Archive pour le Tag 'responsable'

États généraux de la communication : publicité «plus responsable» !

États généraux de la communication : publicité «plus responsable» !

Un rapport  sur la publicité et la transition écologique, «première dans l’histoire environnementale française», a été remis aux ministres Élisabeth Borne (Transition écologique) et Brune Poirson (antigaspillage et économie circulaire). Il recommande, au regard de la transition écologique, la mise en place d’une stratégie de neutralité climatique, une mise en cohérence de la réglementation sur la publicité extérieure, une relance des initiatives pour une publicité plus responsable et une amélioration des mécanismes de régulation. L’idée serait notamment d’engager la profession à atteindre la neutralité carbone en 2050 et l’obliger à du reporting climatique. Parmi les autres propositions: éliminer les représentations défavorables au climat, interdire de publicité les produits ou services en fin de vie ou encore bannir la publicité tractée par voie aérienne.

Coronavirus: la surconcentration urbaine responsable

Coronavirus: la surconcentration urbaine responsable

La  surmortalité a atteint le double de la moyenne nationale dans les métropoles et les grandes villes .  les régions Île-de-France et Grand Est sont plus touchées par cet excédent de mortalité. Mais cette étude permet surtout de voir avec plus de précision le surcroît de décès en fonction de la taille des communes. Dans villes les plus denses, la surmortalité atteint ainsi 49 %, contre 26 % pour l’ensemble de la France. «La hausse des décès est plus forte dans les territoires densément peuplés bien que la population y soit en moyenne plus jeune», résume l’Insee. À l’inverse, dans les territoires moins denses, «les décès en 2020 sont plutôt stables par rapport aux années précédentes». Pourtant, ces communes moins peuplées abritent une population «en moyenne plus âgée, et donc plus fragile face au Covid-19»«Les interactions entre individus sont moins fréquentes et donc le risque de contamination plus faible», avance l’étude comme principale explication à ce phénomène.

Les grandes agglomérations, même proches, n’ont cependant pas toutes été touchées avec la même force par cette vague de décès. Il semble qu’il y ait un lien avec la situation sociale des zones intéressées.

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

Il s’agit de « l’un des plus gros piratages de données de l’histoire », avec environ 145 millions de victimes aux Etats-Unis, a rappelé le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une conférence de presse. Des clients d’Equifax, dont le rôle est de collecter des données personnelles de consommateurs sollicitant un crédit, avaient également été affectés au Canada et au Royaume-Uni.

Après deux ans d’enquête, Wu Zhiyong, Wang Qian, Xu Ke et Liu Lei ont été inculpés la semaine dernière à Atlanta pour association de malfaiteurs en vue de commettre une fraude informatique, de l’espionnage économique et une fraude aux communications.

Membres d’une unité de recherche de l’armée chinoise, ils se trouvent en Chine et ne peuvent être arrêtés. « Mais un jour, ils commettront une erreur et nous serons là », a assuré le directeur adjoint de la police fédérale, David Bowdich.

Ils sont accusés d’avoir exploité une faille dans un logiciel utilisé par Equifax sur son site de résolution des litiges. Une fois introduits dans le système informatique de l’agence, ils sont soupçonnés d’avoir obtenu les noms, dates de naissance et numéros de sécurité sociale de 147 millions de personnes, et les numéros de permis d’au moins dix millions d’Américains.

Les Etats-Unis ont déjà attribué plusieurs attaques informatiques de grande ampleur au gouvernement chinois, notamment le piratage d’une base de données du géant de l’hôtellerie Marriott en 2018.

En parallèle, « des intrusions informatiques soutenues par l’Etat ont visé des secrets industriels et des informations économiques confidentielles », a ajouté Bill Barr, en mentionnant des enquêtes ouvertes dans les secteurs de l’industrie nucléaire, aéronautique ou métallurgique.

Selon lui, environ 80% des poursuites ouvertes ces dernières années pour espionnage économique impliquent le gouvernement chinois et 60% des dossiers de vols de secrets commerciaux ont un lien avec la Chine.

 

Gilets jaunes : la désertification responsable de la colère

Gilets jaunes : la désertification responsable de la colère

 

Deux services rattachés à Matignon et deux visions  de l’ aménagement. Pour France Stratégie, la désertification de la plus grande partie du pays doit progresser tandis que pour le Centre d’analyse économique , le mouvement des gilets jaunes s’explique en grande partie par la désertification entre (activités, commerce, services publics emploi).

 

D’après France stratégie, organisme de prospective placée auprès du Premier ministre la désertification du territoire doit encore s’amplifier. Pour cette institution de technocrates,  il convient de concentrer l’activité économique autour d’une quinzaine de zones urbaines. Or ces zones concentrent déjà de l’ordre de 50 % de l’activité économique française,  une orientation qui évidemment va tout à fait à l’encontre des préoccupations environnementales et de la qualité de vie. En outre une sorte de paradoxe au moment où le numérique notamment rend possible une plus grande décentralisation.

C’est évidemment le mythe de la croissance endogène qui consiste à tasser le plus possible les populations afin de les contraindre à augmenter leur demande marchande. Un contresens écologique mais aussi économique car les investissements en zone  très urbanisée sont beaucoup plus coûteux en raison du coût du foncier mais aussi de leur insertion dans des environnements complexes. Victime de cette politique concentrationnaire les villes moyennes, les petites villes et évidemment les zones rurales dont certaines sont appelées à devenir des territoires d’Indiens. À noter aussi l’évolution sémantique en matière d’aménagement géographique puisqu’on parle maintenant « de territoires intermédiaires » ; en clair des territoires secondaires.

C’est touts la contradictions entre une politique économique qui recherche la croissance à n’importe quelle condition et une politique d’aménagement recherchant un équilibre entre le développement économique, la qualité de vie et la protection de l’environnement. Les 15 aires urbaines de plus de 500.000 habitants concentrent 40% de la population, 55% de la masse salariale, plus de 50% de l’activité économique, deux tiers des étudiants.  France stratégie, organisme gouvernemental, placé auprès du Premier ministre, plaide cependant pour un renforcement de l’investissement public dans ces métropoles ou sur leur pourtour au nom de l’efficacité économique.

 

A l’inverse pour, le centre d’analyse économique (CAE), rattaché à Matignon « la perte des lieux de socialisation semble participer au mal-être des territoires mobilisés dans le mouvement des gilets jaunes. A contrario, lorsque le tissu associatif local est plus dense, les expressions de mécontentement sont plus rares ».

