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Le danger mortel du retour de l’inflation

Le danger mortel du retour de l’inflation

 

 

Pour Patrick Artus, économiste, une inflation à nouveau forte va modifier les comportements de tous les agents économiques.

 

Chronique.

 

 Le prochain président de la République, quel qu’il soit, risque d’être confronté à une situation économique bien proche de celle des années 1970-2008, une « économie d’autrefois » très éloignée de celle que nous avons connue ces dernières années – entre 2010 et la crise due au Covid-19.

Dans cette économie d’autrefois, il y avait de l’inflation. Elle était alors due à l’accélération des salaires, quand les économies se rapprochaient du plein-emploi, et à l’indexation des salaires sur les prix. En effet, le pouvoir de négociation des salariés était élevé ; cela impliquait, d’une part, que les salariés pouvaient bénéficier des périodes de plein-emploi pour obtenir des hausses de salaires plus rapides, d’autre part, que les gains de productivité étaient redistribués aux salariés, et enfin que les salaires étaient protégés contre l’inflation par l’indexation de ceux-ci sur les prix.

La seconde caractéristique de l’économie d’autrefois était que les chocs inflationnistes (hausse des prix des matières premières et de l’énergie, conflits sociaux) étaient essentiellement supportés par les entreprises et conduisaient surtout à un recul des profits, puisque l’indexation des salaires épargnait les salariés des conséquences de ces chocs.

Enfin, dans cet environnement marqué par l’inflation et la lutte entre salariés et entreprises pour le partage des revenus, les banques centrales, surtout à partir de 1980, avaient comme objectif premier de lutter contre l’inflation. Chaque fois que l’inflation augmentait (1973-1974, 1980-1982, 1998-2000, et même 2006-2008), les taux d’intérêt grimpaient fortement ; les taux d’intérêt à long terme étaient en moyenne plus élevés que les taux de croissance de l’économie.

En conséquence, la politique budgétaire ne pouvait pas rester durablement expansionniste : elle était contracyclique, mais devait en moyenne stabiliser le taux d’endettement public. Les Etats devaient assurer la soutenabilité des dettes publiques en revenant à des politiques budgétaires restrictives dans la seconde moitié des périodes d’expansion.

Tout change à partir de la crise des subprimes de 2008-2009, mais certaines évolutions apparaissent dès le début des années 2000. Le point de départ est la perte de pouvoir de négociation des salariés, avec la désindustrialisation et la création d’emplois dans de petites entreprises de services, où les syndicats sont peu présents, et avec la déréglementation des marchés du travail (réduction de la protection de l’emploi, facilitation des licenciements). Il en résulte une déformation du partage des revenus au détriment des salariés dans tous les pays de l’OCDE, sauf en France et en Italie. Les moindres hausses des salaires conduisent à une inflation plus faible. Mais le coût des chocs inflationnistes (hausse des prix de l’énergie, de l’alimentation, du transport…) est, comme actuellement, subi par les salariés plus que par les entreprises, car, à partir du début des années 2000, les salaires sont faiblement indexés sur les prix. Enfin, le plein-emploi n’amène plus à l’inflation – on l’a clairement vu en 2018-2019, la baisse du chômage n’entraînant plus (ou moins) de hausse des salaires.

Mandat Présidentiel : un retour à 7 ans et pourquoi pas à vie comme en Chine ou en Russie ?

Mandat Présidentiel : un retour à 7 ans et  pourquoi pas à vie  comme en Chine ou en Russie ?

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux candidats qualifiés pour la finale se marquent à la culotte en rapprochant parfois assez sérieusement leur point de vue. Par exemple à propos de la réforme de la retraite où Macron est en train de lâcher sérieusement du lest. Aussi sur les réformes politiques. Par exemple Marine le Pen  qui s’est prononcée pour un mandat présidentiel qui passerait de cinq à sept ans. Hier brusquement, Macron s’est montré également favorable à cette modification.

Il y a sans doute autant d’éléments favorables qui militent en faveur d’un allongement du mandat présidentiel que le maintien à cinq ans.
En effet,  la véritable question est la lassitude des Français à propos du bilan des différents présidents élus depuis Sarkozy. Pour preuve aucun des  anciens élus n’a été reconduit dans la fonction. Un phénomène qui n’est pas à exclure concernant Macron tellement le bilan est mince et la déception grande.

Les facteurs explicatifs de ces désillusions tiennent moins dans la longueur du mandat présidentiel que dans l’insignifiance du contenu de la vie démocratique. En effet une fois élus les monarques républicains oublient l’essentiel de leurs promesses et décident  de manière technocratique ce qui leur paraît bon pour le pays. Le problème , c’est que ces monarques ne sont entourés que de technocrates et de courtisans et que le roi se retrouve rapidement coupé des réalités ; en outre depuis Macron,  on a encore réduit à pas grand-chose l’intermédiation des organisations susceptibles de porter les sensibilités des différentes couches socioprofessionnelles et plus généralement des différentes catégories de Français. Dans les conditions de fonctionnement démocratique actuel, la détestation du président sera encore amplifiée avec un mandat à 7 ans.

Le candidat LREM à la présidentielle s’est pourtant exprimé sur la réinstauration d’un mandat présidentiel de sept ans, déjà soutenu par sa rivale, Marine Le Pen.

Un mandat de sept ans, c’est « un bon rythme pour la présidentielle » et « une bonne respiration par rapport au rythme des législatives », a-t-il lancé, alors que l’instauration d’un  »septennat non renouvelable » fait partie du programme de sa concurrente. Il a par contre estimé que « le caractère renouvelable » ou non de ce mandat devrait être laissé au « peuple ». Il est vrai qu’au nom du peuple, nombre de monarques républicains et autres autocrates se sont assis sur la démocratie. Ainsi pour nourrir la disruption chère à Macon, on pourrait lui suggérer de faire passer le mandat présidentiel de 5 à 50 ans, ce qui s’est pratiquement passé en Chine et en URSS après les modifications constitutionnelles ( (En fait qui accorde une durée à vie du mandat présidentiel). Ainsi on s’épargnerait les formalités inutiles d’élection présidentielle dans lesquels les Français n’espèrent plus grand-chose !

Le retour à la proportionnelle et à la IVe République ?

Le retour à la proportionnelle et à la IVe République ?

D’une certaine manière c’est ce que propose un article du Monde qui s’inquiète de l’insuffisance de représentation des partis contestataires. Le journal Le Monde fait l’impasse sur le fait que la France s’appuie sur un régime présidentiel et non sur un régime parlementaire comme  sous la IVe République. En outre, la représentation politique après les élections présidentielles va elle aussi se transformer rendant plus cohérente la représentation nationale et la présence politique locale.La crise démocratique évoquée par l’article du « Monde » est sans doute autrement plus complexe et plus profond eque la répartition de sièges dans la représentation nationale

Alors que les partis LR et PS restent bien représentés malgré un poids électoral réel minime, les partis dits « contestataires » ne disposent pas de la visibilité en rapport avec leurs scores électoraux.

 

La quasi-disparition des deux grandes formations politiques qui s’étaient partagé l’alternance au cours des quarante dernières années restera comme l’un des faits majeurs du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 10 avril. Le Parti socialiste (PS), qui avait entamé sa descente aux enfers il y a cinq ans, l’achève avec le score historiquement bas d’Anne Hidalgo (1,75 %). La maire de Paris se retrouve en dixième position, deux rangs derrière son concurrent communiste, Fabien Roussel.Avec un léger décalage dans le temps, Les Républicains (LR) enregistrent à leur tour une spectaculaire dégringolade qui compromet leurs chances de rebond. Avec 4,78 % des suffrages exprimés, Valérie Pécresse réalise le plus mauvais score de la droite républicaine sous la Ve République, 15 points en dessous de celui de François Fillon, en 2017. La candidate éconduite se voit dans l’obligation de lancer une souscription pour tenter de rembourser l’emprunt personnel qu’elle a levé pour faire campagne.

