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Remise en cause de la région Grand Est : 92,4 % des Alsaciens approuvent

Remise en cause de la région Grand Est : 92,4 % des Alsaciens approuvent

Il est clair que nombre de régions administratives ne reposent sur aucun critère pertinent économique, social ou  culturel. Nos régions n’ont d’ailleurs jamais été de véritables zones  économiques mais des espaces hybrides coincés entre l’État et les départements notamment. La plus grande incohérence est sans doute celle du rattachement de l’Alsace à cette région plus ou moins fantôme du Grand Est. Sur près de 150 000 votants, le « oui » à une sortie de la collectivité territoriale alsacienne de la région Grand-Est a été plébiscité à 92,4 %.

Le département du Bas-Rhin compte pour 60,4 % des « oui » exprimés par bulletins. Malgré le manque de participation et le clivage géographique, le président du CEA y croit.La collectivité européenne d’Alsace  (CEA) au sein des régions et départements de France. La collectivité européenne d’Alsace (CEA) est une collectivité territoriale française, qui voit le jour le 1er janvier 2021 . Elle résulte de la fusion des collectivités départementales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. « Les citoyens sont attentifs à l’efficacité de cette participation citoyenne. Ils veulent que cela se traduise par une décision. Je demanderai donc au président de la République qui sera élu en avril 2022 de respecter leur volonté », affirme-t-il au Monde.

La CEA compte s’appuyer sur la légitimité du nombre pour défendre ses positions auprès du gouvernement. En clair, il est question de pouvoir et d’argent. Frédéric Bierry mise sur le retour de compétences régionales à la CEA, notamment la compétence économique, la formation ou encore l’enseignement supérieur. De quoi tenter de regagner en grade sans forcer l’exécutif à préparer un énième big bang territorial ? Une tentative d’ouvrir la brèche, donc ?

Ukraine: Poutine craint surtout la remise en cause de son pouvoir autocratique

Ukraine: Poutine craint surtout la remise en cause de son pouvoir autocratique

 

À travers les tensions d’Ukraine créées  par Poutine, il y a bien entendu des enjeux de défense. Mais Poutine craint par-dessus tout que le régime démocratique de Kiev contamine la Russie et son propre pouvoir autocratique estime la politiste Marie Mendras, dans une tribune au « Monde ».

 

En Europe, nous vivons depuis plusieurs mois au rythme des menaces de guerre en Ukraine. Et nous devons nous préparer à tenir ce rythme pendant encore de longs mois. L’insécurité permanente est l’ultime tactique du Kremlin.

Le tête-à-tête de cinq heures entre le président français et le président russe, le 7 février, au Kremlin, a permis de démontrer clairement la nature du problème. Nous ne sommes pas confrontés à une crise ukrainienne, mais à une crise russe. C’est la dérive autoritaire et agressive du régime Poutine qui met en danger la sécurité des Ukrainiens, de tous les Européens, ainsi que l’avenir des Russes.

Face à Emmanuel Macron, Vladimir Poutine n’a pas bougé de sa position, cimentée autour du déni de l’intervention armée en Ukraine depuis 2014 et d’une inversion du récit. Il a répété que l’Ukraine est l’agresseur, et que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) menace la Russie puisqu’elle soutient Kiev. L’homme est enfermé dans ses assertions et ses émotions, et refuse tout compromis, car c’est à l’autre de faire des concessions. Ses propos sont parfois incohérents. Il a affirmé que si l’Ukraine entrait dans l’OTAN, ce serait pour entraîner les Alliés dans une guerre contre la Russie, afin de récupérer la Crimée (annexée en mars 2014, juste avant l’intervention au Donbass [dans l’est de l’Ukraine]). Or, la question aujourd’hui n’est pas l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique, mais le retrait des forces russes massées à la frontière ukrainienne.

Hystérie guerrière

Dans le tohu-bohu des invectives et des menaces, des bruits de botte et des exercices militaires, Vladimir Poutine s’était tu pendant près de six semaines, du 22 décembre 2021 au 1er février dernier. Il avait laissé les rennes de la communication aux patrons des services de sécurité, au ministre de la défense, au président de la Douma [la chambre basse du Parlement russe] – tous des anciens camarades du KGB [les services de renseignements soviétiques] –, ainsi qu’aux diplomates et propagandistes des médias. Ces serviteurs zélés ont entretenu une tonitruante hystérie guerrière. Mais ils n’ont pas autorité pour conduire la politique étrangère. Vladimir Poutine a dû sortir de son silence et reprendre les échanges que les Occidentaux exigeaient.

 

Cet épisode révèle une grande vulnérabilité du pouvoir poutinien. La prise de décision est opaque. Les institutions ne participent plus au processus de décision sur les questions de sécurité, depuis déjà des années. La réflexion stratégique est inexistante, en l’absence d’un débat critique et informé au Kremlin. Le chef s’isole, n’écoute plus que ceux qui vont dans son sens. L’un de ses proches, l’oligarque Evgueni Prigojine, finance les mercenaires Wagner [issus d’une société militaire russe privée], notamment au Mali.

Avec la pandémie une remise en cause de toutes les prévisions économiques

Avec la pandémie une remise en cause de toutes les prévisions économiques

 

 

Récemment l’OCDE avait légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2021 en raison de la montée de la pandémie.

Il est clair cependant que toutes les projections économiques avancées par les différents instituts seront remises en cause du fait des incidences du variant omicron qui touche toutes les zones mondiales.

Pour l’année 2021 la percée du variant omicron aura peu d’influence sur les prévisions puisque l’année est pratiquement faite; par contre; il faudra compter entre un point et deux  de croissance en moins en 2022 selon les zones. Ainsi par exemple en France on compte sur une croissance de 4,2 % d’après l’OCDE mais la perspective pourrait être seulement de 3 %.

D’après les prévisions revues en baisse début décembre par l’OCDE L’économie mondiale pourrait croître de 5,6% cette année, , soit un recul de 0,1 point comparé aux précédentes prévisions de septembre. Elle évoque «des réalités économiques très différentes» entre régions et estime que «la reprise restera précaire» tant que l’on ne distribuera pas les vaccins partout dans le monde.

