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Attaque du commissariat de Champigny : l’impunité encore responsable

Attaque du commissariat de Champigny : l’impunité encore responsable

 

Les attaques de la police se succèdent avec toujours le même rituel. D’abord de la compassion vis-à-vis des éventuels victimes, ensuite la condamnation des actes dans les médias et la promesse que de tels événements ne se reproduiront plus. Une promesse aussitôt démentie dans les jours suivants avec de nouveaux événements inqualifiables. La vérité sans doute,  c’est que cela démontre l’impuissance totale de l’État dans des  domaines pourtant très sensibles qui touchent la sécurité, la démocratie et au-delà la république. Depuis des années, l’action des pouvoirs publics se réduit essentiellement à faire des discours alors  que l’action de l’État se montre de plus en plus insignifiante. En cause, évidemment ce sentiment général d’impunité des délinquants qui protègent notamment leur commerce de drogue et font leur propre police pour empêcher toute entrave à leur business.

Trois jours après la tentative d’homicide de deux policiers à Herblay (Val-d’Oise), la haine anti-flic a donc encore frappé samedi, avec le raid contre le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Mais si la première attaque était, par sa sauvagerie et sa gratuité, jugée « exceptionnelle » par des policiers qui en ont vu beaucoup, la seconde n’est qu’une nouvelle illustration de la violence quotidienne qui vise les fonctionnaires de police dans les banlieues. Depuis le 1er janvier, pour ne parler que de la région parisienne, c’est au moins la cinquième attaque contre un commissariat de police (Boissy-Saint-Léger avec une attaque à l’acide en février, Argenteuil et Trappes en mai et Champigny-sur-Marne en avril et ce samedi).

L’impunité responsable de l’agression ultraviolente de deux policiers à Herblay

  • L’impunité responsable de l’agression ultraviolente de deux policiers à Herblay
  • Le degré de violence ne cesse de monter de la part des trafiquants qui en fait profitent de l’impunité pour désormais y compris tuer des policiers. Ce qui a été le cas à Herblay. Des policiers en planque sauvagement agressés et dont les criminels ont saisi les armes pour tirer sur eux. Un acte d’une sauvagerie incroyable sans doute de la part d’individus peut-être sous cocaïne mais qui n’ont plus peur de rien et qui adresse un message à la république : certains territoires sont désormais interdits et ceux qui pénètrent pourront être tués.
  • Pas vraiment étonnant dans la mesure où les coupables reconnus bénéficient d’une forme d’impunité. Dans la plupart des cas, ils vont écoper de 5à 10 ans de prison et n’en feront qu’à peine la moitié. Il est clair d’une part que le niveau des peines est nettement insuffisant d’autre part que la justice se montre  particulièrement tolérante. La seule sanction potentiellement dissuasive serait de condamner à la perpétuité toute attaque sur un représentant du service public. C’est délibérément que les policiers ont été victimes de crimes puisqu’ils ont même présenté leurs papiers aux agresseurs, lesquels ont quand même fait usage des armes
  • En civil et à bord d’une voiture banalisée, les policiers ont été, selon le témoignage d’un des deux fonctionnaires agressés, abordés par surprise par trois personnes de type africain, métis et maghrébin qui les prennent d’abord pour des gens du voyage. Les deux policiers présentent leurs cartes et s’identifient comme appartenant à la police nationale. «Mais loin de dissuader les malfaiteurs, note une source proche de l’enquête, cette identification semble avoir déchaîné la violence.»

L’abandon de l’enseignement technique responsable de l’écroulement économique de la France

L’abandon de l’enseignement technique responsable de l’écroulement économique de la France

Pierre Vellay, ancien directeur de la flotte d’Air France et grand expert de l’industrie aéronautique, explique dans la Tribune les raisons profondes de la désindustrialisation de la France et partage ses recommandations pour inverser la tendance.

 

 

En 1955, soit 10 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, l’enseignement technique français complétait l’enseignement dit « classique » dans lequel les « bons » devaient faire du latin et celui dit « moderne », qui était une sorte de « dépotoir » des élèves qui étaient entrés avec difficulté en 6eaprès avoir toutefois réussi l’examen de passage, examen supprimé en 1957.

Toujours à cette période furent créés les lycées techniques d’Etat, qui acceptaient les élèves à partir de la 6eme, puis les sélectionnaient avec un concours de passage en 4eme. Les premiers étaient orientés vers l’ENP, Ecole Nationale Professionnelle, et les autres vers une filière technique débouchant sur les diplômes de techniciens ou de techniciens supérieurs pour les meilleurs.

En 1963, Fouchet, ministre de l’éducation nationale de De Gaulle décida de réformer l’enseignement technique, d’une part en dégradant le contenu des programmes, tels que la Physique et la Chimie, en ne les enseignant plus qu’à partir de la seconde au lieu de la quatrième, d’autre part en cherchant à « démocratiser » le contenu technique par la création les Instituts Universitaires de Technologie (IUT), considérés à l’époque comme une voie de garage pour ceux qui ne pouvaient intégrer les Ecoles d’ingénieurs, grandes et petites, respectivement ENSI et ENI, le S pour supérieur. Le mot « technologie » était sensé dorer le blason de cette orientation nouvelle.

Les mesures de cette réforme, comme pour toute réforme, pouvaient être habilement présentées comme une amélioration, un progrès, en permettant à tous de trouver une formation, en adéquation avec les capacités intellectuelles, tout en occultant l’élitisme hyper-sélectif attaché aux fameuses grandes écoles d’ingénieurs, écoles gratuites, contrairement aux très chères « grandes » écoles commerciales.

La France avait d’autant plus besoin d’ingénieurs et de techniciens, que la politique d’indépendance nationale, stratégique, militaire et nucléaire d’alors imposait.

Quelques années plus tard, en 1986, un haut fonctionnaire, responsable de la Direction des Relations Internationales à la DGA (Délégation Générale de l’Armement), présentait lors d’une session au CHEAR (Centre des hautes études de l’Armement), le Rafale comme étant le dernier avion que la France développerait avec sa seule compétence, avion, moteur, système d’armes etc. Il citait à ce titre De Gaulle qui « aurait » dit, « pour être indépendant nous devons être présent partout même médiocrement », ce propos s’opposant au concept des alliances entre partenaires industriels de nations différentes détenteurs de « pôles d’excellence ». Au talent des Français de transformer le médiocre en excellence. A noter que le démonstrateur Rafale était équipé de moteurs américains GE F404, remplacés ultérieurement par le M88 de SNECMA.

Revenons aux IUT. Par chance, le corps des enseignants technique s’évertua à ce que les IUT soient des centres de formation plus spécialisés, aux domaines de compétence plus étendus, non limités au caractère technique et pratique des ateliers de production mécanique ou électrique/électronique. En 1965, l’informatique balbutiait et les premiers calculateurs étaient constitués de tores magnétiques placés sur des grilles en forme de cannage (voir ou revoir les publications de Louis Leprince Ringuet). En 1970, l’Institut Français du pétrole possédait un des deux calculateurs Control Data les plus puissants de la planète pour résoudre les matrices des équations de raffinage. La puissance de mon smartphone aujourd’hui est très supérieure à celle qu’avait ce calculateur.

En octobre 1973, le premier choc pétrolier, en pleine période de développement industriel (TGV, aéroport de Roissy, programme CFM, Airbus…, programmes soutenus par le Président de la République de l’époque, Georges Pompidou ) met un terme à une période industrielle «  glorieuse ».

La hausse brutale du coût de l’énergie, par épisodes successifs, s’est accompagnée à la fin de cette décennie d’une inflation de l’ordre de 18% pendant plusieurs années, avec un impact fort sur les modèles économiques et sociaux de l’époque. La France n’avait pas de pétrole, mais elle n’avait pas non plus d’idées ni de solutions crédibles à cette crise amplifiée par une politique calamiteuse menée par un président de la République méprisant ces secteurs de la recherche et de l’industrie, à l’exception de domaines privilégiés dans les mains de lobbies puissants (SNCF-TGV par exemple). Qui se souvient encore de cette période noire pour Airbus où les ventes ne décollaient pas, avec un marché américain fermé et un transport aérien sinistré. Puis ce fut l’élection présidentielle de mai 1981 et l’arrivée de la gauche au pouvoir, avec un programme dit commun et une liste fameuse de promesses attractives individuellement mais inconciliables dans leur agrégation. Avec Pierre Mauroy, premier ministre, la France ou plutôt les Français durent subir le contrôle des changes, avec son impact sur la balance du commerce extérieur, le plafonnement des salaires médians et surtout la 39eme heure. Comment ignorer que 40, c’était 5 fois 8 heures, et que 3 fois 8 égalent 24 heures. Cette réduction d’une heure a déstructuré le système et les organisations de toutes les entreprises travaillant en équipes voire 7 jours sur 7. Cette décision fut vraisemblablement nourrie par la dérive continue du chômage avec cette théorie infantile que l’emploi pouvait être maintenu en partageant la charge de travail, tout en ignorant totalement que la charge de travail est directement liée à la compétitivité.