Le décalage entre ce que ces deux partis prétendaient représenter et leur poids électoral réel incite à s’interroger sur les limites du système représentatif actuel : certes, LR et le PS tiennent encore les régions. Ils restent localement bien implantés, mais, sur le plan national, ils sont devenus des coquilles vides sans leader, ni projet, ni stratégie.

LR n’en compte pas moins une centaine de députés dans l’Assemblée nationale sortante, et le Parti socialiste a pu constituer en 2017, avec les apparentés, un groupe de 28 députés, plus nombreux que celui de La France insoumise (17 élus). Le Rassemblement national n’a quant à lui que 8 élus, qui siègent chez les non-inscrits, faute de pouvoir constituer son propre groupe. Ces deux partis pèsent pourtant aujourd’hui chacun plus de 20 % des suffrages exprimés.

Certes, tout va changer dans la prochaine Assemblée qui sera élue en juin, mais, loin de corriger ces distorsions, le fait majoritaire risque de les aggraver. Pour passer le cap du second tour, il faut recueillir 12,5 % des voix des inscrits, ce qui équivaut à 25 % des suffrages exprimés si l’abstention est de l’ordre de 50 %. La barre est tellement haute que les prétendants vont chercher à se mettre sous la protection des gagnants. La nouvelle majorité risque d’être obèse, l’opposition réduite à la portion congrue.

En parallèle à la chute de LR et du PS, la montée des partis dits « contestataires », pratiquement continue depuis 1988, est une autre forme d’alerte. Toutes tendances confondues, ceux-ci pèsent aujourd’hui plus de 50 % des suffrages exprimés sans disposer de la visibilité en rapport avec leur poids. Cette distorsion nourrit un fort ressentiment chez une partie des électeurs qui ont l’impression d’être devenus invisibles.

Le fonctionnement insatisfaisant de la vie démocratique n’est pas une problématique nouvelle. Le sujet est évoqué à chaque nouveau quinquennat mais le soufflé retombe vite, face aux autres urgences à résoudre et au manque de consensus sur la direction à suivre. Cette fois, il est urgent de s’y pencher collectivement et d’examiner un panel de solutions qui, de la proportionnelle aux conventions citoyennes en passant par les consultations, doivent viser à réimpliquer les citoyens. Si ce travail n’est pas entrepris, les tensions risquent de monter d’un cran.

Le Monde

Guerre en Ukraine : Le retour des brigades internationales

Guerre en Ukraine : Le retour des brigades internationales

 

Après deux décennies de djihadisme, le conflit russo-ukrainien marque le grand retour du brigadisme. Le phénomène a toujours été une soupape et un débouché de l’émotivité des opinions publiques, estime, dans une tribune au « Monde », l’historien Edouard Sill.

 

Tribune.

 

L’appel du président Zelensky du 25 février aux « hommes libres du monde entier » à venir combattre aux côtés des forces armées ukrainiennes a été entendu ; vingt mille volontaires seraient arrivés depuis. Les modalités, le nombre des candidatures ou de pays représentés (une cinquantaine), les motivations exprimées par les volontaires comme les commentaires des observateurs : tout semble autoriser l’analogie avec les Brigades internationales qui, organisées par l’Internationale communiste entre 1936 et 1939, ont combattu aux côtés des républicains durant la guerre d’Espagne.

Cette évocation n’est pas nouvelle, elle revient à chaque fois que la présence de combattants étrangers dans un conflit est attestée. Pourtant, depuis deux décennies, le phénomène itératif du volontariat international combattant, vieux de plus de deux siècles, semblait avoir été supplanté par un avatar religieux et dénaturé. Il y avait déjà eu le désir d’assimiler les départs vers l’Irak puis vers la Syrie aux brigadistes.

La production académique anglo-saxonne avait (re) découvert le phénomène du volontaire international avec les attentats islamistes, et les « foreign fighters » (« combattants étrangers ») étaient venus recouvrir les définitions historiques. L’artifice n’a pourtant guère pris. L’incapacité de l’opinion (y compris musulmane) à s’identifier aux djihadistes comme la vocation mortifère et criminelle de la cause ont limité la popularité de l’assimilation.

Ces volontaires ont été très vite requalifiés en « foreign terrorist figthers » (« combattants terroristes étrangers ») par l’ONU. Il était bien difficile de leur faire endosser le costume traditionnel du « volontaire de la liberté », ce personnage culturel et historique commun à tout l’Occident. Nous assistons en Ukraine à la résurgence massive, surprenante mais pourtant prévisible, du volontariat international armé dans ses attributs initiaux, occidentaux.

Ce mouvement était perceptible depuis les « printemps arabes ». En 2011, un premier projet de brigade internationale pour la Libye avait été lancé sur Facebook, avant d’être rattrapé par l’intervention militaire de la coalition. En 2014, la page Facebook des Lions of Rojava facilitait le départ de volontaires contre l’Etat islamique et, l’année suivante, des bataillons internationaux étaient organisés par les Kurdes syriens.

Pourtant, après 1948 et le mouvement des mahalniks, ces volontaires venus épauler Israël, le phénomène s’était atrophié et avait pratiquement disparu. La guerre froide et le pacifisme militant avaient transposé le volontariat transnational dans le cadre humanitaire. Sous une forme allégorique et rhétorique, le brigadisme avait cependant persisté.

Histoire et guerre : le retour de l’impensable ?

Histoire et guerre : le retour de l’impensable ?

 

Passivité, immédiateté, bruit médiatique, « vérités alternatives » … sont quelques-uns des facteurs qui nous empêchent de voir les retours tragiques de l’histoire estime, dans une tribune au « Monde », Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles, pour qui tous les travaux sur la pensée de l’impensable doivent enseigner

 

Tribune.

 

Impensable, la guerre au cœur de l’Europe ! Impensable, l’évocation au plus haut niveau du recours à l’arme nucléaire ! Impensable, la démocratie européenne menacée de l’intérieur et de l’extérieur par l’extrémisme nationaliste, quatre-vingts ans après ses ravages monstrueux ! Impensable l’élection aux Etats-Unis d’un président menaçant l’Etat de droit ! Impensable, au XXIe siècle, des enfants assassinés dans leur école parce que juifs ! Impensable, le monde entier à l’arrêt, confiné par une nouvelle peste ! Impensable, la vie sur Terre menacée par le changement climatique !…

Et pourtant… Ne s’agit-il pas plutôt de faux impensables, de sujets qui auraient pu et dû être pensés, pour lesquels nous disposions d’éléments suffisants pour la réflexion, l’alerte et la prévention. Impensables ? N’est-ce pas une manière un peu facile de nous pardonner nous-mêmes la paresse de notre pensée, la tendance à fuir l’évidence gênante, et souvent l’oubli de notre expérience collective et la sous-estimation de ses fortes leçons ?

Ces faux impensables sont même parfois de faux impensés, car certains ont bien été analysés, mais gommés, niés, enfouis. Nous pourrions même dire que, à l’exception du changement climatique, nouveau à l’échelle humaine mais rapidement et bien documenté, tous les autres « impensables » ont été anticipés, pensés ou auraient pu l’être.

La crise des missiles de Cuba (1962) a été trop vite considérée comme appartenant à un monde disparu avec le rideau de fer. Et les leçons d’Auschwitz, étrangement inhibées par la dénonciation du point Godwin ou par le sentiment ambigu que l’on en parle trop, n’ont pas servi pour éviter le génocide au Rwanda (1994), ou les crimes de masse en Yougoslavie (1991-1995) ou au Cambodge (1975-1979). La guerre en Ukraine aussi était pensable, au nom du constat historique que « le nationalisme, c’est la guerre », et elle a d’ailleurs été pensée dans la logique des actions russes en Géorgie, en Crimée, dans le Donbass.