. Selon elle, ces écarts de croissance sont le reflet des inégalités dans les systèmes de santé, les politiques publiques, les pénuries de travailleurs dans certains secteurs, et une hausse des prix «plus durable qu’anticipé». Pour la zone euro, l’OCDE prévoit un léger recul de sa prévision de croissance 2021 à 5,2%.

Elle table par contre sur une amélioration pour la France avec un PIB en progression de 6,8% cette année (+0,5 point) et 4,2% l’an prochain (+0,2), et pour l’Italie respectivement en progression de 6,3% (+0,4 point) et 4,6% (+0,5). L’Allemagne subit de son côté «des pénuries de matériaux clés» pour son industrie et voit sa prévision reculer de 0,5 point l’an prochain à 4,1% mais se stabiliser à 2,9% cette année.

Concernant les Etats-Unis, l’OCDE a de nouveau révisé ses attentes en baisse, cette fois à 5,6% de croissance cette année et 3,7% l’an prochain.

 

L’OCDE insiste sur le fait que toutes les conséquences négatives de l’embellie de la pandémie ne peuvent être pris en compte à ce stade mais qu’elles auront forcément un impact sur l’activité. La vérité sans doute ce qu’il est aujourd’hui impossible de quantifier les éventuels conséquences d’une pandémie dans le développement pourrait devenir incontrôlable en tout cas qui pourrait affecter durement la croissance.

Avec Omicron une remise en cause de toutes les prévisions économiques

Avec Omicron une remise en cause de toutes les prévisions économiques

 

 

Récemment l’OCDE avait légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2021 en raison de la montée de la pandémie.

Il est clair cependant que toutes les projections économiques avancées par les différents instituts seront remises en cause du fait des incidences du variant omicron qui touche toutes les zones mondiales.

Pour l’année 2021 la percée du variant omicron aura peu d’influence sur les prévisions puisque l’année est pratiquement faite; par contre; il faudra compter entre un point et deux  de croissance en moins en 2022 selon les zones. Ainsi par exemple en France on compte sur une croissance de 4,2 % d’après l’OCDE mais la perspective pourrait être seulement de 3 %.

D’après les prévisions revues en baisse début décembre par l’OCDE L’économie mondiale pourrait croître de 5,6% cette année, , soit un recul de 0,1 point comparé aux précédentes prévisions de septembre. Elle évoque «des réalités économiques très différentes» entre régions et estime que «la reprise restera précaire» tant que l’on ne distribuera pas les vaccins partout dans le monde.

. Selon elle, ces écarts de croissance sont le reflet des inégalités dans les systèmes de santé, les politiques publiques, les pénuries de travailleurs dans certains secteurs, et une hausse des prix «plus durable qu’anticipé». Pour la zone euro, l’OCDE prévoit un léger recul de sa prévision de croissance 2021 à 5,2%.

Elle table par contre sur une amélioration pour la France avec un PIB en progression de 6,8% cette année (+0,5 point) et 4,2% l’an prochain (+0,2), et pour l’Italie respectivement en progression de 6,3% (+0,4 point) et 4,6% (+0,5). L’Allemagne subit de son côté «des pénuries de matériaux clés» pour son industrie et voit sa prévision reculer de 0,5 point l’an prochain à 4,1% mais se stabiliser à 2,9% cette année.

Concernant les Etats-Unis, l’OCDE a de nouveau révisé ses attentes en baisse, cette fois à 5,6% de croissance cette année et 3,7% l’an prochain.

 

L’OCDE insiste sur le fait que toutes les conséquences négatives de l’embellie de la pandémie ne peuvent être pris en compte à ce stade mais qu’elles auront forcément un impact sur l’activité.

Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Croissance et Omicron: : remise en cause des prévisions économiques du FMI

Croissance et Omicron: : remise en cause des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Remise en cause des objectifs d’ inflation par les banques centrales

Remise en cause des objectifs d’ inflation par les banques centrales

OPINION. L’épuisement de la capacité fiscale peut conduire à un scénario de « dominance budgétaire » dans lequel la politique monétaire ajuste ses objectifs d’inflation pour préserver la solvabilité des États. Par Éric Mengus, HEC Paris Business School et Guillaume Plantin, Sciences Po. Bref une certaine remise en cause des objectifs d’inflation

 

Depuis 2008, les gouvernements ont émis des quantités importantes de dette publique – l’encours de la dette est désormais égal à 125 % du PIB aux États-Unis et a dépassé cet été la barre des 100 % dans la zone euro. Une part importante de cette dette a été rachetée par les banques centrales qui ont émis en contrepartie des réserves – plus de 30 % du PIB à la Réserve fédérale américaine (Fed) et 60 % à la Banque centrale européenne (BCE).

Jusqu’à présent, les taux d’intérêt bas ont permis un refinancement aisé des dettes publiques. En outre, l’inflation basse justifiait des opérations de soutien monétaire des banques centrales.

Cependant, cette situation risque de prendre fin avec la récente remontée de l’inflation des deux côtés de l’Atlantique. Certains observateurs, en particulier aux États-Unis comme l’économiste John Cochrane, ou encore Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, s’inquiètent aujourd’hui de la capacité des banques centrales à augmenter les taux d’intérêt ou à réduire leurs réserves lorsque cela s’avèrera nécessaire pour atteindre leur objectif de stabilité des prix (un taux d’inflation proche de 2 % pour la Fed et la BCE).

Dans le contexte d’endettement actuel, les États pourraient en effet tirer profit d’une politique monétaire accommodante menant à un niveau élevé d’inflation. La hausse des prix éroderait la valeur réelle des dettes publiques et donc les rendrait plus supportables. Ils auraient ainsi intérêt à entraver tout resserrement entrepris par les banques centrales.

De telles inquiétudes mettent en évidence un risque de basculement de la « dominance monétaire », dans laquelle la banque centrale n’est confrontée à aucun obstacle budgétaire pour atteindre son objectif de stabilité des prix, à une « dominance budgétaire », dans laquelle la politique monétaire cherche d’abord à fixer l’inflation pour assurer la solvabilité de l’autorité fiscale.

