Archive pour le Tag '« Renaissance'

Politique-Aurore Berger ( Renaissance): Hystérie et diarrhée verbale

Politique-Aurore Berger ( Renaissance): Hystérie et diarrhée verbale


La députée invitée sur France Inter ce week-enda une nouvelle fois fait la preuve de son délire hystérique en tentant d’une part d’excuser sa bévue à l’assemblée nationale , d’autre part de justifier tout et n’importe quoi dans la politique de Macron.

Un seul exemple, son refus d’ une régulation géographique des médecins à laquelle le président de la république est opposé. Pour elle, la régulation géographique n’a de sens que s’il y a un surplus de médecins et non l’inverse ! De toute manière sa dialectique consiste à utiliser la diarrhée verbale pour ne pas laisser même une seconde aux journalistes pour émettre la moindre objection. Pour la compréhension de son propos et même pour sa santé physique, il y aurait urgence à ce que la présidente du groupe macroniste à l’assemblée apprenne à respirer et…. à penser.

.a députée est au centre des critiques depuis jeudi 8 juin. Alors que la proposition de loi Liot était discutée dans l’Hémicycle, Aurore Bergé avait dénoncé la « bataille de chiffonniers » à l’Assemblée nationale « en total décalage par rapport à l’effroi qui submerge notre pays » quelques instants après l’attaque au couteau à Annecy (Haute-Savoie).

La cheffe de groupe a été accusée de politiser et instrumentaliser le drame d’Annecy par les oppositions. « J’ai sincèrement pas du tout eu l’impression de politiser. On a tous humainement été submergés par une vague d’effroi. On s’est retrouvés dans cet hémicycle à nouveau complètement surchauffé, hystérique. On s’est senti en décalage et j’ai eu l’impression de ne rien dire d’autres que ça », s’est-elle justifiée.

La présidente du groupe a été fortement critiquée jusque dans son camp politique. « Je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mes nerfs », dit-elle. Aurore Bergé « invite » ses détracteurs à prendre sa « place » et « on verra s’ils auraient fait mieux », a-t-elle répliqué.

« Je n’ai aucun problème à reconnaître une maladresse ( Formule à la mode qui ne veut strictement rien dire); Je n’ai pas essayé de me cacher. Si j’ai été mal comprise, c’est donc que j’étais maladroite. Par contre, je ne prendrais pas non plus des leçons de dignité, ni par l’extrême droite, ni de l’extrême gauche », a-t-elle souligné.

Retraites : La renaissance des gauchistes pour tuer l’unité syndicale

Retraites : La renaissance des gauchistes pour tuer l’unité syndicale

Il est clair que les syndicats ont fait preuve d’un grand esprit de responsabilité au cours des mois précédentes pour manifester avec force leur opposition à la réforme des retraites. Il y a longtemps que le mouvement syndical n’avait pas retrouvé une telle unité. Au-delà même du mouvement contre la réforme des retraites, on peut considérer que les syndicats ont reconquis une grande crédibilité auprès de l’opinion. Ce sera d’ailleurs sans doute le principal résultat pour l’instant de l’action de l’intersyndicale dont le poids désormais va peser autrement sur les négociations sociales plus globales sur la problématique plus générale du travail.

Il est clair qu’une telle unité qui suppose évidemment analyse, compromis mais aussi résultat ne plaît pas aux militants révolutionnaires de l’extrême gauche. Pour ces derniers la stratégie , c’est la révolution. La plupart d’ailleurs se réfèrent clairement à l’idéologie communiste notamment au sein de Sud rail.

Le plus ridicule dans l’affaire que c’est que ce sont encore des militants de Sud rail qui semblent à la tête d’un mouvement gauchiste qui prend forme d’une part pour dénoncer la stratégie de l’intersyndicale, d’autre part pour proposer la grève reconductible. En effet cette grève reconductible a bien été mise en application à la SNCF mais l’échec a été total en terme de mobilisation et de résultats. Pire les mouvements complètement anarchiques de Sud rail en général porte des coups fatals à une entreprise très fragile et soutenue à bout de bras financièrement par l’État.

Pour contourner ce gauchisme anachronique, la SNCF est contrainte progressivement de contourner les règles de l’entreprise pour développer des formes de sous-traitance.
Bref ce gauchisme, véritable maladie infantile du syndicalisme est le pire poison de l’unité et de l’efficacité syndicale. Face à l’intersyndicale désormais, des militants plus radicaux souhaitent donc s’organiser pour faire émerger une grève générale reconductible.

D’après le JDD, Laura Varlet ne veut plus jouer à saute-mouton. Comme plusieurs militants, la cheminote de Sud-Rail remet en cause la stratégie de l’intersyndicale qui, dans la contestation contre la réforme des retraites, a choisi d’espacer les journées de grève . D’où la comparaison, dans le milieu syndical, à cette gymnastique de cours de récréation. « Si nous avions mis les 13 journées de grève (19 et 31 janvier, 7, 11 et 16 février, 7, 11, 15, 23 et 28 mars, 6 et 13 avril, 1er mai, NDLR) à la suite, la France aurait été à l’arrêt », estime-t-elle et, par ricochet, le gouvernement aurait été obligé de retirer la réforme.!!!!

Le problème évidemment c’est que ces gauchistes qui ne sont pas capables de mobiliser dans leur entreprise transferent leurs fantasmes révolutionnaires sur l’ensemble du pays !

SONDAGE politique :le parti de Macron en nette baisse , l ‘opposition en hausse

SONDAGE politique :le parti de Macron en nette baisse , l ‘opposition en hausse


En cas d’élections anticipées, le parti de Macron perdrait 50 sièges à l’Assemblée nationale alors qu’il n’a déjà pas la majorité.

Selon un sondage Ifop/Fiducial pour le JDD , la majorité présidentielle serait sanctionnée et pourrait perdre entre 30 et 40 sièges à l’Assemblée nationale.

Le Rassemblement national, avec 26 % des suffrages, enregistrerait un bond de près de 7 points par rapport aux législatives de juin 2022, lui permettant de faire jeu égal avec la Nupes qui, elle, stagne autour de 26 % malgré sa forte mobilisation contre la réforme des retraites.

Avec 22 % des voix, la majorité présidentielle décrocherait de près de 5 points en cas de législatives anticipées, reléguée en troisième place derrière le RN et la Nupes. Et ce alors que ses candidats étaient arrivés très légèrement en tête lors des dernières législatives (26, 9 %). « Dans ce sondage, il y a un perdant, c’est la majorité actuelle, note le directeur général Opinion de l’Ifop . S’il y avait un vote, la sanction serait très claire. L’éventualité d’une dissolution constituerait un risque très sérieux, pour ne pas dire un suicide. » Il estime qu’en cas de dissolution, la majorité perdrait plus de 50 sièges.

Affaire McKinsey et Macron: enquête et perquisition au siège de « Renaissance »

Affaire McKinsey et Macron: enquête et perquisition au siège de « Renaissance »

L’affaire McKinsey avait révélé que la société de conseil avait bénéficié d’une multitude de contrats avec l’État et d’une sorte de gratuité fiscale puisque la société n’a pas payé d’impôt depuis 10 ans. Or le montant des contrats se montait à la somme astronomique d’un milliard. Il y a aussi la suspicion d’un financement de la dite société pour les campagnes électorales de Macron.

Des perquisitions ont été menées au siège parisien du cabinet de conseil McKinsey, mais aussi à celui du parti Renaissance, dans le cadre des deux enquêtes ouvertes par le parquet national financier (PNF) sur l’intervention des cabinets de conseil dans les campagnes présidentielles de 2017 et 2022. Le quotidien précise que les locaux de l’association de financement du parti de la majorité présidentielle ont également fait l’objet d’une perquisition.

Le PNF a confirmé la tenue de ces perquisitions . Les deux informations judiciaires, ouvertes par le PNF à la fin du mois d’octobre pour « tenue non conforme de compte de campagne et minoration d’éléments comptable dans un compte de campagne », ainsi que « favoritisme », cherchent à déterminer si des cabinets de conseil comme McKinsey ont pu bénéficier de contrats publics en échange de la participation de certains de leurs employés aux campagnes présidentielles d’Emmanuel Macron.

Une affaire qui dégage un certain parfum du premier financement de la campagne de Macron en 2017 .Pour justifier cette dépense de plus d’un milliard d’euros, il faudrait que l’État ait mobilisé des milliers et des milliers de consultants puisque l’essentiel des prestations relève du soft et non de la fourniture d’investissements matériels.