Quelle étrange attitude que de chaque fois écarter l’idée qu’un passé douloureux alors vraiment impensable puisse se reproduire ! Quel oubli rapide que la « der des ders » n’a attendu que vingt et un ans pour ne plus être la dernière guerre ! Ou que la violence antisémite n’est jamais loin puisqu’elle révèle ou annonce les failles récurrentes d’une société.

La tendance à ne pas voir les retours du tragique de l’histoire nous semble favorisée par le cumul de plusieurs facteurs, parmi lesquels quatre peuvent être soulignés :

Le retour de l’impôt « inflation « ?

Le retour de l’impôt « inflation « ?

L’historienne Laure Quennouëlle-Corre rappelle, dans une tribune au « Monde », l’éventail de solutions qu’a utilisées l’Etat au XXe siècle pour faire face à des situations de crise.Parmi celles-ci, l’utilisation de l’inflation pour amortir les dettes.

 

Tribune. 

 

En période de guerre ou de crise internationale, l’Etat est souvent mis à contribution pour compenser la hausse de prix de produits de première nécessité, pour réorienter l’approvisionnement en matières premières et en financer le surcoût, ou encore pour soutenir les particuliers ou les entreprises en difficulté. En sus des dépenses militaires, les aides publiques aux entreprises et aux consommateurs ont un coût direct ou indirect, souvent financé par des procédés exceptionnels. Lors des conflits du siècle précédent, au sein de la classique alternative du recours à l’emprunt ou à l’impôt, expédients et innovations ont vu le jour. Rappelons-en quelques-uns, qui peuvent intéresser notre actualité.

Lire la tribune : Article réservé à nos abonnés « Un embargo sur le gaz russe coûterait 54 euros par an à chaque Français »

En 1915, pour couvrir en urgence les dépenses d’une guerre qui s’avère plus longue et plus coûteuse que prévu, de nouveaux types d’emprunt sont lancés, faisant appel au patriotisme des citoyens. C’est un succès populaire : les bons de la défense nationale à 3, 6 ou 12 mois, à 5 % d’intérêt payable d’avance et exemptés d’impôts, séduisent beaucoup de foyers.

Mais en s’ajoutant aux prêts de la Banque de France et au recours massif à la planche à billets, cette dette à court terme, en augmentation continue, entraîne un surplus de liquidités et une forte inflation, qui finit par peser sur le change et conduit à la dévaluation de 80 % du franc en 1928. Cette chute augmente la dette détenue en monnaie étrangère, qui représente alors environ 17 % du total des dettes de guerre.

Pour éviter l’inflation monétaire, un schéma plus dirigiste est mis en place entre 1939 et 1944 : la monnaie émise pour financer les dépenses publiques – dont les frais d’occupation de l’armée allemande – retourne dans les caisses de l’Etat grâce à des bons du Trésor à très court terme : c’est ce qu’on appelle la « politique du circuit », qui pompe les liquidités injectées dans l’économie, mais n’est envisageable que dans une économie dirigée et fermée aux mouvements internationaux de capitaux.

De fait, ces politiques, qui ont tenté de contenir la hausse des prix, n’ont pu éviter une inflation à deux chiffres au sortir des deux conflits. La remise en ordre des finances publiques s’est étalée sur dix à quinze ans, d’ailleurs sans véritable politique d’austérité : la dette est résorbée grâce à une forte inflation, à une croissance soutenue et à une dépréciation de la monnaie. L’inflation a donc été à la fois la cause et l’effet de cette politique de fuite en avant.

 

Outre la dette, l’impôt est l’autre façon de faire face à des dépenses exceptionnelles. Mais la France a peu utilisé cette ressource pendant la première guerre mondiale (15 % des ressources) et la seconde (29 %). L’impôt sur le revenu, créé en 1914, est faiblement progressif, les taxes indirectes sont privilégiées. L’instauration de la taxation des entreprises sur les bénéfices de guerre à partir de 1916 a une faible rentabilité en raison de difficultés de recouvrement, alors qu’elle rapporte six fois plus aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. La forte taxation des contribuables les plus aisés en 1948 est compensée par la possibilité de souscrire un emprunt d’Etat libératoire de l’impôt.

Crise économique : le retour des expédients

Crise économique : le retour des expédients

 

L’historienne Laure Quennouëlle-Corre rappelle, dans une tribune au « Monde », l’éventail de solutions qu’a utilisées l’Etat au XXe siècle pour faire face à des situations de crise.

 

Tribune. 

 

En période de guerre ou de crise internationale, l’Etat est souvent mis à contribution pour compenser la hausse de prix de produits de première nécessité, pour réorienter l’approvisionnement en matières premières et en financer le surcoût, ou encore pour soutenir les particuliers ou les entreprises en difficulté. En sus des dépenses militaires, les aides publiques aux entreprises et aux consommateurs ont un coût direct ou indirect, souvent financé par des procédés exceptionnels. Lors des conflits du siècle précédent, au sein de la classique alternative du recours à l’emprunt ou à l’impôt, expédients et innovations ont vu le jour. Rappelons-en quelques-uns, qui peuvent intéresser notre actualité.

 

En 1915, pour couvrir en urgence les dépenses d’une guerre qui s’avère plus longue et plus coûteuse que prévu, de nouveaux types d’emprunt sont lancés, faisant appel au patriotisme des citoyens. C’est un succès populaire : les bons de la défense nationale à 3, 6 ou 12 mois, à 5 % d’intérêt payable d’avance et exemptés d’impôts, séduisent beaucoup de foyers.

Mais en s’ajoutant aux prêts de la Banque de France et au recours massif à la planche à billets, cette dette à court terme, en augmentation continue, entraîne un surplus de liquidités et une forte inflation, qui finit par peser sur le change et conduit à la dévaluation de 80 % du franc en 1928. Cette chute augmente la dette détenue en monnaie étrangère, qui représente alors environ 17 % du total des dettes de guerre.

Pour éviter l’inflation monétaire, un schéma plus dirigiste est mis en place entre 1939 et 1944 : la monnaie émise pour financer les dépenses publiques – dont les frais d’occupation de l’armée allemande – retourne dans les caisses de l’Etat grâce à des bons du Trésor à très court terme : c’est ce qu’on appelle la « politique du circuit », qui pompe les liquidités injectées dans l’économie, mais n’est envisageable que dans une économie dirigée et fermée aux mouvements internationaux de capitaux.

De fait, ces politiques, qui ont tenté de contenir la hausse des prix, n’ont pu éviter une inflation à deux chiffres au sortir des deux conflits. La remise en ordre des finances publiques s’est étalée sur dix à quinze ans, d’ailleurs sans véritable politique d’austérité : la dette est résorbée grâce à une forte inflation, à une croissance soutenue et à une dépréciation de la monnaie. L’inflation a donc été à la fois la cause et l’effet de cette politique de fuite en avant.

Outre la dette, l’impôt est l’autre façon de faire face à des dépenses exceptionnelles. Mais la France a peu utilisé cette ressource pendant la première guerre mondiale (15 % des ressources) et la seconde (29 %). L’impôt sur le revenu, créé en 1914, est faiblement progressif, les taxes indirectes sont privilégiées. L’instauration de la taxation des entreprises sur les bénéfices de guerre à partir de 1916 a une faible rentabilité en raison de difficultés de recouvrement, alors qu’elle rapporte six fois plus aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. La forte taxation des contribuables les plus aisés en 1948 est compensée par la possibilité de souscrire un emprunt d’Etat libératoire de l’impôt.

Retour de l’empire soviétique ?

L’attaque lancée par le président russe, Vladimir Poutine, sur son voisin occidental traduit la volonté de restaurer un empire, tsariste et soviétique, perdu. Ce conflit néoimpérial pourrait inspirer d’autres puissances émergentes.

