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Une vraie renaissance de la défense allemande ?

Une vraie renaissance de la défense allemande ?

 

 La guerre en Ukraine a incité l’Allemagne à augmenter nettement ses dépenses de défense. Une véritable révolution, qui devra surmonter des résistances anciennes à un renforcement de la Bundeswehr. Par Laurent Griot, Grenoble École de Management (GEM) et Mourad Chabbi, Grenoble École de Management (GEM)

L’invasion de l’Ukraine a agi comme un électrochoc dans bon nombre de pays européens : la guerre, la « vraie », est à nos portes et nous ne sommes pas prêts. Les débats portent sur nos capacités matérielles comme sur l’équilibre de nos alliances. La Suède et la Finlande ont soumis, mercredi 18 mai, leur demande d’adhésion à l’OTAN, et l’Italie annonce qu’elle rejoindra très rapidement les standards OTAN en termes de dépenses de défense. D’ici à 2028, son budget devrait représenter 2 % de son PIB, passant de 25,9 milliards à 36 milliards d’euros, bien que cet objectif suscite un débat passionné dans le pays.

Au milieu de ce concert de remises en cause stratégiques et budgétaires, il est un pays dont la réaction est encore plus surprenante que celle des autres : l’Allemagne. Surprenante d’abord par la brutalité du constat et la liberté de ton de ceux qui l’expriment : le 24 février 2022, le chef d’état-major des armées allemandes reconnaissait, face au début de la guerre en Ukraine :

« La Bundeswehr, l’armée que j’ai l’honneur de commander, se tient là, plus ou moins les mains vides. Les options que nous pouvons proposer au gouvernement pour soutenir l’alliance sont extrêmement limitées. »

C’est ensuite la réaction du gouvernement allemand qui a de quoi surprendre. Le 27 février, soit seulement trois jours plus tard, le chancelier Olaf Scholz déclarait :

« Face au tournant historique engagé par l’agression de Vladimir Poutine, notre principe est le suivant : tout ce qui est nécessaire pour garantir la paix en Europe sera mis en œuvre. L’Allemagne y apportera sa propre contribution solidaire. [...] Nous allons à partir de maintenant, d’année en année, investir plus de 2 % du PIB dans notre défense. [...] L’objectif est de disposer à terme d’une Bundeswehr performante, ultramoderne et dotée de technologies de pointe qui nous assure une protection fiable. »

L’exécutif a aussi annoncé la création d’un fonds spécial d’un montant de 100 milliards d’euros pour combler son retard, notamment en matière d’équipement des forces.

Sous-investissement chronique

Pour comprendre la situation budgétaire des forces allemandes, il ne faut pas se fier seulement aux chiffres de ces dernières années. Même si en 2021, la France et l’Allemagne ont consacré des budgets très similaires à leur défense - environ 53 milliards de dollars - ce niveau de dépense est relativement récent en Allemagne.

Si l’on observe les chiffres allemands et français depuis la chute du mur de Berlin, on constate une forte remontée des dépenses allemandes depuis 2018 seulement. La baisse a été constante de 1991 à 2005 (point bas) suivie d’une lente remontée jusqu’en 2018. Ainsi, l’Allemagne a moins investi dans son armée, avec une divergence très nette des trajectoires budgétaires à partir de 2001. De fait, le montant cumulé des dépenses de défense allemandes entre 2001 et 2021 est d’environ 902 milliards de dollars, là où la France a dépensé environ 1 036 milliards de dollars. La différence est donc significative.

Mais cet écart de financement est-il suffisant pour expliquer la situation que nous connaissons aujourd’hui ? Les capacités des forces allemandes sont très réduites, selon leur propre chef d’état-major. Les forces françaises, elles, sont classées par la Rand Corporation parmi les plus efficaces d’Europe, même si elles manquent d’« épaisseur » et donc de capacité à combattre dans la durée. Il nous semble que d’autres facteurs doivent être pris en compte.

En premier lieu, les structures de nos budgets sont différentes. La France dépense de façon constante environ 25 % (26,5 % en 2020) de ses budgets en équipement, l’OTAN demandant à ses membres que ce ratio soit au minimum de 20 %. L’Allemagne a quant à elle dépensé 16,9 % de son budget 2020 en équipement, un montant en nette augmentation depuis 2014 (environ 13 % à l’époque). À l’inverse, les « frais de fonctionnement et de maintenance » pèsent pour 26,4 % du budget français et pour 37,4 % du budget allemand, ce qui représente un quasi-record au sein des pays de l’OTAN. Il s’agit probablement du symptôme d’une autre faiblesse : les armées allemandes sont des monstres bureaucratiques.

Les forces allemandes souffrent manifestement d’une bureaucratie particulièrement lourde et inefficace. Sur ce point, un document publié début 2020 a eu un retentissement certain dans le pays. Il s’agit du rapport d’information pour 2019 destiné au Bundestag, rédigé par le commissaire allemand aux forces armées de 2015 à 2020, Hans-Peter Bartels.

Selon ce rapport, l’institution militaire allemande souffre de la multiplication des instances de décision, ce qui conduit à une dilution de la responsabilité et à un allongement déraisonnable des processus décisionnels. Bartels consacre par exemple une page entière à raconter comment ses propres services n’ont pas réussi, malgré trois années d’efforts, à obtenir la création pour eux-mêmes d’une dizaine de comptes d’accès au réseau intranet des forces allemandes.

