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Remettre en question la pensée économique classique (Harold James)

Remettre en question la pensée économique classique (Harold James)

A la lumière des grandes crises passées,  Harold James, professeur d’Histoire et de relations internationales à l’Université de Princeton, évoque les nouveaux risques et perspectives notamment : le réchauffement climatique, l’intelligence artificielle, la révolution monétaire ;  tribune dans  le Figaro (*).

 

 

« Alors que le monde est confronté au risque d’une guerre commerciale et que l’Occident est au risque d’une véritable guerre, le moment est venu de reconsidérer les leçons de l’entre-deux-guerres.

On attribue souvent les désordres économiques et sécuritaires d’aujourd’hui à la crise financière mondiale de 2008 qui a mis en lumière les défauts de la politique économique conventionnelle. Elle a aussi accéléré le rééquilibrage entre les régions Atlantique et Asie-Pacifique, alimenté le mécontentement politique et la montée des mouvements anti-établissement en Occident.

De la même manière, on explique généralement que la Grande dépression des années 1930 a bouleversé la pensée politique et que, ayant juré de ne pas répéter les erreurs qui ont conduit à la crise, les dirigeants de l’époque ont adopté des mesures inédites pour surmonter les difficultés prolongées de leurs économies.

On attribue souvent le cadre économique conceptuel et institutionnel qui a suivi à une personnalité marquante : l’économiste britannique Keynes, auteur de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie publié en 1936, et l’un des principaux protagonistes de la Conférence de Bretton Woods en 1944. C’est cette conférence qui est à l’origine de la création de la Banque mondiale, du FMI et de l’ordre monétaire mondial de l’après-guerre.

Selon Roy Harrod, le biographe et collaborateur de Keynes, ce dernier fut considéré comme un demi-dieu lors de cette conférence. Mais d’autres contemporains de Keynes, notamment l’économiste britannique Robinson, ont contesté le crédit qui lui a été accordé dans l’avènement d’un nouvel ordre économique.

La prééminence de la pensée keynésienne tient en réalité à sa méthode de calcul de la consommation, de l’investissement et de l’épargne agrégés qui a eu un rôle irremplaçable dans la planification militaire des Américains et des Britanniques lors de la Deuxième Guerre mondiale. Grâce à une comptabilité nationale bien conçue, les différents États ont amélioré l’utilisation de leurs ressources, réorienté la production vers des objectifs militaires et diminué la pression inflationniste, maintenant ainsi le niveau de consommation et écartant le risque de troubles au sein de la population civile.

La même méthode s’est révélée efficace pour réorienter l’économie vers une hausse de la consommation des ménages. Mais cette révolution de la pensée économique et le miracle économique de l’après-guerre sont une retombée des calculs réalisés en temps de guerre, et non d’une réflexion menée en temps de paix. Les préoccupations sécuritaires de toute première urgence et la nécessité de maintenir la stabilité tant sur le plan intérieur qu’international ont fait qu’à ce moment-là les responsables politiques étaient prêts à remettre en question une orthodoxie économique enracinée de longue date.

Nous pouvons tirer de cette époque une leçon capitale. Actuellement, nombre d’économistes regrettent que la crise financière n’ait pas suscité une remise en question de la pensée économique classique. Il n’existe pas aujourd’hui d’équivalent de Keynes, tandis que les problèmes financiers et économiques sont fréquemment discutés sans grande ouverture d’esprit par des spécialistes qui n’attachent guère d’importance aux questions de sécurité ou aux relations entre objectifs nationaux et internationaux.