Par Gaïdz Minassian dans le Monde

 

Analyse.

L’Etat fait la guerre et la guerre fait l’Etat. L’agression russe contre l’Ukraine démontre une fois de plus toute la pertinence de l’équation du sociologue américain Charles Tilly. La guerre bouleverse l’environnement, refaçonne les mentalités et transforme les nations. C’est le cas des belligérants russes et ukrainiens qui, depuis l’invasion de l’Ukraine, ont changé de paradigme, les premiers passant de la fédération à l’empire, et les seconds, de la nation à l’Etat. En parallèle, la catastrophe qui se joue actuellement au cœur de l’Europe confirme la réémergence d’un type de guerre que l’on croyait révolu : la guerre néo-impériale.

 

Ce retour de la guerre impérialiste, qui pointait déjà sous les labels de « guerre hybride », « guerre invisible » ou « guerre d’influence », traduit l’ambition de puissances émergentes comme la Russie, la Chine et la Turquie de favoriser une nouvelle architecture des relations internationales. Héritiers de vieux empires qui, à leur apogée, ont couvert une bonne partie du globe, Russes, Chinois et Turcs réactualisent la guerre pour le contrôle de territoires. Ils profitent du reflux de l’Occident dans le monde pour exprimer leurs ambitions néo-impériales, comme si ce modèle de domination pouvait se substituer à l’Etat-nation en crise.

A l’image des voisins de Moscou, l’Ukraine joue depuis la chute de l’Union soviétique son avenir en tant qu’Etat dans l’affrontement de deux processus de souveraineté. D’une part, une « souveraineté » ukrainienne, dans le prolongement de la Russie, où la logique du régime soumis à Moscou l’emporte sur l’idée d’Etat. L’Ukraine serait alors au pire une colonie russe, au mieux un Etat satellite. D’autre part, une véritable souveraineté ukrainienne autonome de la Russie, qui vise à distinguer le destin du pays de celui de la Russie. La logique de l’Etat indépendant l’emportant sur le régime. C’est ce qui sépare l’Ukraine de l’ancien président russophile Viktor Ianoukovitch de l’Ukraine de l’actuel président, Volodymyr Zelensky. L’issue de la guerre en Ukraine dira lequel des deux modèles l’emportera : la souveraineté limitée ou la souveraineté réelle ?

 

A Moscou, la notion d’Etat est là aussi ambiguë ; car la Russie n’a pas d’expérience du statut d’Etat-nation au sens européen du terme. Elle ne connaît que celui d’empire qui, par définition, n’a pas de frontières mais seulement des fronts. Qui dit Etat-nation dit démocratisation du pouvoir. Or, la Russie n’a jamais été une démocratie. Cette perspective n’a existé qu’après des échecs militaires : la défaite russe lors de la guerre de Crimée en 1856 a ouvert la voie aux réformes du tsar Alexandre II (1818-1881) ; la défaite russe lors de la guerre contre le Japon, en 1905, a débouché sur la création de la Douma (la Chambre basse du Parlement russe) et la libéralisation du régime tsariste de Nicolas II (1868-1918) ; enfin, la défaite soviétique lors de la guerre froide en 1991 a accouché de la Russie de Boris Eltsine, tentée par la démocratisation sur fond de chaos général. En dehors de ces trois moments de la déroute, la démocratie n’a jamais pris racine dans cette Russie qui, quel que soit le régime, tsariste, soviétique ou fédéral, reste fidèle à son mémoriel impérial.

Déficit : le retour à 3 % en 2027 ou à la saint-glinglin

 

Encore une promesse de coiffeur de Macron dont le programme politique va alourdir de manière considérable la dette. Du coup l’objectif , des 3 % est reporté en 2027, plus exactement à la saint-glinglin

Mis en avant en 2017, relégué au second plan en 2022, le redressement des comptes publics reste néanmoins à l’agenda d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat, candidat à sa réélection, a assuré lors de la présentation de son programme ce jeudi que « l’effort budgétaire » de 50 milliards d’euros qu’il promet pour les cinq prochaines années – en nouvelles dépenses et en baisses d’impôts – serait financé par des économies ( non précisées !) et ne se traduirait pas par un accroissement de la dette.

« Je veux à la fois financer ces mesures et garder nos ancres de finances publiques, qui visent à commencer à réduire la dette à partir de 2026 et à repasser le déficit sous les 3 % du PIB en 2027 », a expliqué le locataire de l’Elysée.

Durant tout le propos liminaire qui a duré pourtant près d’une heure trente, Emmanuel Macron s’est quasiment gardé de prononcer les mots « dette » ou « déficit ». Une absence notable, quand on songe que le quinquennat finissant a été marqué par un « quoi qu’il en coûte » qui a fait bondir l’endettement public à plus de 115 % du PIB .

Pour financer ces fameux 50 milliards, trois grands blocs d’économies ont été esquissés. Il y aura d’abord les grandes réformes autour du travail (retraites, objectif de plein-emploi) qui doivent rapporter 15 milliards. Environ 15 autres milliards viendront de réformes dites de modernisation (facturation électronique, e-carte vitale, taux d’IS minimal, lutte contre la fraude et l’optimisation, etc.).

Enfin, un plan d’économies doit rapporter 20 milliards, en limitant la croissance de la dépense publique courante en volume (hors inflation) à 0,8 % par an, en dessous de sa croissance tendancielle. Pour aller au-delà et ramener le déficit à 3 % du PIB, le chef de l’Etat compte sur un retour durable de la croissance. Rien que le passage d’un taux de chômage de 7,5 % à 5 % en 2027 – le nouvel objectif – rapporterait en tout 30 milliards aux finances publiques, selon le chef de l’Etat.Un vrai calcul de comptable qu’il repose sur aucune analyse sérieuse avec des perspectives de réduction de dépenses complètement illusoires.

Société et Ukraine : le retour oublié de la barbarie

Société et Ukraine : le retour oublié de la barbarie

L’illusion de la réalisation d’un monde parfait génère une forme de naïveté dans nos comportements et nos attentes en Occident. Par Laurent Bibard, ESSEC

 

Par-delà les kyrielles de nuances concernant la « modernité », la « post-modernité », l’on peut dire que nous sommes irréductiblement « modernes ». Nous sommes « modernes », cela veut dire ici que nous sommes à la fois adossés à l’idée machiavélienne que « la fin justifie les moyens » d’une part, et d’autre part que la réalisation d’un monde parfait et possible. Ces deux arrière-plans de notre modernité nous rendent à la fois totalement naïfs sur le plan politique et radicalement extrêmes dans nos comportements, nos attentes, nos manières de faire.

L’Ukraine est aujourd’hui confrontée à l’extrémisme d’une tyrannie. Une invasion barbare, censée servir un rêve suranné de grandeur impériale, qui ferait rire s’il n’était que ridicule. Les pantins deviennent sinistres lorsqu’ils s’arment de tanks et de missiles. Il est indispensable de prendre un vrai recul pour à la fois comprendre ce qui se joue là et y décider de la manière la plus ajustée.

Au tout début d’un commentaire d’une exceptionnelle clarté qu’il consacre à un dialogue du philosophe et historien Xénophon, Le Hiéron, le philosophe politique Leo Strauss écrit ceci :

« La tyrannie est un danger qui n’a cessé d’accompagner la vie politique. L’analyse de la tyrannie est par conséquent aussi ancienne que la science politique elle-même. Le travail que firent les premiers théoriciens de la politique fut si clair, si vaste, il fut exprimé en des termes à tel point inoubliables que des générations qui ne firent pas directement l’expérience de la tyrannie purent la comprendre et s’en souvenir. D’autre part, lorsque nous nous sommes trouvés en face de la tyrannie – et d’une tyrannie qui dépassait tout ce que les plus puissants penseurs d’autrefois avaient pu imaginer de plus hardi – notre science politique ne sut pas la reconnaître ».

