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Crise des sous-marins : une réponse de l’Europe après la claque ?

Crise des sous-marins : une réponse de l’Europe après la claque ?

Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes appelle l’Union européenne à prendre en main son destin de grande puissance. On ne sait pas cependant s’il s’agit d’un espoir ou d’une perspective crédible. On est encore loin en effet d’une politique de défense commune en Europe compte tenu de la position ambiguë de l’Allemagne. De toute manière Emmanuel Macron n’envisage nullement de quitter l’OTAN. ( interviews dans le JDD, extrait)

Il y a quatre ans jour pour jour, dans son discours de la Sorbonne, Emmanuel Macron appelait de ses vœux la « refondation d’une Europe souveraine ». Son souhait a-t‑il été suivi d’effet?
En quatre ans, l’Europe a profondément changé. Elle a subi un double choc : d’abord avec le Brexit, puis avec la crise sanitaire et économique qui a été gérée avec succès, sans dogmatisme budgétaire, avec une intervention monétaire massive et une solidarité sanitaire qui n’était pas du tout évidente. En parallèle de cela, elle s’est renforcée en étant souveraine en matière de technologie, ambitieuse en matière de climat, à la pointe de la régulation sur les grandes entreprises du numérique. Elle a amélioré la gestion de ses frontières extérieures, créé un premier budget européen de défense. Nous avons mobilisé au Sahel plus de dix pays européens aux côtés des forces spéciales combattantes françaises. Son logiciel n’est plus du tout celui de 2017. Nous ne sommes plus les herbivores de la mondialisation. Les Européens ne tendent plus la joue quand on les gifle. Cette mentalité de bons élèves qui doivent toujours chercher à tendre la main ou à s’excuser recule de jour en jour.

Est-ce encore plus le cas après l’affaire des sous-marins australiens?
Cette crise est un bon exemple. Elle a montré que la solidarité entre États membres est désormais un réflexe. Assez rapidement, au plus haut niveau, de nombreux pays se sont exprimés. Les déclarations allemandes ou italiennes sont très claires : quand un problème de cette nature touche la France, c’est un camouflet européen. Certains de nos alliés pensent que la parole engagée vis‑à-vis d’un grand pays européen ne vaut rien, que l’on peut travailler sur des questions stratégiques, dans une région aussi cruciale que l’Indo-Pacifique sans les Européens. Non, nous nous tenons ensemble.

Comment, après cette crise des sous-marins, reconstruit-on la relation entre la France et l’Europe d’un côté, les États-Unis de l’autre?
La relation transatlantique reste nécessaire, on ne peut s’en dispenser. Il n’y a pas de débat là-dessus. Mais les Européens doivent prendre conscience que leurs intérêts se définissent à Bruxelles et dans les autres capitales européennes, pas à Washington. Qu’il s’agisse récemment de l’Afghanistan ou des sous-marins australiens, nous ne devons pas nous lamenter d’avoir été « maltraités ». Nous serons de plus en plus livrés à nous-mêmes : ça s’appelle être une puissance. L’Europe a toujours été tournée vers elle-même, car elle s’est construite sur un projet de réconciliation. L’étape suivante, c’est une Europe qui règle sa relation à l’extérieur, qu’il s’agisse des migrations, de la défense, de la régulation des grandes plateformes numériques ou du climat. Nous ne pouvons pas attendre des autres de définir cette relation, comme nous le faisions au temps de la guerre froide, qu’on a connue pendant soixante ans.

Le Président réfléchit-il, après cette crise, à quitter l’Otan?
Ce sont de pures inventions.

Que peut impulser la France, qui prendra le 1er janvier la tête de la présidence de l’Union européenne, sur ce thème de la défense?
Nous continuerons d’avancer sur la question des opérations extérieures communes, comme au Sahel, mais aussi sur la cybersécurité. Toutes nos démocraties, malheureusement, sont soumises à des cyberattaques privées ou d’État. Nous avons développé des compétences importantes sur ce sujet. Nous ne devons pas tout attendre des Américains, ni tout faire non plus au seul niveau national.

Que peut-on attendre du nouveau couple franco-allemand, alors qu’ont lieu aujourd’hui outre-Rhin des législatives pour choisir un nouveau chancelier?
C’est à la fois un chapitre majeur qui se tourne, avec le départ prochain d’Angela Merkel, et en même temps il n’y aura aucun changement dans l’importance de la relation franco-allemande. Celle-ci n’est pas remplaçable. Nos projets en matière de coopération économique, industrielle, de défense sont irréversibles. En revanche, cette relation n’est pas exclusive. Nous la complétons aujourd’hui avec des partenaires traditionnels comme l’Italie et l’Espagne, d’autres moins évidents comme les Pays-Bas et les pays nordiques. Nous acceptons même des tensions avec l’Allemagne. C’est précisément parce qu’on ne pense pas pareil à Paris et à Berlin que nous trouvons des consensus au niveau européen, comme ce fut le cas avec le plan de relance. Mais la boussole est claire : le nouveau chancelier regardera d’abord vers Paris, et la France tendra tout de suite la main à l’Allemagne.

Quelle que soit son appartenance politique?
Oui, car nous avons préparé cette relation de confiance, en premier lieu avec Angela Merkel, mais en cultivant aussi depuis quatre ans nos réseaux parmi les chefs de parti. Selon le chancelier, les domaines plus faciles ou difficiles ne seront pas les mêmes. Le SPD ou les Verts ont des sensibilités plus éloignées des nôtres sur les questions d’énergie ou de défense, la CDU et le FDP sur les questions d’investissement et de règles budgétaires. Lorsque le programme de coalition va se construire, sans immixtion mais sans indifférence non plus, nous travaillerons avec les Allemands pour faire passer un certain nombre d’idées sur l’Europe. La période de définition du contrat de coalition est essentielle : elle ne peut pas être une période de glaciation ou de distance entre Paris et Berlin, elle doit déjà être une période de travail.

Le socialisme démocratique et participatif comme réponse à la dictature communiste chinoise ?

Le  socialisme démocratique et participatif comme réponse à la dictature communiste chinoise ?

 

 

 

Tribune dans le monde de Thomas Piketti (extrait)

Alors que le Parti communiste chinois (PCC) célèbre ses 100 ans, les pays occidentaux peinent toujours à définir leur attitude face au régime de Pékin. Disons-le d’emblée : la bonne réponse passe par la fin de l’arrogance occidentale et la promotion d’un nouvel horizon émancipateur et égalitaire à l’échelle mondiale, une nouvelle forme de socialisme démocratique et participatif, écologique et postcolonial.S’ils s’en tiennent à leur posture habituelle de donneurs de leçons et à un modèle hypercapitaliste hors d’âge, les pays occidentaux risquent d’avoir le plus grand mal à relever le défi chinois.

Autoritaire et oppressif, le régime chinois a certes de multiples fragilités. Selon le Global Times, quotidien officiel, la démocratie à la chinoise serait supérieure au supermarché électoral à l’occidentale, car elle confie les destinées du pays à une avant-garde motivée et déterminée, à la fois sélectionnée et représentative de la société – le PCC compte quelque 90 millions de membres –, et plus profondément impliquée au service de l’intérêt général que l’électeur occidental moyen, versatile et influençable.

En pratique, cependant, le régime s’apparente de plus en plus à une dictature numérique parfaite, tellement parfaite que personne n’a envie de lui ressembler. Le modèle de délibération à l’intérieur du PCC est d’autant moins convaincant qu’il ne laisse aucune trace à l’extérieur, alors que, à l’inverse, chacun peut voir de plus en plus nettement la mise en place d’une surveillance généralisée sur les réseaux sociaux, la répression des dissidents et des minorités, la brutalisation du processus électoral à Hongkong, les menaces portées sur la démocratie à Taïwan.

La capacité d’un tel régime à séduire les opinions des autres pays (et pas uniquement leurs dirigeants) paraît limitée. Il faut ajouter la forte montée des inégalités, le vieillissement accéléré, l’extrême opacité qui caractérise la répartition des richesses, le sentiment d’injustice sociale qui en découle et qui ne pourra être éternellement apaisé par quelques mises à l’écart.

Malgré ces fragilités, le régime dispose de solides atouts. Lorsque des catastrophes climatiques surviendront, il n’aura pas de mal à stigmatiser les responsabilités des anciennes puissances, qui, en dépit de leur population limitée (environ 15 % de la population mondiale pour l’ensemble Etats-Unis, Canada, Europe, Russie, Japon), représentent près de 80 % des émissions carbone cumulées depuis le début de l’ère industrielle.

Policiers agressés :  » réponse pénale insuffisante »

Policiers agressés :  » réponse pénale insuffisante » 

« La réponse pénale est insuffisante pour toutes les agressions envers les forces de l’ordre », a expliqué sur France InfoJoaquim Pueyo, l’ancien directeur de prisons, et aujourd’hui maire d’Alençon, après l’attaque au couteau vendredi contre une policière municipale en Loire-Atlantique.

 

 

Interview

« Je pense que la réponse pénale n’est pas suffisante et doit être revue », a affirmé samedi 29 mai sur franceinfo Joaquim Pueyo, maire d’Alençon et ancien directeur des prisons de Fleury-Mérogis et de Fresnes notamment, au lendemain de l’attaque d’une policière municipale à La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique).

L’assaillant présumé, un homme de 39 ans, était inscrit au fichier des signalements de la prévention de la radicalisation à caractère terroriste et effectué plusieurs peines de prison pour des faits de droits communs. Selon Joachim Puyo, ils sont « entre 1 200 et 1 500 terroristes radicalisés dans les prisons françaises » et  »il faut absolument des moyens pour que la prise en charge à la sortie de prison soit de plus en plus ferme ».