Dans leur rapport explosif sur l’influence croissante des cabinets de conseil dans l’Hexagone, publié en pleine campagne présidentielle, les sénateurs Éliane Assasi et Arnaud Bazin (CRCE et LR) affirmaient que le cabinet américain échappait à l’impôt sur les sociétés (IS) en France. S’il y était théoriquement bien assujetti, «ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait la commission, décrivant la situation comme un «exemple caricatural d’optimisation fiscale». Or, ce constat était contraire aux propos «tenus sous serment» par le directeur associé du cabinet, Karim Tadjeddine : mi-janvier, celui-ci assurait «nous payons l’impôt sur les sociétés en France et l’ensemble des salaires sont dans une société de droit français qui paie ses impôts en France».

Fin mars, quelques semaines après la publication du rapport, la commission d’enquête avait donc annoncé saisir la justice pour, précisément, «faux témoignage devant la commission d’enquête», de la part du directeur associé du cabinet. De son côté, l’entreprise a toujours réfuté ces accusations, assurant payer l’impôt dû.

Plus largement, au-delà du simple volet fiscal qui ne concerne que McKinsey, le Sénat compte bien s’occuper du sujet de fond du recours aux cabinets de conseil par l’État. Une proposition de loi transpartisane, réunissant notamment les membres de la commission d’enquête, doit être déposée «fin juin». Objectif : «qu’elle soit examinée par le Sénat à l’automne prochain» et qu’elle permette de mieux encadrer le recours à ces entités privées. En attendant, le parquet national financier (PNF) poursuit son enquête visant le «statut fiscal» de McKinsey en France, ouverte fin mars.

Muselier, en attente sans doute d’un portefeuille, rejoint  » Renaissance »

Comme d’autres, Renaud Muselier entretient avec les convictions politiques des relations assez confuses et molles. Jusque-là il appartenait au parti des « Républicains » mais s’était prononcé à plusieurs reprises pour Emmanuel Macron.

Comme d’autres encore, l’intéressé rejoint le parti au pouvoir dans l’espérance sans doute d’un Marocain. Pourtant ceux qui observent bien la politique en Provence Côte d’Azur ne lui reconnaissent pas une grande compétence et un grand charisme.Il n’est pas interdit de penser que Muselier pourrait encore changer ultérieurement après la fin du mandat de Macron pour rejoindre par exemple le parti d’Édouard Philippe. Bref, comme disait Edgar ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent !

«Je rejoindrai début décembre le parti Renaissance», a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant qu’il ferait partie du bureau exécutif de cette formation. «Je m’étais donné le temps de prendre une décision d’ici la fin de l’année sur un positionnement national», a poursuivi M. Muselier, en assurant qu’il ne se «retrouve pas dans les propos des trois candidats» à la présidence des Républicains.
À lire aussiRenaud Muselier: «L’avenir de la droite passe par le rassemblement et l’addition».

En octobre, Renaud Muselier avait dénoncé «une course vers l’extrême droite» de son ancien parti LR et avait critiqué ouvertement le candidat à la présidence du parti Éric Ciotti, soutenant qu’il avait instauré un «système politique de pressions et de menaces» dans les Alpes-Maritimes. «Le mot traître a un nouveau synonyme : Muselier. Les dictionnaires l’intégreront très prochainement. Méprisable et ridicule…», a d’ailleurs tweeté mardi M. Ciotti, en réaction à la décision de M. Muselier.

« Renaissance « : une campagne d’adhésion avec cotisation à 30 € par an, Pourquoi pas 3 euros ?

« Renaissance » : une campagne d’adhésion avec cotisation à 30 € par an, Pourquoi pas 3 euros ?

Les partis politiques tentent de renforcer des effectifs qui ne cessent de s’effriter partout y compris dans le parti pouvoir en marche reconvertie en « Renaissance ».
« Renaissance » mise sur une vaste campagne d’affichage et de tractage pour séduire de nouveaux adhérents.

Un véritable naufrage pour le parti du président « Renaissance  » qui devaient succéder à l’organisation « En marche » . Pour remobiliser dans le camp du pouvoir, les partisans de Macron avaient décidé de constituer un énorme parti visant à regrouper 400 000 adhérents.

En vérité, la campagne de recrutement du nouveau parti du pouvoir est un véritable fiasco puisque « Renaissance » ne doit regrouper qu’environ 10 000 personnes

Cet échec est double d’une part ce parti qui avait pour vocation de regrouper en son sein la totalité des sensibilités de la majorité n’est pas parvenue à son objectif. Les centristes de François Bayrou ont refusé de rejoindre l’organisation commune. Par ailleurs Édouard Philippe cultive sa différence avec son parti « horizons »totalement centré sur la perspective des élections présidentielles de 2027.

Par ailleurs, la tendance de gauche au sein de la majorité présidentielle ne cesse de s’affaiblir et de se fondre dans les orientations conservatrices de Macron.La plupart des anciens socialistes ralliés à Macron ont vendu leur âme pour un portefeuille. Ils tentent vainement exister mais sont complètement marginalisés par le recentrage nettement à droite du président de la république.

On objectera à juste titre que la plupart des partis politiques en France ne regroupent qu’une infime partie des adhérents potentiels. Les plus importants partis ne regroupent même pas 100 000 adhérents réels. La plupart des partis sont d’ailleurs davantage des clubs d’élus et de militants que des partis de masse.

Pour remonter la pente, le parti « renaissance » va créer une adhésion à 30 € par an. Pourquoi pas aussi 3 euros ?

Le parti de la majorité présidentielle va placarder 200 000 affiches et distribuer un demi-million de tracts la semaine prochaine dans tout le pays pour regonfler ses rangs.

Au total, 200 000 affiches seront placardées à travers tout le pays et 500 000 tracts consacrés à la thématique du pouvoir d’achat seront distribués par les équipes de Renaissance. « Blocage des tarifs du gaz et de l’électricité », « suppression de la redevance audiovisuelle » ou encore « aide exceptionnelle de rentrée de 100 euros pour les familles »… La majorité présidentielle a souhaité mettre en avant sur ce tract les différentes mesures qu’elle a prises ces dernières semaines face à la crise énergétique, notamment.

Si, à l’époque, l’adhésion était gratuite, puisqu’il suffisait de cliquer pour devenir « marcheur », le tarif annuel s’élève à présent à 30 euros, selon les informations du service politique de France Télévisions. « D’un mouvement où il n’y avait pas de cotisation, on passe à un parti politique, beaucoup plus structuré, avec un objectif : l’ancrage territorial. L’objectif numéro un, c’est de faire réussir le quinquennat, il reste quatre ans et demi », confie le secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné, à France Télévisions.
« Le président de la République nous a demandé d’être en campagne permanente. Renaissance est d’abord un parti de militants, et il faut qu’il le reste. Il y a une campagne européenne qui s’annonce et qui va nécessiter une grande mobilisation militante », ajoute-t-il. Sans rire évidemment !

« Renaissance », le parti de Macron: 10 000 adhérents au lieu de 400 000 !

« Renaissance », le parti de Macron: 10 000 adhérents au lieu de 400 000 !

Un véritable naufrage pour le parti du président « Renaissance  » qui devaient succéder à l’organisation « En marche » . Pour remobiliser dans le camp du pouvoir, les partisans de Macon avaient décidé de constituer un énorme parti visant à regrouper 400 000 adhérents.

En vérité, la campagne de recrutement du nouveau parti du pouvoir est un véritable fiasco puisque « Renaissance » ne doit regrouper qu’environ 10 000 personnes

Cet échec est double d’une part ce parti qui avait pour vocation de regrouper en son sein la totalité des sensibilités de la majorité n’est pas parvenue à son objectif. Les centristes de François Bayrou ont refusé de rejoindre l’organisation commune. Par ailleurs Édouard Philippe cultive sa différence avec son parti « horizons »totalement centré sur la perspective des élections présidentielles de 2027.

Par ailleurs, la tendance de gauche au sein de la majorité présidentielle ne cesse de s’affaiblir et de se fondre dans les orientations conservatrices de Macron.La plupart des anciens socialistes ralliés à Macron ont vendu leur âme pour un portefeuille. Ils tentent vainement exister mais sont complètement marginalisés par le recentrage nettement à droite du président de la république.

On objectera à juste titre que la plupart des partis politiques en France ne regroupent qu’une infime partie des adhérents potentiels. Les plus importants partis ne regroupent même pas 100 000 adhérents réels. La plupart des partis sont d’ailleurs davantage des clubs d’élus et de militants que des partis de masse.

LREM rebaptisé « Renaissance » : un parti bidon de 12000 personnes qui ont voté pour

LREM  rebaptisé  « Renaissance » : un parti bidon de 12000  personnes qui ont voté pour 

 

On sait que Macon n’a jamais voulu s’encombrer d’institutions intermédiaires y comprit le soutenant. Ainsi le parti « en marche » LREM a-t-il toujours été une fiction. Pourtant ,vient d’être rebaptisé « Renaissance ». Un vrai parti bidon qui officiellement regroupe 27 000 adhérents  dont   seulement 12 486 personnes ont pris part au scrutin de baptême du nouveau parti.

