et tester jusqu’à 25.000 personnes par jour dans les prochaines semaines, a indiqué Michael Gove.

Il a par ailleurs reproché à la Chine, où le virus est apparu, d’avoir manqué de clarté dans ses communications sur « l’ampleur, la nature, l’infectiosité » de la maladie.

 

 

L’après Coronavirus : pas de retour à la normalité

L’après Coronavirus : pas de retour à la normalité

il n’y aura pas de retour à la normalité après le Coronavirus d’après de Gideon Lichfield, rédacteur en chef de la MIT Technology Review, qui consacre un long article dans sa revue.

« Pour arrêter le coronavirus, nous devrons changer radicalement presque tout ce que nous faisons: comment nous travaillons, faisons de l’exercice, socialisons, achetons, gérons notre santé, éduquons nos enfants, prenons soin des membres de la famille », prévoit-il.

Le journaliste fonde son analyse sur un objectif qui fait désormais consensus: celui d’utiliser la distanciation sociale afin « d’aplatir la courbe » des contaminations. Il s’agit de ralentir la diffusion du coronavirus pour permettre aux divers systèmes de santé nationaux de prendre en charge les malades. Mais cela ne permettra pas d’éradiquer la maladie, notamment dans un monde globalisé, rappelle-t-il: au contraire, l’épidémie durera, bien qu’à un niveau soutenable, jusqu’à ce qu’on ait trouvé un vaccin, ou qu’assez de gens aient été contaminés pour que les autres soient indirectement protégés (« immunité grégaire »).

Gideon Lichfield s’appuie également sur un rapport publié le 16 mars par des chercheurs du Imperial College London qui préconisent donc un confinement »yo-yo ».

L’idée est « d’imposer des mesures de distanciation sociale plus extrêmes à chaque fois que les admissions dans les unités de soins intensifs commencent à augmenter, et les assouplir à chaque fois que les admissions baissent », explique-t-il.

 

« Selon ce modèle, les chercheurs concluent que la distanciation sociale et les fermetures d’écoles devraient être en vigueur environ les deux tiers du temps – environ deux mois oui et un mois non -, jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible, ce qui prendra au moins 18 mois (si jamais on y parvient) », résume Gideon Lichfield.

C’est pourquoi le rédacteur en chef de la MIT Technology Review met en garde: nous ne sommes pas face à une « disruption temporaire ».

« C’est le début d’un mode de vie complètement différent. »

 

À court terme, il y aura surtout beaucoup de dégâts, notamment « pour les entreprises qui dépendent de personnes qui se rassemblent en grand nombre: restaurants, cafés, bars, discothèques, clubs de gym, hôtels, théâtres, cinémas, galeries d’art, centres commerciaux, foires artisanales, musées, musiciens et autres artistes, sites sportifs (et équipes sportives), salles de conférence (et organisateurs d’événements), compagnies de croisière, compagnies aériennes, transports publics, écoles privées, garderies », prédit-il.

. La crise actuelle incitera sans doute au développement des moyens nécessaires pour répondre à de nouvelles futures pandémies: « des unités d’intervention capables de se déplacer rapidement » afin d’assurer une meilleure prévention, « la capacité d’accélérer rapidement la production d’équipements médicaux, de kits de test et de médicaments ».  Mais la socialisation sera aussi profondément affectée.

« Je prédis que nous rétablirons notre capacité à socialiser en toute sécurité en développant des manières plus sophistiquées d’identifier ceux qui représentent ou pas un risque sanitaire, et en discriminant – légalement – les premiers », affirme Gideon Lichfield.

Une voie d’ailleurs déjà empruntée par de nombreux pays, qui ont déployé à grande échelle des technologies de surveillance.

« On peut imaginer un monde dans lequel, pour prendre un vol, vous devrez peut-être être inscrit à un service qui suit vos mouvements via votre téléphone. La compagnie aérienne ne pourrait pas voir où vous êtes allé, mais elle recevrait une alerte si vous avez été proche de gens dont l’infection est connue ou de foyers de maladie », prédit Gideon Lichfield.  »Il pourrait y avoir des exigences similaires à l’entrée des grands sites, des bâtiments gouvernementaux ou des principales stations des transports publics ».

« Il y aurait des scanners de température partout, et votre lieu de travail pourrait exiger que vous portiez un appareil qui surveille votre température ou d’autres paramètres vitaux », imagine encore le journaliste.

