Archive pour le Tag 'règne'

Erdogan, la fin d’un règne ; pour la démocratie ?

Erdogan, la fin d’un règne ;  pour la démocratie ?

 

 

 

Alors qu’Erdogan n’a cessé d’isoler son pays dans une posture velléitaire, rétrograde et manichéenne, les électeurs ont apporté une énorme bouffée d’air démocratique lors des dernières municipales où le parti au pouvoir perd des places stratégiques. Après avoir perdu le scrutin municipal de la capitale Ankara, Erdogan, le dictateur turc serait a perdu d’autres villes importantes comme la symbolique Istanbul. La preuve que nombre de turcs sont avides de démocratie et ne soutiennent pas ce dictateur nationaliste aux visions étriquées et sectaires.  Le Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan a perdu le contrôle d’Ankara lors des élections municipales de dimanche, alors que le président a semblé reconnaître sa défaite à Istanbul, la plus grande ville du pays. Selon les chaînes de télévision turques, le principal candidat du Parti populaire républicain (CHP, opposition), Mansur Yavas, l’a emporté à Ankara. A Istanbul, le décompte des voix était si serré que les deux partis ont revendiqué la victoire.

Dans un discours devant des sympathisants à Ankara, Erdogan a semblé concéder la défaite de l’AKP à Istanbul, malgré le fait que sa formation gardait le contrôle de certains districts de la ville. « Même si notre peuple a renoncé à la mairie, il a confié les districts à l’AKP », a-t-il déclaré, ajoutant que son parti ferait appel des résultats si besoin. Une défaite marquerait la fin du règne de l’AKP et de ses devanciers à Istanbul, qu’ils dirigent depuis près d’un quart de siècle. Un revers d’Erdogan à Istanbul serait d’autant plus symbolique puisque c’est dans cette ville qu’il a lancé sa carrière politique en tant que maire dans les années 1990. Quelque 57 millions d’électeurs étaient appelés à se prononcer à l’occasion de ce scrutin incertain, puisque les sondages donnaient l’AKP à la seconde place des intentions de vote dans plusieurs grandes villes dont Istanbul et Ankara. Le scrutin de dimanche était le premier depuis qu’Erdogan a été investi de pouvoirs étendus en juillet dernier.de ce point de UE les électeurs ont davantage fait en une élection qu’Erdogan pendant des années pour se rapprocher de l’Europe et plus généralement d’uen démocratie moderne.

Politique : le règne du chacun pour soi ! (Costa-Gavras)

Politique : le règne du chacun pour soi ! (Costa-Gavras)

Réflexion sur la crise de la démocratie du célèbre cinéaste qui a mis en scène le réalisme politique dans une  interview au JDD.

 

 

Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération de cinéastes qui s’emparent de sujets politiques?
Elle tourne des films formidables, mais tous les cinéastes sont engagés, même ceux qui racontent des histoires éloignées des questions politiques. A partir du moment où on s’adresse à des milliers ou des millions de gens, c’est un engagement. La politique ne concerne pas seulement le pouvoir, mais aussi la vie quotidienne. Il faut être sincère avec soi-même et ce en quoi on croit. Je trouve qu’il y a quand même un changement radical par rapport à l’époque de Z. Quand on parlait de longs métrages engagés ou sociaux, ça irritait un certain nombre de gens. Il fallait soit du divertissement, soit une écriture esthétique. Aujourd’hui, la politique n’est plus bannie : elle est présente partout. Il y a eu une libération.

Quand Z est sorti, il y avait davantage d’espoir chez la jeunesse.
A l’époque l’avenir était ouvert. Comme il y avait des dictatures un peu partout, c’était plus simple de mener un combat. Aujourd’hui, il y a moins d’ouverture sur le futur, même si l’ouverture, on se la créée : il ne faut pas attendre que d’autres le fassent à notre place. Les dictatures d’aujourd’hui sont celles de l’économie, des banques, des groupes financiers. Quand on voit que huit personnes dans le monde possèdent autant d’argent que la moitié de la population, c’est effarant. Peut-être que la France ne répond pas entièrement aux besoins de la jeunesse. Le chômage, c’est épouvantable pour quelqu’un. Regardez les banlieues, je ne suis pas étonné que ça explose. Avant, il y avait de l’espoir, on se révoltait pour quelque chose ; aujourd’hui, on casse une vitrine pour avoir une satisfaction momentanée et puis plus rien. Il y a du désespoir mais pas d’idées. C’est la chose la plus dangereuse au monde.

Il y a un désenchantement, mais on a vu certaines initiatives émergées, comme Nuit debout en France.
Ça montre qu’on cherche d’autres voies. Je suis allé plusieurs fois sur la place de la République. C’était intéressant, mais ça n’aboutissait à rien. Ça allait dans tous les sens, chacun témoignant de son angoisse ou de ses problèmes. Il y a une nécessité d’union pour pouvoir affronter les difficultés, mais la société se tribalise de plus en plus. On ne peut pas agir en étant divisé en petits groupes.

Comprenez-vous la défiance du peuple à l’égard des élites?
Elles ne jouent plus le même rôle qu’à une certaine époque. Après la guerre, elles donnaient une impulsion vers l’avenir, ouvraient des chemins, qu’ils soient bons ou mauvais. Désormais, c’est le règne du chacun pour soi : le moi à la télévision, à la radio… On ne fait plus confiance aux hommes politiques qui mentent ou sont impuissants face à la finance. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de gens bien parmi les élites : des philosophes, des profs, des cinéastes qu’on ne voit pas beaucoup dans les médias.

Il y a une montée inquiétante du populisme en Europe.
Ça fait peur. On se demande comment il est possible qu’un quart des Français veuille voter pour Marine Le Pen, qui a vécu dans une famille de racistes. Ils disent vouloir sortir de l’Europe. On serait alors un tout petit pays entouré de colosses. Aucun régime d’extrême droite n’a jamais réussi quoi que ce soit. Le problème, c’est qu’on n’a plus confiance en les institutions. Des gens comme Barroso ont fait des choix épouvantables. Quand il a quitté la présidence de la Commission européenne, madame Merkel a dit qu’il y avait eu une erreur de casting. Dix après sa prise de fonction, c’est un peu tard. Peut-être que face à Trump, les pays de l’union vont finir par bâtir une Europe que nous aimerons tous. J’étais en Allemagne il y quelques jours. Les Allemands sont terrorisés : ils sentent qu’il va tout casser économiquement, et le marché américain est essentiel pour eux.

Beaucoup d’anciens communistes votent aujourd’hui pour le FN.
Ils cherchent un pouvoir autoritaire. C’était un peu pareil avec le communisme malgré des idées, dans sa philosophie, très intéressantes pour la société. Mais on en a fait une sorte de militarisme politique pour imposer ce qu’il fallait penser sur tel ou tel sujet.

Un homme politique français trouve-t-il grâce à vos yeux?
Il y en a un, mais nous sommes dans une période pré-électorale, donc je ne dirai pas de nom. Et puis je veux voir et écouter tout le monde. Reste qu’il se passe des choses très bizarres en politique aujourd’hui.

En quoi la fiction est-elle un bon moyen de comprendre le réel?
Plutôt que de le comprendre, c’est un moyen de faire sentir le réel, ce qui nous échappe. Quand on voit des gens qui passent dans la rue, on ne les regarde pas. Dans un film, oui. Le cinéma apporte un autre regard. On parle beaucoup d’objectivité, notamment concernant les journalistes, mais tout le monde est subjectif. Nos réactions sont subjectives parce qu’on agit avec notre culture, ce que nous sommes, d’où nous venons. Cet ensemble de choses qui constitue le moi.