Avec un tel passage à la dominance budgétaire, l’inflation, qui est actuellement considérée comme transitoire, pourrait bien devenir plus persistante et, surtout, plus difficile à combattre. Ce risque de dominance budgétaire est d’ailleurs l’objet de dissensions, notamment au sein de l’Eurosystème.

Habituellement, lorsque la banque centrale resserre sa politique monétaire, la hausse des taux d’intérêt augmente la charge de la dette du gouvernement, qui doit alors procéder à une consolidation budgétaire sous forme de hausses d’impôt ou de réduction des dépenses publiques. Étant donné leur endettement massif, les gouvernements pourraient au contraire être tentés de ne pas réduire leurs déficits, voire d’augmenter leur endettement, pour forcer la banque centrale à revenir sur son resserrement monétaire.

Faut-il croire aujourd’hui à un tel scénario ? Dans nos récents travaux de recherche, nous analysons les incitations d’un gouvernement à pousser à la dominance budgétaire ou, au contraire, à se conformer à la dominance monétaire.

Dans le premier cas, ce jeu a été décrit comme un « jeu de la poule mouillée » entre le gouvernement et la banque centrale par l’économiste américain Neil Wallace à la suite de ses travaux avec son Thomas Sargent, prix Nobel d’économie en 2011.

Ce jeu est celui où deux pilotes lancent leurs voitures l’une contre l’autre, le perdant étant le premier qui dévie de sa trajectoire pour éviter la collision : le gouvernement accumule ainsi les déficits alors que la banque centrale maintient sa politique monétaire restrictive jusqu’au moment où l’un cède, soit par consolidation fiscale du côté du gouvernement, soit par de l’inflation du côté de la banque centrale. Le scénario du crash dans lequel personne ne cède correspond ici au défaut souverain.

Ce que nous montrons, tout d’abord, est que la dominance budgétaire dans ce jeu de la poule mouillée nécessite que le gouvernement épuise sa capacité fiscale et rende un défaut crédible : il ne doit plus avoir de marges de financement, ni en termes de réduction de dépenses ni en termes de taxes supplémentaires. En effet, tant que le gouvernement dispose de marges d’ajustement, la politique monétaire peut le forcer à la consolidation fiscale afin d’éviter un défaut.

Comment un gouvernement peut-elle se retrouver dans une telle situation d’épuisement de sa capacité fiscale ? Des chocs comme des récessions ou des crises peuvent l’y mener via la baisse des recettes fiscales ou l’augmentation des dépenses pour le soutien à l’économie.

Nous montrons de plus que l’autorité fiscale peut également épuiser sa capacité fiscale de manière délibérée. En lieu et place d’une consolidation, le gouvernement peut décider d’enregistrer d’importants déficits et d’inonder le marché obligataire.

L’important stock de dette qui en résulte forcera ainsi la banque centrale à augmenter l’inflation à l’avenir pour éroder la valeur de la dette et éviter le défaut souverain. Cela se produira d’autant plus que la dette publique est initialement élevée, que les taux d’intérêt sont bas et peu sensibles à l’émission de dette publique, ou encore que les marges futures d’ajustement fiscal sont faibles.

Le paradoxe de l’inflation préventive

La banque centrale a-t-elle alors le pouvoir de faire pencher la balance vers la dominance monétaire ou, au moins, de réduire le coût inflationniste imposé par la dominance fiscale ?

Paradoxalement, la banque centrale peut avoir intérêt à s’engager dans une inflation préventive. En augmentant l’inflation actuelle, la banque centrale diminue la valeur réelle des passifs passés et ainsi rend la dette à nouveau soutenable pour le gouvernement. Ainsi, cette inflation rend coûteux et inutile une stratégie de victoire à la Pyrrhus d’émission incontrôlée de dette publique.

Le choix pour les banques centrales est donc entre deux options : ou bien laisser un peu filer l’inflation pour desserrer l’étau budgétaire, ou bien l’orthodoxie monétaire au risque de voir les gouvernements réagir violemment en contrecarrant leur action par des émissions massives de dette publique servant à repayer la dette passée. Cette stratégie d’inflation préemptive n’est pas sans risques : en particulier, la banque centrale peut donner l’impression de renier son objectif de stabilité des prix.

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Par Éric Mengus, Professeur associé en économie et sciences de la décision, HEC Paris Business School et Guillaume Plantin, Professor, Research and Faculty Dean , Sciences Po

La remise en cause du Brexit par Londres

La remise en cause du Brexit par Londres

 

Il fallait s’y attendre, l’affaire de la pêche à l’origine d’un conflit entre le Royaume-Uni et la France ne constitue qu’un apéritif avant un affrontement plus général remettant en cause l’essentiel du texte suite au brexit.

Le Royaume-Uni exige en effet de renégocier le protocole nord-irlandais qui maintient la province dans le marché unique européen, ce que refuse Bruxelles.

Londres exige de renégocier en profondeur le protocole nord-irlandais conclu dans le cadre du Brexit qui maintient la province britannique de fait dans le marché unique européen. Bruxelles refuse, ne proposant que des aménagements, et les discussions menées ces dernières semaines restent dans l’impasse. Faute d’obtenir satisfaction, Londres a menacé de recourir à l’article 16 du protocole lui permettant d’en suspendre unilatéralement certaines dispositions. En représailles, les Européens ont évoqué la possibilité de suspendre l’accord de libre-échange en vigueur depuis le début de l’année, qui a permis d’éviter in extremis un «no deal» potentiellement très douloureux économiquement.

Le protocole effectif depuis le début de l’année maintient la province britannique dans l’union douanière et le marché unique européens, pour empêcher le retour d’une frontière physique sur l’île d’Irlande qui risquerait de fragiliser l’accord de paix de 1998.

 

Londres exige en particulier la suppression du droit de regard de la Cour de justice de l’UE sur son application, pour le remplacer par «un arbitrage international», une modification inacceptable pour les Européens.

 

Bref si les tensions persistent, c’est l’existence même du cœur du brexit. Qui serait en cause car en définitive ce que souhaitent les Britanniques c’est la suppression de toute contrainte pour les échanges avec l’union européenne dont pourtant ils ne font plus partie.