Dans ce texte, l’état-major de la Deutsche Marine reconnaît qu’au sein de l’armée allemande, le respect des règles est plus important que la capacité à fournir des appareils en état de voler, pilotés par des équipages correctement entraînés. Cet état de fait rejaillit sur la motivation des hommes. La troupe considère que ses chefs n’en font pas assez pour améliorer l’efficacité de l’institution. Mais les cadres se sentent désarmés face à la lourdeur de l’organisation.

Parmi les faiblesses les plus criantes, le processus d’équipement des forces est particulièrement critiqué. Il est présenté comme dysfonctionnel, inutilement compliqué et trop long. La volonté de réduire les risques industriels en amont est ouvertement présentée comme une cause de risques pour les troupes, obligées d’aller au combat avec des équipements dépassés, voire en l’absence totale de certains matériels.

Hans-Peter Bartels regrette particulièrement le fait que l’« achat sur étagère » – c’est-à-dire l’achat d’équipements déjà existants n’ayant pas été spécifiquement conçus à la demande de la Bundeswehr – soit une pratique rare au sein des forces allemandes. Même des matériels très simples (comme des sacs à dos) sont soumis à des processus d’élaboration et d’évaluation dignes des systèmes d’armes les plus complexes.

C’est donc autant à des problèmes budgétaires qu’à la question de l’efficacité de ses dépenses que le ministère allemand de la Défense doit faire face. Ce qu’Eva Högl, l’actuelle commissaire parlementaire pour les forces armées, a bien compris : elle demande que le fonds de 100 milliards d’euros destiné aux forces allemandes soit exploité de façon moins bureaucratique.

Mais une telle évolution sera longue et laborieuse. D’abord parce que cette situation est connue en Allemagne depuis très longtemps sans qu’il n’y ait eu de vrai changement. Dans son rapport pour 2019, Hans-Peter Bartels relevait que déjà en 1978 le ministre de la Défense alors en poste se préoccupait de la bureaucratie excessive dont était victime son armée. Ensuite parce que cette situation est sans doute, pour partie au moins, la conséquence de l’approche pacifiste dominante en Allemagne.

Pour d’évidentes raisons historiques, les forces allemandes ont un statut particulier. Elles sont fermement soumises au Parlement allemand et tout est mis en œuvre pour qu’elles ne sortent « plus jamais du cadre démocratique ».

Fondamentalement, l’avenir de la Bundeswehr, sa capacité à surmonter ses faiblesses et à tenir sa place au sein de l’Alliance atlantique dépendra donc de la place que la société allemande entendra donner à son armée. Dans un discours qu’il adressait aux généraux des armées allemandes en 2005, Horst Köhler, alors président du pays, parlait du « désintérêt amical » des Allemands pour leurs armées :

« Après 1945, les Allemands sont devenus un peuple réellement pacifique et qui aime garder une distance prudente vis-à-vis de tout ce qui est militaire. »

Seize ans plus tard, l’opinion allemande ne semble pas avoir beaucoup changé. Chaque année, le centre d’histoire militaire et des sciences sociales de la Bundeswehr publie une étude consacrée à l’opinion allemande sur la politique de sécurité et de défense du pays. L’étude pour 2021 (donc réalisée avant le début de la guerre en Ukraine) confirme cette approche : les Allemands ont confiance en leurs armées. Mais les moyens d’action auxquels ils sont favorables sont diplomatiques (84 %), basés sur le contrôle des armements (72 %), la coopération au développement (70 %) et les sanctions économiques (61 %). Les opérations militaires menées par la Bundeswehr ou les exportations d’armements ne sont approuvées que par 33 % de la population.

Une évolution longue et difficile

La guerre en Ukraine a déjà provoqué une révolution en Allemagne. La célérité et l’ampleur de la réaction politique ont surpris beaucoup d’observateurs des affaires stratégiques européennes.

Berlin a rompu avec une forme de retenue particulière et solitaire en accélérant le déploiement de ses troupes ces derniers temps : envoi de navires en mer Baltique et en Méditerranée, installation de missiles antiaériens Patriot dans plusieurs pays d’Europe centrale, participation à un bataillon au sol en Slovaquie, envoi de chasseurs Eurofighter en Roumanie… Mais il sera long et difficile de renoncer à ce que Tom Enders, ancien PDG d’Airbus, qualifiait en septembre 2020 d’« abstinence de puissance ».

D’abord parce que, passée la stupeur initiale, le soutien de l’opinion allemande à la politique ukrainienne de son chancelier s’effrite : des intellectuels allemands soutenus par des responsables politiques de premier plan demandent que l’Allemagne cesse d’armer l’Ukraine et opte pour une politique visant à obliger Kiev à trouver un compromis avec Vladimir Poutine. Dans le même temps, des représentants syndicaux allemands ont profité de la fête du Travail, le 1er mai, pour dire leur désaccord face à la volonté de réarmement massif exprimée par le chancelier Olaf Scholz. Notamment de peur que cela se fasse au détriment de la paix sociale.

Ensuite parce que la situation stratégique du pays est la conséquence d’une culture politico-administrative faisant partie intégrante de la nation allemande post-Seconde Guerre mondiale. Une évolution de cette position, à supposer que l’opinion allemande y consente, sera très longue et ses résultats incertains.

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Par Laurent Griot, Professeur assistant en géopolitique., Grenoble École de Management (GEM) et Mourad Chabbi, Professeur de RI/Géopolitique, Enseignant chercheur, Grenoble École de Management (GEM).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Politique: Renaissance de la planification ?

