Archive pour le Tag 'remise'

Le reconfinement COVID-19 : la croissance remise en cause

Le reconfinement COVID-19 : la croissance remise en cause

Le ministre de l’économie prend les devants et considère qu’avec les nouvelles mesures restrictives la croissance pourrait être mise en cause. En fait,  la France pourrait voir sa perspective de croissance de 6 % divisée par deux. Tout dépendra en effet de la durée du nouveau confinement. Le chef de l’État a annoncé une durée de quatre semaines mais qui pourrait durer au moins le double voire jusqu’au congés d’été.

«Ces mesures auront un impact sur la croissance économique en 2021. Nous sommes en train de l’évaluer. Il y aura une nouvelle évaluation dans les prochains jours », a déclaré Le Maire à la télévision CNews lorsqu’on lui a demandé s’il s’en tenait à l’objectif de croissance économique du gouvernement pour cette année. Il prévoit une croissance de 6% pour 2021.

Le Maire a rappelé que les nouvelles mesures de verrouillage forceraient la fermeture temporaire de 150 000 entreprises pour un coût de 11 milliards d’euros par mois.

Le Maire a réitéré ses appels à l’Union européenne pour accélérer la mise en œuvre de son plan de relance économique.

«L’Europe doit comprendre que nous devons aller vite et que les fonds de relance promis aux citoyens européens doivent désormais arriver dans les États membres … En 2022 ou 2023, il sera trop tard. Les Chinois et les Américains seront en avance sur nous », a-t-il déclaré.

Bien que le bloc des 27 pays ait accepté le fonds de relance historique l’été dernier, les gouvernements de l’UE continuent de soumettre des plans détaillés sur la manière dont ils envisagent de dépenser l’argent du fonds, que beaucoup doivent encore ratifier. Pendant ce temps-là les États-Unis accélèrent la cadence des plans de soutien à l’économie avec encore récemment un plan destiné soutien des infrastructures de 2000 milliards s’ajoutant un autre récent plan de 3000 milliards. Les États-Unis auront engagé des plans de 7 à 8000 milliards tandis que l’Europe est encore embourbée dans les procédures de son mini plan de 750 milliards.

La remise en cause des entreprises à RSE par François de Closets

La  remise en cause des entreprises à  RSE par François de  Closets

Après l’affaire Danone, François de Closets s’interroge sur l’avenir du concept de RSE qui vient en contradiction avec les exigences de rentabilité de certains actionnaires. ( Chronique dans l’opinion)

 

Au XIXe siècle, les sociétés industrielles lièrent pouvoir et propriété. Le propriétaire, artisan ou maître des forges, imposait sa loi et achetait le travail dont il avait besoin. Depuis lors, les travailleurs ont acquis un statut protecteur et l’entreprise est devenue le foyer où se forme la valeur marchande. Sur 30 millions de Français au travail, 90 % sont des salariés. C’est dire que l’entreprise est une des institutions structurantes au même titre que la famille, l’école ou la nation. Elle absorbe la vie laborieuse : 1 600 heures par an, elle est le creuset de la créativité, des espérances, des conflits ou de la résignation. Elle est au cœur de l’existence, mais a-t-elle un cœur ?

Dans les années 1950-1970, les sociétés industrielles se sont éloignées du capitalisme originel. En 1967, John Kenneth Galbraith créa l’événement en publiant The new industrial state dans lequel il montrait que les grandes entreprises étaient aux mains d’une technostructure salariée et que le capital éparpillé en des millions d’actionnaires ne pesait plus rien. L’actionnaire était considéré comme un obligataire. Il touchait son dividende mais n’avait pas voix au chapitre. La structure était aux mains de cadres dirigeants qui décidaient de tout en interaction avec le personnel, les clients, les syndicats, les banquiers ou les fournisseurs, voire le gouvernement. Le monde industriel était sorti du capitalisme sans s’en rendre compte !

 Avant même que s’apaisent les remous du livre, Milton Friedman lançait dans le New York Time sa bombe, en assignant comme seul objectif, seule raison d’être, à l’entreprise la création de valeur pour l’actionnaire, sa création et son accroissement. Bref, l’enrichissement des propriétaires. Galbraith et Friedman eurent tous deux raison : chacun à son tour.

Entre 1950 et 1970, la direction du personnel devenait la gestion des ressources humaines et l’on se prit à imaginer que le contrat de travail pourrait déboucher sur une vraie citoyenneté d’entreprise

Entre 1950 et 1970, l’entreprise avait bel et bien échappé au capital. Elle était perçue comme une communauté dans laquelle chacun devait trouver sa place. Les salariés n’étaient pas seulement un coût mais d’abord une richesse. La direction du personnel devenait la gestion des ressources humaines et l’on se prit à imaginer que le contrat de travail pourrait déboucher sur une vraie citoyenneté d’entreprise.

Rêve vite évanoui car le modèle de Milton Friedman l’emporta sur celui de Galbraith. Conforté par la concurrence, le capital reprit le pouvoir et imposa sa loi. L’entreprise n’était qu’une machine à produire, une boîte noire générant le profit sous forme de dividendes ou de plus-values. Le salarié se vit assigner un seul objectif : enrichir son patron. Par contrecoup, l’attachement à l’entreprise se réduisit au lien commercial. Dans cet espace ubérisé, les salariés sont des mercenaires qui vendent leurs services aux plus offrants.

Quant aux dirigeants, ils ne sont plus les premiers des salariés mais les représentants du capital. Ils doivent obtenir le maximum de productivité pour le moindre coût et faire monter le cours en bourse. La déshumanisation du travail, l’accroissement des inégalités et les atteintes à l’environnement que peut engendrer ce système sont des externalités et n’ont pas à être prises en compte.

Ce modèle s’est imposé par son efficacité économique mais il reste aussi peu satisfaisant sur le plan humain que sur le plan environnemental. Peut-on réduire l’entreprise au profit, le travailleur au salaire et la nature à des économies externes. ? L’idée d’enrichir les finalités en ajoutant des objectifs sociaux et environnementaux à la seule maximalisation du profit faisait son chemin. Mais les dirigeants sont tenus par le cadre légal et se mettraient en infraction s’ils ajoutaient des dimensions supplémentaires aux objectifs réglementaires. La nouvelle entreprise a besoin d’un cadre juridique.

Ce qui fut fait en 2010 aux Etats-Unis lorsqu’apparurent trois nouveaux types de sociétés que nous avons regroupées sous le titre de « sociétés à missions ». Notre loi Pacte de 2019 introduit ces statuts qui permettent d’ajouter des objectifs sociaux et écologiques aux seuls objectifs commerciaux. On a donc vu apparaître en France, mais aussi en Amérique et en Italie, des entreprises qui se donnent des objectifs plus étendus que ceux prévus par le libéralisme friedmanien. Sont-elles l’avant-garde d’une rupture avec le capitalisme du seul profit ? La réponse devait venir du marché concurrentiel, car, avec ou sans « missions », une entreprise doit d’abord être rentable et ne peut survivre que si elle assure sa compétitivité.

L’affaire Danone apporte une première réponse. Notre champion des yaourts est la première entreprise du CAC40 à avoir pris le statut d’entreprise à missions et ce, bien qu’il compte des fonds activistes parmi ses actionnaires. Il se donnait comme « raison d’être » « d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre. ». Une transformation approuvée par le conseil d’administration et l’Assemblée générale. Le PDG et ardent promoteur de ce nouveau capitalisme pouvait conclure : « Vous avez déboulonné la statue de Friedman ».

Déboulonné, oui, détruite, non. Car la Bourse, elle, en reste aux résultats financiers. L’entreprise, que ce soit Danone ou une autre, est condamnée au grand écart entre le respect de ses « missions » et les performances boursières. Or les fonds activistes constatent que le compte n’y est pas. Sur l’ensemble de l’exercice 2020, le chiffre d’affaires a reculé de 1,5 % et le résultat net courant de 13 %. Le dividende est rogné et le cours dévisse de 30 %. C’en est trop, ou pas assez comme on voudra. Emmanuel Faber le champion du nouveau capitalisme est évincé. Danone va se recentrer sur la première de toutes ses missions : les résultats comptables. Nul doute que, dans l’avenir, les quarante du CAC ne seront guère empressés à se lancer dans l’aventure du capitalisme multimissionné.

Retenons ce brutal rappel à l’ordre : une société cotée doit d’abord être rentable. Les « missions » viennent en plus de la compétitivité, elles ne la remplacent pas

L’entreprise de Friedman a-t-elle définitivement gagné ? Ce serait trop vite conclure car elle est toujours prisonnière de ses limites et l’on ne peut tirer des conclusions générales d’un cas particulier. En revanche ce précédent doit enrichir la réflexion sur le dépassement de l’entreprise. Retenons ce brutal rappel à l’ordre : une société cotée doit d’abord être rentable. Les « missions » viennent en plus de la compétitivité, elles ne la remplacent pas. Mais comment financer les coûts supplémentaires ou le manque à gagner ? Il n’est qu’une source de productivité à exploiter, c’est le travail.

La pression qu’entretient le management libéral déshumanisé lui permet-elle d’atteindre son plus haut niveau de productivité ? Toute amélioration sociale dans l’entreprise se traduira-t-elle par une moindre efficacité ? Si tel est le cas, alors il y a peu à espérer de ces « missions » qui promettent tant dans leurs intentions et tiennent si mal au niveau des résultats. Mais on peut aussi espérer que le personnel se mobilise davantage apporte plus d’énergie et de créativité dans une entreprise qui sait atteindre l’individu au-delà du salarié. Les patrons « paternalistes » du XIXe siècle l’avaient pressenti et ne s’en portèrent pas plus mal.

Au XXIe siècle, il est bien des façons de renforcer cette adhésion aux valeurs de l’entreprise. Et, pour commencer, faire de chaque salarié un actionnaire mais aussi pousser plus avant la valorisation des tâches, les possibilités de promotion, la reconnaissance du mérite, l’écoute des individus, la prise en compte des difficultés, bref redonner tout son sens à cette expression de « ressources humaines ». En contrepartie de ces progrès sociaux peut-on susciter un attachement qui améliore la productivité ? Doit-on, au contraire, reconnaître que l’entreprise friedmanienne est indépassable ?

C’est la question préjudicielle. Si l’amélioration sociale incite au relâchement, les entreprises n’iront pas bien loin dans leurs nouvelles « missions ». Si au contraire elle provoque l’engagement alors on pourra voir comment l’accompagnement fiscal, la législation écologique, le cadre réglementaire pourront permettre à la nouvelle entreprise de l’emporter et de régénérer le capitalisme.

