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Castaner « non rémunéré à la tête de La République En Marche » : une fumisterie démagogique

Castaner  « non  rémunéré  à  la tête  de  La  République  En  Marche » :  une fumisterie  démagogique

 

Dans une interview sur Atlantico, Erik Neveu sociologue, professeur à Sciences Po Rennes analyse  la signification de la responsabilité bénévole de Castaner à la tête de la république en marche.

: Christophe Castaner fraîchement élu délégué général de La République en Marche ne sera pas rémunéré pour ses nouvelles fonctions, n’est-il pas démagogique pour le parti de traiter cette fonction « à la légère?

Erik Neveu : L’hypothèse d’un cumul entre fonction ministérielle, statut de porte parole du gouvernement et leader de parti traduit un bien vieux syndrome de la politique professionnelle : l’illusion de pouvoir tout faire à la fois. Les qualités de M Castaner sont certainement éminentes, mais qui peut croire qu’il puisse assurer à la fois trois fonctions qui demandent un fort investissement et beaucoup de réactivité ? Alors désintérêt pour la formation partisane « En Marche » ? On est porté à prêter au président plus d’intelligence politique que cela. Qu’on la nomme parti ou mouvement, il a besoin d’une structure de coordination dans la perspective d’élections à venir et cela d’autant plus que l’enchantement du moment électoral est retombé comme un soufflé ; les sondages le montrent. A défaut d’avoir l’Explication à majuscule d’une stratégie qui surprend on peut formuler quelques hypothèses. Mettre à la tête de la formation un « délégué général » (pas un président) pas trop connu et éventuellement pris dans une pluralité de tâches c’est éviter qu’une tête ne dépasse trop, qu’un pouvoir peut être distinct s’organise. La réanimation d’ « En Marche » peut aussi être pensée comme le fait d’une équipe exécutive et non d’une seule personne. N’excluons pas non plus une vision managériale qui ferait croire qu’une organisation politique se gère « comme une entreprise »… au risque d’oublier qu’elle repose sur de la croyance, sur le désir des adhérents de contribuer en actes à des changements sociaux.

 

En voyant l’engagement militant comme du « bénévolat », comme l’indique Christophe Castaner, ne peut pas également regretter une approche « censitaire » de l’engagement politique ? N’est-il pas sain et « normal » que les cadres d’un parti soient rémunérés, assurant ainsi que l’engagement politique ne soit pas réservé à ceux qui peuvent l’assumer financièrement ?

Il est tentant de répondre, en le regrettant, que la politique est censitaire par nature. Un classique de la science politique s’appelle « Le Cens Caché » (Daniel Gaxie, Seuil, 1978). Il montre combien dans les faits l’intérêt pour les activités politiques est très inégalement répandu. Il faut une combinaison de temps libre, d’éducation, de sentiment de sa légitimité à opiner sur la marche du monde pour être actif en politique. Et cette combinaison se retrouve plus souvent chez des intellectuels, des cadres, des haut-fonctionnaires que chez l’artisan du village ou la caissière de l’hypermarché. Un des rares mécanismes qui ait contrecarré cela a tenu dans l’action volontariste d’organisations comme hier les partis communistes ou les mouvements de jeunesse chrétienne pour former méthodiquement des personnes socialement moins favorisées. Rendre la politique ouverte à une plus grande variété de profils sociaux, d’expériences c’est en effet aussi faire qu’elle ne demande pas une fortune personnelle. La création à la fin du XIX° de l’indemnité parlementaire est une victoire démocratique, elle libère l’élu de l’obligation d’être riche ou de la dépendance à un parrain. Il y a donc quelque chose de surprenant à  présenter comme un signe de modernité l’oubli de ce tournant démocratique. Qu’un dirigeant ou un permanent de parti soit payé pour un vrai travail n’est pas ce qui suscite l’indignation. Il y a un problème de professionnalisation de la politique : mais il tient bien plus dans le fait d’entamer à vingt ans une carrière de collaborateur d’élu et à ne jamais quitter le microcosme politique, il tient à des privilèges (régime de retraite, revenus non imposables), à des abus (emplois fictifs, rémunérations sans rapport avec le travail fourni). Avancer vers la dé-professionnalisation de la politique ce n’est pas mettre en scène un bénévolat apparent, mais par exemple inventer des dispositifs qui permettent à un élu de revenir sans dégâts dans la vie normale après un ou deux mandats. Que proposer à la profession libérale qui a pu perdre sa clientèle, à l’ingénieur ou au chercheur qui à « décroché » de l’avancée des savoirs et techniques. Si le monde nouveau d’une politique moins professionnelle est à explorer, ce serait dans de telles directions.