Politique:  Renaissance de la planification ?

 

 

Pour une  refonte totale de notre système social et fiscal, estiment les économistes Yann Coatanlem et Antonio de Lecea, dans une tribune au « Monde ».

 

La question du pouvoir d’achat est, aujourd’hui, en tête des préoccupations des Français et l’accélération de l’inflation, tout comme la volatilité actuelle des prix de l’énergie renforcent le sentiment d’insécurité. Mais il faut prendre garde aux solutions politiques simplistes : les protestations contre la vie chère recoupent en fait des problématiques multiples, qu’il faut traiter individuellement, mais aussi suivant une stratégie d’ensemble cohérente.Bref, comme une renaissance de la planification, un gros mot il y a encore quelques mois !

Le manque de pouvoir d’achat souffre d’abord d’un trop-plein de « pouvoir de marché » d’entreprises qui profitent d’un cadre concurrentiel devenu inadapté. Le top 10 % des entreprises au rendement le plus élevé ont aujourd’hui un taux de rendement cinq fois plus élevé que le taux médian, alors que ce ratio était plus proche de deux il y a vingt-cinq ans. Les 10 % des entreprises les plus profitables ont vu leurs marges augmenter de 35 % depuis le début des années 2000, alors qu’elles ont stagné pour les autres entreprises, et leur profitabilité s’accroître de 50 % de plus que les autres. Le top 1 % des entreprises les plus exportatrices représentent 67 % de l’ensemble des exportations. Le top 1 % des firmes détentrices de brevets contrôle 91 % du total des brevets. Cette concentration de plus en plus extrême doit pousser les pouvoirs publics à revoir la politique de concurrence pour éviter la constitution de ces véritables impôts privés que sont les distorsions de prix et les rentes de monopoles, ou encore à faire payer aux entreprises les coûts d’environnement et d’infrastructure supportés par les budgets publics.

Par ailleurs, les crises à répétition, qu’elles soient sanitaires, économiques, climatiques ou géopolitiques, ont touché de manière disproportionnée les plus défavorisés. Durant la pandémie de Covid, on a recouru à un arsenal d’aides qui ont certainement atténué l’impact économique de la crise, mais dont le manque de ciblage suffisamment précis a pu, dans certains cas, créer des situations injustes et alourdir les déficits publics. De même, si dans la lutte contre la hausse du prix de l’essence, des aides d’urgence de l’Etat et des régions apparaissent nécessaires, elles contredisent l’impact de la taxe carbone dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Ces risques dérivés de l’action d’urgence seraient considérablement amoindris si l’on disposait d’une approche des crises ex ante, c’est-à-dire des filets de sécurité offrant une garantie raisonnable de ne pas être laissé sur le carreau. Le revenu universel peut jouer ce rôle d’amortisseur, avec l’avantage non négligeable de changer la psychologie des anticipations : avec moins de peur du lendemain, on peut davantage prendre de risques personnels qui contribuent à la prospérité du pays et les citoyens peuvent mieux accepter des choix politiques de long terme.

Renaissance de la planification ?

Renaissance de la planification ?

 

 

Pour une  refonte totale de notre système social et fiscal, estiment les économistes Yann Coatanlem et Antonio de Lecea, dans une tribune au « Monde ».

 

La question du pouvoir d’achat est, aujourd’hui, en tête des préoccupations des Français et l’accélération de l’inflation, tout comme la volatilité actuelle des prix de l’énergie renforcent le sentiment d’insécurité. Mais il faut prendre garde aux solutions politiques simplistes : les protestations contre la vie chère recoupent en fait des problématiques multiples, qu’il faut traiter individuellement, mais aussi suivant une stratégie d’ensemble cohérente.Bref, comme une renaissance de la planification, un gros mot il y a encore quelques mois !

Le manque de pouvoir d’achat souffre d’abord d’un trop-plein de « pouvoir de marché » d’entreprises qui profitent d’un cadre concurrentiel devenu inadapté. Le top 10 % des entreprises au rendement le plus élevé ont aujourd’hui un taux de rendement cinq fois plus élevé que le taux médian, alors que ce ratio était plus proche de deux il y a vingt-cinq ans. Les 10 % des entreprises les plus profitables ont vu leurs marges augmenter de 35 % depuis le début des années 2000, alors qu’elles ont stagné pour les autres entreprises, et leur profitabilité s’accroître de 50 % de plus que les autres. Le top 1 % des entreprises les plus exportatrices représentent 67 % de l’ensemble des exportations. Le top 1 % des firmes détentrices de brevets contrôle 91 % du total des brevets. Cette concentration de plus en plus extrême doit pousser les pouvoirs publics à revoir la politique de concurrence pour éviter la constitution de ces véritables impôts privés que sont les distorsions de prix et les rentes de monopoles, ou encore à faire payer aux entreprises les coûts d’environnement et d’infrastructure supportés par les budgets publics.