Les personnes comme celle responsable de cette attaque sont-elles nombreuses en prison ?

Joaquim Pueyo : Effectivement, les prisons sont sous pression actuellement parce que nous avons entre 1 200 et 1 500 terroristes radicalisés dans les prisons françaises. La radicalisation reste au cœur des inquiétudes et nous savons également que des centaines de terroristes vont sortir de prison dans les trois ans à venir. Quelle prise en charge à la sortie ? Est-ce que les renseignements sont suffisamment forts pour les suivre à la trace, quasiment d’une manière quotidienne ? Ce sont des questions réelles.

Quelle est la part de détenus radicalisés qui souffrent de troubles psychologiques ?

Je ne peux pas vous donner un chiffre, mais ils sont relativement nombreux. Par conséquent, la prise en charge au niveau de la psychologie se pose bien évidemment en prison. Vous savez que dans les prisons, nous avons bien sûr des psychiatres, mais cette prise en charge psychiatrique n’est pas suffisante. De même, le suivi socio-judiciaire est indispensable, mais il n’est pas suffisant. Il faut absolument des moyens pour que cette prise en charge soit de plus en plus ferme.

Ce sont des questions qu’on doit se poser dès maintenant parce que lorsque vous avez des centaines de détenus radicalisés qui vont sortir, notamment des jeunes sous influence, qui peuvent effectivement suivre des théories telles qu’on les connaît, moi j’ai des inquiétudes. La prise en charge à l’extérieur doit être renforcée.

Faut-il rouvrir le débat sur les peines de sureté, comme le souhaitent certains ?

Je pense que oui. Il y a une réponse pénale qui doit être réévaluée. On ne peut plus accepter actuellement que tous les jours, toutes les semaines, nous ayons des policiers, des gendarmes, des pompiers, qui se font attaquer, agresser ou tuer.

Je pense que la réponse pénale doit être revue. Je pense qu’elle n’est pas suffisante. Je le dis tel que je le pense parce que je connais bien le système pénitentiaire. Je connais bien également le droit pénal. Je pense qu’il y a eu effectivement des annonces faites par le gouvernement, mais je pense que la réponse pénale est insuffisante pour toutes les agressions envers les forces de l’ordre.

Drogue : après le policier tué, on attend une réponse pénale à la hauteur

Drogue : après le policier tué, on attend une réponse pénale à la hauteur

Ces évênements « sont de plus en plus communs à différents endroits en France. Vous avez des points de deal qui se structurent et qui augmentent. On voit que les individus sont armés et malheureusement il en découle le décès d’un jeune papa »,  a expliqué sur franceinfo Claude Simonetti, représentant d’Unité-SGP-FO dans le département du Vaucluse, après la mort mercredi 5 avril d’un policier tué lors d’une intervention anti-drogue à Avignon.

Gérald Darmanin se rend mercredi soir à Avignon. « On attend toujours des renforts, une prise en compte du problème policier qui est de plus en plus un métier à part, Claude Simonetti, Il faudra des réponses pénales si cet individu est interpellé. J’espère que ça ne sera pas très léger comme on peut le voir par moment, on attend vraiment une réponse pénale forte. »

« L’entrepreneuriat réponse à l’emploi  » ! (Pepy)

« L’entrepreneuriat réponse à l’emploi  » !  (Pepy)

Guillaume Pepy, le patron du réseau associatif de financement des entreprises Initiative France, veut mettre la création d’entreprises au coeur de la relance économique. L’ex-PDG de la SNCF souhaite en 2021 accélérer la réorientation de l’économie vers la transition écologique et le numérique. En attendant, les associations membres d’Initiative France doivent encore faire face à « des situations personnelles dramatiques ».

 

On peut quand même se demander de quel légitimité jouit Guillaume Pépy  jouit pour parler d’entreprenariat, lui qui a surtout exercé ses fonctions dans le secteur public et à la SNCF ! NDLR  

Interview dans la Tribune

 

- Plus d’un an après l’arrivée du virus en Europe, quel bilan tirez-vous pour les entreprises accompagnées par le réseau Initiative France ?

GUILLAUME PEPY- Depuis le début de la crise, nous avons assisté à un double mouvement. D’un côté, une réduction des créations d’entreprises de l’ordre de 15%, qui correspond aux deux confinements. Et, en parallèle, une explosion de l’activité de l’accompagnement des jeunes entreprises en difficulté. L’activité du réseau a crû de 70% en 2020. 32.000 entreprises ont été accompagnées durant cette période.

Pour les entreprises créées avant le Covid, le choc a été rude. Elles ont avant tout tout fait pour survivre avant de pouvoir rebondir. De ce point de vue, l’Etat, les régions et Bpifrance ont vraiment fait leur travail. Nos 21.000 bénévoles et 1.000 salariés ont déployé toute leur énergie pour rencontrer les entrepreneurs et les soutenir. Nous avons pu rééchelonner leur prêt, les aider à repositionner leur activité, les orienter parmi les nombreuses mesures qui ont été prises. Toutes ces jeunes entreprises ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé et humain déterminant. Les jeunes entreprises qui ont pu résister doivent maintenant construire l’avenir.

Quelles sont les principales difficultés exprimées par les entrepreneurs depuis un an ?

La situation personnelle des entrepreneurs à la tête de jeunes entreprises a été dans certains cas dramatique. Un sur trois n’a reçu aucune rémunération, un autre tiers a connu une baisse de rémunération réduite et seul un tiers a pu s’assurer une rémunération normale. Les sujets de trésorerie ont été très lourds et complexes à gérer. Les plans garantis par l’Etat (PGE) et les rééchelonnements de prêts ont permis de sauver l’essentiel des entreprises. Mais, ce qui a le plus compté, c’est la capacité des entrepreneurs à repositionner leur activité. Beaucoup d’entreprises développaient des activités à l’international. Certaines étaient sur des marchés qui ont tout simplement disparu avec la pandémie. Je pense, par exemple, à des entrepreneurs qui s’étaient lancés dans des activités de tourisme à l’étranger, qui ont su pivoter vers du tourisme de proximité. Ou encore, à ce jeune restaurateur parisien qui s’est lancé dans la préparation de plats pour les professionnels, pour pallier les effets de la crise. Grâce à la crise, certaines personnes ont créé des activités de circuit-court ou dans l’économie circulaire. Les grands vainqueurs de cette crise sont le local et les activités de proximité.

La crise a mis en lumière la fragilité du statut des indépendants. Comment faire pour améliorer leur accompagnement ?

Avec les réformes menées depuis une dizaine d’années comme celle des auto-entrepreneurs, les conditions de création des nouvelles entreprises sont devenues favorables. Des problèmes de bureaucratie existent toujours mais beaucoup d’acteurs, et notamment les banques, jouent le jeu, contrairement à certaines idées reçues. Les grands réseaux comme BNP Paribas, Société générale, Crédit Agricole ont fait des efforts pour accompagner ces entreprises. Les régions et les intercommunalités ont également joué un rôle important en faisant preuve de souplesse sur les différés de loyer, par exemple. Certaines communes ont aidé les entrepreneurs à identifier de nouveaux circuits de commercialisation. Les très petites entreprises et les indépendants ont été aidés grâce à cette mobilisation.

La crise a aussi montré que l’accompagnement par des réseaux comme le nôtre avait une très forte valeur ajoutée sur la pérennité des nouvelles entreprises. Les porteurs de projet qui créent ou reprennent leur entreprise avec le réseau Initiative France ont plus de 9 chances sur 10 de voir leur entreprise encore en activité, après trois ans. Quand ces porteurs de projet travaillent de manière isolée, ils n’ont que 6 chances sur 10 d’être là au bout de trois ans.

 

Quelle est votre feuille de route pour l’année 2021 ?

La priorité de notre réseau en 2021 est de retrouver le niveau de créations d’entreprises d’avant la crise. On est assez optimiste. Les premiers résultats de créations pour le premier trimestre 2021 sont très encourageants. On constate un vrai engouement pour la création ou la reprise d’entreprise. L’entrepreneuriat est l’une des réponses à la relance et au problème de l’emploi. En 2020, nous allons aussi poursuivre l’accompagnement des entreprises en difficulté. Beaucoup de secteurs sont encore fermés et les entrepreneurs ont besoin de nous.

La troisième priorité est de participer à la réorientation de l’économie autour de la transition écologique et numérique et du retour au local. Dans les deux années qui viennent, nous allons soutenir les entreprises à impact sociétal, environnemental ou territorial, en octroyant 3.000 Labels « Initiative Remarquable ».

Cette feuille de route, nous allons la mettre en œuvre avec nos partenaires, aussi bien l’Etat, les Régions, les intercommunalités et Bpifrance, que les entreprises privées, qui sont de plus en plus nombreuses à s’engager pour la création d’entreprises dans notre pays.

Quel regard portez-vous sur le plan de relance du gouvernement ?

Nos associations sur le terrain l’ont de manière générale trouvé concret et assez complet, avec des ambitions fortes sur l’entrepreneuriat, la transition écologique ou encore la transformation numérique. Il reste que la demande des entrepreneurs n’est pas d’être soutenus à bout de bras par de l’argent public. Leur première demande est de pouvoir travailler à nouveau, dans des conditions respectueuses des consignes sanitaires mais qui leur permettent de retrouver leurs clients et leur chiffre d’affaires. Plus vite la campagne de vaccination avancera, plus les jeunes entreprises pourront redevenir autonomes.

Beaucoup d’économistes redoutent une levée trop rapide des mesures d’urgence. Comment doit s’opérer une telle transition pour limiter les faillites et les destructions d’emplois ?

