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Entreprises : réinventer les organisations

Entreprises : réinventer les organisations

Vinciane Beauchene,  directrice associée au Boston Consulting Group (BCG , estime dans une tribune à l’Opinion que « Les entreprises sont confrontées à une triple crise, économique, sanitaire et sociale, et doivent relever un double défi : maintenir la productivité et réinventer leur organisation pour gagner en résilience »

 

Vinciane Beauchene.

 

 

 

 

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Les Navy Seals, ces membres des forces spéciales de la marine américaine rompus aux pires conditions, ont une devise qui tient en quatre mots : « Hold fast, stay true ». Dans la tempête, « hold fast », accroche-toi au bastingage pour éviter de passer par-dessus bord. Mais aussi, « stay true », garde le cap. Pas question de laisser le navire dériver, même si l’on ne voit plus les étoiles. Quel meilleur adage pour des entreprises aujourd’hui ébranlées par une triple crise sanitaire, économique et sociale ? Dans sa mise en œuvre, les directions des ressources humaines se retrouvent en première ligne. Mais c’est l’ensemble de la direction générale qui doit se mobiliser.

S’accrocher, c’est avant tout maintenir la productivité et la capacité d’innovation. Une récente enquête du BCG menée auprès de 12 000 salariés dans le monde révèle que 71 % d’entre eux estiment avoir été aussi – voire plus efficaces – qu’avant pour mener à bien des tâches individuelles au cours du premier confinement. En revanche, ils sont 49 % seulement dans ce cas pour les tâches nécessitant de la coopération.

Juste dose de télétravail. Effet néfaste du télétravail? Pas uniquement, car ces écarts se retrouvent dans tous les pays, que les personnes concernées soient chez elles ou au bureau. Il s’agit plutôt d’une conséquence de la distanciation sociale. Se concentrer sur la rédaction d’une présentation ou une tâche administrative demeure partout possible. En revanche, la baisse du nombre d’interactions informelles plombe la créativité. Le sentiment dominant est celui d’un besoin de proximité pour bien collaborer.

Parce que la situation est amenée à se prolonger, les dirigeants vont devoir s’interroger sur le nouveau modèle de travail à instaurer, définir un cap, et le garder

Si les entreprises ne peuvent rien changer au contexte, il leur reste des leviers à actionner. La même étude souligne en effet que la perception d’une productivité en berne est corrélée à quatre facteurs : le lien social, la santé mentale, la santé physique et les outils de travail. Les salariés se déclarant satisfaits sur l’un ou l’autre de ces critères étant deux fois plus nombreux à s’estimer autant, voire plus efficaces. Evénements virtuels, accompagnement psychologique et formation aux outils collaboratifs sont donc quelques exemples d’initiatives à prendre à court terme.

Mais parce que la situation est amenée à se prolonger, les dirigeants vont aussi devoir s’interroger sur le nouveau modèle de travail à instaurer, définir un cap, et le garder. Celui-ci devra être flexible, comme le réclament 60 % des salariés interrogés, remettant en cause une culture du présentéisme où les horaires du manager définissent ceux de son équipe. Il devra aussi être hybride, combiner travail à distance et présentiel, dans des proportions à définir en fonction des objectifs économiques et de la maturité des équipes.

Tester de nouvelles méthodes Au-delà des attentes des collaborateurs, le futur modèle devra prendre en compte les nouveaux comportements des consommateurs, l’accélération du digital, les enjeux sociaux et environnementaux. Près de 25 % des entreprises ont profité de la crise pour tester l’agile, le lean ou le design thinking. Le succès étant au rendez-vous, elles sont 70 % à vouloir étendre et pérenniser ces nouvelles pratiques.

La méthode agile a ainsi démontré son intérêt dans un contexte incertain où alignement, vitesse et adaptation sont clés. Son adoption à grande échelle a des conséquences sur l’ensemble des opérations : cycles budgétaires raccourcis, équipes pluridisciplinaires et moins fragmentées, management resserré et gestion transparente des objectifs. Mais la contrepartie est un meilleur engagement des clients comme des employés et une vélocité accrue.

La marche à franchir pour nombre d’entreprises reste encore haute. Déployer ces nouveaux modèles relève d’une transformation profonde, nécessitant un engagement de l’ensemble de la direction générale, une feuille de route rigoureuse et l’adhésion de salariés parfois déjà épuisés par la première vague. En creux, c’est une nouvelle forme de leadership qui se dessine : celui du monde de demain.

Vinciane Beauchene est directrice associée au Boston Consulting Group (BCG)

Réinventer les réseaux sociaux

Réinventer les réseaux sociaux

L’Odissée (*)  propose dans la Tribune de réinventer les réseaux sociaux.

 

Les réseaux sociaux ont lancé une ère d’échange d’information. Dans leur âge adulte, ils devront structurer les interactions au point de permettre aux internautes de produire par eux-mêmes du sens partagé et des raisonnements collectifs.

Les limites des réseaux sociaux actuels

Les réseaux sociaux placent chaque personne à un simple clic du toute l’information accumulée dans l’histoire de l’humanité. En théorie, chacun peut donc désormais découvrir facilement ce qu’il cherche. Pourtant, ces plateformes restent encore en pratique porteuses d’exploitation, de partialité, de simplisme, d’addiction et de manipulation :

  • L’utilisateur utilisé. Engagé malgré lui dans un modèle économique non transparent, l’utilisateur n’a pas conscience d’être en réalité un produit vendu par les réseaux sociaux à leurs propres clients. Son temps d’écran et ses données personnelles sont négociés à son insu à des annonceurs.
  • Le lecteur enfoncé dans sa subjectivité. Pris dans des algorithmes dont il n’a pas idée, l’Internaute devient un consommateur conditionné : qui n’accède qu’à des informations qui correspondent à ses goûts. Plus il reçoit d’informations, plus il conforte ses aprioris et moins il développe son savoir et son objectivité.
  • Le récepteur égotisé. Dans une majorité de cas, entrer dans l’échange ne devrait pas se réduire à l’ajout facile d’un Like (cliquer sur un pouce levé), d’un petit cœur ou d’un commentaire lapidaire. Ainsi, réagir ne consiste pas à aiguiser son esprit critique, mais seulement à affirmer son opinion sans l’argumenter. C’est le règne du Moi.
  • L’émetteur addictif. Les émetteurs de photos et autres posts sont pris au double piège du recueil de Likes et de cœurs, qui satisfont à la fois leur besoin social d’approbation par autrui et leur besoin physiologique de leur dose de dopamine (molécule de la sensation du plaisir instantané) sans laquelle ils se trouvent en état de manque. Placé en dépendance, l’humain voit ainsi son rôle réduit à celui d’une ressource exploitable en continu à ses dépens.
  • Le citoyen dictateur. Sans guère d’autre choix que se conformer à la logique de propagande manipulatoire dans laquelle il baigne, l’Internaute s’active le plus souvent pour affirmer son propre point de vue à la va-vite. La somme de tous ces petits dictateurs nous plonge dans un despotisme insidieux.

 

Les réseaux sociaux, peut être malgré eux, reposent sur des mécanismes sous-jacents qui éloignent de la démarche scientifique de recherche de vérité. D’aucuns dénoncent même leur impact destructeur sur la civilisation. En tous cas, même lorsqu’ils ne visent pas seulement à divertir, ils restent encore fort loin de leur potentiel de partage de la connaissance et d’élévation de l’épanouissement de leurs larges publics.

Une nouvelle génération de réseaux sociaux

Reste donc à structurer l’accès au savoir pour projeter les populations dans la recherche des conditions de meilleurs niveaux de vivre ensemble et de réussir ensemble. Il s’agit d’inverser la morale du Loup et l’agneau La raison du plus fort est toujours la meilleure pour faire en sorte que, désormais, la raison la meilleure devienne la plus forte. L’affaire n’est pas mince … ! Cela suppose d’ajouter aux plateformes actuelles plusieurs univers entiers qui leur sont encore étrangers :

  • Organiser la réflexion collective. Le Maréchal Foch disait que la question la plus importante, en toute situation, est « De quoi s’agit-il ? ». La formulation augmentée d’un problème suppose d’englober tous les faits à leur juste place. Alors seulement un diagnostic pointu peut être établi. Ensuite, la recherche de solutions innovantes et efficaces nécessite de soumettre toutes les idées à un même niveau aigu d’analyse.