Par ailleurs, les crises à répétition, qu’elles soient sanitaires, économiques, climatiques ou géopolitiques, ont touché de manière disproportionnée les plus défavorisés. Durant la pandémie de Covid, on a recouru à un arsenal d’aides qui ont certainement atténué l’impact économique de la crise, mais dont le manque de ciblage suffisamment précis a pu, dans certains cas, créer des situations injustes et alourdir les déficits publics. De même, si dans la lutte contre la hausse du prix de l’essence, des aides d’urgence de l’Etat et des régions apparaissent nécessaires, elles contredisent l’impact de la taxe carbone dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Ces risques dérivés de l’action d’urgence seraient considérablement amoindris si l’on disposait d’une approche des crises ex ante, c’est-à-dire des filets de sécurité offrant une garantie raisonnable de ne pas être laissé sur le carreau. Le revenu universel peut jouer ce rôle d’amortisseur, avec l’avantage non négligeable de changer la psychologie des anticipations : avec moins de peur du lendemain, on peut davantage prendre de risques personnels qui contribuent à la prospérité du pays et les citoyens peuvent mieux accepter des choix politiques de long terme.

Avec Macron enterrement définitif du syndicalisme ou renaissance ?

Avec Macron enterrement définitif du syndicalisme ou renaissance ?

Macron n’a jamais cacher son dédain profond pour tous les corps intermédiaires y compris représentatifs. D’où l’artifice du recours à des commissions citoyennes bidon pour échapper à une discussion réellement démocratique et  pertinente.

Or  second quinquennat d’Emmanuel Macron a été entériné par un constat – la sanction d’un électorat séduit entre autre par les promesses de réformes sociales de Marine Le Pen – et un engagement, l’annonce d’un changement.

Celui-ci tiendra-t-il compte du bilan de son premier quinquennat, tout particulièrement sur la question du dialogue social, point d’achoppement entre l’exécutif et les syndicats ?

L’ambition d’Emmanuel Macron de « simplifier les relations sociales et la vie interne des entreprises » en leur donnant plus de « flexibilité et de sécurisation » a été accueillie avec beaucoup de critiques notamment par les dirigeants syndicaux. Ces derniers lui ont reproché un dialogue social dégradé, désordonné, affaibli, ne satisfaisant ni les directions, ni les représentants du personnel. Ils pointent un important recul de la démocratie sociale et des « ordonnances travail » très discutables.

Le 26 avril 2022, le dirigeant syndical Laurent Berger (CFDT) liste ainsi dans une tribune publiée dans Le Monde l’ensemble des défis à venir lui demandant de convoquer « un grand rendez-vous social ».

 

Si, durant son premier mandat, Emmanuel Macron n’a jamais caché son refus de développer le dialogue avec les organisations syndicales, il faut souligner que la méthode du premier quinquennat – par ailleurs entâchée par différentes crises sociales de taille, crise des « gilets jaunes », mouvement massif contre la réforme des retraites avec la grève la plus longue que la SNCF n’ait jamais connue, crise sanitaire – a été celle d’une plus grande libéralisation du dialogue social.

Emmanuel Macron et son gouvernement ont réduit le dialogue social au seul niveau de l’entreprise en créant des mécanismes institutionnels incitant à moins de syndicalisation et à plus de représentation interne unique des salariés grâce au développement du référendum d’entreprise et au nouveau dispositif du conseil d’entreprise, fusion des instances représentatives et de l’exercice de la négociation collective réduisant sensiblement le pouvoir syndical. Il n’existe actuellement que 90 conseils d’entreprise en France contre 90.000 Comités Sociaux et Économiques. Emmanuel Macron a déjà prévenu qu’il souhaitait porter davantage le Conseil d’Entreprise lors de son prochain quinquennat.

Dans le même ordre d’idées, le gouvernement a travaillé à la fusion des branches professionnelles pour tenter de calquer le modèle allemand qui possède 100 branches contre 217 en France, réduisant ainsi le nombre d’interlocuteurs.

Depuis 2015 et la loi Rebsamen incitant à fusionner les représentatives du personnel (délégués du personnel, Comité d’entreprise et Comité d’hygiène et de sécurité des conditions de travail), les organisations patronales avaient réclamé l’obligation de les fusionner en un seul Comité social et économique. Ce modèle, supprimant le CHSCT, accélérait la simplification et l’efficacité pour faire passer les projets d’entreprise et répondre aux différentes obligations légales.

Ce format où l’implication des organisations syndicales est de plus en plus réduite peut-il perdurer ?

Les partenaires sociaux (syndicats, branches professionnelles, associations) aussi nommés « corps intermédiaires » sont là pour porter un véritable poids politique, notamment en négociant des Accords Nationaux Interprofessionnels (sur la santé et le télétravail pour les plus récents), mais aussi dans la gestion des organismes paritaires (formation, retraite), et surtout, au quotidien, au sein des entreprises en négociant 40,000 accords collectifs annuels qui améliorent la vie d’un nombre important de salariés.

Les derniers résultats de la représentativité dans les branches professionnelles montrent que le score des trois organisations syndicales les plus réformistes CFDT, CFTC et UNSA dépassent les 30 % dans 75 % des branches ; si l’on ajoute le score obtenu par la CFE-CGC, le seuil des 50 % est atteint, la capacité de signer par des organisations syndicales aptes au compromis est alors acquise dans la majeure parties des branches. Cela signifie-t-il que le syndicalisme en France veut se montrer plus raisonnable ? Les organisations syndicales auraient-elles pris conscience qu’aborder les enjeux de demain liés aux transformations de l’emploi et à la transition écologique pourraient passer par un travail en commun sans rester arc bouter sur une culture exclusive de la confrontation ?

Plusieurs articles et rapports ont montré que ces fusions n’ont pas porté leur fruit et ont manqué singulièrement d’innovation, sans les effets vertueux promis sur la transformation sociale au sein des entreprises.