Une personnalité iconique de la gauche ayant le même prénom que moi, m’avait confié que cette mesure dite des 39 heures était une absurdité de démagogie électoraliste. Cette réduction d’une heure devait initialement être le début d’un processus progressif, 39-38-37 etc. Le résultat quasi immédiat de cette réduction de la première heure eut un impact amplifié par l’élasticité de l’incidence de la double augmentation des taux horaires (39 payées 40 et désorganisation du travail en équipes), sur la compétitivité et une chute de plusieurs points de celle-ci. Le coût de la protection sociale croissant avec une fiscalité oppressante, confiscatoire et démagogiquement sélective, les Français ont perçu un risque de baisse de leur pouvoir d’achat, à la lecture d’indices exotiques judicieusement choisis, traitant l’évolution du coût de l’énergie par omission.

Ce constat latent a été le catalyseur d’un phénomène qui fonctionne comme l’entropie universelle avec une évolution à tendance unique de croissance. Comment pousser le citoyen, qui fondamentalement ignore que les règles de la macro-économie sont à l’opposé de celles de la micro-économie domestique, à consommer davantage avec des revenus nets en diminution. La solution : pratiquer une baisse des prix sur les articles courants par une importation massive de pays à bas coûts de production.

De plus, durant cette même période, des mesures de protection de l’emploi telle que le FNE, favorisant naïvement les départs (deux pour une embauche), ne faisaient que plomber l’économie future du pays et ses équilibres budgétaires.

Simultanément, l’industrie française devenant de moins en moins compétitive, avec une recherche et une capacité d’innovation affaiblie, la pression pour consommer se faisant plus forte, plusieurs actions concomitantes ont eu des effets retardateurs dont nous ne faisons qu’entrevoir les conséquences.

Les conditions qu’il fallait satisfaire pour exporter

Et tout ceci sans évoquer le coup de grâce avec les 35 heures, les RTT et les jours de congés additionnels d’hiver.

Pour pouvoir exporter nos produits, en contre partie des importations asiatiques massives et des achats pétroliers et gaziers, il fallait satisfaire plusieurs conditions :

- La qualité, la nouveauté et l’originalité du produit pour tenter de compenser, même très partiellement une acceptation du surcoût de production engendré par les horaires, les congés et les doubles charges sociales salarié/employeur,

- pour la même raison de surcoût, être capable de valoriser la valeur ajoutée de la « francité »

- être capable de produire en continu, depuis la conception jusqu’au support après-vente,

- être capable d’identifier les marchés, par nature et par zone géographique

Or les acheteurs potentiels ne se trouvaient pas sur des marchés déjà saturés ou matures, européens ou américains du nord, mais plutôt chez les BRIC ou assimilés, parmi lesquels des pays très émergents et avides de technologies.

Offsets

Précisément, ces mêmes pays avaient pour la plupart des taux de main d’œuvre bas, pour de multiples raisons que la morale d’état et l’éthique devraient réprouver, et cette soif de technologie fut satisfaite de la façon la plus naïve qui soit et qui se nomme « les compensations » ou offsets. Ceci n’est qu’une forme moderne du troc, où l’on achète du matériel sophistiqué contre des achats de matériels plus rustiques, ou quand le pays acheteur souhaite participer très modestement et hypocritement à la fabrication ou à l’assemblage du produit acheté, les volumes de ces compensations étant pondérés par le niveau de technologie transférée associée à la production sous traitée.

Ce principe de compensation fut rejeté à l’époque par Edouard Balladur qui déclara à Jacques Cresson, alors à la BFCE, que cette pratique était digne des républiques bananières. Ce qui est à la fois vrai et contestable tout comme la légitimité du marchandage. Marchande-t-on l’achat d’un foulard chez Hermès comme celui d’un tapis dans un souk ? Ne pas oublier que le crédit mit un terme à l’exclusivité du troc et fut à l’origine de la monnaie. Les compensations industrielles ont aussi des vertus dans le cadre d’alliances industrielles raisonnées.

Et c’est ainsi que des pays critiques, « politiquement, socialement » sont devenus des leaders mondiaux en informatique, demain, en intelligence artificielle, et ainsi inondent la planète avec les produits de consommation courante, au point d’assécher les ateliers des pays dits occidentaux, civilisés et libres. Cela permet aussi à Israël, l’Inde, la Chine, avec des développements informatiques liés irréversiblement à notre Défense et à nos armements, voire notre quotidien, de fragiliser notre sécurité, notre identité, notre vie privée et notre intimité.

L’Intelligence artificielle ne sera pas l’antidote de la stupidité naturelle. D’ailleurs faut il un ordinateur pour savoir que 24 n’est pas la moitié de 58, comme le pensaient, parait-il, Cécile Dufflot et Martine Aubry, en novembre 2011, ayant décidé dans le cadre d’un accord électoral de rassemblement gauche/verts, de fermer à terme 50% des 58 centrales nucléaires. Amateurisme, bluff, manque de sérieux pour des promesses de campagne, ou déficience en calcul mental, ou le tout « en même temps

Le concept d’intelligence artificielle aura un peu de crédit quand les prévisions météorologiques, à 48 heures seront fiables, ce qui n’est toujours pas le cas en utilisant les calculateurs parmi les plus puissants de la planète capables de 20 pétaflops.

A ce sujet, il faut rappeler la définition du mot : intelligence. L’art de lire entre les lignes. N’est ce pas la définition anglo-saxonne de l’espionnage et du déchiffrement ? Ce concept qualifié d’intelligent est plutôt perçu aujourd’hui comme un outil de traitement et de réconciliation des montagnes de données désordonnées accumulées aléatoirement. Ceci reste une lecture SUR ce qui se trouve sur les lignes, pas ENTRE.

Tsunami des importations chinoises

La recherche de coût de production les plus bas a aussi conduit à ce que ces mêmes ateliers sous traitent massivement les fabrications puis, les ateliers amaigris et situés en dessous des masses critiques se sont vus « externalisés », délocalisés, vers des pays qui ne se voulaient pas voir leur rôle réduit à celui d’exécuteurs de taches pratiques mais être partie prenante dans la conception.

Le transfert des populations des campagnes vers les villes, en Chine, induit par la mécanisation, a contribué au sur-développement des unités de production industrielle, donc au besoin d’exporter, facilité par des salaires horaires indécents.

Est-ce la satisfaction du superflu ou le tsunami des importations chinoises massives qui soutiennent la croissance ? L’obsolescence programmée d’articles usuels du quotidien aide-t-elle la production ou favorise-t-elle les importations, la réparabilité est elle une entrave à la production et au « réachat » de renouvellement imposé par une fiabilité plafonnée ?

Offrir du support

Les producteurs occidentaux se sont alors trouvés confrontés à ce problème : comment continuer à vendre leurs produits, quand les coûts de production, après toutes les acrobaties évoquées ci avant, sont encore supérieurs à leur valeur d’usage, selon des modèles économiques et comptables devenus universels. Réponse : en offrant du service. Initialement ce service dit d’après-vente se nommait « support produit », product support, qui devint soutien client, customer support.

Mais pour que ce nouveau modèle soit viable, il devenait impératif que le client soit captif du soutien offert (très cher, mais très progressivement) par le fournisseur originel, le moyen pour celui-ci fut donc de bloquer l’accès aux données techniques permettant la réparation par soi même ou pour des tiers du matériel fourni, principe nommé « propriété industrielle ».

Ceci a eu comme autre impact de masquer sous l’appellation de concessions commerciales ce qui n’était en fait que du préfinancement très cher devant être remboursé par les coûts de rechanges et des services de maintenance ou d’évolution du produit ou de consommables associés (cf. : prix élevé à coût quasi nul des mises à jour des logiciels du quotidien, prix des encres d’impression…)

La crise protéiforme que nous traversons, sanitaire, technique, sociale, politique, règlementaire, écologique a accéléré une sorte de prise de conscience collective, difficilement gérable par des politiques incapables de trouver, comme pour la météo, dans leurs connaissances actuelles, des situations précédentes similaires, qui faciliteraient les prédictions et orientations à prendre.