Cette crise sanitaire, économique et sociale a fait apparaître de nouveaux besoins et des préoccupations nouvelles, comme les services à domicile, les services médico-sociaux, les services de proximité, de l’économie circulaire et les circuits courts. Il y a de nouvelles opportunités d’entreprendre aujourd’hui. A l’autre extrême, des commerces, des activités culturelles attendent toujours de pouvoir rouvrir. Les aides doivent donc être très ciblées et adaptées à la situation de chaque secteur et de chaque entreprise. Un surcroît d’aides pourrait amener certaines entreprises à un niveau d’endettement excessif. L’essentiel, c’est le retour à l’activité et à la consommation, qui permettront aux entreprises de vivre et aux emplois d’exister.

La désinformation impose une réponse de transparence

La désinformation impose une réponse de transparence

Erwann Menthéour et Emmanuel Rivière estime dans l’Opinion que «Lutter contre la désinformation suppose de se plier à un devoir de transparence, de toujours agir conformément à ce que l’on serait capable d’assumer publiquement »

 

 

Selon un sondage Eurobaromètre de la Commission européenne récemment paru, 68 % des Français (et 51 % des Européens pour l’ensemble des vingt-sept pays de l’Union européenne) estiment avoir été confrontés à de la désinformation sur Internet. La fabrication et la circulation de fausses nouvelles, la prolifération de théories complotistes et les dangers que leur capacité de séduction fait peser sur la démocratie sont légitimement une préoccupation majeure des pouvoirs publics comme des médias.

Les parades sont de diverses natures : responsabilisation des plates-formes numériques, pénalisation de la diffusion de fausses nouvelles, fact checking, production et promotion d’un contre-discours, etc. Une autre manière de lutter contre la désinformation et ses dangers consiste à prendre la mesure de l’exigence qu’elle impose à tous ceux qui veulent mener ce combat : une exigence de vérité.

Les théories du complot sont d’autant plus efficaces quand elles parviennent à construire le récit conspirationniste autour d’un fait réel. Pour cette raison, la moindre faille est exploitable chez ceux que visent les complotistes, et tout petit arrangement avec la vérité, tout mensonge par omission, toute tentative de travestissement, voire de simplification d’une réalité embarrassante sont pour la désinformation un terreau extrêmement fertile.

Or la probabilité que soient mis à jour des faits que les pouvoirs, quels qu’ils soient, préféreraient dissimuler, est plus élevée que jamais. Et les opinions publiques le pardonnent de moins en moins. Ceux qui en 2016 voyaient en Donald Trump un candidat dont le principal défaut était son rapport très personnel avec la réalité ont pu lire dans son élection le démenti de l’attachement des citoyens à la vérité. Mais il se trouve que la faille était encore plus importante, dans l’opinion, du côté d’Hillary Clinton.

La réalité impose parfois des défis titanesques qui désemparent les responsables politiques les plus chevronnés, qui les déstabilisent au point de les conduire à un tel sentiment d’impuissance que le reconnaître les désavouerait, pensent-ils, aux yeux du peuple

Impératif. Une étude comparative menée juste avant l’élection de 2016 sur les qualités et défauts de l’une et de l’autre montrait que la candidate démocrate se voyait bien plus fortement et spontanément reprochée d’être secrète, accusation qui a beaucoup contribué au succès de son adversaire. Lutter contre la désinformation supposerait donc aussi, et peut-être avant tout, de se plier à un devoir de transparence, d’acquiescer à un impératif consistant à toujours agir conformément à ce que l’on serait capable d’assumer publiquement. Cette injonction peut sembler naïve, louable, évidente, dangereuse, ou un peu tout ça à la fois. Ce qui est sûr c’est qu’un tel objectif se heurte à plusieurs difficultés, de trois ordres.

La première est que l’idée de transparence est loin d’être consubstantielle à l’exercice du pouvoir. L’idée qu’il existe une raison d’Etat distincte de la raison du commun a longtemps prévalu. Du fait à la fois de la désidéologisation du débat politique et de l’abandon de la lutte des classes, notre modèle représentatif a conduit à faire de la compétence un critère aussi important que les valeurs ou la représentation d’intérêts partagés, dans le choix de délégués. Les titulaires de charges et de mandats sont supposés mieux maîtriser la complexité des enjeux, et disposer d’une forme d’exclusivité de cette capacité. Cette capacité est de plus en plus remise en cause, et l’une des leçons de la crise Covid-19 montre que les citoyens non seulement attendent l’exposition de cette complexité, mais apprécient que des dirigeants admettent ne pas tout savoir.

L’autre obstacle à l’exercice de la transparence tient précisément aux succès manifestes du complotisme et de la désinformation. Face à tant de mauvaise foi dans l’intention de nuire, il ne va pas de soi de faire toute la lumière sur des décisions qui sont souvent des arbitrages compliqués entre des intérêts divergents. Souvent la crainte l’emporte de voir la sincérité déformée et exploitée. A l’impératif moral de transparence s’opposerait le pragmatisme de la prudence.

Ce débat est difficile à trancher, mais pour s’en tenir au raisonnement bénéfices-risques, nous voulons ouvrir l’hypothèse, confortée par le sentiment que la maîtrise de l’information est de plus en plus un leurre, selon laquelle la transparence sur les intentions offrirait moins de billes aux complotistes que les tentatives de dissimulation, et davantage de gages à ceux qui s’alarment de la désinformation et veulent s’en défendre.

Universel. Ces derniers restent, ne l’oublions pas, la majorité. Gardons également à l’esprit, comme le rappelle le philosophe Frédéric Midal dans une interview publiée dans le premier numéro du magazine Mentors, que « quelqu’un qui croit à une théorie complotiste est quelqu’un qui souffre et [...] qui tente de se débrouiller avec le côté irrationnel du discours social et politique actuel dans lequel on ne nous parle pas ». Parler au nom de l’universel à l’universel, en omettant – volontairement ou non – de s’adresser en toute transparence aux êtres humains dans la singularité de leur existence, amène ceux qui exercent le pouvoir à se couper des bases et se tromper de combat. En précipitant leur propre défaite.

La troisième raison pour laquelle le pari de la vérité est un choix ardu est que les défis qui se présentent à ceux qui exercent les responsabilités sont particulièrement impressionnants, voire effrayants : à bien des égards, la séquence pandémique de ces derniers mois a matérialisé de manière concrète et parfois même sidérante combien l’exercice du pouvoir pouvait se révéler périlleux, voire quasiment insurmontable devant une situation inédite. Elle a illustré ce qu’est véritablement un arbitrage qui est la clef de voûte de la fonction politique.

Oui, gouverner, c’est arbitrer. Si celui-ci se résumait naïvement à faire un choix entre une bonne et une mauvaise solution, l’art de gouverner deviendrait en conséquence à la portée d’un enfant. Or, comme nous l’avons vécu une année durant, que ce soit au niveau national ou mondial, aucun choix, aucune solution, aucune intervention divine ne s’est révélée capable d’éradiquer ce virus qui continue de mobiliser les plus grands cerveaux de la planète. C’est ici que l’on découvre que la réalité impose parfois des défis titanesques qui désemparent les responsables politiques les plus chevronnés, qui les déstabilisent au point de les conduire à un tel sentiment d’impuissance que le reconnaître les désavouerait, pensent-ils, aux yeux du peuple.

La politique politicienne et son obsession de l’électoralisme ont vécu, tout comme est révolu le temps des technocrates sûrs de leur fait et persuadés que les masses ne peuvent pas comprendre. L’heure des grands hommes et femmes d’Etat a sonné

Complexité. A la lueur de cette complexité, il conviendrait de manifester un peu plus d’humilité et de transparence, en choisissant la pédagogie plutôt que la communication, en abandonnant toute logique court-termiste et en partageant de manière plus limpide et franche les difficultés auxquelles la crise sanitaire et toutes celles à venir nous confrontent tous de plein fouet aujourd’hui. Un choix d’autant plus nécessaire que ces situations risquent, en raison du dérèglement climatique, de se reproduire de plus en plus fréquemment dans les prochaines décennies.

L’ampleur des défis demande aussi beaucoup d’abnégation, car les réponses réellement efficaces ne le sont pas à l’échelle d’un mandat. La politique politicienne et son obsession de l’électoralisme ont vécu, tout comme est révolu le temps des technocrates sûrs de leur fait et persuadés que les masses ne peuvent pas comprendre. L’heure des grands hommes et femmes d’Etat a sonné. Seuls celles et ceux qui se projetteront loin avec humilité, abnégation et courage redonneront un sens à la fonction politique, si décriée depuis de nombreuses années et dont la dévaluation est le plus sûr chemin vers le populisme.

Pour toutes ces raisons, la vérité est un combat. Il impose à ceux qui exercent les responsabilités un travail de révision, qui concerne aussi bien les modalités de décisions que les formes de communication. On peut et on doit sans doute s’inquiéter d’un rapport à l’information qui s’apparenterait à une dictature de la transparence. Mais la menace que représentent le complotisme et la désinformation sur nos démocraties invitent aussi à se demander quel exercice de la transparence permettrait de prévenir le risque de dictature.

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Dans une interview au JDD, le président de la république considère qu’il faut mener la guerre contre la pandémie à l’échelle mondiale. Pour Emmanuel Macron, cette « guerre mondiale » ne sera gagnée qu’au prix de la plus grande ­coopération internationale. « Nous sommes désormais engagés dans une lutte contre les variants, qui est une véritable course contre la montre, confie-t‑il au JDD. Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prenons le risque que le virus nous échappe. »

 

« Les pays africains nous interpellent à juste titre sur leur accès aux vaccins, indique le chef de l’État. L’initiative ACT-A aura permis de sécuriser plus de 2 milliards de doses de vaccins à bien meilleur prix que si chaque pays les avait négociés séparément, c’est en soi une réussite. Mais nous devons encore accélérer les efforts, car chaque semaine compte. » Au cours des prochains jours, Emmanuel Macron échangera avec ses pairs de l’Union africaine et relaiera leurs messages vendredi lors d’une réunion par visioconférence du G7 organisée par Boris Johnson, qui en assure la présidence cette année.