D’une certaine manière, la création du nouveau parti « Renaissance » qui doit remplacer (LREM) ressemble davantage à un enterrement qu’à une résurrection. C’est en effet un curieux calendrier politique que de créer un parti politique après avoir été élu. Mais Macron transgresse toutes les règles y compris politiques.

La vérité sans doute c’est que Macron commence à percevoir lui aussi la fin du macronisme  et qu’il voudrait bien laisser quelque chose en héritage. Le problème est que la suite est largement préemptée par des responsables venant surtout du parti républicain comme Bruno Lemaire et surtout Édouard Philippe qui lui a créé son courant politique avant l’élection de 2022 et qui entend d’ailleurs peser très lourdement sur les orientations parlementaires.

Il ne restera pas grand-chose du macronisme  pour deux raisons essentielles. D’une part parce qu’il ne s’agit pas véritablement d’une idéologie mais d’une sorte de courant passager  supporté et financé par les groupes financiers. Deuxièmement parce que Macron a des rapports assez ésotériques avec la démocratie et qu’il n’a pas voulu s’encombrer d’un parti susceptible de bousculer Sa majesté. C’est donc seulement une fois réélu qu’il lance un courant politique qui disparaîtra sans doute rapidement en tout cas au plus tard en 2027.

Si le mouvement fondé en 2016 par Emmanuel Macron est renouvelé, les fondamentaux macronistes, eux, n’ont pas changé : l’Europe, l’écologie, le travail, la laïcité et l’égalité des chances. Chez Renaissance, «nous croyons que le mouvement est la seule solution possible», a déclaré la première ministre, Élisabeth Borne, pour mieux se distinguer des adeptes du «blocage». Comprendre : les oppositions, de la gauche qui «doute de la valeur travail» jusqu’aux Républicains, dont les «digues» avec le Rassemblement national «s’effritent», selon les mots de Stéphane Séjourné, le nouveau secrétaire général qui remplace Guerrini et qui sera sans doute aussi transparent que lui.

S’ils souhaitent obtenir l’investiture du parti pour 2027, tous savent qu’ils devront se soumettre à sa procédure de désignation – le casse-tête a été renvoyé à un congrès en octobre 2024 au plus tard, après les élections européennes. «Nous faisons le choix de la confiance», plutôt que celui de la «division» et de l’«affrontement», a prévenu le patron de LREM, Stanislas Guerini, avant de passer le flambeau à Stéphane Séjourné.Le problème et que la même investiture pourrait bien être donnée par Édouard Philippe….ou Bayrou !

Les partisans d’Emmanuel Macron ont toutefois dû revoir leurs plans. Le projet de «grand mouvement politique» souhaité au départ par le chef de l’État a fait long feu, contrarié par la volonté d’autonomie de ses alliés Édouard Philippe et François Bayrou. Résultat, il se réduit à Renaissance, que doivent rejoindre les petits partis Territoires de progrès, dirigé par le ministre Olivier Dussopt (Travail), et Agir, piloté par Franck Riester (Relations avec le Parlement).

Autre ombre sur l’opération, François Bayrou ne s’est pas présenté au meeting du Louvre, alors qu’une chaise lui avait réservée au premier rang. Un peu plus tôt, dans Le Parisien, le président du Mouvement démocrate (MoDem) s’est dit opposé à tout «passage en force» sur les retraites. Un avertissement lancé à Emmanuel Macron, qui envisage d’accélérer son chantier en faisant adopter sa réforme d’ici la fin de l’année, via le budget de la Sécurité sociale.

LREM : « Renaissance » ou Enterrement ?

LREM :  « Renaissance » ou Enterrement ?

 

D’une certaine manière, la création du nouveau parti « Renaissance » qui doit remplacer (LREM) ressemble davantage à un enterrement qu’à une résurrection. C’est en effet un curieux calendrier politique que de créer un parti politique après avoir été élu. Mais Macron transgresse toutes les règles y compris politiques.

La vérité sans doute c’est que Macron commence à percevoir lui aussi la fin du macronisme  et qu’il voudrait bien laisser quelque chose en héritage. Le problème est que la suite est largement préemptée par des responsables venant surtout du parti républicain comme Bruno Lemaire et surtout Édouard Philippe qui lui a créé son courant politique avant l’élection de 2022 et qui entend d’ailleurs peser très lourdement sur les orientations parlementaires.

Il ne restera pas grand-chose du macronisme  pour deux raisons essentielles. D’une part parce qu’il ne s’agit pas véritablement d’une idéologie mais d’une sorte de courant passager  supporté et financé par les groupes financiers. Deuxièmement parce que Macron a des rapports assez ésotériques avec la démocratie et qu’il n’a pas voulu s’encombrer d’un parti susceptible de bousculer Sa majesté. C’est donc seulement une fois réélu qu’il lance un courant politique qui disparaîtra sans doute rapidement en tout cas au plus tard en 2027.

Si le mouvement fondé en 2016 par Emmanuel Macron est renouvelé, les fondamentaux macronistes, eux, n’ont pas changé : l’Europe, l’écologie, le travail, la laïcité et l’égalité des chances. Chez Renaissance, «nous croyons que le mouvement est la seule solution possible», a déclaré la première ministre, Élisabeth Borne, pour mieux se distinguer des adeptes du «blocage». Comprendre : les oppositions, de la gauche qui «doute de la valeur travail» jusqu’aux Républicains, dont les «digues» avec le Rassemblement national «s’effritent», selon les mots de Stéphane Séjourné, le nouveau secrétaire général qui remplace Guerrini et qui sera sans doute aussi transparent que lui.

S’ils souhaitent obtenir l’investiture du parti pour 2027, tous savent qu’ils devront se soumettre à sa procédure de désignation – le casse-tête a été renvoyé à un congrès en octobre 2024 au plus tard, après les élections européennes. «Nous faisons le choix de la confiance», plutôt que celui de la «division» et de l’«affrontement», a prévenu le patron de LREM, Stanislas Guerini, avant de passer le flambeau à Stéphane Séjourné.Le problème et que la même investiture pourrait bien être donnée par Édouard Philippe….ou Bayrou !

Les partisans d’Emmanuel Macron ont toutefois dû revoir leurs plans. Le projet de «grand mouvement politique» souhaité au départ par le chef de l’État a fait long feu, contrarié par la volonté d’autonomie de ses alliés Édouard Philippe et François Bayrou. Résultat, il se réduit à Renaissance, que doivent rejoindre les petits partis Territoires de progrès, dirigé par le ministre Olivier Dussopt (Travail), et Agir, piloté par Franck Riester (Relations avec le Parlement).

Autre ombre sur l’opération, François Bayrou ne s’est pas présenté au meeting du Louvre, alors qu’une chaise lui avait réservée au premier rang. Un peu plus tôt, dans Le Parisien, le président du Mouvement démocrate (MoDem) s’est dit opposé à tout «passage en force» sur les retraites. Un avertissement lancé à Emmanuel Macron, qui envisage d’accélérer son chantier en faisant adopter sa réforme d’ici la fin de l’année, via le budget de la Sécurité sociale.

 

Macronie, avec Renaissance , la gauche éjectée !

 

 

Un papier de la Tribune qui marque l’éjection progressive de la gauche en macronie.

Peu de gens l’ont remarqué, mais la bande autoproclamée des « Mormons », ces historiques de la macronie, en partie issus des réseaux DSK (mais pas uniquement), qui avait amené Macron au pouvoir en 2017 en créant de toute pièce en Marche, semble avoir disparu en ce début de deuxième quinquennat Macron. La presse est parfois cruelle : alors que les journaux en avaient fait des personnages incontournables de la macronie, allant jusqu’à les présenter comme étant aussi importants que le président lui-même (ce qu’Emmanuel Macron déteste…), les journalistes politiques sont déjà passés à autre chose.

 

Après cinq ans de pouvoir sans partage de leur « champion » à l’Elysée, chaque membre de cette bande a finalement poursuivi sa route, parfois loin de la politique. On se souvient encore de la photographie qui les avait tous immortalisés sur les marches de l’Elysée après leur arrivée groupée dans la cour du Palais en mai 2017. Ils étaient alors tout sourires, Sibeth Ndiaye seule femme posant au milieu de ces jeunes premiers aux allures d’ambitieux d’école de commerce. Ils étaient alors censés incarner le renouvellement de la vie politique française, la « startup nation ».