Les plateformes médiatiques sont les courroies instables de la transmission de messages ou de directives contradictoires, inconstantes et polluées par des considérations électoralistes d’échéances plus ou moins lointaines.

On dit, depuis l’antiquité, qu’il est impossible de résoudre la quadrature du cercle car on ne peut concilier un nombre algébrique à un nombre transcendant (Pi) tout comme la trisection de l’angle ou la duplication du cube. C’est ainsi que se pose l’équation d’aujourd’hui :

Comment en un temps relativement court, peut-on, sans critères particuliers de classement prioritaire, trouver les solutions à une telle équation implicite dans laquelle les différents facteurs sont dépendants:

- venir à bout de la pandémie,

- identifier les effets de cette crise sanitaire sur tous les domaines impactés, humains et matériels, économiques et politiques

-retrouver une partie de notre indépendance nationale, avec une analyse réaliste et programmable de ce qui est « rapatriable », sans remise en question des alliances historiques, associées à des échanges commerciaux bilatéraux,

- créer des emplois stables non assistés

maitriser les coûts de concept, d’industrialisation, de production, de soutien

- soutenir l’innovation créatrice et l’imagination fertile, la recherche

-inventer une approche nouvelle d‘agrément et de certification pour les produits en rupture technologique, quand le certificateur est moins compétent que l’innovateur,

- favoriser les échanges technologiques et la fécondation croisée des concepts innovants

- ne pas assécher les esprits par un excès d’utilisation de logiciels à intelligence réductrice et uniformisante. Exemple des architectes d’aujourd’hui qui ignorent ce que sont le plan, l’angle droit, le fil à plomb, leurs créations étant toutes assistées pour générer des surfaces réglées de Xieme ordre (syndrome de l’Opéra de Sydney). Savent-ils encore tenir un crayon et selon un sacro-saint principe de prudence, calculer manuellement l’ordre de grandeur du résultat attendu en termes de résistance ? L’effondrement du terminal 2E de Roissy, ou l’entrée en résonnance de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor n’en seraient-ils pas des exemples parmi d’autres ?

- ne pas considérer l’assistance par les outils informatiques tantôt comme une orthèse tantôt une prothèse à l’imagination et à la création, un tuteur ou un substitut,

- veiller à ne pas élire des PMIR, politiques à mobilité intellectuelle réduite

motiver la jeunesse pour revenir sur des formations utiles, pratiques, tangibles, pérennes, saines, éloignées des phantasmes du football, du cinéma, de la téléréalité et de la communication

- apprendre à la jeunesse à écrire, lire, dessiner, planter, nager en eau claire, jouer d’un instrument, éduquer sa mémoire

- trouver un équilibre entre nos importations et exportations sans distorsion des règles comptables et financières, sans protectionnisme stérilisant

-réduire l’obésité des technostructures des grandes entreprises et de l’administration publique, conséquence d’une sédimentation historique de fonctions surabondantes justifiant des embauches

- revenir à des systèmes horaires de travail simples

- approcher le principe de la compétitivité sous un angle différent. Mitterrand avait déclaré : pour lutter contre le chômage nous avons tout essayé et rien n’a marché…et pour cause : on crée de l’emploi par de la charge de travail et non par le partage altérant la compétitivité. On ne gagne jamais une course de sprint ou d’endurance, en partant dans le sens opposé.

- trouver un équilibre entre les charges de travail humaine et mécanique ; Les investissements en machines-outils modernes modifient progressivement et durablement le rapport dit Homme/machine, qui est passé en peu de temps, dans certains secteurs de moyenne série, de deux hommes par machines à un homme pour trois machines, tout en accompagnant la sophistication des process de fabrication.

- réviser le format et la construction des taux horaires de main d’œuvre et de service,

- gérer avec pertinence le durcissement des règles sécuritaires et environnementales

- ne pas avoir à associer systématiquement écologie à punition, contraintes, taxes et avec des campagnes de promotion d’amélioration énergétique discriminatoires

- savoir identifier dans toute mesure dite écologique les effets secondaires d’un déséquilibre des lois de la nature,

- faire définir le cadre de la transition énergétique par des spécialistes impartiaux et neutres et compétents

- éviter le piège tendu aux incompétents des technologies périssables

- analyser la santé des entreprises sur une base annuelle et non trimestriellement (saisonnalité des activités, tourisme, transport aérien, viticulture…). Une mauvaise analyse pénalise le « rating bancaire », les levées de fonds et l’attraction boursière.

- apprécier la création de valeur par une juste approche financière, comptable et économique,

- mettre un frein à la bétonisation de nos campagnes. Ronds-points et grandes surfaces, et les gigantesques hangars de stockage de produits importés d’Asie ou d’achats internet en transit, contribuent à la désertification de nos campagnes.

- protéger la biodiversité animale et végétale, maintenir la diversité variétale sans imposer de normes de calibration de la nature

- visiter tous les musées traitant de notre histoire, de nos découvertes, de nos traditions artistiques et manufacturières. Il n’existe plus qu’une seule fabrique de clous et de pointes en Europe, à Creil et classée au Patrimoine Vivant. Le procédé d’élaboration des panneaux de verre églomisé des encadrements des devantures des boulangeries et charcuteries est partiellement perdu. La restauration des antiquités et monuments dégradés montre le potentiel résiduel et l’attrait pour des techniques redécouvertes, prouvant le génie de nos anciens.

- recentrer les études des écoles et grandes écoles techniques et scientifiques sur leur corps de métier et leur spécificité et que le complément de formation managériale ne se substitue pas à la compétence technique et ne trouve son application que lorsque la relève est assurée par la génération suivante de techniciens,

- s’assurer que les avis scientifiques de nos gouvernants ne seront pas pollués par l’opinion, collectée sur les chaines d’information continue et des organismes de sondages qui devraient revoir le sketch de Jean Marie Bigard sur ce thème et l’art d’interroger avec des questions stupides.

-demander à nos politiques de délivrer leurs messages et non ceux formatés par des communicants mimétiques, « manche à air » à la recherche de l’expression courte que pourront retenir les médias pour leurs titres

- demander aux journalistes de poser des questions ouvertes et non fermées en proposant la réponse, en y apportant toutefois aucune attention, déjà concentrés sur la question suivante,

- éviter qu’après chaque intervention télévisée d’une personnalité politique, les pseudo journalistes/présentateurs nous expliquent ce que nous aurions dû comprendre et ce qu’il fallait retenir, et qu’eux seuls ont été suffisamment intelligents pour décrypter (entre les mots !)

ouvrir au public, dans le cadre du développement muséal de Paris, de l’éducation et du rayonnement culturel de la France, les palais et autres hôtels particuliers (payés et entretenus par les contribuables qui en sont collectivement propriétaires) de nos ministères qui pourraient être relogés dans d’anciennes casernes désaffectées et transformables en « campus ministériel »

- forcer nos gouvernants actuels ou futurs candidats à raisonner au-delà des futures échéances électorales. Quand Colbert avait sélectionné les chênes de la Forêt de Tronçais, il pensait à la fabrication de la mature des navires 200 ans plus tard.

- prendre en compte la temporalité de l’industrie et des grands programmes, avec des décisions à effets différés, des retours d’investissement longs, à l’opposé des secteurs virtuels sans inertie et spéculatifs (communication/média)

réhabiliter l’enseignement technique semble une absolue priorité, de l’apprenti à l’ingénieur, y compris dans les écoles d’application (sup-Aéro, Mines, Ponts, Pétrole, Télécoms…). Cette réhabilitation est celle du rééquilibrage d’image entre les fonctions productives et tertiaires, entre les cols bleus et les cols blancs, entre le tangible et la finance, entre les actifs et les assistés perpétuels. Elle est indispensable à la motivation des acteurs.

Au-delà de ces recommandations ciblées sur la réhabilitation du secteur technique et scientifique, dont le succès sera subordonné à la capacité collective de modifier les comportements laxistes, il y en aurait d’autres à caractère plus politique telles que :

La remise en première ligne du mot « autorité »devenu un gros mot, dans la famille, à l’école, dans l’entreprise, redonner un sens à la notion de hiérarchie, après être passé d’un système vertical pyramidal à une totale horizontalité, presque concave, où la notion de représentativité est rejetée sous le prétexte d’être tous supposés égaux, en instruction, en culture, en résistance physique, en compétence, en intelligence,

-       Comprendre que le développement des « services « commerciaux d’après-vente, ne sont que le constat de l’incapacité de produire localement à des coûts (prix de revient) permettant de dégager un profit pour un prix de vente cohérent avec la valeur d’usage du bien, le client étant captif du fournisseur,

-       La réflexion faite par un leader des Républicains, rencontré par hasard, me déclarant que la « politique » manquait d’ingénieurs

-       En politique, comme dans les centres de recherche, nécessité de mixer jeunes et anciens, inventivité candide des uns et expérience résultant des succès et des échecs des autres,

-       Une capacité de gérer les solutions de continuité en période de chocs et de rupture (énergétique, économique, sociale, sociétale, technologique, générationnelle, culturelle, religieuse, politique …),

-       Associer le manuel et l’intellectuel, la main et le cerveau. Les architectes et les ingénieurs ne savent plus dessiner avec un crayon, l’écriture manuscrite disparait derrière le clavier, le pouce remplace l’index comme doigt dominant, la carte mémoire remplace les neurones.

Un enjeu majeur de demain pour retrouver notre liberté altérée par la dépendance à des fournisseurs extérieurs exclusifs, sera de trouver la juste consolidation isostatiquement équilibrée entre les capacités manuelles et intellectuelles, confortées par le développement du numérique qui devra servir de sécurité (assistance, validation, sauvegarde…), à condition que les outils de stockage des données soient éternellement pérennes et que la calibration des algorithmes reste humainement possible. Observons les peintures de Lascaux, les mosaïques de Pompéi, les schémas de Léonard, l’Art figuratif des siècles derniers, pour nous demander ce qui restera comme traces des bases de notre culture (littéraire, artistique, photographique, scientifique…)  dématérialisée sur des supports magnétiques ou numériques à courte durée de vie, voire dans les « nuages » non localisables.

Terrorisme Paris: le Pakistan aussi responsable

Terrorisme Paris: le Pakistan aussi responsable

 

Les manifestations de protestation des extrémistes pakistanais contre les caricatures de Charlie hebdo semblent avoir inspiré l’un des auteurs du récent attentat à Paris. Des manifestations de radicaux pakistanais qui ont recueilli le soutien implicite des autorités politiques locales par ailleurs en grande difficulté sur le plan économique. Un processus habituel d’instrumentalisation du fanatisme et du nationalisme pour cacher les difficultés internes. Ce que pratique aussi nombre d’autres Etats.

Le blasphème est une question très sensible au Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé avec près de 220 millions d’habitants, où même des allégations non prouvées d’offense à l’islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. La représentation des prophètes est strictement interdite par l’islam sunnite. Ridiculiser ou insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort dans certains pays musulmans, dont le Pakistan.

« Les caricatures publiées ont heurté les sentiments de millions de musulmans », a observé le ministère des affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, qui espère « la traduction devant un tribunal » des « responsables de cet acte méprisable ». L’acquittement en octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu’elle a toujours nié, avait provoqué des marches violentes de protestation dans tout le Pakistan.

 

La croissance de l’économie pakistanaise a nettement ralenti à 3,3 % sur l’exercice budgétaire 2018/19, à un niveau insuffisant afin de face aux impératifs d’une croissance démographique vigoureuse (2,7 % par an, le taux le plus élevé de la région). Doté d’un PIB par habitant de 5 544 USD en parité de pouvoir d’achat, le Pakistan se situe dans la catégorie des pays à revenus moyens inférieurs selon la typologie de la Banque Mondiale. Alors que le pays se trouvait en quasi-cessation de paiement en 2013, l’économie est parvenue à se redresser grâce au programme de prêt qui a été conduit par le FMI jusqu’en 2016. Depuis la fin de l’année 2017, la détérioration accélérée des équilibres externes et budgétaire fait toutefois peser un risque sérieux sur les réserves de change de la Banque centrale et accroit la dépendance du pays à l’égard des prêteurs.

Le Pakistan fait actuellement face à une situation économique plus que délicate qui se caractérise par d’importants déficits public (6,4 % en 2017/18 et 6,8% en 2018/19) et de la balance courante (6,3 % du PIB en 2017/18 et 4,6 % en 2018/19). La forte croissance enregistrée aux cours des cinq dernières années s’est ainsi accompagnée d’une hausse considérable de la dette publique (75 % du PIB), d’une baisse des réserves de change (représentant 1,5 mois d’importations) et d’un arrêt des réformes structurelles (fiscalité, environnement des affaires, gestion des entreprises publiques, compétitivité et hypertrophie du secteur informel). La croissance devrait se replier à 2,4 % en 2019/20 selon le FMI et être accompagnée d’une accélération de l’inflation (autour de 13 % après 7,3% en 2018/19 et 3,9% en 2017/18).

La France a officiellement protesté auprès du gouvernement pakistanais suite au manifestations des extrémistes soutenus officieusement par le gouvernement pakistanais

Veolia : responsable de la pagaille

Veolia : responsable de la pagaille

 

 

C’est en quelque sorte ce qu’affirme le patron de Suez. Il n’a pas complètement tort dans la mesure où le projet de Veolia est de racheter Suez mais de liquider aussitôt la branche eau à un fonds d’investissement sans expérience dans le secteur.

 

 Du coup si l’OPA devait se faire Veolia serait contraint de se débarrasser de certains de ses actifs car l’activité eau de Suez est désormais protégée  par le transfert du siège social aux Pays-Bas. En tout cas une belle pagaille quant à l’image des sociétés françaises à l’étranger notamment où une grande partie de leur activité s’effectue. Dans les Échos,  le patron de Veolia s’explique sur le sens de la mise à l’abri de l’activité au au sein d’une structure juridique localisée aux Pays-Bas.

 

La fondation annoncée hier empêche la cession de Suez Eau France, c’est une arme anti-OPA ?

Je veux être plus précis sur la fondation que nous avons mise en place, car j’entends beaucoup de choses n’ayant rien à voir avec la réalité. Nous transférons à une fondation indépendante de droit néerlandais deux actions de nos filiales concernées par l’activité Eau France de Suez. Pour la filiale Suez Eau France, c’est ainsi seulement une action sur les 42 millions existantes. Il n’est donc pas question de transfert de dividendes à l’avenir, et il n’y a donc aucune conséquence fiscale ou sociale. Il n’y a pas de transfert d’actifs, le seul objectif est d’empêcher l’aliénation - c’est-à-dire la cession - de Suez Eau France, qui ne sera possible qu’avec l’accord du conseil d’administration de Suez. S’il devait y avoir un changement de contrôle au sein de Suez, la cession serait impossible. Celle-ci ne sert qu’à cela : protéger un actif coeur, un actif clé du groupe. Ce mécanisme n’empêche en aucun cas une OPA sur Suez. Ce n’est donc pas une pilule empoisonnée. Cette fondation n’empêche pas une prise de contrôle, mais elle empêche un démembrement de Suez. Tout le monde peut déposer une OPA. Veolia aussi, mais s’il décide de le faire, il faudra qu’il trouve d’autres moyens de respecter les contraintes de concurrence en France que la cession de notre filiale Suez Eau France telle qu’elle est prévue dans son projet actuel. Nous souhaitons un traitement équitable de tous les actionnaires, en particulier minoritaires. Cette structure respecte donc leurs droits.

«Le capitalisme responsable à l’épreuve du raidissement chinois». ( Philippe Mudry, l ‘Opinion)

«Le capitalisme responsable à l’épreuve du raidissement chinois». ( Philippe Mudry, l ‘Opinion)

« 

« On ne le croirait pas à écouter le silence qui entoure la mise au pas de Hong Kong, mais les Etats ne sont pas seuls, à l’exception des Etats-Unis et du Royaume-Uni, à faire comme si leurs grands principes pouvaient s’accommoder du raidissement chinois. Le monde des affaires rallié au capitalisme responsable a le même problème à gérer. Pour l’heure, il fait le dos rond, espérant que ce mauvais vent d’Est faiblira devant les suites fâcheuses que Pékin devra mesurer au fil du temps. Déjà, l’Europe agit pour barrer la route aux investissements chinois indésirables ​; la Chine risque de nouvelles sanctions si elle persiste dans une attitude jugée par trop agressive en Occident. Et n’est-ce pas aux politiques de faire leur devoir, en contraignant à plus de mesure ce géant si impatient d’imposer sa superpuissance ?