–> Résoudre un problème requiert donc de recueillir toutes les informations et propositions, puis de les agencer dans un ordre optimal pour bâtir un raisonnement commun. Un travail à plusieurs suppose donc d’organiser ce partage entre tous et cet ordonnancement avant, pendant et après les instants de travail collectif. Alors, il devient possible de distribuer la parole à la diversité des participants dans un ordre optimal.

  • Étudier le collectif. L’enchainement impartial des données est nécessaire, mais encore insuffisant : garantir la qualité de la réflexion collective réclame d’égaliser les chances et donc les soutiens dont bénéficient la variété des expériences, savoirs et visions. Aussi, la sur-représentation de certains groupes doit être atténuée pour certaines données, tandis que la sous-représentation d’autres groupes doit être étayée pour d’autres données.

–> Ordonner les faits et idées suppose de compenser les minorités face à la majorité. Distribuer la parole en pratique rend indispensable de procéder à un examen de l’ensemble des participants pour les regrouper par catégories spécifiques. Ceci pour chaque phase de la réflexion collective. Pour que le groupe accepte ce genre de classification, il lui faut pouvoir y accéder et s’y reconnaître, tout en préservant l’anonymat des participants. Cela au point de l’aider à mieux se connaître et surtout à comprendre comment transformer en opportunité la faiblesse apparente de sa diversité.

  • Évaluer les acteurs. Traiter un groupe d’acteurs en adultes, à égalité, commande d’étudier la spécificité de chacune des personnes qui le composent. Au-delà des lois sur la protection et l’accès aux données personnelles sur Internet, ce positionnement individuel doit être restituable à chacun de façon confidentielle.

–> La prise en compte de la complexité de la personne vise à démontrer l’objectivité du processus de réflexion collective. Mais l’analyse vise surtout à aider chacun à mieux se comprendre à la fois de façon intrinsèque sur le sujet traité et de façon relative en se comparant aux autres participants.

  • Développer l’engagement dans le collectif. Si le préalable à la réussite de l’inclusion d’acteurs dans la réflexion exige de respecter les particularités de tous, l’étude n’est qu’un moyen. La finalité est le développement conjugué de la personne, du collectif qui travaille ensemble ainsi que de toutes parties prenantes concernées par le travail de ce collectif.

–> Il s’agit donc de favoriser le rapprochement systématique des intérêts, pratiques et projets de chaque personne avec ceux du collectif dans lequel elles évoluent ainsi qu’avec les parties prenantes de ce groupe, c’est-à-dire avec l’intérêt général.

Embarquer l’intelligence sociale

 

Le système d’étude embarquée dans les réseaux sociaux du futur doit donc générer de façon automatique une analyse qui permette aux utilisateurs de se saisir de leur différences et complémentarités.

Le mécanisme fonctionnera par le simple ajout d’un lien vers un questionnaire thématique universel court établi par des sociologues, composé d’un Quotient d’intelligence sociale (QIS ou Q.I. social) ainsi que de questions ouvertes génériques (recueil de témoignages et de pratiques). En guise d’ordre du jour ou de compte rendu de réunion, ou dans le cadre d’une démarche d’étude, d’évaluation spécifique, des questions Minutes pourront être ajoutées à la volée par l’Internaute émetteur, animateur de sa propre dynamique structurée. Chaque participant pourra modifier à volonté le niveau de partage de chacune de ses analyses et propositions avec le collectif qui l’invite, sa communauté ou même sur Internet. Les réponses seront mémorisées dans une plateforme globale incluant des espaces sécurisés dédiés aux organismes participants.

Les résultats pourront être présentés dans des formats adaptés aux quatre usages primaires, indépendants les uns des autres :

  • Réunions : guide d’animation pour distribuer la parole, bloc-notes collectif pour partager les faits et idées,
  • Étude : carte des faits et idées pour embrasser la complexité des enjeux, sociogramme du collectif (diaporama et rapport anonymisés) pour intégrer la diversité des acteurs,
  • Évaluation : sociogrammes individuels (diaporamas et rapports confidentiels) pour analyser chaque acteur, blocs-notes individuels pour mémoriser la paternité des contributions, Cv citoyen pour valoriser toutes les compétences et valeurs,
  • Engagement social et citoyen : calcul du temps passé par programme, par action, par acteur, par événement pour conscientiser la réalité de l’engagement, production de reçus fiscaux pour le temps de travail consacré à la recherche de l’intérêt général pour valoriser l’engagement citoyen.

Inventer les sociotech

Si les premiers réseaux sociaux ont été portés par des entrepreneurs de la high-tech, des ingénieurs informatiques, il s’agit à présent d’insérer la sociologie dans la technologie afin d’en multiplier l’utilité et d’exploiter tout son potentiel de développement de l’esprit critique. Alors, cette nouvelle génération de réseau social permettra de socratiser le dialogue.  Chaque interaction abondera à une démarche participative continue ouverte et structurée. Chaque participant verra sa lucidité affutée, prendra des décisions plus éclairées et pourra augmenter son ambition en lien avec sa famille et ses amis, ses activités et ses interlocuteurs professionnels, son territoire et même la planète dans son ensemble.

Alors, la merveilleuse ambition du précepte Connais-toi toi-même, écrit sur le frontispice du temple de Delphes, trouvera un nouveau souffle pour forger la conscience et la prise en main par chacun de son destin personnel et du destin collectif.

 

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NOTES

(*) Afin d’éviter les écueils des faux dialogues générateurs de suspicion, de rupture et de conflits, La Tribune ouvre ses colonnes à l’Odissée. Pilotée par son directeur et expert de la dialectique, Jean-François Chantaraud, la chronique hebdomadaire « Ne nous fâchons pas ! » livrera les concepts, les clés opérationnelles de la méthode en s’appuyant sur des cas pratiques et sur l’actualité.

L’Odissée, l’Organisation du Dialogue et de l’Intelligence Sociale dans la Société Et l’Entreprise, est un organisme bicéphale composé d’un centre de conseil et recherche (l’Odis) et d’une ONG reconnue d’Intérêt général (les Amis de l’Odissée) dont l’objet consiste à « Faire progresser la démocratie dans tous les domaines et partout dans le monde ».

Depuis 1990, l’Odissée conduit l’étude interactive permanente Comprendre et développer la Personne, l’Entreprise, la Société. Dès 1992, elle a diffusé un million de Cahiers de doléances, ce qui l’a conduit à organiser des groupes de travail regroupant des acteurs des sphères associative, sociale, politique, économique qui ont animé des centaines d’auditions, tables rondes, forums, tours de France citoyens, démarches de dialogue territorial et à l’intérieur des entreprises.

 

Edouard Philippe en tête pour « réinventer la France » loin devant Macron

Edouard Philippe en tête  pour « réinventer la France » loin devant Macron

Selon un  sondage IFOP pour La Tribune et Europe 1. Interrogés pour savoir en qui ils ont confiance pour « réinventer la France », les Français ont placé Édouard Philippe largement en tête avec 45% des répondants, sur une liste de 40 personnalités.

L’écart se creuse nettement avec Emmanuel Macron qui apparaît au neuvième rang à 32%, talonné par le Général de Villiers, l’ancien chef d’État-major des Armées qu’il avait viré manu militari en 2017. Édouard Philippe, choisi au début du quinquennat pour incarner le « en même temps » macronien par une belle « prise » à droite, est en train de réaliser un joli contrepied de boxeur en imposant sa carrure dans l’opinion face à un président dont il devient en quelque sorte le caillou dans la chaussure, celui qui fait mal quand on marche trop longtemps avec, mais que l’on ne peut que difficilement enlever.

Selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, Édouard Philippe connaît « un véritable état de grâce » : 94% des sympathisants LREM ont confiance en lui pour réinventer la France et malgré la « trahison » de 2017, le Premier ministre qui n’a jamais rallié En Marche, le parti du président, il bénéficie de la confiance de 65% des sympathisants LR. Quels que soient les scénarios pour son avenir, maintien à Matignon ou retraite dans sa ville du Havre, il semble donc devenu incontournable. Il est en tout cas devenu plus difficile pour Emmanuel Macron de justifier son départ, sinon pour se débarrasser d’un rival. Le chef de l’Etat, sans que rien ne perce de ses intentions, a salué dimanche soir la « belle victoire » de son Premier ministre et le recevra ce lundi « en tête à tête » avant l’échange prévu avec les 150 Français membres de la convention citoyenne pour le climat.

Selon ce  sondage, les personnalités issues de la droite l’emportent nettement dans l’opinion pour réinventer la France. Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, devenu le premier opposant du président de la République, sort du lot en quatrième position avec 38% de confiance devant Nicolas Sarkozy (5e à 36%), François Baroin, Bruno Le Maire ou Valérie Pécresse. « Un nouvel espace politique semble en train de s’ouvrir pour la droite modérée », souligne Frédéric Dabi.

Quant à la gauche, « elle souffre toujours de son absence d’incarnation » souligne Frédéric Dabi: on ne trouve dans les quinze premiers de la liste que Jean-Yves Le Drian, possible successeur d’Édouard Philippe à Matignon (8e place avec 35% de confiance) et Arnaud Montebourg (12e avec 26%), qui fait son come-back sur la dé-mondialisation ambiante. De même, analyse Frédéric Dabi, « la crise sanitaire ne semble pas avoir profité aux partis tribuniciens » : Marine le Pen (RN) y apparaît à la quinzième place et Jean-Luc Mélenchon (LFI) à la 29e.

Le trio de tête qui ressort du sondage Ifop est aussi très signifiant puisque juste derrière Édouard Philippe vient en second Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’Écologie qui a quitté avec fracas le gouvernement pour dénoncer l’impuissance de l’État sur la transition énergétique. Avec 44% de confiance pour réinventer la France, c’est tout un symbole alors que les municipales de 2020 ont permis à EELV de conquérir plusieurs grandes villes. En troisième position, avec 42% de confiance, et ce n’est sans doute pas qu’anecdotique, on retrouve Didier Raoult, le vibrionnant médecin épidémiologiste marseillais, qui incarne désormais mieux que personne le camp des « anti-système » en brandissant son remède miracle contre la Covid-19 et son bon sens de praticien face aux lobbys du médicament.

« Macron veut se réinventer » : il y aura du travail !

« Macron veut se réinventer » : il y aura du travail !

« Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et sachons nous réinventer, moi le premier », a déclaré Emmanuel Macron, au cours de son allocution télévisée. Notons par exemple que Macron a aussi évoqué le gros mot de » planification ». Pas étonnant quand on constate que 90 % ou presque de la production pharmaceutique française a été délocalisée en Asie. Est-ce qu’on peut demeurer dubitatif quant à la capacité de Macron de se réinventer lui le produit de la finance qui n’a cessé de favoriser l’industrie financière au détriment de l’industrie de production.

Lui qui n’a cessé d’engager des réformes inégalitaires. Macron  Ultra libéral mondialiste s’imagine peut-être maintenant un régulateur d’un système économique devenu fou. Bref, Macron tente de revêtir le manteau du socialiste éphémère qu’il fut. Éphémère et superficiel quand on sait par exemple qui est responsable de la liquidation d’Alstom énergie à General Electric qui nous rend désormais dépendant des États-Unis y compris en matière de défense.

Macron ne peut se réinventer sinon la finance le lâchera. C’est la finance qu’il a porté au pouvoir et c’est pourquoi il lui a renvoyé l’ascenseur. En outre contrairement à l’idée répandue Macon n’est nullement expert en économie, il n’a aucune formation dans ce domaine, c’est un littéraire, un bavard comme on en forme à l’ENA mais qui n’entretient que les relations approximatives avec les réalités économiques et sociales.

Bref c’est un incompétent qui pour se réinventer aurait besoin de passer une petite dizaine d’années dans le monde réel socio économique.

Réinventer le capitalisme  » (Thibaut Béchetoille , Croissance +)

Réinventer le capitalisme  » (Thibaut Béchetoille , Croissance +)

 

 

 

Thibaut Béchetoille patron d’Ozon, spécialisé dans les solutions de cybersécurité pour les PME, le président de Croissance Plus, propose une stratégie plus offensive de l’économie française dans une interview à Europe 1

« Le capitalisme doit se réinventer. Il doit permettre un meilleur partage des richesses, de la valeur« , plaide Thibaut Béchetoille. Et pour « avoir de l’impact, il faut de la croissance« .

Parmi les sujets, figure celui de la Bourse. Un outil qui n’est pas toujours perçu à sa juste valeur par les entreprises. La Bourse interroge, effraie… C’est précisément cette perception que Thibaut Béchetoille aimerait renverser, s’appuyant pour étayer son propos, sur ce qu’il se passe de l’autre côté de l’Atlantique. « Peu de personnes comprennent que l’écosystème de l’innovation aux Etats-Unis tient beaucoup au rôle du NASDAQ« . Le NASDAQ qui permet de valoriser les entreprises technologiques. Disposer du même outil en Europe aiderait considérablement les entreprises à « risquer » l’innovation. « Il existe une fluidité dans la rotation du capital aux Etats-Unis qui explique le succès des jeunes entreprises. Ce sujet d’un marché boursier fort nous intéresse à Croissance Plus car nous pensons qu’il est déterminant« , appuie Thibaut Béchetoille. Des discussions avec Euronext sur la meilleure façon de stimuler le marché boursier sont menées afin de rendre ce dernier appétant pour les midcaps et les smallcaps.

Serait-ce une façon de produire davantage d’ETI ? « La Bourse a un impact mais nous n’allons pas inventer un NASDAQ européen demain matin« , souligne Thibaut Béchetoille, qui exhorte les PME au potentiel de croissance fort, de ne pas hésiter à emprunter les mêmes armes et la même stratégie que les Américains du Nord, ce qui inclut notamment de faire fi des réflexes culturels quasi pavloviens et de ne pas hésiter à utiliser les armes marketing et communication, comme d’envisager de prendre place sur le marché mondial.

Autre recommandation, celle qui concerne l’ouverture du capital, cette étape tant redoutée. « Les Français sont frileux sur ce sujet« , reconnaît Thibaut Béchetoille qui encourage également les entreprises à avoir très tôt une gouvernance avec laquelle partager les questionnements stratégiques de long terme. « La stratégie c’est l’art de l’allocation des ressources » et c’est aussi être capable de déterminer les valeurs différenciantes par rapport aux concurrents. C’est également savoir chasser en meute, « c’est un poncif, mais il faut s’inspirer de l’Allemagne, qui fait cela très bien« .

Et quand on évoque des particularités françaises, comme celles des impôts de production, 7 fois plus élevées dans l’Hexagone qu’en Allemagne justement, Croissance Plus dit réfléchir avec l’Institut Sapiens sur des propositions qui permettraient une baisse de 24 Mds€ sur 5 ans. IA, robotisation, nouvelles technologies sont aussi des thématiques qui angoissent. « Nous somme dans une société très anxiogène, qui craint la destruction d’emplois« , reconnaît Thibaut Béchetoille. « Mais nous voulons nous placer dans une prospective positive, projeter les entreprises vers l’avenir« .

 

G7 : Macron veut réinventer l’eau tiède

G7 : Macron veut réinventer l’eau tiède

 

 

 

En marge  de l’assemblée générale de l’ONU, Macron a fait une proposition qu’il qualifie de révolutionnaire en proposant de moduler la composition du G7 selon les thèmes. Première observation il est assez curieux de faire une proposition au sein de l’ONU à propos d’un organisme qui précisément ne dépend pas des Nations unies. Seconde observation le G7 n’est pas un organisme de décision, essentiellement un club des plus grandes nations qui échangent sur différentes problématiques notamment économiques mais qui décident rarement. De plus juridiquement les orientations ne s’imposent pas au pays composant le G7. Notons qu’il existe aussi le G8, le G20 aussi des réunions thématiques. Bref Macron  réinvente l’eau tiède sans doute pour conforter une posture internationale mise à mal ces derniers temps. Voir par exemple les la question de l’Iran où la France a été non seulement écartée par les États-Unis mais aussi par la Russie et même l’Iran. En fait, la manœuvre de Macron est un peu grossière,  il s’agit pour lui de minimiser le poids des États-Unis pour y substituer des sortes de G 20, contrepoids à Trump. On se souvient en effet que l’heure de la dernière réunion du G7 en juin au Canada, le président américain avait dénoncé l’orientation à laquelle il avait souscrit alors qu’il était dans l’avion qui le ramenait aux États-Unis. En matière de multilatéralisme ce ne sont pas les structures qui comptent mais  la volonté de les faire fonctionner et d’en appliquer les décisions. .Comme le rappelle Wikipédia « Le G20 a été créé en marge du G7 du 25 septembre 1999 de Washington, à l’initiative du ministre des Finances du Canada, Paul Martin, lors d’une réunion des ministres des Finances du groupe2. Le but de ce nouveau groupe est alors de favoriser la stabilité financière internationale et de créer des possibilités de dialogues entre pays industrialisés et pays émergents, ce que les réunions des ministres des finances du G7 ne permettaient pas. L’autre facteur d’extension du G8 (G7 + la Russie, admise pour des raisons politiques) est la baisse relative du poids économique dans le monde de ses membres. En effet, leur importance dans le PIB mondial est passée de 69 % en 1989 à 55 % en 20093. 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire et à l’initiative de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown4, le G20 réunit ses chefs d’États et de gouvernements. En 2010, le G20 compte 20 membres : dix-neuf pays plus l’Union européenne. L’Espagne et les Pays-Bas ont participé aux trois dernières réunions sans en être membres6. L’Union européenne est représentée par le président du Conseil européen et celui de la Commission européenne, ce qui explique que le G20 rassemble 21 personnes. Le G20 accueille également les institutions de Bretton Woods : le directeur général du FMI, le président de la Banque mondiale, celui du comité monétaire et financier international et celui du comité de développement du FMI et de la Banque mondiale.Le G20 regroupe les membres G7, dix émergentes plus l’Australie et la Corée du Sud. L’Espagne, et à un degré moindre les Pays-Bas, la Pologne, la Belgique, la Suède et la Suisse bien que leurs PIB soient parmi les vingt premiers mondiaux n’ont pas été retenus. Parmi les principaux pays émergents non retenus, on trouve l’Iran, la Thaïlande, la Malaisie, le Chili, le Nigeriaetc. L’Espagne, en tant que 13e économie mondiale7, est « invité permanent » du G20. Si l’on se base sur les données de la Banque Mondiale, on peut calculer que, en 2017, le G20 represente 85 % du PIB mondial pour 63 % de la population mondiale. Si on regarde la situation en fonction de critères géographiques, le G20 compte les trois États de l’ALENA, deux États du MERCOSUR, quatre États de l’Union européenne (ainsi que l’Union qui siège également en sa propre qualité) et trois États membres de l’OCI. Le continent asiatique est relativement bien représenté avec quatre États membres de l’ASEAN plus trois : la Chine, la Corée du Sud, l’Indonésie et le Japon ; mais aussi avec l’Inde, la Turquie et l’Arabie saoudite ; l’Afrique du Sud est la seule représentante du continent africain au G20. Pourtant, Macron indique qu’il s’agit d’”inventer d’autres formes de discussion et de moduler le club en fonction des thématiques”.




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