Comme on l’admet volontiers à l’Élysée, et pour s’en réjouir ouvertement, cette mobilisation accrue n’aurait pas été la même sans le soutien de la nouvelle administration Biden aux États-Unis. Non seulement le président démocrate a rejoint immédiatement l’OMS dès ses premières heures à la ­Maison-Blanche, mais il a également confirmé le déblocage de 4 milliards de dollars pour financer les efforts d’ACT-A. « C’était l’un de mes premiers sujets d’échange avec le président Biden », raconte Emmanuel Macron, tout en se montrant perplexe sur l’absence ou le retard d’autres grandes puissances à rejoindre l’effort collectif. « Nous devons travailler avec les Chinois et les Russes pour que les vaccins développés par leurs scientifiques s’intègrent à ce grand effort multilatéral contre la pandémie – dès lors qu’ils auront fait l’objet des certifications nécessaires par l’OMS », plaide-t‑il.

Le président de la république oublie cependant que les Chinois comme les Russes grâce précisément à leurs vaccins utilisent cet outil pour renforcer leur impact diplomatique dans de nombreux pays en développement notamment en Afrique.

L’offensive pour vacciner toute la planète afin de prendre de vitesse les variants émerge aussi dans la presse scientifique écrit le JDD. Arnaud Fontanet cosigne cette semaine un article dans The Lancet où il insiste sur la « vulnérabilité » paradoxale des pays riches. « La fin de la pandémie », écrivent l’épidémiologiste du conseil scientifique et ses coauteurs (dont Salim Abdool Karim, qui conseille le gouvernement d’Afrique du Sud dans la lutte contre le Covid‑19), ne sera « possible » que lorsque « les vaccins seront distribués de manière équitable à travers le monde ». 

« Réponse à la crise sociale et la montée de la pauvreté»

« Réponse à la crise sociale et la montée de la pauvreté»

 

Nadia Hai , La ministre déléguée chargée de la Ville tente de justifier la politique du gouvernement pour gérer la crise sociale et la montée de la pauvreté . L’intéressée se réfère notamment au rapport Borloo de 2018 qui rappelons-le a été balayé publiquement d’un revers de main par Macron . La référence est donc un peu théorique. ( interview dans l’Opinion)

 

Quelles sont les conséquences de l’épidémie et du reconfinement dans les quartiers prioritaires de la ville ?

Nous faisons face à plusieurs niveaux de difficultés. Il y a tout d’abord la crise sanitaire, comme sur le reste du territoire national, même si je tiens à souligner que les mesures ne sont pas moins respectées dans les quartiers qu’ailleurs. La crise économique ensuite. Ces quartiers ont une concentration de contrats précaires, intérimaires et CDD. Les entreprises décident aujourd’hui de ne pas les renouveler et cela nous conduit vers une crise sociale. Les entrepreneurs et les indépendants font eux aussi face à des difficultés à cause des coups de rabot dans les dépenses des entreprises qui ont de graves conséquences sur leur activité et leurs revenus. Face à cette situation, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures. Mais le confinement n’est pas une punition, contrairement à ce que peuvent dire certaines oppositions qui n’ont d’ailleurs pas de solutions à offrir. C’est une mesure obligatoire qui s’impose aujourd’hui à nous tous. Pas seulement en France mais partout ailleurs. Cela a été une décision difficile à prendre, même si nous voulons que la vie économique puisse continuer.

Comment comptez-vous aider leurs habitants face au risque de bascule dans la pauvreté ?

Nous avons annoncé des mesures de soutien aux ménages les plus fragiles, notamment une prime pour les bénéficiaires des APL. Mon prédécesseur avait débloqué 15 millions d’euros de fonds d’urgence pour les associations et l’achat de matériel informatique pour les écoliers à la maison. J’ai également annoncé il y a peu la création d’un fonds d’urgence pour les associations de proximité de 20 millions d’euros, car nous savons que ce sont elles qui peuvent réaliser le dernier kilomètre jusqu’aux publics les plus en retrait. Cette semaine, j’ai aussi annoncé une prime de 1 500 euros de trésorerie pour les entrepreneurs des quartiers. Cette mesure s’adresse à un public très large et nous visons les 5 000 bénéficiaires. Nous allons aussi agir sur l’emploi avec le doublement annoncé des personnes en contrat aidé, les parcours emploi compétences, dans les quartiers. Nous prenons ces mesures exceptionnelles car l’enjeu est bien d’éviter une crise sociale de grande ampleur dans les quartiers.

Les deux confinements ont montré l’urgence de la question du logement et de l’habitat, que comptez-vous faire ?

Nous allons poursuivre le programme de rénovation urbaine porté par nos prédécesseurs. Nous sommes arrivés à la fin du programme de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) et avons doublé l’enveloppe du nouveau pour atteindre les 10 milliards d’euros. Nous intervenons aussi dans la construction de logements neufs, en intégrant par exemple des balcons là où il n’y en a pas dans les programmes en cours de réalisation. Cela paraît anecdotique mais la crise a révélé que c’était indispensable. Pour cela, le secteur de la construction doit continuer à fonctionner. Les entreprises du BTP nous ont confirmé que si les consignes sanitaires sont strictement respectées, il n’y a pas de risque. Il s’agit non seulement de l’un des moteurs de la relance mais aussi d’une nécessité pour la poursuite des programmes de l’Anru. Il y a encore des copropriétés dégradées avec pour certaines des urgences qui ne peuvent pas attendre. Nous devons aussi actionner le levier du cadre de vie et de l’environnement. Créer des espaces verts, des jardins partagés, des espaces de travail et des tiers lieux. Nous avons mis un gros coup d’accélérateur avec l’ambition de repenser de nouveaux critères pour les projets à l’aune des conséquences de l’épidémie et du premier confinement au printemps.

Comment la politique de la ville doit-elle évoluer ?

La crise a eu pour effet de remettre beaucoup de choses à plat. Certaines peuvent être revues, même si nous sommes confortés dans nos choix de soutien et d’accompagnement économiques. Le rapport remis en 2018 par Jean-Louis Borloo à Emmanuel Macron a donné naissance à une feuille de route de la mobilisation nationale pour les habitants des quartiers qui s’en est beaucoup inspirée. J’ai décidé de créer un comité de suivi de cette feuille de route pour mieux tenir compte de l’évolution de la situation économique et sanitaire. On y retrouvera des personnalités qualifiées, des associations, des citoyens, des membres du conseil présidentiel des villes ainsi que des élus, maires et parlementaires, de la majorité comme de l’opposition. Je souhaite faire d’ici deux à trois mois un état de la situation de la mise en œuvre de l’ensemble des mesures prévues, pour voir ce qui marche ou ne marche pas et si besoin renforcer ou réorienter l’action du ministère.

 

 

Castex-Violence et drogue : une amende comme réponse !

Castex-Violence et drogue : une amende comme réponse !

 

 

Autant convenir que les orientations de Castex pour lutter contre la violence notamment sur fond de drogue ne sont pas du tout à la hauteur de l’enjeu. Pour résumer, la mesure essentielle est constituée par la perspective d’une amende en direction des consommateurs de stupéfiants.  Pas vraiment une réponse aux meurtres récents et aux scènes de crimes dans les quartiers : la policière écrasée, le chauffeur de bus assassiné ou encore le pompier volontairement atteint par balle. Sans parler des règlements de compte de bandes dans des quartiers qui ressemblent à Chicago. Parmi les autres mesures, il faut noter 60 policiers de plus à Nice, un ou deux emplois en plus pour l’action pénale dite proximité mais dans les tribunaux qui seront toujours aussi éloignés. Et pour la police municipale et le renforcement de son rôle : « on fera une étude » !

Le Premier ministre a en effet annoncé le lancement d’une expérimentation sur « l’extension des compétences de la police municipale ».

Des mesurettes complètement surdimensionnées par rapport à l’ampleur des violences. Pourquoi pas aussi une amende pour tout ce qui recouvre le concept d’incivilité évoquée par Macon et son gouvernement ; un concept d’incivilité qui comprend les crimes, les meurtres, les insultes et autres écarts anecdotiques comme criminels.

 

Le scandale est évidemment de qualifier d’incivilité des meurtres en plus souvent prémédités et organisés.  Les mesures prises par le premier ministre sont tellement insignifiantes  que les grands médias peinent en rendre compte.

 

Naomi Klein : « ll faut une réponse réponse audacieuse à la crise  » (Naomi Klein )

 

Naomi Klein  , , auteur de nombreux ouvrages à succès sur les dérives du capitalisme et le dérèglement climatique, la pandémie souligne à quel point les différentes crises que nous traversons sont imbriquées.

En 2007, la militante écologiste et anticapitaliste canadienne Naomi Klein publiait La Stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre (Actes Sud), un essai dans lequel elle analysait la façon dont pouvoirs et élites tentent de profiter des situations de crise. Son dernier livre, Plan B pour la planète. Le New Deal vert (Actes Sud)publié en novembre 2019, prône un changement radical pour atteindre la neutralité carbone en dix ans. Une idée qu’elle a défendue aux côtés du candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine Bernie Sanders, qu’elle a soutenu jusqu’à ce qu’il se retire de la course, le 8 avril.

La journaliste, également professeure à l’université Rutgers (New Jersey), revient sur la façon dont l’épidémie due au coronavirus accroît les inégalités, et réagit aux manifestations de colère aux Etats-Unis après la mort de George Floyd, tué par des policiers à Minneapolis.