Il est vrai que le business n’a pas vocation à être en première ligne, mais il ne suffira pas toujours de faire profil bas. Si les entreprises et les investisseurs ne vont pas à la Chine, la Chine viendra à eux. Les exemples abondent. Ne parlons pas de HSBC ou de Cathay Pacific, ces entreprises « ​sinisées ​», desquelles de peu glorieux signes d’allégeance à Pékin ont été exigés, et obtenus, lors de la crise de contestation à Hong Kong.

Depuis, le pouvoir central a renforcé sa pression sur d’autres acteurs étrangers importants, les Gafa surtout, pour qu’ils coopèrent avec l’appareil répressif en partageant des informations permettant de contrôler la contestation. Google, Facebook et Twitter ont refusé, mais les menaces vont s’intensifier, à Hong Kong et ailleurs. Car Pékin, la crise du Covid-19 l’a montré, n’hésite plus à y recourir à l’étranger même.

Tous les investisseurs doivent, eux aussi, inclure le cas chinois dans leurs éléments de décision. Le déni des droits de l’homme n’est pas un critère responsable mineur

Rétorsion. ​Dans l’ancienne colonie britannique, on songe bien sûr aux banques. Toutes les grandes françaises y sont installées. Déjà, BNP Paribas y a subi une semonce, et dû se séparer d’un employé sympathisant du mouvement pro-démocratie. Ce ne sera pas la dernière pression à craindre, d’autant que les Français ont des ambitions en Chine. Quant aux interventions hors de la sphère chinoise traditionnelle, elles vont croître aussi. Dernier exemple en date, la réaction chinoise virulente aux propos du patron de l’Agence française de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, annonçant que Huawei fait l’objet de refus et d’autorisations limitées entre trois et huit ans dans la mise en place de la 5G. En matière de rétorsion, la Chine aura l’embarras du choix. EDF pourrait être une victime toute désignée, via l’éventuelle remise en cause de son partenariat avec le chinois CGN pour la construction outre-Manche de centrales de nouvelle génération. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Par ricochet, tous les investisseurs doivent, eux aussi, inclure le cas chinois dans leurs éléments de décision. Le déni des droits de l’homme n’est pas un critère responsable mineur. La Chine a besoin des investisseurs internationaux pour se développer et concurrencer les Etats-Unis sur le terrain financier. Si la prudence à court terme est compréhensible, l’aveuglement volontaire se paiera cher à terme. Les investisseurs ont une arme puissante entre les mains. Le moment arrive où s’en servir collectivement peut être la voie de la sagesse.

États généraux de la communication : publicité «plus responsable» !

États généraux de la communication : publicité «plus responsable» !

Un rapport  sur la publicité et la transition écologique, «première dans l’histoire environnementale française», a été remis aux ministres Élisabeth Borne (Transition écologique) et Brune Poirson (antigaspillage et économie circulaire). Il recommande, au regard de la transition écologique, la mise en place d’une stratégie de neutralité climatique, une mise en cohérence de la réglementation sur la publicité extérieure, une relance des initiatives pour une publicité plus responsable et une amélioration des mécanismes de régulation. L’idée serait notamment d’engager la profession à atteindre la neutralité carbone en 2050 et l’obliger à du reporting climatique. Parmi les autres propositions: éliminer les représentations défavorables au climat, interdire de publicité les produits ou services en fin de vie ou encore bannir la publicité tractée par voie aérienne.

Coronavirus: la surconcentration urbaine responsable

Coronavirus: la surconcentration urbaine responsable

La  surmortalité a atteint le double de la moyenne nationale dans les métropoles et les grandes villes .  les régions Île-de-France et Grand Est sont plus touchées par cet excédent de mortalité. Mais cette étude permet surtout de voir avec plus de précision le surcroît de décès en fonction de la taille des communes. Dans villes les plus denses, la surmortalité atteint ainsi 49 %, contre 26 % pour l’ensemble de la France. «La hausse des décès est plus forte dans les territoires densément peuplés bien que la population y soit en moyenne plus jeune», résume l’Insee. À l’inverse, dans les territoires moins denses, «les décès en 2020 sont plutôt stables par rapport aux années précédentes». Pourtant, ces communes moins peuplées abritent une population «en moyenne plus âgée, et donc plus fragile face au Covid-19»«Les interactions entre individus sont moins fréquentes et donc le risque de contamination plus faible», avance l’étude comme principale explication à ce phénomène.

Les grandes agglomérations, même proches, n’ont cependant pas toutes été touchées avec la même force par cette vague de décès. Il semble qu’il y ait un lien avec la situation sociale des zones intéressées.

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

Il s’agit de « l’un des plus gros piratages de données de l’histoire », avec environ 145 millions de victimes aux Etats-Unis, a rappelé le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une conférence de presse. Des clients d’Equifax, dont le rôle est de collecter des données personnelles de consommateurs sollicitant un crédit, avaient également été affectés au Canada et au Royaume-Uni.

Après deux ans d’enquête, Wu Zhiyong, Wang Qian, Xu Ke et Liu Lei ont été inculpés la semaine dernière à Atlanta pour association de malfaiteurs en vue de commettre une fraude informatique, de l’espionnage économique et une fraude aux communications.

Membres d’une unité de recherche de l’armée chinoise, ils se trouvent en Chine et ne peuvent être arrêtés. « Mais un jour, ils commettront une erreur et nous serons là », a assuré le directeur adjoint de la police fédérale, David Bowdich.

Ils sont accusés d’avoir exploité une faille dans un logiciel utilisé par Equifax sur son site de résolution des litiges. Une fois introduits dans le système informatique de l’agence, ils sont soupçonnés d’avoir obtenu les noms, dates de naissance et numéros de sécurité sociale de 147 millions de personnes, et les numéros de permis d’au moins dix millions d’Américains.

Les Etats-Unis ont déjà attribué plusieurs attaques informatiques de grande ampleur au gouvernement chinois, notamment le piratage d’une base de données du géant de l’hôtellerie Marriott en 2018.

En parallèle, « des intrusions informatiques soutenues par l’Etat ont visé des secrets industriels et des informations économiques confidentielles », a ajouté Bill Barr, en mentionnant des enquêtes ouvertes dans les secteurs de l’industrie nucléaire, aéronautique ou métallurgique.

Selon lui, environ 80% des poursuites ouvertes ces dernières années pour espionnage économique impliquent le gouvernement chinois et 60% des dossiers de vols de secrets commerciaux ont un lien avec la Chine.

 

Gilets jaunes : la désertification responsable de la colère

Gilets jaunes : la désertification responsable de la colère

 

Deux services rattachés à Matignon et deux visions  de l’ aménagement. Pour France Stratégie, la désertification de la plus grande partie du pays doit progresser tandis que pour le Centre d’analyse économique , le mouvement des gilets jaunes s’explique en grande partie par la désertification entre (activités, commerce, services publics emploi).

 

D’après France stratégie, organisme de prospective placée auprès du Premier ministre la désertification du territoire doit encore s’amplifier. Pour cette institution de technocrates,  il convient de concentrer l’activité économique autour d’une quinzaine de zones urbaines. Or ces zones concentrent déjà de l’ordre de 50 % de l’activité économique française,  une orientation qui évidemment va tout à fait à l’encontre des préoccupations environnementales et de la qualité de vie. En outre une sorte de paradoxe au moment où le numérique notamment rend possible une plus grande décentralisation.

C’est évidemment le mythe de la croissance endogène qui consiste à tasser le plus possible les populations afin de les contraindre à augmenter leur demande marchande. Un contresens écologique mais aussi économique car les investissements en zone  très urbanisée sont beaucoup plus coûteux en raison du coût du foncier mais aussi de leur insertion dans des environnements complexes. Victime de cette politique concentrationnaire les villes moyennes, les petites villes et évidemment les zones rurales dont certaines sont appelées à devenir des territoires d’Indiens. À noter aussi l’évolution sémantique en matière d’aménagement géographique puisqu’on parle maintenant « de territoires intermédiaires » ; en clair des territoires secondaires.

C’est touts la contradictions entre une politique économique qui recherche la croissance à n’importe quelle condition et une politique d’aménagement recherchant un équilibre entre le développement économique, la qualité de vie et la protection de l’environnement. Les 15 aires urbaines de plus de 500.000 habitants concentrent 40% de la population, 55% de la masse salariale, plus de 50% de l’activité économique, deux tiers des étudiants.  France stratégie, organisme gouvernemental, placé auprès du Premier ministre, plaide cependant pour un renforcement de l’investissement public dans ces métropoles ou sur leur pourtour au nom de l’efficacité économique.

 

A l’inverse pour, le centre d’analyse économique (CAE), rattaché à Matignon « la perte des lieux de socialisation semble participer au mal-être des territoires mobilisés dans le mouvement des gilets jaunes. A contrario, lorsque le tissu associatif local est plus dense, les expressions de mécontentement sont plus rares ».

Pour Philippe Martin, président de l’organisation,  »il faut aller au delà des critères économiques [...] C’est surtout la variation des indicateurs dans le temps qui compte et pas forcément leur niveau ». La prise en compte des indicateurs de bien-être paraît essentielle pour mesurer l’efficacité des politiques publiques. « L’impact de la concentration économique au niveau des métropoles par exemple peut avoir un impact négatif sur le bien-être [...] Il faut rééquilibrer les arbitrages entre l’économique et le bien-être « a-t-il ajouté lors d’un point presse.

Dans leurs travaux, les économistes ont testé plusieurs indicateurs sur des communes ayant connu des mobilisations de gilets jaunes et ont établi une hiérarchie des facteurs les plus robustes. Il apparaît que le déterminant le plus important est la fermeture des commerces de détail et de proximité et la disparition des équipements de santé comme les hôpitaux, les maternités ou les cabinets de médecin. Ainsi, selon les résultats communiqués par l’organisme de recherche, les communes qui ont  »perdu un commerce alimentaire (épicerie, supérette ou supermarché) ont davantage de chance de connaître un événement gilets jaunes et une augmentation de l’abstention ».

Le désarroi de certaines populations a pu également être alimenté par la disparition de lieux éducatifs ou culturels. « La fermeture d’un lycée, d’un cinéma ou d’une librairie-papeterie est souvent associée à une plus forte probabilité d’un événement gilets jaunes dans la commune ». Au sujet du bien-être, la disparition d’un équipement infirmier, d’un centre hospitalier peut également accroître le sentiment d’anxiété et les disparités géographiques. Ce qui a retenu l’attention des économistes est l’allongement des durées de trajet entre la commune et les équipements et pas forcément l’augmentation de la durée de transporte entre le domicile et le travail.

La variation du taux d’emploi semble être un facteur déterminant pour comprendre le mécontentement de ces populations. « Concernant la satisfaction dans la vie et l’anxiété, la variation de l’emploi local exerce des effets sur tous les individus, avec une amplitude plus forte s’ils sont au chômage ou inactifs » expliquent les rédacteurs. En outre, les changements de niveau de vie, calculé avec le revenu disponible par unité de consommation plus précis que le PIB par habitant, peuvent être des moteurs de la mobilisation.

« Plus le niveau de vie médian de la commune s’élève, moins on observe d’événements gilets jaunes. Quant à l’insatisfaction et à l’anxiété des individus, si elles dépendent du revenu de ces derniers, elles décroissent également avec le revenu médian de la commune : résider dans une commune devenue plus « riche » est associé à une anxiété individuelle plus faible » complète le centre de réflexion. »

 

Et il apparaît que le niveau du tissu associatif local peut jouer un rôle fondamental sur la présence de gilets jaunes. Le conseil d’analyse économique a ainsi observé que « l’augmentation du nombre d’associations rapporté à la population de la commune réduit la probabilité d’un événement gilets jaunes ».

 

Retraites: Édouard Philippe, englué dans ses contradictions responsable de la pagaille

Retraites: Édouard Philippe, englué dans ses contradictions  responsable de la pagaille

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme.

 

Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022. Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps.

 

Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection court lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage.

 

Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

 

Réforme de retraites: Édouard Philippe responsable de la pagaille

Réforme de retraites: Édouard Philippe responsable de la pagaille

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme.

Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022. Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps.

Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection court lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage.

Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

Sondage grève: le gouvernement responsable pour 55%

Sondage grève: le gouvernement responsable pour 55%

 

 Selon une enquête Ifop,  JDD les Français portent un regard sévère sur l’action du gouvernement sur le dossier des retraites. 59% des personnes interrogées estiment ainsi que le gouvernement « porte la plus forte responsabilité dans les blocages liés au mouvement social », en ne « dévoilant pas ses intentions » pour la réforme. Le Premier ministre Édouard Philippe a promis qu’il livrerait mercredi prochain « l’intégralité du projet du gouvernement ».

 

Dans cette enquête réalisée auprès de 1.001 personnes, 33% des sondés disent soutenir le mouvement de grève lancé le 5 décembre, et qui entraîne depuis de fortes perturbations dans les transports publics. Un chiffre en hausse de six points par rapport à une autre étude Ifop réalisée la semaine dernière. 20% des sondés disent de leur côté avoir de la sympathie pour le mouvement.

L’hostilité pour la grève contre le projet de réforme des retraites est elle en baisse. Seulement 12% des personnes interrogées se disent hostiles à la mobilisation, alors qu’ils étaient 15% dans l’étude menée à la fin du mois de novembre. Au total, 30% s’y disent opposés ou hostiles.

Sans surprise, les personnes se déclarant proches de la France insoumise soutiennent fortement la grève (66%), tout comme les sympathisant du Parti socialiste (45%), mais également du Rassemblement national (45%). Les proches de La République en marche sont les plus nombreux à être opposés ou hostiles à l’opposition contre la réforme (64%).

41% des sondés estiment au contraire que les grévistes sont les principaux responsables « en lançant un mouvement alors que le contenu de la réforme n’a pas été encore annoncé ».

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1.001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Intelligence artificielle: le contrôle par des algorithmes responsables ? ( Nozha Boujemaa )

Intelligence artificielle: le contrôle par des algorithmes responsables ?  (  Nozha Boujemaa )

 

Nozha Boujemaa, directrice science & innovation chez Median Technologies essaie de rassurer à propos des dérives possibles de l’IA et cela  grâce aux algorithmes responsables . Un concept encore un peu flou !

 

 Tribune dans le Monde (extraits)

 

«  Des chercheurs des universités Stanford et du Massachusetts ont publié, le 22 novembre, dans la revue Science une nouvelle approche en apprentissage automatique permettant de prévenir les comportements indésirables éventuels de l’intelligence artificielle. Ils ont montré leurs résultats dans deux cas applicatifs : la discrimination du genre et la gestion du diabète.

Le cadre proposé permet de mettre en place des algorithmes dits « seldoniens », en référence au personnage de Hari Seldon, créé par l’auteur de science-fiction Isaac Asimov. Ce dernier avait inventé les « robots positroniques », gouvernés par trois lois protégeant les êtres humains, connues depuis comme les « lois d’Asimov ».

En réalité, il s’agit d’une famille d’approches qui intègrent, dans leurs fonctions objectives à optimiser, des contraintes à respecter pour éviter de causer des dommages à l’humain. Ainsi, le respect de son intégrité physique est transféré au concepteur de l’algorithme d’apprentissage plutôt qu’à celui qui l’utilise ou le déploie. Il s’agit d’algorithmes « responsables par conception », dont la publication a été bien théâtralisée par l’équipe américaine avec la référence à Seldon et à Asimov.

Cela nous renvoie vers un imaginaire de science-fiction qui éveille à la fois curiosité et étonnement. L’idée essentielle est d’anticiper la responsabilité dans la conception plutôt que de contrôler a posteriori le comportement de l’algorithme par un mécanisme d’auditabilité. Ces approches s’opposent à l’école de pensée considérant que les biais viennent uniquement des données et que les algorithmes sont irréprochables.

Ce qui prime par-dessus tout, c’est la préservation de l’intégrité physique et mentale de l’humain. C’est bien la règle d’or pour tout développement technologique incluant l’intelligence artificielle. Si on regarde de près ses implications, on y trouve la sécurité physique (par exemple pour les véhicules autonomes), la protection des données personnelles, mais aussi la préservation du libre arbitre et l’évitement du nudging (l’« influence d’opinion »). Nous avons vu récemment que ce dernier, dans le cas du marketing politique, a des impacts préjudiciables sur nos démocraties, alors qu’il n’est pas illégal. C’est un bel exemple du fossé entre le droit et la responsabilité et l’éthique.

Il est crucial d’avoir une interprétabilité du comportement algorithmique et de disposer des moyens de contrôle (a priori ou a posteriori) de leurs capacités à respecter les règles éthiques, morales et juridiques. L’explicabilité est aussi essentielle : c’est la capacité de justifier le processus de décision d’un algorithme. Cette explicabilité, qui a été popularisée par le programme Explainable AI (XAI) de la Defense Advanced Research Projects Agency, est multiforme et pas toujours réalisable d’un point de vue technique. »

 

Sondage Grève du 5 décembre: le gouvernement sera responsable

  • Sondage Grève du 5 décembre: le gouvernement sera responsable

 Près de 70% des Français soutiennent le mouvement selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. Mais ce n’est pas le chiffre le plus inquiétant pour  le gouvernement. En effet, les français condamnent par avance  le pouvoir en cas de blocage prolongé du pays. Ils estiment à hauteur de 60 % que la responsabilité en incomberait au gouvernement bien davantage qu’aux syndicats.

Le soutien est équivalent à celui qu’avaient reçu les «gilets jaunes» à leurs débuts. Selon le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo, 68 % des sondés considèrent que la grève de ce jeudi contre la réforme des retraites est «justifiée». Il s’agit d’un véritable retournement de l’opinion constaté en à peine un mois: dans notre dernière étude, publiée le 31 octobre, 57 % des Français considéraient que la grève n’était «pas justifiée».Dans le détail, les sympathisants LREM sont les seuls à considérer majoritairement (68 %) que le mouvement de grève n’est pas justifié. À droite, plus d’un électeur LR sur deux (51 %) déclare au contraire comprendre les raisons de cette manifestation. Un chiffre nettement plus important pour tout le reste de l’échiquier politique, quel que soit le camp concerné: qu’il s’agisse du RN (77 %), des partis de gauche comme EELV (71 %) ou le PS (82 %). Le record est détenu par LFI, dont 95 % des sympathisants soutiennent la grève.

Afrique : la corruption responsable du surendettement

« Afrique : la corruption responsable du  surendettement»

 

Face à une dette qui a pratiquement doublé en 10 ans pour atteindre maintenant 7000 milliards d’euros dans les pays pauvres notamment d’Afrique, Uzziel Ndagijimana, ministre rwandais de la planification économique et des finances pointe la  corruption comme un des responsables de l’endettement. Il signale notamment que la fuite illégale de capitaux est même supérieure à l’aide au développement.. (Interview dans le Monde)

Les pays à bas revenus sont-ils menacés par une crise de la dette ?

Les pays à faibles revenus n’ont plus les ressources pour financer le développement ; la dette sert maintenant à rembourser la dette. Son poids s’est alourdi avec la chute du prix des matières premières et la baisse de la croissance en Afrique. Les dons et l’aide publique au développement ont diminué, alors que nos besoins en financement augmentent pour construire des infrastructures, nous adapter au réchauffement climatique et atteindre les objectifs de développement durable. Les prêts à taux préférentiels délivrés par les banques multilatérales comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement sont insuffisants. Les pays doivent donc chercher des financements ailleurs, sur les marchés financiers.

Les pays à bas revenus profitent-ils d’une baisse des taux d’intérêts sur les marchés européens et américains ?

C’est la question que je me pose moi-même, car l’argent qu’on emprunte via ces obligations ne va pas forcément dans les secteurs où on en a le plus besoin, comme l’éducation ou la santé. Ces obligations ne peuvent financer que des projets qui ont un rendement élevé à court ou moyen terme. Dans le cas du Rwanda, nous avons émis en 2013 des obligations libellées en devises étrangères pour construire un centre de congrès et développer le secteur du tourisme. Nous ne pourrions pas en faire usage dans le domaine de l’éducation ou de la santé, par exemple. Et malgré la baisse des taux d’intérêts sur les marchés européens et américains, les obligations libellées en devises étrangères nous coûtent cher.

Les pays les plus pauvres étant plus risqués, le coût de l’emprunt y est plus élevé que dans les économies développées. Cela une incidence non seulement sur le volume de la dette, mais aussi sur sa qualité. Si elle est constituée de prêts concessionnels de long terme, c’est-à-dire avec des conditions favorables et des périodes de grâce, alors elle est saine. Si le poids des emprunts à court terme augmente, alors elle est plus fragile. Le problème, c’est que dans les pays pauvres, la qualité de la dette se dégrade, elle est davantage soumise à la volatilité des flux financiers.

La dette ne peut être transparente que si elle est contractée auprès des marchés financiers ou des bailleurs de fonds internationaux. Lorsqu’elle est négociée en bilatéral, de pays à pays, il est difficile de dévoiler les conditions de l’emprunt. Ce qui importe surtout dans la gestion de la dette, c’est la visibilité à long terme ; et nous devons surtout surveiller le risque de dette cachée.

Le moyen le plus efficace, c’est d’attirer les investissements étrangers. Et il faut pour cela améliorer la gouvernance, faciliter les démarches des entreprises, simplifier l’acquisition des terres, améliorer la transparence, raccourcir les procédures. Et si les investissements augmentent, alors les recettes fiscales aussi, et le poids de la dette diminuera.

 

Les pays pauvres doivent aussi combattre la corruption. Ils souffrent de surendettement parce que les capitaux qui arrivent chez eux sont détournés par la corruption et fuient vers les pays riches. En Afrique, les fuites illégales de capitaux dépassent la totalité de l’aide publique au développement qu’elle reçoit. Il faut aussi améliorer le système de collecte des impôts, ce qui demande de la volonté politique mais aussi l’aide et l’expertise d’institutions comme la Banque mondiale et le FMI. 

Attaques en Arabie Saoudite : l’Iran responsable

Attaques en Arabie Saoudite : l’Iran responsable

 

Macron, Merkel et Boris Johnson, se rendent à l’évidence et sont bien contraints d’admettre que l’attaque des installations pétrolières de l’Arabie n’a pu être effectuée par les rebelles yéménites sans le soutien déterminant de l’Iran. Une attaque  sans doute provoquée par les faucons de l’Iran qui souhaitent un conflit guerrier avec les États-Unis aux fins de renforcer encore le nationalisme.

 

De toute manière, le président Rohani  a pratiquement reconnu la responsabilité de l’Iran en déclarant, peut-être préventivement, qu’il y aurait d’autres attaques si l’Iran devait être sanctionné. Jusque-là,  l’Europe, en particulier la France et l’Allemagne avait largement ménagé l’Iran. Une posture pour préserver les intérêts économiques et diplomatiques. La France se disait hier encore prête à favoriser un rapprochement des positions entre les États-Unis et l’Iran.  Le problème c’est que pour l’Iran comme pour les États-Unis, la France ne pèse pas grand-chose ; la France  parle beaucoup mais agit peut.

 

Du coup, en reconnaissant clairement la responsabilité de l’Iran dans l’attaque de l’Arabie saoudite, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni hypothèquent lourdement des perspectives de rencontres entre le président iranien et le président américain. . Emmanuel Macron, a rencontré une première fois lundi matin Donald Trump – il devrait le revoir mardi – et devait s’entretenir également dans la soirée avec Hassan Rohani. Mais pour le moment, aucune rencontre n’est prévue «à ce stade» entre les présidents iranien et américain, a indiqué Donald Trump, tout en n’excluant pas catégoriquement une telle hypothèse.

Les dirigeants des trois pays européens signataires de l’accord sur le nucléaire iranien – avec la Russie, la Chine et l’Iran – ont aussi insisté sur la nécessité «collective» de renforcer la sécurité dans le Golfe. Un renforcement très mal apprécié par l’Iran.

 

Avant de s’envoler pour New York, le président Rohani a déclaré de son côté que l’Iran présenterait à l’ONU un plan de coopération régionale destiné à assurer la sécurité des eaux du Golfe. Les États-Unis ont dénoncé en mai 2018 l’accord nucléaire iranien et réintroduit de lourdes sanctions économiques contre l’Iran. Téhéran a riposté un an plus tard en commençant à détricoter à son tour l’accord, alors que son économie est lourdement grevée par les sanctions.

 

Dégradations de permanences LREM: la classe politique responsable (Patrick Vignal)

Dégradations de permanences LREM: la classe politique responsable (Patrick Vignal)

Avec un certain courage (même si l’argumentation est encore un peu courte), Patrick Vignal, député LREM de l’Hérault dont la permanence a été dégradée samedi 10 août à Montpellier, déplore un « épiphénomène » mais reconnaît toutefois que « la société est très violente ». Selon lui, la classe politique a  »une très grande responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui ». L’élu plaide pour un « vrai statut de l’élu », qui doit être « encore plus sur le terrain ». (Interview France info)

 

Franceinfo : Votre permanence a été dégradée par des « gilets jaunes » samedi 10 août ?

Patrick Vignal : Une centaine de « gilets jaunes » ont manifesté, et certains, stupides, ont mis de la peinture sur mes façades, sur mes vitres, et ont jeté des œufs. Mais c’est un épiphénomène, je ne veux pas retenir cela. Je veux retenir les 2 000 « gilets jaunes » que j’ai rencontrés, des retraités, des artisans, des commerçants, qui eux ont envie de faire une société plus juste. Ce matin, je ne suis ni désabusé, ni en colère, puisque j’ai des tas de « gilets jaunes » qui me disent  »M. Vignal, demain on peut vous aider à nettoyer’ » Quand on veut construire avec des gens intelligents, on peut le faire encore.

Il est intolérable qu’on s’attaque aux députés en employant de tels procédés !

 

Vos collègues députés de La République en marche sont-ils inquiets, craignent-ils que leur permanence soit dégradée à leur tour ?

Oui. Il y a eu un renouvellement extraordinaire : 90% des parlementaires ont été renouvelés, de la jeunesse, de la parité. Mais vous savez, c’est très violent la politique. On n’a pas d’ami. On peut être grisé très rapidement par le pouvoir, on a l’impression qu’on détient le pouvoir alors qu’en fait on ne le détient pas, on essaie de l’exercer. La société est très violente, et nous avons, nous la classe politique, une très grande responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui.

Plus de 8 Français sur 10 en ont une bonne opinion des maires selon un sondage Ifop publié ce dimanche dans le JDD, mais un tiers seulement des sondés disent apprécier les parlementaires. Comment l’expliquez-vous ?

Le maire est aimé parce qu’il est dans le quotidien. Un maire, il va transformer une ville, il va faire des crèches, il va redessiner le paysage. Et donc les Français ont l’impression que leurs impôts sont bien utilisés. En ce qui concerne les parlementaires, je crois qu’on aurait beau faire toutes les lois de moralisation, c’est un état d’esprit qu’il faut changer. Je crois qu’il faut un vrai statut de l’élu. Moi j’ai une entreprise, je ne vis pas du fait politique, donc je peux être libre. Il faut qu’on soit encore plus sur le terrain. Il faut redéfinir les règles. Les parlementaires doivent être une semaine à Paris pour légiférer et une semaine en circonscription pour rencontrer les citoyens.

Alstom : un massacre dont Macron est responsable

Alstom : un massacre dont Macron est responsable

 

 

D’une certaine façon Macron a largemenet participé à la liquidation branche énergie,  à  sa vente et maintenant à son massacre.   . Olivier Marleix, l’ex-président de la commission d’enquête parlementaire sur les décisions de politique industrielle de l’État, avait donc  décidé de saisir la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, selon une source judiciaire au Figaro. La confirmation que la gestion d’Alstom aurait été calamiteuse. L’erreur stratégique aura d’abord été de vendre la branche énergie d’Alstom. Ce que rappelle Wikipédia « Au début de 2015, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, dénonce les conditions de vente de l’entreprise Alstom au groupe General Electric (GE) soulignant que contrairement aux promesses d’Arnaud Montebourg, assurant que le secteur nucléaire resterait sous contrôle français, le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale, a pour conséquence de placer sous la coupe du groupe américain les turbines produites par Alstom et de cette manière la maintenance des centrales françaises. « Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire… ». Il met en garde également sur le fait que cette vente « donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l’ensemble de notre flotte de guerre ». Il évoque également la vente d’une filiale d’Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite, dont les produits équipent l’armée française ainsi que des entreprises du secteur de la défense et de l’espace qui tombe dans le giron de General Electric. Il évoque « la cupidité et l’incompétence de certains dirigeants d’entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité ». Certains analystes voient un lien direct entre la cession du pôle énergie du groupe à General Electric et l’enquête américaine pour des faits de corruption ayant débouché sur une amende de 720 millions d’euros et présentant des risques judiciaires pour plusieurs cadres d’Alstom dont Patrick Kron » ».De fait Patrick Tron aura été le fossoyeur d’Alstom.   Autre critique  Anticor reproche au gouvernement d‘avoir renoncé à lever des options qui lui auraient permis d‘acheter des actions Alstom au groupe Bouygues. Manque à gagner pour les caisses de l‘Etat, estime Anticor, qui dénonce une forme de détournement d‘argent public “par négligence” : 350 millions d‘euros. L‘opération à laquelle le ministre de l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire a renoncé 26 septembre 2017, lors de l‘annonce de la fusion entre Alstom et Siemens, découlait d‘un accord conclu avec Bouygues le 22 juin 2014.Pour Anticor, l‘abandon par l‘Etat de ces options “constitue une infraction pénale de la plus grande gravité”, car il a ainsi “renoncé à encaisser au bénéfice des caisses publiques dont il a la charge la somme de 350 millions d‘euros”.  Dans cette missive, dont l’existence a été révélée par Le Monde , Olivier Marleix s’étonne que les autorités françaises n’aient «jamais ouvert d’enquête» sur ce rachat alors qu’Alstom a reconnu des faits de corruption dans plusieurs pays entre 2000 et 2011. L’entreprise a également versé une amende à la justice américaine en 2014. Pour étayer son argumentaire, Olivier Marleix s’appuie sur les travaux de la commission d’enquête qui «ont mis en évidence» la façon dont la procédure de contrôle des investissements étrangers en France «a été détournée». L’ex-maire d’Anet note qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, a «formellement donné l’autorisation» de la vente d’Alstom énergie et a «également autorisé» d’autres cessions d’actifs «d’entreprises stratégiques françaises». En cause, les rachats d‘Alcatel-Lucent au groupe finlandais Nokia ou de Technologies. Dans sa missive, le député ajoute que le candidat Macron a bénéficié d’un «montant de dons records pour sa campagne» et estime que «le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées ne peut qu’interroger». Olivier Marleix émet l’hypothèse que le «système» mis en place dans le cadre de ces cessions aurait pu bénéficier à l’actuel président de la République pendant sa campagne. Emmanuel Macron a levé en un an, sans parti politique, environ 15 millions d’euros de dons, souligne-t-il. «Puisqu’une enquête préliminaire a été ouverte en novembre dernier sur les dons reçus par le parti En marche! (…) il m’a paru nécessaire de vous signaler ces éléments», ajoute-t-il. Ce signalement est en cours d’analyse au parquet de Paris !. «S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption», avance le député. Ce signalement intervient alors qu’un ex-dirigeant d’Alstom, Frédéric Pierucci, a livré un témoignage sur les dessous de ce rachat par General Electric dans un ouvrage («Le Piège américain», JC Lattès). Selon lui, l’entreprise a été contrainte de vendre sous la pression des États-Unis, où il a été arrêté le 14 avril 2013 à New York, à sa descente d’avion, dans ce qu’il décrit comme une «guerre économique souterraine» livrée à l’Europe.

 

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de la crise » ? (Dominique Schnapper, sociologue)

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de  la crise » (Dominique Schnapper, sociologue)

Dans une interview au JDD, la sociologue Dominique Schnapper analyse le mouvement des gilets jaunes. Une analyse de sociologue un peu réductrice  qui fait quand même l’impasse sur le contexte social et fiscal .

Comment analysez-vous la forme de protestation inédite incarnée par les Gilets jaunes?
La manifestation de rue est un grand classique de l’histoire ­politique française. Elle était jusqu’à présent organisée par des syndicats ou des partis. Cette fois, nous sommes confrontés à des ­manifestants qui récusent toute forme d’organisation. Le gouvernement se retrouve sans interlocuteurs avec lesquels il pourrait discuter. Lorsqu’un Gilet jaune manifeste son intention d’ouvrir un dialogue, il est aussitôt contesté par d’autres qui disent : il ne nous représente pas. Cette situation explique à la fois la longévité du mouvement, qui pourrait durer encore des semaines, et la difficulté de sortir de la crise.

 

Cette crise de la démocratie ne tient-elle pas aussi à l’action des élus?
Je ne crois pas. Les ministres, les députés ou les maires d’aujourd’hui ne sont pas plus ­incompétents ou corrompus que leurs prédécesseurs. C’est l’individualisme poussé à l’extrême qui provoque la crise : personne ne peut me représenter sauf moi-même ! Cette conviction de plus en plus partagée conduit à refuser les contraintes qu’impose tout collectif. J’y vois le risque de sombrer dans une sorte d’anarchie qui ferait le lit du totalitarisme. Le rejet du débat démocratique par les ­Gilets jaunes a pour conséquence le ­caractère contradictoire des ­revendications. Comment peut-on à la fois réclamer moins d’impôts et plus de services publics ? Tout le monde connaît la phrase de ­Maurice Thorez [secrétaire général du Parti communiste français de 1930 à 1964] : il faut savoir finir une grève. Il tenait un discours de professionnel de la lutte sociale, cherchant une issue aux conflits.

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