AstraZeneca : le rythme de vaccination remise en cause

AstraZeneca : le rythme de vaccination remise en cause

 

La suspension du vaccin risque de mettre très fortement en cause le rythme de vaccination en France. D’abord parce que les vaccins Astra Zeneca devaient constituer l’une des plus importantes sources d’approvisionnement pour les semaines et les mois à venir. Une source en plus réduite par le laboratoire lui-même qui  ne tient pas ses engagements vis-à-vis de leurs points surtout la suspicion vis-à-vis de la vaccination va aussi contribuer à nourrir le doute vaccinal.

 

Le vaccin Astra Seneca est soupçonné de provoquer des troubles de la coagulation et d’entraîner notamment des hémorragies et où des formations de caillots. Ceci étant, le lien de cause à effet est encore loin d’être prouvé. Normalement l’agence européenne du médicament devrait se positionner sur cette question cette semaine. L’organisation mondiale de la santé préconise, elle, de continuer avec ce vaccin. Le produit du laboratoire Astra Zeneca était critiqué par certaines professions médicales elle-même. Pour remplacer le vaccin suspecté, on compte sur les arrivages des laboratoires Spitzer, Moderna, Janssen voire Spoutnik. Le président de la république avait promis de vaccinés 10 millions de personnes d’ici fin avril. L’objectif déjà difficile à atteindre pourrait être reporté d’un mois ou deux. Nombre de centres de vaccination vont donc continuer de demeurer porte fermée et de ne plus répondre au téléphone.

Vaccins : pour une remise en question de la propriété intellectuelle

En pleine pandémie, la spécialiste des questions de propriété intellectuelle, Gaëlle Krikorian, appelle, dans un entretien au « Monde », à une remise à plat de l’économie du médicament et à la nécessaire transparence des négociations.

Après une thèse de sociologie sur l’accès aux médicaments à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess), Gaëlle Krikorian a travaillé au Parlement européen comme conseillère sur les questions de propriété intellectuelle, puis à Médecins sans frontières où elle a défendu un accès équitable aux traitements essentiels partout dans le monde.

En mai 2020, l’Union européenne appelait à faire du vaccin anti-Covid-19 un « bien public mondial ». Dix mois plus tard, les États les plus riches se disputent les doses tandis que les autres pays patientent. Comment analysez-vous la situation ?

L’appel de politiques à ce que le vaccin soit un « bien public mondial » est d’une terrible naïveté ou d’une grande hypocrisie. Il y a un paradoxe dans le fait de répéter, de ce côté-ci de l’Atlantique, que la santé doit être considérée comme un droit supérieur, que l’accès aux médicaments est universel, alors que l’on traite les produits de santé avant tout comme des marchandises et qu’on se refuse à prendre des mesures radicales.

Avec le système de propriété intellectuelle tel qu’il est appliqué par nos pays, un produit pharmaceutique ne peut pas devenir ce qu’on appelle en économie « un bien public » accessible à chacun. Il existe des principes de rivalité, de monopole, et donc d’exclusion.

Le même paradoxe existe dans d’autres domaines comme la biodiversité, par exemple, considérée en théorie comme un « bien public mondial », couvert par un accord international, le protocole de Nagoya, adopté en 2010. Dans les faits, il est extrêmement difficile, voire impossible, de faire respecter un tel principe au niveau global. D’une part, les lobbys industriels s’y opposent de toutes leurs forces, et d’autre part, ce sont les Etats qui autorisent des firmes à s’approprier, par des droits exclusifs, des savoirs sur les plantes que partagent et préservent depuis des millénaires les populations locales.

Un autre concept, celui de « biens communs », me semble plus intéressant, parce qu’il repose sur l’organisation d’une gestion collective de la ressource pour assurer son existence et son accès. Mais il nécessiterait une approche radicalement différente de celle qui prédomine actuellement, afin de traduire le fait que la recherche est un effort collectif qui mobilise de nombreux d’acteurs.

Quel regard portez-vous sur les débats autour de la répartition des vaccins contre le Covid-19 ?

La façon dont on a collectivement développé ce vaccin pose deux questions éthiques. La première porte sur la valeur de la vie, selon la zone géographique où l’on habite. Un système est-il pertinent si une partie de la population mondiale ne peut pas se protéger de l’épidémie ?

Défaillance vaccin français : une remise en cause nécessaire

Défaillance vaccin français : une remise en cause nécessaire

 

A juste titre le président du Medef s’inquiète de l’incapacité de la France à produire un vaccin. La critique est justifiée mais on aimerait évidemment que le président du Medef soit aussi sévère vis-à-vis de la politique de Sanofi qui privilégie les profits à court terme et la distribution de dividendes au détriment de la recherche.

 

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a estimé jeudi que c’était « le moment de se remettre en cause » pour le « pays de Pasteur », face à l’absence d’un vaccin français contre le Covid-19.

Dans le cadre d’un colloque dédié au progrès, l’organisation patronale a publié un sondage réalisé avec Odoxa mettant en avant les doutes -voire la défiance- des Français concernant les nouvelles technologies, l’innovation ou encore la science, un sentiment plus élevé que dans d’autres pays européens.

« Je n’irais pas jusqu’à dire que les difficultés de Sanofi, l’échec du vaccin Pasteur sont le syndrome de ce doute, car il y a une part de malchance dans la recherche médicale. Mais quand même, le pays de Pasteur qui n’arrive pas à être dans la course aux vaccins, est-ce qu’il y a un lien avec ce qui a distillé le principe de précaution dans la société? On peut se poser la question », s’est interrogé M. de Bézieux en introduction aux débats.

Citant « deux citoyens français, l’un Stéphane Bancel qui a créé Moderna, l’autre qui est le patron d’AstraZeneca » Pascal Soriot, il a estimé que « le génie français n’a pas disparu, simplement il est allé s’exprimer dans un autre contexte. Ca peut être une bonne nouvelle, ce qui est un peu inquiétant c’est qu’il n’y ait pas les mêmes à la maison, c’est qu’on n’ait pas aussi des Français qui soient restés en France dans des grandes entreprises pharmaceutiques ou des biotechs ».

« C’est quand même le moment de se remettre en cause là-dessus », a poursuivi Geoffroy Roux de Bézieux.

Trois vaccins – BioNTech/Pfizer, Moderna et AstraZeneca – ont à ce jour reçu un agrément des autorités européennes.

Société-La remise en cause totale de notre système de santé

Société-La remise en cause totale de notre système de santé

 

La pandémie du coronavirus a causé déjà des milliers de morts en France, et son pic est encore loin d’être atteint. On s’aperçoit soudain que notre système de santé recèle de graves faiblesses. Constat de Claude Sicard, économiste et consultant international.

Nos hôpitaux manquent gravement de respirateurs, nous n’avons que très peu de masques pour satisfaire les besoins des personnels exposés, et les personnels hospitaliers sont totalement débordés. Par ailleurs, notre industrie est incapable de produire ne serait ce que les tests de dépistage du virus, et nous n’avons pas de fabricant de respirateurs alors que les Allemands en ont deux et les Suisses un, qui est le plus réputé mondialement. Aussi, Martin Hirsch, le directeur de l’Assistance publique et des hôpitaux de Paris s’est-il vu obligé de lancer, le 25 mars dernier, un appel angoissé à l’aide, indiquant que la situation était alarmante : « Je n’ai plus qu’une visibilité de 3 jours seulement », a-t-il averti.

Jusqu’ici, les Français s’étaient laissés bercer par l’idée que notre système de santé était l’un des meilleurs du monde, et les enquêtes d’opinion montraient, effectivement, que le public était tout à fait satisfait de la qualité des soins dans notre pays.

Un sondage Odexa effectué en mai 2019,par exemple, indiquait que parmi les personnes ayant eu à fréquenter ces deux dernières années un hôpital, le taux de satisfaction atteignait 86 %. Et, dans la population, en général, le service de santé français, dans cette même enquête, se révélait jouir d’une très bonne image, le taux de satisfaction étant de 71 % pour le secteur public, et de 77 % pour le secteur privé.

Face donc à la crise actuelle, les faiblesses de notre système de santé apparaissent soudain au grand jour. Déjà, d’ailleurs, depuis le mois de mai 2019, avons-nous pu assister à de nombreuses grèves des personnels soignants dans les hôpitaux, et tout particulièrement dans les services d’urgence de nombreux établissements publics. Et l’on a vu, récemment, mille chefs de service ont démissionné de leur fonction d’encadrement pour protester contre l’absence de réponse à leurs revendications. La Cour des comptes, elle même, dans un rapport de février 2019, n’avait pas manqué de lancer, de son côté, un cri d’alarme disant que notre système de santé est « à bout de souffle ». Ainsi donc, Emmanuel Macron, à l’occasion de sa visite, le 25 mars à Mulhouse à l’hôpital de campagne installé en urgence par l’armée dans le parking de l’hôpital Emile Muller, s’est il vu obligé d’annoncer, pour calmer les inquiétudes, le lancement prochain d’« un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières ». Marcel Gauchet, dans un excellent article dans Le Figaro du 26 mars, nous dit : « Toute les crises ont un effet de loupe », et il s’interroge : « Sommes nous, réellement, parmi les meilleurs du monde ? Nous l’avons été, mais nous ne le sommes probablement plus ».

Il nous faut donc voir par où pèche notre système de santé, un système qui se trouve complètement débordé aujourd’hui par l’épidémie du coronavirus. Et il nous faut, pour cela, effectuer quelques comparaisons avec des pays voisins, car on ne peut pas raisonner d’une manière abstraite : nous retiendrons, pour cela, quatre pays proches de nous, deux ayant un PIB/tête sensiblement inférieur au nôtre, et deux qui se trouvent soit au même niveau, cas de la Grande-Bretagne, soit légèrement au-dessus, cas de l’ Allemagne.

Les dépenses de santé en France

Généralement, les économistes, pour caractériser les dépenses de santé des pays, retiennent le ratio « Dépenses santé/PIB », et l’on a, alors, les chiffres suivants :

Dépenses de santé/PIB

Espagne : 9,1 %

Italie : 9,0 %

France : 11,1 %

Grande-Bretagne : 9,9 %

Allemagne : 11,0 %

Il nous parait plus judicieux de corréler les dépenses de santé des pays avec les PIB/tête, et c’est ce que montre le graphique ci-dessous où les dépenses par habitant sont celles données par l’OCDE pour 2018 :

Corrélation PIB/capita-dépenses de santé/tête (US$)

 

 

Cette approche présente le mérite de pouvoir définir une norme, celle-ci étant donnée par l’équation de la droite de corrélation. On voit sur ce graphique que nos dépenses de santé par personne se trouvent nettement au dessus de la droite de régression, et son équation indique que nous avons un excès dépenses qui se monte à 8,9 % , ce qui représente au niveau national la somme de 23 milliards d’euros.

