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Marylise Léon, CFDT : Pas de vraie normalisation des relations avec le gouvernement

Marylise Léon, CFDT : Pas de vraie normalisation des relations avec le gouvernement

La nouvelle responsable de la CFDT, Marylise Léon se montre très prudente sur la volonté de dialogue du gouvernement. Pourtant la première organisation syndicale de France axe toute sa stratégie sur la nécessité d’obtenir des résultats et non de pratiquer l’agitation stérile. Le problème évidemment ce qu’il faut être deux pour dialoguer ou même trois avec le patronat.
Interview de Marylise Léon dans les Échos

« On ne peut pas parler de normalisation, nous renouons le dialogue avec le gouvernement ». Sur l’assurance-chômage, la secrétaire générale de la CFDT se félicite de l’accord, dans une interview aux « Echos », tout en précisant que l’accord négocié avec le patronat « ne vaut pas validation des réformes » de l’Unédic décidées en 2019 et 2021 par le gouvernement. La syndicaliste revient aussi sur l’engagement de sa centrale dans une « transition écologique juste ».

Vous avez conclu avec le patronat un accord pour la prochaine convention d’assurance-chômage qui entérine des plus pour les chômeurs mais aussi des baisses de droits. Etait-ce le prix à payer pour rester à bord de l’Unédic ?

La décision finale appartient au bureau national de la CFDT, sachant que la délégation a rendu un avis favorable. L’accord est équilibré financièrement entre dépenses et recettes, c’est-à-dire qu’il y a autant pour les nouveaux droits des chômeurs que de baisses et de pertes de recettes liées à la baisse de la cotisation chômage employeur.

Le passage de six à cinq du nombre de mois pour être couverts pour les primo-entrants et les saisonniers ou l’amélioration du calcul de l’allocation journalière sont des avancées très importantes pour les personnes qui en ont le plus besoin. C’était une des priorités de la négociation sur laquelle nous disposions de très peu de marges de manoeuvre étant donné le cadre imposé par le gouvernement.

Mission accomplie de mon point de vue, qui peut nous mettre en position de force pour la suite, notamment la refonte de la gouvernance de l’Unédic.

Signer l’accord, n’est-ce pas avaliser les deux réformes engagées par le gouvernement depuis qu’il a pris la main sur l’assurance-chômage…

L’accord ne vaut pas validation des réformes de l’assurance-chômage du gouvernement que l’on a combattues jusqu’au Conseil d’Etat. Après, je suis pragmatique : la situation actuelle, c’est ce cadre de négociation, je fais avec. Ma boussole ce sont les droits des demandeurs d’emploi. Avec cet accord, la situation de plus de 200.000 d’entre eux va s’améliorer.

Vous évoquez la refonte de la gouvernance de l’Unédic que souhaite aussi le patronat, mais c’est un peu l’Arlésienne…

Il y a un vrai sujet sur la gouvernance depuis la loi de 2018 qui a institué une lettre de cadrage. Le gouvernement en a profité pour imposer au forceps deux réformes. Ça ne peut pas continuer comme cela !

Le gouvernement doit décider s’il agrée ou non l’accord. Etes-vous optimiste ?

Je suis optimiste car on a fait notre part en respectant le cadre fixé. Je comprends que certaines dispositions nécessitent une vérification juridique, notamment le renvoi des mesures concernant les seniors après la prochaine négociation sur leur maintien dans l’emploi.

Mais il s’agira d’abord d’un feu vert politique. Cet agrément vaudra confiance du gouvernement dans le dialogue social et dans la façon dont on a mené la négociation. Ce sera un marqueur important pour la suite.

L’exécutif veut s’assurer que l’assurance-chômage prendra bien compte le relèvement de 62 à 64 ans de l’âge de départ à la retraite (pour les durées d’indemnisation notamment, NDLR) si la prochaine négociation sur l’emploi des seniors échoue…

C’est pour cela qu’on a mis un filet de sécurité. On a exigé ce déport car nous refusons d’acter des conséquences de la réforme des retraites dans la convention d’assurance-chômage sans que les entreprises ne changent leurs pratiques pour maintenir les seniors en emploi.

Comme nous ne savons absolument pas ce que le patronat est prêt à mettre sur la table, il est hors de question de signer un chèque en blanc. Si la négociation échoue, alors l’adaptation de la convention Unédic est renvoyée à une négociation tripartite, gouvernement, patronat et syndicats.

La CFE-CGC et la CGT ne signeront pas l’accord. Après celui, unanime sur l’Agirc-Arrco, est-ce une rupture dans l’intersyndicale ?

Au début de l’année, nous avons mené tous ensemble la mobilisation contre la réforme des retraites, l’accord national interprofessionnel sur le partage de la valeur a été signé par quatre confédérations et celui sur le dialogue social et la transition écologique par trois…

La démarche intersyndicale ne signifie pas qu’on est devenu une seule organisation. Chacun défend sa vision du syndicalisme et prend ses positions au regard aussi de son organisation.

J’assume totalement le syndicalisme de négociation de la CFDT qui débouche sur des mesures concrètes pour les salariés. Si l’intersyndicale tient, c’est parce que l’on est suffisamment mature pour confronter nos désaccords. Nous continuons et continuerons d’échanger sans pour autant organiser une conférence de presse et prendre une position commune à chaque fois.

Qu’attendez-vous du document d’orientation que le gouvernement va envoyer aux partenaires sociaux sur l’emploi des seniors ?

Le document d’orientation devrait être suffisamment large pour nous permettre de négocier. Il y a un sujet senior bien entendu au regard des enjeux liés au décalage de l’âge de départ à la retraite. Mais, de mon point de vue, la négociation doit être plus globale sur le travail, avec la question des parcours professionnels, des reconversions, la pénibilité ou du compte épargne temps universel.

C’est exactement le message que la CFDT portait dans les cortèges en début d’année et c’était l’un des objets des réunions à Matignon le 12 juillet. Les travailleurs veulent que l’on parle enfin du travail et des évolutions de carrière pour refaire fonctionner l’ascenseur social dans l’entreprise ou de l’administration ! Le gouvernement nous a dit qu’il était prêt à jouer le jeu.

Où en sont vos relations avec lui, justement ? Y a-t-il une forme de normalisation ?

Je ne sais pas si l’on peut parler de normalisation. Nous renouons le dialogue. Il y a eu la conférence sociale qui a posé des principes, sur l’amélioration de la situation des travailleurs pauvres ou la réduction de l’écart salarial femme-homme, des demandes fortes de la CFDT. Elle a constitué un moment utile mais insuffisant.

Mais ce n’est pas anormal que cela demande un peu de temps pour se concrétiser. Nous sommes dans la phase des travaux pratiques et l’agrément de l’accord assurance-chômage constituera un premier acte effectif.

Sur les retraites complémentaires, le gouvernement souhaite un engagement formel de financement des minima de pension. Qu’allez-vous faire ?

Les partenaires sociaux vont se réunir dès le 28 novembre pour lancer le groupe de travail sur les dispositifs de solidarité, conformément à l’accord. Nous avions dit au gouvernement que nous allions ouvrir rapidement ce chantier, nous prenons date, nous ne jouons pas la montre. Mais je ne peux pas vous dire quand ces travaux aboutiront, et sur quoi ils aboutiront.

Certains au sein de l’exécutif menacent toujours de ponctionner l’Agirc-Arrco dans le budget de la Sécurité sociale, faute de chiffre et de date pour cette contribution…

S’il y a des désaccords au sein de l’exécutif, c’est à eux de les régler. J’ai bien compris que certains voulaient un chiffre et une date tout de suite, mais ce n’est pas possible et le gouvernement, la Première ministre en tête, s’est engagé à ne pas faire de ponction et à laisser du temps au dialogue social. Un tel geste serait totalement inacceptable.

Que proposez-vous pour lutter contre le phénomène de trappe à pauvreté pour les bas salaires, mis en lumière lors de la conférence sociale ?

D’abord je me félicite que le gouvernement reconnaisse qu’il y a un sujet concernant les travailleurs pauvres, ce qui ouvre la voie notamment à des évolutions sur les temps partiels subis.

Après, la question qui est posée au travers de la complémentarité entre prime d’activité et salaire, c’est qui paie le travail ? Des secteurs entiers fonctionnent aujourd’hui grâce à un modèle économique basé sur les exonérations de charges au SMIC et la prime d’activité. C’est un vrai problème. Or sur ce sujet, les intentions du gouvernement ne sont pas claires du tout.

Que pensez-vous de la nomination de l’économiste Gilbert Cette à la présidence du Conseil d’orientation des retraites ?

Pas de commentaire.

Après avoir signé l’accord sur la transition écologique, vous lancez un « manifeste » sur le sujet…

Le sujet est à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Bureau national qui va effectivement examiner ce jeudi un « manifeste pour une transition écologique juste ». C’est le fruit d’un travail engagé depuis une dizaine d’années par la CFDT. Le texte reprend les grands positionnements de la CFDT et nos revendications qui lient enjeux environnementaux et justice sociale.

Les salariés sont parmi les premiers exposés, on l’a vu cet été avec la canicule. Cela va modifier, voire empêcher certains travailleurs de faire leur travail. Il faut s’emparer de la question. Ses conséquences ne peuvent se résumer à un tableau Excel avec des plus et des moins sur les emplois. Et puis il s’agit aussi permettre aux salariés d’être des acteurs de la transformation écologique juste.

