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L ‘innovation bancaire en retard

L ‘innovation bancaire en retard 

 

 Les résultats en matière d’innovation sont mitigés et les banques traditionnelles ont eu du mal à tirer profit de ce nouvel environnement, comparativement à ceux observés en Asie dont l’Europe pourrait s’inspirer. Par Matilde Guilhon, doctorante à ESCP Business School et chercheuse chez Square Management (Square Research Center)*.

 

Alors que le moteur de l’Open Banking en Europe est principalement réglementaire, dans la plupart des pays asiatiques, la motivation est surtout commerciale. L’illustration la plus extrême est la Chine, où les régulateurs ont laissé le champ ouvert au développement des « BATX », comme Alibaba et Tencent, dans le secteur financier. Ces plateformes ont pu créer des « superapps » qui fonctionnent comme des écosystèmes offrant solutions financières et extra-financières à leurs utilisateurs.

Dans les pays où les systèmes bancaires sont plus proches des pays européens, comme Hong Kong ou Singapour, les réglementations sont moins contraignantes que celles de DSP2 et de la CMA. A Singapour, les réglementations prennent la forme de recommandations sur la mise en place de modèles Banking-as-a-Service et d’API. Malgré le caractère non obligatoire de ces règlementations, les banques singapouriennes ont été diligentes dans la collaboration avec les nouveaux entrants. Par exemple, DBS Bank a développé la plus grande plateforme d’API bancaire au monde, avec plus de 200 APIs couvrant une diversité de services bancaires et extra-bancaires.

Les réglementations européennes exhortent les banques à ouvrir leurs données à des tierces parties. Cela correspond à une situation d’innovation imposée, où la pression des institutions réglementaires est forte tandis que les incitations économiques à mettre en œuvre l’innovation sont relativement faibles. Le discours des régulateurs était orienté vers la promotion de l’innovation et de la concurrence en faisant pression sur les banques en position dominante.

Or, la capacité des acteurs en place à développer une réponse efficace à une innovation imposée dépend fortement de la perception de l’innovation, à la fois comme une menace pour leur secteur, mais aussi et surtout comme une opportunité de créer un avantage concurrentiel. Cela a conduit les banques traditionnelles à adopter une attitude défiante vis-à-vis des Fintechs et des start-ups lors de l’introduction des réglementations, plutôt que d’explorer les opportunités de collaboration.

Dans la mesure où elles ont précédé l’innovation, les réglementations européennes ont manqué de clarté et de précision dans le traitement de questions clés telles que la responsabilité légale dans la collaboration entre les banques et les tiers. Au sein de l’UE, il a fallu près de trois ans entre l’adoption de la DSP2 et son entrée en vigueur – années que les acteurs en place ont davantage passées à décrypter des réglementations lourdes et à initier la mise en conformité, plutôt qu’à développer des stratégies d’innovation appropriées. En outre, la volonté d’introduire un standard de normes au niveau européen sans tenir compte des spécificités bancaires nationales a entraîné une mise en œuvre hétérogène des directives.

La réglementation constitue un catalyseur pour l’innovation en Open Banking. Toutefois, tout en reconnaissant les spécificités culturelles, politiques et économiques de chaque pays qui conditionnent le potentiel d’innovation, on constate que les pays adoptant des réglementations flexibles favorisent davantage l’innovation au sein du secteur bancaire. De plus, l’ouverture forcée d’un secteur à forte inertie risque de servir involontairement les « Big Tech », recréant ainsi une situation de monopole à long terme.

Comment établir un environnement propice à l’innovation tout en maintenant la stabilité du secteur bancaire de détail ? Une plus grande coordination entre les régulateurs et une approche réglementaire progressive et flexible sont bienvenues. Il n’est évidemment pas question de maintenir des positions dominantes au détriment du consommateur. Néanmoins, avec leurs décennies d’expérience en matière de sécurité des données et leur expertise, les banques traditionnelles doivent rester au centre du système financier pour assurer sa stabilité et garantir la protection de leurs clients.

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(*) Membre du Square Research Center de Square Management

Intelligence artificielle : le retard européen

Intelligence artificielle : le retard européen

Par Cyrille Lachevre  fondateur de l’agence de conseil Cylans ( L’OPINION).

 

L’intelligence artificielle pourrait-elle nous aider à lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique ? Dans une étude publiée début juillet, le Boston consulting group (BCG) détaille comment l’IA s’impose comme un outil indispensable dans la stratégie des entreprises et des institutions publiques pour réduire leurs émissions de carbone. En pleine canicule, ce thème n’a évidemment même pas effleuré le débat en France, signe supplémentaire du retard pris par l’Hexagone, en ligne avec celui de l’Europe globalement, dans ce domaine.

Le cabinet a interrogé plus de 1055 leaders de la tech et du climat, dans 14 pays : « 87 % d’entre eux considèrent l’IA comme un outil essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique et ils sont déjà 55 % à y avoir recours », résume-t-il. Aux Etats-Unis, plus d’un leader sur deux envisage de le faire, mais à l’échelle du reste du monde cette réflexion tombe à 40 %, preuve qu’il reste encore un certain travail de conviction à mener autour de l’utilité de l’IA dans les autres pays.

La définition très large et très différente d’une zone à l’autre de ce que l’on entend par intelligence artificielle rend très difficile les comparaisons entre les pays, mais tous les chiffres pointent le décalage en train de se creuser sur le Vieux Continent. Les investissements en Europe en matière d’IA représenteraient ainsi environ 3 % seulement de ceux des seuls Gafa. Selon le think-tank Skema Publika, au cours des trente dernières années, 30 % des brevets liés à l’IA ont été déposés par les Etats-Unis, 26 % par la Chine et 12 % par le Japon. L’Allemagne représente 5 %, la France seulement 2,4 %.

Les Etats-Unis et l’Asie ne sont pas les seuls à mener une politique tambour battant. Israël continue à creuser son sillon en conjuguant IA et cybersécurité, tandis que l’Inde avance à bas bruit mais très rapidement, en formant à la chaîne des ingénieurs qui constitueront les futurs bataillons de cette industrie bien plus humaine qu’on ne le pense.

Les solutions concrètes se multiplient sur le terrain, partout dans ces pays. Aux Etats-Unis, un écosystème de start-up liées à des entreprises de plus grande taille présente des produits très opérationnels, à l’image de Remark holdings, spécialiste de l’intelligence artificielle coté au Nasdaq, qui gère la sécurité des trains sur la ligne Brightline en Floride en détectant notamment les intrusions et les comportements suspects, pour assurer la protection des voyageurs.

Autre application aux Etats-Unis, une étude publiée dans la revue scientifique Nature le 30 juin souligne qu’une intelligence artificielle a réussi à prédire les lieux et dates de crimes dans plusieurs villes américaines, avec un succès frisant les 90 %. En Chine, l’intelligence artificielle est désormais très largement intégrée dans les processus de recrutement des candidats. Ces exemples, multipliables à l’envi, témoignent de la multiplicité des applications opérationnelles de l’IA et de son caractère éminemment stratégique.

Où en est l’Europe ? Dans une certaine mesure, elle ne reste pas inactive, sous l’impulsion du commissaire européen Thierry Breton qui travaille à l’élaboration de nombreux textes réglementaires destinés à offrir un cadre juridique, à garantir la confiance dans l’IA ou encore à définir des règles du jeu communes entre les Vingt-Sept. Une démarche inverse de celle des autres pays : « Les Etats-Unis et la Chine investissent d’abord et réglementent ensuite, alors que nous en Europe nous réglementons d’abord pour essayer d’investir ensuite », ironise un acteur du secteur, pour qui les initiatives de la Commission sont certes bienvenues mais ne serviront à rien si on ne change pas rapidement d’échelle en matière de montants investis.

Mais là aussi, l’argent ne suffira pas. « Le problème de fond n’est pas celui des capitaux disponibles ou mobilisables, qui existent en Europe, mais bel et bien de changer en profondeur les mentalités et de comprendre fondamentalement de quoi on parle, résume Guillaume Leboucher, fondateur d’Open Value. Trop de gens conçoivent l’IA sous un angle émotionnel comme on l’imagine dans les films Star wars ou 2001 l’Odyssée de l’espace, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de l’information augmentée, de l’informatique assistée ». Autrement dit, d’un outil d’aide à la décision, un instrument de gestion prévisionnelle qui ne nécessite pas des compétences particulièrement pointues mais plutôt une masse d’ingénieurs capables de rentrer les données.

« L’IA est un outil de captation de la donnée, un parc génétique comparable à l’ADN en médecine », poursuit Guillaume Leboucher. Vu sous cet angle, le retard européen n’est donc pas tant en termes des compétences techniques que d’industrialisation des processus, avec l’urgente nécessité de former des gens capables de travailler dans ce secteur encore si méconnu.

Pour convaincre les décideurs politiques de favoriser son éclosion, il suffirait de montrer le potentiel considérable de l’IA en termes de politique publique : les outils prédictifs pourraient permettre d’anticiper précisément les évolutions ponctuelles de besoin de main-d’œuvre afin d’ajuster au mieux les ressources humaines disponibles, ou encore aider à piloter la consommation d’énergie dans un monde plus contraint. Sans oublier les gains considérables qui pourraient être réalisés en santé, dans l’accompagnement des personnes âgées, en décelant très en avance les troubles cognitifs.

Le nerf de la guerre est donc de former ces « ouvriers de l’informatique ». C’est-à-dire donner le goût aux élèves et aux étudiants de s’intéresser à l’IA en sortant des sentiers battus. Petit à petit, cette matière commence à entrer à l’école. Mais le chemin à parcourir est considérable. Car il ne s’agit pas uniquement de s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour mieux former les élèves, l’enjeu est aussi d’expliquer aux futurs citoyens de demain comment réduire leurs préjugés sur ce domaine, pour s’y intéresser enfin vraiment !

Cyrille Lachevre est fondateur de l’agence de conseil Cylans.

Monnaie numérique: L’Europe en retard

 Monnaie numérique: L’Europe en retard

Par Rafik Ammar est chargé de la communication et du développement au sein de l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) dans l’Opinion .

 

 

 

Les nouveaux systèmes de paiement sont d’importance mondiale. Les autorités des différentes juridictions doivent veiller à la conformité de leurs principes et règles à ceux pratiqués au niveau international. Le rôle des autorités est de veiller à l’existence de règles qui encouragent la concurrence entre fournisseurs tout en utilisant une approche réglementaire neutre sur le plan technologique. Afin de créer une réglementation prudente pour les émetteurs et les consommateurs, l’Union européenne devrait établir des exigences spécifiques pour l’obtention d’une licence bancaire par les nouveaux organismes.

Les stablecoins ou cryptomonnaies stables ont un caractère mondial, elles existent dans de nombreux pays et beaucoup d’autres les adopteront à l’avenir. La Chine est l’un des pays les plus avancés dans l’utilisation de la blockchain avec son projet pilote sur le yuan numérique annoncé en 2020. Elle a inclus des dispositions relatives à la monnaie numérique dans le champ d’application de la loi.

Face à ces initiatives, l’UE est à la traîne. En revanche, le Royaume-Uni fait des progrès. Le comité de politique financière de sa banque centrale doit publier un rapport sur les effets des stablecoins, qui traitera aussi d’une monnaie numérique de banque centrale. Il cherche à montrer comment le système de réglementation devrait être ajusté pour garantir la confiance tout en soutenant l’innovation.

De nombreux pays n’ont pas de base juridique nationale et ne considèrent pas les monnaies numériques comme égales à la monnaie fiduciaire en raison de leur valeur instable. De ce fait, les fournisseurs de stablecoins ne sont pas protégés. Pour parvenir à une réglementation mondiale, des règles doivent être créées en matière d’informations fournies par les clients aux émetteurs. Les utilisateurs de ces monnaies doivent savoir comment leurs données personnelles sont utilisées et stockées. Actuellement, banques et sociétés de crédit sont réglementées par des lois dans tous les pays et un niveau de réglementation similaire devrait s’appliquer en matière de monnaie numérique.

Au niveau de l’UE, la législation qui doit régir l’utilisation des stablecoins en tant que catégorie de monnaies numériques est la « Réglementation des marchés des crypto-actifs » (MiCA). Voici quelques points d’améliorations souhaitables. Une différenciation plus claire est nécessaire entre plateformes de monnaie électronique, stablecoins à domaine ouvert, et projets d’entreprise qui doivent être soutenus de manière appropriée sur le plan fiscal. Des normes techniques de réglementation doivent être publiées par les autorités européennes de surveillance afin de remédier à toute ambiguïté sur la distinction entre les crypto-actifs, au titre de MiCA, et les instruments financiers, si une telle ambiguïté survenait avec le développement du secteur.

Le règlement européen devrait prévoir des règles plus proportionnées afin d’inciter les petites entreprises à entrer sur le marché, notamment en fixant des exigences de fonds propres à un niveau raisonnablement élevé. Il faut alléger les obligations disproportionnées imposées aux entreprises par la législation et encourager l’innovation afin de retrouver plus de souveraineté dans le secteur financier. L’UE doit rebattre les cartes dans la course à la création de monnaie numérique de banque centrale.

Rafik Ammar est chargé de la communication et du développement au sein de l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE).

Transition énergétique :Le BTP en retard

Transition énergétique :Le  BTP  en retard  

 

Si les entreprises du bâtiment et des travaux publics se savent contraintes de changer de modèle, elles ne savent pas encore à quel rythme et à quel prix, regrettent le consultant Sébastien Delpont et le chercheur Andreas Rüdinger, dans une tribune au « Monde ».

 

On aime à dire que « quand le bâtiment va, tout va ». Mais à l’heure d’organiser sa décarbonation, il est peu de monde pour dire que tout va bien dans le BTP, secteur responsable de 40 % des émissions de dioxyde de carbone de l’Union européenne. Les entreprises peinent à se projeter, faute de politiques publiques suffisamment précises. Quels financements, quelles obligations, quels partis pris ? Elles voient un cap, mais ni l’itinéraire ni les points d’étape pour planifier leur transition en matière de gestion des compétences, de développements technologiques et de modèles d’affaires.

Tous reconnaissent que l’on utilisera des matériaux décarbonés et que l’on bâtira moins d’ouvrages neufs, avec une part moindre de maisons individuelles pour moins artificialiser les sols. Les marchés de demain seront ceux de la rénovation performante, pour baisser les factures d’énergie et s’adapter aux canicules, et de la reconversion de bureaux (moins utilisés avec l’essor du télétravail) en logements et lieux multifonctionnels.

Mais il reste un pas à franchir pour transformer ces tendances qualitatives en une planification quantitative crédible, avec des moyens financiers alignés sur des ambitions précises. Sans cette visibilité, les entreprises hésitent à investir. La définition légale de ce qu’est une rénovation performante est à géométrie trop variable. Les travaux, les besoins financiers et en formation seront très différents à cinq, dix ou vingt ans, si l’on veut basculer tous les logements en classe énergie E, F et G à la classe D, ou si l’on souhaite que 30 % des logements atteignent un niveau de classe B en une fois.

Pour rénover bien plus et bien mieux, il faudra multiplier le nombre d’emplois par 2,5. Un sujet majeur alors que 30 % des artisans partiront à la retraite dans les dix prochaines années et que la filière peine à recruter. Trois voies sont possibles : reconvertir des artisans issus de la construction neuve, reconvertir des salariés d’industries en déclin ou former des jeunes. L’organiser nécessite une clarté sur ce que l’on veut faire : quels travaux, quels niveaux de performance, quels types de bâtiments, sur quels territoires et en quel nombre par an ? Une abondance de plaquistes en Alsace ne résout pas une pénurie d’électriciens en Ariège. Il y aura aussi des postes à pourvoir pour coordonner ces différents corps de métier et pour améliorer la qualité architecturale.

Les entreprises ont des paris à tenir : vers une majorité de compagnons spécialisés, les uns installant des isolants et d’autres des pompes à chaleur, ou vers une majorité de compagnons polyvalents, formés à la plomberie, à l’électricité, à la menuiserie ? Faut-il adapter les modes de construction aux compétences des compagnons, ou les former à de nouvelles techniques ? Le fait de couler de la terre crue ou de projeter du béton de chanvre ressemble aux gestes de celui qui sait couler du béton, alors que c’est tout autre chose de construire en bois, en paille, ou de déconstruire pour réutiliser. Basculer des tâches du chantier vers l’usine, avec l’essor de la préfabrication, facilitera aussi le développement de l’emploi féminin, aujourd’hui inférieur à 15 % dans le BTP mais de 45 % dans l’industrie.

Nucléaire: Le réacteur EPR finlandais en service avec 12 ans de retard

Nucléaire: Le réacteur EPR  finlandais en service avec 12 ans de retard

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Le réacteur nucléaire finlandais EPR d’Olkiluoto-3 a été mis en service pour la première fois samedi, a annoncé l’exploitant de la centrale. La production d’électricité de l’EPR finlandais, construit par le consortium Areva-Siemens, débute douze ans après la date de mise en service prévue initialement.

Le réacteur fournira environ 14% de l’électricité de la Finlande avec 1650 mégawatts, a-t-il indiqué. Le réacteur Olkiluoto-3 va devenir l’un des plus puissants d’Europe. Deux autres réacteurs sont en service sur la côte ouest de la Finlande à Eurajoki.

Nucléaire – l’EPR finlandais : Nouveau retard

Nucléaire - l’EPR finlandais : Nouveau retard

Un nouveau retard sans doute d’un mois pour la production d’électricité de l’EPR finlandais. Un retard finalement négligeable que le programme a déjà été décalé de 12 ans !

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La production d’électricité avait déjà été reportée à fin février, au lieu de janvier comme annoncé précédemment , soit douze ans après la date de mise en service prévue initialement. Une mise en service normale est attendue en juillet 2022.

Au terme de ce chantier lancé en 2005 dans le sud-ouest de la Finlande, devenu pour Areva un chemin de croix miné par les retards et les dérives financières, l’EPR finlandais va devenir le plus puissant réacteur en opération en Europe. Avec une capacité de production de 1.650 mégawatts, il doit fournir environ 15 % de la consommation du pays nordique. Avant Olkiluoto-3, seuls deux réacteurs EPR sont entrés en fonctionnement dans le monde, ceux de la centrale de Taishan en Chine.

Cela traduit à l’évidence une perte de compétence française qui prend sa source dans le fait que la France a laissé en l’état pendant des années et des dizaines d’années son parc nucléaire.

Croissance : la France encore en retard sur 2019

Croissance : la France encore en retard sur 2019

La France a beau  affiché des taux de croissance flatteur de 6 à 7 % pour 2021, le niveau de l’activité est encore inférieur à celui de 2019. En France, selon l’Insee, la croissance du PIB atteint 3% au troisième trimestre, contre 1,3% au second trimestre. Du coup, le PIB retrouve quasiment son niveau d’ »avant-crise » du Covid. C’est toujours la consommation des ménages qui tire le rebond de l’activité, soit une hausse de 5% au troisième trimestre (contre 1,2% au trimestre précédent). Cette consommation est portée par la consommation de services (restaurants et hôtels) mais également par la culture et les loisirs.

À noter cependant que, le pouvoir d’achat des ménages est resté stable au troisième trimestre. Une situation qui ne saurait durer très très longtemps car la France vient d’enregistrer fin octobre une inflation officielle de près de 3 %. Une évolution qui va rapidement poser la question du revenu du travail et de l’épargne. Les Français commencent donc à puiser dans leur épargne excédentaire, estimée à près de 160 milliards d’euros. Le taux d’épargne, de plus de 20% en début d’année, s’établit à la fin du troisième trimestre à 17,5%, un niveau encore supérieur à celui d’avant-crise (15% en 2019).

 

Fibre hautdébit : grande vitesse en zone dense mais retard chez les bouseux !

  • Fibre haut débit : grande vitesse en zone dense mais retard chez les bouseux !
  • Il se confirme qu’il y a bien deux  France. Une France de plus en plus concentrée autour des métropoles et des grandes villes qui allient développement économique, emploi  et croissance des services. Ce qui est encore démontré avec le développement de la fibre à haut débit. Inversement le programme est très en retard sur les objectifs dans les zones peu denses. Une situation connue par les pouvoirs publics et par l’Arcep le régulateur des télécoms qui semblent tous les deux s’en accommoder. Curieux car on aurait pu penser qu’une technologie justement qui a pour but de contracter l’espace aurait pu au contraire être mis d’abord au service des zones éloignées de tout. Bref une curieuse conception de l’aménagement du territoire.  Ici on parle d’application des nouvelles technologies type fibre ou 5G quand dans d’autres régions très lointaines on est encore peu ou pas desservi par Internet ou la téléphonie mobile.Normalement l’autorité de régulation devrait sanctionner les opérateurs par rapport à leur retard sur les objectifs d’équipement. Dans les faits, les sanctions se limitent à quelques sermons faits régulièrement

Croissance : L’industrie encore en retard

Croissance : L’industrie encore en retard

Selon les derniers chiffres de septembre, l’indice de la production manufacturière a accéléré en juillet dernier à 0,6% contre 1% en juin. Sur les trois derniers mois, la production manufacturière est même en très forte augmentation (+10%) par rapport à la même période l’année dernière. Cependant, l’industrie est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant crise. La pandémie a mis un coup d’arrêt violent à certaines branches industrielles. L’industrie tricolore marquée par les grands chocs pétroliers depuis les années 70 et les vagues de délocalisations risquent une nouvelle fois de payer un lourd tribut alors que sa part dans la valeur ajoutée hexagonale ne cesse de s’effondrer

Tech : le retard européen

Tech : le retard européen

 

Mikko Hyppönen, spécialiste en cybersécurité, explique, dans une tribune au « Monde », que, face à la domination des technologies américaines et asiatiques, il est urgent que l’Europe trouve les moyens de mieux défendre sa souveraineté numérique.(Extrait)

 

Tribune.

La pandémie de Covid-19 a conduit à une transformation numérique massive, la valeur des entreprises américaines de la tech a dépassé celle de l’ensemble du marché boursier européen. Révélation frappante, certes, mais pas surprenante. Pendant plusieurs années, l’Europe a pris du retard sur la création de nouveaux services et les rares succès sont immédiatement vendus à la concurrence états-unienne ou asiatique.

Bien que le Web ait été conçu en Europe, sa croissance, elle, a été alimentée par des innovations américaines et asiatiques. Pourquoi ?

Plusieurs aspects sont en jeu, la fragmentation des marchés et la multiplicité des langues représentent un désavantage pour nous ! Deux avantages de poids côté américain : les grands investisseurs et l’absence de réglementation.

Dans le secteur de la cybersécurité, les entreprises américaines ont l’avantage de pouvoir compter sur un premier client de taille, aux poches profondes et féru de technologies défensives de pointe : la branche défense du gouvernement fédéral. Cette dernière acquiert régulièrement de nouvelles innovations alors qu’elles ne sont encore que des idées sur PowerPoint.

En s’appuyant sur ce client de la première heure, elles peuvent faire passer leurs idées de l’état de promesse à celui de produit réel. A l’inverse, les unités de défense et les centres de cybersécurité européens sont de tailles plus réduites. Plutôt que d’investir dans des idées, ces entités préfèrent payer pour des solutions testées et éprouvées.

Il en va de même dans le secteur technologique au sens large. Les jeunes entreprises américaines ont accès à un secteur de capital-risque florissant, qui éclipse celui de l’Europe. Aux Etats-Unis, lorsque des fondateurs de start-up cherchent des fonds, ils trouvent face à eux des investisseurs américains impatients de mettre la main sur la prochaine grande idée à soutenir.

En tant qu’Européens, nous avons quelque chose à apprendre de nos amis américains. Si nous voulons progresser dans le secteur des technologies, nous devons prendre conscience du fait que, pour innover, l’entrepreneur a besoin de se sentir en confiance lorsqu’il investit dans son idée de produit.

Sur le marché technologique, nos concurrents américains et asiatiques profitent aussi d’une législation plus souple en matière de protection de la vie privée. Imaginez que Facebook ou Alexa [assistant vocal d’Amazon] aient été lancés par une entreprise européenne : les régulateurs auraient probablement inspecté ces idées de fond en comble, jusqu’à les tuer dans l’œuf.

Puces électroniques : un retard difficile à combler

Puces électroniques : un retard difficile à combler

 

 

Sarah Guillou ,directrice du département innovation et concurrence à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) explique que le retard de l’Europe notamment concernant les semi-conducteurs sera difficile à combler.(Interviews, extraits)

Comment expliquer que l’on manque tant de semi-conducteurs à travers la planète ?

Les changements de comportements durant la crise, notamment la hausse du télétravail, ont poussé la demande de semi-conducteurs pour les biens électroniques, et les producteurs ont servi cette demande au détriment d’autres industries. Comme on ne stocke pas les semi-conducteurs, aujourd’hui les constructeurs automobiles, qui avaient stoppé leur commande dans un contexte d’incertitude sans précédent, ne sont plus servis aussi aisément. Augmenter et adapter les capacités de production de semi-conducteurs ne se fait pas en deux ou trois ans, cela peut prendre dix ans. Faire une nouvelle usine, ce n’est pas juste l’ouvrir, cela demande des qualifications et un réseau de fournisseurs. Même la Chine continentale, qui y met énormément d’argent, n’arrive pas à être autosuffisante : elle a un petit producteur, Semiconductor manufacturing international (SMIC). Les Européens comme les Etats-Unis ont sollicité la plus grosse fonderie de semi-conducteurs indépendante, Taïwan semiconductor manufacturing company (TSMC), pour créer ses usines sur leur territoire. Pat Gelsinger, le PDG d’Intel, a dit récemment que la pénurie de semi-conducteurs durerait au moins un à deux ans encore.

Que faut-il faire alors ?

Les Européens, même s’ils ne le disent pas toujours clairement, cherchent à faire des choses plus ciblées et se positionner sur le segment au-dessus de la fabrication, où la rentabilité de l’investissement sera plus importante. L’Europe abrite des acteurs majeurs sur des segments à haute valeur ajoutée de l’industrie, par exemple ASML aux Pays-Bas, un leader mondial de la fabrication de machines de photolithographie indispensables pour imprimer les semi-conducteurs en les exposant à un rayonnement ultraviolet, ou encore Infineon en Allemagne et STMicroelectronics en France. Il faut conforter leur place dans la chaîne de valeur mondiale.

Covid : Pourquoi le retard de Sanofi ?

Covid : Pourquoi le retard de Sanofi 

Le président de Sanofi France Olivier Bogillot défend  la stratégie de son laboratoire, qui a préféré miser sur une technologie jugée plus fiable que celle de l’ARN messager. ( Une défense quand même un peu laborieuse NDLR)
INTERVIEW Europe 1 (extrait) 

« Il y aura un vaccin français. Sanofi travaille sur un vaccin à protéines recombinantes qui arrivera à la fin de l’année », se réjouit-il, rappelant que Sanofi travaille également sur un autre vaccin basé sur la technologie de l’ARN messager, avec un partenaire américain, la startup Translate Bio. « On est le seul laboratoire au monde à avoir deux candidats vaccin en développement », met-il en avant.

Et Olivier Bogillot de défendre les choix stratégiques du laboratoire français. « En mars 2020, différents laboratoires décident de se lancer sur des vaccins en utilisant différents types de technologies. Et Sanofi choisit une technologie, qui est la protéine recombinante adjuvantée, qui, en mars de l’année dernière, est probablement la technologie la plus efficace connue dans la vaccination », raconte-t-il. « On fait ce choix-là parce qu’on maîtrise cette technologie. On ne choisit pas l’ARN messager, parce que jusqu’au Covid-19, ça n’a jamais fait ses preuves, on ne sait pas si ça va marcher. »

Au moment de faire ce choix, argue-t-il encore, « on sait que ça sera plus long éventuellement que l’ARN messager et l’adénovirus, mais on l’assume, parce qu’on se dit si les deux autres ne marchent pas, peut être que nous, on marchera ». Pour l’invité d’Europe 1, la multiplicité des stratégies de recherche a ses avantages. « C’est une très bonne chose que des industriels aient choisi plusieurs technologies. Si une marche mieux que l’autre, c’est quand même au bénéfice des patients (…) Cela permet d’avoir plusieurs flèches dans le carquois au cas où une ne fonctionne pas. »

Recherche scientifique : la France en retard

Recherche scientifique : la France en retard

 

Prix Nobel de physique , Serge Haroche souligne le retard scientifique de la France dans une interview des échos.

 

Pourquoi parle-t-on tant actuellement de « deuxième révolution » quantique ?

Il y a environ un siècle, l’arrivée de la théorie quantique a conduit au développement d’un très grand nombre d’instruments que l’on utilise aujourd’hui dans notre vie quotidienne : les lasers, les ordinateurs, les horloges atomiques dans le GPS ou encore la résonance magnétique nucléaire, qui a conduit à l’IRM. C’est ce que l’on peut appeler le résultat de la première révolution quantique.

Depuis une trentaine d’années, grâce au développement de la technologie, on est capable de manipuler des atomes et des photons isolés, les faire interagir les uns avec les autres de façon contrôlée. C’est cette deuxième étape que certains appellent « la deuxième révolution quantique ».

Que peut-on espérer de cette deuxième révolution ?

Je n’aime pas promettre ou survendre ce qui pourrait se passer à l’avenir. Disons que cette seconde révolution vise à domestiquer les particules quantiques individuelles pour faire des choses plus précises, développer des sondes plus sensibles, ou éventuellement calculer de façon plus efficace. On cherche à utiliser de nouvelles propriétés du quantique, comme la superposition et l’intrication – qui sont très contre-intuitives pour nos esprits habitués au monde classique – pour en faire des choses utiles.

Microsoft, IBM, Google et autres géants de la tech investissent des sommes importantes dans l’ordinateur quantique. En quoi cette machine du futur exploitera ces propriétés ?

Pour rappel, l’ordinateur actuel est un système qui couple des bits entre eux. Ce sont de petits transistors qui peuvent se trouver dans deux états : 0 ou 1. Dans un ordinateur quantique, il s’ajouterait une dimension qui est la superposition d’état : les bits pourraient être non pas simplement des 0 et des 1 mais des superpositions de 0 et de 1. On parle alors de bits quantiques, ou qubits, qui pourraient être intriqués entre eux, s’influer mutuellement en des endroits différents de la machine, ce qui fait que si on mesure l’un des qubits, cela aura une répercussion immédiate sur l’état de l’autre. Ce principe de superposition massive sur un très grand nombre de bits permet, au moins théoriquement, de résoudre des problèmes difficiles que les ordinateurs actuels mettraient un temps quasiment infini à calculer.

Qu’est-ce qui nous empêche de passer de la théorie à la pratique ?

Le plus gros obstacle est la fragilité de l’information quantique. Il faut parvenir à contrôler les bits et leur cohérence, faire en sorte que leurs états de superposition ne soient pas détruits par l’interaction avec leur environnement. Aujourd’hui, ce que l’on sait faire, ce sont de petits prototypes, en quelque sorte des jouets, qui permettent de démontrer que les opérations individuelles marchent sur de petits ensembles de particules. Mais pour avoir un système utile, qui batte en puissance de calcul les machines actuelles, il faut remplacer ces quelques dizaines de bits par des dizaines de millions de bits, corriger de façon massive les erreurs. Ca, pour l’instant personne ne sait le faire.

Donc ce n’est pas pour demain…

Ca fait vingt-cinq ans que l’on nous annonce l’ordinateur quantique ! Mais la réalisation d’une machine battant les performances des ordinateurs classiques actuels reste un but lointain dont personne ne peut dire s’il sera vraiment atteint. Il y a une compétition, largement du domaine des relations publiques, entre les grands groupes – Google, Microsoft et IBM – qui inventent des critères particuliers pour dire que leur machine expérimentale est plus performante qu’une autre… Mais ça reste très loin des applications pratiques.

La cryptographie quantique est au contraire un domaine plus avancé de cette « deuxième révolution », non ?

Oui, la cryptographie quantique n’exige pas d’intrication massive. Elle consiste à coder et décoder des messages secrets à l’aide de clés formées de succession de bits quantiques, et donc protégées de l’espionnage. Si quelqu’un intercepte les clés, des corrélations quantiques vont être altérées et il y aura un moyen très simple de s’en rendre compte et interrompre la communication.

Avec elle, on peut rêver d’un Internet mondial quantique, hautement sécurisé ?

Dans les protocoles de communication quantique, les clés sont portées par des photons se propageant dans des fibres optiques. Mais au bout de quelques dizaines de kilomètres, la cohérence quantique de la lumière se perd. Il faut utiliser ce que l’on appelle des répéteurs, qui remettent en l’état la cohérence. Ces répéteurs quantiques sont très délicats à mettre en oeuvre. Donc un grand internet quantique à l’échelle de la planète, ce n’est pas pour tout de suite. Mais des circuits de communication par fibre entre banques, entre pays, ont été déjà mis en place sous forme de démonstration. Tout ça fait partie d’un domaine de recherche très riche, théorique et expérimental.

Les futures horloges quantiques ne varieront même pas d’une seconde en 15 milliards d’années, soit plus que l’âge estimé de l’univers. A quoi peut servir une telle précision ?

A ce niveau, on peut mesurer des différences de champ de gravitation infimes, vérifier des théories de la relativité générale et on pourra peut-être un jour mettre au point de nouveaux détecteurs d’ondes gravitationnelles. Dans le champ de la métrologie quantique, qui est certainement le plus mûr de tous, on peut aussi citer les interféromètres quantiques, permettant de mesurer de petits champs électriques ou magnétiques ou de petites variations de l’accélération de la pesanteur. De tels instruments sont mis sur le marché pour faire des recherches géologiques, trouver des minerais et peut-être bientôt pour prévoir les éruptions volcaniques et les tremblements de terre. Il y a aussi les accéléromètres quantiques : même dans un sous-marin, sans accès au GPS, ils permettent de savoir où vous êtes avec précision.

La métrologie quantique pourra-t-elle aussi bouleverser la médecine ?

Oui, certaines sondes quantiques permettent de mesurer localement un champ magnétique, et de faire en quelque sorte de l’IRM au niveau microscopique. Vous allez pouvoir étudier de petits systèmes formés de seulement quelques cellules biologiques, ce qui peut avoir des applications extrêmement importantes pour la recherche en biologie et la médecine : détecter des cancers, des lésions…

La France a une longue tradition dans le quantique, avec notamment trois prix Nobel, dont le vôtre, mais attire-t-elle les nouveaux talents ?

La France a pris du retard ! L’effort sur la science a été considérablement ralenti au cours des trente dernières années, surtout si on la compare à certains autres pays. Seul 2,2 % du PIB est consacré à la recherche publique et privée, alors que le pays s’était engagé en 2000 à atteindre les 3 %. On a aussi du retard sur la formation. Les petits Français sont parmi les moins bons en maths. Et surtout, les conditions de travail des chercheurs ne sont pas attirantes : il y a très peu de postes ouverts au CNRS et les jeunes chercheurs qui y entrent gagnent un salaire de misère. Ils sont accablés de tâches administratives et passent une grande partie de leur temps à remplir des dossiers pour pouvoir obtenir des contrats finançant leurs recherches… Les plus brillants se voient offrir des postes à l’étranger, et on ne peut les blâmer de les accepter.

Emmanuel Macron a quand même annoncé un plan quantique de 1,8 milliard d’euros…

Au-delà du quantique, je pense à la recherche en général, à laquelle il faut appliquer le « quoi qu’il en coûte » ! Il faut y investir beaucoup plus de moyens que ceux promis par la nouvelle loi. Cela restera moins que le coût de quelques jours de confinement. Or, notre personnel politique manque de formation scientifique. Difficile de les sensibiliser à l’importance de soutenir la recherche en général, au-delà de quelques domaines appliqués. ​Si on leur dit que l’ordinateur quantique sera peut-être là dans cinquante ans, ça ne les motive pas tellement.

Pourtant, les problèmes qui se posent à nous en tant que civilisation, en tant qu’habitants de la Terre, ne peuvent être résolus que par une science ouverte, s’appuyant sur une recherche fondamentale au long cours, libre et dynamique. La mise au point rapide des vaccins contre le Covid en est un exemple éclatant. Elle n’a été possible que parce que précédée par des décennies de recherche non finalisée sur les coronavirus et l’ARN messager

Technologie et Industrie : le retard français

Technologie et Industrie : le retard français

il y a déjà des décennies que industrie française plonge, la crise sanitaire a d’ailleurs amplifié le phénomène. Or pour moderniser l’activité, le plan de relance prévue par le gouvernement ne prévoit qu’un milliard d’euros sur une enveloppe totale de 100 milliards

.Or l’économie française accuse un sérieux retard en matière de robotisation. Les derniers chiffres de la Fédération internationale de robotique montrent que la France apparaît en seizième position dans la course aux robots.

Avec une densité de 177 robots pour 10.000 salariés, l’Hexagone se situe au dessus de la moyenne mondiale (113/10.000) mais bien en-deçà de la moyenne en Europe occidentale (225/10.000). A l’échelle du globe, Singapour (918/10.000) et la Corée du Sud (868/10.000)  arrivent largement en tête. En Europe, l’Allemagne fait la course en tête avec 346 robots pour 10.000 salariés. Elle est suivie des pays scandinaves (Suède et Danemark) en pointe sur l’automatisation. Au final, la France apparaît loin derrière ces voisins même plus proches comme l’Italie et l’Espagne.

Autotests : retard dans les lycées

Autotests : retard dans les lycées

 

 

Un retard dénoncé par Marianne Barré, secrétaire générale adjointe du SNMSU-Unsa Education  sur franceinfo.

 

 

« Il y a un retard à la livraison » des autotests dans les lycées, a dénoncé lundi 10 mai sur franceinfo le docteur Marianne Barré, secrétaire générale adjointe du SNMSU-Unsa Education (Syndicat des médecins scolaires et universitaires) et médecin scolaire sur l’académie d’Orléans. « Il y a un manque d’anticipation absolument total. Dès que les lycéens mettaient un pied dans les établissements scolaires le 3 mai, ils auraient dû être testés », estime-t-elle, pointant également le manque d’infirmières pour former les professeurs et les lycéens. L’Education nationale a annoncé avoir commandé 60 millions d’autotests pour limiter la circulation du virus au lycée.

À votre connaissance, les lycées sont-ils livrés en autotests en quantité suffisante ?

Marianne Barré : Il y a un retard à la livraison, aussi bien pour les personnels que pour les lycéens, puisque normalement les autotests auraient dû arriver la semaine dernière afin que les lycéens soient formés. C’était prévu que la semaine de reprise soit consacrée à la formation des lycéens à l’utilisation de ces autotests. Mais de toute façon, il y a un manque d’anticipation absolument total puisqu’en fait le principe aurait dû être que dès que les lycéens mettaient un pied dans les établissements scolaires le 3 mai, ils auraient dû être testés. C’est le même principe d’ailleurs qui aurait dû être appliqué pour les enseignants, pour le personnel du secondaire et également pour le personnel du primaire quand l’école a repris le 26 avril.

Y a-t-il également un manque de personnel aussi de médecins, infirmiers, infirmières scolaires pour former tout le monde ?

Oui, il y a un manque de personnel, mais ça on le savait très bien, puisque une demande avait été faite par le ministère aux personnels autres que les personnels de santé pour faire la formation des élèves.

« C’était évident qu’il y aurait des difficultés de ce côté-là puisque les personnels de santé dans les lycées, ce sont les infirmières qui sont surchargées de travail depuis un an avec la crise sanitaire. »

Marianne Barré, secrétaire générale adjointe du SNMSU-Unsa Education

à franceinfo

Elles doivent accueillir les élèves symptomatiques et les évacuer, elles doivent également aider les cellules Covid à faire le traçage, en plus de leur travail habituel. Et là, je ne vois vraiment pas comment elles peuvent encadrer les lycéens pour la réalisation et pour la formation des autotests.

Dans ces conditions, vaudrait-il mieux conseiller aux lycéens de faire ces autotests chez eux à la maison ?

De toute façon, je pense que c’est absolument la seule mesure réaliste qui doit être prise. Je vous rappelle quand même qu’il y a des pays européens qui ont commencé des autotests depuis février. Nous, déjà, on est très en retard et c’est la seule mesure réaliste parce que ça pose de nombreux problèmes de réalisation. Et c’est pour ça que les chefs d’établissement pour l’instant sont opposés à la réalisation de ces autotests dans le cadre des lycées, alors que dans l’absolu tout le monde trouve que la réalisation des autotests est absolument indispensable si on veut maintenir les établissements ouverts.

Cette démarche vaut-elle le coup sachant que les élèves de terminale n’ont plus qu’une semaine de cours ?

Bien sûr que ça vaut le coup. Il faut quand même se rendre compte qu’actuellement la circulation du virus est encore très importante dans les établissements scolaires. Les cellules Covid qui font le traçage sont à nouveau submergées de travail depuis le 26 avril pour les écoles primaires et depuis le 3 mai pour le secondaire. Si on veut pouvoir maintenir les établissements scolaires ouverts, quels que soient les niveaux, jusqu’aux vacances scolaires, il faut absolument continuer les campagnes de dépistage autotest et autres tests, c’est absolument indispensable.

Environnement : L’opinion publique française en retard

 

Environnement : L’opinion publique française en retard 

 

Le professeur Rodolphe Durand observe, dans une tribune au « Monde », que les Français sont moins prêts que les autres à changer leurs pratiques en faveur de l’environnement, s’en remettant plus volontiers au gouvernement.

Tribune.

Alors que les parlementaires s’apprêtent à voter solennellement la loi Climat et résilience le 4 mai, il n’est pas inutile de regarder comment les opinions publiques pensent leur rapport au changement climatique, à leurs comportements, et à leurs gouvernants sur cette question. Deux enquêtes internationales publiées par Ipsos (17 avril et 22 avril) placent la France face à ses contradictions.

En moyenne, sur 30 pays sondés, 31 % des personnes interrogées estiment que leur gouvernement a un plan clair pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique. Mais l’opinion du pays hôte de l’accord de Paris ne le pense qu’à 24 % ! En revanche, 44 % des Français souhaitent un plus grand engagement du gouvernement sur cette question suite à la crise du Covid, qui renforce ce sentiment d’urgence, contre 35 % en moyenne pour les 30 pays consultés.

 

Autre signe troublant. Lorsque l’on s’adresse à sa responsabilité individuelle, le Français boude plusieurs comportements qui contribuent pourtant à améliorer la situation environnementale globale. Par exemple : gérer les déchets alimentaires du foyer, réduire ses déplacements automobiles de proximité, concentrer ses achats sur des biens fonctionnels, favoriser le télétravail, réduire l’usage de l’avion pour les vacances.

L’environnement doit être traité par le gouvernement

Sur tous ces sujets, à la question de savoir s’il va modifier son comportement dans une optique favorable à la planète, le Français se place systématiquement entre 6 et 12 % en dessous de la moyenne des autres pays. Obstinément, l’opinion tricolore apparaît ne pas vouloir changer ses habitudes, alors qu’elle aspire plus que d’autres pays à ce que ces questions soient traitées par son gouvernement.

Plus troublant encore, examinons la différence entre les personnes prêtes à ancrer concrètement dans leur pratique leur prise de responsabilité, et celles affirmant ne pas vouloir changer de comportement après la crise du Covid. En moyenne pour les 30 pays, cette différence est toujours largement favorable à ceux qui sont prêts à utiliser des produits avec moins d’emballages (+ 44 %), acheter des produits de seconde main (+ 33 %), économiser l’eau domestique (+ 37 %) ou l’énergie (+ 41 %), recycler (+ 41 %), et réduire leur consommation de viande (+ 8 %).

 

Mais la France présente les taux de réponse favorables à ces changements les plus bas (elle se classe en 29e ou 30e position sur 30 pays selon les questions), et donc enregistre des différences bien moins favorables à ceux prêts à modifier leur comportement (par exemple + 31 % seulement pour moins d’emballages, + 27 % pour les produits de seconde main, + 21 % pour les économies d’eau et + 18 % pour celles d’énergie, et + 21 % pour le recyclage) quand ce ne sont pas les conservateurs qui l’emportent (48 % des Français disent ne pas vouloir réduire leur consommation de viande, contre 29 % qui le souhaitent).

Economie–Industrie du futur : le retard français

Economie–Industrie du futur : le retard français

Un  article intéressant du journaliste Pierrick Merlet dans la Tribune qui explique comment le gouvernement pourrait éventuellement parvenir à combler le retard de la France en matière d’industrie du futur.

 

 

Dans l’espoir de revenir au niveau des autres pays européens, le gouvernement français a décidé l’an dernier d’allouer, dans son plan France Relance doté de 100 milliards d’euros, une enveloppe spécifique à l’industrie du futur d’un montant de 280 millions jusqu’en 2022. Les PME et ETI peuvent en bénéficier grâce à un guichet dématérialisé géré l’Agence de services et de paiement (ASP). Ouvert du 27 octobre au 31 décembre 2020 dans un premier temps, le mécanisme offrant un co-financement public de 10 à 20% – voire 40% dans certains cas – n’a pas manqué de séduire les industriels, au point de consommer potentiellement tout le budget prévu sur trois ans initialement.

« L’initiative a rencontré un franc succès aussi bien qualitatif que quantitatif. Nous avons reçu 7.750 demandes portant sur des investissements de plus de 2,7 milliards d’euros (chiffres arrêtés au 9 avril, ndlr). Près de 900 décisions positives ont déjà été envoyées représentant 104 millions d’euros d’aides, pour 289 millions d’euros d’investissements industriels », se félicite le cabinet de la ministre déléguée chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher.

Pour être éligible à de ce guichet « Industrie du futur », les entreprise doivent répondre à deux critères principaux. Le projet doit tout d’abord porter sur une activité de production industrielle et l’investissement doit faire partie d’une liste de huit types d’équipements arrêtée par un décret du 23 octobre dernier. Sont ainsi concernées les dépenses liées aux équipements robotiques ou à la fabrication additive; les logiciels pour la conception, la fabrication ou la maintenance ; les capteurs physiques collectant des données ; les machines intégrées destinés au calcul intensif ; les machines de production à commande programmable ou numérique ; les équipements de réalité augmentée ou virtuelle ;  et les logiciels ou équipements qui recourt à de l’intelligence artificielle.

Selon un premier bilan portant sur le fond des demandes de subventions, la moitié des dossiers concerne des investissements pour des machines à commande numérique, et 17% pour des logiciels et 16% pour des robots/cobots. « Ces investissements correspondent à un rattrapage technologique réalisé par les entreprises françaises et constituent également le premier échelon vers l’industrie du futur« , commente l’équipe de la ministre.

Face à un tel engouement, le gouvernement vient d’annoncer (comme prévu) la réouverture dès le 3 mai de ce guichet dédié à l’industrie 4.0, dont 95% des bénéficiaires sont des PME. En revanche, la nouvelle enveloppe de 175 millions d’euros associée est une nouveauté. « C’est de l’argent nouveau qui n’était pas prévu au départ et tous les secteurs industriels peuvent en bénéficier, comme l’automobile et l’aéronautique (qui ont déjà des fonds spécifiques, ndlr)« , tient à souligner Bercy.

Quitte à mettre de l’argent frais sur la table, la France souhaite que cette rallonge bénéficie dans les deux sens, c’est-à-dire aussi bien à « ses » entreprises clientes qu’à « ses » entreprises vendeuses. Le gouvernement veut donc à la fois structurer l’offre de solutions françaises en matière d’industrie du futur et sa filière. En ce sens, il vient de lancer une plateforme numérique (« Solutionsindustriedufutur« ) pour débuter ce travail de vitrine du savoir-faire français en la matière.