Le nombre de lits

De nombreuses statistiques existent sur le nombre de lits d’hôpitaux par pays :nous retiendrons les données de l’OCDE :

Nombre de lits/1.000 habitants

Espagne : 2,5

Italie : 3,0

France : 6,5

Grande-Bretagne : 2,3

Allemagne : 8,0

La France n’est donc pas en sous équipement à cet égard. Dans les pays pauvres, on en est à seulement 2 lits pout mille habitants. Mais dans les pays plus riches que nous les chiffres ne sont guère différents : la Suisse qui est le pays le plus riche d’Europe, en est à 4,2 seulement.

La France et l’Allemagne constituent des cas à part : ce sont des pays où les soins hospitaliers tiennent une place très importante dans leur système de soins.

La consommation de médicaments

Nous nous en référerons, ici aussi, aux données de l’OCDE :

Consommation de médicaments /personne (2017)

(En US $ )

Espagne : 403,8

Italie : 527,7

France  : 502,0

Grande-Bretagne : 403,8

Allemagne : 596,6

L’Allemagne qui est le pays le plus riche de ceux figurant sur ce tableau est à un niveau supérieur au nôtre. La France se situe, elle, sensiblement à sa place, dans cette comparaison. Dans les pays pauvres comme la Turquie ou le Chili on en est à une consommation de 200 à 230 euros par habitant, mais dans les pays plus riches que nous les consommations ne sont pas supérieures à la nôtre : la Suède en est à 484,9 dollars, et la Norvège à 501,5 dollars.

Toutefois, dans le cas de la France, il existe une particularité : la consommation d’antibiotiques est anormalement élevée, avec 30,3 g pour 1 000 habitants, contre 14,1 g pour l’Allemagne, et 19,6 g pour la Grande-Bretagne. Les Pays-Bas, quant à eux, en sont à 10,4 g seulement pour 1 000 habitants.

Les personnels de santé

Les données, en ce qui concerne les personnels de santé, sont suivies régulièrement par l’OCDE. Elles sont les suivantes :

Personnel pour 10 000 habitants

Médecins                       Infirmiers                   Dentistes

Espagne                         33                                    76                                    5

Italie                               37                                     72                                    6

France                            34                                     80                                    7

Grande-Bretagne           23                                    128                                  10

Allemagne                      34                                      80                                    8

 

La France parait être tout à fait dans la norme ; en Grande-Bretagne, il y aurait donc pénurie de médecins, et cela expliquerait le ratio élevé d’infirmiers ou autres assistants médicaux. Quant aux pays pauvres, ils en sont à 12 à 15 médecins pour 10 000 habitants, et à 25 personnels infirmiers pour 10 000 habitants.

Les équipements de pointe

On dispose de peu de données dans ce domaine, et nous avons relevé les suivantes :

IRM                                    Capacité d’accueil en soins intensifs

(Année 2015)                                   (Nb de lits/100.000 hab)

Espagne                     737                                                          10,0

Italie                        1 715                                                           12,5

France                        836                                                          12,0

Grande-Bretagne       467                                                           7,0

Allemagne              2 747                                                           30,0

 

En 2018, en France, le nombre d’équipements en IRM avait certes progressé, et l’on en était arrivé à 960 appareils ; en scanners, selon les dernières statistiques connues, on en était à 1.103 appareils en France, contre 2.023 en Italie, et 2.866 en Allemagne. La France, et davantage encore la Grande-Bretagne, apparaissent donc comme des pays fortement sous-équipés ; l’Allemagne, par contre, est remarquablement dotée.

Les hôpitaux

Les statistiques en cette matière, sont très diverses, et seulement une comparaison avec l’ Allemagne parait possible :

Nombre d’hôpitaux         Nombre de lits         Nombre de lits/hôpital

France                         3 044                        450 000                        148

Allemagne                  1 400                        640 000                          457

 

Dans le cas de la France, il faut faire une séparation entre le secteur privé et le secteur public :

Capacité hospitalière

Secteur Public                                                     60 %

Secteur privé lucratif                                           20 %

Secteur privé non lucratif                                    15 %

Autres                                                                   5 %

______

Total                                   100

Dans le secteur privé la taille des hôpitaux est généralement plus faible que dans le secteur public, et en introduisant cette distinction on aboutit pour le secteur public à une moyenne de 247 lits par hôpital. Mais cette moyenne n’est pas très significative car elle est la résultante de tailles très diverses dans les hôpitaux publics : il existe, en effet, 320 petits hôpitaux publics locaux qui auraient en moyenne 70 à 80 lits seulement, avec une structure comportant, par exemple, 14 lits médicaux,23 lits en SSR (soins de suite de réadaptation) et 36 lits en ULSD (Unité de soins de longue durée).

Par comparaison avec l’Allemagne, la France se caractérise donc par un plus grand nombre d’hôpitaux, mais des hôpitaux beaucoup plus petits, avec les inconvénients que cela entraîne en matière d’équipements de pointe à multiplier, et de frais de gestion. La proximité se paye par un sous équipement, et, au plan des personnels, par des effectifs globalement excédentaires mais mal répartis, plus, pour couronner le tout, des frais de gestion élevés (23 % supérieurs à la moyenne européenne).

La difficile situation financière des hôpitaux publics

La situation financière des hôpitaux publics en France est préoccupante, mais les personnels médicaux paraissent l’ignorer. Ils réclament toujours plus de moyens et dénoncent une « gestion comptable » de la santé en France : il est vrai que les 35 heures de Martine Aubry ont causé dans les hôpitaux publics beaucoup de dégâts. Depuis 2006, les comptes d’exploitation des hôpitaux publics présentent régulièrement des résultats négatifs, et, ces dernières années, il s’est agi de pertes considérables qui ont oscillé entre 600 et 800 millions d’euros chaque année.

Déficit annuel des hôpitaux publics (millions €)

2016 : 529

2017 : 850

2018 : 650

2019 : 900

 

Aussi la dette des hôpitaux publics s’élève-t-elle maintenant à 30 milliards d’euros, et elle coûte en frais financiers 850 millions d’euros chaque année.

Les investissements ont ainsi dangereusement chuté : ils ne sont plus à présent que de 2,5 à 3 milliards par an, alors que les charges d’amortissement s’élèvent à 6 milliards d’euros. Le flux d’investissement annuel est donc totalement insuffisant pour maintenir l’ensemble du dispositif en état correct de fonctionnement, et les directeurs d’hôpitaux s’en inquiètent, à juste titre. Ils ne cessent de tirer la sonnette d’alarme, estimant qu’il leur faudrait investir environ 8 % du chiffre d’affaires, soit 7 à 7,5 milliards d ’euros chaque année.

A propos de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, où il était demandé au secteur hospitalier une économie de 800 millions d’euros, Fréderic Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré : « Dans les faits, on va vers une mort lente de l’hôpital ».

L’Etat s’est donc finalement engagé à alléger la dette colossale des hôpitaux publics en en prenant à sa charge un tiers, soit 10 milliards d’euros, ce qui va quelque peu soulager les comptes d’exploitation de ces établissements.

Un besoin urgent de remise en cause du système hospitalier français

Le président de la fédération hospitalière française a déclaré dans une interview récente sur une radio : « On est à l’os ». Il est demandé, sans cesse, aux directeurs d’hôpitaux de faire des économies, mais sans que l’on s’attaque aux problèmes de fond qui sont de trois ordres : la structure du parc des hôpitaux en France, le statut des personnels, et le système de facturation des activités. Aussi, les quelques économies qui ont été faites (7 milliards d’euros en dix ans) n’y ont rien changé.

Au plan de la structure, tout d’abord : il y a beaucoup trop d’hôpitaux, et donc bon nombre d’entre eux sont de trop petits hôpitaux. Ils seraient à fermer, mais c’est extrêmement difficile, politiquement, car la population réagit vivement dès que l’on annonce la fermeture d’un hôpital de proximité. En Allemagne, on est passé de 2 258 hôpitaux en 1997 à 1 400 actuellement, et la fondation Bertelsmann considère qu’il faudrait en fermer 600, ce qui amènerait la moyenne à 800 lits/hôpital. Et certains spécialistes voudraient aller encore plus loin. Ainsi, en Belgique, Paul Otreppe, président de la Fédération belge des directeurs d’hôpitaux, a déclaré : « Pour être efficace, un hôpital doit avoir 2 000 lits ». L’hôpital Pompidou, à Paris, en a 1 452.

Le problème de la structure du réseau est donc fondamental, mais, au niveau du gouvernement, on n’ose pas l’aborder.

Au plan du statut des personnels, on sait qu’il s’agit du statut de la « Fonction publique hospitalière », un statut donc de fonctionnaire, avec les rigidités que cela représente pour les directeurs d’hôpitaux qui sont contraints de respecter les règles très strictes qui régissent ces personnels : mutation d’un poste à un autre très difficile, interdiction de licencier, progression des salaires à l’ancienneté, etc….

Au plan de la facturation des soins, enfin : le système en vigueur est, depuis 2004, celui de la tarification à l’acte (T2A), et il s’y rajoute chaque année des dotations forfaitaires (DAC) pour tenir compte de services particuliers rendus par ces types d’hôpitaux : recherche, enseignement…. Certains professionnels proposent d’abandonner ce système pour passer à un système qu’ils appellent le « système de parcours de soins ».

La tâche est donc immense, et vouloir s’attaquer à la reforme de notre système hospitalier sera aussi difficile et perturbant que l’est, actuellement, le chantier de la reforme du système des retraites. Peut être la crise du coronavirus pourrait-elle être l’occasion à saisir pour s’attaquer aux problèmes de fond qui sont à régler pour faire fonctionner correctement notre système hospitalier public. Il s’agit de 52 % des soins dans notre pays.

On sait que les Allemands, de leur côté, sont parvenus à régler sereinement leur problème : ils ont privatisé les hôpitaux déficitaires et laissé les Länder gérer les hôpitaux, c’est à dire réalisé en douceur une réelle décentralisation. Il y eut même un CHU qui fut privatisé, en 2005, racheté par le groupe Rhön Klinikum AG. Le secteur public a été ramené ainsi de 40,7 % du marché en 1997 à 23,8 % actuellement.

Claude Sicard
Economiste, consultant international

La remise en cause totale de notre système de santé

La remise en cause totale de notre système de santé

 

La pandémie du coronavirus a causé déjà des milliers de morts en France, et son pic est encore loin d’être atteint. On s’aperçoit soudain que notre système de santé recèle de graves faiblesses. Constat de Claude Sicard, économiste et consultant international.

Nos hôpitaux manquent gravement de respirateurs, nous n’avons que très peu de masques pour satisfaire les besoins des personnels exposés, et les personnels hospitaliers sont totalement débordés. Par ailleurs, notre industrie est incapable de produire ne serait ce que les tests de dépistage du virus, et nous n’avons pas de fabricant de respirateurs alors que les Allemands en ont deux et les Suisses un, qui est le plus réputé mondialement. Aussi, Martin Hirsch, le directeur de l’Assistance publique et des hôpitaux de Paris s’est-il vu obligé de lancer, le 25 mars dernier, un appel angoissé à l’aide, indiquant que la situation était alarmante : « Je n’ai plus qu’une visibilité de 3 jours seulement », a-t-il averti.