Plusieurs acteurs ont regretté un échec et « un appauvrissement » du dialogue social, constatant un manque de volonté dans la pratique des relations sociales engendrant la tentation à la conflictualité directe.

La méconnaissance des règles de droit social, la politisation ou l’élargissement du conflit local en conflit national ou une judiciarisation directe pour faire annuler les Plan de Sauvegarde de l’Emploi sont de plus en plus utilisés pour créer un rapport de force.

De même, au sein des petites entreprises où l’on pousse de moins en moins à la syndicalisation en ouvrant à d’autre acteurs, le champs de la négociation (salariés par la voie du référendum, salariés mandatés, représentants du personnel) et sans critiquer outre mesure ces nouveaux procédés de négociation qui permettent une régulation sociale au sein des petites et moyennes entreprises, on peut s’interroger sur les effets à venir de la stagnation de la syndicalisation dans la défense des règles du droit du travail par des acteurs peu armés pour affronter les sujets à forts enjeux pour les salariés tels que la retraite, les mobilités, les transformations de l’emploi, l’actionnariat salarié etc.

Placer le curseur de la régulation sociale principalement au niveau de l’entreprise et ouvrir la voie à d’autres acteurs pourrait davantage affaiblir les organisations syndicales. Cela risquerait aussi de désenchanter le dialogue social et d’augmenter l’insatisfaction des salariés eu égard à leurs représentants avec les conséquences que cela pourraient engendrer, celles d’une expression directe, désorganisée et potentiellement incontrôlable.

N’oublions pas, que pendant la crise Covid et malgré un taux de syndicalisation toujours aussi faible (10,3 % en France contre 23 % en moyenne en Europe) les syndicats et les représentants du personnel ont montré qu’ils pouvaient être présents, efficaces et légitimes pour négocier des sujets à risques pour leur électorat, comme les dispositions sur les congés payés réduits ou des accords d’activité partielle de longue durée.

Les organisations syndicales peuvent-elles demain se réinventer et peser sur le second quinquennat ? Emmanuel Macron parviendra-t-il à offrir de réelles opportunités pour valoriser et favoriser le syndicalisme en proposant de nouvelles règles du jeu ?

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Par Stéphanie Matteudi, Enseignante. Chercheuse au LEREDS, Directrice practice Chez Alixio, Université de Lille.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Ségolène Royal : renaissance au Sénat !

Ségolène Royal : renaissance au Sénat !

 

 Il faut croire que la politique est une sorte de drogue douce certes moins dangereuse que d’autres mais dont l’addiction ne peut être contestée. Pour preuve,  Ségolène Royal âgée de presque 70 ans envisage une candidature au Sénat au titre des Français de l’étranger. Bref celle qui a déjà accumulé nombre de responsabilités -et de pensions qui l’accompagnent- pourra ainsi tranquillement être assurée d’ un plan de charge politique jusqu’à presque 80 ans dans le confortable palais du Luxembourg qui abrite les sénateurs.

 

En plus sa liste sera citoyenne déclare-t-elle. On voit mal ce qui peut être citoyen dans un mode d’élection indirecte où ce sont les grands élus qui s’arrangeant en famille pour élire des sénateurs sans jamais presque rendre compte d’ailleurs à leurs  électeurs.

 

On  ne peut être que dubitatif devant cette soif jamais assouvie de responsabilité et de pouvoir d’une responsable qui aura donc passé toute sa vie dans des fonctions politiques et qui pourtant s’affirme comme l’égérie d’un mouvement appelé désir d’avenir. À 70 ou 80 ans, la prétention peut paraître un peu obsolète.

 

Nouvelles technologies– »Intelligence artificielle : renaissance de l’expérience humaine « !

Nouvelles technologies– »Intelligence artificielle : renaissance de l’expérience humaine « !

Un plaidoyer pour  l’intelligence artificielle par Gianmarco Monsellato, Avocat, Ancien dirigeant de Deloitte-Taj, Senior Partner Deloitte dans l’Opinion . Une vision quand même un peu réductrice du champ de l’intelligence artificielle et en même temps un peu excessive voire caricaturale.

 

Tout est écrit. Le futur peut se lire dans l’interprétation des données à notre disposition, des signes que la nature nous donne. Ces conclusions ne viennent pas d’une entreprise technologique du XXIe siècle mais des alchimistes du XVe. Serions-nous en train de vivre un retour en arrière, assisterions-nous à une nouvelle forme de pensée magique sous le couvert du vocabulaire technologique ? Les professions d’expertises et notamment les services professionnels pourraient être tentés de le croire tant leur fin, ou leur mutation complète, est souvent annoncée à cause de l’essor de l’IA. A quoi bon des experts, lorsqu’un algorithme peut vous donner toutes les réponses à vos questions ? Et pourtant…

L’IA découle de la rencontre entre la technique des algorithmes, qui n’est pas nouvelle, une masse de données immense grâce à internet, et des puissances de calcul en augmentation exponentielle. Elle constitue une formidable capacité à calculer des corrélations entre des données apparemment indépendantes, permettant de mettre en lumière des liens de causalités jusque-là ignorés. Grâce au « machine learning », les algorithmes améliorent la pertinence de leurs résultats en éliminant les corrélations aboutissant à des conclusions hors contexte, autrement dit absurdes pour un humain.