Pourtant, comme dans l’entre-deux-guerres, les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la sécurité conduiront presque inéluctablement à une remise en question des bases de l’économie. Force est de constater que si la crise financière n’a pas entraîné une remise en question intellectuelle globale, trois défis de grande ampleur posés à l’ordre international libéral dominant depuis 2016 la rendront inévitable :

1) La menace existentielle posée par le réchauffement climatique. Ce réchauffement a d’énormes conséquences géopolitiques, notamment dans les zones qui souffrent déjà d’une pénurie d’eau, ainsi que dans les régions tropicales et les villes côtières déjà confrontées à la montée du niveau de la mer. Il est vrai que certaines régions sont provisoirement gagnantes, en raison de l’allongement de la saison de croissance de la végétation et d’un accès facilité aux minéraux, aux hydrocarbures et aux autres ressources dans les régions polaires.

La réduction du volume des émissions de gaz à effet de serre va dans le sens de l’intérêt général. Mais en l’absence d’un mécanisme international d’aide aux pays les plus exposés au réchauffement, chaque pays va décider tout seul de son effort de réduction de ces émissions.

2) L’intelligence artificielle qui va probablement désorganiser le marché du travail. Elle menace non seulement l’emploi, mais aussi la sécurité, car elle rendra obsolète nombre de moyens de défense et de dissuasion utilisés par les différents Etats. Il n’est pas étonnant que de grandes puissances comme les USA et la Chine soient déjà en compétition pour le leadership dans le domaine de l’intelligence artificielle, ainsi que dans celui des big data. Continuant sur cette voie, ils joueront à un jeu de plus en plus périlleux dans lequel chaque avancée technologique sera susceptible de transformer fondamentalement les relations internationales en rendant obsolète les anciens systèmes de défense.

3) La révolution monétaire. Elle a été déclenchée par les technologies de registre distribué telles que la blockchain qui ouvre la voie à la création de monnaie non étatique. Depuis Bretton Woods, la domination monétaire est une forme de pouvoir, en particulier pour les USA. Les monnaies alternatives offriront tant aux Etats qu’aux acteurs non étatiques un nouvel outil pour asseoir leur pouvoir ou pour court-circuiter les structures de pouvoir en place. Les cryptomonnaies tels que le Bitcoin perturbent déjà les marchés et pourraient un jour modifier les relations financières sur lesquelles reposent les sociétés industrielles modernes.

Dans le nouveau contexte géopolitique, la Chine, la Russie, l’Inde et d’autres puissances prennent chacun de ces défis comme l’occasion pour elles de dessiner le futur de la mondialisation à leur propre avantage. Elles envisagent un modèle très différent de celui de la fin du 20° siècle. La Chine par exemple voit dans l’intelligence artificielle un outil pour organiser une surveillance de masse et contrôler la diffusion des idées ; substituant le collectivisme à l’individualisme, elle pourrait pousser à l’émergence de systèmes profondément illibéraux au niveau de la planète.

Il existe heureusement des alternatives. En repensant l’économie et la sécurité, nous devrons adopter une stratégie qui encourage l’innovation dans le cadre de discussions coordonnées portant sur l’avenir social et politique de la planète. Nous devons appliquer l’imagination et la créativité non seulement au développement de nouvelles techniques, mais aussi aux systèmes qui vont régir ces nouvelles techniques.

Il faut éviter que les États et les multinationales puissent contrôler l’ensemble de l’information. Le défi est de parvenir à des solutions acceptables basées sur la coopération, plutôt que sur l’élimination de toute divergence d’opinions. »

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(*) Harold James est professeur d’Histoire et de relations internationales à l’université de Princeton, et membre du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale (CIGI).

« Remettre la France au travail » ? (Xerfi)

« Remettre la France au travail » ? (Xerfi)

Xerfi tente d’analyser la phrase du président de la république et d’en vérifier la pertinence. (Publié dans la Tribune)

 

 

 « J’ai besoin de remettre la France au travail », cette petite phrase d’Emmanuel Macron a fait mouche, même s’il a tenté de l’effacer par « Il y’a trop de gens aujourd’hui, qui travaillant dur, ne gagnent pas suffisamment ». Attardons nous néanmoins sur la première formulation : Ce procès latent concernant l’économie hexagonale, qui veut que le cœur du problème, soit le peu d’appétence des français à travailler. Ce discours n’est pas nouveau. Et s’il braque les esprits, c’est qu’il fait écho aux heures sombres de notre histoire. Quand l’ordre nouveau promu par le gouvernement Pétain, prétendait déjà apporter la rédemption à la France oisive du Front populaire : « Notre défaite est venue de nos relâchements. L’esprit de jouissance détruit ce que l’esprit de sacrifice a édifié ». « Tous les Français, ouvriers, cultivateurs, fonctionnaires, techniciens, patrons ont d’abord le devoir de travailler… etc.»