Notre objectif est d’accélérer la prise en charge de toutes ces questions au sein de notre organisation.

Vous dites que le sujet n’est pas nouveau pour la CFDT, mais concrètement qu’en est-il ?

On a déjà pas mal de nos structures qui ont travaillé sur cet enjeu. Je pense par exemple à notre équipe syndicale chez Eram qui a travaillé sur un plan de déplacement avec la direction de l’entreprise et qui a obtenu la création d’une commission environnement.

En Nouvelle-Aquitaine on a travaillé avec le conseil régional sur une écoconditionnalité des aides publiques.

Tout récemment les collègues des entreprises de la branche du médicament ont signé avec le patronat un accord de branche s’appuyant sur l’accord interprofessionnel sur le dialogue social et la transition écologique. Ils vont maintenant travailler à le décliner dans les entreprises. La fédération Conseil culture communication a construit un réseau d’adhérents appelés « sentinelles vertes » dans les entreprises…

C’est plus compliqué dans les activités industrielles, non ?

Justement parce que c’est complexe, il faut prendre le problème à bras-le-corps, avec un caractère d’urgence puisqu’on doit faire en dix ans ce qui devait en prendre trente. On ne doit pas être tétanisés par cette urgence.

Il y a quelques jours, j’ai échangé toute une matinée avec une centaine de militants de raffineries de TotalEnergies et de sa filiale Argedis. Ils sont tout à fait conscients de la nécessité de décarboner et de la nécessité d’anticiper pour s’y préparer. Mais ils veulent y être associés.

La CGT vient de perdre la première place chez EDF. Ce n’est pas la CFDT qui en a tiré bénéfice, mais la CFE-CGC. A l’image de ce qui s’est passé au niveau national où certes vous avez conforté votre première place, mais du fait de la poursuite de la baisse cégétiste et pas de votre développement. Cela vous inquiète-t-il ?

Cela ne m’inquiète pas car il y a une forte cohésion interne de la maison CFDT. Cette première place est la reconnaissance de notre marque de fabrique : la place faite à la négociation, le choix assumé de la nuance, plutôt que le bruit et la fureur qu’on peut entendre autour de nous.

Monoprix, Nespresso, Dassault, Chantiers de l’Atlantique… je pourrais vous citer de très nombreuses entreprises où on cartonne. On a cependant un manque clair de visibilité chez les cadres alors que nous y devançons de 6 points la CFE-CGC sur lequel il faut que l’on travaille.

Mais depuis le début de l’année, on a gagné 75.000 nouveaux adhérents dont 20 % ont moins de 35 ans et 70 % travaillent dans le privé. Et une fois déduits les départs, le solde devrait être clairement positif.

Relations économiques Afrique -France: satisfaisantes ?

Relations économiques Afrique -France satisfaisantes ?

L’ancien député de la majorité et nouveau directeur général de Business France qui n’a jamais fait dans la modestie se félicite du dynamisme des entreprises françaises en Afrique. Pourtant sur longue période la présence de la France n’a cessé de se réduire en pourcentage au au profit notamment de la Chine mais pas seulement. La France est encore présente politiquement et culturellement mais recule sur le plan économique. Distancée à la cinquième place pour l’image, la France descend au septième rang des pays les plus bénéfiques pour l’Afrique derrière la Chine, le Japon, l’Allemagne, la Turquie, les États-Unis et l’Inde.
Économiquement, la France continue à perdre des parts de marché au profit de l’Inde et de la Chine

La majeure partie des intérêts économiques de la France en Afrique sont avant tout situés au Maghreb, puis en Afrique subsaharienne, mais hors de la zone franc : celle-ci ne représente qu’un peu moins de la moitié de ses échanges au sud du Sahara et 12,5 % de l’ensemble des échanges pratiqués par la France en Afrique. En 2018, parmi les cinq premiers partenaires commerciaux de la France en Afrique aucun n’était issu de la zone franc. On y comptait le Maroc en première position (qui concentrait à cette date 18,9 % des échanges commerciaux franco-africains), puis l’Algérie (18,4 %), la Tunisie (15,2 %), le Nigéria (8,5 %) et l’Afrique du Sud (5,8 %). Si l’on avait poursuivi ce classement, le premier pays de la zone franc qui y aurait figuré aurait été la Côte d’Ivoire en tant que neuvième partenaire commercial de la France en Afrique (3,8 %), loin derrière le Nigéria, cette ancienne colonie britannique aujourd’hui dollarisée, qui est à la fois le quatrième partenaire de la France sur le continent et son premier partenaire en Afrique subsaharienne. En revanche, si l’on ne tient compte que des exportations, le Nigéria représente le troisième client de la France en Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire.

Du point de vue des importations en pétrole et en gaz, l’importance de la zone franc pour l’économie française est bien plus réduite encore.

interview dans la Tribune
Quelles sont les priorités sectorielles et géographiques que vous souhaitez porter avec Business France ?

LAURENT SAINT-MARTIN – Ma feuille de route repose sur l’augmentation du nombre d’exportateurs et du nombre d’exportations. Nous voulons accompagner les entreprises et les PME à l’export, dans un contexte géopolitique qui peut apparaître contracyclique. Il faut absolument se saisir des opportunités créées par les grandes modifications géopolitiques liées au commerce international pour pouvoir pénétrer de nouveaux marchés. Notre mission de prospection auprès des chefs d’entreprises commence en France. Nous devons renforcer notre palette d’outils d’accompagnement. Pour cela, nous nous appuierons sur le plan « Osez l’Export » présenté par le ministre délégué auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, Olivier Becht le 31 août dernier.

Ce plan ambitionne de passer de 150.000 à 200.000 entreprises exportatrices d’ici 2030. Parmi ces outils, nous développerons le volontariat territorial à l’export, nous proposons aussi un accompagnement financier plus important aux entreprises qui veulent participer à des salons internationaux. Elles bénéficieront de 30% de prise de participation.

La 5e édition d’Ambition Africa s’est déroulée les 17 et 18 octobre au ministère de l’Économie et des Finances à Paris. Quels en ont été les temps forts ?

Ce rendez-vous illustre parfaitement ce qu’il faut faire pour accompagner les entreprises françaises sur le continent africain. L’Afrique est difficile d’accès, car très diverse et complexe et en même temps, c’est un continent qui a démontré une croissance supérieure au reste du monde ces dernières décennies. Le continent africain est très symbolique de ce qu’il faut faire à l’international.

Primo, des relations anciennes existent depuis de longues années avec un certain nombre de pays. Nous développons avec ces pays une stratégie de co-développement. Le commerce international est le meilleur outil pour démontrer notre volonté de co-construire avec l’Afrique. Nous soutenons cette volonté de co-partenariat, de co-développement, de co-innovation, de co-investissement, d’attractivité des talents africains, pour créer sur place de la valeur et de l’emploi. L’export est une bonne manière de développer des courants d’affaires et Ambition Africa participe à ce mouvement.

Comment se comportent les entreprises françaises en Afrique depuis début 2023 ?

Globalement, il existe aujourd’hui près de 33.000 entreprises françaises qui exportent en Afrique et en 2022, nous avons accompagné 2.671 entreprises à l’export sur le continent africain. C’est dire le dynamisme qui existe dans un contexte post-Covid troublé par des tensions inflationnistes. C’est un signe très positif. Le nombre de volontariats internationaux en entreprises (VIE) s’établit à 571. Les exportations et le commerce bilatéral ainsi que le nombre d’entreprises accompagnées par Business France sont bien au-dessus de 2019. (+ 42% d’entreprises accompagnées sur le continent par Business France depuis 2019, et les exportations françaises vers l’Afrique, étaient en forte hausse en 2022 (+20 %, NDLR).

Vous avez récemment lancé un accélérateur Afrique. Que recouvre cet instrument ?

Parmi notre palette d’outils, nous avons des « boosters » qui sont des programmes d’accompagnement de haut niveau afin de nous assurer qu’il existe bel et bien un continuum d’accompagnement par Business France et ses partenaires.

Actuellement, nous travaillons de concert avec la Région Sud à travers le « booster Méditerranée » qui s’intéresse aux pays du Maghreb. Nous voulons faire en sorte que les entreprises à fort potentiel de cette région puissent accéder à des opportunités d’affaires de la façon la plus optimale possible. Ce programme s’intéresse aux entreprises qui performent déjà à l’export et auxquelles nous faisons franchir un nouveau palier. Nous ne sommes donc pas sur des cas de PME primo-exportatrices, mais sur des entreprises qui cherchent à renforcer leur présence à l’international.


Quels sont aujourd’hui les secteurs d’activités dans lesquels les entreprises françaises en Afrique sont les plus présentes ?

Nous sommes présents sur tous les secteurs d’activité. Bien sûr, nous sommes très présents dans les infrastructures, le portuaire ou l’énergie par exemple, mais nous ne voulons pas nous satisfaire de l’existant. Notre mandat est d’accompagner les classes moyennes et l’évolution de leurs modes de consommation en Afrique. Il nous faut donc nous intéresser à tous les secteurs d’activités.