Le seul de ces ambitieux qui garde pleinement les grâces du président et de son entourage, c’est Julien Denormandie. Ancien directeur de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron à Bercy, l’homme a l’avantage d’avoir su passer à travers les gouttes médiatiques (y compris dans les affaires Kohler ou Alstom) tout en conservant une fidélité à toute épreuve à l’égard du chef de l’État. Alors qu’on apprenait hier que Denormandie avait rejoint Sweep, une startup de conseil en réduction des émissions de carbone pour les entreprises, son nom avait encore circulé ces derniers jours d’une manière insistante pour prendre la tête d’EDF.

Selon un proche du président, cela ne doit rien au hasard : « C’est en fait ses anciens copains de l’Elysée, les fameux Mormons, qui font tourner son nom à chaque fois qu’un poste se libère. Comme Denormandie est le chouchou du PR [président], et qu’il est le dernier de leur bande à forte valeur ajoutée, les Mormons font courir le bruit partout qu’il peut aller partout pour montrer qu’ils existent encore ! C’est drôle ! ». Et ce n’est d’ailleurs pas EDF que Julien Denormandie aurait visé, mais l’un des fromages de la République, la Caisse des Dépôts et des Consignations.

De fait, la bande des Mormons depuis la fin du précédent quinquennat et plus encore après la dernière campagne présidentielle se sont littéralement dissous dans la macronie. « Les Mormons, ce n’est plus qu’un cimetière. La campagne les a définitivement enterrés », cingle un initié. Dans la macronie, il n’a d’ailleurs échappé à personne que Fort, Griveaux et Ndiaye n’avaient pas été conviés à l’investiture à l’Elysée. En dehors du premier qui continue à disposer une chronique hebdomadaire dans l’Express, les deux autres se sont d’ailleurs totalement éloignés de la sphère publique.

D’autres figures des Mormons ont bien du mal à exister en ce début de second quinquennat. Par Libération, on apprenait ainsi que le premier salarié d’En Marche, Ludovic Chaker, chargé de mission à l’Elysée apparu au moment de l’affaire Benalla et un des rouages essentiels de la victoire en 2017, était désormais rattaché au ministère des Armées (et plus directement au Château). De son côté, Jean-Marie Girier, chef de cabinet historique de Gérard Collomb devenu l’un des hommes à tout faire d’Emmanuel Macron lors du précédent quinquennat, continue désormais sa carrière dans la préfectorale (après le territoire de Belfort, il a rejoint la Vienne), loin de l’Elysée (lui non plus n’était pas présent à l’investiture). « Ils sont désormais loin de Macron, mais en plus, ils ne s’entendent plus entre eux », confie l’un de ceux qui les a côtoyés.

Seuls Ismaël Emelien, Cédric O (tous les deux partis dans le privé), et Stanislas Guérini (ancien « directeur général » de feu la République en Marche propulsé ministre de la transformation et de la fonction publiques) restent indéfectiblement unis. Emelien passe une partie de son temps à Londres, où il fait du conseil, et s’occupe de sa startup Zoï, mais aussi de ses restaurants…

Alors face à la quasi disparition de ces « technos » sans peur ni reproches, ces Strauss-Kahn boys issus en partie de la « bande de la Planche », certains poids lourds politiques de la majorité savourent leur revanche. Comme François Bayrou, déjà Haut-Commissaire au Plan et nommé à la tête du Conseil national de la Refondation : « Une claque pour les Mormons, Bayrou les hait et c’est réciproque ! », balance mon précédent interlocuteur. De même, l’ancien journaliste Bruno Roger-Petit, devenu « conseiller mémoire » à l’Elysée (après avoir été un fugace porte-parole), a été reconduit dans ses fonctions au Château, confirmé par le président lui-même. Un signe de confiance. Chouchou de Brigitte et Emmanuel Macron dès la campagne de 2017, l’ancien éditorialiste de Challenges avait dû batailler dur avec les Mormons en poste au Château pour y survivre.

Durant tout le début du premier quinquennat, une vraie guerre d’influence s’était jouée en coulisses entre d’un coté « BRP », allié à la « bande de Poitiers » (anciens des jeunes socialistes) et au cabinet de Brigitte Macron, et de l’autre Ismaël Emelien et ses amis, qui profitaient des relais de la puissante agence Havas dans les médias. C’était presque la belle époque, celle du temps de l’insouciance dirait Emmanuel Macron : échos dans la presse, qui constituaient autant de peaux bananes lancées par les deux clans, au gré des offensives et contre-offensives en « off » auprès des journalistes… sous le regard parfois amusé, parfois irrité du président. Et finalement, « BRP », face au mastodonte Havas et aux railleries de la presse établie (qui ne lui pardonne pas ses aventures télévisuelles auprès de Jean-Luc Delarue, lui, l’ancien journaliste politique de la rédaction d’Antenne 2 puis France 2), a réussi à triompher. En véritable « outsider ». Nostalgique des années Mitterrand, devenu proche de Michel Charasse, Bruno Roger-Petit a l’avantage de disposer de davantage de culture politique et de réseau historique dans le personnel politique. « Après ce premier quinquennat Macron, Mitterrand a tué DSK », commente, amusé, un observateur. Frédéric Michel, le nouveau spin Doctor de Macron est prévenu : il devra faire avec BRP qui dispose aussi de nombreux relais dans la presse.

Autre déconvenue pour les Mormons, Sébastien Lecornu, un des préférés de Brigitte Macron, a été nommé ministre des Armées, contrairement à l’avis d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée. Lecornu n’a jamais caché son mépris pour l’ancienne bande de 2017 et ne s’est pas gêné pour le faire savoir. Ce n’est pas la seule déconvenue d’« AK » depuis la contre performance des marcheurs aux législatives : les arrivées d’Aurore Bergé comme présidente de groupe et de Yaël Braun-Pivet comme présidente de l’Assemblée Nationale, se sont faites contre son avis. Pour le perchoir, le secrétaire général aurait souhaité la nomination de Roland Lescure, désormais ministre délégué à l’Industrie. Idem, c’est également contre son avis que le président décide d’appeler Arnaud Montebourg fin juin après les législatives pour enterrer la hache de guerre avec l’ancien ministre socialiste.

Finalement, la nomination d’Elisabeth Borne à Matignon, option ardemment défendue par Alexis Kohler en mai dernier, a constitué une victoire à la Pyrrhus pour celui que d’aucuns présentent comme le cardinal de l’Elysée, et qui pourrait l’amener à terme à sa perte. « Cela consacre la chute de l’Empire. Plus personne ne craint AK », analyse un proche d’Emmanuel Macron. En cette rentrée politique, le puissant SG de l’Elysée ne serait plus tout aussi puissant qu’il ne l’était à la fin du précédent quinquennat Un signe qui ne trompe pas : comme la Tribune le rapportait dans une enquête publiée en pleine campagne des législatives qui avait créé le buzz, Emmanuel Macron a bien failli se séparer de son principal collaborateur après sa victoire à la présidentielle.

De son côté, Alexis Kohler se verrait bien aujourd’hui à la tête de la Caisse des Dépôts (lui aussi…), et dit parfois à certains de ses interlocuteurs qu’il ne sera plus à l’Elysée à Noël… « À voir quand même ! », nuance un macroniste. Une chose est sure : dans le processus de recrutement pour EDF, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, ne ménage pas sa peine pour faire valoir son point de vue auprès du président directement. Pour lui comme pour François Bayrou, l’heure de la revanche aurait-il sonné ?

S’il y en a bien un en tout cas qui savoure sa revanche dans la macronie, c’est Stéphane Séjourné, issu de ce qu’on appelait la « bande de Poitiers », ces jeunes macronistes issus du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), qui ont également dû batailler avec les Mormons lors du précédent quinquennat. Ancien conseiller parlementaire d’Emmanuel Macron à Bercy, devenu conseiller politique au Château, puis président du groupe Renew au parlement européen, ce jeune homme de 37 ans a désormais pris la direction de « Renaissance », le nouveau parti de la majorité. Autre pilier de cette bande Poitiers à avoir survécu au premier quinquennat, Sacha Houlié, devenu président de la Commission des Lois à l’Assemblée Nationale, un poste stratégique et qui dispose d’un « poids grandissant ». Ces deux profils issus de la gauche sont pourtant noyés dans un parti désormais particulièrement teinté à droite. Ce n’est pas un mince symbole de voir débarquer chez Renaissance Gérald Darmanin comme responsable de la formation, quand Bruno Le Maire est chargé des idées, Aurélie de Montchalin des relations extérieures, Aurore Bergé de la cellule « riposte », Franck Riester des élections, et Fabienne Keller de la « mobilisation ».