Si votre cinéma est engagé, c’est aussi un spectacle.
Le cinéma est un spectacle qui raconte la vie. Le mot est banni, mais les anciens grecs, Shakespeare ou Molière ont tous fait du spectacle. On ne va pas dans les salles obscures pour assister à un cours académique. J’essaye de tourner des films comme je les aime. Il faut trouver une forme, un style, un rythme qui emportent le spectateur. On raconte des histoires, comme lorsqu’on est entre amis autour d’une table, sauf qu’on a la chance de s’adresser à des milliers ou des millions de personnes.

Hollande–Valls : fin de règne pathétique (André Bercoff)

Hollande–Valls : fin de règne pathétique (André Bercoff)


Ils avancent. Ils ne savent pas où ils vont, mais ils y vont. Trop facile de les accuser de tous les maux du royaume: crise économique, crise identitaire, crise du pouvoir, tout cela fait beaucoup pour les deux roseaux pensants de l’exécutif qui essayent, contre vents et marées, d’exhiber leur vertu social-libérale en prêt-à-porter, à un peuple à ce point divisé qu’il erre entre résignation et jacqueries de rues et de champs.

A chaque fois, la comédie se répète, dans une langueur monotone que les plus endormis de nos concitoyens supportent de moins en moins: loi travail, déchéance de nationalité, aéroport nantais, pour ne citer que les derniers actes. Scène 1: on bâcle, on fonce, on présente, on est fier, on réforme audacieusement et radicalement. Scène 2: des corporations s’enflamment, des syndicats hurlent, des lycéens cauchemardant sur leurs retraites descendent dans la rue, cette gauche qui n’est plus de gauche indigne les marxistes des tranchées, la droite veut approuver tout en s’opposant, l’heure est au foutoir dans la cour de récréation. Scène 3: nos deux têtes pensantes se concertent et pratiquent, avec une résignation lasse, le coïtus interruptus qui leur sert de morale depuis quelques mois. Vous n’en voulez pas? Cent fois sur le métier nous remettrons notre ouvrage. Nous sommes, sachez-le, des ayatollahs du consensus. Nous voulons tellement, au fond, faire plaisir à tout le monde…

 

 

Hollande et Valls sont, jusqu’en mai 2017, dans le même bateau, chantant mezzo voce «Je t’aime moi non plus ». Tomberont-ils ensemble à l’eau ?

 

La preuve? Chers fonctionnaires, voici la manne céleste, notre arbre de Noël à nous, notre valorisation de point d’indice et n’oubliez pas 2017. Chers jeunes, nous vous aidons, vous accompagnons, vous entretenons, faisons tout pour vous, et vous osez encore baguenauder au lieu d’étudier? Et pour couronner le tout, l’épilogue: prière ultime prononcée dans le luxueux bureau de l’Elysée: Sésame, ouvre-toi! Courbe, inverse-toi!

Dans son célèbre discours du Bourget, François Hollande se demandait: «Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012?» Dans un livre qui vient de paraître, intitulé «Le pari», deux journalistes rapportent ces propos du même François Hollande datant de juillet 2015: «La déchéance de nationalité, cette chose de droite qui n’apporte rien à la lutte contre le terrorisme». On connaît la suite. Le tango du revirement, le ballet des contradictions, les promesses qui, comme d’habitude, n’engagent que ceux qui les écoutent.

Hollande et Valls sont, jusqu’en mai 2017, dans le même bateau, chantant mezzo voce «Je t’aime moi non plus». Tomberont-ils ensemble à l’eau? Hollande ira-t-il jusqu’au bout de l’impopularité en se représentant à la présidentielle dans un élan de samouraï corrézien, pratiquant le seppuku en pleine terre brûlée? Poussera-t-il Valls dans le chaudron, tel un François Fillon rongé par cinq ans d’occupation sarkoziste? Ce qui est sûr, c’est que la fin de règne a bien commencé. Et qu’elle sera longue. Et qu’ils le savent. D’où leur démarche chaloupée, boiteuse, un pas en avant, deux pas en arrière, qui n’embrouille plus personne parce que, désormais, tout est vu et connu.

 

(lu dans le Figaro)

 




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