Il existe beaucoup d’opportunités sur fond de développement de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il faut se méfier de la classification des secteurs d’activité, car nous pouvons aussi bien nous positionner sur les infrastructures agricoles que sur les cosmétiques. Par ailleurs, notre mission repose également sur l’attractivité de la France pour les investisseurs africains, sud-africains notamment.

Quels sont les résultats de la « Team France Export » (TFE) lancée en 2018, qui se structure autour de toutes les solutions publiques, pour accompagner les entreprises françaises à l’international ?

La « Team France Export » est la mise sous bannière commune de l’offre d’accompagnement export par les acteurs publics. Sous le chef de filât des régions, il y a bien sûr Business France, mais aussi Bpifrance qui s’intéresse notamment aux sujets de financements, et les Chambres de commerce et d’industrie avec lesquelles nous conseillons les entreprises sur le terrain. Cette volonté a été portée par Édouard Philippe en 2018 qui était alors Premier ministre et cela a marché !

Nous accompagnons beaucoup plus d’entreprises grâce à ce dispositif. Chacun s’appuie sur le réseau de l’autre. Le nombre d’entreprises françaises à l’export a fortement augmenté. Nous stagnions à 125.000 entreprises exportatrices en 2018 et nous avons atteint 150.000 entreprises aujourd’hui. Nous visons 200.000 exportateurs à l’horizon 2030. La TFE est non seulement une mise en commun des expertises, mais aussi une dynamique de terrain qui manquait peut-être jusqu’à présent.

Dans quelle mesure les entrepreneurs français sont-ils impactés par une forme de sentiment « anti-français », en particulier dans les pays du Sahel ?

Depuis deux ans, la géopolitique a une influence croissante sur le commerce international. Nous avons été relativement préservés jusqu’à la guerre en Ukraine, mais les récents épisodes dans le Sahel n’ont fait que rajouter de la difficulté pour nos entreprises dans ces pays. Il est clair que dans cette région, nous avons observé un ralentissement de la capacité de réussite à l’export, de façon assez évidente.

Il est encore un peu tôt pour en mesurer l’impact réel. Cela étant, ce ne sont pas les pays dans lesquels les entreprises françaises exportent le plus. Nous subissons cette situation dont les impacts négatifs sur les échanges commerciaux sont extrêmement dommageables pour les deux parties. Il faut néanmoins relativiser, car l’Afrique représente 54 pays et nous sommes présents dans 31 d’entre eux (…).

Nous n’avons aucune appréhension sur l’avenir de la relation entre la France et l’Afrique en termes de commerce international. Les chiffres s’alignent plutôt sur une dynamique de croissance. La France gagne encore, avec les pays africains, en matière d’activité réciproque. Par ailleurs, de plus en plus de projets africains viennent s’implanter en France. Si nous nous attendons à un ralentissement dans les pays du Sahel, ce n’est pas représentatif de la relation entre la France et les pays africains dans leur ensemble, en termes de commerce extérieur.

Dès son arrivée à l’Élysée, le président Macron a cherché à renforcer la relation de la France avec les pays anglophones du continent africain. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Nous avons aujourd’hui des bureaux en Éthiopie, au Kenya, en Afrique du Sud, en Angola (lusophone, NDLR). Nous avons une vraie réflexion sur la triangulation Afrique occidentale-Afrique de l’Est et Afrique australe. De nombreuses opportunités existent dans les pays anglophones et pas seulement sur le segment de la Tech. Nous avons d’ailleurs accompagné une entreprise française qui construit une usine d’huile d’avocats au Kenya.

Personnellement, je me refuse de privilégier une zone géographique à une autre. Être un « booster de business », c’est aussi pousser les entreprises dans les zones où nous avons des possibilités d’être davantage présents, sans nous reposer sur nos acquis, et c’est là que les discours du président de la République sont utiles et ouvrent de nouvelles opportunités.

En octobre, l’État lançait, en partenariat avec Business France, un programme dédié à l’accompagnement des métiers d’Art dans leurs exportations. En substance, que recouvre ce programme ?

Nous avons signé le 6 octobre dernier, avec Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, et Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture, une convention d’accompagnement des EPV (entreprises du patrimoine vivant, NDLR). Nous voulons développer un programme spécial d’accompagnement avec des moyens gouvernementaux, pour que les entreprises du secteur EPV, accélèrent leurs initiatives à l’international.

Nous structurons la stratégie internationale des EPV, avec des partenaires comme l’Institut national des métiers d’Art (INMA), car aujourd’hui, les EPV font de l’export par opportunisme, par rencontres ou par bouche-à-oreille. Il nous faut donc structurer cet écosystème. Notre stratégie s’appuiera sur plusieurs étapes importantes comme l’Exposition universelle d’Osaka en 2025.

La décision de suspendre les visas pour les artistes sahéliens représente néanmoins un mauvais signal adressé à l’Afrique sur le segment des Arts et des industries créatives et culturelles (ICC)…

Les industries créatives et culturelles sont différentes des métiers d’Art et représentent un ensemble beaucoup plus large, mais globalement, si nous voulons attirer plus d’entreprises étrangères sur notre territoire, il faut une politique d’attractivité de visas, notamment des talents. Nous espérons que la prochaine loi sur l’immigration comportera un volet consacré à l’attractivité des talents, en plus de l’attractivité des capitaux.

Services publics : Le scandale de l’indigence des relations téléphoniques

Services publics : Le scandale de l’indigence des relations téléphoniques


60 Millions de consommateurs qui a effectué une enquête sur le sujet, précise qu’un appel est considéré comme inabouti après trois tentatives et 5 minutes d’attente à chaque fois. Dans les trois quarts des cas en moyenne l’administré ne peut obtenir aucune réponse satisfaisante.

« Il y a trop souvent des renvois vers le site Internet, alors même qu’on vient de dire qu’on n’a pas Internet », dénonce le chef de rubrique De 60 millions de consommateurs .
Des usagers renoncent donc à leurs droits.

« Les gens ont besoin d’avoir des échanges personnels avec les grandes administrations et malheureusement elles ne suivent pas », estime Lionel Maugain pour qui il n’y a « pas assez d’agents » téléphoniques.

La Défenseure des droits Claire Hédon estime que la tendance s’explique par une dématérialisation croissante des services publics. « La dématérialisation est une chance, cela permet de simplifier les démarches, mais parfois, ça complique aussi les personnes éloignées du numérique (…) et aussi des jeunes », reconnaît-elle ce jeudi sur RMC.

Une situation aux conséquences lourdes. « Quand vous n’arrivez pas à obtenir de réponse, en fait à ce moment vous abandonnez, c’est ce qu’on appelle le non recours », estime la Défenseure des droits.
Des appels en augmentation avec la crise sanitaire

60 Millions de consommateurs et la Défenseure des droits réclament une loi imposant plusieurs modes d’accès aux services publics ainsi que l’instauration d’un guichet de proximité rassemblant un représentant de chaque organisme.

Le scandale de l’indigence de relations téléphoniques avec les services publics

Le scandale de l’indigence de relations téléphoniques avec les services publics


60 Millions de consommateurs qui a effectué une enquête sur le sujet, précise qu’un appel est considéré comme inabouti après trois tentatives et 5 minutes d’attente à chaque fois. Dans les trois quarts des cas en moyenne l’administré ne peut obtenir aucune réponse satisfaisante.

« Il y a trop souvent des renvois vers le site Internet, alors même qu’on vient de dire qu’on n’a pas Internet », dénonce le chef de rubrique De 60 millions de consommateurs .
Des usagers renoncent donc à leurs droits.

« Les gens ont besoin d’avoir des échanges personnels avec les grandes administrations et malheureusement elles ne suivent pas », estime Lionel Maugain pour qui il n’y a « pas assez d’agents » téléphoniques.

La Défenseure des droits Claire Hédon estime que la tendance s’explique par une dématérialisation croissante des services publics. « La dématérialisation est une chance, cela permet de simplifier les démarches, mais parfois, ça complique aussi les personnes éloignées du numérique (…) et aussi des jeunes », reconnaît-elle ce jeudi sur RMC.

Une situation aux conséquences lourdes. « Quand vous n’arrivez pas à obtenir de réponse, en fait à ce moment vous abandonnez, c’est ce qu’on appelle le non recours », estime la Défenseure des droits.
Des appels en augmentation avec la crise sanitaire

60 Millions de consommateurs et la Défenseure des droits réclament une loi imposant plusieurs modes d’accès aux services publics ainsi que l’instauration d’un guichet de proximité rassemblant un représentant de chaque organisme.

Relations entre Macron et Affaire McKinsey : Une enquête de la justice

Relations entre Macron et Affaire McKinsey : Une enquête de la justice


La justice à travers le parquet national financier confirme qu’il y aura bien une enquête sur les liens entre le cabinet de conseil McKinsey et les campagnes électorales de Macron de 2017 et 2022. »Suite à plusieurs signalements et plaintes d’élus et de particuliers, une information judiciaire a été ouverte le 20 octobre 2022, notamment des chefs de tenue non conforme de comptes de campagne et minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne, portant sur les conditions d’intervention de cabinets de conseils dans les campagnes électorales de 2017 et 2022″, explique entre autres le parquet national financier ce jeudi soir.

La justice a déjà enquêté dans les locaux de McKinsey et plus spécifiquement sur l’aspect fiscal du dossier.

Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l’impôt sur les sociétés (IS) en France mais ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait le rapport du sénat.