« Séjourné a gagné le parti. Il fait le job, tout le monde se plie aux volontés présidentielles. Et on assiste dans Renaissance à une quasi fusion de Territoires de Progrès, créé initialement par Jean Yves Le Drian et Gilles Savary et censé représenté les sociaux démocrates de la majorité, critique « Jacques Sisteron », ce marcheur de la première heure qui décrypte en off régulièrement les coulisses de la macronie. Le président est en train de mettre au pas TDP. Quoi qu’en dise Olivier Dussopt [Le président de Territoires de Progrès, ndlr], la jambe gauche de la macronie se réduit à deux orteils ». Olivier Dussopt a d’ailleurs dit récemment que la social-démocratie était morte, et qu’il fallait parier désormais sur le « progressisme ».

Cela ne semble pas suffire au président : lors du diner à l’Elysée de la semaine dernière célébrant la création de Renaissance, ce dernier a vertement recadré son ministre du Travail. Dans un texte interne à Territoires de Progrès, intitulé « où va TDP ? », deux questions essentielles sont posées par les partisans d’une plus grande autonomie de leur mouvement par rapport à Renaissance : « TDP sera-t-il autonome financièrement ou dépendra-t-il, pour une part significative, de subventions versées par une association de financement contrôlée par Renaissance ? ». Et aussi : « TDP aura-t-il, au moins à l’Assemblée nationale, un groupe parlementaire lui donnant une visibilité (temps de parole) et une autonomie de vote ou sera-t-il noyé dans un groupe Renaissance indifférencié ? ». Ces questions sont en effet importantes quant à la possibilité de la recomposition politique au cours de ce second quinquennat pour « l’aile gauche » de la macronie. Car, Mormons ou pas, cette « jambe gauche » de la macronie semble avoir bien du mal à subsister auprès d’Emmanuel Macron. Stéphane Séjourné semble en avoir conscience lui qui disait il y a quelques jours au Parisien qu’il ne souhaitait pas d’un « parti caporalisé ».

La renaissance de l’OTAN … Grâce à Poutine !

La renaissance de l’OTAN … Grâce à Poutine !

Jugée « en état de mort cérébrale » par Emmanuel Macron en 2021, l’OTAN se trouve aujourd’hui significativement revitalisée par le conflit russo-ukrainien. Par Julien Pomarède, Université Libre de Bruxelles (ULB)

 

« Régénérée », « revitalisée », « ressuscitée » : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le retour de premier plan de l’OTAN depuis le début de l’agression de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022.

L’idée d’une renaissance de l’OTAN tire sa crédibilité d’un constat simple. Après deux décennies d’errements dans le bourbier afghan, l’Alliance retrouve sa mission historique : dissuader une attaque conventionnelle d’un État tiers – qui plus est de l’ancien ennemi, la Russie – contre ses membres. Dès lors, la guerre en Ukraine marquerait une nouvelle césure dans l’histoire de l’OTAN, à l’image de la fin de la guerre froide ou du 11 septembre 2001. Elle lui donnerait une nouvelle raison d’être, traduite par un renforcement de son dispositif militaire sur le flanc Est – la plus importante solidification de sa défense collective depuis la chute du bloc communiste.

En quoi consiste exactement cette relance de l’OTAN, et quelles en sont les limites ?

Il faut l’admettre, l’idée d’une OTAN relancée a un fond de vérité. Les mesures prises en réaction à la guerre en Ukraine sont incomparablement plus cohérentes, solides et consensuelles que les opérations dites de « gestion de crises » menées par l’Alliance depuis la fin de la guerre froide dans les Balkans (années 1990), en Libye (2011) et en Afghanistan (années 2000-2010).

Ces engagements militaires furent caractérisés par de fortes dissensions entre les États membres de l’OTAN sur les objectifs à atteindre, les ressources nécessaires et les procédures opérationnelles. Une des raisons essentielles à ces tensions multilatérales réside dans le fait que, dans la gestion de crises, l’OTAN combat des risques (terrorisme, instabilités régionales, piraterie, etc.) dont la dangerosité est différemment perçue selon les États membres.

Immanquablement, ces variations trouvent une traduction dans la conduite des opérations. Par exemple, certains États membres s’engagent davantage que d’autres dans telle ou telle mission, en effectifs et au sein des combats, selon qu’ils estiment ou non que ces missions constituent une priorité pour leur sécurité nationale.

L’action de l’Alliance en Afghanistan a représenté le paroxysme de ces dissensions. Les disputes qui divisaient la mission de l’OTAN – la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (FIAS) – ont fragmenté l’effort allié, empêchant l’émergence d’une stratégie commune.

Officiellement, la FIAS luttait contre le terrorisme en menant des opérations de contre-insurrection. Mais cet objectif très général était entendu de manière hétérogène au sein de l’Alliance. De fait, il comportait beaucoup de sous-éléments concurrents (stabilisation militaire, lutte contre le trafic de drogue, reconstruction, etc.) et des différentiels d’engagement très significatifs parmi les États participants, en particulier entre les États-Unis et les Européens. Si bien qu’il était quasi impossible de déceler un but clair.

Ces difficultés ont participé à la défaite révélée aux yeux du monde entier en juin 2021, lorsque les talibans reprirent le contrôle de Kaboul.

La réaction de l’OTAN à la guerre en Ukraine contraste avec ce bilan mitigé.

Remontons là aussi un peu dans le temps. La séquence s’engage à partir de l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Il s’agit du point de bascule : l’OTAN se recentre alors sur son pilier historique, la défense collective, matérialisée dans l’article 5 du Traité fondateur de Washington (1949), dans lequel est stipulé qu’une agression armée contre l’un des États membres – perspective apparue envisageable au vu de la dégradation des relations russo-otaniennes à partir de 2014 – susciterait une réponse militaire collective de l’Alliance.

Trois sommets importants ont jalonné cette évolution. Au pays de Galles (2014), le Plan d’action réactivité de l’OTAN est adopté. Il inclut des mesures de réassurance à destination des pays d’Europe centrale et orientale. Les effectifs de la Force de réaction de l’OTAN sont triplés et on annonce la création, au sein de celle-ci, d’une composante à haut niveau de préparation, déployable sur un très court préavis.

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, le président ukrainien Petro Porochenko et le premier ministre britannique David Cameron le 4 septembre 2014 lors du sommet de l’OTAN à Newport (pays de Galles). Leon Neal/AFP

Le sommet de Varsovie (2016) consolide le recentrage sur la défense collective, en activant la présence rehaussée (Enhanced forward presence – EFP) de l’OTAN sur son flanc Est. Mise en place en 2017, cette force est composée de quatre bataillons multinationaux stationnés dans les trois pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) et en Pologne. Après février 2022, l’EFP est élargie à la Roumanie, à la Bulgarie, à la Hongrie et à la Slovaquie. En juin 2022, on compte entre 900 et 11 600 soldats en renfort dans chaque pays.

Enfin, le Sommet de Madrid (juin 2022) scelle cette évolution. Il marque l’adoption d’un nouveau Concept stratégique, texte boussole de l’Alliance, qui relègue la Russie du rang de partenaire à celui de première menace. Aussi, la Suède et la Finlande sont invitées à devenir membres, après que ces deux pays aient demandé l’adhésion.

La séquence allant de l’annexion de la Crimée à l’invasion de l’Ukraine est donc marquée par un recentrage sur ce qu’il y a de plus consensuel en sein de l’Alliance : une menace étatique, l’article 5, des mesures militaires qui ont un incontestable effet dissuasif. L’OTAN ne fait pas que dissuader, mais attire de nouveaux membres.

La phase de « mort cérébrale de l’OTAN », selon une expression détonante d’Emmanuel Macron en novembre 2019, semble soudain se dissiper, si bien que la débâcle afghane fait presque office de mauvais souvenir au moment de la résurgence de la menace russe. En bref, la géographie politico-militaire de l’OTAN, alors dispersée dans des opérations de gestion de crises allant jusqu’en Asie centrale, se clarifierait avec le retour du vieil ennemi et des schémas de dissuasion qui l’accompagnent.

Attention, toutefois, à ne pas tomber trop vite sous le charme du discours officiel, qui présente l’action actuelle de l’OTAN comme l’incommensurable succès d’une défense collective renforcée.

Souligner la différence entre les difficultés de la gestion de crises et les facilités présumées de la défense collective ne suffit pas pour comprendre la pérennité de l’OTAN et ses transformations. Cette dichotomie vaut jusqu’à un certain point, à commencer par la comparaison elle-même. Contrairement à l’Afghanistan, l’OTAN n’est pas en guerre en Ukraine, mais se situe dans une posture de dissuasion visant à empêcher une attaque russe contre l’un de ses pays membres. En cela, la présence avancée de l’OTAN n’a pas à pâtir des gigantesques difficultés opérationnelles et en matière de prise de décision inhérentes à la conduite d’une guerre en format multilatéral.

Ensuite, si la menace russe est perçue de manière plus consensuelle que d’autres catégories de risque comme le terrorisme, son niveau de dangerosité ne fait pas non plus l’unanimité. De fait, la défense collective reste le noyau dur de l’Alliance, mais sa mise en place n’est pas harmonieuse (ce qui n’était pas non plus le cas lors de la guerre froide, rappelons-le).