Pass sanitaire: «Une remise en cause de l’équilibre entre libertés individuelles et libertés collectives

 

Même si La plupart des Français approuvent globalement le renforcement de mesures sanitaires face au risque d’une quatrième vague Covid, il n’en reste pas moins que la question des libertés se pose. En effet, la vaccination obligatoire n’a pas été décrétée mais l’obligation de présenter un pass sanitaire constitue une forme de ségrégation à l’intérieur de la population.

Se posent aussi les questions du contrôle et des sanctions. On voit mal les forces de l’ordre se consacrer à une tâche complexe et immense alors qu’elles sont déjà débordées par d’autres champs d’intervention. Par ailleurs,  les acteurs commerciaux n’ont pas vocation à mener des opérations de police pour vérifier l’accès à leur établissement. Ils n’en n’ont ni la possibilité ni les compétences techniques. De ce point de vue d’ailleurs il faut  s’attendre un immense trafic de pass sanitaire totalement impossible à identifier.

Par ailleurs juridiquement il se pourrait bien que le Conseil d’État voir le conseil constitutionnel soit amené à sanctionner certaines mesures proposées par le gouvernement notamment parce qu’elles créent des ruptures d’égalité. Par ailleurs, certaines seront certainement considérées comme illégales et en contradiction avec les textes fondamentaux notamment la constitution. Il ne faut pas oublier que les mesures sont prises dans le cadre d’une situation d’urgence et que les mesures annoncées n’ont pas fait l’objet de débats au sein du Parlement. Des questions de droit vont donc se poser tout autant que des questions relatives aux principes fondamentaux des libertés et à leurs conditions d’exercice.

Glyphosate: Remise en cause de sa nocivité ?

Glyphosate: Remise en cause de sa nocivité ?

Un article d’ Emmanuelle Ducros du journal l’Opinion   rend compte des dernières recherches européennes qui concluent à l’absence de nocivité du Glyphosate. 

L’Efsa, l’agence de santé européenne, devra présenter en septembre 2022 un dossier aux Etats européens pour qu’ils décident (ou pas) de la réhomologation du glyphosate. Pour ce faire, une enquête poussée a été demandée à quatre agences de santé avec comme chef de file, l’Anses, l’organisme français, alors que Paris a décidé, seul, d’interdire le produit. Le rapport, rendu le 15 juin à l’Efsa, arrive aux mêmes conclusions que les autres agences de santé. Le produit n’est ni cancérogène, ni reprotoxique, ni mutagène…

Absolument rien n’aura été négligé dans l’opération d’envergure de mise à jour des connaissances scientifiques sur le glyphosate. Dans le cadre de l’étude précédant sa réhomologation ou son interdiction fin 2022, et pour faire face aux aspects polémiques du dossier, ce n’est pas un pays qui avait été chargé de ce travail scientifique, mais quatre.

La décision précédente, prise en 2020, reposait sur les études de la seule agence sanitaire allemande. C’est la règle pour les produits phytosanitaires : l’Efsa, l’agence européenne, délègue le travail et s’appuie sur les conclusions qui lui sont rendues. Mais le glyphosate n’est pas un produit comme les autres, tant son traitement est émotionnel.

En 2019, c’est donc la France (qui s’est engagée unilatéralement dans son interdiction et espérait convaincre ses voisins de faire de même) qui a pris la tête de file du travail d’évaluation scientifique. A la manœuvre, l’Anses, son agence sanitaire. A ses côtés, les agences néerlandaise, suédoise et hongroise. Elles ont rendu le 15 juin à l’Efsa un rapport de… 11 000 pages. « D’ordinaire, un dossier de réhomologation pour une substance active en compte moins de 5 000 », précise l’agence, qui a d’ailleurs pris la peine de communiquer sur le rapport, ce qu’elle ne fait jamais. Elle le mettra intégralement en ligne en septembre, par souci de transparence.

Les détracteurs de l’herbicide, qui fondaient de grands espoirs sur le rapport pour le voir disparaître, en sont pour leurs frais. A l’issue d’une revue exhaustive de toutes les publications scientifiques sur le sujet, y compris celles émanant d’opposants, les agences de santé ont conclu que « la classification du glyphosate au regard d’une éventuelle cancérogénéité n’était pas justifiée ». Les scientifiques écartent aussi les inquiétudes sur la génotoxicité, le caractère mutagène et la reprotoxicité.

Tous les arguments des antiglyphosates, qui agitent depuis des années les peurs liées à la santé, s’écroulent. Même si, au fond, on n’apprend pas grand-chose de ce rapport : les agences américaine et canadienne étaient récemment arrivées aux mêmes conclusions. Les préventions du Circ (une agence de l’OMS qui avait déclaré le produit « cancérogène probable » en 2015), déjà contestées, apparaissent obsolètes.

« Nous allons, dans la campagne présidentielle, plaider pour que la rationalité préside aux décisions, et pas des théories du complot qui s’érigent en magistère moral »

« Au niveau européen, on ne voit pas comment l’Efsa pourrait déjuger le travail de cinq agences nationales, commente Gil Rivière-Wekstein, auteur de Glyphosate, l’impossible débat, une somme complète sur le sujet. D’autant que le profil “écotox” du produit, c’est-à-dire ses effets environnementaux, figure parmi les plus favorables de tous les phytosanitaires. Les Etats vont devoir faire un choix. Prendre une décision basée sur la science… ou sur l’opinion publique à qui on a inculqué une peur irrationnelle du produit. » Un cas d’espèce sur la place de la rationalité dans la décision politique à l’échelle du continent, en somme. « Comment pourra-t-on ensuite demander aux citoyens de faire confiance aux agences sanitaires sur les vaccins si on estime que leurs décisions peuvent être jetées à la poubelle au gré des marottes politiques ? », interroge Gil Rivière-Wekstein.