Les boîtes de nuit, qui demandent déjà une preuve de leur âge à leurs clients, pourraient finir par exiger une « preuve d’immunité »: un papier, voire un document numérique attestant qu’on est guéri ou qu’on a été vacciné. Des mesures que nous accepterons, « comme nous nous sommes adaptés à des contrôles de sécurité des aéroports de plus en plus rigoureux à la suite des attaques terroristes.

Un accroissement probable des inégalités

 

Mais encore un fois, le prix le plus élevé sera payé par les plus fragiles et les plus pauvres, souligne le rédacteur de chef de la revue américaine. Un tel système de surveillance impliquera en effet de marginaliser encore davantage les personnes déjà exclues du système de santé, celles qui vivent dans des zones particulièrement exposées aux maladies, ou ceux qui ont déjà des emplois précaires impliquant de nombreux clients (« des chauffeurs aux plombiers en passant par les instructeurs de yoga indépendants »).

« Les immigrants, les réfugiés, les sans-papiers et les ex-condamnés seront confrontés à un nouvel obstacle pour s’insérer dans la société ».

 Si l’évaluation du risque sanitaire que tout à chacun représente n’est pas strictement réglementée, « les gouvernements ou les entreprises pourraient choisir n’importe quel critère: par exemple, décider que vous représentez un risque élevé si vous gagnez moins de 50.000 dollars par an, si votre famille est composée de plus de six personnes, et si vous vivez dans certaines parties du pays », craint Gideon Lichfield. Ce qui impliquerait d’évidentes discriminations. Mais dans un monde en disruption, rien ne peut être exclu, même pas un effet indirectement positif, concède le journaliste.

« Le mieux que nous puissions espérer, c’est que la profondeur de cette crise contraindra enfin les pays – les États-Unis en particulier – à corriger les inégalités sociales béantes qui rendent de vastes pans de leurs populations si intensément vulnérables ».

Le retour des nationalisations, pourquoi ?

Le  retour  des nationalisations, pourquoi ?

 

 

 

Le retour des nationalisations est une hypothèse qui a clairement été évoquée par le Premier ministre. Cela au motif qu’il faudrait préserver la capacité productive. La vérité est toute autre car le changement de capital n’affecte pas nécessairement la production. La vérité, c’est que nombreux d’entreprises françaises privées sont aujourd’hui très vulnérables pour  avoir perdu 50 à 70 % de leur valeur en capitalisation. En clair,  elles peuvent être rachetées par des groupes étrangers pour pas grand-chose. Ceci vaut par exemple pour Air France encore pour Renault. Le Premier ministre affirme que l’hypothèse de renationalisation (ou de nationalisation  n’obéit pas un motif idéologique.

Une curieuse contradiction car jusque-là Macon tout autant Édouard Philippe n’ont cessé de vanter les vertus du capitalisme mondial. On a même été jusqu’à vendre des bijoux technologiques. Faut-il rappeler encore l’affaire d’Alstom ou Macron comme conseiller technique de l’Élysée s’est opposé à la renationalisation proposée par Montebourg. Pire, qui a bradé l’entreprise à Général électrice pour la branche turbine nous rendant en plus dépendant des États-Unis pour certaines technologies de défense.

La vérité c’est que ce concept de financiarisation mondiale à outrance est en train de s’écrouler , l’idéologie portée par Macron et Édouard Philippe avec. Certes,  le capitalisme ne va pas disparaître pas davantage que le marché. Désormais cependant on sera attentif aux effets à long terme d’une internationalisation à outrance qui prive les Etats d’outils stratégiques en cas de crise. Exemple, celui de l’industrie pharmaceutique dont  50 à 80 % de la production est délocalisée en Asie et en Chine. Aujourd’hui même l’État est contraint de contingenter le paracétamol fabriqué à 80 % en Chine au moment même où on interdit en même temps- en tout cas on déconseille- fortement l’usage des anti-inflammatoire non stéroïdiens comme par exemple l’ Ibuprofène.

L’Etat pourrait “prendre ses responsabilités” et décider de nationaliser une entreprise mise en grande difficultés par la crise liée au coronavirus, a déclaré mardi le Premier ministre Edouard Philippe.“S’il fallait aller jusque là, dans un cas d’extrême difficulté d’une entreprise, pour préserver la capacité productive, alors nous le ferions”, a-t-il dit dans un entretien sur France 2.