Jusqu’ici, les Français s’étaient laissés bercer par l’idée que notre système de santé était l’un des meilleurs du monde, et les enquêtes d’opinion montraient, effectivement, que le public était tout à fait satisfait de la qualité des soins dans notre pays.

Un sondage Odexa effectué en mai 2019,par exemple, indiquait que parmi les personnes ayant eu à fréquenter ces deux dernières années un hôpital, le taux de satisfaction atteignait 86 %. Et, dans la population, en général, le service de santé français, dans cette même enquête, se révélait jouir d’une très bonne image, le taux de satisfaction étant de 71 % pour le secteur public, et de 77 % pour le secteur privé.

Face donc à la crise actuelle, les faiblesses de notre système de santé apparaissent soudain au grand jour. Déjà, d’ailleurs, depuis le mois de mai 2019, avons-nous pu assister à de nombreuses grèves des personnels soignants dans les hôpitaux, et tout particulièrement dans les services d’urgence de nombreux établissements publics. Et l’on a vu, récemment, mille chefs de service ont démissionné de leur fonction d’encadrement pour protester contre l’absence de réponse à leurs revendications. La Cour des comptes, elle même, dans un rapport de février 2019, n’avait pas manqué de lancer, de son côté, un cri d’alarme disant que notre système de santé est « à bout de souffle ». Ainsi donc, Emmanuel Macron, à l’occasion de sa visite, le 25 mars à Mulhouse à l’hôpital de campagne installé en urgence par l’armée dans le parking de l’hôpital Emile Muller, s’est il vu obligé d’annoncer, pour calmer les inquiétudes, le lancement prochain d’« un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières ». Marcel Gauchet, dans un excellent article dans Le Figaro du 26 mars, nous dit : « Toute les crises ont un effet de loupe », et il s’interroge : « Sommes nous, réellement, parmi les meilleurs du monde ? Nous l’avons été, mais nous ne le sommes probablement plus ».

Il nous faut donc voir par où pèche notre système de santé, un système qui se trouve complètement débordé aujourd’hui par l’épidémie du coronavirus. Et il nous faut, pour cela, effectuer quelques comparaisons avec des pays voisins, car on ne peut pas raisonner d’une manière abstraite : nous retiendrons, pour cela, quatre pays proches de nous, deux ayant un PIB/tête sensiblement inférieur au nôtre, et deux qui se trouvent soit au même niveau, cas de la Grande-Bretagne, soit légèrement au-dessus, cas de l’ Allemagne.

Les dépenses de santé en France

Généralement, les économistes, pour caractériser les dépenses de santé des pays, retiennent le ratio « Dépenses santé/PIB », et l’on a, alors, les chiffres suivants :

Dépenses de santé/PIB

Espagne : 9,1 %

Italie : 9,0 %

France : 11,1 %

Grande-Bretagne : 9,9 %

Allemagne : 11,0 %

Il nous parait plus judicieux de corréler les dépenses de santé des pays avec les PIB/tête, et c’est ce que montre le graphique ci-dessous où les dépenses par habitant sont celles données par l’OCDE pour 2018 :

Corrélation PIB/capita-dépenses de santé/tête (US$)

 

 

Cette approche présente le mérite de pouvoir définir une norme, celle-ci étant donnée par l’équation de la droite de corrélation. On voit sur ce graphique que nos dépenses de santé par personne se trouvent nettement au dessus de la droite de régression, et son équation indique que nous avons un excès dépenses qui se monte à 8,9 % , ce qui représente au niveau national la somme de 23 milliards d’euros.

Le nombre de lits

De nombreuses statistiques existent sur le nombre de lits d’hôpitaux par pays :nous retiendrons les données de l’OCDE :

Nombre de lits/1.000 habitants

Espagne : 2,5

Italie : 3,0

France : 6,5

Grande-Bretagne : 2,3

Allemagne : 8,0

La France n’est donc pas en sous équipement à cet égard. Dans les pays pauvres, on en est à seulement 2 lits pout mille habitants. Mais dans les pays plus riches que nous les chiffres ne sont guère différents : la Suisse qui est le pays le plus riche d’Europe, en est à 4,2 seulement.

La France et l’Allemagne constituent des cas à part : ce sont des pays où les soins hospitaliers tiennent une place très importante dans leur système de soins.

La consommation de médicaments

Nous nous en référerons, ici aussi, aux données de l’OCDE :

Consommation de médicaments /personne (2017)

(En US $ )

Espagne : 403,8

Italie : 527,7

France  : 502,0

Grande-Bretagne : 403,8

Allemagne : 596,6

L’Allemagne qui est le pays le plus riche de ceux figurant sur ce tableau est à un niveau supérieur au nôtre. La France se situe, elle, sensiblement à sa place, dans cette comparaison. Dans les pays pauvres comme la Turquie ou le Chili on en est à une consommation de 200 à 230 euros par habitant, mais dans les pays plus riches que nous les consommations ne sont pas supérieures à la nôtre : la Suède en est à 484,9 dollars, et la Norvège à 501,5 dollars.

Toutefois, dans le cas de la France, il existe une particularité : la consommation d’antibiotiques est anormalement élevée, avec 30,3 g pour 1 000 habitants, contre 14,1 g pour l’Allemagne, et 19,6 g pour la Grande-Bretagne. Les Pays-Bas, quant à eux, en sont à 10,4 g seulement pour 1 000 habitants.

Les personnels de santé

Les données, en ce qui concerne les personnels de santé, sont suivies régulièrement par l’OCDE. Elles sont les suivantes :

Personnel pour 10 000 habitants

Médecins                       Infirmiers                   Dentistes

Espagne                         33                                    76                                    5

Italie                               37                                     72                                    6

France                            34                                     80                                    7

Grande-Bretagne           23                                    128                                  10

Allemagne                      34                                      80                                    8

 

La France parait être tout à fait dans la norme ; en Grande-Bretagne, il y aurait donc pénurie de médecins, et cela expliquerait le ratio élevé d’infirmiers ou autres assistants médicaux. Quant aux pays pauvres, ils en sont à 12 à 15 médecins pour 10 000 habitants, et à 25 personnels infirmiers pour 10 000 habitants.

Les équipements de pointe

On dispose de peu de données dans ce domaine, et nous avons relevé les suivantes :

IRM                                    Capacité d’accueil en soins intensifs

(Année 2015)                                   (Nb de lits/100.000 hab)

Espagne                     737                                                          10,0

Italie                        1 715                                                           12,5

France                        836                                                          12,0

Grande-Bretagne       467                                                           7,0

Allemagne              2 747                                                           30,0

 

En 2018, en France, le nombre d’équipements en IRM avait certes progressé, et l’on en était arrivé à 960 appareils ; en scanners, selon les dernières statistiques connues, on en était à 1.103 appareils en France, contre 2.023 en Italie, et 2.866 en Allemagne. La France, et davantage encore la Grande-Bretagne, apparaissent donc comme des pays fortement sous-équipés ; l’Allemagne, par contre, est remarquablement dotée.

Les hôpitaux

Les statistiques en cette matière, sont très diverses, et seulement une comparaison avec l’ Allemagne parait possible :

Nombre d’hôpitaux         Nombre de lits         Nombre de lits/hôpital

France                         3 044                        450 000                        148

Allemagne                  1 400                        640 000                          457

 

Dans le cas de la France, il faut faire une séparation entre le secteur privé et le secteur public :

Capacité hospitalière

Secteur Public                                                     60 %

Secteur privé lucratif                                           20 %

Secteur privé non lucratif                                    15 %

Autres                                                                   5 %

______

Total                                   100

Dans le secteur privé la taille des hôpitaux est généralement plus faible que dans le secteur public, et en introduisant cette distinction on aboutit pour le secteur public à une moyenne de 247 lits par hôpital. Mais cette moyenne n’est pas très significative car elle est la résultante de tailles très diverses dans les hôpitaux publics : il existe, en effet, 320 petits hôpitaux publics locaux qui auraient en moyenne 70 à 80 lits seulement, avec une structure comportant, par exemple, 14 lits médicaux,23 lits en SSR (soins de suite de réadaptation) et 36 lits en ULSD (Unité de soins de longue durée).

Par comparaison avec l’Allemagne, la France se caractérise donc par un plus grand nombre d’hôpitaux, mais des hôpitaux beaucoup plus petits, avec les inconvénients que cela entraîne en matière d’équipements de pointe à multiplier, et de frais de gestion. La proximité se paye par un sous équipement, et, au plan des personnels, par des effectifs globalement excédentaires mais mal répartis, plus, pour couronner le tout, des frais de gestion élevés (23 % supérieurs à la moyenne européenne).

La difficile situation financière des hôpitaux publics

La situation financière des hôpitaux publics en France est préoccupante, mais les personnels médicaux paraissent l’ignorer. Ils réclament toujours plus de moyens et dénoncent une « gestion comptable » de la santé en France : il est vrai que les 35 heures de Martine Aubry ont causé dans les hôpitaux publics beaucoup de dégâts. Depuis 2006, les comptes d’exploitation des hôpitaux publics présentent régulièrement des résultats négatifs, et, ces dernières années, il s’est agi de pertes considérables qui ont oscillé entre 600 et 800 millions d’euros chaque année.

Déficit annuel des hôpitaux publics (millions €)

2016 : 529

2017 : 850

2018 : 650

2019 : 900

 

Aussi la dette des hôpitaux publics s’élève-t-elle maintenant à 30 milliards d’euros, et elle coûte en frais financiers 850 millions d’euros chaque année.

Les investissements ont ainsi dangereusement chuté : ils ne sont plus à présent que de 2,5 à 3 milliards par an, alors que les charges d’amortissement s’élèvent à 6 milliards d’euros. Le flux d’investissement annuel est donc totalement insuffisant pour maintenir l’ensemble du dispositif en état correct de fonctionnement, et les directeurs d’hôpitaux s’en inquiètent, à juste titre. Ils ne cessent de tirer la sonnette d’alarme, estimant qu’il leur faudrait investir environ 8 % du chiffre d’affaires, soit 7 à 7,5 milliards d ’euros chaque année.

A propos de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, où il était demandé au secteur hospitalier une économie de 800 millions d’euros, Fréderic Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré : « Dans les faits, on va vers une mort lente de l’hôpital ».

L’Etat s’est donc finalement engagé à alléger la dette colossale des hôpitaux publics en en prenant à sa charge un tiers, soit 10 milliards d’euros, ce qui va quelque peu soulager les comptes d’exploitation de ces établissements.