La Russie est certes qualifiée de « menace directe », surtout depuis février 2022. La déclaration commune issue du récent sommet de Madrid et la tonalité grave du nouveau concept stratégique concernant la Russie montre certes que les Alliés resserrent les rangs face à cette menace. Néanmoins, la raison d’être même d’un texte comme le concept stratégique est d’exposer au grand jour l’unité de l’Alliance autour de principes clefs. Ce qui ne signifie pas, pour autant, que les dissensions disparaissent, loin de là. Le retour post-2014 de la défense collective a ainsi été marqué par des divergences et des compromis entre, schématiquement, deux positions.

D’un côté, celle des pays d’Europe centrale et orientale (pays baltes, Pologne, Roumanie), souvent soutenus par les États-Unis, et partisans d’une posture militaire ferme et consolidée contre la Russie. De l’autre, celle des pays d’Europe de l’Ouest (France, Allemagne, Espagne), favorables à une politique de dissuasion modérée laissant ouvert le dialogue avec la Russie et écartant le risque d’une escalade.

Les négociations ayant débouché sur le déploiement de la présence avancée de l’OTAN résultèrent d’un compromis entre les deux positions.

Les premiers souhaitaient l’installation de bases militaires permanentes sur leur territoire afin d’afficher une politique de dissuasion soutenue contre la Russie. Les seconds désapprouvaient, car ils y voyaient une mesure exagérée, susceptible d’engendrer une escalade, et se situant en porte-à-faux par rapport à l’Acte fondateur de la coopération OTAN-Russie (1997), qui exclut tacitement l’installation de structures militaires permanentes chez les futurs membres.

Les Alliés en vinrent donc au compromis suivant : la présence avancée serait « permanente mais rotationnelle ». La force serait physiquement présente mais ses contingents seraient sujets à rotation tous les quelques mois, ce qui satisfaisait les deux orientations.

Le fonctionnement militaire même de l’EFP s’innerve de ces différences de points de vue. L’EFP se fonde sur le principe de la « dissuasion par représailles » ( « deterrence by punishment »). Elle ne vise pas le déploiement d’une force militaire suffisamment importante pour rendre immédiatement inopérante une attaque potentielle et saper toute confiance chez l’agresseur en le succès initial de son action armée (la « dissuasion par interdiction » – « deterrence by denial » – l’option initialement promue par les pays baltes par exemple). Il s’agit plutôt de laisser peser la probabilité d’une réplique ultérieure qui augmenterait de manière considérable le coût initial de l’agression.

En cela, les effectifs modérés déployés dans l’EFP en font une présence qui n’a pas pour but d’infliger à la Russie des dommages inacceptables dès les premiers affrontements. L’EFP se conçoit davantage comme un « fil piège » (« trip wire »), qui, une fois franchi (ou plutôt attaqué) déclencherait la réponse militaire complète de l’OTAN, à savoir la mobilisation de sa Force de réaction. De facto, la dissuasion par représailles était la seule option consensuelle possible, car le fruit d’un compromis entre les pays souhaitant une présence substantielle de l’OTAN sur le flanc Est et ceux qui y voient une mesure d’escalade.

En effet, prétendre refouler instantanément, disons d’un État balte, une armée de la taille et de la puissance de feu de celle de la Russie impliquerait d’y déployer une force militaire considérable. Ce qui est, financièrement et politiquement, inenvisageable pour la plupart des Alliés. Ainsi, le renforcement de l’EFP avec quatre bataillons supplémentaires en réaction à l’invasion de l’Ukraine, ainsi que l’annonce au Sommet de Madrid d’une présence américaine renforcée en Europe, se situent dans la continuité de ce compromis.

Par conséquent, cette logique de compromis comporte aussi certaines limites, la plus importante d’entre elles étant la crédibilité des représailles. Se montrer résolu à répliquer est essentiel dans une logique de dissuasion, en particulier dans l’option de la dissuasion par représailles. Celle-ci dépend largement du message envoyé, qui se doit de véhiculer une détermination à user de la force de manière élargie afin de faire payer au prix fort le choix d’une attaque. Or, construire ce discours commun et cohérent dans le cadre d’une politique de dissuasion face à la Russie reste un défi pour l’OTAN, en raison précisément des différences de perception de cette menace entre les États membres.

À terme, l’étalement public récurrent des critiques que s’adressent ces derniers à ce sujet risque d’écorner la crédibilité de la dissuasion otanienne. Mentionnons simplement les reproches réguliers adressés par la Pologne ou les États baltes à l’Allemagne ou la France, accusées de se montrer trop complaisantes vis-à-vis de Moscou.

De ce fait, certains spécialistes doutent de la capacité réelle de l’OTAN à répliquer comme elle le clame officiellement. Par exemple, si la Russie décidait de cibler les contingents norvégiens ou luxembourgeois stationnés en Lituanie pour mettre sous pression la solidarité alliée, l’Allemagne, également présente en Lituanie, y réagirait-elle militairement au risque d’une escalade guerrière ? Ce scénario est certes peu probable, mais pas non plus inenvisageable, étant donné la persistance des menaces de la Russie à l’égard du camp occidental. Ainsi, en déployant des unités aux frontières d’une Russie agressive et en affichant dans le même temps ses dissensions internes, l’OTAN ne fait pas que renforcer sa posture mais prend aussi un risque : s’exposer à des attaques de basse intensité sur ses effectifs, qui ne rentreraient pas parfaitement dans le cadre de l’article 5 et rendraient, par extension, une réponse très délicate à définir.

Schématiquement, la non-action minerait la crédibilité de l’EFP, et la réplique, même limitée, pourrait être prétexte à l’escalade. À terme, des divisions trop explicites pourraient laisser entrevoir au sein de la politique de dissuasion de l’Alliance des poches de vulnérabilités qui, si exploitées, pourraient avoir des effets conséquents sur la crédibilité plus large de l’OTAN.

En conclusion, s’il paraît clair que le retour de la défense collective au sein de l’OTAN contraste dans sa cohérence avec la gestion de crises, la différence ne doit pas être exagérée. Ces deux piliers de l’Alliance partagent un socle commun en matière de négociations multilatérales. Ils résultent de jeux de compromis entre les États membres et présentent tous deux des limites.

La guerre en Ukraine n’a pas sauvé l’OTAN. Celle-ci n’était tout simplement pas en danger de mort – n’oublions pas que le projet « OTAN 2030 » naît sur la fin, pourtant peu glorieuse, des opérations en Afghanistan… Toutefois, l’invasion russe a clairement redynamisé l’Alliance.

Les tensions, les compromis et les ambiguïtés font partie de la vie multilatérale de l’OTAN. Il ne faut pas y voir une contradiction, mais plutôt une normalité. La défense collective, tout autant que la gestion de crises, n’échappe pas à cette réalité. En somme, plutôt que d’assister à une nouvelle guerre froide salvatrice pour une Alliance qui aurait été en perte de repères, comme certains le clament trop rapidement, nous sommes les témoins d’une actualisation des logiques d’inimitiés où se mêlent vieilles rivalités interétatiques et perceptions plus mouvantes des risques.

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Par Julien Pomarède, Docteur et chercheur en sciences politiques et sociales – Sécurité internationale, Université Libre de Bruxelles (ULB).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Cryptomonnaies : renaissance des pyramides de Ponzy

Cryptomonnaies :   renaissance des pyramides de Ponzy

 

11 personnes inculpés aux États-Unis pour une vaste arnaque de de 300 millions de dollars concernant des fonds destinés aux cryptomonnaies sur le principe frauduleux de la pyramide de Ponzy. 

 

Non seulement les crypt monnaies sont victimes des fluctuations  très aléatoires de leur valeur du fait qu’elles ne reposent sur aucun actif réel mais en plus elles donnent l’occasion à des montages frauduleux destinés à aspirer les placements financiers d’épargnants naïfs . Onze personnes (trois en Russie, sept aux Etats-Unis et une à Bali), ont été inculpées par le gendarme des marchés américains. La Securities and Exchange Commission (SEC) les soupçonne d’une arnaque de 300 millions de dollars sur le principe de la vente pyramidale .

Les investisseurs gagnaient de l’argent en recrutant de nouveaux participants pour le compte du réseau Forsage, qui « utilisait leur argent pour payer les clients plus anciens, une pratique typique des pyramides de Ponzi ». En 2021, les pyramides de Ponzi sur tous les actifs (actions, prêts, cryptos…) et types de placements ont causé 3,8 milliards de dollars de pertes aux Etats-Unis.