Plus largement, que révèle cet épisode de ce que doit être un parti politique au sens d’En marche et d’Emmanuel Macron ? Faut-il parler de fracture avec la tradition politique du pays, tendant à faire d’un parti l’intermédiaire entre le peuple et le gouvernement ?

 

Le mode de choix, assez modérément démocratique puisque le gros des membres ne vote pas, au profit d’un collège électoral restreint, rappelle plutôt un retour à des procédures des formations gaullistes de jadis, sans parler du vote à main levées ! S’il y a une fracture, c’est d’abord celle qui s’est marquée entre le corps social et les partis perçus comme impuissants à changer les conditions de vie, infidèles à leurs engagements, peuplés d’élites éloignées de l’expérience quotidienne du grand nombre. « En Marche » -mais d’une autre manière « La France insoumise »- a voulu réinventer une connexion souple et forte entre la société et le pouvoir politique. L’opération a réussi électoralement. A défaut de démocratiser la politique, elle a recomposé vers le pôle du privé et de l’entreprise le recrutement de ses professionnels. Au stade actuel ce sont les limites de cette forme participative nouvelle qui ressortent : adhérents réduits à un statut de fan-club, difficulté à stabiliser les soutiens apparus pendant la campagne, poids persistant de professionnels de la politique pas toujours tombés de la dernière pluie (C Castaner est maire depuis 2001, ancien député socialiste). Quelle que soit l’équipe dirigeante d’« En marche », elle ne pourra échapper à un choix. Soit le mouvement est pensé comme simple haut-parleur de la parole présidentielle et relais de ses prises de position : sa nécrose est alors assurée. Soit l’exploration d’une forme politique nouvelle y cherche un vrai outil de remontée des suggestions, expériences et propositions d’une base sociale un peu ancrée dans la diversité du monde réel, et des tensions et frictions avec l’exécutif surgiront inévitablement. Courir ce risque serait certainement un choix plus porteur de possibilités que le premier…encore faut-il n’être pas bunkérisé dans la certitude de son omniscience et de celles des ‘technos’ qui vous entourent.

 

Fillon rémunéré à l’étranger

Fillon rémunéré à l’étranger

 

 

Encore  une nouvelle affaire pour Fillon décidément accro aux revenus sulfureux. Grâce à d’habiles montages, Fillon se faisait rémunérer pour des conférences à l’étranger organisé par des amis complaisants. Après les révélations du Canard enchaîné sur les rémunérations des proches de François Fillon, Libération publie une enquête sur les conférences données à l’étranger par le candidat de la droite à la présidentielle, vendredi 17 février. Des conférences qui ne posent pas de problème légal en tant que telles, mais qui questionnent l’exemplarité de M. Fillon, visé par une enquête du parquet national financier pour l’emploi fictif supposé de sa femme et de ses enfants. Pour sept colloques effectués entre 2013 et 2016, François Fillon a été rémunéré de 20 000 euros à 30 000 euros par événement, a assuré au quotidien sa responsable de la communication, Caroline Morard. Des « honoraires » versés à sa société 2F Conseil. Libération décrit comment certaines de ces conférences mettent en lumière « un système bien huilé » entre le député de la Sarthe et deux de ses proches, le député Les Républicains Jérôme Chartier et Arnaud Vaissié, président du réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI) françaises. Selon le quotidien, François Fillon participe, comme beaucoup d’autres représentants politiques, à des débats sur des thèmes variés organisés depuis 2003 par l’association Les Entretiens de Royaumont, think tank de droite présidé par Jérôme Chartier, son ami de vingt ans et porte-parole. En France, M. Fillon est toujours intervenu à titre gracieux. A l’étranger, en revanche, où il a donné des conférences en 2013, François Fillon a été rémunéré à plusieurs reprises. Il pourrait même être l’un des seuls intervenants à avoir été payé ; plusieurs participants affirmant n’avoir jamais rien touché. Une situation qui laisse planer le doute sur d’éventuels arrangements entre amis, d’autant que les organisateurs, interrogés par Libération, se renvoient la balle sur la rémunération de M. Fillon. Jérôme Chartier décline la responsabilité de son association dans les événements organisés à l’étranger, renvoyant vers les CCI, l’autre organisateur desdites conférences. Les CCI n’ont pas répondu aux sollicitations du journal, à l’exception de celle de Rabat, au Maroc, qui affirme n’avoir pas rémunéré l’ancien premier ministre. Le réseau CCI France international, qui regroupe les chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger, a, lui, fait savoir à Libération qu’il n’avait « pas connaissance des contrats passés avec les conférenciers ou intervenants » ; l’organisation des colloques étant gérée par les chambres de commerce elles-mêmes dans chaque pays. Arnaud Vaissié, qui préside ce réseau, est également un proche de François Fillon, membre de son équipe de campagne.( Info Le Monde)

Sarkozy : encore une conférence rémunérée à Abou Dhabi

Sarkozy : encore  une conférence rémunérée à Abou Dhabi

Il ne peut pas changer, Le coté bling-bling, son rapport au fric  ne sont pas solubles dans sa responsabilité de président de l’UMP. C’est maladif chez lui, pourquoi a-t-il vraiment besoin d’aller gratter 100 000 euros par ci, 100 000 euros par là ? Au moins Juppé lui ne se fait jamais rémunérer (ça ne suffit pas évidemment pour donner une crédibilité à une candidature pour 2017 mais quand même !°En effet Nicolas Sarkozy était lundi 2 février à Abou Dhabi pour y donner une conférence rémunérée selon Marianne. Alors que lundi matin, « l’UMP se réveille traumatisée par son élimination dans le Doubs », son président « s’envole vers des cieux plus cléments » et « se rend à Abou Dhabi pour une conférence très privée… et surtout très rémunérée », écrit l’hebdomadaire, sans préciser le montant de cette rémunération. L’ex-président de la République, indique Marianne, « répondait à l’invitation du Cheikh Mansour et du fonds souverain IPIC ». Aux Émirats arabes unis, il a « consacré son temps à une quinzaine de personnes triées sur le volet » et le matin, « il a aussi été reçu par le prince héritier qui l’a invité au Majlis, le Parlement de l’Émirat ».  Interrogé mercredi en fin de soirée par, l’entourage de Nicolas Sarkozy n’a pas réagi dans l’immédiat. Un proche du président de l’UMP a toutefois confirmé l’information auprès de Marianne : le bureau politique du parti « était convoqué le mardi, on a respecté le jour de la convocation. (Nicolas Sarkozy) était joignable toute la journée (de lundi), cela n’aurait rien changé aux discussions le lendemain ». Après l’élimination dimanche du candidat UMP au premier tour de la législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, la cacophonie s’est installée lundi à l’UMP, la numéro deux du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet, appelant à faire barrage au Front national en votant socialiste, alors que le numéro trois, Laurent Wauquiez, plaidait à l’inverse pour le « ni-ni » (ni PS, ni FN) et exprimait sa préférence personnelle pour le vote blanc.
Au final, après une nouvelle journée de fortes tensions mardi, le Bureau politique de l’UMP a opté de justesse pour le « ni-ni« , contre l’avis de Nicolas Sarkozy, jusque-là ardent défenseur de ce « ni-ni » mais désormais partisan d’une inflexion en appelant clairement à faire barrage au FN. Les conférences rémunérées de Nicolas Sarkozy à l’étranger sont parfois critiquées jusque dans les rangs de l’UMP. En décembre, juste après son élection à la tête du parti, il s’était rendu au Qatar pour donner une conférence à l’invitation de la Qatar National Bank, selon Paris Match. L’ancien chef d’État est régulièrement pointé du doigt pour ses amitiés avec le Qatar, pays que le FN accuse de « financer le fondamentalisme islamique en France ».  La présence, le 28 janvier, du président du PSG, le Qatari Nasser al-Khelaïfi, à la fête pour les 60 ans de Nicolas Sarkozy a fait grincer des dents. « C’est quand même étrange que le patron du PSG ait été présent à son anniversaire. Il faudrait que Sarko arrête de fricoter avec les gens du Qatar », aurait lancé Bruno Le Maire, a affirmé mercredi Le Canard enchaîné.




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