Leo Strauss renvoie là aux accords de Munich, en 1938. Son argument est donc qu’il y a eu comme une « naïveté » des Alliés, qui n’ont pas mesuré ce dont Hitler allait devenir capable. Ils ne l’ont pas pris au sérieux.

Strauss souligne que le degré de lucidité de la pensée politique classique est significativement supérieur à celui de la philosophie politique moderne. Les « anciens » – c’est-à-dire des philosophes comme les Grecs Platon ou Aristote, ou des Romains comme Cicéron – étaient significativement plus lucides que nous le sommes sur la violence dont sont capables les humains. Je parle ici de violence propre à la vie politique, c’est-à-dire d’une violence collective, qui s’exprime par excellence au travers de guerres offensives. La violence individuelle d’un Poutine n’a aucune signification politique si Poutine n’est pas suivi par une quantité suffisante de personnes en Russie.

Les Alliés n’auraient pas dû faire confiance à Hitler. Ils auraient dû immédiatement réagir par la force pour empêcher Hitler de continuer ce qu’ils estimaient être des invasions strictement potentielles, sans plus de réalité possible que cela.

Il nous faut en Europe – et c’est bien l’Europe qui est ici attaquée au travers de l’Ukraine – ne pas être dupe de ce dont Poutine est capable. Un Poutine qui veut rester au pouvoir pour une période encore bien longue. Rentrons un peu plus dans le détail de ce problème qui s’impose à nous.

Pour les « anciens » toujours, il faut tout faire pour que la vie soit la plus tempérée, la plus modérée, la plus douce possible. Loin d’être le signe d’une faiblesse, la douceur est alliée de la force. Or, nous vivons un paradoxe. Depuis que Machiavel a explicité ceci que la vie politique est faite de mensonge, de violence, de manipulations, et son influence étant devenue mondiale, l’humanité devenue « moderne » est comme tendue 1) d’abord entre une forme de naïveté qui revient à croire que l’on peut toujours faire entendre raison aux plus violents, et les empêcher de nuire sans avoir besoin de recourir à la force. Et d’un autre côté, 2) une exacerbation et une radicalisation de l’usage de la force au détriment de la raison et du respect par exemple des Droits de l’Homme.

Les anciens, souligne Leo Strauss en commentant également Machiavel, avaient fait le choix de ne pas expliciter clairement que la vie politique est faite de mensonge, de violences et de manipulations, pour ne pas mettre de l’huile sur le feu. Leur pari était que plus l’on s’exprime avec douceur au sujet des problèmes les plus graves, plus on a de chances de contribuer à les résoudre le plus paisiblement possible. Il faut peser ici le mot « paisiblement ».

En même temps, les anciens n’étaient absolument pas dupes de la violence possible. Et ils savaient très bien que c’est avec modération qu’il faut mettre en avant la modération comme qualité principale et de l’éthique, et de la politique – celle-ci étant comprise alors comme la continuation de l’éthique, par d’autres moyens.

Ceci revient à dire que, lorsqu’il s’agit de défendre la possibilité d’une vie paisible et raisonnable quelque part, d’une vie douce, il faut être capable parfois de prendre les armes.

Ce qui précède peut paraître trivial. Mais cela concerne nos espoirs contemporains les plus profonds. Prenons un exemple simple concernant l’égalité économique et sociale. Lorsqu’il critique la pensée politique d’Aristote que par ailleurs il respecte profondément, Karl Marx dit en gros qu’Aristote est un petit bourgeois conservateur, prisonnier du monde économique et social de son temps, en particulier caractérisé par l’esclavage.

Marx a raison : Aristote est tout sauf un révolutionnaire. Il est tout sauf nous, dans nos espoirs de résoudre définitivement ce qu’on peut appeler le « problème de l’homme ». Mais à bien lire Aristote, sa position doit être comprise de la manière suivante. Aristote estime – peut-être à tort, mais c’est là que nous sommes nous, peut-être à la fois naïfs et extrêmes -, que le problème des inégalités économiques et sociales est un problème « ontologique ». C’est-à-dire un problème indépassable. Il est inévitable, pense-t-il, qu’il y ait de plus en plus de gens misérables d’un côté, et de moins en moins de gens richissimes de l’autre.

Autrement dit, ce que Marx appelle quelque chose comme la « prolétarisation » est irréductible selon Aristote. Cela ne peut pas être dépassé, en particulier par une Révolution qui serait censée le résoudre définitivement. La seule politique tenable est de tenter, dit encore Aristote, de favoriser l’existence d’une classe moyenne massive, dont l’inertie ralentisse l’écartèlement inéluctable des richesses.

En contrepoint des catastrophes monstrueuses qu’ont entraînées les révolutions du XXe siècle, en contrepoint de la violence radicale qu’avait diagnostiquée Albert Camus dans L’homme révolté, il faut sans doute tendre l’oreille de nouveau vers les anciens pour bien poser les questions politiques qui s’imposent à nous. Nous devons à la fois réapprendre une lucidité fondamentale à propos de la violence toujours possible, et la tempérance, la modération, la douceur d’un réel savoir-vivre.

Nous ne parviendrons sans doute jamais à faire en sorte que les humains soient spontanément raisonnables et pacifiques. Or c’est là le rêve naïf que nous avons fait depuis environ cinq cents ans. Un rêve que nous faisons encore, et qui nous pousse à tenter de « forcer » de réel. C’est un volontarisme fait de naïveté et d’extrémisme tout ensemble dont il s’agit. C’est au forceps que l’on voudrait faire plier le réel à nos désirs. Paradoxalement, tous objectifs confondus.

C’est pour défendre la possibilité d’une véritable douceur, de la tempérance, de l’écoute, de la modération, qu’il faut sans cesse cultiver la lucidité. Être toujours prêt à l’usage raisonnable de la force, lorsque la violence, la bêtise, la barbarie, la tyrannie pointent leur nez. Mais seulement alors.

___

Par Laurent Bibard, Professeur en management, titulaire de la chaire Edgar Morin de la complexité, ESSEC.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Ukraine et Europe: le retour oublié de la barbarie

Ukraine et Europe: le retour oublié de la barbarie

L’illusion de la réalisation d’un monde parfait génère une forme de naïveté dans nos comportements et nos attentes en Occident. Par Laurent Bibard, ESSEC

 

Par-delà les kyrielles de nuances concernant la « modernité », la « post-modernité », l’on peut dire que nous sommes irréductiblement « modernes ». Nous sommes « modernes », cela veut dire ici que nous sommes à la fois adossés à l’idée machiavélienne que « la fin justifie les moyens » d’une part, et d’autre part que la réalisation d’un monde parfait et possible. Ces deux arrière-plans de notre modernité nous rendent à la fois totalement naïfs sur le plan politique et radicalement extrêmes dans nos comportements, nos attentes, nos manières de faire.

L’Ukraine est aujourd’hui confrontée à l’extrémisme d’une tyrannie. Une invasion barbare, censée servir un rêve suranné de grandeur impériale, qui ferait rire s’il n’était que ridicule. Les pantins deviennent sinistres lorsqu’ils s’arment de tanks et de missiles. Il est indispensable de prendre un vrai recul pour à la fois comprendre ce qui se joue là et y décider de la manière la plus ajustée.

Au tout début d’un commentaire d’une exceptionnelle clarté qu’il consacre à un dialogue du philosophe et historien Xénophon, Le Hiéron, le philosophe politique Leo Strauss écrit ceci :

« La tyrannie est un danger qui n’a cessé d’accompagner la vie politique. L’analyse de la tyrannie est par conséquent aussi ancienne que la science politique elle-même. Le travail que firent les premiers théoriciens de la politique fut si clair, si vaste, il fut exprimé en des termes à tel point inoubliables que des générations qui ne firent pas directement l’expérience de la tyrannie purent la comprendre et s’en souvenir. D’autre part, lorsque nous nous sommes trouvés en face de la tyrannie – et d’une tyrannie qui dépassait tout ce que les plus puissants penseurs d’autrefois avaient pu imaginer de plus hardi – notre science politique ne sut pas la reconnaître ».