Pour Philippe Martin, président de l’organisation,  »il faut aller au delà des critères économiques [...] C’est surtout la variation des indicateurs dans le temps qui compte et pas forcément leur niveau ». La prise en compte des indicateurs de bien-être paraît essentielle pour mesurer l’efficacité des politiques publiques. « L’impact de la concentration économique au niveau des métropoles par exemple peut avoir un impact négatif sur le bien-être [...] Il faut rééquilibrer les arbitrages entre l’économique et le bien-être « a-t-il ajouté lors d’un point presse.

Dans leurs travaux, les économistes ont testé plusieurs indicateurs sur des communes ayant connu des mobilisations de gilets jaunes et ont établi une hiérarchie des facteurs les plus robustes. Il apparaît que le déterminant le plus important est la fermeture des commerces de détail et de proximité et la disparition des équipements de santé comme les hôpitaux, les maternités ou les cabinets de médecin. Ainsi, selon les résultats communiqués par l’organisme de recherche, les communes qui ont  »perdu un commerce alimentaire (épicerie, supérette ou supermarché) ont davantage de chance de connaître un événement gilets jaunes et une augmentation de l’abstention ».

Le désarroi de certaines populations a pu également être alimenté par la disparition de lieux éducatifs ou culturels. « La fermeture d’un lycée, d’un cinéma ou d’une librairie-papeterie est souvent associée à une plus forte probabilité d’un événement gilets jaunes dans la commune ». Au sujet du bien-être, la disparition d’un équipement infirmier, d’un centre hospitalier peut également accroître le sentiment d’anxiété et les disparités géographiques. Ce qui a retenu l’attention des économistes est l’allongement des durées de trajet entre la commune et les équipements et pas forcément l’augmentation de la durée de transporte entre le domicile et le travail.

La variation du taux d’emploi semble être un facteur déterminant pour comprendre le mécontentement de ces populations. « Concernant la satisfaction dans la vie et l’anxiété, la variation de l’emploi local exerce des effets sur tous les individus, avec une amplitude plus forte s’ils sont au chômage ou inactifs » expliquent les rédacteurs. En outre, les changements de niveau de vie, calculé avec le revenu disponible par unité de consommation plus précis que le PIB par habitant, peuvent être des moteurs de la mobilisation.

« Plus le niveau de vie médian de la commune s’élève, moins on observe d’événements gilets jaunes. Quant à l’insatisfaction et à l’anxiété des individus, si elles dépendent du revenu de ces derniers, elles décroissent également avec le revenu médian de la commune : résider dans une commune devenue plus « riche » est associé à une anxiété individuelle plus faible » complète le centre de réflexion. »

 

Et il apparaît que le niveau du tissu associatif local peut jouer un rôle fondamental sur la présence de gilets jaunes. Le conseil d’analyse économique a ainsi observé que « l’augmentation du nombre d’associations rapporté à la population de la commune réduit la probabilité d’un événement gilets jaunes ».

 

Retraites: Édouard Philippe, englué dans ses contradictions responsable de la pagaille

Retraites: Édouard Philippe, englué dans ses contradictions  responsable de la pagaille

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme.

 

Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022. Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps.

 

Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection court lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage.

 

Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

 

Réforme de retraites: Édouard Philippe responsable de la pagaille

Réforme de retraites: Édouard Philippe responsable de la pagaille

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme.

Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022. Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps.

Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection court lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage.

Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

Sondage grève: le gouvernement responsable pour 55%

Sondage grève: le gouvernement responsable pour 55%

 

 Selon une enquête Ifop,  JDD les Français portent un regard sévère sur l’action du gouvernement sur le dossier des retraites. 59% des personnes interrogées estiment ainsi que le gouvernement « porte la plus forte responsabilité dans les blocages liés au mouvement social », en ne « dévoilant pas ses intentions » pour la réforme. Le Premier ministre Édouard Philippe a promis qu’il livrerait mercredi prochain « l’intégralité du projet du gouvernement ».

 

Dans cette enquête réalisée auprès de 1.001 personnes, 33% des sondés disent soutenir le mouvement de grève lancé le 5 décembre, et qui entraîne depuis de fortes perturbations dans les transports publics. Un chiffre en hausse de six points par rapport à une autre étude Ifop réalisée la semaine dernière. 20% des sondés disent de leur côté avoir de la sympathie pour le mouvement.

L’hostilité pour la grève contre le projet de réforme des retraites est elle en baisse. Seulement 12% des personnes interrogées se disent hostiles à la mobilisation, alors qu’ils étaient 15% dans l’étude menée à la fin du mois de novembre. Au total, 30% s’y disent opposés ou hostiles.

Sans surprise, les personnes se déclarant proches de la France insoumise soutiennent fortement la grève (66%), tout comme les sympathisant du Parti socialiste (45%), mais également du Rassemblement national (45%). Les proches de La République en marche sont les plus nombreux à être opposés ou hostiles à l’opposition contre la réforme (64%).

41% des sondés estiment au contraire que les grévistes sont les principaux responsables « en lançant un mouvement alors que le contenu de la réforme n’a pas été encore annoncé ».

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1.001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Intelligence artificielle: le contrôle par des algorithmes responsables ? ( Nozha Boujemaa )

Intelligence artificielle: le contrôle par des algorithmes responsables ?  (  Nozha Boujemaa )

 

Nozha Boujemaa, directrice science & innovation chez Median Technologies essaie de rassurer à propos des dérives possibles de l’IA et cela  grâce aux algorithmes responsables . Un concept encore un peu flou !

 

 Tribune dans le Monde (extraits)

 

«  Des chercheurs des universités Stanford et du Massachusetts ont publié, le 22 novembre, dans la revue Science une nouvelle approche en apprentissage automatique permettant de prévenir les comportements indésirables éventuels de l’intelligence artificielle. Ils ont montré leurs résultats dans deux cas applicatifs : la discrimination du genre et la gestion du diabète.

Le cadre proposé permet de mettre en place des algorithmes dits « seldoniens », en référence au personnage de Hari Seldon, créé par l’auteur de science-fiction Isaac Asimov. Ce dernier avait inventé les « robots positroniques », gouvernés par trois lois protégeant les êtres humains, connues depuis comme les « lois d’Asimov ».

En réalité, il s’agit d’une famille d’approches qui intègrent, dans leurs fonctions objectives à optimiser, des contraintes à respecter pour éviter de causer des dommages à l’humain. Ainsi, le respect de son intégrité physique est transféré au concepteur de l’algorithme d’apprentissage plutôt qu’à celui qui l’utilise ou le déploie. Il s’agit d’algorithmes « responsables par conception », dont la publication a été bien théâtralisée par l’équipe américaine avec la référence à Seldon et à Asimov.

Cela nous renvoie vers un imaginaire de science-fiction qui éveille à la fois curiosité et étonnement. L’idée essentielle est d’anticiper la responsabilité dans la conception plutôt que de contrôler a posteriori le comportement de l’algorithme par un mécanisme d’auditabilité. Ces approches s’opposent à l’école de pensée considérant que les biais viennent uniquement des données et que les algorithmes sont irréprochables.