. En France aussi, il va falloir tirer des conséquences du rapport. La sortie unilatérale du glyphosate, décidée par Emmanuel Macron, reposait sur des craintes sanitaires et sur le pari que nos voisins suivraient. Deux hypothèses qui ont du plomb dans l’aile et interrogent sur les distorsions de concurrence que la France s’est auto-infligée avec cette décision — dont la mise en œuvre se révèle de plus un casse-tête. Le Président peut-il désormais se permettre de persévérer au risque de jeter le discrédit sur l’agence sanitaire dont il a, par ailleurs, fait un allié dans la lutte contre la Covid ?

« Il est temps de siffler la fin de la récré, demande Arnaud Rousseau, vice-président de la FNSEA. La science nous a sortis de l’ornière avec la Covid, il faut solder l’ère des marchands de peur. Nous allons, dans la campagne présidentielle, plaider pour que la rationalité préside aux décisions, et pas des théories du complot qui s’érigent en magistère moral. »

 

Après Covid, remise en cause du plastique

Après Covid, remise en cause du plastique

Fort d’une croissance exponentielle, le plastique est-il vraiment « le matériel hygiénique numéro 1 » pour sacrifier à ce point l’environnement ? Dorothée Moisan, journaliste d’investigation, démystifie ce slogan, brandi depuis des années par les industriels du secteur et remartelé ces derniers mois, dans son livre paru en mars, Les plastiqueurs (Kero).(Interview l’Opinion)

Face à la peur du virus, le plastique s’est multiplié dans notre quotidien. Vous racontez dans votre livre que l’interdiction des sacs plastiques au supermarché a été suspendue dans certains Etats américains. Cet événement est-il emblématique d’un « retour en arrière » ?

La Covid-19 s’est révélée être une occasion en or pour l’industrie du plastique qui subit depuis plusieurs années un « plastic bashing ». Elle a ressorti un argument qui lui est cher, l’hygiène, et d’anciennes études démontrant que les sacs en tissus, ou réutilisables, pouvaient contaminer tout un magasin. Or quand un sac plastique est donné par le caissier au client, il se passe exactement la même chose qu’avec n’importe quel matériau car le virus résiste à toutes les surfaces. Mais on est habitué à jeter le plastique depuis soixante-dix ans, ce qui nous laisse penser, à tort, que cela nous prémunit de toute transmission. Pourtant, un sac réutilisable se lave, et le virus n’y survit pas ! Quoi qu’il en soit, la petite musique du plastique hygiénique a dominé et conduit des villes écologiquement sensibles comme New York et San Francisco à réintroduire les sacs jetables dans les rayons. On a fait un bond en arrière. Un fabricant de sacs plastiques canadien s’est dit impressionné par la quantité de commandes qu’il reçoit depuis le début de la pandémie. Et en Italie, on a constaté que les mandarines sous cellophane avaient été deux fois plus vendues que l’année précédente.

Une tribune de 120 scientifiques a circulé en juin 2020 afin d’alerter sur la nécessité de privilégier le réutilisable pour se protéger du coronavirus. Est-ce symptomatique de ces experts rarement écoutés au sujet du plastique ?

Oui car la parole des scientifiques a plus de mal à se faire entendre. Ce n’est pas la première étude qui fait vérité, la démarche est lente et se construit au fur et à mesure de la recherche. L’industrie, de son côté, entoure d’un nuage de fumée ce que dit la science. Sa communication suit le bon sens du grand public. Par exemple, sur les perturbateurs endocriniens contenus dans le plastique, elle insiste sur le principe de Paracelse stipulant que « la dose fait le poison ». Pourtant, une infime quantité de ces perturbateurs peut avoir des effets importants sur le système hormonal, tandis qu’une quantité supérieure peut ne rien provoquer du tout. C’est contre-intuitif mais c’est scientifiquement prouvé.

Pour les masques, il s’est passé la même chose que pour les sacs : le plastique a remporté la bataille sur le tissu ?

Le gouvernement a été très confus sur l’efficacité des masques en tissu. Alors que les masques en polyester sont bourrés d’additifs censés les rendre plus résistants… Je mets très clairement en question l’innocuité de ces produits dont on ne connaît pas les pouvoirs de nuisance. Sur les nanoparticules en plastique qu’ils contiennent, des chercheurs chinois ont alerté en janvier sur la nécessité d’étudier les effets de leur inhalation. Quelle conséquence cela a-t-il de respirer des heures dans ces masques ? C’est une vraie question dont je redoute la réponse. Le plastique n’est pas inerte et innocent, on fait entrer dans nos vies un tueur silencieux.

«Avec le coronavirus, on a peur que tout objet soit infectieux, et tout part à l’incinération. Ensuite, vient le problème de savoir ce qui est effectivement recyclé dans ce que l’on parvient à trier»

On ne peut pas nier un paradoxe : le plastique, bien qu’écologiquement problématique et néfaste sur certains aspects sanitaires, sauve des vies à l’hôpital…

Cette dualité n’est nulle d’ailleurs part plus visible qu’à l’hôpital. Pete Myers, biologiste américain reconnu pour ses recherches sur les perturbateurs endocriniens, m’a raconté comment sa petite-fille née prématurément et entourées de tubes en PVC a été sauvée par le plastique. Pourtant, il sait mieux que personne que les produits injectés à travers des dispositifs médicaux en phtalates peuvent avoir une incidence sur son développement. Mais dans ce cas-là, il n’y a pas de solution, il faut une balance des risques. Je pense néanmoins qu’il y a une énorme marge de progression pour que l’hôpital réduise sa consommation plastique. Cela fait trente ans que l’on remplace tout objet en métal par son équivalent jetable. Bien sûr, on ne peut pas remplacer toutes les seringues en plastique mais il y a de nombreux produits pour lesquels il existe des alternatives. Les surblouses, par exemple, pourraient être en tissu naturel. Pendant la pénurie liée à la crise sanitaire, on s’est mis à en fabriquer et à en laver.

N’êtes-vous donc pas d’accord avec l’argument « le plastique est le matériel hygiénique numéro 1 » ?