Comment expliquez-vous ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis ? Cela vous paraît-il lié, d’une certaine façon, à la pandémie ou à la façon dont elle est gérée ?

Le racisme et les inégalités ont façonné la réponse à la crise du Covid-19. Tant qu’il apparaissait que tout le monde était en danger, les gouvernements étaient prêts à suspendre l’activité économique au nom de la santé humaine. Mais dès qu’il est apparu que les plus menacés par le virus étaient les pauvres, les Noirs, les personnes âgées ou handicapées – ceux que l’on considérait déjà comme des citoyens au rabais –, alors les appels à « relancer l’économie » sont devenus plus vifs. Les policiers de Minneapolis filmés en train d’étouffer tranquillement George Floyd, ça a été la goutte de trop.

Cette période est évidemment extrêmement inquiétante, mais je dois dire aussi que je suis impressionnée par le courage de tous ces jeunes qui sont dans la rue – car ce sont essentiellement des jeunes, de toutes origines. Ces personnes étaient chez elles depuis des mois et c’est pour mener ce combat pour la justice qu’elles brisent le confinement. On ne sait pas sur quoi il va déboucher mais c’est un moment extraordinaire.

Aujourd’hui, nous avons besoin de renflouer des entreprises mais nous devons surtout nous demander quel futur nous voulons bâtir. Tous ces combats dans lesquels nous sommes engagés, que ce soit le combat contre les violences policières, contre le dérèglement climatique ou pour une économie juste, sont liés.

 

«Crise: Soit une réponse européenne soit la récession »

 «Crise:  Soit une réponse européenne soit la  récession »

 

La confédération syndicale allemande DGB et les cinq centrales françaises CFDT, CFTC, CGT, FO et Unsa appellent, dans une déclaration commune, à une « convergence économique, fiscale et budgétaire des Etats membres de l’Union européenne » et demande une stratégie de relance qui aille « au-delà des 500 milliards d’euros annoncés par la France et l’Allemagne ».

Tribune. Particulièrement touchée, l’Europe doit faire face comme le reste du monde à la pandémie de Covid-19. Les mesures d’arrêt sévères mais nécessaires prises pour enrayer l’épidémie, ont mis nos sociétés et nos économies quasiment à l’arrêt. L’activité économique, la liberté de mouvement et de nombreuses autres activités ont été suspendues pour lutter contre la pandémie, et certains continuent à l’être.

Pour nous, organisations syndicales allemande et françaises, la santé des citoyens et des travailleurs en Europe était notre préoccupation principale lors de la prise de mesures de confinement. Aujourd’hui, alors qu’il s’agit d’assouplir ces mesures pour un retour progressif à l’activité économique, la santé de nos concitoyens et des travailleurs demeure une priorité absolue.

Incidents xénophobes

Les premières réactions lors de l’apparition du virus en Europe ont été surtout nationales. Les organisations syndicales DGB, CFDT, CGT, FO, CFTC et Unsa regrettent le manque de concertation entre les Etats membres au début de la pandémie qui a pu mener à la prise de décisions non coordonnées, voire au détriment les uns des autres.

Nous condamnons fermement les incidents xénophobes qui se sont produits à la frontière franco-allemande et qui nous rappellent avec effroi un des chapitres les plus sombres de notre histoire. Dans les régions frontalières, le sentiment d’incertitude face au coronavirus est particulièrement prononcé. Et pour cause : en temps normal, 40 000 travailleurs transfrontaliers du Grand-Est viennent travailler en Allemagne tous les jours.

Cependant, ni la fermeture des frontières, ni les contrôles aux points de passages ne peuvent contenir la propagation du virus. A l’heure actuelle, nous ne devons pas remettre en cause l’intégration économique et sociale des espaces frontaliers qui s’est créée au cours des dernières décennies.

Les conséquences des mesures prises par les Etats membres pour enrayer cette épidémie, d’une ampleur inédite, nécessitent une réponse sociale de haut niveau. Pour le DGB, la CFDT, la CGT, FO, la CFTC et l’Unsa, seule une réponse européenne ambitieuse pourra nous éviter des années de croissance morne, voire de récession avec une propagation du chômage et de la pauvreté.

 

Coronavirus : la réponse viendra de la mondialisation

Coronavirus : la réponse viendra de la mondialisation

Professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot, Gérald Bronner est membre de l’Académie nationale de médecine, de l’Académie des technologies et de l’Institut universitaire de France. Spécialiste des croyances sociales, il est l’auteur de Déchéance de rationalité (Grasset, 2019) et de La Démocratie des crédules (PUF, 2013). Il va à contre-courant des reprises nationalistes estiment que la réponse au Corona virus viendra de la mondialisation.(Interview du Monde)

Chaque politique y va de son explication de la crise. Etes-vous surpris ?

Cette crise est inédite. Lorsque des êtres sociaux sont confrontés à un phénomène incertain et dramatique, en haut de l’Etat comme en bas de l’échelle sociale, il y a un immense besoin de sens. C’est une tentation anthropologique, un réflexe herméneutique d’interprétation du réel. Comment admettre qu’un accident biologique malheureux est à l’origine d’une immense catastrophe ? Les récits rendent un service intellectuel que le réel ne rend pas. Historiquement, les épidémies ont été lues comme une punition divine. Avec le coronavirus, le monde politique et religieux devient l’auberge espagnole de l’opportunisme idéologique.

La crise révèle la dépendance de la France à l’égard d’autres pays, pour les tests ou les médicaments. C’est un fait, pas une herméneutique. Cela diffère du discours selon lequel la nature nous adresse un ultimatum. Mais il faut prendre garde à la démagogie tirée des faits. Penser les conditions de notre indépendance alimentaire, énergétique, sanitaire est raisonnable. Dire qu’il faut se recroqueviller sur la souveraineté nationale, à l’inverse, est caduc puisque les questions épidémiques, écologiques, migratoires, financières sont transnationales. Ce qui a manqué, au contraire, est la coordination mondiale. Avec plus de coordination, la Chine n’aurait pas menti sur la maladie et les Européens auraient été attentifs aux informations des scientifiques asiatiques. Pourquoi chaque pays a-t-il utilisé des stratégies différentes ? Veut-on d’un monde où les nations se battent pour acheter du matériel vital aux populations ? Où chaque pays se met à stocker 1 milliard de masques ? C’est la lutte de tous contre tous qui aboutira au désintérêt collectif. La seule conclusion est d’avancer dans la coopération internationale.

C’est une mythologie. L’idée que le virus s’est répandu à cause de la mondialisation est une erreur. Si nos corps voyagent, la probabilité de diffusion de l’épidémie dans un temps court augmente. Mais dans l’histoire de l’humanité, la peste noire ou la grippe espagnole ont ravagé des populations entières. La différence, c’est qu’elles se répandaient en plus de temps, et que nous n’avions pas les moyens technologiques pour y faire face. La réponse au Covid-19 viendra de la mondialisation. Par la technologie : la médecine, le vaccin, le numérique. La science ne progresse que grâce aux interactions mondiales. Les chefs de service de réanimation français examinent en temps réel les données des études chinoises. Si le virus s’est propagé, c’est parce qu’un marché ne respectait pas les règles sanitaires que la modernité a inventées et diffusées par les échanges mondiaux, pas parce qu’il a été créé volontairement en laboratoire !

 

Les rationalistes sont démunis, ils n’ont à proposer que la formule de Nietzsche : «Laissez venir à moi le hasard». Le besoin de sens reflète la fébrilité de l’esprit humain, qui peine à accepter le hasard malheureux. Voilà pourquoi le complotisme, qui offre un récit en concurrence sur le marché cognitif, séduit un quart des Français. Cela dépasse les thèses conspirationnistes. Après l’accident nucléaire de Fukushima, la peur a été telle que les gens l’ont associé à un grand nombre de victimes, alors qu’il n’y a pas eu de mort. Une confusion narrative brouille la mémoire, et pousse une lecture du monde qui se coule dans des sillons établis. Le grand récit disponible, aujourd’hui, c’est celui de la décroissance et de la collapsologie.

Comment, dans la confusion ambiante, savoir qui a raison ?

Gare aux rétro-prévisionnistes : le futur est facile à prédire quand il est passé ! On peut faire crédit au gouvernement de l’incertitude ; la pandémie a donné lieu à une infodémie, une arborescence de données concurrentes. Mais si on avait regardé l’information auprès des meilleurs chercheurs, dans la revue Science, tout était là. Il était possible de comprendre que la méthode coréenne fonctionnait, comme il est compréhensible qu’on ne l’ait pas fait… En face, les propositions de Marine Le Pen sont à déplier sur le long cours : si on avait pratiqué une économie étatisée, aurait-on un système de santé résilient ? Si chaque nation s’était recroquevillée sur elle-même, aurait-on ce niveau de technologie et de recherche ? Mieux vaut être humble dans la crise plutôt que de dire « j’avais raison ».

 

Coronavirus: les réponse aux questions

Coronavirus: les réponse aux questions 

Par  William Dab, ancien directeur général de la santé, sur France info Pour lui, « potentiellement 100% » des Français pourraient être infectés par le coronavirus Covid-19 dans les prochaines semaines. L’épidémiologiste William Dab a livré une analyse froide et clinique de la situation lors de son passage à franceinfo.

@Miguech : Comment un médecin généraliste peut-il différencier une grippe d’un coronavirus, si les symptômes sont les mêmes ?

En faisant un test biologique. Cela dit, quand vous avez des signes d’infection respiratoire, il est indispensable de prendre les mêmes précautions d’hygiène que pour le coronavirus. Autrement dit, en l’absence de traitement spécifique, le fait de ne pas avoir un diagnostic précis ne change pas la conduite médicale.

@Mercedes diesel : Comment guérit-on les personnes infectées lorsque c’est possible ?

La maladie guérit spontanément dans la très grande majorité des cas. Les cas graves développent une insuffisance respiratoire qui peut justifier la mise sous respirateur artificiel.

Globalement, il y a très peu de virus pour lesquels on a des médicaments : herpès, hépatite (notamment C), etc. Les antibiotiques ne fonctionnent pas contre les virus.

@Tydo : Une personne contaminée peut-elle aussi contaminer ses animaux ?

On ne le sait pas.

@japy3810 : Sait-on combien de temps dure la contagiosité d’un corps après décès ? Existe-t-il des formalités particulières ?

On n’a pas de réponse formelle sur ce sujet, mais il est vraisemblable que les mesures d’hygiène universelles vis-à-vis des cadavres soient suffisantes.

@JB : Y a-t-il des cas de décès de jeunes (entre 20 et 50 ans) sans problème de santé pré-existant ?

Quelques-uns, dont le médecin chinois qui a donné l’alerte. Aucun en France, cependant.

@Chris : Comment se fait-il que ce virus soit si contagieux ?

C’est sûr qu’il est très contagieux. Mais les raisons, en particulier biologiques, qui expliquent pourquoi, ne sont pas connues.

@Slipcho7 : Est-on contagieux pendant la période d’incubation ?

Oui !

@Isa : J’ai entendu parler du cas d’une femme en Chine ayant contracté deux fois le coronavirus. Est-ce possible ? Est-ce qu’on ne développe pas d’anticorps pouvant nous protéger de ce virus ?

Oui, c’est possible. Il y a déjà quelques observations dans ce sens et il semble que le coronavirus n’entraîne pas toujours – ou pas tout de suite – la production d’anticorps.

@Liloop : Le coronavirus italien est-il différent (même légèrement) du coronavirus chinois ?

Pas que l’on sache.

@Loulous : Il est donc tout à fait possible d’attraper la grippe et le coronavirus ? L’un n’empêche pas l’autre ?

Tout à fait.

@gael : Peut-on également ne ressentir que de faibles symptômes ?

Oui, tout à fait. On peut même n’en ressentir aucun.

@Erwan : Combien de temps reste-t-on malade si l’on est contaminé ?

Une dizaine de jours quand il n’y a pas de complications. Cela peut prendre plus de temps s’il faut passer par la réanimation, par exemple.

@siloise : Le Covid-19 est-il plus ou moins létal que la grippe saisonnière ?

Le Covid-19 est au moins 10 fois plus létal que la grippe saisonnière.

@If : Comment désinfecter nos tables, bureaux et ordinateurs ? Le vinaigre suffit-il ?

Oui, le vinaigre ménager est un très bon désinfectant, ainsi que l’eau de Javel, ainsi que la plupart des produits d’hygiène ménagère.

@Cyberdav : La seule mesure efficace semble être le confinement. Pourquoi, en France, rechignons-nous à des mesures un peu plus drastiques et précoces ? On a l’impression qu’on a toujours un train de retard sur le virus…

Je ne partage pas ce point de vue : les premiers foyers ont été très bien maîtrisés, de même que le rapatriement des Français de Wuhan. Mais évidemment, quand le virus diffuse sur une grande partie du territoire, les mesures de confinement deviennent moins faisables, moins efficaces.

@Jdp : En fait-on assez pour nos parents et grands-parents à risques ?

C’est un vrai sujet, et chacun de nous devra veiller à protéger les membres de son entourage les plus fragiles, en prenant fréquemment de leurs nouvelles.

@Joyce : Si nous ne mettons pas nos mains sur notre bouche, on réduit le risque de contracter le coronavirus?

Oui, parmi les mesures importantes, il faut éviter de se toucher la bouche, le nez, les yeux avec les doigts.

@Noush : A partir de combien de personnes contaminées pouvons-nous considérer qu’il y a « cluster » ?

Dès deux personnes.

@Ondine : Les asthmatiques allergiques font-ils partie des personnes à risque ? 

Oui.

@Paris75016 : Des risques particuliers à signaler dans les piscines municipales ? Mon fils a des cours de natation et j’hésite.

Ce n’est pas un lieu considéré comme à risque élevé de contagion.

@JB : L’abus de gel hydroalcoolique peut-il le rendre moins efficace ?

Non.

@bibi : Quelles sont les préconisations pour les personnes qui sont sous immunosuppresseurs ?

Pour ces personnes-là, encore plus que pour les autres, l’hygiène des mains et le respect d’une distance d’au moins deux mètres avec les autres personnes sont extraordinairement importants.

@Lebucheron : Concernant les tests de dépistage, est-ce qu’ils sont systématiques ? Dans le cas contraire, l’épidémie peut-elle être sous-évaluée ?

Le dépistage ne peut pas être systématique : le nombre de tests est limité. Il faut donc les utiliser pour aider les médecins à faire un diagnostic précis. Un dépistage systématique n’est pas envisageable actuellement.

@Pacha : Que pensez-vous de la non-fermeture des écoles et des collèges ? L’hygiène avec des enfants est une gageure…

S’il est nécessaire de fermer des écoles, des salles de spectacle ou autres lieux de rassemblement, c’est une décision qui sera prise au cas par cas en fonction de la situation épidémique locale.

Fermer toutes les écoles, aujourd’hui, en France, n’aurait pas de sens et déstabiliserait toute la vie du pays. William Dab à franceinfo

Pour l’instant, ce n’est pas nécessaire de l’envisager. Mais ça ne veut pas dire que nous n’y aurons pas recours dans les jours ou semaines qui viennent.

@Popi : Comment se fait-il que l’épidémie commence surtout dans les petits villages et en grande banlieue ? Les rassemblements n’y contribuent pas tant que ça, visiblement !

L’épidémie commence là où des cas dits « super-contaminateurs » arrivent. S’ils arrivent dans un village, comme dans l’Oise, c’est là que les premiers foyers vont apparaître. On ne sait pas pourquoi certains malades sont plus contagieux que d’autres.

@DRouen : Les personnes avec des pathologies respiratoires ont-elles davantage de risques de contracter le Covid-19 ?

Il n’y a pas plus de risques de le contracter, mais d’avoir une forme grave, oui. Toutes les études médicales à ce jour soulignent que les porteurs de maladies chroniques ou que les personnes âgées sont à risque élevé de complications.

@Marine : Avez-vous des infos récentes sur les risques pour les femmes enceintes et leurs bébés ? C’est mon cas et j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup d’infos sur le sujet, les scientifiques ne veulent pas trop se mouiller ? Merci !

Nous n’avons pas d’informations sur les effets particuliers qui pourraient survenir pour les femmes enceintes, puisque nous n’avons pas eu de cas à étudier.

@Monique : J’ai 75 ans et je dois accompagner ma petite-fille de 18 ans, asthmatique, en consultation pneumologie demain à Cochin. Outre le masque et gel, quelles précautions prendre ?

Il faut se laver les mains dès qu’on a été dans une situation où on a pu être en contact avec le virus.

@guisella29 : Je suis vaccinée contre la grippe, cela me protège-t-il contre le coronavirus ?

Non, le vaccin contre la grippe ne protège pas du tout du Covid-19.

Sur la situation dans les autres pays

@Blandine : Pourquoi l’Italie est-elle touchée à ce point ?

Parce qu’il y a eu un retard à la mise en œuvre des mesures d’isolement du premier foyer. A partir de là, le virus a diffusé assez rapidement.

@Ktg : Savons-nous si le confinement complet dans certaines villes chinoises a réellement ralenti la propagation ?

Oui, c’est évident.

@Marco : Compte tenu de la faiblesse des infrastructures médicales, que peut-on craindre pour l’Afrique ?

On peut craindre une flambée épidémique incontrôlable pour l’Afrique, ainsi qu’un mauvais pronostic pour les malades les plus graves qui n’auront pas accès à des soins de qualité.

@MZ : Pourquoi y a-t-il deux fois plus de cas en Corée qu’en Italie, mais trois fois moins de morts ? Les taux de mortalité semblent très variables selon les pays…

Ces comparaisons internationales sont difficiles à faire. La capacité des différents pays à diagnostiquer les cas diffère. La surveillance épidémiologique aussi.

Les seules données constantes, c’est que 98% des malades guérissent, et que la mortalité est actuellement entre 2% et 3%.William Dabà franceinfo

@Lorris : L’Allemagne incite ses citoyens à faire des réserves de nourriture et d’eau. Est-ce une mesure exagérée ?

Il n’est pas exagéré, en toutes circonstances, d’avoir chez soi un peu de réserves sanitaires. Notamment pour des produits peu périssables. Mais il serait tout à fait exagéré de se mettre à constituer d’énormes stocks chez soi.

@Charlotte : Comment expliquez-vous que des jeunes soignants en Chine soient décédés du Covid-19 ?

Au début de la maladie, quand on ne connaissait pas bien les modes de contamination, les soignants ne se sont pas suffisamment protégés.

@Cybmatt : Pourquoi l’OMS refuse-t-elle de parler de pandémie ? En Allemagne, ce terme commence à être utilisé plutôt qu’épidémie…

Pour les épidémiologistes, il est évident que nous sommes en pandémie. L’OMS est une organisation intergouvernementale, et son directeur général agit sur la base des votes de 193 pays. Par conséquent, il y a une dimension diplomatique qui intervient dans les décisions de l’OMS. Cela dit, ce point n’est pas très important : ce qui compte, ce ne sont pas les mots, mais que l’on sache que le virus est là, qu’il se propage et que l’on doit adopter des mesures protectrices qui sont les mêmes, peu importe que l’OMS déclare ou non la pandémie.

Sur ce qui nous attend dans les prochains mois

@Bob : Avons-nous une estimation de durée de cette épidémie ? Le printemps va-t-il aider à la ralentir ?

Non, nous ne pouvons pas savoir. De façon générale, les coronavirus sont sensibles à la chaleur. Mais tant que le niveau de température est modéré (jusqu’à 25 °C), on ne peut pas compter sur ce facteur pour casser l’épidémie.

@ebe : Doit-on être totalement pessimiste face à l’avenir proche ?

Totalement pessimiste, non. Il y a des facteurs défavorables, en particulier le fait que la contagion existe pendant la période d’incubation, et que la mortalité est environ 10 fois plus forte que celle de la grippe. Mais il y a aussi des facteurs d’optimisme : un énorme effort de recherches à l’international et les mesures d’hygiène bien connues qui sont efficaces et permettent de se protéger. Il ne sert à rien de faire des pronostics. Chacun doit se tenir informé auprès de sources crédibles, être rigoureux pour soi et ses proches dans l’application des mesures d’hygiène. Si celles-ci sont largement appliquées, on sera en mesure de limiter les dégâts de cette épidémie. On peut ajouter que nous avons un excellent dispositif de surveillance, qui nous permet de connaître quasiment en temps réel l’évolution de cette épidémie.

@Nico : Avez-vous des modèles de propagation ? Que disent-ils pour la France ?

Oui, il y a des modèles qui ont été construits à partir des données de Chine et de Singapour, la situation italienne permettra de vérifier si ces modèles fonctionnent. Pour l’instant, comme nous avons encore très peu de recul, il n’est pas possible de dire s’ils s’appliqueront à la situation française.

@thomas : Est-ce que la principale crainte, c’est la mutation du virus ?

C’est en effet une crainte, mais il est difficile de dire que c’est la principale. Cette mutation pourrait être défavorable, mais aussi favorable.

La principale crainte, c’est que les gens accordent trop d’importance aux ‘fake news’ et ne se protègent pas correctement.William Dabà franceinfo

@Dims : S’il y a passage au stade 3 de l’épidémie, que se passera-t-il réellement ? 

On ne le sait pas. Le stade 3 offre aux pouvoirs publics une vaste gamme d’outils de lutte contre l’épidémie. Aucun de ces outils ne sera mis en œuvre systématiquement, mais ils le seront si la situation le justifie. Cette situation peut être différente d’une zone à une autre du pays.

@Gregory : Comment sait-on que le « pic » de l’épidémie est atteint ?

Quand le nombre de nouveaux cas diminue.

@Jérémie : A partir de quand pensez-vous que le stade 3 va être activé ?

C’est une question d’heures.

@gr : D’après ce que l’on sait de la propagation du Covid-19, quelle est la fraction de la population qui devrait être infectée par ce virus ?

Potentiellement 100%.

@Marc : Où en est-on de la recherche sur un vaccin ? J’ai lu que les Israéliens pourraient trouver un vaccin d’ici deux mois…

Une recherche de très haut niveau est évidemment très active dans plusieurs pays, donc il est possible qu’une solution rapide soit trouvée. Pour autant, nous n’avons pas de modèle de vaccin contre les coronavirus en général. Quand on l’aura, il faudra ensuite le tester : chez l’animal, puis chez l’homme, ce qui prendra plus de deux mois. Le plus vraisemblable, c’est qu’il faudra vivre cette crise épidémique sans solution vaccinale.

Sur la forte médiatisation de l’épidémie

@Armance31 : Ne pensez-vous pas qu’une telle médiatisation de ce virus entraîne la panique et la psychose parmi la population ? Est-ce vraiment justifié ? Proportionnellement au nombre d’habitants, le nombre de cas est dérisoire…

William Dab: Ce raisonnement est dangereux. Le nombre de cas aujourd’hui ne dit rien de ce qu’il sera dans une semaine ou dans un mois. Ce qui crée la panique, c’est le manque d’informations. On ne peut pas à la fois dire qu’au moment de l’incendie de Lubrizol, la population n’a pas été suffisamment informée, et aujourd’hui, que la population est trop informée vis-à-vis d’une menace difficile à caractériser, mais qui pourrait être grave.

@Dom66 : Pourquoi s’inquiéter du coronavirus ? Les enfants ne sont pas ou peu affectés, pas « d’explosion » du nombre de cas à Paris malgré la promiscuité dans les transports, le brassage de populations venant de tous pays… Calmons-nous !

Sur les enfants, il ne faut pas conclure trop vite : il est possible que la maladie donne très peu de symptômes et que, par conséquent, les cas passent inaperçus. En Chine, l’épidémie a commencé à diffuser chez les adultes, il est donc assez logique que nous n’ayons pas constaté beaucoup de cas chez les enfants, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas. Sur les transports et le nombre de cas à Paris, la situation est très évolutive. Le fait qu’il n’y ait pas, ou peu, de cas à Paris ne préjuge pas de ce qu’il va se passer, ne serait-ce que la semaine prochaine.

Coronavirus : Le G20 veut une réponse mondiale

Coronavirus  : Le G20 veut une  réponse mondiale

 

Curieusement alors que l’OMS depuis le début de la crise ne cesse de s’enfoncer dans l’immobilisme et les contradictions en alignant sa stratégie sur celle des discours officiels de la Chine, c’est le G20 normalement préoccupé de problèmes économiques qui lancent un cri d’alarme. Le G20 réclame une véritable stratégie coordonnée. L’enjeu économique est d’importance, il pourrait affecter la croissance dans des proportions non négligeables alors que la tendance était déjà à la baisse en 2020 et que beaucoup de pays risque de tutoyer la stagnation voire la récession. Officiellement sans doute pour ne pas affoler les acteurs, le G20 reprend les évaluations de certains experts notamment du FMI qui estiment que l’épidémie de coronavirus devrait amputer la croissance économique mondiale de 0,1 point de pourcentage cette année. Une évaluation tout à fait approximative et même impossible à effectuer. Premièrement, ‘il faudrait prendre en compte la durée de l’épidémie qui peut aussi bien s’arrêter en avril qu’en juillet voir au-delà. Deuxièmement parce que les effets de désorganisation des chaînes d’approvisionnement et de distribution sont aujourd’hui aussi impossibles à quantifier. On pourrait tout aussi bien atteindre une baisse de la croissance mondiale de 1% d’après d’autres experts .

Pour la Chine, d’où est partie l’épidémie, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a précisé que dans le scénario de base actuellement privilégié par le FMI, l’activité économique devrait revenir à la normale dans le courant du deuxième trimestre. Ce qu’évidemment l’intéressé ne sait pas du tout et pour cause même les experts de la santé ignorent totalement l’ampleur et la durée de la pandémie. Évidemment le G20, comme le FMI comme toutes les institutions nationales et internationales, passent leur temps à rassurer les acteurs :

“L’impact sur l’économie mondiale serait relativement mineur et éphémère”, a poursuivi Kristalina Georgieva qui s’exprimait devant les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G20 réunis ce week-end à Ryad. Mais le Fonds continue de travailler sur des scénarios plus sombres, avec une incidence prolongée et plus généralisée de l’épidémie.

La coopération globale est essentielle pour contenir la propagation du Covid-19, a souligné Kristalina Georgieva, ajoutant qu’il était impératif de reconnaître le risque potentiel pour les Etats dont les systèmes de santé présentent des faiblesses.

Gestion de l’ immigration: les quotas, réponse trop partielle

Gestion de l’ immigration: les quotas, réponse trop partielle

 

Il y a évidemment des arrière-pensées politiques derrière ce débat relativement bâclé de l’assemblée nationale. Première observation, le thème est très mal choisi, pour preuve il n’aboutit qu’à une mini proposition du Premier ministre- qui porte sur 250 000 personnes environ quand les seuls visas touristiques représentent  environ 3.5 millions de personnes (pas tous évidement des immigrés) et qu’il faut ajouter les autres filières. Or cette proposition de quota concernera l’immigration légale quand la vraie question est celle de l’immigration illégale autrement plus importante (400 000 ?). Par ailleurs et surtout, la question centrale n’est pas celle de l’immigration mais celle de l’intégration qui vise une population d’origine étrangère beaucoup plus large dont trop ne parviennent pas à s’intégrer. Mais cette question bien traitée dans le rapport Borloo notamment à travers les banlieues a été balayée d’un revers de main par Macron qui a même humilié en public son auteur. La menace vient surtout du refus d’une partie de la population d’origine étrangère d’accepter les règles et les valeurs républicaines. Tout cela sur fond de communautarisme, de radicalisme, de pauvreté, de dérive religieuse et de trafic de drogue. Un thème donc très mal posé et traité uniquement en prévision des prochaines échéances électorales. En outre, une question pleine d’hypocrisie car la mise à l’index des étrangers permet de faire l’impasse sur le problème de l’intégration d’une partie de la population aujourd’hui devenue française. Dernière observation, les quotas même sur-le-champ réduit de l’immigration légale ne répondent pas à l’enjeu :

En 2018, 256.000 entrées régulières (90.000 par la voie de l’immigration familiale, 83.000 étudiants, 33.000 pour des motifs économiques).

“La question d’un pilotage par objectifs de l’admission au séjour n’est pas ‘taboue’. Je n’ai pas peur de réfléchir à l’idée de ‘quotas’”, a souligné Edouard Philippe, évoquant la possibilité de “fixer chaque année des objectifs d’attraction de compétences rares et de talents». On est loin de l’enjeu ! Et ne parlons pas de l’impasse sur l’aide au développement, le levier le plus fondamental pour maintenir les populations sur place.

Immigration: les quotas, réponse trop partielle

Immigration: les quotas, réponse trop partielle

 

Il y a évidemment des arrière-pensées politiques derrière ce débat relativement bâclé de l’assemblée nationale. Première observation, le thème est très mal choisi, pour preuve il n’aboutit qu’à une mini proposition du Premier ministre- qui porte sur 250 000 personnes environ quand les seuls visas touristiques représentent  environ 3.5 millions de personnes (pas tous évidement des immigrés) et qu’il faut ajouter les autres filières. Or cette proposition de quota concernera l’immigration légale quand la vraie question est celle de l’immigration illégale autrement plus importante (400 000 ?). Par ailleurs et surtout, la question centrale n’est pas celle de l’immigration mais celle de l’intégration qui vise une population d’origine étrangère beaucoup plus large dont trop ne parviennent pas à s’intégrer. Mais cette question bien traitée dans le rapport Borloo notamment à travers les banlieues a été balayée d’un revers de main par Macron qui a même humilié en public son auteur. La menace vient surtout du refus d’une partie de la population d’origine étrangère d’accepter les règles et les valeurs républicaines. Tout cela sur fond de communautarisme, de radicalisme, de pauvreté, de dérive religieuse et de trafic de drogue. Un thème donc très mal posé et traité uniquement en prévision des prochaines échéances électorales. En outre, une question pleine d’hypocrisie car la mise à l’index des étrangers permet de faire l’impasse sur le problème de l’intégration d’une partie de la population aujourd’hui devenue française. Dernière observation, les quotas même sur-le-champ réduit de l’immigration légale ne répondent pas à l’enjeu :

En 2018, 256.000 entrées régulières (90.000 par la voie de l’immigration familiale, 83.000 étudiants, 33.000 pour des motifs économiques).

“La question d’un pilotage par objectifs de l’admission au séjour n’est pas ‘taboue’. Je n’ai pas peur de réfléchir à l’idée de ‘quotas’”, a souligné Edouard Philippe, évoquant la possibilité de “fixer chaque année des objectifs d’attraction de compétences rares et de talents». On est loin de l’enjeu ! Et ne parlons pas de l’impasse sur l’aide au développement, le levier le plus fondamental pour maintenir les populations sur place.

Violences « Gilets jaunes »: une réponse ambigüe

Violences « Gilets jaunes »: une réponse ambigüe

La réponse du gouvernement après les violences qui se sont produites notamment Champs-Élysées apparaît à la fois molle et ambiguë. Ambiguë d’abord, parce qu’elle désigne Le préfet de Paris Michel Delpuech comme principal responsable des dysfonctionnements. Cela pour le remplacer par le préfet d’Aquitaine qui il faut bien le constater n’a pas mieux réussi à endiguer les débordements à Bordeaux. La seconde ambiguïté tient à l’interdiction des manifestations sur certaines artères en cas de présence de casseurs. Le risque est de déplacer géographiquement les violences sans pour autant pouvoir les empêcher. Enfin on va augmenter l’amende pour participation à des manifestations interdites Dès samedi prochain, les manifestations dans les quartiers les plus touchés par les violences, comme les Champs-Elysées à Paris, la place Pey-Berland à Bordeaux et la place du Capitole à Toulouse, seront donc interdites si des éléments radicaux sont présents. Les forces de l’ordre “procéderont à la dispersion immédiate de tous les attroupements”, a dit Edouard Philippe. Le montant de la contravention encourue pour participation à une manifestation interdite, 38 euros actuellement, sera quant à lui “nettement augmenté”. Concernant la doctrine de maintien de l’ordre, qui avait déjà été modifiée après les violences du 1er décembre sur les Champs-Elysées, elle n’a “pas été correctement exécutée”, a reconnu Edouard Philippe, et sera donc renforcée. “Pour obtenir l’efficacité sur le terrain que nous n’avons pas obtenue samedi”, le maintien de l’ordre va être “réorganisé en accordant une plus grande autonomie aux forces sur le terrain qui seront à Paris “placées sous un commandement unifié et dotées d’une large capacité d’initiative”, a-t-il précisé.

Les détachements d’action rapide vont être transformés en unités anticasseurs “dotées d’une capacité de dispersion et d’interpellation” susceptible d’intervenir rapidement. Les annonces du Premier ministre, notamment le limogeage du préfet de Paris, ont été accueillies avec scepticisme par l’opposition de droite. Pour Damien Abad, vice-président des Républicains, “celui dont la responsabilité doit être engagée, c’est le ministre de l’Intérieur, ce n’est pas le préfet de police de Paris, qui est fusible idéal, un lampiste”.

« La foule haineuse » : la réponse à « Macron démission »

« La foule haineuse » : la réponse à « Macron démission »

Inutile de le cacher, Macron son entourage et certains nantis ont eu très peur d’une possible insurrection. Une insurrection pourtant très virtuelle puisque même ceux qui avaient exprimé l’intention de se rendre à l’Élysée voulaient simplement se faire écouter. Or quand on mène une insurrection et qu’on pénètre dans les hauts lieux du pouvoir ce n’est pas pour se faire écouter, ni échanger mais pour abattre le pouvoir lui-même. On se souvient que Macron et ses amis avaient fait preuve d’une grande fébrilité. Le soir de la manifestation du 8 décembre Macron avait d’ailleurs adressé de chaleureux remerciements aux forces de l’ordre comme pour les féliciter d’avoir sauvé son trône. Par ailleurs Macron n’a guère apprécié ce slogan répété partout sur les ronds-points : « macro » démission ». Un slogan qui remet en cause l’ordre établi. Une attaque évidemment vis-à-vis du fonctionnement démocratique mais aussi à l’égard  de la personne même de Macron. Lequel a trouvé opportun de régler ses comptes lors de son allocution de fin d’année en traitant les intéressés de foule haineuse avec un amalgame de reproches pour justifier la violence de la réplique présidentielle. Une réplique pas forcément très opportune au moment de prononcer des vœux qui se caractérisent normalement par un appel à l’unité et par la compassion à l’égard de ceux qui souffrent.

 

Réforme union européenne : réponse minimaliste de Merkel à Macron

Réforme union européenne : réponse minimaliste de Merkel à Macron

Macron avait fait de la réforme de l’union européenne et de la zone euro l’une de ses priorités stratégique. Il a fait de nombreux discours sur le sujet et  a rencontré Merkel a plusieurs reprises. Cette dernière a mis du temps pour répondre et de manière assez minimaliste. Pour résumer Macron voulait davantage d’intégration là où il y aura quelques coopérations supplémentaires. Sur la zone euro, pas question de budget commun, d’un parlement ou d’un ministre. Dur l’union, il y aura un mini fonds monétaire européenne  en fait le MES qui sera transformé mais pas de  raie solidarité financière. L’Allemagne se refuse à payer pour les pays et les banques mal gérées.   Dans un entretien accordé au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, la chancelière clarifie la position de l’Allemagne sur un certain nombre de points essentiels.

* Elle soutient l’idée de transformer le mécanisme européen de stabilité (MES), dispositif de gestion des crises financières, en un Fonds monétaire européen (FME) qui pourrait proposer des prêts à court terme aux pays en difficulté économique.

Elle précise que le FME serait en mesure d’évaluer la viabilité de la dette des Etats membres et “des instruments nécessaires pour la rétablir si nécessaire”, un assentiment à la restructuration de la dette à laquelle la France est opposée.

* Elle soutient l’introduction par étapes d’un budget d’investissement de la zone euro à un niveau à deux chiffres bas en milliards qui pourrait faire partie du budget de l’Union européenne ou lui être extérieur.

* Elle plaide pour des critères communs en matière de droit d’asile, pour une police européenne des frontières et pour une agence pan-européenne des migrations qui évaluerait les demandes d’asile. Plus important, elle soutient un “système flexible” dans lequel les pays qui refusent l’accueil de migrants sur leur territoire pourraient être exemptés en échange de contributions dans d’autres domaines.

* Elle soutient l’idée d’Emmanuel Macron d’une force d’intervention européenne avec une “culture militaire stratégique commune”, ouvrant la porte à une participation plus active de l’Allemagne dans le secteur de la défense. Pour résumer Merkel fait minimum syndical pour répondre à Macron, un minimum qui lui est aussi imposé par l’environnement qui exiger une communauté de pensée sur certains sujets actuels  (taxes des Etats Unis et situation en Italie notamment)

En réponse à Mélenchon, le drapeau européen sera reconnu

En réponse à Mélenchon, le drapeau européen sera reconnu

 

 

Toujours aussi provocateur et même indécent Mélenchon avait déclaré lors de son entrée à l’assemblée nationale : »Franchement, on est obligé de supporter ça ? », en montrant le drapeau européen installé derrière le perchoir.  »C’est la République française ici, ce n’est pas la Vierge Marie. Je ne comprends pas ». Du coup,  Macron a annoncé qu’il ferait une « déclaration » pour que le drapeau européen ne puisse pas être « enlevé de l’hémicycle » de l’Assemblée Nationale. La semaine dernière, les députés de la France Insoumise déposaient un amendement prévoyant que « seuls peuvent être présents dans l’hémicycle le drapeau tricolore (…) et le drapeau de l’Organisation des Nations unies. » Il est sous-entendu que le drapeau étoilé de l’Union européenne serait enlevé. Les députés mélenchonistes devaient défendre à nouveau leur proposition lors de l’examen du projet de réforme du règlement de l’Assemblée.  Emmanuel Macron a répondu aujourd’hui. « Au moment où certains en France ont des débats où on se rétrécit et voudraient enlever le drapeau européen, je veux vous dire que lors du prochain conseil européen (la semaine prochaine, ndlr), j’affirmerai officiellement que la France reconnaît le statut de l’hymne européen et du drapeau européen, ce qui ne permettra pas à certains d’enlever le drapeau européen de l’hémicycle français ou de tout autre lieu », a-t-il dit.

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