Ce qui prime par-dessus tout, c’est la préservation de l’intégrité physique et mentale de l’humain. C’est bien la règle d’or pour tout développement technologique incluant l’intelligence artificielle. Si on regarde de près ses implications, on y trouve la sécurité physique (par exemple pour les véhicules autonomes), la protection des données personnelles, mais aussi la préservation du libre arbitre et l’évitement du nudging (l’« influence d’opinion »). Nous avons vu récemment que ce dernier, dans le cas du marketing politique, a des impacts préjudiciables sur nos démocraties, alors qu’il n’est pas illégal. C’est un bel exemple du fossé entre le droit et la responsabilité et l’éthique.

Il est crucial d’avoir une interprétabilité du comportement algorithmique et de disposer des moyens de contrôle (a priori ou a posteriori) de leurs capacités à respecter les règles éthiques, morales et juridiques. L’explicabilité est aussi essentielle : c’est la capacité de justifier le processus de décision d’un algorithme. Cette explicabilité, qui a été popularisée par le programme Explainable AI (XAI) de la Defense Advanced Research Projects Agency, est multiforme et pas toujours réalisable d’un point de vue technique. »

 

Sondage Grève du 5 décembre: le gouvernement sera responsable

  • Sondage Grève du 5 décembre: le gouvernement sera responsable

 Près de 70% des Français soutiennent le mouvement selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. Mais ce n’est pas le chiffre le plus inquiétant pour  le gouvernement. En effet, les français condamnent par avance  le pouvoir en cas de blocage prolongé du pays. Ils estiment à hauteur de 60 % que la responsabilité en incomberait au gouvernement bien davantage qu’aux syndicats.

Le soutien est équivalent à celui qu’avaient reçu les «gilets jaunes» à leurs débuts. Selon le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo, 68 % des sondés considèrent que la grève de ce jeudi contre la réforme des retraites est «justifiée». Il s’agit d’un véritable retournement de l’opinion constaté en à peine un mois: dans notre dernière étude, publiée le 31 octobre, 57 % des Français considéraient que la grève n’était «pas justifiée».Dans le détail, les sympathisants LREM sont les seuls à considérer majoritairement (68 %) que le mouvement de grève n’est pas justifié. À droite, plus d’un électeur LR sur deux (51 %) déclare au contraire comprendre les raisons de cette manifestation. Un chiffre nettement plus important pour tout le reste de l’échiquier politique, quel que soit le camp concerné: qu’il s’agisse du RN (77 %), des partis de gauche comme EELV (71 %) ou le PS (82 %). Le record est détenu par LFI, dont 95 % des sympathisants soutiennent la grève.

Afrique : la corruption responsable du surendettement

« Afrique : la corruption responsable du  surendettement»

 

Face à une dette qui a pratiquement doublé en 10 ans pour atteindre maintenant 7000 milliards d’euros dans les pays pauvres notamment d’Afrique, Uzziel Ndagijimana, ministre rwandais de la planification économique et des finances pointe la  corruption comme un des responsables de l’endettement. Il signale notamment que la fuite illégale de capitaux est même supérieure à l’aide au développement.. (Interview dans le Monde)

Les pays à bas revenus sont-ils menacés par une crise de la dette ?

Les pays à faibles revenus n’ont plus les ressources pour financer le développement ; la dette sert maintenant à rembourser la dette. Son poids s’est alourdi avec la chute du prix des matières premières et la baisse de la croissance en Afrique. Les dons et l’aide publique au développement ont diminué, alors que nos besoins en financement augmentent pour construire des infrastructures, nous adapter au réchauffement climatique et atteindre les objectifs de développement durable. Les prêts à taux préférentiels délivrés par les banques multilatérales comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement sont insuffisants. Les pays doivent donc chercher des financements ailleurs, sur les marchés financiers.

Les pays à bas revenus profitent-ils d’une baisse des taux d’intérêts sur les marchés européens et américains ?

C’est la question que je me pose moi-même, car l’argent qu’on emprunte via ces obligations ne va pas forcément dans les secteurs où on en a le plus besoin, comme l’éducation ou la santé. Ces obligations ne peuvent financer que des projets qui ont un rendement élevé à court ou moyen terme. Dans le cas du Rwanda, nous avons émis en 2013 des obligations libellées en devises étrangères pour construire un centre de congrès et développer le secteur du tourisme. Nous ne pourrions pas en faire usage dans le domaine de l’éducation ou de la santé, par exemple. Et malgré la baisse des taux d’intérêts sur les marchés européens et américains, les obligations libellées en devises étrangères nous coûtent cher.

Les pays les plus pauvres étant plus risqués, le coût de l’emprunt y est plus élevé que dans les économies développées. Cela une incidence non seulement sur le volume de la dette, mais aussi sur sa qualité. Si elle est constituée de prêts concessionnels de long terme, c’est-à-dire avec des conditions favorables et des périodes de grâce, alors elle est saine. Si le poids des emprunts à court terme augmente, alors elle est plus fragile. Le problème, c’est que dans les pays pauvres, la qualité de la dette se dégrade, elle est davantage soumise à la volatilité des flux financiers.

La dette ne peut être transparente que si elle est contractée auprès des marchés financiers ou des bailleurs de fonds internationaux. Lorsqu’elle est négociée en bilatéral, de pays à pays, il est difficile de dévoiler les conditions de l’emprunt. Ce qui importe surtout dans la gestion de la dette, c’est la visibilité à long terme ; et nous devons surtout surveiller le risque de dette cachée.

Le moyen le plus efficace, c’est d’attirer les investissements étrangers. Et il faut pour cela améliorer la gouvernance, faciliter les démarches des entreprises, simplifier l’acquisition des terres, améliorer la transparence, raccourcir les procédures. Et si les investissements augmentent, alors les recettes fiscales aussi, et le poids de la dette diminuera.

 

Les pays pauvres doivent aussi combattre la corruption. Ils souffrent de surendettement parce que les capitaux qui arrivent chez eux sont détournés par la corruption et fuient vers les pays riches. En Afrique, les fuites illégales de capitaux dépassent la totalité de l’aide publique au développement qu’elle reçoit. Il faut aussi améliorer le système de collecte des impôts, ce qui demande de la volonté politique mais aussi l’aide et l’expertise d’institutions comme la Banque mondiale et le FMI. 

