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Economie-Le retour de l’inflation avec Biden ?

Economie-Le retour de l’inflation avec Biden ?

L’administration Biden se prépare à gaspiller ses ressources dans une guerre contre le Covid-19 et entend embarquer ses partenaires du G7 dans sa politique dépensière, analyse Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, dans sa chronique. (Extraits)

Chronique. Les fautes les plus graves sont en général commises en début de mandat, lorsque l’état de grâce justifie le respect des promesses de campagne, au diable la raison. Le plan de relance de Joe Biden, d’un montant souhaité de 1 900 milliards de dollars (environ 1 565 milliards d’euros), soit près de 15 % du PIB américain, en fait partie. Il risque de faire resurgir un fantôme disparu, l’inflation, et de provoquer en réaction une hausse des taux d’intérêt, précipitant l’Amérique en récession.

L’alarme a été sonnée par les plus grands pontes de l’école keynésienne américaine, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, célèbre pour avoir critiqué l’austérité trop vite imposée dans la foulée de la crise financière de 2008. M. Summers a mis en garde contre des pressions inflationnistes « comme on n’en a pas connu depuis une génération »« Le plan de 1 900 milliards pourrait conduire à une telle surchauffe de l’économie qu’il en serait contre-productif », a renchéri M. Blanchard.

A force d’avoir entendu les Cassandre annoncer le retour de l’inflation, plus personne n’écoute. Pourtant, le danger existe. Si l’on en est arrivé là, c’est à cause des multiples approximations du discours électoral de Joe Biden. M. Biden assure ne pas vouloir répéter l’erreur de 2009, lorsque le stimulus budgétaire de Barack Obama fut insuffisant pour retrouver le plein-emploi.

Mais c’est loin d’avoir été le cas en 2020, et c’est là qu’intervient le deuxième point : les démocrates refusent de dire que quelque chose de bien fut accompli sous Trump, avec un plan de soutien massif à l’économie, qui a laissé les Américains plus riches en 2020 qu’en 2019. Ce constat entre en contradiction avec le discours de M. Biden, consistant à décrire une Amérique sans âme ni solidarité.

Troisième problème, M. Biden parle de la situation de 2021 comme si l’Amérique faisait face au début de la crise due au Covid-19. En réalité, il va devoir gérer l’an II, celui de la convalescence. Dix millions d’emplois manquent à l’appel, les minorités afro-américaines et hispaniques sont les plus durement touchées : personne ne remet en cause l’impérieuse nécessité de les aider, mais le très coûteux chèque individuel de 1 400 dollars que Joe Biden veut envoyer indifféremment aux Américains gagnant moins de 75 000 dollars promet d’être ruineux.

États-Unis : le risque d’un retour d’inflation

États-Unis : le risque d’un retour d’inflation

L’administration Biden se prépare à gaspiller ses ressources dans une guerre contre le Covid-19 et entend embarquer ses partenaires du G7 dans sa politique dépensière, analyse Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, dans sa chronique.

Chronique.

 

Les fautes les plus graves sont en général commises en début de mandat, lorsque l’état de grâce justifie le respect des promesses de campagne, au diable la raison. Le plan de relance de Joe Biden, d’un montant souhaité de 1 900 milliards de dollars (environ 1 565 milliards d’euros), soit près de 15 % du PIB américain, en fait partie. Il risque de faire resurgir un fantôme disparu, l’inflation, et de provoquer en réaction une hausse des taux d’intérêt, précipitant l’Amérique en récession.

L’alarme a été sonnée par les plus grands pontes de l’école keynésienne américaine, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, célèbre pour avoir critiqué l’austérité trop vite imposée dans la foulée de la crise financière de 2008. M. Summers a mis en garde contre des pressions inflationnistes « comme on n’en a pas connu depuis une génération »« Le plan de 1 900 milliards pourrait conduire à une telle surchauffe de l’économie qu’il en serait contre-productif », a renchéri M. Blanchard.

A force d’avoir entendu les Cassandre annoncer le retour de l’inflation, plus personne n’écoute. Pourtant, le danger existe. Si l’on en est arrivé là, c’est à cause des multiples approximations du discours électoral de Joe Biden. M. Biden assure ne pas vouloir répéter l’erreur de 2009, lorsque le stimulus budgétaire de Barack Obama fut insuffisant pour retrouver le plein-emploi.

Mais c’est loin d’avoir été le cas en 2020, et c’est là qu’intervient le deuxième point : les démocrates refusent de dire que quelque chose de bien fut accompli sous Trump, avec un plan de soutien massif à l’économie, qui a laissé les Américains plus riches en 2020 qu’en 2019. Ce constat entre en contradiction avec le discours de M. Biden, consistant à décrire une Amérique sans âme ni solidarité.

Troisième problème, M. Biden parle de la situation de 2021 comme si l’Amérique faisait face au début de la crise due au Covid-19. En réalité, il va devoir gérer l’an II, celui de la convalescence. Dix millions d’emplois manquent à l’appel, les minorités afro-américaines et hispaniques sont les plus durement touchées : personne ne remet en cause l’impérieuse nécessité de les aider, mais le très coûteux chèque individuel de 1 400 dollars que Joe Biden veut envoyer indifféremment aux Américains gagnant moins de 75 000 dollars promet d’être ruineux.

Economie-États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

Economie-États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

 

 

Alors qu’en Europe et en France en particulier, nombre d’experts repousse à des années la perspective d’un retour de l’inflation pour justifier la dette voir son annulation, aux États-Unis les chiffres montrent que les coûts de production pourraient rapidement peser sur une hausse générale des prix.

 

Il est clair que ce risque va réapparaître sitôt que la demande fera pression sur l’offre. Et cela d’autant plus que des inquiétudes se manifestent sur la valeur à terme des grandes monnaies ( suralimentées par les masses de liquidités). Avec le redémarrage de la croissance, inévitablement l’inflation risque de partir. On constate d’ailleurs aux États-Unis une hausse très significative de 1,3 % sur les prix à la production sur un mois.

 

Les dépenses des consommateurs américains ont été en janvier supérieures de 5,3% à celles de décembre, de 7,4% à celles de janvier 2020, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce. Cette hausse est la première après trois mois de baisse. «La seule explication logique (…) est que la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement», souligne l’économiste Joel Naroff dans une note.

Certains experts craignent un emballement, et une forte hausse des prix, à l’instar de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui craint «des pressions inflationnistes inédites depuis une génération». La question est surtout de savoir si cette hausse des prix sera durable ou seulement temporaire – liée notamment à un effet de comparaison par rapport aux prix faibles du printemps 2020 et à l’emballement après une année de restrictions.