Parce que mettre la France au travail, ce n’est pas la même chose que de donner un travail à tous. L’expression véhicule une foule de sous-entendu sur le chômage volontaire, l’assistanat, la préférence pour le loisir, un accès gratuit aux services publics trop généreux, qui ne serait pas adossé à une production de richesse suffisante. Disons-le sans détour, c’est une phrase type père fouettard, éloigné du marché du travail et qui ne saisit plus rien de la pression qui s’y exerce. Mais passé le ressenti, il y a pourtant bien une réalité derrière ce slogan. La France fait bien parti des pays qui mobilise le moins le volume de travail au regard de sa population.

  • 1/ Le taux d’emploi, c’est-à-dire la part de la population qui travaille en pourcentage de la population en âge de travailler, se situe en bas de l’échelle des pays avancés. Et l’on sait que cet écart provient des bords : des plus jeunes d’abord, avec une moindre proportion d’étudiants qui cumulent un emploi. Et des plus vieux, avec un âge effectif de la retraite plus bas qu’ailleurs. Et une part importante de l’écart se concentre ainsi sur des petits jobs, plutôt à faible valeur ajoutée.
  • 2/ Facteur aggravant, la durée de travail de ceux qui sont en emploi se situe aussi en bas de l’échelle, moins à cause de la durée habituelle du travail, que du nombre de congés, de jours fériés, et de la forte proportion de CDD courts qui produit de l’intermittence et donc une faible durée du travail en année pleine.  Alors certes, l’Allemagne, fait encore moins bien que nous, ainsi que certaines économies du Nord, mais cela ne retire rien au constat strictement quantitatif.

Et lorsque l’on met bout à bout, notre faible taux d’emploi et notre faible durée annuelle du travail, on aboutit bien à un constat sans appel. La France est le pays développé qui mobilise le moins d’heures de travail par habitant. Et même, si on l’a dit, le gros de l’écart correspond à des petits jobs à faible valeur ajoutée, il est indéniable que cela contribue à diminuer le revenu par habitant et complique le financement de la dépendance et des biens collectifs. Problème de coût du travail,  de spécialisation, de rigidités, de demande, de formation, ou de préférence ?  A ce stade, toutes les interprétations sont recevables. Tout comme l’idée de remettre la France au travail, si on débarrasse l’expression de sa charge condescendante ou stigmatisante.

Il y a surtout un autre constat statistique tout aussi têtu que les faits statistiques que j’ai mentionnés plus haut. C’est la corrélation négative qu’il y a entre la durée du travail et la productivité horaire du travail. La productivité horaire du travail tend à être plus élevée dans les pays où la durée du travail est la plus faible. C’est précisément le cas de la France qui se retrouve plutôt en haut de l’échelle en termes de productivité, quand la Corée ou le Japon, ou dans une moindre mesure la Grèce ou le Royaume-Uni, modèles de mobilisation,  ferment la marche du classement. Ce qui signifie :

  • 1/ que nous sous-estimons pour partie la durée réelle du travail, là où elle est légalement courte,
  • 2/ que le travail est plus intense dans ces mêmes pays.

Pour ces deux raisons la formule « remettre la France au travail » est irrecevable. Elle heurte une autre réalité française. Celle d’une forte implication dans le travail. « Remettre la France en emploi » est déjà beaucoup plus recevable. Et s’en tenir à l’expression « créer de l’emploi », toujours plus consensuelle.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

Macron « remettre le pays au travail » !