Attaques en Arabie Saoudite : l’Iran responsable

Attaques en Arabie Saoudite : l’Iran responsable

 

Macron, Merkel et Boris Johnson, se rendent à l’évidence et sont bien contraints d’admettre que l’attaque des installations pétrolières de l’Arabie n’a pu être effectuée par les rebelles yéménites sans le soutien déterminant de l’Iran. Une attaque  sans doute provoquée par les faucons de l’Iran qui souhaitent un conflit guerrier avec les États-Unis aux fins de renforcer encore le nationalisme.

 

De toute manière, le président Rohani  a pratiquement reconnu la responsabilité de l’Iran en déclarant, peut-être préventivement, qu’il y aurait d’autres attaques si l’Iran devait être sanctionné. Jusque-là,  l’Europe, en particulier la France et l’Allemagne avait largement ménagé l’Iran. Une posture pour préserver les intérêts économiques et diplomatiques. La France se disait hier encore prête à favoriser un rapprochement des positions entre les États-Unis et l’Iran.  Le problème c’est que pour l’Iran comme pour les États-Unis, la France ne pèse pas grand-chose ; la France  parle beaucoup mais agit peut.

 

Du coup, en reconnaissant clairement la responsabilité de l’Iran dans l’attaque de l’Arabie saoudite, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni hypothèquent lourdement des perspectives de rencontres entre le président iranien et le président américain. . Emmanuel Macron, a rencontré une première fois lundi matin Donald Trump – il devrait le revoir mardi – et devait s’entretenir également dans la soirée avec Hassan Rohani. Mais pour le moment, aucune rencontre n’est prévue «à ce stade» entre les présidents iranien et américain, a indiqué Donald Trump, tout en n’excluant pas catégoriquement une telle hypothèse.

Les dirigeants des trois pays européens signataires de l’accord sur le nucléaire iranien – avec la Russie, la Chine et l’Iran – ont aussi insisté sur la nécessité «collective» de renforcer la sécurité dans le Golfe. Un renforcement très mal apprécié par l’Iran.

 

Avant de s’envoler pour New York, le président Rohani a déclaré de son côté que l’Iran présenterait à l’ONU un plan de coopération régionale destiné à assurer la sécurité des eaux du Golfe. Les États-Unis ont dénoncé en mai 2018 l’accord nucléaire iranien et réintroduit de lourdes sanctions économiques contre l’Iran. Téhéran a riposté un an plus tard en commençant à détricoter à son tour l’accord, alors que son économie est lourdement grevée par les sanctions.

 

Dégradations de permanences LREM: la classe politique responsable (Patrick Vignal)

Dégradations de permanences LREM: la classe politique responsable (Patrick Vignal)

Avec un certain courage (même si l’argumentation est encore un peu courte), Patrick Vignal, député LREM de l’Hérault dont la permanence a été dégradée samedi 10 août à Montpellier, déplore un « épiphénomène » mais reconnaît toutefois que « la société est très violente ». Selon lui, la classe politique a  »une très grande responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui ». L’élu plaide pour un « vrai statut de l’élu », qui doit être « encore plus sur le terrain ». (Interview France info)

 

Franceinfo : Votre permanence a été dégradée par des « gilets jaunes » samedi 10 août ?

Patrick Vignal : Une centaine de « gilets jaunes » ont manifesté, et certains, stupides, ont mis de la peinture sur mes façades, sur mes vitres, et ont jeté des œufs. Mais c’est un épiphénomène, je ne veux pas retenir cela. Je veux retenir les 2 000 « gilets jaunes » que j’ai rencontrés, des retraités, des artisans, des commerçants, qui eux ont envie de faire une société plus juste. Ce matin, je ne suis ni désabusé, ni en colère, puisque j’ai des tas de « gilets jaunes » qui me disent  »M. Vignal, demain on peut vous aider à nettoyer’ » Quand on veut construire avec des gens intelligents, on peut le faire encore.

Il est intolérable qu’on s’attaque aux députés en employant de tels procédés !

 

Vos collègues députés de La République en marche sont-ils inquiets, craignent-ils que leur permanence soit dégradée à leur tour ?

Oui. Il y a eu un renouvellement extraordinaire : 90% des parlementaires ont été renouvelés, de la jeunesse, de la parité. Mais vous savez, c’est très violent la politique. On n’a pas d’ami. On peut être grisé très rapidement par le pouvoir, on a l’impression qu’on détient le pouvoir alors qu’en fait on ne le détient pas, on essaie de l’exercer. La société est très violente, et nous avons, nous la classe politique, une très grande responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui.

Plus de 8 Français sur 10 en ont une bonne opinion des maires selon un sondage Ifop publié ce dimanche dans le JDD, mais un tiers seulement des sondés disent apprécier les parlementaires. Comment l’expliquez-vous ?

Le maire est aimé parce qu’il est dans le quotidien. Un maire, il va transformer une ville, il va faire des crèches, il va redessiner le paysage. Et donc les Français ont l’impression que leurs impôts sont bien utilisés. En ce qui concerne les parlementaires, je crois qu’on aurait beau faire toutes les lois de moralisation, c’est un état d’esprit qu’il faut changer. Je crois qu’il faut un vrai statut de l’élu. Moi j’ai une entreprise, je ne vis pas du fait politique, donc je peux être libre. Il faut qu’on soit encore plus sur le terrain. Il faut redéfinir les règles. Les parlementaires doivent être une semaine à Paris pour légiférer et une semaine en circonscription pour rencontrer les citoyens.

Alstom : un massacre dont Macron est responsable

Alstom : un massacre dont Macron est responsable

 

 