“Non pas par idéologie, non pas pour la volonté de permettre une nationalisation qui durerait jusque l’éternité, mais pour faire en sorte que des entreprises essentielles au tissu économique français ne disparaissent pas à cause de ce trou d’air. Alors dans ce cas là, nous pourrions prendre nos responsabilités”, a-t-il ajouté.

“S’agissant d’Air France, l’Etat a déjà une participation de 14,5% dans l’entreprise. Il faut donc que nous prenions nos responsabilités en bonne intelligence d’ailleurs avec les autres actionnaires, je pense notamment au gouvernement néerlandais”, a-t-il dit en évoquant le cas particulier de la compagnie aérienne. “Nous avons d’ores et déjà pris la décision de supprimer un certains nombres de taxes qui pèsent spécifiquement sur le transport aérien ou sur les compagnies aériennes qui opèrent depuis la France de façon à accompagner les entreprises. C’est de l’ordre de 700 millions d’euros qui sont ici engagés”, a-t-il rappelé.

“Et nous sommes disposés à prendre une responsabilité en tant qu’actionnaire pour veiller à ce que cette compagnie nationale puisse franchir cette crise qui, dans le transport aérien, est absolument considérable et qui n’a pas d’égal avec ce que nous avons pu connaître dans le passé.”

Encore une fois contrairement à ce qu’affirme le Premier ministre, c’est bien l’idéologie de l’ultralibéralisme qui est en cause. Encore une fois, le capitalisme va continuer d’exister mais on ne va forcément commencer à mieux préserver les intérêts économiques et financiers du pays. Encore une fois, le marché va continuer d’exister mais on ne lui confiera pas le soin de réguler l’ensemble de la vie socio-économique et il conviendra de réguler davantage le fonctionnement en tenant mieux compte de l’intérêt général.

Coronavirus: retour des nationalisations, pourquoi ?

Coronavirus: retour  des nationalisations, pourquoi ?

 

 

 

Le retour des nationalisations est une hypothèse qui a clairement été évoquée par le Premier ministre. Cela au motif qu’il faudrait préserver la capacité productive. La vérité est toute autre car le changement de capital n’affecte pas nécessairement la production. La vérité, c’est que nombreux d’entreprises françaises privées sont aujourd’hui très vulnérables pour  avoir perdu 50 à 70 % de leur valeur en capitalisation. En clair,  elles peuvent être rachetées par des groupes étrangers pour pas grand-chose. Ceci vaut par exemple pour Air France encore pour Renault. Le Premier ministre affirme que l’hypothèse de renationalisation (ou de nationalisation pour des entreprises qui ne l’ont jamais été appropriées par l’État,) n’obéit pas un motif idéologique.

Une curieuse contradiction car jusque-là Macon tout autant Édouard Philippe n’ont cessé de vanter les vertus du capitalisme mondial. On a même été jusqu’à vendre des bijoux technologiques. Faut-il rappeler encore l’affaire d’Alstom ou Macron comme conseiller technique de l’Élysée s’est opposé à la renationalisation proposée par Montebourg. Pire, qui a bradé l’entreprise à générale électrique pour la branche turbine nous rendant en plus dépendant des États-Unis pour certaines technologies de défense.

La vérité c’est que ce concept de financiarisation mondiale à outrance est en train de s’écrouler , l’idéologie portée par Macon Édouard Philippe avec. Certes,  le capitalisme ne va pas disparaître pas davantage que le marché. Désormais cependant on sera attentif aux effets à long terme d’une internationalisation à outrance qui prive les Etats d’outils stratégiques en cas de crise. Exemple celui de l’industrie pharmaceutique dont  50 à 80 % de la production est délocalisée en Asie et en Chine. Aujourd’hui même l’État est contraint de contingenter le paracétamol fabriqué à 80 % en Chine au moment même où on interdit en même temps- en tout cas on déconseille- fortement l’usage des anti-inflammatoire non stéroïdiens comme par exemple l’ ibuprofène.

L’Etat pourrait “prendre ses responsabilités” et décider de nationaliser une entreprise mise en grande difficultés par la crise liée au coronavirus, a déclaré mardi le Premier ministre Edouard Philippe.“S’il fallait aller jusque là, dans un cas d’extrême difficulté d’une entreprise, pour préserver la capacité productive, alors nous le ferions”, a-t-il dit dans un entretien sur France 2.

