Archive pour le Tag 'responsable'

Incendies: L’urbanisation anarchique aussi responsable

Incendies: L’urbanisation anarchique aussi responsable

par Christine Bouisset, Maître de conférences en géographie, membre du laboratoire TREE – Transitions Energétiques et Environnementales, UMR 6031 CNRS, Université de Pau et des pays de l’Adour (UPPA)Si la sécheresse et la chaleur exceptionnelles que connaît la France cet été sont l’élément déclencheur des grands incendies toujours en cours dans le massif des Landes de Gascogne, le drame prend aussi sa source dans les tendances lourdes de la démographie et les lacunes de l’aménagement du territoire.

Cet épisode met en évidence les limites d’une gestion du risque principalement réactive, fondée sur la réponse rapide et massive aux départs d’incendie.

En effet, la stratégie de lutte contre les incendies de forêts repose actuellement sur deux piliers complémentaires : l’aménagement forestier et la lutte contre les feux déclarés. La doctrine en vigueur mise sur la surveillance des forêts et l’intervention la plus rapide possible des secours sur les feux naissants par des moyens terrestres et aériens. Cette stratégie est rendue possible par l’aménagement des massifs forestiers pour créer des accès, des points d’eau, etc. Dans le massif landais, le dispositif de défense contre l’incendie (DFCI) permettant ces aménagements a été mis en place à la suite des grands incendies de la décennie 1940. La DFCI est financée pour partie par les propriétaires forestiers et fonctionne largement grâce à leur participation.

Cette organisation basée sur la complémentarité forestiers – pompiers, modernisée au fil du temps, s’est avérée particulièrement efficace en éteignant très rapidement la plupart des incendies et en limitant les superficies brûlées malgré un nombre important de départs de feu. Mais ce système, bien adapté au contexte d’un massif forestier exploité de façon intensive et d’une région rurale peu densément peuplée, se trouve aujourd’hui mis en échec par le changement climatique et l’urbanisatio

 

L’augmentation des températures et la plus grande fréquence des épisodes caniculaires sont sans conteste à l’origine d’une aggravation du risque d’incendie. Moins médiatisées mais tout aussi importantes, l’urbanisation et l’attractivité de la région depuis une cinquantaine d’années (notamment du littoral et de la Gironde), contribuent elles aussi à une aggravation graduelle du risque. D’abord en générant davantage d’activités sources d’incendies dans ou à proximité des forêts : barbecues mal éteints, feux de chantiers de BTP, mégots jetés en bord de route… Rappelons que près de 95 % des causes sont humaines et qu’en France, 80 % des incendies se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations.

Dans le même temps, l’urbanisation dans les zones à risque signifie aussi mécaniquement l’augmentation des victimes et des dégâts potentiels, surtout lorsque cette urbanisation se fait sous forme de prolifération anarchique au contact de la forêt : en Nouvelle Aquitaine un habitant sur deux vit dans une zone peu dense et, selon l’Insee ce sont ces zones qui connaissent la plus forte croissance démographique. L’urbanisation s’est étalée autour des bourgs, dans des hameaux isolés, le long des voies de communication et génère la multiplication des zones de contact entre habitat et forê

 

Les incendies actuels montrent à quel point cette urbanisation complique le travail des secours face à un incendie de grande ampleur. La présence de nombreux quartiers et hameaux éparpillés contraint les secours à gérer la mise en sécurité de milliers de personnes et les oblige à disperser leurs moyens pour protéger les maisons dans une logique défensive, au détriment d’une stratégie offensive permettant de maîtriser plus rapidement la progression du feu.

Pire encore, les secours ne peuvent pas toujours intervenir à temps. L’exemple de l’incendie qui, en 2018, a fait 85 morts dans la petite ville de Paradise en Californie, l’illustre de façon dramatique : l’avancée rapide du feu, démarré aux environs de 6 heures du matin, a pris la population et les autorités par surprise et n’a pas laissé le temps d’évacuer, piégeant de nombreux habitants dans leur maison ou leur voiture.

Dans ce contexte, la gestion des incendies telle que mise en place jusqu’à présent dans le massif landais, présente plusieurs défauts. Le premier est de s’attaquer principalement aux symptômes et de ne s’attaquer que marginalement à la source du problème. Pourtant la litanie des incendies de l’été en France offre une bonne vision de la diversité des causes humaines d’incendies : déséquilibré pyromane, panne d’un véhicule, braises échappées d’un camion pizza, étincelles au passage d’un train, travaux en forêt, feu d’artifice, jet de mégot, etc.

Une action plus efficace sur ces sources de départ de feu supposerait la remise en cause de certaines activités, des changements de pratiques individuels et collectifs, plus de sensibilisation, des contrôles, etc. Or dans ce domaine, l’efficacité de la lutte contre les feux déclarés constatée jusqu’à présent s’est finalement avérée contre-productive et a alimenté une forme de déni face aux alertes sur l’aggravation des risques.

Nos enquêtes auprès d’habitants et d’élus locaux dans le massif landais ont ainsi montré que beaucoup considéraient le problème des incendies comme bien maîtrisé : plus le dispositif réduisait les surfaces brûlées plus le risque était invisibilisé et moins il paraissait inquiétant.

Or, le deuxième défaut du dispositif qui rejoint le premier, est son coût croissant, non seulement pour les propriétaires forestiers mais également pour l’État et surtout les collectivités qui, au niveau national, financent les services d’incendie et de secours pour un montant supérieur à 5 milliards d’euros en 2020.

En France, la politique d’extinction absorbe les 2/3 des financements consacrés aux incendies. Mais là encore, plus le dispositif est efficace, plus son financement est difficile à justifier dans un contexte de budgets contraints : à quoi bon consacrer davantage de moyens à un problème qui occasionne peu de dégâts ?

La confiance excessive dans l’efficacité du dispositif de gestion des incendies explique aussi que les outils disponibles en matière d’aménagement du territoire sont peu ou mal mobilisés dans le massif landais. Seules 13 communes sont dotées de Plans de prévention du risque incendie de forêt (PPRIF).

Établis sur prescription du préfet, ils peuvent interdire les constructions nouvelles dans les zones les plus à risque, les subordonner au respect de certaines mesures de sécurité et même imposer des travaux de sécurisation des constructions existantes. Mais beaucoup d’acteurs du massif landais, à commencer par de nombreux maires, ont jusqu’à présent considéré l’outil comme trop contraignant car contrariant de façon excessive les projets d’urbanisation. Sans que l’État fasse preuve non plus d’une grande volonté à les voir se généraliser.

 

dans The Conversation 

 

 

 

 

De la même façon, la réglementation impose aux propriétaires de débroussailler un périmètre de 50 mètres autour de leur maison. En évitant que les bâtiments soient au contact direct de la végétation, cette mesure permet de mieux les protéger et de faciliter l’action des secours. Or malgré des campagnes de sensibilisation nombreux sont les résidents de communes forestières qui ne respectent pas pleinement ces consignes, voire les ignorent.

De leur côté, communes et services de l’État montrent souvent peu d’empressement à faire appliquer rigoureusement cette réglementation contraignante. Or cette négligence accroît la vulnérabilité des populations et

des constructions, tout en compliquant l’intervention des secours.

A l’heure du changement climatique : anticiper les risques

Les leçons tirées de ce qui se passe ailleurs dans le monde indiquent qu’il est illusoire de croire que le simple renforcement des dispositifs actuels de gestion des incendies par toujours plus de moyens d’extinction, suffira à affronter le double défi du changement climatique et de l’urbanisation.

Sans action sur les causes, sans intégration du risque dans la prise de décision en matière d’aménagement du territoire et sans prise de conscience des populations et des pouvoirs publics locaux, le coût de la lutte deviendra exorbitant et sa capacité à assurer la protection des populations et celle des forêts de plus en plus incertaine au fur et à mesure que le changement climatique s’intensifiera. Car les techniques de lutte sont largement impuissantes face aux grands incendies.

Alors que la gestion actuelle mise surtout sur la réactivité face à l’événement, il est indispensable de penser davantage dans une logique anticipatrice, à long terme.

Macron responsable de l’audience des partis radicaux

Macron responsable de l’audience des partis radicaux

 

En tuant en grande partie les partis de gouvernement ( PS et Républicains), Macron a donné l’occasion aux partis extrêmes d’exister et de se faire entendre avec le risque qu’un jour ils prennent le pouvoir car le flou de l’idéologie macroniste et la virtualité du parti En marche ne résisteront  pas à l’après Macron.

 

La nouvelle donne politique, née avec l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017, a transformé le mode d’opposition sur lequel fonctionne notre démocratie, analyse Alexandre Viala, professeur de droit public, dans une tribune au « Monde ».

Lors d’une interview sur BFM-TV, le 5 juillet, Gérald Darmanin a distingué deux types d’opposition à la majorité présidentielle : si les députés Les Républicains et certains députés socialistes ou écologistes sont des « adversaires » avec lesquels il serait permis de trouver des compromis pour voter les lois, le Rassemblement national (RN) et La France insoumise seraient en revanche des « ennemis » sur lesquels il est impossible de compter. Le propos a choqué nombre de parlementaires qui, au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et du RN, se sont sentis regardés comme les parias de l’arc républicain, alors qu’ils représentent des millions d’électeurs à l’Assemblée nationale.