D’une certaine façon Macron a largemenet participé à la liquidation branche énergie,  à  sa vente et maintenant à son massacre.   . Olivier Marleix, l’ex-président de la commission d’enquête parlementaire sur les décisions de politique industrielle de l’État, avait donc  décidé de saisir la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, selon une source judiciaire au Figaro. La confirmation que la gestion d’Alstom aurait été calamiteuse. L’erreur stratégique aura d’abord été de vendre la branche énergie d’Alstom. Ce que rappelle Wikipédia « Au début de 2015, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, dénonce les conditions de vente de l’entreprise Alstom au groupe General Electric (GE) soulignant que contrairement aux promesses d’Arnaud Montebourg, assurant que le secteur nucléaire resterait sous contrôle français, le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale, a pour conséquence de placer sous la coupe du groupe américain les turbines produites par Alstom et de cette manière la maintenance des centrales françaises. « Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire… ». Il met en garde également sur le fait que cette vente « donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l’ensemble de notre flotte de guerre ». Il évoque également la vente d’une filiale d’Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite, dont les produits équipent l’armée française ainsi que des entreprises du secteur de la défense et de l’espace qui tombe dans le giron de General Electric. Il évoque « la cupidité et l’incompétence de certains dirigeants d’entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité ». Certains analystes voient un lien direct entre la cession du pôle énergie du groupe à General Electric et l’enquête américaine pour des faits de corruption ayant débouché sur une amende de 720 millions d’euros et présentant des risques judiciaires pour plusieurs cadres d’Alstom dont Patrick Kron » ».De fait Patrick Tron aura été le fossoyeur d’Alstom.   Autre critique  Anticor reproche au gouvernement d‘avoir renoncé à lever des options qui lui auraient permis d‘acheter des actions Alstom au groupe Bouygues. Manque à gagner pour les caisses de l‘Etat, estime Anticor, qui dénonce une forme de détournement d‘argent public “par négligence” : 350 millions d‘euros. L‘opération à laquelle le ministre de l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire a renoncé 26 septembre 2017, lors de l‘annonce de la fusion entre Alstom et Siemens, découlait d‘un accord conclu avec Bouygues le 22 juin 2014.Pour Anticor, l‘abandon par l‘Etat de ces options “constitue une infraction pénale de la plus grande gravité”, car il a ainsi “renoncé à encaisser au bénéfice des caisses publiques dont il a la charge la somme de 350 millions d‘euros”.  Dans cette missive, dont l’existence a été révélée par Le Monde , Olivier Marleix s’étonne que les autorités françaises n’aient «jamais ouvert d’enquête» sur ce rachat alors qu’Alstom a reconnu des faits de corruption dans plusieurs pays entre 2000 et 2011. L’entreprise a également versé une amende à la justice américaine en 2014. Pour étayer son argumentaire, Olivier Marleix s’appuie sur les travaux de la commission d’enquête qui «ont mis en évidence» la façon dont la procédure de contrôle des investissements étrangers en France «a été détournée». L’ex-maire d’Anet note qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, a «formellement donné l’autorisation» de la vente d’Alstom énergie et a «également autorisé» d’autres cessions d’actifs «d’entreprises stratégiques françaises». En cause, les rachats d‘Alcatel-Lucent au groupe finlandais Nokia ou de Technologies. Dans sa missive, le député ajoute que le candidat Macron a bénéficié d’un «montant de dons records pour sa campagne» et estime que «le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées ne peut qu’interroger». Olivier Marleix émet l’hypothèse que le «système» mis en place dans le cadre de ces cessions aurait pu bénéficier à l’actuel président de la République pendant sa campagne. Emmanuel Macron a levé en un an, sans parti politique, environ 15 millions d’euros de dons, souligne-t-il. «Puisqu’une enquête préliminaire a été ouverte en novembre dernier sur les dons reçus par le parti En marche! (…) il m’a paru nécessaire de vous signaler ces éléments», ajoute-t-il. Ce signalement est en cours d’analyse au parquet de Paris !. «S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption», avance le député. Ce signalement intervient alors qu’un ex-dirigeant d’Alstom, Frédéric Pierucci, a livré un témoignage sur les dessous de ce rachat par General Electric dans un ouvrage («Le Piège américain», JC Lattès). Selon lui, l’entreprise a été contrainte de vendre sous la pression des États-Unis, où il a été arrêté le 14 avril 2013 à New York, à sa descente d’avion, dans ce qu’il décrit comme une «guerre économique souterraine» livrée à l’Europe.

 

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de la crise » ? (Dominique Schnapper, sociologue)

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de  la crise » (Dominique Schnapper, sociologue)

Dans une interview au JDD, la sociologue Dominique Schnapper analyse le mouvement des gilets jaunes. Une analyse de sociologue un peu réductrice  qui fait quand même l’impasse sur le contexte social et fiscal .

Comment analysez-vous la forme de protestation inédite incarnée par les Gilets jaunes?
La manifestation de rue est un grand classique de l’histoire ­politique française. Elle était jusqu’à présent organisée par des syndicats ou des partis. Cette fois, nous sommes confrontés à des ­manifestants qui récusent toute forme d’organisation. Le gouvernement se retrouve sans interlocuteurs avec lesquels il pourrait discuter. Lorsqu’un Gilet jaune manifeste son intention d’ouvrir un dialogue, il est aussitôt contesté par d’autres qui disent : il ne nous représente pas. Cette situation explique à la fois la longévité du mouvement, qui pourrait durer encore des semaines, et la difficulté de sortir de la crise.

 

Cette crise de la démocratie ne tient-elle pas aussi à l’action des élus?
Je ne crois pas. Les ministres, les députés ou les maires d’aujourd’hui ne sont pas plus ­incompétents ou corrompus que leurs prédécesseurs. C’est l’individualisme poussé à l’extrême qui provoque la crise : personne ne peut me représenter sauf moi-même ! Cette conviction de plus en plus partagée conduit à refuser les contraintes qu’impose tout collectif. J’y vois le risque de sombrer dans une sorte d’anarchie qui ferait le lit du totalitarisme. Le rejet du débat démocratique par les ­Gilets jaunes a pour conséquence le ­caractère contradictoire des ­revendications. Comment peut-on à la fois réclamer moins d’impôts et plus de services publics ? Tout le monde connaît la phrase de ­Maurice Thorez [secrétaire général du Parti communiste français de 1930 à 1964] : il faut savoir finir une grève. Il tenait un discours de professionnel de la lutte sociale, cherchant une issue aux conflits.

Brexit : « Theresa May responsable « 

Brexit : « Theresa May responsable  »

 

Michel Barnier renvoie la responsabilité de l’échec des discussions entre l’union européenne et la Grande-Bretagne sur la première ministre,  Theresa May. Il considère en effet que les difficultés  découlent du Brexit soutenu par les conservateurs. On se souvient de l’hypocrisie du référendum du Brexit proposé par des conservateurs qui pensaient que les Britanniques refuseraient de quitter l’union européenne. Ces conservateurs sont complètement piégés et en plus très divisé sur la stratégie à suivre. Interview de Michel Barnier dans le JDD

 

Expliquez-nous pourquoi la négociation est à nouveau paralysée sur la question de l’Irlande…
Cette question est la plus grave et la plus difficile. Nous sommes dans un moment de vérité. Deux pays cohabitent sur ce territoire insulaire, avec environ 4,5 millions d’habitants pour la République d’Irlande et 1,5 million pour l’Irlande du Nord, province du Royaume-Uni. Leur histoire est lourde et tragique jusqu’en 1998, date à laquelle le conflit entre nationalistes et unionistes a été réglé avec le Good Friday Agreement – un règlement qui a été accompagné par Londres et Dublin, et aussi par Bruxelles car notre marché unique et notre union douanière ont garanti qu’il n’y aurait plus aucune frontière sur l’île. Je me suis rendu il y a quelques mois dans la commune mixte de Dungannon, en Irlande du Nord. J’y ai rencontré une association de femmes rurales. Plusieurs m’ont demandé, en pleurs : « Ne laissez pas l’histoire se répéter. » Même si la liberté de circulation des personnes restera garantie entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, cette question aura des conséquences pas seulement matérielles, mais aussi humaines et sociales.