Leo Strauss renvoie là aux accords de Munich, en 1938. Son argument est donc qu’il y a eu comme une « naïveté » des Alliés, qui n’ont pas mesuré ce dont Hitler allait devenir capable. Ils ne l’ont pas pris au sérieux.

Strauss souligne que le degré de lucidité de la pensée politique classique est significativement supérieur à celui de la philosophie politique moderne. Les « anciens » – c’est-à-dire des philosophes comme les Grecs Platon ou Aristote, ou des Romains comme Cicéron – étaient significativement plus lucides que nous le sommes sur la violence dont sont capables les humains. Je parle ici de violence propre à la vie politique, c’est-à-dire d’une violence collective, qui s’exprime par excellence au travers de guerres offensives. La violence individuelle d’un Poutine n’a aucune signification politique si Poutine n’est pas suivi par une quantité suffisante de personnes en Russie.

Les Alliés n’auraient pas dû faire confiance à Hitler. Ils auraient dû immédiatement réagir par la force pour empêcher Hitler de continuer ce qu’ils estimaient être des invasions strictement potentielles, sans plus de réalité possible que cela.

Il nous faut en Europe – et c’est bien l’Europe qui est ici attaquée au travers de l’Ukraine – ne pas être dupe de ce dont Poutine est capable. Un Poutine qui veut rester au pouvoir pour une période encore bien longue. Rentrons un peu plus dans le détail de ce problème qui s’impose à nous.

Pour les « anciens » toujours, il faut tout faire pour que la vie soit la plus tempérée, la plus modérée, la plus douce possible. Loin d’être le signe d’une faiblesse, la douceur est alliée de la force. Or, nous vivons un paradoxe. Depuis que Machiavel a explicité ceci que la vie politique est faite de mensonge, de violence, de manipulations, et son influence étant devenue mondiale, l’humanité devenue « moderne » est comme tendue 1) d’abord entre une forme de naïveté qui revient à croire que l’on peut toujours faire entendre raison aux plus violents, et les empêcher de nuire sans avoir besoin de recourir à la force. Et d’un autre côté, 2) une exacerbation et une radicalisation de l’usage de la force au détriment de la raison et du respect par exemple des Droits de l’Homme.

Les anciens, souligne Leo Strauss en commentant également Machiavel, avaient fait le choix de ne pas expliciter clairement que la vie politique est faite de mensonge, de violences et de manipulations, pour ne pas mettre de l’huile sur le feu. Leur pari était que plus l’on s’exprime avec douceur au sujet des problèmes les plus graves, plus on a de chances de contribuer à les résoudre le plus paisiblement possible. Il faut peser ici le mot « paisiblement ».

En même temps, les anciens n’étaient absolument pas dupes de la violence possible. Et ils savaient très bien que c’est avec modération qu’il faut mettre en avant la modération comme qualité principale et de l’éthique, et de la politique – celle-ci étant comprise alors comme la continuation de l’éthique, par d’autres moyens.

Ceci revient à dire que, lorsqu’il s’agit de défendre la possibilité d’une vie paisible et raisonnable quelque part, d’une vie douce, il faut être capable parfois de prendre les armes.

Ce qui précède peut paraître trivial. Mais cela concerne nos espoirs contemporains les plus profonds. Prenons un exemple simple concernant l’égalité économique et sociale. Lorsqu’il critique la pensée politique d’Aristote que par ailleurs il respecte profondément, Karl Marx dit en gros qu’Aristote est un petit bourgeois conservateur, prisonnier du monde économique et social de son temps, en particulier caractérisé par l’esclavage.

Marx a raison : Aristote est tout sauf un révolutionnaire. Il est tout sauf nous, dans nos espoirs de résoudre définitivement ce qu’on peut appeler le « problème de l’homme ». Mais à bien lire Aristote, sa position doit être comprise de la manière suivante. Aristote estime – peut-être à tort, mais c’est là que nous sommes nous, peut-être à la fois naïfs et extrêmes -, que le problème des inégalités économiques et sociales est un problème « ontologique ». C’est-à-dire un problème indépassable. Il est inévitable, pense-t-il, qu’il y ait de plus en plus de gens misérables d’un côté, et de moins en moins de gens richissimes de l’autre.

Autrement dit, ce que Marx appelle quelque chose comme la « prolétarisation » est irréductible selon Aristote. Cela ne peut pas être dépassé, en particulier par une Révolution qui serait censée le résoudre définitivement. La seule politique tenable est de tenter, dit encore Aristote, de favoriser l’existence d’une classe moyenne massive, dont l’inertie ralentisse l’écartèlement inéluctable des richesses.

En contrepoint des catastrophes monstrueuses qu’ont entraînées les révolutions du XXe siècle, en contrepoint de la violence radicale qu’avait diagnostiquée Albert Camus dans L’homme révolté, il faut sans doute tendre l’oreille de nouveau vers les anciens pour bien poser les questions politiques qui s’imposent à nous. Nous devons à la fois réapprendre une lucidité fondamentale à propos de la violence toujours possible, et la tempérance, la modération, la douceur d’un réel savoir-vivre.

Nous ne parviendrons sans doute jamais à faire en sorte que les humains soient spontanément raisonnables et pacifiques. Or c’est là le rêve naïf que nous avons fait depuis environ cinq cents ans. Un rêve que nous faisons encore, et qui nous pousse à tenter de « forcer » de réel. C’est un volontarisme fait de naïveté et d’extrémisme tout ensemble dont il s’agit. C’est au forceps que l’on voudrait faire plier le réel à nos désirs. Paradoxalement, tous objectifs confondus.

C’est pour défendre la possibilité d’une véritable douceur, de la tempérance, de l’écoute, de la modération, qu’il faut sans cesse cultiver la lucidité. Être toujours prêt à l’usage raisonnable de la force, lorsque la violence, la bêtise, la barbarie, la tyrannie pointent leur nez. Mais seulement alors.

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Par Laurent Bibard, Professeur en management, titulaire de la chaire Edgar Morin de la complexité, ESSEC.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Guerre Ukraine : Le retour de la guerre en Europe ?

Guerre  Ukraine : Le retour de la guerre en Europe ? 

 

Les bombardements russes sur l’Ukraine enterrent définitivement l’architecture de sécurité héritée de la guerre froide, confirmant à l’Europe que les Etats-Unis « ne sont plus les gendarmes du monde », analyse, dans une tribune au « Monde », l’historienne Maya Kandel.

 

 Les choix des Etats-Unis et de l’Union européenne (UE) sont riches d’enseignements et lourds de questions pour l’avenir. A quoi sert l’unité occidentale, si elle n’empêche pas la guerre ?

 

Le fait que la guerre a commencé est d’abord un échec de la dissuasion par les sanctions. Rappelant dans différentes déclarations les principes de l’action américaine, le président Joe Biden avait tracé une ligne rouge : pas d’intervention militaire directe. Il avait en même temps énoncé quatre priorités : choix de la diplomatie et des sanctions ; redéploiements de troupes américaines vers les territoires des Etats baltes, membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ; unité de la réponse « occidentale » ou de la communauté internationale à travers de nouvelles sanctions visant à « punir et infliger de la douleur » au pouvoir russe ; volonté de limiter les conséquences négatives pour les entreprises et les consommateurs américains (les élections de la Chambre des représentants se tiendront dans huit mois).

 

Le timing, interprété souvent comme une lenteur confinant à la faiblesse, confirmait au contraire le choix américain de laisser les Européens, plus précisément l’UE – et au premier chef Berlin avec le gazoduc Nord Stream 2 –, en leaders de la réponse à Vladimir Poutine. Un deuxième paquet de sanctions devrait suivre, prêt du côté américain, mais qui pourrait mettre à mal l’unité transatlantique.

Les choix américains ne devraient pas constituer une surprise. Joe Biden met en œuvre ce que trois présidents successifs n’ont cessé de marteler : les Etats-Unis ne sont plus les gendarmes du monde, l’Europe est un théâtre secondaire dans leurs priorités, les Européens doivent assumer davantage leur sécurité.

Les réactions de l’opinion et des responsables politiques américains montrent jusqu’ici l’absence de ralliement autour du président et la force du sentiment anti-interventionniste ou isolationniste des Américains. Les bombardements russes enterrent définitivement l’après-guerre froide ainsi que l’architecture de sécurité européenne héritée de la guerre froide et prolongée dans les années 1990.

La vraie rupture côté américain se trouvait dans les propos de Donald Trump sur une OTAN déclarée « obsolète » et dont il avait été tout près de retirer les Etats-Unis en 2017. Poutine n’avait alors aucune raison d’interrompre son admirateur américain. Trump parti, le président russe teste ce qui reste de cet héritage chez un président affaibli de l’intérieur par les accusations d’illégitimité portées par son prédécesseur et devenues la position dominante du Parti républicain.

Retour de la guerre en Europe ?

Retour de la guerre en Europe ?

 

 

La guerre a commencé en Ukraine. Les choix des Etats-Unis et de l’Union européenne (UE) sont riches d’enseignements et lourds de questions pour l’avenir. A quoi sert l’unité occidentale, si elle n’empêche pas la guerre ?  analyse, dans une tribune au « Monde », l’historienne Maya Kandel.

 

Le fait que la guerre a commencé est d’abord un échec de la dissuasion par les sanctions. Rappelant dans différentes déclarations les principes de l’action américaine, le président Joe Biden avait tracé une ligne rouge : pas d’intervention militaire directe. Il avait en même temps énoncé quatre priorités : choix de la diplomatie et des sanctions ; redéploiements de troupes américaines vers les territoires des Etats baltes, membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ; unité de la réponse « occidentale » ou de la communauté internationale à travers de nouvelles sanctions visant à « punir et infliger de la douleur » au pouvoir russe ; volonté de limiter les conséquences négatives pour les entreprises et les consommateurs américains (les élections de la Chambre des représentants se tiendront dans huit mois).

Le timing, interprété souvent comme une lenteur confinant à la faiblesse, confirmait au contraire le choix américain de laisser les Européens, plus précisément l’UE – et au premier chef Berlin avec le gazoduc Nord Stream 2 –, en leaders de la réponse à Vladimir Poutine. Un deuxième paquet de sanctions devrait suivre, prêt du côté américain, mais qui pourrait mettre à mal l’unité transatlantique.

Les choix américains ne devraient pas constituer une surprise. Joe Biden met en œuvre ce que trois présidents successifs n’ont cessé de marteler : les Etats-Unis ne sont plus les gendarmes du monde, l’Europe est un théâtre secondaire dans leurs priorités, les Européens doivent assumer davantage leur sécurité.

Les réactions de l’opinion et des responsables politiques américains montrent jusqu’ici l’absence de ralliement autour du président et la force du sentiment anti-interventionniste ou isolationniste des Américains. Les bombardements russes enterrent définitivement l’après-guerre froide ainsi que l’architecture de sécurité européenne héritée de la guerre froide et prolongée dans les années 1990. Le président ukrainien a rappelé amèrement la politique d’apaisement des leaders français et britannique vis-à-vis du nazisme, en 1938, et ses piètres résultats…

La vraie rupture côté américain se trouvait dans les propos de Donald Trump sur une OTAN déclarée « obsolète » et dont il avait été tout près de retirer les Etats-Unis en 2017. Poutine n’avait alors aucune raison d’interrompre son admirateur américain. Trump parti, le président russe teste ce qui reste de cet héritage chez un président affaibli de l’intérieur par les accusations d’illégitimité portées par son prédécesseur et devenues la position dominante du Parti républicain.

Retour curieux des turbines Alstom en France !

Retour curieux des turbines Alstom en France !

En effet, ce lundi 7 février 2022, aété officialisée la vente de l’activité turbines pour les centrales nucléaires de GE à EDF. Et le président Macron jeudi 10 février à l’occasion de sa visite à Belfort a donné sa bénédiction à ce rachat; Pas étonnant, c’est lui qui l’a imposé après avoir fait le contraire !

 

Un curieux jeu de chaises musicales organisé par Macron lui-même concernant les anciennes turbines d’Alstom. C’est Sous l’impulsion de Macron en charge  des problèmes économiques qu’il y a sept ans on avait poussé Alstom à vendre le secteur très stratégique des turbines à l’Américain Général électric. Un investissement qui ne semble pas avoir satisfait l’Américain. Et Macron d’intervenir encore pour faire acheter ses turbines par EDF déjà bien endettée. Sans doute y a-t-il aussi des liens particuliers entre Macron et General ral Electric partie prenante de la campagne électorale de l’intéressé en 2017.

L’objectif du gouvernement est de renforcer la filière nucléaire, de rapatrier sous pavillon tricolore un savoir-faire, de maîtriser tous les maillons de la chaîne de production . Mais dès lors on se demande pourquoi avoir vendu les turbines d’Alstom à General Electric ?

Hugh Bailey, ancien conseiller d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, avait  pris la tête de GE France !

Retour de la religion ?

Retour de la religion ?

L’instrumentalisation du christianisme et d’un passé idéalisé est un levier essentiel pour les populistes contemporains, un siècle et demi après la crise boulangiste. Le journaliste Iacopo Scaramuzzi analyse le phénomène dans son essai « Dieu ? Au fond à droite ». (  dans le « Monde » )

« Dieu ? Au fond à droite. Quand les populistes instrumentalisent le christianisme » (Dio ? In fondo a destra. Perché i populismi sfruttano il cristianesimo), de Iacopo Scaramuzzi, traduit de l’italien par Muriel Lanchard, Salvator, 152 p., 15 €.

Le journaliste italien Iacopo Scaramuzzi couvre l’actualité du Vatican pour La Stampa, Famiglia Cristiana ou, aux Pays-Bas, Katholiek Nieuwsblad. Dans Dieu ? Au fond à droite, il enquête sur la manière dont les populistes, en Italie, en France, en Hongrie, en Russie ou aux Etats-Unis, font de l’identité chrétienne un des axes principaux de leur propagande.

Depuis le boulangisme ou le maurrassisme, en France, jusqu’au conservatisme américain ou à l’impérialisme russe, en passant par le fascisme ­italien, la revendication de l’identité chrétienne par les nationalistes a longtemps été diverse, voire contradictoire, l’opposition entre catho­liques, protestants et orthodoxes ­demeurant structurelle. Vous montrez qu’aujourd’hui, au contraire, elle tend à devenir un facteur d’unité. Comment expliquez-vous cette ­convergence ?

Mussolini, qui au début était anticlérical, avait fini par se rendre compte qu’on ne peut gouverner en Italie sans un lien étroit avec l’Eglise catholique. Mais il se disait à la fois catholique et antichrétien, une formule que beaucoup de nationalistes de son époque auraient pu employer, chacun pour sa confession. Désormais, elle s’inverse. Les populistes se définissent souvent comme chrétiens plutôt que catholiques, protestants ou orthodoxes, manifestant par là leur désir d’unité avec les identitaires des autres confessions.

Il est vrai que chaque pays a sa propre histoire, son propre rapport à la religion. Mais, dans un monde globalisé, tous sont traversés par un sentiment de déclin, qui crée des angoisses à la fois différentes et semblables d’un pays à l’autre, une peur commune du changement, de l’ouverture, de l’étranger. Le déclin est en partie imaginaire dans des pays qui restent solides et prospères. Mais de larges segments des populations ressentent une perte relative de pouvoir, qui engendre une nostalgie. Les gens ont l’impression de ne pouvoir s’appuyer sur rien de stable. La religion, en tant que lien social, apparaît comme un recours.

Le paradoxe étant que ces sociétés sont fortement déchristianisées…

Les leaders nationalistes eux-mêmes ont un rapport assez distant, en réalité, avec la foi religieuse. Il est clair que Matteo Salvini, Jair Bolsonaro ou Donald Trump ne sont pas des parangons de vertu chrétienne, et qu’ils ont un rapport instrumental à la religion. Ils ont senti que c’était un levier politique. Mais ce qui est intéressant, justement, c’est de comprendre pourquoi ce levier fonctionne.

 

Retour des turbines Alstom en France !

Retour des turbines Alstom en France !

En effet, ce lundi 7 février 2022, doit être officialisée la vente de l’activité turbines pour les centrales nucléaires de GE à EDF. Après des mois de négociations, la transaction doit être validée au cours d’un conseil d’administration d’EDF.

 

Un curieux jeu de chaises musicales organisées par Macron lui-même concernant les anciennes turbines d’Alstom. C’est Sous l’impulsion de Macron en charge  des problèmes économiques qu’il y a sept ans on avait poussé Alstom à vendre le secteur très stratégique des turbines à l’Américain Général électric. Un investissement qui ne semble pas avoir satisfait l’Américain. Et Macron d’intervenir encore pour faire acheter ses turbines par EDF déjà bien endettée. Sans doute y a-t-il aussi des liens particuliers entre Macron et général électric partie prenante de la campagne électorale de l’intéressé en 2017.

L’objectif du gouvernement est de renforcer la filière nucléaire, de rapatrier sous pavillon tricolore un savoir-faire, de maîtriser tous les maillons de la chaîne de production . Mais dès lors on se demande pourquoi avoir vendu les turbines d’Alstom à General Electric ?

Hugh Bailey, ancien conseiller d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, avait  pris la tête de GE France !

Le retour du franc : 11 % des Français !

Le retour du franc : 11 % des Français !

 

C’est un peu le paradoxe de cette élection présidentielle où certains partis politiques proposent des stratégies nationalistes en rupture avec l’union européenne. Le seul problème c’est qu’aucun de ces partis ne propose de façon très claire la rupture avec l’union européenne et encore moins avec l’euro. Bref on revendique la réappropriation de la souveraineté mais en ne remettant pas en cause son principal instrument : la monnaie unique. ( Hormis le marginal Asselineau qui fait moins de 1 %).

Or, à en croire un sondage Ifop réalisé pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès à l’occasion des vingt ans de l’introduction de l’euro, 63% des Français souhaitent conserver ce dernier, mais ils sont encore 11% à penser qu’un retour au franc est possible, tandis que 26% le souhaitent sans croire que cela soit possible. Les plus attachés à la monnaie unique se trouvent parmi les électeurs potentiels de Christiane Taubira (93%) et d’Anne Hidalgo (89%), à une certaine distance de ceux d’Emmanuel Macron (86%), de Valérie Pécresse et de Yannick Jadot (83%), loin devant les supporters de Jean-Luc Mélenchon (63%). A l’opposé,les eurosceptiques gonflent les troupes d’Eric Zemmour (53%) et plus encore de Marine Le Pen (68%). Ces derniers trouvent à 66% que chaque Etat devrait pouvoir gérer son budget comme il l’entend. Parmi les sympathisants zemmouristes, 23% pensent qu’un retour au franc est possible contre 20% pour les lepénistes, sachant que 27% de nos compatriotes avouent continuer à convertir les euros en francs toujours (6%) ou souvent (21%) pour évaluer les prix. Seuls, en Europe, les Belges font mieux ! Il est vrai que 59% des Français ne savent pas exactement le nombre de pays ayant adopté l’euro.

Bac : le retour des maths ? (Jean-Michel Blanquer )

Bac : le retour des maths ? (Jean-Michel Blanquer )

 

 

Accusé par certains experts et enseignants d’avoir sacrifié les maths au bac au profit de matières plus discutables voir ésotériques, le ministre de l’éducation nationale fait en quelque sorte Mea culpa et se dit prêt à revoir le renforcement des mathématiques dans les programmes.

Pour justifier la baisse des mathématiques certains soulignent par exemple que l’informatique devient un enjeu autrement plus important. Ce qui par parenthèse n’est pas contradictoire. Mais il convient aussi de prendre en compte le fait que la dernière réforme a réduit les moyens globaux dont les mathématiques sont aussi les victimes.

 

«Je ne dis pas que c’est un faux problème. C’est un sujet sérieux, et je suis très ouvert aux propositions pour améliorer», a dit Jean-Michel Blanquer. «On a mis dans le tronc commun de Première et de Terminale un enseignement scientifique de deux heures» hebdomadaires. «Il faut probablement le faire évoluer pour qu’il y ait plus de mathématiques en son sein, pour la culture mathématique de l’ensemble des élèves», a-t-il ajouté.

CARBURANTS: retour de la baisse des taxes ?

CARBURANTS: retour de la baisse des taxes ?

 

 

Le carburant à la pompe ne cesse d’atteindre des records et la tendance à la hausse n’est pas terminée puisque le baril de pétrole ne cesse de voir son prix s’envoler également. Du coup, se repose la problématique du retour de la baisse des taxes. Plusieurs solutions peuvent être envisagées parmi les baisses de fiscalité, notamment celle de la TVA ou de la taxe flottante ( TICPE). Observerons en effet que plus les prix du carburant augmentent et plus les rentrées fiscales améliorent le budget de l’État.

A priori, l’État et  les compagnies pétrolières n’ont intérêt à une réduction des prix du carburant pour les utilisateurs.

Les taxes représentent indéniablement une part considérable du prix d’un plein. Sur un litre de sans–plomb 95, 57,1% du montant payé par le consommateur relève des taxes. « La plus grosse charge, relève de la TICPE, qui va 60 à 70 centimes selon les carburants, la taxe sur laquelle on rajoute une TVA, une TVA à 20% », détaille Francis Pousse, président de la branche carburant du Conseil Nationale des professions de l’Automobile (CNPA).

 

Politique–Montebourg : retour au miel !

Politique–Montebourg : retour au miel !

Un retour au miel ( il dirige une société dans ce secteur) pour l’ancien ministre Montebourg qui s’est lancé seul dans la course à la présidentielle. Il faut dire que les sondages actuels ne lui étaient guère favorables puisque les études lui attribuaient autour de 1 %. Un score insignifiant pour peser politiquement est une démarche politique très coûteuse que l’intéressé ne pouvait supporter seul. L’ancien ministre aura fait entendre sa voix sur la nécessité de la réindustrialisation de la France comme il l’avait fait aux côtés de François Hollande. Le problème c’est que ses propositions lorsqu’il était ministre ont toute été sabrées  par le conseiller technique présidentiel, un certain Emmanuel Marcon.

On mettra au crédit de cette juste préoccupation de redonner vie à l’industrie malheureusement sans proposition très réaliste et avec un manque de sérieux qui caractérise l’intéressé.

La preuve supplémentaire pour qu’un responsable de la gauche ne pèse vraiment de manière significative dans cette campagne électorale. Le meilleur pour l’instant étend Mélenchon qui ne dépasse pas 10 %, le reste de la gauche ne faisant en tout que 15 %. Bref, une quasi disparition de la gauche pour cette élection recentrée à droite,   au centre-droit et à l’extrême droite. L’occasion peut-être que les leaders de la gauche remettent un peu tout à plat leurs analyses, leur sociologie, leur idéologie et leur projet.

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