En deux ans et quatre mois, la pyramide a collecté 739.000 ethers. La première année (2020), la plus profitable, a généré 267 millions de dollars. C’était alors la deuxième application la plus populaire sur Ethereum. Une étude révèle que seulement 12 % du million d’utilisateurs de l’époque ont gagné de l’argent, autour de 2,1 ethers par personne, mais avec une très forte inégalité. Parmi eux, 5 personnes – les fondateurs et membres clefs de Forsage – se sont approprié 5,4 % des profits, soit 14.325 ethers (10,5 millions de dollars). Un millier de membres ont empoché la moitié des bénéfices. Ce sont notamment ceux qui ont recruté le plus de nouveaux clients pour la pyramide.

Renaissance du concept de planification ?

Renaissance du concept de planification ?

Le concept de planification donne parfois lieu à des interprétations très différentes comme d’ailleurs leurs modalités. Pour ridiculiser le principe, on fait parfois référence à la planification soviétique qui intervenait dans tous les domaines. La planification constitue cependant un outil méthodologique qui permet avant d’agir d’analyser les grandes évolutions passées, les scénarios futurs de l’environnement et les stratégies possibles dans des secteurs clés qui exigent des actions à long terme et où  l’action conjointe des acteurs économiques et des acteurs publics permet d’obtenir des synergies et des résultats efficaces. NDLR

L’idée qu’un Etat puisse organiser plus efficacement l’économie que le seul marché refait son apparition à la faveur des craintes suscitées par l’urgence climatique et l’enlisement de la guerre en Ukraine. ( papier du Monde)

Le terme de « planification » ressort des limbes dans lesquelles l’effondrement de l’Union soviétique, en 1991, l’avait enfoui. L’idée qu’un Etat puisse organiser plus efficacement l’économie que le fonctionnement « spontané » du marché semblait avoir démontré son inanité sur les étals vides des magasins de Moscou. Mais résumer l’idée de planification à sa variante soviétique est un effet d’optique causé par la guerre froide, lorsqu’il s’agissait d’opposer le « modèle » libéral au « modèle » communiste.Si la notion réapparaît aujourd’hui, affublée du qualificatif « écologique », dans le programme de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) comme dans l’intitulé d’un secrétariat général rattaché directement à la première ministre, c’est parce qu’elle semble être une parade possible à l’effondrement environnemental annoncé. Lorsqu’elle s’installe, au cours des années 1930-1940, dans un grand nombre de pays, autoritaires comme démocratiques, c’est pour parer à d’autres effondrements : celui de l’économie libérale entrée dans la « grande récession » après le krach financier de 1929 ; celui de l’ordre international brisé par la seconde guerre mondiale.

 La planification devient alors une réalité opérationnelle : il s’agit, selon les pays et les périodes, de pallier la faillite des marchés et des entreprises incapables d’assurer la vie économique, d’organiser la production pour la diriger tout entière vers l’effort de guerre et le ravitaillement de la population mobilisée, de reconstruire et de moderniser l’appareil productif et les infrastructures détruits par la guerre.

Les méthodes sont variées, depuis le plan coercitif imposant aux entreprises des livraisons de quantités données à des prix fixes – comme dans l’URSS ou l’Allemagne des années 1930 –, jusqu’à la planification « incitative » où, comme en France de 1947 à 1957, l’Etat fixe un objectif de croissance, négocie dans les secteurs-clés avec les entreprises et les syndicats la déclinaison de cet objectif et s’assure de la cohérence des grands agrégats économiques (budgets, balance extérieure, circulation monétaire) avec ces objectifs. En passant par le Victory Program américain qui, à partir de 1942, réunit les grandes entreprises et les fonctionnaires de l’administration Roosevelt pour négocier les quantités, les prix, les salaires et l’organisation de la production de l’équipement des armées alliées tout en continuant à produire (presque) normalement pour la population civile – un modèle proche fonctionne au Royaume-Uni.

 

Une vraie renaissance de la défense allemande ?

Une vraie renaissance de la défense allemande ?

 

 La guerre en Ukraine a incité l’Allemagne à augmenter nettement ses dépenses de défense. Une véritable révolution, qui devra surmonter des résistances anciennes à un renforcement de la Bundeswehr. Par Laurent Griot, Grenoble École de Management (GEM) et Mourad Chabbi, Grenoble École de Management (GEM)

L’invasion de l’Ukraine a agi comme un électrochoc dans bon nombre de pays européens : la guerre, la « vraie », est à nos portes et nous ne sommes pas prêts. Les débats portent sur nos capacités matérielles comme sur l’équilibre de nos alliances. La Suède et la Finlande ont soumis, mercredi 18 mai, leur demande d’adhésion à l’OTAN, et l’Italie annonce qu’elle rejoindra très rapidement les standards OTAN en termes de dépenses de défense. D’ici à 2028, son budget devrait représenter 2 % de son PIB, passant de 25,9 milliards à 36 milliards d’euros, bien que cet objectif suscite un débat passionné dans le pays.

Au milieu de ce concert de remises en cause stratégiques et budgétaires, il est un pays dont la réaction est encore plus surprenante que celle des autres : l’Allemagne. Surprenante d’abord par la brutalité du constat et la liberté de ton de ceux qui l’expriment : le 24 février 2022, le chef d’état-major des armées allemandes reconnaissait, face au début de la guerre en Ukraine :

« La Bundeswehr, l’armée que j’ai l’honneur de commander, se tient là, plus ou moins les mains vides. Les options que nous pouvons proposer au gouvernement pour soutenir l’alliance sont extrêmement limitées. »

C’est ensuite la réaction du gouvernement allemand qui a de quoi surprendre. Le 27 février, soit seulement trois jours plus tard, le chancelier Olaf Scholz déclarait :

« Face au tournant historique engagé par l’agression de Vladimir Poutine, notre principe est le suivant : tout ce qui est nécessaire pour garantir la paix en Europe sera mis en œuvre. L’Allemagne y apportera sa propre contribution solidaire. [...] Nous allons à partir de maintenant, d’année en année, investir plus de 2 % du PIB dans notre défense. [...] L’objectif est de disposer à terme d’une Bundeswehr performante, ultramoderne et dotée de technologies de pointe qui nous assure une protection fiable. »

L’exécutif a aussi annoncé la création d’un fonds spécial d’un montant de 100 milliards d’euros pour combler son retard, notamment en matière d’équipement des forces.

Sous-investissement chronique

Pour comprendre la situation budgétaire des forces allemandes, il ne faut pas se fier seulement aux chiffres de ces dernières années. Même si en 2021, la France et l’Allemagne ont consacré des budgets très similaires à leur défense - environ 53 milliards de dollars - ce niveau de dépense est relativement récent en Allemagne.

Si l’on observe les chiffres allemands et français depuis la chute du mur de Berlin, on constate une forte remontée des dépenses allemandes depuis 2018 seulement. La baisse a été constante de 1991 à 2005 (point bas) suivie d’une lente remontée jusqu’en 2018. Ainsi, l’Allemagne a moins investi dans son armée, avec une divergence très nette des trajectoires budgétaires à partir de 2001. De fait, le montant cumulé des dépenses de défense allemandes entre 2001 et 2021 est d’environ 902 milliards de dollars, là où la France a dépensé environ 1 036 milliards de dollars. La différence est donc significative.

Mais cet écart de financement est-il suffisant pour expliquer la situation que nous connaissons aujourd’hui ? Les capacités des forces allemandes sont très réduites, selon leur propre chef d’état-major. Les forces françaises, elles, sont classées par la Rand Corporation parmi les plus efficaces d’Europe, même si elles manquent d’« épaisseur » et donc de capacité à combattre dans la durée. Il nous semble que d’autres facteurs doivent être pris en compte.

En premier lieu, les structures de nos budgets sont différentes. La France dépense de façon constante environ 25 % (26,5 % en 2020) de ses budgets en équipement, l’OTAN demandant à ses membres que ce ratio soit au minimum de 20 %. L’Allemagne a quant à elle dépensé 16,9 % de son budget 2020 en équipement, un montant en nette augmentation depuis 2014 (environ 13 % à l’époque). À l’inverse, les « frais de fonctionnement et de maintenance » pèsent pour 26,4 % du budget français et pour 37,4 % du budget allemand, ce qui représente un quasi-record au sein des pays de l’OTAN. Il s’agit probablement du symptôme d’une autre faiblesse : les armées allemandes sont des monstres bureaucratiques.

Les forces allemandes souffrent manifestement d’une bureaucratie particulièrement lourde et inefficace. Sur ce point, un document publié début 2020 a eu un retentissement certain dans le pays. Il s’agit du rapport d’information pour 2019 destiné au Bundestag, rédigé par le commissaire allemand aux forces armées de 2015 à 2020, Hans-Peter Bartels.

Selon ce rapport, l’institution militaire allemande souffre de la multiplication des instances de décision, ce qui conduit à une dilution de la responsabilité et à un allongement déraisonnable des processus décisionnels. Bartels consacre par exemple une page entière à raconter comment ses propres services n’ont pas réussi, malgré trois années d’efforts, à obtenir la création pour eux-mêmes d’une dizaine de comptes d’accès au réseau intranet des forces allemandes.

Dans ce texte, l’état-major de la Deutsche Marine reconnaît qu’au sein de l’armée allemande, le respect des règles est plus important que la capacité à fournir des appareils en état de voler, pilotés par des équipages correctement entraînés. Cet état de fait rejaillit sur la motivation des hommes. La troupe considère que ses chefs n’en font pas assez pour améliorer l’efficacité de l’institution. Mais les cadres se sentent désarmés face à la lourdeur de l’organisation.

Parmi les faiblesses les plus criantes, le processus d’équipement des forces est particulièrement critiqué. Il est présenté comme dysfonctionnel, inutilement compliqué et trop long. La volonté de réduire les risques industriels en amont est ouvertement présentée comme une cause de risques pour les troupes, obligées d’aller au combat avec des équipements dépassés, voire en l’absence totale de certains matériels.

Hans-Peter Bartels regrette particulièrement le fait que l’« achat sur étagère » – c’est-à-dire l’achat d’équipements déjà existants n’ayant pas été spécifiquement conçus à la demande de la Bundeswehr – soit une pratique rare au sein des forces allemandes. Même des matériels très simples (comme des sacs à dos) sont soumis à des processus d’élaboration et d’évaluation dignes des systèmes d’armes les plus complexes.

C’est donc autant à des problèmes budgétaires qu’à la question de l’efficacité de ses dépenses que le ministère allemand de la Défense doit faire face. Ce qu’Eva Högl, l’actuelle commissaire parlementaire pour les forces armées, a bien compris : elle demande que le fonds de 100 milliards d’euros destiné aux forces allemandes soit exploité de façon moins bureaucratique.

Mais une telle évolution sera longue et laborieuse. D’abord parce que cette situation est connue en Allemagne depuis très longtemps sans qu’il n’y ait eu de vrai changement. Dans son rapport pour 2019, Hans-Peter Bartels relevait que déjà en 1978 le ministre de la Défense alors en poste se préoccupait de la bureaucratie excessive dont était victime son armée. Ensuite parce que cette situation est sans doute, pour partie au moins, la conséquence de l’approche pacifiste dominante en Allemagne.

Pour d’évidentes raisons historiques, les forces allemandes ont un statut particulier. Elles sont fermement soumises au Parlement allemand et tout est mis en œuvre pour qu’elles ne sortent « plus jamais du cadre démocratique ».

Fondamentalement, l’avenir de la Bundeswehr, sa capacité à surmonter ses faiblesses et à tenir sa place au sein de l’Alliance atlantique dépendra donc de la place que la société allemande entendra donner à son armée. Dans un discours qu’il adressait aux généraux des armées allemandes en 2005, Horst Köhler, alors président du pays, parlait du « désintérêt amical » des Allemands pour leurs armées :

« Après 1945, les Allemands sont devenus un peuple réellement pacifique et qui aime garder une distance prudente vis-à-vis de tout ce qui est militaire. »

Seize ans plus tard, l’opinion allemande ne semble pas avoir beaucoup changé. Chaque année, le centre d’histoire militaire et des sciences sociales de la Bundeswehr publie une étude consacrée à l’opinion allemande sur la politique de sécurité et de défense du pays. L’étude pour 2021 (donc réalisée avant le début de la guerre en Ukraine) confirme cette approche : les Allemands ont confiance en leurs armées. Mais les moyens d’action auxquels ils sont favorables sont diplomatiques (84 %), basés sur le contrôle des armements (72 %), la coopération au développement (70 %) et les sanctions économiques (61 %). Les opérations militaires menées par la Bundeswehr ou les exportations d’armements ne sont approuvées que par 33 % de la population.

Une évolution longue et difficile

La guerre en Ukraine a déjà provoqué une révolution en Allemagne. La célérité et l’ampleur de la réaction politique ont surpris beaucoup d’observateurs des affaires stratégiques européennes.

Berlin a rompu avec une forme de retenue particulière et solitaire en accélérant le déploiement de ses troupes ces derniers temps : envoi de navires en mer Baltique et en Méditerranée, installation de missiles antiaériens Patriot dans plusieurs pays d’Europe centrale, participation à un bataillon au sol en Slovaquie, envoi de chasseurs Eurofighter en Roumanie… Mais il sera long et difficile de renoncer à ce que Tom Enders, ancien PDG d’Airbus, qualifiait en septembre 2020 d’« abstinence de puissance ».

D’abord parce que, passée la stupeur initiale, le soutien de l’opinion allemande à la politique ukrainienne de son chancelier s’effrite : des intellectuels allemands soutenus par des responsables politiques de premier plan demandent que l’Allemagne cesse d’armer l’Ukraine et opte pour une politique visant à obliger Kiev à trouver un compromis avec Vladimir Poutine. Dans le même temps, des représentants syndicaux allemands ont profité de la fête du Travail, le 1er mai, pour dire leur désaccord face à la volonté de réarmement massif exprimée par le chancelier Olaf Scholz. Notamment de peur que cela se fasse au détriment de la paix sociale.

Ensuite parce que la situation stratégique du pays est la conséquence d’une culture politico-administrative faisant partie intégrante de la nation allemande post-Seconde Guerre mondiale. Une évolution de cette position, à supposer que l’opinion allemande y consente, sera très longue et ses résultats incertains.

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Par Laurent Griot, Professeur assistant en géopolitique., Grenoble École de Management (GEM) et Mourad Chabbi, Professeur de RI/Géopolitique, Enseignant chercheur, Grenoble École de Management (GEM).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Politique: Renaissance de la planification ?

Politique:  Renaissance de la planification ?

 

 

Pour une  refonte totale de notre système social et fiscal, estiment les économistes Yann Coatanlem et Antonio de Lecea, dans une tribune au « Monde ».

 

La question du pouvoir d’achat est, aujourd’hui, en tête des préoccupations des Français et l’accélération de l’inflation, tout comme la volatilité actuelle des prix de l’énergie renforcent le sentiment d’insécurité. Mais il faut prendre garde aux solutions politiques simplistes : les protestations contre la vie chère recoupent en fait des problématiques multiples, qu’il faut traiter individuellement, mais aussi suivant une stratégie d’ensemble cohérente.Bref, comme une renaissance de la planification, un gros mot il y a encore quelques mois !

Le manque de pouvoir d’achat souffre d’abord d’un trop-plein de « pouvoir de marché » d’entreprises qui profitent d’un cadre concurrentiel devenu inadapté. Le top 10 % des entreprises au rendement le plus élevé ont aujourd’hui un taux de rendement cinq fois plus élevé que le taux médian, alors que ce ratio était plus proche de deux il y a vingt-cinq ans. Les 10 % des entreprises les plus profitables ont vu leurs marges augmenter de 35 % depuis le début des années 2000, alors qu’elles ont stagné pour les autres entreprises, et leur profitabilité s’accroître de 50 % de plus que les autres. Le top 1 % des entreprises les plus exportatrices représentent 67 % de l’ensemble des exportations. Le top 1 % des firmes détentrices de brevets contrôle 91 % du total des brevets. Cette concentration de plus en plus extrême doit pousser les pouvoirs publics à revoir la politique de concurrence pour éviter la constitution de ces véritables impôts privés que sont les distorsions de prix et les rentes de monopoles, ou encore à faire payer aux entreprises les coûts d’environnement et d’infrastructure supportés par les budgets publics.

Par ailleurs, les crises à répétition, qu’elles soient sanitaires, économiques, climatiques ou géopolitiques, ont touché de manière disproportionnée les plus défavorisés. Durant la pandémie de Covid, on a recouru à un arsenal d’aides qui ont certainement atténué l’impact économique de la crise, mais dont le manque de ciblage suffisamment précis a pu, dans certains cas, créer des situations injustes et alourdir les déficits publics. De même, si dans la lutte contre la hausse du prix de l’essence, des aides d’urgence de l’Etat et des régions apparaissent nécessaires, elles contredisent l’impact de la taxe carbone dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Ces risques dérivés de l’action d’urgence seraient considérablement amoindris si l’on disposait d’une approche des crises ex ante, c’est-à-dire des filets de sécurité offrant une garantie raisonnable de ne pas être laissé sur le carreau. Le revenu universel peut jouer ce rôle d’amortisseur, avec l’avantage non négligeable de changer la psychologie des anticipations : avec moins de peur du lendemain, on peut davantage prendre de risques personnels qui contribuent à la prospérité du pays et les citoyens peuvent mieux accepter des choix politiques de long terme.

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