« Notre intention est de rassembler la filière, se doter d’une feuille de route stratégique et faire aller dans le même sens tous ses acteurs au sein d’un tissu déjà dense. L’objectif est d’offrir une meilleure visibilité aux offreurs de solutions français afin de favoriser le lien entre l’offre et la demande. Par ailleurs, l’idée est de travailler sur des projets importants d’industrie du futur qui pourraient avoir un impact sur d’autres filières comme la gestion des déchets par exemple », indique-t-on dans l’entourage d’Agnès Pannier-Runacher.

 

Par conséquent, à l’occasion d’une réunion de son comité exécutif présidée par le Premier ministre vendredi 9 avril, le Conseil national de l’industrie (CNI) a annoncé la labellisation de la filière « Solutions pour l’industrie du futur ». Ce qui en fait le 19ème comité stratégique de filière française, qui aura pour vocation d’agir « dans la continuité de l’action de l’Alliance pour l’industrie du futur« , précise Bercy.

Pour mémoire, cette structure a été créée en 2015 par François Hollande, sous l’impulsion de son ministre de l’Économie de l’époque, Emmanuel Macron. Sans surprise donc, c’est Frédéric Sanchez, le président du directoire de Fives Group et président de l’Alliance pour l’industrie du futur, qui a été désigné par le gouvernement pour piloter ce comité stratégique de filière. « Il devra proposer à la ministre Agnès Pannier-Runacher d’ici l’été une méthode de gouvernance et un bureau composé d’industriels« , annonce le cabinet de la membre du gouvernement.

Rappel des objectifs par exeisconseil

 

Cette 4ème révolution ne résulte pas seulement de la digitalisation de l’information avec le développement de technologies comme les objets connectés (IoT), la réalité virtuelle ou augmentée, le cloud computing et le Big data. Elle répond avant tout aux enjeux du monde VUCA (Volatil, Uncertain, Complex and Ambiguous) et aux changements de comportements des consommateurs :

 

Adaptabilité de la production par rapport à la demande : les moyens de production doivent s’adapter à une demande variable tant en quantité qu’en évolution de produit. Les moyens de production et l’ensemble de la supply chain doivent acquérir de l’agilité pour être en mesure de réagir rapidement aux évolutions du marché.

 

Personnalisation des productions : les grandes séries se raréfient et les industriels doivent gérer un portefeuille de produits de plus en plus complexe avec des délais/budget d’industrialisation de plus en plus courts. Ceci nécessite un outil de production plus efficace (efficience, moins de défauts, moins de pannes) avec un apprentissage accéléré. Le partage de l’information avec les machines via la digitalisation des données est un levier d’action.

 

Flexibilité (agilité) des processus : les processus internes de l’entreprise doivent pouvoir rapidement faire face aux changements (Cycle de vie de l’article, supply chain, sous-traitance et partenariat, processus collaboratif). Le système d’information doit pouvoir s’adapter pour faciliter et porter ces changements.

 

Traçabilité : elle représente un enjeu majeur, que ce soit pour des raisons de qualité, de réglementation, de service client ou de protection du marché. Nous pouvons la segmenter en 2 types de traçabilité : Track and Trace

 

  • Tracking (traçabilité logistique) : Correspond à un suivi quantitatif. Il permet de localiser les produits, déterminer les destinations et les origines.
  • Tracing (Traçabilité produit) : Permet de reconstituer qualitativement le parcours des produits. On l’utilise pour rechercher les causes d’un problème qualité.

 

Culture d’entreprise et management : la culture d’entreprise est à l’origine de la mise en œuvre d’une démarche « Industrie 4.0 » et doit en être considérée comme la pierre angulaire. Elle consiste à réorienter l’ensemble de l’entreprise autour du client, passant ainsi d’une logique « d’Offre » à une orientation sur « la Demande ». Elle se manifeste par plus transversalité, de collaboration et d’agilité en brisant les « Silos » de l’entreprise. Les impacts sur l’organisation du travail, les hommes et leurs compétences sont nombreux (ex : Décentralisation des décisions, Environnement de travail modifié et développement de nouvelles compétences numériques, capitalisation et partage des connaissances…)

 

Relance économique : L’Europe en retard sur les Etats-Unis

 

Relance économique : L’Europe en retard sur les Etats-Unis

 

Nicolas Goetzmann , responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité l’Europe est en retard par rapport aux Etats-Unis en matière de soutien à l’économie -intreview Le Figaro)


Quelles sont les différences entre les plans de relance européen et américain?

Nicolas GOETZMANN. - Les prévisions de croissance dont nous disposons aujourd’hui permettent de mesurer les effets de ces plans de relance, que cela soit en Europe, aux États-Unis, et même en France. La Banque centrale européenne considère que le PIB de la zone euro reviendra à son niveau de 2019 au cours du second trimestre 2022, la Banque de France fait la même prévision pour la France. À l’inverse, selon les estimations faites par la banque Goldman Sachs, le PIB américain pourrait revenir à son niveau d’avant crise dès le second trimestre 2021, ce qui montre un décalage d’une année en faveur des États-Unis.

Selon ces mêmes prévisions, la croissance de la zone euro, entre 2019 et 2022, sera de 1.7 %, de 0.7 % pour la France, et de 8.4 % pour les États-Unis. C’est donc un gouffre qui sépare les deux continents pour ces prochains mois et années, et ce résultat est principalement le fruit des différences entre les plans de relance.

Il est évident que les États-Unis – ne bénéficiant pas de filets de sécurité sociaux suffisants – ont été amenés à dépenser davantage pendant la crise pour soutenir sa population.Au cours des 12 derniers mois, les États-Unis ont modifié leur stratégie de politique monétaire et ont mis en place une succession de plans de relance budgétaire pour un total de 5500 milliards de dollars, soit 26 % de leur PIB. Au niveau français, notre soutien budgétaire «de crise» a été de 86 milliards d’euros, soit 3.5 % du PIB, tandis que le plan de relance européen représente 750 milliards, soit un total de 6 % de PIB à dépenser au cours d’une période comprise entre 2021 et 2026, soit environ 1 point de PIB par an.

Il est évident que les États-Unis – ne bénéficiant pas de filets de sécurité sociaux suffisants – ont été amenés à dépenser davantage pendant la crise pour soutenir sa population. Mais cette «justification» ne suffit pas à expliquer le sous dimensionnement européen, parce que les chèques qui ont été envoyés à la population américaine ont permis d’expérimenter une nouvelle approche. Au lendemain des crises de 2000 et 2008, les équipes de la Réserve fédérale des États-Unis s’étaient penchées sur l’efficacité des mesures budgétaires en période de crise et en ont conclu que le simple envoi de chèques était très efficace.

Il ne s’agit pas ici d’un simple filet de sécurité comme ceux dont nous disposons en Europe, il s’agit de submerger le niveau de revenu de la population pour que celle-ci consomme fortement, rapidement, et que l’économie américaine retrouve son niveau d’avant crise au plus vite. Sur les douze derniers mois, les revenus des ménages américains ont progressé de près de 6 % (en ajustant de l’inflation) soit la plus forte progression observée depuis 1999, qui était une année de forte croissance.

Comment expliquer une telle différence?

La différence d’approche est fondamentale. Nous assistons à un véritable bouleversement structurel aux États-Unis dont l’objectif est de corriger, non pas seulement la crise liée à l’épidémie, mais également des années – des décennies – d’une croissance considérée comme sous optimale. L’enjeu économique se résume en une phrase ; ce qui était autrefois considéré comme une période de «surchauffe économique» doit aujourd’hui être considéré comme l’état normal de l’économie. L’objectif des autorités américaines est de placer l’économie dans une situation de plein régime, et ce, de façon durable. Même si ce mot n’a pas de réelle signification, il s’agit de rompre avec ce qui a été appelé «néolibéralisme» depuis 40 ans.

Ce bouleversement est en gestation depuis plusieurs années, il a même été bi partisan sur le terrain politique. Les innovations monétaires en cours ont été portées par des hommes nommés par l’administration républicaine ; Richard Clarida et Jerome Powell, qui sont aujourd’hui soutenus dans leur approche par l’administration Biden. De la même façon, les plans de relance budgétaire ont débuté dès le mois de mars 2020, sur proposition démocrate, mais avec l’appui de l’administration républicaine. Nous avons parfois l’impression que cette «révolution» est le fruit de la dernière élection, mais elle est en réalité le résultat d’un aggiornamento économique qui s’est opéré au sein même de la «technocratie» américaine.

Nous sommes en train de changer d’ère économique et il semble que les capitales européennes, en France et en Allemagne notamment, ne parviennent pas à s’en rendre compte.Ce sont des hommes du cœur du système qui sont en train de tout changer. Paradoxalement, c’est donc la capacité de la technocratie à se réinventer, à abandonner ses anciens totems, et à s’emparer de la vivacité du débat académique existant aux États-Unis depuis la Grande crise financière qui est le moteur de cette transformation. Le politique ne s’est saisi de ces questions que dans un second temps.

Cette transformation a pour enjeu d’en finir avec l’idée d’un déclin économique perçu comme une fatalité occidentale. La Banque Goldman Sachs anticipe désormais un taux de chômage de 3.2 % à horizon 2023 pour les États-Unis, ce qui serait le plus bas niveau atteint depuis 1953. Nous sommes en train de changer d’ère économique et il semble que les capitales européennes, en France et en Allemagne notamment, ne parviennent pas à s’en rendre compte. Que cela soit sur la question monétaire ou budgétaire, nos représentants nationaux et européens restent encore attachés à d’anciens totems économiques, malgré la faiblesse des résultats obtenus au cours de ces dernières années.

L’Europe et l’Amérique connaissent-elles une crise de même ampleur?

La chute du PIB 2020 n’a été que de 3.5 % aux États-Unis, contre – 6.9 % au sein de la zone euro et -8.3 % pour la France. Mais ce résultat était déjà le fruit des plans de relance. Au mois de juin 2020, les estimations de chute du PIB américain dépassait les 6 %, mais l’intervention des autorités a permis de neutraliser une part substantielle de cette perte. Pour l’année 2021 et la reprise, il faut évidemment prendre en compte l’impact de la campagne de vaccination américaine, mais celle-ci a été réfléchie et construite dès le mois de mars 2020, alors que les Européens ne semblaient pas y croire, ce n’est donc pas une question de chance mais bien d’une capacité de gestion de crise.

De part et d’autre de l’Atlantique, faut-il s’inquiéter pour la dette?

Les taux d’intérêts restent à des plus bas historiques, les investisseurs sont toujours prêts à accepter une rémunération minimale – si ce n’est négative – pour prêter leur épargne aux États. Mais la question relative à la dette est mal posée dans le débat public. La cause de nos déficits est à chercher dans la trop faible croissance que nous connaissons ; nous compensons cette faible croissance par le recours aux déficits. Puis, l’accumulation de ces déficits produit une augmentation de la taille de la dette. La cause est donc la croissance, mais nous cherchons à lutter contre ce phénomène en baissant les dépenses, ce qui va conduire à une nouvelle baisse de la croissance qui va aboutir à plus de déficits et de dette. Cette approche est un cercle vicieux.

Si la Banque centrale européenne soutenait l’économie de la zone euro avec la même force le font les États-Unis, notre croissance serait bien plus forte, et nos besoins en déficits seraient alors considérablement diminués, et permettraient une réduction de l’endettement.La question est donc celle du soutien à la croissance, et là nous revenons à la question des Banques centrales. Si la Banque centrale européenne soutenait l’économie de la zone euro avec la même force le font les États-Unis, notre croissance serait bien plus forte, et nos besoins en déficits seraient alors considérablement diminués, et permettraient une réduction de l’endettement.

D’un point de vue plus large, cette différence stratégique entre États-Unis et Europe aura pour conséquence de voir les États-Unis résister à la volonté de la Chine de dépasser le PIB américain d’ici 2030. En s’appuyant sur un nouveau corpus économique, il devient probable que ce scénario de dépassement des États-Unis par la Chine ne se réalise jamais. Pour le PIB de l’Union européenne, par contre, le dépassement par la Chine pourrait intervenir dès ce premier trimestre 2021, et en l’absence de prise de conscience de la nécessité de changer d’approche, l’écart entre Chine et États-Unis d’un côté, et Europe de l’autre, continuera de croître année après année.

Technologies- Numérique : la France en retard ( Euler Hermes)

Technologies- Numérique : la France en retard ( Euler Hermes)

L’indice «d’agilité digitale» de l’assureur-crédit Euler Hermes situe la France en 15ème position, un léger progrès par rapport au classement précédent. La Chine bondit à la 4ème place.

D’après les indicateurs d’Euler Hermes ( filiale d’Allianz)  qui classe les performances numériques de chaque État, la France est en retard derrière les très grandes puissances. La France en quinzième position mais loin  derrière les États-Unis toujours premiers de la classe ou la Chine qui fait un grand bond par rapport au classement de fin 2018 et se retrouve en quatrième position. Loin également derrière l’Allemagne en légère perte de vitesse à la 3ème place, le Danemark (2ème) ou encore la Corée du Sud (12ème).

Cet indicateur « nous permet de savoir quel pays offre les meilleures conditions aux entreprises traditionnelles pour réussir leur digitalisation et le meilleur environnement aux entreprises digitales pour se développer», explique Alexis Garatti, directeur des recherches économiques d’Euler Hermes.

Les États-Unis dominent avec un score de 88/100. Ils bénéficient d’un vaste marché, d’un système éducatif et de dispositifs de recherches solides, ainsi que d’un environnement des affaires et une réglementation favorables au développement numérique. La Chine (73/100) est le pays qui progresse le plus, passant de la 9ème à la 4ème position. Pékin s’appuie en particulier sur ses progrès dans la réglementation et le climat des affaires ainsi que dans les infrastructures logistiques et le système éducatif. Et l’ensemble de la région Asie-Pacifique est bien loti.

En Europe, le Danemark (77/100) devance l’Allemagne, ralentie par «une connectivité qui a progressé moins vite» qu’ailleurs. De son côté, la France (67/100) gagne deux places tout en demeurant un élève médiocre.

Numérique : la France en retard ( Euler Hermes)

Numérique : la France en retard ( Euler Hermes)

L’indice «d’agilité digitale» de l’assureur-crédit Euler Hermes situe la France en 15ème position, un léger progrès par rapport au classement précédent. La Chine bondit à la 4ème place.

D’après les indicateurs d’Euler Hermes ( filiale d’Allianz)  qui classe les performances numériques de chaque État, la France est en retard derrière les très grandes puissances. La France en quinzième position mais loin  derrière les États-Unis toujours premiers de la classe ou la Chine qui fait un grand bond par rapport au classement de fin 2018 et se retrouve en quatrième position. Loin également derrière l’Allemagne en légère perte de vitesse à la 3ème place, le Danemark (2ème) ou encore la Corée du Sud (12ème).

Cet indicateur « nous permet de savoir quel pays offre les meilleures conditions aux entreprises traditionnelles pour réussir leur digitalisation et le meilleur environnement aux entreprises digitales pour se développer», explique Alexis Garatti, directeur des recherches économiques d’Euler Hermes.

Les États-Unis dominent avec un score de 88/100. Ils bénéficient d’un vaste marché, d’un système éducatif et de dispositifs de recherches solides, ainsi que d’un environnement des affaires et une réglementation favorables au développement numérique. La Chine (73/100) est le pays qui progresse le plus, passant de la 9ème à la 4ème position. Pékin s’appuie en particulier sur ses progrès dans la réglementation et le climat des affaires ainsi que dans les infrastructures logistiques et le système éducatif. Et l’ensemble de la région Asie-Pacifique est bien loti.

En Europe, le Danemark (77/100) devance l’Allemagne, ralentie par «une connectivité qui a progressé moins vite» qu’ailleurs. De son côté, la France (67/100) gagne deux places tout en demeurant un élève médiocre.

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