Un no deal est donc possible faute d’un accord sur l’inspection des veaux, vaches et cochons ?
Il s’agit d’un problème idéologique et politique, car cela aboutira à deux territoires douaniers différents. Je respecte ce débat. Mais des contrôles sont déjà effectués dans les ports et les aéroports sur 10 % des animaux qui arrivent de Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord. Avec le Brexit, ce chiffre risque de passer à 100%, le système vétérinaire n’étant plus le même. Mais si, dans la relation future entre le Royaume-Uni et l’UE, un accord vétérinaire est signé, ce pourcentage pourrait retomber à 40 %.

 

Les dix députés unionistes nord-irlandais du DUP, qui assurent une majorité à Theresa May à la chambre des Communes, refusent justement ce filet de sécurité…
Je ne veux pas intervenir dans le débat britannique, qui est intense. Nous comprenons ces contraintes. Mais c’est le Royaume-Uni qui a décidé le Brexit, et c’est le Brexit qui crée un problème en Irlande. Theresa May doit faire des choix, en toute responsabilité, pour obtenir une majorité nécessaire afin d’adopter cet accord.

Le sommet européen récent n’a pu qu’acter l’absence d’accord entre l’union européenne et la Grande-Bretagne. De toute manière, il ne pouvait en être autrement puisque même si un accord avait pu être envisagé, il n’est pas du tout certain que Theresa May ait pu le faire entériner par sa majorité. Du coup, on va faire comme d’habitude : arrêter les pendules pendant une période dite de transition. Michel Barnier serait prêt à accepter une période de transition en principe d’un an qui débuterait le 29 mars 2019 On risque donc de vivre la dramaturgie habituelle avec le Brexit. D’abord de fortes oppositions, des tensions de plus en plus importantes vers la fin des négociations et soudain un compromis qui sauve la face pour tout le monde. Il est probable qu’on saura habiller le désaccord avec d’une part une période de transition, d’autre part l’ouverture de négociations sur le futur accord commercial. La question est économique mais elle est aussi politique car il faut sauver le soldat Teresa May. , dans les délais impartis, il  sera impossible de définir les relations commerciales précises entre la Grande-Bretagne et l’Europe. Il y a encore trop d’opposition sur des points essentiels entre les deux partis. Du coup, l’accord pourrait simplement acter que la rupture est consommée d’un plein accord mais qu’un processus est engagé pour redéfinir les échanges entre les deux zones considérées étant entendu que la complexité du dossier impose une période de transition. (En principe d’un an dit Barnier mais qui pourraiat durer davantage). Une manière de donner du temps au temps et surtout de ne pas trop interférer sur les prochaines élections européennes de 2019. Il s’agit aussi de sauver le soldat Theresa May qui ne dispose que d’une majorité politique très fragile. Un accord ambigu renforcerait de Theresa May et éviterait aussi de reposer la problématique d’un. Référendum. Toujours ambigu. Parmi les difficiles questions à résoudre le problème des relations entre la province  britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Si aucune meilleure solution ne devait être trouvée d’ici fin à 2020, les Vingt-Sept attendent un engagement que l’Irlande du Nord restera bien dans l’union douanière. Estimant que ce «backstop» créerait de fait une frontière entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, Londres s’y oppose et propose la création à terme d’une zone de libre-échange pour les biens incluant le Royaume-Uni et l’UE. Une option inconcevable pour les Vingt-sept puisqu’elle reviendrait à donner au Royaume-Uni un accès «à la carte» au marché unique et à l’espace douanier européen.

 

Déforestation importée : l’Europe responsable

Déforestation importée : l’Europe responsable

 

 

Pour des raisons environnementales mais aussi économiques, les pays développés ont pris l’habitude d’externaliser les contraintes nuisibles des systèmes de production. On externalise les usines dans les pays émergents en et on y encourage la déforestation pendant par exemple qu’en France on replante partout peupliers et conifères. En cause,  le mode production, les conditions économiques mais aussi les modes de consommation. L’exemple le plus caricatural est sans doute cette autorisation donnée à Total- avec la bénédiction de Nicolas Hulot- d’apporter d’huile de palme ou de soja pour la transformer en carburant ! C’est sans doute Une situation dénoncée par Par Cécile Barbière, d’Euractiv .

« La lutte contre la déforestation importée, première responsable du déboisement dans les pays en développement, peine à s’organiser en Europe.

Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les consommateurs européens ont été responsables d’un tiers de la déforestation dans le monde entre 1990 et 2015, soit l’équivalent de 43 millions d’hectares de forêts détruits en Afrique, en Amérique latine et en Asie.

Les importations de produits tels que l’huile de palme, le soja ou encore le cacao sont les principaux responsables de la déforestation dans les pays du Sud.

« Nous, Européens, nous sommes de grands consommateurs de cacao et de chocolat. Donc nous avons une responsabilité particulière dans la chaîne logistique de ces produits », a détaillé Linda McAvan la présidente de la commission développement au Parlement européen.

Le Parlement européen a organisé mi-juillet une audition sur la filière cacao et son impact sur les forêts tropicales. Premier consommateur de chocolat au monde, le continent européen est indirectement responsable de la déforestation alarmante en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux principaux pays exportateurs de fèves.

« L’Union européenne doit relever le défi, en tant que premier importateur, transformateur et consommateur de chocolat au monde, et siège des plus grandes compagnies chocolatières au monde », a déclaré Julia Christian de l’ONG Fern.

Le continent importe à lui seul 60 % de la production mondiale de fève pour satisfaire sa demande intérieur en chocolat.

Mises en oeuvre ces dernières années, les initiatives de certification mises en place au sein de la filière cacao n’ont pas eu l’effet escompté sur la protection des forêts tropicales.  « Il y a eu des initiatives dans la filière cacao en matière de lutte contre la déforestation, mais elles n’ont pas été très fructueuses », a constaté Linda McAvan. Aujourd’hui, pour répondre à la demande européenne, les pays producteurs comme la Côte d’Ivoire se sont mis produire massivement, quitte à empiéter sur les forêts protégées.

« Au Ghana, la culture de cacao génère un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dollars, et pèse pour 9% du PIB du pays en 2017… mais entraine aussi 80% de la déforestation dans le pays. En 20 ans, la production de cacao est passée de 300 000 tonnes à 900 000 tonnes, soit une hausse de 200% », rappelle Obed Owusu-Addai, de l’association EcoCare Ghana.

« Et aujourd’hui, on estime qu’environ 20% de cette production provient de zones protégées », assène-t-il.