Non, et les scientifiques ne l’ont jamais dit. Mais c’est l’un des arguments des lobbys, tels que PlasticsEurope. Il y a certes un avantage sur la conservation des aliments, plus longue pour la viande, le poisson et certains produits frais comme les yaourts. Et c’est léger à transporter. Mais certains additifs toxiques des contenants migrent vers l’aliment, avant qu’on ne l’ingère. Dans les hôpitaux, le plastique répond davantage à une contrainte de coûts et de confort que d’hygiène. Mais le prix à payer est l’explosion des quantités de déchets incinérés. Un rapport du Centre pour le droit international de l’environnement (Ciel), paru il y a un an, l’énonce clairement : la production et l’élimination des plastiques équivalaient en 2019 aux émissions de 189 centrales à charbon. Et on sera autour de 300 en 2030.

Cette incinération a d’ailleurs prévalu pendant la Covid…

Oui car avec le coronavirus, on a peur que tout objet soit infectieux. Et tout part à l’incinération. Le NHS, service de santé britannique, s’est récemment rendu compte que seulement 5 % de ses déchets plastiques étaient recyclés. Ensuite, vient le problème de savoir ce qui est effectivement recyclé dans ce que l’on parvient à trier. Sur les 7 millions de tonnes de déchets plastiques déversées dans l’environnement depuis 1950, 9 % seulement ont été recyclées. Et ce recyclage n’est pas la panacée, il ne va pas nous sauver de la crise du plastique ! Beaucoup moins de plastiques que ce qu’on nous laisse croire sont recyclables au même niveau de qualité, car il y a souvent de nouveaux composants à rajouter. C’est une solution de dernier recours et le débat doit se situer en amont, sur la défense du réutilisable et la réduction de la production de plastique.

La remise en cause des emballages plastiques

 La remise en cause des emballages plastiques

 

par Flavie Nguyen et Benoît Gougeon, associés au cabinet de conseil en stratégie Kearney

 

 

Au rythme actuel, les océans pourraient contenir davantage de plastique que de poissons d’ici à 2050. Cette projection de la Fondation Ellen Mac Arthur s’ajoute à de nombreuses autres qui sensibilisent l’opinion publique à l’impact environnemental de notre activité économique.

Parmi les causes majeures de cette pollution figure l’emballage, désormais régulièrement montré du doigt. Emballer permet pourtant à la fois de protéger pendant le transport, de partager les produits en portions commercialisables, d’allonger leur durée de vie et de communiquer avec les consommateurs. Grâce à l’emballage, la détérioration des aliments n’est que de 3 % pour les produits transformés et de 10-15 % pour le frais, alors qu’il peut atteindre 50 % dans des pays ayant peu recours à cette protection des produits (source : The Environmental Impacts of Packaging). Pour ce faire, le plastique est un matériau de choix grâce à des propriétés uniques : léger, résistant, non-réactif et étanche, il apparaît comme une solution particulièrement adaptée pour répondre à nos modes de consommation.

Compte tenu de ces services rendus, les entreprises se questionnent, à raison, sur cette problématique de l’emballage plastique et la manière dont elles doivent se positionner. En réalité, la question n’est pas tant « comment » mais « quand », et la réponse est « maintenant ».

En Allemagne, les systèmes de consigne rendent l’option verre pertinente, alors qu’en France celui-ci n’est pas lavé avant d’être réutilisé mais fondu, ce qui a un impact carbone important

Il faut sans attendre faciliter le travail de recyclage, tel le fabricant vendéen de barquettes sous atmosphère protectrice EDS qui sort du polystyrène (pas de filière de recyclage) et opte pour le mono-matériau. Il convient aussi de s’adapter aux systèmes de collecte et de recyclage locaux. En Allemagne, par exemple, les systèmes de consigne rendent l’option verre pertinente, alors qu’en France celui-ci n’est pas lavé avant d’être réutilisé mais fondu, ce qui a un impact carbone important. Il est pour finir capital de contribuer à améliorer les systèmes de collecte et de recyclage, comme l’a fait récemment Nespresso en créant sa propre filière de collecte et de recyclage.

D’aucuns pourraient néanmoins arguer que le changement est lent : sur le plan mondial, les emballages croissent trois fois plus vite que la population et en France, les rayons vrac ne pesaient que 0,75 % de la consommation en 2019. Il est vrai que le changement prend du temps chez les consommateurs et que les entreprises peuvent par conséquent hésiter à introduire de nouveaux paradigmes d’emballage, craignant de dépareiller sur les rayons et de ne pas être choisies in fine ; sans oublier qu’elles sont elles-mêmes confrontées au défi du changement et qu’aligner la gouvernance sur ces enjeux peut être compliqué. Il s’agit malgré tout pour elles d’oser un investissement d’avenir dont elles ne peuvent plus faire l’économie.

 L’enjeu est double. D’une part, pérenniser l’attractivité de leur marque pour conserver leur place dans les référencements des distributeurs : 70 % des super et hyper ont mis en place un espace vrac, l’approvisionnement local se développe, et 13 entreprises majeures de la grande distribution et de l’agroalimentaire ont signé en 2019 le « Pacte National sur les emballages plastiques » les engageant sur leur éco-conception et leur recyclage. D’autre part, être présentes au moment de l’élaboration des nouveaux circuits pour assurer leur bonne intégration à l’outil industriel existant. Typiquement, en Allemagne, seul un nombre limité de formes de bouteille est admis dans le circuit de consigne : un exemple de jeu collectif à méditer.

Le changement culturel comme la pression des réglementations sont en marche et la cadence risque d’accélérer rapidement

Disons-le-nous : le changement culturel comme la pression des réglementations sont en marche et la cadence risque d’accélérer rapidement. Pour ne pas rester prisonnières du monde d’avant et d’une grille de lecture déconnectée de l’évolution du monde, il est urgent que les entreprises pressent le pas dans leur positionnement, la définition de leur raison d’être, l’étude des opportunités spécifiques à leurs chaînes de valeur pour bien réduire, choisir, réutiliser et recycler les emballages de leurs produits, et bien sûr les distribuer en répondant aux attentes des consommateurs. Agir sans attendre pour des solutions d’emballage toujours plus responsables est de la responsabilité de tous, entreprises comme citoyens : c’est cette circularité vertueuse qui assurera un avenir commun et la question qui s’impose aujourd’hui n’est plus « quand » mais « comment ».

Flavie Nguyen et Benoît Gougeon sont associés au cabinet de conseil en stratégie Kearney

Le reconfinement COVID-19 : la croissance remise en cause

Le reconfinement COVID-19 : la croissance remise en cause

Le ministre de l’économie prend les devants et considère qu’avec les nouvelles mesures restrictives la croissance pourrait être mise en cause. En fait,  la France pourrait voir sa perspective de croissance de 6 % divisée par deux. Tout dépendra en effet de la durée du nouveau confinement. Le chef de l’État a annoncé une durée de quatre semaines mais qui pourrait durer au moins le double voire jusqu’au congés d’été.

«Ces mesures auront un impact sur la croissance économique en 2021. Nous sommes en train de l’évaluer. Il y aura une nouvelle évaluation dans les prochains jours », a déclaré Le Maire à la télévision CNews lorsqu’on lui a demandé s’il s’en tenait à l’objectif de croissance économique du gouvernement pour cette année. Il prévoit une croissance de 6% pour 2021.

Le Maire a rappelé que les nouvelles mesures de verrouillage forceraient la fermeture temporaire de 150 000 entreprises pour un coût de 11 milliards d’euros par mois.

Le Maire a réitéré ses appels à l’Union européenne pour accélérer la mise en œuvre de son plan de relance économique.

«L’Europe doit comprendre que nous devons aller vite et que les fonds de relance promis aux citoyens européens doivent désormais arriver dans les États membres … En 2022 ou 2023, il sera trop tard. Les Chinois et les Américains seront en avance sur nous », a-t-il déclaré.

Bien que le bloc des 27 pays ait accepté le fonds de relance historique l’été dernier, les gouvernements de l’UE continuent de soumettre des plans détaillés sur la manière dont ils envisagent de dépenser l’argent du fonds, que beaucoup doivent encore ratifier. Pendant ce temps-là les États-Unis accélèrent la cadence des plans de soutien à l’économie avec encore récemment un plan destiné soutien des infrastructures de 2000 milliards s’ajoutant un autre récent plan de 3000 milliards. Les États-Unis auront engagé des plans de 7 à 8000 milliards tandis que l’Europe est encore embourbée dans les procédures de son mini plan de 750 milliards.

La remise en cause des entreprises à RSE par François de Closets

La  remise en cause des entreprises à  RSE par François de  Closets

Après l’affaire Danone, François de Closets s’interroge sur l’avenir du concept de RSE qui vient en contradiction avec les exigences de rentabilité de certains actionnaires. ( Chronique dans l’opinion)

 

Au XIXe siècle, les sociétés industrielles lièrent pouvoir et propriété. Le propriétaire, artisan ou maître des forges, imposait sa loi et achetait le travail dont il avait besoin. Depuis lors, les travailleurs ont acquis un statut protecteur et l’entreprise est devenue le foyer où se forme la valeur marchande. Sur 30 millions de Français au travail, 90 % sont des salariés. C’est dire que l’entreprise est une des institutions structurantes au même titre que la famille, l’école ou la nation. Elle absorbe la vie laborieuse : 1 600 heures par an, elle est le creuset de la créativité, des espérances, des conflits ou de la résignation. Elle est au cœur de l’existence, mais a-t-elle un cœur ?

Dans les années 1950-1970, les sociétés industrielles se sont éloignées du capitalisme originel. En 1967, John Kenneth Galbraith créa l’événement en publiant The new industrial state dans lequel il montrait que les grandes entreprises étaient aux mains d’une technostructure salariée et que le capital éparpillé en des millions d’actionnaires ne pesait plus rien. L’actionnaire était considéré comme un obligataire. Il touchait son dividende mais n’avait pas voix au chapitre. La structure était aux mains de cadres dirigeants qui décidaient de tout en interaction avec le personnel, les clients, les syndicats, les banquiers ou les fournisseurs, voire le gouvernement. Le monde industriel était sorti du capitalisme sans s’en rendre compte !

 Avant même que s’apaisent les remous du livre, Milton Friedman lançait dans le New York Time sa bombe, en assignant comme seul objectif, seule raison d’être, à l’entreprise la création de valeur pour l’actionnaire, sa création et son accroissement. Bref, l’enrichissement des propriétaires. Galbraith et Friedman eurent tous deux raison : chacun à son tour.

Entre 1950 et 1970, la direction du personnel devenait la gestion des ressources humaines et l’on se prit à imaginer que le contrat de travail pourrait déboucher sur une vraie citoyenneté d’entreprise

Entre 1950 et 1970, l’entreprise avait bel et bien échappé au capital. Elle était perçue comme une communauté dans laquelle chacun devait trouver sa place. Les salariés n’étaient pas seulement un coût mais d’abord une richesse. La direction du personnel devenait la gestion des ressources humaines et l’on se prit à imaginer que le contrat de travail pourrait déboucher sur une vraie citoyenneté d’entreprise.

Rêve vite évanoui car le modèle de Milton Friedman l’emporta sur celui de Galbraith. Conforté par la concurrence, le capital reprit le pouvoir et imposa sa loi. L’entreprise n’était qu’une machine à produire, une boîte noire générant le profit sous forme de dividendes ou de plus-values. Le salarié se vit assigner un seul objectif : enrichir son patron. Par contrecoup, l’attachement à l’entreprise se réduisit au lien commercial. Dans cet espace ubérisé, les salariés sont des mercenaires qui vendent leurs services aux plus offrants.

Quant aux dirigeants, ils ne sont plus les premiers des salariés mais les représentants du capital. Ils doivent obtenir le maximum de productivité pour le moindre coût et faire monter le cours en bourse. La déshumanisation du travail, l’accroissement des inégalités et les atteintes à l’environnement que peut engendrer ce système sont des externalités et n’ont pas à être prises en compte.

Ce modèle s’est imposé par son efficacité économique mais il reste aussi peu satisfaisant sur le plan humain que sur le plan environnemental. Peut-on réduire l’entreprise au profit, le travailleur au salaire et la nature à des économies externes. ? L’idée d’enrichir les finalités en ajoutant des objectifs sociaux et environnementaux à la seule maximalisation du profit faisait son chemin. Mais les dirigeants sont tenus par le cadre légal et se mettraient en infraction s’ils ajoutaient des dimensions supplémentaires aux objectifs réglementaires. La nouvelle entreprise a besoin d’un cadre juridique.

Ce qui fut fait en 2010 aux Etats-Unis lorsqu’apparurent trois nouveaux types de sociétés que nous avons regroupées sous le titre de « sociétés à missions ». Notre loi Pacte de 2019 introduit ces statuts qui permettent d’ajouter des objectifs sociaux et écologiques aux seuls objectifs commerciaux. On a donc vu apparaître en France, mais aussi en Amérique et en Italie, des entreprises qui se donnent des objectifs plus étendus que ceux prévus par le libéralisme friedmanien. Sont-elles l’avant-garde d’une rupture avec le capitalisme du seul profit ? La réponse devait venir du marché concurrentiel, car, avec ou sans « missions », une entreprise doit d’abord être rentable et ne peut survivre que si elle assure sa compétitivité.

L’affaire Danone apporte une première réponse. Notre champion des yaourts est la première entreprise du CAC40 à avoir pris le statut d’entreprise à missions et ce, bien qu’il compte des fonds activistes parmi ses actionnaires. Il se donnait comme « raison d’être » « d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre. ». Une transformation approuvée par le conseil d’administration et l’Assemblée générale. Le PDG et ardent promoteur de ce nouveau capitalisme pouvait conclure : « Vous avez déboulonné la statue de Friedman ».

Déboulonné, oui, détruite, non. Car la Bourse, elle, en reste aux résultats financiers. L’entreprise, que ce soit Danone ou une autre, est condamnée au grand écart entre le respect de ses « missions » et les performances boursières. Or les fonds activistes constatent que le compte n’y est pas. Sur l’ensemble de l’exercice 2020, le chiffre d’affaires a reculé de 1,5 % et le résultat net courant de 13 %. Le dividende est rogné et le cours dévisse de 30 %. C’en est trop, ou pas assez comme on voudra. Emmanuel Faber le champion du nouveau capitalisme est évincé. Danone va se recentrer sur la première de toutes ses missions : les résultats comptables. Nul doute que, dans l’avenir, les quarante du CAC ne seront guère empressés à se lancer dans l’aventure du capitalisme multimissionné.

Retenons ce brutal rappel à l’ordre : une société cotée doit d’abord être rentable. Les « missions » viennent en plus de la compétitivité, elles ne la remplacent pas

L’entreprise de Friedman a-t-elle définitivement gagné ? Ce serait trop vite conclure car elle est toujours prisonnière de ses limites et l’on ne peut tirer des conclusions générales d’un cas particulier. En revanche ce précédent doit enrichir la réflexion sur le dépassement de l’entreprise. Retenons ce brutal rappel à l’ordre : une société cotée doit d’abord être rentable. Les « missions » viennent en plus de la compétitivité, elles ne la remplacent pas. Mais comment financer les coûts supplémentaires ou le manque à gagner ? Il n’est qu’une source de productivité à exploiter, c’est le travail.

La pression qu’entretient le management libéral déshumanisé lui permet-elle d’atteindre son plus haut niveau de productivité ? Toute amélioration sociale dans l’entreprise se traduira-t-elle par une moindre efficacité ? Si tel est le cas, alors il y a peu à espérer de ces « missions » qui promettent tant dans leurs intentions et tiennent si mal au niveau des résultats. Mais on peut aussi espérer que le personnel se mobilise davantage apporte plus d’énergie et de créativité dans une entreprise qui sait atteindre l’individu au-delà du salarié. Les patrons « paternalistes » du XIXe siècle l’avaient pressenti et ne s’en portèrent pas plus mal.

Au XXIe siècle, il est bien des façons de renforcer cette adhésion aux valeurs de l’entreprise. Et, pour commencer, faire de chaque salarié un actionnaire mais aussi pousser plus avant la valorisation des tâches, les possibilités de promotion, la reconnaissance du mérite, l’écoute des individus, la prise en compte des difficultés, bref redonner tout son sens à cette expression de « ressources humaines ». En contrepartie de ces progrès sociaux peut-on susciter un attachement qui améliore la productivité ? Doit-on, au contraire, reconnaître que l’entreprise friedmanienne est indépassable ?

C’est la question préjudicielle. Si l’amélioration sociale incite au relâchement, les entreprises n’iront pas bien loin dans leurs nouvelles « missions ». Si au contraire elle provoque l’engagement alors on pourra voir comment l’accompagnement fiscal, la législation écologique, le cadre réglementaire pourront permettre à la nouvelle entreprise de l’emporter et de régénérer le capitalisme.

AstraZeneca : le rythme de vaccination remise en cause

AstraZeneca : le rythme de vaccination remise en cause

 

La suspension du vaccin risque de mettre très fortement en cause le rythme de vaccination en France. D’abord parce que les vaccins Astra Zeneca devaient constituer l’une des plus importantes sources d’approvisionnement pour les semaines et les mois à venir. Une source en plus réduite par le laboratoire lui-même qui  ne tient pas ses engagements vis-à-vis de leurs points surtout la suspicion vis-à-vis de la vaccination va aussi contribuer à nourrir le doute vaccinal.

 

Le vaccin Astra Seneca est soupçonné de provoquer des troubles de la coagulation et d’entraîner notamment des hémorragies et où des formations de caillots. Ceci étant, le lien de cause à effet est encore loin d’être prouvé. Normalement l’agence européenne du médicament devrait se positionner sur cette question cette semaine. L’organisation mondiale de la santé préconise, elle, de continuer avec ce vaccin. Le produit du laboratoire Astra Zeneca était critiqué par certaines professions médicales elle-même. Pour remplacer le vaccin suspecté, on compte sur les arrivages des laboratoires Spitzer, Moderna, Janssen voire Spoutnik. Le président de la république avait promis de vaccinés 10 millions de personnes d’ici fin avril. L’objectif déjà difficile à atteindre pourrait être reporté d’un mois ou deux. Nombre de centres de vaccination vont donc continuer de demeurer porte fermée et de ne plus répondre au téléphone.

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