Le PMI manufacturier américain flash d’IHS Markit est tombé à 58,5 au premier semestre de ce mois, après une lecture finale de 59,2 en janvier. Les conditions météorologiques extrêmes dans de grandes parties des États-Unis ont également été mises en cause. Les données étaient conformes aux prévisions des économistes.

Une lecture supérieure à 50 indique une croissance dans le secteur manufacturier, qui représente 11,9% de l’économie américaine. Le secteur manufacturier a pris de l’avance alors que la pandémie a laissé les Américains ancrés chez eux, déplaçant la demande vers les produits ménagers provenant de services tels que les voyages en avion et l’hébergement à l’hôtel.

États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

 

 

Alors qu’en Europe et en France en particulier, nombre d’experts repousse à des années la perspective d’un retour de l’inflation pour justifier la dette voir son annulation, aux États-Unis les chiffres montrent que les coûts de production pourraient rapidement peser sur une hausse générale des prix.

 

Il est clair que ce risque va réapparaître sitôt que la demande fera pression sur l’offre. Et cela d’autant plus que des inquiétudes se manifestent sur la valeur à terme des grandes monnaies ( suralimentées par les masses de liquidités). Avec le redémarrage de la croissance, inévitablement l’inflation risque de partir. On constate d’ailleurs aux États-Unis une hausse très significative de 1,3 % sur les prix à la production sur un mois.

 

Les dépenses des consommateurs américains ont été en janvier supérieures de 5,3% à celles de décembre, de 7,4% à celles de janvier 2020, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce. Cette hausse est la première après trois mois de baisse. «La seule explication logique (…) est que la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement», souligne l’économiste Joel Naroff dans une note.

Certains experts craignent un emballement, et une forte hausse des prix, à l’instar de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui craint «des pressions inflationnistes inédites depuis une génération». La question est surtout de savoir si cette hausse des prix sera durable ou seulement temporaire – liée notamment à un effet de comparaison par rapport aux prix faibles du printemps 2020 et à l’emballement après une année de restrictions.

Le PMI manufacturier américain flash d’IHS Markit est tombé à 58,5 au premier semestre de ce mois, après une lecture finale de 59,2 en janvier. Les conditions météorologiques extrêmes dans de grandes parties des États-Unis ont également été mises en cause. Les données étaient conformes aux prévisions des économistes.

Une lecture supérieure à 50 indique une croissance dans le secteur manufacturier, qui représente 11,9% de l’économie américaine. Le secteur manufacturier a pris de l’avance alors que la pandémie a laissé les Américains ancrés chez eux, déplaçant la demande vers les produits ménagers provenant de services tels que les voyages en avion et l’hébergement à l’hôtel.

Algérie : des élections pour éviter le retour du Hirak

Algérie : des élections pour éviter le retour du Hirak

 

La température ne cesse de monter dans la cocotte-minute algérienne avec la perspective d’un retour de l’Hirak. La vérité c’est que depuis la nomination du président algérien en dépit de quelques aménagements institutionnels et politiques rien n’a vraiment changé.

 

Pour soulever le couvercle de la contestation de plus en plus active le président algérien a décidé assez brusquement d’organiser des élections législatives anticipées. Parallèlement,  président a décidé de libérer des prisonniers condamnés précisément dans le cadre de l’Hirak. On notera à ce sujet la déclaration très ambiguë du président algérien qui a émergé à l’occasion de l’Irak mais finalement a continué en pratiques  les pratiques anciennes de corruption et d’inégalité sociale.

«Le  »Hirak béni » a sauvé l’Algérie. J’ai décidé d’accorder la grâce présidentielle à une trentaine de personnes pour lesquelles une décision de justice avait été rendue ainsi qu’à d’autres pour lesquelles aucun verdict n’a été prononcé. Entre 55 et 60 personnes rejoindront à partir de ce soir ou demain leur famille», a-t-il déclaré dans un discours à la Nation télévisé.

Quelque 70 personnes sont actuellement en prison en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien. Cette annonce survient à la veille du 2e anniversaire du soulèvement populaire inédit qui a forcé l’ex-homme fort Abdelaziz Bouteflika à renoncer à un cinquième mandat présidentiel et à quitter le pouvoir.

. Le chef de l’Etat a par ailleurs annoncé un remaniement ministériel «dans les 48 heures au maximum». «Ce remaniement concernera des secteurs qui enregistrent des déficits dans leur gestion ressentis par les citoyens et nous mêmes», a-t-il dit.

Algérie: le retour du Hirak ?

Algérie: le retour du Hirak ?

 

Ce n’est pas encore le retour généralisé du Irak mouvement de protestation contre l’absence de démocratie et de progrès social en Algérie. Cependant des milliers de personnes ont manifesté mardi 16 février dans l’est de l’Algérie, à Kherrata, le berceau du mouvement anti-régime Hirak, pour le deuxième anniversaire du soulèvement populaire, au moment où le président Abdemadjid Tebboune est sous pression pour juguler la crise politique qui secoue le pays depuis février 2019.

 

Le mécontentement est toujours présent en Algérie en dépit des fausses promesses du pouvoir pour davantage de démocratie et de justice sociale. Sur le fond, les protestataires réclament surtout que soit mis fin à l’appropriation des richesses nationales par l’oligarchie de l’ancien FLN et de ses proches.

 

Reprenant ses activités après sa longue absence à l’étranger, le président a mené ce week-end des consultations avec plusieurs partis politiques, y compris de l’opposition, en vue de scrutins locaux et législatifs anticipés d’ici la fin de l’année. Tandis que la nouvelle loi électorale doit être présentée au Parlement, Abdemadjid Tebboune s’apprêterait à procéder à un remaniement du gouvernement. Bref du bidouillage politique quand on attend une révolution démocratique économique

Le retour de l’écotaxe poids-lourds par la fenêtre

Le retour de l’écotaxe poids-lourds par la fenêtre

L’écotaxe poids-lourds avait été éjectée par la porte fin 2014 par Ségolène Royal. Elle revient par la fenêtre pour satisfaire les attentes des écolos. On renvoie le bébé dans les régions qui pourront donc instituer une taxe spécifique sur le transport routier. Le projet permettra aux régions

«d’instituer des contributions spécifiques assises sur la circulation des véhicules de transport routier de marchandises empruntant les voies du domaine public routier national mises à leur disposition dans le cadre d’une expérimentation».

Et pour appâter les régions, de gouvernements pourraient proposer le transfert des routes nationales aux régions et aux départements. De quoi nourrir un peu plus le portefeuille de ces collectivités locales mais aussi leurs dépenses.

 

Le gouvernement justifie cette orientation par un souci de décentralisation. On voit mal en quoi la prise en compte des dépenses des routes nationales par les collectivités locales constituerait un acte de décentralisation. C’est sans doute surtout un acte de transfert de dépenses dans lequel risquent de tomber régions et départements. Ce n’est pas la première fois que ces collectivités tomberaient dans le  piège.

 

Les départements, de leur côté, pourront «étendre ces contributions spécifiques aux véhicules de transport routier de marchandises empruntant les voies de leur domaine public routier qui sont susceptibles de subir un report significatif de trafic du fait des contributions régionales mentionnées au précédent alinéa», précise le texte. Un moyen de forcer les professionnels essayant de contourner les routes concernées de contribuer malgré tout.

 

Évidemment ce retour par la fenêtre de l’écotaxe poids-lourds a aussi été justifié par des motifs écologiques. Le problème c’est que ça ne changera sans doute pas la répartition modale. La priorité doit être ailleurs à savoir dans la qualité de des transports alternatifs comme le rail. Cela risque simplement de renchérir le coût du transport. Une sœur de retour d’une forme de la vignette en quelque sorte.

États-Unis : retour au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

États-Unis : retour  au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

 

Changement radical des États-Unis vis-à-vis de l’ONU concernant le conseil des droits de l’homme (après un départ il y a trois ans)  et cela dans un contexte de montée des dictatures et d’atteinte aux droits les plus fondamentaux dans de nombreux pays.

Trump a démissionné du Conseil des droits de l’homme en 2018 – il a quitté aussi nombre d’organisations internationales.

Le secrétaire d’État Antony Blinken annoncera lundi que les États-Unis retourneront au conseil basé à Genève en tant qu’observateur, a déclaré dimanche un haut responsable du département d’État.

«Nous avons l’intention de le faire en sachant que le moyen le plus efficace de réformer et d’améliorer le Conseil est de s’engager avec lui selon des principes», a déclaré le responsable.

«Nous savons que le Conseil a le potentiel d’être un forum important pour ceux qui luttent contre la tyrannie et l’injustice dans le monde. En étant présents à la table, nous cherchons à le réformer et à faire en sorte qu’il puisse être à la hauteur de ce potentiel », a déclaré le responsable.

Le plan a été rapporté pour la première fois par l’Associated Press.

L’Assemblée générale des Nations Unies, composée de 193 membres, doit élire de nouveaux membres au conseil plus tard cette année. Les membres sont élus pour trois ans et ne peuvent servir plus de deux mandats consécutifs. Les candidats sont élus au scrutin secret par groupes géographiques pour assurer une représentation uniforme.

La prochaine session du conseil de 47 membres basé à Genève doit commencer plus tard ce mois-ci.

Etats-Unis : comme l’économie, le retour de l’emploi pas avant 2023

Etats-Unis : comme l’économie,  le retour de l’emploi pas avant 2023

 

Le président de la Réserve fédérale de Chicago, Charles Evans, membre aussi de la Fed considère que le redressement économique américain interviendra mais pas avant 2023. À noter que l’expert n’exclut pas une amélioration parallèle du chômage mais aussi une hausse de l’inflation.

«Je pense que le taux de chômage reviendra près de son niveau pré-pandémique de 3,5% d’ici fin 2023. Concernant l’inflation, le chemin est encore long», a détaillé le président de la Fed de Chicago lors d’une conférence virtuelle de l’université d’Oakland (Michigan).

La consommation devrait pourtant bondir, notamment au printemps, lorsque l’activité repartira avec la vaccination d’une large partie de la population. Les prix devraient donc grimper, d’autant plus que ceux de mars et avril 2020, auxquels ils seront comparés, étaient en chute à cause des premiers confinements. L’inflation sur un an pourrait alors dépasser les 2%, mais cela ne sera que temporaire. «Je m’attends à ce que l’inflation se stabilise et termine l’année dans une fourchette de 1,5% à 1,75%», a indiqué Charles Evans. En 2020, l’inflation annuelle était de 1,3%, en ralentissement par rapport à 2019, selon l’indice PCE, utilisé par la Fed.

Italie : encore un crise politique et retour de Draghi

Italie : encore un crise politique et retour de Draghi

 

D’une certaine manière,  la crise politique constitue l’environnement récurrent d’une Italie par ailleurs assez dynamique sur le plan économique et qui ne s’en sort pas si mal y compris en l’absence de gouvernement.

 

Cette fois la crise est imputable comme souvent à la difficulté à maintenir une majorité de gouvernement..Et Giuseppe Conte, qui a tenté un petit coup de force, a été contraint à la démission mardi dernier, près de deux semaines après le retrait de sa coalition de l’ex-chef du gouvernement Matteo Renzi et de son parti IV, indispensable pour avoir la majorité parlementaire.

Les deux piliers de sa coalition, le PD et le M5S, ont continué à le soutenir, mais sans IV il n’avait pas de majorité assurée au parlement.

Le bilan politique global n’est guère brillant depuis environ un an. En effet l’Italie a été le pays le plus affecté sur le plan sanitaire et la situation économique s’est dégradée davantage qu’ailleurs. La double crise a fait 88.000 morts et plombé le Produit intérieur brut de 8,9% en 2020, selon une estimation officielle publiée mardi.

Pour se redresser l’Italie compte beaucoup sur un énorme plan financier de relance financé en partie par les fonds européens. Si les fonds européens pourront effectivement aider l’Italie à se redresser par contre  il n’est pas certain qu’un nouvel endettement ( l’Italie détient déjà le record d’endettement européen) puisse être absorbé sans créer des déséquilibres non seulement en Italie mais peut-être aussi en Europe.

 

Le retour des patrons ?

Le retour des patrons ?

 

Avec Macron, qui considère la France comme une sorte de l’entreprise, une mart nation se pose la question du retour des patrons et de leur influence. Le sociologue Michel Offerlé livre une enquête fascinante sur les chefs d’entreprise et leur

Les patrons seraient-ils de retour ? Il y a peu de doute possible si l’on en juge par l’âpreté avec laquelle leurs représentants défendent le « quoi qu’il en coûte » en matière de soutien aux entreprises en temps de pandémie. Il n’a pas non plus échappé aux observateurs de la vie publique que leur part à l’Assemblée nationale, traditionnellement très faible par rapport à d’autres groupes sociaux, a spectaculairement augmenté depuis 2017.

De là à supposer que les étoiles du capitalisme se sont alignées et que la politique n’exprime aujourd’hui rien d’autre que les intérêts des patrons, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par beaucoup. C’est pourtant cette évidence que le sociologue Michel Offerlé interroge dans son nouveau livre, Ce qu’un patron peut faire, où il aspire à « comprendre comment [les patrons] contribuent, comme chefs d’entreprise et comme chefs d’entreprise en politique, à la production et à la reproduction des rapports sociaux et aux luttes de frontières qui se jouent entre l’Etat, le champ politique et le champ économique ».

Le patronat français, milieu hétéroclite

Le sociologue s’appuie dans cette tâche sur des matériaux constitués depuis plus d’une dizaine d’années avec les étudiants qu’il a accompagnés et guidés dans son projet de cartographie d’un des milieux les plus hétéroclites de la société française et aussi les plus réfractaires à l’enquête. Les patrons ont certes souvent été analysés en sociologie, mais avec une certaine distance, en objectivant leur position dans l’élite économique et politique à partir de leurs caractéristiques sociales, de leur éducation ou de leurs réseaux.

Offerlé préfère la méthode douce, celle qui passe par l’entretien et ses méandres, où l’on pose autant de questions qu’on laisse de place à l’enquêté pour qu’il se justifie. Une méthode qui passe aussi par la lecture des courriers adressés à la présidence de la République par de « petits » patrons qui, comme tout un chacun, n’ont pas d’autre moyen de faire connaître leurs doléances, ou par les relevés, au fil de la presse locale, des grèves de la faim et suicides dans ce milieu.

La méthode paraîtra excessivement bienveillante à certains. Michel Offerlé, qui a rencontré plus de patrons, grands et petits, qu’aucun autre sociologue français, ne cite-t-il pas cette phrase d’un des personnages de La Règle du jeu, de Jean Renoir (1939) : « Tu comprends, sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons » ? La manière de procéder a toutefois paru agressive à certains des principaux intéressés, fâchés de se voir questionner sur leur adhésion aux valeurs chrétiennes, leur salaire ou l’origine sociale de leur conjoint.

 

 

Allemagne: le retour de l’inflation ?

Allemagne: le retour de l’inflation ?

 

Le retour de l’inflation en Allemagne peut paraître assez marginal avec une hausse de 1,6% en rythme annuel après une baisse de 0,7% en décembre. Le problème c’est que l’économie.- malgré sa bonne tenue comparée à d’autres–est en piteux état et que rien ne justifie une hausse alors que des masses de liquidités sont accessibles à des taux proches de zéro

On tente de justifier cette hausse mais ce n’est guère convaincant :

“En plus de la modification des taux de TVA, l’évolution des prix à la consommation pourrait avoir été influencée par d’autres facteurs comme le prix du CO2 et l’augmentation du salaire minimum légal à partir de janvier 2021”, précise Destatis dans un communiqué.

L’hypothèse la plus vraisemblable c’est que certains commencent à douter de la valeur réelle de la monnaie car la politique accommodante de la banque centrale européenne à inondé l’économie mais ne reflète plus sa valeur réelle. Du coup, tendanciellement et discrètement l’inflation pourrait renaître et réguler comme d’habitude cet extraordinaire décalage entre le volume monétaire et la valeur réelle de l’économie. En outre pour l’instant, l’euro ce porte plutôt bien par rapport à d’autres monnaies d’où les refuges massifs vers les obligations européennes et le doute sur des actifs plus incertains.

Brexit: le retour à un pays souverain… mais pauvre !

Brexit: le retour à un pays souverain… mais pauvre !

En refusant de se soumettre aux exigences européennes sur certaines questions de législation et de politique, le gouvernement de Boris Johnson a réaffirmé que la démocratie n’a pas de sens sans la souveraineté, estime l’historien britannique Robert Tombs dans une tribune au « Monde ». Un historien qui fait cependant l’impasse sur la dégradation économique, sociale et sanitaire du pays. Certes le Royaume-Uni redevient un pays souverain mais il a les plus grandes chances de devenir aussi un pays plus pauvre.(Tribune dans le Monde)

Tribune.

 

 Depuis le début des relations entre le Royaume-Uni et les Communautés européennes, dans les années 1960, toutes les tensions ont tourné autour de la souveraineté. Ceux qui, à l’époque, étaient favorables à l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne (CEE) et ceux qui, aujourd’hui, regrettent son départ de l’Union européenne (UE) rejettent la souveraineté comme une notion dépassée dans un monde d’interconnexion. Les événements des quatre dernières années, et peut-être même plus encore, ceux de ces derniers mois, auraient dû les faire réfléchir à nouveau.

La question de la pêche a eu le mérite de rendre la souveraineté concrète et compréhensible. C’est pourquoi elle est devenue soudainement si cruciale. On peut décider de donner ou de prêter certains droits ou pouvoirs à d’autres. Mais qui prend cette décision ? Qui a le pouvoir de l’exécuter ? Qui peut la changer ? Voilà la souveraineté, aussi fondamentale aujourd’hui que jamais.

Respecter la décision des électeurs

Lorsque les Britanniques ont voté au référendum de 2016 pour quitter l’UE, il n’était pas évident de déterminer si le Royaume-Uni était toujours réellement un pays souverain. Son Parlement et ses lois étaient subordonnés à l’autorité législative et judiciaire de l’UE. Certes, le vote lui-même était un acte de souveraineté. Cependant, la véritable question n’était pas celle de la théorie constitutionnelle, mais celle de la volonté politique : la décision de l’électorat serait-elle effectivement respectée et appliquée ?

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Brexit : « Le Royaume-Uni et l’Union européenne vont devoir trouver un équilibre entre compétition et coopération »

Si le Royaume-Uni avait cédé aux pressions et voté à nouveau pour revenir sur sa décision – comme l’Irlande (en 2001 et 2008) et la Grèce (en 2015) –, il aurait cessé pour un avenir indéfini d’être en réalité un Etat souverain. La souveraineté qui ne peut être exercée est une souveraineté perdue. Selon ce critère, les Etats membres de l’UE, où les votes populaires ont été annulés ou ignorés, ont certainement mis leur souveraineté en doute. Un « Etat membre » est autre chose qu’un Etat souverain. Le président Macron parle souvent d’une « Europe souveraine ». Il a peut-être raison. Le président de la Cour de justice de l’UE, Koen Lenaerts, a écrit il y a trente ans qu’« il n’y a tout simplement pas un noyau de souveraineté que les Etats membres peuvent invoquer, en tant que tel, contre la Communauté ».

Patriotisme économique : retour à la mode

Patriotisme économique : retour à la mode

La professeure de science politique Cornelia Woll explique, dans un entretien au « Monde », que cette thématique peut permettre de surmonter les clivages gauche-droite, mais qu’il y a mésentente sur les stratégies à mettre en place pour y parvenir.

Cornelia Woll est professeure de science politique à Sciences Po. Elle estime que le thème du souverainisme revient à chaque crise remettant en cause la place de la France dans l’économie mondiale.

Depuis la crise sanitaire, les thématiques souverainistes, notamment économiques, sont revenues sur le devant de la scène. Un tabou est-il tombé ?

Le sujet revient de manière périodique. En 2005, il y a eu une grande discussion sur le patriotisme économique sous Dominique de Villepin avec des débats qui ressemblent à ce que l’on voit aujourd’hui ; après la crise financière de 2008, la question des prérogatives nationales sur les marchés financiers était revenue fortement ; la pandémie nous interroge à nouveau sur le contrôle des entreprises, la circulation des personnes, mais aussi des biens et des services. A chaque fois, cela nous renvoie à la question de ce difficile équilibre entre notre capacité à gérer le destin économique de la France et notre place dans une économie mondialisée.

Ces débats sont-ils une exception française ou ont-ils lieu dans d’autres pays ?

On peut retrouver, dans beaucoup de pays, des débats similaires, par exemple sur les chaînes d’approvisionnement des masques ou des médicaments. En Grande-Bretagne, la discussion sur la souveraineté économique était tellement forte, qu’elle a amené le Brexit. Mais il y a une particularité française sur la volonté de contrôler son économie, un certain chauvinisme, qui se disait moins dans d’autres pays. L’expression « patriotisme économique » faisait sourire il y a quinze ans, mais elle est aujourd’hui fortement mobilisée dans plusieurs pays, comme on a pu observer dans l’Amérique de Donald Trump.

Le souverainisme de gauche, même s’il a toujours existé, était marginal. Aujourd’hui, il semble de plus en plus répandu. Comment l’expliquer ?

Ce n’est pas si nouveau que ça. Arnaud Montebourg était ministre du redressement productif, un intitulé qui a beaucoup fait rire à l’étranger parce que cela représentait cette idée désuète du pilotage de l’économie par l’Etat. Plus à gauche encore, l’altermondialisme peut amener à réfléchir d’abord en termes de résistance nationale à l’économie mondiale. Cette idée concerne plus La France insoumise que les partis de l’internationale socialiste.

Peut-il y avoir un dépassement du clivage droite-gauche autour du souverainisme ?

Il y a des thématiques qui permettent de surmonter ce clivage, c’est le cas du souverainisme, comme du patriotisme ou, d’autres termes qui permettent de renvoyer au « pays ». Autour de ces notions, il y a la tentative de définir un intérêt partagé par l’ensemble des Français qui peut parler aussi bien à une partie de la gauche que de la droite. Il y a tout de même une difficulté à se mettre ensuite d’accord sur des stratégies à mettre en œuvre : la souveraineté économique passe-t-elle par une hausse des taxes aux frontières ? Une limitation de la circulation des capitaux ou des personnes ? Quand on arrive à ces sujets, le clivage gauche- droite reviendra plus fortement, par exemple autour de la question migratoire ou du financement des entreprises.

Le retour de l’inflation ?

 

L’épargne accumulée pendant la pandémie va-t-elle nourrir, lorsque cette dernière sera jugulée, un mouvement de rattrapage du désir de consommer, poussant les prix à la hausse, s’interroge, dans sa chronique, Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement stratégique de Carmignac.

La création monétaire massive a réveillé le souvenir de la mise en garde du grand économiste Milton Friedman, pour qui si vous créez plus de monnaie, c’est autant de demande excédentaire que vous alimentez qui à terme fera monter les prix à la consommation.

 

Presque tout dans le monde des investissements dépend aujourd’hui de l’avenir de l’inflation : les taux d’intérêt, bien sûr, mais aussi les valorisations des marchés d’actions, et certainement le destin des quelque 18 000 milliards d’euros de dette souveraine à taux négatifs. Or, pour la première fois depuis plus de dix ans, cet avenir inquiète.

La dernière fois qu’une telle crainte avait préoccupé les investisseurs remonte à 2009, quand les grandes banques centrales avaient inauguré la pratique alors révolutionnaire du « Quantitative Easing » [« facilité monétaire »], consistant à soutenir l’activité économique non seulement en baissant les taux d’intérêt directeurs, mais aussi en imprimant de la monnaie pour racheter aux banques les emprunts d’Etat qu’elles détiennent.

Cette création monétaire massive avait alors réveillé le souvenir de la mise en garde du grand économiste américain Milton Friedman (1912-2006), pour qui, si vous créez plus de monnaie, c’est autant de demande excédentaire que vous alimentez qui à terme fera monter les prix à la consommation.

Après dix années de ce régime, non seulement l’inflation ne s’est pas envolée, mais elle a même continué de baisser, au point de faire craindre au contraire un risque cette fois de lente descente vers la déflation. L’argent créé, faute d’être véritablement introduit par le système bancaire dans les circuits économiques, est demeuré au niveau du système financier (les banques affaiblies et très surveillées n’avaient guère envie de prêter, et le secteur privé en général était plutôt sous la pression de se désendetter que d’emprunter davantage).

C’est donc principalement le prix des actifs financiers qui a profité de la manne en connaissant, lui, une forte inflation. Ce phénomène a accru au fil de la décennie l’ampleur des inégalités entre petits salariés et grands investisseurs, et a alimenté d’ailleurs une rébellion croissante contre cette logique de traitement d’un problème économique par la seule solution monétaire.

Abandon de l’orthodoxie budgétaire

Est arrivée dans ce contexte la syncope de l’activité économique en 2020. Les banques centrales ont de nouveau été à la manœuvre pour éviter le pire et les marchés financiers en ont de nouveau profité. Mais les gouvernements, avec la bénédiction des banques centrales, ont cette fois franchi le Rubicon : ils ont abandonné toute prétention à l’orthodoxie budgétaire et, au prix de déficits et de surendettement sans précédent, ont pris sur eux de subventionner directement le secteur privé mis à mal par les décisions de confinement.

La monnaie, toujours à l’origine fournie par les banques centrales, cette fois ne demeure plus dans le seul système financier mais a aussi trouvé le chemin de la trésorerie des entreprises et des épargnants (la perception de revenus, fussent-ils amoindris, sans plus guère d’occasions de les dépenser a fait bondir le taux d’épargne moyen des consommateurs, même si l’écart entre les extrêmes demeure immense).

Se posent dès lors deux questions.

La première est à relativement court terme : quand les économies rouvriront à la faveur d’une vaccination suffisamment large des populations, cette épargne ne permettra-t-elle pas de nourrir un mouvement de rattrapage du désir de consommer, poussant les prix à la hausse et finalement donnant raison à Milton Friedman ?

Cette perspective pourrait s’avérer d’autant plus spectaculaire que l’effet de base sera très puissant : imaginons que la consommation puisse reprendre à partir du second trimestre 2021, son rythme d’augmentation par rapport au printemps 2020 pourrait être explosif. Ce scénario est tout à fait plausible.

Mais il sera probablement de courte durée : non seulement la faiblesse de la situation de l’emploi et la persistance probable d’une inquiétude générale risquent de tempérer la liquidation de l’épargne, mais aussi, plus fondamentalement, la consommation « en attente » est celle de services (ce qui d’ailleurs fait de cette récession un cas radicalement différent des récessions classiques). Or l’essentiel des services non consommés ne se rattrape pas (nous n’irons pas deux fois plus chez le coiffeur à l’avenir…).

La question à plus long terme est beaucoup plus redoutable. L’engagement des gouvernements en 2020 pourrait être perçu comme le pendant du changement de régime qu’avait inauguré il y a quarante ans l’ère « Reagan-Thatcher » de retrait de l’Etat, de diminution des impôts, des réglementations et, en l’espèce, de l’inflation. La vraisemblance de cette possibilité est très clairement renforcée par le changement de dirigeants qui vient finalement d’être acté à Washington.

L’administration Biden, et tout particulièrement en son sein Janet Yellen, dans la fonction essentielle sur ce sujet de secrétaire au Trésor, s’est engagée sur un programme visant précisément à réduire les inégalités en redistribuant la richesse vers les salaires par le biais, entre autres, de la fiscalité. L’engagement vers une économie plus verte est aussi très fort et certainement tout autant justifié, mais il est aussi potentiellement inflationniste cette fois-ci non par augmentation de la demande, mais par augmentation des coûts. L’ombre d’une revanche sur « Wall Street » se profilerait-elle ?

Une tendance déflationniste de quarante ans (ou même de dix ans, si on ne souhaite remonter qu’à 2009) ne s’inversera pas en un jour. Les forces déflationnistes de la technologie, de la démographie, du surendettement demeurent puissantes. Rome n’a pas changé de régime immédiatement après que les troupes de César eurent franchi le fleuve.

Mais le retour en arrière des gouvernements après leur abandon de l’orthodoxie budgétaire en 2020 sera difficile dans le contexte d’une pression populaire devenue très forte. Les marchés pourraient commencer dès cette année à anticiper un changement de régime qui s’orienterait vers plus de croissance mais moins de marges et de libertés pour les entreprises, plus de revenus mais plus d’inflation pour les salariés. Et certainement plus de complexité pour les épargnants.

Pandémie : pas de retour à la normale en 2021 ( Macron)

Pandémie : pas de retour à la normale en 2021 ( Macron)

Il est clair que l’avertissement adressé par Macron aux étudiants quant à la durée de la pandémie et ses conséquences s’adresse aussi à l’ensemble de la population. En s’adressant aux étudiants, Macron sonde ainsi l’opinion sur les perspectives du maintien d’une crise sanitaire grave durant toute l’année 2021.

Un discours évidemment qui tranche avec l’optimisme béat du gouvernement avant les vacances d’été. À cette époque, les pouvoirs publique considéraient  que la crise était presque terminée. C’est évidemment sans compter sur la propagation mondiale du virus fortement accélérée par les différents variants. Notons que c’est aussi au cours de l’été qu’ont été commandés les vaccins qui manquent aujourd’hui cruellement en raison du sous dimensionnement dramatique des commandes.

 

“On reste dans une période d’incertitude”, a souligné le président de la République lors d’un dialogue avec des étudiants à l’université Paris-Saclay. “On aura un deuxième semestre avec le virus et quand même beaucoup de contraintes.”

“Mais pour moi l’objectif collectif c’est qu’on puisse envisager la rentrée de l’année prochaine dans un pays où quand même normalement on aura réussi en Europe à freiner les choses.”

Le chef de l’Etat a annoncé plusieurs mesures pour améliorer le quotidien et réduire la précarité des jeunes dans les universités, dont la possibilité, d’ici la fin du mois, pour tous les étudiants non boursiers et internationaux d’accéder à deux repas par jour à un euro dans les restaurants universitaires.

Emmanuel Macron a également proposé la possibilité pour les étudiants de réaliser l’équivalent d’un jour par semaine en présentiel et l’instauration d’un parcours de soin pour les étudiants qui en expriment le besoin.

L’alternative aux plastiques : le retour de la consigne

 L’alternative aux plastiques : le retour de la consigne 

 

Par Florentin Letissier, adjoint à la maire de Paris, chargé de l’économie circulaire, de l’économie sociale et solidaire et de la contribution à la stratégie zéro déchet préconise le retour de la consigne pour lutter contre les plastiques.

 

Chronique dans la tribune

 

Depuis les années 1950, le plastique a envahi nos villes et nos océans. À l’origine conçu pour nous simplifier la vie, il est devenu en quelques décennies une véritable menace. À mesure que sa production a explosé, passant de 2 millions de tonnes par an en 1950 à 400 millions de tonnes aujourd’hui, il devient de plus en plus menaçant pour l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, et les écosystèmes dont nous dépendons.

Il faut désormais recentrer notre utilisation du plastique sur ce qui est essentiel : emballages de produits médicaux, composants informatiques, matériaux supports des technologies d’énergie renouvelable, objets usuels par exemple. À Paris, cette transition s’esquisse depuis plusieurs années, et le nombre d’entrepreneur.euse.s qui développent de nouvelles initiatives pour réduire la consommation de plastique à usage unique se développe fortement. Parmi ces initiatives, le développement de la consigne pour le réemploi des emballages est déterminant.

Le retour de la consigne n’est pas un sujet nouveau. Évoqué dans la feuille de route nationale économie circulaire présentée par le Premier ministre en avril 2018, et au cœur des débats parlementaires autour de la loi Anti Gaspillage et Économie Circulaire (loi AGEC), le dispositif est désormais bien connu. Reste à s’en saisir. S’en saisir ? Oui, mais pas n’importe comment. Il faut maintenant accompagner les professionnel.le.s pour enclencher un changement d’échelle, sortir de l’expérimentation pour aller vers une généralisation de la consigne pour le réemploi des emballages.

Dans la capitale, le champ d’action est large : les emballages issus de la restauration à emporter représentent l’un des principaux usages du plastique à usage unique, avec 15 tonnes d’emballages par jour. Tous ces contenants, le plus souvent, au mieux, jetés dans des poubelles sur l’espace public, quand ils ne sont pas juste laissés à terre, sont aujourd’hui largement incinérés. C’est un gaspillage de ressources considérable, qui doit être diminué par la généralisation de poubelles de tri dans nos rues, afin de développer le recyclage.

Le recyclage n’est pas la solution miracle

Mais pour autant, le développement du recyclage n’est pas à lui seul la solution miracle, puisqu’il ne nous permet pas réellement de lutter contre les effets néfastes de l’explosion du plastique à usage unique. Pourquoi ? En misant uniquement sur le tri et le recyclage des emballages plastiques, nous perdons de vue l’objectif premier qui nous permettra durablement de préserver nos ressources naturelles et notre environnement : la réduction de la production et de notre consommation de matières plastiques. D’abord car le tri n’est aujourd’hui pas encore un réflexe suffisamment partagé, et le plastique occupe encore à Paris 17% du bac vert des ordures ménagères résiduelles, alors que sa place est dans le fameux bac jaune. De plus, les entreprises qui réutilisent des matières plastiques recyclées dans leurs processus de fabrication ne sont pas toujours situées à proximité des centres de tri, mais souvent loin de la région parisienne et parfois à l’autre de bout de l’Europe. Cela implique une logistique de transport longue et donc polluante pour acheminer ces matières premières recyclées à bon port.

Mais surtout, le plastique reste un matériau difficile à recycler et à réincorporer dans les chaînes de production. Lorsqu’il est recyclable, dans la plupart des cas, mis à part l’exemple bien connu de la bouteille en PET, seule une faible part de la valeur de la matière peut être réincorporée dans un nouveau produit, en l’état actuel de la technologie. La majorité des plastiques recyclés sont donc transformés dans des applications de moindre valeur et ne sont pas recyclables après usage. Et encore, ces potentialités de recyclages ne concernent qu’une petite partie des matières plastiques : seuls trois types de plastique sont aujourd’hui recyclables en France.

Les emballages réutilisables, un marché prometteur

Face à cela, les plastiques biosourcés et biodégradables, présentés par ses défenseurs comme une réelle alternative, se sont développés, mais restent en réalité une fausse bonne idée. Il contiennent tout de même du pétrole, leur processus de fabrication est très gourmand en ressources (agriculture intensive, consommation d’eau…), et ils restent finalement, eux aussi, à usage unique. La réduction de nos déchets passe donc par une réduction de leur production à la source, avec un bénéfice considérable en matière première, coût pour la collectivité et en propreté sur l’espace public.

Aujourd’hui, alors que nous faisons face à une explosion des déchets plastiques jetables à l’heure où la crise sanitaire a fortement développé le recours à la vente à emporter, il apparaît donc que la consigne pour réemploi n’a jamais été autant adaptée à notre situation. Développée à l’échelle locale et avec des outils de lavage performant, un système de consigne des emballages- une consigne « à l’ancienne » – permettra de réemployer des milliers d’emballages à Paris et de sortir durablement du tout jetable. Car dans ce modèle, les contenants sont fabriqués pour durer. D’ailleurs, certaines chaînes de la grande distribution en ont bien conscience et commencent à se positionner sur ce marché très prometteur.

La nécessité de créer un écosystème

Il nous faut donc structurer cette filière circulaire à l’échelle de Paris et du Grand Paris, en rassemblant toutes les parties prenantes : restaurateur.rice.s, grande distribution, syndicats, industriels et entrepreneur.euse.s de la consigne. La création de cet écosystème permettra de faciliter le maillage du territoire parisien en points de collecte accessibles pour le.la consommateur.rice, renforçant alors l’incitation à recourir à la consigne. Les modèles de logistique urbaine décarbonée pourront par ailleurs se développer à partir de ce maillage, en assurant les transports entre points de vente et points de lavage et de reconditionnement. Il est certain que la croissance de cette filière contribuera fortement à la création d’emplois locaux et non-délocalisables. C’est également une opportunité pour le tissu de l’économie sociale et solidaire, riche en travailleuses et travailleurs désireux de se réinsérer sur le marché du travail dans des métiers d’avenir.

Aujourd’hui, l’économie circulaire à Paris représente près de 70 000 emplois, soit environ 3% du total, générant une valeur ajoutée de 7 milliards d’euros. La structuration de la filière de la consigne est indiscutablement un levier pour augmenter ce poids de l’économie circulaire dans notre tissu productif local. Cette ambition s’inscrit dans un véritable changement de paradigme dans notre manière de concevoir l’économie : repenser la conception des produits pour une utilisation prolongée, se tourner vers la réutilisation et le réemploi, utiliser nos ressources naturelles comme matières premières avec parcimonie et discernement. Les citoyennes et les citoyens sont prêt.e.s. Les entreprises aussi. Il est temps d’engager le mouvement !

Chantiers de l’Atlantique : retour à la case départ ?

Chantiers de l’Atlantique : retour à la case départ ?

 

On sait que beaucoup contestent la perspective d’un rachat des chantiers de l’Atlantique par l’Italien Fincantieri . Pourtant cette opération était approuvée autant par les autorités politiques italiennes que françaises officiellement pour créer un grand opérateur européen.

Le problème c’est que cette fusion ne peut se produire sans l’accord des autorités européennes qui pour l’instant ne semblent pas favorables au regroupement. Notons que les chantiers de l’Atlantique n’étaient nullement déficitaires, qu’ils possédaient un solide carnet de commandes et surtout un savoir-faire technologique précieux.

L’accord des autorités françaises pour cette opération pourrait constituer une sorte de compensation vis à vis  prises de participation de plus en plus nombreuses des Français en Italie dans la banque et les télécoms par exemple.

L’opération en effet n’a toujours pas obtenu le feu vert de la Commission européenne qui redoute une réduction de la concurrence sur le marché mondial.

L’exécutif européen a dit au mois de juin avoir besoin de temps pour examiner l’opération qui se heurte parallèlement à l’hostilité d’une partie de la classe politique locale préoccupée par le risque de pertes d’emplois et par celui des transferts de technologie vers la Chine.

Le contexte est également défavorable, la demande pour les paquebots de croisière étant pénalisée par une crise sanitaire qui a asséché les finances des grands croisiéristes.

Basés à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les Chantiers de l’Atlantique, ex-STX France, sont les seuls chantiers navals français capables de produire des navires de fort tonnage, comme des porte-avions et d’autres bâtiments militaires, ce qui en fait en plus un actif national stratégique.

Après Covid : pas de vrai retour à la normalité

 Après Covid : pas de vrai retour à la normalité

 

« Nous devrons tous nous adapter à une nouvelle façon de vivre, de travailler « , analyse dans un article le rédacteur en chef de MIT Technology Review, Gideon Lichfield. Et les plus fragiles seront durement touchés.

 

« Pour arrêter le coronavirus, nous devrons changer radicalement presque tout ce que nous faisons: comment nous travaillons, faisons de l’exercice, socialisons, achetons, gérons notre santé, éduquons nos enfants, prenons soin des membres de la famille », prévoit-il.

Gideon Lichfield s’appuie sur un rapport publié le 16 mars par des chercheurs du Imperial College London qui préconisent donc un confinement »yo-yo ».

L’idée est « d’imposer des mesures de distanciation sociale plus extrêmes à chaque fois que les admissions dans les unités de soins intensifs commencent à augmenter, et les assouplir à chaque fois que les admissions baissent », explique-t-il.

 

« C’est le début d’un mode de vie complètement différent. »

 

À court terme, il y aura surtout beaucoup de dégâts, notamment « pour les entreprises qui dépendent de personnes qui se rassemblent en grand nombre: restaurants, cafés, bars, discothèques, clubs de gym, hôtels, théâtres, cinémas, galeries d’art, centres commerciaux, foires artisanales, musées, musiciens et autres artistes, sites sportifs (et équipes sportives), salles de conférence (et organisateurs d’événements), compagnies de croisière, compagnies aériennes, transports publics, écoles privées, garderies », prédit-il.

De nombreuses entreprises s’adapteront Certaines imposeront juste des formes de distanciation physique (cinémas et salles de réunions remplis de moitié, réservations obligatoires pour certains exercices). D’autres développeront une nouvelle « shut-in economy » (« économie du confinement »). Elle sera faite d’« une explosion de nouveaux services », de séances online de toutes sortes et de ventes d’équipements à domicile. Probablement elle sera aussi plus écologique, puisqu’elle valorisera les circuits locaux.

Les conséquences seront  profondes sur les systèmes de santé. La crise actuelle incitera sans doute au développement des moyens nécessaires pour répondre à de nouvelles futures pandémies: « des unités d’intervention capables de se déplacer rapidement » afin d’assurer une meilleure prévention, « la capacité d’accélérer rapidement la production d’équipements médicaux, de kits de test et de médicaments ».  Mais la socialisation sera aussi profondément affectée.

Le prix le plus élevé sera payé par les plus fragiles et les plus pauvres, souligne le rédacteur de chef de la revue américaine.

« Le mieux que nous puissions espérer, c’est que la profondeur de cette crise contraindra enfin les pays – les États-Unis en particulier – à corriger les inégalités sociales béantes qui rendent de vastes pans de leurs populations si intensément vulnérables ».

Après Covid : Un “retour à la normale” illusoire

Après Covid : Un  “retour à la normale” illusoire

Pour Maxime Sbaihi, directeur général du think tank GénérationLibre , un retour à la normale après Covid-19 est illusoire car il va laisser de nombreuses traces notamment socio-économiques .( Tribune dans l’Opinion)

L’année 2020 nous a plongés dans le bain froid d’une crise sanitaire, économique et politique. L’annus horribilis touche bientôt à sa fin calendaire avec une heureuse succession d’annonces de vaccins efficaces contre la Covid, ravivant l’espoir d’une sortie de crise. S’il ne faut pas faire l’économie de bonnes nouvelles par les temps qui courent, gardons-nous néanmoins de confondre désir et réalité. Un prompt « retour à la normale » est une illusion dangereuse.

Il n’y a pas si longtemps, l’humanité traversait les pandémies avec fatalisme. Les progrès de la science, et la puissance de la mondialisation libérale, nous ont permis de remplacer le hasard de la nature par le volontarisme d’un vaccin. Mais cette perspective de résolution est lointaine : les vaccins devront être soumis à d’autres tests, obtenir des autorisations de mise sur le marché, être fabriqués à très grande échelle, transportés puis stockés dans des conditions contraignantes, avant de devoir être distribués mondialement et par ordre de priorité. Cela va prendre du temps, sans compter qu’il faudra vraisemblablement vacciner chaque personne deux fois à un mois d’intervalle, se confronter aux réticences de la population, au risque de mutation du virus, et aux doutes persistants sur l’efficacité du vaccin à terme. « Un vaccin va compléter les autres outils que nous avons, pas les remplacer », a prévenu le directeur général de l’OMS.

Le vaccin est une lueur d’espoir bienvenue mais cette lueur est lointaine et la lumière au bout du long tunnel de restrictions n’aura pas le même éclat qu’à l’entrée. Le vaccin ne refermera pas une parenthèse pour revenir à la normale, car entre-temps les confinements à répétition ont provoqué de graves dégâts. En l’espace de neuf mois, certains secteurs d’activité ont été tellement fragilisés qu’ils ne retrouveront jamais leur allure d’avant crise. Les prévisions économiques les plus optimistes ne voient pas le PIB français retrouver son niveau de 2019 avant 2022 ou 2023. Le comportement d’épargne de ménages anxieux continuera de plomber l’activité, et le gel des investissements et embauches va peser lourd sur la croissance potentielle du pays.

« Les jeunes cassés dans leur élan à leur entrée sur le marché du travail, les petits commerçants forcés de mettre la clé sous la porte, les précaires devenus pauvres vont porter longtemps les stigmates de cette crise »

Réveil pénible. Les victimes du confinement, moins visibles mais plus nombreuses que les morts de la Covid, vont payer longtemps l’arrêt brutal d’une économie qui tarde à rebondir. Les jeunes cassés dans leur élan à leur entrée sur le marché du travail, les petits commerçants forcés de mettre la clé sous la porte, les précaires devenus pauvres et les 1,3 million de personnes qui ont sollicité le Secours Populaire au premier confinement vont tous porter longtemps les stigmates de cette crise. Un vaccin ne fera pas non plus disparaître la rougeur des comptes publics et du passif financier des entreprises.

Penser que la situation actuelle n’est que passagère, une simple déviation vouée à revenir sur le chemin du monde d’avant, c’est ignorer l’effet persistant de toutes ces séquelles. C’est aussi une attitude dangereuse car attentiste et décalée par rapport à une nouvelle réalité, un « new normal » dans lequel nous avons déjà basculé. Le vaccin résoudra, à terme, la crise sanitaire mais ne pourra guérir ses dégâts économiques. « L’avenir à chaque instant presse le présent d’être un souvenir », écrit Aragon. Scruter le futur avec la nostalgie du souvenir promet un réveil pénible dans une nouvelle réalité.

Maxime Sbaihi est directeur général du think tank GénérationLibre.

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