Pour endiguer le fléau, la question de la mise en oeuvre d’une législation contraignante sur les produits responsables de la déforestation tels que le cacao, le soja ou l’huile de palme est à l’étude.

« L’UE est le premier marché d’exportation, et a un poids certain qui lui permettrait d’imposer des critères d’importation, comme cela existe déjà pour la pêche ou les minéraux ! », explique Obed Owusu-Addai.

« Une approche européenne pour lutter contre la déforestation importée nous faciliterait grandement la tâche. Le problème c’est qu’il y a des initiatives nationales », a expliqué  Francesco Tramontin, directeur des  affaires publiques Europe du chocolatier Mondelez International.

Mais la création d’une législation européenne pour lutter contre la déforestation importée à l’approche des élections européennes de mai 2018 semble compromise.

« Concernant la création d’un instrument contraignant, il y a une étude de faisabilité sur la lutte contre la déforestation qui vient d’être publiée, où l’on envisage différentes alternatives. Mais la mise en œuvre serait très difficile », a reconnu le représentant de la Commission, Leonard Mizzi.

« Le bloc européen est prêt à mettre sur la table la question de la déforestation importée partout où cela sera nécessaire. Mais la question est : est-ce que les consommateurs sont prêts payer davantage pour des produits plus éthiques ? », a-t-il interrogé.

Côté français, la question de la lutte contre la déforestation importée est également au menu du gouvernement, qui a mené une consultation publique destinée dessiner les grandes lignes  d’une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI).

La stratégie française vise entre autres à « encourager les dynamiques européennes et internationales pour lutter contre la déforestation importée », soulignent les ministères en charge de la question. Parmi les pistes évoquées, Paris envisage que l’UE inclut des clauses de non-déforestation dans les accords commerciaux futurs.

« La mise en œuvre d’une stratégie européenne contraignante va déprendre de la pression que vont mettre les États membres sur Bruxelles », explique Clément Sénéchal de Greenpeace. « Mais le calendrier politique devient serré. Et pour l’heure, la France se refuse à interdire purement et simplement la déforestation importée. »

Autre ambiguïté du gouvernement français, l’autorisation délivrée à Total pour la raffinerie de la Mède, qui va importer des huiles de soja et de palme, principalement produits en Amérique du Sud et en Asie. Prévu à l’été 2018, la bioraffinerie pourrait faire doubler la consommation française d’huile de palme, selon les ONG. Un mettre à mal l’ambition française de lutter contre la déforestation. »

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Par Cécile Barbière, Euractiv.fr

 

Benalla était responsable des bagages ! (Castaner)

Benalla était responsable  des bagages ! (Castaner)

 

 

 

Après un silence de plusieurs jours les responsables d’en Marche et du gouvernement refond surface pour  tenter de déresponsabiliser l’Élysée et minimiser l’affaire. Tout cela avec des arguments approximatifs, souvent contradictoires quand ce n’est pas très spécieux. Ainsi Castaner a fait preuve d’une grande maîtrise de la langue de bois en affirmant ne pas très bien connaître les attributions de Benalla Allah ; il a cependant reconnu  la présence de l’intéressé lors de la réception des Bleus et indiqué que Benalla  était sans doute chargé des bagages. L’affaire pourrait donner lieu à rire si elle n’était pas grave. Première observation on peut s’étonner que Castaner ignore les fonctions de Benalla Allah que ce dernier est omniprésent auprès chef de l’État dans tous ses déplacements. Deuxième observation c’est évidemment le culot invraisemblable de Castaner qui tente de transformer Benalla, pourtant adjoint au chef de cabinet de Macron, responsable de la sécurité du président en simple chargé de logistique. Il faut vraiment que la majorité soit dans la panade se laisser aller à de telles élucubrations fantaisistes.  Sur BFMTV, Castaner  secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement, a en effet donné une réponse ahurissante à propos de Benalla  « Il a des fonctions logistiques sur lesquelles il travaille, a déclaré Castaner. Vous savez, moi aussi j’aurais rêvé d’être dans le bus. Ce n’est juste pas ma place. Je ne suis pas l’employeur de cette personne et je ne sais pas quelles étaient ses missions. J’ai entendu dire qu’il était en charge de la logistique, notamment des bagages. »

Violences : qui est responsable ?

Violences : qui est responsable ?

 

Comme souvent dans les situations complexes,  les facteurs explicatifs sont multiples et systémiques. A priori on peut imputer la première responsabilité aux groupes extrémistes dit blacks blocs. Ce sont eux qui ont pris l’initiative d’un rassemblement des radicaux et qui sont coupables des violences. L’annonce avait d’ailleurs été faite par les intéressés depuis plusieurs jours. Rien ne peut evidemmenet légitimer des actes de destruction de biens publics ou privés. La police ou plus exactement les autorités civiles ne sont pas blancs dans l’affaire puisqu’elles avaient sous dimensionné le dispositif de contrôle. Il y avait en effet seulement 1500 policiers  pour environ 40 000 manifestants dont 1200 radicaux violents. (Des policiers repartis tout le long des cortèges). Avec un tel nombre, les policiers ne pouvaient surveiller partout. Au delà de ces faits très spectaculaires qui ont retenu l’attention des medias, il  ya en France uen climat de radicalité  qui contribue à nourrir cette violence. Il faut bien convenir que l’intransigeance du gouvernemenet qui refuse toute vraie négociation et même toute perspective de compromis nourrit ce durcissement sociétal. De façon affichée, le gouvernemenet veut monter sa force par exemple dans les universités, à la SNCF ou encore à Notre Dame des Landes. Il est clair que le gouvernemenet et Macron en particulier veulent écraser les syndicats comme ils ont écrasé l’opposition politique. Mais en refusant tout compromis, toute vraie discussion ils nourrissent cette radicalité Et ce ne sont pas les propos condescendant voire méprisant de Macron qui peuvent apaiser le climat très tendu. Les syndicats eux mêmes ne sont pas exempts de critiques car certaines positions ne sont pas tenables. L’attitude outrancière ne peut que favoriser la déception et entretenir uen ambiance délétère ensuite. Ce qui manque c’est à l’évidence un certain esprit de responsabilité et de compromis chez nombre de responsables politiques ou syndicaux.

Sarkozy responsable de la crise des Républicains (Gilles Richard, historien)

Sarkozy responsable de la crise des Républicains (Gilles Richard, historien) 

 

 

 L’historien Gilles Richard attribue A Sarkozy la responsabilité de l’affaiblissement des Républicains dans une interview  au JDD.