Macron « remettre le pays au travail » !

 

Après avoir déclaré qu’il voulait remettre Fla rance au travail, Macron a été invité à clarifier sa pensée ; malheureusement le flou du en m^me temps a repris le dessus. Et le président a fait diversion en parlant de ceux qui travaillait dur mais n’étaient pas suffisamment récompensé. Pas vraiment la question ! De quoi voulait parler Macron, des 35  heures qui ont contribué à enfoncer un peu plus la compétitivité ? De la productivité en général ? Des chômeurs qui abusent des ASSEDIC et autres prestations sociales. Cette phrase de type sarkozyste n’a pas reçu de contenu. C’est d’ailleurs toute la faiblesse de Macron avec le «  en même temps » permanent. Une manière d’affirmer un principe en le modulant avec son contraire. Le président de la République a affirmé avoir « besoin de remettre le pays au travail » pour justifier sa politique fiscale. Mais la question d’une meilleure récompense n’est pas dépendante seulement de la fiscalité. Aussi par exemple du partage entre la rémunération des actionnaires et celle des salariés. Ce qu’ont fait observer les interviewers au Chef de l’Etat à propos du conflit social de Carrefour. Un conflit sur lequel Macron n’a pas voulu se prononcer ni d’ailleurs en profiter pour répondre à l’équilibre entre rémunération du capital et rémunération du travail. Pas étonnant que 67% des Français considèrent que la politique du chef de l’Etat est nettement en faveur des plus aisés.

 

Présidentielle : remettre le concept de déficit public ?

Présidentielle : remettre le concept de  déficit public ?

Finalement la dette et le déficit ont été peu abordé lors  du dernier débat présidentiel, de quoi se demander s’il y a vraiment un problème ou si les candidats ne sont pas complètement inconséquents

Selon les derniers chiffres de l’INSEE, le déficit public atteint 3,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2016, en légère baisse, tandis que la dette s’élève de son côté à 96% du PIB. Des données statistiques encore éloignées des critères de Maastricht établis en 1992. Les gouvernements européens s’engageaient alors à ne pas dépasser un déficit public de plus de 3% pour maintenir la dette publique en deçà de 60%. Dettes et déficits ont en réalité largement dérapé depuis vingt-cinq ans.  Nombre de candidat à l’extrême gauche  Hamon, Mélenchon y compris et de l’extrême droite contestent  l’objectif des 3 % de déficit maximal pour le public défini par Bruxelles. Par parenthèse,  il faut signaler que cet objectif était inventé par un Français et avait été  proposé par la France ! Au-delà c’est  la mise en cause du  concept de déficit évidemment pour mieux s’affranchir des contraintes d’équilibre et financer  toutes les promesses faites sans tenir compte la croissance et des recettes fiscales encore moins de l’accumulation des déficits. Certes une gestion rigoureuse des équilibres financiers ne constitue pas l’objet premier d’une politique économique mais c’est une voie de passage obligé car de toute façon un jour ou l’autre il faut bien rembourser les dérives financières. Ce que fait déjà la France puisque le remboursement de la dette constitue le premier poste budgétaire, environ 125 milliards en 2016. Comme en 2015. Autant de moyens financiers qui ne peuvent être utilisé par exemple pour l’investissement destiné à la modernisation économique du pays. Une somme importante pourtant insuffisante pour réduire la dette  qui représente 100 % de la richesse annuelle soit environ 30 000 € par habitant ! En clair il s’agit de distribuer la richesse nationale alors qu’elle n’a pas encore été produite Selon les derniers chiffres de l’INSEE, le déficit public atteint 3,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2016, en légère baisse, tandis que la dette s’élève de son côté à 96% du PIB. Des données statistiques encore éloignées des critères de Maastricht établis en 1992.  La présidente du FN règle la question en quittant l’Union européenne et l’euro pour que la France retrouve sa souveraineté. Elle rejette à ce titre la règle européenne des 3%. Bien entendu elle fait l’impasse sur les conséquences catastrophiques d’un retour au franc qui se caractériserait par la ruine des épargnants et la baisse des salaires réels et des pensions content tenu de la dérive de l’inflation et de l’envol des taux. Une baisse immédiate de l’ordre de  20 %. Ce qui n’empêche pas la candidate du Front National de prévoir en plus un grand nombre de dépenses supplémentaires, en matière régalienne, fiscale, sociale et économique. Elle entend ainsi «rendre 40 milliards d’euros aux Français». Mais elle entend combattre les «mauvaises dépenses publiques» sur l’immigration, l’UE et la fraude. «60 milliards d’euros d’économies en cinq ans» selon le programme frontiste, sans tellement plus de précisions. Le FN partage avec Jean-Luc Mélenchon le principe d’augmenter le déficit public pour mieux le réduire ensuite. Benoît Hamon souhaite «imposer un moratoire sur le pacte budgétaire européen». «L’austérité est inefficace et contribue à augmenter la dette», se justifie le candidat socialiste qui précise que «ce moratoire durera jusqu’à l’approbation d’un pacte de stabilité réformé». Néanmoins, le député des Yvelines est de plus en plus mesuré sur la remise en cause des 3%.  Le candidat de la France insoumise estime que «la dette n’est pas le problème». A un moment il a même proposé de ne plus la rembourser avant de se raviser en proposant «une conférence européenne sur les dettes souveraines débouchant sur des moratoires, une baisse des taux d’intérêt, des rééchelonnements et annulations partielles» et «faire racheter la dette publique par la Banque centrale».

 

Il faut remettre en cause la directive sur les travailleurs détachés(Valls)

Il faut remettre en cause la directive sur les travailleurs détachés(Valls)

 

Pour une fois Valls a raison en remettant en cause le concept de travailleurs détachés. Une sorte de dumping social qui permet à des travailleurs étrangers d’être dispensé des contraintes sociales des pays dans lesquels ils sont déplacés. Ce qui provoque d’énormes différences de conditions de concurrence.  Ce sont les Etats d’Europe de l’est, dont l’entrée dans l’Union européenne est encore récente et dont les écarts économiques demeurent significatifs avec les autres Etats membres, qui enregistrent les coûts de la main d’oeuvre les plus faibles. Il s’élève à 3,70 euros en Bulgarie, à 4,60 euros en Roumanie et environ 6 euros en Lettonie et en Lituanie. A l’inverse le coût de la main d’oeuvre est généralement élevé en Europe du nord et de l’ouest. C’est le cas en Suède, auDanemark ou encore en Belgique, avec des coûts horaires respectifs de 40,10, 38,40 et 38 euros.  Au sein de l’UE, le coût horaire moyen de la main d’oeuvre s’est élevé en 2013 à 23,70 euros, alors que ce chiffre monte à 28,20 euros pour la zone euro. La France se situe largement au-dessus de cette moyenne, avec un coût horaire de la main d’oeuvre de 34,30 euros. Il n’y a donc pas photo avec ses écarts qui varient de 1 à 10. Dans le transport routier qui connaît depuis longtemps des formes de détachement notamment à travers le cabotage ces écarts ont tué le pavillon français à l’étranger. Pire au moins 30 % des camions qui opèrent sur le territoire national sont étrangers de sorte que les transporteurs routiers français sont condamnés à se replier sur les marchés régionaux. Pas étonnant si la loi Macron qui ambitionne d’imposer aux routiers détachés les mêmes conditions sociales qu’en France s’attirent les foudres des pays de l’Est. Pourtant faute  d’harmonisation sociale et fiscale il n’y a pas d’autres solutions que d’imposer aux travailleurs qui opèrent sur un même territoire les mêmes conditions sociales et fiscales La France pourrait donc ne plus appliquer la directive européenne sur les travailleurs détachés, si elle n’obtient pas gain de cause à Bruxelles sur sa demande d’un alignement «par le haut» des cotisations sociales versées. «C’est une directive qui date de 1996. Le gouvernement français cherche aujourd’hui à convaincre -et beaucoup de pays sont d’accord avec lui- qu’il faut changer, qu’il doit y avoir une égalité de traitement, par le haut, pour lutter contre le dumping social, qu’on doit payer les cotisations sociales les plus élevées (…) Si on ne nous entend pas, il faudra dire que la France n’applique plus cette directive», a déclaré Manuel Valls sur TF1, dans l’émission «Vie politique». Le chef du gouvernement n’a pas hésité à fustiger un «dispositif européen qui fait des ravages majeurs, terribles, dans le monde des salariés, le monde ouvrier». . Il y a une semaine, en déplacement en Normandie, le premier ministre avait estimé que le Brexit, résultat du référendum britannique en faveur du départ de l’Union européenne, permettait de «clarifier» les débats et «refonder» une Europe plus sociale, notamment en bannissant le dumping social et fiscal.  Le recours au détachement a concerné, en 2015, 286.025 travailleurs (+25% par rapport à 2014). La Pologne est le principal pays d’origine des salariés détachés en France, avec 46.816 travailleurs. Suivent le Portugal (44.456), l’Espagne (35.231) et la Roumanie (30.594). Le bâtiment-travaux publics (BTP) reste le premier secteur concerné (27% des déclarations).