Les mots du ministre de l’intérieur ne devraient pourtant guère surprendre dès lors qu’ils s’inscrivent dans le prolongement de la stratégie d’Emmanuel Macron depuis le début de son aventure électorale. Pour conquérir l’Elysée en 2017, il a affaibli ses adversaires en s’appropriant les valeurs communes aux deux formations politiques à vocation majoritaire, de droite comme de gauche, afin d’être le seul à pouvoir tenir lieu de rempart au RN.

Dans un passé récent, Eric Dupond-Moretti a justifié son entrée en campagne dans les Hauts-de-France en vue de déstabiliser Xavier Bertrand aux élections régionales de juin 2021, avec la même nuance sémantique que celle de Gérald Darmanin : « Xavier Bertrand est un adversaire, précisait-il, Marine Le Pen un ennemi. » Révélatrice de l’évolution des rapports de force partisanes, cette stratégie consistant à affaiblir l’adversaire pour affronter confortablement l’ennemi est particulièrement intéressante du point de vue de la philosophie politique.

Depuis 2017, une règle tacite oriente le jeu de la campagne présidentielle, réitéré en 2022 : le Graal revient à celui qui se qualifiera en finale face à la représentante d’un électorat protestataire qui a fait sociologiquement sécession en se maintenant solidement au-dessus de 20 %, sans pouvoir rassembler au second tour. Pour nourrir cette stratégie gagnante, Emmanuel Macron a substitué au vieux clivage gauche-droite, celui qui oppose, disait le philosophe Karl Popper, les partisans de la société ouverte [démocratique et gouvernée par la raison] face aux tenants de la société fermée. Cette nouvelle donne politique est le symptôme d’une évolution sociologique qui outrepasse le contexte hexagonal.

Sondage crise politique : Macron responsable pour 70 %

Sondage crise politique : Macron responsable pour 70 %

D’après une étude Odoxa Backbone Consulting pour Le Figaro, 83% des Français jugent qu’Emmanuel Macron ressort affaibli de ces élections et 76% estiment qu’il sera empêché de mettre en œuvre son programme. Pire encore, 70% des sondés affirment que le chef de l’État porte lui-même la responsabilité de cette situation politique. Même parmi les sympathisants du parti présidentiel, 40% des sondés imputent cet échec à Emmanuel Macron.

Cette déconvenue amène également les électeurs à souhaiter un changement à Matignon. Bien que ce soit une prérogative du président, la pratique oblige à choisir un premier ministre avec le soutien de la majorité parlementaire. Après les résultats décevants de la coalition présidentielle, les Français sont 57% à ne plus vouloir Élisabeth Borne à Matignon. Un souhait plus marqué parmi les sympathisants du Rassemblement national (75%), de Reconquête (66%) et de La France Insoumise (64%). Seuls les partisans de LREM (32%) et des Républicains (40%) préféreraient qu’elle reste en place. Élisabeth Borne, deuxième femme première ministre sous la Ve République, n’est en fonction que depuis le 16 mai 2022.

Une large majorité de Français (80%) convient que le RN est le grand gagnant de ces élections. Seuls 55% jugent que c’est la Nupes qui a remporté ce scrutin, avec 131 sièges, répartis entre les Insoumis (72), les socialistes (24), les écologistes (23) et les communistes (12). La coalition pour la majorité présidentielle est considérée comme perdante par 77% des Français interrogés, presque autant que les Républicains et l’UDI (81%), qui ont vu leur nombre de députés passer de 100 à 64. Pour autant, 57% des Français souhaitent que LR et l’UDI restent dans l’opposition et votent les lois au cas par cas.

Abstention : l’absence d’offre politique est responsable

Abstention : l’absence d’offre politique est responsable

 

 

 

L’adéquation entre l’offre politique et la demande populaire n’a jamais existé, mais elle est encore davantage compromise aujourd’hui, estiment dans une tribune au « Monde », les politistes Pierre-Henri Bono et Janine Mossuz-Lavau.

 

Il est certain que le fossé ne cesse de s’agrandir du fait de l’obsolescence de l’offre politique, voire de sa caricature, face à l’évolution de la demande du citoyen. Les tracts récents reçus pour les législatives  témoignent du côté archaïque de cette offre qui évidemment ne peut convaincre nombre de citoyens bien conscients que les changements  d’orientation sont autrement plus complexes que ces promesses de coiffeur à  la veille d’élections. NDLR

 

Quand croissent l’abstention et le vote en faveur des extrêmes, quand se déploie la défiance, s’élève une déploration récurrente, se référant à un bon vieux temps où l’offre (les partis, les élus, les détenteurs de pouvoir) et la demande (les « vraies-gens-dans-la-vraie-vie ») auraient cohabité pacifiquement, sinon harmonieusement. Mais ne faut-il pas plutôt admettre que cette concorde n’est plus ce qu’elle n’a jamais été ? Et qu’il ne peut y avoir de véritable entente entre cette offre et cette demande…

A l’aide des données accumulées au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), nous avons les moyens de prendre la mesure de cette distorsion, qui s’affirme au fil des ans. De faire parler ce malaise. De le cerner en son cœur même.

Depuis les années 1970, on observe une augmentation régulière du nombre de personnes qui ne sont pas en mesure de désigner un parti dont elles se sentiraient le plus proches – ou le moins éloignées. Dans la période récente, jusqu’à 30 % de l’électorat ne se reconnaît pas dans l’offre qui lui est proposée. De là des conclusions hâtives sur une société où les repères traditionnels ne seraient plus de mise, balayés par la mondialisation, la modernisation, sans compter les « responsabilités » des deux parties. D’un côté, un personnel politique qui chercherait davantage à se servir qu’à servir et, de l’autre, des électeurs et électrices qui seraient devenus « individualistes ». Mais peut-il en être autrement ? L’offre et la demande peuvent-elles faire bon ménage ? Deux raisons, selon nous, poussent à répondre par la négative.

 

La première, structurelle, tient à la composition du corps électoral. Retour aux sources. A l’origine, en 1789, les représentants à la Chambre, des hommes et des propriétaires, ne sont pas très éloignés de ceux qu’ils représentent, et leurs décisions sont en phase avec les intérêts de ces derniers. Mais depuis le XIXe siècle, ce corps électoral n’a cessé de s’agrandir : suppression du cens, suffrage « universel masculin », puis vote des femmes, vote dès l’âge de 18 ans, entrée des citoyens de l’Union européenne pour les élections européennes et locales, croissance démographique. Comment l’offre pourrait-elle prendre en charge les desiderata de cette demande aux mille et une facettes ? Comment près de 49 millions d’électeurs et d’électrices peuvent-ils être satisfaits des décisions de 577 députés, 348 sénateurs, quelques dizaines de gouvernants, un président de la République et des centaines ou milliers d’élus locaux ?

Pollution: Responsable de neuf millions de morts

Pollution: Responsable de neuf millions de morts 

 

Quatre ans après un premier rapport, la situation n’a pas évolué: environ une mort prématurée sur six dans le monde est liée à la pollution, déplore la Commission sur la pollution et la santé du Lancet.

La pollution était responsable de la mort prématurée de neuf millions de personnes en 2019, selon une étude publiée mercredi 18 mai dans la revue Lancet, un bilan qui ne s’améliore pas, principalement à cause de la mauvaise qualité de l’air et des polluants chimiques, le plomb notamment.

 

Quatre ans après un premier rapport, la situation n’a pas évolué: environ une mort prématurée sur six dans le monde est liée à la pollution, déplore la Commission sur la pollution et la santé du Lancet. La pollution et les déchets créés par les humains rejetés dans l’air, l’eau et le sol tuent rarement directement, mais sont à l’origine de graves maladies du cœur, de cancers, de problèmes respiratoires ou de diarrhées aiguës. «Les effets sur la santé restent énormes, et les pays à faible et moyen revenus en subissent le poids», résume l’auteur principal et codirecteur de la commission Richard Fuller. Ils concentrent en effet 92% de ces décès et la majeure partie des pertes économiques qui en découlent. «L’attention et le financement n’ont que très peu augmenté depuis 2015, malgré une augmentation bien documentée des préoccupations du public en matière de pollution et de ses effets sur la santé», se lamente-t-il, cité dans un communiqué.

Si les décès prématurés liés aux types de pollutions associées à l’extrême pauvreté sont en repli, ceux liés à la pollution de l’air et à la pollution par produits chimiques augmentent. «L’effet de la pollution sur la santé reste bien plus important que celui de la guerre, du terrorisme, de la malaria, du VIH, de la tuberculose, des drogues et de l’alcool, et le nombre de morts causées par la pollution rivalise avec celles causées par le tabac», est-il souligné. En 2019, 6,7 millions des morts prématurées sont attribuables à la pollution de l’air, 1,4 million à la pollution de l’eau, 900.000 au saturnisme. «Le fait que la situation du plomb s’aggrave, principalement dans ces pays plus pauvres, et s’accélère en termes de nombre de décès, est horrible», s’est inquiété Richard Fuller auprès de l’AFP. Une exposition à la substance toxique peut, par ailleurs, générer des retards dans le développement cognitif des enfants.