Une affaire qui dégage un certain parfum de scandale .Pour justifier les contrat passés par l’Etat de plus d’un milliard d’euros avec McKinsey, il faudrait que l’État ait mobilisé des milliers et des milliers de consultants puisque l’essentiel des prestations relève du soft et non de la fourniture d’investissements matériels.

Dans leur rapport explosif sur l’influence croissante des cabinets de conseil dans l’Hexagone, publié en pleine campagne présidentielle, les sénateurs Éliane Assasi et Arnaud Bazin (CRCE et LR) affirmaient que le cabinet américain échappait à l’impôt sur les sociétés (IS) en France. S’il y était théoriquement bien assujetti, «ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait la commission, décrivant la situation comme un «exemple caricatural d’optimisation fiscale». Or, ce constat était contraire aux propos «tenus sous serment» par le directeur associé du cabinet, Karim Tadjeddine : mi-janvier, celui-ci assurait «nous payons l’impôt sur les sociétés en France et l’ensemble des salaires sont dans une société de droit français qui paie ses impôts en France».

Fin mars, quelques semaines après la publication du rapport, la commission d’enquête avait donc annoncé saisir la justice pour, précisément, «faux témoignage devant la commission d’enquête», de la part du directeur associé du cabinet. De son côté, l’entreprise a toujours réfuté ces accusations, assurant payer l’impôt dû.

Plus largement, au-delà du simple volet fiscal qui ne concerne que McKinsey, le Sénat compte bien s’occuper du sujet de fond du recours aux cabinets de conseil par l’État. . En attendant, le parquet national financier (PNF) poursuit son enquête visant le «statut fiscal» de McKinsey en France, ouverte fin mars.

Relations Allemagne Chine : le business avant la morale politique

Relations Allemagne Chine : le business avant la morale politique


En pleine situation géostratégique particulièrement tendu du fait en particulier de la guerre provoquée par la Russie en Ukraine, l’Occident doit nécessairement conforter ses alliances et peser sur ceux qui soutiennent officieusement ou officiellement Poutine.

La Chine fait parti de ce ventre mou qui n’a pas encore choisi son camp alors que sa position compte tenu de son poids économique et politique est déterminante. Par ailleurs, la question se pose de façon plus générale des conditions de maintien des échanges avec un pays qui s’assoit sans scrupules sur les droits individuels et collectifs. Sans parler de son intention d’envahir Taïwan.

Il est clair qu’il est incontournable pour le camp occidental et pour l’union européenne en particulier d’harmoniser les positions diplomatiques. Cependant le chancelier Olaf Scholz n’entend pas se plier à la discipline européenne sur le plan géostratégique. L’Allemagne comme souvent préfère privilégier ses intérêts économiques. Et la Chine est considérée actuellement comme le débouché prioritaire des exportations allemandes.

Cette position allemande pose un redoutable problème de cohérence à l’union européenne
Le chancelier allemand a confirmer la priorité de ses intérêts économiques au président chinois . Le chancelier allemand veut « développer davantage » la coopération économique, selon des propos rapportés par une source gouvernementale allemande. Pour autant,la dépendance de l’Allemagne au marché chinois constitue un talon d’Achille, alors qu’il en était de même avec la Russie concernant le gaz.

Olaf Scholz a par ailleurs indiqué que les deux dirigeants discuteraient de questions relatives aux relations qu’entretiennent la Chine et l’Europe, à la lutte contre le changement climatique et la faim dans le monde, ainsi que le développement des liens économiques entre Pékin et Berlin.

Olaf Scholz participera aussi à une réunion avec le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre Li Keqiang, au cours de laquelle il devrait – pour la forme- aborder les questions sensibles des droits de l’homme, de Taïwan et des difficultés rencontrées par les entreprises allemandes pour entrer sur le marché chinois, selon des sources au sein du gouvernement allemand.

Politique: Rompre totalement les relations avec les dictatures

Politique: Rompre totalement les relations avec les dictatures

 

Du fait notamment de la crise économique, nombre de pays de dictature ou de régime autoritaire profitent  de la situation pour durcir encore le champ des libertés voire la répression , la torture et même le crime.

La plupart du temps, on fait jouer la corde nationaliste pour donner une légitimité au renforcement de l’autoritarisme. C’est parce qu’il est supposé être attaqué de l’extérieur que les mesures d’exception s’imposent. Au-delà des velléités territoriales qui ambitionnent de modifier la géographie politique se pose surtout le combat entre deux types de civilisation. La civilisation archaïque de type néo-néandertalien qui considère que les citoyens ne sont pas compétents pour orienter  les décisions de leur pays et qui confient  à une poignée d’oligarques profiteurs (ou se font imposer) le soin de prendre toutes les décisions. Pour preuve, dans la plupart des pays à caractère autoritaire, les dirigeants ont sagement placé les ressources détournées dans les pays libres. Une sorte de confirmation du caractère illégal du détournement des richesses et de la peur d’un changement de régime un jour. 

Il ne sert pas à grand-chose de prendre des sanctions très parcellaires qui en réalité sont vite détournées par les responsables des pays visés, aidés aussi par un système financier international plus que complaisant.

Les pays démocratiques ont les faiblesses de leurs vertus. Les décisions qui y sont prises sont plus complexes et plus longues à prendre que dans les dictatures. En outre, les pays démocratiques s’interdisent d’utiliser les actions criminelles mettant en cause notamment la vie et les droits des populations civiles.

Fondamentalement, c’est une guerre culturelle qui est en cause, celle des primitifs moyenâgeux qui utilisent la terreur pour maintenir leur pouvoir et celle des défenseurs des libertés qui ne peuvent transiger sur les droits individuels et collectifs.

Le dialogue est impossible entre ces deux types de régimes. Le développement du commerce international n’a pas permis de faire évoluer les dictatures. D’une certaine manière au contraire , il a rendu possible son renforcement et même son développement géographique.

Du coup, il conviendrait sans doute de rompre tous liens commerciaux avec les pays qui bafouent la modernité et en particulier le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes autant que les autres libertés individuelles et collectives.

En clair, cela signifie la rupture totale à terme mais programmé des échanges commerciaux . avec des régimes criminels comme la Chine, la Russie, la Turquie, le Brésil, la Corée du Nord en particulier.

Il y a notamment deux exemples du caractère très pervers de la mondialisation essentiellement soutenue par les grands intérêts financiers occidentaux.  En Chine par exemple, le pays a pu concurrencer le monde entier grâce à la délocalisation organisée par les multinationales occidentales . La Chine a pu s’emparer des nouvelles technologies et devenir particulièrement compétitive mais sans changer d’un iota bien au contraire la mainmise du parti communiste sur les libertés. L’Occident est de fait  complice du renforcement de l’autoritarisme chinois.

Autre exemple, l’Europe qui s’est rendue complètement dépendante du pétrole et surtout du gaz russe assurant ainsi les ressources considérables à la mafia des politiques et autres oligarques qui pillent le pays en toute tranquillité grâce à la terreur que fait régner Poutine.

Notons que derrière l’ambition idéologique se dissimule le plus souvent des intérêts mafieux des dirigeants et de leur entourage . Exemple,Vladimir Poutine ne vivrait d’ailleurs que de son salaire de chef de l’État qui est de 11 000 euros par mois. Mais le consortium de médias occidentaux, qui a travaillé plusieurs années sur le sujet, révèle qu’en réalité le chef du Kremlin serait à la tête d’un empire colossal de 4,5 milliards d’euros.


Selon la plateforme « Autour de la France », la fortune <https://www.celebritynetworth.com/richest-politicians/presidents/xi-jinping-net-worth/> de l’actuel président chinois s’élève à 1 million de dollars. mais l faut prendre en compte la fortune dissimulée au sein de la famille du président.

D’après les documents publics compilés par Bloomberg, ces intérêts attribués à la sœur aînée de Xi, Qi Qiaoqiao, son beau-frère Deng Jiagui ainsi que leur fille Zhang Yannan se seraient développés en même temps que le clan « montait les échelons au sein du Parti communiste chinois ». Ils s’étendraient aujourd’hui dans les domaines de la téléphonie mobile, de l’immobilier, des minerais ou encore des terres rares.

La famille posséderait, par ailleurs, une villa estimée à 31 millions de dollars à Hong Kong et six autres propriétés dans l’ancienne colonie britannique pour une valeur cumulée de 24 millions de dollars.

 

Notons que le salaire moyen en Russie comme en Chine tournent pendant ce temps-là autour de 800 € mensuels !

 

Géopolitique- Rompre les relations économiques avec les dictatures

Géopolitique- Rompre les relations avec les dictatures

 

Du fait notamment de la crise économique, nombre de pays de dictature ou de régime autoritaire profitent  de la situation pour durcir encore le champ des libertés voire la répression , la torture et même le crime.

La plupart du temps, on fait jouer la corde nationaliste pour donner une légitimité au renforcement de l’autoritarisme. C’est parce qu’il est supposé être attaqué de l’extérieur que les mesures d’exception s’imposent. Au-delà des velléités territoriales qui ambitionnent de modifier la géographie politique se pose surtout le combat entre deux types de civilisation. La civilisation archaïque de type néo-andertalien qui considère que les citoyens ne sont pas compétents pour orienter  les décisions de leur pays et qui confient  à une poignée d’oligarques profiteurs (ou se font imposer) le soin de prendre toutes les décisions. Pour preuve, dans la plupart des pays à caractère autoritaire, les dirigeants ont sagement placé les ressources détournées dans les pays libres. Une sorte de confirmation du caractère illégal du détournement des ressources et de la peur d’un changement de régime un jour. 

