Archive pour le Tag 'responsabilité'

« Régulation numérique, quelle éthique de responsabilité »

« Régulation numérique, quelle  éthique de responsabilité »

A une approche technique de la standardisation, les institutions européennes doivent intégrer une forte dimension juridique reposant sur un suivi des technologies dans leur évolution, estime Valérie Hernandez, spécialiste des questions d’économie du numérique, dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

« Le 8 juin, l’entreprise IBM annonçait qu’elle ne vendrait, ni ne développerait plus de technologies de reconnaissance faciale. Dans la foulée, ce sont deux autres grands industriels du numérique, Amazon et Microsoft, qui lui ont emboîté le pas, annonçant désormais ne plus commercialiser ce type de technologies auprès des forces de police tant que cet usage ne serait pas encadré.

Au-delà du coup d’éclat dans un contexte politique particulièrement vif aux Etats-Unis et avec des forts échos dans le monde entier, ces annonces nous interrogent sur le rapport du secteur de la technologie à l’éthique. Si ces entreprises possédaient déjà des standards éthiques sur les technologies de reconnaissance faciale bien établis, auraient-elles en effet vendu ces technologies aux forces de l’ordre ?

Ce débat nous ramène aux deux formes d’éthique telles que définies par [le sociologue allemand] Max Weber (1864-1920) : une éthique de conviction et une éthique de responsabilité.

La première revient à agir en fonction d’une conviction supérieure qui rend certain de son action.

La seconde revient à agir en fonction des conséquences de ses actes et peut être nourrie également de conviction. L’actualité témoigne d’une incapacité à faire avancer une éthique de responsabilité dans le champ numérique.

Pourtant, les controverses n’ont souvent pas beaucoup d’utilité sociale. Elles tendent à imposer des croyances – positives ou négatives ou mal fondées – qui favorisent peu l’« empowerment » [le pouvoir d’agir] du citoyen. Elles ne permettent pas de remettre en cause des routines d’usage qu’il faudrait questionner : par exemple, des usages de loisirs – à l’instar du « face swapping » [procédé de photomontage] – qui participent de la banalisation de la reconnaissance faciale. Les acteurs sont enfermés dans des convictions et n’avancent pas dans leur responsabilité.

Dans la même veine, les discours sur la souveraineté numérique européenne qui lient l’éthique à une troisième voie européenne demeurent incantatoires. Alors que les droits et libertés fondamentaux, au plus haut niveau de la hiérarchie des normes et promus par le cadre juridique européen, notamment la Charte des droits fondamentaux, doivent être le ferment de cette approche éthique, en pratique, l’application de ce cadre juridique est marquée de profondes faiblesses.

L’Union européenne doit sortir de cette incantation et passer à une éthique de responsabilité. Pour rendre ce cadre efficient et ces principes opérants, notre continent doit se saisir politiquement des enjeux de la standardisation et ne pas la réduire à une discussion technique. Les Etats-Unis et la Chine l’ont bien compris et ont historiquement fait de la normalisation un terrain de bataille entre puissances dans le champ des technologies. »

COvid 19? Quelle responsabilité ?

COvid 19? Quelle responsabilité ?

 

Selon le philosophe, Jean-Pierre Dupuy  , , la réponse politique aux crises comme celle du Covid-19 appelle une solide culture scientifique chez les dirigeants et la prévalence de l’éthique sur l’économique.(entretien le Monde)

Jean-Pierre Dupuy, né en 1941, a été formé à la logique et aux mathématiques à l’Ecole polytechnique avant de se tourner vers la philosophie des sciences et des techniques, puis la philosophie morale et politique. Il a longtemps enseigné ces disciplines à l’Ecole polytechnique puis à l’université Stanford en Californie, où il a animé cette année un séminaire de recherche sur le problème du Mal. Il enseigne aussi au Brésil, avec lequel il a des liens familiaux, les fondements philosophiques de l’écologie politique.

Très tôt, collaborant avec Ivan Illich, il s’est intéressé à la critique de l’économie politique et à la philosophie sociale anglo-américaine, d’Adam Smith à John Rawls (dont il publie en France l’ouvrage majeur, Théorie de la justice), dont il tire le livre Le Sacrifice et l’Envie. Le libéralisme aux prises avec la justice sociale (Calmann-Lévy, 1992).

En 1982, il crée à Polytechnique le Centre de recherche en épistémologie appliquée (CREA). Il y développe des recherches sur la philosophie des techniques, collaborant avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et le Conseil général des mines, conduisant en particulier une réflexion sur les nanotechnologies, le transhumanisme et l’histoire de l’intelligence artificielle (The Mechanization of the Mind. On the Origins of Cognitive Science, Princeton University Press, 2000).

Depuis 2002, il travaille sur la philosophie des catastrophes, mariant les démarches épistémologique (Pour un catastrophisme éclairé. Quand l’impossible est certain, Seuil, 2002), métaphysique (Petite métaphysique des tsunamis, Seuil, 2005), critique (L’Avenir de l’économie. Sortir de l’écomystification, Flammarion, 2012) et stratégique (La Guerre qui ne peut pas avoir lieu. Essai de métaphysique nucléaire, Desclée de Brouwer, 2019), sans oublier la dimension religieuse de notre rapport à un avenir qui n’est plus assuré (La Marque du sacré, rééd. Flammarion, 2010).

Vous avez forgé le concept de « catastrophisme éclairé », souvent cité dans les débats sur les menaces pesant sur l’avenir de l’humanité, comme le changement climatique, les catastrophes industrielles et technologiques, la guerre nucléaire, etc. A quoi nous sert-il dans le cas d’une catastrophe naturelle comme la pandémie de Covid-19 ?

Je crains qu’il ne serve à rien. Beaucoup de mes collègues, penseurs et philosophes, ont été trop heureux de prétendre que les événements confirmaient ce qu’ils avaient toujours pensé. Certains, comme les collapsologues, n’ont même pas cherché à réprimer la joie que leur procurait la survenue d’un effondrement à l’échelle mondiale qu’ils n’avaient prévu que dans dix ans. Dans l’ensemble, le monde intellectuel français s’est montré inapte à se laisser bousculer par l’événement. On peut lui appliquer ce qu’a écrit Michel Houellebecq [dans une lettre lue sur France Inter lundi 4 mai 2020] : « Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire. »

Dépakine: la responsabilité de l’Etat

Dépakine: la responsabilité de l’Etat

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en 2016 sur la commercialisation de la Dépakine pour voir s’il n’y avait pas risque de tromperie. A l’époque, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait critiqué la lenteur de la réponse des autorités sanitaires et de Sanofi face aux risques liés au médicament et ses dérivés.

Le valproate de sodium, la molécule active de la Dépakine, est commercialisé depuis 1967 pour traiter l’épilepsie et les troubles bipolaires. Il figure sur la liste des « médicaments essentiels » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La Dépakine, qui a perdu sa licence en 1998, est prescrite dans une centaine de pays. Elle est également vendue sous les noms de Dépakote ou Epilim.

Choc. Ce médicament, à l’origine de milliers de malformations congénitales, est interdit depuis juin 2018 en France pendant la grossesse et aux femmes en âge de procréer sauf circonstances exceptionnelles. Entre 2 150 et 4 100 enfants ayant été exposés in utero au valproate et à ses dérivés sur la période 1967-2016 seraient atteints d’au moins une malformation congénitale majeure, selon une estimation pour la France établie par une étude des autorités sanitaires publiée en 2017.

L’IGAS estime qu’entre 2006 et 2014, 425 à 450 nourrissons ont subi des malformations ou sont morts-nés après avoir été exposés in utero au valproate. L’enquête du parquet a été ouverte sous l’impulsion de l’Apesac (Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant).

 

Sondage: la responsabilité des gouvernants vis-à-vis du climat

Sondage:  la responsabilité des gouvernants vis-à-vis du climat :

Selon une enquête de l’institut BVA pour l’ONG de protection de l’environnement Greenpeace France., Pour 88% « les responsables politiques doivent obliger les entreprises à émettre moins de gaz à effet de serre », alors que 35% citent en premier « les Etats » (et 57% des répondants au total) comme devant « agir en priorité pour assurer une transition énergétique limitant le changement climatique », devant les entreprises multinationales (21% en premier, 46% au total) et « les citoyens » (14% et 30%).

Interrogés sur des mesures possibles, 86% se disent « tout à fait (47%) ou « plutôt » (39%) favorables à « interdire le versement de dividendes aux entreprises qui n’auraient pas réduit leurs émissions de gaz à effet de serre pour respecter les objectifs de l’accord de Paris », 70% au renforcement des pouvoirs et de l’action de l’UE et 65% à « interdire la publicité aux marques contribuant au changement climatique ».

Alors que le gouvernement prépare son plan de relance face à la crise économique inédite engendrée par le confinement lié au Covid-19, 81% se disent favorables au « refus d’accorder les aides de l’Etat aux entreprises polluantes sans contreparties écologiques contraignantes » et le même nombre à des investissements publics « conséquents » pour les énergies renouvelables.

Si 77% se disent pour la suppression des lignes aériennes intérieures lorsqu’il existe des alternatives en train à moins de 3 heures (le gouvernement a demandé moins de 2h30 pour le plan d’aide à Air France), voire moins de 6 heures (58%), seuls 48% sont pour la suppression de toute aide ou prime pour l’achat de véhicules SUV, même électriques Par Valérie Fournier, présidente de la Fédération des entreprises sociales pour l’habitat (ESH), Benoit Quignon, directeur général de SNCF Immobilier et François Rieussec, président de l’Union nationale des aménageurs.

 

Une responsabilité pénale limitée des maires !

Une  responsabilité pénale limitée des maires !

Certes les députés et sénateurs sont parvenus à surmonter leurs désaccords sur le sujet sensible de la responsabilité pénale des décideurs. On est donc parvenu un compromis entre les assemblées limitées la responsabilité pénale des maires. Reste à savoir si cette limitation de la responsabilité est bien constitutionnelle  car elle introduit en fête une inégalité entre citoyens. A priori ,on voit mal comment pourrait admettre d’exempter de responsabilité pénale telle ou telle catégorie. Pourquoi pas aussi les chefs d’entreprise, les organisateurs de manifestations de spectacles, les responsables d’associations. Pour les maires, l’inquiétude était légitime car en fait on leur impose d’ouvrir des écoles dont ils ont la gestion. C’est la confusion des responsabilités entre l’État et les maires  qui est à l’origine de la disposition juridique en cause. Ou le droit encore victime du centralisme bureaucratique.

 

 

Coronavirus : “liberté” ou “responsabilité”

Coronavirus : “liberté” ou “responsabilité”

Trois spécialistes en épidémiologie de l’université de Toulouse, associée à l’Inserm, présentent dans une tribune au « Monde » un éclairage éthique sur le traçage numérique de la propagation du Covid-19, entre intérêt public et libertés individuelles.

Tribune. L’hypothèse d’avoir recours à une application smartphone (par exemple StopCovid) pour combattre la propagation du Covid-19 en traçant les citoyens contaminés par le virus commence de plus en plus à faire son chemin, voire à se confirmer au sein du gouvernement. Cette méthode de traçage numérique aurait pour objectif de rendre la recherche et la notification des contacts instantanées dès la confirmation du cas par le propriétaire du téléphone portable.

En conservant un enregistrement temporaire des événements de proximité entre individus, le dispositif pourrait immédiatement alerter sur les interactions et contacts étroits récents avec des cas diagnostiqués et inciter les personnes alertées à s’isoler et à se faire tester. L’enjeu serait donc de suivre en temps réel l’évolution de la pandémie en retraçant le parcours des personnes infectées afin de repérer les populations susceptibles d’avoir été exposées au virus et de proposer des actions de santé publique adéquates en vue d’un déconfinement progressif.

Dès lors, ce traçage numérique fait débat et inquiète en France du fait qu’un tel processus ne s’intègre pas vraiment dans notre culture démocratique occidentale et porterait fortement atteinte aux libertés fondamentales. Dans les conditions actuelles de crise d’urgence sanitaire, ces libertés peuvent être légitimement réduites au nom de l’intérêt général et à la seule condition que les mesures soient proportionnelles et démocratiquement édictées.

Le respect des règles juridiques et de la loi Informatique et libertés sont quotidiennement réaffirmés par nos instances. Notamment, la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) vient de rappeler que des solutions de traçage numérique seraient acceptables si, et seulement si, elles étaient respectueuses des droits fondamentaux (consentement éclairé, volontariat), mais que la loi devrait être modifiée dans les cas non actuellement couverts.

Il n’en reste pas moins que de nombreux enjeux éthiques restent associés à cette pratique. Ces risques éthiques concernent en premier lieu la totale garantie du respect de la vie privée et de la confidentialité des informations relatives au citoyen (aspect intrusif), puis la protection et la sécurité relatives à ses données personnelles.

Déconfinement des écoles : un transfert de responsabilité irresponsable aux maires

Déconfinement des écoles : un transfert de responsabilité irresponsable aux maires

 

On comprend évidemment que les maires soient particulièrement furieux que le gouvernement leur renvoie la patate chaude du déconfinement des écoles. C’est en effet à eux qui reviendra la responsabilité d’organiser la reprise des cours. Une grave responsabilité dans la mesure où nombre d’écoles ne sont pas forcément très adaptées pour gérer ce genre de situation.

 

Normalement le ministre de l’éducation nationale a souhaité que le nombre d’élèves soit réduit de moitié. Le problème c’est qu’on ne sait pas comment; en effet; l’école ne sera pas obligatoire mais elle ne sera pas contingentée non plus. Du coup, dans certaines classes on risque de dépasser la moitié de l’effectif habituel. Le problème surtout c’est que les maires prennent le risque d’être rendus responsables de la propagation du virus.

 

Certes certaines études semblent montrer que les enfants sont moins porteurs que les adultes du Coronavirus mais certains le sont quand même. Cela pourrait alors contaminer les autres et au-delà leur entourage notamment familial il y a aussi la question de l’organisation des cantines sans parler du défi majeur à faire respecter les normes de distanciation par des jeunes enfants. Le risque sanitaire va également bien entendu concerner les enseignements eux-mêmes qui pourraient être exposés encore davantage que les enfants.

Plusieurs élus jugent que les conditions sanitaires ne sont pas remplies. «Pour moi c’est totalement irresponsable, ça me rend furieux. On refile la patate chaude aux élus locaux et je trouve ça inadmissible», fulmine Lionnel Luca, le maire LR de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). Pour lui il n’est pas question d’ouvrir les écoles le 11 mai prochain: «S’ils veulent les clés, qu’ils viennent les chercher à la mairie. Ils nettoieront, ils feront manger les enfants, ils se débrouilleront!»

Même défiance du maire Rassemblement national (RN) de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez: «Il est évident que si début mai nous n’avions de la part du gouvernement et des autorités sanitaires pas plus de garanties sur la sécurité sanitaire des élèves et des équipes pédagogiques, je maintiendrais les écoles fermées»

Coronavirus : Une commission d’enquête sur la responsabilité du gouvernement

Coronavirus : Une commission d’enquête sur la responsabilité du gouvernement

Il est clair que depuis le début de la crise les hésitations et les contradictions se sont multipliées. Il y a d’abord eu le scandale de l’insuffisance de masques qui a exposé dramatiquement le personnel médical au virus. Aussi la doctrine vis-à-vis dépistage qui a été modifiée uniquement par manque de personnel, de tests et même de laboratoires. Enfin,  la doctrine très floue de confinement qui autorise certains à travailler sans qu’on sache exactement lesquels tandis que d’autres sont confinés. Un confinement parfois relatif mais le président de la république a reculé devant la mise en place de mesures plus strictes comme le couvre-feu renvoyant le bébé aux collectivités locales !

À juste titre Damien Abad, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, souhaite créer « une commission d’enquête » après l’épidémie de coronavirus. « L’objectif est  d’identifier les éventuels défaillances et dysfonctionnements pour les corriger », affirme-t-il dans une interview au JDD. Il s’interroge notamment sur « trois sujets [qui] cristallisent les inquiétudes des Français : la pénurie de masques, la doctrine de tests de dépistage, et les capacités en termes de lits de nos services de réanimation. » Et le député prévient : « Il faudra repenser tout notre logiciel politique. Je suis de ceux qui pensent que les politiques de coupes budgétaires en matière de santé publique doivent être abandonnées. »

 

Que pensez-vous de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement?
Nous vivons une crise sanitaire inédite et je mesure la difficulté de la tâche du gouvernement, mais il y a des interrogations, et des questions qui sont légitimes. Je suis favorable au débat utile, pas à la polémique inutile. Le débat utile vise à poser les bonnes questions pour mettre un terme plus rapidement à la crise. Le débat utile, c’est demander pourquoi il y a une telle pénurie de masques ; pourquoi, contrairement à tous les pays européens, nous n’avons pas fait de dépistage massif avec des tests ; pourquoi nous avons été les seuls à ne pas suivre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. L’objectif n’est pas de distribuer des bons ou mauvais points au gouvernement, mais d’identifier les éventuels défaillances et dysfonctionnements pour les corriger et en tirer des leçons.

 

Comment identifier ces défaillances?
Je vais proposer à mon groupe de déposer à l’automne une résolution pour créer une commission d’enquête, afin de tirer toutes les leçons de l’épidémie, dans les domaines sanitaires, économiques, social, administratifs et politiques. Il ne s’agit pas de faire une enquête à charge, mais de répondre à une question : comment en est-on arrivé là? Trois sujets cristallisent les inquiétudes des Français : la pénurie de masques, la doctrine de tests de dépistage, et les capacités en termes de lits de nos services de réanimation.

 

Pourquoi attendre cet automne?
Parce que nous devons concentrer nos forces aujourd’hui sur la gestion de cette crise, et préserver l’unité nationale dans un esprit de responsabilité.
N’écornez-vous pas l’unité nationale avec cette initiative?
Non, parce que notre démarche a pour objectif d’éclairer les responsables politiques que nous sommes, et de construire l’avenir sur des bases nouvelles. Il y aura un avant et un après coronavirus. Il faudra repenser tout notre logiciel politique. Je suis de ceux qui pensent que les politiques de coupes budgétaires en matière de santé publique doivent être abandonnées. Certains domaines doivent échapper aux logiques comptables. Je le disais déjà avant la crise du coronavirus. Contrairement à Mme Le Pen ou Mélenchon, nous ne sommes pas des pompiers pyromanes, mais une opposition responsable. Mais les Français s’interrogent. L’unité nationale se construit, aussi, sur la vérité et la transparence.
Les mesures de confinement sont-elles suffisantes?
Non. Le gouvernement doit davantage écouter l’OMS et renforcer massivement le dépistage. Mais le confinement a son utilité. Le confinement, ce n’est pas des vacances. Il faut être intraitable avec ceux qui ne respectent pas les règles. Pourquoi ne pas mobiliser l’armée via la force Sentinelle aux côtés des forces de l’ordre pour faire respecter le confinement? La dissuasion de sortir doit être absolue. Il ne peut y avoir de « en même temps » en matière de confinement.

 

Faut-il renforcer les mesures prises?
La question du couvre-feu ne doit pas être éludée. Le gouvernement doit aussi envisager de réquisitionner les biens privés pour produire des masques ou du gel hydroalcoolique. On ne peut pas envoyer les soignants au front sans gilet par balle. Il faut surtout éviter les injonctions contradictoires, aux effets dévastateurs. Pour être respectée, la parole publique doit être cohérente et claire. Sinon, elle génère de l’anxiété, donc des droits de retrait et des demandes de chômage partiel massifs. Et in fine, comme on l’a vu dans le secteur du BTP, vous laissez des employeurs seuls face à une situation ingérable.

 

Le parlement va adopter avec retard le projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire à cause du débat sur la date de dépôt des listes pour le second tour. Était-ce un débat si important?
Non et je le regrette. La République en marche aurait mieux fait d’accepter le consensus politique qui avait été trouvé avec tous les groupes parlementaires. L’heure n’est pas à l’esprit d’arrière-boutique. Elle est au rassemblement.

Kurdes : L’Europe a une responsabilité.

 Kurdes : L’Europe a une responsabilité.

 

Force est de constater que l’Europe ne joue qu’un rôle très accessoire dans l’affaire des Kurdes ; Elle se limite à des déclarations de principe ou alors à des mesures dérisoires visant à geler les envois d’armes à la Turquie ; Comme s’il n’était pas possible d’acheter ces armes par des voies détournées. L’Europe montre en fait qu’elle se limite à un marché sans vrai poids diplomatique et militaire. Dans une tribune au « Monde », à l’initiative de Roberto Saviano et du quotidien italien « La Repubblica », un collectif d’écrivains en appelle à l’Europe afin de pas abandonner les Kurdes à leur

Tribune.

 

«  Il existe un gros mot, qui commence par un « G » et que l’on n’a pas le droit de prononcer en ces heures en Turquie, il s’agit du mot guerre. Au mépris de toute vérité, M. Erdogan [le président turc] et ceux qui le soutiennent attaquent des civils kurdes, et qualifient cette invasion militaire d’« opération » : Opération Source de Paix, en fait. En Turquie, parler de guerre revient à se désigner comme traître. Les quelques voix libres qui s’élèvent dans le pays doivent s’attendre à des représailles atroces : prison, diffamation, mise au ban de la société. La dissidence n’est guère permise. Le carnage des Kurdes, la négation de leur indépendance, de leurs droits, de leurs rêves, sont selon Erdogan une nécessité vitale pour le peuple turc.

Face à tout cela, et afin de faire échec à ce récit mensonger de la réalité, l’Europe doit faire preuve d’unité, de détermination et de cohésion. Nous n’avons pas le droit d’abandonner les Kurdes à leur sort. Après la trahison de M. Trump, leur dernier recours est de faire appel à l’Europe.

La cause des Kurdes nous concerne parce que des guerres sont menées avec des armes que nous fabriquons et que nous vendons (la décision des ministres européens d’interdire les ventes d’armes à la Turquie était une mesure nécessaire, quoique tardive), elle nous concerne aussi parce que les Kurdes étaient le seul groupe capable de contenir la pression de Daech [l’organisation Etat islamique], et elle nous concerne enfin tous, car la Turquie reçoit de l’argent de l’Europe pour retenir sur son territoire les migrants syriens. Tout cela nous concerne parce que l’Europe, que certains voudraient voir éclater, doit maintenant montrer qu’elle existe en tant qu’entité politique, territoriale, économique et, surtout, culturelle. Elle doit montrer à tous que chez elle la démocratie existe et que même si elle est menacée, elle résiste.

(Traduit de l’anglais par Lazare Bitoun)

Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature en 2015, est une romancière biélorusse. Dernier titre paru : La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement (Actes Sud, 2013, prix Médicis essais).

Fernando Aramburu est un écrivain espagnol. Dernier livre paru : Patria (Actes Sud,

 

2018).

Violences gilets jaunes : la responsabilité première de Castaner

Violences gilets jaunes : la responsabilité  première de Castaner

 

Comme les casseurs  ou les pilleurs, Castaner  mériterait comme de passer devant la justice. En effet tous les experts, tous les observateurs un peu averti savaient que la manifestation du 24 novembre et surtout celle du 1er décembre ne pouvaient t déboucher que sur des violences. C’est délibérément que Castaner a autorisé les piétons à pénétrer sur les Champs-Élysées laissant passer en même temps les pacifistes comme les extrémistes. Avec en plus des forces de l’ordre qui ont forcément riposté aux attaques. Un scénario prévu l’avance et même encouragée car depuis le début la stratégie de Castaner consiste à discréditer le mouvement par la caricature. Une caricature par exemple sur le chiffrage des manifestants que Castaner arrive à compter même à l’unité près sauf qu’il doit réviser en hausse ses chiffres du 24 novembre pour montrer que la participation du 1er décembre est inférieure. Bref du bricolage grossier de manipulateurs politiques. L’ancien socialiste qui a slalomé entre les différents courants et qui a tourné sa veste quand il a senti le vent tourner entre parenthèses (ce n’était pas très difficile avec les sondages concernant Hollande et PS) est passé de l’humanisme d’apparence au machiavélisme le plus sordide pour servir la politique des ultras riches chère à Macon. Bref c’est du Pasqua en moins bon et en pire ! Pas une once d’intelligence, d’humanité et d’objectivité dans les propos de ce courtisan incompétent et manipulateur. Castaner a sans doute  conservé quelque chose de son passé quand il fréquentait le grand banditisme et qu’il gagnait sa vie en jouant au poker dans le milieu.

Climat : la responsabilité humaine du réchauffement

Climat : la responsabilité humaine du réchauffement

 

Un article du Monde démonte l’argumentation qui conteste la responsabilité humaine vis-à-vis du réchauffement. (Extrait)

« Plusieurs articles publiés ces derniers jours, notamment par les sites Wikistrike.com ou Reseauinternational.net (deux publications qui nous apparaissent peu fiables dans le Décodex) mettent en avant des déclarations de Werner Munter, un Suisse « spécialiste reconnu des avalanches », qui « planche nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique ». Ce dernier explique qu’il « ne conteste pas le réchauffement [climatique] lui-même », mais le fait qu’il serait engendré par l’activité humaine. Il avance pour cela plusieurs arguments :

  1. Le réchauffement climatique en cours ne serait qu’un cycle naturel parmi d’autres (« rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons ») ;
  2. L’homme ne serait responsable que d’une faible quantité d’émissions de gaz à effet de serre (« il y en a un peu moins de 0,5 % dans l’atmosphère, et au maximum 5 % de cette quantité est imputable à l’homme […] Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe ? ») ;
  3. D’autres phénomènes planétaires seraient à l’œuvre, comme les variations de l’intensité du rayonnement solaire. Et « quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation, nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre ! »

POURQUOI C’EST FAUX

Les déclarations de Werner Munter reprises dans ces articles ont tout du réchauffé : elles sont extraites d’un entretien qu’il a accordé au journal suisse Le Matin, publié en mai 2014. Surtout, ses affirmations sont contestables sur le fond. Reprenons-les point par point.

1. L’argument temporel ne tient pas la route

Il est tout à fait juste de rappeler que le climat a varié de manière tout à fait naturelle tout au long de l’histoire de la Terre. Ce que Werner Munter occulte, en revanche, c’est la vitesse et l’ampleur du réchauffement en cours.

Selon le dernier rapport du GIEC, le réchauffement climatique était d’environ 0,87 °C sur la période 2006-2015 par rapport à la moyenne des années 1850-1900. Sauf sursaut mondial majeur, le seuil de 1,5 °C sera franchi entre 2030 et 2052, et la surchauffe pourrait être de l’ordre de 5,5 °C à la fin du siècle.

Une étude publiée dans la revue Science en 2013 concluait qu’après s’être rafraîchi pendant les 5 000 dernières années, le climat terrestre a rapidement augmenté depuis les années 1800. Il atteindrait désormais des niveaux supérieurs à ceux estimés au cours de 90 % des 10 000 dernières années. C’est notamment cette observation qui amène les spécialistes à estimer le changement climatique récent comme une irrégularité.

En résumé, le réchauffement climatique actuel n’a rien de banal, contrairement à ce qu’affirme M. Munter.

2. L’activité humaine a bien fait augmenter la concentration de CO2 dans l’atmosphère

Werner Munter conteste que l’activité humaine ait pu engendrer une hausse de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. Mais là aussi, il utilise une argumentation trompeuse. Il est tout à fait juste que des quantités considérables de COsont émises chaque année en dehors de toute intervention humaine. Il est également exact que les océans, les mers ou les forêts, par exemple, en absorbent une partie.

Cependant, il est indéniable que la part humaine des émissions de CO2 a explosé au cours des dernières décennies. L’homme produisait 1,5 milliard de tonnes de COen 1950 ; cette quantité a été multipliée par plus de vingt pour atteindre 36,3 milliards de tonnes émises en 2016.

Résultat : la concentration de CO2 dans l’atmosphère a elle aussi augmenté fortement depuis la fin des années 1800, alors qu’on estime qu’elle avait stagné au cours des siècles précédents. L’activité humaine a donc bien eu, une nouvelle fois, un réel effet.

Une concentration de CO2 dans l’atmosphère en forte hausse depuis le début du XXe siècle

Il est donc abusif d’affirmer, comme le fait l’expert en avalanches, que l’homme n’aurait qu’un rôle marginal dans les émissions de CO2.

3. Les facteurs naturels ne peuvent expliquer à eux seuls le réchauffement actuel

La brusque hausse de la concentration de CO2 dans l’atmosphère est préoccupante, car il s’agit d’un gaz à effet de serre, qui favorise le réchauffement climatique. La combinaison de cet indicateur avec les autres facteurs d’évolution du climat d’origine humaine correspond assez bien au réchauffement climatique observé depuis des décennies. En théorie, des facteurs naturels comme le rayonnement solaire ou les éruptions volcaniques ont certes joué un rôle dans des réchauffements climatiques par le passé. Mais selon l’immense majorité des spécialistes, la combinaison de ces facteurs avec d’autres éléments naturels aurait eu une contribution quasi nulle sur le climat au cours de la période récente. En clair, ce sont bien les facteurs humains, et non naturels, qui ont eu une influence décisive dans le réchauffement en cours. »

Air France, le PDG dénonce le gâchis et la responsabilité du SNPL

 

Le PDG d’Air France n’a sans doute pas montré une grande pertinence en liant son sort au référendum organisé par la direction. D’une certaine manière, il s’est pris au piège lui-même alors que la mobilisation enregistrait uen baisse notoire. Du coup, désormais libéré du poids de son mandat, il met les pieds dans le plat et accuse clairement le SNPL d’être responsable de la dégradation des relations sociales à Air France, l’ancien président dénonce l’outrance et l’irresponsabilité d’un syndicat qui croit être propriétaire d’une société qui certes s’est redressée récemment mais demeure très fragile. Pour preuve de ce gâchis, Air France a perdu son président, sa valeur boursière à diminué d’environ 50% depuis le début de l’année et on parle d’une scission avec KLM ; De quoi réjouir tous les concurrents d’Air France.

 

 La lettre de Jean-Marc Janaillac,

« Depuis le début du conflit, en cohérence avec la ligne de conduite que j’ai fixée à mon arrivée, j’ai choisi de ne pas commenter les prises de parole des représentants de vos syndicats. Mais dans les circonstances présentes, je ne peux laisser passer certaines affirmations. En effet, le dernier tract du bureau du SNPL du 6 mai, intitulé « bilan des 3 et 4 mai et perspectives », m’a une fois de plus stupéfié.

Je ne reviendrai pas sur la déformation, pour ne pas dire la désinformation, des chiffres de grévistes, les chiffres sont disponibles, ni sur les affirmations qui laissent entendre qu’Air France-KLM serait « une entreprise parfaitement saine économiquement et (…) capable d’assumer à la fois les pertes associées à ce conflit et le rattrapage de l’inflation ».

En revanche, je me dois de réagir face à l’idée que le Gouvernement serait le réel dirigeant d’Air France, son Président n’étant qu’une « marionnette », et son DRH l’exécuteur des directives de l’Etat. Comment ne pas être consterné devant cette vision ridicule, et insultante pour moi, qui témoigne avant tout d’une totale méconnaissance du fonctionnement de notre compagnie ?

Non, en juin 2016 ce n’est pas l’Etat qui m’a « ordonné » de proposer un gel des mesures et un arrêt de la grève en attendant de définir une stratégie. C’était déjà une décision personnelle, prise sans que l’Etat n’ait été consulté. Il n’y a eu d’ailleurs aucune négociation, ni protocole de sortie : c’était une proposition unilatérale à prendre ou à laisser.

Non, le 20 avril 2018, ce n’est pas l’Etat qui m’a demandé de lancer une consultation de l’ensemble des salariés d’Air France sur le projet d’accord salarial. C’est une décision que j’ai prise, parce qu’elle me semblait la seule voie pour mettre fin au conflit en cours, et dont j’assume pleinement les conséquences, comme je l’avais annoncé.

Non, ce n’est pas l’Etat qui définit ni la stratégie ni les actions du Groupe Air France-KLM. Il est un actionnaire important, mais minoritaire, et de nombreuses décisions ont été prises contre son avis.

Le Président que je suis encore pour quelques jours définit les orientations stratégiques du Groupe, qu’il partage avec le Conseil d’administration, qui les valide. Il prend, avec le Directeur général, les grandes décisions qui engagent l’avenir d’Air France. C’est typiquement le cas pour le conflit en cours, car l’impact des revendications serait dramatique pour la compagnie. Comme je l’ai déjà expliqué, je n’ai pas directement conduit les négociations, ce n’est pas mon rôle, mais j’en ai fixé le mandat et suivi l’aboutissement dans un projet d’accord que je considère être le meilleur possible. C’est aussi simple que cela, et toute autre interprétation de la répartition des rôles est un mensonge.

Violences du 1er-Mai : la responsabilité des pouvoirs publics en cause

Violences du 1er-Mai : la responsabilité des pouvoirs publics en cause

La responsabilité des pouvoirs publics est mise en cause dans les violences constatées lors du  1 er mai à paris.  Il y a en effet uen contradiction fondamentale dans l’argumentation officielle. Dun coté préfet et ministère l’intérieur considèrent que les moyens mis en œuvre étaient dimensionnée aux risques et que les mesures ont donc été prises pour maitriser les débordements mais de l’autre les mêmes pouvoirs publics affirment qu’ils mettront davantage de moyens lors des manifestations à venir ; Un aveu d’inadéquation. Sans parler qu’on a laissé la manifestation se couper en deux avec devant 14 500 personnes précédées de 1200 blacks blocs et derrière la manifestation officielle. Certes les blacks blocks sont très mobiles et ont peu prendre la tête au dernier moment mais il en va différemment des autres participants de la première parie du défilé. S’ajoute à cela l’absence de contrôle préalable des manifestants. De toute façon, 1500 policiers répartis sur tout le parcours étaient notoirement insuffisants pour assurer la sécurité de 40 000 manifestants comportant 1200 radicaux violents.  Gérard Collomb a cependant assuré que le dispositif de maintien de l’ordre serait renforcé pour ces rassemblements, qui interviennent dans un climat social tendu avec les grèves à la SNCF et Air France. “J’ai peur qu’un certain nombre de gens soient aspirés par la spirale des mots”, a souligné le ministre de l’Intérieur, qui s’est par ailleurs déclaré favorable à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les événements du 1er-Mai notamment réclamée par le PS. Le préfet de police de Paris a concédé mercredi sur BFM TV que les images de violence du 1er-Mai étaient “choquantes” mais qu’il convenait de “regarder le bilan humain” de la journée. En clair cela signifie que les Pouvoirs publics ont retenu leur action pour éviter uen bavure qui aurait pu conduire à un drame humain au risque de favoriser les actes de dégradation aux biens publics et privés. La vraie consigne c’est surtout pas de blessé, voire pire, pour ne pas détériorer uen climat social déjà délétère. . “La stratégie (du préfet de police) a évité qu’il y ait 200 ou 300 personnes dans les hôpitaux”, a fait valoir Gérard Collomb sur LCI.

Transition énergétique : la responsabilité de chaque territoire (Patrice Vergriete)

Transition énergétique : la responsabilité de chaque territoire  (Patrice Vergriete)

 

Patrice Vergriete, maire de Dunkerque (ville récompensée pour ses innovations en matière de transition énergétique). s’explique sur la politique de sa ville dans la Tribune.

 

 

PATRICE VERGRIETE -  la problématique environnementale a toujours été au cœur de notre politique. La forte présence industrielle sur notre territoire n’est pas neutre en termes de risque industriel ou de santé publique. Par ailleurs, le territoire est fragile, sujet au risque de subversion marine et d’inondation. Par ailleurs, dès le milieu des années 1980 et la fermeture des Chantiers de France, nous avons été au cœur des grandes mutations de notre économie. Cette politique de développement durable, nous la menons à la fois par conviction, et en raison des éléments de sensibilité que présente notre territoire. Dès la fin des années 1990, nous avons été attentifs à ces sujets visant à réconcilier l’économique, le social, la santé et le bien-être des habitants. Le lancement des Assises de la transition énergétique, qui cristallise aujourd’hui ces enjeux, illustre cette préoccupation. Dans les années 2000 nous avons cherché à étendre le concept au Sud de la France, et depuis quelques années, nous organisons cet événement en alternance avec Bordeaux. Grâce à l’intérêt du Grand Genève nous avons pu nous internationaliser dès cette année et nous étendre vers le Grand Est et la région Rhône-Alpes.

En quoi avoir été l’instigateur de cet événement influence-t-il votre politique au jour le jour ?

Je m’inscris dans une lignée, avec la responsabilité et les valeurs partagées que cela implique. Cela permet d’ancrer dans la durée cette culture visionnaire et d’entretenir une structure de coopération à l’échelle de la communauté urbaine. Lors des événements eux-mêmes, nous profitons de cette opportunité pour nous confronter à d’autres villes, pour avoir des échanges privilégiés avec des structures telles que l’Ademe ou l’Institut de la Ville durable (dont Patrice Vergriete est le président, Ndlr) et pour mettre en valeur le travail réalisé par les équipes. Ainsi, avec l’Ademe, nous travaillons à la création d’un référentiel sur l’économie circulaire et les déchets, en cours d’expérimentation sur plusieurs sites.

 Que signifie le renouvellement de votre label Cit’ergie Gold, déclinaison française des European Energy Award, créée par Ademe ?

Nous sommes aujourd’hui deux collectivités locales (avec la ville de Besançon, Ndlr), à avoir obtenu ce label au niveau Gold en France. Mais seule Dunkerque le reçoit à ce niveau pour la deuxième fois. Notre challenge se situe désormais au niveau européen, puisque nous sommes entrés dans le top 50. Cela nous permet d’identifier nos points forts et nos points faibles, dont certains que nous nous efforçons d’ores et déjà d’améliorer, comme les transports publics. (Tous les bus seront gratuits 7 jours sur 7 à compter de septembre prochain, Ndlr)

Qu’est-ce que la toile industrielle développée par l’agence d’urbanisme de Dunkerque (AGUR)?

Ce projet, que j’ai moi-même lancé lorsque je dirigeais l’AGUR, a vocation à comprendre les interactions entre les industries locales, et en particulier les impacts que peut avoir la fermeture d’une usine, quelles sont les entreprises les plus touchées et avec lesquelles il faut travailler en priorité. Nous avons notamment utilisé la toile industrielle au moment de la fermeture de l’usine Sollac (ex. Usinor) ou de la raffinerie SRD (Société de raffinerie de Dunkerque). Le port s’appuie toujours aujourd’hui sur cette cartographie virtuelle.

Dans le contexte d’un écosystème industriel où les acteurs sont très dépendants les uns des autres, cela permet également d’identifier où nous avons des creux, quel industriel pourrait produire un « input » utile à un autre, et lequel pourrait utiliser celui produit par un voisin, etc.  Autant d’arguments qui facilitent le travail de prospection pour attirer de nouveaux acteurs sur notre territoire. C’est ainsi qu’Ecocem, qui est venu s’installer ici, utiliser les laitiers (co-produits de la sidérurgie, Ndlr) de l’usine ArcelorMittal. Mais surtout, la toile industrielle aide à anticiper les conséquences lorsqu’une entreprise tousse. Nous avons ainsi identifié que les deux grands secteurs dont nous sommes dépendants sont l’énergie (avec le terminal méthanier, la centrale nucléaire de Gravelines…) et, moins évident, l’automobile, via le poids de la sidérurgie, dont c’est le principal client. Or ce sont deux secteurs en profonde mutation.

Vous êtes candidat à l’appel à projets TIGA, de quoi s’agit-il ?

Cet appel à manifestation d’intérêt (AMI) bénéficiant d’une enveloppe de 450 millions d’euros sur dix ans, a été lancé par la CDC dans le cadre du programme des investissements d’avenir (PIA). Le cahier des charges doit être précisé en avril 2018, et le dépôt des candidatures clôturé en fin d’année. Dunkerque fait partie des 24 territoires qui ont été présélectionnés le 4 janvier sur un total de 117 candidats. A ce titre, nous allons recevoir une enveloppe de 50.000 euros pour mener les études de reconnaissance. Les 10 lauréats définitivement choisis  bénéficieront chacun d’une subvention de 50 millions.

En quoi consiste votre projet ?

Il s’agit de faire passer notre bassin industriel, marqué par les mutations de l’industrie lourde, du XXe au XXIe siècle. Parmi les projets liés à la transition énergétique figurent l’extension de notre réseau de chaleur, la sensibilisation des citoyens ou encore l’incubateur Eura Energie – plateforme dédiée aux startups de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables lancées lors des Assises de 2016. Nous menons par ailleurs déjà un travail sur la pollution de l’air avec Suez, ainsi qu’un projet autour du stockage hydrogène avec Engie dans le cadre de GRHYD. Même si nous n’avons plus de raffineries, les entreprises implantées sur notre territoire ont un impact significatif. ArcelorMittal à Dunkerque, c’est 2% des émissions de gaz à effet de serre françaises ! Mais nous misons sur le projet éolien offshore de 500 MW (dont l’opérateur doit être désigné en 2018, Ndlr) pour utiliser le CO2 capté à la sortie de l’usine ArcelorMittal et produire de l’hydrogène.

L’éolien offshore suscite parfois l’opposition des riverains, qu’en est-il à Dunkerque ?

P.V. De façon générale, peu de territoires montrent une telle culture et une telle acceptation de l’industrie. La population est réceptive à ce projet, à condition bien sûr de bénéficier de certaines retombées. On ne demande pas de subventions, mais il serait par exemple souhaitable de réserver une partie des emplois de maintenance à des locaux. Il y a 30 ans, l’industrie laissait une grande partie de la valeur ajoutée sur place. Aujourd’hui, la part captée par le territoire s’est réduite comme peau de chagrin : moins d’employés, donc moins de masse salariale et moins de participation à la vie locale en général. Si on y ajoute le désengagement de l’Etat, il en résulte pour la population locale  un sentiment d’abandon et une opposition à la mondialisation, voire à l’Europe.

La démarche que vous menez à Dunkerque est-elle reproductible dans d’autres territoires ?

Tout à fait. Ce qui est reproductible, c’est la question de fond : sur quoi repose mon bassin ? Comment va-t-il évoluer au cours des 15 à 20 prochaines années ? Quelles sont les mutations en cours ? Comment pouvons-nous les accompagner ? Au risque de disparaître, tous les territoires doivent se poser la question de leur transformation. L’erreur de l’Etat, depuis quinze à vingt ans, consiste à prendre de l’argent aux bassins industriels au profit des métropoles, ce qui les empêche d’opérer leur mutation dans de bonnes conditions. Pourtant, il serait tout à fait envisageable de nous accorder des subventions sous conditions.

 

 

Rafle Vél’ d’Hiv : la responsabilité de l’Etat français (Macron)

Rafle Vél’ d’Hiv : la responsabilité de l’Etat français (Macron)

 

Le président de la république a fort justement rappelé la responsabilité de l’État français vis-à-vis de l’immonde rafle 13 152 personnes de confession juive arrachées à leur domicile, dont plus de 8 000 furent menées au Vél ‘ Dhiv avant d’être déportées à Auschwitz il y a 75 ans. Ce rappel sera toujours nécessaire quand certains par conviction idéologique et/ou  par populisme tentent d’exonérer la France de toute responsabilité. «Je refuse les facilités de ceux qui prétendent que Vichy n’était pas la France. Ce n’était pas tous les Français, mais c’était le gouvernement de la France. Cacher la vérité insulte notre mémoire collective. La France, en reconnaissant ses fautes a ouvert la voie à leur réparation. C’est le courage d’un peuple que de tendre la main aux victimes. Tendre la main, ce n’est pas s’humilier par je ne sais quelle repentance. C’est se grandir et être fort.» Moins d’une centaine de ces raflés ont survécu. Tous les enfants sont morts.  «Je refuse les facilités de ceux qui prétendent que Vichy n’était pas la France. Ce n’était pas tous les Français, mais c’était le gouvernement de la France. Cacher la vérité insulte notre mémoire collective. La France, en reconnaissant ses fautes a ouvert la voie à leur réparation. C’est le courage d’un peuple que de tendre la main aux victimes. Tendre la main, ce n’est pas s’humilier par je ne sais quelle repentance. C’est se grandir et être fort.» A aussi déclaré Macron qui a aussi souligné l’action humaniste exemplaire de ces Français qui ont sauvé des juifs en particulier des enfants en s’opposant à la politique du gouvernement de l’époque. «Nous songeons à tous ces justes avec fierté, cette fierté qui est devenue le ferment de notre unité nationale», affirme en parallèle le chef de l’Etat, en référence à ceux qui ont sauvé des juifs pendant la guerre. «Mais à côté des héros il y eut l’Etat français. Vichy put compter sur les ressources vives du pays pour mener sa politique de collaboration. Cette pensée que Vichy est une monstruosité née de rien est si commode. Mais c’est faux. On ne bâtit aucune fierté sur un mensonge», ajoute Emmanuel Macron.

 

Une responsabilité civile pour les Robots ?

Une responsabilité civile pour les Robots ?

C’est ce que propose une députée belge du Parlement européen, Mady Delvaux. Une députée socialiste qui a inspiré Benoît Hamon pour suggérer la création d’un revenu universel. Il faut dire que cette députée, ancienne fonctionnaire professeur de lettres, n’a qu’un rapport approximatif avec l’économie. Et de proposer aussi comme souvent chez les socialistes une agence pour étudier et suivre cette question. Un rapport un peu surréaliste qui n’ira pas très loin comme nombre de rapports du parlement européen. La question de la responsabilité civile pour les robots est en effet un peu iconoclaste. Cette responsabilité ne pouvant être assuré que par des personnes physiques ou morales. Il y a aussi l’idée d’une fiscalité sur les robots. Certes avec l’automatisation et la numérisation une réflexion mérite d’être engagée sur l’évolution de la fiscalité qui pèse par trop sur les salariés. Pour autant transférer bêtement cette fiscalité sur les robots méritent approfondissement. En effet, ces robots seront facilement délocalisables  et trop les surtaxer pourrait nuire à la compétitivité, à la croissance et à l’emploi. La proposition de la députée socialiste belge est donc un peu simpliste comme sa proposition de revenus universel dont elle ne dit pas comment il serait financé. Peut-être avec cette taxation des robots délocalisés ? Le rapport dresse près de quarante recommandations à la Commission. Il propose notamment d’établir une charte éthique pour encadrer toutes les étapes, de la recherche à la commercialisation de la technologie. Le Parlement invite à la création d’une agence européenne, chargée d’aider les acteurs publics à faire appliquer ce cadre et à définir des normes communes. La député pose également la question d’une « responsabilité civile des robots ». Autrement dit, l’enjeu pour le législateur sera de définir qui est responsable et à quel degré lorsqu’un robot est à l’origine d’un dommage (matériel ou autre). Une réflexion qui doit aussi aboutir à la création d’un système de compensation adapté et, à ce titre, la députée avance l’idée d’un « régime d’assurance robotique », spécialisé dans le traitement de ce nouveau type de dommages.

 

Inégalités : la responsabilité plutôt à la gauche ?

Inégalités : la responsabilité plutôt à la gauche ?

 

 

Dans  une interview dans le journal 20 minutesLouis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités (association privée) reproche d’abord aux médias de parler des inégalités sans véritable compétence, il propose  la refondation de l’école e, propose la fusion de l’impôt sur le revenu et souligne  de la responsabilité de la gauche dans l’accroissement des inégalités. . Bref pas vraiment des problématiques nouvelles et des solutions d’experts plutôt douteuses comme la proposition de noter les élèves sur 5 au lieu de 20 ou encore la fusion IR-CSG. Bref quelques idées intéressantes d’autres qui font trop l’impasse sur la dimension économique française en particulier sur la fiscalité qui tue la croissance, l’emploi en favorisant évidemment les plus grandes inégalités.  « Que faire contre les inégalités ? » C’est la question que pose l’Observatoire des inégalités dans un ouvrage publié ce lundi (1). Et à laquelle il répond très concrètement, à travers les contributions de 30 experts. L’occasion de constater que des solutions, pas forcément coûteuses ni même très compliquées, existent. 20 Minutes fait le point avec Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Pourquoi publier ce rapport maintenant ?

Pour deux raisons. D’abord parce que nous sommes à un an de la présidentielle. C’est donc le bon moment pour relancer le débat sur les inégalités et pour mettre certaines propositions sur la table. Ensuite parce que nous sommes excédés par la place que peuvent prendre certains commentateurs dans l’espace médiatique : ils parlent de tout sans rien dire, car ils ne bénéficient pas de connaissances sérieuses. Nous avons décidé de prendre la direction inverse en demandant des réponses concrètes aux chercheuses et chercheurs qui travaillent au quotidien sur ces questions depuis des années.

Justement, qui sont ces 30 experts à qui vous avez fait appel ?

Nous avons d’abord répertorié les principaux domaines dans lesquels s’exercent les inégalités puis nous avons cherché à sélectionner pour chacun d’entre eux un expert. Le choix n’a pas été facile car ces questions peuvent être traitées par plusieurs chercheurs. En tout cas, nous n’avons pas cherché à respecter une ligne éditoriale, proche de tel ou tel courant, mais à sélectionner les experts qui produisent les travaux les plus intéressants, les plus pertinents, les plus spécifiques dans chaque domaine.

Comment se portent les inégalités aujourd’hui ?

Cela dépend. Dans le champ des revenus, elles se sont accrues. Le partage est de moins en moins équitable depuis le milieu des années 1990 et les plus pauvres se sont même appauvris depuis le milieu des années 2000, ce qui est un phénomène nouveau. A l’inverse, le niveau a progressé dans le domaine de l’éducation y compris pour les plus modestes. L’école française est très loin d’être un modèle idéal mais dire qu’elle accroît les inégalités est absolument faux ! Idem en matière d’égalité hommes-femmes. Il reste encore beaucoup de travail, mais des avancées très importantes ont été réalisées ces 40 dernières années.

Quel est selon vous le domaine où il est le plus urgent d’agir ?

Le soutien aux jeunes démunis. Dès lors qu’une personne est considérée comme majeure d’un point de vue politique, il n’y a aucune raison qu’elle ne le soit pas également d’un point de vue économique. Les moins de 25 ans sont pourtant toujours exclus du RSA… Et ce n’est pas un problème d’argent : verser un minimum social de 500 euros aux 200.000 jeunes reconnus comme extrêmement précaires coûterait à la France 1,2 milliard d’euros. Nous sommes très loin des 46 milliards dont est doté le Pacte de responsabilité !

Quel est selon vous le domaine où il est le plus important d’agir ?

La refondation de l’école. Je ne parle pas de mettre en place de nouveaux dispositifs de soutien ou d’ajuster les effectifs dans les quartiers dits prioritaires. Car ces mesures ne servent à rien sauf à masquer le problème de fond qui réside dans la manière dont la France fait l’école. Ce qu’il faut réformer, c’est la relation maître-élèves, beaucoup trop hiérarchique, la façon d’enseigner, bien trop académique, ou encore le système de notation, qui favorise la compétition et l’échec. La France note encore sur 20 quand les autres pays notent sur 5, et elle note les enfants dès l’âge de 6 ans, quand d’autres Etats comme la Finlande n’introduisent le système de notation qu’à partir de 14 ans. Le système français est extrêmement violent pour tous ceux qui n’ont pas les meilleures notes et les études internationales prouvent que les jeunes Français sont ceux qui montrent la plus faible autonomie et la plus forte anxiété. Ne nous leurrons pas : l’objectif de ces notes est de distinguer les meilleurs élèves pour leur permettre d’intégrer les classes prépas, mais ce n’est pas de cette manière que l’on améliore le niveau de qualification d’une génération dans son ensemble. C’est donc tout une logique qui est à revoir, mais nous en sommes très loin car ceux qui tiennent le système – les professeurs mais également les catégories les plus diplômées en général – n’ont aucun intérêt à le voir changer.

Pouvez-vous nous présenter la proposition la plus innovante du rapport ?

Fusionner la CSG et l’impôt sur le revenu. C’est une évolution que nous attendons depuis longtemps et c’était une promesse du candidat François Hollande… Ce serait une belle innovation qu’elle soit enfin mise en œuvre.

Qu’allez-vous faire de ce rapport ?

Le diffuser le plus largement possible. Nous allons également le transmettre aux candidats à la présidentielle.

Justement, croyez-vous encore à la politique, aux politiques pour changer la France ?

Oui, je reste optimiste. Et puis, nous ne pouvons pas dire qu’en matière de lutte contre les inégalités, les bilans des derniers mandats, que ce soit celui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande, soient nuls. Des actions ont été mises en œuvre mais il est vrai qu’elles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Si tous les courants politiques affirment vouloir lutter contre les inégalités, ils ne veulent pas les combattre de la même manière. En schématisant, la droite pense qu’il faut avant tout favoriser la liberté et que de celle-ci découlera l’égalité. La gauche pense quant à elle qu’il faut directement favoriser l’égalité entre les citoyens. Or, force est de constater que l’hypocrisie se situe plutôt à gauche. Car c’est chez elle que l’écart entre les paroles et les actes est le plus considérable. Cette hypocrisie n’est toutefois pas seulement le fait des politiques. Les classes aisées de gauche, qui se disent facilement altermondialistes, n’acceptent-elles pas, par exemple, notre système scolaire ultralibéral, qui favorise la compétition entre nos enfants ?

Pacte de responsabilité : pas satisfaisant (Manuel Valls)

Pacte de responsabilité : pas satisfaisant (Manuel Valls)

Un peu naïvement manuel Valls s’étonne que le pacte de responsabilité n’ait  pas atteint ses objectifs en matière d’emploi. Du coup, le premier ministre a grondé les entreprises. De toute façon, il ne fallait pas s’attendre à des miracles car le vrai moteur de la création d’emplois c’est le carnet de commandes. Des carnets de commandes qui ne peuvent augmenter de manière substantielle quand la croissance et de l’ordre de 1 % comme en  2015. Une croissance d’ailleurs assez théorique puisqu’elle est due essentiellement à l’augmentation du PIB  non marchand, le PIB  marchand, lui, a tendance à stagner. Comment dès lors  augmenter le nombre d’emplois. Des interrogations en outre se posent  vis-à-vis des  problèmes méthodologiques pour évaluer les retombées du pacte de responsabilité. Il faudrait comparer la période pacte de responsabilité avec la même période sans pacte. Un exercice impossible à faire. Tout ce qu’on peut constater c’est que seulement 50 000 emplois ont été créés en 2015 alors que mécaniquement on aurait pu attendre une création d’emplois trois fois supérieurs. En cause, la croissance de la compétitivité mais aussi la réalité de la croissance. Enfin toute baisse de la fiscalité ne peut générer d’effets  qu’à moyen et long terme. Manuel Valls a cependant jugé lundi que les engagements du patronat dans le cadre du pacte de responsabilité n’étaient « pas satisfaisants » en termes de créations d’emplois et l’a exhorté à « assumer ses responsabilités », à l’issue d’une réunion de suivi avec les partenaires sociaux. Dressant ce constat, le Premier ministre a prévenu que les aides accordées aux entreprises dans le cadre de ce dispositif pourraient à l’avenir être « conditionnées ».   »Du côté des entreprises, du côté du patronat, je constate que nous ne sommes pas aux objectifs que l’on s’était donnés à travers cet effort de 40 milliards (d’euros) voté par le Parlement qui a été en grande partie engagé », a déclaré Manuel Valls, tout en saluant le fait que des accords avaient été signés dans certaines branches.  Il a ajouté qu’une évaluation supplémentaire du dispositif serait réalisée « avant l’été » et que les résultats de cette étude détermineraient les modalités de l’engagement de l’Etat pour la dernière tranche du pacte. Cette dernière tranche, qui doit couvrir une réduction de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) et de l’impôt sur les sociétés, doit être votée à la fin 2016, dans le cadre de la préparation du budget 2017.

(Avec Reuters) 

Pacte de responsabilité : des pseudos accords avec le patronat

Pacte de responsabilité : des pseudos accords avec le patronat

D’après le Medef qui cherche à  légitimer le pacte de responsabilité il y aurait 56 branches professionnelles sur 78 adhérentes au Medef qui se seraienit engagées  sur la question de l’emploi. Première observation,  le Medef ne couvre pas la totalité des branches professionnelles au nombre d’environ 700 dont il est vrai de nombreuses très petites. Seconde observation surtout,  quand le Medef parle de négociation il s’agit le plus souvent de relevé de discussion dont certaines d’ailleurs n’ont rien à voir avec le pacte de responsabilité et qui s’inscrivent dans l’obligation de négociation annuelle avec les syndicats. De toute façon comme le soulignent  certains syndicats un éventuel engagement réel en faveur de la création d’emplois était illusoire. En effet la création d’emplois ne peut être que de la responsabilité de chaque entreprise qui adapte sa politique d’embauche en fonction de l’évolution de son carnet de commandes. En outre ce pacte de responsabilité n’était pas ciblé et ne tenait  pas compte de l’environnement concurrentiel spécifique de chaque branche. Pour résumer ce pacte obéissait  à une logique de réduction de la fiscalité. Un objectif nécessaire mais encore bien insuffisant pour redonner la compétitivité indispensable à une économie plombée à la fois par le niveau des prélèvements obligatoires et aussi par les procédures bureaucratiques. Enfin dernière observation, puisqu’il s’agit d’une baisse de la fiscalité on se demande bien pourquoi cette dernière devait être négociée avec les seuls syndicats. Quelque 56 branches sur les 78 adhérentes au Medef ont signé un accord avec les syndicats ou proposé un relevé de conclusions dans le cadre du Pacte de responsabilité, selon le chiffrage établi par l’organisation patronale et communiqué au JDD. Alors que les syndicats s’interrogent sur le bilan de ce dispositif, et à l’approche d’un rendez-vous à Matignon promis par Manuel Valls fin janvier, le Medef estime que la dynamique est favorable. « C’est éminemment positif. On fait un mauvais procès au Medef, la mobilisation n’a jamais faibli. On sait bien qu’une signature ne crée pas automatiquement des emplois mais elle instaure de la confiance », dit-on au siège avenue Bosquet. D’autres signatures sont attendues, par exemple dans l’industrie pharmaceutique, l’ameublement ou la sécurité privée. Selon les observations patronales, les branches concernées représentent 11 millions de salariés, 8 millions pour celles ou l’accord est conclu en bonne et due forme. Parmi ces dernières, 83% ont proposé des mesures pour l’emploi ciblant des publics prioritaires comme les jeunes et les seniors, 62% ont pris des engagements chiffrés sur les contrats en alternance, 12% ont mentionné des mesures pour le pouvoir d’achat. Les syndicats avancent, eux, des résultats bien inférieurs, fondés sur le décompte du gouvernement: seuls 14 accords ou relevés ont eu lieu dans les 50 principales branches officiellement suivies par le ministère du Travail et sept autres accords dans des branches plus petites. « On n’est pas satisfaits, nous demandons que le Medef engage ses représentants à négocier », gronde la CFDT. « Ces pseudos-accords ne sont qu’une refonte de négociations obligatoires ou déjà engagées. Les créations d’emplois ça n’appartient pas au Medef, mais aux entreprises quand elles ont de nouvelles commandes, pas besoin d’être prof d’éco pour le comprendre », peste Pascal Pavageau, négociateur de FO.

Pacte de responsabilité : pas assez efficace pour l’emploi (Valls)

Pacte de responsabilité : pas assez efficace pour l’emploi (Valls)

 

Une sorte d’aveu de manuel Valls sur le peu d’effet du pacte de responsabilité sur l’emploi. Déjà après les premières évaluations on commence à douter d’efficacité du CICE mais maintenant c’est le pacte de responsabilité qui est mis en question par Valls. Pas étonnant il n’ya que 14 branches sur 50 qui ont signé des accords et prix des engagements. De toute manière un pacte auusi général et pas ciblé du tout ne pouvait produire des miracles. Au mieux on a peut-être réussi à maintenir quelques emplois. On voit pal par ailleurs quels types d’engagement formels pourraient prendre les entreprises faute de croissance suffisante ; ce sont les carnets de commandes qui influencent  les politiques d’embauche,  pas les dispositifs étatiques fussent-ils pour réduire la fiscalité. Et de toute manière puisque ce pacte était très général il aurait plus simple, trop simple,  de diminuer la fiscalité sans formalité bureaucratique. Manuel Valls est donc  revenu sur les effets du pacte de responsabilité. Les employeurs ont pris « trop peu » d’engagements en échange des aides obtenues dans le cadre du pacte de responsabilité, a-t-il déclaré. « Seules 14 des 50 branches qui emploient le plus ont conclu un accord », a-t-il indiqué lors de son discours de clôture de la 4e conférence sociale. « C’est trop peu. Je l’ai déjà dit plusieurs fois. On ne peut pas en rester là ».

 

 

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