(Avec Afp et le Figaro)

 

Grèce –victoire de Syriza : une occasion de remettre en cause la politique économique de l’Europe

 

Grèce –victoire de Syriza : une occasion de remettre en cause la politique économique de l’Europe

 

Il n’est pas sûr que la Grèce soit la grande gagnante avec la victoire de Syriza car les marges de manœuvre pour renégocier sa dette sont relativement étroites. On voit mal comment les créanciers qui sont principalement les États pourraient renoncer au remboursement des prêts. Plus vraisemblablement la dette risque d’être réétalée sur 50 ans. Par contre cette victoire de Syriza marquera sans doute le début d’un débat historique sur les orientations européennes.  Des orientations qui n’ont conduit qu’à l’échec notamment sur le terrain fondamental de la croissance et du chômage. Certes la BCE s’est enfin décidée  à adopter une politique très accommodante mais on peut se demander s’il n’est pas trop tard. Car c’est la confiance qui manque tant dans les entreprise que chez les ménages. Pour La dette grecque il n’y aura vraisemblablement pas de grands bouleversements, au mieux il faut s’attendre à un rééchelonnement sur 50 ans avec un taux d’intérêt très bas., La réalité des chiffres est assez douloureuse pour les gouvernements de la zone euro. Non seulement ils risquent gros si la Grèce refusait unilatéralement de rembourser une partie de ses dettes – il en coûterait plus de 40 milliards d’euros à la France et quelque 56 milliards d’euros à l’Allemagne -, mais un geste financier librement consenti en faveur du gouvernement d’Alexis Tsipras s’annonce très compliqué, car les prêts ont été octroyés à la Grèce à des conditions très généreuses. Le casse-tête est d’autant plus délicat pour les gouvernements européens qu’en cas de renégociation de la dette, deux créanciers importants resteront hors de la pièce: le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne. Ces deux institutions ont un statut de «créanciers préférentiels», qui leur permet d’être remboursés en priorité. Le FMI, qui a prêté 32 milliards d’euros à la Grèce, récupérera sa mise à l’euro prêt. Il sera d’ailleurs le premier à réclamer la monnaie de sa pièce au gouvernement Tsipras mi-mars, avec un remboursement attendu de 4,5 milliards d’euros. «Le FMI a toujours été remboursé! Il le sera toujours. Ni les taux d’intérêt (de l’ordre de 4 %, NDLR) ni les maturités ne sont négociables. C’est un créancier super préférentiel», affirme Gilles Moec, économiste auprès de Bank of America Merrill-Lynch. Ce qui n’empêche pas le FMI de demander aux Européens de faire un petit effort pour alléger le fardeau grec… La BCE sera également épargnée. Elle a prêté 27 milliards d’euros en 2010, et accepté, depuis, de reverser au gouvernement grec les intérêts qu’elle avait perçus sur ses titres. Selon les traités européens, elle ne peut théoriquement  pas aller au-delà. «La BCE ne peut pas participer à une restructuration sauf à faire du financement monétaire d’un État, ce qui lui est strictement interdit», explique l’économiste de Bank of America. La BCE ne peut pas allonger la maturité de ses prêts, car c’est une forme de restructuration. «Si la Grèce passait en force auprès de la BCE, la sanction serait terrible: ses banques ne pourraient plus se refinancer auprès de la banque centrale, ce qui conduirait à une explosion de son système bancaire», ajoute Gilles Moec. Le secteur privé (banques, fonds, assureurs), qui détient encore 53 milliards d’euros de dette grecque, a déjà consenti, en 2012, un sacrifice de 70 % sur la valeur des titres, en faisant cadeau à la Grèce de 107 milliards d’euros. Les plus exposés à une négociation de la dette sont donc aujourd’hui les gouvernements européens, créanciers d’Athènes à hauteur de 195 milliards d’euros. La majorité des prêts ont été octroyés via le Fonds européen de stabilité financière (FESF), le reste sous forme de prêts bilatéraux. Les 141,8 milliards d’euros versés à la Grèce via le FESF ont été prêtés à des taux très bas, de 1,5 % en moyenne. Sauf à faire des pertes, qui seraient comblées par les gouvernements de la zone euro, ce Fonds ne peut pas prêter moins cher, car c’est le taux auquel il se finance lui-même sur les marchés. Les gouvernements européens ont également offert, en 2012, 10 ans de prêts sans intérêts à la Grèce sur la majorité de leurs créances. Difficile de faire mieux… Il reste la possibilité de jouer sur la maturité des prêts, consentis pour 30 ans en moyenne. Il pourrait ainsi être décidé de les allonger à 50 ans ou 99 ans! La marge de manœuvre est plus grande sur les 52,9 milliards d’euros de prêts bilatéraux. La France en détient 11 milliards, l’Allemagne 15 milliards. C’est sur ces sommes, qui ne représentent que 16,7 % de la dette grecque, que pourront vraiment porter les négociations avec Athènes. Rien qui ne change fondamentalement le sort financier ni économique de la Grèce. «On va arriver à des prêts de 0,5 % sur 50 ans, mais cela va prendre trois mois pour les négocier…», pronostique un expert.

Fillon-Jouyet : la justice refuse de remettre l’enregistrement

Fillon-Jouyet : la justice refuse de remettre l’enregistrement

Le tribunal de grande instance de Paris a rejeté jeudi, au motif qu’elle n’était pas « légalement admissible », la demande de François Fillon de récupérer un enregistrement réalisé par des journalistes du « Monde » dans lequel le secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, le met en cause. Dans cet enregistrement, ce dernier raconte aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme (également auteurs du livre « Sarko m’a tuer » paru chez Stock) que l’ancien Premier ministre lui avait demandé, lors d’un déjeuner le 24 juin, d’accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy pour empêcher le retour de son rival, et de « taper vite ». L’ancien Premier ministre, qui se dit victime de « mensonges » et de « calomnie », a attaqué en diffamation les auteurs du livre ainsi que le secrétaire général de l’Elysée . Une première audience de procédure doit se tenir le 13 janvier devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. L’avocat des journalistes, Me François Saint-Pierre, a toutefois fait savoir à l’AFP qu’ « une partie de l’enregistrement » serait produite à l’occasion du procès en diffamation. « Oui, nous allons produire l’enregistrement afin qu’il soit diffusé à l’audience », a-t-il assuré, précisant qu’il ne produirait que le passage concernant le fameux déjeuner du 24 juin réunissant les deux hommes.  L’avocat de François Fillon, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, a de son côté pris « acte » de cette décision et indiqué qu’il ne conseillerait pas à son client de faire appel, car cette action n’a « aucune incidence » sur le procès en diffamation. Le jugement du tribunal n’infirme pas, au contraire, la thèse des « complotistes ». « L’objectif majeur de cette action est atteint: nous avons fait la démonstration qu’il y quelque chose à dissimuler dans cet enregistrement« , a ajouté Me Versini-Campinchi.

 

Déficit: il faut remettre en cause l’objectif des 3% (Cambadélis)

Déficit: il faut remettre en cause l’objectif des 3% (Cambadélis)

C’est fait, ils ont enfin compris que le France n’atteindra pas les 3% (du PB) pour le déficit du budget ; du coup Cambadélis, secrétaire du PS se rend à l’évidence et demande qu’on ne respecte plus cette exigence européenne. Il a raison mais il aurait pu –avec le gouvernement -s’en apercevoir plus tôt Avec une croissance zéro au premier semestre, une croissance de 0.4 à 0.5% en 2014, des prix à la baisse qui vont diminuer les rentrées de TVA, mécaniquement il est impossible d’atteindre les 3% de déficit en 2015. En 2016, peut-être- et tout dépendra de la croissance. Il est clair que l’environnement international n’est pas très dynamique, que l’Europe flirte avec la crise (activité industrielle qui baisse en Allemagne, récession en Italie et croissance zéro en France).dans ces conditions une stratégie d’austérité auusi brutale est suicidaire tant pour le niveau de l’activité que pour le chômage. . Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), juge « inévitable » d’abandonner l’objectif d’un déficit public de 3% du PIB en 2015, dans un entretien aux Echos à paraître jeudi 14 août.   »Ces seuils ont été fixés avant la crise. Et aujourd’hui, il y a une nouvelle situation. On est dans une possible déflation. Il faut en tenir en compte », ajoute-t-il dans cet entretien mis en ligne mercredi soir sur le site du quotidien.  Faut-il abandonner ce critère? « C’est inévitable » répond celui qui, déjà, se montrait critique, pendant la campagne des élections européennes, sur les critères de Maastricht. « Il y a danger avec le fléchissement des prix ce mois-ci en France, leur niveau historiquement bas en Europe, une croissance anémique, une demande faible, un euro fort. Nous sommes en situation de pré-déflation si ce n’est de déflation », explique-t-il.  Et d’en appeler « immédiatement à un débat public national sur ce sujet ». Selon lui, « il ne faut pas demander la permission » au gouvernement allemand. « Ce ne serait pas du niveau de la France. Il faut provoquer le débat » car « il y a un changement majeur : c’est la déflation ».   »L’évidence, quand on voit la situation de la croissance en Allemagne, c’est qu’il n’y a pas de quoi se réjouir. Les Allemands seraient bien fondés à, avec nous, analyser la situation réelle dans laquelle nous sommes », poursuit le numéro un du PS.   »Beaucoup de pays font des efforts. Mais la spirale de l’austérité qui les a conduits à la récession produit de nouveaux effets, ceux de la déflation. Nos amis allemands devraient se rendre compte que leur investissement est plus que léger et que leur croissance est particulièrement faible. Dans ces conditions, ils ont des mesures à prendre, comme nous, pour relancer la zone euro », selon lui.  Outre l’Allemagne, Jean-Christophe Cambadélis fait aussi le constat qu’en « Italie, malgré la « Renzi-mania », l’économie dévisse » et que « la France fait du surplace, malgré ses réformes et le prix électoral faramineux que nous avons dû payer. Elles lui permettent de se maintenir, mais pas de progresser. Or endiguer la crise, ce n’est pas la surmonter », prévient le patron de Solferino.

 




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