Un besoin urgent de remise en cause du système hospitalier français

Le président de la fédération hospitalière française a déclaré dans une interview récente sur une radio : « On est à l’os ». Il est demandé, sans cesse, aux directeurs d’hôpitaux de faire des économies, mais sans que l’on s’attaque aux problèmes de fond qui sont de trois ordres : la structure du parc des hôpitaux en France, le statut des personnels, et le système de facturation des activités. Aussi, les quelques économies qui ont été faites (7 milliards d’euros en dix ans) n’y ont rien changé.

Au plan de la structure, tout d’abord : il y a beaucoup trop d’hôpitaux, et donc bon nombre d’entre eux sont de trop petits hôpitaux. Ils seraient à fermer, mais c’est extrêmement difficile, politiquement, car la population réagit vivement dès que l’on annonce la fermeture d’un hôpital de proximité. En Allemagne, on est passé de 2 258 hôpitaux en 1997 à 1 400 actuellement, et la fondation Bertelsmann considère qu’il faudrait en fermer 600, ce qui amènerait la moyenne à 800 lits/hôpital. Et certains spécialistes voudraient aller encore plus loin. Ainsi, en Belgique, Paul Otreppe, président de la Fédération belge des directeurs d’hôpitaux, a déclaré : « Pour être efficace, un hôpital doit avoir 2 000 lits ». L’hôpital Pompidou, à Paris, en a 1 452.

Le problème de la structure du réseau est donc fondamental, mais, au niveau du gouvernement, on n’ose pas l’aborder.

Au plan du statut des personnels, on sait qu’il s’agit du statut de la « Fonction publique hospitalière », un statut donc de fonctionnaire, avec les rigidités que cela représente pour les directeurs d’hôpitaux qui sont contraints de respecter les règles très strictes qui régissent ces personnels : mutation d’un poste à un autre très difficile, interdiction de licencier, progression des salaires à l’ancienneté, etc….

Au plan de la facturation des soins, enfin : le système en vigueur est, depuis 2004, celui de la tarification à l’acte (T2A), et il s’y rajoute chaque année des dotations forfaitaires (DAC) pour tenir compte de services particuliers rendus par ces types d’hôpitaux : recherche, enseignement…. Certains professionnels proposent d’abandonner ce système pour passer à un système qu’ils appellent le « système de parcours de soins ».

La tâche est donc immense, et vouloir s’attaquer à la reforme de notre système hospitalier sera aussi difficile et perturbant que l’est, actuellement, le chantier de la reforme du système des retraites. Peut être la crise du coronavirus pourrait-elle être l’occasion à saisir pour s’attaquer aux problèmes de fond qui sont à régler pour faire fonctionner correctement notre système hospitalier public. Il s’agit de 52 % des soins dans notre pays.

On sait que les Allemands, de leur côté, sont parvenus à régler sereinement leur problème : ils ont privatisé les hôpitaux déficitaires et laissé les Länder gérer les hôpitaux, c’est à dire réalisé en douceur une réelle décentralisation. Il y eut même un CHU qui fut privatisé, en 2005, racheté par le groupe Rhön Klinikum AG. Le secteur public a été ramené ainsi de 40,7 % du marché en 1997 à 23,8 % actuellement.

Claude Sicard
Economiste, consultant international

Football : enfin la remise en cause des salaires déments

Football : enfin la remise en cause des salaires déments

 

La crise sanitaire mais aussi les difficultés particulières liées à la défaillance du diffuseur des matchs télévisés va placer encore un peu plus les clubs professionnels dans une situation financière particulièrement délicate (les clubs amateurs sont aussi très déstabilisés). Du coup, les salaires déments des loueurs pourraient être en partie remise en cause.

Enfin pourrait-on dire car il n’apparaît pas décent de payer des joueurs autour de 1à 2 millions par mois même lorsqu’il sont bourrés de talent. Encore d’ailleurs faudrait-il qu’ils  le manifestent un peu plus régulièrement sur le terrain. À ce prix là, l’engagement doit être permanent et total. On objectera que cela risque de favoriser le transfert de joueurs français vers l’étranger. Mais c’est déjà le cas puisque chaque année au moins une centaine de joueurs talentueux partent  jouer dans des clubs européens notamment au Royaume-Uni.

 

D’autres sportifs dans des disciplines qui exigent aussi un engagement physique et mental total sont payées 10 ou 100 fois moins. Pourquoi aussi payer autant les joueurs de foot en France quand les résultats internationaux des clubs sont aussi minces. Régulièrement en effet la plupart des clubs français sont éliminés rapidement des épreuves européennes.

Quant à l’équipe de France de football était surtout composée de joueurs français évoluant à l’étranger. En France le football a tendance à roupiller, le rythme n’y est pas et l’engagement est très mollasson ; d’où des spectacles assez insignifiants. Les joueurs ne manquent pas de techniques car la France dispose du meilleur système de formation; il y a de toute évidence un problème d’encadrement et de management. Pour preuve, pratiquement aucun entraîneur français n’exerce dans les grands clubs étrangers. Il serait donc temps de faire le ménage.

« L’autorité de l’État remise gravement en cause par une fête clandestine »

« L’autorité de l’État remise gravement en cause par une fête clandestine »

Pour le délégué général de l’Institut pour la Justice Pierre-Marie Sève, un tel écroulement de l’autorité de l’État est insupportable. (dans le  Figaro

«Entendre, après 24h, que la fête illégale se poursuivait toujours est inconcevable et démontre une nouvelle dois le niveau d’impuissance auquel l’État français a chuté.» 

 

L’évènement de Lieuron a-t-il vraiment étonné qui que ce soit? Que des jeunes se soient rassemblés pour fêter la nouvelle année n’a fait tomber personne de sa chaise, nous aurions pu nous y attendre. Mais entendre, après 24h, que la fête illégale se poursuivait toujours est inconcevable et démontre une nouvelle dois le niveau d’impuissance de l’État français.

En effet, la timide tentative d’intervention des gendarmes s’est soldée par un échec. Les vidéos circulant sur internet montrent des jets de bouteilles, des jets de pierres, et même une camionnette de gendarmerie brûlée. L’État a donc dû reculer face à un groupe de fêtards, laissant tristement à la France entière le spectacle d’un autre naufrage de son autorité.

Ce naufrage de Lieuron est grave et aura des conséquences. Quand une mesure, quelle qu’elle soit, est décidée pour la collectivité, le spectacle de son non-respect par quelques-uns, amoindrit, pour tous, la force de cette mesure. Comment ne pas comprendre le sentiment d’injustice du verbalisé qui se trompe de jour sur son attestation lorsqu’il apprend que des centaines de fêtards ne sont même pas contrôlés?

Si la situation actuelle perdure, cette majorité silencieuse qui perd déjà patience finira, elle aussi, par perdre tout respect pour l’autorité de l’État

De jour en jour, d’incident en incident, les Français découvrent que leur État n’est plus respecté. Aujourd’hui, ceux qui respectent encore l’État français, ce ne sont ni les «teufeurs» pendant la Covid, ni les migrants qui traversent allègrement nos frontières sans y avoir le droit, ni les 40 000 auteurs de rodéos urbains depuis 2018 selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Ceux qui respectent l’État, c’est plutôt l’immense majorité silencieuse, celle qui remplit son attestation chaque fois qu’elle sort, celle qui lave ses masques en tissu à la lessive à 90°. Parmi cette immense majorité, une femme de 73 ans habitant Vesoul et atteinte de la maladie d’Alzheimer s’était trompée de date sur son attestation pour aller faire ses courses pendant le confinement.

Or qui est condamné par l’État? Cette même dame de 73 ans contrôlée à quelques mètres de son domicile et dont la contravention a été confirmée par le Tribunal de Police le 4 décembre dernier. Si la situation actuelle perdure, cette majorité silencieuse qui perd déjà patience finira, elle aussi, par perdre tout respect pour l’autorité de l’État, ouvrant véritablement la voie à une l’anarchie.

De l’autorité de l’État dépend une grande partie de la prospérité future de la France. L’État français a perdu son autorité, et il y a fort à parier que la chute continuera. Les contradictions et les errements du gouvernement pendant la crise sanitaire n’ont certainement pas contribué à renforcer l’autorité de l’État, mais les causes sont bien plus profondes: elles sont le fruit d’une quarantaine d’années d’erreurs des gouvernements et de l’ensemble des institutions publiques, et notamment l’institution judiciaire.

Des actes forts, tant dans leur symbolique que dans leurs effets, sont indispensables pour restaurer l’autorité

Des actes pour reprendre cette autorité sont possibles: des lois d’abord, mais pas uniquement, puisque l’incident de Lieuron aura parfaitement illustré que la loi existe souvent déjà, mais que c’est son application qui pêche. En revanche, des actes forts, tant dans leur symbolique que dans leurs effets, sont indispensables pour restaurer l’autorité.

Retirer la France de la Cour européenne des Droits de l’Homme qui condamne systématiquement notre pays lorsqu’il tente de faire respecter son droit, assumer en public l’utilisation de la force quand elle est nécessaire, et pas uniquement lorsque les besoins en communication le demandent, ou bien encore réformer le conseil constitutionnel qui s’est fait une spécialité de détricoter la loi au nom de notions humanitaires.

« Remise en conformité républicaine de la pratique de l’islam en France  » (CRAN).

« Remise en conformité républicaine  de la pratique de l’islam en France  » (CRAN).

Une tribune dans l’Opinion de Lova Rinel, présidente du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).

 

 

« Dimanche soir, la tribune vibrante de l’imam et militant anti-islamiste Nassurdine Haidani a démontré l’impératif de la « remise en conformité républicaine » de la pratique de l’islam en France. Avec ces quatre mots, le cap est donné. Au milieu de cette vague d’émotion, c’est de cela dont nous avons besoin. En lien, le virus des parents inquisiteurs drape l’ensemble des disciplines, l’attitude d’élèves réfractaires sclérose l’enseignement public. C’est ce que relève le drame de Conflans-Sainte-Honorine. Si le temps des larmes est humainement nécessaire, l’exigence doit se substituer aux émotions.

La rentrée est étouffante, après l’ouverture du procès Charlie, le retour de l’indicible à nos portes ; silence, on poignarde !

C’est d’abord Zaheer Hassan Mahmoud avec un hachoir pensant alors être à la bonne adresse de Charlie Hebdo, puis maintenant Abdoullah Anzorov qui égorge Samuel Paty. En réaction aux caricatures ? Oui. Une action préméditée ​? Indéniablement. Un acte terroriste ​? Aucunement, analyse le politologue Olivier Roy. Pourtant, les médias parleront sans précaution de terrorisme en évoquant les crimes isolés de déséquilibrés.