 

Si la mortalité liée à la pollution au sein du foyer (liée à la combustion de carburants ou à des problèmes d’eau ou d’hygiène) a reculé, particulièrement en Afrique, les formes «modernes» de pollution pèsent largement plus qu’il y a vingt ans. En 2000, les décès prématurés liés à la pollution de l’air ambiant s’élevaient à 2,9 millions, et 4,5 millions en 2019. Particules fines et ozone dans l’air, exposition au plomb, à des carcinogènes dans le cadre de son travail, pollutions chimiques dans l’environnement, gagnent du terrain, surtout en Asie. «Si nous ne parvenons pas à nous développer d’une manière propre et écologique, alors ce que nous faisons est terriblement mauvais», a confié M. Fuller à l’AFP.

Sujet

Abstention : Macron responsable

Abstention : Macron responsable

 

Une quinzaine d’intellectuels de gauche parmi lesquels la directrice de la revue « Esprit » Anne-Lorraine Bujon et l’historien Benjamin Stora, affirment, dans une tribune au « Monde », qu’ils voteront pour Emmanuel Macron au second tour, mais l’appellent à revoir son programme pour éviter « la catastrophe ».

 

Tribune. 

Le Rassemblement national est aux portes du pouvoir. Dimanche 24 avril, Marine Le Pen peut gagner l’élection présidentielle. On peut aussi craindre que le second tour soit marqué par un fort taux d’abstention. Bien entendu, on peut comprendre les motivations de celles et ceux que cet affrontement ne passionne pas, et qui voudraient se retirer du jeu. Mais, qu’ils ou elles le veuillent ou non, ils ou elles en sont partie prenante, et l’abstention viendra mécaniquement renforcer le score du mieux placé des deux candidats. C’est pourquoi si, comme le dit justement Jean-Luc Mélenchon, « pas une voix ne doit aller à Marine Le Pen », cela ne suffit néanmoins pas. C’est pourquoi nous voterons Emmanuel Macron au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Mais c’est à ce dernier qu’il incombe au premier chef de faire refluer l’abstention qui menace de faire passer Marine Le Pen : en 2002, Jacques Chirac a fait mine de ne pas voir que son immense succès du second tour ne valait pas soutien à sa personne et à son programme, mais signifiait le rejet de son adversaire. Même chose avec Emmanuel Macron en 2017, qui a cru pouvoir confondre légitimité institutionnelle du président élu et soutien à son programme. Il ne peut en être de même en 2022, sauf à courir à la catastrophe.

Dans tous les pays démocratiques, c’est à une large coalition des démocrates que l’on assisterait, comme on l’a vu plusieurs fois en Allemagne notamment. La logique institutionnelle française n’étant pas la même, une telle coalition n’est pas possible. Mais il faut que le candidat s’adresse à toutes et tous, alors que les gauches toutes confondues font 30 % des votants.

En revanche, s’enferrer dans la défense de « son » projet, comme c’est le cas d’Emmanuel Macron et de ses représentants, c’est être aveugle à la nécessité de rassembler bien au-delà de son camp, pour la défense des valeurs de la démocratie et de l’Etat de droit. Pourtant, c’est la seule base sur laquelle peuvent se rassembler toutes celles et tous ceux qui refusent la perspective néfaste d’une victoire du Rassemblement national.

Cela veut dire mettre l’accent sur la démocratisation de nos institutions, la reconnaissance du Parlement (ce qui signifie en finir avec l’absurde calendrier électoral actuel qui place les législatives dans la foulée de l’élection présidentielle, et revenir d’une manière ou d’une autre à des législatives à mi-mandat), faire confiance aux diverses collectivités territoriales, et faire vivre la démocratie sociale, en s’appuyant sur des partenaires sociaux, et/ou en inventant des formes nouvelles de consultation, comme aurait pu l’être la convention citoyenne pour le climat, si elle avait été suivie d’effets.

 

Croissance de l’ extrêmisme: Macron, Premier responsable du phénomène

Croissance de l’ extrêmisme: Macron,  Premier responsable du phénomène

Frédéric Dabi, Directeur général Opinion de l’IFOP donne sa lecture de la situation politique au vu des derniers sondages à trois jours d’un premier tour qui semble annoncer un nouveau match Macron/Le Pen, mais un second tour le 24 avril beaucoup plus serré et incertain.( La Tribune)

 

On disait que les Français ne voulaient pas de ce match retour Macron/Le Pen et pourtant les sondages les placent à nouveau en tête du premier tour de la Présidentielle de 2022. Le candidat Macron avait promis en 2017 de « faire reculer les extrêmes ». A-t-il échoué ?

Son objectif n’a à l’évidence pas été atteint. En 2017, le total des voix Mélenchon/Le Pen/Dupont-Aignan/Asselineau était très élevé, à près de 47%. A trois jours du premier tour de 2022, le total Mélenchon/Dupont-Aignan, Zemmour, Le Pen dépasse 50%.

Mélenchon est d’extrême-gauche selon vous ?

On peut remettre en cause cette qualification et l’addition que je viens de faire. Il n’en reste pas moins que le niveau historiquement bas, voire la quasi-disparition des « partis dits de gouvernement », LR et PS, est amplifié en 2022. Et qu’une majorité de Françaises et de Français se tournent vers un vote de colère et pour les extrêmes. Le bloc Macron reste important, plus élevé même qu’en 2017 : c’est le vote de la France qui va bien, mais Emmanuel Macron n’a pas réussi en cinq ans à faire reculer le bloc tribunicien qui capte l’électorat populaire, crispé après deux ans de Covid dans un sentiment général d’être victime de la mondialisation.

Samedi, les Français vont faire leurs courses et dimanche ils vont voter. Enfin, pour celles et ceux, le quart voire le tiers des électeurs semble-t-il, qui ne s’abstiendront pas. Le choc des prix sur le caddie aura-t-il un impact dans les urnes ? On a le sentiment que le thème du pouvoir d’achat, endossé par Marine Le Pen, a pris le dessus même sur les questions

Trouver des placements rentables « et » responsables (Denis Alexandre)

Trouver des placements rentables « et » responsables (Denis Alexandre)

 

Depuis quelques mois, l’inflation n’est plus considérée par les banques centrales comme un phénomène passager, mais au mieux comme un évènement qui durera plusieurs semestres au moins. En période d’inflation, il est souvent recommandé d’augmenter la part des matières premières dans son allocation d’actifs. Les matières premières constituent en effet une couverture « naturelle » de l’inflation car, qu’elles soient agricoles ou énergétiques, elles sont souvent un facteur de la poussée inflationniste. Une étude a montré qu’entre 1970 et 2015, cette classe d’actifs a réalisé une performance de 22% lors des périodes de « surinflation ».

Grâce à la multitude d’ETF (fonds cotés en Bourse) sur les marchés, il est très simple d’investir soit dans un indice de matières premières diversifié comme le Refinitiv core commodity index (CRB), en hausse de 30% depuis le début de l’année, ou dans son équivalent spécialisé sur certaines matières premières agricoles (blé, soja, coton, sucre…) ou d’énergie (pétrole, gaz…). Mais en décidant d’accroître son allocation vers les matières premières, l’investisseur doit avoir en tête qu’il augmentera la demande sur ce type d’actifs et donc les prix. Les conséquences induites ne sont pas neutres en matière de « soutenabilité » :

  • Sur les matières agricoles comme le blé: des émeutes de la faim comme celles qu’ont connues certains pays africains en 2008 où à l’époque le blé avait doublé en un an.
  • Sur le pétrole : l’affaiblissement du pouvoir d’achat des populations est une première conséquence, mais elle s’accompagne d’une modification du mix énergétique, rendant à nouveau rentables de nouvelles utilisations d’énergies plus polluantes comme les gaz et pétrole de schiste ou même le charbon, comme nous le montre la crise ukrainienne actuelle.

Face à un marché incertain, il est également recommandé de diversifier son allocation avec de la gestion alternative qui se veut décorrélée des marchés actions. Or, si les stratégies des hedge funds sont extrêmement variées, la spécialisation de certains sur des classes d’actifs ou des stratégies particulières soulève des questions.

Sur les matières premières par exemple, un des plus connus est celui de Pierre Andurand qui a gagné plus de 100% depuis le début de l’année grâce à la hausse des prix de l’énergie, qu’il a su anticiper. Il n’a aucune contrainte ESG (environnementale, sociale ou de gouvernance) à respecter sur ces prises de position car ses investisseurs ne lui en imposent aucune…

 

D’autres, les commodity trading advisors (CTA), s’appuient sur des stratégies quantitatives l–’une d’elle consiste à « suivre la tendance » et investir sur tout type d’actifs dès qu’une tendance haussière ou baissière est détectée. Ils ont bénéficié de la hausse des matières premières avec des gains de plus de 10% cette année et ont amplifié les mouvements de hausse en aggravant les conséquences sociales décrites ci-dessus.

Certains hedge funds ont, au contraire, mis les critères ESG au cœur de leur stratégie. C’est le cas du hedge fund « activiste » TCI de Christopher Hoen,qui gère 40 milliards de dollars. Il a eu un impact certain dans les sociétés où il investissait, en militant pour une gouvernance beaucoup plus exigeante en matière de transition énergétique. Sa performance (23% en 2021) a toujours été positive au cours des treize dernières années, ce qui prouve que, même pour des fonds spéculatifs, l’ESG n’est pas forcément synonyme de baisses de performance.

La gestion alternative ne se résume pas aux hedge funds : le private equity est une autre classe d’actifs pouvant apporter de la diversification dans des marchés incertains et volatils. Mais lui aussi n’est pas exempt de critiques.