“Non pas par idéologie, non pas pour la volonté de permettre une nationalisation qui durerait jusque l’éternité, mais pour faire en sorte que des entreprises essentielles au tissu économique français ne disparaissent pas à cause de ce trou d’air. Alors dans ce cas là, nous pourrions prendre nos responsabilités”, a-t-il ajouté.

“S’agissant d’Air France, l’Etat a déjà une participation de 14,5% dans l’entreprise. Il faut donc que nous prenions nos responsabilités en bonne intelligence d’ailleurs avec les autres actionnaires, je pense notamment au gouvernement néerlandais”, a-t-il dit en évoquant le cas particulier de la compagnie aérienne. “Nous avons d’ores et déjà pris la décision de supprimer un certains nombres de taxes qui pèsent spécifiquement sur le transport aérien ou sur les compagnies aériennes qui opèrent depuis la France de façon à accompagner les entreprises. C’est de l’ordre de 700 millions d’euros qui sont ici engagés”, a-t-il rappelé.

“Et nous sommes disposés à prendre une responsabilité en tant qu’actionnaire pour veiller à ce que cette compagnie nationale puisse franchir cette crise qui, dans le transport aérien, est absolument considérable et qui n’a pas d’égal avec ce que nous avons pu connaître dans le passé.”

Encore une fois contrairement à ce qu’affirme le Premier ministre, c’est bien l’idéologie de l’ultralibéralisme qui est en cause. Encore une fois, le capitalisme va continuer d’exister mais on ne va forcément commencer à mieux préserver les intérêts économiques et financiers du pays. Encore une fois, le marché va continuer d’exister mais on ne lui confiera pas le soin de réguler l’ensemble de la vie socio-économique et il conviendra de réguler davantage le fonctionnement en tenant mieux compte de l’intérêt général.

Nicolas Sarkozy : retour d’ascenseur vers Arnaud Lagardère

Nicolas Sarkozy : retour d’ascenseur vers  Arnaud Lagardère

On comprend mieux pourquoi un journal comme le JDD, propriété de Lagardère, soutient avec un tel enthousiasme le pouvoir en général et Sarkozy en particulier dans ses affaires politico-financières. Ainsi dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Sarkozy, le JDD a sans doute été le seul média à prendre l’initiative d’une contre-enquête qui innocente complètement Nicolas Sarkozy. Le problème est que la maîtrise du groupe Lagardère est menacés par  le fonds activiste Amber Capital. Arnaud Lagardère pourrait même en perdre la maîtrise au profit de ce fonds. Dans cette bataille financière dantesque, Lagardère sollicite donc  l’ancien président de la république pour rejoindre  le conseil de surveillance du groupe Lagardère. C’est en mai, à l’occasion de l’assemblée générale, qu’interviendrait cette nomination. Nicolas Sarkozy pourrait faire jouer son carnet d’adresse internationale pour aider le camp Lagardère a conservé la direction du groupe.

Le fonds britannique Amber, qui fustige tout à la fois la stratégie et la gouvernance de Lagardère, a renforcé ses positions. Depuis la mi-février, avec 10,58 % du capital, il est devenu le deuxième actionnaire du groupe, derrière le fonds souverain du Qatar (13 %), mais devant Arnaud Lagardère (7,3 %), même si ce dernier conserve encore davantage de droits de vote. Fort de sa position, Amber Capital compte bien passer à l’attaque. Il souhaite demander la nomination d’un ou plusieurs membres du conseil de surveillance et, surtout, faire chavirer la gouvernance du groupe. Le fond milite en effet pour la suppression du statut de commandite, qui rend actuellement le dirigeant de l’entreprise, Arnaud Lagardère, inamovible.

C’est pour parer le coup que celui-ci appelle à la rescousse l’ex-locataire de l’Élysée. Les deux hommes se connaissent de longue date. Surtout, Nicolas Sarkozy a toujours entretenu des relations très étroites avec le Qatar, premier actionnaire de Lagardère et pièce maîtresse dans l’affrontement attendu en mai. Face à Amber Capital, Arnaud Lagardère tente, grâce à Nicolas Sarkozy de consolider ses alliances. Ces enjeux financiers permettent de mieux comprendre certains liens sulfureux entre la politique et la finance. Notons que le JDD es aussi un soutien inconditionnel de Macron et même un soutien militant qui pourrait être utile dans cette bataille.