Raisonnablement qui peut accepter que l’on tue pour des dessins ​? Osons un réquisitoire contre l’absolutisme des islamistes, brisons le soi-disant interdit du blasphème et rions des caricatures

Pour l’un, le magistrat retient la tentative d’assassinat ​; pour l’autre, rien, il a été abattu. Sont-ils musulmans ​? Oui. #NotInMyName ​? Pas suffisant, on ne combat pas le fondamentalisme avec des tweets. Raisonnablement qui peut accepter que l’on tue pour des dessins ​? Osons un réquisitoire contre l’absolutisme des islamistes, brisons le soi-disant interdit du blasphème et rions des caricatures. Le « ​oui, mais ​» c’est être complaisant, le « ​oui, mais ​» c’est être complice, « ​​oui, mais ​» nous souille.

En revanche, quid du silence en septembre dernier d’une femme voilée poignardée devant sa famille dans un village de la Loire ​? Quid des femmes voilées, au pied de la Tour Eiffel, poignardées récemment avec des injures islamophobes pour un différend de chiens non tenus en laisse.

Dans le premier cas, l’auteur est interné, dans le second le procureur retient la tentative d’homicide volontaire. Dans aucun cas on n’évoque la raison raciste. Raisonnablement qui peut tuer pour une affaire de chiens non tenus en laisse ​? Osons nous indigner de crimes islamophobes et posons l’islamophobie à sa place : hors de la République. Le « ​oui, mais ​» ici poignarde nos valeurs, le « ​oui, mais ​» est complice, le « ​oui, mais ​» nous souille.

Le traitement médiatique et les jeux politiques qui en découlent sont inquiétants. Depuis plus de 20 ans, nous nourrissons la haine de l’autre. En montrant la « population musulmane » comme responsable des maux de la patrie, on pousse à l’indigestion islamophobe et à l’indigestion antirépublicaine. Sincèrement, n’est-il pas le moment de s’interroger ?

Dépassons la paranoïa, dissocions une attaque terroriste de l’assassinat abjecte d’un fanatique, d’un fou. C’est fondamental ! Les mots ont un sens, le terrorisme répond à une logique et une logistique propre et définie. Samuel Paty a été sauvagement tué par un fou nourri par des thèses islamistes. Son crime appelle à d’autres interrogations profondes, celles entre autres d’une idéologie qui veut s’immiscer dans nos écoles. Notre contribution se doit alors d’être maîtrisée et froide, l’émotion est l’exclusivité des familles des victimes. Il en va du respect de nous-même. J’en appelle à l’exigence et à la rigueur intellectuelle.

Samuel Paty n’est pas mort en vain, c’est dans la bouche de Pape qu’il survit. Marianne est indestructible

La laïcité, c’est le casque bleu de la vie religieuse en France. Il serait pourtant déplacé de ne pas prendre en compte l’importance symbolique de la mort horrible de Samuel Paty. Les dieux sont avec nous, nous avons notre Marianne. Il est noir, adolescent et élève au collège du Bois-d’Aulne où enseignait Samuel Paty. Pape Biram nous renvoie à notre responsabilité d’adulte et nous intime de nous ressaisir. Il n’est pas anodin qu’il soit élève, ironie du sort de la force de l’école de la République. Samuel Paty n’est pas mort en vain, c’est dans la bouche de Pape qu’il survit. Marianne est indestructible.

Je le sais, beaucoup d’entre nous sommes meurtris, inquiets pour nos professeurs. Nous devons faire preuve de fraternité. La laïcité n’est ni la traque, ni la tyrannie de l’islam. La République n’est pas le drapeau des islamo-racistes. Comprenons la laïcité ainsi : « soyez chrétiens, athées, musulmans, juifs (et tant d’autres) comme vous le voulez, mais l’Etat ne fera pas la politique que vous voulez, parce que notre politique doit nous permettre de vivre ensemble ». Ces intégristes n’aiment pas Dieu, ces islamo-racistes n’aiment pas la République, humilions-les. S’ils crient, crions plus fort, rendons-les sourds, qu’ils cessent de parler en notre nom.

Nous, musulmans, dénonçons haut et fort l’intégrisme. Nous, non-musulmans, levons-nous contre l’islamo-racisme. La République, c’est être Français sans épithète ; et notre pays, dans toute sa diversité, vaincra ! »

Lova Rinel est présidente du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).

Énergie–Remise en cause des dispositifs d’aide au photovoltaïque

Énergie–Remise en cause des dispositifs d’aide au photovoltaïque

 

Certaines énergies nouvelles n’ont pas encore vraiment démontré leur pertinence technologique et surtout économique. C’est vrai pour les très coûteuses éoliennes dans le financement est porté à bout de bras par les pouvoirs publics. A un  moindre degré c’est aussi vrai pour le photovoltaïque largement aidé puis progressivement un peu lâché. Le gouvernement français veut prendre encore du recul avec les aides financières du voltaïque en réduisant encore le soutien financier considéré comme beaucoup trop coûteux. En fait pour le voltaïque comme pour les éoliennes c’est EDF qui paye des tarifs exorbitants mais au final c’est le consommateur qui règle la facture.

Un mécanisme d’obligation d’achat par EDF au bénéfice de personnes installant des panneaux photovoltaïques a été instauré en 2000, via des contrats pouvant aller jusqu’à 20 ans, précise le journal économique. Or ces contrats ont été assortis de tarifs très élevés et certains, ceux passés avant l’imposition d’un moratoire fin 2010, sont toujours en vigueur aujourd’hui.

La mesure de renégociation, si elle était menée, pourrait permettre d’économiser jusqu’à 600 millions d’euros en régime de croisière étant entendus que les particuliers ne seraient pas concernés par cette mesure.

Budget : Remise en cause de la sacro sainte règle des 3%

Budget : Remise en cause de la sacro sainte règle des 3%

 

La France qui va crever tous les plafonds des critères européens notamment en matière de déficit et d’endettement sans parler du chômage veut faire sauter les références et s’affranchir de la sacro-sainte règle des 3 %. Mieux ,la France souhaite que l’Europe profite du pacte de croissance pour faire définitivement sauter ce verrou. Observons d’abord que cette règle des 3 % a été inventée un jour par les Français eux-mêmes. Elle est effectivement discutable car elle ne repose sur pas grand-chose. On pourrait tout aussi bien retenir 4 ou 5 %. Par contre, contrairement à ce que pensent certains qui pratiquent la suite en avant,  le principe d’équilibre en moyenne à long terme s’impose pour un État comme pour n’importe quel emprunteur. Un jour ou l’autre la facture doit être réglée soit par remboursement du capital, soit par la montée des intérêts, soit par la dévaluation.

 

Curieusement le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, rejoint les positions gauchistes qui considèrent  qu’il n’y a pas de raison de fixer des règles de discipline budgétaire «On ne peut pas imaginer remettre en place le même Pacte» de stabilité et de croissance (PSC), qui fixe ces règles, a-t-il déclaré. «Faut-il des règles budgétaires ? Certainement. Est-ce qu’il faut les revoir ? Certainement aussi», a-t-il ajouté. Certes on comprend que dans une conjoncture de crise assez exceptionnelle on puisse faire fi des principes de gestion budgétaire. D’ailleurs compte tenu de la situation économique,

L’Union européenne a suspendu en mars l’application des règles du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Parmi les obligations que les États membres n’ont plus à respecter actuellement figure la fameuse règle imposant que leur déficit public reste inférieur à 3% de leur produit intérieur brut (PIB).

 «On ne pourra pas remettre en place le Pacte de stabilité tel qu’on l’a connu auparavant parce que la crise est passée par là, parce que nous sommes dans une période où il faudra, encore plus qu’avant la crise, investir pour nos économies», a insisté Clément Beaune, citant en particulier la transition écologique et la transition numérique, érigées en priorités par l’UE. «Nous aurons, à la sortie de la crise, des seuils de déficit, mais plus encore de dette, qui seront très différents du monde qu’on a connu il y a quelques années partout en Europe», a ajouté le responsable français.

Emmanuel Macron avait, avant même la survenance de la crise, estimé en novembre 2019 dans un entretien à The Economist que «le débat autour du 3% dans les budgets nationaux, est un débat d’un autre siècle

De telles déclarations apparaissent particulièrement irresponsables et ne peut que conforter la conviction des pays Nord que les pays du Sud dont la France sont incapables de la moindre discipline et comptent sur la solidarité des pays rigoureux d’une nord.

Autoroutes privées : remise en cause des concessions par le Sénat

Autoroutes privées : remise en cause des concessions par le Sénat

La rentabilité des autoroutes est outrancièrement juteuse considère un rapport du Sénat qui propose de revoir sérieusement le contenu des contrats de concession . De plus, « les principaux paramètres économiques et financiers des concessions ont évolué favorablement, ce qui a permis aux sociétés d’autoroutes de verser un niveau exceptionnel de dividendes à leurs actionnaires (24 milliards d’euros entre 2006 et 2019) », note le rapport. Ainsi, selon l’ étude « indépendante », la rentabilité des concessionnaires pourrait être très élevée d’ici la fin des concessions. Enfin, le sénateur Vincent Delahaye , auteur du rapport, pointe le déséquilibre dans les relations entre l’Etat et les sociétés autoroutières, d’autant que les contrats de concession n’ont pas été revus lors de la privatisation. Le Sénat n’exclut pas de mettre un terme concessions en tout cas d’en fixer une durée. Il envisage même d’autres modèles de gestion alternatif comme les régies ou des partenariats. Il faut s’attendre évidemment à de très fortes réactions des sociétés d’exploitation des autoroutes privées tellement le rendement financier est important. On verra dans les semaines à venir monter les lobbys sur cette question stratégique.

 

Remise en cause des dispositifs d’aide au photovoltaïque

Remise en cause des dispositifs d’aide au photovoltaïque

 

Certaines énergies nouvelles n’ont pas encore vraiment démontré leur pertinence technologique et surtout économique. C’est vrai pour les très coûteuses éoliennes dans le financement est porté à bout de bras par les pouvoirs publics. A un  moindre degré c’est aussi vrai pour le photovoltaïque largement aidé puis progressivement un peu lâché. Le gouvernement français veut prendre encore du recul avec les aides financières du voltaïque en réduisant encore le soutien financier considéré comme beaucoup trop coûteux. En fait pour le voltaïque comme pour les éoliennes c’est EDF qui paye des tarifs exorbitants mais au final c’est le consommateur qui règle la facture.

Un mécanisme d’obligation d’achat par EDF au bénéfice de personnes installant des panneaux photovoltaïques a été instauré en 2000, via des contrats pouvant aller jusqu’à 20 ans, précise le journal économique. Or ces contrats ont été assortis de tarifs très élevés et certains, ceux passés avant l’imposition d’un moratoire fin 2010, sont toujours en vigueur aujourd’hui.

La mesure de renégociation, si elle était menée, pourrait permettre d’économiser jusqu’à 600 millions d’euros en régime de croisière étant entendus que les particuliers ne seraient pas concernés par cette mesure.

Remise en cause du taylorisme et du fordisme ?

Remise en cause du taylorisme et du fordisme ?

 

Pour le président de PwC France et Maghreb, « l’heure du taylorisme et du fordisme, du command and control a sonné ».(Tribune dans l’opinion)

 

Le nouveau gouvernement se décrit lui-même comme résolument tourné vers l’action. Sous l’égide du ministre de l’Economie, un nouveau portefeuille consacré à la relance a été créé. L’heure semble donc être enfin à la construction d’une nouvelle méthode et d’un nouveau modèle, pour répondre aux nombreux défis économiques, sociaux, sociétaux, environnementaux et sanitaires. Face au constat d’un modèle à bout de souffle, dont les excès comme les dénis ont fracturé et opposé les individus et des pans entiers de notre société, le temps n’est plus à la réflexion mais à l’action !

A l’heure de la relance, il est grand temps de reconstruire avec méthode et inventivité un réseau de solutions concrètes, afin d’aboutir à un modèle nouveau qui réponde à cette crise massive. L’heure du taylorisme et du fordisme, du « command and control » a sonné. Les entreprises, mais également l’Etat, centralisent habituellement les décisions qui « ruissellent » du siège, du ministère, de l’Élysée… jusqu’en bas. Ce type de fonctionnement est révolu.

Il doit laisser place à une dynamique de co-construction et de coalition qui se créera en entreprise, comme dans les administrations, où nous devrons gagner en agilité, autour de projets nécessaires et innovants. En cohérence avec les transformations structurelles de la société, nous imaginerons des solutions opérationnelles à des problématiques ciblées, de manière plus réactive. Enfin, ces solutions devront être questionnées, évaluées et priorisées, pour rester pertinentes dans la durée, dans un monde où le changement et l’incertitude sont devenus la norme.

 Donnons la préférence au terrain et aux territoires : ils ont su prouver leur réactivité, leur responsabilité et leur résilience dans la crise. Par leur connaissance de l’écosystème local et leur agilité, ils sont légitimes pour prendre les décisions cohérentes. Avec moins de contraintes, ils s’impliqueront davantage dans la vie locale et le dynamisme de leur région. Cette responsabilité territoriale accrue facilitera de nouvelles implantations, et servira à mieux anticiper les prochaines crises et leurs impacts négatifs, notamment ceux liés à l’emploi dans certains bassins. En bref, réduisons le laps de temps entre réflexion et action.

Il impose aussi la création d’indicateurs de valeurs qui ne seraient plus uniquement financiers, mais basés sur une performance globale. Ceux-ci ne seraient pas seulement économiques mais engloberaient les besoins humains et environnementaux. Concrètement, l’État serait responsable de ces indicateurs, par l’intermédiaire de ses politiques réglementaire, fiscale et industrielle. En ayant la possibilité de les mesurer, donc de les valoriser et les intégrer dans une stratégie globale, les entreprises seraient incitées à mieux les respecter. Cette méthode, permettra alors de remettre en cause des modes de gouvernance désormais dépassés.

La crise du Covid-19 est un révélateur. Il est temps désormais de reconstruire ensemble un système vertueux et pérenne pour notre avenir commun ; entreprises, société civile et pouvoirs publics. Agissons ensemble en étant fiers de nos forces et nos atouts, travaillons en coalition à l’avènement de ce nouveau système !

Bernard Gainnier est président de PwC France et Maghreb.

Avec la crise sanitaire, la mobilité remise en cause ( Mathieu Flonneau)

Avec la crise sanitaire, la mobilité remise en cause ( Mathieu Flonneau)

La course effrénée pour aller toujours plus vite et plus loin semble remise en cause à l’occasion de la crise sanitaire. Mathieu Flonneau, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’université Panthéon-Sorbonne*, estime que la crise du Coronavirus révèle les graves distorsions de notre rapport à la mobilité. (Interview dans laTtribune )

 

Dans le moment inédit que nous rencontrons aujourd’hui où une pandémie nous contraint au confinement, l’Histoire peut-elle nous éclairer sur notre rapport à cette mobilité aujourd’hui complètement empêchée ?

MATHIEU FLONNEAU: Convoquer l’Histoire n’est malheureusement pas le plus pertinent pour tenter d’éclairer ce que nous vivons aujourd’hui tant cet épisode est inédit. C’est la première fois dans l’Histoire, hors période de guerre bien sûr, que la mobilité est empêchée à ce point, et c’est d’autant plus remarquable au vu des potentialités existantes en matière de mobilité. Nous n’avons pas d’exemples à la configuration comparable. En revanche, la littérature dystopique, elle, nous donne matière à réfléchir notamment sur les horizons d’attentes qui ont façonné les besoins de notre société contemporaine. Déjà, en 1968, un an avant la révélation symbolique par l’arrivée de l’homme sur la Lune, dans 2001, l’odyssée de l’espace, Stanley Kubrick illustrait cette société qui espérait trouver son salut à travers l’accélération : plus loin plus vite, vers une immobilité sublime… Cette accélération folle a fini par se confronter à la réalité du monde réel, celle d’une dimension limitée par des contraintes d’espace et de temporalité. La crise du coronavirus nous met face à cette distorsion de notre rapport à la mobilité, et y mettra probablement fin d’ailleurs pour ce qui n’est pas essentiel…

« Y mettre fin », c’est à dire ?

Ce que j’observe c’est que dans un contexte où la société contemporaine a décuplé ses « besoins » de mobilité, nous commencions à percevoir ces décalages sans jamais en payer le prix réel. Le prix de ses excès notamment. Je prendrai l’exemple absurde récent de ces avions qui ont volé à vide pour préserver les créneaux dans les aéroports. Je prends également l’exemple de l’industrie automobile qui a fondé son modèle sur une configuration complexe et éclatée à travers le monde. Demain est-ce que cela aura encore un sens de fabriquer en Chine, une voiture qui sera vendue en Europe ? Nous allons probablement faire l’examen de toutes ces incohérences, et il y aura probablement de la destruction, de la sélection, des éliminations. Par exemple, le modèle du transport aérien low-cost qui est littéralement hors-sol a probablement touché ses limites.

Le rapport à la mobilité, c’est aussi un comportement individuel. Le président de la République a pointé ceux qui se baladaient dans les parcs dimanche alors que la règle était de limiter ses déplacements…

Le détour par la science fiction est là aussi éloquent… Le film Into the wild (2008) faisait la promotion d’un survivalisme universel mais également individuel. Mais notre société s’inscrit aujourd’hui dans une démarche collective. Le discours du président de la République est un véritable tournant, peut-être temporaire, dans le retour de l’Etat stratège et planificateur comme à l’époque soviétique. Je convoque ici le film Snowpiercer, ce train qui traverse la planète à l’époque glaciaire, mais au prix d’une guerre sociale très dure.

 

Finalement, la pénurie alimentaire peut se réguler par le prix, la mobilité, elle, ne peut pas être régulée autrement que par la contrainte et la coercition ?

Nous le verrons bien mais ce n’est sans doute pas possible au-delà de quinze jours, un mois ou plus… Les seuls moments de l’histoire où la mobilité a été empêchée, c’était par la guerre. Bien entendu, la crise du coronavirus va conduire notre société à interroger la coordination des comportements individuels. Limités à nos chambres, elle va nous obliger à une forme d’introspection quasi-pascalienne dans notre rapport à la mobilité.

C’est donc notre rapport à la mobilité qui pourrait être impacté par la crise du coronavirus ?

Observons comment une société libérale comme le Royaume-Uni a réagi au risque de pandémie. Elle a voulu mettre en place l’immunité collective, une approche très darwiniste du sacrifice acceptable. Cette approche n’est pas possible dans la société française qui est tout à fait prête, au contraire, à remettre en cause des principes libéraux pour instaurer des règles plus coercitives et de régulation. Faudra-t-il par exemple justifier le choix de moyens de mobilité carboné et individuel alors que l’histoire de la vie privée nous apprend que la mobilité a permis cet accroissement de cette vie individuelle. Mais il faut éviter de tomber dans les excès de la collapsologie qui nous annonçait les pires remèdes pour en finir avec les effets de ces distorsions. La crise du Coronavirus est avant tout un choc de responsabilité dans notre rapport consumériste à la mobilité. Elle va nous aider à être plus responsable.

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(*) Mathieu Flonneau est maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne et président de l’association T²M (Mobilities and Materialities Annual Conference 2019). Co-auteur de Choc de Mobilités (Editions Descartes et Cie, 2016, 179 pages, 15 euros, Mathieu Flonneau et Stéphane Levesque)

 

Coronavirus Suède : 5000 morts, en 24 heures et remise en cause de la politique sanitaire

Coronavirus  Suède :  5000 morts, en 24 heures et remise en cause de la politique sanitaire

Avec 499,1 morts par million d’habitants, ce pays scandinave, habitué à être cité en exemple dans de nombreux domaines, pointe à une peu enviable cinquième place mondiale concernant ce taux de mortalité. Derrière quatre autres Etats européens (Belgique, Royaume-Uni, Espagne et Italie) et devant la France, selon les données officielles compilées par l’AFP.

«Je pense que nous aurions dû commencer les tests de masse beaucoup plus tôt, nous aurions dû tester plus de gens», estime Lars Falk, médecin et chef de service au prestigieux hôpital Karolinska de Stockholm. «Dès que quelqu’un est testé positif, il ne sort plus autant et ne rencontre pas autant de gens que s’il n’est pas au courant», dit-il à l’AFP.

Le nombre des patients en soins intensifs est en nette baisse dans son unité comme ailleurs, la Suède a passé le pic, les statistiques s’améliorant progressivement. Mais la pression augmente sur le gouvernement, accusé en particulier de s’être trop réfugié derrière son administration, en l’occurrence l’autorité sanitaire dirigée par son épidémiologiste en chef, Anders Tegnell.

Le premier ministre social-démocrate Stefan Löfven a réaffirmé au cours du week-end que la politique de son pays «n’était pas un échec». Le même, au fatalisme prémonitoire, avait pourtant averti début avril : «Nous allons devoir compter les morts par milliers, autant nous y préparer».

Si la Suède n’a pas de plus mauvais bilan que les autres pays européens les plus touchés, il est très mauvais comparé à celui de ses voisins immédiats et alliés nordiques, où l’épidémie est arrivée à peu près à la même date. Relativement à la population, cinq fois moins de morts au Danemark et – à densité comparable – huit fois moins en Finlande et onze fois moins en Norvège.

Le nombre très important des gens ayant péri dans les maisons de retraite «n’a rien à voir avec la stratégie. Il est lié aux failles dans la société que nous corrigeons», a toutefois plaidé Stefan Löfven, citant l’hygiène déficiente dans les résidences pour seniors.

«Un pas en arrière»

Les responsables des partis politiques, qui comme une grande partie de la population ont largement soutenu la décision de ne pas confiner les 10,3 millions de Suédois, commencent aussi à émettre des critiques. Ils déplorent notamment le retard dans la mise en place d’une campagne de tests massifs, qui n’a réellement commencé que cette semaine et révèle souvent plus de 1000 cas supplémentaires quotidiens ces derniers jours.

«Un leader doit faire un pas en avant, mais Löfven a fait un pas en arrière», a dénoncé Ebba Thor, la dirigeante des chrétiens-démocrates, dans l’opposition de droite. Pour le chef des libéraux au Parlement, Johan Pehrson, l’approche moins stricte de la Suède «pourrait avoir contribué au bilan très élevé». Le patron des conservateurs a quant à lui réclamé la constitution immédiate d’une commission d’enquête sur la gestion gouvernementale de la crise.

Les Suédois, interdits de passer leurs vacances dans plusieurs Etats de l’Union européenne y compris chez leurs voisins nordiques, auront finalement le droit de passer leurs congés dans dix pays, a annoncé mercredi la ministre des Affaires étrangères Ann Linde. Et la Suède peut espérer entrer dans la phase finale de l’épidémie, selon les médecins.

En soins intensifs, «les chiffres ont vraiment baissé. Il y a une vraie différence par rapport à il y a deux mois», explique Karin Hildebrand, médecin à l’hôpital Södersjukhuset de Stockholm, qui s’attend à une poursuite de la décrue. Quant à Anders Tegnell, avocat d’une «stratégie marathon», il a répété que les confinements ne marchaient pas et qu’une fois les restrictions levées, le virus recommencerait tôt ou tard à circuler.

Sans vaccin, «on ne peut pas entièrement éliminer le virus», a-t-il dit mardi. Une étude – dont la fiabilité est controversée – montre que 14% des quelque 50.000 habitants de Stockholm qui ont fait le test de dépistage ont des anticorps agissant face au Covid-19. La capitale est de loin la région la plus touchée du pays.

Pause

Une remise en cause de la dérégulation internationale (Hubert Védrine)

Une remise en cause de la dérégulation internationale (Hubert Védrine)

 

Dans une  interview au Figaro , Hubert Védrine critique la  mondialisation qui a été essentiellement, jusqu’ici «une déréglementation financière et une localisation des productions industrielles là où les coûts salariaux étaient les plus faibles». Le virus confirme cruellement que nombre de pays dont la France se sont débarrassés de leur industrie en délocalisant dans les pays en développement et au passage en vidant de leur substance économique une grande partie du territoire. L’idée générale était que les pays développés se contenteraient de commercialiser à bon compte des produits fabriqués à bas prix dans les pays pauvres. Le problème c’est qu’arrivés un certain stade, ces pays parvenus  à un certain niveau de développement  se sont mis à concurrencer sérieusement les anciens pays développés. Ainsi la Chine mais aussi d’autres qui inondent les pays occidentaux de leurs produits manufacturés et autres comme par exemple les produits pharmaceutiques dans 50 à 70 % viennent  de Chine et plus généralement d’Asie.

Coup de pays occidentaux, les États-Unis compris, se sent délestés de leurs productions stratégiques de façon très naïve. Sans doute ne sera-t-il pas possible de revenir à l’époque où chacun faisait son pain et dont  les territoires vivaient  en quasi autonomie. Pour autant,  la dimension internationale des processus de production a pris des dimensions particulièrement dangereuses par ailleurs coûteuses sur le plan environnemental avec un gâchis considérable du transport et de la logistique. Le deuxième enseignement de la crise sanitaire c’est que le monde ne dispose pas des outils de gestion mondiale faire face aux grandes questions y compris aux catastrophes. Chaque zone, chaque pays bricole dans son coin des plans d’urgence plus ou moins contradictoire avec ceux du voisin.

  • Cette crise globale, sans précédent depuis les guerres, révèle ou confirme qu’il n’existe pas encore de réelle communauté internationale ou qu’elle n’est pas préparée à faire face à une pandémie mondiale déclare encore Hubert Védrine. L’ONU par exemple reste encore relativement un machin qui  intervient parfois plus ou moins mollement dans les conflits ou dans les famines et qui se paralyse le plus souvent. Le G20 discute mais l’impose jamais rien. Quant à l’Europe, elle n’a guère encore donné la preuve de son efficacité hormis sur la question des échanges de biens et encore. L’Europe demeure un espace limité au marché comme le souhaitaient les anglo-saxons. Sans doute le Coronavirus ne modifiera pas totalement ces problématiques mais il  entraînera vraisemblablement des changements sur le plan économique  avec des transformations des modes de production et de consommation mais aussi sur le plan politique.

BCE : remise à plat de son rôle ?

BCE : remise à plat de son rôle ?

 

Il y a évidemment longtemps que les banques centrales notamment la banque centrale européenne débordent de leur rôle initial. Aujourd’hui, elles sont surtout devenues des planches  à billet pour tenter de sauver un système financier en pleine folie et une économie durablement installée dans la croissance molle. Officiellement pour la banque centrale européenne l’objectif majeur est de gérer l’inflation pour la maintenir autour de 2 %..

Un objectif qui n’est pas atteint et qui ne constitue pas la légitimité des actions de la banque centrale. Faites la banque centrale tente de soutenir la croissance et de maintenir sous perfusion financière le système. La BCE est  condamnée  à le faire à moins d’un éclatement de plusieurs bulles voire du système tout entier mais ce qui alimente encore un peu plus la dérive de l’endettement. la révision de la stratégie proposée par Christine Lagarde vise surtout à satisfaire les faucons notamment d’Allemagne qui  souhaitent e une politique monétaire beaucoup moins accommodante. Cela en s’appuyant sur des perspectives d’inflation moins contraignante que l’objectif de 2%. Reste que pour encore longtemps, la banque centrale européenne sera condamnée à s’aligner sur ce que font la plupart des banque centrales internationales à savoir faire tourner la planche à billets pour sauver le système devenu fou et tenter de sauver une croissance en grande difficulté

Lors d’une conférence de presse, Christine Lagarde a donc laissé entendre que l’exercice pourrait prendre un an environ, sans exclure qu’il se prolonge en 2021. “Ce sera fini quand ce sera fini”, a-t-elle dit.

Elle a refusé de préciser quels changements elle souhaitait apporter à l’objectif d’inflation, se contentant de dire que “la manière dont nous mesurons l’inflation fait clairement partie des sujets que nous devons étudier”.

L’examen de la stratégie de la banque centrale concernera aussi la manière dont elle intègre l’impact économique du changement climatique dans ses modèles et ses prévisions. En attendant la conclusion de cet exercice, la BCE s’en tiendra à sa stratégie actuelle, a précisé Christine Lagarde.

“Certains s’attendaient peut-être à ce qu’elle soit plus optimiste sur la situation économique”, a expliqué Antoine Bouvet, stratège obligataire senior chez ING, notant que la présidente de la BCE avait refusé à plusieurs reprises de prendre ses distances vis-à-vis des taux d’intérêt négatifs.

Le taux de refinancement de la BCE reste fixé à zéro, le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25% et surtout, le taux de la facilité de dépôt reste à -0,5%, ce qui revient à faire payer les banques sur une partie de leurs dépôts auprès de la banque centrale.

L’institution poursuit parallèlement ses achats d’actifs au rythme de 20 milliards d’euros par mois, augmentant ainsi un portefeuille de titres qui représente quelque 2.600 milliards d’euros.

Le Conseil prévoit que les taux resteront “à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas” jusqu’à ce que les perspectives d’inflation convergent “durablement vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2%”.

L’inflation dans la zone euro est actuellement de 1,3% seulement sur un an.

Lors de la conférence de presse, Christine Lagarde a déclaré que les risques entourant les perspectives de croissance dans la zone euro restaient orientés à la baisse mais qu’ils étaient moins prononcés qu’auparavant, l’incertitude liée aux tensions commerciales internationales ayant diminué.

Une éventuelle redéfinition de la stabilité des prix à l’issue de la réflexion sur la stratégie de la BCE pourrait conduire celle-ci à relever son objectif en le portant à 2% tout en promettant de réagir aussi énergiquement à un éventuel dépassement de ce seuil qu’à une incapacité à l’atteindre.

“Notre objectif d’inflation doit être symétrique. Si notre cible centrale est perçue comme un plafond, nous avons moins de chance de l’atteindre”, a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lors d’un récent discours à Paris.

Certains “faucons” du Conseil des gouverneurs, qui plaident depuis longtemps pour une politique monétaire moins accommodante, sont favorables à ce que la BCE tolère des variations du taux d’inflation dans certaines limites au-dessus ou en dessous de 2%, ce qui réduirait l’incitation à multiplier les mesures de soutien.

D’autres préfèreraient conserver l’objectif d’inflation actuel ou le réduire.

L’examen de la stratégie devrait aussi porter sur les avantages et les inconvénients d’instruments tels que les taux d’intérêt négatifs et les achats massifs d’actifs, qui ont selon la plupart des observateurs contribué à écarter la menace d’une déflation dans la zone euro mais ont aussi favorisé la hausse des prix de l’immobilier comme des obligations.

La BCE a récemment estimé que sans ces instruments, la zone euro aurait perdu 2,7 points de croissance ces dernières années.

Remise cause de la présence de la France au Sahel par Macron ?

 Remise cause de la présence de la France au Sahel par Macron ?

 

Il aura peu- être fallu 13 mœurs supplémentaire pour que Macron s’interroge sur le sens de la présence des forces françaises au Sahel. Des forces complètement inadaptées aux enjeux en particulier sous dimensionnées  et en plus de plus en plus mal supportées par des populations travaillées par l’islamisme radical. “La mission qui est la nôtre là-bas est importante, néanmoins le contexte que nous sommes en train de vivre au Sahel me conduit aujourd’hui à regarder toutes les options stratégiques”, a annoncé Emmanuel Macron, évoquant implicitement la multiplication des foyers djihadistes et la recrudescence des violences intercommunautaires.

L’enlisement  des forces française au Sahel est en effet à craindre comme l’explique  Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD) «  L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des djihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains. Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban.  »

Le chef de l’Etat a précisé que la question avait été abordée mercredi lors du conseil de Défense hebdomadaire à l’Elysée. “Les prochaines semaines seront consacrées à un travail en profondeur que j’ai demandé au gouvernement et à nos armées pour regarder les modalités de notre intervention.”“Je le dis, toute les options sont aujourd’hui ouvertes”, a souligné Emmanuel Macron, alors que le débat politique en France resurgit sur l’opportunité d’un retrait du Sahel.

Le député européen (LR) Arnaud Danjean, spécialiste des questions de Défense, estime jeudi dans Le Figaro que la France doit miser sur une coopération opérationnelle plutôt que sur “des annonces spectaculaires de grands renforts européens qui ne viendront pas”. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a estimé mercredi devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale que l’initiative “Takouba” voulue par la France pour agréger des forces spéciales européennes autour du pôle français verrait le jour “rapidement”.

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