Comme le soulignait la passionnante étude de The Economist parue en février, des grands groupes cotés en Bourse ont dû se séparer d’actifs extrêmement rentables sous la pression de leurs investisseurs voulant respecter leurs critères environnementaux. Les grands noms du private equity (KKR, Blackstone, Carlyle) ont ainsi pu acheter pour 60 milliards de dollars d’actifs liés au pétrole, gaz et charbon. Il y a donc un paradoxe et une certaine hypocrisie : ces mêmes investisseurs (fonds de pension, fondations, fonds souverains…) poussent leurs participations cotées à sortir de ces actifs pour respecter leurs critères ESG et les rachètent à travers leur poche « private equity »,qui n’a pas ce type de contraintes.

Le bitcoin est souvent comparé par ses fans à l’or en plus efficient : le nombre de bitcoins en circulation a été limité dès sa conception, et il s’échange et se transporte plus facilement (un simple mot de passe). Il serait le seul refuge possible dans le monde inflationniste crée par la « folie » des banques centrales pendant la crise de la Covid.

Indépendamment de son caractère ô combien spéculatif, comme le montrent ses variations et tous les produits à effet de levier sur ce sous-jacent, il pose une vraie question de gaspillage énergétique, à l’heure du réchauffement climatique. Le Monde donne l’exemple de la plus grande usine de « minage » de bitcoins aux Etats-Unis, qui consommerait l’équivalent d’un demi-réacteur nucléaire ; le Guardian celui de la réouverture d’une mine de charbon dans le Montana pour satisfaire une autre entreprise de minage. Or les fans du bitcoin expliquent qu’au contraire, il est la solution pour l’optimisation et la rentabilité des énergies renouvelables. Fâcheux paradoxe !

Dans un environnement de marché complexe, s’ajoutent des contraintes ESG qui n’existaient pas il y a encore quelques années, ce qui rend la tâche des investisseurs, notamment institutionnels, encore plus difficile. Néanmoins, prendre un peu de recul et se poser les bonnes questions n’est pas si complexe. A moins que, comme Tartuffe, la tentation du rendement à tout prix pèse beaucoup plus lourd que les grands principes proclamés.

Denis Alexandre est professeur de finance et consultant en gestion des risques et marché de capitaux.

Intox économique: qui est responsable ?

Intox  économique: qui est responsable ?

 

 

Les fake news financières prolifèrent et une question agite le monde des médias : au-delà des hackers et des activistes de la désinformation, qui de l’entreprise émettrice ou des journalistes doit en être tenu responsable ? Quelles réponses et solutions concrètes peut-on apporter? Par Jérôme Lascombe, président de Wiztopic et cofondateur de Wiztrust.

 

En 2021, les fausses informations ont connu un essor sans précédent. On se souvient notamment des hackers ayant diffusé la fake news selon laquelle Walmart allait utiliser le Litecoin, pour manipuler le marché des cryptomonnaies et faire une grosse plus-value. Ou encore du groupe d’activistes qui, en avril, relaie l’information selon laquelle Galp abandonne sa participation dans le nord du Mozambique, afin de dénoncer les pratiques jugées peu éco-responsables du groupe pétrolier portugais.

Qu’il s’agisse de hackers ou d’activistes, chacun s’accorde à pointer ces acteurs comme les premiers responsables de la publication de ces fausses informations. Mais dans un contexte où ces acteurs sont insaisissables, une question devient de plus en plus prégnante : qui, de l’entreprise émettrice de l’information ou du média qui la relaye, doit aussi assumer une part de responsabilité dans la publication de ces fake news ?

D’un côté, les médias connaissent un afflux d’informations à traiter et à diffuser jamais connu auparavant. Face à cet amas de communiqués de presse, bon nombre de journalistes peinent à jongler entre la vérification de l’authenticité de l’information et la nécessité de la publier au plus vite. Ce phénomène est amplifié pour les agences de presse financière qui publient en temps réel.

En France, la jurisprudence montre la responsabilité des médias dans ces situations. On peut notamment citer la condamnation de l’agence Bloomberg qui, après avoir repris un faux communiqué de presse en novembre 2016, avait été condamnée en première instance par l’Autorité des marchés financiers (AMF) puis en appel à payer une forte amende.

D’un autre côté, l’AMF décrit ce qu’elle attend des entreprises émettrices d’informations dans l’article 221-4 de son Règlement Général. Celui-ci indique que « L’information réglementée est transmise aux médias dans son intégralité et d’une manière qui garantisse la sécurité de la transmission, minimise le risque de corruption des données et d’accès non autorisé et apporte toute certitude quant à la source de l’information transmise« .

De ce point de vue, l’entreprise émettrice a aussi des obligations en termes de sécurité et de traçabilité de son information, ne serait-ce que pour éviter que ces actionnaires fassent les frais d’une fake news. De fait, elle a une part de responsabilité si elle n’adopte pas de bonnes pratiques. Sans compter le fait que les wires, systèmes de diffusion de communiqués de presse, sont souvent considérés par les entreprises et par les médias comme des canaux assurant l’authenticité des informations… alors que ce n’est pas leur rôle.

La responsabilité de la publication des fake news dans le secteur économique est donc un vrai sujet, où toutes les parties prenantes de l’information peuvent être mises en cause, de l’émetteur de ces informations aux médias, en passant par les entreprises et les wires qu’elles utilisent. L’accélération du temps des médias et la diffusion des communiqués de presse de manière archaïque, via des boîtes emails non-sécurisées, créent un terrain idéal  pour hackers et activistes, qui s’emparent de cette situation pour manipuler les cours ou secouer la réputation des entreprises.

Mais si les nouvelles technologies sont à l’origine du phénomène, c’est aussi par elles que l’on peut trouver une solution. Certains médias et entreprises adoptent des solutions de certification basées sur la blockchain permettant de réduire drastiquement le risque de publication de fausses informations.

Côté entreprise, la blockchain permet de tracer une information, donc d’en authentifier la source, et de pouvoir confirmer qu’un communiqué de presse n’a pas été altéré. Côté média, elle permet de vérifier en temps réel l’émetteur de l’information. De quoi lutter contre les hackers et les activistes, sans alourdir les process des différentes parties prenantes de l’information.

C’est donc bien dans la blockchain qu’émergent les solutions les plus pérennes à ce souci de fake news. L’idée ? Utiliser cette technologie pour offrir aux investisseurs et aux médias la possibilité de vérifier en temps réel l’authenticité des informations qu’ils diffusent. Le tout pour, in fine, protéger leurs actionnaires de la désinformation, leurs dirigeants d’une usurpation d’identité, et remettre la responsabilité judiciaire de la fausse information entre les mains du réel coupable : le créateur de la fake news lui-même.

Le détournement de l’investissement responsable

Le détournement de l’investissement responsable

 

Les maisons de retraite Orpea, au centre d’un scandale de maltraitance de personnes âgées, avaient pourtant parmi les meilleures « notes » de respect de normes sociales, relève, dans sa chronique, Eric Albert, journaliste au « Monde ».

 

Chronique. Au départ, comme souvent en finance, se trouve une bonne idée. De plus en plus d’investisseurs souhaitent que leur argent se dirige vers des entreprises éthiques. C’est particulièrement vrai chez les jeunes générations qui ne veulent pas faire fructifier tabac, armes ou pollution.

De cette volonté, souvent sincère, est née une classification : des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont attribués aux entreprises. Progressivement, une véritable industrie a prospéré sur cette idée, déclinant de savantes études toujours plus sophistiquées sur les pratiques des sociétés, avec moult sigles, scores et tableaux comparatifs.

Jusqu’à 1 000 critères

Le MSCI World Index (anciennement Morgan Stanley Capital International), spécialisé dans la création d’indices boursiers, note l’ESG des entreprises de « CCC » à « AAA », sur un modèle rappelant les agences de notation. BlackRock, plus grande société d’investissement au monde, préfère attribuer des notes entre 0 et 40. ISS, une société de conseil, se vante d’analyser plus de 1 000 critères dans sa méthodologie.

La vacuité de ces classements est apparue avec le scandale des maisons de retraite Orpea. Le groupe est accusé de pratiques honteuses dans Les Fossoyeurs, le livre enquête de Victor Castanet (Fayard, 400 pages, 22,90 euros). Il y est question de personnes âgées laissées dans leurs excréments parce que les couches sont rationnées, de lits médicalisés défectueux, d’escarres grosses comme le poing, au nom d’une rentabilité financière effrénée.

Pourtant, dans son dernier rapport annuel, paru avant le scandale, l’entreprise se vantait de ses excellentes notes ESG. ISS lui donnait « C » alors que 75 % du secteur des maisons de retraite faisaient moins bien. Gaïa Rating lui attribuait 69 points, tandis que la moyenne du secteur était de 52. Comment Orpea a-t-il réussi ce miracle ? Le groupe expliquait « faire œuvre de transparence en répondant régulièrement aux questionnaires des agences de notation extrafinancières ». Il organisait aussi des visites des établissements pour les analystes ESG. Force est de constater que ceux-ci sont complètement passés à côté du problème.