Chine: retour d’une grippe aviaire

Chine: retour d’une grippe aviaire

La Chine fait désormais face à deux épidémies: le Coronavirus, qui a fait à ce jour 361 morts, et l’apparition d’une grippe aviaire H5N1 dans la province d’Hunan ( grippe aviaire). « L’épidémie a débuté dans une ferme du district de la ville de Shaoyang. L’exploitation compte 7850 poulets dont 4500 sont morts par contagion », a annoncé le ministère de l’agriculture chinois ce samedi, dans des propos rapportés par plusieurs médias locaux.

Aucun humain n’a été contaminé pour l’heure, selon le dernier bilan en date. En revanche, 17.828 poulets ont été abattus par les autorités locales, le virus se transmettant principalement entre volailles et n’ayant que peu de chances de se propager entre humains.

Cette grippe aviaire avait fait 282 morts dans 15 pays selon l’OMS en 2003, six ans après sa première apparition à Hong-Kong où six personnes sont mortes en 1997.

En France, c’est le retour d’un autre virus, le H5N8, un sous-type de la grippe A, que craint notamment la Coordination rurale, syndicat agricole.

« Depuis plusieurs semaines, des foyers de grippe aviaire (H5N8) ont été détectés dans des élevages en Pologne, Slovaquie, Hongrie et Roumanie, mais aussi dans la faune sauvage en Pologne », avait souligné la Coordination rurale ce 17 janvier dans un communiqué, demandant aux autorités « d’interdire rapidement les importations de volailles en provenance des pays infectés et d’attirer la vigilance des douanes sur ce risque ».

 

Retour à 90 km/h : un retour adapté aux caractéristiques accidentogènes ( D. Busserreau)

Retour à  90 km/h : un retour adapté aux caractéristiques accidentogènes ( D. Busserreau)

 

Dominique Bussereau,  président de l’Assemblée des Départements de France, a raison de ne pas se précipiter tête baissée vers un retour généralisé 90 km/h désormais permis par la loi. Il ne veut pas commettre la même erreur que le gouvernement qui a pris une mesure très globale ne tenant pas compte du caractère accidentogène des différentes portions de route. Dominique Bussereau propose donc un retour prudent et surtout adapté aux caractéristiques plus ou moins dangereux des routes. Ce qu’il a déclaré dans une interview à sur Europe 1  

La loi mobilité, promulguée la semaine dernière, permet désormais aux départements de choisir s’ils veulent ou non revenir à une limitation de vitesse de 90 km/h sur certaines routes du réseau secondaire, après la tentative avortée du gouvernement de généraliser les 80 km/h. Mais même après cela, l’éventuel retour aux 90 km/h s’annonce périlleux. « La loi a été promulguée, on n’attend pas de décret d’application. Mais c’est assez compliqué », a prévenu Dominique Bussereau, président du conseil départemental de Charente-Maritime et président de l’Assemblée des Départements de France, samedi soir sur Europe 1.

Chaque département va pouvoir choisir une solution qui lui convient, et Dominique Bussereau anticipe d’ores et déjà trois cas de figure. D’abord, « ceux qui vont rester aux 80 km/h, parce qu’ils estiment que c’est compliqué, qu’il faut remettre les panneaux, que ça va coûter de l’argent, ou parfois par conviction personnelle de leurs exécutifs ». Ensuite, « ceux qui vont essayer de repasser au maximum à 90 km/h », notamment les territoires ruraux comme le Cantal ou la Corrèze. Et enfin, « une autre catégorie, à laquelle appartient mon département, la Charente-Maritime, où on va faire du coup par coup. »

Et Dominique Bussereau de détailler cette fameuse méthode : « On va consulter les pompiers, les gendarmes, la police, les maires, la préfecture et on va remettre du 90 km/h là où on aura de bonnes statistiques d’accidentologie, on va laisser beaucoup à 80 km/h et on pourra mettre de courts tronçons à 70 km/h. » Selon lui, c’est d’ailleurs ce que l’exécutif aurait dû faire depuis le début, en réunissant tous les acteurs autour de la table. « Cela aurait évité la colère, la démagogie et peut-être certaines exactions comme ce qui se passe actuellement [avec] de nouveaux radars incendiés régulièrement sur toutes les routes de France », analyse le président de l’ADF.

Quant à savoir si toutes ces limitations de vitesse différentes vont perturber les automobilistes, Dominique Bussereau n’y voit pas vraiment de difficulté. « Tout cela est compliqué mais dans une ville, vous avez du 50, du 30, du 20… l’automobiliste français est habitué tous les jours à des vitesses différentes. »

Darwinisme social : le dangereux retour ! (collectif chercheurs)

Darwinisme social : le dangereux retour ! (collectif chercheurs)

La politique de la science est de plus en plus conduite par la compétition « au détriment de la coopération », s’indigne un collectif de 16 chercheurs qui protestent dans une tribune au Monde contre les propos du patron du   CNRS qui préconise un retour du darwinisme social, un retour approuvé par Macron. Jamais depuis Alexis Carrel un intellectuel n’avait osé reprendre ces thèses eugénistes; Alexis Carrel avait une excuse en quelque sorte, il appartenait au parti français pro nazi et soutenait ses idées. Pour preuve cette citation de Carrel:

« En Allemagne, le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l’augmentation des minorités, des aliénés, des criminels. La situation idéale serait que chaque individu de cette sorte soit éliminé quand il s’est montré dangereux »

La référence au darwinisme social s’appuie peut-être sur une conviction mais découle aussi d’  une volonté assez lamentable de certaines élites de plaire au prince pour un maintien en poste voire une promotion. Bref une attitude de courtisan. Le darwinisme social est bien entendu une théorie particulièrement fumeuse dans le domaine de la recherche car  les champs et les compétences se complètent au lieu de se concurrencer et ont peu à voir avec les évolutions aléatoires. Lors de la cérémonie des 80 ans du CNRS en présence de Macron, le patron du CNRS, Antoine Petit, résumait ainsi l’idéologie qui sous-tend la future loi de programmation de la recherche, dont la présentation est prévue pour février 2020 : « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

 

De son coté Macron a assuré  que les innombrables évaluations auxquelles sont soumis les chercheurs (annuelle, biennale, quinquennale, et lors de chaque publication et projet évalué par les pairs) pourraient diminuer à condition qu’elles permettent une « différenciation » et que les « mauvais » en « assument les conséquences ». Emmanuel Macron a également cité, parmi les « chantiers » de la future loi, la création, à côté des modes de travail statutaires de plus en plus rares, de « CDI de projets », nouvel oxymore désignant des contrats voués à durer le temps d’un projet. Une sorte d’ubérisation de la recherche qui pourrait faire école dans toute l’économie pour éliminer les « mauvais ».

« La dévalorisation des « mauvais » chercheurs fait ainsi écho à l’éloge des « plus performants » par le PDG du CNRS. Une « loi inégalitaire » ? Mesurons la charge : on propose ici de poser comme principe légal la négation d’un des piliers de notre devise républicaine. Mais, au-delà, un « darwinisme » dans la recherche, qu’est-ce à dire ?

En 1859, Charles Darwin a montré que les espèces biologiques descendent d’espèces antérieures, et sont soumises à la « sélection naturelle » : génération après génération, l’effet cumulé de la reproduction différentielle des individus les plus ajustés à leur environnement grâce à certains traits héritables entraîne la généralisation de ces propriétés dans la population. Pour Darwin, c’est dans la concurrence générée par la rareté des ressources que ces traits prouvent qu’ils sont adaptatifs, en entraînant un taux de reproduction plus élevé pour leur porteur. » répliquent les chercheurs.

 

La COP25 : encore une réunion pour pas grand chose

La COP25 : encore une réunion pour pas grand chose

 

Pour dissimuler l’échec  de la Cop 25qui  vient de se tenir à Madrid, les participants se sont mis d’accord sur une très modeste déclaration d’intention qui n’engage pas. De toute manière, c’est dans la poursuite de l’esprit même de la Cop 21 de Paris qui ne fixait aucune obligation, aucune contrainte globale, aucune sanction. Du coup la COP 25 a reconnu l’écart entre les intentions de la COP 21 et la situation actuelle. Pour autant il a été impossible de prendre de nouveaux engagements.

Ce résultat, bien en deçà des aspirations de nombreux pays et des organisations environnementales, a été jugé “décevant” par le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres.

“Au vu de l’urgence climatique et des attentes des citoyens, la France regrette que les gouvernements ne soient pas allés assez loin dans leurs engagements”, a déclaré dans un communiqué le Ministère de la transition écologique et solidaire.

Quatre ans après la signature de l’Accord de Paris, la réunion de Madrid faisait figure de test de la disposition des Etats à répondre collectivement aux cris d’alarme des scientifiques, qui préviennent que la hausse des températures atteindra bientôt un point de non retour si les émissions carbone ne diminuent pas de manière drastique.

Mais l’Union européenne, qui s’est engagée à parvenir à la neutralité carbone en 2050, et d’autres pays qui plaidaient pour l’adoption d’objectifs plus ambitieux se sont heurtés jusqu’au bout à la résistance de plusieurs gros pollueurs, notamment le Brésil, la Chine, l’Australie, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, ont déclaré des délégués.

“Ces discussions montrent à quel point les dirigeants politiques sont déconnectés de l’urgence démontrée par la science et des demandes des gens qui se mobilisent dans la rue”, a commenté Helen Mountford, vice-présidente du think-tank World Resources Institute. “Il faut qu’ils se réveillent en 2020.”

Tous les Etats doivent soumettre d’ici la COP26 à Glasgow une version révisée de leurs engagements. Pour l’heure, environ 80 des 190 pays participants l’ont fait mais ils ne représentent à eux tous que 10% des émissions mondiales.

Deux semaines de négociations à Madrid et le report de deux jours de la clôture de la COP25 n’ont pas permis de faire bouger les lignes, alors que doit débuter l’an prochain la phase cruciale de l’application des objectifs de l’Accord de Paris, déjà fragilisé par l’annonce du retrait des Etats-Unis. Les clivages sont de plusieurs natures. Il y a forcément une opposition  entre les pays qui sont de très gros pollueurs et ceux  qu’ils sont moins. Mais il y a des divergences sur la stratégie et les méthodologie. pour réconcilier les uns et les autres il faudrait être capable de mieux articuler la problématique de l’environnement et du développement. On ne peut en effet sacrifier totalement le développement au profit de l’écologie, inversement on ne peut sacrifier la cause environnementale sur l’autel de la seule croissance. Le chemin est difficile dans la mesure où se percutent  des interactions économiques, sociales, technologiques, sanitaires  et écologiques.

 

 

Taxe carbone : toujours l’arnaque de retour

 

Taxe carbone :  toujours l’arnaque de retour

Ecolos bobos, et fiscalistes de Bercy sont au moins d’accord sur une chose : augmenter les impôts au nom de l’environnement. Si la fiscalité était efficace, la France serait sans doute championne du monde de l’écologie compte tenu du record du monde de prélèvements obligatoires. Ayant sans doute déjà oublié l’origine du mouvement des gilets jaunes, le Premier ministre Édouard Philippe, qui n’en  manque pas une, a récemment évoqué la possibilité de cette taxe carbone supposée protéger l’environnement. Une manière de remettre le couvert pas tellement dans une optique environnementale mais plutôt pour boucher les trous du budget. Bref la transition écologique version fiscaliste. L’ingénierie fiscale française est en effet sans limite, une pathologie qui touche toutes les sensibilités politiques, tous les technocrates, tous les écolos. Pour résumer, il s’agit de soigner le monde carboné par la saignée fiscale. Le remède radical des médecins de Molière qui guérissaient les malades, lesquels  mourraient de la thérapie de choc. Il est évident qu’en tuant l’économie française on aura aussi fait disparaître le carbone,  à un détail près : on aura reporté les émissions polluantes sur d’autres pays car il faudra bien toujours consommer… (Et accessoirement payer mais avec quelle richesse ?).  En mal de reconnaissance, les économistes qui ont été presque tous nourris au lait du néo libéralisme ont donné une légitimité pseudo scientifique à la taxe carbone. Il s’agit d’abord d’une récupération indécente d’une question sociétale qui ne peut évidemment être seulement et prioritairement régulé par la fiscalité et les prix. Le signal prix cher aux économistes ultra libéraux constitue une sorte de récupération par les mécanismes de marché de la problématique environnementale. L’argumentation consiste à affirmer qu’il convient de limiter les émissions polluantes en leur donnant un prix afin de favoriser la seule régulation marchande. Si l’économie de marché est encore la meilleure chose (ou la moins pire) pour équilibrer l’offre et la demande,  il en va différemment lorsqu’il s’agit des champs sociétaux environnementaux. Certes on peut comprendre l’absolue nécessité d’une transition écologique notamment dans le domaine du transport. Encore faudrait-il qu’il existe une alternative pour permettre le changement de comportement. Or une politique des transports ne peut se conduire que sur le long terme pour  développer à la fois les transports collectifs, le concept du véhicule individuel et son utilisation. En l’absence de ces conditions,  la fiscalité dite écologique se réduit à un impôt classique qui au demeurant vient en plus affecté  le pouvoir d’achat, donc la croissance et l’emploi. Notons aussi que ces mesures carburant touche surtout les moins favorisés qui ne peuvent pas disposer d’une liberté d’horaire pour prendre un autre moyen de transport que leur véhicule individuel. Il y a évidemment d’autres moyens de réguler que l’arme de la fiscalité et des prix : la régulation par les normes et le développement système alternatif. Mais dans le contexte actuel des transports,  la fiscalité écologique constitue une fumisterie environnementale qui n’a d’autre objet que de donner une fausse légitimité scientifique à un impôt qui va se perdre dans le trou du budget. Faudrait-il rappeler aux économistes que leur science, certes utile,  n’est pas très exacte, qu’elle est même souvent approximative. Pour preuve, la majorité des grandes ruptures n’ont pas été prévues par la plupart  de ces experts. Par exemple, la prochaine chute de la croissance française assommée par la fiscalité.

 

Darwinisme social : le retour ! (collectif chercheurs)

 Darwinisme social : le retour ! (collectif chercheurs)

La politique de la science est de plus en plus conduite par la compétition « au détriment de la coopération », s’indigne un collectif de 16 chercheurs qui protestent dans une tribune au Monde contre les propos du patron du   CNRS qui préconise un retour du darwinisme social, un retour approuvé par Macron. Jamais depuis Alexis Carrel un intellectuel n’avait osé reprendre les thèses eugénistes; Alexis Carrel avait une excuse en quelque sorte, il appartenait au parti français pro nazi et soutenait ses idées. Pour preuve cette citation de Carrel:

« En Allemagne, le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l’augmentation des minorités, des aliénés, des criminels. La situation idéale serait que chaque individu de cette sorte soit éliminé quand il s’est montré dangereux »

La référence au darwinisme social s’appuie peut-être sur une conviction mais découle aussi d’  une volonté assez lamentable de certaines élites de plaire au prince pour un maintien en poste voire une promotion. Bref une attitude de courtisan. Le darwinisme social est bien entendu une théorie particulièrement fumeuse dans le domaine de la recherche car  les champs et les compétences se complètent au lieu de se concurrencer et ont peu à voir avec les évolutions aléatoires. Lors de la cérémonie des 80 ans du CNRS en présence de Macron, le patron du CNRS, Antoine Petit, résumait ainsi l’idéologie qui sous-tend la future loi de programmation de la recherche, dont la présentation est prévue pour février 2020 : « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

De son coté Macron a assuré  que les innombrables évaluations auxquelles sont soumis les chercheurs (annuelle, biennale, quinquennale, et lors de chaque publication et projet évalué par les pairs) pourraient diminuer à condition qu’elles permettent une « différenciation » et que les « mauvais » en « assument les conséquences ». Emmanuel Macron a également cité, parmi les « chantiers » de la future loi, la création, à côté des modes de travail statutaires de plus en plus rares, de « CDI de projets », nouvel oxymore désignant des contrats voués à durer le temps d’un projet

« La dévalorisation des « mauvais » chercheurs fait ainsi écho à l’éloge des « plus performants » par le PDG du CNRS. Une « loi inégalitaire » ? Mesurons la charge : on propose ici de poser comme principe légal la négation d’un des piliers de notre devise républicaine. Mais, au-delà, un « darwinisme » dans la recherche, qu’est-ce à dire ?

En 1859, Charles Darwin a montré que les espèces biologiques descendent d’espèces antérieures, et sont soumises à la « sélection naturelle » : génération après génération, l’effet cumulé de la reproduction différentielle des individus les plus ajustés à leur environnement grâce à certains traits héritables entraîne la généralisation de ces propriétés dans la population. Pour Darwin, c’est dans la concurrence générée par la rareté des ressources que ces traits prouvent qu’ils sont adaptatifs, en entraînant un taux de reproduction plus élevé pour leur porteur. »

 

12345...12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol