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Résultats économiques de la France : cocorico ?

Résultats économiques de la France : cocorico ?

 

 

Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde s’étonne  que la France ne célèbre pas par un cocorico national les résultats économiques du pays qui a ses yeux sont exceptionnels. Un enthousiasme sans doute qui mériterait d’être davantage mesuré ;par exemple; la forte croissance correspond en 2021 à un rattrapage sur 2020 notamment.. 2021 nous serons à peu près au niveau d’activité de fin 2019. Pour 2022 on prévoit d’ailleurs un retour à la croissance molle d’environde 2 %. Deux grandes faiblesses sont négligées dans ce papier d’une part la dégradation constante-Et aggravée– de la balance commerciale véritable indicateur de la compétitivité française et l’ampleur des dérives financières dont le danger réapparaîtra immédiatement avec le relèvement des taux d’intérêt. Le redressement de l’emploi découle directement évidemment à l’augmentation de l’activité est corrélé au niveau duPIB. Bref, une analyse davantage socio-politique qu’économique.Quant à la croissance du cac40 , il est directement lié la politique accommodante -qui ne pourra durer- de la banque centrale européenne.

 

L’édito du « monde »

 

Jamais depuis 1969 la France n’a connu un chiffre de croissance aussi fort. La politique, consensuelle, du « quoi qu’il en coûte » a fonctionné au-delà des espérances. Sans empêcher pourtant que ses résultats soient interprétés comme une parenthèse à prendre avec circonspection, analyse, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Tout est hors norme dans ce qu’il se passe en ce moment dans le pays. A commencer par la pluie de bons indices économiques, qui surprend de jour en jour. La croissance ? On se dispute pour savoir si elle restera aux alentours de 6,3 % ou si elle finira par « tangenter » les 7 % cette année. Il faut remonter à 1969 pour trouver un chiffre aussi haut.

 

Le chômage ? Au sortir du troisième confinement, on craignait le pire au regard de ce qui s’était produit au lendemain de la crise des subprimes. Entre la mi-2008 et la mi-2014, le nombre de chômeurs (au sens du Bureau international du travail) avait grimpé de 40 % pour toucher 2,8 millions de personnes, soit 10,2 % de la population active. Rien de tel aujourd’hui : le nombre de demandeurs d’emploi a chuté de plus de 200 000 cet été, et beaucoup d’entreprises se plaignent de ne pas parvenir à recruter la main-d’œuvre dont elles ont besoin. Estimé aux alentours de 7,6 %, le taux de chômage devrait enregistrer en 2021 son niveau le plus bas depuis quinze ans.

Vendredi 5 novembre, le CAC 40, l’indice-phare de la Bourse de Paris, a franchi, pour la première fois de son histoire, le seuil des 7 000 points après un envol de plus de 25 % depuis le début de l’année. Le secteur du luxe a supplanté les télécoms comme moteur de l’indice.

Un jour plus tôt, l’Insee avait indiqué que, selon ses calculs, le taux de pauvreté était resté stable en 2020. Pas de quoi pavoiser quand on sait que le pays compte 9,3 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, soit 14,6 % de la population active. Mais il y a un an, les associations redoutaient un million de pauvres en plus, en évoquant les dégâts qu’était en train de causer la plus grave crise économique que la France ait traversée depuis la seconde guerre mondiale : le recul du PIB (– 7,9 %) était de fait bien supérieur à celui qui avait été enregistré en 2009 (– 2,9 %).

Rien décidément ne se passe comme prévu. Avec sa croissance molle et son chômage de masse, la France avait pris l’habitude de figurer parmi les élèves moyens du classement européen. Cette fois, elle caracole en tête et détrône les champions comme l’Allemagne dans le rythme de la reprise économique.

Au vu de ces performances, le pays serait en droit de pousser un franc cocorico, d’autant que, pour la première fois depuis bien longtemps, la politique qui a produit ces résultats a bénéficié d’un large consensus politique. Le « quoi qu’il en coûte » qui a vu l’Etat se transformer pendant des mois en premier employeur de la maison France n’a guère été questionné au plus fort de la crise sanitaire. A juste titre, car non seulement ce choix a permis d’éviter un drame social de grande ampleur, mais il s’est révélé économiquement efficace au moment où le pays a cessé d’être sous cloche. Le financement massif par l’Etat de l’activité partielle a en effet permis aux entreprises d’être très rapidement opérationnelles, contrairement à ce qui s’était produit en 2008.

Emploi américain : bons résultats

Emploi américain : bons résultats

Le taux de chômage aux Etats-Unis a reculé à 5,4%, un plus bas depuis la crise, et l’économie américaine a créé 943.000 emplois, plus que prévu.

 

Le taux de chômage, lui, baisse de 0,5 point, à 5,4%, contre 5,6% attendu. C’est son niveau le plus bas depuis 16 mois.

« En juillet, des créations d’emplois notables ont eu lieu dans les loisirs et l’hôtellerie, dans l’éducation et dans les services professionnels et commerciaux », souligne le département du Travail dans son communiqué.

Ces progrès pourraient être en effet remis en cause avec la propagation du variant Delta. Les chiffres publiés reflètent la situation au début du mois de juillet. A l’époque, le variant Delta n’était pas perçu comme une menace imminente pour l’économie américaine.

Sans compter que malgré cette embellie de juillet, il manque toujours 5,7 millions d’emplois comparé à février 2020, juste avant le début de la pandémie aux Etats-Unis et les mesures brutales de confinement qui avaient abouti au licenciement de plus de 20 millions de personnes. Le taux de chômage était alors au plus bas depuis 50 ans, à 3,5%.

Sondages résultats des élections régionales

Sondages résultats des élections régionales ?

Un sondage Opinion Way pour Les Echos, effectué du 16 au 22 mars 2021, donne des intentions de vote à l’échelle nationale, par formation politique. Les résultats sont les suivants : LR et alliés : 23% ; RN : 21% ; LREM / MoDem : 16% ; EELV : 13% ; PS et alliés : 12% ; LFI : 7% ; DLF : 3% ; LO : 2% ; Autre : 3%.

  • Selon cette enquête, le Parti socialiste est donné favori en Bretagne, en Nouvelle Aquitaine, dans la région Occitanie, en Bourgogne-Franche-Comté.
  • Le parti Les Républicains est donné favori en Île-de-France, en Normandie, dans les Hauts-de-France, dans la région Grand-Est, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Centre-Val-de-Loire et en Loire-Atlantique.
  • Le Rassemblement national est donné favori dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

États-Unis : mauvais résultats de l’emploi

États-Unis : mauvais résultats de l’emploi

 

Les créations d’emplois aux Etats-Unis ont été décevantes en avril avec 266.000 emplois ont été créés le mois dernier contre 770.000 en mars et très loin du million attendu. «Cela a dissipé les craintes d’une hausse des taux d’intérêt, ce qui laisse plus de marge pour la poursuite de la reprise et une hausse de la demande de pétrole», a indiqué Phil Flynn de Price Futures Group.

Résultats Google : 18 milliards de bénéfices

Résultats Google : 18 milliards de bénéfices

 

 

  Alphabet  la maison-mère de Google a réalisé un bénéfice de 18 milliards grâce en particulier la crise sanitaire.

Entre  janvier et mars, Alphabet, maison-mère de Google, a réalisé 55,3 milliards de dollars (45,8 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, soit 34% de plus qu’il y a un an. Dans le détail, l’activité publicité pèse 81% des revenus globaux du groupe à 44,7 milliards de dollars (37 milliards d’euros). Sur le moteur de recherche, sa principale activité, les recettes publicitaires sont passées de 25 à 32 milliards de dollars (26,5 milliards d’euros) en un an, bien au-delà des attentes. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, les revenus de YouTube ont également explosé de 50%, à 6 milliards de dollars (5 milliards d’euros), tout comme ceux de l’activité cloud, passée de 2,8 milliards à 4 milliards de dollars en un an (+43%).

En tout, Alphabet a dégagé un bénéfice net de 17,9 milliards de dollars (14,9 milliards d’euros), quasiment le triple de l’année dernière. Ses profits ont été dopés par un gain de 4,75 milliards grâce à ses investissements dans plusieurs entreprises dont la valorisation a bondi. Le groupe s’est autorisé à racheter jusqu’à 50 milliards de dollars d’actions supplémentaires.

 

BNP Paribas : de bons résultats financiers mais aussi la promesse de faire payer les conseils des agences !

BNP Paribas : de bons résultats financiers mais aussi la promesse de faire payer les conseils des agences !

On peut évidemment se féliciter des résultats relativement solides de la BNP pour une année aussi perturbée que 2020. Par contre,  on peut être davantage inquiet sur la stratégie de la banque qui vise à faire payer les conseils des agences aux clients.

 

Une innovation un peu curieuse. Ce serait sans doute l’un des rares secteurs économiques ou un client serait contraint de payer pour le seul fait d’être en relation son fournisseur . Observons d’abord que cette demande de renseignements et de conseils s’est considérablement affaiblie avec l’usage du numérique de plus en plus important de la part des clients.

La demande de renseignements des clients correspond soit à des questions assez banales qui ne justifient pas une rémunération de la banque, soit au contraire à des renseignements très pointus par exemple sur des placements financiers sur lesquels déjà la banque prélève largement sa commission.

Dernier élément, les résultats actuels de la banque ne nécessitent nullement de ponctionner davantage le client. Par exemplen un montant annuel de 200 € pour esprit libre ( qui permet de dépasser le crédit disponible) y compris quand le client n’y a jamais recours !

BNP est en bonne santé et c’est heureux. Pour preuve 2021 marquera également le retour aux dividendes, dans les limites des recommandations du régulateur européen. La banque annonce ainsi le versement d’un dividende, à hauteur de 21% de son résultat 2020, soit 1,11 euro par action, et une « restitution complémentaire » au second semestre, à hauteur de 29% du résultat, soit sous la forme d’un rachat d’actions ou de distribution de réserves.

Climat accord de Paris : un engagement mais peu d’actes et pas de résultats au plan mondial

Climat accord de Paris : un engagement mais peu d’actes et pas de résultats au plan mondial

Si l’accord de Paris a suscité l’approbation d’un grand nombre de pays par contre les résultats en termes d’émissions et de concentration de CO2 dans l’atmosphère ont atteint encore un record en 2019. En cause, le décalage entre les intentions affichées par chaque pays et les actions concrètes.. Selon un récent rapport de l’ONG allemande Germanwatch, aucun des 58 pays qu’elle a passés à la loupe ne semble à même de tenir ses objectifs. La France ne fait pas exception: elle a dépassé de 2,7 % le plafond d’émissions nettes de GES qu’elle s’était fixée pour 2019, selon l’observatoire Climat-Énergie. Les défenseurs du climat s’inquiètent du soutien massif apporté par les divers plans de relance post-Covid aux énergies fossiles. Le projet international Energy Policy Tracker observe ainsi que les pays du G20 ont annoncé au moins 234 milliards de dollars de financement public en faveur des énergies fossiles, contre 151 milliards pour les énergies «propres».

Amélie de Montchalin: ministre des résultats !

Amélie de Montchalin: ministre des résultats !

 

L’État et tous les fonctionnaires tremblent, car Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, promet de se rendre sur le terrain pour la grande révolution de l’action publique. On comprend les craintes voir la terreur après la déclaration d’Amélie de Monchalin au Figaro.

- Vous venez d’être nommée ministre de la Transformation et de la fonction publiques. Que signifie ce nouvel intitulé?

AMÉLIE DE MONTCHALIN. - Nous sommes dans un temps de crise, nous devons reconstruire le pays et notre action publique doit profondément gagner en efficacité, en proximité, en simplicité, en justice. Le président de la République et le premier ministre me demandent de faire en sorte que nous soyons plus simples, plus efficaces, plus justes. Les Français ont besoin que les changements se voient concrètement dans leur vie. Sinon, nous sommes au cœur de ce qui alimente la défiance démocratique, de ce qui détruit la crédibilité: voter des lois, dire qu’elles s’appliquent, alors que ce n’est pas le cas. Le sujet crucial, c’est de restaurer la confiance en ayant une action publique puissante.

Première observation, on voit mal le lien entre la crise conjoncturelle actuelle et la reconstruction de l’action publique. Les problèmes qui se posent sont en effet de nature structurelle, il se pose depuis des dizaines d’années avec un secteur public qui enfle, qui couvre tous les champs et qui désormais échappe à tout contrôle puisqu’il se reproduit , se développe selon sa propre logique de superstructure. Deuxième observation et de taille,  Amélie de Montchanin semble militer pour une action publique puissante. Curieux d’abord pour une libérale ensuite ce n’est pas la puissance qui est à rechercher en matière d’action publique mais la pertinence et le ciblage. En clair remettre à plat complètement les fonctions régaliennes, faire en sorte que l’État en général intervienne moins, beaucoup moins mais mieux sur ce qui relève relève réellement de l’intérêt général.

L’abstention record à 60% relativise les résultats

L’abstention record à 60% relativise les résultats

 

Indéniablement,  la montée écologiste ne peut être discutée . Notons cependant que ce second tour qui concernait surtout les grandes villes puisque dans les plus petites les maires avaient déjà été élus ( avec seulement parfois 25 % des inscrits)! C’est le record historique de l’abstention sous la Ve République. 40 % seulement de la population s’est sentie concernée par une élection sans doute assez inopportune dans l’environnement économique et sanitaire actuel.

 

 En plus complètement décalée par rapport au  premier tour. Avec aussi des alliances parfois surprenantes qui ont permis à certains de conserver leur mandat  à d’autres de les perdre.  Avec une telle participation, il sera difficile de tirer des conclusions trop définitives. Ce qui est certain c’est surtout le fiasco total de la république en marche qui n’a réussi à décrocher aucune grande ville. Et cela en dépit souvent de l’alliance entre la république en marche et les républicains. Si l’on excepte quelques villes et pas des moindres ( Marseille, Bordeaux, Lyon) les rapports de force ne changent pas autant que cela. La montée des verts ne peut être niée même si encore une fois cela concerne davantage les  milieux urbains.

La puissante poussée écologiste à Marseille et Lyon, notamment, le succès du Premier ministre Edouard Philippe au Havre et la facile victoire d’Anne Hidalgo à Paris constituaient dimanche les premiers enseignements d’un second tour des élections municipales en France sévère pour Emmanuel Macron.

La puissante poussée écologiste à Marseille et Lyon, notamment, le succès du Premier ministre Edouard Philippe au Havre et la facile victoire d’Anne Hidalgo à Paris constituaient dimanche les premiers enseignements d’un second tour des élections municipales en France sévère pour Emmanuel Macron.

Les électeurs se sont rendus aux urnes protégés par un masque pour ce scrutin reporté de trois mois pour cause d’épidémie de coronavirus, où l’abstention a été forte : 59,5% selon le ministère de l’Intérieur.

Un an après leur troisième place aux élections européennes, les Verts, alliés aux forces de gauche, sont les grands gagnants de ce scrutin avec des victoires éclatantes à Lyon et Marseille, où s’achèvent respectivement les ères Gérard Collomb et Jean-Claude Gaudin.

L’écologiste Grégory Doucet l’emporte dans la capitale des Gaules et la candidate de l’union des gauches Michèle Rubirola est arrivée en tête dans la cité phocéenne avec près de 40% des voix.

Les Verts l’emportent aussi à Strasbourg, avec Jeanne Barseghian, et avec Pierre Hurmic à Bordeaux, une ville détenue par la droite depuis l’après-guerre.

La poussée des écologistes “elle est historique, c’est une incroyable vague verte”, a déclaré sur LCI le député européen Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Yannick Jadot.

“C’est un immense défi, il ne faut pas se leurrer”, a temporisé sur la même chaîne l’ancien parlementaire écologiste européen Daniel Cohn-Bendit.

En début de soirée, Emmanuel Macron a félicité Edouard Philippe pour sa “belle victoire” avec 58,8% des voix au Havre, où le Premier ministre a battu un candidat communiste. Une victoire sans doute mais quand même pas trop surprenante compte tenu de l’évolution historique du parti communiste en général.

Trois ans après l’entrée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, LaRem ne conquiert donc aucune grande ville et se contente de remplir son objectif de faire élire 10.000 de ses représentants dans les conseils municipaux, comme l’a indiqué la porte-parole du gouvernement sur France 2, Sibeth Ndiaye, tout en confiant sa “déception” face aux divisions.

Pour Frédéric Dabi, ces élections sont “catastrophiques” pour le chef de l’Etat. “Les ingrédients d’une victoire municipale reposent sur un triptyque bilan-incarnation-projet, ce que La République en marche n’avait absolument pas.”

Emmanuel Macron s’est engagé à “réinventer” sa présidence, avec notamment la présentation en juillet d’un plan détaillé des deux dernières années de son mandat, censées le mettre en orbite pour le scrutin de 2022.

Le renouveau pourrait passer par un remaniement gouvernemental pour lequel le président devra tenir compte du message “vert” des municipales, alors qu’il reçoit lundi les membres de la Convention citoyenne pour le climat.

“Demain le président sera très offensif dans son adresse à la Convention citoyenne. La suite s’écrira dans la continuité”, a dit un membre de son entourage à Reuters. Il n’est pas certain que la Convention citoyenne par ailleurs très contraignant victoire sur nombre d’aspects suffise à relancer macro par ailleurs pas du tout convaincu sur nombre de mesures relatives à l’énergie, aux inégalités sociales ou encore à la remise en cause de l’impôt sur la fortune. Le soutien de Macon sera surtout politique. Il est vrai que la mise en œuvre est relativement complexe et demandera du temps lié nouveau mode de production et nouveau mode de consommation.

Résultats municipales : la légitimité mise en doute

 

 

Du fait de la gestion catastrophique de la crise du Coronavirus par le pouvoir, les élections municipales ont enregistré un véritable fiasco démocratique avec un record historique d’abstention. De fait, les maires élus pourraient voir leur légitimité mise en cause soient globalement par le Conseil constitutionnel, soit de manière individuelle par l’opinion publique locale qui pourra toujours considérer que les maires s n’ont pas eu le soutien d’une majorité content tenu des  56 % d’abstention selon les estimations de l’Ifop à 20 heures.

Le plus important taux jamais enregistré lors d’une élection municipale. «C’est de l’inouï, de l’inédit. Ce chiffre inscrit ce scrutin dans une rupture totale avec toutes les élections municipales précédentes, souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Une telle abstention ne peut pas ne pas avoir d’effet sur le rapport de force politique.»

Dans un contexte politique troublé, au ressenti encore amplifié avec la crise sanitaire que traverse le pays, le peu de Français s’étant déplacé dans les urnes malgré la menace du coronavirus aura fait le choix de la stabilité. «Ces élections se sont déroulées dans un climat de peur, confirme le sondeur. Les personnes qui sont allées voter ont logiquement eu un réflexe légitimiste. Le moment n’était pas propice au vote protestataire.»

Un réflexe qui est venu, mécaniquement, favoriser les partis traditionnels les mieux implantés: le Parti socialiste et Les Républicains. Contrairement aux dernières élections présidentielles, législatives ou européennes, nulle vague de dégagisme ne s’est abattue sur les sortants. Bien au contraire. À Paris, la maire PS, Anne Hidalgo, est arrivée largement en tête avec 30 % des voix selon des estimations Ifop. De même que Johanna Rolland, à Nantes, qui écrase la concurrence avec 31,36 % des voix. À Limoges, le maire LR sortant, Émile Roger Lombertie, bénéficierait, lui aussi, d’un important soutien avec plus de 46,2 % des voix. Quant au maire LR de Toulon, Hubert Falco, il se voit reconduit pour un quatrième mandat, dès le premier tour, avec 61,39 % des voix. À l’image des ministres candidats, Gérald Darmanin à Tourcoing et Franck Riester à Coulommiers, tous deux réélus dès le premier tour. Au Havre, le premier ministre Édouard Philippe, arrive lui aussi en tête (43,59%), mais possiblement mis en difficulté par son adversaire communiste.

Annoncés comme la force montante de ces élections municipales, les écologistes opèrent une percée historique dans plusieurs villes, malgré la résistance des élus sortants. À Lyon, l’EELV Grégory Doucet arrive en tête avec 28,46 % des voix. Comme à Strasbourg, où Jeanne Barseghian a obtenu 27,87 % des voix. Quand à Bordeaux, l’écologiste Pierre Hurmic talonne le maire sortant avec 34,38 % des voix.

Les principales victimes du scrutin devaient logiquement être les mouvements disposant le moins d’élus sortant. La République en marche, tout d’abord. Comme le Rassemblement national, dans une moindre mesure. Les deux forces, arrivées largement en tête des dernières européennes, il y a seulement un an, se voient ainsi durement rappeler qu’élection locale n’est pas élection nationale. À Besançon, l’un des rares espoirs de victoire du parti présidentiel, le candidat LREM Éric Alauzet se voit largement distancé par la candidate écologiste soutenue par le PS, Anne Vignot. Quand l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, cale à Paris avec 17 % des voix selon l’Ifop.

Si le Rassemblement national est, quant à lui, en passe de conserver la dizaine de villes conquises en 2014 – comme Hénin-Beaumont, Hayange, Beaucaire ou Fréjus dont les maires ont été réélus dès le premier tour – il voit ses chances de conquérir nombre de villes s’envoler en raison d’une forte prime aux sortants. Comme à Denain, dans le Nord, où contre toute attente, la maire socialiste Anne-Lise Dufour-Tonini a été réélue dès le premier tour. À l’image de la maire LR de Calais, ville où le RN ne cachait pas ses ambitions. Des difficultés que pourrait cependant éclipser le score obtenu par le député RN Louis Aliot, en tête à Perpignan avec 35,65 % des voix. Loin devant le maire sortant LR Jean-Marc Pujol qui ne dépasse pas la barre des 20 %.

Preuve supplémentaire, s’il en fallait, du contexte troublé politiquement dans lequel s’est déroulée l’élection, le second tour devrait donner lieu à un nombre record de triangulaires et quadrangulaires.

L’emploi salarié premier trimestre ; bons résultats

L’emploi salarié premier trimestre ; bons résultats

 

Près de 100 000 emplois créés au premier trimestre, résultat satisfaisant même s’il convient de le relativiser au regard des 6 millions de chômeurs. Le marché du travail se porte relativement bien comme l’indique l’INSEE mais  il y a un pas un peu vite franchi. Reste que, les créations d’emplois ont augmenté de 93.800 au premier trimestresoit une hausse de 0,4% après 0,3% au dernier trimestre 2018. L’emploi salarié a particulièrement bondi dans le secteur privé (92.800 après 67.900). Dans le public, les créations ont été bien plus modérées (1.000 après 2.000). Pour le chef économiste chez Ostrum Asset Management, Philippe Waechter :

« Avec 92.800 emplois de plus, ce chiffre est comparable aux points hauts de 2017. La croissance est plus riche en emplois [...] Cette hausse de l’emploi va s’ajouter aux mesures sur le pouvoir d’achat et soutenir la demande interne [...] De la sorte, la croissance devient plus autonome, compensant le risque associé au choc extérieur (fort ralentissement du commerce mondial). L’économie française devient plus robuste. »

En dépit d’une croissance révisée à la baisse et d’un climat social tendu alimenté notamment par la crise des « Gilets jaunes », les économistes de l’Insee ont révisé fortement à la hausse leurs premières projections. « Comparativement à l’estimation flash parue le 10 mai 2019, la variation de l’emploi salarié sur le seul champ privé au premier trimestre 2019 est revue à la hausse de 26.400, en particulier dans les services marchands hors intérim et dans la construction », précise l’organisme de statistiques public. Mais finalement une évolution assez conforme avec celle de la croissance qui tourne en ce moment autour de 0,3 % par trimestre.

La croissance États-Unis : bons résultats au premier trimestre mais interrogation après

La croissance États-Unis : bons résultats au premier trimestre mais interrogation après

 

 

Hausse e du PIB  de 3,2% en rythme annuel au premier trimestre mais la croissance  des investissements qui se tasse et  une hausse de la demande intérieure qui, à 1,3% seulement, ressort au plus bas depuis le deuxième trimestre 2013, une progression divisée par deux par rapport au dernier trimestre de 2018.La Fed, dont le comité de politique monétaire se réunit mardi et mercredi prochains, a décidé en janvier d’une pause dans son cycle de resserrement amorcé en décembre 2015, renonçant à prévoir un nouveau relèvement de taux directeurs cette année après quatre hausses l’année dernière. Les exportations américaines ont augmenté de 3,7% au premier trimestre tandis que les importations diminuaient d’autant, un double mouvement qui se solde par une contribution positive de 1,03 point de pourcentage à la croissance du PIB en raison du poids plus important des importations que des exportations dans le PIB, après un effet neutre sur octobre-décembre. Les stocks des entreprises ont augmenté parallèlement au rythme de 128,4 milliards de dollars sur le trimestre, le plus élevé depuis le deuxième trimestre 2015. Cette hausse se traduit par une contribution à la croissance de 0,65 point de pourcentage, contre 0,1 point seulement sur le quatrième trimestre de l’an dernier. La croissance des dépenses de consommation a ralenti à 1,2% après +2,5% au quatrième trimestre et l’investissement des entreprises n’a augmenté que de 0,2%, sa plus faible hausse depuis le troisième trimestre 2016.

Les dépenses de construction résidentielle ont diminué de 2,8% en rythme annuel, enregistrant un cinquième trimestre consécutif de repli.

 

Croissance Japon : résultats toujours décevants en janvier

Croissance Japon : résultats toujours décevants en janvier

 

 

Après une année 2018 assez décevante et des perspectives pas très réjouissantes pour 2019, enfin une bonne nouvelle avec la toute petite croissance envisagée pour les services en janvier. Ceci étant,  les résultats additionnant les services et le secteur manufacturier seront au total relativement mauvais traduisant ainsi le tassement général de l’économie mondiale

L’activité dans le secteur japonais des services a en effet accéléré au mois de janvier grâce à la reprise de la demande intérieure, montrent les résultats de l’enquête PMI de Markit et Nikkei.

L’indice est ressorti à 51,6 en données corrigées des variations saisonnières contre 51,0 en décembre et demeure ainsi au-dessus du seuil des 50, qui sépare contraction et expansion, pour le 28e mois consécutif.

L’indice PMI composite, qui intègre le secteur manufacturier en plus des services, a quant à lui reculé à 50,9, après s’être établi 52,0 en décembre. (Stanley White; Arthur Connan pour le service français)

Croissance Chine : mauvais résultats et mauvaises perspectives

Croissance Chine : mauvais résultats et mauvaises perspectives

 

Un bon solde en 2018 mais c’est le résultat d’une forte baisse des imports plus importante que le recul des exports ; La tendance devrait encore être mauvaise jusqu’au moins la moitié de l’année 2019. Des chiffres qui traduisent le tassement de l’économie mondiale qui pourrait flirter avec la récession. Les exportations de Chine ont reculé de 4,4% sur un an au mois de décembre, leur plus forte baisse depuis deux ans, face à une baisse de la demande sur ses grands marchés, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient une hausse de 3%. Les importations chinoises ont elles aussi nettement ralenti, à 7,6% en rythme annuel, leur plus forte baisse depuis juillet 2016, alors que les analystes s’attendaient à une progression de 5%. »La croissance des exportations a diminué plus que prévu avec le ralentissement de la demande mondiale et l’impact de l’augmentation des droits de douanes américains. La croissance des importations a elle aussi fortement baissé en raison d’un ralentissement de la demande intérieure. Nous nous attendons à ce que les deux restent faibles dans les prochains trimestres », écrit Capital Economics dans une note. »Sachant qu’il est peu probable que la politique d’assouplissement monétaire freine la baisse de l’activité économique du pays avant le second semestre, la croissance des importations devrait rester morose. »L’excédent commercial chinois s’est établi à 57,06 milliards de dollars (49,75 milliards d’euros) le mois dernier, contre 44,71 milliards de dollars en novembre et alors que les analystes attendaient un excédent de 51,53 milliards. L’excédent commercial avec les Etats-Unis, à l’origine de la guerre commerciale entre les deux pays, s’est réduit en décembre, à 29,87 milliards de dollars contre 35,54 milliards en novembre, mais il a augmenté de 17,2% sur l’ensemble de l’année 2018, à 323,32 milliards de dollars, son plus haut niveau depuis 2006. .

Macron demande du temps ….et les Français des résultats

Macron demande du temps ….et les Français des résultats

 

Macron demande aux Français du temps. La formule est connue, donner du temps au temps, une belle expression littéraire utilisée Mitterrand pour expliquer que les changements annoncés n’étaient pas au rendez-vous. Macron tente de solliciter un nouveau la référence temporelle historique. Pas sûr cependant que les Français soient très convaincus de ce troc du temps contre des résultats concrets. Des français dont beaucoup, en tout cas une majorité,  ont été nourris d’espoirs par ce jeune président, dynamique, moderne qui voulait installer une république exemplaire et transformée le pays en profondeur notamment vis-à-vis du chômage.  Rien n’est venu. Sur le plan économique la flambée de la croissance doit surtout à la conjoncture internationale et aux résultats de François Hollande. Depuis le début de l’année au contraire,  la croissance ne cesse de se tasser. La France pour cette année atteindra seulement autour de 1,5 % au lieu des 2,3 % prévus par les experts (2% inscrits dans le budget). Pire, cette croissance est fortement hypothéquée par une consommation des ménages complètement atone et les perspectives sont encore plus mauvaises. En effet, on assiste encore à une dégradation de la confiance des ménages. En cause évidemment le pouvoir d’achat qui s’est réduit de 0,6 % au cours du premier semestre en raison du matraquage fiscal. Un matraquage fiscal qui va continuer alors que le pouvoir d’achat lui ne parvient pas à suivre une inflation qui se réveille dangereusement. Après des périodes sans inflation vient maintenant la dangereuse hausse des prix puisque nous sommes sur une tendance de 2,3 %. Les salaires ne suivront pas. Pas plus que certaines prestations familiales et les pensions. Pour ces dernières,  la hausse a été fixée à 0,3 % par an, à comparer évidemment à l’augmentation annuelle de 2,3 % actuellement. De mauvais résultats économiques, de mauvais résultats sociaux auxquels s’ajoute une détérioration des équilibres financiers qui vont amener la France à ne pas respecter ses engagements en matière de budget et renouer avec les 3 % de déficit en 2018. L’année 2019 sera mécaniquement mauvaise au plan économique et social et 2019 devraient offrir le même visage selon les prévisions des institutions. Du coup, donner du temps au temps, cela supposerait d’attendre d’hypothétiques résultats vers la fin du mandat de Macron. Bref avec Macron on aura perdu quatre ou cinq ans

 

Médecins : fin du numerus clausus…. et résultats dans 10 ans !

Médecins : fin du numerus clausus…. et résultats dans 10 ans !

Suite à la probable décision du gouvernement de changer le numerus clausus, Patrick Pelloux plaide sur France Info  pour une révision complète de la formation des futurs médecins. Pour le président de l’association des médecins urgentistes de France,  »il n’y a pas de débat sur le concours de médecine sans un débat sur l’ensemble de la filière de formation.

: Est-ce qu’il faut en finir avec le numerus clausus et le concours d’entrée en première année de médecine ?

Patrick Pelloux : C’est un concours qui est devenu inique, totalement désespérant et un épouvantable gâchis chez les jeunes et leur famille. Vous avez énormément de stress. Vous avez énormément de boîtes privées. On peut se poser la question de la privatisation de ce concours : il y a beaucoup d’étudiants qui passent des années de prépa avant de passer cet examen, ce qui fait qu’il y a une iniquité totale [entre candidats]. Il faut remettre cela à plat. C’est au politique de décider cela et surtout pas de prendre conseil auprès des lobbys des professeurs d’université qui ont plongé la France dans le marasme de ce concours. Il ne faut pas oublier que ce concours a été drastiquement abaissé au début des années 1980. C’est lui qui a conduit à la pénurie médicale que l’on a actuellement. Mais il ne faut pas tomber dans l’effet inverse et dire qu’il n’y a plus de concours. Si on sort 60 000 médecins par an en France, ce sera un véritable problème pour qu’ils aient du travail et pour organiser le système de santé.

 

Quel est le bon système ?

Il n’y a pas de débat sur le concours de médecine sans un débat sur l’ensemble de la filière de la formation des étudiants en médecine. Je pense que ces études sont beaucoup trop longues, trop spécialisées et entraînent les étudiants en médecine dans un couloir qui fige les choses. Il faut pouvoir évoluer dans son métier. C’est ce qui nous permettrait d’avoir une certaine souplesse sur la formation et sur l’avenir des médecins. Ils doivent pouvoir changer de spécialité.

Est-ce que cela règlerait la question de la pénurie de médecins ?

On n’a jamais eu autant de médecins en France. Le problème est ailleurs : c’est le nombre de jeunes médecins qui partent, qui n’exercent pas la médecine et qui vont travailler dans les agences régionales de santé, dans les arcanes du pouvoir. On a un problème avec ces médecins qui ne font plus du soin. C’est tout cela qu’il faut mettre dans la balance. Il faut que le politique s’empare de ce dossier sans écouter les lobbys hospitalo-universitaires qui vont parler de sur-sélection. Si on veut une vraie réforme du système, de la formation initiale, et donc du concours, il faut mettre tout cela sur la table et écouter l’ensemble des partenaires.

Est-ce qu’on en prend le chemin ?

Non. C’est un coup de communication pour dire qu’on va s’attaquer à ce concours de médecine, pour faire croire qu’on fait quelque chose. Mais une vraie réforme de fond pour [que les étudiants] apprennent mieux, qu’ils soient plus épanouis dans leur métier et qu’on forme moins de médecins névrosés à cause des études difficiles, ne fait pas partie du débat.

Suppression des résultats trimestriels des entreprises (Trump)

Suppression des résultats trimestriels des entreprises (Trump)

 

Trump propose à la bourse américaine de supprimer la publication trimestrielle des résultats pour les entreprises cotées. Une bonne initiative finalement car cette périodicité trop rapprochée n’a guère de sens. Elle est surtout source de pression sur l’entreprise qui a alors tendance à privilégier les résultats de très court terme. On pourrait rajouter que la cotation journalière des sociétés n’a pas non plus une grande signification sauf pour les spéculateurs. Une cotation hebdomadaire voir mensuelle serait sans doute suffisante. En attendant on pourrait se contenter de cette publication semestrielle des résultats des entreprises cotées en bourse.  Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase et patron de la principale organisation patronale américaine, et le milliardaire Warren Buffett, avaient plaidé en début d’année, dans une tribune au Wall Street Journal, pour la suppression des prévisions trimestrielles jugeant qu’elles n’encourageaient pas à investir sur le long terme.

Recyclage déchets : 1.5 milliards de recettes pour des résultats médiocres

Recyclage déchets : 1.5 milliards de recettes pour des résultats médiocres

 

 

Pour la plupart des produits, une taxe  distribuée ensuite à des organismes de collecte par filière. (En plus évidemment de la redevance d’enlèvement des ordures ménagères). En dépit de ce prélèvement financier, la France est en en queue de peloton européen pour le recyclage : à peine 25% des déchets.  Aujourd’hui, près de 20 filières de recyclage existent (emballages, médicaments, meubles, etc.) qui ne couvrent pas l’intégralité des produits à recycler. Et pour corser le tout me gouvernement veut créer un bonus malus sur les plastiques à recycler. Au lieu interdire purement et simplement ce matériau quand d’autres sont substituables ou inutiles. La Cour des comptes a fortement critiqué le système français.  Bref trop de résultats en termes de recyclage, trop de frais de fonctionnement avec des salaires déraisonnables pour certains responsables, manque visibilité et de transparence, pas assez de concurrence.   La Cour propose une simplification de la gouvernance des filières REP, une harmonisation des conditions d’agrément des éco-organismes d’une filière à l’autre et des poursuites plus systématiques des non contributeurs. Bref beaucoup d’argent recyclé mais pas assez de déchets !

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme et peu de résultats

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme et peu de résultats 

Un sondage démontre que ce que disait récemment Claude Martin, ancien ambassadeur en Chine et en Allemagne : Macron fait beaucoup d’activisme. Claude Martin brosse un tableau contrasté, et attend du chef de l’État qu’il passe des paroles aux actes. En fait on a du mal à savoir si Macron œuvre pour conforter son image intérieure ou pour réellement peser sur la géopolitique. (Interview la Tribune)

 

 

Quels faits saillants peut-on mettre au crédit et au débit de la politique et des actes du nouveau président de la République ?

CLAUDE MARTIN - Emmanuel Macron a hérité d’une France peu visible et peu audible, affaiblie ces dix dernières années par sa situation économique - manque de compétitivité, instabilité politique et sociale -, par une vision erratique de sa politique à l’extérieur, par la santé vacillante de l’Europe. Ce contexte leste une autre réalité, elle, invariable : mener une action d’envergure est nettement plus difficile sur la scène internationale que sur le plan domestique. En politique étrangère, il faut faire preuve non seulement d’imagination et de volontarisme, mais aussi de clairvoyance, de compétence, de connaissance du terrain, et définir une stratégie. En la matière, il est encore trop tôt pour saisir les intentions et les dispositions du président de la République. Les premiers signes - discours à la Sorbonne et devant l’Acropole démontrant sa détermination européenne ; restauration du dialogue avec la Russie ; prises de position objectives à l’égard des États-Unis - ont été encourageants, car fondés sur le principe, essentiel en diplomatie, du réalisme. Il n’est pas dans le registre de ses deux prédécesseurs qui, en « choisissant » leurs interlocuteurs en fonction de leur degré de « fréquentabilité », ont affaibli l’influence internationale de la France. Dorénavant, l’heure est aux actes, et notamment dans le domaine de l’Europe. La France doit agir comme un guide. C’est véritablement « maintenant » que l’action d’Emmanuel Macron doit s’exprimer et va être jugée.

Vous avez exercé cinquante ans au Quai d’Orsay, et y avez cultivé une grande proximité avec la conception « gaulliste » de la politique internationale de la France. Les premiers pas diplomatiques d’Emmanuel Macron s’en inspirent-ils ?

Le général de Gaulle l’a parfaitement incarné - et cela demeure une règle immuable - : l’Europe, c’est avant tout et fondamentalement un contrat entre la France et l’Allemagne, mobilisant les autres pays moteurs sur une stratégie axée autour de trois objectifs : une politique d’intégration des économies européennes, une politique de défense de l’identité et des spécificités de l’Europe, enfin une politique d’organisation de l’ensemble européen, dont l’élargissement a affaibli la cohésion. Il faut à l’Europe des politiques communes volontaristes. Une Europe de l’action contre celle de l’abstraction.

L’Europe porte des valeurs qui lui sont propres. Les Européens ont en commun une certaine conception de la démocratie, de l’ordre juridique et de la cohésion sociale, ou de la justice. Ils se distinguent par un attachement commun très fort à la nature, à l’environnement, à un art de vivre, qui se reflète jusque dans leur relation à la nourriture. Dans les négociations extérieures de l’Union, avec le Canada ou avec le Mercosur, certains éléments de cette « identité européenne » sont mis en cause. Faut-il y renoncer, pour nous fondre doucement dans le moule mondialiste ? Ou préserver ce qui fait notre différence, une différence à laquelle les Français et les Allemands notamment restent, dans leur majorité, très attachés ? C’est la question qui nous est posée, et à laquelle Emmanuel Macron doit apporter une réponse.

Que doivent entreprendre Angela Merkel et Emmanuel Macron pour que l’axe franco-allemand exerce pleinement son rôle ? Outre-Rhin, la fragile coalition au pouvoir et ce qu’incarne l’impressionnante poussée de l’extrême droite (l’AFD est la troisième formation au Bundestag) peuvent-ils, paradoxalement, le consolider ?

Cette irruption de l’AFD au parlement allemand traduit une montée des peurs, mais surtout une frustration. Les citoyens de tous les pays craignent de perdre, au sein de l’Europe, leur identité. L’Union doit trouver la réponse appropriée à ces craintes, en permettant aux peuples européens de cultiver à la fois une fierté nationale et une fierté européenne, qui ne peut exister que si l’Union développe des politiques mettant en valeur une « identité européenne ». Identité nationale et identité européenne doivent pouvoir se compléter. Si l’Union ne parvient pas à créer un espace dans lequel les Européens éprouvent un sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, c’est dans la seule revendication d’identité nationale que les citoyens chercheront refuge.

Le « moteur » franco-allemand a très mal fonctionné depuis dix ans, et il faudra sans doute beaucoup plus que des déclarations chaleureuses pour le relancer. La France doit reconquérir toute sa place dans un tandem où elle n’était plus qu’un partenaire secondaire. Le déséquilibre qui n’a cessé de se creuser cette dernière décennie au fur et à mesure que l’économie allemande prenait le dessus sur sa voisine nous a placés dans une position d’infériorité. Les réformes institutionnelles catastrophiques opérées par le traité de Lisbonne et le « grand élargissement » ont fait le reste : dans le jeu européen, la France pèse aujourd’hui bien moins lourd que l’Allemagne, adossée aux petits pays européens du Nord. Il faut revenir à la parité entre Paris et Berlin, et reconstituer - notamment en rétablissant une relation de confiance avec l’Italie - un équilibre Nord-Sud sans lequel l’Union se brisera tôt ou tard. On ne pourra le faire sans tensions avec l’Allemagne, et le président français devra, pour replacer notre pays au cœur du dispositif européen, aller si nécessaire jusqu’à la crise. Y est-il préparé ? Les mois qui viennent permettront de mesurer sa détermination.

Partout en Europe progressent des mouvements eurosceptiques voire europhobes. Ils ont obtenu la sécession en Grande-Bretagne, sont au pouvoir en Autriche, en Pologne, en Hongrie, possiblement en Italie, constituent respectivement les deuxième et troisième forces politiques en France et en Allemagne. La pensée politique « européenne » d’Emmanuel Macron semble singulièrement isolée…

La construction européenne a été imaginée en deux phases principales : celle d’abord de l’union économique, celle ensuite, à partir de 1973, d’une ouverture à des compétences nouvelles, notamment dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. L’union économique peut se construire entre pays ayant, sur le plan politique intérieur, des sensibilités et des pratiques différentes, sous couvert d’un attachement de principe commun à la démocratie. L’union politique et diplomatique suppose un degré beaucoup plus élevé de convergence sur les « valeurs » et sur le fonctionnement concret du système constitutionnel des pays participants. On peut faire une union économique avec beaucoup de partenaires, mais une union politique ne peut s’envisager qu’avec peu de partenaires. L’erreur du traité de Maastricht a été de vouloir réunir les deux démarches dans une seule construction et de rassembler dans une seule maison des partenaires qui ne voulaient pas, selon les sujets, la même chose. L’élargissement aux pays de l’Est a encore aggravé la situation. On a admis au sein de l’Union, dans la précipitation, pour des raisons « morales », des pays qui n’étaient pas prêts à réaliser l’union économique telle que nous l’entendions, et qui étaient encore moins prêts à accepter les valeurs communes nécessaires à la construction de l’union politique. Il existe deux Europe, séparées par les différences d’histoires et de cultures politiques. Ce qui n’est pas pour arranger la vision et l’action européennes d’Emmanuel Macron.

Vous êtes un grand spécialiste de la diplomatie économique. Son passé professionnel, son ADN, sa pensée et ses inspirateurs politiques, enfin son passage à Bercy donnent d’Emmanuel Macron l’image d’un président en rupture avec ses prédécesseurs et plutôt pertinent dans ce domaine. La réalité correspond-elle à l’hypothèse ?

Qu’est-ce que la « diplomatie économique » ? Elle fait distinguer clairement le rôle de l’État et celui de l’entreprise. Le rôle de l’État (et donc de la diplomatie) est d’évaluer les intérêts politiques, économiques, culturels du pays dans le monde. Sur cette base, le ministère des Affaires étrangères et les ambassades apportent aux entreprises françaises un éclairage sur les situations et l’environnement des pays où elles ambitionnent d’investir ; mais ensuite, aux actionnaires et au management des entreprises - et à eux seuls - de décider de leur stratégie dans lesdits pays. Il est d’autant plus essentiel de respecter cette discipline qu’aujourd’hui la notion d’« intérêt national » est complexe à délimiter. Ainsi, ce dernier est-il de favoriser Renault, dont une partie des véhicules est fabriquée en Turquie, ou Toyota, qui investit massivement à Valenciennes ? Est-il de tout entreprendre pour aider au développement international de grandes marques « françaises » de luxe, dont les produits sont partiellement fabriqués hors de nos frontières et dont les propriétaires sont souvent installés à l’étranger ? Ce dilemme, entre la défense de l’emploi en France et la défense d’entreprises porteuses d’une image de la France mais ne participant pas à l’effort national, complique la réflexion. Tout concourt à la même conclusion. Plutôt que de se substituer aux entreprises, il faut les laisser agir. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commis l’un et l’autre l’erreur, pendant leurs déplacements en Chine, de bousculer les dirigeants d’entreprise qui les accompagnaient, pour que ceux-ci signent des contrats prématurés ou risqués. Lors de son voyage en Chine début janvier, Emmanuel Macron a heureusement rompu avec ces pratiques, s’abstenant d’interférer dans les négociations menées par les industriels.

Justement, son savoir-faire en matière nucléaire constitue un élément clé de la stratégie diplomatique de la France. Les vicissitudes financières, judiciaires et technologiques d’Orano (ex-Areva) - qui pénalisent l’ensemble de la filière nucléaire française - l’affectent-elles significativement ?