Il ne sert pas à grand-chose de prendre des sanctions très parcellaires qui en réalité sont vite détournées par les responsables des pays visés, aidés aussi par un système financier inter national plus que complaisant.

Les pays démocratiques ont les faiblesses de leurs vertus. Les décisions qui y sont prises sont plus complexes et plus longues à prendre que dans les dictatures. En outre, les pays démocratiques s’interdisent d’utiliser les actions criminelles mettant en cause notamment la vie et les droits des populations civiles.

Fondamentalement, c’est une guerre culturelle qui est en cause, celle des primitifs moyenâgeux qui utilisent la terreur pour maintenir leur pouvoir et celle des défenseurs des libertés qui ne peuvent transiger sur les droits individuels et collectifs.

Le dialogue est impossible entre ces deux types de régimes. Le développement du commerce international n’a pas permis de faire évoluer les dictatures. D’une certaine manière au contraire , il a rendu possible son renforcement et même son développement géographique.

Du coup, il conviendrait sans doute de rompre tous liens commerciaux avec les pays qui bafouent la modernité et en particulier le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes autant que les autres libertés individuelles et collectives.

En clair, cela signifie la rupture totale à terme mais programmé des échanges commerciaux . avec des régimes criminels comme la Chine, la Russie, la Turquie, le Brésil, la Corée du Nord en particulier.

Il y a notamment deux exemples du caractère très pervers de la mondialisation essentiellement soutenue par les grands intérêts financiers occidentaux.  En Chine par exemple, le pays a pu concurrencer le monde entier grâce à la délocalisation organisée par les multinationales. La Chine a pu s’emparer des nouvelles technologies et devenir particulièrement compétitive mais sans changer d’un iota bien au contraire la mainmise du parti communiste sur les libertés. L’Occident est de fait  complice du renforcement de l’autoritarisme chinois.

Autre exemple, l’Europe qui s’est rendue complètement dépendante du pétrole et surtout du gaz russe assurant ainsi les ressources considérables à la mafia des politiques et autres oligarques qui pillent le pays en toute tranquillité grâce à la terreur que fait régner Poutine.

Notons que derrière l’ambition idéologique se dissimule le plus souvent des intérêts mafieux des dirigeants et de leur entourage . Exemple,Vladimir Poutine ne vivrait d’ailleurs que de son salaire de chef de l’État qui est de 11 000 euros par mois. Mais le consortium de médias occidentaux, qui a travaillé plusieurs années sur le sujet, révèle qu’en réalité le chef du Kremlin serait à la tête d’un empire colossal de 4,5 milliards d’euros.


Selon la plateforme « Autour de la France », la fortune <https://www.celebritynetworth.com/richest-politicians/presidents/xi-jinping-net-worth/> de l’actuel président chinois s’élève à 1 million de dollars.

Notons que le salaire moyen en Russie comme en Chine tournent pendant ce temps-là autour de 800 € mensuels !

 

Défense: Quelles relations entre la France et l’Europe

Défense: Quelles relations entre la France et l’Europe

 

« Il ne sert à rien de proposer depuis 2017 quantités d’initiatives toutes plus ou moins rejetées par nos partenaires européens et de n’en tirer aucune conséquence » Cédric Perrin, sénateur LR du Territoire de Belfort.(l’Opinion, extrait)

 

La taxonomie européenne est dans l’actualité. Ainsi, la question de l’inclusion ou non de l’énergie d’origine nucléaire parmi les énergies permettant de lutter contre le réchauffement climatique est très fortement débattue à l’Union européenne (UE). Pour la France, l’enjeu est crucial.

Mais la question de la taxonomie ne concerne pas seulement le domaine civil. Elle concerne également notre base industrielle et technologique de défense, dont le renforcement au niveau européen est, rappelons-le, l’une des pierres angulaires de la volonté d’affirmation d’une souveraineté européenne affichée par le Président de la République depuis 2017.

Sur ce dernier aspect, qu’il soit permis de s’attarder sur les projets actuels de taxonomie porté par l’Union européenne (UE). Deux initiatives sont à souligner. D’abord dans la lignée du règlement du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables — usuellement appelé règlement sur la taxonomie — la Commission européenne semble vouloir étendre les critères dits « ESG » à une série de nouveaux critères sociaux, parmi lesquels les droits de l’homme. Ensuite, la Commission travaille à la définition d’un écolabel de la finance durable, qui exclurait les entreprises réalisant plus de 5 % de leur chiffre d’affaires dans le domaine de la production ou du commerce d’armes conventionnelles et/ou de produits militaires utilisés pour le combat. De telles initiatives, à l’égard desquelles les Etats membres sont largement marginalisés, sont graves, pour au moins deux raisons.

Graves pour l’UE, d’abord. De deux choses l’une. Soit l’UE persévère à méconnaître la dangerosité du monde, se confit dans la facilité d’un parapluie otanien dont elle fait mine de ne pas comprendre le prix, enfin pense que les seuls combats à mener se situent sur le terrain de ce qu’elle appelle les valeurs, sans arriver à créer d’ailleurs de consensus en son sein sur ce qu’elle entend par-là. C’est son droit, et les peuples et les Etats qui la composent sont souverains. Mais, elle sera alors condamnée à être le terrain de jeu de prédateurs qui ont compris que le soft power, pour être crédible, doit être solidement construit sur du hard power. Soit, comme la France y pousse notamment depuis 2017, elle fait de la recherche d’une plus grande autonomie stratégique et donc capacitaire, une priorité. Il y a lieu d’être inquiet quand l’on considère à quel point les projets de taxonomie visés supra paraissent bien constituer le énième avatar d’une litanie de renoncements et de blocages européens (difficultés du SCAF, réduction à la portion congrue du fonds européen de défense, achat systématique par de nombreux États européens de matériel américain etc.).

Graves pour notre pays ensuite, car elles témoignent de la part de nos autorités d’un désintérêt inquiétant. La France, à cet égard, doit faire montre de cohérence. Il ne sert à rien de proposer depuis 2017 quantités d’initiatives toutes plus ou moins rejetées par nos partenaires européens et de n’en tirer aucune conséquence. Il est facile de taper du poing sur la table en fustigeant il y a quelques jours le refus de nos partenaires européens de débattre avec la Russie, et, là encore, de n’en tirer aucune leçon, notamment vis-à-vis de Berlin, qui n’a pas les mêmes intérêts que nous, et s’en cache de moins en moins. Il est plus difficile d’expliquer l’ampleur et la continuité des renoncements des plus hautes autorités françaises dès lors qu’il s’agirait, au nom de nos intérêts, de fâcher Berlin ou Bruxelles.

 

Cedric Perrin est sénateur LR, vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.

Covid: la complexité des relations hommes-animaux ?

Covid: la complexité des relations hommes-animaux  ?

 

 

Les deux questions de l’avenir des variants et de l’origine du covid sont notamment liées car elles questionnent le rapport homme-animal, qui est au cœur des réflexions sur l’environnement, de la biodiversité aux effets ou accélérateurs du changement climatique. (La tribune extrait)

Par Joël Ruet, président du Bridge Tank.

 

 

Alors que, dans un été qui n’a plus la torpeur d’antan, la rentrée se prépare lentement, celle-ci sourd déjà d’une nouvelle menace, les « variants » – nul besoin de préciser « du covid ». D’où l’importance de la virologie.

Au-delà des génomes, celle-ci s’intéresse depuis près d’un siècle à l’approche biologique systémique des espèces-hôtes des virus. Le motto de la virologie peut se résumer simplement : la raison d’être évolutionniste d’un virus, au sens darwinien, est de muter. Il est conditionné pour muter, et ainsi trouver sa voie parmi ses hôtes…L’hypothèse de l’immunité collective face au covid reste incertaine du fait de la durabilité de l’immunité post-vaccinale. Dans le cas défavorable, envisageable, de virus résistants[2], l’histoire documentée des virus par le passé donne deux familles de scénarios : la nécessité de revacciner régulièrement face à des variants très contagieux mais de moins en moins dangereux (le variant delta est 100 fois plus contagieux que le covid originel mais moins létal, même corrigé de l’effet vaccination), ou l’émergence d’un variant plus létal mais qui finira par s’éteindre après un « feu d’artifice », ayant occasionné des décès, mais ayant éliminé les autres variants, et donc l’épidémie[3].

Si prédire semble impossible, il reste, d’une part, l’observation génomique de la formation des variants significatifs (avec un nombre de mutation significatives) et, d’autre part, le travail d’expérimentation de laboratoire. Après un an et demi de pandémie, ce qui frappe est que les variants se développent bien plus vite que l’émergence très lente d’un virus pathogène.