Les fournisseurs de notes ESG n’utilisent pas toutes les mêmes critères ni les mêmes méthodes

Une bonne note ESG n’est pas un simple avantage marketing. Elle permet aussi d’attirer les investisseurs. Grâce à sa bonne note, Orpea s’est retrouvée présente dans toute une série d’indices boursiers soi-disant vertueux : FTSE4Good, Stoxx France 90 ESG-X, etc. Ces indices sont aujourd’hui très influents : un investisseur qui se veut « responsable » peut donner comme instruction d’y mettre son argent, sans nécessairement connaître dans le détail chacune des entreprises le composant.

Politique-Macron responsable de la droitisation du pays (Piketti) ?

Politique-Macron responsable de la droitisation du pays  (Piketti) ?

 

Le macronisme au pouvoir a déplacé une bonne partie des électeurs et des élus du centre gauche vers le centre droit, analyse l’économiste dans sa chronique au Monde.

 

Piketti, pourtant assez souvent pertinent , tombe sans doute dans le piège partisan en affirmant que Macron est le principal responsable de la droitisation dans le pays. En effet ,le paysage politique n’a pas eu tellement besoin de Macron pour glisser sous l’effet des désillusions de la gauche. Une gauche qui a beaucoup promis et n’a jamais tenu ses promesses. Pire qui est passée du discours radical voire révolutionnaire des campagnes électorales à la gestion la plus traditionnelle est la plus piteuse quand elle était au pouvoir. Une gauche de gouvernement qui sociologiquement n’a jamais été composé des couches moyennes et populaires qu’elle est supposée représenter. Bref jusque-là l’échec réitéré de la social-démocratie. Après celui de la SFIO, celui du parti socialiste. Et que dire des radicaux révolutionnaires écolos et autres gauchistes dans l’implantation dans les milieux populaires a toujours été relativement marginal voire nul.

 

Chronique. 

Comment expliquer la droitisation extrême du paysage politique français ? Même si la question est complexe et admet des réponses multiples, il ne fait guère de doute que l’expérience du macronisme porte une responsabilité écrasante.

Soyons clairs : la dispersion des candidatures à gauche et l’effet de découragement produit sur les électeurs contribuent aussi à expliquer cette situation. Cette explication est toutefois insuffisante. Si l’on additionne l’ensemble des candidats de gauche (socialistes, écologistes, « insoumis », communistes, etc.), on arrive péniblement, d’après la dernière enquête réalisée par Le Monde en décembre, à 27 % des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle prévu le 10 avril 2022, contre 29 % en totalisant les deux candidats d’extrême droite (Zemmour et Le Pen), 17 % pour la candidate de droite (Pécresse) et 24 % pour le président sortant, qui, pour simplifier, peut être placé au centre droit, et est d’ailleurs de plus en plus perçu comme tel par les électeurs. Nulle part chez nos voisins on n’observe une telle faiblesse de la gauche. Les partis sociaux-démocrates, socialistes, travaillistes ou démocrates sont au pouvoir en Allemagne et en Espagne, ou en situation d’y revenir lors des prochaines élections au Royaume-Uni et en Italie.

Il faut certes prendre en compte que le Parti socialiste a été au pouvoir en France pendant vingt ans au cours des quarante dernières années, ce qui a pu nourrir une lassitude particulière. Par comparaison, les sociaux-démocrates ont été au pouvoir seulement sept ans en Allemagne et les travaillistes treize ans au Royaume-Uni. Il n’y a qu’en Espagne que les socialistes ont été davantage au pouvoir, ce qui a d’ailleurs fini par alimenter une scission au sein de la gauche, avec l’émergence de Podemos, que les deux partis ont eu bien du mal à surmonter, pour finalement gouverner ensemble. En France, il aurait sans doute fallu que le centre gauche reconnaisse ses erreurs au pouvoir et se tourne davantage vers La France insoumise après la débâcle de 2017. Cela n’aurait peut-être pas suffi, mais il est toujours temps d’essayer.

La droitisation extrême du paysage politique français peut également s’expliquer par d’autres facteurs spécifiques, à commencer par un traumatisme postcolonial et franco-algérien particulièrement virulent en France. La nostalgie de l’Algérie française et le terreau xénophobe qui entoure ces plaies toujours vives ont ainsi joué un rôle central dans l’émergence du lepénisme comme du zemmourisme.

Macron responsable de la droitisation du pays (Piketti) ?

  Macron responsable de la droitisation du pays  (Piketti) ?

 

Le macronisme au pouvoir a déplacé une bonne partie des électeurs et des élus du centre gauche vers le centre droit, analyse l’économiste dans sa chronique au Monde.

 

Piketti, pourtant assez souvent pertinent , tombe sans doute dans le piège partisan en affirmant que Macron est le principal responsable de la droitisation dans le pays. En effet ,le paysage politique n’a pas eu tellement besoin de Macron pour glisser sous l’effet des désillusions de la gauche. Une gauche qui a beaucoup promis et n’a jamais tenu ses promesses. Pire qui est passée du discours radical voire révolutionnaire des campagnes électorales à la gestion la plus traditionnelle est la plus piteuse quand elle était au pouvoir. Une gauche de gouvernement qui sociologiquement n’a jamais été composé des couches moyennes et populaires qu’elle est supposée représenter. Bref jusque-là l’échec réitéré de la social-démocratie. Après celui de la SFIO, celui du parti socialiste. Et que dire des radicaux révolutionnaires écolos et autres gauchistes dans l’implantation dans les milieux populaires a toujours été relativement marginal voire nul.

 

Chronique.

Comment expliquer la droitisation extrême du paysage politique français ? Même si la question est complexe et admet des réponses multiples, il ne fait guère de doute que l’expérience du macronisme porte une responsabilité écrasante.

Soyons clairs : la dispersion des candidatures à gauche et l’effet de découragement produit sur les électeurs contribuent aussi à expliquer cette situation. Cette explication est toutefois insuffisante. Si l’on additionne l’ensemble des candidats de gauche (socialistes, écologistes, « insoumis », communistes, etc.), on arrive péniblement, d’après la dernière enquête réalisée par Le Monde en décembre, à 27 % des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle prévu le 10 avril 2022, contre 29 % en totalisant les deux candidats d’extrême droite (Zemmour et Le Pen), 17 % pour la candidate de droite (Pécresse) et 24 % pour le président sortant, qui, pour simplifier, peut être placé au centre droit, et est d’ailleurs de plus en plus perçu comme tel par les électeurs. Nulle part chez nos voisins on n’observe une telle faiblesse de la gauche. Les partis sociaux-démocrates, socialistes, travaillistes ou démocrates sont au pouvoir en Allemagne et en Espagne, ou en situation d’y revenir lors des prochaines élections au Royaume-Uni et en Italie.

Il faut certes prendre en compte que le Parti socialiste a été au pouvoir en France pendant vingt ans au cours des quarante dernières années, ce qui a pu nourrir une lassitude particulière. Par comparaison, les sociaux-démocrates ont été au pouvoir seulement sept ans en Allemagne et les travaillistes treize ans au Royaume-Uni. Il n’y a qu’en Espagne que les socialistes ont été davantage au pouvoir, ce qui a d’ailleurs fini par alimenter une scission au sein de la gauche, avec l’émergence de Podemos, que les deux partis ont eu bien du mal à surmonter, pour finalement gouverner ensemble. En France, il aurait sans doute fallu que le centre gauche reconnaisse ses erreurs au pouvoir et se tourne davantage vers La France insoumise après la débâcle de 2017. Cela n’aurait peut-être pas suffi, mais il est toujours temps d’essayer.

La droitisation extrême du paysage politique français peut également s’expliquer par d’autres facteurs spécifiques, à commencer par un traumatisme postcolonial et franco-algérien particulièrement virulent en France. La nostalgie de l’Algérie française et le terreau xénophobe qui entoure ces plaies toujours vives ont ainsi joué un rôle central dans l’émergence du lepénisme comme du zemmourisme.

Covid 19 : le laxisme européen responsable de la pandémie (OMS)

Covid 19 : le laxisme européen responsable de la pandémie (OMS)

Avec plus de 2,5 millions de cas et près de 30.000 morts enregistrés depuis une semaine, le Vieux Continent est de loin la région du monde la plus touchée par la pandémie, selon les données officielles collectées par l’AFP. Et la tendance reste à la hausse.

L’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire dans le Vieux continent. L’OMS s’est inquiétée dans un communiqué publié mardi 23 novembre de l’ »emprise » de la pandémie de Covid-19 en Europe, estimant qu’elle pourrait être à l’origine de 700 000 morts de plus dans le continent, d’ici le printemps 2022. Si ce scénario se confirmait, il y porterait le nombre total de décès à 2,2 millions.

« On peut s’attendre à ce que les lits d’hôpitaux soient soumis à une pression élevée ou extrême dans 25 pays et à une pression élevée ou extrême dans les unités de soins intensifs dans 49 des 53 pays d’ici au 1er mars 2022. Les décès cumulés signalés devraient atteindre plus de 2,2 millions d’ici le printemps prochain, sur la base des tendances actuelles », a expliqué l’organisation dans un communiqué.

Actuellement, plus de 1,5 million de personnes sont mortes du Covid-19 dans la région.

Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison de la prévalence du variant Delta hautement contagieux, d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement prématuré des mesures anti-Covid-19.

Selon ses données, les décès liés à la pandémie ont plus que doublé depuis fin septembre, passant de 2 100 par jour à près de 4 200 quotidiens.

Covid : le laxisme européen responsable de la pandémie (OMS)

Covid : le laxisme européen responsable de la pandémie (OMS)

En dépit du haut niveau de vaccination en Europe, le laxisme général des gouvernements a grandement favorisé la diffusion de la cinquième vague. Une nouvelle fois l’Europe a considéré  prématurément que la pandémie était terminée et a autorisé depuis l’été un énorme brassage de population à l’origine de la diffusion de la maladie. Ou quand la démagogie prend le pas sur l’intérêt général. Avec plus de 2,5 millions de cas et près de 30.000 morts enregistrés depuis une semaine, le Vieux Continent est de loin la région du monde la plus touchée par la pandémie, selon les données officielles collectées par l’AFP. Et la tendance reste à la hausse.

L’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire dans le Vieux continent. L’OMS s’est inquiétée dans un communiqué publié mardi 23 novembre de l’ »emprise » de la pandémie de Covid-19 en Europe, estimant qu’elle pourrait être à l’origine de 700 000 morts de plus dans le continent, d’ici le printemps 2022. Si ce scénario se confirmait, il y porterait le nombre total de décès à 2,2 millions.

« On peut s’attendre à ce que les lits d’hôpitaux soient soumis à une pression élevée ou extrême dans 25 pays et à une pression élevée ou extrême dans les unités de soins intensifs dans 49 des 53 pays d’ici au 1er mars 2022. Les décès cumulés signalés devraient atteindre plus de 2,2 millions d’ici le printemps prochain, sur la base des tendances actuelles », a expliqué l’organisation dans un communiqué.

Actuellement, plus de 1,5 million de personnes sont mortes du Covid-19 dans la région.

Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison de la prévalence du variant Delta hautement contagieux, d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement des mesures anti-Covid-19.

Selon ses données, les décès liés à la pandémie ont plus que doublé depuis fin septembre, passant de 2 100 par jour à près de 4 200 quotidiens.

Covid Europe: le laxisme responsable de la pandémie (OMS)

Covid Europe: le laxisme responsable de la pandémie (OMS)

Avec plus de 2,5 millions de cas et près de 30.000 morts enregistrés depuis une semaine, le Vieux Continent est de loin la région du monde la plus touchée par la pandémie, selon les données officielles collectées par l’AFP. Et la tendance reste à la hausse.

L’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire dans le Vieux continent. L’OMS s’est inquiétée dans un communiqué publié mardi 23 novembre de l’ »emprise » de la pandémie de Covid-19 en Europe, estimant qu’elle pourrait être à l’origine de 700 000 morts de plus dans le continent, d’ici le printemps 2022. Si ce scénario se confirmait, il y porterait le nombre total de décès à 2,2 millions.

« On peut s’attendre à ce que les lits d’hôpitaux soient soumis à une pression élevée ou extrême dans 25 pays et à une pression élevée ou extrême dans les unités de soins intensifs dans 49 des 53 pays d’ici au 1er mars 2022. Les décès cumulés signalés devraient atteindre plus de 2,2 millions d’ici le printemps prochain, sur la base des tendances actuelles », a expliqué l’organisation dans un communiqué.

Actuellement, plus de 1,5 million de personnes sont mortes du Covid-19 dans la région.

Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison de la prévalence du variant Delta hautement contagieux, d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement des mesures anti-Covid-19.

Selon ses données, les décès liés à la pandémie ont plus que doublé depuis fin septembre, passant de 2 100 par jour à près de 4 200 quotidiens.

Hausse du prix du gaz : L’Europe responsable

Hausse du prix du gaz : L’Europe responsable

 

Le prix du gaz est en forte augmentation depuis le début de l’été en Europe et en Asie. Le 15 septembre, il a atteint 79,31 euros le mégawattheure, un plus haut historique sur le marché européen, avec une augmentation de plus de 30 % en une semaine. Plus de 40 eurodéputés ont demandé à la Commission d’ouvrir une enquête sur les agissements du fournisseur russe Gazprom, qu’ils suspectent de manipulation du marché. Le sujet devrait s’inviter à la table des ministres européens de l’Energie, qui se réunissent mercredi et jeudi.

 

 Par Thierry Bros est professeur à Sciences Po, spécialiste de la géopolitique de l’énergie, considère que l’Europe est responsable de la flambée des prix du gaz( l’Opinion, extrait)

Comment expliquez-vous l’augmentation du prix du gaz ?

Pour bien comprendre l’évolution d’un marché, il faut regarder trois variables. Commençons par la demande, qui revient au même niveau que 2019, après avoir baissé pendant la pandémie. Or, pendant ce temps-là, les industriels ont très peu investi, ce qui est à l’origine d’un déclin naturel des champs de gaz, occasionnant une baisse d’environ 1 % des capacités de production mondiales en dix-huit mois et donc une offre plus faible. Dernière variable : les stocks, qui baissent mécaniquement quand le marché est tendu, et sont actuellement très bas pour la période.

La Russie cherche-t-elle à tendre le marché pour obtenir la mise en service du gazoduc Nord Stream 2 ?

Je ne crois pas. La mise en service d’un gazoduc est compliquée techniquement, et Nord Stream 2 (NS2) ne sera sans doute pas opérationnel avant plusieurs années. Pour l’heure, Gazprom dévoile ses objectifs d’exportations vers l’Europe en précisant « avec ou sans NS2 ». D’un autre côté, il est vrai que la Russie exprime son mécontentement par son attitude. Gazprom remplit ses obligations contractuelles mais refuse de faire transiter des volumes additionnels via l’Ukraine. Moscou est mécontent car à Bruxelles, le dogme a changé : ce qu’on appelait « gaz naturel » est devenu « gaz fossile ». Je crois donc que les Russes voudraient que les Européens fassent le geste que Joe Biden a consenti sur le pétrole par rapport à l’Opep le 11 août : reconnaître qu’ils ont besoin de plus de gaz. Enfin, les règles de concurrence européenne imposent qu’aucun opérateur ne dépasse 40 % du marché. Gazprom ne peut donc pas faire transiter plus de gaz, à moins de s’exposer à une enquête de la Commission.

Pour vous, les Européens sont donc les principaux responsables de l’augmentation du prix du gaz ?

Absolument, oui. Les responsables politiques et l’Agence internationale de l’énergie diabolisent le gaz et disent qu’il ne faut plus investir. Avec le Pacte vert, la Commission ne se focalise que sur l’hydrogène à l’horizon 2050 en omettant de dire comment les Européens vont se chauffer et se nourrir d’ici là. On va se retrouver dans une situation de rationnement par le prix, mais personne ne le dit aux peuples. Et pour éviter les black-out, on risque de devoir rallumer les centrales à charbon, comme on le fait déjà dans certains pays européens. Sans compter que l’augmentation des prix affecte encore plus durement les pays asiatiques comme l’Inde.

« Soit on continue, face à des prix élevés, à faire de plus en plus de “chèques énergie” pour permettre aux consommateurs de payer leurs factures. Soit on revient aux fondamentaux en se focalisant de nouveau sur notre sécurité d’approvisionnement à des coûts acceptables »

Que peut-on attendre de la réunion des ministres de l’Energie européens ?

Ils ne sont certainement pas en capacité de freiner la flambée des prix. Mais ils sont à la croisée des chemins : maintenant que nous sommes à quelques mètres du mur, faut-il encore accélérer ou essayer de minimiser les dégâts ? Soit on continue, face à des prix élevés, à faire de plus en plus de « chèques énergie » pour permettre aux consommateurs de payer leurs factures. Soit on revient aux fondamentaux en se focalisant de nouveau sur notre sécurité d’approvisionnement à des coûts acceptables.

Intelligence artificielle: qui sera responsable ?

Intelligence artificielle: qui sera responsable ? 

Un article particulièrement intéressant de Patrice Cailleba dans l’opinion

 

Au-delà de son acronyme même, l’IA constitue clairement une dyade au sens d’Edgar Morin, à savoir une dialogique où les termes sont « complémentaires, concurrents et antagonistes ». Il n’y a pas de solution à cette dialogique qui puisse dépasser et supprimer ce qui n’est pas toujours une contradiction. Il s’agit plutôt d’une unité complexe entre deux logiques concurrentes et antagonistes.

Concrètement, l’unité complexe de l’IA se retrouve et se prolonge au travers de dialectiques qui peuvent être comprises sous forme de trois interrogations. Dans son essai sur l’Essence du politique en 1965, Julien Freund les avait identifiés sans savoir qu’elles s’appliqueraient un jour à l’IA. Il s’agit respectivement de la dialectique du commandement et de l’obéissance (qui commande ou obéit : la machine ou l’individu ?) ; de la dialectique du privé et du public (quelles données doivent conserver un caractère privé ?) ; et de la dialectique de l’ami et de l’ennemi (qui, dans l’IA, est le vrai responsable : le concepteur, l’utilisateur, le fournisseur d’IA ou la machine elle-même ?). Répondre à ces questions revient à examiner certaines réalités propres à l’IA.

Les acteurs concernés par les trois dialectiques recoupent une myriade d’individus. Le problème de cette multiplicité d’acteurs n’empêche pas de considérer les responsabilités de chacun lorsqu’ils ont contribué à un évènement indésirable : c’est l’essence même des systèmes juridiques. Néanmoins, il convient d’en discuter régulièrement et de clarifier à la fois les attentes de la société civile à leurs égards et les marges de manœuvre de ces mêmes acteurs.

Ensuite, le fonctionnement même de l’IA, c’est-à-dire la manière dont les résultats sont obtenus, peut être opaque, a fortiori lorsque les technologies employées sont évolutives (voir le machine learning et le deep learning). Il est alors rendu difficile de rendre responsable quiconque d’un résultat lorsque nul ne peut expliquer comment ce dernier a été obtenu (biais humain ou autonomie de l’IA ?). Il ne peut exister dès lors un « vide de responsabilité » qui ferait des développeurs – ou de leurs programmes en tant que tels – les seuls responsables. A quand le procès d’un algorithme comme on faisait au Moyen-Âge le procès de certains animaux ?

Dimension spatio-temporelle. Enfin, la dimension spatio-temporelle de l’impact de l’IA ébranle l’idée même d’une responsabilité unique et individuelle. En effet, nulle autre technologie ne peut à ce point s’étendre aussi rapidement sur l’ensemble de la planète. De plus, l’interaction des systèmes algorithmiques rend possible deux écueils.

D’un côté, chaque individu ne peut, ni ne veut, assumer qu’une petite part de responsabilité en tant que partie prenante dans l’IA, à savoir comme créateur, développeur et/ou utilisateur. De l’autre côté, l’inclination naturelle à chercher des boucs émissaires questionne l’arrêt possible d’une IA. En même temps, se pose la question du rapport coût/bénéfice de chaque innovation dans les sociétés occidentales qui ont de plus en plus de mal à accepter l’idée même de risque (voir les polémiques sur les vaccins).

Il faut penser la relation homme-machine que permet l’IA au travers de la responsabilité donnée, voire imposée, à l’individu

Si répondre aux questions posées par l’IA est délicat, la raison en est que les dialectiques qui les sous-tendent sont complémentaires. Aucune réponse proposée à ces questions ne peut faire l’économie des deux autres. Toutefois, elles ne sont pas d’égale importance dans la mesure où l’une subordonne les deux autres. La question de la responsabilité est effectivement première tant la responsabilité de l’individu ne peut, ni ne doit s’effacer au « profit » de la machine ou au détriment des individus.

Il faut donc penser la relation homme-machine que permet l’IA au travers de la responsabilité donnée, voire imposée, à l’individu. Ceci est d’autant plus nécessaire et pertinent que les études menées depuis vingt ans montrent que l’intégration homme-machine réduit non seulement les biais humains mais aussi les biais homme-machine. Ainsi l’intégration entre automatisation et augmentation permise par l’IA doit-elle absolument conserver, à défaut de renforcer, la dimension de la responsabilité humaine. Encore faut-il examiner de près ce que cette responsabilité a de particulier au sein de l’IA.

Les utilisateurs (personnes privées et/ou institutions publiques) de l’IA s’accordent sur l’idée que les personnes qui développent et déploient des systèmes d’IA doivent assumer les conséquences indésirables de leurs actes, tout autant qu’elles tirent profit de leurs services. Inversement, les concepteurs et les déployeurs de l’IA pensent de même en ce qui concerne les utilisateurs qui cèdent leurs données pour en bénéficier ultérieurement : ils sont le produit qu’ils utilisent et en sont donc directement responsables.

Parce que ces considérations sont aussi légitimes les unes que les autres, elles doivent être examinées ensemble. Ainsi la notion de responsabilité au sein de l’IA doit-elle remplir, tout à la fois, les conditions suivantes. La première condition est que la personne qui prête ses données doit confirmer qu’elle se défait temporairement de sa responsabilité qu’elle pourra reprendre le cas échéant. La deuxième condition renvoie à la propre responsabilité de l’organisation qui crée les algorithmes en cas d’effet indésirable. Dans ce cas, elle s’engage à corriger le programme. La troisième condition a trait à l’organisation qui déploie l’IA et exploite les données qu’elle en tire : cette dernière doit assumer sa responsabilité dans leur bonne utilisation vis-à-vis des autres parties prenantes, mais aussi vis-à-vis de concurrents potentiels qui auront tôt fait de la délégitimer afin de la remplacer.

 

FÉMINICIDE EN MOSELLE: un réfugié politique délinquant responsable

FÉMINICIDE EN MOSELLE: un réfugié politique délinquant responsable

Le compagnon de la femme de 21 ans tuée de plusieurs coups de couteau en pleine rue lundi matin a été interpellé ce lundi à Hayange (Moselle), a-t-on appris cet après-midi par la police judiciaire dans un appartement de cette même ville, au domicile d’une de ses connaissances. Il s’agit d’un réfugiée politique kosovare.

L’homme a été placé en garde à vue pour « homicide par conjoint », et la personne qui l’hébergeait a aussi été placée en garde à vue pour « recel de malfaiteurs ». La police judicaire de Metz s’est saisie de l’enquête.

. L’homme de 23 ans est connu des services de police et avait été condamné en comparution immédiate à un an de prison ferme avec mandat de dépot le 26 novembre 2020 pour une somme de délits routiers graves (conduite sans permis, en état d’ivresse, excès de vitesse…).

Après une première demande d’aménagement de peine refusée par la justice, la fin de sa peine de prison avait finalement été aménagée, et il se trouvait donc sous bracelet électronique à domicile depuis le 12 mai dernier. Ce bracelet a été retrouvé coupé au domicile du couple.

Le froid responsable de la pénurie mondiale de plastique

Le froid responsable de la pénurie mondiale de plastique

Christopher M. Matthews, Austen Hufford et Collin Eaton dans le Wall Street Journal expliquent les raisons de la pénurie mondiale.

La vague de froid qui a frappé le Texas en février a provoqué des pannes de courant à grande échelle dans l’Etat et a entraîné la fermeture de sites pétrochimiques. La suspension de leurs activités perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales et entraîne une pénurie des matières premières nécessaires à la fabrication de toutes sortes de produits, des masques médicaux aux smartphones.

Les pannes d’électricité ont paralysé le plus grand complexe pétrochimique du monde, obligeant à mettre à l’arrêt davantage d’usines dans la région du golfe du Mexique que lors de l’ouragan Harvey en 2017. Un mois plus tard, nombre d’entre elles est toujours fermé, et les analystes estiment qu’il pourrait s’écouler encore des mois avant qu’elles ne soient toutes complètement remises en service.

Les prix du polyéthylène, du polypropylène et d’autres composés chimiques utilisés pour la fabrication de pièces automobiles, d’ordinateurs et de nombreux de produits en plastique ont atteint leurs niveaux records depuis des années aux Etats-Unis, en raison de la contraction de l’offre. Les cours du chlorure de polyvinyle, ou PVC, ont par exemple plus que doublé depuis l’été dernier, selon S&P Global Platts.

« Nous ne savions pas qu’autant de produits venaient de la région du golfe du Mexique. Je préviens les gens que ça va être horrible. Il va y avoir une grosse bataille pour se procurer des matériaux »

Selon les entreprises et les analystes, cette situation devrait entraîner des augmentations de coûts et des retards pour les constructeurs automobiles et de logements ainsi que pour d’innombrables autres entreprises. L’impact sera également ressenti, en bout de chaîne, par les consommateurs. Cette chute de l’offre témoigne du coût économique de plus en plus lourd d’une tempête qui a mis à l’arrêt un tiers de la production de gaz naturel au Texas et contraint certains fabricants de puces à réduire leur production, aggravant ainsi la pénurie de semi-conducteurs.

Honda a annoncé mercredi qu’il allait interrompre la production dans la plupart de ses usines automobiles américaines et canadiennes la semaine prochaine, en raison de problèmes liés à ses chaînes d’approvisionnement, qui sont notamment dus aux conséquences des tempêtes hivernales aux Etats-Unis. Toyota a indiqué avoir été récemment informé qu’une pénurie de produits pétrochimiques allait affecter le fonctionnement de ses usines automobiles. Le fabricant de peinture PPG Industries a déclaré qu’un certain nombre de ses fournisseurs était touché par les problèmes survenus au Texas et Container Store Group, un spécialiste des produits de stockage et de rangement, a prévenu que ces pénuries pourraient grever ses marges.

John Schiegg, vice-président en charge de la chaîne d’approvisionnement de David Weekley Homes, un constructeur de maisons basé à Houston, explique que les fournisseurs lui ont annoncé qu’il fallait s’attendre à des pénuries sur nombre de matériaux, des revêtements aux colles en passant par les isolants. Cela se traduira par des retards dans les mises en chantier et de nouvelles augmentations de prix pour les acheteurs de maisons, alors que les prix de l’immobilier ont déjà grimpé dans le contexte actuel de pénurie de logements, précise-t-il.

M. Schiegg ajoute que plusieurs fabricants de tuyaux en PVC avaient déclaré peu après la tempête qu’ils ne pourraient pas remplir leurs engagements contractuels. Mais il reconnaît avoir été surpris lorsque d’autres fournisseurs ont signalé des ruptures de stock la semaine dernière.

« Nous ne savions pas qu’autant de produits venaient de la région du golfe du Mexique, poursuit M. Schiegg. Je préviens les gens que ça va être horrible. Il va y avoir une grosse bataille pour se procurer des matériaux. »

Kim Anders, responsable de la chaîne d’approvisionnement chez Premier, une centrale d’achat d’équipements hospitaliers, explique qu’il y avait déjà une pénurie de bacs pour objets piquants, où sont jetées les seringues usagées, en raison de la forte demande liée aux campagnes de vaccination. Les hôpitaux ont donc décidé d’attendre que ces contenants soient pleins avant de les jeter, au lieu de le faire chaque semaine, précise-t-elle.

De nombreuses entreprises chimiques refusent de communiquer sur l’état de leurs usines. Une porte-parole de Dow a indiqué que l’entreprise avait fermé plusieurs sites au Texas et en Louisiane en raison du gel.

« Nous nous attendons à ce que les retombées sur les produits et les filières d’approvisionnement, ainsi que celles subies par d’autres secteurs, créent des conditions d’approvisionnement très tendues sur nos principales chaînes de valeur », a toutefois fait savoir la porte-parole.

Les conséquences de la tempête glaciale au Texas aggravent les problèmes auxquels est confrontée une chaîne d’approvisionnement mondiale lourdement affectée par la pandémie de Covid-19 et qui peine à répondre à la demande depuis un an. Le virus a déclenché une hausse des achats de nombreux biens, les consommateurs restant cloîtrés chez eux, tout en rendant leur production plus difficile, compte tenu du renforcement des consignes sanitaires pour les employés et des exigences de distanciation sociale.

L’année dernière, une saison riche en ouragans le long de la côte américaine du golfe du Mexique avait fortement participé à perturber les marchés. Les prix des matières premières pétrochimiques étaient déjà à leur plus haut niveau depuis des années avant la vague de froid au Texas. Certaines entreprises estiment que ces événements ont pour résultat la plus grave pénurie de matières premières qu’elles aient connue depuis des décennies.

« C’est un désastre total, assure Josh Lee, responsable financier du distributeur de produits chimiques CJ Chemicals, qui estime qu’environ 70 % des produits vendus par son entreprise sont concernés. Nous subissions déjà des pénuries avant la tempête de neige. »

Mike Mallon, directeur commercial chez American Packaging, qui fabrique des emballages souples produits sur des sites situés dans le Wisconsin et à New York, note que la hausse des prix du polypropylène et du polyéthylène est la plus importante et la plus rapide depuis au moins dix ans. Il estime que les cours risquent de ne pas baisser avant le quatrième trimestre, ce qui entraînerait une hausse des tarifs pour les consommateurs.

« Toute hausse imprévue doit être répercutée car les entreprises ne peuvent pas l’absorber », assure M. Mallon.

La côte américaine du golfe du Mexique a connu une vague d’implantations d’usines pétrochimiques au cours des deux dernières décennies, après le boom de la fracturation hydraulique qui a permis d’exploiter de grandes quantités de gaz naturel américain et d’autres sous-produits de combustibles fossiles pouvant être transformés en produits chimiques et en plastiques.

Cet essor a contribué à faire des Etats-Unis l’un des plus grands exportateurs de plastiques et autres produits pétrochimiques au cours de ces dernières années. Mais la tempête hivernale a mis en évidence la grande fragilité de dizaines de sites qui s’étendent de Corpus Christi (Texas) à la Nouvelle-Orléans.

« Ces produits sont utilisés dans tous les domaines, et soudainement tout cela se retrouve en danger, observe Robert Handfield, professeur de gestion de la chaîne d’approvisionnement à l’Université d’Etat de Caroline du Nord. Cela révèle de sérieux problèmes. »

En février, alors que la tempête battait son plein et interrompait la production d’électricité, les usines pétrochimiques ont été contraintes de couper le courant, les régulateurs texans tentant de préserver la capacité résiduelle du réseau. Les usines qui produisaient leur propre électricité ont eu du mal à se procurer du gaz naturel pour les alimenter, avec le gel des puits et l’effondrement de la production gazière au Texas.

La mise à l’arrêt soudaine et imprévue de certaines des plus grandes usines de production du pays est intervenue en l’espace de quelques heures. Au plus fort de ces fermetures forcées, 75 % des capacités de production de polyéthylène étaient hors service, tout comme 62 % de celles de polypropylène et 57 % de celles de PVC, selon S&P Global Platts.

Le manque d’électricité a été aggravé par la pénurie d’eau — dont une grande quantité est nécessaire aux procédés industriels — et d’azote — un composant essentiel utilisé dans les usines pour prévenir les incendies. Le froid glacial a duré plusieurs jours, exposant des millions de mètres de tuyaux et d’équipements métalliques situés en surface à des températures excessivement basses.

« Les conséquences ont été pires qu’avec les plus violents ouragans, même Harvey », observe Kristen Hays, responsable du marché mondial des polymères chez S&P Global Platts.

« Les gens pensent qu’il suffit d’appuyer sur un interrupteur. Mais, en réalité, à chaque fois que vous devez arrêter aussi rapidement une grande installation qui fonctionne avec des matières dangereuses, des températures et des pressions extrêmes, vous devez faire attention »

Les dirigeants d’usines ont passé des semaines inspecter leurs installations à la recherche de fuites, un travail laborieux qui a rendu de nombreuses usines inexploitables malgré la restauration du courant. Plus d’une vingtaine de sites sont toujours hors service, selon le décompte le plus récent de S&P Global Platts.

Mettre en route une usine fait partie des opérations les plus dangereuses sur les sites pétrochimiques. En 2005, quinze travailleurs avaient été tués lors du redémarrage d’une raffinerie de BP à Texas City, au Texas, à cause de l’inflammation d’un nuage de gaz.

« Les gens pensent qu’il suffit d’appuyer sur un interrupteur, note Hector Rivero, président du Texas Chemical Council, un groupement industriel. Mais, en réalité, à chaque fois que vous devez arrêter aussi rapidement une grande installation qui fonctionne avec des matières dangereuses, des températures et des pressions extrêmes, vous devez faire attention. »

A la suite de l’ouragan Harvey, le Chemical Safety and Hazard Investigation Board des Etats-Unis avait demandé aux sociétés du secteur pétrochimique d’être mieux préparées aux phénomènes météorologiques extrêmes, toujours plus probables. Les entreprises exposées aux catastrophes dans le golfe du Mexique doivent désormais réévaluer les risques après deux tempêtes dévastatrices en l’espace de cinq ans, détaille Rich Sorkin, directeur général de Jupiter Intelligence, qui analyse les dangers potentiels liés au changement climatique, notamment pour les entreprises de la chimie.

Comme les usines redémarrent lentement, il faudra des mois pour que les stocks se reconstituent, et les prix ne reviendront probablement à la normale qu’en juin, indique Joel Morales, analyste chez IHS Markit.

Jason Keiswetter, président de Petoskey Plastics, qui fabrique des housses de sièges de voiture, des blouses de protection pour le personnel médical et de nombreux autres produits, explique que le coût de ses matières premières a augmenté de près de 150 % par rapport à l’été dernier, car les fournisseurs — qui avaient déjà annoncé des augmentations de prix avant la tempête au Texas — en ont décidé d’autres depuis.

« Ma famille fait ce métier depuis cinquante ans, ajoute-t-il. Nous n’avons jamais vu le coût des matières premières monter en flèche de cette manière. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

La France responsable de l’analphabétisme en Algérie !

La France responsable de l’analphabétisme en Algérie !

Il faut vraiment que la technostructure algérienne qui pille le pays depuis 60 ans soit aux abois politiques pour utiliser l’argument de la culpabilité française en matière d’alphabétisation. C’est pourtant ce qu’a osé un responsable algérien,  le conseiller pour les questions mémorielles du président algérien Abdelmadjid Tebboune, selon des propos rapportés dimanche par plusieurs quotidiens locaux.

Il  y a pourtant 60 ans que l’Algérie est indépendante et qu’elle n’a pas été capable du moindre progrès social, économique, culturel et sociétal. Les dirigeants ont maintenu la population dans un état de sous-culture dramatique qui fait que le pays ne dispose pratiquement que des ressources du pétrole et n’a pas été capable de mettre en œuvre une économie moderne et une société évoluée.

La vérité pourtant connue la technostructure héritière du FLN s’est appropriée toute la richesse de l’Algérie laissant la population dans une misère noire et la privant par ailleurs du droit à l’expression démocratique la plus élémentaire. La vérité c’est que la technostructure appuyée par l’armée se partage le magot depuis 60 ans et que leur seul argument de défense est d’en attribuer la responsabilité à la colonisation de la France ! Pourquoi pas aussi au pape puisque parallèlement on est aussi engagé dans une guerre de civilisation et de religion.

D’après les médias, il a souligné, en citant «les historiens», sans les nommer, qu’au début de la colonisation française, en 1830, «le taux d’analphabétisme (en Algérie, NDLR) n’approchait pas les 20% de la population». «Et tous les Algériens lisaient et écrivaient. Pendant les trente premières années de colonisation, la France avait éliminé les personnes qui lisaient et qui écrivaient. Il s’en est suivi l’ère du pillage», a accusé M. Chikhi qui s’est exprimé samedi lors d’une «Journée du savoir», organisée au centre des archives à Alger. Il a par ailleurs annoncé la tenue prochaine d’une «conférence nationale sur la mémoire».

 

On peut comprendre que dans ces conditions la France ait cru bon d’annuler le voyage du Premier ministre français à Alger. Le problème est que le pouvoir algérien actuel n’a plus de légitimité démocratique, qu’il est au bout de son parcours pour avoir pillé le pays et que son lamentable argumentaire se limite à tenter de réveiller le nationalisme pour faire oublier le mécontentement interne.

 

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol