Archive pour le Tag '«Résilience»'

Santé : la résilience des cellules menacée par la pollution

Santé : la résilience des cellules menacée par la pollution

Divers mécanismes protègent nos cellules des stress variés qu’elles subissent, nous prémunissant des maladies. Toutefois, divers indices semblent indiquer que ces capacités de résistance pourraient être menacées. Toutes les cellules des êtres vivants sont dotées de mécanismes de compensation qui leur permettent de s’adapter au stress. Ce dernier peut être soit inhérent au fonctionnement normal des organismes vivants (en fonctionnant, les cellules peuvent produire des substances délétères pour elles-mêmes), soit induit par l’exposition à des facteurs environnementaux (stress aigus résultant de traumas ou d’infections, stress chroniques dus à la pollution, aux températures extrêmes, à des relations sociales délétères…). Cette compensation cellulaire, en garantissant la résilience des tissus, constitue l’assurance de notre capacité à nous prémunir des maladies. Le vieillissement se traduit par une érosion des capacités de compensation et de résilience de nos cellules. Or, notre environnement, lorsqu’il est dégradé par les pratiques industrielles, atteint l’intégrité de ce mécanisme au même titre que le vieillissement, ce qui peut nous fragiliser avant l’heure. Cet amoindrissement est un danger de vie en mauvaise santé. Se saisir du problème passe par la conscientisation du mécanisme qui est à la racine de cet amoindrissement.

par Christian Neri
Directeur de Recherches INSERM, Inserm dans the Conversation

Qu’est-ce que la résilience ?
Le concept de résilience recouvre les capacités à surmonter les altérations provoquées par des éléments perturbateurs dans des situations variées.

Une forme bien connue de résilience concerne la récupération après un stress particulièrement agressif, comme la résilience psychologique mise en lumière par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Issu de la physique, le concept de résilience traverse désormais de nombreuses disciplines, de l’économie à la psychologie en passant par l’écologie ou l’informatique. On parle aujourd’hui de la résilience des systèmes logistiques (eau, énergie, transport) ou des systèmes de santé.

Mais la résilience ne concerne pas que « l’après-crise », c’est aussi les capacités à surmonter le stress qui affecte un système ou un individu de manière discrète, voire silencieuse, avant la survenue du pire.

Le vivant est en permanence confronté au stress cellulaire. La réponse au stress cellulaire (notamment lors du développement et de la reproduction) est un garant d’adaptation et d’expansion d’une population donnée.

Un stress faible peut stimuler la longévité des cellules. Cependant, un stress excessif, par exemple sous l’effet de facteurs environnementaux, peut éroder les capacités de résilience cellulaire. Or, l’érosion de ces capacités est au centre du vieillissement des tissus. C’est un risque « corps entier », car les organes communiquent entre eux. Par exemple, le microbiote intestinal communique avec le cerveau et son altération peut être préjudiciable au cerveau. C’est un risque « vie entière », car la réussite de la réponse au stress cellulaire traite des phases critiques de l’existence comme la reproduction (taux de natalité), la grossesse (santé du fœtus) ou le développement de l’enfant.

Penser la résilience du corps sous l’angle de la récupération, une fois le pire survenu, c’est sous-estimer le préjudice que les pratiques industrielles et les pollutions air-sol-eau-aliments font encourir à notre santé. C’est enfermer toujours plus d’individus dans la perspective d’une mauvaise santé dont l’échéance est incertaine, mais qui surviendra trop tôt et trop fort.

En revanche, penser la résilience du corps comme un mécanisme toujours à l’œuvre, c’est pouvoir lutter contre ce qui empêche nos tissus d’être résilients, c’est pouvoir améliorer la précaution et la prévention.

Ces mécanismes ne sont pas seulement ceux qui nous protègent contre les infections (comme l’immunité, par exemple).

Il s’agit aussi des mécanismes d’intégrité cellulaire, par exemple la réparation de l’ADN – dont l’altération présente un risque de division anarchique des cellules et de cancer, d’élimination des protéines présentant des défauts de fabrication ou abîmées par l’oxydation naturelle des tissus –, ou bien il peut s’agir de la production d’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules, par exemple dans les mitochondries.

Ces mécanismes sont cruciaux dans les cellules qui ne se renouvellent pas, ou peu, comme les neurones du cerveau et du système nerveux central. Leur échec va sans doute de pair avec la transition des stades légers à sévères des maladies. Par exemple, la progression de la maladie de Huntington est marquée par la transition d’une phase de « compensation fonctionnelle » vers une phase de « décompensation », avec des mécanismes de résilience cellulaire qui ne parviennent plus à compenser les dommages neuronaux, un modèle qui vaudrait aussi pour la maladie d’Alzheimer.

Mais ce n’est pas tout : les mécanismes de résilience cellulaire sont au centre du vieillissement des tissus.

Au cours des trente dernières années, au moins douze caractéristiques du vieillissement ont été identifiées, dont certaines traitent directement des mécanismes de résilience cellulaire, comme la réduction de la fonction des mitochondries ou de l’autophagie (élimination des déchets intracellulaires), l’altération de l’intégrité de l’ADN et des protéines, et l’augmentation de la sénescence cellulaire, dans un modèle où le vieillissement serait principalement dû à une accumulation de mutations génétiques, accompagnée par une érosion épigénétique.

Il existe donc un solide faisceau de présomptions pour penser que ces mécanismes s’opposent aux effets du vieillissement et à la survenue des maladies chroniques.

L’affaiblissement avant l’heure de la compensation cellulaire s’oppose aux bénéfices que l’on s’attend à voir découler de l’adoption d’une « bonne » hygiène de vie visant à réduire la charge de morbidité en agissant sur des facteurs de risques dits « modifiables », tels que l’alimentation, la sédentarité, les addictions, les lieux de vie, l’hygiène au travail, ou encore l’isolement social.

À ce titre, toute perturbation des mécanismes de résilience cellulaire par les polluants, directement (par exemple en altérant la réparation de l’ADN, l’autophagie), ou indirectement (par exemple en favorisant des mutations dans l’ADN est un risque de vie en mauvaise santé à plus ou moins brève échéance.

Au vu de l’étendue et de la gravité du problème (comme, par exemple, dans le cas des PFAS en Europe et aux États-Unis), il s’agit aussi d’un risque de « manque à gagner » systémique pour la société.

Dans un tel contexte, éviter que les pratiques industrielles érodent toujours plus nos capacités de résilience cellulaire est une responsabilité qui oblige tous les acteurs concernés, et cette responsabilité est proportionnelle à la puissance des acteurs. Mais comment prendre en compte ce risque majeur ?

À l’heure actuelle, on estime la résilience individuelle contre la survenue ou la progression d’une maladie à partir du poids, plus ou moins important selon les personnes, des facteurs de susceptibilité. Ceux-ci ne sont pas biologiques stricto sensu, mais souvent comportementaux (tabagisme, alcoolisme), conjoncturels (proximité d’une usine, solitude) ou socioprofessionnels (revenus, mobilité). Cependant, l’absence d’un facteur de susceptibilité ne signifie pas forcément que l’on soit résilient.

Intégrer les facteurs de résilience cellulaire en plus des facteurs de susceptibilité lorsqu’il s’agit d’évaluer le risque de vie en mauvaise santé pourrait fournir des modèles de prédiction plus robustes. Mais il faut pour cela disposer de marqueurs fiables de la résistance cellulaire, ce qui n’est pas chose aisée.

Les marqueurs les plus précis sont souvent des marqueurs biologiques (biomarqueurs). Idéalement, ils sont simples à mesurer (par exemple dans le sang ou les urines). Un biomarqueur de résilience doit rendre compte de l’état d’un mécanisme de compensation ou de l’intégrité d’un élément essentiel des cellules.

Il en existe relativement peu à ce jour, et la mise au point d’un nouveau biomarqueur est coûteuse. Elle repose notamment sur des données collectées sur le temps long, grâce à des cohortes de grande taille, comme par exemple Inchianti, Constances ou le UK Brains Bank Network.

Actuellement, l’oxydation de l’ADN, un marqueur indirect de l’intégrité de cette molécule essentielle,est l’un des biomarqueurs potentiels à l’étude. Dans ce contexte, de nouveaux outils sont explorés, par exemple les horloges épigénétiques, dont un pionnier est le chercheur Steve Horvath aux États-Unis.

Cet outil détecte certaines modifications chimiques de l’ADN (les méthylations, autrement dit l’ajout d’un groupement méthyle sur certaines parties de la molécule d’ADN) pour mesurer un « âge épigénétique ». Celui-ci, qui témoigne du vieillissement des tissus, est en quelque sorte un âge « biologique », et peut différer de l’âge chronologique.

Il est important de souligner que cet outil ne permet pas encore de mesurer l’âge biologique de tout le monde : il n’est pas validé pour cela, étant encore au stade des recherches.

L’enjeu, aujourd’hui, est de réduire les maladies chroniques de façon globale, et de sortir des réponses ponctuelles. Or, le modèle actuel, focalisé sur les « maladies avérées », limite la portée de la prévention et l’anticipation des coûts sociétaux. En effet, les coûts cachés sont sous-évalués, voire ignorés.

Mettre au centre des réflexions sur la prévention la mise en péril d’un mécanisme fondamental de vie en bonne santé (nos capacités cellulaires à nous prémunir des maladies) pourrait constituer un vecteur de transformation des politiques de santé publique.

Les données scientifiques qui justifient cette mutation s’accumulent, y compris des données épidémiologiques à forte granularité géographique (celles-ci ont notamment été mises en lumière ces dernières années par diverses enquêtes menées par certains journalistes d’investigation).

Cette nécessaire transformation est cependant entravée de diverses manières (monopoles, lobbying industriel, accords bilatéraux, désinformation, manipulations des études, relégation au second plan des questions de santé, priorités budgétaires, ou encore sous-dimensionnement des acteurs de la vigilance…). Ces obstacles limitent notre capacité à adopter une politique santé-responsable, alors même que le dépassement des capacités de résilience cellulaire pourrait s’inscrire dans un modèle de risques « en chaîne », les pollutions chimiques s’accompagnant d’une santé figée à un niveau médiocre, résultant en des coûts systémiques accrus.

Inflation et crise énergétique : un micro plan de résilience du gouvernement

Inflation et crise énergétique : un micro plan de résilience du gouvernement

 

 

 

L’annonce la plus significative consiste à faire prendre en charge la moitié de la hausse de l’énergie pour les entreprises fortement dépendantes. (Plus de 3 % du chiffre d’affaires). Une condition toutefois : les entreprises devront démontrer que leur facture de gaz ou d’électricité a augmenté de plus de 40% depuis le début de la crise ukrainienne et qu’elles réalisent une perte d’exploitation, a précisé Bruno Le Maire, qui a évalué cette mesure à 3 milliards d’euros .

 

Les pêcheurs vont aussi bénéficier d’une «aide financière exceptionnelle, équivalente à 35 centimes par litre de gazole de pêche», dès «demain matin» et jusqu’en juillet, a annoncé Jean Castex. Les agriculteurs et éleveurs, quant à eux, bénéficieront aussi, pendant quatre mois, d’aides s’élevant à «400 millions d’euros» pour compenser les pertes dues à «l’envolée du coût de l’alimentation animale». Autre mesure, un acompte «de 25% du remboursement de la TICPE sur le gazole non routier» leur sera versé rapidement.

Par contre pour l’instant le gouvernement se limite à la réduction de 0,15 € du carburant pour les entreprises de transport «Les quinze centimes doivent bénéficier aux entreprises de transport», affirme Jean Castex, qui précise que Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, doit recevoir les acteurs du secteur pour mieux les accompagner dans cette période de hausse des prix. Le gouvernement entend d’ores et déjà faciliter le remboursement de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), qui a normalement lieu à un rythme trimestriel, mais qui pourra désormais être réclamée de manière mensuelle.

Par ailleurs, remise de 15 centimes par litre touchant les prix des carburants va être étendue «au gaz naturel véhicule (GNV) et au gaz de pétrole liquéfié (GPL)».

Toujours dans l’optique de rendre la France moins dépendante du gaz étranger, Barbara Pompili a annoncé un renforcement de «MaPrimeRénov’», afin d’accompagner les ménages dans l’acquisition de «solutions de chauffage renouvelable». Les aides attribuées seront augmentées de 1000 euros, du 15 avril à la fin de l’année 2022.

Le premier ministre a également annoncé des aides spécifiques pour les entreprises exportant une partie de leur production à l’étranger.

Un «appel à projet» va être lancé pour «subventionner, jusqu’à la fin d’année», les projets des acteurs souhaitant se dégager de leur dépendance vis-à-vis des intrants russes. Ces subventions atteindront «15% pour les grands groupes et 35% pour les petites entreprises», a précisé Bruno Le Maire. En outre, les ministres doivent faire remonter des propositions à Jean Castex pour développer des «sources d’approvisionnement alternatives» pour les produits agroalimentaires et intrants critiques, comme le nickel, cuivre, aluminium et titane.

Rappelant l’objectif européen de se dégager du pétrole et du gaz russes d’ici 2027, Jean Castex a notamment plaidé pour un renforcement des capacités d’importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et pour augmenter les capacités de production de biogaz. En outre, les stocks de gaz devront être remplis «dès cet été», a affirmé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Des «mesures de simplification» seront présentées pour accélérer le développement des énergies renouvelables, également.

Enfin, d’autres secteurs ont aussi été mentionnés. Bruno Le Maire a notamment détaillé certaines mesures pour le BTP, en demandant l’inclusion de «clauses de révision des prix dans les contrats publics» et en appelant les parties des contrats privés à amender les contrats pour «intégrer les hausses massives de coût».

 

Globalement le micro plan n’est sans doute pas à la hauteur des enjeux surtout si le baril continu de flirter avec les 100 $ et même bien au-dessus. La principale faiblesse réside dans la modestie de la ristourne de 0,15 € sur le carburant alors que le prix de l’essence risque d’augmenter de 50 % sur l’année. De quoi affecter grandement le pouvoir d’achat, donc la consommation et la croissance.

Crise énergétique : un micro plan de résilience du gouvernement

Crise énergétique : un micro plan de résilience du gouvernement

 

 

 

L’annonce la plus significative consiste à faire prendre en charge la moitié de la hausse de l’énergie pour les entreprises fortement dépendantes. (Plus de 3 % du chiffre d’affaires). Une condition toutefois : les entreprises devront démontrer que leur facture de gaz ou d’électricité a augmenté de plus de 40% depuis le début de la crise ukrainienne et qu’elles réalisent une perte d’exploitation, a précisé Bruno Le Maire, qui a évalué cette mesure à 3 milliards d’euros .

 

Les pêcheurs vont aussi bénéficier d’une «aide financière exceptionnelle, équivalente à 35 centimes par litre de gazole de pêche», dès «demain matin» et jusqu’en juillet, a annoncé Jean Castex. Les agriculteurs et éleveurs, quant à eux, bénéficieront aussi, pendant quatre mois, d’aides s’élevant à «400 millions d’euros» pour compenser les pertes dues à «l’envolée du coût de l’alimentation animale». Autre mesure, un acompte «de 25% du remboursement de la TICPE sur le gazole non routier» leur sera versé rapidement.

Par contre pour l’instant le gouvernement se limite à la réduction de 0,15 € du carburant pour les entreprises de transport «Les quinze centimes doivent bénéficier aux entreprises de transport», affirme Jean Castex, qui précise que Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, doit recevoir les acteurs du secteur pour mieux les accompagner dans cette période de hausse des prix. Le gouvernement entend d’ores et déjà faciliter le remboursement de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), qui a normalement lieu à un rythme trimestriel, mais qui pourra désormais être réclamée de manière mensuelle.

Par ailleurs, remise de 15 centimes par litre touchant les prix des carburants va être étendue «au gaz naturel véhicule (GNV) et au gaz de pétrole liquéfié (GPL)».

Toujours dans l’optique de rendre la France moins dépendante du gaz étranger, Barbara Pompili a annoncé un renforcement de «MaPrimeRénov’», afin d’accompagner les ménages dans l’acquisition de «solutions de chauffage renouvelable». Les aides attribuées seront augmentées de 1000 euros, du 15 avril à la fin de l’année 2022.

Le premier ministre a également annoncé des aides spécifiques pour les entreprises exportant une partie de leur production à l’étranger.

Un «appel à projet» va être lancé pour «subventionner, jusqu’à la fin d’année», les projets des acteurs souhaitant se dégager de leur dépendance vis-à-vis des intrants russes. Ces subventions atteindront «15% pour les grands groupes et 35% pour les petites entreprises», a précisé Bruno Le Maire. En outre, les ministres doivent faire remonter des propositions à Jean Castex pour développer des «sources d’approvisionnement alternatives» pour les produits agroalimentaires et intrants critiques, comme le nickel, cuivre, aluminium et titane.

Rappelant l’objectif européen de se dégager du pétrole et du gaz russes d’ici 2027, Jean Castex a notamment plaidé pour un renforcement des capacités d’importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et pour augmenter les capacités de production de biogaz. En outre, les stocks de gaz devront être remplis «dès cet été», a affirmé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Des «mesures de simplification» seront présentées pour accélérer le développement des énergies renouvelables, également.

Enfin, d’autres secteurs ont aussi été mentionnés. Bruno Le Maire a notamment détaillé certaines mesures pour le BTP, en demandant l’inclusion de «clauses de révision des prix dans les contrats publics» et en appelant les parties des contrats privés à amender les contrats pour «intégrer les hausses massives de coût».

 

Globalement le micro plan n’est sans doute pas à la hauteur des enjeux surtout si le baril continu de flirter avec les 100 $ et même bien au-dessus. La principale faiblesse réside dans la modestie de la ristourne de 0,15 € sur le carburant alors que le prix de l’essence risque d’augmenter de 50 % sur l’année. De quoi affecter grandement le pouvoir d’achat, donc la consommation et la croissance.

Plan de résilience : quelles mesures pour le carburant

Plan de résilience : quelles mesures pour le carburant

 

Alors que le baril de pétrole de Brent va toucher les 120 $ et que le litre de carburant à la pompe s’approche dangereusement des 2 euros le litre, le gouvernement évoque des mesures spécifiques s’inscrivant dans le plan de résilience économique et sociale annoncée par Macron.

 

Cependant le gouvernement déjà prévenu que toutes les conséquences économiques de la guerre en Ukraine ne pourront être prises en charge par l’État. En clair l’usager et l’automobiliste devront payer la facture du renchérissement de l’énergie en général et du carburant en particulier. Normalement c’est le premier ministre qui doit annoncer les mesures. Le signe sans doute que les orientations ne seront pas révolutionnaires puisqu’on les confie un premier ministre dont la mission est surtout d’essuyer les plâtres. Il se pourrait que le gouvernement abandonne quelques centimes sur la fiscalité concernant le carburant. Une fiscalité qui représente environ 60 % du prix.

Du côté des ménages, le prix de l’énergie devrait considérablement grimper.  »Une hausse de +30% de la facture énergétique est à prévoir en 2022 en Europe », indiquent les économistes d’Euler Hermes. Ainsi,  »la facture énergétique annuelle des ménages atteindra 3.400 euros en Allemagne (+500 euros par rapport aux estimations d’avant-crise), 3.000 euros au Royaume-Uni (+400 euros), 2.800 euros en France (+400 euros) et 2.000 euros en Italie (+300 euros) et en Espagne (+400 euros), ajoutent-ils.

Crise sanitaire et résilience de l’économie

Crise sanitaire et résilience de l’économie 

 

Pour Eric Albert, Correspondant du monde à Londres, si  la casse sociale est réelle dans certains secteurs et auprès de nombreux travailleurs précaires, l’impact économique de l’épidémie de Covid-19 est bien moins violent que prévu il y a un an, analyse Eric Albert, correspondant du « Monde » à Londres, dans sa chronique.

 

Chronique.

De son propre aveu, Gilles Moëc est plutôt du genre pessimiste. Le travail de l’économiste en chef d’Axa est de scruter les nuages à l’horizon et de déceler les signes avant-coureurs de possibles crises, ce qui ne prête guère à un optimisme débridé. Et, pourtant, mi-mars, un an après le début de la pandémie de Covid-19, il faisait un constat plutôt positif : « Le système a tenu. » Contrairement aux prévisions les plus sombres du printemps 2020, l’économie a résisté, le chômage n’a pas explosé et les entreprises n’ont pas connu une grande vague de faillites. Quant à la crise sur les marchés financiers, « elle a duré trois semaines », rappelle-t-il.


Il ne s’agit pas de mettre la tête dans le sable. Les restaurateurs, les gérants de boîte de nuit ou encore les employés du secteur touristique risquent de ne pas apprécier une dose d’optimisme en pleine troisième vague. La casse sociale est réelle, en particulier chez les plus précaires, qui travaillent majoritairement dans les secteurs les plus touchés par la crise. Un peu partout en Europe, les banques alimentaires ont connu une recrudescence des demandes.


Le choc est pourtant bien plus faible que ne semblent l’indiquer les statistiques économiques. En 2020, le PIB de la zone euro a chuté de 6,6 %, celui de la France de 8,1 %, celui de l’Espagne de 10,8 %. Du jamais-vu. Dans le même temps, le chômage n’est passé que de 7,3 % à 8,3 % en un an dans la zone euro. Les mesures de chômage partiel ont joué leur rôle d’amortisseur. Contrairement à ce qui était craint au début de la pandémie, cette augmentation limitée du chômage ne vient pas d’une population qui aurait renoncé à chercher un emploi, sortant des statistiques : le taux d’inactivité est resté stable, autour de 26,6 % en zone euro.

L’intervention tous azimuts des banques centrales et des gouvernements a fonctionné. L’économie a été artificiellement maintenue en vie, à coups de milliers de milliards d’euros, venant essentiellement de la planche à billets, qui a tourné comme jamais. Ce constat est important parce qu’il comporte des leçons pour la reprise, quand les restrictions sanitaires seront progressivement retirées. Dans la mesure où le tissu économique n’a pas été complètement détruit, le rebond pourrait être très fort.


On l’a noté au troisième trimestre 2020, quand la reprise de la consommation a surpris positivement. On le constate de nouveau aux Etats-Unis, en avance sur l’Europe en termes de vaccination, où la croissance semble repartie de plus belle.

Crise : les Français entre résilience et dépression (Brice Teinturier, IPSOS)

Crise : les Français entre résilience et dépression (Brice Teinturier, IPSOS)

Brice Teinturier est directeur général délégué d’Ipsos en France et auteur de Plus rien à faire, plus rien à foutre (Robert Laffont) explique pourquoi les Français sont partagés entre résilience et dépression dans l’Opinion.

Où en sont les Français par rapport à la crise sanitaire ?

Depuis début octobre, l’inquiétude des Français n’a cessé de remonter par rapport à l’épidémie. Nous sommes revenus à un niveau comparable à celui de mars-avril. Après avoir pensé que la Covid était derrière elle, l’opinion a compris que le virus serait là dans la durée. Dure désillusion… Marseille a été un moment important de prise de conscience mais c’est surtout l’augmentation de la circulation du virus et la progressive mise en tension du système hospitalier qui ont réactivé la peur. L’inquiétude grandissante des Français a fait parallèlement et logiquement remonter leur demande de protection sanitaire, d’où un soutien immédiat et relativement fort au couvre-feu (70 % de favorables). Elle vient se greffer sur une autre peur, présente dès le début de l’épidémie et du premier confinement, celle des conséquences économiques induites par la pandémie. Les mécanismes de protection mis en place par le gouvernement avaient permis d’atténuer cette crainte mais en septembre, elle était bien là et s’établissait même à un niveau supérieur à la crainte sanitaire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, les deux étant quasiment au même niveau.

Jusqu’où les Français sont-ils prêts à accepter de nouvelles contraintes ?

La montée de l’inquiétude facilite leur degré d’acceptation. On l’a constaté lors du premier confinement. La peur pour soi-même et ses proches de contracter le virus, l’incertitude sur ses formes de diffusion, l’absence de vaccin et de traitements efficaces, les images de saturation des services hospitaliers ont joué à plein. Les mêmes causes pourraient donc produire sensiblement les mêmes effets. Mais je pense qu’il y aura néanmoins des différences. D’abord, parce que c’est une seconde vague et que la lassitude de la population est plus forte qu’en mars-avril. Ensuite parce qu’on connaît mieux ce virus et que l’on sait notamment qu’il tue beaucoup moins les jeunes. De fait, les 18-35 ans sont ceux qui, déjà, acceptaient le moins la fermeture des bars à 22 heures lorsqu’elle a été instaurée dans certaines villes, puis la mise en place du couvre-feu. On peut donc s’attendre à des réticences plus fortes que ce que l’on avait auparavant dans certains segments de la population. Sans parler des professions, telles que les indépendants, les commerçants, les restaurateurs, le monde du spectacle, qui anticipent rien de moins que leur disparition malgré les mécanismes de protection mis en place.

Jusqu’où cette deuxième vague et ses conséquences peuvent-elles accroître la défiance vis-à-vis de la parole politique ?

On imagine difficilement qu’il n’y aura pas un procès fait à l’exécutif sur le thème « qu’avez-vous fait depuis ces derniers mois ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu davantage d’anticipation ? ». C’est un réflexe quasi pavlovien en France quand quelque chose ne va pas que de se tourner vers l’Etat et il est plus facile d’accuser le pouvoir en place, quel qu’il soit, que de se questionner soi-même sur son propre comportement. Il peut par ailleurs y avoir, évidemment, des raisons légitimes de critiquer l’action conduite. Mais au-delà de cette colère à l’encontre du politique, somme toute assez classique, c’est la décrédibilisation d’autres sources d’information qui peut s’enclencher avec cette nouvelle vague. Je pense qu’une partie des Français va se dire que si on en est arrivé là, c’est que non seulement les gouvernants, mais aussi des scientifiques, des médecins, des élus locaux, des médias ont failli, que tous, à leur niveau, ont été incapables de les protéger efficacement ou de les informer correctement et que certains ont clairement raconté n’importe quoi. Cela devrait accentuer le sentiment de désarroi – qui croire ? à quoi se raccrocher ? – et fragiliser la si nécessaire cohésion de la société.

Entre résilience et grande dépression, de quel côté les Français peuvent-ils tomber ?

C’est la grande question. Quelle sera la capacité du corps social à vivre de nouveau un confinement, à faire face au choc économique qu’il peut induire et à accepter des mesures de restriction de libertés sans que le gain final ni son moment ne soient réellement perceptibles ? Aujourd’hui, ce qu’on mesure dans les enquêtes, c’est la lassitude, la résignation et la colère d’une partie des Français. C’est une des étapes de la courbe du deuil. Dans la crise que nous connaissons, il faudra les passer les unes après les autres. Un processus de deuil – et il faut bien avec la Covid faire le deuil d’une situation passée – commence par de la sidération, puis est suivi par le déni, le marchandage, la colère, l’abattement et enfin la remontée. A Marseille, nous avons eu toutes ces phases chez une partie des restaurateurs et des élus locaux : ils ont d’abord nié la réalité, puis tenté de marchander avec l’exécutif, puis il y a eu la colère – Paris contre Marseille, l’injustice… –, puis ils se sont résignés aux contraintes imposées mais dans l’abattement (ce que l’on peut tout à fait comprendre) avant d’imaginer de nouvelles façons de composer avec elles et d’élaborer de nouveaux protocoles sanitaires. Si l’on veut être efficace, il faut accepter et accompagner ces phases de deuil mais en les accélérant. Les Français sont dans une phase de colère et d’abattement et ne voient pas de perspectives d’avenir. Il faut les amener à élaborer de nouvelles solutions, à les y associer. Après la sidération, le déni, la colère et l’abattement, notre capacité individuelle et collective à rebondir vite et fort est bien la question centrale.

Quelles fractures cette seconde vague exacerbe-t-elle ?

Les fractures sociales commencent à être bien documentées : augmentation de la pauvreté, accroissement des inégalités, difficultés plus fortes encore pour certains dans l’accès à la connaissance et l’école. Mais je redoute une nouvelle fracture, cette fois-ci générationnelle. Manifestement, une partie des moins de 35 ans accepte difficilement certaines restrictions, se sent invulnérable face au virus, a envie de vivre pleinement et résiste à l’appel de la responsabilité collective. Nous n’avons pas trouvé les bons leviers à actionner auprès d’eux. Enfin, les fractures politiques resteront vives et ce d’autant plus qu’on se rapproche des échéances électorales.

Quelles sont les conséquences pour Emmanuel Macron ?

Il est actuellement à un niveau de popularité plus élevé qu’à l’entrée dans la première vague : il était dans la zone des 32 % d’opinions favorables en février-mars dans notre baromètre Ipsos-Le Point ; il est à 40 % aujourd’hui. Malgré les critiques sur la gestion de la crise, l’adhésion a donc plutôt augmenté dans son ensemble. Mais avec cette deuxième vague, il joue gros. Le procès en impréparation va être plus lourd, les conséquences économiques et sociales plus importantes. La Covid va être en surplomb de tout pour les prochains mois. Il ne faut pas négliger à quel point c’est cet évènement qui a fait basculer toute la campagne présidentielle américaine, dont on verra le résultat dans quelques jours.

Quelles peuvent être les conséquences électorales de cette crise ?

Jusqu’à présent, elle n’a renforcé ni Marine Le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon ; je dirai même au contraire. Marine Le Pen stagne, certes à un niveau élevé mais en dessous de ses records. Le vrai moteur de Marine Le Pen, c’est la supposée faillite des élites mais articulée à la question de l’immigration comme cause majeure de tous nos problèmes. C’est pour cela qu’elle reste beaucoup sur ce terrain et tente d’y revenir à chaque occasion, afin de rouvrir son espace. Mais l’immigration a peu à voir avec la Covid-19. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est très loin des niveaux de popularité qu’il obtenait avant sa perquisition et, comme pour Marine Le Pen, les Français pensent qu’il ferait moins bien qu’Emmanuel Macron dans la gestion de la crise sanitaire. Dans un tel moment, il y a donc une prime aux dirigeants perçus comme rationnels et qui s’efforcent de prendre des décisions appuyées sur des connaissances scientifiques. Les exemples de Trump ou de Bolsonaro ont eu de l’impact et joué le rôle de contre-exemples. Mais plus la crise dure et plus ces éléments peuvent s’étioler. Selon l’ampleur des conséquences économiques et sociales de la crise et la virulence du procès en impréparation qui va être fait à l’exécutif, une nouvelle séquence peut s’ouvrir, beaucoup plus incertaine.

 

L’opération militaire «Résilience»: pour quoi faire ?

L’opération militaire «Résilience»: pour quoi faire ?

 

On se demande exactement quel peut être l’objectif de cette opération militaire nommée résilience par Macon. La mission semble très floue , elle consisterait à «fédérer» et «coordonner»«l’ensemble des actions conduites par les armées en soutien du combat collectif contre l’épidémie», explique le ministère des Armées. Lequel ministère des armées affirme que c’est déjà ce qu’il fait ! «Cette opération sera distincte de l’opération Sentinelle qui continue de se concentrer sur sa mission de lutte contre le terrorisme. Elle sera centrée sur l’aide et le soutien aux populations ainsi que sur l’appui aux services publics pour faire face à l’épidémie de Covid-19, en métropole et en outremer, dans les domaines de la santé, de la logistique et de la protection», lit-on dans le communiqué officiel qui a suivi l’annonce présidentielle. Sans plus de précision. Il y aurait sans doute besoin de davantage de détails par ce qu’on entend par soutien à la population et aux services publics. Il conviendrait sans doute de cibler cette aide car les effectifs des armées ne sont pas extensibles ils sont déjà largement occupés par les opérations extérieures et par l’opération sentinelle. On peut légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’un nouvel effet d’annonce face à la très forte dégradation de la cote de macro et de la critique  de plus en plus forte vis à vis de  la cohérence des mesures du gouvernement.

Les contours de Résilience sont flous. «Le spectre est assez large… Il s’agit de continuer à faire ce que l’on fait», explique-t-on au sein des Armées. «Mais désormais les choses seront plus centralisées et mieux organisées», ajoute-t-on. Résilience met un nom sur l’existant. Cette «nouvelle» opération correspond en réalité à une mise en ordre de marche.




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol