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Iran : appel à la grève pour la chute du régime

Iran : appel à la grève pour la chute du régime

Un appel à la grève générale a commencé depuis lundi et devrait continuer pour protester non seulement contre l’atteinte aux libertés mais de manière plus radicale pour la chute du régime de dictature des mollahs. Visiblement les pseudos apaisements du pouvoir n’ont pas donné satisfaction aux protestataires. D’un côté le pouvoir aurait supprimé la police des mœurs mais maintiendrait la même obligation concernant les tenues vestimentaires et en particulier le voile. Autant dire un pas en avant, un pas en arrière. Mais la colère dépasse la seule question vestimentaire et concerne la légitimité du régime des mollahs

D’après le Figaro, Cette grève inédite a commencé lundi 6 décembre, et devrait se poursuivre jusqu’à mercredi soir, et concerne plus d’une cinquantaine de villes. Les vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent les volets de fer tirés des boutiques dans les grandes villes du pays. Le bazar de Téhéran, l’un des plus grands bazars couverts du monde, est également fermé. Une grève qui se veut multisectorielle : de nombreux écoliers ne seraient également pas allés à l’école, et les ouvriers de l’industrie iranienne de tout le pays sont également appelés à se rebeller. En clair, «l’appel de la grève générale fonctionne», analyse Mahnaz Shirali, sociologue et politologue iranienne.

Cette invitation au soulèvement ne semble pas avoir d’origine définie, puisque les têtes pensantes de cette grève d’un nouveau type ne se manifestent pas. «C’est un mouvement de masse», explique la chercheuse, «un soulèvement reposant sur une volonté générale qui émerge, un collectif qui s’impose». En cause : «les réseaux sociaux», qui fédèrent les manifestants, et qui permettent une telle ampleur des manifestations.

Qu’attendre de la suite de cette grève générale ? «Sur le plan économique, pas grand-chose», soupire la chercheuse. «En Iran, le tissu économique est exsangue, et fonctionne à 5% de ses capacités». Le régime survit depuis des années «sur les marchés offshores, les contrefaçons : le fer de lance de son fonctionnement repose sur l’économie souterraine», explique-t-elle. Dans les faits, «la grève des ouvriers est évidemment plus que notable, mais elle ne peut mettre à genoux une économie iranienne déjà paralysée».

En revanche, la dimension symbolique d’une telle grève joue, de son côté, un rôle non négligeable. Fermer ses commerces, et faire une croix sur une journée de travail, «c’est montrer à quel point les Iraniens ne veulent plus de ce régime», rappelle Mahnaz Shirali. C’est une pierre de plus adossée à l’édifice d’un mouvement révolutionnaire en Iran, «qui ne veut rien de moins que la chute du régime».

Un véritable régime d’apartheid

Iran: Un véritable régime d’apartheid

Le régime iranien met en œuvre des politiques et des pratiques de ségrégation et de discrimination similaires à celles pratiquées en Afrique du Sud sous l’apartheid. Par Haidar Khezri, University of Central Florida

La révolte qui atteint maintenant ensemble du pays vise à dénoncer la terreur et les privations de liberté en particulier pour les femmes. Mais les protestations visent aussi à dénoncer le marasme économique dans un pays pourtant qui ne manque pas de richesses. NDLR

Les troubles se poursuivent en Iran après la mort en détention d’une jeune femme kurde de 22 ans, après avoir été arrêtée et apparemment battue par la police des mœurs iranienne.
Les forces iraniennes ont placé Mahsa Zhina Amini en détention le 16 septembre 2022, parce qu’elle ne portait pas son hijab selon les règles.
En date du 4 octobre, au moins 154 personnes ont été confirmées tuées et des centaines ont été arrêtées et blessées lors des manifestations qui ont éclaté après la mort d’Amini.
En tant qu’universitaire d’origine kurde et professeur d’études moyen-orientales à l’Université de Floride centrale, j’ai déjà écrit sur le genre dans les cultures moyen-orientales et les manifestations iraniennes.
À l’exception de condamnations sans nuances, la discrimination à l’égard des femmes en Iran est souvent passée sous silence alors que le monde n’en a que pour la limitation des capacités nucléaires du pays.
Certains universitaires et militants ont critiqué le droit international pour son manque d’initiative et d’action publique pour reconnaître la discrimination systématique des femmes en Iran comme un apartheid de genre et agir pour l’empêcher.
De nombreuses lois discriminatoires, y compris celles qui obligent les femmes à se couvrir la tête et le visage d’un hijab, ne respectent ni la tradition ni la religion et sont appliquées aux femmes de toutes les ethnies et de toutes les confessions.
Après tout, Amini n’était pas chiite, ni par son ethnie ni par sa religion.
L’apartheid des genres en Iran
La Révolution islamique de 1979 a instauré une république qui met en œuvre des politiques et des pratiques inhumaines de ségrégation et de discrimination raciales similaires à celles pratiquées en Afrique du Sud sous l’ancien régime brutal d’apartheid du gouvernement.
Les lois et les politiques en Iran établissent et maintiennent la domination des hommes et de l’État sur les femmes et leur droit de choisir leurs propres vêtements ou d’obtenir un divorce. Les inégalités systématiques entre les sexes sont prescrites légalement et appliquées par le régime afin de priver les femmes du « droit à la vie et à la liberté » et des « droits de la personne et libertés fondamentales », ce qui, selon l’article II de la Convention des Nations unies sur l’apartheid de 1973, est considéré comme « le crime d’apartheid ».
Par exemple, selon l’article 18 de la loi iranienne sur les passeports, une femme mariée a toujours besoin de l’autorisation écrite de son tuteur masculin pour voyager à l’étranger.
En Iran, les femmes ne peuvent occuper aucun poste au sein des systèmes judiciaire, religieux et militaire, ni être membres de l’Assemblée des experts, du Conseil de « de l’opportunité » ou du Conseil des gardiens, les trois conseils les plus élevés de la République islamique.
Selon la loi, les femmes ne peuvent être ni présidentes ni chefs suprêmes de l’Iran. Selon l’article 115, le président de la République islamique doit être élu parmi les « hommes religieux et politiques ».
En outre, l’État iranien a ajouté des éléments discriminatoires au Code pénal — l’un de ces éléments est le principe selon lequel la valeur d’une femme est égale à la moitié de celle d’un homme.
Ce principe s’applique aux questions de compensation pour un meurtre ou lors de la séparation d’un héritage familial. Il s’applique également au poids accordé aux témoignages dans un cadre judiciaire ou à l’obtention d’un divorce.
Ces lois, politiques et pratiques, continuent de faire des femmes des citoyennes inférieures, inégales sur le plan juridique et social.
La ségrégation dans la vie quotidienne
L’État a également imposé une ségrégation systématique dans les écoles, les hôpitaux, les universités, les transports, les sports et d’autres domaines importants de la vie quotidienne.
Pendant plusieurs décennies, l’apartheid entre les sexes en Iran a relégué les femmes à l’arrière des bus avec une barre métallique les séparant des hommes.
Sous la direction du gouvernement, les universités ont limité les options offertes aux femmes et leur ont interdites l’accès à de nombreux domaines d’études.
Depuis la révolution de 1979, l’Iran interdit généralement aux femmes d’assister à des matchs de football et d’autres sports dans les stades. En août, pour la première fois en plus de 40 ans, le régime iranien a autorisé des femmes à assister, dans le stade de la capitale, Téhéran, à un match opposant deux clubs masculins.
Les religieux jouent un rôle majeur dans la prise de décision. Ils ont affirmé que les femmes devaient être protégées de l’atmosphère masculine et de la vue d’hommes à moitié vêtus lors d’événements sportifs.
Dans le cadre de ces politiques discriminatoires, des termes persans tels que za’ifeh, qui signifie faible et incapable, ont trouvé leur place dans les dictionnaires comme synonymes de « femme » et « épouse ».
« Femmes, vie, liberté »
La tristement célèbre police des mœurs extrajudiciaire de l’Iran terrorise les femmes depuis des décennies.
À l’instar des articles de la Constitution de la République islamique d’Iran, les principes de la police des mœurs sont fondés sur une interprétation des textes chiites canoniques et sont mis en œuvre au moyen d’outils modernes de contrôle et de coercition.
En droit pénal international, les actes illicites commis dans le cadre d’un système d’oppression et de domination sont considérés comme des crimes contre l’humanité.
Comme le stipule la Convention sur l’apartheid des Nations unies, ces crimes comprennent le déni des droits fondamentaux qui empêche un ou plusieurs groupes raciaux de participer à la vie politique, sociale, économique et culturelle du pays.
Connu surtout pour le régime brutal de l’Afrique du Sud, l’apartheid vient du mot afrikaans qui signifie « séparation ». C’est l’idéologie qui a été introduite en Afrique du Sud en 1948 et soutenue par le gouvernement du Parti national.
Comme le stipule la Convention contre l’apartheid des Nations unies, l’obligation de porter le hijab est au cœur de ce que j’appelle l’apartheid extrême entre les sexes en Iran, où un foulard mal placé peut entraîner jusqu’à 15 ans de prison, des coups de fouet, des amendes, des arrestations inhumaines et illégales, voire la mort.
Des mouvements contre le hijab obligatoire apparaissent chaque année en Iran, comme cette fois, à la suite du décès de Mahsa Zhina Amini.
En langue kurde, son nom vient de « jin », le mot pour femme, et partage une racine avec le mot pour vie, « jiyan ».
Ces mots kurdes sont au cœur du slogan qui a été le plus utilisé par les combattantes kurdes dans leur lutte contre l’État islamique en Irak et en Syrie, et aujourd’hui, par les femmes de tout l’Iran contre la République islamique.
Ajoutez « azadi » — le mot kurde qui signifie liberté — et vous avez le slogan « Jin, Jiyan, Azadi », qui signifie « Femmes, vie, liberté ». Il résonne parmi les manifestants dans les rues d’Iran et du monde entier pour démanteler l’apartheid des genres de l’État iranien.
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Par Haidar Khezri, Assistant Professor, University of Central Florida dans « La Tribune »
La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Pour un vrai régime de protection des océans

Pour un vrai régime de protection des océans


La politiste Camille Mazé détaille, dans une tribune au « Monde », les manières de concilier souveraineté, liberté, exploitation et intérêt général dans la gouvernance des mers du globe.

Vu de la science, le constat n’est plus à faire : l’océan est un tout. Sur les plans biologique, biogéochimique et physique, il constitue une même entité globale, continue, connectée à d’autres entités comme le climat, la biodiversité ou encore l’humanité. Il est également admis qu’en raison du rôle essentiel qu’il joue dans le fonctionnement de la planète, dans la production de la vie sur Terre et la régulation du climat, il convient de le protéger face aux chocs et aux pressions qui le déséquilibrent et le fragilisent.

Dans le cadre des « limites planétaires » (conceptualisées en 2009 par le scientifique suédois Johan Rockström), l’océan doit rapidement bénéficier d’un régime de gouvernance protecteur et réparateur, effectif et efficace, au-delà des déclarations d’intention ou des textes normatifs non contraignants. Afin de pallier la menace que certains océanographes, tel Daniel Pauly, n’hésitent pas à qualifier d’« aquacalypse », il s’agit de se réorganiser autour d’un intérêt commun lié à l’océan, mais aussi de mettre les mesures de protection en pratique et de s’assurer de leur respect et de leur efficacité, comme par exemple le pourcentage d’aires marines réellement protégées, l’interdiction de certaines pratiques de pêche ou encore les débats sur l’exploration et l’exploitation minières des grands fonds.

La notion de « commun » offre une piste sérieuse et prometteuse. Réapparue sur la scène mondiale grâce aux travaux de la politiste et économiste américaine Elinor Ostrom, la vieille question des « communs » (commons, en anglais), appliquée aux ressources naturelles et à l’environnement, agite aujourd’hui le monde océanique. Tandis que l’océan est régulièrement polarisé entre deux types de visions qui s’affrontent, lanceurs d’alerte, scientifiques et citoyens engagés d’une part, gestionnaires et acteurs privés de « l’économie bleue » d’autre part, s’impliquent pour faire de l’océan un commun afin d’en assurer la durabilité.

Entre liberté de circulation et volonté d’appropriation, souveraineté et propriété, des visions divergentes peuvent conduire à des tensions entre usagers de la mer et à des conflits entre Etats ou groupes aux intérêts opposés. L’océan est un théâtre de convoitises et d’affrontements, qu’il convient donc de réguler et de réglementer.

Le droit international, notamment le droit de la mer, régit les espaces maritimes sous souveraineté ou juridiction des Etats côtiers. Il repose sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée en 1982 à Montego Bay. Cette convention distingue des zones sous souveraineté nationale : les eaux territoriales, les zones contiguës, les zones économiques exclusives, le plateau continental (et plateau continental étendu). Au-delà, se trouvent les eaux internationales (la haute mer) et les fonds des mers, désignés comme « la zone », au-delà des marges continentales.

La tentation d’un régime totalitaire pour remplacer une démocratie défaillante ?

La tentation d’un  régime totalitaire pour remplacer une démocratie défaillante ?

 

Plusieurs enquêtes d’opinion révèlent la tentation d’un exécutif fort auprès d’une large partie de la population, mais celle-ci est contrebalancée par une demande d’empathie en apparence contradictoire, observe le politiste Bruno Cautrès dans une tribune au « Monde ».

 

Depuis le soir du second tour des élections législatives, une série de questions ne quitte plus nos débats politiques : le pays est-il « gouvernable » comme cela ? La France ne devrait-elle pas apprendre les vertus des coalitions gouvernementales ? Le modèle politique français est-il compatible avec la recherche de compromis autour de « majorités de projets » ?

Beaucoup soulignent la contradiction entre des institutions politiques qui consacrent le rôle présidentiel et la recherche de ces solutions de compromis. On évoque souvent la tradition française d’un pouvoir exécutif fort devant avoir les mains libres pour gouverner et le peu de goût de notre culture politique pour l’art des compromis.

Les données de plusieurs études académiques semblent, au premier abord, bien attester de cette « particularité » française : selon la série d’enquêtes sur les valeurs des Européens, on constate en France un désir d’autorité pour tout ce qui touche à la sphère publique, une valorisation de l’autorité publique (qui s’accompagne néanmoins d’une forte demande d’autonomie et d’aspiration à la liberté dans le domaine de la vie privée).

Cette valorisation de l’autorité dans le domaine politique s’accompagne d’une forte insatisfaction sur le fonctionnement démocratique du pays : début 2021, le baromètre de la confiance politique du Cevipof montrait que seules 42 % des personnes interrogées considèrent que la démocratie fonctionne bien en France, un pourcentage très nettement inférieur à ce que l’on observe au Royaume-Uni (61 %) et en Allemagne (67 %) dans la même enquête.

Cette insatisfaction démocratique se conjugue avec un profond sentiment de défiance politique : début 2022, 77 % des personnes interrogées dans cette enquête annuelle du Cevipof pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme eux, 75 % que les responsables politiques sont déconnectés de la réalité et ne servent que leurs propres intérêts, 79 % que les hommes politiques parlent trop et n’agissent pas assez.

Dans un contexte de crises à répétition, cette défiance nourrit la demande inquiétante d’alternatives à la démocratie : confier le gouvernement à des experts ou à un leader fort « qui n’a pas à se préoccuper des élections ou du Parlement » séduit respectivement près de la moitié et le tiers des personnes interrogées par l’enquête du Cevipof au début 2022. Sur fond de gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19, la demande d’efficacité semble même pousser 27 % d’entre elles à déclarer qu’un bon système de gouvernement pour la France pourrait être « l’armée dirigeant le pays » et 47 % « qu’en démocratie rien n’avance, il vaudrait mieux moins de démocratie mais plus d’efficacité » !

Poutine a bâti ce régime sur la peur (Mikhaïl Kassianov)

Poutine a bâti ce régime sur la peur (Mikhaïl Kassianov)

 

Selon Mikhaïl Kassianov,ancien premier ministre de 2000 à 2004, dans un entretien à l’AFP confirme que Poutine a bâti son régime sur la peur et l’impunité des oligarques

 

Mikhaïl Kassianov  estime la guerre pourrait durer jusqu’à deux ans, mais croit toujours que la Russie reprendra un «chemin démocratique» un jour. Âgé de 64 ans, l’ancien ministre de Vladimir Poutine, qui a œuvré au rapprochement entre Moscou et les pays occidentaux, explique qu’il ne pensait pas, comme nombre de Russes, qu’une guerre éclaterait.

Selon son ex-premier ministre, Vladimir Poutine, un ancien agent du KGB âgé de 69 ans, a bâti depuis son arrivée au pouvoir en 2000 un système basé sur l’impunité et la peur. «Ce sont les acquis d’un système qui, avec l’encouragement de Poutine comme chef d’État, a commencé à fonctionner de façon encore plus cynique et cruelle que dans les derniers stades de l’Union soviétique», juge-t-il. «Au fond, il s’agit d’un système rappelant le KGB reposant sur une impunité totale. Il est clair qu’ils ne s’attendent pas à être punis», poursuit-il.

Mikhaïl Kassianov dit avoir quitté la Russie en raison de son opposition à l’offensive russe en Ukraine mais a refusé d’indiquer à l’AFP dans quel pays il se trouvait, invoquant des raisons de sécurité. Boris Nemtsov, un critique de Vladimir Poutine dont Mikhaïl Kassianov était proche, a été tué par balle près du Kremlin en 2015. Et Alexeï Navalny, bête noire du président russe, a été emprisonné après avoir survécu à un empoisonnement en 2020.

«Si l’Ukraine tombe, alors les pays baltes seront les prochains» sur la liste, assure l’opposant. Il ajoute être en désaccord «catégorique» avec l’idée selon laquelle Vladimir Poutine ne devrait pas être humilié, et contre les appels à ce que l’Ukraine accepte des concessions territoriales en échange de la paix. «Qu’aurait fait Poutine pour mériter cela ?», dénonce-t-il: «C’est une position beaucoup trop pragmatique. Je pense que c’est une erreur et j’espère que l’Occident ne suivra pas cette voie».

Ukraine: Un refus du régime kleptocratique russe

Ukraine: Un refus du régime kleptocratique russe

L’historienne et journaliste américaine Anne Applebaum ne croit pas que les sanctions suffiront à stopper Vladimir Poutine. Dans un entretien au « Monde », elle souligne que le combat des Ukrainiens est tout autant pour la défense de leur nation que pour la démocratie.

 

Anne Applebaum est une journaliste et historienne américaine, spécialiste de l’Europe centrale et orientale. Chercheuse en études internationales à l’université Johns-Hopkins (Maryland), elle est reporter au mensuel The Atlantic. Elle a travaillé pour de nombreux titres de la presse anglo-saxonne, dont The Economist en tant que correspondante à Varsovie. Anne Applebaum a ainsi couvert l’effondrement du communisme, puis l’essor de la société démocratique dans l’ancien bloc de l’Est. Historienne incontournable de l’ex-URSS, elle est notamment l’autrice de Rideau de fer, l’Europe de l’Est écrasée 1944-1956 (Grasset, 2014) et de Famine rouge (Grasset, 2019), qui revient sur la pénurie alimentaire organisée par Staline en Ukraine. Son ouvrage le plus récent est Démocraties en déclin (Grasset, 2021).

Comment expliquez-vous ce retour de la guerre en Europe, depuis l’invasion de l’Ukraine par les troupes envoyées par le président russe Vladimir Poutine ?

Pendant une dizaine d’années, nous n’avons pas voulu voir quel type de régime sévissait en Russie. Nous avons refusé d’admettre que Poutine était en guerre contre l’Occident. Nous voyons aujourd’hui où nous a conduits ce déni. Le président russe considère les démocraties occidentales comme une menace existentielle, non à cause des armes de l’OTAN, mais parce qu’il redoute les effets des idéaux de liberté sur son régime. Il a envahi l’Ukraine parce que ce pays ne veut pas de son modèle d’autocratie kleptocratique. Poutine ne peut pas accepter de voir un proche voisin, une ancienne colonie russe, devenir une démocratie. La volonté des Ukrainiens d’intégrer le monde occidental est pour lui un affront personnel.

Vous dites que l’Occident n’a pas voulu voir qu’une guerre était engagée. Pouvez-vous revenir sur les principaux moments de ce conflit ?

Dès les années 1990, nous n’avons pas pris conscience du risque qui s’installait. Nous avons, par exemple, autorisé les oligarques russes, c’est-à-dire des hommes qui ont volé l’Etat russe, à blanchir leur argent en Occident. Nos institutions financières les ont accueillis à bras ouverts. Nous avons, à ce titre, participé à la mise en place d’un régime kleptocratique en Russie. Nous n’avons pas pris au sérieux la volonté du Kremlin de subvertir nos démocraties, que ce soit par la désinformation ou par le soutien financier accordé à des partis d’extrême droite antiatlantistes et eurosceptiques. Moscou a pu également s’acheter de l’influence en nommant au conseil d’administration de sociétés proches du pouvoir d’anciens dirigeants politiques français ou allemands. En Grande-Bretagne, un milliardaire russe a fait son entrée à la Chambre des lords grâce au soutien de Boris Johnson.

JO de Pékin: une publicité pour le régime autocratique de Xi Jinping

JO de Pékin: une publicité pour le régime autocratique de Xi Jinping

Les Jeux olympiques d’hiver, qui se tiennent en Chine depuis le 4 février, sont une sorte de publicité pour le régime autocratique. Un papier du « Monde » explique qu’en dépit des réserves de certains, les JO de Pékin constituent une formidable plate-forme de promotion pour le régime dictatoriale chinois. Du coup, la participation de la plupart des Etats à cet événement sportif universel permet de jeter un voile pudique sur toute les atteintes aux droits et à la répression. À Pékin la neige est artificielle comme la démocratie !

Rien ne devrait gâcher la fête des médaillés, la joie des descendeurs et de tous les autres, biathlètes, patineurs et « fondus » du bobsleigh. Pourtant, tenus à une centaine de kilomètres de Pékin, les Jeux olympiques d’hiver 2022 porteront pour l’histoire une marque essentiellement politique. La Chine du président Xi Jinping a prouvé qu’elle imposait ses normes en matière de libertés publiques – aux ressortissants chinois et étrangers. Dans la bataille idéologique, l’Occident n’est pas sur le podium. Il s’est soumis.

D’abord, il faut écarter d’un revers de main les angéliques billevesées serinées par le Comité international olympique (CIO). Les Jeux ne seraient pas « politiques ». Ils seraient une parenthèse dans les rapports entre Etats, un moment exclusivement réservé à l’exploit sportif en dehors de toute autre considération. Balivernes.

Les Jeux ont toujours été politiques, exploités à des fins de prestige par les nations, terrain de compétition entre « systèmes » économiques et sociaux différents, vitrine publicitaire à des fins idéologiques ou commerciales. Reconnaître la nature des Jeux n’enlève rien aux performances de ceux qui y participent ni à la beauté du spectacle.

Les JO d’hiver de Pékin ont par ailleurs une particularité intéressante. La « glisse » se fait à cent pour cent sur de la neige et de la glace artificielles. On ne s’étonnera pas que le Mondial de foot 2022 se déroule à la fin de l’année au Qatar dans des stades réfrigérés à l’air conditionné. Dans un cas comme dans l’autre, l’empreinte carbone sera tout sauf neutre. Mais, bien sûr, pas plus que pour le CIO, la Fédération internationale de football (FIFA) ne fonde ses choix sur des considérations matérielles ou politiques !

L’Etat-parti façon Xi Jinping entend montrer l’efficacité de l’autocratie aux caractéristiques chinoises. A un moment où les Occidentaux doutent, s’auto-analysent et s’interrogent sur l’universalité de leurs valeurs, le parti-Etat brave le Covid-19 et l’absence de neige. Il organise et accueille un grand événement international. Et il le fait à ses conditions, sans que le CIO y trouve à redire.

La pandémie justifie bien des choses. On n’assiste aux compétitions que sur invitation. A l’intérieur des « bulles » de protection abritant les jeux, il faut télécharger sur son portable une application chinoise, rapporte le New York Times (4 février), destinée à surveiller la santé d’une personne mais aussi ses déplacements. « A en croire des chercheurs, poursuit le quotidien new-yorkais, le software [de cette application] rend accessible l’ensemble des informations personnelles stockées sur ledit portable. » On imagine volontiers Pékin déployant ici toutes les ressources de l’autocratie numérique mise en place par le président Xi ces dix dernières années.

Le médecin de Wuhan : le martyr du régime qui a dénoncé la covid honoré

Le médecin de Wuhan : le martyr du régime qui a dénoncé la covid honoré

 

 

Le médecin Li Wenliang qui avait annoncé le danger covid bénéficie du soutien de nombreux Chinois. L’intéressé avait tenté d’informer la Chine et le monde de la pandémie possible et de sa gravité. En retour il avait été condamné par le régime communiste. Ce médecin est mort lui-même du Coronavirus et c’est devenu une sorte de martyr. De très nombreux messages d’hommage ont afflué ce 7 février sur Weibo, ce réseau social par lequel l’ophtalmologiste de Wuhan – berceau de l’épidémie – était passé pour prévenir de la dangerosité du virus et de la dégradation de son état de santé.

Le 3 janvie 2020, Li Wenliang doit signer sla contrainte un procès-verbal reconnaissant qu’«il perturbe l’ordre social», rapporte Le Monde . «Votre action va au-delà de la loi. Vous envoyez des commentaires mensongers sur Internet. Serez-vous capable de cesser ces actions illégales? Nous espérons que vous allez vous calmer, réfléchir, et nous vous mettons sévèrement en garde: si vous insistez et ne changez pas d’avis, si vous continuez vos activités illégales, vous allez être poursuivi par la loi», peut-on lire sur le procès-verbal de la police, que Li Wenliang a publié sur Weibo le 31 janvier.

Depuis la pandémie a fait 6 millions de morts dans le monde dans celle du médecin

Régime des retraites : la covid améliore les comptes !

  • Régime des retraites : la covid améliore les comptes !
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  • D’une certaine manière c’est le paradoxe, la crise sanitaire a plutôt eu des effets bénéfiques sur les comptes du régime retraite en raison de la sur mortalité imputable à la  Covid. . Reste qu’il s’agit –heureusement– d’évolution conjoncturelle mais que malheureusement le système des retraites est un déficit chronique. On ne saurait cependant se réjouir de l’amélioration temporaire du régime des retraites car les autres branches de la sécurité sociale en particulier la maladie connaissent  une détérioration qui découle elle aussi de l’environnement sanitaire ( davantage de dépenses mais moins de cotisations)
  • . Le système des retraites a enregistré un déficit de 18 milliards d’euros en 2020. 
  • Malgré la surmortalité liée à la pandémie, les dépenses de retraites ont continué de progresser en 2020, de l’ordre de 1 % en plus de l’inflation.

Globalement la sécu se porte plus mal.

  • Le solde du régime général de la sécurité sociale et du fonds de solidarité vieillesse (FSV), tel qu’il ressort des comptes arrêtés à date, s’établit à 38,6 milliards d’euros, en dégradation de 36,6 milliards d’euros par rapport à 2019 (qui avait enregistré un déficit de 1,9 milliard d’euros). [1]
  • Cette dégradation brutale et sans précédent, conséquence de la crise sanitaire et économique, conduit au déficit le plus élevé jamais enregistré dans l’histoire de la sécurité sociale. Le précédent point bas, -28,0 Md€, avait été atteint en 2010 dans le prolongement de la crise financière de 2008. Cette chute est toutefois moins forte qu’attendu : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 prévoyait un déficit de 49,0 milliards d’euros. Cette écart important est dû en quasi-totalité à un niveau de recettes moins dégradé qu’anticipé à la fin de l’année dernière. L’économie a en effet mieux résisté à la crise ; le PIB s’est contracté de 8,2% en 2020 alors que les lois financières retenaient une hypothèse de -11,0%. Même si elles demeurent en très net recul par rapport à 2019, les recettes ont en conséquence été sensiblement plus importantes que prévu, en particulier celles assises sur les salaires du secteur privé (+6,7 Md€ par rapport à la LFSS) du fait d’une assiette en diminution de 5,7% contre -8,9% retenu dans les lois financières. Les prélèvements sociaux sur les revenus des travailleurs indépendants ont également moins baissé qu’attendu, pour 1,4 Md€ de mieux qu’en prévision. C’est aussi le cas des recettes fiscales pour 2,3 Md€.
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  • Les dépenses de la branche maladie ont fortement augmenté pour faire face à la crise sanitaire. Par rapport à sa construction initiale dans la LFSS pour 2020, l’objectif national des dépenses d’assurance maladie a été dépassé de 13,9 Md€, reflétant les mesures exceptionnelles prises pour faire face à la crise sanitaire : indemnités journalières pour les malades et cas contacts, coûts des tests, coûts des équipements et matériels dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, compensation des déprogrammations pour les hôpitaux et cliniques, aide aux professionnels de santé libéraux et aux maisons de retraite Le dynamisme des dépenses en fin d’année 2020 au titre des tests et des indemnités journalières notamment a entraîné un dépassement de 0,6 Md€ par rapport à l’ONDAM rectifié dans la LFSS pour 2021.
  • Les dépenses 2020 d’assurance maladie intègrent également la première marche des revalorisations du Ségur de la santé, pour plus de 1,4 Md€.
  • La situation financière de toutes les branches se dégrade en 2020 par rapport à 2019 et elles sont toutes déficitaires. C’est évidemment la branche maladie qui est la plus affectée par la crise en raison de l’effet « de ciseau » sur ses recettes qui se contractent et ses dépenses qui accélèrent. Son solde s’établit à -30,4 Md€ en dégradation de près de 29 Md€ par rapport à 2019 (déficit de 1,5 Md€). La branche retraite du régime général affiche un déficit de 3,7 milliard d’euros, en dégradation de 2,3 Md€. Le déficit du fonds de solidarité vieillesse s’établit à 2,5 milliard d’euros, en augmentation de 0,9 milliard d’euros par rapport à 2019. Les branches AT et famille qui étaient en excédent en 2019 sont en déficit en 2020, respectivement -0,2 Md€ et -1,8 Md€.

Iran : « Le régime ne tiendra pas un an »

Iran  : « Le régime ne tiendra pas un an »

 

Gérard Vespierre (*) Directeur de recherches à la FEMO Fondation d’Etudes pour le Moyen-Orient, président de Strategic Conseils. Explique dans la tribune que le régime iranien est dans un état de décomposition avancée tant sur le plan économique que social et bien sûr démocratique.

 

 

Le journal iranien Arman est naturellement ignoré de tous les observateurs internationaux. Or un de ses articles vient de laisser paraître une analyse et une vision qui doivent retenir toute notre attention. « Le dénuement pour ‘joindre les deux bouts’ et l’incertitude quant à leur avenir ont excédé les Iraniens. Ils n’écoutent pas [nos] paroles et ne font confiance à personne. Ils se contentent de maudire [le régime] et de proférer des menaces. Les conséquences sont claires comme de l’eau de roche. Ainsi, nous ne tiendrons pas un an », écrivait mercredi ce quotidien officiel.

Cette description concerne un pays de plus de 80 millions d’habitants. Dans une population de cette ampleur, quelques pour cents de personnes très mécontentes et prêtes à le faire savoir représentent plusieurs millions de manifestants potentiels. Si un tel mécanisme venait à s’enclencher, le régime serait confronté à une situation plus que difficile. L’Iran a déjà connu des manifestations importantes fin 2019. Le déclencheur avait déjà été économique, et concernait la hausse du prix de l’essence, décidée par le gouvernement.

18 mois plus tard, ce n’est plus d’un prix dont il s’agit mais de tous les prix alimentaires, y compris les produits de base, volailles, légumes, fruits… La situation économique et politique est donc beaucoup plus sérieuse. Comment l’Iran en est-il arrivé à cette situation ?

La difficile situation économique

Il y a, bien sûr, le réflexe d’évoquer les sanctions américaines de 2018, visant la réduction des exportations pétrolières. Elles ont effectivement joué un double rôle. Premièrement, elles ont conduit à réduire les ressources d’un État très redistributif, contrôlant directement ou indirectement les deux tiers de l’économie nationale. Deuxièmement, elles ont créé un choc psychologique manifestant la crainte de l’avenir. Cela s’est naturellement transmis dans le comportement des agents économiques vis-à-vis du rial iranien, de sa valeur, et de la confiance à accorder à la monnaie, à court et moyen terme.

Cela a des lourdes conséquences. L’accélération de la dévaluation de la monnaie iranienne a naturellement conduit au renchérissement de tous les produis importés, et a donc relancé l’inflation. D’un niveau de 20% il y a un an, elle se situe actuellement à 45%. Cette envolée n’est pas liée aux sanctions décidées il y a 3 ans. Elle traduit d’abord une totale perte de confiance dans l’avenir…

Les conséquences des choix fondamentaux

Cette situation résulte des choix stratégiques de la République islamique. Dès 1979, la priorité a été donnée au soutien économique, militaire et politique aux populations et mouvements chiite, du Yémen, d’Irak, de Syrie et du Liban. Ce qui a été appelé «l’arc chiite ». Les priorités intérieures se sont concentrées sur le militaire, les 130.000 Gardiens de la Révolution, et le nucléaire. Or ces secteurs offrent de très faibles multiplicateurs économiques vers les autres secteurs industriels et ne profitent donc pas au reste de la population. Le bénéfice des investissements reste à l’intérieur du complexe « militaro-industriel ».

Cette politique est clairement assumée par le guide suprême Khamenei qui au moment des manifestations de fin 2019 déclarait : « Entre les demandes du peuple et les choix stratégiques de la République islamique, je choisirai toujours les choix stratégiques ». Dirigeant suprême de l’Iran depuis 32 ans, Ali Khamenei confirme qu’il n’a jamais cherché à améliorer le niveau de vie, d’éducation, ou de santé de ses concitoyens.

Il n’a jamais donné la priorité à l’amélioration des infrastructures, du tissu industriel ou des réseaux hydrauliques, pourtant si vitaux. La priorité absolue s’est appelée politique étrangère de l’État. La politique internationale ne saurait indéfiniment passer avant la politique intérieure sans courir le risque d’avoir un lourd prix à payer pour ce choix, jamais remis en cause depuis trois décennies.

En outre, ce profond mécontentement économique se manifeste en même temps qu’une crise sanitaire, elle aussi profonde, liée au Covid-19.

Le Covid-19, autre déni de réalité

Les régimes forts, autoritaires, ont très souvent du mal à communiquer sur des situations qu’ils ne maîtrisent pas. La Russie, partenaire de Téhéran, annonce officiellement 103.000 décès liés au Covid. Le service officiel russe en charge des statistiques démographiques, publie des données indiquant une surmortalité de 340.000 décès pour la même période. La situation iranienne est à cette image.

Les chiffres officiels mentionnent à ce jour 67.000 victimes. Est-ce crédible ? Une façon d’obtenir d’autres informations est de se tourner vers le Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI). Avant de chercher à publier ses propres chiffres, le CNRI s’est attaché à bâtir, grâce à ses réseaux, un système complet de sources d’informations. Plus de 539 institutions hospitalières, cliniques, et morgues, ont ainsi permis de constituer une base de données couvrant tout le pays.

A partir de ce réseau, le CNRI annonce, à ce jour, 256.500 décès réels liés à la pandémie. Le nombre de morts serait donc en réalité 4 fois supérieur à celui annoncé par les autorités. Un tel niveau de détresse sanitaire fait de l’Iran un des pays les plus touchés, par rapport à son niveau de population. Une telle situation ne peut que contribuer à créer au sein de la société iranienne une autre source de forte déstabilisation, mettant à nouveau en cause l’efficacité du gouvernement et ses choix.

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Cette tension profonde dans la société se révèle également par l’existence et les actions menées par des groupes de Résistance.

L’action incessante des Unités de Résistance

Si l’on suit attentivement la vie quotidienne iranienne on découvre, pratiquement toutes les nuits, l’existence d’actes de rébellion menés contre des bâtiments emblématiques du régime, ou des panneaux de propagande. Ces opérations sont menées par des groupes dénommés Unités de Résistance. Malgré les terribles risques encourus, leurs membres n’hésitent pas depuis plus d’un an à multiplier ce type d’opérations.

Les sites visés par des dispositifs incendiaires sont aussi bien des bâtiments du Corps des Gardiens de la Révolution, ou des Bassidj, des immeubles des Fondations Religieuses, ou des bureaux de l’institution judiciaire. La liste des lieux de ces opérations serait trop longue à énumérer. Ces actions se déroulent aussi bien dans les quartiers de Téhéran que dans les grandes villes régionales, Machad, Tabriz, Ispahan, ou des villes de moindre importance. Ces mouvements de rébellion touchent toutes les provinces. A l’évidence, le régime évite, soigneusement, d’en faire état, mais ces actes traduisent le niveau d’exaspération, et une situation où le « feu couve sous la cendre ».

Les retraités fortement touchés par l’inflation

La situation des retraités est à ce sujet exemplaire. En situation de forte inflation, quel que soit le pays, les retraités sont les plus rapidement et fortement touchés. Les niveaux moyens de pension étant inférieurs aux salaires des actifs, les retraités sont les premiers à tomber sous le seuil du niveau de pauvreté. De plus, les organismes de retraite sont lents à réajuster les versements, et les augmentations ne couvrent jamais l’amputation créée par la hausse des prix.

L’importante population appauvrie des retraités est donc devenue un puissant foyer de contestation contre les institutions en Iran depuis de nombreux mois.

De nombreuses vidéos de manifestations qui se répandent à travers tout le pays, de Téhéran à Chiraz de Kermanshah, à Mashhad, circulent sur Internet. On peut y voir une présence féminine non négligeable. Les slogans sont révélateurs du niveau d’exaspération :« Ce n’est qu’en descendant dans la rue que nous pourrons obtenir nos droits »,, « Notre table est vide, l’oppression ça suffit », « Enseignants, travailleurs, unissons-nous »… La situation est donc particulièrement tendue à moins de 2 mois des élections présidentielles…

Un scrutin à haut risque

Le scrutin présidentiel se tiendra le 18 juin. Election dont on ne connaîtra les candidats « validés » par le conseil des gardiens de la Constitution (et le Guide Suprême) que le 15 mai. Dans un tel système, et dans un contexte de crise économique, sociale et sanitaire, quel va être le comportement des électeurs, notamment le taux de participation ? Si ce dernier peut toujours être manipulé après la tenue du scrutin, ce taux devient un enjeu si des personnalités, des mouvements d’opposition, recommandent l’abstention favorisée par l’exaspération de la population .

A ce jour, l’option du boycott rassemble des leaders et mouvements fort différents. Ancienne députée et fille d’un ancien président, Faezeh Rafsandjani propose ce choix, au nom de la nécessaire séparation entre Etat et religion, leçon de l’Histoire, explique-t-elle. Position surprenante par rapport à la trajectoire familiale, mais révélatrice d’un courant dans l’opinion iranienne.

Dans sa position d’opposant historique, le CNRI soutient l’option du boycott car il convient d’ignorer un gouvernement et un régime qui ignore les besoins de son peuple, et a tué 1.500 manifestants, selon Reuters, lors des manifestations de 2019. Le CNRI se place dans une stratégie de chute du régime, et son remplacement par une République séparant la religion et l’Etat. Tel est le message des affiches placardés par les Unités de Résistance.

En attendant, le régime communique sur les questions extérieures: nucléaire, accord avec la Chine, rivalité avec Israël, mais reste muet sur le scrutin présidentiel. Une façon de nier le danger, en l’ignorant ? Il confirme, à son insu, sa relation difficile avec le temps, et le pronostic d’une courte durée de vie à venir ! Déjà, le mois dernier, le quotidien d’État Mardon Salari alertait le régime et ses lecteurs : « Le mécontentement, selon les responsables de la sécurité, peut éclater à tout moment sous la forme de manifestations dangereuses ».

________

(*) Gérard Vespierre, diplômé de l’ISC Paris, Maîtrise de gestion, DEA de Finances, Paris Dauphine, fondateur du web magazine : www.le-monde-decrypte.com. Il est également chroniqueur géopolitique sur idFM 98.0.

Agriculture et gel : régime de calamité agricole activé

Agriculture et gel : régime de calamité agricole activé

Le  gel de ces derniers jours a provoqué de très graves dégâts dans l’agriculture en particulier dans l’activité viticole mais aussi arboricole. Le gouvernement va déclencher le régime de calamité.

 

Julien Denormandie a promis la pleine mobilisation des assureurs et des banquiers pour accompagner les exploitants touchés. «On est aujourd’hui face à une situation qui est tout à fait exceptionnelle, qui est particulièrement difficile, qui touche un grand nombre de cultures, la viticulture bien sûr, l’arboriculture, mais aussi les grandes cultures comme celles de la betterave, du colza», a énuméré le ministre, évoquant une «violence assez inédite».

 

«On est en train de faire l’évaluation chiffrée, ce qu’on constate c’est qu’énormément de régions sont aujourd’hui impactées, que ce soit au nord de l’île de France jusqu’au sud-est et une partie du centre du pays», a-t-il dit.

 

«Les dernières nuits marquées par une chute historique des températures et des gelées destructrices viennent de mettre un coup d’arrêt à la floraison et menacent fortement plusieurs filières de production agricole», a souligné jeudi le syndicat agricole majoritaire FNSEA, dans un communiqué.

 

Vignes, arbres fruitiers mais aussi colza ou légumes de plein champ… un grand nombre de cultures sont potentiellement atteintes sur un large secteur allant du nord de la France à la vallée du Rhône, en passant par le Bordelais. «Dans de nombreuses régions, du nord au sud et de l’est à l’ouest, les dégâts sont impressionnants chez les viticulteurs et chez les arboriculteurs. La détresse est grande aussi dans le monde des grandes cultures! Les impacts sur le colza, en pleine floraison, sont dramatiques, comme sur les semis de betteraves: de très nombreux planteurs vont devoir ressemer plus de la moitié de leur surface», insiste la FNSEA.

 

Vendredi, selon Météo France, il fera encore froid au petit matin dans les terres au nord de la Loire, sur un grand quart nord-est, dans le Massif central et à l’intérieur de la Provence, avec des gelées fréquentes atteignant localement -4 à -2 degrés sur le Grand Est. Les agriculteurs redoutent la survenue d’un nouvel épisode de gel, possiblement en début de semaine prochaine.

Alimentation : Un régime végétarien quotidien ?

Alimentation : Un régime végétarien quotidien ?

Une  tribune de 20 députés de la majorité intéressante mais qui fait un peu fi de la transition économique,  sociale mais aussi culturelle. 

 

Plus d’un tiers des Français se déclarent flexitariens (souhaitent diminuer leur consommation de produits carnés), et un Français sur vingt est végétarien. Ce régime est même surreprésenté chez les jeunes. Or, aujourd’hui, la plupart des restaurants collectifs n’offrent pas de choix quotidiens de menus végétariens. Les convives se trouvent alors contraints de consommer de la viande ou du poisson, ou de se satisfaire d’un repas sans protéines.

La loi Climat et résilience nous donne l’opportunité de respecter ces comportements alimentaires. Mieux, d’accélérer une évolution louable d’un point de vue climatique. Rappelons que notre consommation actuelle de viande représente près de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre de notre alimentation. Les menus végétariens permettraient alors de réduire considérablement notre empreinte carbone, de limiter la consommation d’espace liée à leur production et les pollutions diffuses. Ils permettraient également de réduire nos importations d’alimentation animale, dont le soja représente plus de la moitié : 78 % des importations de soja sont associées à un risque de déforestation.

Issu d’un exercice démocratique sans précédent, le texte est désormais entre les mains de législateurs soucieux d’en garantir l’ambition. Et nous serons au rendez-vous. L’avis du Haut conseil pour le climat nous informe que l’instauration d’un choix de menu végétarien quotidien aurait trois fois plus d’impact que la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs là où il existe une alternative bas carbone en moins de deux heures trente. C’est donc ce que nous défendrons.

Jamais le choix ne devrait être refusé à ceux préférant les légumineuses à la viande, par conviction climatique, en défense du bien-être animal, pour des raisons de santé ou simplement par goût. Nous plébiscitons l’instauration d’un menu végétarien quotidien dans les établissements où existe un choix de menu. C’est une mesure de bon sens, permettant à nos jeunes de faire ce choix en bénéficiant d’un repas équilibré. Un choix auquel bon nombre de Français adhèrent déjà.

«Les menus végétariens coûtent moins cher en matières premières: nous souhaitons que ces économies réalisées favorisent une montée en gamme des approvisionnements, bénéfique à nos éleveurs français»

Santé publique. Quid du gaspillage alimentaire et de la fréquentation des établissements de restauration collective ? Ces questions sont légitimes et nous y répondrons : par des plans de formation des cuisiniers à la cuisine sans viande ni poisson, pour préserver la qualité gustative des menus. Par une expérimentation de réservation de menus, pour optimiser les quantités. Par une sensibilisation des convives.

Quid de l’équilibre nutritionnel des repas ? C’est précisément ce à quoi nous souhaitons répondre, en offrant à tous un choix de menu équilibré, quelles que soient les préférences alimentaires exprimées. Aujourd’hui, les carences en fibres prédominent : le menu végétarien pourrait constituer un bienfait en termes de santé publique.

Quid de nos éleveurs ? Les menus végétariens coûtent moins cher en matières premières : nous souhaitons que ces économies réalisées favorisent une montée en gamme des approvisionnements, bénéfique à nos éleveurs français. C’est le sens de la loi Egalim introduisant 50 % de produits de qualité en restauration collective publique. Par la loi Climat, nous l’étendrons à la restauration privée.

Moins, mais mieux.

Le choix d’un menu végétarien quotidien dans tous les établissements proposant d’ores et déjà un choix de menu, qu’ils soient publics ou privés, n’est ni une mesure radicale, ni une mesure précoce : c’est la traduction législative de préoccupations sociétales montantes et un élément de réponse à l’urgence climatique.

Sandrine Le Feur, Mounir Mahjoubi, Marjolaine Meynier-Millefert, Sylvain Templier, Samantha Cazebonne, Loïc Dombreval, Florence Provendier, Anne Brugnera, Jacques Marilossian, Sira Sylla, Yves Daniel, Sylvie Charrière, Fiona Lazaar, Anissa Khedher, Bénédicte Pételle, Nathalie Sarles, Françoise Ballet-Blu, Elisabeth Toutut-Picard, Mireille Robert et Pierre-Alain Raphan sont députés.

Société : Un régime végétarien quotidien ?

Société : Un régime végétarien quotidien ?

Une  tribune de 20 députés de la majorité intéressante mais qui fait un peu fi de la transition économique,  sociale mais aussi culturelle. 

 

Plus d’un tiers des Français se déclarent flexitariens (souhaitent diminuer leur consommation de produits carnés), et un Français sur vingt est végétarien. Ce régime est même surreprésenté chez les jeunes. Or, aujourd’hui, la plupart des restaurants collectifs n’offrent pas de choix quotidiens de menus végétariens. Les convives se trouvent alors contraints de consommer de la viande ou du poisson, ou de se satisfaire d’un repas sans protéines.

La loi Climat et résilience nous donne l’opportunité de respecter ces comportements alimentaires. Mieux, d’accélérer une évolution louable d’un point de vue climatique. Rappelons que notre consommation actuelle de viande représente près de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre de notre alimentation. Les menus végétariens permettraient alors de réduire considérablement notre empreinte carbone, de limiter la consommation d’espace liée à leur production et les pollutions diffuses. Ils permettraient également de réduire nos importations d’alimentation animale, dont le soja représente plus de la moitié : 78 % des importations de soja sont associées à un risque de déforestation.

Issu d’un exercice démocratique sans précédent, le texte est désormais entre les mains de législateurs soucieux d’en garantir l’ambition. Et nous serons au rendez-vous. L’avis du Haut conseil pour le climat nous informe que l’instauration d’un choix de menu végétarien quotidien aurait trois fois plus d’impact que la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs là où il existe une alternative bas carbone en moins de deux heures trente. C’est donc ce que nous défendrons.

Jamais le choix ne devrait être refusé à ceux préférant les légumineuses à la viande, par conviction climatique, en défense du bien-être animal, pour des raisons de santé ou simplement par goût. Nous plébiscitons l’instauration d’un menu végétarien quotidien dans les établissements où existe un choix de menu. C’est une mesure de bon sens, permettant à nos jeunes de faire ce choix en bénéficiant d’un repas équilibré. Un choix auquel bon nombre de Français adhèrent déjà.

«Les menus végétariens coûtent moins cher en matières premières: nous souhaitons que ces économies réalisées favorisent une montée en gamme des approvisionnements, bénéfique à nos éleveurs français»

Santé publique. Quid du gaspillage alimentaire et de la fréquentation des établissements de restauration collective ? Ces questions sont légitimes et nous y répondrons : par des plans de formation des cuisiniers à la cuisine sans viande ni poisson, pour préserver la qualité gustative des menus. Par une expérimentation de réservation de menus, pour optimiser les quantités. Par une sensibilisation des convives.

Quid de l’équilibre nutritionnel des repas ? C’est précisément ce à quoi nous souhaitons répondre, en offrant à tous un choix de menu équilibré, quelles que soient les préférences alimentaires exprimées. Aujourd’hui, les carences en fibres prédominent : le menu végétarien pourrait constituer un bienfait en termes de santé publique.

Quid de nos éleveurs ? Les menus végétariens coûtent moins cher en matières premières : nous souhaitons que ces économies réalisées favorisent une montée en gamme des approvisionnements, bénéfique à nos éleveurs français. C’est le sens de la loi Egalim introduisant 50 % de produits de qualité en restauration collective publique. Par la loi Climat, nous l’étendrons à la restauration privée.

Moins, mais mieux.

Le choix d’un menu végétarien quotidien dans tous les établissements proposant d’ores et déjà un choix de menu, qu’ils soient publics ou privés, n’est ni une mesure radicale, ni une mesure précoce : c’est la traduction législative de préoccupations sociétales montantes et un élément de réponse à l’urgence climatique.

Sandrine Le Feur, Mounir Mahjoubi, Marjolaine Meynier-Millefert, Sylvain Templier, Samantha Cazebonne, Loïc Dombreval, Florence Provendier, Anne Brugnera, Jacques Marilossian, Sira Sylla, Yves Daniel, Sylvie Charrière, Fiona Lazaar, Anissa Khedher, Bénédicte Pételle, Nathalie Sarles, Françoise Ballet-Blu, Elisabeth Toutut-Picard, Mireille Robert et Pierre-Alain Raphan sont députés.

Un régime végétarien quotidien ?

Un régime végétarien quotidien ?

Une  tribune de 20 députés de la majorité intéressante mais qui fait un peu fi de la transition économique,  sociale mais aussi culturelle. 

 

Plus d’un tiers des Français se déclarent flexitariens (souhaitent diminuer leur consommation de produits carnés), et un Français sur vingt est végétarien. Ce régime est même surreprésenté chez les jeunes. Or, aujourd’hui, la plupart des restaurants collectifs n’offrent pas de choix quotidiens de menus végétariens. Les convives se trouvent alors contraints de consommer de la viande ou du poisson, ou de se satisfaire d’un repas sans protéines.

La loi Climat et résilience nous donne l’opportunité de respecter ces comportements alimentaires. Mieux, d’accélérer une évolution louable d’un point de vue climatique. Rappelons que notre consommation actuelle de viande représente près de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre de notre alimentation. Les menus végétariens permettraient alors de réduire considérablement notre empreinte carbone, de limiter la consommation d’espace liée à leur production et les pollutions diffuses. Ils permettraient également de réduire nos importations d’alimentation animale, dont le soja représente plus de la moitié : 78 % des importations de soja sont associées à un risque de déforestation.

Issu d’un exercice démocratique sans précédent, le texte est désormais entre les mains de législateurs soucieux d’en garantir l’ambition. Et nous serons au rendez-vous. L’avis du Haut conseil pour le climat nous informe que l’instauration d’un choix de menu végétarien quotidien aurait trois fois plus d’impact que la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs là où il existe une alternative bas carbone en moins de deux heures trente. C’est donc ce que nous défendrons.

Jamais le choix ne devrait être refusé à ceux préférant les légumineuses à la viande, par conviction climatique, en défense du bien-être animal, pour des raisons de santé ou simplement par goût. Nous plébiscitons l’instauration d’un menu végétarien quotidien dans les établissements où existe un choix de menu. C’est une mesure de bon sens, permettant à nos jeunes de faire ce choix en bénéficiant d’un repas équilibré. Un choix auquel bon nombre de Français adhèrent déjà.

«Les menus végétariens coûtent moins cher en matières premières: nous souhaitons que ces économies réalisées favorisent une montée en gamme des approvisionnements, bénéfique à nos éleveurs français»

Santé publique. Quid du gaspillage alimentaire et de la fréquentation des établissements de restauration collective ? Ces questions sont légitimes et nous y répondrons : par des plans de formation des cuisiniers à la cuisine sans viande ni poisson, pour préserver la qualité gustative des menus. Par une expérimentation de réservation de menus, pour optimiser les quantités. Par une sensibilisation des convives.

Quid de l’équilibre nutritionnel des repas ? C’est précisément ce à quoi nous souhaitons répondre, en offrant à tous un choix de menu équilibré, quelles que soient les préférences alimentaires exprimées. Aujourd’hui, les carences en fibres prédominent : le menu végétarien pourrait constituer un bienfait en termes de santé publique.

Quid de nos éleveurs ? Les menus végétariens coûtent moins cher en matières premières : nous souhaitons que ces économies réalisées favorisent une montée en gamme des approvisionnements, bénéfique à nos éleveurs français. C’est le sens de la loi Egalim introduisant 50 % de produits de qualité en restauration collective publique. Par la loi Climat, nous l’étendrons à la restauration privée.

Moins, mais mieux.

Le choix d’un menu végétarien quotidien dans tous les établissements proposant d’ores et déjà un choix de menu, qu’ils soient publics ou privés, n’est ni une mesure radicale, ni une mesure précoce : c’est la traduction législative de préoccupations sociétales montantes et un élément de réponse à l’urgence climatique.

Sandrine Le Feur, Mounir Mahjoubi, Marjolaine Meynier-Millefert, Sylvain Templier, Samantha Cazebonne, Loïc Dombreval, Florence Provendier, Anne Brugnera, Jacques Marilossian, Sira Sylla, Yves Daniel, Sylvie Charrière, Fiona Lazaar, Anissa Khedher, Bénédicte Pételle, Nathalie Sarles, Françoise Ballet-Blu, Elisabeth Toutut-Picard, Mireille Robert et Pierre-Alain Raphan sont députés.

Régime crudivore contre le virus ! ( Youtubeur)

Régime crudivore contre le virus ! ( Youtubeur)

RTL évoque ce Youtubeur  théoricien qui compte 500.000 abonnés et prône le crudivorisme, Thierry Casasnovas. Il aurait même trouvé un remède contre le coronavirus : il faudrait simplement jeûner et manger des légumes crus.

Ce mode de vie, qu’il promeut depuis 2011 en se basant sur sa prétendue expérience, servirait même, selon lui, à guérir d’autres maladies comme le cancer. « J’avais une tuberculose qui me rongeait les poumons », dit-il dans une de ces vidéos. Sa guérison miracle, il est certain de la devoir au crudivorisme. En 10 ans, il acquiert un demi-million d’abonnés sur Youtube. Il y propose des extracteurs de jus à plus de 1.000 euros par le biais de partenaires, organise des stages

L’association de défense des victimes de sectes reçoit régulièrement des appels le concernant.  »Les deux exemples que j’ai eus, ce sont des proches qui appellent en disant qu’un membre de la famille a changé de régime alimentaire et a changé de vision par rapport aux maladies », raconte Marie Drion, responsable de l’antenne des Yvelines. Ces derniers temps, son discours anti-vaccin inquiète le ministère de l’Intérieur ; il est sous le coup d’une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui.

 

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