Pour les professions d’expertise (consultants, avocats, juges, auditeurs…), l’IA permet de disposer rapidement d’une analyse précise et exhaustive des précédents dans toutes leurs dimensions. Ce qui avant devait être effectué par des collaborateurs durant un temps assez long et avec un taux d’inexactitude non négligeable est désormais rapidement disponible, sans erreur et de manière exhaustive. Sur le plan du droit, l’IA permet de disposer d’analyses de précédents d’une profondeur sans équivalent, réduisant à néant le risque d’erreur ou d’omission. Elle apporte ainsi une sécurité juridique sans faille. A tel point que certaines Cours suprêmes de pays de Common Law travaillent sur des projets d’IA pour effectuer toute la préparation analytique au jugement.

Par construction, une IA ne fait que répéter le passé. Le présupposé fondateur des études de corrélation est de croire que les phénomènes passés ont vocation à se répéter dans le futur

Pour puissante qu’elle soit, l’IA n’en demeure pas moins entravée par des limites indépassables. En premier lieu, elle est sujette aux biais. Puisqu’elle traite des données existantes, ces conclusions reflètent nécessairement les a priori présents dans l’historique des environnements analysés. Plus un biais, ou une erreur de jugement sur le plan moral, a été répété de manière insidieuse dans le passé, plus il influencera les analyses de corrélations et donc les conclusions de l’IA. En second lieu, toutes les corrélations ne se valent pas. Certaines identifient des liens entre données qui sont de fausses causalités uniquement créées par la répétition non signifiante de certains aléas, ce que les mathématiciens arabes du Moyen Age ont appelé « hasard ». Enfin, par construction, une IA ne fait que répéter le passé. Le présupposé fondateur des études de corrélation est de croire que les phénomènes passés ont vocation à se répéter dans le futur. Ce qui va à l’encontre de l’aspiration humaine à la créativité qui n’est rien d’autre que le refus du déterminisme.

 

Est-ce à dire alors que l’IA serait un faux savoir à renier au même titre que l’alchimie de la fin du Moyen Age ? Bien sûr que non, ne fût-ce que parce que certains parmi les plus grands savants à l’origine de la Renaissance étaient aussi des alchimistes. Il faut en revanche l’utiliser pour ce qu’elle est sans lui prêter des capacités qu’elle ne peut avoir.

L’IA permet dès aujourd’hui, et encore plus demain, à tous les métiers de savoir, de bénéficier d’analyses techniques de plus grande qualité et plus rapidement que par le passé. Pour autant que l’on sache s’en servir. Les collaborateurs qui auparavant effectuaient les recherches techniques doivent désormais se concentrer sur le fonctionnement de l’IA pour corriger ses biais ou a minima les comprendre pour en nuancer les conclusions. Quant à ceux qui sont en position de décider, ou de conseiller, ils doivent considérer les conclusions de l’IA pour ce qu’elles sont : une vision du passé appliquée au futur, qui ne peut appréhender l’intelligence des situations si importante à la qualité de la prise décision.

C’est la responsabilité du conseil, de l’avocat ou de l’auditeur, de comprendre que décider c’est créer l’avenir et non pas répéter le passé. L’expérience permet de savoir quand il est nécessaire de s’écarter des chemins déjà tracés, ou quand une évidence provenant du passé deviendrait une erreur si elle était projetée dans le futur. Les plus grandes évolutions juridiques créatrices des droits fondamentaux qui fondent nos sociétés n’auraient jamais été possibles si les jugements ou décisions avaient été rendues par des IA, justement par ce que ces évolutions sont le fruit de décisions qui ont voulu rompre avec ce qui existait déjà.

En réalité, l’IA met sur le devant de la scène l’importance de la qualité de la prise de décision, fruit de l’expérience et de la volonté créatrice. Elle valorise la qualité du jugement humain. Et elle nous renvoie à un texte fondateur de la culture occidentale. Dans l’Odyssée, Ulysse connaît le jugement des dieux et le déterminisme qu’il impose. Il choisit de s’en départir et de tracer son propre chemin, dans un voyage qui ne cesse de nous inspirer 3 000 ans après. Finalement, le principal mérite de l’IA est de nous rappeler que nous sommes humains.

Gianmarco Monsellato, Avocat, Ancien dirigeant de Deloitte-Taj, Senior Partner Deloitte

« Intelligence artificielle : renaissance de l’expérience humaine « !. ( Gianmarco Monsellato)

« Intelligence artificielle : renaissance de l’expérience humaine « !. ( Gianmarco Monsellato)

Un plaidoyer pour  l’intelligence artificielle par Gianmarco Monsellato, Avocat, Ancien dirigeant de Deloitte-Taj, Senior Partner Deloitte dans l’Opinion . Une vision quand même un peu réductrice du champ de l’intelligence artificielle et en même temps un peu excessive.

 

Tout est écrit. Le futur peut se lire dans l’interprétation des données à notre disposition, des signes que la nature nous donne. Ces conclusions ne viennent pas d’une entreprise technologique du XXIe siècle mais des alchimistes du XVe. Serions-nous en train de vivre un retour en arrière, assisterions-nous à une nouvelle forme de pensée magique sous le couvert du vocabulaire technologique ? Les professions d’expertises et notamment les services professionnels pourraient être tentés de le croire tant leur fin, ou leur mutation complète, est souvent annoncée à cause de l’essor de l’IA. A quoi bon des experts, lorsqu’un algorithme peut vous donner toutes les réponses à vos questions ? Et pourtant…

L’IA découle de la rencontre entre la technique des algorithmes, qui n’est pas nouvelle, une masse de données immense grâce à internet, et des puissances de calcul en augmentation exponentielle. Elle constitue une formidable capacité à calculer des corrélations entre des données apparemment indépendantes, permettant de mettre en lumière des liens de causalités jusque-là ignorés. Grâce au « machine learning », les algorithmes améliorent la pertinence de leurs résultats en éliminant les corrélations aboutissant à des conclusions hors contexte, autrement dit absurdes pour un humain.

Pour les professions d’expertise (consultants, avocats, juges, auditeurs…), l’IA permet de disposer rapidement d’une analyse précise et exhaustive des précédents dans toutes leurs dimensions. Ce qui avant devait être effectué par des collaborateurs durant un temps assez long et avec un taux d’inexactitude non négligeable est désormais rapidement disponible, sans erreur et de manière exhaustive. Sur le plan du droit, l’IA permet de disposer d’analyses de précédents d’une profondeur sans équivalent, réduisant à néant le risque d’erreur ou d’omission. Elle apporte ainsi une sécurité juridique sans faille. A tel point que certaines Cours suprêmes de pays de Common Law travaillent sur des projets d’IA pour effectuer toute la préparation analytique au jugement.

Par construction, une IA ne fait que répéter le passé. Le présupposé fondateur des études de corrélation est de croire que les phénomènes passés ont vocation à se répéter dans le futur

Déterminisme. Pour puissante qu’elle soit, l’IA n’en demeure pas moins entravée par des limites indépassables. En premier lieu, elle est sujette aux biais. Puisqu’elle traite des données existantes, ces conclusions reflètent nécessairement les a priori présents dans l’historique des environnements analysés. Plus un biais, ou une erreur de jugement sur le plan moral, a été répété de manière insidieuse dans le passé, plus il influencera les analyses de corrélations et donc les conclusions de l’IA. En second lieu, toutes les corrélations ne se valent pas. Certaines identifient des liens entre données qui sont de fausses causalités uniquement créées par la répétition non signifiante de certains aléas, ce que les mathématiciens arabes du Moyen Age ont appelé « hasard ». Enfin, par construction, une IA ne fait que répéter le passé. Le présupposé fondateur des études de corrélation est de croire que les phénomènes passés ont vocation à se répéter dans le futur. Ce qui va à l’encontre de l’aspiration humaine à la créativité qui n’est rien d’autre que le refus du déterminisme.

Est-ce à dire alors que l’IA serait un faux savoir à renier au même titre que l’alchimie de la fin du Moyen Age ? Bien sûr que non, ne fût-ce que parce que certains parmi les plus grands savants à l’origine de la Renaissance étaient aussi des alchimistes. Il faut en revanche l’utiliser pour ce qu’elle est sans lui prêter des capacités qu’elle ne peut avoir.

L’IA permet dès aujourd’hui, et encore plus demain, à tous les métiers de savoir, de bénéficier d’analyses techniques de plus grande qualité et plus rapidement que par le passé. Pour autant que l’on sache s’en servir. Les collaborateurs qui auparavant effectuaient les recherches techniques doivent désormais se concentrer sur le fonctionnement de l’IA pour corriger ses biais ou a minima les comprendre pour en nuancer les conclusions. Quant à ceux qui sont en position de décider, ou de conseiller, ils doivent considérer les conclusions de l’IA pour ce qu’elles sont : une vision du passé appliquée au futur, qui ne peut appréhender l’intelligence des situations si importante à la qualité de la prise décision.

Rompre avec ce qui existait déjà. C’est la responsabilité du conseil, de l’avocat ou de l’auditeur, de comprendre que décider c’est créer l’avenir et non pas répéter le passé. L’expérience permet de savoir quand il est nécessaire de s’écarter des chemins déjà tracés, ou quand une évidence provenant du passé deviendrait une erreur si elle était projetée dans le futur. Les plus grandes évolutions juridiques créatrices des droits fondamentaux qui fondent nos sociétés n’auraient jamais été possibles si les jugements ou décisions avaient été rendues par des IA, justement par ce que ces évolutions sont le fruit de décisions qui ont voulu rompre avec ce qui existait déjà.

En réalité, l’IA met sur le devant de la scène l’importance de la qualité de la prise de décision, fruit de l’expérience et de la volonté créatrice. Elle valorise la qualité du jugement humain. Et elle nous renvoie à un texte fondateur de la culture occidentale. Dans l’Odyssée, Ulysse connaît le jugement des dieux et le déterminisme qu’il impose. Il choisit de s’en départir et de tracer son propre chemin, dans un voyage qui ne cesse de nous inspirer 3 000 ans après. Finalement, le principal mérite de l’IA est de nous rappeler que nous sommes humains.

Gianmarco Monsellato, Avocat, Ancien dirigeant de Deloitte-Taj, Senior Partner Deloitte

Renaissance d’une taxe sur les transactions financières ?

Renaissance d’une taxe sur les transactions financières

 

Comme d’autres taxes(  taxes carbone, taxe numérique  etc.) , la taxe sur les transactions financières enterrées en 2016 remonte à la surface à l’occasion financement du plan de relance européen. On sait que le plan de relance européen a tout prévu sauf le moindre financement ! Plusieurs chefs d’État notamment Macron en France ont évoqué des hypothèses de taxation sur les importations, sur le carbone, sur le plastique ou encore sur les Gafam. Mais strictement aucune orientation même vague n’a été décidée. Du coup au parlement européen, on  se réveille pour ressortir le vieux projet concernant les transactions financières. 69 eurodéputés – principalement de gauche et écologistes – ont signé une pétition le 16 juillet visant à ressusciter le projet de taxe sur les transactions financières et demandant que celle-ci soit à la hauteur des enjeux posés par la crise sanitaire. L’Allemagne, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne depuis le 1er juillet, s’est pour sa part engagée à mettre en place cette TTF européenne.

Ce soutien de Berlin n’est pas nouveau. Déjà, en décembre 2019, une initiative franco allemande portée par Olaf Scholz – le ministre allemand des Finances – avait tenté de relancer le processus . Mais seuls 10 Etats européens (Allemagne, France, Italie, Autriche, Belgique, Grèce, Portugal, Slovaquie, Slovénie, Espagne) auraient été concernés.

Cette idée peut resurgir aujourd’hui, car les Britanniques, férocement opposés à cette taxe, sont désormais absents des débats. Mais le nouveau projet affiche des objectifs bien moins ambitieux qu’en 2011.

Seuls les achats d’actions de grandes sociétés, affichant une capitalisation boursière de 1 milliard d’euros et plus, seraient imposés, à hauteur de 0,2 %. Les transactions sur les obligations ou sur les produits dérivés ne seraient pas concernées, et d’autres opérations financières pourraient y échapper. Ainsi calibrée, la TTF pourrait rapporter 3,5 milliards d’euros, bien loin des 35 milliards envisagés en 2011. Ce serait évidemment bien insuffisant pour financer  même de façon partielle le plan de développement de 750 milliards décidés par l’union européenne !

 

France: la renaissance de l’inflation qui va peser sur la consommation

France: la renaissance  de l’inflation qui va peser sur la consommation

 

Du fait d’une tassement des échanges internationaux, la croissance en France encore davantage qu’ailleurs repose sur la demande intérieure. or  cette demande en 2020 pourrait bien être hypothéquée par la renaissance de l’inflation. Alors que la croissance 2019 devrait tourner autour de 1.2% et à peine 1 % en 2020, l’inflation  pointe sérieusement le bout de son nez avec un  rythme sur un an de 1,6% en décembre en France, selon une première estimation publiée vendredi par l’Insee. De quoi évidemment affecter sérieusement le pouvoir d’achat des ménages et leur épargne. Cela d’autant plus que les revenus ne sont pas augmentés  en valeur relative. En outre, on prévoit de diminuer de 0,5 % le taux des livrets d’épargne. En fait , l’inflation dérape sérieusement en cette fin d’année et évidemment aura des conséquences importantes en 2020. Ce dérapage de 50 % environ de l’inflation amorce sans doute un processus à long terme de correction entre la richesse réelle et les politiques accommodantes des banques centrales (en fait qui utilisent  la planche à billets). Reste à savoir si cette correction se fera progressivement ou brutalement après l’éclatement d’une bulle ou d’un événement géopolitique grave. Mais de toute façon cette correction aura lieu.

L’indice des prix harmonisés selon les normes européennes IPCH, qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, s’inscrit en hausse de 1,6% sur un an, un niveau supérieur aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une hausse de 1,4%, après 1,2% le mois précédent. L’indice des prix à la consommation (IPC), utilisé couramment en France, s’inscrit en hausse à 1,4% sur les douze mois à fin décembre, contre 1,0% à la fin du mois du novembre.

« Renaissance européenne », Macron plus fort pour les campagnes électorales que pour la gestion

« Renaissance européenne », Macron plus fort pour les campagnes électorales  que pour la gestion

Ce qui fait la particularité des présidents français, c’est en général être beaucoup plus fort leur des campagnes électorales que pendant la gestion de leur mandat. C’est vrai en politique intérieure évidemment mais tout autant en politique internationale. Concernant l’Europe Sarkozy, puis Hollande enfin Macron avait promis des changements fondamentaux avant finalement de se coucher devant l’Allemagne complètement imperméable aux propositions françaises. Pire, aujourd’hui l’alliance entre l’Allemagne et la France n’a jamais été empirée ta concernant l’évolution de l’Europe. Merkel fait semblant de consentir quelques mesures tout à fait accessoire car elle est en désaccord sur le fond et en plus dans une situation politique plus précaire que précédemment. Les échecs répétés de Macron pour redynamiser l’Europe ne l’ont pas dissuadé de lancer une série de propositions dont on se demande par qui elle pourrait être soutenue. A moins de trois mois d’élections européennes qu’il juge “décisives”, Emmanuel Macron a dévoilé lundi soir une série de mesures concrètes en faveur d’une “renaissance européenne” et lancé un cri d’”alarme” pour une Europe qui selon lui n’a jamais été autant en danger. Dans une lettre aux “citoyens d’Europe” publiée simultanément dans des quotidiens des 28 Etats membres, du Guardian à El Pais en passant par le Corriere della serra, le chef de l’Etat français adresse une mise en garde contre la tentation du “repli” ou de la “résignation”. “Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger”, écrit-il, prenant pour exemple la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne programmée dans moins d’un mois. “Le repli nationaliste ne propose rien, c’est un rejet sans projet et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire”, fustige-t-il. “Nous sommes à un moment décisif pour notre continent, un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme”, ajoute-t-il. “Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.” Ces ambitions passent notamment par la création d’une agence de protection des démocraties et d’une banque pour le climat, la mise en place d’un salaire minimum européen ou encore l’interdiction en Europe des entreprises “portant atteinte aux intérêts stratégique européens”. (Pour voir l’ensemble des mesures :) .




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