De l’émergence de la maladie jusqu’aux variants

La discipline a cependant accumulé des consensus : ainsi le SARS-1 de 2003 n’est-il aucunement le parent du SARS-Cov-2 de la fin 2019, devenu pandémie en 2020. Par comparaison entre les collections nationales de virus conservées en laboratoires et des prélèvements nouveaux sur des animaux ou des humains, pathogènes ou non pathogènes, les virologues estiment la constante de temps d’évolution des mutations : « l’horloge biologique ». Les coronavirus mettent des décennies à évoluer vers des formes pathogènes par accumulation graduelle de mutations. Certains chercheurs mentionnent une cinquantaine d’années probables pour la formation du Sars-Cov-2 ou covid et donc de durée d’émergence de la maladie ; les épidémies viennent ainsi de loin et à bas bruit. Les mutations s’accélèrent lors du fameux « passage de la barrière des espèces ».

Le variant britannique, par exemple, présente 17 mutations significatives par rapport aux autres formes du covid. Ce nombre, important de l’aveu des spécialistes[4], fait pencher certains virologues pour l’hypothèse d’un nouveau franchissement de barrière d’espèce : de l’homme vers l’animal (domestique ou d’élevage), et, en fait, d’un double franchissement avec retour vers l’homme. Ce schéma cognitif est connu depuis longtemps, avec notamment les travaux de Charles Nicolle de l’Institut Pasteur, primés par le Nobel de 1928. C’est sans doute là où une meilleure connaissance sur l’origine de l’émergence du covid, qui procède autant de la recherche, comme on l’a vu, que de la saga politique, serait utile : au niveau du type et de la fréquence des interactions homme-animal.

Beaucoup d’encre a coulé sur une chaîne manifestement simplifiée de l’émergence initiale du Sars-cov-2 pathogène. La presse a popularisé une chaîne simple, linéaire, à un seul maillon, via le désormais célèbre pangolin, un moment soupçonné d’avoir été « le » maillon hôte du virus entre la chauve-souris réceptacle de virus « ancestraux » du covid, et le covid chez l’homme. Le virus trouvé chez ledit pangolin ayant une homologie encore trop éloignée avec le covid, les chercheurs ont envisagé d’autres pistes d’animaux, puis des chaînes plus longues, toujours linéaires, d’animaux hôtes[5]. Le modèle simple à un maillon a été recherché car il fut celui du SARS-1 et du SARS-MERS d’Arabie… mais il n’explique manifestement pas le Covid. Le consensus émergent depuis février 2021 – avec l’identification de coronavirus de chauve-souris une séquence génique à 95-96% identique à celle du covid humain – est qu’il y a une « haute probabilité d’origine par la chauve souris »[6], même si la différence génique de 5% est environ celle entre le macaque et l’homme[7]. Ce qui reste loin du 99% d’homologie trouvée en 2003 entre le coronavirus de la civette et le SARS-1.

Mais l’écosystème de transmission demeure inconnu. Le débat croît entre origine purement animale -zoonose- qu’elle soit à une ou plusieurs marches d’escalier, et origine animale mais passée par l’homme et à l’animal et à nouveau l’homme – ou « anthropo-zoonose », à la Charles Nicolle…

Anthropo-zoonose qu’il convient de totalement distinguer d’une complexe saga sur le rôle de l’institut de Virologie de Wuhan, relancée récemment par une lettre dans le journal Science, le 13 mai 2021. Les demandes renouvelées de communication entre chercheurs au niveau international tournent de fait autour du processus d’interaction entre l’homme et les virus d’origine animale, en laboratoire.

Précisons d’abord que cette relance du débat en 2021 ne porte pas sur le laboratoire dit « P4 » de haute sécurité de Wuhan, mis en place par la coopération franco-chinoise et très photogénique lors du confinement, mais sur le laboratoire qui partage son site mais en est complètement séparé sanitairement, de classification « P3 ». C’est ce laboratoire P3, et non le P4, que l’OMS demande à revoir aujourd’hui. En pratique, la classification même des laboratoires renvoie au type de pratiques que la virologie entretient avec les virus. Les laboratoires communs d’hôpitaux -classés P2- ont par définition à traiter de prélèvements sur des patients, pour analyse et diagnostic de virus, et les maladies zoonotiques émergentes y transitent nécessairement lors de leur émergence à bas bruit ; les laboratoires « P3 » concernent deux aspects supplémentaires, la culture cellulaire de virus -augmenter la taille de l’échantillon à fins d’analyse- et éventuellement la recherche génétique par « augmentations de fonctions », pour simplifier, le même processus que les mutations mais avec des altérations significatives bien moins nombreuses et originales que ne le fait la nature[8], à des fins de recherche et de vaccin. Les laboratoires P3 sont des laboratoires de recherche sur des agents classifiés en dessous de « très dangereux », c’est-à-dire très contagieux et très létal à la fois, tel Ebola, par exemple, qui lui est traité en P4, ce qui n’est pas le cas des coronavirus, traités en P2, sauf le SARS-1, le MERS, et maintenant le covid, traités en P3 selon la réglementation internationale[9].

Le P3 de Wuhan abrite ainsi pour la Chine la collection nationale de virus au sein du fameux institut de Virologie de Wuhan. La relance récente de la controverse, complexe[10], porte en réalité peu sur l’hypothèse d’« augmentation de fonctions », nom donné à la recherche pour comprendre les réactions d’un virus et préparer des traitements, mais sur la pratique de la collecte (sites, modes opératoires, contextes d’incidences pathogènes rencontrées antérieurement) d’éventuels échantillons de covid liés au contact homme-chauve-souris (ou via un écosystème plus complexe, on l’a dit). Savoir de quelles grottes par exemple ont été tirées quels échantillons, après quelles maladies éventuellement constatées chez des travailleurs en sites miniers déclassés et colonisés par des chauve-souris étant les pistes explorées par les scientifiques au cœur du débat, qui, en revanche, semble accepter l’hypothèse de la maladie ayant déjà circulé à bas bruit en Chine -voire en Europe[11].

Ce débat renvoie donc lui aussi, mais vu cette fois du laboratoire, à la question de l’interaction homme-chauve-souris en particulier et homme-animal en général. Au final, la « controverse scientifique », ou front pionnier à explorer par des expérimentations et des analyses, à ce niveau, porte sur le point focal entre la relation amont (en contact à la nature) et aval (en laboratoire) de l’homme à l’animal, ainsi que sur la relation entre animaux.

Un virus, par définition, mute : le covid mutera encore énormément, comme il l’a vraisemblablement fait depuis des décennies hors des radars ; comprendre les mutations d’hier sur des coronavirus proches, les mutations actuelles sur les variants à venir, avec une humanité qui va toujours plus loin perturber la biodiversité ou déséquilibrer les grandes masses animales par l’élevage, renvoie aux questions de notre temps de l’homme dans son macro-environnement vivant ; le virus n’en est peut être que le dérangeant révélateur infiniment petit.

 

[1] Cet article se fonde, outre les références spécifiées, sur des interviews de chercheurs, dont 3 sont consultables in extenso sur https://m.youtube.com/c/thebridgetank et notamment https://m.youtube.com/watch?v=DmjgviI2haM&t=8s. Les enjeux sociétaux sont clairement exposés dans https://theconversation.com/de-la-controverse-scientifique-au-debat-de-societe-112039

[2] Le scénario britannique actuel inquiète les spécialistes

[3] Interview, The Bridge Tank, URL cit. supra.

[4] Interview, The Bridge Tank, URL cit. supra.

[5] Open Letter 4: June 28, 2021 – https://doi.org/10.13140/RG.2.2.21927.27042/1

[6] Article scientifique collectif dans Nature - https://www.nature.com/articles/s41467-021-21240-1 et la découverte de la séquence « RaTG13 », février 2021, https://www.nature.com/articles/d41586-021-01529-3 https://theconversation.com/covid-19-why-lab-leak-theory-is-back-despite-little-new-evidence-162215-

[7] Interview, The Bridge Tank, URL cit. supra.

[8] Interview, The Bridge Tank, URL cit. supra.

[9] Interview, The Bridge Tank, URL cit. supra.

[10] Pour un exposé précis, cf. « Sept questions-clés sur les origines du SARS- CoV-2 », Le Monde, page Planète, 8 juin 2021.

[11] Le Monde, op. cit. supra.

Le conseil d’État s’oppose à la fermeture des relations avec le Brésil !

Le conseil d’État s’oppose à la fermeture des relations avec le Brésil !

 

 

On sait que le variant Covid  brésilien est particulièrement dangereux puisque dans le pays par exemple on constate jusqu’à 4000 morts quotidiens du fait du virus. La question se pose en de la fermeture des relations aériennes avec le Brésil. Par le conseil d’État  » dans sa grande sagesse « s’oppose à cette interdiction au nom des libertés.

 

Ce n’est pas la première fois que le conseil d’État prend des positions sur des sujets pour lesquels il n’est pas particulièrement compétent. Un conseil d’État qui ressemble plutôt un conseil corporatiste d’une élite complètement déconnectée des réalités économiques, sociales et culturelles. Par ailleurs un conseil d’État qui fait un peu double emploi avec le conseil constitutionnel, décideurs en dernier ressort pour juger de la compatibilité avec les principes constitutionnels républicains.

 

Sur de nombreux sujets les avis du conseil d’État sont assez baroques. Le gouvernement a pourtant l’obligation pour les lois et certains décrets de demander l’avis du conseil d’État, sorte d’institution de conseil pour le gouvernement mais aussi de décisions de dernier ressort en matière juridique.

 

En fait le droit géré par le conseil d’État en France devient de plus en plus obsolète avec la progression du droit européen. Par exemple pour ses affaires de fermeture des frontières, certains Etats n’ont pas hésité à fermer leurs frontières pour des questions sanitaires. Et ces décisions n’ont pas été contestées par les autorités juridiques et politiques de l’Europe.

 

Le gouvernement français avec donc toute possibilité de décider la fermeture des frontières pour le transport aérien avec le Brésil. La vérité c’est que le gouvernement tire son parapluie et s’abrite derrière la décision du conseil d’État : «Le Conseil d’État nous a dit que les ressortissants français et les résidents en France, au nom de la liberté de circulation, devaient pouvoir continuer à venir», a rappelé le ministre, citant une décision récente de l’institution. Il aurait tout est tout à fait possible d’interdire le trafic aérien avec le Brésil sauf pour le rapatriement dans certaines conditions des Français. Notant que l’Allemagne ne prend pas autant de pincettes juridiques quand elle décide brutalement de fermer ses frontières et où d’en contrôler l’accès

De nouvelles relations entre l’union économique et les États-Unis ?

De nouvelles relations entre l’union économique et les États-Unis ?

 

 Depuis lundi,  les 27 représentants des pays qui composent l’Union économique ont engagé une réflexion stratégique sur les champs qui permettraient d’améliorer de façon significative les relations avec les États-Unis. Pour faciliter les futures discussions, on a choisi un champ restreint de thèmes sur lesquels les accords pourraient aboutir. Restera pour plus tard la complexe question des échanges commerciaux et des droits de douane où subsistent de nombreux conflits (aéronautique, produits agricoles, vins, Gafa etc.).

Cinq grands domaines d’action seront ainsi à l’étude : la santé, notamment la lutte contre la pandémie de COVID-19, la relance économique, la lutte contre le changement climatique, la promotion de la paix et de la sécurité, ainsi que la défense de valeurs communes, dont l’attachement aux règles multilatérales.

Il s’agit, selon les responsables, des domaines qui offrent le plus de possibilités de coopération avec le président élu Joe Biden, après quatre années difficiles avec Trump.

Les dirigeants européens devraient discuter de la future relation transatlantique lors du prochain sommet européen organisé les 10 et 11 décembre.

Charles Michel, le président du Conseil européen, a invité Joe Biden à un sommet en présentiel organisé au cours du premier semestre 2021, et à un sommet virtuel, probablement peu après sa prise de fonction.

Des relations Europe-États-Unis de plus en plus difficiles.( Hubert Védrine)

Des relationsEurope États-Unis de plus en plus difficiles.( Hubert Védrine)

Hubert Védrine l’ancien chef de la diplomatie française prévoit que les relations entre l’Europe et les États-Unis seront de plus en plus difficile avec ou sans Trump.

 

 

Quels sont les enjeux de l’élection américaine pour l’Europe ?

Au-delà des péripéties trumpiennes ou post-trumpiennes, le moment est venu de considérer la relation avec les Etats-Unis dans la longue durée. Ce qui a créé la relation transatlantique des dernières décennies, c’est, après 1945, la menace stalinienne crédible sur l’Europe occidentale, l’appel à l’aide des Européens et la création de l’Alliance atlantique (et de l’Otan pour la gérer militairement) grâce à l’engagement déterminé du président Truman. Il y a eu depuis des controverses sérieuses – ce que Kissinger appelait les « malentendus » transatlantiques – sur la contribution budgétaire des alliés européens, sur la stratégie générale de l’Alliance (le grand débat autour de la riposte graduée à laquelle de Gaulle s’opposait à juste titre), la sortie de De Gaulle des organes intégrés ; des angoisses de certains au moment d’accords de désarmement ; des tentatives françaises pour créer un pôle européen de défense, en dehors puis à l’intérieur de l’Alliance… Mais les fondamentaux sont toujours là : les Européens sont incapables de défendre l’Europe par eux-mêmes, ils auront besoin des États-Unis jusqu’à ce qu’ils se réveillent et créent vraiment un pôle européen de défense, une industrie de défense, une stratégie commune, une capacité d’engagement à l’extérieur et un mécanisme de décision clair et crédible.

En dépit des efforts répétés de la France, ce n’est pas encore le cas…

Depuis l’élection du président Macron, on sent un frémissement en Europe. Mais, avec le temps, les relations vont inévitablement se distendre, comme entre des cousins issus de germain, à moins de l’apparition d’une grande menace, focalisée uniquement sur l’espace transatlantique. La dépendance militaire encore évidente à l’égard de Washington ne devrait pas décourager l’Europe de développer ses propres capacités et surtout pas conduire à un alignement systématique de trop d’Européens en politique étrangère, sur les plans culturel et écologique, au contraire. La politique américaine de sanctions unilatérales (y compris contre des personnes), développée impunément depuis une trentaine d’années, ne devrait plus être tolérée au nom de la souveraineté européenne. L’acharnement des Etats-Unis contre le projet Nordstream 2 de gazoduc entre la Russie et l’Allemagne vise, par exemple, à écouler leur pétrole de schiste en Europe. La Commission européenne devrait enregistrer toutes les propositions de sanctions concernant nos Etats ou nos entreprises, étudier de quels sénateurs elles proviennent, et à quels groupes d’intérêt ou lobbies elles sont associées. Ce serait un premier pas pour rétablir avec les Etats-Unis une relation de confiance et de réciprocité, ce qui reste notre intérêt.

Hors du domaine militaire, les Européens doivent aussi donner un sens à la formule : « amis, alliés, mais pas alignés ». Il ne faut pas se faire d’illusions, même dans l’hypothèse d’une administration Biden-Harris. Les Etats-Unis ne reviendront pas à un multilatéralisme idéal, celui auquel rêvent les Européens et qu’ils n’ont en réalité jamais complètement pratiqué. Mais ce serait l’occasion, à ne pas manquer, d’un vrai redémarrage. Cela suppose que les Européens se présentent unis et harmonisent leurs positions lors des rencontres avec la future administration américaine.

Et si Trump est réélu ?

On verra ! Cela peut être le déclic mental. La vraie difficulté à surmonter d’ici là, c’est que les Européens sont souvent en désaccord sur la plupart des sujets où les divergences UE-Etats-Unis sont évidentes aux yeux des Français, même des moins antiaméricains. Les Européens doivent donc préparer une politique étrangère plus cohérente, y compris si cela nous doit nous différencier des États-Unis, voire nous opposer. Cela ne servira à rien de se précipiter pour être les premiers à parler à l’administration Biden si une base arrière européenne suffisamment solide n’a pas pu être bâtie. Cela concerne l’écologisation (climat, biodiversité, économie circulaire…), la détermination d’une politique russe aussi vigilante que nécessaire mais entreprenante, la relance d’une dynamique de maîtrise des armements, l’élaboration d’une stratégie vis-à-vis de la Chine abandonnant toute naïveté et suivisme américain, la réactivation de l’accord avec l’Iran, le retour à une politique plus équilibrée au Proche-Orient, l’affirmation d’une position plus claire sur les questions numériques – même si la nouvelle Commission a une attitude encourageante sur ce point.

 

Les relations complexes de la Chine avec l’Afrique

Les relations complexes de la Chine avec l’Afrique

 le sinologue Thierry Pairault explique les relations complexes de la Chine avec l’Afrique ( l’Opinion)

Profitant du coronavirus, la Chine est particulièrement active pour recréer ou conforter ses réseaux dans les pays en développement. Il y a des enjeux historiques et la période actuelle permet de réactiver l’esprit et la solidarité des pays non alignés exprimés lors de la Conférence de Bandung en 1955. Le discours anti-occidental prospère à Pékin à l’heure du bras de fer avec les Etats-Unis. La Chine met en œuvre une communication volontariste et flamboyante à travers sa diplomatie du masque. Le discours est bien rodé et vient combler un vide, car les pays occidentaux n’ont pas grand-chose à raconter qui séduise les pays en développement. De ce point de vue, Pékin joue sur du velours.

Les Occidentaux mettent la pression sur la Chine pour qu’elle annule la dette envers les pays africains. Quel est son montant ?

Il est difficile de le savoir exactement, mais l’endettement n’est pas aussi important qu’on le pense. Récemment, les médias francophones ont avancé le chiffre de 145 milliards de dollars qui représenterait 40 % de la dette africaine. En fait, il s’agit du montant des prêts publics bilatéraux octroyés par la Chine entre 2000 et 2017 aux pays d’Afrique subsaharienne. Or, certains de ces prêts ont déjà été remboursés, sont en voie de l’être ou ont été annulés. En 2017, le montant de la dette bilatérale que l’Afrique subsaharienne devait à la Chine pouvait être de 58 milliards de dollars, soit 13 % de la dette totale à long terme ou 17 % de la dette bénéficiant d’une garantie publique. On est loin des 40 %. Mais pour en estimer l’impact budgétaire annuel, il faudrait connaître le service de la dette, c’est-à-dire l’ensemble des remboursements du principal et du paiement des intérêts.

Un certain nombre de contrats semblent mentionner aussi des remboursements en matières premières…

Certains contrats font l’objet de clauses en garantissant le secret et donc certains prêts ne sont pas connus. Certains incluent des remboursements en matières premières. Avec la baisse des cours de ces produits comme le pétrole, la Chine s’est rendu compte qu’elle était perdante, d’où leur raréfaction. Il y a aussi les prêts accordés directement par les entreprises chinoises à des Etats, dont on ne connaît généralement pas les termes.

La Chine n’a qu’un statut d’observateur au Club de Paris, groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de restructurer collectivement les dettes. Voyez-vous Pékin participer à un effort collectif d’annulation de dette des pays africains ?

La Chine accepte rarement les annulations de dettes pures et simples. Elle ne devrait pas changer de comportement, ne serait-ce que parce que cela l’obligerait à plus de transparence, un exercice auquel elle n’est pas préparée. Elle préfère négocier de manière bilatérale avec les pays du Sud. Pékin devrait toutefois faire quelques gestes sur la dette africaine au-delà du moratoire, en proposant des restructurations, ne serait-ce que pour ne pas perdre la face publiquement alors que les pays occidentaux cherchent à l’attirer dans un piège de l’annulation de dette.

Les pays africains ont récemment critiqué Pékin à propos du traitement de leurs ressortissants durant le confinement en Chine. Est-ce la fin de l’idylle ?

Au-delà de critiques somme toute assez limitées, la voix des pays africains ne semble pas assez puissante pour forcer la Chine à véritablement modifier son comportement. Les Etats africains ont trop besoin de la Chine sur le double plan politique et économique. Et les pays occidentaux cherchent surtout à la mettre en porte-à-faux par rapport à une diplomatie dont la générosité affichée est très relative. Une étude récente du Centre pour le développement global (CDG), un think tank basé à Washington, montre que les conditions de prêts de la Banque mondiale sont en règle générale plus avantageuses que celles accordées par les banques publiques chinoises. Mais le montant des prêts de ces dernières est souvent beaucoup plus élevé, ce qui fait la différence quand il faut financer de grands projets d’infrastructures.

La crise actuelle est-elle de nature à remettre en cause un certain nombre de grands projets chinois en Afrique, notamment à l’Est ?

La vitrine chinoise dans la Corne de l’Afrique connaît une période difficile. Plus de deux ans après son inauguration, la liaison Addis-Abeba - Djibouti construite avec une expertise et des capitaux chinois est à la peine d’autant que la capacité de transformation industrielle et commerciale des zones franches chinoises a été à l’évidence très surévaluée. D’ailleurs, l’Ethiopie est récemment allée renégocier sa dette sur le chemin de fer. De surcroît, elle s’ouvre à des concurrents naturels de Djibouti pour son accès à la mer et entreprend de construire des liaisons avec des financements non chinois à destination du port de Berbera au Somaliland, de Port-Soudan au Soudan et de Massawa en Érythrée…

L’Europe évoque des relocalisations industrielles au niveau régional. L’Afrique en profitera-t-elle en raison de sa proximité ?

Les relocalisations éventuelles se feront dans un contexte différent des délocalisations initiales. Jusqu’à une période récente, les coûts de main-d’œuvre prévalaient dans le choix des industriels. Or, c’est la proximité des marchés sur fond de robotisation qui fonde actuellement la relocalisation avec une multiplication des centres de production. Donc, les industriels se tourneront surtout vers les pays proches de leurs marchés disposant d’ingénieurs compétents à des salaires avantageux. Les pays d’Afrique du Nord pourraient plus facilement en profiter que ceux d’Afrique subsaharienne. La Chine a de son côté renoncé à délocaliser ses industries. Elle pousse aussi à la robotisation : quitte à avoir des chômeurs, autant garder les bénéfices de la production sur son territoire.

Russie : quelles nouvelles relations ?

Russie : quelles nouvelles relations ?

 Quelles nouvelles relations sont-elles envisageables avec la Russie d’après Laurence Daziano , maître de conférences en économie à Sciences Po et membre du Conseil scientifique de la Fondapol et de l’Institut du Bosphore. (tribune Figaro)


« Le président russe, Vladimir Poutine, arrive le 19 août au fort de Brégançon pour une rencontre bilatérale avec son homologue français, Emmanuel Macron, à la veille du sommet du G7 de Biarritz dont la Russie est exclue.

Vladimir Poutine rencontrera son quatrième président français, après Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. En comptant les quatre années où il fut Premier ministre, Vladimir Poutine est désormais au pouvoir depuis dix-neuf ans, ce qui lui confère l’un des plus longs règnes de l’histoire politique russe moderne. Se maintenir aussi longtemps au pouvoir, dans un pays aussi rude que la Russie et marqué par une transition extrêmement dure après la chute de l’URSS, a eu un prix: la centralisation totale du pouvoir, l’écrasement de l’opposition, la mise au pas des milieux économiques et l’alliance avec des régimes autoritaires pour marquer le retour de Moscou sur la scène internationale.

Après quasiment vingt ans au Kremlin, Vladimir Poutine est devenu le synonyme de son pays, si bien que les diplomates et les experts occidentaux ne réussissent plus à avoir une analyse fine et nuancée des évolutions russes. Or, la Russie est un pays qui change.

 

Les sanctions commencent à peser sur l’économie de la Russie

Malgré une très forte dépendance aux matières premières (pétrole et gaz), la Russie a réussi à redresser son économie après quinze ans de descente aux abîmes lors de la chute de l’URSS. Aujourd’hui, les sanctions commencent à peser sur l’économie et le taux de pauvreté de la population, qui avait spectaculairement baissé, commence à remonter. La classe moyenne urbaine s’est développée mais les jeunes des campagnes rêvent d’émigrer.

La Russie a réussi l’accueil de la Coupe du monde de football en 2018, tout en modernisant son industrie pétrolière et gazière avec des projets industriels aussi audacieux que les gazoducs Nord Stream ou l’exploitation des ressources en Arctique.

Enfin, Moscou est redevenu une puissance «centrale» des relations internationales, réussissant son pari stratégique au Moyen-Orient et consolidant des alliances avec les «ennemis» des États-Unis, Chine, Iran, Turquie ou Venezuela. La Russie revient également en Afrique, réunissant un sommet russo-africain, sur les bords de la mer Noire à Sotchi.

 

Le défi de la succession

Mais ce qui a permis à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir, depuis si longtemps, est désormais sa principale faiblesse. Le système de pouvoir poutinien est profondément empreint de l’histoire politique tsariste: une stabilité qui confine à la rigidité, reposant sur les services de renseignement et sans perspective de succession.

Vladimir Poutine, qui a réussi ses paris (règne de vingt ans, retour de la Russie sur la scène internationale et mainmise politique sur le pays), doit désormais affronter son principal défi: la succession, sans laquelle, rien de ce qui a été édifié ne sera pérenne. Homme issu des services de renseignement, son histoire, sa vision et son exercice du pouvoir sont formatés par le KGB et le FSB, et plus encore par son expérience de la chute de l’URSS.

Or l’approche de la succession peut être le moment où, parce que les intérêts convergent, l’Europe renouerait avec la Russie par une série d’initiatives proches de la conférence sur la paix et la sécurité en Europe, initiée en 1975 à Helsinki à l’époque de la Guerre froide. Une initiative diplomatique européenne, portée par la France, proposerait des perspectives à Moscou qui tiennent compte des intérêts respectifs des Européens et des Russes.

 

D’abord, la question ukrainienne, après les récentes élections présidentielles et législatives à Kiev, doit être réglée dans un cadre global qui comprend trois sujets: un accord de paix en Ukraine avec la «finlandisation» du pays, c’est-à-dire sa neutralisation entre l’Europe et la Russie, ce qui ne sera que la reconnaissance de la mixité ukrainienne entre les anciennes terres européennes catholiques de l’Empire austro-hongrois et les régions russophones ; le désarmement de toutes les factions armées ; la cession de la Crimée à la Russie avec la garantie d’un statut de neutralité pour la péninsule, en dehors du port de Sébastopol, et la reconnaissance de droits spécifiques pour les Ukrainiens ne souhaitant pas devenir Russes.

 

La Syrie, pour sa part, doit faire l’objet d’un plan de paix global sous l’égide d’un groupe de contact associant les puissances occidentales et le «format» d’Astana initié par la Russie, la Turquie et l’Iran. Les accords de paix de Dayton et la constitution d’une juridiction pénale internationale pourraient être des pistes de sortie de crise intéressantes pour la Syrie.

Enfin, l’Union européenne pourrait proposer à la Russie, en échange de ses concessions sur les conflits ukrainien et syrien, une perspective de développement économique de long terme. Un accord de libre-échange pourrait être conclu entre l’Union européenne (UE) et la Russie afin de développer les échanges commerciaux puisque l’Europe représente le premier débouché pour les exportations russes (55 % du total). L’UE pourrait proposer de créer une Union de l’énergie, dotée d’un conseil conjoint, et permettant de sécuriser l’approvisionnement gazier européen (la Russie représentant plus du tiers des importations de gaz en Europe) ainsi que les grands projets, à l’instar de Nord Stream 2, essentiel pour l’économie allemande, ou l’exploration-production dans le Grand Nord arctique à l’instar de Yamal.

Winston Churchill a déclaré que «si deux hommes ont la même opinion, l’un d’eux est de trop». Il est désormais temps de ne pas regarder la Russie avec le regard d’un Occidental déçu, mais d’offrir une perspective diplomatique et économique crédible aux Européens et aux Russes qui partagent une histoire, des frontières et des intérêts qui peuvent converger. »

 

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