C’est incontestable. Pourquoi, à l’origine, la Finlande a-t-elle jeté son dévolu sur l’EPR plutôt que sur la technologie russe ? Parce qu’il s’agissait d’un projet franco-allemand. La technologie de l’EPR devait beaucoup aux ingénieurs de KWU, c’est-à-dire de Siemens, fort prisés à Helsinki. Nicolas Sarkozy a tout entrepris pour que Siemens sorte du capital d’Areva, et nous nous sommes retrouvés seuls à porter le projet, face à des Finlandais un peu surpris et certainement amers. Nos divisions internes ont fait le reste. La guerre entre Areva et EDF, notamment sur les projets chinois, s’est développée, et EDF a peu à peu conçu, contre Areva, une stratégie d’alliance avec les partenaires chinois, qu’elle a amenés avec elle sur les projets britanniques. L’éclatement d’Areva, qui a payé les erreurs de gestion d’Anne Lauvergeon, laisse la place libre à une EDF aujourd’hui fortement liée à la Chine. Et en même temps, sur la partie conventionnelle des centrales, Alstom, également démantelé, a cédé ses turbines à General Electric plutôt qu’à Siemens, Une grande ambition européenne s’est évanouie.

Au-delà du nucléaire, comment jugez-vous les premiers pas d’Emmanuel Macron dans cette Chine culturelle, politique, diplomatique que vous connaissez si bien ? La visite qu’il a effectuée en janvier dernier annonce-t-elle un changement profond ou simplement cosmétique des rapports de la France avec Pékin ?

Un simple souvenir. C’était lors du Sommet du G20 à Hangzhou, en 2016. Sur la photo officielle, qui posait aux côtés de Xi Jinping ? Le représentant de la France, qui fut avec éclat le premier grand pays occidental à tendre la main et à sortir la Chine de son isolement ? Non. Le président chinois était entouré d’Angela Merkel, de Recep Tayyip Erdogan et de Vladimir Poutine. François Hollande étant relégué plus loin. Le président français, m’a-t-on rapporté, en avait été blessé. Voilà la réalité dont hérite Emmanuel Macron. La France vue de Pékin pèse peu. Et elle est seule. Elle n’a pas su établir avec l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne (qui reste, malgré le Brexit, un membre important de notre famille) le « pacte européen » qui nous permettrait de peser, ensemble, dans ce très grand pays.

Emmanuel Macron peut-il rétablir la situation ? Pour l’heure, sa politique à l’égard de la Chine n’est pas lisible. Le voyage officiel qu’il a effectué en janvier était une prise de contact - généreusement couverte dans la presse française, au contraire de la presse chinoise. Il faudra de la part du nouveau président des paroles fortes, des actes concrets, des initiatives visibles, pour que les Chinois renouent avec la France un vrai dialogue stratégique.

Les propos d’Emmanuel Macron lors de ce premier déplacement laissent toutefois quelques raisons d’espérer : son attitude, donc, sur le dossier nucléaire ; son intention annoncée de mieux contrôler les investissements chinois dans les secteurs stratégiques ; sa prudence sur le projet des « nouvelles routes de la soie » dans lequel il a choisi, malgré les conseils de certains, de ne pas se précipiter, attendant que les modalités de mise en œuvre et les modalités de financement soient mieux connues. Tout cela reflète une lucidité, utile pour dialoguer sereinement avec Pékin.

Le tour de force constitutionnel de Xi Jinping, dorénavant « autorisé » à régner sans limite au-delà de son mandat actuel, peut-il modifier la stratégie diplomatique de la France à l’égard de la Chine et de ses autres partenaires ?

L’objet de la diplomatie est de servir l’intérêt du pays. La France ne peut définir son action extérieure en fonction des évolutions politiques ou constitutionnelles de ses partenaires. Elle doit considérer d’abord l’importance stratégique de chacun des États avec lesquels elle traite, son influence, ses poids économique, démographique, militaire, scientifique, culturel. Le Général de Gaulle s’est fixé cette règle de conduite dans les affaires internationales : la Chine est et restera, quel que soit son régime, un grand partenaire, parmi d’autres, dans un univers multipolaire.

Or si la France a vu son influence décliner au cours des dernières années, c’est parce qu’elle a cessé de pratiquer ce jeu multipolaire, pour se ranger, comme au temps de la guerre froide, dans « un » camp. En se laissant entraîner dans la douteuse opération de « pacification » en Afghanistan, en réintégrant les structures militaires de l’Otan, en suivant plus souvent que nécessaire les initiatives de Washington, en s’amarrant à des « coalitions occidentales » mal définies, la France a renoncé à faire jouer à l’Europe un rôle spécifique. Et la voici aujourd’hui, en Corée ou ailleurs, enchaînée aux initiatives erratiques du président américain… Le retour à une véritable détente sur la planète passe par la reconstitution d’un monde véritablement multipolaire, dont l’Europe doit être un pilier essentiel.

SNCF : hausse du chiffre d’affaires et des résultats

SNCF : hausse du chiffre d’affaires et des résultats

 

D’une  certaine façon les publications relativement satisfaisantes de la SNCF tombent mal pour le gouvernement. Des chiffres conjoncturels qui cependant ne remettent pas en cause les déséquilibres structurels qui ont notamment nourri la dette et freiné la modernisation du réseau.  Le groupe a enregistré l‘année dernière un chiffre d‘affaires de 33,5 milliards d‘euros, en hausse de 4,2%, “grâce à une dynamique commerciale générant une forte croissance du volume de voyageurs et de marchandises transportées”, peut-on lire dans un communiqué. La marge opérationnelle s’élève à 4,6 milliards d‘euros, un chiffre en progression de 16% qui s‘explique, selon la SNCF, par le dynamisme de l‘activité et par “une discipline financière” générant plus de 830 millions d‘euros de gains de productivité. Ces performances “ne sont toutefois pas suffisantes face à la situation financière de SNCF Réseau, structurellement déséquilibrée”, souligne l‘entreprise, dont la dette nette atteint 46,6 milliards d‘euros (+1,7 milliard). L‘exécutif justifie sa future réforme du système ferroviaire par la dynamique de cette dette ainsi que par la nécessité de préparer le secteur à l‘ouverture à la concurrence, programmée dans les années à venir par les textes européens. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a levé lundi un coin de voile sur les intentions du gouvernement, qui souhaite notamment mettre fin au statut protecteur des cheminots pour les nouvelles recrues. Cette mesure alimente la colère des quatre syndicats représentatifs, qui brandissent en retour la menace d‘une grève dure. En 2017, la SNCF a transporté 14 millions de voyageurs quotidiens, avec des hausses de fréquentation à la fois pour les TGV (+10%), les lignes régionales de type TER (+4,7%), les Intercités (+3,3%) et pour ses liaisons par car OUIBUS (+48%).

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