 

Est-on en train d’assister à droite à une recomposition politique?
Nous sommes en train d’assister à une recomposition partisane. Mais la recomposition politique, elle, est déjà bien avancée. Le clivage droites/gauches tel que nous le connaissions remonte à la Révolution : si on était pour la République laïque, on était de gauche ; si on était contre, on était de droite. Puis la France est devenue républicaine et la question sociale s’est alors imposée comme question centrale. Cela permettait encore de classer les familles ­politiques à gauche ou à droite. Mais la crise profonde dans laquelle sont entrées les gauches depuis 1984 – avec le renoncement du PS à l’essentiel de son ­programme, la liquéfaction du PCF et la désyndicalisation – a permis l’émergence d’un nouveau clivage politique : la question nationale s’est substituée à la question sociale. Le clivage essentiel du débat politique oppose aujourd’hui les néolibéraux et les nationalistes. Pour les premiers – héritiers des orléanistes, chers à René Rémond, et des ­républicains modérés –, les règles du capitalisme sont la base de l’organisation de la société. S’y ajoute, depuis les années 1950, la défense d’une Europe conçue comme un vaste ensemble néolibéral. Pour les nationalistes, ce qui prime, c’est l’existence des nations, enracinées, éternelles. La France, grande nation, doit le rester en étant unie, en refusant la lutte des classes ainsi que la dissolution de son identité dans une Europe néolibérale sans âme ni frontières. C’est à partir de ce clivage qu’on peut comprendre la recomposition qui est en cours.

Ce clivage ne recouvre pas les frontières partisanes actuelles.
Non. On l’a bien vu lors du référendum européen de 2005 : le PS comme le RPR étaient coupés en deux. Ce nouveau clivage oblige donc peu à peu les partis à se ­réorganiser.

Dans ce contexte, qu’incarne Emmanuel Macron?
Emmanuel Macron est celui qui veut permettre aux néolibéraux de se réorganiser durablement en réunissant ceux venus du PS – Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Pascal Lamy, Pierre Moscovici ou Michel Sapin se situent clairement dans cette famille – et ceux venus de l’UDI ou des Républicains. Cette recomposition partisane se fait aujourd’hui autour de lui, mais elle aurait aussi bien pu se faire autour d’Alain Juppé, néolibéral convaincu qui défendait lors de la primaire de droite l’ »identité heureuse ».

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Quel est l’avenir des Républicains dans ce paysage?
Les Républicains paient ­aujourd’hui les dégâts du ­sarkozysme. En 2002, avec sa « maison bleue », Alain Juppé voulait créer un grand parti néolibéral européiste qui aurait rassemblé ­démocrates-chrétiens, radicaux et libéraux, capable d’attirer ­ensuite des socialistes type DSK. Mais c’est Nicolas Sarkozy qui a pris la main sur l’UMP. Lui aussi est néolibéral mais il a fait alors le choix tactique d’ajouter un discours identitaire pour ­capter l’électorat du Front national sans passer ­d’alliance avec lui. Cela lui a ­permis d’être élu en 2007, même s’il a perdu ensuite toutes les élections. Mais il a ainsi remodelé l’UMP rebaptisée LR sur une autre base militante, en partie ­nationaliste celle-là. ­Laurent Wauquiez tente aujourd’hui de faire du Sarkozy : néolibéral européiste de formation (il a été formé par Jacques Barrot), il tient un ­discours identitaire pour ­récupérer les ­électeurs du FN. Mais cela ne marchera pas : on ne peut pas être des deux côtés à la fois, ­attirer les électeurs nationalistes dans un parti ­favorable au ­maintien de la France dans une Europe néolibérale.

 

Y a-t-il un espace, dès lors, pour les Constructifs ou les juppéistes?
Non. Ils seront dans le pôle En marche. Si La République en marche parvient à se structurer en parti qui fonctionne (pour l’instant, cela patine encore un peu), elle pourra constituer une grande fédération néolibérale satellisant le MoDem, l’UDI et les Constructifs.

 

Où se situe Jean-Luc Mélenchon dans ce paysage, selon vous?
Jean-Luc Mélenchon est justement celui qui démontre que le clivage central est bien la question nationale. Il a accepté d’entrer – au moins partiellement – dans ce clivage avec son discours « jacobino-patriotique », d’où son succès, alors qu’un Benoît Hamon n’a obtenu qu’un score très faible à la présidentielle. C’est la première fois que le paysage politique se recompose ainsi autour d’une question centrale qui a été imposée par les nationalistes (le Front national, en l’occurrence), donc par une famille de droite. Jusque-là – que ce soit la République contre le pouvoir personnel au XIXe siècle ou la République sociale au XXe siècle –, c’est la gauche qui avait toujours imposé le clivage.

 

Quid de la « question sociale »? Elle n’a pas disparu…
Une question centrale ne résume pas toute la vie politique, bien sûr. Il y a toujours des luttes sociales aujourd’hui, mais il n’y a plus de force politique capable de porter cela et d’en faire le sujet central du débat politique. Il y a ­toujours des gens de gauche, mais les gauches sont en miettes.

 

* Professeur à l’université de Rennes 2, auteur d’ »Histoire des droites en France — De 1815 à nos jours », 592 p., Perrin, 2017.

Ouragans : le réchauffement climatique responsable ?

Ouragans : le réchauffement climatique responsable ?

 

Nombre  d’experts considèrent qu’on ne constate pas forcément une hausse du nombre d’ouragans mais qu’il faut par compte noter une très forte augmentation de l’intensité. Une intensité pourrait bien être liée au réchauffement climatique même si certains  experts soulignent  l’insuffisance de données dans le temps pour établir avec certitude le lien de causalité.  Interrogée par le JDD, Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe des sciences physiques du climat du Giec, établit un lien direct entre intensification des phénomènes climatiques et réchauffement climatique. Selon la chercheuse, invitée à réagir sur l’ouragan Harvey, ces manifestations extrêmes ont « une importance naturelle, mais leur puissance de destruction est multipliée par le changement climatique ». Le coupable? Les gaz à effets de serre générés par l’activité humaine qui ont « conduit à des océans plus chauds ». Pour preuve, l’ouragan Harvey est survenu alors que la température de l’océan Atlantique était « un degré plus élevée que la moyenne de ces trente dernières années », relève-t-elle. Cette intensification future des ouragans semble faire consensus. Dans un rapport publié en 2013, le Giec estime ainsi « probable » que les futurs cyclones « deviendront plus intenses, avec des vents maximum plus forts et des précipitations plus fortes » en raison là encore de « l’accroissement en cours de la température à la surface des mers tropicales ». Fabrice Chauvin, chercheur à Météo-France, va dans le même sens : le réchauffement de l’atmosphère permet une « plus grande capacité à contenir de l’humidité » et engendre ainsi une plus grande source d’énergie pour le cyclone grâce à une « chaleur latente », explique-t-il

 

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